ARCANES ET RITUELS DELA MA ONNERIE EGYPTIENNE



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Transcription:

SERGE CAILLET i ARCANES ET RITUELS DELA MA ONNERIE EGYPTIENNE Guy Tredanlel Editeur 65, rue Claude-Bernard 75005 PARIS

VOIW~ :TPADITIONNELbl~ Collection dirig~e par Jean-Pierre BAYARD SOMMAIRE INTRODUCTION 9 DANS LA MEME COLLECTION L Egypre ancienne et Ia Franc-Ma(onnerie. Louis Amiable et Paul Guieysse. La Franc-Ma~onnerie op~ran ye. Louis Lachat. Hiram erie Minotaure, actuaiiu-~ de Ia Tradition et de i initiation ma~onnique. Paul Naudon. Histoire abr~ge~e de Ia Franc-Ma(onnerie. Robert-Freke Gould. 1-lisloire dii schisme ina~onntque aug/aix tie 1717 (1668-1730). Cri~aiion de Grande Loge tie Lan dres. Jean Barles, introduction J.P. Bayard. Les origines compagnonniques de Ia Franc-Ma~onnerie. Henry Gray. Rose-Croix Pvrhagoricienne er Te npih~re. Jod Duez. Les trente-trois degr~s e~co.~sais ella Tradition. G.L. Le rile de perfection. Claude Guerillot La geize~se du rite 6cossais oncien & O( cepr~. Claude Guerillot. I. GENESE D UN RITE 13 1. Grands et petits anc&res 17 2. Le rite ancien et primiti t 21 3. 1934 ou le retour aux sources 27 4. Aujourd hui (31) 31 II. TRAVAUX DU GRADE D APPRENTI (1839) 33 1. L apprenti ~gyptien 35 2. Misc en activit~ des travaux 38 3. Ordre des travaux 4. Reception 41 43 5. Discours adress~ par l orateur au nouvel initi~ 54 6. Instruction du premier degr~ 61 7. Suspension des travaux 70 8.Travauxdubanquet 71 Guy Tr~danie. Editeur l9~j4 Tous di-ous de rept-oduciit m, tralu non et adaptation. r~.veri pour tans pavs. ISBN 2-85707-613-4 III. TRAVAUX 1W GRADE DE COMPAGNON (1820) 77 1.Ouverturedestravaux 79 2. Reception 80 3. Instruction 87 4. Cl6ture des travaux 89 5

IV. TRAVAUX DU GRADE DE MAITRE(1820) 93 1. Ouverture des travaux 96 2. Reception 99 3. Instruction Ill 1. ClOture des travaux II 6 V. TUILEUR UNIVERSEI. DES TRENTE-TROIS PRE- N4IERS GRADES DU RITE DE MEMPHIS (1839) 119 1. Apprenti 122 2. Compagnon 123 3. Maitre 124 4. Maitre discret 126 5. Parfait maitre 127 6. Secr~taire intime ou sublime maitre 128 7. Pr~votetjugc oupr6votjustc 129 8. Chevalier intendant des b~timents 130 9 Chevalier ~lu des neuf ou maitre 61u des neuf 131 10. Illustre ~Iu des quinze 132 II. Sublime chevalier ~lu 133 12. Chevalier grand maitre architecte 134 13. Royal arche 135 14. Chevalier de Ia voote sacr~e 136 15. Chevalier de F~p~e ou d Orient 138 16. Prince de J~rusalern 140 17. Chevalier prince d Orient et d Occident 141 18. Chevalier prince de Rose-Croix 142 19. Chevalier grand pontife de Jerusalem 144 20. Chevalier grand maitre du temple de Ia sagesse... 145 21. Chevalier noacliite ou de Ia tour 146 22. Chevalier du Liban 147 23. Chevalier du Tabernacle 148 24. Chevalier de l aigle rouge 149 25. Chevalier du serpent d airain 150 26. Chevalier de Ia Citc5 Sainte 151 27. Souverain grand commandeur du Temple 152 28. Chevalierde Johan cm du soleil 153 29. Chevalier de Saint-Andre 155 30. Chevalier grand kadosch, souverain grand inspecteur 156 31. Grand inquisiteur commandeur 158 32. Souverain prince du royal myst~re 159 33. Chevalier grand inspecteur g~n&al 160 VI. SAGE DES PYRAMIDES (1860) 161 1. Mise en activit~ des travaux 164 2. Invocation 165 3. Reception 168 4. Discours du sage l Odos 176 5. Serment 186 6. Proclamation 187 7.Conf~rences 187 8. Suspension des travaux 190 9. Pri~re 190 VII. SUBLIME MAITRE DU GRAND (EUVRE (1866) 193 1. Travaux complets 196 2. Pronaos. Examen du candidat 199 3. Sanctuaire des esprits 217 4. Misc en activit~ des travaux 226 5. Invocation 227 6. Reception 228 7. Discours de l orateur 230 8. Conf&ences 239 9. Suspension des travaux 248 VIII. PATRIARCHE GRAND CONSECRATEUR....25 I I. Origine 253 2. Contenu 256 3. Rituel 258 6 7

IX. ARCANA ARCANORUM 265 1. Une origine obscure 268 2. Le tuileur cle Ragon 272 3. Le regime de Naples compare aux autres rites ~gyptiens 275 4. Les le~ons d Armand Rombauts 283 5. Un rituel clu convent cle ~934 292 6. Conclusion 296 X. RITE MIXTE ET RITE DES DAMES 299 1. Les femmes et la franc-ma~onnerie ~gyptienne 301 2. C&~monie de reception d une maitresse-ma~onne.304 INTRODUCTION Des fr~res «africains» de Berlin, environ 1767, aux rites de Misraim et de Memphis, en 1811 et 1838 respectivement, et au rite de Memphis-Misraim qui naitra de 1 union des deux derniers ~ Ia fin du XIXe si~c1e, 1 initiation «~gyptienne~ s est transmise dans Ia franc-ma~onnerie occultiste, sous des formes vari~es, fani aisistes parfois. Ce n est pas dire que tel rite provient de tel autre. Ce n est pas dire non plus que des filiations, d ailleurs plus ou moms illusoires, ont ~ v~hicul~es tantot dans un ordre, tantot dans un autre, par quelques initi~s, identifies ou inconnus. Mais les soci~t~s dependent des hommes. Et des hommes, des francs-ma~ons des XV1I1~ et XIXe si~c1es, ont ~ s~duits par l~egypte. et us ont su, ou ont cm que Ia viejile terre de Pharaon n ~tait pas &rang~re aleur franc-ma~onnerie. us ont voulu que heritage traditionnel de leur Egypte, fflt-ce d une Egypte de d~sir, soit pr~serv~ et entretenu dans Ia franc-ma~onnerie oii il ~tait en germe, parce que les myst~res ~gyptiens transmettaient Ia sainte science initiatique, et que la francma~onnerie est aussi un v~hicule de la tradition universelle. Pour ce faire, ils ont r~colt~ tout ce qu ils ont pu trouver, quitte ~ faire appel ~ Ieur imagination lorsque le mat~riau 8 9

manquait. Et, certes, l exp6dition de Bonaparte d abord. puis les travaux de Champollion et de 1 6gyptologie naissante, y reni~di~rent en partie. Mais l Egypte des initi~s est aussi partiellement symbolique, elle ne saurait se confondre tout ~ fait avec l Egypte des historiens et des g~ographes. Cependant, si les groupes, les cercles et les ordres dependent des hommes, les rites qul s y pratiqueni ne leurs sont point compl~tement soumis. Ce serait en effet faire fi du Sublime Architecte des mondes et des esprits interm~diaires, ce serait oublier que ces m~mes rites posent les bornes d un temps et d un espace sa~r~s o~ les symboles s offrent comme v~hicules cle I Esprit. Ce serait ne pas croire ~iia r~alit~ des ~gr& gores, et de cet ~gr~gore«6gyptien» qui, depuis Ia seconde moiti~ du XVIIP si~cle, se trouve manifest~ et entretenu par maintes soci~t~s, qui du reste ne sont pas toutes de forme ma~onnique. Apr~s avoir retrace Ihistoire tr~s mouvement~e du rite de Mernphis-MisraVm, nous avons rassembl~ ici pour Ia premi~re fois quelques rituels ~gyptiensde noni, les uns issus du rite de Memphis de Jacques-Etienne Marconis, les autres du rite de Misraim, les derniers, entin, provenant du rite de Memphis- Misrafm.~h Ces textes parlent d eux-m~mes, et sont suflisants, croyons. nous, pour donner une vue d ensernble de Ia liturgie «~gyptienne». Quant aux arcana aicanorum, dont on parle beaucoup, il convenait de leur r~server une mise au point, en publiant qu~lques textes in~dits qui s y rapportent. Enfin, nous avons extrait des tr~s beaux rituels fe~ininins rt~dig~s avant guerre par Constant Chevillon, un rituel de maitrise tr~s digne de son auteur. A Isis, fil1e-~pouse du Sublime Architecte des niondes, reviendra donc le niot de Ia fin, ou du commencement. Vendredi 17 novembre, l an 1990 (I ) Cf Serge Caillet, La fra~c~i,ia~ onnei ie ~ de Memphis- Mis raim. I H,~to,,e. Paii~ Car r~crrpt. 1988 l() I 3 REGLES D EDITION Dans Ia transcription des textes originaux, tani pour les in1prim~s que pour les manuscrits, quelques coquilles seulement ont ~ corrig~es. Nous avons respect~ les paragraphes, Ia ponctuation, les fautes de langue et d orthographe, et l exc~s de capitales initiales, saufen de rares exceptions oil une correction s imposait. Les abr~viations ma~onniques ont ~galement~ mainienues. Mais, afin de faciliter la lecture de l amateur profane, on trouvera ci-apr~s les principales, avec leur signification: A. L. G. D. S. A. D. M. A Ia Gloire du Sublime Architecte des Mondes. App. Apprenti, Apprentie. Ass. Assesseur. Att. Attouchement. Batt. : Batterie. Comp. : Compagnon, Compagnonne. D. : Demande. Deg. : Degr~. Exp. : Expert, Experte. F. (FF.) : Frl~re (Fr~res). F. N4 : Franc -ma~onnerie. G. ou Gd. : Grand. Gr. : Grade. G. Arch. de l Uni. ou GADLU : Grand Architecte de l Univers. G. Ex. : Grand Expert. Gr. M. : Grand Maitre. Hi~r. : Hi~rophante. L. : Loge. Lum. : Lumi~re. Mac. : Ma~on, Ma~onnerie, Ma~onnique. Mat. ou Man. : Maitre. Mait. C&. : Maitre des c~r~monies. Or, : Orient, Oriental. Orat. : Orateur. II

1 R. : R~ponse. S. (SS): Sceur (Sceurs). Souv. : Souverain. Sub. M. du Gd. 0. : Sublime Maitre clu Grand Oeuvre. Sup. Cons. Tnt. : Supreme Conseil International. Surv. : Surveillant, Surveillante. T. C. F. (TT. CC. FF.) : Tr~s clier fr~re (tr~s chers fr~res). T. R. : Tr~s Respectable. T. V. F. : Tr~s V~n&able Fr~re. Ten. : Tenue. V~n. ou V~n&. : V~n~rable. V. M. : Wn&able Maitre. GENESE D UN RITE 12

I Lorsque dans son discours au Conseil de l Ordre du Grand Orient de France, le 4 C~vrier 1887, Louis Amiable declare que le mythe 6gyptien n apparait pas dans la franc-ma~onnerie avant 1783, il oublie au moms le Sethos de l abb~ Jean Terrasson, pubii~ pour Ia premi~re fois en 173 1( ). et souvent r~dit~ au cours du XVIIIe si~cle. Mais Amiable, et son fr~re ~gyptologuepaul Guieysse dont il introduisait ce jour-la Ia communication, avaient ratson de dire que leur ordre ne descendait pas d Egypte (2)~ Parce que les premiers ma~ons sp~culatifs ~taientdes «antiquaires», amoureux d un passe tantot reel tantot mythique, Ia l~gende de Ia franc-ma~onnerie «6gyplienne» a sans doute vu lejour avant que l abb~ Terrasson ne s enfasse l ~cho. L Egypte n ~tait-elle pas d~j~ consid&~e comme l anc&re mythique de Ia Rose-Croix, depuis Michael Marer? Cette Egypte des faits et des l~gendes, des symboles et des sciences et n~me des sciences r~put~es occultes, le monumental ~Edipus aegyptianicus, en quatre volumes, pub1i~s de 1652 ~ 1654, par le tr~s savant j~suite Athanase Kircher, lui redonnera ses lettres de noblesse. D~s lors, les herm~tistes (1) Se dzos. lustoire ou Vie tirde des Inonuments anecdotes de I ancienne Egypte (2) Cf Louis Amiable & Paul Guieysse, L Egvpie antique & lafranc.ina~onnerie. edition critique par Christian Lauzeray. Paris. Guy Tr~danieI. 1988 15

2 occidentaux vont consid~rer sous unjour nouveau les classiques dont I arch6ologue Alexandre Du MCge conseillait la lecture ~ son fr~re ~<~gyptien>pierre Sentets, en 18(J6 : «Celui qui se chargera de Ia composition de vos hymnes doit, avant tout, ~tudier les ouvrages dans lesquels il esi question de l Egypte. II faudra qu il lise H~rodote, Diodore de Sicile, Proclus, Jamblique, Macrobe ~»(~). S ensuivent, parmi les modernes, l abb~ Antoine Pluche. et Court de G~belin, dont les neuf volumes du Mondeprimiri~ 4, de 1773 ~ 1782, ne seront certes pas de moindre influence dans Ia gen~se des rites ~gyptiens. Mais Ia franc-ma~onnerie sp&ulative, dont Ia franc-ma~onnerie operative accouche en 1717, apr~s quelques lustres de geslarion, n en est pas encore ~ revendiquer l h~ritage que les rites herm~tiques ~ venir vont Iui attrihuer. Charte instauratrice de Ia iranc-rna~onnerie sp6culative, les Co isritutions d Anderson, dans leur prernicre edition de 1723, pas plus d ailleurs que dans les suivantes, ne font aucune mention de la terre de Misrafni. Andrew Michael Rarnsay, patriarche de la ma~onnerie mystique selon Pierre Chevallier, dans son fameux discours de 1736-1737. ne reconnait encore ~ son ordre qu une ascendance de «princes, seigneurs et citoyens ayant fail vceu de r~tablir les temples des chr~tiens en Terre Sainte». Mais une allusion tr~s g~n~raie ~ l Egypte doit y retenir notre atlention: (...) les farneuses fetes de C~r~s ~ Eleusis, d Isis en Egypte, de Minerve ~ Aih~nes, d Uranie chez les Ph~niciens et de Diane en Scythie avalent du rapport aux n6tres. On y c~l~brait des niyst~res, oii se trouvent plusieurs vestiges de l ancienne religion de No~ et des Patriarches.» (5) Les Voyages de Cyrus, en 1727, suivis de Ia Leirre sur Ia ftiyrho/ogie,constatent et expliquent Ia presence du noachisme dans les myst~res antiques. Or le noachisme instaure en doctrine, chei Anderson conune chez Ramsay, Ia franc-ma~onne- (3) Lettre du 8 septembre 1806. pubii~e avec (I autre~ pat Maurice Caillet. FF Un rite ma~onnicjue in~dit ~ Toulouse eta Auch en 1806 ~.Socich a,cheologique et histarique du Get ~. 1959. p ~5 (4) Antoine Court de GObelin. Le Aitonde Pt oath! ati~l~s~~ Ct CQtti/)~it6 at cc le ittonde ttioderne (5) Discouts du Chevaliei de Rain>ay ~ dp (edit Palou La F,ammaco,i. tierie. Paits. Payot. 1964. p 321 ne speculative. L Egypte, que le premier ignore, n est chez le second qu un relais cle la tradition universelle, au merne titre que Ia Gr~ce et la Ph~nicie. Relais majeurs aussi chez Antoine Joseph Pern~ty, don! Les fables ~gyptien,ies ci grec~jues, d~voimes et r~duites an nieme principe... (6), et le Dicrionnaire rnyrho-herm~iique... (7) expliquent en 1758 les mythes antiques ~ la lumi~re de Ia tradition alchimique. Mais Pern~ty n a pas fond~ le rite herni& tique, et les illumines de Berlin et d Avignon n avaient rien de ma~onnique. ni d ~gyptien ~). 1. Grands et petits anc&res S il n est pas vrai que le bibiioth~caire de Fr~d~ric II ait puis~ chez les < architecles africains > de Berlin les ~l~ments qui lui permirent de fonder son ~cole, il est exact qu un ordre de ce nom ait pris naissance en Allemagne au moment oii le b~n~dictin y arrivait. Ce cercle ma~onnique, qui parait etre ~ce jour le premier a s etre explicitement rt~c1am~ de l Egypte, avait ~ fond~, vers 1767 croit-on, par Friedrich von Kdppen (1734-1797). En 1770, celui-ci publia avec Johann Wilhelm Bernhard Hymmen (1731-1787) une brochure intitu1~e Crata Repoa (9), traduite en fran~ais en 1821 (10), reprise en partie par Marconis (II), et par l Hiram de Papus et T~der 112), d~crivant les antiques initiations d Egypte, perp~tu~es par l Ordre des architectes africains. Au premier degr~, l apprenti ou pasiophoris, (6) Pans, Bauche. 1758, ~d. en fac-sunu1~, Paris, Ia Table d Emeraude. 1982 (7) Pans, Bauche, 1758. ~d en fac-simi1~, Paris, Denoel, 1972 (8) ~ l articlede Robert Amadou ~Pern~ty ~,indaniel Ligou. Dicuannatre universe! de Iafranc-,na~onnerie, et surtout notre intioduction au recueil de La Sainte Parole, en pidparation. (9)Crata repoa. Odet Einwevhungen in der alten gehetmen Gesellse/iqjt deregvpuschenpriester. (Berlin?), 1770 (10) Crata repoa, ou tniuatians auxanctens it?yst~tes des prpues degypte. traduit de ( allemand. et pubh~ par le F.~. Ant Bailteut, Paris. ehez Ant Bailleut. 5821. nouv 6d en fac-simi1~, ap Michel Monereau. Les sectcis hermduques de Iajranc-tnaconnerie et les rites de Misrain & Mempin s. Paris. Axis Mundi, 1989 (11) Jacques-Etienne Marconis de N~gre. Lc rattieau dordiyleusis (12) Hiran,. n0 4. aviit 1909, au n0 7. juillet 1909 16 17

re~u les yeux band~s, effectuait des voyages symboliques et pr&. tait serment avant que le bandeau ne lui soit eniev~. L ann~e d apprentissage 6coul~e, il &ait admis an grade de,,eoco,~is, consacr~ ~ Ia chute du genre humain. Le troisi~me grade on mela,iophoris, dit de «la porte de la mon», ~tait conf&~ en plongeant l initi6 dans les t6n~bres, dont il ne sortait qu au grade snivant de christophoris, muni de l ~p6e, du bouclier d Isis, des brodequins d Anubis, et du mantean d Orci, pour couper la t~te de Ia gorgone. Au balaliare ~tait ensuite r~serv~e l alchimie, ~l astronome Ia connaissance des astres, et enfin le prophera ou iiti~ du septi~me et dernier grade, avait acc~s a la langue amounique et an sommet de [initiation. Ce syst~me, qu un moderne ma9on «~gyptien» comme Jean Mallinger n h~site pas a taxer de «lamentable fantaisie», eul sans doute quelque influence sur Marconis qui, sans appartenir aux architectes africains, s inspira pour quelques d6tails au moms, de la traduction d Antoine Bailleul, 6gyptologne et macon dn Grand Orient de France, affili~ a la loge parisienne des Trinosophes, fond~e par Jean-Marie Ragon, et point ~trang~re a Ia maionnerie ~gyptienne. Selon le m~me inevitable Ragon, l Ordre des architectes africains anrait 6t~ implant~ en France avec les trois grades symboliques auxquels succ~dait l 6chelle suivante : architecte ou apprenti des secrets ~gyptiens,iiti~ aux secrets ~gyptiens, fr~re cosmopolite, philosophe chr&ien, maitre des secrets 6gypiens, armiger, miles, eques.t 3) Mais une etude des rituels de ces grades reste ~ ~treentreprise, afin d en pr~ciser la doctrine et d en rep~rer les sources, non moms que les influences ~ventue1les. Des fr~res africains, de Prusse ou de France, disparus an plus t~rd au debut du XIXe si~cle il serait n~anmoins surprenant que provint le nte de <~ la haute ma~onnerie ~gyptienne» de Cagliostro (Guiseppe Balsamo, 1743-1795). Attest~ pour la premi~re fois a Strasbourg le 22 ao~t 1781 (mais il pourrait etre ant~rieur de qnelqnes ann6es), son originalit~ est telle quil tient une place a part parmi les rites herm~tiques. Et une place de choix, car ce (13) Cf. Jean-Marie Ragon, Orthodaue nia9onnique. Paris. Dentu, 1853. au chapitre Ordre des Architectes de lafrique ou les Fr~res africains (1767) ~. pp.239-242 rite-la est v&itablement initiatique, Marc Haven ne s y ~taitpas rornp6 1.141, Le plus tameux des rites ~gyptiens,o~ les r~f6rences expliciles a l Egypte, fat-ce a une Egypte inythique, sont rares, se manifeste comme le syst~me des trois degr~s primitifs de Ia franc-ma~onnerie, accessibles aux seuls ma~ons pr~alablement admis au grade de maitre ~lu,compl~mentaire de Ia simple maitrise. Les grades d apprenti et de compagnon ~gyptiens ne different pas radicalement des grades d antres syst~mes. En revanche, la niaitrise ~gyptiennequi les coiffe et ~ laquelle ils pr~parent, n a gu~re d ~quivalent. Le nouveau maitre n y est accept6 q&en accord avec les saints anges de Dieu, interrog~s pour Ia circonstance par un enfant, nomm6 pupille ou colombe, ~luet consacr~ a cet etfet (15) L alchimie, la recherche de l immortalit~ spirituelle et Ia th~urgie ang~iique tiennent une place centrale dans la maitrise ~gyptienned~finie par Cagliostro e pratiqu~e par ses disciples. Qn elle en est la source? Entre plusleurs, une piste serait a suivre (mais serait-ce en amont on en aval? ) qui m~nerait aux iliumin~s de Berlin-Avignon et a leur < sainte parole», car. selon Bruno Marty «... le mode op~ratoire de Ia Sainte Parole, Ia preparation des adeptes, Ia cooptation, les activit~s alchintiques, th&apeutiques..., pr~sentent trop de siniilitudes avec le syst~me de Cagliostro pour ~tre le seul fruit du hasard»(i6), Nous y reviendrons en temps et lieu opportuns (17)~ A suivre aussi, assur~ment, les fameux arcana arcanorum, a moms que cette qu~te-1a ne tourne ~ Ia chasse au (14) Son Maitre inconnu. (Lyon, Derain. 1964) est toujours recommandable et indispensable, que vient compkter aujourd hui lexcellent catalogue Le Comte de Cagliostro. Exposilion. 27 mai - 11 juin 1989, Les Baux de Provence, Les Ainis du prince noir, dress~ par Bruno Marty, qui donne toutes r~f&ences utiles (15) Cf Ic Rituel de Ia Ma~onnerie e~gyptienne, annoi~ par Ic Dr Marc Haven et prt~c~d~ d une introduction de Daniel Nazir. Nice, Les Cahiers astrologiques, 1948; id., Pans. 1978. A completerpar Robert Ainadou. ~Cag1iostro~. lautre inonde. n0 105, avril 1986, pp 20-25. Par ailleurs. un Essai dinventaire des Rituels de Ma~onnerie Egyptienne ~>. des plus utiles a ~ dress~ par Bruno Marty dans son catalogue, op cii. pp 24-28 (16)Bruno Marty. lie Comtede Cagliostro..,op cit. p.37 (17) Cf. none introduction au recueil de Ia sainte parole. op cit. ~ paraitre 18 19

~1 dahui! Et serait-ce l~ encore en amont on en aval? ( ~ Une autre piste encore, en aval cette fois, m~nerait de Cagliostro a Fran~ois de Chefdebien d Armissan (1753-1814), niais il fandrait etre sor que celni-ci a bien, comme le pense Bruno Marty, succ~d~ a Cagliosiro conime second grand cophte, de 1786 a 18 14 (IY)~ En 1780, son p~re, le vicomte de Chefdebien d Aigrefeuille avail fond6 a Narbonne le rile primitif, que son fils propagea, mais dont il serait t~m&aire de dire que s y transmit l h~ritage de Ia th~osophie de Cagliostro. Pourtant... ~<c esta ce Rite primitif des Philadeiphes (...) que le Rite ancien et primitif de Memphis-Misrafm fail remonter 1 origine de ses principes etla forme de son organisation.» (21.) Cette affirmation de Jean Bricaud, qu il faut souvent se garder de suivre lorsqu il se mdle d histoire, ne doit pas &re mal entendue. Car Bricaud ne dit pas ici (d autres s en chargeront) que Memphis-Misraim tient sa filiation du rite primitif, mais qu il s inspire de principes identiques et de la m~nie organisation. Qu est-ce a dire? Ragon va nous l expliquer, pour qui, et tout le conforte, les classes et degr~s du rite primitif ne sont pas Ia designation de tels on tels grades. mais des denominations de collections qu il suffit de d&ouler autant qu elles en sont susceptibles, pour en faire jaillir un nombre presque infini de grades. >~(21) Le rite des parfaits initi~s d Egypte, qui point a Lyon alentour 1785, ne compte lui que sept degr6s, savoir an-dela des grades symboliques : maitre parfait, parfait ~lu.petit architecte, enfin parfait initi~ d Egypte. II est sans rapport avec Cagliostro, mais pent-~tre ne l est-il pas avec les architectes africains, puisque, selon Marconis, il fut compose a Lyon, d apr~s un ~xemplaire de Crata-Repoa.» (22) (18) Cf ~up~a,chapitrc VII (19) Bruno Maity, Cagliostio et Fianciscus Eques a Capite Galeato ~. LesA,n,iw!s &pirituellcs. n~ 112, octobre 1977. pp 7-11 (20) Jean Bricaud. Notes historiques sur Ic Rae Ancien et Prunitij de Memphis-Misrawi. Lyon. 1933. nouv ~d. Lyon. aux Annales initiatiques. l938,p 4 (21) Jean-Marie Ragon. OlihodoAw Iua~onnique. op cit pp 164165 (22) Jacques-Etienne Marconis de N~gic. lie Tuileu, g~n~ aide ious Ie.s hid inoconniqucs co,inus s I n d. p 6. L alchimiste Alliette en fut mainteneur, et peut-&re fondateur, avant qu ii ne s ~teigne apr~s mi sons Ia direction de Charles Geille, ma~on d ~ pen pr~s tons les rites. L Ordre sacr~ des Sophisiens, fond~ a Paris en 180 1(23), par Jean Cuvelier de Trie (1766-1824), an sein de Ia loge des Fre~res- Arlistes, ne paraft pas non plus dapendre directement des rites pr~c~dents. Mais peut-&re que 1 un de ses orgarusateurs avail particip~ a la campagne d Egypte. Cet ordre-ia se divisait en trois classes : aspirants, initi~s, membres des grands myst~res (24)~ Les Amis du desert, de Toulouse, Auch et Montauban, en 1806, vinrent s ajonter ala liste des rites ~gyptiens.d~pendaientus de qnelqne mani~re de leurs pr~d~cesseurs? Rien n est moms stir. Mais ii est sor, en tout cas. que ce nouveau rite ne dura gu~re plus que la plupart des pr~c~dents t25)~ En 1811 enfin, Ct an plus lard pent-on pr~ciser depuis Ia d~converle d un document de la loge Concordia (26), apparait Misraim, et c est en 1838 seulement que Memphis viendra lui faire concurrence. 2. Le rite ancien et primitif De Misraim et de Memphis, sera issu, comme on sait. le rite de Memphis-Misraim, dont l~~che1le des grades a vari~ selon les ~poqueset le lienx, dans ses degr~s, dans leur agencement, dans leur contenn rituel et doctrinal, parce que beaucoup de dignitaires de ce rite, on des rites originaux qui le composent, y ont apporu~ leur r~forme et leur remaniement. 11 est vrai aussi que les fondatenis des deux rites ~gyptiensne s ~taient pas priv~s de refontes, donnant ainsi les premiers le mauvais exemple. Les fr~res B~darride, en tout premier lieu, avaient cherch~ a rassembler dans leur propre r6gime tons les grades dont ils avaient qnelque connaissance. et Marconis leur emboita le pas pour fon- (23) Ragon. Ort/zodoxie Ina~onnique. op cit pp 181-184. (24) Ide,,, (25) Maurice Caillet. op cit. qui reste Ia seule etude sui ce regime (26) Publit~ pai Fiancesco Landolina. i Documenti di Lanciano o, Hi,a,n, (organe du Grand Orient dilalie). Rome. 1106. d~cembie 1980. pp. 178-182. dipl6me iepris pai Geraid Galtier. Maconnerie ~gvptienne. rase-cioix et,ic~o-chei alerie lies fill de Caghosac Editions du Rocher. 1989 pp 42]-422 2() 21

der le sien. qui s en inspire tr~s largement. A leur tour, les unificateurs de Misraim et de Memphis ont cherch~ a mariner les deux rites, sons forme d un unique regime qu il faut d~finir comme une collection de grades. «Les 95 degr~s du Rite de Memphis-Misraim doivent ~tre consid6r~s comme nfl d~ambulatoire, Oil reposent de vieux degr~s ma~onniques qul ne sont plus pratiqu~s on gu~re, et non comme une ~che11ede valeur» (27)~ Robert Ambelain sait ici de quoi ii parle, qui pr& sente son rite comme un conservatoire des degr~s oubli~s de Ia franc-ma~onnenine illuminnisme du XVIIIe si~cle. Aujourd hui encore le s souverains sanctuaires r~pandus dans le monde pratiquent parfois des grades diff~rents, et d aucuns ont m~me oubhin~ le contenu des grades qu ils transmettent encore, mains dont us ne poss~dent pas tous les ~l~ments... Au reste, s agissant de certainns degr~s, ii est a crainndre que leurs rituels n aientjamais ~ r~dig~s, et par consequent pratiqu~s. Ces grades sont alors donn~s par simple communication, comme du reste cerlains autres dont Ia pratique a ~t6 abandonn~e. Ainnsi s explique d abord la dinff&ence du nombre de grades selon les puissances du rite, et sin certainns c~nacles de Memphis- Misraim afficheni une ~chelle en trente-trois, et quelquerois meme en sept degr~s, c est parce qu ils ne prennent en compte que les grades effectinvement pratinqu~s. dont le nombre est en effet souvent tr~s r~duint. Ni les B~darride, ni Marconins, ni leurs successeurs, n ont pratiqu~ quatre-vingt-dix on quatrevingt-quinze degr~s. Qu en flit-il en France, apr~s que Memphis eut ~pous~misraim? Parce qu ils avaient re~u leurs patentes respectives du ~SouverainSanctuainre de Berlin et de son grand maitre Theodor Reuss, le Grand Conseil g~n&al de Papus et de T~der, et le Souverain Sanctuaire qui lui succ~da, de Bricaud et de Chevillon, se placent dans la filiation du Souverain Sanctuainre anglais de John Yarker, dont Reuss d~pendait. Le Grand Conseil g~n~ral de Papus-T~der ~tait-ildote de constitutions en r~gles? Je ne sains. Mains le Souverain Sanctuainre de Jean Bricaud et de ses successeurs le fut a partix de 1929, et celles-ci furent (27) Robert Ambelain. C~rd~nanies et ritueis de Ia ~na~anneriesyinbaiique. Paris. Robert Laffont. 1978, p 15. publi~es en 1930, quin reprennent d ailleurs celles du Souverain Sanctuaire italien, de 1921 (28) Les statuts de1921 ~tainentceuxde l antico eprimitivo rito orientale di Memphis, dinrig~ a Palerme par R.G. MacBean, qui donnent a ce rite une nomenclature en 33 degr~s. La constitutinon de Bricaud, en revanche, decline les titres de 90 degr~s d instruction, surplomb~s de 5 degr~s admiruistratifs t29) Mains Ia contradiction n est qu apparente puisque sur 95 le nombre de degr~s effectivement pratiqu~s se r~duisait a 33. Lel9 main 1921, Jean Brincaud s en explique ann correspondant: <Le Sony..-. Sanct..~. de France a conserve les 95 degnis, comme le Rite A. et P. d Angleterre ; mais il n en pratique que 33, comme le Rite A. et P. ~galement(voyez d ailleurs votre patente de 90e oil les 95 degr~s sont indiqu~s en toutes lettres). Le Rite suivi est celuin de Memphis-Misraim en 950 (pour le moment car l Am~rique poss~de 95 degnis, mains diff~rents. La F~d~ration Ma~..-. Int..~. r~glera cela par sa commission des rituels dontje suis membre).>~ (30) La commission des nintuels de la F~d~ration ma~onnique de Zurich, n~e en 1920 et ~teintepen apr~s, ne r~gla nien. Le 10 novembre 1934, Constant Chevillon explique a son homologue am~nincainn H. Theodore Fletcher: «Notre Souverain Sanctuainre travaille selon les traditions suivantes «90 degr~s d instructinon (Memphis et Misraim). «5 degr~s administratifs (91 a 95). I degr~ (96e) souverainn grand maitre national. «1 degr~ (97e) grand hi~rophante universel. < A la suite de la r~organisation de Yarker (97~ de 1903 a 1912), les degr~s d instruction effectivement pratiqu~s ont ~ reduints a 30. Les degr~s admiistratifs a 3. Total 33 pour cadrer avec le Scottish Rite. «Nous poss~dons les nituels pour les 33 degr~s pratiqu~s. Ils sont r~dig~s en anglais et nous ont ~ transmis par Yarker (28) Fac-simi1~ des Constitutions de Bricaud. liafranc-macannerie ~gvptienne,.. op cit.. appendice II. pp 144-152 (29) Ideni, pp 150-152 (30) Lettre publi~e en fac-simik par Roberi Amadou. en annexe I h sa pr& face, liafranc-ma~annerie ~gvpuenne. op. cit p XXXIV. 22 23

d apr~s ceux apport~s par Seymour. Sauf modification ult& rienre ils doivent donc &re les m~mes que ceux employ~s par VOU5.»(31i Comme Theodor Reuss en Allemagne, comme McBean en Italine, Papus, T~der, Bricaud, Chevinlion et Dupont ont utinlis~ la nomenclature dress~e par John Yarker, et en ont pratiqu~ les grades selon ses rintuels. Voincin donc la liste des degr~s sup~rieurs dispenses par le Souverain Sanctuaire pour Ia France, et sans doute par le Grand Conseil g~n~ral quin J avait pr~c6d~ PREMIERE SERIE : CI~IAPITRE Deuxi~me classe 40 - Maitre discret 50 60 - Maitre sublime 6O~ 130 - Chevalier de l arche sacr~e 70 140 - Chevalier de la vo~ite sacr~e Troisi~me s~rie 8O~ 150 - Chevalier de l ~p~e 90160 - Chevalier de J&usalem l00~170~ Chevalier d Orient l10~l80~ Chevalier rose-croix DEUXIEME SERIE : SENAT Quatri~me classe l20~190~ Chevalier de l aigle rouge 130~200~ Chevalier du Temple 140 ~240~ Chevalier du Tabernacle l50~250~ Chevalier du Serpent ~ 16~-26~- Chevalier sage de la V&int~ I70~270~ Chevalier philosophe hern~tique Cinqui~me classe : Ar~opage 180 ~300~ Chevalier Kadosclj 190 ~320~ Chevalier du royal secret 200.330.. Chevalier grand inspecteur TROISIEME SERIE: GRAND CONSEIL Sixi~me classe : Consisboinre 2 lo~65o - Patriarche grand installateur 220~66o - Patriarche grand cons~crateur 230.670 - Parriarche grand eulogiste 24o~68o - Patriarche de la V~rit~ 250.700 - Patriarche des planisph~res 260~7 10 - Patriarche des V~das sacr~s 270.760 - Patriarche d Isis 28o~8 10 - Patriarche de Memphis 29o~89o - Patninarche de La cite mystique 300900 - Sublime niaitre du Grand Oeuvre Grand Tribunal: 31o~910 - Grand d~fenseur du rite Grand Temple mystique: 320~94o - Sublime patriarche prince de Memphis Souverain Sancinaire: 330.950 - Prince patriache grand conservateux Cetre nomenclature 6tait en fait celle du rile ancien et primitif de Memphis d~fini coninie tel par Yarker dans les C onsiitution, Statutes, Cerenionials & History ofthe Ancient & Primitive Rite of Masonty, qu il publia a Londres, en 1875. Elle fut d ailleurs adop;~e par le Souverain Sanctuaire de Palerme fond~ par R.G. MacBean en 1921, ainsi qu en t~moigne une lettre de cette ~poque sign~e du fr~re Borzi: Le Souverain Sanctuaire (de Palerme) poss~de les rituels publi~s par les soins du Grand Hi~rophante John Yarker et leur traduction est en cours : nous poss~dons en italien les rituels de Chapitre et nous avons con1- nienc~ ~ imprimer ceux du quatni~me degr6.>~ i2i Or l ~ph~m~re Souverain Sanctuaire de Palerme, contraint de se meltre en somn1eil par le fascisn1e, et avec qui Bricaud entretint d excellen;s rapports, najan1ais revendiqu~ que le rite (31) Lettre rnanusciite de 7 pp. fraternellement communiquec pai Gerard Kioppel 24 (32) Gastone Ventura. lies rites inacanniques de Misrajin ci Meniphi.%. op. iii p 118-5

de Memphis. Si Bricaud, dans la lign~e de ses pr~d~cesseurs fran~ais, se niclame, luin, de Memphis-Misraim, il n en pratique pas moms le seul rite de Memphis. Chevillon luin restera fid~le, quin ~crit en 1936 que les rituels de Misraim sont ~trangers a la ma~onnenine ancienne et primitive. >~ (~~) Chevillon ne mentait pas a son fr~re am~ricain. Ces rituels de Ia ma~onnerie ancienne et primitive dont on a d~c1in~ les grades, nous les avons retrouv~s dans le fonds Bricaud de Ia Binblioth~que municipale de Lyon, imprim~s en anglains et portant pour certainns Ia signature «T~der, 330» (34) Ce sont les Rituels of the Ancient & Primitive Rite (the Rite ofmemphis), publi~s par Yarker en 1882. Papus et T6der les ont sans doute suivis, apr~s les avoir traduints en lout on partie, apr~s le convent de 1908 et avant que Bricaud ne leur succ~de. Mais, contrairement a ce que laissent entendre Bricaud et Chevillon, ni les uns ni les autres n ont pratiqu~ ces trente degr~s d instruction de Yarker. Apr~s les trois grades symboliques, seuls ~taient conf~r~s par initiation rituelle les 11e~ I 8e (chevalier rose-croix), 18e~30e (chevalier Kadosch), 21e~65e ( patriarche grand installateur ), 22e~66e ( patriarche grand cons~cxateur), et 3Qe~9Qe ( sublime maitre du grand oeuvre). Les autres degr~s ~taient transmis par series, et par simple communication (35)~ Apr~s la mort de Chevillon, Debeauvains et Dupont s en tinrent eux aussin a cet usage. A cette r~gle, les autres souverains sanctuaires ~trangersne firent pas exception. Villarino del Villar, avec son rite national espagnol, Eduardo Frosini avec son rite philosophique italien, Th~odor Reuss et son Souverain Sanctuaire allemand, conf& raient les m~mes grades. Et Rudolf Steiner lui-m~me, comme ~l ~crit Simone Rihonet-Coroze, suivit «le rite Yarker» Mains les riluels de celul-ci ~taient-ilsfid~les aceux du rite pmmintif de Memphis? Et n ~tainent-ils pas ~trangers a ceux du vieux rite de Misraim? (33) GI~ Circulaire de Constant Chevillon x. liafranc-rna~annerie ~igvptienne. ap. cit.. appendxcelv,p 163 (34)Ms 6120. (35) Le Bulletin du Souverain Sanctuaire franqais de Bricaud et Chevillon le d~inontre. et Reni~ Chambellant qui connut l un et lautre. et surtout le second dont ii requt plusicurs grades, a bien voulu nous le confirmer (36) Simone Ribotiet-Coroze, Qui dtait Rudatf Steiner 9 Une dpapee de lesprit ai~ 20e si~cte, Paris, Triades. 1976, pp 254-255 3. 1934 ou le retour aux sources A la veille du convent bruxellois de 1934, le rite de Misraim n a plus gu~re de repr~sentants dans le monde, et celni de Memphis est devenu depuis Iongtemps le rite de Memphis- Misraim sans avoir pour autant r~ellement absorb~ les secrets misraimites. Mains des fr~res belges rattach~s an Souverain Sanctuainre de Bricaud vont s engager dans une autre voie, apr~s avoir h~rit~ de certaines archives du rite de Misraim implant~ a Bruxelles d~s 1818. Munis de ces documents et peut-~tre apr~s avoir re~u certaines initiations mituelles, ils se rebifferont contxe Bricaud. Le compte rendu du convent de Bmuxelles, en 1934. ne n1ache pas ses mots, pour quin Bricaud est «mal renseingn~ et totalement incompetent en mati~re de ma~onnerie ~gyptienne, puisque apr~s avoir donn~ une charte aux fibres belges, il leur a r~pondu, lorsqu on Ini a demand~ les rintuels de l Ordre: Je n en poss~de pas. Copinez L~o Taxil (sic). Et, ajoute le compte rendu : «II est inadmissible de voir des diningeants de l ordre vendre des chartes et ignorer eux-m~mes les secrets et les enseignements qui sont la base m~me de notre rite. L avantage du present convent sera de mettre fin a toute fantaisie d~shonorante» (sb. Comment le convent va-t-il s y prendre? Voici «De mcme que les Supr~mes Conseils du rite ~cossais ancien et accept~ se sont f~d~r~s internationalement et ont harmonis~ leurs Statuts et Rituels, les divers Souverainns Sanctuaires actuellement en activit~ du rite de Memphis- Misraim, ont d~cid~ de se f~d~rer et d uninfier leurs Statuts et leurs Rituels. «Grace a une faveur sp~ciale du Destin, les fr~res belges ont ~ assez heureux que (sic) pour poss~der des manuscmits onginaux et des documents authentiques des rites de Misraim et de Memphis, dont certainns sont de Ia main m~me du g~n~ral B~darride, introducteur du rite de Misraim en France et en notre pays. Nous sommes donc document~s et comp~tents pour rationaliser le rite selon l esprit m~me de ses fondateurs.» (~) (37) Plan parfait du convent international du tite oriental de Memphis- Misratm (1934). fonds Lelarge. p 2 (38) Ideir,, pp. 2-3 26 27

