Rentrée 2014 Francine Eichenberger Diététicienne
L alimentation : partie intégrante de la prise en charge de l enfant et de l adolescent diabétique base du traitement avec l insulinothérapie et l activité physique
Objectifs de la prise en charge diététique Assurer les besoins nutritionnels en fonction de l âge pour une croissance optimale Limiter les variations glycémiques pour éviter la survenue de complications
La prise en charge diététique tient compte des principes de l éducation thérapeutique : Evalue : Les habitudes alimentaires familiales, les rythmes et comportement alimentaire de l enfant Les habitudes de vies, les centres d intérêt(sport ) Le contexte social Les connaissances et les craintes par rapport à l alimentation Les représentations de santé associées
Prise en charge diététique: Les nouvelles recommandations intègrent si possible les habitudes de la famille «Acte éducatif familial»: la diététique de l enfant diabétique sert de «modèle» Le repas doit rester un moment clé pour réunir la famille : convivialité, échanges, transmissions, «bon» Mais malgré tout perte de spontanéité et de liberté
Règles élémentaires 1) Une alimentation équilibrée = la même pour tous : ce n est pas un «régime»! 2) Synchroniser l alimentation à l action des insulines
Règles élémentaires Manger au cours des repas Eviter le grignotage Boire de l eau Limiter la consommation de sucre et boissons sucrées Intégrés dans un repas complet
Les apprentissages de l enfant diabétique et sa famille 1. Savoir composer des repas équilibrés 2. Repérer les aliments apportant des glucides 3. Quantifier les portions consommées 4. Faire des équivalences entre les aliments glucidiques ou 5. Compter les glucides 6. Bien répartir les apports glucidiques en fonction du traitement et de l activité 7. Savoir gérer les «situations particulières»
Composer des repas équilibrés
Avec les traitements actuels: le plus souvent 3 repas principaux et un goûter Des collations supplémentaires éventuelles selon : - l âge de l enfant - le type d insuline prescrit - l activité physique Souplesse horaires des repas et injections
Des repas équilibrés: le petit déjeuner Un produit laitier nature ou peu sucré Du pain ou un autre produit céréalier peu sucré 1 fruit ou 1 petit verre de jus sans sucre ajouté Un peu de beurre sur le pain ( produits sucrés avec modération )
Des repas équilibrés: le déjeuner et le dîner Des féculents : pain, pâtes, semoule, pommes de terre, légumes secs Des légumes De la viande ou du poisson ou des œufs (1 à 2 portions par jour) Des produits laitiers Des fruits De l eau
Des repas équilibrés: le goûter Sur le modèle du petit déjeuner en - copieux Nécessite souvent une injection supplémentaire (ou activité sportive) Si pas d injection : pas de goûter ou goûter léger et peu sucré = peu réaliste
Repérer les aliments glucidiques
Connaissance des aliments Quelle boisson contient le plus de sucre? 1 petit verre de coca, 1 petit verre de jus de fruits sans sucre, 1 grand verre d eau aromatisée à la fraise? Elles apportent toutes la même quantité = 15g pour 1 verre de 150ml (l eau aromatisée contient 2x moins de sucre pour 100 ml, et donc la même quantité pour 1 verre 2x plus grand)
Connaissance des aliments Quel est le goûter le plus riche en glucides : 1 petite pomme; 2 petits beurres; 1 barre de chocolat? Ils contiennent tous la même quantité = 10g de glucides
Des repas fixes en glucides: apprendre les équivalences glucidiques Si le traitement est prescrit en fonction des glycémies: quantités de glucides assez fixes d un jour à l autre Adaptées aux activités Faire des «équivalences»: ex: moduler la quantité de pain pour avoir des apports glucidiques à peu près stables aux repas 100g de féculents 20g de Glucides = 40g de pain ¼ pizza 3 cuill. à soupe de purée 50g de frites
