LE collectif Eurogroup

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1 LE collectif chez Eurogroup Consulting

2 le collectif chez Eurogroup consulting Ouvrage publié à l occasion de la quatrième Résidence d artistes eurogroup consulting et de Specimen, une exposition du Collectif (2 31 juillet 2010).

3 «Une rétrospective miniature de notre travail» Entretien entre le Collectif et Francis Rousseau La quatrième Résidence d artistes eurogroup consulting s est achevée le 31 juillet dernier. Quel regard portez-vous aujourd hui sur cette expérience? Le Collectif : Depuis la fin de notre résidence, c est la première fois que nous revenons à la tour Vista. Nous avons l impression que l expérience s achève véritablement aujourd hui : nos badges ont été désactivés et, après cinq mois d immersion, nous redevenons de simples visiteurs. Pendant ces cinq mois, nous avons en quelque sorte adopté le rythme des consultants, sans doute bien plus que nous ne l attendions. Cela était d ailleurs nécessaire pour prendre la mesure d un contexte si nouveau pour nous. Cette immersion représente un temps d incubation relativement long. Il nous a permis de développer plusieurs projets, plusieurs formes d appropriation de l espace, des étages, de l univers du cabinet. Le temps et son écoulement sont une véritable donnée de notre résidence, un matériau avec lequel nous avons travaillé, auquel nous nous sommes confrontés. Ce furent les temps de la découverte, de la connaissance, puis de la reconnaissance, comme en témoigne la genèse d une œuvre comme Roll ywood version money pics (cf. p 14-17). Après avoir eu cette idée d associer les visages du trombinoscope de l entreprise avec les effigies d une collection de billets de banque périmés, il a fallu les conseils de Mildred, à l accueil, puis beaucoup d observation, d intuitions fructueuses et moins fructueuses pour créer plus de 300 «collages». Un processus assez long donc, avec plusieurs étapes. Francis Rousseau : Cette résidence a fait naître un triple étonnement. Le premier tient à sa différence avec les trois précédentes. De fait, comme il s agissait de la dernière, il y avait à la fois beaucoup d attentes, une certaine nostalgie déjà! et, peut-être, un manque d adrénaline. Les peurs sur les règles du jeu, la liberté totale donnée aux artistes et ce qui allait en découler étaient naturellement moins fortes qu auparavant. Ainsi, je ne vous ai pas beaucoup vus, ni spécialement «espionnés»! Le second étonnement vient bien sûr de la présence d un collectif, de cette configuration inédite : comment un groupe de trois artistes peut-il évoluer dans notre univers? Est-il soluble dans l entreprise? Enfin, le dernier étonnement est celui ressenti lors du vernissage. Il résulte de la manière dont vous avez su résoudre les contradictions apparentes de votre résidence. Le passage entre la dimension conceptuelle, voire hermétique et ésotérique de votre discours, que les consultants ont pu par exemple percevoir lors de votre Conférence équitable qu ils ont comme moi aimé sans forcément tout en saisir, et l humanité qui se dégage de vos œuvres est tout simplement surprenant. Comment s est déroulée votre immersion, votre «incubation»? Le Collectif : A posteriori, nous reconnaissons la véritable carte blanche, très agréable, qui nous a été offerte, et le terrain fertile laissé par les précédentes résidences. À aucun moment, il ne nous a été demandé de justifier notre présence ou notre activité. De haut en bas, de gauche à droite : Francis Rousseau, François Bernus, Anne Couzon Cesca, Arnaud Bernus. 2 3