L on a vu que Bricaud usait des rituels de Yarker, dont on pent discuter de la fid~lit6 aux rituels originaux de Memphis. Quant a Misraim, il ne s en soucinait sans doute gu~re. alors que les fr~res belges vont d~sormais accorder une grande importance aux ultimes grades de ce dernier rite dont ils ont acquis les statuts oninginaux de 1818 t39, ainsi que d anciens diplomes et surtout un manuscnit relatif aux ultimes degr~s, dits du regime de Naples, qu ils vont r~introduire dans 1 ~chelie ~gyptienne. Au convent de 1934, cette ~chelle sera donc pon1~e ~ 99 degr~s, dont 90 grades d instruction et 9 grades administratifs, c-es derniers ~tant les suinvants - 9J0 - Grand innspecteur du rite, sublime commandeur d Eleusis - 920.. Grand r~gulateur du rite, commandeur de Ia Toison d Or - 930.. Grand chancelier du rite, sublime commandeur de Sirius - 940.. Sublime grand patriarche, prince de Memphis - 950 Membres des divers Souverains Sanctnaires nationaux - 9~0. Souverains grands maitres nationaux - 970.. Membres du Supreme Conseil international - 980.. Souverain grand hi~rophante universel - 990.. Grand hi~rophante invisible Quant aux degr~s d instruction. on pratiquera:.<a) Ma~..~. Symbolique 2 Aux degr~s 1 a 3. librement, selon le vreu des Ateliers : le ~ Rituel de Memphis-Misraim, celni de Memphis on celui de Misrarm. b) Ma~..-. Philosophique: Au 4~:. degr~ (Maitre Secret), le Rituel de Memphis. adapt6 ~ l Ecossisme. Du 5~.. an 33e.. degr~, le Rituel ~cossaisanc..-. et acc. 39) Imprim& chez R~rny. rue des Escaliers. le 5 avril 1818 C) Ma~... FIerm~tiste: Aux degr~s 34 a 65, 67 ~ 86, le Rite Orienial de Misraim. Au degr~ 66, le Rite int~gra1. Aux degnis 87, 88, 89, 90, le R~gime de Naples du Rite de Misraim (A rcana Arcanorum).»( ~W En parcourani Adonhiram, qui donne chaque mois le calendrier des tenues ~gyptiennes en Belgique, en 1933-1934, II semble qu ont seuls ~ pratiqu~s les grades suivanis Maitre secret; 9~. Maitre ~ludes neuf; 13, Chevalier du Royal- Arch; 14, Chevalier ~cossaisde Ia vo~te sacr~e ; 18, Chevalier rose-croix 30, Chevalier Kadosch 33 Souverainn grand inspecteur g~n~ral. Tons ces degnis sont en effet issus de l ~chelle du rite ~cossaisancien accept~, oil il est vrai que les B~darride ci Marconis ~taientall~s les chercher. Dans les grades sup~rieurs, les fr~res belges n ont vraiseniblablement pratiqu~ que le 66, Patriarche grand cons& crateur ; puis les quatre grades du r6gime de Naples, oubli~s depuis longtemps et passes sous silence par Yarker. Cette rt~forme, Constant Chevillon quin en France entend bien ne pas s y souniettre, Ia juge tx~s s~v~renient en 1936 «L.I une Commission fut nomni~e pour reviser les Rituels de l Ordre, les ornements, bijoux, symboles et secrets. Cette Commission qui ~tait sons Ia coupe du F..-. Mallfingeri, se borna a copier les Rituels Ecossais pour tous les grades jusqu au 18e inclus, nous en avons Ia preuve absolue, puisque nous poss~dons Ia copie de tons ces Rituels. Pour les grades sup~rieurs, elle ~dulcora et transposa les Rituels de Misraini qui sont ~trangersa la Ma~.. Anc.~. et Prim... Pour les degnis particuliers, comme le 66e par exemple (Gd Cons&rateur), elle se borna a parodiner, tr~s maladroitemeni du reste el avec une ignorance compl~te de la doctrine, le Rituel d ordination de l Eglise Romaine. >~ (41) Ce jugement de Chevillon, que les Belges n avaient pas plus ni~nag~ que Bricaud, doit &re moderd. La nialadresse des fondateurs du Supreme Conseil international de Bruxelles (40) ~Notre Convent. Adonlurain. aoat-septembre (934. pp4-5. iepiis en fac-snni1~. lia franc.tnacannerie dgyptienne.. pp 157-158. (41) liafranc-,na(onnerie ~gvptienne.. op. cit.. appendice IV ~ Cuculaiie de Constant Chevillon ~>, p 163 28 29

ne pent occuller leur sinc~rit& Leur desir de fid~lit~ a Marconis et B~darride 6tait des plus reels et des plus lonables, qui explique qn ils aient malmen~ le rite de Yarker et de ses dpigones. Leurs archives t~moignent d ungrand effort de recherche et de retour aux sources. Y sont-ils parvenus? C est une autre affaire Fall ait-il copier les rituels ~cossais? Cela se pent certes discuter, pour la commission des ritnels de Bruxelles... mais aussi pour les B~darride, pour Marconis et pour Yarker. Fallait-il nuntroduire dans les hauts grades la pratique dn misraimisme et delaisser Memphis? Mains Yarker lui-m~me n avait-il pas d~laiss~ Memphis, sans pour autant adopter Misraim? Les Belges ont quant a eux jng~ que Marconis avail en grande part copi~ Misraim, et qu il valait mieux par consequent revenir a l expression napolitainne de ce rite que les B~darride euxm~mes avaient selon eux-et selon Ragon- ignor~e. Ce quin ne signifie pas que Rombauts et Mallinger soient parvenus a reconstituer pleinement ces grades dont les ritnels de 1934, il fant bien le dire, sont assez chicevants. Quant an patriarche grand cons~crateur, ~trangeraux rites primitifs de Misraim et de Memphis, qni pent dire comment le pratiquer? Tout aussi grave aux yeux de Chevillon. et plus facile a r~soudre : le probl~me sonlev~ par le rite mixte de Memphis- MisraYm, institutionnalis~ par le Supnme Conseil international de Bruxelles, parall~lement an rite masculin, dit desormais «de stricte observance.» Mais Raoul Fructus, grand hi~rophanle mondial dn rile mixte, en 1934, n attendint pas deux ans pour en abandonner la direction et la pratique, et se ranger aux c6t~s de Chevillon qul luin contia en 1938 la mise en place d un rite f~minnin de Memphis-Misrarm, seul acceptable, assuniment, et traditionnellement (42) An bout du compte et en depit des drames que la guerre a vite effaces, l entreprise des fr~res belges a ~ utile, et leur apport est grand. Qni, aujourd hni. pent encore le nier? (42) Cf. le ~proces-verbal de La tenue sp&iale de consecration d~une loge feminine de Memphis-Misrairn. en annexe II ~La preface de Robert Amadou. lia franc-ma~anneric dgyptienne.. ap. cit. pp. XLVII-LHI. ainsi que le chapitrex do present ouvrage 4. Aujourd hui Depuis Ia Lib@ation, maintes filiations issues on non des Sonverains Sanctuaires fondes alentour 1934, se son! plac~es dans le sillage dn convent de Bruxelles. La pratique des grades du rite ancien et primitif de John Yarker ne fait plus, el de loin, l unanimit~, y compris chez les successeurs de Chevillon. Par sonci de fid~lit~ aux vienx Memphis et Misraim, beancoup en ont abandonn~ Ia pratique, an profit des grades ~gyptiens», et des degr~s classiques dn rite ~cossaisancien accept& Le Souverain Sancinaire international, fonde par Robert Ambelain. et pr~sid~ depuis 1985 par Gerard Kloppel. regroupe plusienrs Souverains Sanctuaires nationaux (Ia plupart ayant d ailleurs ~ fondes on r~veilj~s sons ses auspices) quin ont unifi~ leurs ritnels. Apr~s les grades blens. ceux-ci dispensent obligatoirement les grades de 9, Mafire ~ln des neuf: 18. Chevalier rose-croix; 30, Chevalier Kadosh; 32, Prince dn Royal-Secret: 33, Souverain grand inspecteur g~n~ral : 90, Sublime mailre dn Grand Oenvre: et 95, Grand conservateur. Les ateliers sont Jibres de conf~rer par ailleurs d antres degnis comme le Maitre secret on le Royal-Arche t43)~ Enfin, d autres grades comme le 66, Patriarche cons~crateur ; 20~, Chevalier dn Temple, ne sont transmis qu aux fr~res qui ont par surcroit des filiations ~qnivalentesd antre provenance, que ces initiations confirment. Les loges «secr~les» de la filiation Debeauvais, dont l originne remonterait a 1947. utilisent quant a elles des rituels un pen remani~s de Marconis, et pour les hants grades des ritnels qni s innspirent tr~s vraisemblablement de ceux des fr~res belges ( i- ). Apr~s son r~veil de 1956 par des anciens du convent de Bruxelles. le rite de Misraini dissoci~ de Memphis reprint force 43) Le Souverain Sanctuaire pour 1 Italie. fond~ par Francesco Brunelli en 1973. et dirig~ par Giancarlo Sen depuis 1982. sous l ob~dxence du Souverain Sanctuaire international, conf~re pourtantd aurres grades 4. Maitre discret, 7 ~. Chevalierde Ia voote de peifection, 11. Chevalierrose-croix 16. Chevalier du soleil, 21. Supreme commandeur des astres. 33. Chevalier Kadosh. 33. Souverain grand xnspecteui g~n~ral (44) Cf Michel de Montigny. lie Rite ancien et prunuif renav~i de Memphis- Misratm. Paris. Le Leopard dor. 1988. 30 31

et vigneur en Belgique, en France et en Italie. En France, Ia loge lyonnaise La Sagesse triomphante le maintiendra, qui conf~re un grade moderne de «maitre ~gyptien». avant les 87, 88, 89 et 90 degnis du regime de Naples, dans une version ~gaiement moderne et fortement ~gyptianis~e,innspir~e des rituels de 1934. La branche misraimite beige ignore quant a elle le «maitre ~gyptien» et transmet les arcana arcanoruni dans une version plus ancienne. En Italie, alors que le rite de Misraim r~veilj~ en 1956 paraft ~treentr~ en sommeil, le Grand Sanctuaire adrialique maintient Ia pratique de Misrafm et de Memphis sans les confondre, en transniettant dans leur version ancienne, voire primitive, les grades originaux de ces deux rites, et notamment les arcana arcanorurn. Son grand hi~rophante, Sebastiano Caracciolo, a permis dernin~rement l inmplantatinon de plusieurs branches hors d Italie, dont une branche fran~aise que dirige Jean-Pierre Ginudicelli de Cressac-Bachelerie. Ce sont d antres rituels encore que pratique le Souverain Sanctuaire allemand, r~veill~ par Lothar Wilke. Cette puissance allemande se r~clame d une transmission de Theodor Reuss, via Rudolph Steiner, et La loge Zn den drei rosen an der Elbe, ~ J orient de Hambourg, en est le centre principal. Si [on s accorde sur la tr~s grande richesse de ses riluels. pratiqn~s admirablement, ini n en faut pas moms avouer que Ia filiation de cette branche mixte de Memphis-Minsraim pose prob1~me. Si 1 unit~ ritu6liqne, r~v~e par les fr~res belges, n est pas plus qu hier atleinnte, La n~cessit~ qu elle le soit est discutable. La ~ diversit~ des grades et des rituels de Memphis-Misraim ne fait-elle pas, an contraire, sa richesse? C est un faint, en tout cas, que les branches multiples dn vieil arbre de Memphis-Misraim verdojent de par le monde plus que jamais. II TRAVAUX DU GRADE D APPRENTI (1839) 32

I sans cesse vous rappeler les engagements que VOU5 avez contract~s, lors de votre admission dans Ic temple de Ia vertu.» II lui donne des gants de fen~rne. Ceux-ci sont desrin~s ~ Ia femme que vous estimez Ic plus, persuades qu un Macon ne peut faire un choix indigne de lui. Mon F. (c esl I~, d~sormais, Ic seul litre que vous recevrez Ct que vous donnerez en Loge) nous avons, pour nous reconnaitre. des signes, des paroles Cl des altouchements. Le signe se fait en portant la main droile ~ Ia gorge, en ~querre,les quatre doigts joints, le pouce ~cart~,el Iev~ versla joue droite, le coude ~ la hauleur de Ia main, c est ce qu on appelle 1 ordre retirez cetle main horizontalement vers l ~paule droite, et la laissez tomber perpendiculairement Ic long de la cuisse, ce qui forme une ~querre, le signe alors est complet. Ce signe, que Von nomme guttural,vous rappelle le serment que vous venez de pr& let, et la punilion altach~e ~ son infraction. L attouchement se fait en portant le pouce droit sur Ia prerni&e phalange de I index droit, que l on presse suivant Ia batlerie, 1 1 1. Le mot sacr~ est [... I. qui signifie force c est Ic norn d une des colon nes de bronze, qui fut plac~e ~ Ia porte du temple de Ia sagesse. Ce mot s ~p~1e ainsi... II n y a point de mot de passe. Je vous ai d~j~ dit, mon F..., que Ia Ma~onnerie est connue dans tout I univers, quoi qu elle soit divis~e en plusieurs rites, ses principes sont partout les n~mcs et vous devez les ni~rnes senliments d amiti~ ~ tous les Ma~ons, quel que soit le rite auquel us appartiennent. Le Ven... I embrasse 3 fois, el Iui dit ~<A1lezmaintenant vous faire reconnai tre par Ic F... Exp... Prenez place mes FF. Le Maitre des C&6monies le conduit ~ [occident, pour rendre les signe. parole et attouchemeni, apr~s qu ils ont 6t6 rendus, le F... Exp. dit au 2~ Surv. F.. 2~ Surv. A, les signe, parole et altouchernent ont ~ fid~ieinent rendus, par le F. nouvel iniri~. Les 2e:. Surv. r~p~tent successivernent. Alors le Wn..., apr~s avoir frapp~ un coup, qui esi r6p6t~ par les 2e Surv..., proclarne con irne suit, le nouveau F... en ~Debout et ~ 1 ordre, mes FF...» Proclaniation < A La ~loire du Sublime Architecte des mondes, au norn du Grand Hi~rophanle, sous les auspices du Grand Empire de l Ordre ma~onnique de Memphis; je proclame d~s ~present et pour toujours. membre de cetle S. L.... le T... C. F. (norn et pr~noms). au grade d Apprenti ; et vous ~tesinvites, FE la:. et 2~:. Sur.... ei vous tous, mes FF..., ~le reconnailre en ladite qualit~, et ~ lui pr~ter aide et protection au besoin.» Apr~s la proclarnalion. le Wn... frappe un coup, et dit ~FF... 1~ et 2~ Surv:. invilez les FF... qui se trou vent sur vos colonnes respectives ~ se joindre ~ nous. pour nous f~1iciter de lheureuse acquisition que 1 Ordre et la Loge viennent de faire d un nouveau F... et d un nouvel ani» Les Surv. :. r~p~tent l annonce. Ensuile, Ic Wn... dit: A rnoi, mes FF. On fait, avec le Wn. le signe et Ia batlerie ordinaire. Le M. des C~r~m. :. se joint au nouvel inili~, pour r~pondre de la m~me mani~re. On couvre. Ensuite, Ic V~n. dil: ~Prenez place, mon F..., en t&e de Ia colonne du seplentrion m~rilez par volte assiduit~ aux travaux, et par la pralique des vertus rna~onniques, dont vousvous ~tes impose I obligation. etdont vos FE :. vous donneront 1 exemple. m~ritez de p~n& trer plus avant dans nos myst~res. et de recevoir les faveurs que les Ma~ons ne refusent jamais aux FF. :. qui s en rendent dignes. Lorsque le nouveau FF. :. a pris sa place. Ic Wn... dit ~En place, mes FF. Puis il ajoute Le F... Orateur va vous donner l explication de bus les embl~rnes qui ont accompagn~ votre reception. apportez-y la plus grande attention, mon F... ces embl~mes cachent les v~rit~s les plus importantes; et de leur intelligence d~pendent loutes les lurni~ies que vous ~tes par la suite appe1~ ~ acqu~rir. 52 53

S. Discours adress~ par I orateur au nouvel initi~ O toi qul viens d ~tre initi~ aux myst~res de Ia franc-maconnerie, pr~te a nos accents une oreille attentive, el que ton ame s ouvre aux pr~ceptes rn~ies de Ia v~rit~ Nous t enseignerons le chemin qui m~ne a La vie heureuse; nous t apprendrons ~ plaire au Tout-Puissant dont le nom ineffable ne dolt etre prononc~ qu avec recueillement et respect; nous t apprendrons ~ d~velopper tous les moyens que la Providence te confie, pour te rendre utile aux hommes et vivre heureux toi-ni~me. Ton premier hommage appartient a Dieu. Adote l Etre- Supreme qui cr~a l univers par un acte de sa voiont~, qui le conserve par un efret de son action continue, qui remplit ton c~ur, mais que I esprit humain ne peut concevoir ni d~finir. Plains le triste d~iire de celul qul ferme les yeux a la lumi~re el marche au milieu d ~paisses t~n~bres: mais sois tolerant, garde toi de hair ou de pers~culer: Ia divinit~ ne t a pas commis le soin de venger ses injures. El~ve souvent ta pens~e au-dessus des ~tres mat~rieis qui tenvironnent, el jette un regard de d~sir dans les regions sup& rieures qui sont ton h&itage et ta vraie patrie car la vie lerrestre, crois-le bien, nest pas la fin de Ihomme Assieds-toi done au banquet de la vie ne t y accoude pas. Si ton premier hommage apparlient au Sublime Architecte des mondes. le second revient ~ tapatrie. Tu dois la ch~rir et Ihonorer comme un fils vertueux ch~rit et honore sa mere sournis aux lois de ton pays, rien ne saurait te dispenser de ce devoir, quelle que soil Ia condition o~ le hasard fair place, lors m~me que Ia patrie ~urait ~ mar~tre ou ingrale envers loi. Apr~s avoir satisfait ~ tes devoirs envers Dieu ella patrie, consid~re ta famille fils, ~pouxet pore, chacun de ces ~tats comporte des obligations nombreuses el sacr~es ; applique-toi ~les remphr, elles te deviendront faciles. Pourrais-tu jamais oublier ce que tu dois aux auleurs de les jours Dans l ~ge miir, honore, respecte ton p~re, mais rends surtout ~ ta m~re, en ~gards, en tendresse, le prix des soins dont elle entoura Ionjeune age ; et sil en est besoin, ~ lexemple du pieux fils de Not, couvre leurs d~fauts du manteau de I amour filial tu en seras b~ni L amour pane ~Ion cieur. EI~ve de Ia sagesse, loin de Ioi les d~sirs corrupteurs loin de toi les plaisirs faciles Ne choisis pas Ia compagne parmi les plus belles et les plus riches ; I~che d obtenir Ia plus vertueuse. Efforce-toi ensuite d ~tre digne de l avoir obtenue car l arnour seul est le salaire de l arnour, et le vice ne peut sympathiser avec Ia vcrtu. Si le ciel a b~ni ton hymen, souviens-toi que l enfant au berceau est un citoyen que Ia patrie te confie fais germer dans cette jeune arne le principe de toutes les vertus. C est une noble tache Chef de famille. W dois prot~ger el instruire cette nouvelle tribu. Citoyen. un noble orguell t est permis sois le premier de Ia race, n en sois pas le dernier! N oublie jamais le respect d~1 a la viejllesse, situ veux, vielliard a ton tour, recevoir les hommages des jeunes hommes. Les vielliards soni les t~moins des anciens jours. Loin de rn~priser et de comparer ta sagesse naissante ~ Ia leur, ne t assieds jarnais en leur presence, suns en avoir obtenu Ia permission. Ne passe point entre an viejilard et le soleil. Si un vie illard r appelle, retourne sur tes pas, quand m~me tu serais attendu par Ia femme qui le pia~t. Le lieu oii tu as vu le jour est ta patrie ; l homme et la femme quite donn~rent La vie soni tes parents, ce cercle ne doit pas remplir exclusivement ton activit~. L univers est Ia patrie du Ma~on. Rien de ce qul regarde l homme ne lui est ~tranger. Tous les hommes doi vent donc &re fr~res ; comme toi ils ont une ~me immortelle, les m~mesorganes, le m~nie besoin d airner, le m~me d~sir d &re utiles. Viens donc dans fl05 temples ; car Ia sainte humanit~ y a son autel. Vois avec respect cel edifice majestueux destine ~resserrer les liens trop rel~ch~s de la morale et de Ia fraternit~. Unis par un langage myst~rieux, les ma~ons r~pandus sur toul le globe, partoul oi~ les lumi~res ont p~n~tr~, ne formentqu une seule famille, un seul peuple de fr&es. Un lien sublime r~unit ce peuple innombrable, c est Ia bienfaisance La bienfaisance, qui n est pas Ia vertu, mais sans laquelle Ia vertu ne saurait &re. La bienfaisance, emanation de Ia divinil~, ros~e f~conde, prepare 1 ~me ~irecevoir le germe de la sagesse. Tout ~tre qui souffre a des droits sacr~s sur loi. N attends point que le cri per~ant de la mis~re le sollicite ; pr~viens et rassure I inforlune timide n empoisonne pas. par I ostentation de 54 55

tes dons, les sources d eau vive oci le malheureux doit se d6sall6rer. Ne cherche pas le prix de ta bienfaisance dans de yams applaudissernents. mais dans le suffrage tranquille de ta conscience. Si la Providence lib6rale Ca accord6 quelque superflu, au lieu d en faire un usage frivole ou criniinel, elle veul que par un niouvement labre et spontan6 de ton ~meg6n6- reuse, lu rendes moms sensible La distribution in6gale des biens ; jouls de cetle pr6rogative ; que jamais l avarice, cette passion sordide, n avilisse ton caract~re : que Ion c~ur se soul~ve aux calculs froids et andes qu elle sugg6re Que ta bienfaisance soit active, ing6nieuse, mais surtout 6clair6e par une prudente sagesse! Ton cieur voudraitembrasser les besoins de l humanit6 enti~re : ton esprit doit choisir les plus pressants. les plus importants. La bienfaisance ne consiste pas seulement a donner un peu d or. L homnie ne vit pas seulement de pain. Vois Ia mis~re impuissante de l enfance, elle r6clame ton appui. Consid~re l inexp6rience funeste de l adolescence, elle sollicite les conseils. Mets ta f6licit6 a Ia pr6server des erreurs et des s6ductions qui Ia menaceni; excite, autant que tu pourras, dans de jeunes cceurs, les ~lincellesdu feu divin du g6nie, de la vertu aide ~i les d6velopper pour le bonheur du monde! Honte a qui veut meltre la lumi~re sous le boisseau! Sers-toi du don sublime de Ia parole, signe ext6rieur de Ia domination de l~homme sur la nature, pour aller au-devant des besoins d autrui, el pour exciter dans bus les cieurs le feu sacr6 de la vertu. Instruis, prol~ge, donne, soulage tour a tour! Ne crois jamais avoir assez fait, et ne te repose que pour reprendre une nouvelle 6nergie. Une journ6e sans bien fait 6tait perdue pour Titus ; aie le noble ~teueil de ressembler a Titus. En le livranl ainsi aux 6lans de cene passion sublime, une source intarissable de jouissances jaillira sur toi, ton ~mes agrandiia et tous les instants de Ia vie seront dignement remplis. Si tu sens ton impuissance ~ suffire seul au bien que tu voudrais faire, viens encore dans nos temples. apporte une branche au faisceau sacr6 de bienfaits qui nous unit. Concours, selon tes facult6s, aux plans et aux 6tablissements utiles que l association ma~onnique te pr6sentera. Tu appr6cieras bientot les fruits de la combinaison des forces, et de leur concentration sur un m6me objet. Que ta bont~ s 6tende sur toute la nature: l insecte m6me, qui West pas nuisible, a droit de vivre! Ne l ~crase poini sans raison. Ne sois donc pas cruel envers les animaux ; compatis au contraire a leurs souffrances, et ne crams pas d ~tre ridicule, en les d6fendant contre Ia brutalit6 stupide. Ne te laisse pas rebuter par le tableau des devoirs qui se d6roule en ce moment devant tes yeux. La nature et La soci6i~ t imposent d autres devoirs encore envers les hommes tes 6gaux : ils ne sont pas moms sacr~s que les pr~c6dents ; ils sont de plus, indispensables a son bonheur personnel. Sois affable et oftiejeux envers tout le monde, ~difiepar ton exetuple. aime ton prochain; prends part a Ia f~licit6 d autrui; ne permetsjamais a l envie de s 6lever un instant dans Ion sein: ton ame serait bient6t en proie a La plus triste des furies. Ii te faut un ami: clicisis-le de bonne heure, car Ia vie est courte. Qu il soil le plus digne entre tous ceux que lii connais, il sera ton Mentor. Dieu te garde qu il descende au role de complaisant. il deviendrait bient6t le complice de tes passions. loin de t aider a les vaincre! Un v6ritable ami est un tr6sor. Trois fois heureux qui I obtient! Lent a former les neuds de l amiti6, sois encore plus lent a les d6lier. Pardonne a ton ennemi ; ne te venge que par des bienfaits. Ce sacrifice g6n6reux te procurera les plaisirs les plus purs, et tu redeviendras la vave image de La Divinit6. Rappelle-toi que c est L~ le triomphe le plus beau de Ia raison sur l instinct. Macon! Oublie les injures, mais jan~ais les bienfaits. En le d6vouant aux autres, n oublie point ce que tu le dois a toi-m~me. Que Ia volont6 ferme et constante soit d arriver autant que possible a Ia perfection morale de ton ~tre.n aie qu un seul but dans celte vie, d acqu6rir Ia science par Ia vean, et La vertu par Ia science. Ne n6glige donc pas de satisfaire les besoins d une ame immortelle. Descends souvent dans ton cieur poury sonderles replis les plus cach6s. Connaisici toi-nic~me. Cette connaissance est le grand pivot des pr& ceptes ma~onniques. Apprenti, ton ame est La pierre brute que tu dois d6grossir ; conipagnon, tu La poliras maitre, tu y traceras des plans parfaits. Tout homme se doit a Ia soci6t6 ; applique-toi a concevoir une id6e noble et grande, et consacre ta vie a la r6aliser. Ainsi ton passage sur cette terre n aura pas 616 st6rile. Ainsi tu auras 56 57

accompli une mission providentielle ; mais n oublie pas que tu dois te proposer un but ulile a l hurnanit6 en g6n6ral. Que l id6e sublime de la loute-puissance de Dieu te fortifie el te soutienne. Offre-lui chaque jour I hommage de tes affections r6gl6es, de tes passions vaincues. Veille et prie. Renouvelle chaque matin le veu de devenir nieilleur, Cl lorsque le soir ton ceur satisfait te rappellera une bonne action, une victoire remport6e sur toi-m~me, alors seulemeni repose en paix dans le sein de la Providence, et reprends de nouvelles forces. Que jamais ta bouche n alt~re les pens6es secr~tes de ton cieur; qu elle en soil toujours l organe vrai et fiddle ; mais sache garder un silence prudenl et qui ne permette pas ni~me de soup~onner le d6p6t du secret confi6 a ta foi. Ainsi tu 6viteras loute importunit6, et le mensonge ne souillerajamais tes I~vres. Ne confie pas non plus sans n6cessit6 Ionpropre secret : de quel droit voudrais-tu exiger d un autre plus de lid6lit6 a le garder, que tu n en as eu toi-m~me? Enfin que des meurs, chasles et s6v~res, soient tes compagnes ins6parables. Que ton ~mesoil pure, droite et vraie. Que Ia modestie soit taloi. Ne consid~re jamais le terme oui lu es venu, Ia course en serait ralentie, mais celui oct tu dois arriver. La courte dur6e de ton exislence le laisse a peine l espoir d y atleindre. Ce tableau de tes devoirs ne doil pas t effrayer. La route de la vertu est aussi facile que celle du vice. II suffit d y entrer et de marcher. Cette marche sera ais6e si, de bonne heure, lu t es soumis au joug de celte autre verlu qu on appelle tenzp~rance, et sans laquelle il n y a point de sagesse. La temp6rance est Ia ~i6decine universelle, au physique comme au moral. Sois sobre, frugal et mod6r6, tu pr6viendras ainsi les maux du corps et de l esprit. Jeune initi6, 6coule encore el pr&e-moi toule ton allention. L all6gorie est Ia voix de la sagesse. Etudie le sens des hi6roglyphes et des embl~mes, que l Ordre le pr6sentera a chaque degr6. Enferm6 dans un lieu sombre, livr6 a une m6ditation profonde, en face d objets lugubres, tu a dfl r6fl6chir sur Ia vanit6 des choses de ce monde p6rissable. Tu as sans doute compris aussi que, par cette all6gorie, l ordre ma~onnique ; apprenait que pour entrer dans son sein, il fallait, de~pouiiiant le vieil r homme mourir au vice pour renaitre a la vertu. Le bandeau qui couvrait tes yeux, est l emblctme des t6nctbres oii les profanes sont plong6s. Le soleil 6claire l univers. C es; a toi d imiter cel asire bienfaisant. La June adoucit le deuil que les t6n~bres de la nuiljetlent sur la terre ; elle guide nos pas tremblants au milieu de l obscurit6 par sa pr6sence elle annonce qu il n est point de t6nthres assez 6paisses pour d6rober le crime a l ~ii de.kqiovah. Ainsi en est-il de bus nos embi~mes. Le conipas indique l exactilude ella droiture de nos meurs. L t!querre sert a mesurer Ia justice de nos actions. Le niveau montre que tous les hommes sont 6gaux. Respecte dans la soci6t6 civile les dislances 6tablies ou tol6- r6es par Ia lol. Souvent une sotte vanit6 les imagina : il y en aurail a les fronder et a vouloir les m6connaitre. Mais garde-toi de les transporter parmi nous. Dans le temple de Ia sagesse, on ne r6v~re que les dignit6s ma~onniques. Laisse tes dignil6s Ct tes d6corations profanes a Ia porte; n entre qu avec l escorte de tes vertus. Ne rougis jamais d un homme obseur mais honnete, que, dans nos asiles, tu embrassas comme un fr~re quelques instants auparavant. A son lour l Ordre rougirait de toi. La perpendiculaire d6montre la slabilit6 de l Ordre 61ev6 sur toutes les vertus. Sers-toi de Ia truelie pour cacher les d6fauts de tes fr~res, et suivanl le conseil du sage Pythagore same Ia mauve, tie Ia mange pas. Un aulre sage a dit : Ne p~se jamais tes semblables dans un seul bassin. et si celui du mal l emporte, Ole-en ce que Ia faiblesse humane y a mis de charge, et que Ia charit6 compl~te le poids du bien. Tu r6jouiras ainsi l auteur de toule bont6.>~ Apprends aussi que Ia pierre brute esl l embl~me de Ion ame, susceptible de bonnes ou de mauvaises impressions. Entin cette houppe dentel& qui s entrelace, d6signe l union de tous les fr~res, CI le secret qui doil encadrer nos ntyst6- rieuses c6r6monies. Bien d autres embl~mes IC seront d6velopp6s : il n en esl pas encore temps. M6dite sur ceux qu il t est donn6 de connajlre aujourd hui. Mon frctre! Tous ces devoirs qui viennent de t ~tre rapide- 58 59

