1 Evaluation rapide de la situation de personnes déplacées internes dans les villages Shamwana Kiambi Mukebo - Lwaba du territoire de Manono Province du Katanga Du 24 Avril au 03 Mai 2014 Sommaire 1. Contexte et nature de la crise...2 2. Causes de déplacement...2 3. Objectifs de l évaluation...2 4. Approche méthodologique...2 5. Limites de l évaluation...3 6. Résultats...3 6.1. Mouvements des populations... 3 6.2. Situation familiales, abris et bien en possession... 3 6.3. Sources de revenus et dépenses des ménages... 4 6.4. Situation alimentaire des ménages et stratégie de survie... 6 6.5. Saisonnalité des produits agricoles et situation des marchés... 7 6.6. Santé et nutrition... 8 6.7. Protection... 9 6.8. Logistique... 9 7. Recommandations...9
1. Contexte et nature de la crise 2 Depuis 2012, le territoire de Manono est soumis à des diverses tensions dû au conflit armé opposant les Maïmaï aux FARDC dans la partie Nord-Est (axes Kishale-Shamwana-Monga-Kisele) et au conflit intercommunautaire opposant les peuples pygmées et les Bantous dans la partie Sud-Ouest (axe Kiambi- Mukebo- Lwaba- Sange). Ces tensions ont surgi à la suite de l évasion de l Ex commandant Maï-Maï Gédéon, qui se serait retranché en fin 2011 vers les zones frontalières des territoires de Manono-Mitwaba-Pweto-pour y réorganiser son mouvement armé. Actuellement, aucune source n est en mesure de confirmer la présence de Gédéon dans la zone. Cependant, le nom de Gédéon est devenu un fonds de commerce pour plusieurs seigneurs de guerre opportunistes, qui agissent à son nom pour semer la terreur, se faire valoir et vouloir s imposer. Dans la zone, le conflit prend plusieurs formes selon les protagonistes et les axes notamment: 1. Au Nord Est (axes Kishale-Monga-Shamwana-Kisele) : il s agit de l activisme des groupes Maï-maï s opposant aux FARDC. Ces groupes agissent de manière autonome dans leurs terroirs bien précis et sans aucune divergence entre eux. D après les acteurs de la société civile de la zone, l absence de l autorité de l état depuis des années ainsi que la mauvaise gestion des questions de succession coutumière à l intérieur du territoire profiteraient bien à ces mouvements. A la suite de cette situation qui a créé des mécontentements, les différents prétendants au pouvoir coutumier auraient opté pour un recours à la force soit pour se maintenir soit encore pour conquérir le pouvoir. 2. Au Sud-Ouest (axes Kiambi-Mukebo-Lwaba-Sange) : il s agit des conflits Bantou-Pygmées qui ont généré des mouvements d autodéfense populaire. 3. Dans d autres coins isolés, on signale également de mouvement armé initié dans le but d occupation des espaces miniers en exploitation artisanale. Actuellement, la situation sécuritaire est relativement stable dans la plupart des villages d accueil situés sur les principales artères (axe Manono-Mpiana-Shamwana et Kiambi-Mukebo) mais elle reste volatile et imprévisible eu égard aux quelques menaces persistantes des groupes armés. 2. Causes de déplacement Les principales causes des mouvements des populations sont les conflits armés récurrents. - Sur l axe Kiambi-Mukebo-Lwaba, il y a des mouvements de retour des anciens déplacés de 2013 ainsi qu une présence des nouveaux déplacés qui sont arrivés dans la zone entre octobre 2013 et février 2014. La situation sécuritaire en milieu de provenance demeure fragile et limite à présent toute tentative de retour. - Sur l axe Manono-Mpiana-Shamwana, on note une stabilité depuis le début de l année. Avant décembre 2013, à Shamwana la population résidente ainsi que les déplacés avaient vidé le village à plusieurs reprises et revenues à partir de Janvier 2014 à la suite de l accalmie observée grâce au positionnement des FARDC sur place. On note également un timide mouvement de retour des déplacés des villages incendiés entre Mpiana et Shamwana. 3. Objectifs de l évaluation Evaluer la situation de sécurité alimentaire chez les personnes déplacées de la zone Identifier les besoins, les interventions ainsi que les gaps Etablir/redynamiser le réseau de contact avec les intervenants dans la zone 4. Approche méthodologique La mission s est déroulée du 24 avril au 01 mai 2014. Sur le terrain, elle a bénéficié de l appui du cluster Protection pour les aspects de profilage et de monitoring de la situation ainsi que OCHA pour des aspects liés à l analyse du contexte. Des enquêtes ménages ont été conduites auprès de 240 ménages à Shamwana et Kiambi et complétées par des focus group en vue de mieux appréhender les problématiques de sécurité alimentaire.