4 Le Collectif devant le Planiscope version Eurogroup Consulting. Nous avons ainsi pu nous concentrer sur comment rendre compte de notre expérience, nous positionner, assimiler un langage spécifique. Après nous être «enfermés» dans un bureau du 16 e étage une poche à partir de laquelle infiltrer l entreprise, nous avons vite compris qu il fallait saisir cette chance de pouvoir se confronter à un univers si particulier, à un public très différent de notre public habituel. Inspirés par le fonctionnement d eurogroup consulting, nous avons mis en œuvre une certaine mobilité en investissant, au fur et à mesure, tous les étages de la tour pour y réaliser des sculptures de livres. Ce fut la partie émergente, immédiatement visible de notre résidence. Par ailleurs, nous avons utilisé les outils des consultants (le serveur, les ordinateurs, le «coaching») pour nous approprier leur univers et en donner notre expression. Avant toute chose, il nous fallait collecter de l information cette étape est chez nous essentielle, constitutive de notre démarche avant de passer à la matérialisation de notre expérience. Ainsi la résidence a-t-elle vraiment commencé avec ces sculptures éphémères, réalisées dans les espaces de travail et de réunion. Elles ont tout de suite créé des réactions chez les consultants, permettant d instaurer le dialogue. Quelles ont été vos relations avec les consultants? Le Collectif : Les sculptures ont justement permis de tisser le lien avec eux. Nous leur proposions quelque chose très tôt dans la résidence, en nous montrant en train de travailler. Nous avons réalisé ces sculptures aux heures de bureau. Certains collaborateurs y ont reconnu une certaine technicité, d autres la réalité d un «travail artistique in situ». Chacun réagissait en fonction de son goût pour telle ou telle sculpture. Se posait aussi la question de leur statut : ces sculptures devaient-elles générer de l admiration? De l ironie? Du doute? Des questionnements? C était passionnant d interroger ces valeurs relatives à l art avec un matériau connu de tous, un livre blanc proche de la «Méthodologie eurogroup consulting». Finalement, chacun d entre nous a eu ses propres affinités et son propre rythme. François, qui a beaucoup travaillé sur le Planiscope version Eurogroup Consulting, a abordé les consultants sous un angle différent : celui des données laissées sur le serveur. Par ailleurs, cette résidence a modifié les relations entre nous. Elle a rendu acceptable le fait que nous puissions travailler de manière plus élastique, que des gestes individuels puissent venir nourrir un projet global sans avoir peur que cela n abîme la spécificité du collectif. L exposition Specimen présentait sept œuvres nouvelles. Vous a-t-elle surprise? Le Collectif : Oui, nous en étions étonnés, et les personnes qui nous suivent régulièrement l étaient aussi. Nous avons l impression d avoir proposé une rétrospective miniature, une cartographie à la teneur assez narrative. De plus, alors qu un certain caractère hermétique et un vocabulaire plastique très sec dont nous sommes conscients et que nous entretenons caractérisent notre travail, cette exposition a permis l arrivée d une corporéité dans notre œuvre, notamment avec les visages du Roll ywood version money pics. De même, c est la première fois que nous enregistrons la Conférence équitable, que nous la figeons, alors que nous l avons déjà jouée plus d une dizaine de fois. Est-ce dû à l univers du conseil et de l entreprise? Francis Rousseau : Ce qui me marque fortement, c est que je regarde cette résidence comme un ensemble indivisible. Selon moi, le collectif, son comportement, sa production, sa présence constituent un tout, et c est ce tout qui me plaît. Parmi les œuvres, j ai particulièrement aimé le Planiscope parce qu il révèle très bien votre démarche, votre matérialisation de l expérience. Il me semble à la fois très esthétique et très humain. Nous savons de quoi il est fait mais nous restons surpris devant ce que vous êtes arrivés à faire de données informatiques et corporate tout ce que l on déteste! En alchimistes, vous transformez ce matériau peu amène en quelque chose de lyrique. Les sculptures de livres sont également magnifiques, très organiques, utilisant quelque chose dont nous sommes très proches. D autres œuvres, comme le MIN (Module d intervention nomade), sont très ludiques, renforçant le côté interactif de