F ment esquiss6s, tu dois les remplir envers bus les homnies : ils sont encore plus sacr6s envers tes frctres car dans la foule immense des ~1resdont cet univers est peupl6. lu as choisi, par un v~u libre, les Ma~ons pour tes fr~res. Tout Ma~on, de queique religion, pays ou condition qu il soit, en te pr6sentant la main droite, symbole de franchise et d 6galit6, a des droits sacr6s sur Ion amili6 et ton assistance. S il est en danger, vole a son secours Cl ne crams pas d exposer pour lui ta vie. Un signe sacr6, qui te sera r6v616 si lu en es digne. te montrera un fibre implorant Ion secours. S il est dans le besoin, verse sur lui tes tr6sors Ct r6jouis-toi d en pouvoir faire un tel emploi. Tu as jur6 d exercer Ia bienfaisance envers les hommes en g6n6ral. tu la dois de pr6f6rence a ton rr~re qui g6mit. S il est dans I affliction, console-le par tous les moyens que l esprit ing6nieux de l humaml6 ie sugg6rera. S il est dans l erreur, loin de t 6loigner et de le maudire, viens a Iui avec les lumi~res du sentiment de la raison, de la persuasion. S il est en butte aux traits de Ia calomnie, ne crams pas de t avouer son ami ; sois son d6fenseur en public, Ct tu ram~neras peut-~tre l opinion 6gar6e, pr6venue. II esl beau, il est saint de rappeler a la verlu celui qui chancelle, de relever celui qui est tomb6 mais il est presque d un Dieu d &re le piotecteur de l innocence m6connue. Si ton co~ur ulc6r6 par des offenses vraies ou imaginaires nourrissait quelque inimiti6 contre un de les fr~res, dissipe a l instant ce nuage, et si ta raison n est pas assez forte, appelle un arbitre, r6clame sa m6diation fraternelle, mais ne passejamais le seuil du temple avant d avoir d6pos6 tout sentiment de haine ou de vengeance. En vain tu invoquerais le Nom de I Eternel pour qu il daigne habiter un temple qui ne serail pas purifi6 par la vertu, sancti- ~fi6par Ia concorde. En 6change de ton admission dans l ordre rna~onnique, tu as abandonn6 une partie de ta libert6 naturelle : accomplis striclement les nouvelles obligations qui te sont impos6es. Des statuls g6n6raux gouvernent cet Ordre antique ci v6n6r6 ; des r~glements particuliers r6gissent celle Say..~. L..~. ConFormetoi aux uns Ct aux autres. Tu serais un mauvais frctre si tu m6connaissais la subordinalion n6cessaire dans toute soci6t6 et Ia ndtre serait oblig6e de t exclure de son scm. II est surtout une Ioi dont tu as promis ~la face des cleux la scrupuleuse observance. C est celle du secret le plus rigoureux sur nos rituels, nos c6r6monies, nos signes ella forme de notre association. Libre en pronon~ant le serment solennel sous La foi duquel nous t avons admis, tu ne l es plus aujourd hui de le rompre I Elernel que tu invoquas comnie t6moin, l a ratifi6. Grains les peines attach6es au parjure. Tu n 6chapperaisjamais au supplice de ton c~ur, CI tu perdrais l estirne Ct la confiance d une soci6t6 nombreuse, qui en IC rejetant, te d6clarerait sans foi Ct sans honneur. Si ces le~ons se gravenl profond6ment dans Ion ~medocile Ct ouverte aux impressions de la vertu, si les maximes salulaires qui inarqueront pour ainsi dire chaque pas que tu feras dans la carri~re ma~onniquc, deviennent les propres principes Ct la r~gle invariable de tes aclions : 0 mon fr~re, quelle sera notre joie! Tu accompliras Ia sublime destin6e : Iu relrouveras cette ressemblance divine qui fut le partage de l hornme primitif, dans cet 6tat d innocence que les po~tes ont c616br6 sous le nom d aee d or Ct dont l iniliation ma~onnique fait son objet principal. Tu deviendras Ia cr6ature ch6rie du ciel, ses b6n6dictions f6condes s arreteront sur toi, CI m6ritant le titre glorieux de sage, toujours libre Cl heureux, tu marcheras sur cette terre l 6gaI des rois, le bienfaiceur des hommes et le mod~le de les fr~res Apr~s le discours de I Orateur, le V6n..~.faiI circuler le sac des propositions, puis Ia tz6daka ensuile il proc~de a l instruction. 6. Instruction du premier degr6 D... F..~. ~ Surv..~. qu y a-t-il de commun entre vous CI moi? R..~. Un culle, V6n6rable. R..~. Lama~onnerie. D... Etes-vous Ma~on? R..~. Tous les FF..~. me reconnaissent pour lel. D..~. Qu est-ce qu un Ma~on? R..~. Un homme libre CI de bonnes nioeurs, 6galemenl ami du pauvre Ct du riche, sils sont verlueux. D..~. Quelles sont les dispositions n6cessaires pour devenir Ma~on? R..~. La premictre. cest la puret6 du co~ur. 60 61

D..~. Quelle est la seconde? R..~. Une soumission absolue aux formalil6s prescrites pour la r6ceplion. D..~. Qu enlendez-vous par le mot <Macon»? R..~. Celui qui concourt, par son intelligence, a la construction du Temple de la Sagesse. D... Quelle est Ia base de Ia Ma~onnerie? R... La Franc-Ma~onnerie pr6sente la plus noble carri~re, a celul qui esljaloux de s instruire. Elle i6unit les deux caractctres qui rapprochent le plus le mortel de la Diviml6, savoir le culte de la v6rit6 ella pratique de la bienfaisance. Ecole de sagesse, Ia Ma~onnerie se nourrit dexemples lien sacr6 parmi les hommes, elle d6daigne les d6marcations qui s6parent les peuples... toule verlu est son domaine, toule action noble ec g6n6reuse trouve un 6cho dans les temples ; cette institution a poui base les lois de nature ; ces lois servent de boussole a celles de l Etal : Ia Ma~onnerie fail son 6tude des unes Cl des autres. Elle lend done au perfeclionnement de Ia l6gislalion, des sciences Ct des arts, dont elle embrasse toutes les parties. L on apprend a parler a son lour. a discourir avec sagesse a remon- ICr avec am6nit6, ac6der avec complaisance, a commander sans ~pret6,a fl6chir sans bassesse ; l 6lranger y trouve un fr~re. l indigenl un ami, Cl les vaincus des sauveurs. D..~. Quelles ont 616 les form alit6s usit6es dans votre r6ception? R... Je fus d abord pr6senl6 par un ami vertueux que j ai reconnu pour fr~re ; puis conduit par des inconnus, dans une salle contigue a Ia Loge, oit, apr~s m avoirdemand6 si mon intention 6tait bien d &re re~u Ma~on, on m enferma dans un lieu secret. D..~. Que repr6sentait ce lieu? ~R... Le centre de la terre Ct le s6jour de la mori, afin de m apprendre que tout vienl de la terre Ct doit y retourner ; que l homme doit constamment se tenir pr& a paraitre devanl le Juge supreme ; que le profane qui veut ~tre re~u Ma~on, doil, avanl tout, mourir au vice, afin de ne plus vivre que pour la vertu ; CI enfin, pour me rappeler cede v6rit6, que. de m~me que Ia lerre esl Ia mali~re merle, oii le plus grossier des 6l6ments qui composent l univers, Cl que c est par elle que commencent les voyages embl6matiques, de m~me nous devons Soumetlre CI purifier en nous Ia mali~re, afin de nous disposet a la purification de l esprii. D... Que fites-vous dans ce lieu? R..~. Ma profession de fol, ensuite de laquelle un F... me mit dans l 6tat o~ doit ~tretout profane qui aspire a devenir Ma~on. D... Dans quel 6Iat vous nlii-on? R..~. Un bandeau couvrait mes yeux, Ct j 6tait priv6 de tous m6taux, a Ia r6serve d une cha~ne pesante qui m accablait. D... Pourquoi aviez-vous les yeux band6s? R... Pour marquer les t6n~bres de l ignorance dans laquelle vit tout homme qui n a pas vu Ia lumi~re. D... Pourquoi vous pri va-i-on de bus m6laux Ct vous chargea-l-on d une chaine pesante? R... Les m6laux 6tant l ernbl~me des vices, on m appril par ia qu il fallait y renoncer pour devenir Ma4~on*Aa chaine 6lait le symbole des pr6jug6s dont je devais me d6pouiller, comme je le fis de ma chaine au premier point de ma purification4 D..~. Que fites-vous dans cet 6tal? R... On me fit entreprendre un long Cl p6nible voyage. D... Que signifie ce voyage? R..~. Outre un sens propre, savoir: ma purification Cl ma pr6- paration a recevoir les secrets importants qui devaient m ~Ire confi6s, il offrait encore un sens moral, CI repr6senlail toules les vicissitudes de la vie humaine, depuis la naissance jusqu a la mofl il avail en outre, un sens myst6rieux, il repr6sentail l image de la nalure, et donnait aux sages Ia clefde bus les secrets et des haules connaissances. D..~. Oh vous conduisil ce ler voyage? R... A une piscine salutaire, d oht je sorlis libre des entraves qui m accablaient; alors un ami m expliqua une parlie des v6rit6s cach6es sous les embl~mes de ce ler voyage. D..~. Que fit-on de vous alors? R..~. Apr~s s etre assur6 que je persislais dans ma r6solution, ce F..~. me fit continuer ma route. D..~. Quels obstacles rencontr~tes-vous? R... Un brasier ardent se trouva devant moi, Ct jc fus contraint de le traverser. D... Que signifie ce brasier? ~ Les pr~tres ~gyptiens. pour sacrifier au soleit. d~posaient teurs bagues et leurs autres ornements dot et d ai gent. 62 63

F R..~. La violence des passions, Ia fougue de Ia jeunesse, qui sont aulant d obstacles a la perfection morale de lhomme. D..~. Que tiles-vous au sorlir de ce 3~ 6l6menl? R... Un fr~re me pr6senta une liqueur am~re, embl~me des chagrins et des d6gofits que Ihomme 6prouve dans cette vie, Ct que le sage supporte sans se plaindre ; ensuite il m invita ~ continuer ma route. D..~. Qu 6prouv~Ies.vous dans ce 3~ voyage? R..~. Je fusplac6 dans lar6gion de Fair; Ia foudre, lagr~le et tous les autres m6t6ores se d6chafn~rent autour de moi ; enfin, a cet~e temp&e affreuse, succ6da le plus grand calme. D..~. Que signiflait cetle lenipele? R... Elle peignait les embarras qu 6prouve l homme dans l age mor, eljusqu a Ia fin de sa carri&e. D..~. Que fites-vous ensuile? R... Mon guide me laissa continuer ma route, etje me trouvai a Ia porte du temple. D..~. Que trouvates-vous? R..~. Deux FF... qui m arr~i~rent, et apr~s s ~tre assur6s que j avais pass6 au milieu des 6l6menls. me firent connaitre les obligations que je devais contracler apr~s quoi, ils me firent frapper 3 coups. D..~. Que signifient ces 3 coups? R..~. Demandez, et vous recevrez ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, Ct l on vous ouvrira. D..~. Que fites-vous ensuite? R... Le V6n6rable m~adressa diverses questions auxquelles je r6pondis ; apr~s quoi, du consenlernent de bus les FF..., il me ~fit conduire a l autel, afin d y pr~ter serment. D..~. Comment 6tiez-vous en le pr&anl? R..~. Deboul, sur la 3~ marche de l aulel, Ia main droite sur le livre de la loi Ct sur le glaive symbole de l honneur. Ct Ia main gauche lenanl La poinle d un compas sur le cieur. D.. Que fit ensuite le V6n6rable? R..~. 11 m accorda Ia lumi~re. D..~. Que vites-vous dans ce moment? R..~. Trois sublimes lumi~res de Ia Ma~onnerie ; le soleil, la lune Ct le maitre de Ia Loge. D..~. Quel rapport y a-t-il enlre ces 2.~. astres et le maitre de Ia Loge? et, R..~. De m~me que le soleil pr6side au jour, ella lune a la nuit, le majlre pr6side a Ia loge pour l 6clairer. Le soleil 6claire l univers, nous devons imiter cet astre bienfaisani La lune adoucit le deuil que les voiles de la nuitjettent sur la terre ; elle annonce qu il n est point de t6n~bres assez 6paisses pour d6rober le crime a l 4~eil du Tout-Puissant. D..~. Que vites-vous ensuite? R... Trois objets pr6cieux. embl~nies de bus nos devoirs. D... Quels sont ces objets? R.. Le livre de Ia loi, qui conlient nos devoiis envers Dieu, un Ironc destin6 a recevoir les secours que nous devons a nos FF..~., Cl un glaive pour rappeler Ia pumtion qui attend les parjures. D..~. Qu enlendez-vous par la punition r6serv6e aux pariures? R..~. Qu ils meurenl a la Ma~onnerie, c est-a-dire qu apr~s avoir 6t6 jug6s l6galemenl par un conseil de radiation, leurs noms sont ray6s du grand livre d or, brol6s dans tous les temples Ct les cendres jet6es au vent, afin que leur m6moire souill6e par leur forfait, soit en ex6cration a toute Ia nature, en horreur aux gens de bien Cl aux Ma~ons des deux h6misph~res. D... Que fit alors le maitre de Ia Loge? R... II me fit avancer vers l Orienl, et me fit r6it6rer mes obligations ; ensuile de quoi il me donna le signe, hi parole et l altouchement du grade d apprenti ma~on. D..~. Donnez-moi le signe? R... (On le don ne) D.. Que signifie ce signe? R..~. Que je pr6f~rerais avoir la gorge coup6e plut6t que de r6v6ler les secrets de la Ma~onnerie ; II me rappelle aussi, que j ai promis d aimer mes fr~res, de les aider, de les secourir, de donner l exemple de l ob6issance aux lois de mon pays Ct de Ia pratique des venus ; et de Iravailler constamment a perfec. tionner mon ~lreci a vaincre mes passions ; il se nomme guttural. D..~. Donnez l atlouchement au F..~. Expert. II estjuste, V6n6rable. D..~. Que signifie cet altouchement? R... Les trois paroles de l Evangile : cherchez. vous trouverez ; frappez, ii vous sera ouvert demandez et vous recevrez. 64 65

F- D... Que signifie le compas? R... L exactilude ella droiture de nos meurs. D..~. Que signifie l 6querre? R..~. Elle serf a mesurer Ia justice de nos aclions. D..~. Que signifie le niveau? R..~. Il indique que bus les hommes sont 6gaux. R..~. Que signifie Ia perpendiculaire? R..~. La stabilit6 de l Ordre 61ev6 par toutes les venus. D..~. Que signifie la Iruelle? R... Que nous devons cacher les d6fauls de nos fr~res. D..~. Que signifie la pierre brute? R..~. Elle est l embl~me de l ame susceptible de bonnes ou mauvaises impressions. D... Que signifie le tablier? R..~. C est le symbole du travail, il nous indique que nous devons constamment travailler a vaincre nos passions ; et conlribuer au bien g6n6ral de l humanit6. D... Que signifie la houppe dentel6e qui s entrelace? R... Elle d6signe l union qui doit exisler parmi les fr~res. D..~. Donnez-moi la parole. R..~. Je ne l ai point appris ansi, V6n6rable, donnez la premi~re lettre, je vous donnerai la deuxi~me. (On La donne) D..~. Que signifie ce mol? R..~. Force. D... Que fit ensuite le V6n6rable? R... Il me rev~tit d une tunique bleue, embthme de purel6 Ct des devoirs de ma vie nouvelle ; ii me donna des gants blancs, symbole de candeur, en me recommandanl de ne jamais en souliler Ia puret6 ; enfin il me donna un tablier, symbole du travail, Ct me fit reconnaitre par le F.~. Expert ; apr~s quoi il me proclama apprenti ma~on de l Ordre ma~onnique de Memphis, nt oriental. D..~. Qu 6tait-ce que Memphis? R..~. C 6tait une ville d Egypte. D..~. Quel rapport y a-i-il entre Ia Ma~onnerie et l Egyple? R..~. La Ma~onnerie, c est-a-dire Ia connaissance des v6ril6s de Ia nature Cl de ses lois, fut conserv6e en Egypte par des sages qui Ia cach~rent au vulgaire en l enveloppant d embl~mes ing6nieux ; ce fut ansi qu elle se perp6tua, Ct flit port6e des rivages du Nil chezbus les peuples du monde, oit elle a plus ou moms perdu de son caract~re CI son but primitif, qui nous ont 6t6 Iransmis par les premiers Ma~ons, sous le nom de mysl~res ou d initiation. D..~. Qu est-ce qui compose une Loge? R..~. Trois la gouvernent, cinq Ia composent, sept la rendent juste CI parfaite. D..~. Quels sont ces trois? R..~. Le V6n6rable Ct les 2 Surveillants. D..~. Pourquoi dites-vous que trois la gouvernent? R..~. Parce que l homme se compose du corps, de l espril, Ct de l ame qui est interm6diaire ou le lien qui unit les deux aulres. D..~. Pouiquoi cinq la composent-ils? R..~. Parce que l homme est dou6 de 5 sens, dont trois sont essentiellement n6cessaires aux Ma~ons, savoir : la vue pour voir le signe, l ouie pour entendre la parole, et le toucher pour appr6cier l attouchement au propre, ils repr6sentenl les 5 lumi~res de la Loge. D..~. Pourquoi enfin 7.-. la rendenl-ils juste Ct parfaite? R..~. Parce qu il y a 7.~. officiers principaux dans un at..~. et aussi parce que ce nombre renferme en 1w de grands Ct sublimes myst~res. Ii rappelle les 7.~. jours que le Tout-Puissant employa a la cr6ation de l univers, repr6sent6s figuradvement, par les 7.~. ann6es que dura Ia construction du temple. Ii indique les 7.~. sph~res c6lestes, auxquelles correspondentles 7.~. jours de Ia semaine, les 7.~. couleurs primitives Ct les 7.. tons harmoniques, enfin les propri6l6s de ce nombre sont telles, que les sages pr6tendent qu il r6gil l univers. D..~. QuelIe forme a votre Loge? R..~. Un carr6 long. D..~. Dans quel sens est sa longueur? R..~. Du levant au couchant. D..~. Salargeur? R..~. Du midi au septentnion. D..~. Sahauteur? R..~. De la terre aux cieux. D..~. Sa profondeur? R..~. De la surface de Ia terre au centre. D..~. Pourquoi ces dimensions? R..~. Parce que Ia Ma~onnerie est universelle. 66 67

D..~. Pourquoi est-elle situ6e du levant au couchant? R..~. Parce que toutes les Loges sont venues de l orient. D..~. Qu entendez-vous alors par Loge? R..~. Le monde ; l univers ne forme qu une seule loge CI les Ma~ons r6unis en Loge ne sont que des portions de la Loge universelle : aussi tout Ma~on, dans quelque Loge qu il aille, se pr6sente toujours ~la Loge, car la Ma~onnerie est une, malgr6 ses rites divers, comme le genre humain est un, malgr6 Ia diversit6 des langues. L autel de Ia Iol6rance doit s 6lever dans IC temple de la sagesse ; nous sommes un par la m~me pens6e, nous marchons bus vers un m~me but, tous les Ma~ons doivent donner Ct recevoir le baiser de paix Cl former le lien indissoluble que Ia philosophic a tiss6. D..~. Qu est-ce qui soutient votre Loge? R..~. Trois grands piliers que l on nomme SagesseForce et Beaut6. D..~. Qui repr6sente Ia Sagesse? R..~. Le maitre de Ia loge, qui occupe l Orient ; parce que de Ia il dirige les ouvriers CI maintient l harmonie dans la Loge. D..~. Qui repr6senle Ia Force? R..~. Le ler Surveillant, a I occident. D..~. Qui repr6senle la Beaut6? R..~. Le 2c Surveillani, au nord. D..~. Pourquoi les nommez-vous Force CI Beaut6? R..~. Parce que Ia force ella beaul6 sont la perfection de tout Ia sagesse invenle, Ia force ella beaut6 soutiennenl. D... Commeni votre Loge est-elle couverte? R..~. Par une vofite c6leste, parsem6e d 6toiles, CI oci brillent deux grandes Iumi~res qui dissipent au loin les nuages. Existe-I-il dans la Franc-Ma~onnerie, un secret, ind6- pendamment des formules et des signes. R..~. Les anciens myst~res 6taient, non seulement un cours th6orique Ct pratique de philosophie morale Ct religieuse, mais encore une inslitution destin6e aperpdtuer les prcmi~rcs traditions du genre humain. Tout inili6, parvenu au compl6ment de l iniliation. connafira Ia haute sagesse que j appellerai verlu ; il jouira de la supreme f6licit6, car la connaissance du grand euvre de la nature inspire a l homme un sentiment de raison qui l 6l~ve au-dessus de ses semblables... Voila quel 6cait le but des grands myst~res chez les Anciens, tel est encore de nos jours celui de la Franc-Ma~onnerie. Tandis que le Ma~on vulgaire, satisfait d une apparence myst6rieuse, se contenle de savoir prononcer quelques mots dont il ignore le sens, de r6p6ter queiques signes inexacts, l observateur philosophe s 6lance dans les si~cies pass6s, remonte aux causes prcmi~rcs, au but r6el de nos initiations ; si quelque succ~s a couronn6 ses p6nibles recherches, si Ia lampe de l 6tude a pu guider ses pas dans le d6dale obscur des mys- I~res antiques, avide d instruction, il viendra frapper a Ia porte de nos temples, c est parmi les successeurs des sages de N4emphis qu 11 viendra chercher des connaissances nouvelles. D..~. Comment se fail-il que la Ma~onnerie qui dans les temps primitifs ne comprenait que les 3 degr6s symboliques compte aujourd hui 91 degr6s? R..~. II est vrai que Ia Ma~onnerie 6tail comprise dans les 3 grades symboliques ; mais dans l 6Iat actuel de nos meurs, II est impossible que les Loge s soient constitu6es de telle fa~on, que bus leurs membres, sans exception, puissent avoir une connaissance complete des secrets ma~onniques, telle qu elle devrail leur &re r6v616e au grade de maitre. II faudrail pour cela r6tablir le noviciat, meltre, pour le passage d un degr6 a un autre, les m~mes d6lais CI les m~mes pr6cautions que dans les anciens myst~res ; l 6tal social actuel s oppose a cette marche r6guli~re et seule rationnelle, la Ma~onnerie a donc dli se r6fugier dans des grades sup6rieurs. D..~. Quel age avez-vous comme apprenti ma~on? R..~. 3 ans. D.~. Pourquoi 3 ans? R.~. C est le lemps que les initi6s d Egypte mettaient pour raire leur noviciat, a l expirationduquel ils 6taienl iiti6s au l~.~. clegr6. D..~. A qui devez-vous toutes vos connaissances? R..~. A ma pers6v6rance, a mon travail, CI aux Ie~ons de mes FF. Apr~s l instruction, le V6n..~. frappe un coup CI dil: FF.~. I~ et 2c Surv..~., annoncez sur vos colonnes respectives, que si quelques FF..~. ont des propositions a faire pour le bien de l Ordre en g6n6ral ou celui de cette Say..~. L..~. en particulier, Ia parole leur sera accord6e.» Les Surveillants r6p~tent 1 annonce. Ensuite le F..~. Secr6laire donne lecture de 1 esquisse des Iravaux du jour. 68 69

Le V6n..~. Ia fail applaudir ; puis il proc~de a la suspension des Iravaux. 7. Suspension des travaux Le V6n..~. frappe un coup, CI dit: < Debout CI a l ordre mes FF..~. pour suspendre les travaux. D..~. F.~. 2c L6vite, quelle est votre place en Loge? R..~. A la droite du F..~. l~ Surveillant, oh vous m avez plac6. D..~. Pourquoi,monF..~.? R..~. Pour porter ses ordres au F..~. 2~ Surveillant, Ct veiller a ce que les FF..~. se tiennent d6cemment sur les colonnes. R..~. A la droite du V6n. D..~. Pourquoi, F.~. fr L6viIe? R..~. Pour porter vos ordres au F.~. ler Surveillant CI aux FF. Officiers dignitaires, afin que les Iravaux soient plus promptemenl ex6cul6s. D..~. Oh se lient le F..~. 2e Surveillant? R... Aunord,V6n. D..~. Pourquoi, F..~. ~ Surveillant? R..~. Pour mieux observer le soleil en son m6ridien ; envoyer les ouvriers du travail a Ia r6cr6ation, les rappeler de la r6cr6ation au travail ; le tout pour le bien de l humanit6 ella prospdrit6 de l Ordre CI de la Loge. D..~. Oh se tient le F..~. lcr.. Surveillant? D..~. Pourquoi, F. ]er.. Surveillanl? Comme le soleil se couche a l occidenl pour fermer le jour, de m~me le l~ Surveillanl SC tient dans cette parlie pour suspendre la Loge ; payer les ouvriers, CI les renvoyer contents Ct satisfaits. D..~. Les ouvriers sont-ils contents, mon F..~. R..~. Ils le I6moignent sur l une CI l autre colonne, V6n. D..~. Combien de temps travaillent les apprentis? R... Depuis le milieu dujourjusqu au milieu de Ia nuit. D..~. Quelle heure est-il, F.~. l~.~. Surveillant? R... Minuit. V6n..~.; Ct le soleil est a son m6ridien inf6rieur.> 70 Puisque le soleil est a son m6ridien inf6rieur CI que c est l heure de suspendre les travaux,joignez-vous a moi, FF.~. et 2~.~. Surveillants, pour y proc6der.> Alors le V6n... donne le baiser de paix, au F..~. l~ L6vite, qui va le porter au F..~. IY.~. Surveillant ; celui-ci le donne au F..~. 2~ L6vite, pour le porter au F..~. 2~ Surveillanl. Ensuite le V6n6rable descend de l autel, et fait la pri~re suivanle : (Tous les FF..~. se placent comme al ouverture). PRmRE ~Sublime Architecte des Mondes, Pare de Ia Nature, auteur et source de toute perfeclion CI de toule vertu! Tes enrants r6unis en ton nom, dans cet auguste sanctuaire, IC rendent mille actions de graces pour les faveurs signal6es que tu as daign6 verser sur eux. Continue, P~re mis6ricordieux, a r6pandre sur la nature enii~re Ia ros6e bienfaisante de tes dons, Ct b6nis nos Iravaux, qui n ont d autre but que Ia glorirication de ton nom, ella construction de ce temple mystique de Ia Sagesse, qui doil unjour r6unir bus tes enfants!> Le V6n6rable remonte a l autel, les Surveillants vont a leur place. Le V6n6rable frappe 3.~. coups, suivant Ia batierie du grade ; les 2 Surveillants les r6p~teni. ~A Ia gloire du Sublime Architecte des mondes, au nom du Grand Hi6rophanle, Ct sous les auspices du Grand Empire de I Ordre ma~.~. de Memphis, les travaux de notre say... Loge sont suspendus. Retirons-nous en paix, mes FF..~., mais avant de nous s6parer, jurons de ne rien r6v6ler des travaux du jour. Les Officiers dignitaires Ct bus les FF..~. 6tendent la main, en disant: Nous le jurons.» Le V6n..~. alors dit ~A mol, mes FF. Puis le signe Ct l applaudissement d usage a la fin desquels bus les FF.~. disent: < Gloire au Sublime Architecte des mondes!» 8. Travaux do banquel Les banquets se tiennent presque boujours au grade d apprenti, afin que tous les Ma~ons puissent y ~treadmis. 71

II ne doit y avoir qu une seule table, dispos6e en fer a cheval les fr~res se placent en dehors, except6 le Maitre des C6r6monies, les L6viles Ct le G..~. Expert qui se placent dans l int6rieur du fer a cheval. Le V6n6rable occupe le milieu de Ia table, ayant a ses cot6s les officiers, suivant leur rang en Loge ; aux deux extr6mit6s sont les fr~res ler CI 2e Surveillants. La Loge en banquet prend particuli~rement le titre d atelier. De meme qu en Loge, tout dans l atelier est conduit Cd r6g16 par le V6n6rable, qui fait passer ses ordres aux Surveillants par les L6vites. C est lui qui commande Ct ordonne les sant6s, except6 Ia sienne qui est ordonn6e, avec permission toutefois, par le ~ Surveillant. Le V6n6rable d6l~gue quelquefois, par honneur, le commandement des armes, dans les sant6s, a quelques-uns des officiers ou des fr~res. Tout ce qui est pos6 sur la table doit etre rang6 sur des lignes parall~les. 11 est des ateliers oh l on Porte cette attention jusqu a placer des cordons de couleur pour marquer les alignemenis. La premiere ligne, en partant de l int6rieur, est pour les plats ; Ia seconde est pour les bouteilles ; Ia troisi~me est celle des verres, ella quatri~me enfin est celle des assietles. MISE EN ACTIVITE DES TRAVAUX La mise en activit~ des Travaux est Ia meme que celle de Ia Loge symbolique ; elle est termin6e ainsi: Le V6n6rable: ~j Puisque le soleil est entr6 an m6ridien CI qu il est l heure de l activit6, mes FF..~. prenez place ace banquet oh notre Say. L..~. vous convie pour c6l6brer Ia fete d Ordre. Puisque ce banquet resserre les liens de Ia fraternit6 qui unit les vrais Ma~ons! Qu une douce joie y r~gne. II est permis a l homme de chercher dans des plaisirs d6cents, l oubli des chagrins de Ia vie ; mais pour que notre gaiet6 soit sans remords, souvenons-nous que plusieurs de nos FF..~. souffreni CI g6missent peut-etre, au moment meme oh nous nous r6jouissons adoucissons leurs maux autant qu il est en nous. Que I 6galit6, la concorde, la temp6rance, Ia mocl6rationpr6- sident a ce festin, comme dans le Temple meme, car il doit etre pour nous un symbole, comme nos autres tray..~. ma~..~. il ne doit donc pas avoir pour but de satisfaire un app6tit grossier CI sensuel. La nourriture est n6cessaire a l homme, mais elle accuse son infirmit6 ; elle ne saura donc etre pour lui un sujet de plaisir. Ce n est pas a vous, mes FF..~., que je recommanderai d 6viter surtout le scandale qui r6sulte de l intemp6- rance : l intemp6rance ravale au-dessous de Ia brute, l homme dou6 d intelligence. Qu un hymne de reconnaissance envers le Tout-Puissant sanctifie cette r6union fraternelle Prions-le de jeter un regard favorable sur nous ; prions-le de b6nir ces mets, car c est de lui que nous tenons, bus les jours, les biens de Ia vie ella sant6 qui sert a les appr6cier. Nous devons tout rapporter au grand J6hovah. En son nom je b6nis ce festin.~ Le v6n6rable fail cette b6n6diction en Ia forme accoutum6e. II prend ensuite une coupe, Ia remplit de yin, boil quelques gouttes CI dit: Cette coupe est le symbole de Ia vie, elle va circuler, Ct chacun de vous y boira ; car nous devons partager en fr~res le yin g6n6reux qu elle renferme, comme nous devons partager les biens que Ia bont6 divine nous dispense. Mais si au lieu d une boisson agr6able, cette coupe 6tait pleine de fiel, nous devrions encore l accepter CI y boire avec r6signation, parce que nous serions indignes de partager les biens de nos fr~res si nous n 6tions prets a partager leurs maux. Que le Tout-Puissant 6loigne de nous Ia coupe am~re CI l adversit6 dont elle est l embl~me! amoi, mesff.:..» Le F..~. El66mosinaire fail circuler la Tz6daka, les travaux sont suspendus. A Ia fin du festin, les travaux sont remis en activit6, CI le V6n6rable fait porter les sept sant6s d obligation. Savoir: I. Cel[e du Souverain. 2. Celle du Grand Hi6rophante Ct du Grand Empire. 3. Cel[e du V6n6rable de la Loge. 4. Cel[e des deux Surveillants. 5. CelIe des visiteurs, lorsqu il y en a. 6. Cel[e des Officiers de Ia Loge. 7. Enfin celle de tons les Ma~ons r6pandus sur Ia surface du globe~ 72 73

Lorsqu il y a des FF..~. visiteurs, le v6n6rable fail pr6c6der Ia derni~re sant6 de l allocution suivante: 11 est doux, ce nom de fr~re que les Ma~ons se donnent entre eux! A quoi serviraient, en etfet, la sagesse, la science, Ia connaissance de la v6rit6, si le bonheur de l humanit6 n 6tait le but de Ia Ma~onnerie ; Ct comment ce bonheur serait-il alteint sans Ia bienveillance mutuelle des hommes Que serait Ia soci6t6 sans la fraterit6? La loi de Ia Ma~onnerie est une loi d amour, et l amour est le principe efficient de la morale. Puissent les liens de cette fraternit6 pr6cieuse se resserrer de plus en plus, enlacer tons les hommes dans un seul faiscean C est le vceu le plus cher de nos c~urs. El vous, illustres visiteurs, votre pr6sence nous comble de joie, votre raison 6lev6e vous a fail sentir que tons les Ma~ons 6laienI fr~res, que Ia Ma~onnerie 6tait une, malgr6 ses rites divers, comme le genre human est un malgr6 Ia diversil6 des langues, vous avez senli que l autel de la lol6rance devait s 6lever aussi dans le temple de la Sagesse. Unis par Ia m~me pens6e, marchant vers le meme but, tons les Macons doivent donner Ct recevoir le baiser de paix CI former le lien indissoluble que Ia philosophie a tiss6. Venez donc souvent encourager, illustrer par votre pr6sence les Ixavaux du jeune at.~. de... Le Grand J6hovah6coute avec amour les hymnes religieux des enfants d Hiram el partoutoh son nom est b6ni, il fall sentir son souffle divin. La parole est successivement donn6e aux FF..~. qui en font la demande, etc. nous unissent, d6veloppent notre intelligence, et contribuent a 6tendre sur le monde entier les bienfaits de la Ma~onnerie Puis le V6n6rable faitle signe Ct I acclamation, ansi que tons les FF..~., CI il ajoute ~ Gloire au Sublime Architecte des mondes! Fin des Travaux, Concert, Bal. NOTA. Lorsque le V6n6rable fait Ia b6n6diction du festin, le F..~. Maftre des C6r6monies Cl les 2 L6vites, placent au milieu de Pall..~. Irois cassoleltes: deux brlilent I espril de yin, et celle du milieu l encens. II en est de m~me lors de Ia pri~re (suspension des Iravaux). Le Maitre des C6r6monies doit veiller, conjointement avec l Ordonnateur des banquets CI son adjoint, ala r6gularit6 du service. Le Grand Expert est responsable de l introduction des FF. de l ordre Cl de Ia r6gularit6 des insignes ma~onniques. SUSPENSION DES TRAVAUX La suspension des travaux se fail comme dans Ia Loge symbolique. PRIERE Sublime Architecte des mondes, P~re bienveillant des humains, en nous levant de ce banquet oh Ia bont6 nous a convi6s, nous IC rendons mille actions de grace. Que ces Symposies philosophiques, dont Ia tradition nous a 6t6 lransmise par les anciens sages, resserrent les liens de Ia fraternil6 qui 74 75

III TRAVAUX DU GRADE DE COMPAGNON (1820)

~pineux),la main gauche ~tenduele long du corps. Un linceul blanc le couvranl des pieds ~ Ia ceinture, le tablier re1ev~ jusqu~ la 1~vre inf~rieure, le surplus couvert d un linge blanc iach~ de sang. Ces dispositions faites, les lumi~res sont ~teintes A Vexception d une lampe garnie d esprit de yin qui brfile sur l autel dut. R. PREPARATION DU CANDIDAT Ii dolt&re sans chaussure, les bras et le sein nus, ii doit avoir une petite ~querrependue au bras droit, une corde ~Ia ceinture faisant trois tours. Un tablier de Comp..., les yeux band~s. TRAVAUX DE LA RECEPTION Pendant que le candidat s approche de Ia chambre du milieu sous la conduite du G. Ex..., celui-ci dit sans affectation que Ia consternation semble r~gner dans Ia loge, que jusqwalors, ii n a rien appris de Ia cause d une douleur qui se manifeste par des signes effrayants, qu i1 presume qu un grand maiheur est arrive, que dans ce cas Ia reception pourrait bien &re retard~e; mais enfin qu i1 faut toujours se presenter et essayer d y faire proc~der. D~s qu ils sont arrives dans le parvis de laloge, leg... Ex..., 5 ~loigne sous quelque pr~texte et dit au candidat que son absence ne sera pas longue. II revient aussitot assez doucement pour ne pas etre entendu, se place A Ia porte de Ia loge et des pas perdus afind etre ~ port~e de voir tout ce qui s y passe. Sur cet entrefait le Y Ex. :. arrive et frappe Lenlement neuf coups Ala porte du temple. On ouvre la porte, le silence leplus profond r~gne parmi les ouvriers, neuf sons de cor r~pondent aux 9 coups frapp~s par le 2e Ex. La porte reste enlr ouverte. Le T... R. apr~s avoir frapp~ 9 coups ~gauxqui sont r~p~t~s par les pr et 2~ ass. :. dit V~n... F.. 2~ Ex... avez-vous enfin d~couvert les traces des meurtriers de notre III... G... Malt.? Justice en sera-t-eiie faite? Devons-nous pleurer sans rel~che? et le sang qui crie vengeance sera-t-il bientot satisfait?» Le 2e Ex. r~pond: Mes recherches ont toutes ~ infructueuses, mais nous ne devons pas perdre l esp~rance, unissons nos efforis et les meurtriers d Hiram ne nous ~chapperontpas malgr~ tout le soin qu ils prennent de se cacher. Unissons nos efforts, mes FF..., et les meurtriers d Hiram ne nous ~chapperontpas... imitez-moi mes FF....> II descend de l autel et s approche du feu sacr~, tous les Maf. se rangent autour de Iui, ii dit A haute voix: «Hiram n est plus! (les ass. r~p~lent ces mots) d inf~mes meurtriers nous l ont en1ev~, donnons, mes FE.. libre cours ~ nos larmes... Hiram n est plus (les ass... r~p~tent encore Hiram n est plus) perte irreparable, la mort nous a ravi ce que nous avions de plus cher et de plus pr~cieux! Qui nous dirigera dans les travaux du temple? Avec Hiram, mes FF..., nous avons tous cess~ d&re. Hiram n est plus! (les ass. r~p~tent Hiram n est plus!) Purifions l enceinte profane d un temple qui nous co~te tant de sueur etjurons de venger ensuite le meurtle d Hiram (bus les FF. disent Nous le jurons). Grand Etre, Etre Tout-Puissant, qui que tu sois, qui du sein de toi-m~me, vois etjuge les nations des mortels, ne condamne pas noire juste indignation! Si Ia douleur nous porte A sacrifier A Ia m~moire de ton plus digne adorateur les monstres qul nous 1 ont ravi, c est moms notre vengeance que nous satisfaisons qu un hommage que nous rendons A Ia perfection supreme.» Chacun reprend sa place, apr~s quoi le T. R. frappe lentement neuf coups que les ass. r~p~tent. une lugubre harmonie se fait entendre, le silence le plus profond lul succc~de: on ferme Ia porte du temple. Alors le G... Ex... s approche du candidat jusqu alors demeur~ seul et lui dit qu il va demander pour lui l initiation A Ia Maitrise. TIle prend par la main et frappe neuf coups A Ia porte du temple. Le 2e Ex. ouvre et dernande qui est l~? Le G... Ex. :. r~pond C est un Comp... qui a fini son 102 103

temps et qui demande 1 initiation aux secrets des Maitres. Le 2~ Ex. r~p~te cette r~ponse au 2~ ass... qui Ia transmet au leret celui-ci dit: ~T. R. le G. Ex. est dans le parvis du temple, conduisant un comp. parfait qui demande 1 initiation ~Ia Maitrise.» (On entrouvre la porte que 1 on ne referme qu apr~s 1 introduction du candidat). LeT...R...dit: «Pourquoi le F. G. Ex. vient-il nous distraire de notre douleur? Nos plaintes et nos g~missements auraient dli l engager ~~carterde ces Ijeux un Comp..., un F... appartenant ~une classe qui nous est suspecte ~ si juste titre... mais peut-&re ce Comp. est-il un de ceux qui causent notre deuji ; peut-&re le doigt de Dieu le d~signe-t-il ~ notre justice... F... 2 Ex. prenez avec vous le F. pr~parateur, faites-vous accompagner de quatre Maf. arm~s ; allez! Emparez-vous de ce Comp..., visitez-le partout, examinez ses mains, parcourez attentivemeni ses v~tements ; Otez-lui son tablier que vous m apporterez ; enfin assurez-vous s il n existe sur lul aucune trace qui pourrait d~ce1er le crime affreux qui a ~ commis. > On s empare brusquement du candidat, on le visite partout, et on lul arrache son tablier et le bandeau qui lui couvre les yeux. Le 2e Ex... rentre dans le temple avec le tablier et le bandeau. Le candidat reste dans le parvis avec le F pr~parateur et les quatre Maitres arm~s. Le 2 Ex.. dit: ~T... R. j ai ex~cut~ vos ordres mais je n ai den trouv~ sur le candidatqui indique qu ii ait commis un crime: ses vetements sont blancs, ses mains sont pures et le t~iier que je vous apporte est sans t~ches. ~ Le T... R. dit: < Veujile le Tout-Puissant que je sois dans 1 erreur et que le Comp... ne soit pas un de ceux que nous devons poursuivre. Cependant mes FF... s il ~taitinnocent il n ignorerait pas notre douleur, nile funeste ~v~nementqui l a fait na~tre ; aurait-il donc choisi un moment aussi dangereux pour se presenter ici? N ei~t-il pas d0 craindre que nos soup~ons ne se tournasseni vers lui? Mes FF... introduisons-le dans ce temple ; nous l y interrogerons et ses r~ponses nous apprendront sans doute ce que nous devons penser de Iui. Le jugez-vous convenable, mes FF... (on donne le signe ordinaire d approbation). 104 Alors le T. :. R... dit: ~F. 2 Ex. puisque cette R. assembl~e est d avis d introduire ce Comp... demandez-lui comment il ose esp~rer d ~tre admis parmi nous?» Le G. Ex... dit au candidat de r~pondre par le mot de passe. Le T. R... continue «Par Ie~ mot de passe! Cette r~ponse audacleuse me confirme dans mes soup~ons. Par le mot de passe! Comment pourrait-il le connaitre Si ce n ~tait pas l effet de son crime? VoiI~, mes FF..., une preuve non ~quivoque de sa cu1pabi1it~, mais sa t~m~rit~ me semble inconcevable. T... V... F... W ass... veuillez vous transporter ~Ia porte du temple et examiner encore une fois ce Comp... avec 1 attention la plus scrupuleuse. Le F... icr ass... se rend ~la porte, examine le candidat, lul regarde les mains et s ~crie < Ciel! C est lul! > Puis ii rentre et dit: < T... R... j ai de son crime une preuve irr~cusable, ses mains sont teint~es de sang.» Alors le T... R... frappe neuf coups el dit: ~Il n y a plus de doute ~~leversur son forfait, ce Comp... est un de ceux que nous avons A punir ; peut-&re meme est-il un de leurs complices et vient-il ici pour nous ~pier ; faites-le entrer, que ceux qui le regardent ne l abandonnenent pas un seul instant ; qu ils se placent avec Iui ~l toccident etque toutes les issues qui condulsent ici soient soigneusement gard~es» Tous se placent ~l occident derriere le candidat que l on a fail entrer et que le F... pr~para1eur tient par Ia corde. Le T... R... parle ainsi au r~cipiendaire ((Compagnon, 11 faut que vous soyez bien 1~m~raire ou bien indiscret, si r~ellement vous n etes pas coupable et je veux encore en douter, pour vous presenter ici dans un moment oii vos camarades nous sont ~ juste titre suspects, les marques de douleur et de consternation que vous apercevez sur nos traits, le deuil qul nous environne, les tristes d~pouil1es enferm~es dans ce cercueji, tout vous dii que nous d~plorons une mort, encore si cette mort e~?it ~ Peffet du cours de Ia nature, nous nous plaindrions il est vrai, mais nous n aurions pas un crime A punir et un ami A yenger. Compagnon, avez-vous tremp~ dans cet horrible attentat? Etes-vous du nombre de ceux qui Pont commis? R~pondez.>~. (On lul montre le corps enferm~ dans le cercueji) 105

