EDITORIAL «VOUS ÊTES FORMIDABLES» Jean. Pour le bureau de l ASPS chaque voyage est l occasion de multiples interrogations :



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Transcription:

EDITORIAL «VOUS ÊTES FORMIDABLES» Pour le bureau de l ASPS chaque voyage est l occasion de multiples interrogations : A - t on pensé à tout? La destination va-t-elle séduire les participants? Le réceptif sera-t-il à la hauteur, et puis la météo, les courses, les conférences et les animaux? Au retour que dire? Tout simplement vous êtes formidables car au-delà des courses des safaris, des conférences, des transferts cerise sur le gâteau trente huit d entre nous se sont attaqués à l ascension du Kilimandjaro, tous on atteint 4700 m. et trente trois sont allés sur le toit de l Afrique sommet de 5895m. Chapeau! Notre association qui nous réunit autour du sport permet sans soute une dynamique de groupe qui permet aux gens de se dépasser tout en restant prudent. L éventail des âges au sommet va de quatorze à soixante dix ans, notre association permet aussi à des gens de tous horizons géographiques et financiers de se rencontrer de s apprécier et de se congratuler à l arrivée. La paire de jogging et le short réalisent ce miracle. Courir en Afrique, dans deux pays, le défi n était pas simple et comme à l accoutumée Jean Pierre Baille l a relevé avec succès. Il en est ainsi depuis dix ans que contrastes voyages nous accompagne. N oublions pas également les sociétés qui nous ont aidés. La Boutique Marathon pour les tee-shirts, sacs et sacoches, Optic2000 Saint Germain en Laye pour les casquettes, Marly Auto pour le chronomètre, Oligo santé pour les barres énergétiques. Enfin un mot sur notre aide à Madagascar, un container avec près de six tonnes de matériel et de médicaments est arrivé à Tamatave le 18 novembre 2011 à destination de l hôpital de Ranohira. Concernant Imady, nous finissons de payer cette année les études de laborantine de sœureglantine. Elle devrait pouvoir travailler au dispensaire de sœur Maria dans quelques mois. Bonne fin d année et Meilleurs Vœux pour 2012. Jean jeanmarotjean@aol.com

Sommaire BULLETIN n 52 Editorial 25ès Rencontres Médicales Kenya/Tanzanie 2011 Les oiseaux de ce voyage docteur Jean-François Lepreux Questions réponses en diététique Solange Besson (1ère partie) La bière docteur Christian Penalba Les masaïs Jamal Zaïd (prochain numéro) Vieillissement maculaire et DMLA docteur Corinne Malavialle Défibrilateurs dans la rue pour qui? pourquoi? Comment? Docteur Patrice Raymond, docteur Dominique Sarazin L œil rouge docteur Géraldine Chabaille (prochain numéro) Le Sida en Afrique docteur Christian Penalba (prochain numéro) Run and Trail Anne-Marie et Eric Altwegg. Les classements : Individuel - Par équipe Emmanuel Croc

25 èmes Rencontres Médicales De l ASPS Président Docteur Christian Penalba 24 octobre Amboseli 30 octobre Tarangire Les oiseaux de ce voyage Docteur Jean-François Lepreux Vieillissement maculaire et DMLA Docteur Corinne Malavialle Questions réponses en diététique Solange Besson 25 octobre amboseli La bière docteur Christian Penalba Les masaïs Jamal Zaïd Défibrillateurs dans la rue pour qui? pourquoi? Comment? docteur Patrice Raymond, Docteur Dominique Sarazin L œil rouge docteur Géraldine Chabaille Le Sida en Afrique Docteur Christian Penalba

Jean-François LEPREUX

JEUNES AUTRUCHES S ENTRAINANT POUR LE PROCHAIN ASPS Jean-François LEPREUX

Principe du régime Dukan Solange Besson 25 es Rencontres de l ASPS Le principe du régime Dukan est de favoriser les protéines au détriment des glucides et des lipides. C'est donc un régime hyperprotéiné élargi et hypocalorique par la réduction des lipides. Le D r Dukan remplace les sachets par de vrais aliments. Ce régime s'apparente à une rééducation nutritionnelle des patients qui sont conditionnés vers une discipline alimentaire relativement stricte. La forte réduction de l'absorption de glucides et de lipides oblige le corps à puiser dans ses réserves de graisse (les adipocytes) pour faire fonctionner les muscles. Le corps va fabriquer des corps énergétiques (acides cétoniques) qui devront être filtrés par les reins. Les réserves de graisse vont fondre et libérer des acides gras dans le sang, ce qui fera davantage travailler le foie et les reins. Ce régime nécessite donc de boire plus que d'habitude. Par ailleurs, les protéines sont moins caloriques que les lipides (4 kilocalories par gramme pour les glucides et les protéines, contre 9 kcal pour les lipides). Ce régime ne prévoit pas de restrictions quantitatives, mais uniquement des restrictions qualitatives: il n'y pas donc pas de sensation de faim. La perte de poids peut être souvent très rapide sur la première phase (environ 5kg). Ce genre de régime hyper-protéiné peut provoquer dans certains une hyperuricémie (trop grande concentration d'acide urique dans le sang) et déclencher de graves effets secondaires (par formation de cristaux d'urate, notamment dans les pieds et les mains, zones

25 es Rencontres de l ASPS plus froides). Ces effets indésirables allant de la "simple" douleur articulaire à la crise d'arthrite aiguë (appelée la goutte). Durant la phase de cétose, le corps manque de glucides et les muscles se vident de glycogène. Le corps fabrique des corps cétoniques, énergétiques et acides. Les reins travaillent plus, les muscles se fatiguent vite. La bouche est parfois sèche et pâteuse. 5. Il peut avoir facilement des crampes, surtout s'il boit peu habituellement. Comme les muscles se fatiguent plus vite, le sujet peut être irritable. Les glucides aidant à trouver le sommeil, leur absence peut induire de légères crises d'insomnie. déjà sujettes à la constipation ou aux troubles digestifs, ainsi qu'aux diabétiques (à cause des risques d'hypoglycémie). Il a été plus largement déconseillé par l'agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail 6,7. Ironie du sort, sincère intérêt pour le corps des femmes ou cynisme absolu? Il y a quelques années, le docteur Dukan avait écrit un livre intitulé «Les hommes préfèrent les rondes». Il vient d être réédité. Ce régime est donc contre-indiqué aux insuffisants rénaux, aux adolescents en croissance, aux femmes enceintes, aux personnes

25 es Rencontres de l ASPS La bière et le sport Solange Besson La bière bénéficie d une bonne réputation largement répandue auprès de certains sportifs. Selon eux, la bière permettrait une meilleure récupération après un effort! Qu en est-il vraiment? Un coureur de fond mythique, Emil Zátopek, buvait, parait-il, de la bière pendant ses courses, une rumeur de plus, à confirmer! Tout d'abord, il faut savoir qu'en période de récupération l'organisme a besoin d eau, de minéraux (sodium, magnésium.), de glucides et de protides, mais aussi de sommeil. La bière n est pas adaptée à la récupération pour plusieurs raisons : - La bière ne contient pas suffisamment de minéraux (notamment de sodium) pour permettre une bonne hydratation du sportif après un effort. - La bière est diurétique (ça fait uriner!). Utiliser un diurétique juste après un effort n est pas judicieux car cela majore le phénomène de déshydratation du sportif. - L alcool contenu dans la bière perturbe le contrôle de la glycémie (et donc la restauration des stocks énergétiques), déshydrate. - Les bulles ça va plutôt «mettre en vrac» l estomac et le colon qui ont déjà été bien sollicités pendant l effort ; sans parler du foie qui a besoin de «faire la pause» après l effort ; enfin l alcool fournit des calories sous forme de chaleur alors qu après l effort il faut diminuer la température corporelle (n en déduisez pas qu il faut mettre 5