l exposition. Le soir du vernissage, le Roll ywood version money pics a créé une empathie générale, générant une ambiance festive, chacun cherchant son visage dans les billets. Je suis très heureux que ce soit votre exposition qui termine notre cycle de résidences. En effet, bien que très peu étonné au début, je suis maintenant très surpris par votre proposition finale, par ce qu elle reflète et offre aux consultants. Elle est particulièrement aboutie et accompagne l évolution du regard du consultant sur l art. Il est amusant de relever la manière dont vous vous exprimez, parlant souvent d «agents secrets», de «filtrage» et d «infiltration», alors que votre proposition est finalement très humaine. J espère vivement que vous allez continuer à travailler tous les trois ensemble! Cet entretien a été réalisé le vendredi 10 septembre

5 Vue de la Conférence équitable donnée le vendredi 9 avril 2010 devant la salle Carmen, 22 e étage, tour Vista. «L art permet d aboutir à des représentations dégagées de toute fonctionnalité pour proposer un point de vue renouvelé parfois extrapolé sur des situations réelles.» Le Collectif Les harmoniques conceptuelles et in situ du Collectif La salle Carmen avec l œuvre Monsieur Prudence, juillet À deux reprises, au cours du premier semestre 2010, la salle de réunion Carmen, entièrement vitrée, située au 22 e étage de la tour Vista, a «subi les assauts artistiques» du Collectif 1.0.3, formé par Anne Couzon Cesca, Arnaud et François Bernus. La première fois sur sa paroi extérieure, via la projection d images énigmatiques ; à l intérieur, la seconde fois, via un paysage suspendu répondant au nom surprenant de Monsieur Prudence. Deux manières d investir l espace, par l iconographie et par la sculpture, très représentatives de ce groupe invité pour la quatrième Résidence d artistes eurogroup consulting. Ce collectif, dont le nom fait référence à la nomination informatique, a partagé le quotidien et l univers des collaborateurs de février à juin 2010, avant de présenter en juillet l exposition Specimen, soit sept œuvres très diverses témoignant de son immersion. Entre son arrivée et cette exposition, le vendredi 9 avril marque une étape importante. C est en effet le jour choisi par le collectif pour donner sa Conférence équitable, une présentation performée de ses œuvres et de sa démarche. En quelque sorte, le moment choisi pour se dévoiler après deux mois de repérages. Pour cela, ses membres se sont installés au 22 e étage avec leurs ordinateurs, leurs micros et leurs accessoires. Projetant trois programmes vidéo simultanés sur une paroi de la salle Carmen, rendue opaque par l application de paperboards, ils ont offert pendant presque une heure une conférence, forme à laquelle les collaborateurs sont habitués, au contenu et au déroulement spécifiques. En effet, la gestion de la parole y obéissait à la loi de l équité, chacun des membres ayant la même durée d intervention. Quant au contenu, les images et les discours mêlaient références à des œuvres passées, premières observations de leur contexte de résidence (photographies, compilations d extraits du Journal interne), extraits de films célèbres (Une femme est une femme de Jean-Luc Godard, Fahrenheit 451 de François Truffaut), documents hétérogènes (une carte de France divisée en trois, un extrait de série américaine montrant trois enfants se disputant des frites) et remarques sur leur propre pratique. Parmi celles-ci, deux campaient immédiatement le décor ainsi que les enjeux de leur présence : «Pour nous, l ordinateur est le lieu de rencontre de trois notions : la conservation, la conversion, la conversation» ; «Nos dispositifs ne sont pas à recenser dans la catégorie Cheval de Troie même s ils semblent être liés à ce registre. Il s agirait plutôt de créer un théâtre de l anonymat où l on se joue de l ambiguïté des rôles : un collectif en survie qui passe de la suspension à la rotation, des bavards d images, des artistes non productifs ou sans œuvre, des réfractaires de l art exposé, un public captivé puis capturé... Notre résidence nous donne de multiples occasions d activer 7

