Les métiers Nous retrouvons nos ancêtres dans de nombreux départements, surtout du nord de la France. Ils vivaient majoritairement à la campagne mais certains avaient rejoint les cœurs des villages ou le cœur des grandes villes. Ils appartenaient à toutes les couches de la population ce qui nous permet d avoir un éventail étendu des métiers qui se pratiquaient dans la France des 17ème au 20ème siècle. Les métiers liés à la terre La majorité de nos ancêtres était des ruraux et leur métier lié à la terre. Cependant, à la campagne, ils n étaient pas tous au même niveau : une importante hiérarchie organisait la société rurale. Ainsi, la classe supérieure était constituée par les propriétaires terriens. La classe moyenne, par les laboureurs possédant quelques bêtes et du matériel de labour. Les plus pauvres étaient les journaliers ou manouvriers, qui ne possédaient quasiment rien et qui vivaient dans une «masure». Le terme de «laboureur» est cependant très vague. En effet, il n avait, pourtant, pas le même sens dans le fond de la baie de Saint-Brieuc qu en région parisienne ou entre le 16ème siècle et le 19ème siècle. Les Closiers : Les closiers étaient en Touraine et en Anjou des fermiers qui exploitaient des petites fermes entourées de murs ou de haies, les closeries. Pépiniériste : Germain Aubin ROUSSEAU (Sosa : 574) était pépiniériste au début du 19 ème siècle. Les métiers dans le domaine du vin Les régions viticoles n étaient pas les mêmes qu aujourd hui. La région parisienne était jusqu au 19 ème siècle la première région productrice de vin en France. Sur les coteaux de la Seine, les vignerons étaient nombreux et toute la famille était mise à contribution pour réaliser les gestes séculiers auprès des vignes. La qualité était plutôt mauvaise. Les cépages cultivés étaient le Bourguignon blanc et noir, le Dannerie, le Goix et le Vezay Certaines années étaient fastes comme 1781 et d autres catastrophiques comme en 1709 où l hiver rigoureux décima les plants. Le milieu du dix-neuvième siècle fut marqué par le pic de production et par le début de la fin avec l arrivée de l'oïdium, un champignon importé par des plants américains. 1
Le développement du chemin de fer (en 1858 Paris est relié à toutes les capitales du vin) donne un coup brutal aux vignerons parisiens, avec l arrivée rapide des productions des autres régions viticoles de France. En région parisienne, nous trouvons de nombreux vignerons : Jean GUILLERME (Sosa : 136), Etienne ROUSSEAU (Sosa : 512). Ce dernier était vigneron à Seine- Port au 18ème siècle. Les artisans On retrouve ce type d organisation hiérarchique dans le milieu des artisans. En effet le meunier, le maréchal-ferrant avaient une meilleure position que le tisserand, le sabotier ou le vannier. Dans les villes on retrouve des artisans plus spécialisés : serruriers, barbiers, aubergistes, vinaigriers L artisan le plus réputé est celui qui avait effectué le tour de France en tant que compagnon. Dans la branche maternelle, Victor GUAIS (Sosa : 60), a été compagnon du tour de France en tant qu ébéniste. Boucher : Jean Baptiste MONT (Sosa : 132) était boucher dans la Somme au début du 19 ème siècle comme son père Jean Charles Ambroise MONT (Sosa : 264). Bucheron : Jean Baptiste MARIETTE (Sosa : 288) était bucheron. Charpentier : Jacques BONAMY (Sosa : 1942) était charpentier Chaufournier : Raphaël RENARD (Sosa : 140) était chaufournier à Limoges Fourches (77). Il s occupait de fours à chaux de la commune. Maçon : André MARIETTE (Sosa : 18) et son père Julien MARIETTE (Sosa : 36) étaient maçons à Cesson (77). Ce dernier a notamment monté le monument aux morts de la commune de Cesson (77) en novembre 1922. Paul HELLIO lui était Manœuvre à Saint-Brieuc (22) au milieu du 20 ème siècle. 2