LA BIERE : spécialité du Nord et des Ardennes La petite histoire - Christian Penalba L activité de brasserie dans les Ardennes est très ancienne puisque l on retrouve une corporation des brasseurs de Charleville en 1527, des brasseurs de Sedan en 1592. C est le fameux «pain liquide» de nos ancêtres, on en sert même à l hôpital de Charleville jusque dans les années 1970. A l époque, on retrouve plusieurs abbayes : Laval Dieu et Mont Dieu qui, depuis la révolution, ont disparu. C est une bière noire ou rouge (ou foncée) du nord de la France, de la Belgique, du Luxembourg, on en retrouve aussi un peu sur Paris et Lyon, le reste de la France consomme des bières blanches (ou pâles). Il s agit de bières de fermentation haute. Cette bière se livrait dans des tonneaux à température ambiante. Arthur Rimbaud consommait de la bière noire, c était sa préférée, il l aimait particulièrement avec du jambon rose et blanc parfumé d une gousse d ail. L âge d or des brasseries dans les Ardennes se situe au début du XXème siècle, c est l un des premiers départements brassicoles de France avec une production de 450 000 hl. C est le troisième département derrière le Nord, le Pas-de-Calais. Il représente 8 % des brasseries françaises à l époque. La majorité des brasseurs est regroupée dans un syndicat des brasseurs ardennais. Ce sont des petites structures ne produisant que des bières de fermentation haute, pourtant la première école de brasserie de France s est installée dans les Ardennes de Balan en 1868. Dans les Ardennes, au début du XIXème siècle, on a 322 brasseries, en 1890 223, en 1900 210, en 1918, à l issue de la guerre 14-18, il n existe plus une seule brasserie en état de produire, elles ont été démontées par l occupant. L âge d or des brasseries dans les Ardennes est terminé En 1946, on retrouve 21 brasseries, 10 en 1956, 5 en 1961, 1 en 1979, la Grande Brasserie Ardennaise qui ferme ses portes. Le renouveau de la brasserie dans les Ardennes est récent, dans les années 2000, avec 3 brasseries en 2006. La consommation de bière est importante. En 1899 dans le Nord on consomme 256 litres/habitant/an, dans les Ardennes 154, mais à Revin, petite localité ouvrière, 986/habitant/an. Ce sont des bières très peu alcoolisées, 2 degrés, rien à voir avec les bières d abbayes belges actuelles. A la fin du XXème siècle, on note encore une consommation dans les Ardennes qui représente 2 à 3 fois la moyenne nationale, avec 80 l/habitant/an.

Les bières sont aussi créées pour des événements. De 1990 à 2007, on peut retrouver toute une série de produits qui ont duré quelques mois, que ce soit la bière Terre Ardennaise, la Lupulline, la Marotte, la Hallowen, la Carolo, la Passe Stout, la Tchafete, la Saint-Remi, la Toque Noire, la Gonzague, la Islay au malt fumé à la tourbe, l Armoise aromatisée à l absinthe ou la Drukel du festival de marionnettes 2002. Dans les Ardennes, la bière se boit au café, c est une bière un peu chaude tirée au caque, puis au milieu du XXème siècle, la pression fraîche refroidie avec de la glace, puis avec un groupe réfrigérant, viendra améliorer le produit. On peut aussi consommer au bar-tabac, au café-épicerie, au café-coiffeur, la boulangerie ou chez le boucher. La bière est consommée toute la journée, dès la mise en route du matin, l apéritif à 11 H, après le travail et surtout le dimanche après-midi, lors de pratique du jeu de quilles, de la belotte Autour des années 50, c est devenu la boisson de la kermesse et de la buvette du stade. La bière est une boisson fermentée avec 4 composants : du malt, des levures, du houblon et de l eau. A l époque où le retour du travail se faisait à pied ou à vélo, les arrêts buvettes étaient fréquents. On distingue 3 bières typiquement ardennaises : les bières de fermentation haute, des pâles à ambrées, non filtrées, houblonnées, moyennement alcoolisées ; la bière noire de Rimbaud ; la bière blonde de Sedan, de la Grande Brasserie Ardennaise. La fabrication de la bière : Visite de la Petite Brasserie Ardennaise avec Thierry, Dans la mesure où l orge fermente très mal, le grain est chauffé, germé puis étalé et séché au soleil ou sur des fours plats chauffés à haute température. On peut le sécher plus ou moins, voire le faire cuire, et l on obtient du malt qui peut être mouliné, donnant une sorte de farine. Pendant la germination, l amidon est cassé et les sucres fermentent, permettant ensuite aux levures d agir. Les malts peuvent être de différentes couleurs, dans les malts les plus bruns, il n y a plus de sucre. On peut aussi utiliser du blé à la place de l orge, ce malt de blé donne des bières blanches. La levure : il s agit de saccharomyces cervisiae, élément essentiel de la fabrication de la bière. C est Pasteur qui a isolé cet organisme vivant. La levure va utiliser le sucre du moût et produit de l alcool et du CO2, puis la multiplication s arrête quand la solution contient trop d alcool. brasseur depuis 1994. Chaque brasseur a ses levures, ses mélanges qui conditionnent les caractéristiques de la bière. L action de la

levure peut être difficile à contrôler, devenir anarchique et abîmé le brassin. Le houblon ou humulus lupulus est un cannabinacé, antiseptique naturel de la bière, très amer, désaltérant. On va donc utiliser les fleurs femelles ou cône du brasseur. Tiges de 5 à 6 mètres, des fleurs vont survenir en été, puis les cônes en automne. La récolte se fait sur des échasses. Depuis le XII siècle, le houblon est utilisé en Europe Centrale, c est Hildegarde de Bingen qui découvrit ses vertus aseptisantes et conservatrices. Avant l utilisation du houblon, on utilisait des herbes et des épices, et la boisson s appelait la Cervoise. A partir de l Europe Centrale au XIIème siècle, l usage du Houblon s est étendu à l Europe, XIVème siècle aux Pays-Bas, puis XVème siècle en Angleterre. L eau : pour fabriquer de la bière, il faut aussi de l eau, composant essentiel, la composition en sels minéraux de celle-ci conditionne saveur et parfois couleur de la bière : bicarbonate, sodium, chlorure, calcium, magnésium, sulfate. Le brasseur peut utiliser une eau de source, une eau souterraine, une eau de pluie, une eau du canal, une eau traitée du réseau urbain. Pour faire un litre de bière, 5 litres d eau seront nécessaires. Mais on peut aussi rajouter d autres ingrédients à la bière : du sucre en bloc, en sirop, en candy, en caramel ; des pétales de maïs, du riz, du froment torréfié, de l orge grillé, du miel, du piment, du gingembre, des herbes, mais aussi des fruits : oranges, pommes, framboises, citrons, cerises, bananes. Les brasseurs indélicats peuvent rajouter du sel, de l eau, de la mélasse. La fabrication de la bière de la PBA : ambrée ou oubliette : il faut donc 70 kgs de malt mélangé que l on met dans la cuve matière. L eau de la chaudière est portée à 63, soit 300 litres d eau, c est la température optimale pour les sucres du malt passent dans l eau sans être détériorée. La fusion va durer 1H30. Le jus du grain va passer dans un filtre dans le fond de la cuve puis aller dans un autre récipient. Sur le gâteau de grains qui reste, on fait un deuxième passage d eau, 20 litres à 80 pour récupérer les derniers sucres. Avec 70 kilos de malt, on fera une bière à 5,3, la quantité d alcool correspondant à la quantité de malt utilisée. Cette quantité d alcool reste fixe. Le jus sucré va être porté à ébullition pour stérilisation puis on va ajouter 1 kg à 1,5 kg de fleurs de houblon pendant 3 à 4 mn et on laisse infuser. Ensuite le brassin va refroidir, le plus vite possible pour éviter la contamination, en passant sur un refroidisseur, l appareil de Baudelot. Dernière étape : la cuve de fermentation, où l on va mettre le jus de grain avec les levures en cuve ouverte, 40 H l été, 42 H l hiver, pour faire une fermentation haute entre 18 et 25. On peut faire une seconde fermentation en cuve de garde pendant 3 semaines, avec une carbonation, les levures fabriquant du CO2. Enfin, lors de la mise en bouteille, on peut rajouter une petite quantité de levures pour une 3 ème fermentation et on obtient un produit séduisant : l oubliette. La bière existe depuis 8000 ans, elle a été mise au point au Proche-Orient. Trois innovations importantes en arrivant en Gaule : fabrication à une température basse, la cuisson, le stockage en cave dans des tonneaux au froid permettant une garde de 80 jours. On obtient donc une fermentation d un moût sucré obtenu par brassage et houblonné pendant une ébullition. Durant deux milles ans, on aura la même technique de fabrication avec une qualité très variable. Un des grands problèmes est le refroidissement du moût après ébullition, avant la mise en fermentation. Le brassin peut s infecter, peut fermenter et il est perdu. A l époque, un brassin sur cinq était impropre à la consommation. Des essais ont été faits à de multiples reprises pour refroidir le moût. A partir de 1880, Jean- Baptiste CELLIER propose un refroidisseur puis la même année, DEBUSSEAUX un matériel pour empêcher la bière de tourner. D autres solutions ont été proposées : en 1856,