3 Les données épidémiologiques ont été également collectées auprès des structures médicales en vue de mieux cerner les problématiques liées à la nutrition et à la sécurité alimentaire. 5. Limites de l évaluation Étant donné que le cluster nutrition envisage très prochainement des enquêtes nutritionnelles en territoire de Manono, cette évaluation n a plus procédé au screening initialement envisagé en vue de comparer les résultats de la sécurité alimentaire à ceux de la nutrition. 6. Résultats 6.1. Mouvements des populations A Shamwana et sur l axe Kiambi-Lwaba, il n y a pas de système localement en place pour faciliter le suivi des mouvements des populations; ce qui fait que les chiffres ne sont pas disponibles. Un profilage organisé par le HCR est en cours et permettra d avoir une idée réelle de la situation d ici la fin du mois de Mai. La zone a connu depuis 2013 plusieurs épisodes de conflits ainsi que des mouvements pendulaires, ce qui justifie le fait que les centres de Shamwana et de Kiambi soient à même temps des zones de retour et d accueil des personnes déplacées. La quasi-totalité des ménages déplacés (97%) déclarent arrivés dans la zone entre octobre et décembre 2013. Quelques mouvements de retour ont été observés dans les villages situés entre Mpiana et Shamwana. 6.2. Situation familiales, abris et bien en possession Les résultats montrent que les ménages déplacés sont dirigés à 82% par un chef de ménage de sexe masculin et 74% parmi eux sont mariés. Les familles divorcées et séparés représentent 14%, les veuves 9% et les célibataires avec charge familiale 3%. Comme niveau d instruction, la proportion des ménages sans aucun niveau représente 27% contre 31% de niveau primaire, 26% alphabétisés et t 12% de niveau secondaire. Selon les enquêtes, 67% des ménages déplacés à Shamwana et 51% à Kiambi vivent en famille d accueil et les autres sont dans des écoles, des églises et dans des maisons abandonnés par des ménages résidents qui traînent encore en déplacement. Dans les salles de classe et les églises qui hébergent les déplacés à Shamwana, on constate la présence ainsi que l utilisation de moustiquaires accordées par MSF-H. Dans ces lieux, les ménages vivent dans une forte promiscuité depuis plus de 3 mois; ce qui représente un réel danger pour la santé. Les femmes utilisent le peu d ustensile de cuisine en possession et pour la cuisson et pour d autres besoins par insuffisance, tel le cas de la femme sur la photo à droite qui utilise la casserole comme bassine pour laver l enfant et en même temps pour préparer à manger. Retour des populations sur l axe Mpiana-Shamwana La vie des déplacées dans les écoles de Shamwana
4 L enquête ménage s est intéressée à la possession des biens des valeurs/production et des bétails qui peuvent être utilisés ou revendus pour contribuer à la sécurité alimentaire. Sur la liste établie, les principaux biens retrouvés dans les ménages sont repris dans les deux graphiques ci-dessous : Graphique1: possession des biens des valeurs au sein des ménages déplacés Dans l ensemble, les outils aratoires (houe, hache, machette) sont les plus possédés par les ménages déplacés. Cependant, il y a seulement le 1/3 des ménages à Shamwana (33%) et 51% des ménages à Kiambi qui en possèdent alors qu ils vivent des opportunités agricoles. La présence des cours d eau poissonneux dans la zone explique la possession des matériels de pêche bien que le contexte sécuritaire actuel limite l accès aux sites de pêche. Pour ce qui est de bétail, la volaille a été retrouvée dans 45% des ménages déplacés de Kiambi et 28% des ménages déplacés de Shamwana, mais moins de 5% parmi eux détiennent plus de 4 têtes. Enfin, en terme de possession des biens, les déplacés de Shamwana paraissent plus vulnérables avec un faible taux de possession des biens comparativement à ceux de Kiambi. 6.3. Sources de revenus et dépenses des ménages - Activité des ménages : le secteur agricole est l activité qui occupe environ 60% des ménages déplacés dont 52% font des travaux journaliers agricoles et 9% pratiquent déjà leurs propres champs. En dehors du secteur agricole, 13% des chefs des ménages s occupent des travaux journaliers non agricoles, 8% de l artisanat et 7% du petit commerce. - Source de revenu au cours de 6 dernier mois : comme on peut le constater sur le graphique ci-dessous, 24% des ménages déplacés ont recouru à la vente des bois et des produits de cueillette comme principale source de revenu au cours de 6 derniers mois et cette source a contribué à plus de la moitié de revenu dans 56% des ménages. La vente des produits agricoles vient en deuxième position avec 23% des ménages. La vente de charbon de bois concerne 11% des ménages et contribue à plus de la moitié de revenu dans 85% des cas. L artisanat, la pêche, la vente des animaux ainsi que les dons extérieurs & assistance humanitaire contribuent dans moins de 10% des ménages déplacés. Graphique2: possession des bétails au sein des ménages déplacés Graphique3: Principales sources de revenu et % des ménages ayant tiré plus de moitié de leur revenu de la source indiquée