Le candidat r~pond : non. Le T.. R. :. dit: ~ faites-lui faire le tour de cette chambre, peut-~tre que la vue de nos larmes et de notre d~sespoir atteindra son coeur et l incitera au repentir et A l aveu de son forfait.» Pendant que l on se dispose A faire voyager le candidat et qu il a le dos tourn~ au cercuell, on en fait sortir le Maf..~. qui s y ~taitplace de mani~re A ne pas SIre vu par lui. Le Mait... des C~r~monies prend le candidat par Ia main, le F.~. pr~parateur derriere lui, le tient par Ia corde, les quatre Mail..~. arm~s l escortent, on lui fait faire ansi le tour de Ia Loge; on le conduit derriere le T... R... sur l ~paule duquel le Mail..~. des C~r~monies lui fait frapper 5 coups (000-00). Le T... R... se retroune et demande: ~ Qui va IA?» Le Maf..~. des C~r~m..~. r~pond: <sc est un Compagnon parfait qui a fini son temps et qui a demand~ A si~ger dans la chambre du milieu.» D... Comment esp~re-t-il y parvenir? R. :. En r~pondant par le mot de passe. D... Comment le donnera-t-il, s il ne le sait pas? R..~. Je le donnerai pour lui (il le donne).» Alors le T..~. R... dit au r~cipiendaire: ~passez Tubalcain.» On le conduit A l occident. Le T. :. R..~. dit: ~Faites avancer le candidat A 1 autel. On lui fait faire du midi A l occident 3 pas d appr..~. et 5 de comp... et de l occident A l orient les 9 pas de Mait. Arrive A l autel, on lui place Ia main droite sur Ia Bible, et de Ia gauche on lui fait tenir un compas ouvert dont chaque pointe &~I appuy~e sur une de ses deux mamelles. OflLIGATION Je N..., de ma libre volont~, en presence du Tout-Puissant et de cette R..~. assembl~e; promets etjure solennellement sur le Livre Sacr~ de Ia Loi et sur mon honneur de ne jamais r~v~ler les secrets du Maf. :. Macon qui vont m etre confi~s, de me conformerel d ob~ir aux d~crets du Souv. :. G..~. Maf..~. abs. du 900 et dernier degr~ et aux ordies de cette R..~. Loge. De garder les siiret~s de mes FF..~. comme les miennes propres, de 106 ne jamais leur faire tort, ni souffrir que tort leur soit fait; de les aider et servir de tout mon pouvoir dans quelque circonstance qu~ils puissent se trouver, de ne jamais chercher A s~duire leurs femmes, leurs filles, iii leurs soeurs, de pratiquer constamment Ia temp&ance, l humanit~, la reconnaissance et de travailler sans cesse A perfectionner mon ~me et mon esprit, de m efforcer de bannir de mon cceur l ambition, l orgueil et la cupidit~, enfinje renouve lie ici mes pr~c~denies obligations et je m engage A les remplir sous peine (ici le T... R..~. frappe un coup de maillet, tous les FF..~. font le signe d ordr~)... d avoir le corps s~par~ en deux parties. doni une partie au midi, l autre au septentrion, les entrailles brol~es, leurs cendres jet~es au vent afin qu il ne reste plus rien de moi; ce dont Dieu me preserve. Amen! Amen! Amen! Le T..~. R... le tuile en appr... et en Comp. :. et lorsqu il a prononc~ le mot sacr~ de ce dernier grade il lui dit : F.:. JAK.. vous allez repr~senter le plus grand homme du monde mac..~. notre R... Mat:. Hiram qui flit tu~ avant 1 entier achevement du temple de Salomon.» Toute Ia Loge se r~unit autour du cercuell, le 20 ass..~. au midi et le 101 A l Orient chacun un glaive A Ia main. Le T..~. R. A l O... arm~ de son maillet. Ce dernier continue: David, rol d Isra~l forma le projet d ~lever un temple au Tout-Puissant. Dans cette vue, il amassa de grands tr~sors, mais ayant cess~ de suivre le sentier de la vertu el s ~tant ansi rendu indigne de la protection du G..~. Arch..~. de l Uni..., cette gloire flit r~serv~e A son fils Salomon. Ce prince avant d entreprendre Ia construction de cetimmense edifice en fit part au roi de Tyr, son ami, qui lui envoya Hiram, fameux architecte. Salomon ayantreconnu les vertus et les talents d Hiram, le chargea de tracer le plan du temple et lui donna Ia direction des ouvriers. Les travaux ~taient consid~rables et le nombre des ouvriers leur ~taitproportionn& Ces derniers ~taientpartag~s en plusieurs classes et il leur fit affecter un salaire consequent A leur habilet& Les App..~., les Comp..~., les Mat.~. entre autres avaient un mot pour se faire reconnaitre et recevoir le salaire qui leur ~tait allou& Les App.:. s assemblaient A Ia colonne B..., les Comp..~. A la colonne J.., les Mal..~. dans la chambre du milieu. Quinze Comp..~. voyant que le temple ~taitpresque achev~ et qu ils n avaient pu obtenir le mot des 107

r Mai.:., parce que leur temps n ~tait pas encore expire, r~solurent de l obtenir par Ia force du R... Hiram Ala premiere occasion afin de passerpour Maf..~. en d autres pays. Cependant de ces quinze Comp... trois seulement persist~rent dans leur dessein, leurs noms ~taient : Hahemdath, Haghebouroth et Hakibouth. Ces trois Comp..~. sachant qu Hiram allait tous les jours A midi faire sa pri~re dans le temple, pendant que les ouvriers se reposaient, furent se placer: Hakibouth A Ia porte du midi, Habemdath A celle d occident et Haghebouroth A.celle de l orient et IA us attendirent qu Hiram se pr~senta pour sortir. Hiram dirigea d abord ses pas vers Ia porte du midi oil Hakibouth lui demanda le mot de Maf.... Hiram lui r~pondit qu ii ne pouvait le lui donner seul, et que d ailleurs ce n ~tait pas ansi qu on le demandait; qu il fallait qu il attendit patiemment que son temps flit fii. Hakibouth peu satisfait de cette r~ponse lui donna un coup de r~gle au travers de Ia gorge.» (Ici on conduit ler~cipiendaire au 2e ass... qui le saisit et lui dit donnez-moi le mot de Maitre. Le r~cipiendaire r~pond Non, alors le 2e ass..~. lui donne un coup de r~gle A travers Ia gorge, apr~s quoi le Maf..~. des C~r~m..~. conduit le candidat au ~ ass..~. Le T..~. R..~. continue: «Hiram s enfuit Ala porte d occident, il trouve IA Hahemdath, qui lui fit la m~me question et qui sur le refus qu il re~ut lui donna un coup violent d une ~querrede fer dont il ~taitarm&» (Le l& ass..~. apr~s avoir dit au candidat : donnez-moi le mot de Maitre, et que celui-ci a r~pondu non, lui donne un coup d ~querre sur le sein gauche, ensuite de quoi il est conduit «Hiram ~branl~du coup qu il venait de recevoir se traina vers Ia porte d orient oa il esp~rait trouver une issue libre pours ~chapper, mais la, il flit encore arr~t~ par Haghebouroth qui, lui ayant fait la m~me demande et ayant re~u La m~me r~ponse, lui ass~na sur le front un si terrible coup de maillet qu il l ~tendit mort A ses pieds. (Le T..~. R..~. donne au r~cipiendaire un coup de maillet sur le front et le pousse. Deux FF..~. sont derriere lui pour le recevoir, on le couche dans la bierre et on le couvre d un drap noir, il doit tenir de Ia main droite une branche de Tamaris. Le T..~. R. :. continue:) «Les 3 assassins s ~tant rejoints se demand~rent r~ciproquement Ia parole de Maf..~. mais voyant qu ils n avaient pu l obtenir et d~sesp~r~s d avoir commis un crime inutile. ils s attach~rent A en effacer les traces. Ils enlev~rent donc le corps d Hiram et le cach~rent sous des d~combres. La nuit. l ayant enferm~ dans un coffre, ils furent l enterrer au pied d un Tamaris A peu de distance de Jerusalem. La disparition d Hiram avaitjet~ l alarme parmi les constructeurs du temple, Salomon en fit faire d exactes recherches, mais inutiles. Alors les 12 Comp..~. qui avaient abandonn~ le projet crirninel d attenter A Ia vie du Maf..~. soupeonn~rent Ia v~rit~, ils se pr~sent~rent A Salomon avec des gants et des tabliers blancs, comme des garants de leur innocence et l inform~rent de ce qui s ~tait pass& Le rol envoya aussitot ces 12 Comp..~. Ala recherche du mal..~. etleur ditque s ils parvenaient ~ le d~couvrir et qu il flit mort, ils retinssent les premiers mots et les premiers gestes qui seralent alors articul~s; en leur intimant cet ordre, le roi Salomon qul craignait que le Mai... dans les douleurs de l agonie et esp~rant se soustraire A la mort n e~it laiss~ ~chapper les mobs et les signes de la Maitrise, avait l intention d y substituer les premiers signes faits et les premiers mots prononc~s Ala vue du cadavre. Les 12 Comp..~. firent pendant 5 jours d inutiles perquisitions et revinrent en rendre compte A Salomon qui alors d~puta neuf Mai..~. pour le m~me objet. Ceux-ci se rendirent sur le Mont Thabor et le deuxi~me jour vers le soir, l un d eux fatigue A l exc~s de La route et de la chaleur de Ia journ~e fut s asseoir au pied d un Tamaris. Ayant observe que Ia terre ~taitsous lui fralchement remu~e, II foujila et bientot apparut un coffre qu il ouvrit sans peine et dans lequel il vit un cadavre, il appela ses camarades et leur fit part de Ia triste d~couverte. C ~tait le corps du N4ai. :. qui avait ~ assassin~ ; et n osant par respect pousser plus loin leur recherche, ils couvrirent la fosse et pour en reconn~itre Ia place ils arrach~rent une branche de Tamaris qu il plant~rent audessus ; apr~s quoi ils furent faire leur rapport au roi Salomon. Ce prince p~n~tr~ de Ia plus vive douleur, jugea que ce ne pouvait ~tre que son G..~. architecte Hiram. II leur ordonna d aller faire I exhumation du corps et de l apporter A Jerusalem. Les Mai..~. se rev&irent de leurs tabliers et de gants blancs et le 2~ jour rendus au Mont Thabor, ils firent Ia levee du corps 108 109

accompagn~s de Ia veuve en pleurs. Imitons, mes FF..~., nos anciens Maltres et comme eux essayons d enlever les restes de notre maiheureux Maitre Hiram.» (Tous les Maitres se l~vent et suivent le T..~. R..~. qul fait 2 fois le tour du cercuell ; arrive A Ia droite du r~cipiendaire, il lui prend la branche de Tamaris, puis il dit:) «Nous sommes parvenus aux lieux qui renferment le corps d Hiram. Cette branche de Tamaris en estle siistre indice, Ia terre en effet parait remu~e depuis peu, ~claircissons nos affreux soupeons.» (II retire le drap qui couvre Ia figure du r~cipiendaire et au m~me instant il fait le signe d horreur et dit: Adonai! Adonail Adonaf!) (Tous les FF..~. font de meme, et le T. :. R..~. continue:) «C est bien le corps de notre infortun~ G... Mai. Acquittons-nous, mes FF. :., du devoir douloureux que nous imposa Salomon en exhumant ce cadavre respectable.» Le T... R..~. prend le candidat par l index de la main droite, lul donne l attouch..~. d apprenti et dit: B..~. Ensuite etlui donne l attouch. :. de Comp..~. etdit: ~<J ~, Makbena». enfin il le prend par le poignet et A l aide des deux ass..~. qul sont A ses cot~s, il le rethve par les 5 points de perfection, en pronon~ant le mot sacr~ Mohabon. Le T..~. R..~. remonte A l autel, les ass..~. ansi que les FF. retournent A leurs places. On fait approcher le r~cipiendaire de l autel et II y renouvelle son obligation. Je. N... renouvelle la promesse que j ai deja faite de ne jamais rien divulger des secrets qui m ont ~ et vont m ~tre c~nfi~s.» On lui tient les deux pointes d un compas sur le sein, et le T (<A la Gloire du Tout-Puissant. Au nom et sous les Auspices de Ia Puiss..~. Sup..~. de l Ordre Ma~onnique de Misraim et en vertu des pouvoirs qui m ont ~ d~l~gu~s, je vous cr~e et constitue Mal..~. Ma~..~. au Rit de Misraim. Le T..~. R..~. pose sur Ia tete du r~cipiendaire le glaive sur la lame duquel il frappe 7 coups (0-000000), l embrasse et lui confie les signes, mots et attouchements. Le signe d ordre se fait en pla~ant le pouce de la main 110 r droite sur le cceur, la paume de la main dessous, les doigts serr~s pour former l ~querre et en tirant le pouce vers le c6t~ droit. Le signe d horreur, en levant les deux mains ouvertes en l air, Ia paume en avant, en laissant tomber 3 fois stir les cuisses, en disant A chaque fois : AdonaY! Le signe de secours, en croisant les mains, les retournant et les pla~ant sur Ia tete de mani~re que les paumes des mains soient en dessus et que le dos touche les cheveux et dans cette position dire: < A moi, les enfants de Ia Veuve. L att..~. de passe se faiten posant le pouce entre l annulaire et le petit doigt et IA faire Ia batterie du grade etdire Tubalcain. Le mot sacr~ est Mohabon. On le donne apr~s s etre mis aux 5 points de perfectionet en donnant Ia griffe. On ne peut le donner Ala fois, mais par syllabes et A l oreille chaque fois que l on retourne le poignet dans L attouchement de Ia griffe. La marche est neufpas d apprenti. La batterie 7 coups (0-000000). Quand les mots, signes et attouchements ont ~ conf~r~s, on fait placer le r~cipiendaire au midi, et l Orateur lul adresse un discours. 3. Instruction D..~. Oil allez-vous? R..~. A l Orient. D..~. Pourquoi quittez-vous l Occident pour aller AI Orient? R..~. Parce que Ia Iumi~re parait d abord A l Orient. D..~. Qu allez-vous faire A 1 Orient? R..~. Chercher une Loge de Maltre. D..~. Eles-vous Maitre? R..~. Tous les Maltres me reconnaissent pour tel. D..~. Oix avez-vous ~ re~u? R..~. Dans la Chambre du Milieu. D..~. Comment y ~tes-vousparvenu? R..~. Par un escalier en forme de vis, compose de 3, 5 et 7 degr~s et en passant de l ~querre au compas. D..~. A quelle preparation vous soumit-on d abord? 111

R..~. Deux fois neufjours, avant celui fix~ pour ma reception, pour s assurer qu il ne restait sur ma vue aucune partie du voile, que l on m avait aide A d~chirer dans les initiations pr& c~dentes. On me soumit neuf questions A Ia solution desquelles ~taitattache mon admission ou mon rejet. Neufjours apr~s on vint chercher ma r~ponse A ces neuf questions, et enfin le jour arret~ pour ma reception on m introduisit dans le parvis du temple, les yeux band~s, le bras et le sein nus, une ~querresuspendue au bras droit, et d~pouill~ de tous m~taux. D..~. Que fit-on de vous dans cet ~tat? R..~. Je fus conduit par le F..~. G... Ex..~. A la porte du temple et laiss~ un inst ant seul. D... Qu entendites-vous? R..~. Des plaintes el des g~missements, on parlait de d~pouilles mortelles, de justice, de vaines recherches et le silence effrayant qui r~gnait par intervalles n ~tait interrompu que par des sons lugubres et prolong~s. D... Que vous arriva-t-il? R..~. Le calme le plus profond avait succ~d~ aux cris douloureux que je venais d entendre, quand le F... G... Ex..~. vint me trouver et m annon~a qu il allait demander pour moi l initiation A Ia Maitrise. D..~. Comment ffites-vous pr~sent~? R... Par neuf coups frapp~s lentement. D... Quelles furent les formalit~s utilis~es dans votre r~ception? R.. Apr~s que neuf coups eurent ~ frapp~s A la porte du temple, j eniendis une voix qui demandait : qui est IA? Le Grand Ex..~. r~pondit pour moi que j ~tait un Comp... qui ~ant fini son temps demandait l initiation A la Maltrise. D..~. Comment futes-vous introduit? R... Par le mot de passe. D..~. Que fites-vous quand vous flutes entr~? R..~. Le tour de la Loge. D... Rien ne vous arriva-t-il? R... I ~prouvai un obstacle derriere le T..~. R. D... Que devintes-vous? R... On me fit marcher du Midi A l Occident par 3 et 5 et j arrivai par 9 A l Orient oii je pr&ai l obligation solennelle des Maitres. r D... Que fit-on de vous quand vous l e~tes pr&~e? R..~. On me fit repr~senter notre R..~. M... Hiram qui flit tu~ avant l entier ach~vement du temple de Salomon, puis conduit meme demande et fus frapp~ de La m~me mani~re qu Hiram lorsque Hahemdath, Haghebourothet Hakibouth l assassin~rent. D... Que vous arriva-t-il ensuile? R... Apr~s m avoir donn~ le dernier coup on m ~tendit par terre. D... Comment fgies-vous relev~? R... Par les 5 points de perfection. R..~. Le pied droit contre le pied droit, la main droite dans Ia main droite, Ia main gauche derriere le dos, le genou contre le genou et le sein contre le sein du Mat..~. que l on tuile. D..~. Quel est le sens cache sous l embl~me de cet attouchement? R..~. Pied contre pied, signifie que l on doit toujours etre pr~t A voler au secours de ses FF..~., main en main, qu on les assistera dans tolls leurs besoins, la main gauche derriere le dos, qu on les soutiendra de tout son pouvoir, genou contre genou que l on doit s incliner sans cesse devant l Etre Supreme, enfin sein contre sein qu il ne faut point divulger les secrets dont on est d~positaire. D..~. 00 gardez-vous les secrets qui vous ont ~ confi~s? R..~. Dans le ceur. D..~. Que fites-vous quand vous fotes relev~? R..~. Je renouvelai mon obligation, ensuite de quoi on me conferra les signes, mots et att..~. du degr~ de Mat. D..~. Combien y a-t-il de signes? R..~. Trois, qui sont le signe d ordre, le signe d horreur et le signe de secours. R..~. On les fait. D..~. Combien y a-t-il d attouchements? R..~. Deux, savoir l att... de passe et la griffe. R..~. (On les donne) Le F..~. G..~. Ex..~. dit: D..~. Combien y a-t-il de paroles? 112 113

r R... Deux, T..~. R..~., Ia parole de passe et le mot sacr~. D... Donnez-les moi. R..~. Je ne puis les dire A haute voix. D... Veuillez alors T. :. V..~. F... les dire au V..~. F..~. G. Ex..~. comme l ordre l exige. parole de passe au V..~. F..~. G..~. Ex..~. qui dii ensuile : ils sontjustes,t..~. R. D..~. Combien y a-t-il en tout de signes de reconnaissance? R..~. Sept ext~rieurs T... R. :., trois signes, deux attouchements et deux paroles. D..~. Pourquoi, mon F.:., ce-nombre sept? R..~. Ii est celul de la perfection physique et morale et c est A cette derni~re que l on doit reconnaitre un Mat... Ma~on. D..~. De tout ce que vous m avez ditdans le coursde cette instruction, ne faudrait-il pas induire que l institution du degr~ de Mat..~. ne date que du temps du roi Salomon.? R..~. L institution en est de beaucoup ant~rieure. II est vrai qu A cette ~poqueia Ma~onnerie essuya de grands changements, que le grade de Comp..~. fut institu~ et que d~s lors seulement elle prit le nom de Ma~onnerie, mais le fond, Ia doctrine, les usages sont les memes et n ont jamais varies. D..~. Quels sont les changements qu A cette ~poque~prouvaia Ma~onnerie et quels furent les motivations qui les d~termin& rent? R... Les Egyptiens en perfectionnant les sciences qui leur furent confides par les Sages de la Cald~e, les environn~rent d embthmes bizarres aux yeux du vulgaire, mais sublim~s aux ~eux de ceux qui en poss~daient la connaissance. Moyse fut iiti~ A leurs myst~res, ce grand l~gislateur s enforma la plus haute id~e et r~solut de l ~tablir au sein de Ia tribu privil~gi~e ; il ex& cuta cette entreprise et le Mont Sinai fut t~moin de Ia 1 ~ initiation p~n~ir~ d un religieux respect pour les embl~mes ing& nieux dont les mages avaient envelopp~ les V~rit& Sublimes de la morale et de la physique, II se garda bien d y rien changer. Ses successeurs us~rent de la meme reserve et ce ne fut enfin que sous le r~gne de Salomon, qu un indiscret, dont le nom s est perdu, ayant laiss~ ~chapperle secret des symboles de l ordre, excita les murmures d une populace aveugle contre ce qu elie appellera les enseignes du paganisme. Les iiti~s craignant pour l ordre demand~rent avis au roi Salomon pour la substitution de nouveaux hi~rog1yphes A Ia place de ceux conserves des Egyptiens. Salomon approuva leur prudence et apr~s de m~1res conferences, il fut convenu que les anciens hi~roglyphes seraient remplac~s par des figures d instruments propres A la construction mat~rielle. D..~. En quol les nouveaux embthmes dift~rent-ils des anciens? R..~. La plupart des hi~roglyphes ~gyptienspr~sentaient des &xes anim~s form~s quelquefois de parties appartenant A des etres fort peu ressemblants par leurs formes ext~rieures et par leurs inclinations, les combinaisons num~riques et g~om& triques dans leur r~sultat ~taienthi&oglyphiques les nombres trois, quatre, sept, neuf, et le g~n~rateur un ~taientdes embl~mes respect~s. Le triangle ~taitun hi~roglyphe sacr~, le cercle ~tait le symbole de l ~ternit~, le cube celui de la force. Les hi~roglyplies ma~onniques sont les m~mes avec cette difference pourtant que les symboles anim~s sont remplac~s par des figures d instruments de math~matique et de ma~onnerie. D... Qu ~tait chez les Egyptiens le grade de Maitre? R... Le m~me pour le fond et pour une infinite de details. L all~gorie en est chez nous, comme chez eux, Ia r~g~n~ration morale, sous l embthme de Ia r~g~n~ration physique. Toute r~g~n~ration suit une fin, toute fin est amen~e par des principes destructeurs : ici Hiram (c est-a-dire Puret~ de Vie) est tu~ par Hahemdath, Haghebouroth et Hakibouth. noms h~breux qul signifient orgueil, ambition et cupidit& LA c ~tait Arsy (l existence) que tuait son fr~re Typhon (nom qui exprimait un d~bordement) ou mieux on l envisageait sous le cot~ symbolique, la disgr~gation de Ia mati~re pour op~rer une nouvelle succession de formes. Cette disgr~gation ~tait figur~e par le nombre 9. Typhon cornmettait le crime avec 72 compl ices dont le nombre additionn~ avec celui de 9 affect~ A Ia disgr~gation de la mati~re donnait 81, produit de cette addition et de la multiplication de 9 par 9 et symbole de la r~g~n~ration ~ternelledes ~tres. D... Qu est-ce que Ia Ma~onnerie? R..~. La connaissance de la nature et de ses lois. D..~. Qu est-ce qu un Maitre Ma~on? R..~. Un homme exempt des faiblesses et des pr~jug~s vulgaires, dont l unique but est Ia perfection morale, dont l unique 114 115

route est une continuelle r~g~n~ration de l ame, c est-a-dire, une constante et scrupuleuse attention de combattre les passions avilissantes et les vices inh~rents A l esp~ce humane. D..~. Oii se rencontre-t-on? R..~. Entre l 6querre et le compas. D..~. A quel nombre de FF..~. Ia Loge de Mal..~. est-elle parfaite? R:. Au nombre de 9 savoir un T... R..~. deux T..~. V..~. M. l~ et 2~ ass... et 6 Ven... Mat. D... Pourquoi les 3 premiers off..~. se servent-ils de maillet? R..~. C est afin de nous rappeler sans cesse, que de m~me que Ia mati~re rend des sons quand on Ia heurte, de meme nous devons &re sensibles aux cris de Ia vertu et aux bienfaits du Tout-Puissant. D... R... Sur quoi travaillent les Maitres? Sur la planche A tracer. D... R... Oii re~oivent-ils leur salaire? Dans la chambre du milieu. 4. Chture des travaux Le T..~. R... frappe un coup et dit: Debout et A l ordre de Mat..., mes FF... pour fermer les travaux. D... F..~. 2~ acolyte queue est votre place en Loge de Maitre? R..~. A Ia droite du T..~. V... F.. let ass D..~. Pourquoi mon F.:.? R..~. Pour porter ses ordres au T..~. V..~. F..~. 2~ ass..~. et veiller A ce que les FF..~. se tiennent d6cemment sur les ~olonnes. D..~. Ott se tient le V..~. F..~. ~ acolyte? D..~. Pourquoi V. :. F..~. let acolyte? R..~. Pour porter vos ordres au T..~. V..~. F..~. ~ ass..~. et A tous les officiets dignitaires, afin que les travaux soient plus promptement ex6cut~s. ouvriers du travail A Ia r~cr~ation, les rappeler de Ia r6cr6ation au travail et le tout pour le bien de l humanit~, et Ia prosp~rit~ de 1 Ordre etde La Loge. D..~. Oil se tient le T..~. V..~. F..~. ~ ass..~. R..~. A 1 Occident. R..~. Comme le soleil se couche A l Occident pour fermer le jour de m~me le let ass..~. se tient dans cette partie pour fermer Ia Loge, payer les ouvriers et les renvoyer contents et satisfaits. D..~. Les ouvriers sont-ils contents, mon F..~. D..~. T.~. V..~. F..~. 20 ass..~. quel Age avez-vous comme Maitre Macon? D..-. Combien de temps travaiulent les Maitres? R..~. Depuis midijusqu AmiflUit. Puisque le soleil esi entr~ au m6ridien inf&ieur et qu il est l lieure de fermer les travaux, joignez-vous A moi TT..~. VV. FF..~. ~.~. et 20 ass..~. pour y proc~der. Alors le T... R..~. donne le baiser de paix au ier acolyte qui vale porter au let ass..~. lequel l envoie au 2~ par le 20 acolyte, ensuite de quoi le T..~. R..~. frappe 7 coups suivant Ia batterie du grade que les ass... r~p~tent et dit: Au nom du Tout-Puissant, Ia chambre du milieu, troisi~me degr~ du Rit de MisraYm est ferrn~e. Retirons-nous en paix, mes FF..~., mais jurons auparavant de ne rien divulger des travaux du jour.» (Les FF..~. ~tendentla main et disent : ~nous le jurons»). ((A moi, mes FF..~., par le signe~. Ii fait le signe, Ia batterie ettermine par l acclamation ordinaire. R..~. Au midi T..~. R. R..~. Pour mieux observer le soleil A son m~ridien, envoyer les 116 117

I V TUILEUR UNIVERSEL DES TRENTE-TROIS PREMIERS GRADES DU RITE DE MEMPHIS (1839)

n - Le fait n est pas contestable : le rite ~cossais ancien et accept~ peut A bon droit revendiquer l ascendance d un bon nombre de degr~s de l ~chelle misraymite. Quant A Memphis qui, lui, vient en partie de Misraim, le fait est av&& D~s 1839, en introduction A son 4uileur universel» ci-apr~s reproduit, c est-a-dire au chapitre qui porte ce titre dans l Hi~rophante, Jacques-Etienne Marconis admet que c est A partir du grade trente-cinq seulement que ~commencentles degr~s propres A Memphis»~ ). Les grades pr~c~dents sont donc, en gros, ceux du rite ~cossaisancien et accept~, dont notre 4uileur» reprend des descriptions ant~rieures, A commencerpar celles de Vuillaume. De MisraYm et de Memphis qui s en inspire plus qu il n en provient, ces degr~s pass~rent A Memphis-MisraYm, dans ses multiples expressions aux fortunes vari~es. Qu ii s agisse du rite ancien et priniltif de Yarker, en 33 degr~s, ou de Ia grande ~chelleen 96 degr~s d~p1oy~e par Bricaud dans sa Constitution, les premiers grades ~gyptiens» sont ceux du rite ~cossais. Comme dans ce dernier rite, certains seulement ont ~ conf&~s par initiation, les autres ~tantdonn~s, selon Ia formule, par simple communication. Mais sont-ils, ou ont-ils ~ pratiqu~s dans un autre esprit? La question doit etre pos~e. (I) Jacques-Etienne Marconis et E.N. Mouttet, L Hierophante..., Paris, Morel, 1839. p. 151 121

TUILEUR UN[VERSEL 1. Premier degr~. - Apprenti Signe Rit de Memphis, porter A Ia gorge Ia main droite, les doigts r~unis, le pouce ~cart~,formant l ~querre ; en cette posifion, on est A l ordre. Retirer Ia main horizontalement vers l ~paule droite, Ia laisser retomber le long du corps, le bras allong~ : c est le signe form~ de l ~querre, du niveau et de Ia perpendiculaire ; il se nomme guttural et rappelle le serment. Rit Ecossais, le m~me. Rit Fran~ais, le m~me. Attouchement Rit de Memphis, prendre Ia main droite du F..~.. dont on veut se faire connaitre (que nous nommerons d~sormais le tuileur), frapper avec le pouce trois coups ~gaux sur la premi~re phalange de l index (2); ensuite presser l~g~rement avec l ongle du pouce cette phalange, c est Ia demande du mot sacr~ ~ laquelle on satisfait ; il signifie les trois paroles de l ~crituie sainte,frapper~ cherchez, dernandez Rit Ecossais, le m~me -Rit Fran~ais, prendre ~galementla main droite du F..~. dont on veut se faire connaitre, frapper l~g~rement trois coups, suivant la batterie, avec le pouce, sur la premi~re phalange de l index ; le F..~. r~pond par le meme signe, ensuite il faitglisser le pouce entre les deux phalanges de l index et du m~dius, c est la demande du mot de passe. Batterie Rit de Memphis, trois coups ~gaux 1 1 1 Rit Ecossais, la m~me. Rit Fran~ais, trois coups par deux et un 11 ~-1. On ne doitjamais frapper que trois coups, c est une faute de tripler cette batterie. Acclamation Rit de Memphis. Apr~s avoir frapp~ trois fois dans Ia main, dire : Gloire au sublime Architecte des mondes Rit Ecossais, dire par trois fois huzza! (on prononce houz~). C est une exclamation de joie, emprun1~e Ala langue arabe ; en (2) Cette indication, consacr~e dans tous les rituels, est susceptible d induire en erreur Ii serait plus exact de dire que l attouchement se donne sur le noeudqui unit 1 index au m~tacarpe. m~me temps on frappe la terre avec lapointe du pied droit. Rit Fran~ais. Apr~s avoir frapp~ trois coups selon Ia batterie, s ~crier en faisant un bruit l~ger avec les deux premiers doigts de La main droite : vivat, vivat, in aeternurn vivat! exciamafion de joie, emprunt~e A la langue latine. Marche Rit de Memphis, trois pas en avant, en partant du pied gauche et en assemblant A chaque pas Rit Ecossais, la m~me. Rit Fran~ais, de m~me ; seulement partir du pied droit. Age Ru de Memphis, trois ans Rit Ecossais et Rit Fran~ais, le m~me. Insignes, d~cors Rit de Memphis, une tunique bleu de ciel, un tablier de peau blanche, bavette relev~e ; il est le symbole du travail, sa blancheur rappelle la candeur du vrai Ma~on, etc. Rit Ecossais et Rit Fran~ais, le tablier seulement. Mot Sacr~ - Rit de Memphis, Booz (force) Rit Ecossais, le m~me - Rit Fran~ais : mot de passe Thubalkain (c est le nom du fils de Lamech). Mot sacr~ : Jakin (c est le nom d une colonne du temple ; il est aussi le nom du 3 fil de Sim~on, qui fut p~re des Jaqiites). Les rits de Memphis et ~cossaisn ont pas de mot de passe, c est le mot sacr~ qui en tient lieu. 2. Deuxli~me degr~. - Compagnon Signe Rit de Memphis, porter La main droite sur le ceur, les doigts arrondis comme pour saisir un objet ; ~lever la main gauche ouverte, Ia paume en avant, le coude rapproch~ du corps, c est le signe d ordre. Retirer Ia main droite vers le flanc droit, Ia laisser retomber le long du corps, le bras allong~, et abaisser la main gauche le long du corps : c est le signe enfier Rit ~cossaiset RitFran~ais, les m~mes. II se nommepectoral, et signifie que l on pr~f~rerait avoir le czeur arrach~ plutot que de r~v~ler les secrets de l ordre 122 123