l invention qui va révolutionner la fabrication de la bière, le réfrigérant «Baudelot».C est la base de la brasserie moderne. Jean-Louis BAUDELOT est né en 1797 à Vendresse dans les Ardennes, son père est maître de forges à Haraucourt. Il étudie en Belgique et devient ingénieur. Dès 1816, il va mettre au point de multiples inventions. En 1855, alors qu il rend visite à son cousin brasseur à Vendresse, il assiste au refroissement du moût, à cette époque, celui-ci est mis dans un grand bac peu profond, installé au grenier. Toute la nuit, le brasseur le remue à l aide de grandes perches pour l aérer, le refroidir et l oxygéner. On doit passer de plus de 1000 C et 150 C, température pour la fermentation. C est une manœuvre particulièrement délicate ; Le lendemain matin, il propose à son cousin son invention, le réfrigérant tubulaire : le moût chaud est stocké dans un bar refroidisseur puis il s écoule en couche très fine à la surface de tuyaux de cuivre, dans lequel de l eau de source coule du bas vers le haut. Au contact de cette masse froide, le moût passe de 750 C à 150 C en 1H30. Cela permet une oxygénation suffisante et un risque d infection réduit. En 1856, il dépose son brevet puis la Maison Vaucher de Sedan va assurer la fabrication avec une vente aux Etats- Unis et en Grande-Bretagne. Il ne cessera pas d améliorer sa technique et de proposer d autre matériel pour la brasserie (matériel pour recueillir les mousses de fermentation, machine à laver les tonneaux, faux-fonds de cuve-matière pour filtrer le moût, mobiles et en fonte, réfrigérant elliptiques). Ce réfrigérant «Baudelot» va être utilisé par Pasteur pour la fabrication de la bière à l abri de l air. Il sera utilisé en fermentation haute ou basse, mais aussi pour refroidir d autres liquides : le vin, le lait, le vinaigre. Celui d aujourd hui est en inox mais il est issu directement de l invention de notre ardennais J.L. BAUDELOT. A côté de ces bières de haute fermentation, vont apparaître des bières de basse fermentation à partir de 1840. Danois et Tchèques constatent les démarrages de fermentation très rapides à l automne et ils isolent des levures qui travaillent à 4. Elles ont été cultivées et utilisées pour faire des fermentations à froid. La Pils née en 1840 à Pilsen en Tchécoslovaquie, puis le procédé va s étendre très rapidement en Europe, Bavière, Autriche, Alsace de 1847 à 1852. Ce type de procédé va envahir toute l Europe sauf la Belgique et l Angleterre. En France, en 1919, les brasseries lorraines s installent dans les Ardennes, en 1921, 80 000 hl vendus, 100 000 en 1923. En 2005, dans le monde, 1 610 000 hl sont vendus. Il s agit de bières légères, de couleur claire, 3 mois de garde, avec comme chef de file, les bières Pilsen, Carlsberg de fabrication industrielle. Dans les Ardennes, on préfère la bière de nos brasseurs, ARDWEEN, SEDANE, OUBLIETTE, à déguster bien sûr avec modération.

25 es Rencontres de l ASPS Vieillissement maculaire et DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l Age) Docteur Corinne CORBIC-MALAVIALLE Rappel anatomique : la macula est une légère fossette, située au centre de la rétine dans l axe de la pupille. C est à cet endroit que l acuité visuelle est maximale, la rétine étant constituée presque exclusivement de cônes : photorécepteurs responsables de la vision colorée et de la vision fine des détails. L intégrité de cette zone est donc indispensable à une bonne vision. La nutrition et l oxygénation des cellules visuelles de la macula sont assurées uniquement par une membrane vasculaire (la choroïde) séparée de ces dernières par l épithélium pigmentaire et une fine membrane feuilletée. En effet les vaisseaux rétiniens issus de l artère ophtalmique ne sont pas présents au niveau de la macula. VIEILLISSEMENT MACULAIRE. Le vieillissement maculaire est inéluctable avec diminution du pigment maculaire jaune, riche en lutéine et

25 es Rencontres de l ASPS zéaxanthine (protégeant cette partie si importante de la rétine) et vieillissement des cellules visuelles, de l épithélium pigmentaire et de la choroïde. Ce vieillissement est mis en évidence à l examen du fond d œil (FO) par : 1) apparition de drüsen : petites tâches blanches maculaires correspondant à l accumulation rétinienne de déchets que l organisme ne peut plus évacuer. Ces dépôts avec le temps vont se multiplier et devenir confluents. 3) apparition de zones d atrophie maculaires. A ce stade, on parle de maculopathie liée à l âge (MLA) qui n entraine pas ou peu de modifications de la vision et peut rester muette très longtemps. Par contre la mise en évidence de cet aspect à l examen du FO doit conduire à une prise en charge médicale pour éviter si possible de basculer dans la DMLA et à une auto-surveillance permettant de dépister un passage récent vers cette pathologie. 2) apparition d altération de l épithélium pigmentaire. Prise en charge médicale. Il existe des facteurs génétiques et environnementaux qui influent sur le vieillissement maculaire et sur lesquels le patient ne peut agir. Par contre certains facteurs peuvent aggraver une MLA et peuvent être pris en charge. Il faut insister sur l arrêt du tabagisme actif ou même passif. l équilibration du poids. l équilibration de la tension artérielle.

25 es Rencontres de l ASPS le respect de l équilibre lipidique. la protection contre les UV (port de lunettes solaires, visière de casquette, bord de chapeau). L exposition constante de l œil à la lumière entraine l apparition de radicaux libres qui avec l âge ne sont plus éliminés par l œil et participent au vieillissement de l œil. Il est donc fortement conseillé à ce stade d obéir à des conseils diététiques permettant d augmenter les apports en antioxydants (piégeurs de radicaux libres). Voir le tableau ci-après vous indiquant les aliments à privilégier. La lutéine et la zéaxanthine, pigments maculaires importants dans la protection de la macula, ne sont pas synthétisées dans l organisme et ne proviennent donc que de l alimentation.