André Mariette au travail Maréchal Ferrant: Jacques PINCEMIN (Sosa : 1446) et Jean Verdier (sosa : 426) étaient maréchaux ferrant au 18 ème siècle, le premier à Plédran et le second dans le Beaujolais. Menuisier : Adrien GUAIS (Sosa : 30) avait une petite fabrique de meubles, à Congrier (53) employant quelques ouvriers. Le week-end, il devait faire le tour des fermes pour obtenir le paiement des factures (Agent de recouvrement avant l heure ).Il avait du mal à se faire payer par les agriculteurs. Souvent lorsqu il fallait monter un meuble pour un mariage, les agriculteurs donnaient un arbre et ne comprenait pas qu il fallait payer en plus pour obtenir le meuble fini. Dans les années 1930, les affaires devenaient moins florissantes avec l arrivée des meubles en kit. C est à cette époque qu il a choisi de reprendre la saboterie de son beau frère à Pouancé (49). Meunier : Le meunier fabriquait avec son moulin (à eau ou à vent) la farine qui était un élément essentiel dans la nourriture des siècles passés. Nous retrouvons plusieurs meuniers dans nos ancêtres que ce soit en Lorraine, en région Parisienne ou en Bretagne : Pierre CHASLE (Sosa : 634) : Meunier en Lorraine. Louis Pierre GARNIER (Sosa : 138) : Lors de son mariage en 1822 il était garde moulin à Savigny sur Orge. Lors de son décès, il était meunier au Moulin Pessard à Seine-Port (77). Le Moulin Pessard : «Ce moulin est les premier en amont des quatre moulins qui participaient à la richesse de Seine Port. On l appelait aussi moulin Collemart. Il date de la fin du XIVème siècle ; le premier possesseur connu étant un certain Philippe 3
Lemaire en 1380 ( ). Peu après, Pierre-Denis Mortemart en était devenu propriétaire. En 1832, Dominique Estienne, gendre de Mortemart, avait installé une féculerie. L avocat Jeannotte Bozerian en fut ensuite propriétaire avant qu il ne reste longtemps dans la famille Legrand. Le moulin fut toujours régulièrement exploité par les meuniers et ne cessa ses activités qu en 1876» Seine Port son histoire ses vieilles maisons de Dominique PALADILHE Jean LE MOINE (Sosa : 700) : Lors de la naissance de ses enfants entre 1758 et 1773 il était domicilié au Moulin Vieulou. Ce moulin situé sur l Urne, une rivière qui coulait à Yffiniac (22), appartenait à la famille Visdeloup. Tailleur de pierres : Jacques GUAIS (Sosa : 240) était tailleur de pierres. Les métiers dans le domaine des vêtements Canabassier (marchand canabassier) : Pierre SAINT LAGIER (Sosa : 6862) est né en 1624 à Amplepuis (69), il était marchand Canabassier. Ce terme désigne dans la région du Beaujolais, les marchands d articles en chanvre confectionnés par les lingères (articles de lingerie, serviettes, nappes ) Cordonnier : Firmin MONT (Sosa : 66) était cordonnier. Mathurin MARTIN (Sosa : 1006) quant à lui était cordonnier à la Chapelle Hullin (49). Couturière : Alexandrine BOITEL (Sosa : 67) était couturière en robe dans la Somme dans la deuxième partie du 19ème siècle. Filassier : Jean GUILLIER (Sosa : 246) était filassier au début du 19 ème siècle. Le filassier était celui qui lavait blanchissait le fil avec de l eau et du charbon. Fileuse : Avant de tisser, la laine, le coton, le chanvre devaient être filés par les fileuses. Marie Anne MINOT (Sosa : 105) était fileuse de coton dans la région lyonnaise, réputée pour ses tissages. Dans le Maine et Loire Françoise HEVIN (Sosa : 241) était également fileuse. Sabotier : François RAIMBAULT (Sosa : 62) qui avait appris le métier auprès d un de ses oncles, a ouvert un commerce de fabricant et marchand de sabots en 1893. Il a cédé le fond de commerce à son fils Louis en 1929. En 1938, Adrien GUAIS (Sosa : 30) a 4
