Transport des billes de bois Groupe cible 11 e et 12 e année Thème principal Avant l arrivée du moteur à vapeur, le transport des billes de bois était assuré par les hommes et les animaux. On utilisait des techniques variées pour traîner les billes jusqu à l aire de chargement ou jusqu au bord d une rivière, afin qu elles soient transportées dans les scieries locales. Matières visées Français langue première 11 et 12 Sciences humaines 11 Histoire 12 Objectifs Les élèves seront en mesure de décrire : les différentes techniques utilisées pour couper et transporter les billes; l importance des cours d eau; les différents métiers du domaine de l exploitation forestière. Notes à l intention du personnel enseignant Aucune connaissance préalable sur le transport des billes n est nécessaire pour enseigner cette unité. Matériel Document Le transport des billes de bois Document Essai sur le transport des billes Document Discussion de groupe à partir d une photo Crayons/stylos Vocabulaire Treuil de débardage à vapeur : Machine à vapeur qui actionnait un treuil et qu'on appelait steam donkey en anglais. Draveur : Homme qui contrôlait les estacades sur la rivière. Estacade : Longues poutres disposées en chapelets et reliées par des chaînes qui servaient de dérive pour diriger les billes sur l eau. Route de rondins : Chemin construit à partir de rondins pour acheminer les billes. Résine : Produit collant et visqueux sécrété par les conifères tels que le pin. Route de planches : Chemin construit à partir de rondins mis bout à bout et de planches. Bûcheron : Homme qui abat les arbres. Tronçonneur : Homme qui équarrit les troncs. Page 1
Déroulement 1. Divisez la classe en groupes de trois ou quatre élèves et distribuez à chacun des groupes le document Discussion de groupe à partir d une photo. a. Allouez 10 minutes pour que chaque groupe analyse les différentes idées suscitées par la photo. 2. Après 10 minutes, demandez à un membre de chaque groupe de présenter les résultats de l'analyse. 3. Une fois cet exercice fini, distribuez à chaque élève le document Le transport des billes de bois. a. Demandez à chaque élève de prendre connaissance du document. 4. Demandez ensuite à toute la classe si les idées suscitées par la photo ont changé après lecture du document. a. Si oui, de quelle manière? b. Quelles nouvelles informations peuvent-ils ajouter en observant la photo? 5. Animez une discussion avec le groupe-classe sur les techniques de transport de billes qui leur semblent les plus efficaces. Demandez-leur de justifier leur opinion. 6. Demandez aux élèves d écrire un essai de minimum 500 mots sur l'une des deux questions au choix dans le document Essai sur le transport des billes. Ressources BERNSOHN, Ken, Cutting up the North, Hancock House Publishers, Vancouver, 1983. The Exploration Place. Page 2
Discussion de groupe à partir d une photo
Page 1 Page 2 La coupe du bois a commencé le long des rivières et les Les preuves matérielles des premières exploitations forestières en Colombie-Britannique ont pratiquement disparues. On gros troncs d'arbre coupés, ou billes de bois, pouvaient être flottés peut trouver aujourd hui quelques piles de sciure de bois en jusqu à la scierie. Quand tous les arbres en bordure de rivière décomposition ou, encore, quelques vestiges d anciens chemins étaient abattus, l exploitation forestière devait s effectuer plus à forestiers témoignant de l existence, jadis, d exploitations ou de l intérieur dans les terres. Pour transporter les billes de la forêt scieries mobiles. En remontant le cours du temps, nous pouvons jusqu à la rivière et finalement à la scierie, on a adopté différentes comprendre l influence de la technologie sur l industrie du bois. techniques. Avant l arrivée de la machine à vapeur, des treuils, des débusqueuses et des camions forestiers (ou grumiers), l exploitation forestière reposait uniquement sur le travail manuel. Vers la fin des années 1800, les hommes abattaient les arbres à la main à l aide de haches et de scies manuelles, dont la scie En ce temps-là, les opérations à effectuer étaient excessivement à tronçonner. Celle-ci était suffisamment grande pour couper les dangereuses, longues et ardues. En raison du manque de technologie, de main-d œuvre et d argent, il fallait beaucoup de temps pour couper, ébrancher, transporter et transformer un arbre. Toutes les différentes étapes de l exploitation étaient accomplies manuellement avec pour toute aide des scies à main, des chevaux, des traîneaux et les cours d eau. Deux hommes tronçonnant des troncs avec une scie à tronçonner au bord du lac.