25 es Rencontres de l ASPS Clinique Auto-surveillance C est un test simple, rapide, à pratiquer régulièrement en cas de MLA et qui permet de mettre en évidence les premiers signes d une DMLA lorsque l atteinte est encore minime. Il se pratique œil par œil, avec port de la correction de près et consiste à fixer le centre de la grille d Amsler (voir ci-dessous). Toute apparition d ondulations des lignes ou de déformations signe une atteinte maculaire et doit déboucher sur une consultation ophtalmologique en urgence. L ophtalmologiste va tester l acuité visuelle, prendre la tension oculaire, examiner le FO pour écarter une autre étiologie ayant la même symptomatologie et faire pratiquer des rétino- photographies (éléments de surveillance et de comparaison), un examen en OCT et des angiographies si nécessaire. L examen en OCT Sigle pour Optical Cohérent Tomography (= tomographie à cohérence optique) : examen analysant la réflexion de la lumière sur les différentes couches de la rétine. Il permet donc de mettre en évidence des anomalies de l épithélium pigmentaire et de la choroïde (entre autre des signes indirects de néovascularisation signant une DMLA). Cet examen nécessitant une dilatation pupillaire est rapide, indolore, et de plus en plus facile à faire pratiquer de nombreux cabinets libéraux étant équipés.

25 es Rencontres de l ASPS C est un examen indispensable pour le suivi de l atteinte maculaire. L angiographie est par contre un examen - invasif DMLA Les troubles détectés lors du test d auto-surveillance peuvent être les premiers signes du passage de la MLA vers la DMLA. (Injection du colorant au pli du coude), - non dénué de risque (une fiche pour acceptation, est remise au patient mentionnant tous les éventuels effets secondaires répertoriés). Ce qui explique que ses indications aient diminué depuis l avènement de l OCT et qu elle soit devenue un examen de seconde intention, réservé au cas où existe à l OCT une exsudation faisant craindre l apparition de néovaisseaux maculaires. - qui nécessite une dilatation et dure une dizaine de minutes. Il existe deux colorants : la fluorescéine et le vert d infracyanine. Ce dernier est utilisé en cas de suspicion de néovaisseaux non mis en évidence par la fluorescéine (appelés néovaisseaux occultes). il existe deux types de DMLA totalement différents et pouvant parfois coexister chez le même patient et même parfois sur le même œil. Ce qui explique n il ne faut jamais relâcher l auto-surveillance. -La forme sèche ou atrophique avec disparition lente des cônes et de l épithélium pigmentaire remplacés par des plages blanches. Généralement les 2 yeux sont atteints mais de façon asymétrique et décalée dans le temps. Cette forme peut rester longtemps presque asymptomatique mais parfois l atrophie va progresser et entraîner une baisse d acuité visuelle progressive et une perte de la vision qui pourra être compensée un certain temps, en vision de près par des aides visuelles.

On ne peut proposer à ces patients que de régler ses facteurs de risque, de suivre les conseils diététiques et lui prescrire des compléments alimentaires. Il est important d insister sur le fait qu il ne sera jamais aveugle et pourra toujours se déplacer puisque seule sa vision centrale sera atteinte. 25 es Rencontres de l ASPS du diagnostic le plus précoce possible. Avec l aide de l OCT et des angiographies le néovaisseau va être localisé avec précision. -La forme humide ou exsudative ou néovasculaire est plus rare et peut être découverte à l occasion d un examen systématique, d une déformation ou ondulation des lignes, d une tache noire centrale ou lors de l autosurveillance. Du fait du vieillissement apparaissent des néovaisseaux au niveau de la choroïde qui vont entrainer une perméabilité anormale avec exsudation infiltrant la couche des cellules visuelles. Puis ces vaisseaux vont proliférer et infiltrer la rétine. Cette évolution peut être rapide et le pronostic visuel dépend du stade évolutif au moment de la prise en charge thérapeutique : d où l importance Traitement de la forme néovasculaire. Le traitement de première intention est l injection en intra-vitréen de produit bloquant la prolifération des vaisseaux (anti VEGF) faite en ambulatoire, après consentement écrit, avec toutes les précautions d aseptie requises. Un contrôle est fait au bout d un mois pour juger de l évolution. En général une série de trois Injections à un mois d intervalle est programmée. Ensuite la fréquence des injections est guidée par les résultats des examens. (surtout de l OCT qui est l examen incontournable de la surveillance). Ce traitement ne dispense pas de continuer l auto-surveillance.

Le laser et la photothérapie dynamique sont les autres traitements proposés suivant la localisation des néovaisseaux et peuvent être associés. La chirurgie (translocation maculaire..) qui n a plus sa place depuis l avènement des injections intra-vitréennes. Il faut noter que la prise en charge d un patient par injection anti-vegf est lourde à supporter moralement et représente un coût non négligeable pour la société. Malheureusement, en dépit d une prise en charge adéquate, il peut y avoir perte de la vision des deux yeux. L important est donc de conserver une certaine autonomie à ces patients dans la vie courante et de leur proposer une rééducation basse vision. Cette prise en charge est assurée par une équipe comprenant un ophtalmologiste une orthoptiste et un opticien. Elle permet d orienter vers les aides visuelles ou les appareillages les mieux adaptés. L orthoptiste fait travailler sur la mise en 25 es Rencontres de l ASPS place d un nouveau point de fixation et sur la synchronisation main-œil. Conclusion Actuellement en France un million de personnes souffrent de problèmes visuels dus à une DMLA et 3000 nouveaux cas de cécité (acuité visuelle < 1/20) apparaissent chaque année. La DMLA est la première cause de malvoyance dans les pays industrialisés. La recherche est donc active - rhéophérèse pour la forme atrophique) - greffe d épithélium pigmentaire - aides optiques (lunettes intelligentes ) Il est donc important d insister sur la prévention et la prise en charge rapide de cette pathologie.

25 es Rencontres de l ASPS DEFIBRILLATEURS EXTERNES : Pour Qui, Pourquoi? Comment? Dr P. RAYMOND - Dr D.GOURGON SARAZIN -L incidence de la mort subite cardiaque est évaluée à 50000 /an avec une mortalité qui atteint 95%. En dehors d un pic dans la petite enfance (mort subite du nourrisson), l incidence augmente avec l âge et surtout après 75 ans. Depuis 2007 la législation a élargi l utilisation des défibrillateurs à tout citoyen. -7/10 morts subites surviennent devant témoin, seuls 20% savent faire les premiers gestes de réanimation -4/5 des patients qui survivent ont bénéficié des gestes simples pratiqués par les témoins. La survie est 4 à 5 fois plus importante dans les pays où les lieux publics sont équipés en défibrillateurs externes LA DEFINITION DE LA MORT SUBITE On distingue > la mort subite établie : décès inattendu, sans cause extra cardiaque évidente, survenant suite à un collapsus établi devant témoin, dans l heure qui a suivi le début des symptômes. ->la mort subite cardiaque probable : décès inattendu sans cause extra- cardiaque évidente dans les dernières 24 heures (on exclu les fins de vie sur K et les bronchopathies obstructives). ->l arrêt cardiaque soudain : mort subite au décours de laquelle on dispose des enregistrements spécifiques des manœuvres de réanimation ou lorsque la personne a survécu à l événement.

25 es Rencontres de l ASPS Délai entre arrêt cardiaque et la première défibrillation (n=2748) 50 40 30 20 10 0 0 à 2 5 à 6 9 à 1013 à 1417 à 121 18Minutes Arrêts cardiaques: Survie en fonction du délai de la première défibrillation (D après HOLMBERG MS et al) LES CAUSES DE LA MORT SUBITE Elle est dominée par la maladie coronarienne -ATCD d infarctus -Fraction éjection basse -ATCD de tachycardie ventriculaire Elle atteint 30% dans cette population à risque, alors que dans la population générale elle ne dépasse pas 1%. AUTRES CAUSES CARDIAQUES: Myocardiopathies 10 à15% Plus rarement 5 à 10%: Syndrome de BRUGADA Syndrome du QT long FV idiopathique- Cardiopathies congénitales

25 es Rencontres de l ASPS EXEMPLES ECG de TROUBLES DU RYTHME VENTRICULAIRES GRAVES 1) -TORSADE DE POINTE SUR SYNDROME DU QT LONG 2) - FIBRILLATION VENTRICULAIRE ENREGISTREE AU HOLTER LES DIFFERENTS TYPE DE DEFIBRILLATEURS: Leur choix n est pas très déterminant 1) DEA: défibrillateur entièrement automatique avec délivrance du choc sans intervention humaine. 2) DSA: défibrillateur semi-automatique avec délivrance du choc après intervention humaine en appuyant sur le bouton choc. Une étude comparative sur 1165 chocs externes montre une supériorité du DEA/DSA avec moins de chocs inappropriés (6% vs 26%) et un taux de succès au 1 er choc plus fréquent