Ou Compter les glucides Objectifs : Adapter l insuline à son repas et non son repas à l insuline = L insulinothérapie fonctionnelle ( IF)
L insulinothérapie fonctionnelle Une insuline pour «vivre» : basale Une insuline «pour manger» : bolus Une insuline «pour «soigner» : bolus correcteurs
L insulinothérapie fonctionnelle Soit avec la pompe, soit avec schéma basal/bolus Nécessite un apprentissage de la valeur glucidique des aliments par les patients
L insulinothérapie fonctionnelle Avantages : Pas d interdits! Souplesse horaire Adaptation à l appétit : pas de forcing, moins ou pas de restriction Plus de souplesse pour les repas de fête, les invitations, les vacances Moins ou pas de différences avec le reste de la famille
L insulinothérapie fonctionnelle Inconvénients? Déséquilibre alimentaire : Seule la partie «glucidique» du repas est prise en compte Pas de différences entre les sucres Il faut peser et «compter» Réflexion indispensable pour varier les glucides et adapter les doses Risque de surpoids si multiplication des repas et des bolus
En pratique : Apprentissage : à l hôpital pour les nouveaux diabétiques ou lors d un changement de traitement (pose d une pompe ) En ateliers d éducation En consultation externe, avec exercices à domicile Initié par les diététiciennes, et repris par les différents soignants : importance +++ d avoir le même langage
La composition des aliments est complexe : protides, lipides, glucides, vitamines, minéraux, fibres Mais seuls les glucides ont un effet sur la glycémie!!! Seuls les aliments apportant des glucides doivent être comptabilisés
Où sont les glucides dans un repas? Dessert Féculents Pain
Déterminer les quantités consommées Certains aliments sont consommés en «portions» : ex. 1 compote, 1 yaourt, 1 pâtisserie, 1 biscotte... Pour d autres, il faut évaluer le poids ou le volume : Soit en pesant : au début c est préférable Soit en mesurant à l aide d un contenant Soit en comparant à une photo de portion
Déterminer les quantités consommées Pour les liquides : évaluer en volumes 1 bol = 1 grande tasse = 250 ml 1 tasse à café = 70 ml 1 petit verre = 120 ml 1 gobelet = 150 ml 1 verre à eau = 200 ml 1 verre à soda = 250 ml
Déterminer les quantités consommées Pour les autres aliments, il faut peser au début : - Le pain - Les féculents, aussi bien ceux servis en entrée qu en plat chaud NB. Souvent, chez l enfant, les glucides des légumes ne sont pas pris en compte
Apprendre à visualiser les quantités: 200 g de riz = 40 g de glucides 100 g de riz = 20 g de glucides
Pommes de terre = 100 g Glucides : 25 g 20 g 15 g rissolées vapeur purée
1 bol chinois = 150g de riz = 30g de G = 40g de pain = 20g de G
NB. Les quantités pesées doivent être effectivement consommées : elles doivent correspondre à l appétit de l enfant
Calculer la quantité de glucides apportée par l aliment Sur les étiquettes des produits Par les tables de composition : Combien dans mon assiette? Glucocompteur Le petit livre de la minceur
Calculer la quantité de glucides apportée par l aliment La règle de 3 Grammes 100g Glucides 85 de G dans 30 g? = 30 x 85 / 100 = 25,5
Simplifier les calculs: arrondir les valeurs à des multiples de 5 Le choix d aliments consommés par un enfant ou une famille est limité : les chiffres sont rapidement retenus
Quelques valeurs simples: 5g de G 10g de G 15g de G 20g de G 1 laitage nature 1 biscuit sec 1 petit fruit(abricot) 1 morceau de sucre 1 yaourt nature + 1 sachet de sucre 1 bol de lait (200ml) 1 tranche de pain de mie 4 petits carrés de chocolat 1 yaourt aromatisé 1 cordon bleu 100g de petits pois 3 prunes 1 compote s/sucre 1 crème dessert 1 fruit moyen 1 petite banane 1 compote sucrée 100g de féculents 40g de pain