pris le relais. Dans un coin de l établissement, il y avait un café. La fabrication des sabots a été très rentable jusqu à la fin du deuxième conflit mondial. La saboterie Raimbault : «Dans la boutique, deux machines retenaient principalement mon attention. L une, toute en longueur, servait à la taille des sabots : un bloc de bois y était fixé, des outils de coupe dessinaient sur ce bloc la forme extérieure du sabot et la copiaient sur celle d un modèle adjacent. Les copeaux volaient dans l air en tout sens ; à la fin de l opération, le sabot ressemblait au modèle mais le travail n était qu à moitié fait : il restait à évider l intérieur, opération plus délicate. Ce travail se faisait sur une deuxième machine, la «creuseuse» qui travaillait quatre sabots à la fois. Une cuiller tranchante en acier tournant à grande vitesse commandée par un levier pénétrait dans le bois et la sabotier, par une série de réglages et de manœuvres, donnait sa forme intérieure au sabot tandis qu une gerbe de copeaux emplissait la boutique.» «Bien sûr les sabots étaient faits à la machine mais il fallait les finir à la main : aussi y avait-il toujours un homme souvent notre ouvrier Ricou qui assurait la finition des sabots. La plupart du temps, les clients qui essayaient et achetaient des sabots disaient : Eh bien, ils me blessent ici et là encore au talon, voyez vous. Alors c était tout le savoir-faire du sabotier qui entrait en jeu : il fallait quelquefois un rien pour assurer le confort relatif d un sabot fait à son pied.» Louis Raimbault les culottes courtes 5
La Saboterie à Pouancé Tailleur d habits : Jean Alexandre GOUSSARD (Sosa : 38) exerçait son activité en Seine et Marne dans la seconde moitié du 19 ème siècle. Nicolas NICAISE (Sosa : 1026) quant à lui exerçait le métier de maître Tailleur d habits à Verrière le Buisson (91). Tisserand (Tissier) : Jean Nicolas BARTHELEMY (Sosa : 158) était tisserand à Brehain la Ville (54). Jean François GUAIS (Sosa : 120) exerçait ce même métier à Pouancé (53). On peut également retrouver le terme de Tissier. C est le cas pour Joseph Lièvre (Sosa : 838) dans la région du Beaujolais. Les artisans d art Outre, Victor GUAIS (Sosa : 60) qui a effectué un tour de France avec les compagnons du Tour de France, nous avons retrouvé une branche liée aux métiers de l artisanat d art : François CUPERLY (Sosa : 24) fabricant de meubles et Etienne GIRAULT (Sosa : 110) miroitier et lithographe. 6
Les ouvriers Parmi les ouvriers, Louis AUPLAT (Sosa : 26) travaillait à l usine WETER, à Lamure sur Azergue (69) au début du 20ème siècle. Il s agissait d une scierie. Raymond ROUSSEAU (Sosa : 8) a commencé sa carrière à la SNCF sur les voies juste avant la seconde guerre mondiale. Raymond Rousseau : atelier de la SNCF juste avant la guerre Les commerçants Les bars étaient nombreux et ils étaient souvent les lieux où se retrouvaient les hommes du village ou des villes à la fin des journées de travail. Firmin MONT (Sosa : 66) et sa femme Alexandrine BOITEL (Sosa : 67) tenaient un bar sur les quais d Abbeville. Julien MARIETTE (Sosa : 36) et sa femme tenaient le café de la Gaieté à Cesson (77) au début du vingtième siècle. Ils ont ouvert ce bar en 1901. 7
Le café de la Gaieté à Cesson (77) Marcel CUPERLY (Sosa : 12) lui était représentant entre 1930 et 1953. Les domestiques Les riches familles des villes, faisaient appel à de nombreux domestiques, ainsi, à Paris en 1881, 6,5% de la population était composée de ce type de personnel. Dans nos familles on retrouve quelques personnes ayant exercé ces activités surtout dans la branche paternelle. Marguerite BARTHELEMY (Sosa : 79) a quitté sa Lorraine natale pour la région parisienne afin d exercer le métier de cuisinière. Les métiers administratifs Dans la branche DESTRE, nous retrouvons plusieurs notaires entre le dix-septième siècle et le dix-huitième siècle : Claude DESTRE (Sosa : 1714) était notaire royal et juriste, François BOYSSON (Sosa : 3430) était notaire royal à Belmont et juge de Chauffailles