25 es Rencontres de l ASPS MASSER OU CHOQUER AVANT? Bien souvent l arrêt cardiaque survient en dehors de toute présence de secours il faut donc effectuer un MCE de bonne qualité jusqu à l arrivée des secours et en attendant la charge du défibrillateur (2 mn). Reconnaître l arrêt cardiaque : -inconscience -arrêt ventilatoire (ne pas de se laisser abuser par des mouvements ventilatoires inefficaces et des gasps) -arrêt du pouls (ne pas perdre de temps à le rechercher si pas de signes de vie et démarrer le MCE sans tarder) En pratique : agir vite et de façon efficace Appel du15, MCE, défibrillateur disponible ou non? Une hypoxie cérébrale> 5 mn entraine des lésions cérébrales irréversibles; le MCE permet de relancer la vascularisation et l oxygénation 3 GESTES INDISPENSABLES 1) APPELLER le 15 : Adresse précise du lieu Dire ce qui a été fait, Rester en contact avec le SAMU 2) MASSER et si possible bouche à bouche (mais pas obligatoire ) 3) DEFIBRILLER à l aide du DSA Comment réaliser un bon massage? -Allonger la victime sur une surface dure -Se mettre à genoux contre la victime sur le coté -Positionner les 2 mains l une sur l autre au milieu du thorax entre les 2 seins, les bras tendus -Appuyer de tout son poids : ce ne sont pas les mains ou les bras qui appuient mais tout le corps. -Ce sont des pressions fortes: enfoncer les mains dans la poitrine de 3 à 4 cm et remonter bien les mains entre chaque pression. Effectuer les pressions sur un rythme régulier: 100/minute, soit 2/sec environ et effectuer 2 insuflations en bouche à bouche toutes les 30 pressions (le bouche à bouche n est plus indispensable).

25 es Rencontres de l ASPS Diminution de la PP cérébrale de moitié Pas de retour à la normale si le geste est corrigé secondairement Pression de perfusion cérébrale * p < 0,05 MCE: influence de la relève incomplète des mains sur la perfusion cérébrale (D après Yannopoulos D et al) DEFIBRILLEZ à l aide d un DSA -> l appareil guide vocalement, étape par étape et garantit une utilisation sans risque -> ils sont disponibles dans les lieux publics: mairies, centres commerciaux, halles de marché, places centrales, pharmacies. -> le temps de charge est de 2 minutes -> en l absence de défibrillateur masser jusqu à l arrivée des secours LE DEVENIR DU PATIENT RESSUCITE: -> HOSPITALISATION En cas d IDM: coronarographie et angioplastie coronaire. Pace maker en cas de trouble conductif DAI Radio fréquence sur les zones de tachycardie ventriculaire (TV) Traitement anti arythmique >PREVENTION DES RECHUTES ->Contrôles cardiologiques réguliers, télémédecine pour les porteurs de DAI et/ ou PM

25 es Rencontres de l ASPS ->Prévention de la maladie coronarienne: correction des facteurs de risque (tabac, HTA, hypercholestérolémie, surcharge pondérale) Exercice physique régulier, dépistage familial. LA MORT SUBITE CHEZ LE SPORTIF ET SA PREVENTION 600 sportifs meurent chaque année en France au cours de l effort. Il s agit le plus souvent de sujets jeunes, plutôt de sexe masculin, asymptomatiques, où le sport révèle une maladie cardiaque ignorée que l ECG de repos permettra de dépister. Elle est plus fréquente chez le sportif occasionnel que l athlète de haut niveau qui lui est régulièrement suivi (ECG et échocardiographies initiales, épreuves d effort de suivi). 1)- Comment prévenir l accident : On manque en France de réelles données épidémiologiques ; elles ne pourront se mettre en place qu en parfaite coordination médecins, sportifs, fédérations. ->La 1 ère visite médicale doit être un examen approfondi avec ECG avec au moindre doute la nécessité d un suivi régulier. ->Les médecins doivent être formés aux contraintes que représentent le sport ->l éducation des sportifs est nécessaire : ne pas percevoir la visite médicale comme une contrainte; savoir leur expliquer comment pratiquer le sport ->adapter les rythmes d entrainement aux rythmes scolaires ou universitaires pour les sportifs de haut niveau -> éviter la prise de produits dopants et l automédication -> diffuser des règles d or du club des cardiologues du sport (envoi avec la licence, remise par le médecin lors de la visite d aptitude). «Absolument, pas n importe comment» Recommandations édictées par le Club des Cardiologues du Sport 1/ Je signale à mon médecin toute douleur dans la poitrine ou essoufflement anormal survenant à l effort 2/ Je signale à mon médecin toute palpitation cardiaque survenant à l effort ou juste après l effort 3/ Je signale à mon médecin tout malaise survenant à l effort ou juste après l effort 4/ Je respecte toujours un échauffement et une récupération de 10 min lors de mes activités sportive 5/ Je bois 3 à 4 gorgées d eau toutes les 30 min d exercice à l entraînement comme en compétition 6/ J évite les activités intenses par des températures extérieures < 5 ou > +30 et lors des pics de pollution

25 es Rencontres de l ASPS 7/ Je ne fume jamais 1 heure avant ni 2 heures après une pratique sportive 8/ Je ne consomme jamais de substance dopante et j'évite l'automédication en général 9/ Je ne fais pas de sport intense si j ai de la fièvre, ni dans les 8 jours qui suivent un épisode grippal (fièvre + courbatures) 10/ Je pratique un bilan médical avant de reprendre une activité sportive intense si j ai plus de 35 ans pour les hommes et 45 ans pour les femmes quels que soient mon âge, mes niveaux d entraînement et de performance, ou les résultats d un précédent bilan cardiologique. 2)- La Prévention sur le terrain: Les mêmes gestes que dans la rue : appeler : MCE ininterrompu, défibrillation Cela suppose d avoir organisé, répété et formé auparavant : joueurs, entraineurs, dirigeants aux gestes simples de 1 er secours en prévoyant une zone de prise en charge et surtout d avoir équipé les stades de défibrillateurs 3)- Aspects médico légaux: La mort subite non traumatique du sujet jeune révélant bien souvent de cardiomyopathies génétiques savoir accepter l autopsie et bien sûr préconiser le dépistage familial EN CONCLUSION Améliorez la prise en charge de la mort subite est l affaire de tous. APPELER-MASSER-DEFIBRILLER sont des gestes simples (à la portée d un enfant de 10 ans) et fait désormais partie des programmes scolaires avec une initiation aux premiers secours, organisée en 3 ème.. Cette initiation devrait être répétée ultérieurement sur les lieux de travail, étudiants pour améliorer à terme la survie au décours d un arrêt cardiaque. Sites pour se former au soins de 1 ère urgence : -www.secourisme.net -www.croix-rouge.fr -www.protection-civile.org TELECHARGEZ : 1 VIE = 3 gestes sur le site de Fédération Française de Cardiologie www.fedecardio.com Réf. bibliographiques : Printemps de la Cardiologie - Lyon 12-14 Mai 2O11 (P.ATTALI) d après les communications de D.JOST et E.MARIJON Fédération Française de Cardiologie 5 rue des colonnes du Trône-75012 PARIS