6 les fondamentaux de notre démarche artistique, notamment grâce à des recoupements entre l univers des consultants, pressés par l exécution de leurs missions, et notre propre comportement au sein du groupe que nous formons». Voilà énoncés leur goût pour l ordinateur et son univers (l archivage, la mise en réseau, sa relation à l usager 1, son modèle de fonctionnement) et leur réflexion sur la manière dont un collectif genre étonnant dans un milieu de l art où la signature du créateur est devenu un totem peut évoluer dans le contexte d une grande entreprise à la création immatérielle. Une conclusion s imposait : le Collectif porte un regard aussi introspectif sur sa manière de fonctionner qu il met en scène qu acéré sur son contexte et ses conditions de création. Trois mois plus tard, cette même salle Carmen était le terrain d une réelle occupation intérieure. Le collectif ne s arrêtait plus à la paroi externe, il franchissait la porte. Un filet d acrobates était tendu entre les murs de verre, formant un plafond de fils au-dessus de l espace de réunion. Après la projection d images, le collectif créait un paysage sur lequel tous pouvaient projeter, en l expérimentant, leurs sensations et leurs conclusions quant au sens à donner à ce Monsieur Prudence. D une certaine manière, en «Big Brother is watching you», Monsieur Prudence, avec son acolyte Monsieur Conscience, parachevait l entreprise d auscultation réelle et virtuelle du collectif, donnant une forme idoine le filet, 1 La série «Cosa Machina» en est une illustration, en mettant les questions du temps et du travail au centre de la relation entre l ordinateur et l usager (cf. p ). 2 Un exemple de ce goût pour les formes organisationnelles s exprime dans MUMM (2006), soit une cartographie en animation flash, respectant la chronologie de leur construction, des plans de métros de Paris, Tokyo, Londres et Mexico. L effort didactique, permettant le passage du structuré à l organique, se heurte vite à la saturation des données se superposant. 3 Il en existe à ce jour 70, «portraiturant» aussi bien particuliers qu institutions. De par la masse des données, celui réalisé chez eurogroup consulting est le plus grand planiscope existant, et le seul consacré à une entreprise. 4 Cette œuvre semble répondre à celle de Renaud Auguste-Dormeuil (I Was There, Power Blackout, January 30, 2009, Paris, N_ E, 2009), accrochée dans la salle adjacente, qui elle n est pas le résultat d une boite noire virtuelle mais bien réelle, construite en 2009 par l artiste. 5 Fugato, Rubato, Triplum, Ambitus, A, A Battuta, Organum, Agitato, Alla Diritta et Menuet. la toile d araignée pour matérialiser le réseau d œuvres et de sens né de cette rencontre entre un cabinet de conseil et un groupe d artistes, fasciné par la manière de nommer les choses, l univers informatique et les formes de l organisation humaine 2. «Apprivoiser» le temps, l espace et l immatériel Contrairement aux résidences précédentes, et sans doute en raison de sa nature de groupe, le Collectif a très tôt commencé à produire si ce n est des œuvres, du moins des gestes. En quelque sorte, à faire ses gammes, grâce à la création de deux œuvres «in progress» lui permettant d investir à la fois l espace (la tour Vista et ses étages), le temps (la succession des semaines) et ce qui constitue une mémoire de l entreprise : le serveur et ses données. Dès le 10 février 2010, soit cinq jours seulement après le début de leur résidence, il a commencé à cartographier la production écrite et les archives de l entreprise pour réaliser le Planiscope version Eurogroup Consulting (Date du catalogage : 10/02/2010), venant enrichir le corpus MISMA (Module d intervention de sauvegarde de méthodologies artistiques), consistant à reporter puis à représenter le contenu de disques durs 3. Ainsi, pendant cinq mois, l ensemble des données