5 Cependant, 35% des ménages déplacés ont déclaré que leurs sources de revenu sont actuellement affectées par la crise dont principalement celui tiré de la vente des produits agricoles pour 26% des ménages, la vente de bois et produits de cueillette pour 20% des ménages, la vente du charbon pour 19% des ménages et enfin l artisanat et le salaire de l employé pour 11% des ménages chacun. - Revenu moyen des ménages : le revenu moyen déclaré par les ménages au cours du mois précédant l évaluation est de 19900 FC à Kiambi et 17900 FC à Shamwana. Parmi les ménages déplacés, 81% gagnent moins de 27000 FC le mois, ce qui revient à 900FC par jour pour un ménage qui doit nourrir quotidiennement plus de 5 personnes. Etant donné que 52% des ménages font des travaux journaliers agricoles et payés pour la plupart en nature; cela justifierait le faible niveau de revenu. - Dettes contractées et principales objets de dépenses des ménages : les dettes les plus contractées au cours du mois précédant l évaluation sont en moyenne de 28 Kg par ménage pour les cossettes de Manioc et 10000 FC de cash. Pendant le focus group, il a été déclaré une faible capacité des structures d entraide mutuelle qui sont également affectées par la crise. S agissant des objets des dépenses, les graphiques ci-dessous illustrent la situation : Graphique4: Objets de dépenses et % des ménages ayant engagés plus de la moitié de leur revenu dans la dépense La nourriture est le principal objet des dépenses pour plus de 70% des ménages. Parmi eux, 66% et 76% respectivement à Shwamwana et à Kiambi ont déclaré y avoir dépensés plus de la moitié de leur revenu. La santé reste un domaine préoccupant pour 26% des ménages à Kiambi et 78% parmi eux ont engagé plus de la moitié de leur revenu dans cette dépense.
6.4. Situation alimentaire des ménages et stratégie de survie 6 - Possession des stocks alimentaires au sein des ménages déplacés : lors du passage des enquêteurs au sein des ménages déplacés, 41% ont déclaré détenir des stocks de tubercule principalement les cossettes de manioc et 99% parmi eux ont estimé qu il s agit des stocks de couverture pour une durée de 7 jours maximum soit une semaine. Cette présence a été constatée même dans les sites des déplacés comme on peut le voir sur la photo à droite où tous les étalages sont remplis de cossette en séchage. Pour les légumineuses, 15% des ménages ont déclaré qu ils en possèdent mais seulement pour couvrir jusqu à 4 jours selon 95% parmi eux. Enfin, seulement 8% des ménages détiennent le stock de céréales pouvant couvrir maximum 3 jours dans 99% des ménages. Etalage de manioc dans le site de déplacés à Shamwana Cependant, lors de l entretien avec les chefs des villages, il a été mentionné que la population ne fait que consommer les réserves (champs cultivés au cours de la campagne agricole 2012/2013) et la saison agricole 2013/2014 a raté à cause des déplacements pendulaires. Ceci présente un réel danger si l insécurité persiste et risque d entrainer dans les prochains jours une insécurité alimentaire grave. - Consommation alimentaire et sources des aliments consommés : dans l ensemble, la situation alimentaire paraît plus critique avec 92% des ménages avec une consommation alimentaire inadéquate c est-à-dire 48.1% des ménages dans la classe de consommation alimentaire pauvre et 43.8% dans la classe de consommation alimentaire limite. Cela se justifie par le fait que le régime alimentaire des ménages est essentiellement composé des tubercules et feuilles avec une moyenne de prise de repas réduite à 2. La situation apparait plus complexe à Shamwana où 68% des ménages ont une consommation alimentaire pauvre, ce qui traduit une réelle insuffisance dans cette zone longtemps isolée suite l insécurité contrairement à Kiambi relativement désenclavé grâce à la route nationale Graphique5: Classes de consommation alimentaire reliant Manono à Kalemie. Les principales sources des aliments consommés au sein des ménages déplacés au cours de la semaine précédant l évaluation sont : - Pour les tubercules : le payement en nature pour 32% des ménages et le marché pour 26% des ménages et les dons pour 23% des ménages - Pour les légumineuses : le marché pour 42% des ménages, le don pour 35% des ménages et le payement en nature pour 9% des ménages - Pour les légumes : les dons pour 62% des ménages (feuilles de manioc dans les champs des résidents), 18% au marché, 13% leurs propres productions et 5 % pour le payement en nature et 2% dans la cueillette - Pour l huile, bien que rarement consommé, 49% des ménage la tirent du marché, 30% des dons et autres sources.