Attouchement Rit de Memphis, ii faut prendre la main droite du tuileur, frapper avec le pouce cinq coups, suivant Ia batterie, sur la premi~re phalange du m~dius, ensuite poser le pouce entre cette phalange et celle du doigt annulaire ; dans cette position, l on donne le mot de passe. Le tuileur passe ensuite le pouce sur la premi~re phalange du doigt m~dius, et ~apresse l~g~rement avec I ongle ; c est Ia demande du mot sacr~. Rit Ecossais, le meme Rit Fran~ais, prendre la main droite du tuileur, frapper l~g~rement trois coups d apprenti avec le pouce, sur Ia premi~re phalange de l index, et deux coups sur Ia premi~re phalange du m&lius ; le tuileur r~pond par le meme signe, et faitpasser le pouce entre les deux premi~res phalanges du m&lius et du doigt annulaire ; c est la demande du mot sacr& Batterie Rit de Memphis, cinq coups par trois et deux 111 11. - Rit Ecossais, la meme Rit Fran~ais, cinq coups, par deuxunetdeux 11 1 11. Marche Rit de Memphis, trois pas d apprenti et deux autres pas obliques, l un A droite, en partant du pied droit et assemble, l autre A gauche en partant du pied gauche et assembl~ Rit Ecossais, la meme. Rit Fran~ais, lameme, mais en partant du pied droit pour les trois premiers pas. Age Rit de Memphis, cinq ans. Rit Ecossais et Rit Fran~ais, le meme. Insignes, d~cors Rit de Memphis, tunique bleue, tablier de peau blanche, ayant la bavette rabattue Rit Ecossais el Rit ~Fran~aisde meme, moms la tunique. Mot de passe Rit de Memphis, Schibboleth (apis, nornbreux) Rit Ecossais et Rit Fran~ais, le meme. Mot sacr~ Rit de Memphis, Jakin Rit Ecossais, le meme - Rit Francais, Booz. 3. Troisi~me degr~. Maitre Signe d horreur Rit de Memphis, porter Ia main droite ouverte, les doigts ~tenduset rapproch~s, le pouce s~par~ et appuy~ contre le flanc gauche, c est le signe d ordre. Elever les deux mains vers les cieux les doigts ~tendus et s~par~s en disant : Adonai! Apr~s cette exclamation laisser tomber les deux mains sur le tablier comme pour maiquer une surprise: c est le signe entier - Rit Ecossais, le meme. - Rit Fran~ais, le signe d ordre : le meme ; signe d horreur : refirer lajambe droite en arri~re, comme pour reculer d un pas, d~tourner la tete A droite comme voulant ~viteria vue d un objet p~nible, et avancer les deux mains vers la gauche. Signe de secours Rit de Memphis, lorsqu un maitre est en danger et qu il veut appeler un F..~. A son secours, il ~l~veses deux mains joinles au-dessus de sa tete, la paume en dehors, en disant: ~ rnoi les enfants de la veuve Rit Ecossais et Rit Fran~ais, le meme. Lorsqu un Maitre est interrog~ sur sa qualit~ ma~oni4que, il r~pond : l acacia rn estconnu. Voir l origine de cette locution. Lorsque les Chevaliers Ma~ons se pr~sentaient A une assembl~e de haute science, le Grand ~Aaitreleur donnait une branche d acacia ; elle rempla~ait Ia branche de myrte que portaient les iiti~s de Memphis. Le rarneau d or que Virgile donne A En~e a la meme origine. Attouchement Rit de Memphis, pied droit contre pied droit, genoux contre genoux, s approcher le haut du corps, se poser r~ciproquement la main gauche sur l ~paule droite pour se tenir ~troitement, et s atlirer l un A l autre ; se prendre mutuellement la main droite en formant la griffe comme pour embrasser Ia paume : voila les cinq points parfaits de la maitrise. On prononce l un el l autre altemativement les trois syllabes du mot sacr~ et l on se donne le baiser de paix ; ces cinq points signifient:1 0 le p~destre, que tout ma~on doitvoler au secours de ses FF..-. ; 2~ l inflexion des genoux, qu on doit sans cesse s humilier devant le Tout Puissant; 30 Ia jonction des deux mains droites, que l on doit assister ses FF... dans leurs besoins ; 4~ le bras que l on passe sur l ~paule, qu on leur doit des conseils dict~s par Ia sagesse ; 50 le baiser de paix annonce cette douceur, cette union inalt~rable qui fait la base de l Ordre. Rit Ecossais et Rit Fran~ais. le meme. Batterie - Rit de Memphis. Neufcoups par trois fois, trois 111 111 111. Rit Ecossais, Ia meme Rit Fran~ais, neuf coups dans cetordre 11 1 11 1 11 1. 124 125

Marche Rit de Memphis, trois pas ~lev~s,comme si l on passait au-dessus de quelquobjet place A terre, en obliquant, le premier pas A droite, en partant du pied droit, et assemble, le second pas A gauche en partant du pied gauche et assemble, le troisi~me pas A droite en partant du pied droit et assemble - Rit Ecossais et Rit Fran~ais, de m~me. Age Rit de Memphis, sept ans et plus - Rit Ecossais et Rit Fran~ais, le meme Les Anciens n admettaient un aspirant, A la maitrise, qu au bout de 7 ans, employ~s A s instruire dans les sciences utiles au genre human, et A p~n~trer autant que p05- sible les secrets de la nature. Insignes et d~cors Rit de Memphis, tunique bleue, tablier blanc doubi~ et borde de rouge, avec une poche au-dessous de la bavette, au milieu du tablier sont brodes les lettres M... B. plus un cordon bleu moire, porte en ~charpe de droite A gauche, au bas est suspendu, avec une rosette rouge, le bijou, qui est une ~querre,sur lequel se croise un compas ouvert A 45 degr~s Rit Ecossais et Rit Fran~ais, de m~me, moms La tunique. Mot de passe Rit de Memphis, Thubalkain Rit Ecossais, le m~me Rit Fran~ais, Ghiblim,qui signifie : terme, cornpl~rnent. Mot sacr~ Rit de Memphis, Moabon qui signifie : engendr~ du pare Rit Ecossais, le m~me Rit Fran~ais, Mak- Benah, qui signifie : Ia chair quitte les os Le Maitre porte le nom de Gabaon, emprunt~ des Gobaonites, qui ~taientles gar- ~ZIiensde larche d alliance, embl~me des traditions et de La science. Un maitre perdu se retrouve entre I ~querre et le compas l ~querre et le compas sont les symboles de la sagesse et de la justice; un bon Ma~on ne doitjamais s en ~carter. Quatri~me degr~. - Maitre discret Signe Rit de Memphis. L index et le doigt m~dius de Ia main droite r~unis, les mettre sur la bouche ; en r~ponse on fait le m~me signe de Ia main gauche Rit Ecossais, le m~me. 126 Attouchement Rit de Memphis. Se prendre, comme au grade de Maitre, Ia main droite, avancer ensuite la main jusqu au coude que l on empoigne, en se balan~ant par sept fois le bras, pendant que l on s approche de lajambe droite, en se touchant par l int~rieur Rit Ecossais, le m~me. Bat terie Rit de Memphis, sept coups, dont un s~par~: 111111 1. RitEcossais,lameme. N larche Rit de Memphis, celle du 30 degr~, Maitre - Rit Ecossais, Ia meme. Age Rit de Memphis, 3 fois 27 ans accomplis (81 ans) - Rit Ecossais, le meme. Insignes et d~cors Rit de Memphis, une tunique bleue, tablier blanc attache avec des cordons noirs, la bavette bleue, avec un oeil brode ; au milieu du tablier sont deux branches, l une de laurier, I autre d olivier, formant une couronne non ferm~e, et au milieu la lettre Z ; cordon bleu, lis~r~ de noir, porte en sautoir, au bas duquel pend une clefd ivoire, sur laquelleest Ia lettre Z Rit Ecossais, les memes, moms Ia tunique. N lot de passe Rit de Memphis, Ziza (resplendissant), c est le nom du fils de Jonathan Rit Ecossais, le meme. N lot sacr~ Rit de Memphis, l~ mot, Lod, cette lettre, prise cabalisfiquement, signifie : Dieu, principe, unit& 2emot, Adonal (Dieu). 3e mot, Ivali. Ces mots sont tires de Ia decomposition cabalistique du mot Jehovah, qui, ~tant combine de plusieurs mani~res, donne toujours un des noms de Die u ; ce nom ineffable ~tait un des myst~res de l int~rieur du Temple Rit Ecossais, le meme. 5. Cinqui~me degr~. - Parfait maitre Signes d admiration Rit de Memphis, lever les mains et les yeux vers le ciel, laisser tomber les bras en les croisant sur le devant, et en portant Ia vue A terre De reconnaissance, en s approchant par degr~ les pieds l un de l autre par Ia pointe, les genoux se touchant ; se porter soi-meme la main droite sur le 127

creur et Ia main gauche sur Ia poitrmne du tuileur - Rit Ecossais. les memes. Attouchement - Rit de Memphis, se prendre mutuellement Ia main droite, en tenant le pouce ~cart~,et se porter Ia main gauche sur l~paule droite - Rit Ecossais, le meme. Batterie - Rit de Memphis, quatre coups ~gaux, 1111.- Rit Ecossais, Ia m~me. Marche - Rit de Memphis, former un carr~ par quatre pas assembles - Rit Ecossais, Ia m~me. Age - Rh de Memphis, un an A l ouverture des travaux et sept A Ia suspension, ensemble huit ans. - Rit Ecossais, le meme. Insignes et d~cors - Rit de Memphis. Tunique bleue, t~charpe verte, frange en argent. - Rit Ecossais, tablier blanc, bavette verte ; au milieu du tablier sont trois cercles concentriques, au centre desquels est une pierre carr~e sur laquelle est grav~e Ia lettre J ; cordon vert moire, porte en sautoir, auquel pend pour bijou un compas ouvert sur un segment de cercle ~gal A 60 degr~s ; le cercle est gradu~. Mot de Passe - Rit de Memphis, Acacia - Rit Ecossais, le m~me. Mot sacr~ - Rit de Memphis, Jehovah (je suis ceiui qui zest).- Rit Ecossais, le m~me. 6. Sixi~me degr~ - Secr~taire intime, ou sublime Maitre Signe Rit de Memphis. Porter Ia main droite A 1 ~paule gauche, et Ia faire descendre ensuite vers Ia hanche droite, en dessinant le baudrier ; on r~pond en croisant les bras horizontalement A Ia hauteur de la poitrmne ; on les abaisse ensuite vers la garde de l ~p~e, en levant les yeux au ciel Rit Ecossais, le meme. Attouchement Rit de Memphis. L on se prend mutuellement la main droite ; le premier dit, en Ia retournant : Berith (alliance) ; le second, tournant Ia main de l autre cot~, dit Neder (voeu) ; enfin le premier, revenant A la premiere position, dit : Schelemoth (pur) Rit Ecossais, le m~me. Batterie Rit de Memphis, vingt-sept coups par trois fois neuf 11111111 l. RitEcossais,lameme. Insignes et d~cors Rit de Memphis. Tunique bleue, ~charpe bleue, frange argent. Rit Ecossais, un cordon cramoisi en sautoir, au bas duquel est suspendu un bijou compose de trois triangles entrelac~s. Tablier blanc, double et borde de rouge; sur Ia bavette est un triangle brode en or. Mot de passe Rit de Memphis, ler mot Johaben (fils de Dieu), ce nom est donn~ au r~cipiendaire. 2e mot : Zerbel. Ru Ecossais, le meme. Mot sacr~ Rit de Memphis, Jvah, pour Jehovah. Rit Ecossais, le meme. 7. Septi~me degr~. - Prev6t et Juge, ou Prev6t juste Signe Rit de Memphis. Porter Ia main droite A plat sur Ia poitrine Rit Ecossais. Porter les deux premiers doigts de Ia main droite A c6t~ du nez ; et en r~ponse porter 1 index sur le bout du nez et le pouce sous le menton. Attouchement Rit de Memphis. Se donner les deux mains, puis s entrelacer r~ciproquement le petit doigt de Ia main droite avec 1 index ; se donner 7 coups 1~gers dans la paume de la main. Rit Ecossais, le meme, seulement de la main droite. Batterie Rit de Memphis. Cinq coups par quatre et un, 1111 1. - Rit Ecossais, Ia meme. Insignes et d~cors Rit de Memphis. Tunique bleue, ~charpe bleue, frange argent, cordon ponceau porte en sautoir, auquel est suspendu un triple triangle. Rit Ecossais, cordon cra- 128 129

Mots vulgaires Rit de Memphis. Ghiblin et Gabaon (cclline). Rit Ecossais, les m~mes. Mots sacr~s - Rit de Memphis. Jehovah, Jachin. Mot sublime - Rit de Memphis. Edul - Pen-Cagu:fais ce que tu voudrais qui tefutfait. 27. Vingt-septi~me degre. Souverain grand commandeur du Temple. (Rit Ec... de J~rusaIem). Signes Rit de Memphis. Dc reconnaissance porter Ia main droite sur le front et marquer avec le pouce, les doigts ~tantferm~s, le signe de la croix ; en r~ponse le tuileur baise le front ~ la place oi~ le signe a ~ fait. Mais hors de la cour, au lieu de baiser le front, ii porte sur la bouche les deux premiers doigts de la main droite en fermant les autres et tournant en dehors le dedans de la main. - Rit Ecossais, le m~me. De plus, signe d ordre dans la cour ayant la main droite ~tenduesur Ia table ronde, former, avec le pouce ~cart~,une ~querre ; debout, placer la main droite sur le corps, au-dessous de la poitrine. Attouchement - Rit de Memphis. Frapper trois coups de la main droite sur l ~paule gauche de l examinateur, lequel r~pond en prenant Ia main droite et lul faisant sentir trois l~g~res secousses. - Rit Ecossais, le m~me. ~Batterie Rit de Memphis, vingt-sept coups avec le plat de 1 ~p~e, par douze, douze et trois 111111111111 111111111111 111.~ Rit Ecossais, Ia m~me. Marche Rit de Memphis, trois pas ordinaires. Rit Ecossais, il n y en a pas. Insignes et d~cors Rit de Memphis. Tunique rouge ~charpeblanche, frange en or ; crachat ; cordon bleu c~1este, Iiser~ d or; bijou en triangle en or. Rh Ecossais, cordon blanc, Iis~r~ de rouge, porte en camail. Sur les deux cot~s sont brod~es en rouge quatre croix de commandeur le bijou est un triangle en or, stir lequel est grave le mot sacr~ ; ~charperouge, brod~e en noir, passant de droite ~ gauche, la croix de cornmandeur est suspendue ~ cette ~charpe. Tablier rouge avec bordure noire; sur la bavette est une croix teutonique, entour~e d une couronne de laurier, et au-dessous de la bavette, une clef. Mot de passe Rit de Memphis. Sal omon (Pacifique). Mot sacr~ Rit de Memphis et Rit Ecossais, I. N. R. I. 28.. Vingt-huiti~me degr~. - Chevalier de Johan, ou du soleil Signe Rit de Memphis, ayant le pouce de la main droite ~cart~,la mettre ~plat sur le coeur, ce qul forme une ~querre; en r~ponse montrer le ciel avec l index de la main droite. Rit Ecossais, le m~me. Attouchement Prendre les mains de l examinateur et les lui presser l~g~rement. Rit Ecossais, le m~me. Batterie Rit de Memphis, six coups ~gaux.rit Ecossais, la m~me. Insignes et d~cors Rit de Memphis. Tunique rouge, manteau couleur aurore ; ~charpcblanche, parsem~e d ~toiles brod~es en or avec frange ~ petits bouillons ; crachat au milieu duquel est un soleil ; ils portentun baton bleu de ciel ~l extr&- mite duquel est un globe en or. - Rit Ecossais, le Grand Maitre porte une robe rouge, un manteau couleur aurore, et tient ~la main un sceptre bleu au bout duquel est un globe en or ; Les EF. de ~av~rit~ ont le baton blanc avecun oeil en or ~ l extr& mite les ch~rubins portentun cordon blanc moire en sautoir, sur la pointe duquel est brod~ un oeil ; le bijou est un triangle radleux avec un oeil au milieu ; les ch~rubins Wont point de tablier ; les sylphes portent une tunique, un tablier brun, un bonnet bleu serr~ par un ruban aurore. (Le r~cipiendaire est voi1~ lorsqu il entre en sa loge.) Mot de passe Rit de Memphis. Helios, ~ Tetragrammaton (le soleil, la lune, Dieu). Ru Ecossais. Stibium (antimolne). 152 153

Mot sacr~ - Rit de Memphis. Adonai, r~ponse, Abra (roi sans tache). Rit Ecossais, le m~me. Nous avons plusieuis ordres qui correspondent en quelque sorte au 28e... degr~ ; le plus connu est le sublime e~1u de la ve~rite~. Ii en existe un conseil m~tropolitain, pr~s du chapitre des souverains princes Rose-Croix de la parfaite union, ~ la vall~e de Rennes. Cet ordre est divis~ en deux grades, le prince adepte ou chefrubin, qui n est que l introduction ~ I e~iu de Ia ve~rite~. La decoration est Ia m~me que dans le degr~ qui pr~c~de, le nombre des officiers est absolument le m~me, et us ont le m~me titre au ler. degr~ ; ces deux grades sont enti~rement philosophiques ; le conseil n admet que 7 membres, et point de sylphes ; voici le tuileur de ces deux grades. CHEVALIER ADEPTE Insignes et d~cors Cordon ponceau, stir lequel est brod~ en or un soleil ; le tab her est blanc, bord~ couleur ponceau ; au milieu sont trois rosettes de m~me couleur, plac~es en triangle ; le bijou est un soleil en oi, suspendil ~une chaine d or pass~e au cou ; le resle est conforme au 28e.. degr~ du Rit Ecossais. SUBLIME ELU DE LA VERITE Insignes et d~cors - Le cordon est ponceau avec frange en qr~ porte de droite ~ gauche, il est attache vers le bas avec une rosette blanche ; sur le devant est brod~ un delta rayonnant or et argent avec un oeil au milieu, et sur Ia partie du cordon qui passe sur l ~paule, est une ~pauletteen or avec trois ~toi1esen argent, ii n y a point de tablier ; le bijou est une gloire en or, avec un triangle, au milieu et dans le triangle est une croix. Point de signe, de marche, de batterie ni d attouchement. Mot de passe dit de reconnaissance. Natura (nature), i 1 se donne ~ voix basse et ~l oreille. Le sublime Elu de la v~rit~ est de la plus haute antiquit~ c est le dernier degr~ de I initiation des anciens. Mais les mysr t~res qu il renfermait sont inconnus des rits modernes, et le nt primirif a dfi les rejeter dans les degr~s sup~rieurs. Les Sublimes Elus datent leurs actes de l an du monde 0000000. 29. Vingt-neuvi~me degr~. Chevalier de saint-andre (Rit Ec. Grand Ecossais de Saint-Andre d Ecosse, ou Patriarche des Croisades) Signes et Attouchements Rit de Memphis, J 0 signe de Ia terre. La tate un peu inclin~e en avant, s essuyer le front avec he revers de Ia main droite. let attouchement. Se prendre avec h examinateur successivement la premi~re, seconde et troisi~me phalanges de l index de la main droite en ~pelantalternativement le mot Booz. 2e. signe, celui de I eau. Placer la main droite sur le c~ur, l ~tendre ensuite horizontalement ~la hauteur de la poitrine, et la laisser retomber du cot~ droit, 20 attouchement. Se prendre mutuellement la premi~re, seconde et troisi~me phalanges du doigt m~dius, en ~pelant le mot Jakin. 3~ signe, celui d tftonnement et d horreur. En regardant a terre, tourner la tete du cot~ gauche et ~leverles deux mains droites vers le del. 4~:. signe, celui dufeu. Joindre hes deux mains, les doigts entrelac~s, la paumetourn~e en dehors, et s en couvrir la vue ; en r~ponse 4e.~ signe de l air, ~tendre en avant le bras droit ~ la hauteurde l ~pau1e. 3~:. attouchement. En pronon~ant alternativement chacun une des trois syllabes de Moabon, prendre 1 index de Ia main droite par la phalange du bout. 5~ signe, celui d admiration. Lever les mains et les yeux vers le ciel le bras gauche un peu moms ~lev~,le talon du pied gauche un peu relev~, de mani~re ~ ce que le genoux fasse ~querreavec lajambe droite. 6e:. signe, celui du soleil. Placer le pouce de la main droite stir Foeil droit, ~leverl index pour former 1 ~querre, et l aligner comme si l on voulait marquer un point de vue, et cure Je compasse jusqu au soleil. - 7~:. signe g~n~ral. Former avec les deux bras, les mains vers le haut de la poitrine. une croix de Saint-Andre. Attouchement g~n& ral. Se prendre la phalange extreme de h index de la main droite. le premier dit ne, le second ka, et en passant ~la phalange extreme du petit doigt dire, le premier mah, le second nekamah. Rit Ecossais, les m~mes. 154 155

F Marche Rit de Memphis, faire sur le plan de Ia croix de Jerusalem, trois pas d apprenti, trois de compagnon et trois de maitre. Rit Ecossais, le m~me. Age Rit de Memphis, le carr~ de neuf: quatre-vingt-un ans. Rit Ecossais, le m~me. Batterie Le Rit de Memphis et le Rit Ecossais, neuf coups, pardeux,troisetquatre 11 111 1111. [nsignes et d~cors Rit de Memphis. Tunique rouge, ~charpeblanche ~toil~e,avec frange en or ; crachat ; cordon en sautoir, vert, liser~ de rouge, avec un bijou qui est un compas dans trois triangles renferm~s dans un seul. Rit Ecossais, robe rouge, le cordon est ponceau porte en ~charpe ; au bas est attache le bijou avec une rosette en ruban vert, liser~ de rouge. La ceinture est blanche avec frange en or ; le bijou est un compas dans trois triangles renferm~s dans un ; au-dessous du grand triangle est une ~querre renvers~e, dans l angle de l ~querre est pose un poignard. Mot de passe Rit de Memphis. Erel (ange du fez~, de Ia lumit=re).hassan (ange de l air). Taljahhad (ange de l eau). Phorlach (ange de Ia terre). Rit Ecossais, Ardarel, Casmaran, Talliud, Furlac (anges du feu, de l air, de l eau, de Ia terre ; ces mots sent fautifs). Mot sacr~ Rh de Memphis et Rit Ecossais. Nekamah (vengeance). 30. Trenti~me degr~. Chevalier grand Kadosch. Souverain grand inspecteur (Rit Ec..., Grand Inquisiteur, Grand Elu, Chev... Kadosch ou Chev... de l Aigle blanc et noir). Signes Rit de Memphis. Placer la main droite, les doigts ~cart~s,sur le c~ur, et la laisser retomber sur le genou droit, que l on empoigne en fl~chissant ; saisir ensuite le poignard qui est suspendu au cordon, l ~lever comme pour en frapper, en disant Nekam, Adonai (vengeance Seigneur) Signe d Ordre. Ayant le glaive dans la main gauche, placer Ia droite ~tenduesur le c~ur. Rit Ecossais, les m~mes. Attouchement Rit de Memphis. On se touche r~ciproquement par Ia pointe du pied et du genou droit, et en se pr~sentant le poing ferm~ de la main droite ; le pouce ~tantlev~, le prendre alternativement, le laisser glisser en reculant d un pas et en levant le bras comme pour frapper d un poignard. L on dit le premier : Nekamah Bealim (vengeance des traitres), he second r~pond Pharasch-chol (tout est explique~). Rit Ecossais, le m~me. Batterie Rit de Memphis, trois fois deux et un 11 11 11 1. Rit ~cossais,la m~me. Marche Rit de Memphis, trois pas pr~cipit~s, les mains crois~es sur la tate. Rit Ecossais, Ia m~me. Age Rit de Memphis et Rit Ecossais, un si~che et plus. Insignes et d~cors Rit de Memphis. Tunique blanche, en forme de dalmatique, bord~e en noir ; ~charpeblanche frange en or, un poignard est pose dans ha ceinture ; chapeau rabattu; surle devant de lacoiffe est un soleil ~fond d argent, rayons en or, et au centre du soleil est un oeil ; un cordon noir passant de gauche ~ droite ; sur le devant sont brodees en rouge deux croix teutoniques ; un aigle ~deux totes, un soleil etles lettres C..~. K..~. H..~. brodees en argent. Un crachat or et argent, au milieu est brode un aigle ~ deux totes. Rit Ecossais, meme tunique, ~charpenoire, frange en argent ; m~me chapeau, m~me cordon ; bijou une croix teutonique, ~maill~ en rouge, attach~e ~ Ia boutonn~re stir le cot~ gauche, ou un aigle noir ~deux t&es, portant une couronne et ayant un poignard dans les serres. Les Chev..~. Kadosch de l antique et stricte observance portent 1 ancien costume des Che valiers du temple ; ils sont bott~s, cuirass~s et casqu~s. Mots de passe - Rit de Memphis, pour entrer, Nekam, (vengeance), r~ponse Menahem (consolateur). Pour sortir, Phangal- 156 157

chol (tout est accompli), r~ponse Pharasch-chol. Rit ~cossais, les m~mes. Mots sacr~s Rit de Memphis. Nekam Adonai. R~ponse Pharasch-Chol. Rit Ecossais, les m~mes. L ~chelle myst~rieuse est compos~e de deux montants ayant chacun sept ~chehons.le premier montant ~droite se nomme Oheb Eloah (amour de Dieu) ; le second montant, ~ gauche, se nomme Oheb Kerobo (amour duprochain). Echelon du premier montant : I. Tzedakah, Justice. 2 Schor-Laban, Puret~. 3. Mathok, Douceur. 4 Emounah, Force. 5 Amai-Sagghi, Travail. 6~ Sabbal, Fardeau. 7~ Ghemoul binah thebounah, Prudence. Echelons du deuxi~me montant ~ gauche : l& Astronomie. 2e Musique. 3~ G~om~trie. 4~ Arithm~tique. 5~ Logique. 6 Rh~torique. 7~ Grammaire. 31. Trente et uni~me degre. Grand inquisiteur cornmandeur. Signe Rit de Memphis. Croiser les deux mains sur le nombril. En r~ponse l on croise les deux bras au-dessus de Ia tete, les doigts allonges, la paume de Ia main en dehors.- Rit Ecossais, le meme. Attouchement Rit de Memphis. Se prendre Ia main gauche, s approcher reciproquement du pied droit et se toucher le genou, et de 1 autre main se frapper mutuellement un coup sur l ~paule droite. Ru Ecossais, le meme. Batterie Rh de Memphis. Neuf coups, 1 111 1111 1 Rit E~ossais, la meme. Insignes et d~cors Rit de Memphis. Tunique noire, cordon blanc porte en camail, sur la pointe duquel est brode en or un triangle radieux, au milieu est le nombre 31. Une croix teutonique en argent est le bijou de ce grade. Rit Ecossais, les memes, sauf la tunique. II n y a pointde mot de passe. Mots sacr~s Rit de Memphis. Tzedakah (justice). R~ponse: Mischor (e~q1~ite~). Ensemble: Amen (ainsi soit-il). Rit Ecossais, les memes. 158 32. Trente-deuxi~me degr~. Souverain prince du royal myst~re. (Rit Ec..~. Sublime Prince du Royah secret) Signe Rit de Memphis. Placer la main droite sur le c~ur; la porter en avant, la paume tournee vers le bas, et la laisser retomber sur le cole. Rit Ecossais, le meme. I~atterie Rit de Memphis. Cinq coups par un et quatre, 1 1111. RitEcossais, le meme. Insignes et decors Rit de Memphis. Tunique rouge, cordon noir lisere d argent porte en sautoir ; sur Ia pointe est brode un soleil ; l echarpe est noire avec frange argent ; un crachat or el argent - Rit Ecossais. Cordon noir lisere d argent porte en sautoir: sur Ia pointe est brodee une croix teutonique, l aigle ~ deux tetes, en argeni, est place dans le centre de la croix ; la ceinture est noire avec frange en argent, et une croix rouge est sur le devant. Le bijou est une croix teutonique en or ; le tablier en blanc et bordure rouge ; sur Ia bavette est brodee une croix rehaussee d argent sur les contours ; au milieu du tablier, est trace le plan du camp des princes. Mots d ordre de l armee Il y a pour chacun desjours de Ia semaine un mot different, et le second est donne en reponse du premier : Lundi, Darius. Mardi, Xerc~s. Mercredi, Alexandre. Jeudi, Philadelphe. Vendredi, He~rode. Samedi, Eze~chias. Dimanche, Cyrus. Mots de passe Rit de Memphis. Phaal-chol (s~par~s). Pharasch-chol (re~unis). Nekam-Maqqhah (pour Ia vengeance). Ensemble, Schaddai (tout-puissant). - Rit Ecossais, les memes. Mots sacres Rit de Memphis. Salix ; reponse : Noni ensemble : Tengu. (Ces mots sont composes de lettres qui marquent les tentes du camp des princes) Rit Ecossais, les memes. 159

33. Trente-troisi~me degr~. Chevalier grand inspecteur g~n~ral (Rit E.~. Souverain Grand Inspecteur General). Signes Rit de Memphis. 1.~. croiser les bras sur la poitrine, le corps et Ia tete inclines en avant ; se mettre a deux genoux ; 2.~. tirer le glaive du fourreau, poser la main gauche sur le c~ur. RitEcossais, le meme, seulement tomber sur he genou gauche au 2~.~. signe ; et au 3~.~. signe baiser par trois fois Ia lame de son epee. Ce degre n a pas d attouchement. Batterie Rit de Memphis et Rit Ecossais, onze coups, parcinq, trois,unetdeux l11l1 11l 1 1l. Insignes et decors Rit de Memphis. Tunique en soie cramoisie, parsemee d etoiles en or ; un soheil en pierreries pour crachat ; une echarpe blanche avec des franges a gros bouillons en or ; un ruban blanc moire lisere d or, stir le devant est brode en argent un delta environne d une gloire en or ; le bijou est un pentagone regulier. Rit Ecossais, un cordon bhanc moire, lisere d or, au bas duquel est une rosette blanche, rouge et verte, avec franges en or ; un delta environne d une gloire en or est brode sur le devant ; sur deux cotes du delta est un poignard dont la pointe est dirigee versle centre ; et au milieu le nombre 33 en chiffres arabes ; ce cordon se porte de gauche a droite. On porte en outre, du cote gauche, une croix teutonique rouge ; le bijou est un aigle noir a deux t&es, couronne, ayant les ailes ~ndues, et tenant un glaive dansles serres ; le glaive, les becs, les ongles sont en or ; ce bijou se porte suspendu ~une cha~ne d or passee au cou. VI SAGE DES PYRAMIDES (1860) Mots de passe Rit de Memphis et Rit Ecossais, l ~.~. : de Alolay; reponse : Hiram -abi ; 2.~. mot. : Fre~de~ric ; reponse: de Prusse. Grand Mot de passe ou mot sacre Rit de Memphis et Rit Ecossais. Mi-Chamichah Bealim Adonai (qui est semblable i~ vous, parmi lesforts Seigneur!) 160

En 1839, apparait avec Memphis un grade, que Misrafm parait ignorer, de sage des pyramides, qul occupe Ic 500 ~cheion. En 1849, Marconis le ram~ne ~Ia 47e place, pour le porter enfin ~Ia 59e, en 1860 au plus tard. Cette ann~e-1~, ii en public en queffet nousdans reproduisons. Le PantMon ma~onnique ~ les travaux complets En d~pit de 1 affirmation de Gastone Ventura, ii n est pas sfir que cc grade provienne de la loge Les Disciples de Memphis dont Ia fondation ~ Montauban, en 1815, est hypoth~tique. II parait plus vraisemblable que Marconis ait compose cc grade, entre 1839 Ct 1860, car ii n est pas dit qu unrituel en alt exist~ d~s son apparition dans la hi&archie du rite de Memphis. Avec le rite de Memphis-Misrafm, Ic sage des pyramides sera r~trograd~ au 49e ~che1on,ct Yarker ne Ic conserva m~me pas dans son ~che11er~duite ~ 33 degr~s, du rite ancien Ct primitif. * * * (1) Jacques-Etienne Marconis. Le Panth6on Ina~onnique. Instruction g6n6- rale pour tous les rites..., Paris, A. Scheuerman, 1860. pp. 244-263. 163

Cet areopage se compose de onze officiers dignitaires, savoir: I. Le sublime Dai (president). 2. Le sage l Odos (orateur). 3. Le sage l& mystagogue. 4. Le sage 2 mystagogue. 5. Le sage Hierostolista (secretaire). 6. Le sage Ceryce (grand expert). 7. Le sage Cistophore (archiviste). 8. Le sage Zacoris (tresorier). 9. Le sage Hydranos (maitre des ceremonies). 10. Le sage Ized (messager de la science). 11. Le sage Hieroceryx (gardien du temple). Le Sanctuaire des sages des Pyramides, o~i se fait l examen, est un carre long ; dans le fond, sur une estrade ayant sept marches, est place le si~ge du sublime Dai; sur un autel couvert d un riche tapis, se trouve un candelabre d or a sept blanches et le grand livre d or. Le Dai est revetu d une robe bleu celeste ; il porte en sautoir une chafne d or, au bas de laquelle est un soleil sur lequel sont ecrit ces mots: verite, sagesse, science. 1. Mise en activit~ des travaux Le sublime Dai. frappe un coup de maillet et dit: D..~. Sage premier mystagogue, faites-vous assurer si nous sommes a couvert de toute indiscretion profane. Le Cervce, sort, frappe ~ la porte du Temple suivant la batterie du grade, ce qui exprime: nous sommes i~ couvert; ii rentre dans le Temple, et le premiermystagogue dit: R..~. Les abords du Temple sont deserts ; ses echos sont silencieux, nul ne peut nous entendre. D... Debout et a l ordre (dit le sublime DaY), sage Ceryce, veuillez parcourir les tribunes et vous assurer si les membres qui les composent poss~dent le 59 D.~. de l Ordre. Le Ceryce parcourt les deux valmes, demande ~ chacun des nlembres la parole de reconnaissance, et Iorsqu ii a termin~ cet examen, il enfait son rapport au sublime Dai. D..~. Alors le sublime Dai dii : Sage premier mystagogue, a queue heure s assemblent les Sages des Pyramides? 164 I A l aube du jour, sublime DaY. D..~. Pourquoi? R..~. Pour developper la partie dogmatique, morale et scientifique de l Ordre. D..~. Dans quel but, sage mystagogue? R..~. Pour l enseignement et l edification de tous nos EF. D..~. Quels sont les premiers devoirs des Sages des Pyramides? R..~. La bienveillance envers les hommes, nos EF..~., Ia justice pour tous, combattre les vices qui deshonorent l humanite et n avoir qu une pensee, celle du bien, propager la lumi~re et Ia verite. D..~. Dieu nous donne la force de remplir cette mission ; cultivons la science afin de rendre Ia raison profitable et nous sauver des ravages de l erreur et du mensonge. Dieu est Ia verite, n enseignons donc que Ia verite. R..~. (Tous les FF.~. disent en etendant la main) : Nous le jurons; ensuite le sublime Dai s adressant au 2.~. Mystagogue lui demande: D..~. Quelle heure est-il? R..~. L heure de reprendre nos travaux, sublime DaY. D..~. Le Dai cut : puisqu il est l heure de mettre nos travaux en activite, unissez-vous a moi pour demander au Sublime Architecte des Mondes, qu ils soient conformes a sa loi et qu ils n aient d autre but que la gloire de son nom et le bien general de l humanite. Le sublime DaY, descend de l estrade et va se placer au milieu du temple, en face de l Orient ; les deux Mystagogues sont a ses cotes et devant lui se trouve un vase antique qui brole les parfums sacres, le message est au pied de l autel, et le Ceryce, l Hydranos et l Hieroceryx derri~re le Sublime Dai a 7 pas de distance. Le sublime Dai s incline et cut a haute voix: 2. Invocation ~Dieu Souverain, qui r~gnes seul, Tout-Puissant, immuable Jehovah, P~re de la nature, source de la lumi~re, Ioi supreme de l univers, nous te saluons. Re~ois, 6 mon Dieu! l hommage de notre aniour, de notre admiration et de notre culte. 165

