FR 5.1 Quelques techniques courantes de propagande Les techniques de propagande sont des approches et des méthodes de communication utilisées pour répandre des idées visant à promouvoir une cause politique, commerciale, religieuse ou civile. On cherche à manipuler la raison et les émotions d un spectateur, d un lecteur, d un auditeur et à le persuader de croire en quelque chose, d acheter un article ou d adopter des comportements particuliers. Examinez l affiche que votre enseignant a fournie à votre groupe de trois et faites ce qui suit : 1. Notez les premières impressions suscitées par l affiche ; 2. Repérez l objectif (le message général) des images ; 3. Identifiez les techniques de propagande utilisées ; 4. Distinguez les faits historiques des interprétations historiques présentées par votre affiche. Affirmation : On a souvent recours à l affirmation dans la publicité et la propagande modernes. Il s agit d une déclaration enthousiaste ou énergique présentée comme un fait, bien que cela ne soit pas forcément vrai. On trouve des exemples d affirmation dans la publicité moderne. Quand un publicitaire déclare que son produit est «le meilleur» sans le prouver, il a recours à l affirmation. Facteur de popularité : Le facteur de popularité est l une des techniques de propagande les plus courantes. C est un appel au ralliement à la foule parce que «tout le monde le fait». On a recours au facteur de popularité pour convaincre une personne qu un camp est «meilleur» que l autre parce que davantage de gens l ont joint. En temps de guerre, les gens sont portés à croire que puisque autant de gens ont joint une cause ou un camp, la défaite est impossible et la victoire peut être anticipée. Argumentation fallacieuse : L argumentation fallacieuse ou l omission sélective est très efficace pour convaincre la population. On ne présente que les aspects positifs d une idée ou d une proposition et on omet les aspects négatifs. Valorisation sémantique : On a recours à des mots qui ont une connotation positive pour les individus et qui sont liés à des concepts hautement valorisés. Quand ces mots sont utilisés, ils sont acceptés d office. On a recours à la valorisation sémantique en employant des mots comme honneur, gloire, amour du pays et liberté. Révisionnisme : Les révisionnistes présentent une version «remaniée» des événements historiques. Ils réorganisent les faits afin de promouvoir leur propre interprétation de l histoire. Imagerie : On utilise des symboles pour convaincre les gens de s identifier à d autres personnes qui partagent une idéologie. Les images qui représentent les idéaux du patriotisme, du sacrifice de soi et de la loyauté sont des outils de propagande courants en temps de guerre. La moindre de deux mauvaises options : Cette technique essaie de convaincre les gens d adhérer à une idée ou à une proposition en la présentant comme l option la moins offensive. On y a souvent recours en temps de guerre pour convaincre les gens de la nécessité du sacrifice ou pour justifier des décisions difficiles. Souvent, on dépeint une idée comme étant la meilleure d entre toutes. Insulte : On utilise des mots ou un langage méprisant qui véhicule une connotation négative pour décrire un ennemi en temps de guerre. La propagande (souvent utilisée dans les caricatures politiques) tourne l ennemi en ridicule ou a recours au sarcasme pour créer des préjugés. Identification de l ennemi : Il s agit de désigner un groupe ou une personne comme «l ennemi». On invite tout simplement la population à croire que l ennemi a entièrement tort.
FR 5.1 suite Gens ordinaires : On essaie de convaincre la population que la vision exprimée est celle de «Monsieur Tout-le-Monde» et qu elle vise son bien-être. Souvent, on aura recours à l accent local ou à des références familières pour donner l impression d épouser des idées et des croyances similaires aux gens visés. Autorité religieuse ou légitimité scientifique : On a recours à l écriture et à la terminologie religieuses pour donner l impression que les affirmations sont sanctionnées par Dieu. L emploi de vocabulaire scientifique ou médical suggère une légitimité ou une autorité factuelle objective. Stéréotype : On réduit une situation complexe au choix entre «bien» et «mal». Témoignages d appréciation : Approbations qui visent à lier une personne célèbre ou respectable à un produit, une proposition ou une cause. On a souvent recours aux témoignages d appréciation dans la publicité et les campagnes politiques. Transfert : On a recours à cette technique pour lier des sentiments négatifs à un objet, ou pour lier une proposition ou une cause à quelque chose que le public respecte ou apprécie. En période de guerre, on utilise cette technique pour transférer la faute ou les mauvais sentiments.