7 - Stratégie de survie : la consommation des aliments les moins chers et les moins préférés ainsi que la diminution de la quantité à consommer pendant les repas sont les principales stratégies à court terme les plus adoptées par la majorité des ménages déplacés. Quant à l indice moyen de stratégie de survie (CSI), il est de 21 à Kiambi tout comme à Shamwana. Comparé à la moyenne territoriale de 16.8 identifiée lors des enquêtes de suivi de la sécurité alimentaire de 2013, cet indice est très élevé et représente presque le double de la moyenne provinciale qui est de 11, ce qui traduit que les ménages déplacés de Shamwana et Kiambi éprouvent de sérieux problèmes d accès à la nourriture. Classés selon leur sévérité, dans l ensemble 56.8% des ménages recourent à des stratégies de survie sévères, 31.5% à des stratégies modérées et seulement 16.1% à des stratégies légère. 6.5. Saisonnalité des produits agricoles et situation des marchés Graphique 6: Classes de stratégie de survie Sur les axes Manono Kiambi Mukebo - Lwaba et Manono Mpiana Monga Shamwana, il y a une seule grande saison agricole qui va d Août à Mai. Les récoltes interviennent entre février et Mai selon les cultures. La période de soudure se situe entre Septembre et février. Les principales cultures dans la zone sont le manioc, l arachide, le maïs, le riz et la patate douce ; les cultures de rente étant constituées de l arachide, du maïs et du riz. Dans les zones marécageuses et les bas-fonds, on pratique également des cultures maraichères en saison de pluie comme en saison sèche. Le calendrier agricole de principales cultures se présentent de la manière suivante : - Maïs : semis en Octobre et récolte en Janvier -Février; - Arachide : semis en Octobre-Janvier et récolte en Janvier Avril ; - Riz : semis en Décembre-Janvier et récolte en Avril- Mai; - Manioc : plantation en Septembre-Octobre et récolte 2 ans plus tard. Cependant, malgré l accès ainsi que la fertilité des terres arables, la disponibilité alimentaire est très faible sur le marché. Le système de vente à domicile est en vogue à Shamwana et Kiambi et justifie la faible fréquentation constatée sur le marché qui est aussi peu alimenté (cas de la photo à droite). La crise qui secoue la zone depuis près de 2 ans, l insécurité, le faible pouvoir d achat des populations affectées ainsi que l enclavement (dégradation des routes et ponts) justifie cette faible capacité des marchés. Les populations de ces axes ont raté la campagne agricole 2013/2014, à cause des raisons évoquées ci-haut ; ce qui va Vue du marché de Shamwana accentuer l insécurité alimentaire. La farine de maïs est totalement absente sur le marché.