Exemple de calcul pour un goûter 20 g 15 g Total = 50g de glucides 15 g
Calculer la quantité de glucides apportée par l aliment: exemple de calcul pour un repas Déjeuner : 100g taboulé Poulet rôti 150g pommes vapeur 100g haricots verts 1 portion de fromage 1 pomme 20g de pain Aliment 100g taboulé 20 Poulet 0 150g pommes de terre Haricots verts Glucides en g 30 Fromage 0 1 pomme 20 20g de pain 10 Total glucides Non compté 80g
Le ratio : Ratio insuline/glucides = Soit quantité de glucides pour 1 unité d insuline Exemple: 1U/15g (pompes) Soit quantité d insuline pour 10g de glucides Exemple : 0.5 U/10g (injections)
Calcul de la dose d insuline La dose d insuline pour le repas est calculée à partir de la quantité de glucides consommée au repas des résultats de glycémie préprandiale du «ratio» G / 1U d insuline du facteur de sensibilité (correcteur )du patient ( correcteur = 0.5 1U fait baisser la glycémie de 0.5g)
Exemple pratique : Pour le repas calculé précédemment: Ratio = 1U/10g : pour 80g de Glucides il faut? 1 unité d insuline pour 10g de glucides = 8 U Dose à injecter = 8U Si la glycémie est élevé, une dose d insuline supplémentaire est ajoutée pour «corriger» la glycémie
Les situations particulières L hypoglycémie: Taux à partir duquel il faut resucrer l enfant? Comment? Si 0,60 g/l Donner du sucre, puis (10 mn)une collation apportant des glucides complexes Combien de sucre? 1 morceau par tranche de 20kg de poids maxi = 3 pour un ado
L hypoglycémie Exemples de collation en cas «d hypo» 6 ans 20 kg 10 g de pain ou 1 biscotte ou 1 petit beurre 12 ans 40 kg 20 g de pain ou 2 biscottes ou 2 petits beurres + 12 ans 60 kg 30 g de pain ou 3 biscottes ou 3 petits beurres
L hypoglycémie Par quoi peut-on remplacer 1 morceau de sucre? Par un produit sucré apportant la même quantité de sucre: 1 cuillère à café de sucre en poudre 1 bonbon de 5 g 50 ml d une boisson sucrée non «light» 1 cuillère à café de confiture 1 cuillère à café de lait concentré sucré
Les situations particulières: L hyperglycémie Qu y a-t-il à changer au niveau du repas en cas d «hyper»? Rien, car ce n est pas l alimentation qui fait baisser la glycémie, mais l insuline On ne diminue pas le repas ou le goûter Par contre, chercher des possibles causes alimentaires si hyper régulières
Le sport Adaptations diététiques? Avant : Repas diversifié apportant des glucides complexes Si glycémie < 1.20g : prendre une collation avant de démarrer Pendant : Si activité intense : prendre une collation(10 à 20g de G) au bout de 45mn-1h Si activité d endurance : reprendre une collation ou boisson (10 à 20g de G) toutes les 30mn ( sucrées ) Après : Une collation à la fin du sport, tant que les muscles sont chauds (yaourt à boire) Au repas suivant, quantité au moins normale de féculents Collation au coucher si la glycémie 1.5g/l
Situations particulières Maladie avec perte d appétit : que faire si on ne peut pas manger? Fractionner l alimentation Proposer des aliments apportant des glucides, faciles à avaler, en petites quantités: purées, laitages, compotes, boissons sucrées
Les outils pédagogiques les repères de consommation du PNNS les brochures éducatives de l AJD les livrets des laboratoires les actions menées dans les écoles les publicités des grandes surfaces les emballages les aliments factices les jeux éducatifs
Conclusion Quelque soit le schéma de traitement : Alimentation de l enfant diabétique : élément fondamental de l équilibre glycémique Acte éducatif évolutif avec l âge de l enfant Initiation par une équipe multidisciplinaire formée à l éducation thérapeutique Relais par les médecins spécialistes, généralistes et de santé scolaire, la famille, les associations.