Nous nous prosternons devant les lois eternelles de ta sagesse, dirige nos travaux, eclaire-les de tes lumi~res, dissipe les ten~bres qui voilent Ia verite, et laisse-nous entrevoir quelques-uns des plans parfaits de cette sagesse qui te sert a gouverner le monde, afin que devenus de plus en plus dignes de toi, nous puissions celebrer en des hymnes sans fin, l universelle harmonie que ta presence imprime a toute la nature. AdonaY! Adonai! Adonai!> Le sublime Dai remonte ~ 1 Orient, les officiers dignitaires vont ~ leur place ilfrappe suivant la batterie et dit, glaive en main. A la gloire du sublime Architecte des Mondes, les travaux sont en activite. En place mes FR Le Sublime Dai ; frappe un coup et dit en s adressant au sage HMrostolista: D..~. Veuillez nous donner lecture de Ia redaction des tables burinees dans Ia derni&e tenue. R..~. Le sage Hierostolista lit a haute voix: A la gloire du Sublime Architecte des Mondes, au nom du Grand Hierophante. Les sages des Pyramides reguli&ement convoques se sont reunis avec le ceremonial d usage dans le temple de Ia verite ou r~gnent la paix, la vertu, Ia science, l union et la plenitude de tous les biens, asile des myst~res. Le 2 h de Mikhael du mois thoth de l an de la veritable lumi~re 000, 000, 000. N oublions pas, mes FF... que la Ma~onnerie n a qu une pensee, faire le bien, qu une banni~re, celle de I humanite, et qu une couronne pour la vertu. Les travaux sont ouverts par le Sublime Dai suivant le ~htuel, elc, etc, etc. Apre~s cette lecture, ilfrappe un coup et dit: D..~. La parole est accordee aux FF.~. qui auraient des observations a faire Le silence r~gne, et le sage 1 Odos donne ses conclusions. Lorsqu il y a r&eption, le sublime Dai invite l Hydranos ~ introduire le candidat dans le sanctuaire ; arriw~ au Pronaos, le Ceryce lui adresse les questions suivantes: D..~. Quel est le but de la Ma~onnerie? R..~. Son but est de rendre les hommes meilleurs, ses moyens sont de dissiper les ten~bres de I ignorance, de faire naitre 166 I toutes les vertus qui decoulent de l instruction et de l amour de ses semblables. D..~. Le Ceryce lui cut: Donnez moi Ia parole sacree du 58 degre. R..~. Brahma-Odin. D..~. Que signifie cette parole? R..~. C est le nom du premier civilisateur du genre human, surnomme Isis, fondateur de nos myst~res. D..~. Donnez-moi Ia parole de reconnaissance. R... Lao-tseu, elle signifie vieillard enfant, embthme de Ia vie et de Ia mort, tableau de Ia nature enti~re se renouvelant sans cesse. D..~. Donnez-moi Ia signification de ce tableau mithriaque. R..~. DeuK genies accompagnent Mithra, l un jeune, I autre vieux, le jeune tenant un flambeau eleve, c est la vie, et l autre tenant le sien renverseet pret a s Cteindre, c est la mort. D..~. Donnez-moi le signe. R..~. II le donne, il signifie, la main droite sur le c~ur, la Foi dans cette position, elever les yeux au ciel, l Esperance en Dieu ; retirer Ia main placee sur le coeur et la porter a la poche de son gilet, puis allonger le bras horizontalement exprime Ia Chariie~, ensemble Ia Foi, l Espe~rance, Ia Charit~. D..~. Donnez-moi Ia batterie. R..~. II frappe sept coups egaux. D..~. Que signifie cette batterie? R..~. Amour de Dieu, amour du prochain, justice. purete, douceur, force, prudence. D..~. Que vous a-t-on fait connaitre jusqu a ce jour? R..~. Aux premiers degres, vertu, philanthropie ; aux degres intermediaires, chaleur pour le bien ; dans les grades superieurs, philosophie, pour r~gle cette veritable science, fille du Ciel. D..~. La phihosophie est donc Ia science des principes, Ia connaissance de Ia verite? R..~. Elle embrasse dans sa generalite toutes les lois du monde physique et du monde moral, pour les sciences physiques, les philosophes ont recherche l origine des choses, qu ils ont attnbuee les uns a I air, les autres a I eau, au feu, aux atomes, faisant de Ia physique d apr~s leur imagination et ils n ont pas rencontre Ia verite. Dans les sciences morales. ils ont essaye de poser hes prin- 167

cipes de Ia logique, de Ia metaphysique, des devoirs et de la conduite de la vie, de la philosophie eclectique qui malheureusement s etablit dans des si~cles deja livres aux subtilites d une fausse dialectique, a l amour du merveilleux. Tous les hommes eclaires sont aujourd hui eclectiques : ils choisissent en tout ce qui est demo ntre a leur intelligence, ils doutent de ce qui ne l est pas, et regrettent ce qui ne peut l ~tre et s approprient toutes les verites nouvelles. La philosophie eclectique est donc celle des veritables Ma~ons. Apr~s 1 examen, I hydranos remet au candidat le rameau d or, symbole de 1 initiation, et 1 invite ~frapper i Iaporte di~ temple. L hieroceryx, gardien du sanctuaim, ouvie laporte, jette sur la tate du candidat un crepenoir transparent, et le conduit ~ la place qui Iui est dserv~e. 3. Reception Le sublime Dai adresse les questions suivantes au candidat: D..~. L on vous a cut sans doute, que pour etre admis dans notre areopage, il faut parler avec l eloquence du ceur, de tout ce qui eh~ve l ame et eclaire l esprit, discernerle vrai du faux, mettre de Ia justesse dans ses jugements et surtout dans ses moeurs; si vous voulez reflechir sur toutes les harmonies de Ia nature, de la societe, de la famille et de vos propres facultes, vous apprendrez a &re aussi fid~le a l ordre moralque les mondes qui roulent dans l espace le sont a l ordre physique ; si vous cultivez les sept sciences qui nous sont indiquees par notre sublime ins- ~itution, vous arriverez a cette perfection humane qui est la vertu, noble et sainte devise de la Ma~onnerie. D..~. Veuilhez me dire quels sont les principes des lois naturelles? R..~. Les principes des lois naturelles sont ces verites ou ces propositions generales, par lesquelles nous pouvons effectivement connaftre quelle est la volonte du Subi.. Arch.~. des mondes a notre egard. par une juste et raisonnable application de ces lois. D.. Comment ces principes doivent-ils etre? R.~. Ils doivent etre vrais, simples et suffisants, c est-a-dire, fondes sur la nature de l homme, qui est le vrai fondement des hois naturelles ; ils doivent etre simphes, afin que les hommes puissent aisement les saisir ; ils doivent enfin etre suffisants, parce qu etant les principes de notre conduite, il faut qu on en puisse tirertoutes les consequences necessaires dans tous les cas particuliers. C est Ia nature humaine qu ii faut consulter pour reconnaitre ces principes generaux. D..~. Quelle est Ia cause premi~re? R..~. La cause premi~re est celle qui ne depend d aucune autre, tel que le SubI..~. Arch..~. des mondes. D..~. Et Ia cause seconde? R.~. La cause seconde est celle qui depend de Ia premi~re, telles que toutes les causes creees. D..~. Et la cause immediate? et mediate? R..~. La cause immediate est celle qui produit I effet par son action, et ha mediate est celle qui a produit I immecuate le p~re est cause immediate de ses enfants, l aieul en est Ia cause mediate. D..~. La cause physique et la cause morale? R..~. La cause physique est celle qui contient la raison suffisante d un etre par sa propre action : c est la cause efficiente, consideree sous un autre point de vue, et Ia cause morale est celle qui influe sur I existence d un etre par une Ioi, par un conseil, ou par I exemple. L effet ne derive pas toujours de Ia cause, quoique actuellement agissante, parce qu elle a besoin souvent d une condition necessaire. Ainsi le feu echauffe et briile les corps combustibhes, mais a concutionqu on les en approche ; car sans cette concution, le feu ne produit aucun de ses effets, sur les corps qui en resteront eloignes. D..~. Qu appelez-vous Providence? R..~. Nous appehons Providence Ia prevoyance et Ia cusposition libre d un etre intelligent, de tout ce qui arrive dans ce monde. D..~. Et la conservation? R..~. La conservation est la continuation de I existence des etres, assujettis au syst~me de leurs lois, physiques ou morales. D..~. Etlehasard? R.~. Le hasard est un effet produit sans Providence, sans cause, sans but, et sans ordre. 168 169

R..~. Lafln est la raison suffisante qui determine une cause libre ~ la production de son effet ; il ne faut pas confondre l objet avec la fin, car c est l objet qui produit la fin, par l espoir de sa jouissance ; 1 espace est boute etendue, suivant les trois cumensions : si elle est pleine, on lui donne le nom de corps, et on l appelle vide, si elle ne contient rien. R..~. L infjni est ce qul n a point de bornes ; c est un terme negatif, qui marque ce que l infini n est pas. La duree d un etre est Ia continuation de son existence. Si l etre n a point de commencement, ni de fin, la duree s appelle eterite ; s ii a eu un commencement, et qu il ne doive pas avoir de fin, sa duree s appelle immortalite ; enfin, Ia duree d un etre qui a eu un commencement, et qui aura une fin, se nomme temps. D..~. Qu appelez-vous lieu? R..~. Une partie de l espace vide. D..~. Et le mouvement? R..~. Le mouvement est toute action qui transporte un corps d un lieu dans un autre. D..~. Qu appelez-vous mati~re? R..~. Les premiers elements des corps, qui ne sont autre chose que des etres composes de ces memes elements. R..~. II y a trois sortes de verite ; Ia verite naturelle ou metaphysique, la verite morale, et la verite logique ; la verite naturehle ou metaphysique, est la conformite de l essence des etres avec leur mod~ie ; la verite morale, est la conformite de nos pensees avec les mots dont nous faisons usage pour les expri- ~iher: elle esi encore l usage de la parole conformement aux lois naturelles ; la verite logique, est la conformite de nos idees avec l essence des choses, representees par ces idees. R..~. Le bien est tout ce qui contribue a l avantage d un etre, ainsi l idee du bien est relative, car le bien absolu n est proprement que la perfection absolue. Le bien est reel ou apparent le bien reel est celui qul contribue a laperfection et au viai bonheur d un autre ; le bien apparent est celul qui n a que l apparence de ces avantages, et qui dans la realite contribue au malheur de ceux qui le recherchent. 170 La culture de la raison seule peut faire connaftre les biens reels, et les distinguer des biens apparents, car c est elle qui peut nous mener par un calcul juste a connaitre la valeur et le prix des choses, et evaluer les rapports des objets avec notre perfection et notre bonheur. D..~. Le neant peut-il produire quelque chose? R..~. Le neant ne peut rien produire. tout etre existant doit avoir Cte produit par un etre reel et existant. Quoique le neant ne puisse pas produire un etre, il y a cependant des etres qui ne peuvent etre tires que du neant. Les etres physiquement composes sont fornies par I union des parties dont ils sont composes ; mais les etres physiquement simples et sans parties, ne pouvant etre produits par l union et [arrangementdes parties qu ils n ont point, ils doiventetre tires du neant, par une puissance capable de les en tirer ; pour les detruire, comme ils ne peuvent pas etre detruits par Ia separation des parties, ils doivent etre reduits au neant. La production d un etre simple du neant, s appelle cre~ation; Ia destruction d un etre simple, ou sa reduction au neant, se nomme an~antissement. On tire un &re du neant de soi-meme, ou du neant du sujet. Ia creation esi une production d un etre du neant de soimeme ; mais loxsqu un ouvrier fait un ouvrage de Ia mati~re qu il a travaillee, on dit qu il produit un etre du neant du sujet ; car l ouvrage existait dans le fond de sa mati~re, mais I ouvrier Iui a donne les modifications necessaires pour en faire la montre ou telle autre chose qui etait le sujet de son travail. En fait d Ctres, il ne peut y en avoir qu un seul qui soit infii, car dans la supposition contraire ces etres seraient corporels ou spirituels, ou etendus et solides, ou simples ; il est impossible que le meme etre soit et ne soit pas en meme temps. L unit6de I etre infiniment parfait a ete generalement reconnue par tous les philosophes, malgre leur grande opposition a presque tous les objets des autres connaissances les palens memes, quoique generalement livres a admettre et areverer la pluralite des dieux, admettaient un dieu supreme, qu ils regardaient comme infiniment parfait, et refusaient aux autres Ia perfection infinie. Rien n existe sans une raison suffisante de sa possibilite intrins~que et extrins~que, cax un etre qui existe, doit avoir ete possible intrins~quement, et par consequent il doit 171

r avoir une raison suffisante de son essence et de son existence, ce qui caracterise sa possibilite. La connaissance de Ia raison suffisante des etres, est l ecueil de l homme ; dans ses recherches ii doit remonter a Ia possibilite des etres, il doit donc en connafire les proprietes essentielles, les comparer ensemble ; il doit connaitre les forces necessaires pour les produire, et chercher les causes assez puissantes pour pouvoir et vouloir les produire ; il doit aller encore plus loin, pour connaitre Ia combinaison actuelle des essentiels et attributs qui en resultent; enfin, il ne dolt pas ignorer pourquoi ces etres existent, les bornes de nos connaissances sont etroites : mais il faut bien se garder de conclure, qu il arrive quelque ev~nement saris raison suffisante, parce que nous ne Ia connaissons pas. Le vulgaire attribue des evenemerits au hasard, au malheur, au bonheur, etc ; il n y a ni hasard ni bonheur, ni rien de semblable, dans le sens qu on pretend donner ~ ces causes ; tout etre qui existe, sans exception, doit avoir un pourquoi il est possible intrins~quement, el un pourquoi il existe ; notre ignorance ne doit pas nous autoriser ~admettre des etres sans raison suffisante, sans causes, produits par le neant. Le principe de Ia raison suffisante, sans etre le premier principe des connaissances humaines, n en est pas moms necessaire et universe h. Je dis d abord qu il n esl pas le premier principe. car on demontre l evidence par le principe de contradiction, rien n arrive sans une raison suffisante. D..~. Qu appelez-vous etre simple et etre compose? R..~. Tout etre est simple ou compose, je parle de la simplicite et de Ia composition physique, car ou l etre a des parties, dans 1~squelles il est divisible, ou il n en a pas, point de milieu : dans le premier cas, il est compose, dans le second, il est simple. D..~. Que pensez-vous de l aneantissement d une substance simple. R..~. L aneantissement d une substance simple, est le passage de l existence ala non-existence ; l ~tre contingent ne pouvant pas donner l existence a un etre, ne saurait Ia lul 6ter, car lorsque l etre contingent detruit un compose, il ne fait qu en separer les parties, mais II ne leur ~tepas [ existence,celui qul la donne ale pouvoir de Ia retirer, et ce n est consequemmentqu a l etre eternel qu il appartient de creer les substances et de les aneantir. 172 Une substance simple est indestructible de sa nature car elle ne peut perir par l action des etres contingents. parce que point d action sans reaction, et point de reaction sans solidite. D..~. Que pensez-vous de la perfection des etres? R..~. La connaissance de Ia perfection des etres surpasse les forces de notre enlendement, car Ia perfection consiste dans l assemblage de toutes les qualites de l etre, et dans la convenance de ces qualites ala destination de cet etre; mais il est evident que cette connaissance surpasse Ia sph~re de notre entende ment. Les jugements que nous portons sur la perfection et l imperfection des etres, sont des jugements relatifs nous apercevons quelques qualites dans un etre, plus estimables que celles d un autre, ii nous semble qu un etre repond mieux ~son but qu un autre : alors nous portons notre jugement sur Ia perfection ou l imperfection de ces etres ; nous ne devrions jamais prononcer un pareil jugement d une mani~re absolue, car alors ce jugement surpasse notre capacile. D... Pouvons-nous comprer sur le temps? R..~. Le temps sur lequel nous pouvons compter, n est qu un instant, car les instants passes n existeront plus, et les instants a venir n existent pas encore, notre vie ne consiste que dans un instant, et cette idee est bien propre pour nous penetrer de notre neant, et pour nous faire renoncer aux appats seducteurs de ce monde. D..~. Qu est-ce que le mouvernent? R. :. Le mouvement est une modification du corps, et par consequent un etre reel et positif, et comme le repos est une modification opposee au mouvement, il s ensuit que le repos est un etre negatif, consistant dans Ia simple privation du mouvement. La mati~re ne peut se mettre elle-meme en mouvement, parce que le mouvement etant une simple modification de la mati~re, il peut tr~s bien s en passer et resier en repos sans rien perdre de son essence ni de sa nature ; elle a besoin d une cause externe qui determine pat la communication de Ia force, son mouvement qui est la raison suffisante. D... En quoi consiste la vie des eires? R... La vie d un etre, en general. consiste dans son action sa niort, au contraire, consiste dans Ia privation de l action, c esl l idee generale. 173

Nous attribuons Ia vie a un animal capable de mouvement, a une plante qui veg~te, a une eau qui court dans Ia route qul lui est prescrite, et nous disons qu un animal devenu incapable de mouvement, qu une plante arrachee de Ia terre, ott le tronc est separe de sa racine, qu une eau qui croupit sans mouvement, sont des etres prives de leurs actions, et par consequent morts. D..~. Qu entendez-vous par le penchant? R..~. Le penchant est une forte inch nation vers le bien aper~u et senti. Nous donnons, au contraire, le nom d a version a tout eloignement d un mal. Le premier est I effet de Ia sensation que produit en nous le bien, le second est Ia suite de ce que nous eprouvons a Ia vue du mah. Les penchants et les aversions sont des sympt6mes naturels, necessaires et independants de Ia liberte, car us sont des suites de la Ioi de Ia conservation de soi-meme. D..~. Qu entendez-vous par Ia hiberte morale de I homme? R..~. La liberte morale de l homme consiste dans cette faculte que nous avons de suspendre nos jugements et nos actions, jusqu a ce que nous en ayons examine mfirement les objets, en faisant usage de tous les moyens possibles pour parvenir a Ia connaissance du vrai et du faux, du bien et du mal. R..~. La volonte est Ia deri~re deliberation de I ame, qui Ia determine a embrasser le bien ou a fuir le mal aper~u dans les objets qui l occupent, c est donc Ia volonte qui choisit d apr~s les lumi~res de l entendement et d apr~s l usage de Ia liberte. On se trompe, Iorsqu on attribue a Ia liberte la faculte de choisir : elle ne fait qu eclairer Ia volonte, lorsque les lumi~res d& i~ entendement ne suffisent pas. Cette erreur vient de ce qu on confond Ia liberte morale avec Ia liberte naturelle, opposee a Ia force. Plus I ame est eclairee, et plus elle est libre, parce qu elie a plus de moyens pour parve nir ~ Ia decouverte du bien et du mal ; Ia liberte est donc proportionnee a I education raisonnable, qui eclaire I ~me, et qui fourit les moyens de decouvrir le vrai et le faux, le bien et le mal. D..~. Et Ia raison? R..~. La raison est Ia faculte d apprecier les proportions probabies ou evidentes ; on appelle etre raisonnable celui qui a des 174 principes probables ou evidents, on n est pas raisonnable d~s qu on manque de pareils principes ; mais leur nombre ne change pas Ia nature de la raison. D..~. Qu entendez-vous par Ia connaissance de Dieu et de ses attributs? R..~. J entends par le terme de Dieu, un etre necessaire, eternel, d une intelligence infinie, libre, immateriel, tr~s-parfait, tr~s-puissant, cause de tout ce qul est cree, et son conservateur. La sagesse infinie de Dieu consiste dans une idee adequate de tout ce qui est present, futur et possible. Le Sublime Architecte des mondes a le pouvoir de tout executer, par un acte de sa propre volonte. D..~. Comment comprenez-vous l existence de Dieu? R..~. On demontre l existence de Dieu par trois esp~ces de raisonnements : les uns sont tires de l existence des etres, les seconds de Ia science de Ia nature, et les troisi~mes de Ia philologie ou de l histoire de l homme et de ses etablissements. II existe un Dieu eternel, principe et source des etres, immuable, infiniment parfait ; son essence est tr~s simple, incorporelle, existant par sa nature et de toute eterite, c est cet etre que nous appelons Sublime Architecte des mondes ; cette demonstration est sans replique, parce qu elle est appuyee sur des principes certains. Les arguments tires de la creation, a Ia portee de tout le monde, prouvent de Ia mani~re Ia plus evidente l existence de Dieu ; en effet, sans sortir d abord de nous-memes, I homme ne saurait &re que la production d une sagesse infinie. Deux substances d une nature diametralement opposee, sont un compose dont nous sommes obliges d admirer les effets, sans pouvoir en connaitre l union. Les sens rapportent tout ce qui se passe hors de nous a notre ame, celle-ci en prend connaissance a l instant, cette connaissance Ia determine, l ~me ordonne et le corps obeit aussitot ; ce commerce moms intelligible qu admirable, forme letre le plus parfait de Ia nature. Le corpsqui execute les volontes de l ame, est une machine dont les moindres parties marquent une sagesse au-dessus de toute imagination ; qu onjette un coup d oeil sur Ia struclure des sens externes, qu on en examine les differentes fonctions a I occasion des impressions que les objets externes y font, et on sera ravi d admiration et de respect pour le Createur. 175

mitives, dans 1 Inde, par exemple ; superbes et absolues dan~ 1 Egypte, sous 1 influence th~ocratique ; solennelles, mais un peu d~mocratiques dans la Gr~ce ; mystiques dans la Jud~e, p&les dans Rome ancienne, etc. Nous assistons encore, en quelque sorte, aux conferences des gymnosophistes, aux initiations des Egyptiens et des Grecs, quand, dans la ftanc-ma~onnerie, nous voyons interroger l aspirant et symboliser le passage de l ~tat de soujilure oci l a tenu la soci~t~ profane, a 1 ~tat de puret~ et de lumi~re qu il dolt a son initiation; c est du moms l id~e qu on s en fait. Mais cette initiation plus ou moms fid~1e des c&~monies de l antiquit~ n est plus a notre ~poquequ un simple d~lassement de 1 esprit, et la morale qu on y d~veloppe n est aulre que celle qui se trouve naturellement dans le cceur de tout homme de bien. D. Qu est-ce que le spiritualisme? R. Le spiritualisme, c est I esprit luttantcontre la mati~re l ~me soumettant le corps a sa puissance ; c est le principe du d~vouement, le d~sir de l immortalit~, l amour de la gloire par la vertu, la science ; dans ces derniers temps, on l a appe1~ progr~s social ; 11 est seul conservateur de la soci~t~, seul g~n~rateur des nobles pens~es, parce qu en lul seul se trouve l Eros intellectuel, l arch~type du beau parce que, d~gageant l homme des biens terrestres qui le tiennent captif, il le rend plus semblable a l etre des &res par excellence. D. Qu est-ce que le mat~rialisme? R. Le mat~rialisme est l assujettissement de l esprit a la mati~re, la victoire des sens sur la pens~e, la negation de l immortalit~, et par suite l exaltation du mci humain, en 4autres termes la consecration de l ~goysme ; par consequent le devoir de tous ceux qui ont re~u la mission d ~clairer les hommes dans quelque position qu ils se trouvent, est de faire appel au spiritualisme qui est l id~al de la perfection humaine, le lien entre Dieu et l homme. Les mat~rialistes corrompent la soci~t& D... Est-il utile que l homme connaisse 1 ordre des ~treset des choses, soit mat~riels, soit spirituels, visibles ou invisibles, comme Dieu, nature, homme, humanit~, bontt~, v~rit~, justice, vertu? R. Oui, car le plus haut degr~ de l intelligence oci l homme puisse atteindre serait de connaitre la nature des &res et leurs rapports avec nous, de connaitre l essence des choses et les qualit~s des objets destin~s a notre instruction, au d~veloppement et au perfectionnement de notre propre nature. D... Pourquoi la plillosopie est-elle partie indispensable de la Ma~onnerie? R. Attendu que toute doctrine, morale, religleuse ou scientifique, qui n est pas ~clair~epar la philosophie est fausse, et qu elle ~gareplus encore que l ignorance. D. A quoi tendent les grades symboliques de Ia Ma~onnerie? R. A inspirer au Ma~on le d~sir de son perfectionnement moral, et la pratique de toutes les vertus qui constituent l homme de bien. D. Quel est le but des grades capitulaires? R. De donner une grande ~nergie,et d ~ci~auffer l ~me de ce saint enthousiasme qui distingue l homme par une pliilanthropie ardente, lul apprendre l art de perfectionner ce que la nature a laiss~ d imparfait dans le genre humain et reconnaitre la v~rit~ de l alliance des deux syst~mes, le symbolique et le philosopliique, dans les allegories des monuments de tous les ages et les ~critsdes anciens sages ; 11 faut donc que les Ma~ons qui en sont revetus cultivent la pliilosopliie avec ardeur, car la philosophie est la science des principes, la connaissance de la v~rit~, embrassant dans sa g~n~ralit~ toutes les lois du monde physique et du monde moral. D. Que penses-tu de la morale? R. La morale est le point de reunion de toutes les connaissances humaines, elle est la bonne voie, le moyen assure de vivre heureux et sage, le miroir fid~le de la vertu et l interpr~te des consciences ; sans elle, tout le reste est vain, avec elle, tout devient utile etprofitable l homme, lorsqu il en est rapproch~, se pr~sente sous un jour nouveau et plus int~ressant ; le sentiment de lui-m~me l ~l~ve jusqu al auteurde toul ce qui existe ; il se voit entour~ d hommes qui lul ressemblent, dont il a besoin et qu il peut secourir ; de l~ la pr~cieuse connaissance et l intime conviction de ses devoirs envers Dieu, envers lui-m~me, envers son prochain ; c est le sommaire de toutes ses obligations, 11 ne doit plus les ignorer. D... Comment peut-on ~treiniti~ dans les premiers principes des connaissances humaines? R. En portant les v~rit~s primitives au plus haut degr~ d ~vi- 202 203

dence, la th~orie de l &re, sa possibili1~, son existence, son essence, ses propri~t~s, ses attributs, ses modifications, sa force, sa dur~e, ses principes, ses causes, ses effets, sa v~rit~, sa perfection. D. Mais tous ces grands objets exigeralent une discussion profonde, m~thodique, demonstrative? R. Oui, us doivent ~tre mis a la port~e des faibles intelligences par des exemples tires des circonstances famili~res de la vie, afin de rendre cette etude aussi facile que sensible. D. Qu est-ce que l Ordre? R. L Ordre est Ia premiere 101 du del, Dieu gouverne par des lois g~n~rales et non particuli~res ; il veut que le bonheur soit ~galpour tous, et, pour &re tel, 11 doit etre social. D..~ Qu appelles-tu Providence? R... La Providence est la disposition libre d un ~treintelligent, de tout ce qul arrive dans ce monde. D. Et la conservation? R. La conservation est la continuation de l existence des ~tres assujettis aux syst~mes de leurs lois physiques ou morales. D. Etlafin? R... La fin est la raison suftisante qul determine une cause libre a la production de son effet ; ii ne taut pas confondre l objet avec la fin, car c est l objet qui produit la fin par l espoir de sa jouissance. D. Etl espace? R. L espace est toute ~tendue,suivantles trois dimensions; si elle est pleine, on lui donne le nom de corps, et on l appelle vide, si elle ne contient rien. D. Etl infini? L infini est ce qui n a point de bornes ; c est un terme n~gatif qui marque ce que Le fini n est pas. D. Etladur~e? R... La dur~e d un etre est la continuation de son existence Si l etre n a point de commencement ni de fin, la dur~e s appelle ~ternit~,mais s il a un commencement sans avoir de fin, sa dur~ee s appelle immortalit~ ; enfin, la dur~e d un &re qui a eu un commencement et aura une fin, se nomme temps. D... Etle lieu? R. :.. Le lieu est une partie de 1 espace vide. D. Et le mouvement? R. :. Toute action qul transporte un corps d un lieu dans un autre. R. J entends par rnati~re les premiers ~l~mentsdu corps, qui ne sont autre chose que des eires composes de ces m~mes ~l& ments. D... Croyez-vous qu un etre semblable ~ nous alt cr~ les mondes? R. Ce n est pas un &re intelligent, tel que je le suis, qul a pr~sid~ a la formation de l univers, car je ne puis former un ciron ; donc ce monde est l ouvrage d une intelligence prodigieusement sup~rieure. D. Get ~trequi poss~de L intelligence et Ia puissance dans un si haut degr~ existe-t-il n~cessairement? R... Tile faut bien, car ii faut, ou qu il ait re~u l ~tre par un autre, ou qu il soit par sa propre nature ; s il a re~u l ~tre par un autre, ce qui est tr~s difficile a concevoir, il faut donc que je recoure a cet autre, et cet autre sera le premier moteur ; de quelque c6t~ que je me tourne, ii faut donc que j admette un premier moteur, puissant et intelligent, qui est tel, n~cessairement, par sa propre nature. D... Ce premier moteur a-t-il produit les choses de rien? R... Cela ne se con~oit pas ; cr~er de rien, c est changer le n~ant en quelque chose. Je ne dois point admeure une telle production, ~moms que je ne trouve des raisons invincibles qui me forcent d admettre ce que mon esprit ne peut jamais comprendre. D. Tout ce qui existe paraft exister n~cessairernent puisqu il existe. R. Oui, car s il y a eu aujourd hui une raison de l existence des choses, il y en a eu une hier, il y en a eu une dans tous les temps, et cette cause doit toujours avoir eu son effet, sans quoi elle aurait &~ pendant l ~ternit~ une cause inutile. D.. Mais comment les choses auront-elles toujours exist~, &ant visiblement sous la main du premier moteur. R. :. [1faut que cette puissance alt toujours agi. De meme, ~peu pr~s, qu il n y a point de soleil sans 1umi~re, de m~me ii n y a point de mouvement sans un etre qui passe d un point de l espace dans un autre point. D. :. 11 y a donc un etre puissant et intelligent qui a toujours agi? R... Si cet ~tre n avait point agi ~ quoi lul aurait servi son existence? 204 205

D... Toutes choses sont donc des emanations ~ternellesde ce premier moteur? R... Oui. D... Mais comment imaginer que de la pierre et de la fange soient des emanations de l Etre ~ternel,intelligent et puissant? R... 11 faut de deux choses l une, ou que la mati~re de cette pierre, et cette fange, existent n~cessairement par elles-m~mes ou qu elles existent n~cessairement par ce moteur. D... Il est donc impossible que le monde soit sans Dieu, et que Dieu soit dans le monde ; car le monde est rempli d ~tres qui se succ~dent Dieu a donc toujours produit des ~tresqui se sont succ~d~s. R... Oui. D... Le mouvement est-il essentiel a la mati~re? R... Oui, car tout se meut dansla nature le soleil tourne continuellement sur lui-m~me, les plan~tes en font autant, et dans chaque plan~te tout transpire. Le plus dur metal est perc~ d une infinite de pores par lesquels s ~c1~appe continuellement un torrent de vapeurs qui circulent dans l espace. L univers n est que mouvement, donc le mouvement est essentiel a la mati~re. D..~. Cependant une maison, une montagne, ne remuent pas; donc le mouvement n est pas essentiel? R... us remuent, ils vont dans l espace avec Ia terre par leur mouvement commun, et ils remuent si bien (quoique insensiblement) par leur mouvement propre, qu au bout de quelques si~cles ils ne restera rien de leur masse, dont chaque instant d~tache continuellement des particules. Di,... Mais si je puis concevoir la mati~re en repos, le mouvement n est pas de son essence? R... Je vous dis qu elle ne peut y etre. D... Cela est hardi ; et le chaos, s il vous plait? R... Si nous voulions parler du chaos, je vous dirais que tout y ~tait n~cessairement en mouvement, et que le souffle de Dieu y ~tait porte sur les eaux, que l ~l~ment de l eau ~tant reconnu existant, les autres ~l~mentsexistaient aussi, que par consequent le feu existait, qu il n y a point de feu sans mouvement, que le mouvement est essentiel au feu. D... Mais pourquoi un corps en pousse-t-il un autre? R... Parce que la mati~re est imp~n~trable, parce que deux 206 corps ne peuvent ~treensemble dans le m~me lieu, parce qu en tout genre le plus faible est chass~ par le plus fort. D..~. Croyez-vous qu il y art toujours eu dans l univers quelque chose de fixe, de r~gl~? R..~. Oui, Dieu ~tant,dieu vivant, il lui fallait une base pour &re, pour vivre, pour agir ; cette vie, cette action, quelles qu elles fussent, devaient avoir un effet, un r~sultat. D..~. Oil est donc passe cet etre intelligent? R..~. On trouve des traces de son intelligence partout, puisque l intelligence est cr~atrice, et qu il y a croissance en toute creation et que la creation est une organisation incessante de la mati~re. Tout ce qui est ~uvre aujourd hui ne l ~tait pas autrefois, comme tout ce qui l ~tait autrefois ne l est pas aujourd hui, car nulle fraction de la masse, rien de ce qui est, formes ou ~difices, quelque immenses et admirables qu ils soient, Les astres, les soleils, rien enfin de ce qui compose les ~l~mentsou de ce qui sort de Ia main de l ~tre, n est imp~rissable et n a ~ constitu~ pour l ~ternit~ ; ainsi l a voulu l Etre supreme, qui est le pare de Ia croissance et de Ia progression tout globe a commence, tout globe doit finir, et l Etre supreme seul est ~ternel. D..~. Si nous ne touchons que localement et dans une division de l espace, dans la region qu embrassent nos sens, la, dans l origine des choses, a la place de ces astres qui nous entourent, qui nous ~clairent, croyez-vous qu avant qu ils fussent, la mati~re n ~tait pas compacte, qu il n y avait qu un melange, ou qu un seul ~l~mentcompose de quatre autres? R..~. Je crois que successivement les globes se sont form~s par la force vitale et cr~atrice de l esprit qui a d~sign~ les points oil s est ensuite concentr~e la mati~re, car s il y a eu une premi~re notion ou un premier n~ parmi les ~tres,il y a sans doute eu un premier globe et cette multitude de soleil s qui roulent stir nos t&es ont eu aussi leurs ain~s. D..~. La mati~re a-t-elle un terme? R..~. Oui, dans son poids et son volume qui n augmententni ne diminuent, non dans son ~tenduequi ne doit pas plus ~treborn~e que l immensit~ oil elle peut se dilater a l infini. D..~. La mati~re est donc partout, dans l espace ; le vide n existe pas plus que le n~ant, ou s il existe, ce n est que partiellement et pour un temps l esprit trouve donc en tout lieu Ia 207

ma1i~re propre a s organiser, a s individualiser, ~ former une ~uvre. R..~. Je crois que la facult~, comme la volont~ de l esprit ~tant incessante, chaque instant voit naitre ainsi de nouveaux globes ; si l &ernit~ est la pour les produire, l immensit~ y est aussi pour les contenir; a mesure que l organisation s op~re, que les mondes se posent et se dessinent en se concenirant, les mati~res confondues se s~parent, les plus 1~g~res surnagent, les plus lourdes en deviennent Ia base ou le centre, et de ce fluide compose d air, d eau, de feu et de terre di1at~s a l exc~s, sortent les quatre ~l~mentsdistincts. Le premier qui surgit dut etre le feu, et peut-~tre est-ce de cette premiere separation que provinrentles autres ; alors 1 air, l eau, Ia masse solide ne seralent ce qu ils sont aujourd hui, c est-~-dire ne se seraient constitu~s d ~l~ments, que par l application de la chaleur et du refroidissement. Le premier rayon de chaleur ou peut-&re la premiere ~tincelle ~lectrique, p~n&rant la masse qui remplit l espace, y a amend Le mouvemeni et aussi la confusion, car a ce contact brfilant, la masse dfi fermenter, bouillir, tomber en dissolution. Des astres peuvent aussi se parlager, ~claier,faire explosion comme la meule en tournant, ou se dilater en essence impalpable. D..~. Il y aurait donc des globes qui ne seraient que les parties d un astre plus considerable, bris~ ou pulv~ris~? R..~. Je le r~p~te, rien de ce qui est compose de mati~re n est ~terneldans la forme. Ces fragments, ces agglomerations, glac~s ou brolants, arrondis par le mouvement de rotation, refroidis, par l immobi tit~ ou r~chauff~s par le choc, sont devenus a la longue propres a servir de base a la vie, c est-a-dire a permettre a l ~me et a I essence vitale de s y constituer une forme et des organes aptes a agir sur cette m~me mati~re. Le refroidissement d un astre qui perd la chaleur qul lui est propre, ou son calorique interne, est quelquefois arr&~ par le voisinage d un autre, dont l embrasement commence, car des globes se constituent et s enflamment a mesure qu il en est qui s ~teignenl dans leur ensemble ou dans leurs parties. Le feu ne peut pas plus s an~antir que les ~I~ments,seulement il change de forme, de place, d action ou d aliment. La chaleur et la lumi~re ne paraisseni pas une meme cl~ose, mais le feu du soleil est identique avec celui de la terre ; lacombustion que nous pouvons produire au moyen de l ~tincelle tir~e du silex est absolument sembi able a celle qu apporte un verre qui concentre les rayons. D..~. Existe-t-il une matthre premi~re en fait? R..~. Oui, cette mati~re subsiste lorsque la forme actuelle du corps est d~truite, car rien ne s an~antit ; il est evident qu il y a dans la nature quelque chose de cache sous la forme et qui est le substratum, ce substratum n est point engendr~ et ne s an~antit point par corruption ; or, c est ce qu on appelle mati~re premi~re, mati~re improduite, ~ternelle,infinie, indestructible. D..~. La mati~re premiere existe donc toujours sous quelque forme? R..~. Oui, il n y a point de vide dans lanature, la mati~re est partout, elle ne peut exister sans une forme quelconque ; il ny a point d espace sans corps, l espace est ~ternel, immobile et immuable. D..~. Combien y a-t-il de principes de cl~oses naturelles? R..~. Cinq la mati~re, la forme, l ~me, l espace et le mouvement. D..~. Combien y a-t-il de qualit~s premi~res? R..~. 11 n y a que deux qualit~s premieres, la chaleur et l humidit& D..~. Le temps est-il principe? R..~. Non, mais il en rapproche, parce que rien ne se fait sans lui. D..~. Crois-tu que Iunivers soit anim~ par les trois principes alchimiques, le sel, le soufre et le mercure? R..~. Oui. D..~. Crois-tu qu il soit raisonnable d observer dans l homme la conformation des solides, le mouvement des fluides, et le jeu des passions? R..~. Je le crois utile a la science. D..~. Croyez-vous que la Divinit~ alt laiss~ a chacun son ind&- pendance afin que chacun devint ce qu il se ferait lui-me me? N est-ce pas dans ce but qu elle a mis entre chaque ~treune barri~re d ordre et de garantie? R..~. Oni, car si nous r~fl~chissons sur l ~quilibre admirable qui existe entre Ia puissance du Cr~ateur et sa responsabilit~, quelle preuve plus grande de Ia presence divine et de son intelligence infinie? Comment m~connaitre cette force vivante 208 209

qui, dans son universalit~, maintient l ordre entre tant d ~l& ments de d~sordre, d int~r~ts divers et tant de volont~s mues par des passions oppos~es? D..~. Dans une vie sans avenir, oil le juste et l injuste seraient un hors-d ceuvre, sur un globe ou chaque etre serait isol~ pour n ~tre en contact avec aucun autre, l ~quit~ serait-elle inutile? R..~. Oui, car a quoi servirait l ~quit~ l~ oil il ne peut y avoir partage. D..~. La connaissance de Dieu, celle du vice et de Ia vertu, leur seraient-elles plus utiles? R..~. Non, cette connaissance d une vie future, a laquelle Ia creature ne seraitpas appel~e, deviendrait pourelle un fardeau d autant plus lourd qu il serait sans but, et rien de ce qui (principe d ensemble et base des choses) subsiste dans l univers ne peut ~tre sans but. D..~. La facult~ de vouloir est-elle immortelle comme l ~me? R..~. Elle fait sa force et sa vie ; elle p~se lejuste etl injuste et s~pare le vrai du faux c est la volont~ seule qui constitue l ind~pendance. D..~. Qu est-ce que la vo1ont~? R..~. La volont~ est le principe de tout acte, le mobile de tout ce qui est organis~, partout oil il existe une combinaison, une vo1ont~ a agi ou agit. D..~. Qu est-ce l in~galit~ des creatures? R..~. L in~ga1it~ des creatures n a rien d absolu, rien de d~flnitivement arr~t~ ; toutes sont parties du meme point, elles sont toutes d une m~me essence ; ce que peut l une, 1 autre le peut ou le pourra. Libres de s approcher du but qui est Dieu, leur difference de forme et d intelligence ne vient que de celles d~ leurs actes et de l emploi qu elles ont faitde facult~s communes. D..~. Qu est-ce que la sagesse? R..~. Elle est le fruit de l exp~rience. D..~. Qu est-ce que l exp&ience? R..x L exp~rience s acquiert non pas a force d agir mais ~force de r~fl~chir sur ses actions ; mais celui qui ne r~fl~chit point n en recueille pas la moisson : il traine le fardeau des ann~es, perd sa vie et ne s aper~oit qu il a vieilli que par les infirmit~s. D..~. Croyez-vous a l immortalit~ de l ~me? R..~. Oui. 210 D..~. Croyez-vous que 1 ame est une analogie ou une emanation R..~. Dieu est la v~rit~, tout ce qui vit doit donc avoir une affinit~ avec cette v~rit~. c est ce moi qui peut sommeiller mais non jamais cesser d &re ; s il a son repos et ses vicissitudes, sa croissance et sa d~croissance, l espace n en reste pas moms devant lui. Libre et immortelle, mue par la douleur et la n~cessit~, la vo1ont~ peut embrasser les mondes et s ~lever jusqu a Dieu. D..~. La facult~ de vouloir esi-elle immortelle comme l ~me? R..~. Elle fait sa force, sa vie, elle p~se le juste et l injuste, et s~pare le vrai du faux ; c est Ia volont~ seule qui constitue l ind~pendance ; Ia pens~e fail la volont~, la volont~ fait l ceuvre. D..~. Qu est-ce que Ia pens~e, ou son essence r~duite a un type autant que possible rudimentaire? R..~. La pens~e est un melange ou une indivisibilit~, comme l ont pr~tendu Hippocrate et Plalon. D..~. Est-ce une force exclusive, un ether, une vapeur ou un phlogistique? Est-ce un rayon, une Iueur, ou rien qu un souffle? R..~. La pens~e est un pneuma tr~s fluide, dit Plutarque une fusion de terre et d eau, dit Anaximandre ; un feu, dit H~raclite ; un atome, un ins~cable, comme l a ~crit Lucr~ce une parcelle de Dieu, comme I enseigna Socrate ; la pens~e est une harmonie, dit Aristod~me ; une flamme c~1este, dit Z~non, ou ce qui n est pas moms subtil. un nombre m~ par lui-meme, comme I a supput~ Pythagore. D..~. Est-elle simple? R..~. La pens~e est une mosaique de facult~s app~tives et de facult~s perhorrescentes, dit L ~cole du Portique ; un magasin de perceptions et de volont~s, dit Malebranche ; Ia pens~e est l influx d une ame, comme le professait Stahl, et comme l avait profess~ Anaxagore. Je vous declare que je ne trouve pas ces hypoth~ses plus satisfaisantes les unes que les autres. D..~. La pens~e est-elle immat~rielle ou mat~riel1e? R..~. La pens~e n est ni mat~rielle ni immat~rielle... elle n est donc pas. Pyrrhon chez les anciens et Hobbes l ont, dit-on, pr& tendu. C est le discours d un fou qui soutient qu il est mort. 211