Les prix de denrées disponibles est le suivant. Produits Unité Shamwana Kiambi (en FC) Prix en FC Prix en $ Prix en FC Prix en $ Céréales (Riz local) Kg 488 0.54 488 0.54 Haricot Kg 1137 1.26 1299 1.44 Huile de palme Litre 2000 2.22 2000 2.22 Sel Kg 1385 1.54 1385 1.54 * 1 USD = 900 FC 8 La farine de maïs et le haricot sont quasi absents sur les marchés et d autres produits retrouvés sont en quantité insignifiante. En partant de la possibilité d approvisionner Shamwana à partir de Manono, Nyunzu et Kalemie, l analyse du coefficient alpha 1 dégage un ratio de 0.47, ce qui veut dire qu une intervention basée sur le marché couterait 53% moins cher mais cela sans tenir compte des coûts de gestion. 6.6. Santé et nutrition L extrait tiré des rapports épidémiologiques du centré de santé de Kiambi, appuyé par PU-AMI et du centre de santé de Shamwana, appuyé par MSF-H, l incidence des phénomènes morbides au cours du premier trimestre 2014 dans les 2 aires de santé est reprise dans le tableau ci-dessous : Aires de santé Pathologies Shamwana Kiambi Malnutrition 329 292 Rougeole 0 6 Diarrhée sanguinolente 41 68 Diarrhée simple 271 1150 Anémie 85 ND Faible poids à la naissance 46 ND Les données n étant pas comparables entre les deux aires de santé vu qu elles n ont pas la même population, nous pouvons cependant retenir : A Shamwana : la malnutrition vient en tête de rotation suivie des diarrhées par rapport à la fréquence des maladies dans l aire de santé de Shamwana. Cette situation sanito nutritionnelle est due à la promiscuité des habitants dans le village de Shamwana qui renferme les déplacés des différents villages d une part et à l insécurité alimentaire d autre part. A Kiambi : les diarrhées prédominent sur les autres maladies et suivies de la malnutrition. Dans l ensemble, on constate 6 cas des rougeoles à Kiambi contre 0 cas à Shamwana où MSF-H venait d organiser la riposte. Le dépistage actif des enfants mal nourris pose encore un problème dans la zone de santé. Seuls les enfants mal nourris sévères sont amenés en consultation curative au niveau des structures de santé. La prise en charge de la malnutrition aiguë modérée n est pas opérationnelle à Kiambi en dehors du centre de santé de Shamwana qui utilise le plumpy nut comme intrant approprié. 1 Alpha value: coefficient permettant de comparer les avantages entre les achats des vivres sur le marché local aux livraisons des produits des entrepôts du PAM
9 Supplementation des vulnérables : dans le cadre du soutient nutritionnel aux groupes vulnérables à Kiambi et Shamwana, l équipe du cluster nutrition (PAM et PONANUT) a procédé pendant la mission à la distribution d une tonne des Biscuits Haute Energie enrichis en faveur des femmes enceintes, allaitantes et les vieillards. 6.7. Protection Les problèmes de protection identifiés dans la zone sont : - Insuffisance et faible couverture des axes par les acteurs en protection : seul IEDA-Relief/UNHCR est présent à Manono dans le monitoring protection et avec une faible couverture des activités vers Kiambi- Shamwana - Absence d activités de prévention des conflits, cohabitation pacifique et résolution des conflits pendant que la zone connait un sérieux problème de cohabitation entre Bantous-Pygmées. - Absence d un monitoring de protection permanent, identification, suivi et référencement des cas de violences basées sur le genre sexuelles alors qu apparemment la majorité des déplacés est constituée des femmes et d enfants. - Absence de d un cadre d échange avec certains responsables militaires (souvent auteurs de certaines tracasseries) afin d y mener des plaidoyers, des sensibilisations dur les droit humanitaires internationales, principes directeurs relatif au déplacement interne. 6.8. Logistique L accès à tous les accès visités est difficile surtout en période des pluies. Les bains de sable sur l axe Manono- Mpiana et Manono-Kiambi est pose également obstacle en saison sèche. Un bac de traversé est situé sur la rivière Luvua à Kiambi mais avec une capacité de 15 Tonnes seulement. La zone a besoin des travaux de réhabilitation surtout des petits ponts. Malgré les obstacles, les interventions envisagées dans la zone devraient profiter de la saison sèche de Mai à Septembre. 7. Recommandations Identification des vulnérables pour distribution des biscuits HEB - Plaidoyer auprès de l autorité pour une forte implication dans la résolution des différents conflits (coutumiers, bantous-pygmées). - Assistance alimentaire ciblés et en NFI pendant à court terme, - envisager un programme d appui à la production (intrants agricoles et accompagnement technique) en moyen terme - Des modalités mixtes (assistance en nature et transfert monétaire) sont souhaitables en fonction du contexte de chaque localité en vue d appuyer non seulement la production et la disponibilité mais aussi redynamiser le système de marché dans la zone. - Fin -