Run and Trail Anne-Marie et Eric Altwegg. HAKUNA MATATA C est vraiment à Addis Abbeba que nous réalisons que nous sommes partis pour un nouveau voyage ASPS. Les hypothétiques futurs vainqueurs du Kilimandjaro n ont pas trop de 4h pour parcourir la magnifique duty free-shop. Hervé, l air mystérieux, fait quelques achats somptuaires dans une parfumerie. Peut-être que cette année il ne partage pas la chambre avec Eric. Las de traîner la «grole», nous finissons par arriver à Nairobi, où le résultat du match de rugby refroidit quelque peu notre enthousiasme. C est certainement Jean-Pierre qui a pu faire retarder le vol de Paris de 2h, permettant ainsi de suivre la finale dans un café de l aéroport (commission sur les consommations?). Afin de «mutualiser» les risques, le 3 e vol part d Amsterdam, mais pour de sombres raisons, il passe aussi par Londres, et les malheureux voyageurs se voient proposer un dédommagement de quelques centaines d euros. Tous ces aléas ne sont pas sans conséquence sur le transfert de bagages et Françoise, Jeanick et Jean-Pierre ne récupèreront leur valise qu au retour à Nairobi. Un dernier coureur doit lui transiter par Dubaï. Heureusement, Jean-Pierre lui a trouvé une chambre dans le meilleur hôtel du lieu et il n arrive que le lundi à 6h du matin. Ce qui ne nous empêchera pas de lever le camp à 7h A Nairobi, en attendant l arrivée du reste de la troupe, Hervé fête au nom de l ASPS l anniversaire de 2 concurrentes dont la politesse nous interdit de donner l âge (elles-mêmes l ont oublié). Lundi 24 octobre, enfin tous réunis, nous partons vers la réserve d Amboseli dans nos safaris-bus Nissan, spacieux et confortables. Les coureurs sont un peu orphelins car Michelle est célibataire Qui va leur faire vivre le tracé des courses? Pour le classement, le retour des Anscombre devrait lisser les approximations des voyages précédents (Jacques, si tu nous écoutes?). En milieu de matinée, nous pouvons enfin admirer notre Graal (le Kili) du parking d un endroit sans lequel il n y aurait pas de voyage ASPS : une boutique pour crétins. Seuls les enfants s émerveillent encore devant l amoncellement des articles d artisanat. L entrée dans la réserve marque la fin de la route asphaltée pour le Kenya. Nous n aurons plus que de la latérite et de la tôle ondulée. Les naufragés du vol d Amsterdam essayent de profiter d un repos bien mérité et c est le départ de la traditionnelle course de décrassage. La plupart d entre nous ont revêtu le

tee-shirt couleur locale offert par Raymonde et les casquettes carrément noires offertes par Matthieu. A 500 m du Lodge, nous nous retrouvons nez à trompe avec une harde d éléphants. En Afrique, ce sont les touristes qui sont derrière les grilles et les animaux en liberté. Comment voulez-vous que ça marche? Notre ami Mickey s en approche un peu trop près et qu est-ce qui fait le plus peur à un éléphant : une souris!!! Les habituées des profondeurs du classement ont tôt fait de rentrer au Lodge, pleines d appréhension pour la course du lendemain. Nouvelles courses, nouvelles conférences et toujours ce bon vieux Christian! Solange nous met en garde contre la bière après la course mais c est tellement bon. Jean-François, quant à lui, fait un survol rapide mais efficace des oiseaux du Kenya. Mardi 25 octobre, de bonne heure, nous partons pour le 1 er safari au pied du Kili. A peu près tous les animaux d Afrique (éléphants, zèbres, gnous, impalas, lionnes, hyènes et singes) sont au rendezvous. La course de Satao nous mène dans un Lodge magnifique surplombant la réserve. Même si celle-ci a été raccourcie pour des raisons de sécurité, les derniers 6 km de latérite poussiéreuse paraissent bien longs. Des guerriers masaïs, dont certains courent avec nous pour l arrivée, ont été postés à distance pour rassurer les coureurs, mais, comme dit le philosophe, plus il y a de policiers, moins je me sens en sécurité!!! Pourtant, aucune lionne n attaque les membres les plus lents et les plus faibles de notre peloton. Même Xavier et Philippe pourtant empêtrés dans les épineux arrivent sains et saufs pour profiter de la piscine à débordements de l hôtel et des 100 bières «promises» au barman par Jean, qui avait dû garder la chambre pendant la conférence de Solange. L après-midi, deuxième safari dans la réserve d Amboseli pour compléter notre tableau de chasse. Et en soirée, deuxième volet de conférences : La bière, par Christian (nouvelle victoire du lobby des brasseurs, Eric, faut te réveiller!) Présentation sur les masaïs, un peu gâchée par une sono défaillante Mercredi 26, course de l école : joli parcours dans la campagne kényane, loin de la réserve, avec une arrivée en côte dans la cour d une école primaire. Notre bon vieux chrono qui tenait plus du sablier a rendu l âme. Le niveau des équipes ne cessant de progresser (si, si!!!), un nouvel appareil offert par les Christin trône devant les chronométreuses. Cependant, un séjour bref et intense sur les genoux d une de ces dames aura suffi à l affoler D ailleurs, on se demande où elles avaient la tête ce jour-là, car elles ont oublié Evelyne qui filmait le départ. Mais jamais au grand jamais, on ne les remplacera par des puces De plus, à la demande de Nelly, elles proposent à partir de cette année un service personnalisé : le décompte des km effectivement parcourus, plus la moyenne horaire (contre supplément évidemment). Comme au Rajasthan, tous les écoliers attendent de pied ferme les fournitures scolaires apportées, mais ici, une fraîche et sympathique «pagaille» complète la distribution. Les petits élèves, en uniforme vert et violet, n ont pas de cahiers et tout le cours se déroule au tableau, comme ils nous l ont montré. Une réussite aux exercices est saluée par une chanson de toute la classe. Nous quittons l école avec regret vers le parc national de Tsavo sur les pistes en latérite qui traversent la savane et les champs de lave. Après une courte visite aux sources d eau de Mzima Springs, où nous pouvons entrapercevoir crocodiles, hippopotame et poissons bleus, la nuit tombe quand nous atteignons notre lodge construit sur pilotis pour permettre le passage des animaux et la sécurité des résidents. Une grande mare éclairée par de fortes lampes n est pas sans nous rappeler Etosha. Certaines voudront réserver une table face à la mare! Un jeu de piste a été organisé pour retrouver nos bagages éparpillés dans tous les chambres. Jeudi 27 octobre, course du village. La matinée commence par un safari dans la réserve de Tsavo Ouest, un safari plus végétal qu animal et, quoi qu on en dise, c est avec beaucoup de «plaisir» qu enfin nous apercevons une «hyène» rayée. Les éléphants sont les rois de la savane et on constate les dégâts occasionnés sur les acacias par les 150 kg de nourriture quotidienne. Dans le règne animal, et rapporté à son poids, seul un marcheur ou peutêtre un coureur de l ASPS dans un hôtel 4 étoiles les dépasse! A chaque début de course, nous écoutons religieusement Jean-Pierre nous faire le topo de l épreuve. C est précis, coloré, efficace mais que sont devenus les phallus, champignons et autres métaphores? Les courses, c est déjà pénible, alors sans un peu de poésie au départ Gilles, reviens, même en fauteuil roulant, on te poussera! Cette fois-ci, Evelyne est dans la poussière les bras en croix, ne risquant pas d être oubliée, et c est dans un village comme annoncé que nous finissons cette course très vallonnée. Au vu des écarts, on aurait pu opter pour un chrono sans les secondes et même sans les minutes pour certaines. Pour