Page 3 Page 4 arbres les plus imposants. Manipulée par deux hommes, cette scie existait en différents modèles et formes. Son nom venait de son utilisation : elle pouvait couper le tronc perpendiculairement au fil du bois, tandis que la scie en long ou la scie à refendre étaient utilisées pour couper le tronc en long dans le sens du fil pour en faire du bois d œuvre. Un problème courant quand on abattait un arbre à la scie était la présence d une grande quantité de résine planche et pouvaient ainsi éviter la résine et couper l arbre avec plus de facilité. Malgré cette technique, on pouvait toujours trouver de la résine dans le tronc; il fallait alors verser du kérosène sur la scie pour éviter que la résine colle à la lame. Quelques gouttes suffisaient pour dissoudre la résine et permettre aux hommes de continuer à abattre l arbre. dans la base (le fût) de l arbre. Pour l éviter, les bûcherons inséraient des planches larges dans une entaille faite dans l arbre à environ 5 pieds du sol. Les hommes s installaient debout sur la En raison de la grande taille des arbres, les bûcherons devaient travailler à deux pour les abattre. Ils utilisaient des techniques variées pour l abattage. Ils devaient prévoir de façon exacte l endroit où l arbre tomberait afin d éviter de blesser les autres bûcherons aux alentours. Quand l arbre commençait à vaciller, le moment était dangereux pour tous. Très souvent, les branches supérieures se cassaient et tombaient sur les hommes en dessous. De nombreux bûcherons sont ainsi morts en raison d un manque de précaution. L exclamation anglaise Timber!, qui veut dire «Attention! Prenez garde!», vient de cette époque-là. Les Cuisine, salle à manger, dortoir et bureau du camp forestier n o 2 à Horseshoe Hill sur la route vers Shelley. bûcherons l utilisaient pour avertir tout le monde de se mettre à l abri parce qu un arbre était sur le point de tomber.
Page 5 Page 6 Après l abattage de l arbre, les tronçonneurs récompensait le travail bien fait et les hommes cherchaient à équarrissaient et enlevaient l écorce du tronc pour les traverses de s améliorer en sachant que cela leur serait profitable. Par exemple, chemins de fer. Au printemps et à l été, l écorçage était plus facile les élingueurs, ceux qui attachaient les billes à l arrière de la parce que la sève circulait dans le bois. Le tronçonnage était le débusqueuse, étaient très cotés. Les excellents élingueurs avaient travail d'un seul homme. Une fois tronçonnées, les billes étaient le droit de sortir de la forêt juchés sur la débusqueuse au lieu de alors préparées pour le débardage ou transport du bois hors de rentrer à pied. l aire de coupe. Les branches étaient coupées et les extrémités étaient effilées. Cette technique évitait que les billes ne Pour transporter les billes tronçonnées et ébranchées de la s accrochent à d autres arbres ou à des rochers quand on les forêt à la scierie, on avait recours à deux techniques bien précises. traînait à travers la forêt. En premier, il fallait transporter les billes jusqu à une aire de chargement et, ensuite, jusqu à la scierie. L aire de chargement Les hommes faisaient leur apprentissage aux côtés des était généralement assez proche tandis que la scierie était éloignée. bûcherons plus expérimentés. McConaghy avait dit, à ce Pour acheminer les billes hors de la forêt, il fallait utiliser des sujet : «Si vous êtes frappé par un rebond de souche d un arbre, chevaux de trait. Ces puissants chevaux tiraient les troncs à l aide vous apprenez très vite à distinguer ce qu'il faut faire de ce qu'il d une corde jusqu à une clairière. Là, les billes étaient empilées faut éviter.» Il y avait beaucoup d avantages à apprendre les sur un grand chariot (de la taille d un petit appartement) qui était techniques avec des personnes plus expérimentées; si vous ensuite tiré par les chevaux jusqu à la rivière. Ce travail était très étiez un bon travailleur, les autres travaillaient avec vous au lieu de dangereux et de nombreux chevaux en sont morts. En effet, si les travailler contre vous et de vous rendre la vie difficile. On billes n étaient pas bien attachées, elles pouvaient se déplacer et s écraser sur les chevaux. Le traînage aussi était dangereux, dans
Page 7 Page 8 Pour transporter les billes de la forêt à la lointaine scierie, on construisait des routes de rondins et des routes de planches. Les chevaux tiraient des traîneaux sur lesquels on avait entassé les billes. Les traîneaux glissaient sur des routes de rondins qui étaient construites avec des troncs disposés parallèlement à Transport des billes à Shelley sur des routes de rondins. Chargement sur le traîneau tiré par des chevaux, 1926. environ 6 à 10 pieds d écart. Les rondins étaient graissés avec de l huile pour permettre un bon glissement du traîneau sur les routes. la mesure où les chevaux devaient descendre des chemins en pente raide et les billes, emportées par leurs poids, pouvaient dévaler sur Les hommes chargés de cette tâche étaient communément appelés les grease monkeys en anglais, ou graisseurs. eux. Pour prévenir ce genre d accident, une extrémité du chargement était attachée au cheval, tandis que, à l autre extrémité, on fixait un câble qu on enroulait autour d un arbre en haut de la pente. Au fur et à mesure que le cheval descendait, on relâchait Les routes de planches sont apparues plus tard avec l arrivée des camions forestiers. Le principe de ces routes était sensiblement le même que pour les routes de rondins, cependant doucement le chargement d en haut. Jusqu à l arrivée du treuil mécanique, on avait recours à cette méthode qui prenait beaucoup de temps. Une fois les billes arrivées à l aire de chargement, elles étaient acheminées vers la scierie par voie terrestre ou par flottage sur la rivière. Un camion forestier chargé sur une route de planches, Newlands, C.-B.