L homme sent qu il est, il pense, etil est certain qu il pense, par cela seul qu il le pense ; Ia pens~e existe donc, et Ia preuve que son existence est ~crasante,c est que la d~n~gation de la pensee... est elle-meme une pens~e. D. :. Qu est-ce que la vie? R..~. La vie n est autre chose qu une lutte permanente de l organisation avec le monde int&ieur et ext&ieur, qu une s&ie continuelle d actions et de reactions, de vicissitudes r~ciproques entre un individu et le reste des molecules, entre une existence et elle-meme ; la resistance, conime condition de Ia vie ; enfin la vie n est qu un rapport toute philosophie tient dans cette conception, et, en effet, apprendre ce n est que diff&encier. 11 n y a pas d esprit sans discernement, parce qu il n est pas de notions sans comparaison. Connaitre, c est distinguer ; distinguer, c est juger, et juger, c est savoir ; donc, tout savoir West qu un parall~ie ; nul objet n est saisissable en luimeme, en lui seul ; laperception de quoi que ce soit n est que l ~valuation de ce qui faitqu il n est pas autre que ce qu il est. Qu est-ce qu un solide, abstraction faite d un liquide et d un gaz? Rien. Qu est-ce que la vie sans Ia mon? Trois lettres. D..~. Qu est-ce que Ia mort? R..~. La mort est la souveraine propri~taire de tous les &res. Elle efface les empires sous ses pas, elle ~teint jusqu aux astres. La mort, c est un sommeil... c est un r~veil... peutetre... D..~. Qu est-ce que la sympathie? R..~. L harmonie des ~tressensibles et intelligents ; elle est le principe de Ia nature int~rieure et divine de I homme. L ame sent ce qui est divin et elle s unit a Ia Divinit~, elle sent plus encore ce qui est humain et ce sentiment l unit ~ l humanit~. La sympathie est le principe de Ia formation de l homme int&ieur ; c est elle qui peut former son ~me,son c~zeur et son esprit. L homme que la sympathie a form~, selon cette sublime id~e, a la connaissance intime de Ia nature int~rieure ; il a une conscience pure, une raison ~clair~ed une lumi~re c~leste, ii a un c~ur plein d amour, d affections fortes, de sentiments g~n& reux, un esprit lumineux, enrichi d id~es profondes, de connaissances ~tendues,parce que tout en lui est venu des impressions qu il a re~ues, soit de la nature, soit des etres en g~n~ral, soit des 212 hommes ; Ia sympathie enfin, peut op&er le bonheur des hommes comme elle produit I harmonie des etres sensibles nous n avons encore aucune id~e de la f~licit~ qu elle peut r~pandre un jour sur le genre humain, mais les prodiges qu elle a op~r~s se sont manifest~s par des exemples frappants chez les peuples de l antiquit~, et par les actions des grands hommes, et pat les ~crits des sages de toutes les nations. D..~. Que signifie le tombeau embl~matique d Hiram? R... La mort et l immortaiit~, mourir aux vices et renaitre a la vertu. D..~. En quoi consiste la religion primitive? R..~. Elle consiste ~ adorer le Cr~ateur en esprit et en v~rit~, c est-~-dire par la pens~e, par la connaissance du c~ur, et a aimer son prochain comme soi-meme. C est une superstitition du f~tichisme que de supposer a l Etre supreme les caprices, l esprit de vengeance, la col~re et autres passions de la faible humanit~ ; le Dieu qui r~gne sur les mondes, le P~re de l humanit~, l Etre infini, incompr~hensible pour nous, mats se manifestant par ses oeuvres, est n~cessairement immat~riel, parfait, toujours juste et bon. D..~. Par quel moyen peut-on se persuader de I existence de Dieu? R..~. Par l observation et La contemplation des chefs-d ceuvre que sa toute-puissance produit dans la nature. D..~. Vous savez sans doute que les instituteurs primitifs de la Ma~onnerie avaient deux buts qui n ~taient pas lun et lautre sans quelques rapports identiques, ce qui a fait croire avec raison quils avaient une double doctrine. R..~. Oui. D..~. Quel est le premier but? R..~. De tirer l homme de l ~tat de barbarie pour le civiliser, et de le prendre civilis~ pour le perfectionner, afin de le ramener a sa premiere nature ; suiv ant eux, l homme ~taita faire, il fallait le relever jusqu a L humanit6, linitiation seule pouvait le r~g~n~rer de l~ les petits myst~res, imit~s dans les trois grades de la Ma~onnerie moderne. D..~. Le second but? R..~. Le second but fut la recherche des moyens de relever la mati~re. dont on la croyait aussi d~chue ; les sept m~taux, alors appel~s chacun du nom d une plan~te, formaient l ~chelle 213

ascendante de purification mat~rielle qui correspondait aux ~preuvesmorales des sept cieux ; ainsi Ia mystagogie, ou l initiation aux myst~res, avait ses deux divisions. Dans la premiere, on ne puriflait que des penchants, on ne passait au creuset que des hommes ; c ~tait une alchimie des esprils, une mystagogie humaine. La seconde ~taitl initiation aux myst~res des operations de Ia nature, une mystagogie des corps. D..~. D apr~s vous, mon ch.~. f.~., dans l une, on cherche Ia pierre cubique ou la pierre angulaire de philosophie, capable de r~unir intellectuellement, par ce symbole ing~nieux, toute l humanit~ dans une meme foi, une meme esp~rance, un meme amour ; dans l autre, on cherchait ce qui peut ramener l ~ge d or, la pierre philosophale et I ~lixir qui prolonge la vie l une servait de voile a l autre, comme elle en sert encore aujourd hui, ansi que l on peut s en convaincre par quelques rapprochements qu il nous est facile de faire. La science parfaite du philosophe est assez analogue a celle du Ma~on ; il faut que le philosophe connaisse le veritable germe de la nature avant de commencer son ouvrage ; de meme, il faut que le Ma~on connaisse v&itablement le noyau du cceur de l homme avant de se l admettre pour fr~re. Enfin la Ma~onnerie recommande l amour du prochain, Ia pratique de la vertu, de l ~galit~ et de la bienfaisance, l horreur du vice, du mensonge et de l hypocrisie, Ia tol&ance dans les opinions, la soumission aux lois, le respectdes droits d autrui, la bienveillance universelle et le perfectionnement de soimeme par l instruction et l esprit de fraternit~. ~ Quelle est la base et les moyens pour former l homme selon les vues de notre institution? R..~. L amour de Ia v~rit~, ou le penchant de l homme vers l auteur des choses, principe moteur qui I ~I~ve au-dessus de lui-meme, et qui le met en harmonie avec Dieu. Le besoin d ~tudier, d observer, de suivre la nature, principe d activit~, qui, en lul apprenant aconnaftre les etres sensibles, le met en harmonie avec le monde physique. L humanit~, ou cette force int6rieure et divine qui porte l homme vers l homme, et qui lui apprend que c est seulement avec ses semblables qu il peut se d~velopper et se mettre en harmonie avec le monde moral et intelligent. Ainsi, Dieu, la nature et l humanit~, voila les ~ducateursprimitifs de l homme, voila les moyens propres a former l homme Ma~on. D..~. Croyez-vous que la franc-ma~onnerie est la suite des myst~res de l antiquit~? R..~. Oui,jelecrois. D..~. Pouvez-vous donner l explication de cette doctrine? R..~. Les anciens myst~res ~taient non seulement un cours th~orique et pratique de philosophie morale et religieuse, mais encore une institution destin~e a perp~tuer les premieres traditions du genre humain ; les myst~res ~taientdivis~s en deux classes, les petits et les grands, les petits myst~res avaient pour but d instruire les initi~s dans les sciences humaines ; la doctrine sacr~e ~taitr~serv~e aux derniers degres de l initiation. C est ce qu on appelait la grande manifestation de la lumi~re. Entre la connaissance des sciences humaines et celle de la doctrine sacr~e, il y avait des degr~s symboliques aparcourir; tous les myst~res roulaient sur trois points principaux la morale, les sciences exactes et la doctrine sacr~e. Lorsque l iiti~ ~taitarrive ala fin de ses ~preuveset d~gag~ des liens terrestres, que, mort aux vices, il ~tait arrive a la puret~ primitive, on le revetait d une tunique blanche, il tenait dans sa main une branche de palmier, son front ~tait ceint d une bandelette bleu azur ; on lui faisait monter les sept marches du sanctuaire oil se tenait le grand Hi~rophante assis sur un tr6ne resplendissant de lumi~re ; son visage ~taitvoile, il avait sur sa poitrine un triangle lumineux compose de sept pierres pr~cieuses, il soulevait un coin de son voile et pronon~ait trois mots... Au meme instant, l ~clair brille, mais lui, noble nature, il reste impassible et tranquille et entend une voix cach~e qui lui dit 0 toi, mortel, apprends qu il n existe qu un seul architecte de ce temple immense qu on nomme univers ; il a toutcr~, le bien et le mal, sa loi le veut ansi, car de ce melange h~t~rog~ne d~coulent toutes les harmonies que ton esprit embrasse ; marche avec fermet~ dans la route que Ia sagesse t a trac~e ; quoique l ~pine semele et s attache au laurier, ne murmure point, console-toi et esp~re... A ces mots, le Hi~rophante lui impose les mains, Le b~nit, etlui dit ces derni~res paroles «Var~pandre sur la terre, parmi les enfants des hommes, les v~rit~s subilmes que tu viens d apprendre, mais 214 215

surtout ne choisis et n accorde cette faveur qu a ceux qui s en rendront dignes...» D..~. Quel rapport y a-t-il entre Ia Ma~onnerie et l Egypte? R..~. La Ma~onnerie, c est-a-dire la connaissance des v&it~s de la nature et de ses lois, fut conserv~e en Egypte par des sages qui la cach~rent au vulgaire en l enveloppant d embl~mes ing~nieux ; ce fut ansi qu elle se perp~tua, et fut port~e des rivages du Nil chez tous les peuples du monde, oil elle a plus ou moms perdu de son caract~re et de son but primitif. D... Donnez-nous l explication des rites ma~onniques qui vous sont connus? II...] D..~. Quelle pens~e fait naftre en vous la diversit~ de tous ces rites ma~onniques? R..~. Que la Ma~onnerie ~tantune malgr~ ses rites divers, on ne doit en proscrire aucun, a moms qu il ne renferme en lui quelques principes contraires a la morale. La tol&ance doit habiter le temple de la sagesse ; tous les Ma~ons doivent s aimer et former le lien indissoluble que la philosophie a tiss~. Ces myriades d etres qui peuplent l univers ne sont que les membres d une meme famille, parce qu il n y a qu une seule essence vitale, qu une seule nature d ~me, qu un seul souffle divin ; le monde ne forme donc qu une seule Loge, et les Ma~ons r~unis en Loge ne sont par ce fait que des portions de Ia Loge universelle. Le sublime Dai fait un signe, et les Maitres du Grand- ~IEuvrese groupent de mani~re a former un triangle dont le President occupe le sommet. Apr~s quelques minutes de d~lib~ration, le triangle s ouvre par sa base et ne forme plus qu un angle droit. D..~. Le Conseil est satisfait (lui dit le sublime Dai) ; ta conduite pass~e nous fait esp~rer que tu suivras, sans faillir, la ligne droite qui m~ne au point parfait du triangle ; le sublime C~ryce va t accompagner dans ce p~nible voyage. Allez, mes ff..~., et que le G..~. Arch... des mondes vous soit en aide. Le C&yce introduit le neophyte dansun vestibule ~clair~par une lampe antique ; au milieu, du c6t~ droit, se trouve une porte a deux battants ; sur la frise est un globe entour~ d un serpent et soutenu par deux ailes de vautour d~ploy~es ; en cherchant le sens cache de cet embl~me, il comprend que les sages de l antiquit~ donnaient a la terre un double mouvement conforme aux lois de la nature et aux calculs de la rai son. Stir cette porte sont ~crits ces mots: Sanctuaire des Esprits. Appuy~ sur le bras de son guide, il p~n~tre dans le sanctuaire. 3. Sanctuaire des esprits Un silence de mort plane sur ces mines croulantes que la lune ~claire (par un transparent) de sa pale clart~ ; de tous cot~s, les pylones renvers~s en obstruent l entr~e. Six ob& lisques mutil~s, sur lesquels sont graves en caract~res hi~roglyphiques les myst~res de la science et les annales de l histoire, sont places de chaque c6t~ de cette enceinte. A peine le n~ophyte a-t-il fait quelques pas, que le C~ryce lui dit Regarde (il tourne sa tete en arri~re, il voit une figure a peine visible, c est plutot une l~g~re vapeur condens~e qu un etre reel), c est la vie humane qui s ~loigne. Oublie ton passe, occupe-toi du present, l avenir est devant toi... (Un homme au visage v~n& rable, au regard doux et bienveillant, portant tine longue barbe plus blanche que la neige, s approche et lui dit) ~ Homme, roi du monde, chef-d oeuvre de Ia creation m&lite ta sublime destin~e. Tout ce qui v~g~te autour de toi n a qu une vie anim ale etp~rit avec le temps. Ton ~me~man~edu sein de Ia diviit~ survit aux choses mat~rielles et ne p~rira point voila ton vrai titre de noblesse ; sens vivement ton bonheur, mais sans orgueil ; cultive ton ~me immortelle, rends-la susceptible d etre r~unie a la source pure du bien, et tu seras heureux au sein du malheur, in~branlable au plus fort des orages, et tu mourras sans frayeur. «Si jamais tu pouvais douter de la nature immortelle de ton ~me et de ta haute destin~e, l initiation serait sans fruit pour toi ; tu cesserais d ~tre le fils adoptif de la sagesse, et tu serais confondu dans Ia foule des etres mat~riels et profanes. «Forme-toi donc pour ton Dieu, pour ta patrie, pour l humanit~ dont tu fais partie ; forme-toi pour le bien, donne a ton corps toute Ia grandeur et toute la perfection dont il est susceptible par sa nature ; cherche dans les replis de ton c~ur et de ton intelligence, tu y trouveras le livre de l esprit de la divinit~ tu entendras cette voix c~leste qui parle a ton c~ur et qui te crie sans cesse immorialit~.» 216 217

218 D..~. (Apr~s un moment de silence, le vieillard disparait, il fait quelques pas et se trouve en face du premier ob~lisque). Regarde l image du ph~nix (lui dit le C~ryce), symbole de Ia mort et de la resurrection. R..~. Oui, les soci~t~s meurent et renaissent, et les premieres pr~parent les &~ments qui doivent servir aux secondes. D..~. La statue que tu regardes repr~sente la d~essse Isis (la nature) ; elle a stir ses genoux son fils Horns, le travail, et atidessus d elle plane le soleil. R..~. Le soleil f~conde la nature, et c est par le travail qu elle nourrit ses enfants ; les caresses que cet enfant donne ~ sa mere symbolisent le germe de l amour. L amour, c est l ~me de la nature ; l univers, c est l amour de l ordre et de l harmonie des corps et des &res. Ce groupe est ~galementl image du gotivernement et d un grand peuple. Petit-on mieux peindre, en effet, la confiance de ce derier dans l autorit~ qui le gourverne que par la s~curit~ avec laquelle un enfant repose stir les genoux de sa mere? Arrive au deuxi~me ob~lisque: D..~. Une voix male et sonore lui dit: Le triangle est l objet principal de notre Ordre, il symbolise I unit~ de Dieti ; comment comprends-tu l tinit~? R..~. L umt~, c est le terme eminent vers lequel se dirige toute philosophie, ce besoin imp~rieux de l esprit human, ce pivot auquel il est contraint de rattacher le faisceati de ses id~es l unit~ est cette source, ce centre de tout ordre syst~matique, ce principe de vie, ce foyer inconnu dans son essence, mais mauifeste dans ses effets ; l unit~ est ce n~ud sublime auquel se rallie n~cessairement la chaine des causes. Crois-tu que le symbolisme est tine fausse science? R..~. Non. ce n est pas tine science qui trouble l esprit, l ~blouit ou l aveugle, mais bien tine institution qui, sous des symboles, des nombres et des embl~mes sp~ciaux, renferme d importantes et solennelles v~rit~s, qui tend ~~chaufferle c~ur, ~ fortifier l entendement, a resserrer et ~rendre plus forts les liens qui unissent le genre human. Arrive ati troisi~me ob~lisque, le C~ryce lui dit: ~CeUefigure demi-nue, la tete ras~e adroite, ~taitle symbole du soleil, ne se d~couvrantjamais en entier, c est-a-dire n ~clairant qu une partie de l univers a la fois ; les cheveux coup~s, dont il ne reste que la racine, indiquaient que cet astre bienfaisant et d une in~puisable vivification renait pour nous chaque jour: ses ailes exprimaient la rapidit~ de sa course, l urne suspendue a sa main droite rappelaitqu il est La source de tous les biens, et le baton augural qu elle tenait dans samain gauche ~tait l embl~me heureux de la sollicitude avec laquelle il pr~vient les besoins des mortels. D..~. Ces hi~roglyphes que tu vois stir le troisi~me ob~lisque expriment tine science occulte pratiqu~e par les mages alaquelle on donne le nom de magie ; ils se cr~rent par des sibylles Ia connaissance d un grand nombre de plantes et de leurs propri~t~s th~rapeutiques, les arcanes de la chimie, de lanatomie et grand nombre de secrets de la nature ; cette science occulte, qualifiee par les anciens sages de Memphis de fetir~g~n~rateur, est celle alaquelle on donne de nos jours le nom de magn~tisme animal, science qui flit pendant plus de trente si~cles l apanage des myst~res de l antiquit~. Cette science occulte, qu un illustre philosophe appela tine parcelle bris~e d un grand palais, tin rayon de la puissance adamique destin~e a confondre Ia raison humaine et l humilier devani Dieu, est tin ph~nom~ne appartenant a l ordre proph& tique... C est le magnetisme, principe de vie de tous les ~tresorganis~s, il faisait partie de l enseignement des myst~res de l antiquite. La connaissance de ce fluide magn~tique est le plus pr~cieux bienfait de la Providence ; elle est la clef myst~rieuse qui ouvre a l intelligence ~blouie le monde de Ia v~rit~ et de la lumi~re, etjoint le fini a l infini ; c est la chaine d or souvent chant~e par les po~tes, la base de la philosophie cachee que D~mocrite, Pythagore, Platon et Apollonius ont ~ demander aux hi~rophantes de l Egypte, aux gymnosophistes de l Inde; invisible aux yeux des sens, il faut pour l ~tudier la vue de l ame, partage du somnambule oti de l extatique. Arrive ati quatri~me ob~lisque, tine voix douce et sonore lui parle en ces termes : «Ecoute-moi... «Aime les bons, plains les faibles, fuis les m~chants, mais ne hais personne... «Par un sentiment d ~quit~ bien naturel, lorsque nous youlons juger les autres, faisons tin retour stir nous-memes : plus nous avons besoin d indulgence, plus il est de notre int~r& 219

d ~tendre stir les faiblesses de nos semblables le voile bienfaisant qui doit en d~rober la connaissance et la malignit~. «S ~1onner d une belle action, c est s avouer incapable de la faire... «Ne m~prisons jamais, car aux vices qui nous sont communs avec les vices que nous m~prisons, nous ajoutons souveni le pire de tous, l orgueil de nous croire meilleurs. «II est d une grande ~mede repousser les injures par des bienfaits. «La m~disance est une petitesse dans l esprit ou une noirceur dans le c~ur ; elle doit toujours naissance alajalousie, al envie, al avarice oti aquelque autre passion; elle estla preuve de l ignorance et de la malice. M~dire sans dessein, c est b&ise ; m~dire avec r~flexion, c est noirceur. Que le m~disant choisisse, qu il opte : il est insens~ oti m~chant. «Si vous &es pers~cut~, ne vous vengez pas ; ii n existe que deux sortes d ennemis : les m~chants et les ignorants. Thchez d am~liorer les uns, instruisez les autres. La persuasion r~ussit mietix que Ia violence. «Ne souffrons pas qu un seul de nos jours s ~coule sans avoir grossi le tr~sor de nos connaissances et de nos vertus. «La paresse nuit ~ toute entreprise, le travail rend tout facile. La cupidit~ vit ati milieu de la soci~t~, comme tin ver destructeur ati sein de la fleur qu il habite, qu il ronge et qu il fait p&ir. «L tinion, quand elle est parfaite, satisfait tous les d~sirs et simplifie les besoins : elle pr~vient les v~ux de l imagination, elle remplace tous les biens, c est tine fortune devenue constante. ~ «Nos v~ritables ennemis sont avec nous ; d~racinons de nos c~urs l ambition, l avarice el lajalousie, nous r~tablirons l ordre et l harmonie qui doivent r~gner dans la soci~t~; tous les hommes seront amis. «La m&liocrit~ avec la paix vaut mieux que le luxe avec des querelles. «N oubliez pas que vous devez tine continuelle assistance aux malheureux ; parcourez, dans vos heures de loisir, Ia demeure du pauvre ettous les lietix o~ la mis~re et l infortune font pleurer et g~mir. Portez-y les ressources de votre p intelligence, le superfiti de votre condition sociale allez, en distribuant vos bienfaits, recueillir les b~n~dictions et les hommages les plus Ixonorables qu un mortel puisse recevoir ; en vous d~vouant ala bienfaisance, vous suivrez Ia Ioi, towe Ia Ioi. Le repos n est doux que pourcelui qui travaille, le plaisir n est senti que par celui qui n en a pas abus& «La flatterie est tin abime creus~ par le vice pour y faire tomber la vertu. «La conscience est le don le plus pr~cieux que Dieu ait fait a l homme : elle nous instruit des vices que nousdevons dviter, des vertus qu il nous faut pratiquer ; c est unjuge continuel et s~v~re aux arrets de qui nul mortel ne saurait se d~rober. «Dieti fit de Ia conscience pour l homme un arni auquel Ia flatierie est ~trang~re,qui suppl~e parfois a notre experience et que nous devrions toujours consulter avant d agir.» Apr~s tin moment de silence, le C~ryce lui faitremarquer le campement des anciens chevaliers trace stir le quatri~me ob& lisque. D..~. Bien avant et lors des premieres croisades, il existait, caclx~s dans les grottes de la Th~baide, des solitaires connus sous le nom de Chevaliers de l Aurore. Ce fut la plus ancienne association militaire soumise a des r~gles de discipline. Ces hommes, descendants des anciensinities, en avaient soigneusement conserve les traditions. Errants, eux et leurs p~res, ils Ianguissaient dans la crainte et l obscurit~, toujours confiants en l espoir de relever tin jour la doctrine sacr~e. La crainte que leur inspiralent les Sarrasins les forcait a vivre isol~s les tins des autres, et les faisait, dans leur solitude, mettre a profit toutes les id~es des savants et des philosophes capables de les conduire a la r~alisation de leurs projets. Ce fut alors, il y a pr~s de huit si~cles, que fut r~solue ati concile de Clermont la premiere croisade, en l ann~e 1095. A cette nouvelle, que les cent voix de Ia renomnx~e port~rent rapidement aux extr~mit~s de l univers, les chevaliers caches dans les deserts de Ia ThEbaide tressaillirent et firent retentir des chants de bonheur et d all~gresse. Les princes crois~s arriv~rent en foule. Les pietix anacho- 220 221

rates de la Th~baide se melent dans leurs rangs, et ils jurent entre eux de nourrir toujours, mais de cacher tant qu il sera n~cessaire l espoir d ~lever tin nouveau temple a la sagesse. Voila quelle fut la base de la partie mat&ielle de nos secrets, et comment vinrent en quelque sorte se souder a notre institution les divers chainons de myst~res que I on peut consid~rer comme en ~tant une suite immediate. (Voila l explication du campement introduit dans le trente-troisi~me du rite ~cossais.) Arrive ati cinqui~me ob~lisque, le C&yce lui fait remarquer l image de la sagesse et lui dit: elle a dix bras, qul symbolisent les dix vices principaux que l homme est appel~ a combattre pendant sa vie. D..~. Qu est-ce que notre vie (lui demande tin F.~. revetti d une tunique noire assis aupr~s d une tombe)? R..~. Notre vie est semblable a l ~toile qui file, Au nuage d albatre oil l azur se faufile, Au chant du passereati sur les buissons verdis, Au vol de l aigle errant autour du paradis, Aux grains d argent tomb~s du voile de l Aurore, Au flambeati vacillant dans les ombres qu il dore, Au papillon rodeur que le prend pour le jour, Aux brises d Orient dont le volage amour Soul~ve des ruisseaux l humide reverie, Aux sillons dont il brode en courant Ia prairie; A cet arc sept fois teint d une splendeur d emprunt A l insecte de feu qui luit sous tin ciel brun, Au son de l Angelus que Ia cloche soupire, A l encens d une fleur que le printemps respire, Aux r~cits des amants, le soir, sous les bouleaux. ~> Tout cela, c est Ia vie, et ces riants tableaux N en sont tous cependant qu une affligeante image; L ~toile qui s envole a le sort du nuage, Le passereau s enfuit, l aigle ne revient pas, Les larmes du matin se s~chent sous nos pas, Le papillon se brille ades flambeaux qui meurent. Jamais les plis du vent stir les pr~s ne demeurent; L arc-en-ciel se d~flore au soleil qui l a peint, La cloche en pleurs se tait, le ver luisant s ~teint, L encens s ~vanouit,i histoire commenc~e S arrete; rien n est plus, et la vie est pass~e. Arrive au sixi~me et dernier ob~lisque une voix inconnue lui dit: D..~. Regarde autour de toi, partotit il y a des signes hi&oglyphiques ; connais-tu leur origine? R..~. Oui ; les premiers caract~res employ~s pour fixer les pens~es oti les images furent embl~matiques et emprunt~s, soit aux travaux du labourage, soit aux proc~d~s les plus usuels des arts de Ia vie, soit enfin aux observations astronomiques. L alphabet hi~roglyphique, c est-a-dire repr~sentant les pens~es par les images, dut pr~c~der d~s longtemps l alphabet syllabique, qui consiste essentiellementdans Ia decomposition des ~l~mentsd un mot, et dans le groupement de ces ~l~ments pour former tine parole. D..~. D oil nous viennent-ils? R..~. De l Egypte, ansi que toutes les autres connaissances ; Ia plupart des monuments qui couvraient cette terre ~taientrevetus de signes dont l emploi ~tait,soit de donner des indications relatives aux travaux de l agriculture, aux crues du Nil, aux inondations, etc, soit de conserver le souvenir des ~v~nements m~morables, et de consacrer Ia m~moire des souverains qui avaient illustr~ leur r~gne par des institutions utiles et glorieuses. Tous les peuples primitifs avaient I habitude de symboliser les grands accidents de Ia nature et les hautes speculations philosophiques, de batirla-dessus des fables que le vulgaire prenait au pied de la lettre, et dont Ia connaissance n ~tait communiqu~e qu aux initi~s ; c est ainsi qu ils avaient symbolist Ia nature dans Isis, et ses myst~res, dans les voiles qui enve- Ioppaient Ia statue de cette d~esse et dont le dernier ne tombait jamais, meme aux yeux deshi&ophantes ; c est ansi encore que les Grecs avaient symbolis~ les hautes sciences dans Ia courtine sacr~e du temple d Apollon ; une langue et tine main dans un meme cadre ~taient,pour les profanes, les deux objets capables de fl~chir les dieux, Ia langue par les pri~res, Ia main par les offrandes ; la bonne foi ~taitrepr~sent~e par une figure tendant Ia main gauche, enfin cette langue parlante qui d~core ces ob~lisques avait le m~rite de l ~loquence la plus sublime et Ia plus savante precision ; ce qu eile exprime n est pas susceptible d etre d~natur& D..~. Et avant les hi~roglyphes? 222 223

VI. Pri~re rayonnante (radiation spirituelle) Le V~n~rable ~tendles mains et dit: 0 Puissance souveraine que [ on invoque sous des noms divers et qui r~gle seule les destins des hommes et des choses, re~ois en ce moment notre hommage, notre amour et notre joie. Fais en sorte que ce nouveau guide des hommes soit p~n~tr~ de ta 1umi~re, transport~ de ta force, d~vor~ de ton z~1e et brfile de ta bont~ qui consume. Fais en sorre que son cceursoit pur, que son esprit soit ~clair~, que son ante vibre d esp& rance. Fais en sorte qu i1 reste toujours digne de toi et qu il passe dignement aussi le flambeau sacr~, qui lul a ~ confi~ aujourd hui, ~celui de ses disciples qu il estimera le meilleur, le plus pur, le plus ~clair~, le plus digne de cette supreme faveur. Sois b~ni par Jes enfants de la veuve et c~l~bre dans l ~ternit~ par toutes les harmonies des spheres et les rayonnements des mondes. AdonaY, Adonai, Adonai. son Supreme Conseil pour la France et ses d~pendances, je declare ferm~s les travaux mystiques de son sublime S~nat et Conseil travaillant au zenith de... au 66~ degr~ du rite. Jurons tous de garder le secret sur la marche de nos travaux. Tous (Jevant Ia main droite) Nous le jurons. V~n~rable Maitre la tenue est levee. Que les disciples du Seigneur se retirent dans Ia paix. VII. Instructions du Grade. Ici le Wn&able Maitre donne au neophyte les secrets du 660 degr~ consign~s d autre part... Puis ii apprend ~ l Initi~ que celui-ci c~l~brera prochainement ~ une date qui lui sera choisie par les Puissances du Rite, son premier sacrifice initiatique. CLOTURE Le nouveau Fr~re est p1ac~ ~ Ia gauche du V~n&able Maitre V.M. Tous debout et ~ 1 ordre mes fr~res. V.M. 0000 00 000 A moi mes fr~res par le signe et par le contre-signe et par I acclamation myst~rieuse. Adonai, Adonaf, Adonai. Mes fr~res, ~Ia gloire du Souverain Architecte des mondes, au norn et sous les auspices du Supreme Conseil de l Ordre Ma~onnique oriental des rites anciens et primitifs de Memphis et de Misra~m r~unis. Au nom de son Grand Hi&ophante et de 262 263

Ix ARCANA ARCANORUM

Depuis quelques ann~es, ce fut Ia voiont~ de quelques responsables du rite de Memphis-MisraYm de sortir Jes arcana arcanorum, comme on dii, de l oubli oh ils ~taienttomb~s en France depuis Ragon qui, le premier semble-t-il, en avait parl& Certes, Ia Belgique en fit grand cas dans les ann~es trente, mais cet attrait, qui jamais ne disparut, n avait gu~re d~pass~ les Ardennes, et ~taitsomme toute rest~ celui d untr~s petit cercle rassemb1~ par Armand Rombauts et Jean Mallinger principalement. LItalie aussi s y ~tait int~ress~e apr~s la seconde guerre mondiale, alentour l Adriatique, et Gastone Ventura consacra en effet aux arcana arcanorum un chapitre de ses Rites ma~onniques de Misraim el Memphis, en 1975 (. Or, voil~ que [ onreparle des arcana, et meme qu on en parle beaucoup, depuis que Jean-Pierre Giudicelli de Cressac- Bachelerie, qui avait pleine autorit~ pour le faire, a relanc~ le d~b at~ 2~. (1) Roma, Atanor, 1975, 2 ~d. augmenr~e, Roma, Atanor. 1980, Paris, Maisonneuve & Larose, 1986, pour la traduction fran~aise (2)11 le fit d abord dans une tr~s discr~te~ note du presidentfran~ais de la Myriam», additive ~ un article de Michel Monereau sur «Kremnierz et la tradition herm~tique», Le Monde inconnu, n0 77, novembre 1986, p 63. Puis ii passa ~ la charge Pour la rose rouge et la croix d or. Paris. Axis Mundi, 1988, que vint comp1~ter le petit livre de Michel Monereau, Les secrets herm~riques de lafranc-ma~onnerie er les rites de Mis ra~mn et Memphis Paris, Axis Mundi, 1989. 267

Mais on en pane aussi de toutes parts, quand ce n esrpas ~ tort et ~travers, les uns pour vanter le caract~re sublime des grades qu ils poss~deraient, et pour expliquer que loute l~gitimit~ manquerait~ qui ne les aurait pas d autres pour dire qu ils les ont aussi, sur d~autres filiations que celles de Misraim et Memphis d autres pour avouer qu ils les ont perdus : certains encore pour dire qu ils s en moquent ; d autres enfin pour classer l affaire au dossier de Ia myrliologie, voire de Ia mythomanie ma~onnique. Au demeurant, er pour compliquer le tout, d aucuns encore les auraient au complet, d autres n en auraient qu une partie, voire meme seulement l ~corce pxiv6e de son fruit, et certains, qui n~auraient pas la moindre id~e de ce qu ils sont, feraient croire qu ils les ont... Usons donc ici, une fois encore, de la plus extreme prudence, en ouvrant le dossier, avec rigueur et m~thode. 1. Une origine obscure Si, d~s 1814, les fr~res B~darnide pr~senrent leur rite de Misraim en quatre-vingts degr~s, us ne paraissent pas distinguer particuli~rement les quatre derniers autrement que par le fait qu ils composent Ia 17e classe du rite. Et si le 900 jouir d une certaine reputation patmi les fr~res 3, sa position terminale suffit ~ Ia justifier. D~s 1815, Thory avoue pourtant ~ propos des derniers degr~s: «Nous n en connaissons pas Ia denomination, on les a indiqu~s comme voil~s, dans le manuscrit qui nous a ~ communique» ~. El Clavel ira plus loin encore, pour qui, au commencement du rite de Misraim «les posrulants ne pouvalent arriver que jusqu au quatre-vingt-sepri~me degr& Les trois autres, qul compl6taienr le sysr~me, ~raient r~serv~s ~ des (3) Un fr~re en t~moigne dans une Iettre du 7 janvier 1816, au misraimite D~collet, de Marseille Le F.~. B~darride nous avait dit quil ny avait au monde que trois ou quatre membres du 900. que Pun etait en Egypte, lautre en Chine, lautre t Stockholm, lautre je ne sais oti et voilt que je vous trouve ~ Paris, au pinacledes hautes sciences 1~ (Biblioth~que municipale de Lyon, ins. 5485) (4) Claude Antoine Thory. Acta lazomorum. Dufart. Paris, 1815 pp 32 7-328 sup~rieurs inconnus et les noms memes de ces degr~s &aienr caches aux fr~res des grades inf~rieurs» ~. Pour beaucoup, il existerait en effer deux versions des trois ou quatre derniers degr~s misrafmites. Les B6darride auraient communiqu6 des grades essentiellement administratifs, dont ils 6taient vraisemblablement les auteurs, tandis que d autres fr~res auraient ~ d~positaires de degr~s initiatiques ~trangers aux B~darride et n~anmoins misraymites du nom d arcana arcanorum. Arcana arcanissinia, cest le titre latin donn~ par le m~decin er aichimiste Michael Mater (1568-1622) ~ son premier livre, d6di~ au m~decin anglais William Paddy, ami de Robert Fludd, en 1614. Or, ~ commencer par celle-ci, les euvres de MaYer, selon France A. Yates «sont caract~ris~es par un mysticisme herm~tique ou «~gyptien~>, exprim~ en termes d interpr~tation de fables et de mythes contenant un sens cach6 et cornbin6 ~ un emploi idiosyncrasique du symbolisme alchimique > ~). II est vrai que toul ceci flest pas &ranger aux presents arcana arcanorum. II est vrai aussi que Joseph Pern6ty suivra cette ligne de MaYet, mais quoi quon dise, Pern~ty na rien ~ voir avec la franc- ma~onnerie 6gyptienne, ni rn~me avec Ia franc -maconnerie Lexpression arcana arcanorum qui, elle aussi, na rien que de rr~s traditionnel, se rencontre encore, notamment dans la litt6rature rosicrucienne, au XVIII0 si~cle, par exemple dans les Symboles secrets d Altona, publi~s en 1785 et 1788 ~. Ii faudra attendre 1816 pour que soit pr~sent~ aux cinq membres d une commission dexanien du Grand Orient de France un abr~g~ des quatre derniers grades du rite de Misrafm, sous le titre d arcana arcanorum. Le r~moignage est de Jean- Marie Ragon, dans son Cours philosophique et interpr~tatifdes initiations anciennes et modernes8 ; qui Je confirma dans son (5) F-T. B -Clavel, Histo ire pittoresque de lafranc -maonnerie ci dei socidic~s secretes ancienneset modernes 3 ~d Paris. Pagneiie. 1844. leprise en jac-simild. Paris. Henry Veyiier. 1987 p 214 (6) La iumi~re des rose-croi.i.. Paris. Ed Retz, 1985. p 1144 (7) Voir les Symboles secrets des rosici uciens de~ 16 ci 17 si~cic. Villeneuve-Saint-Georges. Editions rosiciucrennes, 1980. p 27. qui repi ennent en fac- ii,nil6 1 ~ditioir daltona (8) Paris. Berlandier. 1841 pp 344-348 268 269