hâter les préparatifs du départ, Jean-Pierre nous gratifie d une pluie tropicale dont il a le secret depuis Panama. L après-midi, nous retournons traquer les félins. Ils sont vite débusqués, encerclés par une vingtaine de minibus, ce qui ne semble pas trop les affecter. Pour fêter le relatif succès de cette battue, nous nous retrouvons au soleil couchant en haut d une colline pour siffler quelques coupes de vin pétillant sud-africain (Eric aura été l autre grand absent de ce périple), accompagnées d un barbecue et d une animation musicale, pour le plus grand bonheur de nos «jeunes mariés». Et cet instant œnologique n aura qu à peine dissipé la tension qui monte dans nos minibus, les 2 couples qui nous accompagnent semblant dans l attente d un événement terrible Vendredi 28 octobre, course de Nwaktiaeu : 2 grandes lignes droites séparées par un virage à 90 courues dans la latérite. Le climat de superstition dans notre minibus finit par devenir pesant. Pattes de lapin et fer à cheval jonchent le plancher, eau de Lourdes aspergée sur le véhicule et pied gauche sur le marchepied. Pourtant le petit Renouf ne nous signale rien, si ce n est le passage de la frontière. En tous cas, nous roulons à tombeau ouvert sans accident sur les pistes bordées de villages et de baobabs majestueux. Les formalités à la frontière de la Tanzanie sont vite expédiées : 3 préposés pour nous contrôler, Jean-Pierre a dû y laisser au moins un bras. Sales, dépenaillés et à peine présentables, nous déjeunons à Arusha dans un hôtel extraordinaire gardé par des vigiles en armes et si nous avons fait la queue aux toilettes, c était pour les prendre en photo! Finie la piste, nos toyotas foncent pour nous déposer de concert devant la deuxième boutique à crétins du voyage et puis à l hôtel. d une hakka de circonstance. D abord les mayas, ensuite les maoris, vivement l église! l épreuve est très dure, avec de vrais coups de cul (nous vous renvoyons au lexique Lavigne français), de vrais «Gilles Lavigne» (cf. Jordanie) mais aucune église en vue. Tout le long du parcours, nous sommes accompagnés de paysans locaux. La marcheuse de notre mini-bus, toute heureuse d avoir échappé à la malédiction maya, se propose pour pousser la bicyclette surchargée d un paysan. Seulement, la succession de côtes fait rapidement fléchir sa bonne volonté et elle finit par arriver plus fatiguée que les coureuses. Hervé, qui affirme ne plus avoir de volonté après 2 verres, nous fait son premier malaise vagal dans l avant-dernière course : il doit se réserver pour le Kili. Jean, qui a enfin pris le dessus sur ses tiques, a définitivement lâché ses compagnes de course. Le déjeuner avalé, nous partons au lac Manyara pour notre safari quotidien. Pas de lions dans les arbres mais des girafes, des flamants roses, des singes, des hippos, des mangoustes etc. Dans la soirée, sous le sceau du secret, nos voisines de mini-bus nous recommandent d être prudents le 11/11/2011 à 11h11!!! Dimanche 30 octobre, course du café ou du thé? Dernière course, et donc la plus belle, elle nous emmène vers le vaste parc très fleuri (jacarandas et bougainvillées) d un bel hôtel, où un somptueux petit-déjeuner organisé par Jean-Pierre nous attend. Mais avant cela, il nous faut souffrir sur 12 km difficiles et le départ aurait pu être catastrophique, un attelage de 2 buffles certainement affolés par les maillots colorés des premiers coureurs a soudainement fait volte-face, manquant d embrocher Frédéric. Le retour au lodge permet encore un bain dans la piscine et c est le départ pour le dernier parc. Jamais 2 sans 3 : ultime boutique d artisanat local et achats de tissu masaï et d éléphants bien proportionnés pour Dominique. Jean essaye bien quelques paires de chaussures pneus mais il n est pas convaincu de l intégration des semelles Good Year dans son chalet montagnard. D ailleurs, il cherche un acheteur ou plutôt une acheteuse pour les magnifiques sandales qu il a acquises auparavant. Samedi 29 octobre : course de l église au lac Manyara Nous apprenons la nouvelle : hier, c était le dernier jour du calendrier maya!!! pour ainsi dire, une fin du monde prévue de longue date d après nos voisines de bus ; l esprit enfin tranquille, nous attaquons la course de l église. Au préalable, une dizaine de coureurs de noir vêtus nous gratifient Après, la route suit de loin la rive du lac et nous roulons dans une vaste plaine ponctuée de petits villages masaïs de 4 à 5 huttes.

Dernier volet de conférences au Tarangire Spa Lodge : 2 présentations d ophtalmologie par Corinne et Géraldine. Puis, nos amis cardios Dominique et Patrice nous sensibilisent à l utilisation des défibrillateurs par des néophytes. Christian finit cette séance en revenant sur l épidémie de sida en Afrique. Lundi 31 octobre : réserve de Tarangire, la cerise sur le gâteau! Le plus impressionnant des parcs avec Amboseli, même s il n y a pas la vue sur le Kili. Le clou du voyage, avec un safari de 5h30 qui nous a vraiment tenus en haleine. Des animaux, partout, et non des moindres Le meilleur moyen de se rappeler tout ceux qu on a vus ici, notamment les guépards, le léopard dans l arbre, le python, les repas des charognards et des lions, c est d acheter le diaporama de Jean-Pierre, très réussi, que nous vous recommandons. C est pour une bonne œuvre, peu de mots et beaucoup d images, l idéal, quoi!!! Déjà, c est le dîner de gala avec le classement «rire et chansons»! Beaucoup de jeunes et nouveaux coureurs, très talentueux mais Emmanuel n a rien lâché et il caracole toujours en tête. La hiérarchie chez les féminines change tous les ans (bravo Katia!). Par contre, dans les catégories plus mûres, les mêmes sont reconduits (bravo Françoise, Yves et Mariano ). Pour finir, jetons un regard complaisant sur certaines équipes : «Pique Evelyne», rien que de jeunes talents, mais dureront-ils jusqu en V2-V3, et une éléphantesque chanson très réussie. «Poissy», une équipe solidaire, avec son quota d handicapés (Lionel, unijambiste, qui a décidé dorénavant de se consacrer entièrement à l humanitaire, c est-à-dire aux marcheuses dont les maris courent), le «sympa-tique» Jean, et son couple de jeunes mariés en voyage de noces mais jamais fatigué. «Château l Enclos» ou le fond du tonneau : Eric aura besoin de 2 équipes pour réussir un bon assemblage, et dont la chanson restera dans toutes les mémoires!!! «Rhône-Alpes» : ENFIN!!!. En conclusion, un superbe voyage africain concocté de main de maître par Jean-Pierre et très bien partagé entre les courses et les safaris. Et que d animaux! Merci l ASPS! Mais, pour nous, le voyage ne fait que commencer, car demain nous prenons de la hauteur. Jambo, Jambo bwana Habari gani Suri sana Wageri, wakari, bishua Kenya Hakuna matata Anne-Marie et Eric Annonce: coureur néophyte vends polar très haut de gamme, jamais servi, envoyer offre à Jean Besson@commentçamarche.fr POLÉ POLÉ «Il voit là-bas dans le lointain, Les neiges du Kilimandjaro.» Mardi 1 er novembre : journée de transfert pour notre groupe de 38, après l adieu aux mercenaires du travail. Nous faisons route vers Arusha et Moshi, notre base de départ vers le Kilimandjaro. Notre très bel hôtel un peu vieillot est perdu dans une végétation luxuriante. Briefing avec notre chef-guide Yves, tout de suite adopté par Lionel sous le nom de M. Duce (ndlr. «Les bronzés font du ski») et présentation à nos 10 guides (environ 1 pour 4).