FR 5.2 : Comprendre les sources de propagande Examine les sources de propagande suivantes, puis effectue un choix et à une analyse. Utilise les «Questions pour t orienter» et les questions 1 à 3 de la section «Ce que tu dois faire» (MÉ p. 178) pour l une des sources. Source 1 : L usine à mensonges de Churchill par Joseph Goebbels Contexte : Cet article date du 12 janvier 1941. Joseph Goebbels, ministre de l Éducation du peuple et de la propagande du Troisième Reich dans l Allemagne nazie, accuse le premier ministre britannique Winston Churchill d utiliser la technique du «gros mensonge». Dans un style satirique, il accuse le Britannique d utiliser la méthode que Goebbels lui-même employait allégrement. [ ] Le secret essentiel du leadership anglais ne repose sur aucune intelligence particulière. Il repose plutôt sur une sottise effarante. Les Anglais partent du principe que tant qu à mentir, il faut mentir en grand. Et ils s y tiennent, quitte à avoir l air ridicule. Cela s applique aux événements dramatiques qui ont lieu à l heure actuelle en mer et dans les airs. En dépit de son savoir et des faits, M. Churchill persiste à dire que l Angleterre se porte bien et aucun fait ne vient le contredire. La Royal Air Force a pulvérisé Hambourg, détruit toutes les gares de Berlin et laissé en ruines la production de guerre de l Allemagne, et ce, sans toucher ni une clinique, ni un hôpital, ni un orphelinat, ni une maison de retraite, ni un civil. La Luftwaffe allemande, en revanche, ne s est jamais vraiment intéressée à des cibles militaires ou industrielles. Elle est inexorablement attirée par les églises, les écoles, les orphelinats et les foyers de travailleurs. Elle aime particulièrement les ambassades, les consulats ou les entreprises américaines. Les pilotes survolent les villes anglaises au hasard jusqu à ce qu ils trouvent ce type de cibles, sur lesquelles ils lâchent leurs bombes. Ils veulent amener les États-Unis à entrer en guerre. Si par hasard la Luftwaffe allemande réussit à bombarder une ville industrielle comme Cardiff, la Reuters dit : «Des avions inconnus ont attaqué quelque chose ou autre, quelque part. On n est pas encore sûr des dommages, mais aucune cible militaire ou industrielle n a été touchée. Des détails suivront». Les lecteurs du monde entier pourront attendre la fin de la guerre pour avoir ces détails. Si la presse neutre arrive à signaler de gros dommages malgré la censure anglaise, le roi s attèle à stimuler les canaux lacrymaux du monde entier. Il rend personnellement visite à la ville touchée. Les travailleurs anglais l accueillent avec enthousiasme. Ils semblent n avoir rien de mieux à faire que de planter l Union Jack au milieu des ruines toujours fumantes ou de danser le Lambeth Walk au milieu des murs noircis et d acclamer le roi qui poursuit sa route. Apparemment, cela continuera jusqu à ce qu il ne reste plus une seule pierre debout en Angleterre et qu arrive le moment tant attendu de commencer la glorieuse offensive anglaise contre les Allemands, l ennemi maudit. Sa Majesté est si émue qu elle sort 200 de sa poche (environ 2000 Reichmarks) et les met dans la boîte des pauvres. La visite de Sa Majesté se termine par un tour au port, où le roi regarde un navire que l on décharge. La Reuters annonce joyeusement que la cargaison est de la viande américaine congelée, ce qui prouve premièrement que le trafic maritime est normal, deuxièmement que Sa Majesté est en bonne forme physique et mentale malgré la gravité de la situation. Nous, Allemands, sommes si différents! Si le Führer ne parle pas, c est la preuve qu il