La Révolution française et l Empire Introduction Dans les années 1770-1780 la France doit faire face à une crise économique et financière. Le déficit budgétaire se creuse, les tensions sont de plus en plus fortes au sein de la société d ordre et les révoltes populaires se multiplient. De plus, la Révolution américaine (1776-1783) a un grand écho en France. Elle prouve que l on peut renverser un roi et réaliser les idées des Lumières (liberté, séparation des pouvoirs, souveraineté de la nation (= peuple qui élit ses représentants) ). Face au mécontentement qui grandit au sein de la population, Louis XVI est alors contraint de convoquer les Etats généraux. Ainsi, fin 1788, les français sont appelés à rédiger des cahiers de doléances et à élire leurs représentants aux Etats généraux. Société d ordres : société alors divisée en 3 ordres : clergé, noblesse et tiers état. Etats généraux : assemblée composée des 3 ordres, qui se réunit exceptionnellement pour conseiller le roi. Cahiers de doléances : cahiers de plaintes et de vœux rédigés en vue des Etats généraux. Question : Comment la Révolution française et l Empire napoléonien bouleversent-ils la manière de gouverner et d organiser les sociétés en Europe? 1
I. Une Révolution politique. 1) 1789-1791 : «Vive le roi, vive la Nation!». En 1789, les députés du tiers état aux Etats généraux s opposent au roi Louis XVI en se proclamant Assemblée nationale (17 juin). Le 20 juin, ils se réunissent au Jeu de Paume et font le serment de ne pas se séparer avant d avoir rédigé une Constitution pour la France. Le 9 juillet, l Assemblée se dit constitutionnelle. C est la fin de la monarchie absolue. Le 14 juillet 1789, en prenant la prison royale de la Bastille, le peuple de Paris apporte son soutien à l Assemblée nationale constituante. La révolte qui se propage dans les campagnes contre les seigneurs amène l Assemblée à décider de l abolition des privilèges et des droits seigneuriaux dans la nuit du 4 au 5 août 1789. Le 26 août 1789, l Assemblée nationale adopte la Déclaration des droits de l Homme et du citoyen (DDHC), qui proclame les principes de la souveraineté nationale, de liberté et d égalité devant la loi. En 1791 est adoptée la première Constitution française. La France devient alors une monarchie constitutionnelle. 2) 1792-1798 : «Vive la République!». Le roi n acceptant pas la monarchie constitutionnelle, le 10 août 1792, les sansculottes parisiens prennent les Tuileries et renversent la monarchie. Le 21 septembre 1792, la Convention proclame la République. La souveraineté de la nation et l égalité des citoyens sont affirmées. En janvier 1793, Louis XVI est exécuté. La Révolution entre alors dans une période appelée la Terreur car la violence est utilisée contre les «ennemis de la République». 3) 1799-1815 : «Vive Bonaparte! Vive l Empereur!». Suite à la Terreur, la République a du mal à trouver sa stabilité. Le général Bonaparte en profite pour s emparer du pouvoir par un coup d Etat le 9 novembre 1799. Il maintient dans un premier temps la République et fonde le Consulat, dans lequel il concentre l essentiel des pouvoirs. Puis, le 2 décembre 1804, il est couronné «Empereur des Français», sous le nom de Napoléon Ier. Il gouverne dès lors en monarque absolu. 2
II. La France transformée. 1) Une nation souveraine et unifiée. Depuis la DDHC, les Français ne sont plus sujets mais des citoyens. Ils bénéficient de l égalité des droits, de la liberté d expression, de propriété et de réunion. Toutefois, ces libertés ne sont pas respectées durant la Terreur, ni durant le régime autoritaire de Napoléon. Il y a une centralisation politique et administrative. En effet, l administration du pays est unifiée avec la création des communes et des départements. Les départements sont dirigés à partir de 1800 par des préfets. La justice et les impôts sont eux aussi centralisés, et sont donc les mêmes pour tous les français. Avec le même objectifs d unification du pays, système unifié de poids et mesures unifié et crée ainsi qu une monnaie stable, le franc germinal (et donc création de la Banque de France). Centralisation : concentration du pouvoir dans les mains d un gouvernement central qui siège à Paris. 2) Une société transformée. En 1804 le Code civil confirme les principes de 1789 (liberté et égalité devant la loi), il ne bouleverse pas les hiérarchies sociales et familiales : l homme est favorisé par rapport la femme, l employeur par rapport à l employé Les meilleurs serviteurs de l Etat sont récompensés par la légion d honneur. Avec la Révolution, l influence de la religion catholique sur la société s est fortement réduite : mariage civil, création de l état civil et l école n est plus le monopole de l Eglise, les lycées et le baccalauréat sont créés. 3
III. L Europe transformée. 1) Espoirs et rejets. Dès 1789, la Révolution est considérée en Europe à la fois comme un modèle et un danger. Les partisans des Lumières l accueillent avec enthousiasme. A l inverse, les monarchies lui sont hostiles. En 1792, la France leur déclare la guerre. D abor battue, la France se lance en 1795 à la conquête de l Europe. Elle organise les territoires qu elle contrôle sur le modèle républicain. Elle diffuse les principes révolutionnaires : égalité, souveraineté de la nation 2) L affirmation des nations contre la France. Ces territoires sont rapidement soumis au pillage. Napoléon Ier leur impose des gouvernements. Ce rejet de la souveraineté de la nation provoque colères et révoltes (Espagne, Allemagne, Grèce ). De plus, l idée d un sentiment national se développe de plus en plus dans les pays conquis. 1814 marque la fin de la domination des français en Europe. Les vainqueurs de Napoléon (Prusse, Autriche, Russie et Royaume Unie) se réunissent au Congrès de Vienne (septembre 1814 à juin 1815). Ils redessinent les frontières de l Europe et rétablissent la monarchie absolue dans de nombreux Etats. Ils souhaitent effacer toute trace de la Révolution et rétablir l ordre ancien. Malgré tout les idées nouvelles qui ont été diffusées ne disparaissent pas Sentiment national : sentiment d appartenir à une nation ou à un peuple partageant des caractéristiques communes (langue, religion, histoire ). 4
5