Page 9 Page 10 flotter jusqu à la scierie. Le flottage du bois n était pas un travail facile. Les billes pouvaient être bloquées (embâcle) dans un endroit et les accidents étaient toujours possibles. Des estacades étaient construites pour écarter les billes d obstacles tels que les bancs de sable. Les estacades consistaient en un chapelet de troncs d arbre reliés par des cordes et ancrés sur un bloc de ciment situé au fond de la rivière. Entre les troncs, on insérait des planches Hommes travaillant sur une estacade. ajustables qui servaient de dérive et permettaient de guider les on clouait des planches sur les rondins, pour permettre aux billes flottant jusqu à la scierie. camions de rouler sur une surface lisse. Pendant l'été, les sentiers forestiers étaient boueux. Grâce aux routes de planches, les camions pouvaient malgré tout circuler. Ces routes n étaient pas permanentes : lorsque l abattage était fini dans une zone, les travailleurs démontaient la route et transportaient le matériel dans la nouvelle zone d exploitation. Les rivières jouaient aussi un rôle très important dans le Homme debout à côté d un treuil de débardage à vapeur devant une pile de billes. transport des billes. Pendant l hiver, les billes étaient entassées sur l aire de chargement jusqu à la débâcle. Dès que la rivière était dégelée, les bûcherons jetaient les billes dans l eau pour les faire
Page 9 Page 10 Pendant l été, qui était la saison du flottage, les bûcherons se l aire de chargement et, finalement, à la rivière. Aux alentours de transformaient en draveurs (en anglais on utilisait les termes river 1930, les machines avec moteurs à essence ont remplacé les rat et raftmen). Ils surveillaient les billes et ajustaient les estacades machines à vapeur. À leur tour, elles devaient complètement au besoin. Ils faisaient particulièrement attention aussi à tout disparaître au cours des années 1950. obstacle pouvant provoquer un amoncellement de billes (embâcle). Pour assurer un flottage régulier, les draveurs utilisaient des tourne-billes, longues perches de bois munies d une pointe et d un crochet, qui leur permettaient d agripper et de faire pivoter les billes. L arrivée du moteur à vapeur a apporté de grands changements dans l industrie du bois. Le type de machine à vapeur utilisée dans l exploitation forestière s appelait le treuil de débardage à vapeur. Cette machine a remplacé les chevaux pour le transport des grosses charges de billes de la forêt à l aire de chargement. Elle consistait en une chaudière qui alimentait un moteur connecté à un treuil, lui-même relié à une carriole. La carriole avançait par elle-même à l aide du treuil. La machine à vapeur était utilisée pour transporter les billes de l aire de coupe à
Essai sur le transport des billes Rédige un essai sur un des sujets au choix. 1. Choisis un changement technologique qui a facilité le transport des billes de la forêt jusqu à l aire de chargement. Rédige un essai de 500 à 700 mots sur ce sujet en ajoutant des illustrations et des schémas. a. Le moteur à vapeur b. L essence 2. Choisis un moyen utilisé pour le transport des billes et rédige un essai d environ 500 à 700 mots en décrivant l importance, les utilisations, la construction, les avantages et inconvénients du système choisi. Ajoute des illustrations et des schémas. a. Les routes de planches b. Les routes de rondins c. Les chevaux d. Les rivières e. Le traînage