conservées par eurogroup consulting ont été manipulées au sens premier du terme, manière à la fois virtuelle et précise de prendre connaissance de la singularité d un contexte. En mettant à plat les éléments conservés par le serveur, en cartographiant une méthodologie de fonctionnement, génère un paysage nébuleux de noms de fichiers, un portrait collectif de l entreprise, à la fois lointain et éminemment proche de chacun. En cherchant à mettre en lumière la «macro-structure» de l entreprise, son double virtuel, le Collectif 1.0.3, d une manière finalement intime, donne une forme plastique, réelle de cette boîte noire 4, convertissant le cognitif en subjectif, le linguistique en pictural, créant une nouvelle manière de stocker de l information. Vue de l exposition Hotspot/Emerging Artists, Sammlung ESSL, Vienne Au centre, le MIN (Module d intervention nomade). Quelques semaines plus tard, l appréhension et la prise en charge du cabinet se sont exprimées par une réalisation physique : c est Fugato, installé dans un bureau non attribué du 15 e étage (cf. p ). Première d une longue série dont les éléments successifs portent le nom de rythmes harmoniques venant doubler les noms musicaux des salles de réunion 5, cette sculpture organique de livres blancs détonnait dans l environnement orthogonal de la tour. Pendant quatre mois, de manière successive, chacun des étages a accueilli une sculpture d apparence diverse, d esprit différent géométrique ou baroque, jouant avec l extérieur, soulignant les caractéristiques de l open space ou détournant l un des plus précieux outils de travail du consultant, avec Agitato, animation de livres blancs envoyée par BlackBerry à tous les collaborateurs (cf. p ). L une des sources de ce corpus est sans doute à chercher du côté d Ersilie, l une des villes imaginées par Italo Calvino dans son roman Les Villes invisibles (1972). Dans l imagination de l auteur, Ersilie détient la particularité d être habitée temporairement, d être une cité nomade, lieu d une pratique étrange. «Pour établir les rapports qui régissent la vie de la ville, les habitants tendent des fils qui joignent les angles des maisons, blancs, ou noirs, ou gris, ou blancs et noirs, selon qu ils signalent des relations de parenté, d échange, d autorité, de délégation. Quand les fils sont devenus tellement nombreux qu on ne peut plus passer au travers, les habitants s en vont : les maisons sont démontées, il ne reste plus que les fils et leurs supports [ ]. Ils réédifient Ersilie ailleurs.» Et le Collectif d aller réaliser au 17 e étage Rubato, se confrontant au paysage, ou au 20 e A Battuta, se déployant dans l architecture d une salle de réunion. Même les Planiscopes, avec leur manière de cartographier l épaisseur informatique des ordinateurs, rappellent Ersilie et sa formalisation des réseaux. Et si nous continuons de lire Les Villes invisibles, comment ne pas voir en Monsieur Prudence et Monsieur Conscience deux habitants d Octavie, «ville-toile d araignée. [ ] Telle est la base de la ville : un filet qui sert de lieu de passage et de support. Tout le 8 9

7 reste, au lieu de s élever par-dessus, est pendu en dessous. [ ] Suspendue au-dessus de l abîme, la vie des habitants d Octavie est moins incertaine que dans d autres villes. Ils savent que la résistance du filet a une limite.» Et si Les Villes invisibles formait le sous-texte de Specimen... À cet univers littéraire et fantastique, se superposent deux autres références, mises en œuvre par ce groupe d artistes immergé dans l entreprise. D un côté, l univers de l histoire de l art ; de l autre, celui du jeu de piste. C est par un biais presque invisible que l histoire de l art, et notamment Marcel Duchamp, l une des figures tutélaires du XX e siècle, s invite dans les œuvres du Collectif D abord, par cette parodie de l icône La Mariée mise à nue par ses célibataires, même venant titrer la fixation en vidéo de la Conférence équitable sous le nom de La Conférence équitable mise à nue par