est incertain et qu il ne voit pas d issue. S il parle, on peut en conclure que la situation du Reich est catastrophique et que le peuple a désespérément besoin d être rassuré. S il ne parle pas d une victoire rapide, c est parce qu il n y croit pas. S il en parle, il essaie simplement de confondre le monde. S il rencontre le duce, cela veut dire qu il y a une faille dans l Axe. S il ne le rencontre pas, c est parce que la faille est trop profonde pour être comblée. S il rend visite aux soldats, c est parce qu il fuit la situation chez lui. S il ne le fait pas, c est bien sûr parce qu il a peur des soldats. En Angleterre, les gens applaudissent quand les rations de gras et de viande sont réduites. En Allemagne, cela conduirait naturellement à une révolution. En Angleterre, la neige et la glace accélèrent le système de passagers et de fret, mais en Allemagne, elles créent le chaos. Les méthodes de guerre allemandes sont idiotes et méprisables, mais personne n a honte de les imiter. Les méthodes anglaises sont exemplaires, humaines, libérales et avancées, mais elles ne fonctionnent pas et sont donc discrètement abandonnées. Quand nous avons annoncé il y a quelques années que nous préférions les canons au beurre, toute l Angleterre a protesté. Source : «Aus Churchills Lügenfabrik», Die Zeit ohne Beispiel (Munich : Zentraverlag Der NSDAP, 1941), p. 364-369.
FR 5.2 suite Mais maintenant, les Anglais ont mangé le beurre et nous avons les canons. Ils doivent à présent suivre le principe grâce auquel nous avons constitué notre armée, mais cela ne change rien au fait qu il s agit de méthodes idiotes, imprévoyantes, étroites d esprit et superficielles, parce qu elles ont été inventées par le nazisme. Inutile de parler avec les Anglais. Tant que M. Churchill sera à la barre, John Bull vaincra à tous les coups. Quel dommage qu il perde toujours l offensive... (Traduction libre) Source : «Aus Churchills Lügenfabrik», Die Zeit ohne Beispiel, Munich, Zentralverlag der NSDAP., 1941, p. 364 369. Source 2 : Série d images de la Russie stalinienne Sur le site Web de Regards sur l idéologie, tu trouveras un lien menant à une série d images de la Russie sous Staline. Analyse-les à l aide des «Questions pour t orienter». [http ://brokenworld.wikispaces.com/14.2+stalinism] Source 3 : Série d images du film Le Triomphe de la volonté Sur le site Web de Regards sur l idéologie, tu trouveras un lien menant à une série d images du film de propagande nazie de 1934, Le Triomphe de la volonté, de Leni Riefenstahl. Analyse-les à l aide des «Questions pour t orienter». http ://www.pbs.org/wgbh/cultureshock/provocations/leni/
FR 5.3 Examine les effets du totalitarisme 1. Joins l un des quatre groupes pour devenir un «expert» et faire un exposé de 10 minutes sur les aspects du totalitarisme dans l Union soviétique de Staline et dans l Allemagne nazie d Hitler. Remplis le tableau à l aide de renseignements pertinents et de citations provenant de récits historiques. 2. Quand les «experts» auront fini de présenter leur sujet, vous aurez 10 minutes pour remplir le tableau à l aide des notes du document d une page de votre groupe. Dans «Conséquences du système», montrez les effets de chaque système totalitaire sur son pays. Rôle de l État Dans l Union soviétique de Staline Dans l Allemagne nazie d Hitler Conséquences du système Dans l Union soviétique de Staline Dans l Allemagne nazie d Hitler Rôle du citoyen Dans l Union soviétique de Staline Dans l Allemagne nazie d Hitler Totalitarisme Conséquences pour le citoyen Dans l Union soviétique de Staline Dans l Allemagne nazie d Hitler