Le lendemain, départ sous un grand soleil pour Marangu Gate, où ont lieu les formalités d entrée, la rencontre avec la centaine de porteurs-cuisiniers et la distribution des bouteilles d eau. Les porteurs soupèsent nos sacs et on croit tous qu ils choisissent les plus légers. Mais non, en fait ils essayent de prendre les plus lourds, car ils sont payés au poids A 12h, on lève le camp à petite vitesse vers Mandara Hut. Pour l instant, pas ou peu de dénivelé. La piste forestière, facile et très bien entretenue, traverse une forêt équatoriale magnifique, avec des fougères arborescentes et de grandes lianes. Après 3h15 de marche et un repas chaud au milieu des bois, nous atteignons 2800 m et les premiers refuges de notre périple. Les guides, qui ne connaissent pas la discipline de fer ASPS, s étonnent de notre rythme uniforme. On a été bien dressé!!! Pour passer l après-midi, certains entament une partie de tarot endiablée pendant qu un élève studieux fait ses devoirs d espagnol D autres partent se promener, attirés par les cris des colobes (superbes singes noirs et blancs, qui «volent» de branche en branche). Alain, désigné co-chef, («faut qu on s organise») nous répartit très aléatoirement dans les refuges Après une courte nuit pour les heureux sélectionnés des dortoirs, départ jeudi 3 novembre pour Horombo Hut (3800 m). La forêt fait peu à peu place à un paysage méditerranéen beaucoup plus aride, avec des immortelles, des protées, des impatiens du Kilimandjaro et des bruyères. Le rythme devient vraiment «polé polé» (très lent), pour nous préparer à l altitude, ce qui nous laisse tout le temps d admirer le paysage, somptueux, pendant nos 7h de marche. Les fleurs disparaissent peu à peu, remplacées par d énormes séneçons. La vue est complètement dégagée sur le Kili et le Mawenzi (4800 m) et nous savourons notre plaisir. De petits refuges de 6 places nous attendent. Il commence à faire plus frais, nos sacs de couchage en duvet ne seront pas de trop. Les premiers vomissements et maux de tête font leur apparition! Départ tôt le matin pour le refuge Kibo (4800 m) dans un paysage de lave de plus en plus désertique. Le temps nous gâte, il fait toujours grand beau. M. Duce nous propose de ralentir encore pour faire passer les maux de tête et de ne plus parler, pour économiser notre souffle. Agathe se fait «réprimander» car elle est intarissable depuis le départ. Elle donne des cours de français aux guides et en profite pour améliorer son anglais. A 14h, nous voilà à Kibo, ou Monsieur «faut qu on s organise» s arrange pour qu on dorme à 20 sur 18 matelas, plus les rats dessous. Heureusement, nous avons de la chance avec nos cothurnes (Hervé est à côté de nous et il n a jamais été aussi calme, Jean est affalé sur son matelas, terrassé par l enjeu et le mal de tête). Chacun prépare son attirail pour le lendemain, qui 3 couches de pantalons, qui 3 paires de gants. Après le repas et la petite fête organisée pour l anniversaire de Martine («Elles me feront un blanc gâteau»), il est 17h et c est l extinction des feux. Il est prévu de nous réveiller à 23h. Bien sûr, quasiment personne ne dort, d autant plus qu un «blagueur» passe réveiller tout le monde à 19h Les allers-retours des personnes malades se succèdent dans le dortoir. Bref, rien de très original en montagne!!! «Il n ira pas beaucoup plus loin» A 22h30, branle-bas de combat, les alpinistes quittent les lieux et bientôt, les petites lampes frontales se mettent en route par groupe de 4 avec un guide et un aspirant, chaque «cordée» montant à son rythme ou plutôt à sa lenteur. Avec Patrice et Alain, nous perdons assez vite notre guide, Willy, déjà plus fatigué que nous. Toutes les ½ h, une petite pause s impose, l occasion pour Alain (directeur administratif) d appeler Jean-Claude Duce (directeur sportif) pour connaître l état des troupes plus bas. M. Duce est-il déjà atteint par le mal des montagnes? Il n arrête pas de l appeler Jacques La pente devient plus raide et les blocs à enjamber nous cassent le souffle. Enfin Gillman s Point (5681 m). Nous retrouvons les équipes de tête. Dans la nuit, les frontales marquent la progression des autres «cordées. «Voilà sans doute à quoi il pense» : Il faut finir! Encore 2 km et 200 m de dénivelé (les plus durs), soit une heure et demie de marche. On est loin de la moyenne horaire de la première semaine. Le soleil, qui nous rattrape à Stella Point, illumine les séracs et le sol noir de

lave. Sublime lever de soleil sur le toit de l Afrique. Par sécurité, le guide ne nous autorise pas à trop traîner au sommet. On sacrifie au rite de la photo et on entame la descente. «Elles te feront dormir, dormir» Cela fait 24h qu on n a pas dormi et la pression du sommeil, alliée à l altitude, devient très forte. On croise nos compagnons de route pas toujours reconnaissables. Ils ont tellement changé qu ils ne nous ont pas reconnus!!! Jacques et Georges ferment le ban. La difficulté n entame pas leur détermination et tous attendent le spectacle final. La descente est plus rapide mais assez fastidieuse lorsqu on attaque la poussière de lave. «Dans son délire, il lui revient» Jean-Pierre, atteint par l ivresse des montagnes, descend «complètement bourré» soutenu par 2 guides. Celleci n a eu aucun effet sur Lionel (trop blessé pour courir!), qui est monté le plus haut, vu qu il est le plus grand, et sur Hervé (sans volonté après 2 verres!), trop heureux d avoir battu les montagnards!!! Quant à Georges, qui redescend exténuer entre 2 porteurs, son arrivée nous rappelle celle de Herzog soutenu par 2 sherpas, en moins «diminué» bien sûr Martin a lui fait un étonnant roulé-boulé au sommet, mais plus de peur que de mal puisqu il n a pas perdu sa casquette Certains présentent des petites pertes d équilibre, qui vont disparaître le lendemain. Quand les derniers quittent Kibo, il commence à neiger «Où tu pourras dormir, dormir, bientôt» Notre premier réflexe en arrivant à Kibo est de dormir une heure ou deux pour récupérer et continuer vers Horombo. Lionel s y couche à 16h pour ne plus se réveiller avant le lendemain. Les autres essayent de se laver mais les douches n ont qu un robinet bleu et le plombier dort! «Elles te feront un blanc gâteau»

Au dîner, c est l occasion de fêter aussi l anniversaire de Sylvie (2 Kili à son actif, dont un le jour de son anni, par 2 voies différentes). Et elle aussi a droit à un beau gâteau blanc Bien fatigués mais ravis, les valeureux montagnards s effondrent dans leur sac de couchage, dans la nuit africaine seulement troublée par Georges, qui continue à chercher ses bagages depuis le départ de Christine. Le lendemain, on retrouve la civilisation et ses bienfaits : un bain chaud et un dîner copieux dans un bel hôtel. De retour du Rwanda, Jean-Pierre est venu nous accueillir et une petite et émouvante remise des diplômes clôture la soirée. Jean-Claude Duce, qui a parfaitement géré la montée et les problèmes inhérents au mal des montagnes, est félicité pour son résultat : seules 5 personnes sur 38 n ont pas atteint le sommet. Un grand bravo à nos juniors Clara et Antoine (Clara est sans doute la plus jeune fille à avoir fait le Kilimandjaro) et à nos seniors, Agathe et Philippe. Suite à un pari idiot, Lionel tient sa promesse d embrasser M. Duce à bouche que veux-tu (Josette, ce soir-là, tu as fait beaucoup d envieuses!!!) Le lendemain, dans notre bus vers l aéroport, nous LE regardons une dernière fois : «Elles n ont jamais été si blanches, Les neiges du Kilimandjaro.» Anne-Marie et Eric, avec le concours de Pascal Danel

RUN AND TRAIL KENYA TANZANIE 2011 CLASSEMENT GENERAL INDIVIDUEL

RUN AND TRAIL KENYA TANZANIE 2011 RESULTAT DES EQUIPES EQUIPE Rang réel Temps réel Rang compensé Temps compensé CHÂTEAU L'ENCLOS 8 79:16:35 8 63:09:14 NORD 6 75:14:06 7 62:56:46 RHONES-ALPES 3 71:01:32 1 53:38:26 POISSY 4 72:48:55 3 55:19:56 PARIS 5 73:06:06 2 55:12:52 PACA 7 75:23:26 4 57:34:51 MARLY LE ROI 2 70:12:32 5 59:10:07 PICALSACE 1 63 :55 :53 6 61 :03 :51