et Arcinges, Claude DESTRE (Sosa : 3428) : était notaire royal à à Arcinges et Henri D ESTRE (Sosa : 6856) était notaire royal à d'arcinges en 1620 et juge d'arcinges et d'ecoche. Le rôle des notaires royaux, étaient rattachés auprès des justices royales dans le ressort desquelles, ils étaient seuls compétents. Armand Pierre MERCIER (Sosa : 844) qui vivait à Saint-Bonet de Troncy a commencé sa carrière comme marchand. Puis il est devenu : Arpenteur en la maitrise des eaux et forêts en la province du Beaujolais. L arpenteur des eaux et forêts était chargé de surveiller les forêts royales et de marquer les coupes. Ils devaient bien connaitre le monde rural car il leur revenait de «dire la terre». Ils pouvaient exercer ce métier qu après un stage de 8 mois chez un maître expert et 8
aux conditions de connaitre les ordonnances, d être de bonnes vies et mœurs et d avoir versé une caution de 1000 livres. Il avait de bonnes relations, son oncle Benoit MERCIER était procureur auprès de la cour de Lyon et don beau père Michel PERRAUD (Sosa : 1690) était avocat au parlement. Les métiers liés à la santé Paul HELLIO (Sosa : 10), grâce à une connaissance de ses parents, il avait été embauché par un pharmacien en Normandie (famille Benoit). A la suite de la maladie de ses parents, Paul est revenu dans sa Bretagne natale. Avait-il la nostalgie? Une de ses sœurs lui a t-elle demandé de revenir? Il a quitté les métiers pharmaceutiques pour s orienter dans la maçonnerie. Quelques années plus tard, ce pharmacien est venu s installer à Yffiniac et il a toujours veillé sur la famille de Paul. Jacques BELLET (Sosa : 8206) était «maître chirurgien». Au 17 ème et au 18 ème siècles, les artisans barbiers avaient le titre de «maître chirurgien». A cette époque, les médecins, n assuraient pas le côté pratique du travail médical. C est le chirurgien qui effectue les saignées, incise les abcès, aide les sages femmes lors des accouchements difficiles. Les médecins effectuaient jusqu à 7 ans d études et appartenaient à la Bourgeoisie. Alors que les «maîtres chirurgiens» apprenaient leur métier sur le terrain et qu ils appartenaient à la classe des artisans. Les militaires et la sécurité Certains ont aussi occupé une activité au sein de l armée. C est le cas pour Ernest ROUSSEAU (Sosa : 32) qui était cuisinier militaire et Firmin MONT (Sosa : 66) qui était soldat au 17 ème de ligne avant de rejoindre la vie civile (il était inscrit dans la réserve N 266 en 1863) et de monter un commerce de boissons avec sa femme. En Seine et Marne, nous avons retrouvé deux gardes champêtres : Jean Baptiste MARIETTE (Sosa : 288) est mentionné sur l acte de décès de son père comme garde champêtre en 1802. René ROUSSEAU (Sosa : 16) a été grade champêtre près de Melun dans la première partie du 20 ème siècle. Dans le Beaujolais, Antoine POLOCE (Sosa : ) était soldat de Milice lors de la naissance de sa fille Agathe en 1697 à Lamure-sur-Azergues. 9
Les milices ou soldats de milice ont été créés en 1688 au commencement de la guerre de la Ligue d Augsbourg. Il s agit d une sorte de conscription dont la troupe devait seconder les troupes régulières. Chaque paroisse devait fournir un nombre de miliciens parmi les jeunes aptes physiquement. Très vite un tirage au sort désignait les hommes qui devaient intégrer ce corps. Les troupes de milice vont exister de 1688 à 1697, puis de 1701 à 1714, en 1719 avant de devenir permanentes en 1726. Elles seront totalement dissoutes en 1791. En février 1697, Alors qu Antoine Poloce est mentionné comme soldat de milice, la guerre de la Ligue d Augsbourg va prendre fin quelques mois plus tard en septembre. Beaucoup plus loin dans l arbre généalogique, Claude et Pierre DESTRE (Sosa : 219392 et 438784) étaient capitaines de Cavalerie. Ils étaient originaires de Provence. 10