Orthodoxie ma~onnique ~ etson Tuileur g4ntral de Iafrancma~onnefie ou manuel des initi4s (io)~ Or l affaire est ici des plus complexes, qu il faut tr~s bri~vement r6sumer en renvoyant aux sources a 1 instant cit6es. Membre de la loge parisienne l Arc-en-ciel, fond6e au rite de Misraim par les fr~res B6darride, en 1815, Ragon 6tait partisan du ralliement du rite au Grand Orient de France. Sur ce ralliement, Ia loge se pronon~a le 18 octobre 18 16, k une tr~s forte majorit6 contre. Ragon et quelques autres fr~res se s6par~rent alors des fr~res B6darride pour constituer, le 11 novembre 1816, un autre Supreme Conseil du 900 degr6, pr6sid6 par le fr~re Joly, notamment assist6 des fr~res M6allet et Gaboria. Cette seconde puissance franqaise du rite, schismatique selon les uns, r6guli~re selon les autres (car Joly aurait tenu ses pouvoirs directement de Naples, ansi que Gaboria et Garcia, ce que niera Marc B6darride), entama ou poursuivit des pourparlers avec le Grand Orient. En d6cembre 1817, celui-ci ayant d6finitivement refus6 sa reconnaissance, l 6ph6m~re Supreme Conseil entra en sommeil. Toujours selon Ragon, c esl le 8 octobre 1816 que 1e tuileur des arcana arcanorum avait 6t6 remis au Grand Orient. Or, la loge mere 1 Arc-en-ciel ne se prononcera que dix jours plus tard. Qui avait donc remis ce tuileur? D~autre part, selon Ragon encore, les B6darride ignoraient les arcana arcanorum et avaient invent6 les derniers grades de leur rite, tandis que Joly, et peut-&re Gaboria et Garcia, 6taient rev&us de tous les grades obtenus aupr~s de [a puissance napolitaine du rite de MisraYm. ~Mais le r6cit de Ragon ne r6ussit pas a convaincre, qui manque parfois de coh6rence, et singuji~rement de preuves. Dans l~attente de d6couvrir la patente que Joly aurait pr6sent6e au Grand Orient, le certain est que ce sont les fr~res B6darride qui les premiers ont pr6sent6 en France le rite de Misraym en 90 degr6s. Marc B6darride 6tait semble-t-il pourvu du 77e degr6 de ce rite, ou d un rite de pr6-misraym en 1811, ainsi que l atteste un dipidme italien de Ia loge Ia Concorde de Lanciano, nou- (9) Paris, Dentu, 1853, pp 184-189 (10) Paris, Collignon, 1861, pp. 234-308. vehement mis aujour (ll)~ Sur ce diplome, ont par aiuleurs sign6 deux autres 77e; Lasalle ew Lechangeur, 6voqu6s en effet ici et ia par d aucuns misrainiltes, mais dont l appartenance au rite restait a etre prouv6e, ce qui semble chose faite. D~s lors, plusieurs hypotheses se pr6sentent au sujet des derniers grades du rite de MisraYm 1. Entre 1811 et 1813 (puisqu en 1811 le rite ne seniblait encore comporter que 77 degr6s, et qu il sera pr6sent6 en 90 degr6s en 1813), le rite de MisraYm a 616 port6 a 90 degr6s, et ce sont ces grades que les ft~res B6darride ont rapport6s en France. 2. Les fr~res B6darride n ont pas re~u la totahit6 des 90 grades de leur rite, soit parce que celui-ci en comportait moms en Italie, et qu ils ont invent6 les autres ; soit qu ils n aient pas re~u la totalit6 des 90 grades qu il comportait r6ellement, que le fr~re Joly aurait pu, quant a lui, rapporter de Naples. 3. Les fr~res B6darride ont bien re~u les 90 grades de leur rite, mais d une autre source que Joly, ce qui tendrait a laisser supposer 1 existence de deux 6chelles, distinctes au moms dans leurs grades lerminaux, du rite de Misraim, peut-etre a deux 6tats successifs de constitution d un rite en cours d 61aboration d6finitive. D~s lors, lorsqu on pane des quatre derniers degr6s de MisraYm, c est-a-dire des grades 87 a 90, de quoi parle-t-on, puisqu ij en existerait deux versions au nioins? Et Iorsqu on parle des arcana arcanorum, de quoi parle-t-on? On ne parle pas des grades administratifs conf6r6s par les B6darride, et apr~s eux par plusieurs grands maitres du rite. D aucuns, tel Gastone Ventura, estiment pourtant que ceux-ci les poss6- daient quand meme, et que «he tuiheur des quatre derniers degr6s expos6s par B6darride, 6tait un tuiheur alt6r6 artificieusement, car les arcana arcanorum, en taut que tels, sont myst~res, et donc secrets» ~. On pane en tout cas de grades (11) Puh1i~ par Francesco Landolina, «i Documenti di Lanciano *, Hiram, Roma, 1980, pp. 178-182 traduit de 1 italien et pub1i~ en annexe a G&ard Galtier, Ma~onnerie 4gyptienne, rose-croix et n4o-chevalerie, Monaco, Ed. du Rockier, 1989, pp. 421-422. (12) Les rites ma~onniques de Misraym a Menph as, op. cit. p. 26 270 271

myst~rieux, dits du regime de Naples, dont 1 existence est rapporr& pour la prerni~re fois par Ragon, qui d~ci are les tenir de Joly. Selon Ragon aussi, les (ircana arcanorum permettent Ia connaissance de «presque toute Ia science rna~onnique Iorsqu on a approfondi les d~ve1oppements des ernbj~mes et des a11~gories qul se rattachent ~ ces quatre degr~s» ~ -~, composant Ia quatri~me s&ie et Ia dix-septi~me classe du rite de Misraim. Voici, reproduit mot pour mor, 1 abr~g~ pubii~ par Ragon pour chacun des quatre grades. 2. Le tuileur de Ragon 87~ DEGRE «Le Supreme Conseil du 870 degr~ du Rite de N4israim a trois appartements Le premier est tendu en noir et repr~sente le chaos ; ii n est ~c1air~que par une seule 1umi~re. Le second appartement est ~c1air~par trois Iumi~res et tendu de vert, symbole d esp~rance. Le troisi~me appartement est ~c1air~par 72 bougies avec un I~hovah dans un transparent sur le tr6ne et sur Ia porte d entr~e, signe de Ia cr~ation~ternei1e et du feu vital de Ia nature. Le signe est d ~Iever les deux mains vers le del, les yeux en admiration et en extase, pour rendre grace au Cr~ateur de se trouver une Ceuvre pensante de Ia creation. Attoucliernent: se prendre les deux mains en croix, en signe d union ~terneiie. Parole sacr~e:ij y en a deux celui qui Ia demande dit Je suis le fr~re qui r~pond dit Nous sommes. L age est Je premier du monde. Parole de passe celul a qui on Ia demande dit Nature le demandeur r~pond: V~rite~. Decoration Ic cordon est un large ruban vio1ac~ avec un (13) Cours phllowphlqul et Lnterpr~iatit op cit. p 344 272 petit trainon amarante au bord; sur le cordon sont brod~es les lettres suivantes S.G.P.D.S.G.C.D.S.P.D. 870 degr6. Les travaux s ouvrent ~Ia prenii~reheure du jour, et frnissent ~la premiere heure de la nuit. La batterie est un coup. La signature (ou caract6ristique) est une maison de pierre, carr~e, sur laquelle reposent les bases de quatre triangles, et au milieu un point qui signifie le monde. 888 DEGRE Le local du Supreme Conseil est ovale, Ia decoration est vert d eau. Un soleil, ~ciair6~ jour, est plac6 au-dessus du trone du Grand-Pr6sident. II n y a point de Surveillants. Un Grand-R6f~rendaire, faisant fonction d Orateur, est p1ac~ ~la droite du Grand-Pr6sident, mais au-dessous du trone. Le Grand-President ouvre Je Conseil en frappant trois coups ~gauxdans la main, et disant ensuite: Gloire au Tout-Puissant. Tous les membres du Conseil r~p~tent Ia m~me batterie, et disent trois fois amen. La Parole sacr6e est Zao, nom de Ia nature, que tous les peuples anciens ont ador~e comme le symbole de Ia divinit6. La Parole de passe Balbek, nom du plus fameux temple consacr~ en 1 honneur de 1 Eternel. Le Signe s appelle de R6flexion ; ii se fait en portant Ia main gauche ouverte au-dessus du sourcil. L Attouchement se fait en se prenant les bras comme dans une cliaffle d union. La Batterie consiste ~frapper trois coups dans la main. Les membres du Conseil sont d~cor6s d un manteau azur, avec un large cordon de meme couleur, sur lequel sont brod6es les lettres S.P.D.S.C.G.D. 880 degr& 89E DEGRE On donne dans ce grade, qu on peut appeler le dernier de Ia Ma~onnerie du rite de Misraim, une explication d~ve1opp~e des rapports de 1 homme avec Ia divinit~, par la mediation des esprits c~1estes. 273

Ce grade, le plus 6tonnant et le plus sublime de tous, exige Ia plus grande force d esprit, la plus grande puret6 de meurs et Ia foi Ia plus absolue. La plus l6g~re indiscr6tion de Ia part d initi6s est un crime dont les cons6quences peuvent 6tre les plus terribles. La parole sacr~e est khovah. La parole de passe est Uriel (feu de Dieu), nom d un des chefs des l6gions c6lestes qui se communiquent plus facilement aux hommes. Le signe, qui s appelle d Intrepidit~, se fait en se touchant r6ciproquernent le cceur. La parole d ordre est: Mon ca~ur ne tremble pas. IL n y a point de batterie dans ce grade. Les applaudissements sont sept coups dans la main. Un manteau blanc est Ia d6coration des niembres, avec un large ruban, couleur de feu, brod6 de noir, sur lequel sont brod6es en or les lettres S.G.P.D.S.C.G.D. 890 degr6. 9GB DEGRE Le consistoire du 900 degr6 s assemble dans une salle ronde, oh se trouvent d6peints collectivement l Univers, la Terre et les Mondes qui les entourent. Les travaux s ouvrent par cette parole Paix aux hommes. Elle d6montre le d6sir ardent qu on a de faire de bus les hommes autant de pros~lytes de Ia raison et de Ia vraie lumi~re ; ce qui se trouve symboiis~ dans tous les grades par I E~oile flamboyante. Le mot de passe est Sophia, qui signifie Sagesse. La parole sacr~e est isis, auquel l autre fr~re r6pond Osiris, qui est le grand embl~rne de l univers. Combattre et 6clairer les ennemis des specrateurs de la vertu est l objet de ce grade. Les travaux finissent par les m~mes paroles qui les ont ouverts Paix aux hommes ; et au lieu de batterie et d applaudissements, tous les fr~res disent fiat!fiat I fiat I >~Ii4~~ * * * Cet abr6g6 soumis au Grand Orient de France, et pubhi6 par Ragon lui-meme, auquel ii faudrait ajouter les explications et les d6veloppements de ces grades qu il aurait perdus en mer au cours d un voyage en Am6rique, en 1820, de qui Ragon les tenait-il? Son Tuileur de 1861 r6pond qu en 1813 us furent apport6s du Supreme Conseil de Naples, par les ff. Joly, Gaboria et Garcia). Et, ajoute Ragon, «tout lecteur impartial, qui les comparera, verra combien ces degr6s diff~rent de ceux qu 6nonc~rentles if. B6darride Nous tacherons de suivre lapiste. Mais suivons d abord le conseil de Ragon comparons les 6l~ments ci-dessus avec les degr6s 87 ~ 90 pratiqu~s par les fr~res B6darride, et plus g6n6- ralement avec hes hauts grades des 6cI2eiles 6gyptiennes. Un syllabus, vraisemblablefflent r6dig6 vers 1934 par Rombauts ou Mahhinger, nous y aidera. Le voici. * * * 3. Le R6gime de Naples compar6 aux autres rites 6gyptiens «Note g6n6rale il r6suhte du t6moignage de Ragon, qui fut m~l6 ~ l introduction du rite de Misraim en France, que les secrets du R6gime de Naples. mieux connus sous leur nom d Arcana Arcanorum, ont 6t6 rapport6s de Naples en Itahe et pr6sent6s aux commissaires du G.O. de France par les if. Johy, Gaboria et Garcia le 20.11.1816. L initiation ~ ces Arcanes avait 6t6 donn6e ~ Naples aux trois d~h6gu6s en 1813. Mais le 21.5.1814, les if. B6darride avaient d6j~ install6 ~ Paris, 27, rue des Bons-Enfants, un autre r6gime, dont nous ferons plus loin l analyse. Ragon conclut de divers 6h6ments que le r6gime des B6darride, isra6hites portugais naturahis6s fran~ais, n a ni l authenticit6 du r6gime de Naples, ni sa valeur phulosophique (14) Idem, pp 345-348. Seule une note en pied de page. qui renvoic au cachet de 1 ordie ~ga1ement reproduit par Ragon a ~ omise (15) Ragon. Tuileur gtn~ral. op cit. p 247 274 275

I. R6gime des B6darride : il a les caract~res suivants a) titres Supreme Grand Conseil G6n6ral des grands ministres constituants, souverains grands princes chefs des 10, 2k, 30 et 40 s6ries. b) d~cors : seul le 870 degr6 a 4 temples, dont voici les couleurs I) rouge ; 2) bleu c6leste ; 3) cramoisi ; 4) blanc. Ces temples n ont pas de destination initiatique car: 1) he temple rouge s appelle : Corps de garde, salle des gardes ou couvreurs; 2) le temple bleu c6leste s appehle : Chancehlerie ou salle du secr6tariat et des archives 3) le temple cramoisi s appelle : salle des finances (sic) ou de latr6sorerie 4) quant au temple blanc, il n est que Ia salle des s6ances administratives du Supreme Conseil. Ce temple sert aux 4 derniers degr6s ; il n en existe pas d autre dans ce r6gime: On peut en d6duire qu il n y a pas dans ce r6gime d initiation v6ritable mais simplement des tenues de gestion du rite. Les couleurs des 4 apparlements sont illogiques : le bleu est n6gatifet ne peut ~treun degr6 sup6rieur au rouge, qui est positif. Le seul decor ~ l Orient est un delta rayonnant du 101 degr~; en dessous de lui, un ~il dans un triple triangle. C est une simple r6p6tition du delta sacr6 de l apprenti. Z,e cordon, blanc, liser6 d or, r6p~te le symbole de J ceil, dans un triple triangle et ii y est suspendu au bijou une baguette d ot. Le tablier : blanc, bord6 de pourpre, encercl6 par Ia chaine d union ; au centre, une 6toile ~4 branches, renfermant un carr6, surmont6e d un arbre ~ 4 branches. C est visiblernent une allusion aux 4 derniers degr6s adrninistratifs du rite. c) Lumi~res symboliques : le corps de garde est 6clair6 par 7 chandeliers ~ 3 branches, soit 21 feux. La chancellerie est 6clair6e par 13 cliandehiers ~ 3 branches, soft 39 feux. 276 La salle des finances est 6clair6e par 7 chandeliers ~ 3 branches, soit 21 feux. Enfin, Ia salle du conseil supreme est 6cIair~e de 90 lumi~res, r6parties ainsi : 27 ~ 1 orient, 21 au midi, 21 au nord, et 21 devant les dignitaires. Ceux-ci ne peuvent &re plus de 12. Tout cela est fort improvis6 et anarchique et ne r6pond a aucun principe connu de la science des nombres traditionnelle (ex. le total des lumi~res pour les 4 appartements donne... 171 feux). d) Batteries Grade 87: 7 coups Grade 88: locoups(9+l) Grade 89:10 coups (9 + 1) Grade 90: pas. e) Ages 509 ans 510 ans 511 ans pas. f) Pas: 7 pas ordinaires 10 pas ordinaires 11 pas ordinaires Aucun. g) 1-len res de travail: Grade 87 : de 10 heures du matin a 22 heures. Grade 88 : de 10 heures 17 heures. Grade 89 : de 10 heures a is Iieures. Tous ces 6l6ments sont fort fantaisistes et Ragon accuse hes fr~res B6darride de les avoir invent6s au petit bonheur. h) Mots : ihs sont tous h6braiques grade 87 : Chedol Raghedolim (magnus inter magnos) grade 88 : Enibor Gheborim (potens inter potentes) grade 89 : Adir Adirim (gloriosus inter gloriosos), et semble simplement des titres pompeux dont sont d6cor6s les illustres dirigeants des series du Rite. On con~oit des lors que le rite des fr~res B6darride soit illogique, impraticable et sans aucune signification 6sot6rique ou symbolique. Ragon l ajustement condamn6 et on comprend que le convent international de 1934 des Rites Maconniques de Memphis-MisraYm alt obligatoirement substitu6 le r6gime de Naples au r6gime de B6darride. Ragon, qui ne machalt pas ses mots. juge ainsi les derniers degr6s du r6gime de B6darride (Tuileur, p. 307) : eils sont une derision frauduleuse, de l ignorance des ft~res B6darride». 277

II. Regime de Memphis Apr~s son expulsion du rite de MisraYm, Marconis invente un rite nouveau ou rite de Memphis, qui comporte d abord 91, puis 92, puis 95 degr~s, et finalement 99. Les degr~s 87 ~90 portalent les litres suivants 87 : Grand R~gulateur-G~n~ral de l Ordre, Chevalier du Knef; 88 : Sublime Pontife de Ia Ma~onnerie 89 Sublime Maitre du GrandAEuvre, Souverain Prince de Memphis; 90 : Sublime Chevalier du Knef, Sublime Maitre du Grand- Uiuvre. Ici encore, il y a confusion, tatonnements, changements continuels sentant l improvisation et manque total de logique la plus &~mentaire. Marconis a effectivement pratiqu~ le 900 degr6 de son rile et en a publi~ < Les Travaux complets >, contenant l ouverture, Ia cl6ture et l initiation au 900 degr~ (Paris, 1865, brochure de 85 pages, en vente chez l auteur: 66, rue de Bondy). Voici l essentiel des decors : il y a trois temples 1) Premier Temple (Pronaos) : Temple de couleur bleu, parsem6 d ~toiles argent~es. A l Orient : une gloire avec l oeil. Devant le President : une nappe... noire (sic), recouvrant son autel. Au milieu du cot~ droit : 2 sphinx accroupis devant une porte ~ deux battants. 2) Second Temple (Sanctuaire des esprits) : il repr~sente les ruines de l Egypte ; ~la lueurde Ia lune, on voit des pans de rll urs l~zard~s, des pyl6nes ~croul~s,des colonnes mutil~es, des hi~rogiyphes zodiacaux, et un tombeau ~ l Orient. 3) Troisi~me Temple (Temple de Ia v&it~) : sur une estrade de 9 marclies, on voit sous un pavillon d ~toife dor~e le Nom Ineffable (h~brayque) dans une gloire rayonnante, en dessous d une ~toile~ 5 branches. Sur l autel du President: une nappe dor& et un cand&abre ~ 7 branches garni de 7 bougies rouges. Note : les emprunts au rile de Misraim, regime de &darride, sont flagrants : meme couleur bleue pour l un des Temples, alors qu ~ ce degr~, l on est bien au-del~ des degr~s symboliques m~me rappel de Ia decoration des loges du premier et second 278 I degr~s : le Delta rayonnant et l ~toile du 20 degr& Le «Tetragrammaton > reparait ~ son tour. Quant aux le~ons du grade : interrog~ dans le Temple bleu, le candidat est introduit dans le Temple appel~ Sanctuaire des esprits et on lui montre les symboles suivants, sur les ruines de 6 ob~lisques : un ph~nix, un triangle, une figure d homme, dont Ia tate est ras~e d un cot~ et pourvue d ailes, non loin d une urne et d un baton augural ; un campement de tentes ; une figure de femme ayant 10 bras et repr~sen1 ant Ia Sagesse ; un alphabet hi&oglyphique. (On voit que le rite de Memphis est post~rieur ~tla decouverte de Champollion). Puis on donne au neophyte l entr~e au 30 sancluaire : il est purifi&.. par les 4 glaives de 4 initi~s et par le 5e glaive, celui du President. le Sublime Dai. II re~oit une tunique un glaive et un cordon. On l installe. Terminologie: V~n~rable Maitre = Sublime Dai Premier Surveillant = Premier Mystagogue Second Surveillant = Second Mystagogue Grand Expert = Sublime Ceryce Fr~re Secr6taire Sublime Hierostolista Fr~re Orateur = Sublime Odos Maitre des C&~monies Sublime Hydranos Mots Sacr~s : Sig~ & Al~th~ (Silence et V~rit~) N.B. : Le terme correct est Al~theia. Enseignement: Ce degr~ apporte-t-il quoi que ce soil de nouveau au neophyte qui a ainsi termin~ 1 ~chelle ma~onnique? II est p~nible de devoir r~pondre par la negative. Loin de r~diter les Arcana Arcanoruin du rite de MisraYm, Marconis a ici instaur~ une sorte de compendium d histoire mac~onnique, contenant d ailleurs de flagrantes inexactitudes et d inexcusables fantaisies. S il aifirme sans preuves que l initiation vient d Egypte, effleure en passant tous les rites ; s il se borne ~ affirmer l immortalit~ de l ame, sans la demontrer, il se borne ~ dire que l homme est corps, ame et intellect, qu il y a 9 cieux dont le detnier est l habitat du sage. Rituel :11 ne diff~re gu~re du premier degr6. Jugeons-en Sublime Premier Mystagogue, quel esi votre devoir? C est de prot~ger contre toute indiscretion l inviolabilit~ de nos myst~res. Sublime Ceryce, veuillez vous assurer si les abords du 279

I Temple sont deserts et ses 6chos silencieux. Nul ne peut nous entendre, Sublime Day. Tous debout et ~1 ordre du 900 degr& Sublime Second Mystagogue. a quelle heure les travaux du Grand CoII~ge liturgique sont-ils mis en activit~? Les travaux sont toujours en permanence. Pourquoi? Parce que l Ceuvre des Sublimes Maitres du Grand Euvre exige le d6ploiement perp6tuel de toutes les puissances de J homme et ne souffre d interruption que pendant les moments r6ciam~s par l infirmit~ de Ia nature cr~e. Quels sont les instants que nos traditions conc~dent au repos? Le moment des parfaites t~n~bres. A quelle heure les travaux sont-ils repris? A la premiere apparition de Ia Lumi~re. Queue heure est-il en cet instant? L heure de reprendre les travaux, Sublime Dai. Bien. Puisqu ii est l heure de mettre nos travaux en activit6, joignez-vous ~mol afin de demander au Sublime Architecte des N4ondes qu ils n aient pour seul but que Ia gloire de son Nom, la prospt~rit~ de Ia Ma~onnerie et le bien g~n6ral de I Humanit~, etc. Apr~s Ia pri~re, ii frappe un coup et dit: ~A moi, sublimes Fr~res par Ia myst6rieuse acclamation : Fiat... Fiat... Fiat... Paix aux hommes. Les travaux sont en activit~. NB. : Id 1 empruntau rite de Naples est patent (Fiat-Paix aux 1{ommes). ~P.S. : Si d autre part, nous comparons ce rite aux usages de Ia ma~onnerie 6gyptienne, pratiqu~s par Cagliostro, nous voyons imm~diatement l abime qui les s~pare. Cagliostro anime ses tenues par une v&itable th~urgie ; il appelle ~lui I Invisible et la <=colombe > ou jeune medium, dans sa tour, per- ~oit soudainement les hotes invisibles. Le grade 89 du rite de Misraim, regime de Naples, rappelle ~son tour cette osmose entre le visible et l invisible. Le rite de Memphis, malgr~ I avantage de ses rites d une parfaite ~l~gance litt~raire, se borne ~du verbalisme, sans autre consequence. 280 P.S. 2 : Les titres des divers dignitaires du 900degr~ du rite de Memphis se retrouvent au surplus dans le degr~ des Sages des Pyramides x, dont le rituel (et l initiation) a ~I6publi6 par Marconis dans son Panthe~on rna~onnique, pages 244 ~ 263, Paris, 1858. Or, ce degr~ ne porte que le num~ro de grade 47 dans l~chelie de ce rite en l an 1856. Ici encore, on voit Marconis se r~p~ter ~tort et ~travers, alors que le principe m~me d une ~cheile mystique exige de grandes differences philosophiques et ~sot~riquesd un degr~ ~l autre, surtout entre le 470 et le 900. III. Regime de I Ordre du Rite Ancien et Primitif, Souverain Sanctuaire cr~ par John Yarker. Ce rite ~gyprien,mis au point par John Yarker, ales traits suivants: Ne sont pas pratiqu~s: a)legrade 87;b)Iegrade 88. Le sont: le grade 89 ; le grade 90. Secrets : grade 89 : Patriarche de Ia cite mystique. Mot de passe : Seth. Mot sacr~ : Thot. Batterie :4+7=11 Grade 90 : Patriarche Sublime ou Pontife Parfait. Mot de passe : Isis. Mots sacr~s : D~mi-Our-Gos. Batterie :3+9+9=21. Observations : les mots divers sont ceux des dignit~s traditionnelles de l Egypte Ancienne (Isis, Thot, Seth). Seul le mot «.D~mi-Our-Gos > (D~miurge) est heil~nique. ETUDE DU GRADE 89: 1) Initiation on enseigne au candidat: a) L art de prolonger Ia vie mat~rie1le, en usant moder~ment des activit~s de son corps et de son esprit. b) L~art de s enrichir spirituellement, en se fiant avec confiance ~tla divine Providence et en ayant en soi une juste soumission au destin. 281

c) L art de cr~er, par un travail vertueux, des choses dignes d envie. 2) Symbolisme On montre au candidat: a) Un schema de Ia Grande Pyramide, contenant le tombean de S~sostris. b) Les mines d Wliopolis, desert de sable, de poussi~re, de pierres ~croul6es. Glose : on 61~ve de meme un Temple dans le c~ur de l Initi~. Critique : Waite critique vertement ces enseignements qu il juge «pu~rils, enfantins, indignes de la ma~onnerie» et invent~s de toutes pieces par un faiseur de rites. ETUDE DU GRADE 90 Waite proteste vivement contre le contenu inepte de ce degr~. On y declare en effet, au sommet de l ~chelle ~gyptienne, que les 5 besoins de l humanit~ sont: 1) L existence du rite ancien et prim itif, 2) La conservation de ce rite, 3) La recherche de ses bases de depart (sic). P.S. Nous voil~ bien loin des pr~cisions logiques et traditionnelles du regime de Naples. Le vrai Misraim brille de tous ses feux lorsqu on le compare aux copies illogiques, d6pourvue de traditions, de ses copistes maladroits et incompetents. IV. Regime des Rites-Unis de Memphis-Misraim (Convent 1934) La grande importance du Convent d aofit 1934 est soulign~e par deux decisions qul ont en une immense repercussion internationale: 1) La reprise des travaux aux degr~s sup~tieurs de l &ossisme; 2) L adoption du rite de Misraim, regime de Naples pour l enseignement des degr~s : 87, 88, 89 et 90.» * * * I 4. Les Je~ons d Armand Rombauts Apr~s Ragon, les arcana arcanorurn disparaissent de Ia scene ma~onnique pour r~apparaitre en 1930 avec Armand Rombauts, qui s en declare detenteur et professe un cours que voici publi~ in extenso pour Ia premiere fois (i6) * * * ~Rite de Misraim ou d Egypte Regime de Naples Syllabus n 0 4 - Secreta napolitana Par le Tr... Ill... F... Phanar (Armand Rombauts, 33e 660 900) Cours profess~ en 1930 E... V... 1. Introduction Les derniers degr~s de notre Rite occultiste comportent une Tradition verbale secrete que le Gr... Hi~roph... communique aux divers chefs de I Ordre par Ia voie traditionnelle des Myst~res c est-~-dire (<de bouche ~oreille». C est ainsi que je les ai re~us, que je les transmets ~mon tour. Ils se rapportent ~la constitution occulte de l homme, ~son destin posthume, ~ I existence d un monde Astral et aux rapports permanents existant entre I Etre Supreme et le Monde. 2. Secrets oraux du 87 degr~ de Naples. 87a Nous ne voyons qu une partie de l Univers. Le cadre vivant du Cosmos nous echappe. Nous sommes entour~s et baign~s d influx ext~rieurs qul agissent en nous ~ notre insu. L ~veil de notre conscience d Initi~ se fall par stades successifs: 1 - On s int~resse ~l Univers, ~sa vie cach~e, ~son harmonie math~matique, on per~oit celle-ci, on joult des beaut~s de la Nature. Ciel etoil~, paysage, mer agitee, forets, montagnes, fleurs, etc. (16) Des citations de cc cours ont it~ pub1i~es, sans r~f&ence, par Michel Monereau, Les secrets herriu~riques de Iafranc-ina~zonnerie.., op. cit., pp. 120-124. 282 283

2- On decouvre l unit~ de tout ce qul vit, on se prend d affection pour toute forme de vie, plante. insecte, animal, et on comprend le devoir de solidarit~ envers la Vie : il faut augmenter et defendre le potentiel de toutes choses, s opposer ~Ia souffrance qui la diminue, ~la mort qul la supprime ; ~ toutes formes de cruaut~ envers les vies inf~rieures. 3 - Au hit et ~mesure que l on avance sur le chemin de la comprehension de Ia Vie Universelle et de notre respect pour tout ce qui vit, on se deponille du vieil homme, c est-~-dire de l ~gofsme humain et on se pr~occupe du bonheur de nos semblables. On devient de plus en plus altruiste et d~sint~ress~. Telle est Ia Pierre de Touche de l Initi& 87-b Un second stade dans notre avancement int&ieur consiste dans la perception de l ~Euvre du Grand Architecte dans la Nature enti~re. Bien qu il demeure pour nous incomprt~hensible et transcendant, ii existe, ii est I~, on le per~oit directement par son ieuvre, celle-ci est ~terneile comme lui, elle est comme son reflet permanent. II en r~suite qu il est lt~gitime d avoir en nous un sentiment d admiration et d affection envers le P~re de toutes choses que notre Rite appelle tr~s justement d ailleurs le Tout-Puissant. 87-c Un troisi~me stade de notre t~voiution consiste dans un regret de plus en plus vif et dans une affliction de plus en plus grande devant l aveuglement et l incompr~hension de nos semblables. Egar~s par les passions les plus der~gl~es, prisonniers de leurs coques d idees fixes que sont les pr~jug~s, victimes des app~tits les plus grossiers, et des sophistes les plus perfides, les hommes s enlisent dans I ~gofsme et dans l indiff~rence. Ils tournent le dos ~ la Lumi~re ; ce sont de malheureux profanes qui vivent an jour le jour, qui n ont que des activit~s animales (manger, boire, coiter) et disparaissent sans avoir rien compris an sens de Ia Vie et an destin de leur ~me,dont ils ignorent jusqn ~ l exisience. Ce sont les doctrines d~primantes dn mat~rialisme et de l ath~isme qni cansentces ravages universels et le desordre des soci~t~s humaines. Logiquement, elles conduisent ~tons les abns, ~ tons les exc~s, ~ la suppression de toute hi~rarchie dans l homme, ~la nt~gation et an rejet de tonte discipline, de tonte antorit~, au plus affrenx ~go~sme. L homme devient un F loup pour l homme et seuls les plus rusts et les plus depourvus de scrupules s emparent des pouvoirs terrestres et des tichesses qni en sont les consequences. L Initit~ ne permet pas ~ce qni est en bas de dominer ce qul est en hant. La t&e domine le bas-ventre et celni-ci ne pent dominer Ia tote. Notre Rite est ouvertement tourn~ vers le Spirituel. Ii est donc ~ la fois irr~aiiste, altruiste, g~n~renx et dynamique. Mais son action doit &re gradu~e, Ia Lnmi~re doit se donner par degr~s snccessifs ; ii ne fant donc pas aller trop vite. 87-d Comme l affirme une tradition antique et comme le rappelle l Ypsilon de notre grand scean, ii y a deux vojes, celle qni m~ne ~Ia negation, an desespoir ~l an~antissement de l ~tre, et l antre qni est Ia Lumi~re, qni r~pond ~notre elan spontan~, qni nons relie au Cosmos vivant et nons y assure notre place heurense ; cette voje est celle de Ia Vt~rit& Elle ne pent se concevoir que par une osmose avec les plans sup~rieurs de l Univers qui existent bel et bien, en dehors de notre voiont~ et maigr~ les den~gations des ignorants. Toute l~egypte enseigne, pour l~~ternit~, cette sorte de manage entre le Ciel et la Terre. Conclusion du Grade 87 Le Monde est antre chose qn nn simple amas de n~bnlenses. II est nn Etre harmonienx, intelligent. II est l ~manation d nne Snpr~me Intelligence, qni le rt~git en permanence. L homme y a sa place l~gitime et a donc nn destin spiritnel anquel il ne pent rester indiff&ent. 3. Secrets oraux du 88e degr~ de Naples 88a Sonmission ~Ia Nature, symbolis~e dans le grand scean par les Tables de la Loi. Certains se r~voltent contre Ia mort physique. Ils oublient qne l homme, force intelligente int& gr~e dans la nature, est implacablement sonmis aux Lois de celle-ci. La Sagesse consiste ~deceler les Lois naturelles el ~ s y sonmettre avec bonne volont& La premiere Loi naturelle est celle d nn s~jonr limit~ dans le temps et dans l espace sur le globe terrestre. Notre ame y re~oit un v~tement passager de chair. Elle doit restitner son enveloppe charnelle ~Ia terre qni l a form~e. Rien ne se cr~e, 284 285

rien ne se perd, tout se renonvelle. 11 y a donc une t~conomie cosmique entre le nombre des incarnations et le nombre des morts physiques. Il est donc obligatoire et 1~gi1ime de rendre ~ Ia terre1 enveloppe qn elle nons a donn~e. II est donc anti-natnrel de retarder on de contrarier ce retour ~ l ~quilibre. Il en r~snlte qn embanmer les morts est une erreur grossi~te car elle consiste en fait ~troubler l ~conomie universelle en interrompant le conrant des ames en fixant dans le corps modifi~ pour une longue p~riode de temps le courant des ames dans un territoire determine ; l embanmement emp~che le retour des ames ~la terre mere. Sans donte l Egypte ancienne momiflait les cadavres, pr& cis~ment pour y fixer les ames et emp~cher leur envol dans le conrant des ames lib&~es. Le rt~snltat de cette pratique est effarant, I ancienne Egypte a ainsi interrompn le conrant, la boncle des ames montantes et descendantes ; aussi I histoire nons Ia montre telle qn elle a ~ envahie et occup~e par d antres peuples, par des barbares qni n avalent ni ses traditions ni ses secrets et actuellement ce sont des ames ~trang~res~ia Tradition anihentique dn sol ~gyptien qni y descendent et y remontent. Seconde cons~qnence de cette sonmission aux Lois natnrelles : le corps humain doit se dissondre en terre. II faut 9 mois pour le defaire ; ii est donc tout aussi anormal de pr~cipiter cette dissolution lente et gradn~e, impos~e par la Nature, en brfllant les cadavres. Les anciens Egyptiens tronvalent abominable de brifier un cadavre. 88-b Ii fant ~galement se sonmettre aux Lois naturelles relatives an destin posthume des ames. A Ia mort physique, Fame subit un choc car elle doit s adapter ~ une situation nonvelle. t7lle subit les stades snivants a) cohabitation momentan~e avec le cadavre Ii est faux qn elle se lib~re en un ~c1air.cette lib&ation est lente et gradn~e. L ame ne se rend pas compte de lamort : pendant tout un temps elle flotte dans un demi-sommeil avec tontes les pens~es conscientes de ses deriers moments terrestres. Elle demenre reli~e an corps, an decor familier oct elle a v~cn, elle a encore des soncis terrestes. On pent activer sa lib& ration en pratiquant sur elle des rites lib&atoires. b) Separation d avec son suppori terrestre Elle erre alors dans l atmosph~re terrestre, puis tombe dans le cone d ombre de Ia lerre, qni est le s~jonr des ames d~sincarn~es. Mais tous les mois Ia Lune traverse ce cone d ombre et emporte avec elle les ames en sonffrance. II est donc n~faste et manvais de tenter de retenir ~go~stementune ame aim~e dans le decor terrestre, qn elle est appelt~e ~ abandonner pour son propre bien. Le Spiritisme est une pratique n~caste de ce genre. L ~vocation des morts est tout aussi nuisible et inadmissible. c) Les Initids savent que l ~me doit passer par les quatre ~1~ments pour avoir la pk~nitude de sadestin~e. Or le corps humain est surtont form~ d Ean,le destin posthume des ames se passe donc dans les trois antres ~l~ments 1) Ia Terre : pendant le stade de cohabitation avec le cadavre; 2) l Air pendant le stade de s~jonr dans le cone d ombre de la terre 3) le Fen, apr~s sa liberation par Ia Lune et son entree dans lajoie dn rayonnement solaire (Apnl~e de Madanre). 88-c Ii y a antour de la Terre un cimeti~re astral oct errent non seulement les ames tr~s mat~rielles encote attach~es par un cordon ombilical ~ leur depouille physique, mais aussi les.~<donbles» des animaux tn~s dans les abattoirs et des b~tes fauves qni peuplent Ia terre et l entonre d nn essaim agressif, f~roce et malfaisant. Ce sont ces forces mal~fiqnes que per- ~oiventles monrants effray~s, les exp~rimenta1enrs t~m~raires des pratiques de basse magie, les &res anormalement sensibles ~des ambiances magn~tiqnes. Les folklores des divers peuples donnent des noms divers ~ ces r~alit~s ~th~riqnes.l ~me lib~rt~e doit fatalement traverser ce nuage del~t~re, cette sorte de purgatoire. Seul, celni qni, pendant sa vie terrestre, a ~ bon, compr& hensif et compatissant envers les animaux traverse ais~ment et sans peur, ni danger, ce premier ~l~ment de ce que l on appelle : les gardiens dn Senil. 88-d II fant donc retenir que notre ame, charg~e dn poids de nos actes, entre dans un domaine nouveau, qn elle doit conserver en celui-ci tonte sa personnalit~, tonte sa conscience, sinon il lui serait impossible de se poser, de se juger, et de progresser. Nos fantes et nos bonnes actions nons snivent ; c est l~ ce qn on appelle le jugement des acles. La balance de notre grand scean le rappelle. 286 287