ses consultants, même. Au contact du cabinet, le Collectif s est essayé à une séance de «coaching» avec un consultant, conversant avec lui pour mettre à nu et en scène des manières de travailler, de s exprimer, de se présenter, si ce n est contradictoires du moins parallèles. Ensuite, par cette typographie créée lors de la résidence venant titrer ses œuvres (comme sur le mur de Roll ywood version money pics) et servant à correspondre avec les consultants. Dérivée de l écriture manuscrite de l inventeur du readymade, cette manière de nommer graphiquement les œuvres est en quelque sorte déléguée à celui qui fit de la nonchalance un mode de vie. Comme il l annonçait le 9 avril, le collectif joue l anonymat et l ambiguïté des rôles. Et justement, cet univers énigmatique, «policier», ce sont les conditions de communication des sculptures éphémères qui l ont créé, inventant un jeu de piste où si l on veut voir, il faut se déplacer, armé de quelques indices : un numéro d étage, une photographie de lieu, un titre... Cet esprit a par ailleurs trouvé son terme avec la sculpture A, 6 La Méthodologie eurogroup consulting, édité par l entreprise, ne présente, après une couverture très classique, que des pages blanches, l idée sous-jacente étant qu il appartient à chaque consultant de se construire sa propre méthodologie en fonction des contextes de travail. 7 À l image de Sunset (Nice, 2009) et Acte 1, Scène 1 (Annemasse, 2003). croix posée sur le sol, comme celle que nous pourrions trouver sur la scène d un crime. Avec ces sculptures de livres, le Collectif a ainsi convoqué de multiples références, plus ou moins évidentes et enfouies, donnant naissance à une œuvre très narrative, venant peupler les lieux de façon nomade. Néanmoins, s inspirant toujours des «villes araignées» de Calvino, refusant que l évolution engendre la perte des traces d une existence passée, le collectif a matérialisé ces sculptures éphémères, déployées d étages en étages. C est la fonction du MIN (Module d intervention nomade), étrange lieu de conservation, sonde spatiale renfermant les dessins inspirés des sculptures. Ainsi le Planiscope et les sculptures ont-ils accompagné le Collectif dans sa découverte de l entreprise, à la fois témoins de leur immersion et prismes grâce auxquels prendre connaissance du contexte. Les protocoles à l épreuve du réel : le Collectif version eurogroup consulting Premier collectif à être invité en résidence chez eurogroup consulting, et première confrontation pour lui avec un univers nonartistique, a activé comme le ferait toute organisation en repérage d un univers inconnu ses protocoles de travail afin de les mettre à l épreuve d un contexte inédit. Ainsi son approche de la résidence a-t-elle différé de celle des artistes précédents. Le Collectif est arrivé ni avec un projet défini comme Renaud Auguste-Dormeuil venant créer son Black Out ni sans projet défini comme Igor Antic et Barbara Noiret. Il s est immergé avec ses modalités et ses hypothèses de création qu il a ou non choisi d expérimenter. Ainsi, le Planiscope version Eurogroup Consulting s inscrit dans le corpus MISMA, les sculptures éphémères sont une nouvelle formalisation des livres blancs après Lunare Spectare (2008). Cette installation, structuresculpture de livres imbriqués les uns aux autres, précède en effet la gamme allant de Fugato à Menuet. Elément du langage Lunare spectare, Livres blancs, câbles et fils nylon, dimensions variables. Vue d installation, galerie In Situ/Fabienne Leclerc, Paris. «unpointzeropointroisien», le livre blanc n est pas sans rappeler la Méthodologie eurogroup consulting 6. Et, de fait, cette coïncidence a rendu inévitable le ré-emploi de ce matériau par le collectif pour lui donner une nouvelle vie dans un contexte où son usage pouvait être compris d une manière nouvelle, en dialogue avec la propre production du cabinet. De même, Roll ywood version money pics s inscrit dans la lignée des autres dispositifs rotatifs et collaboratifs de circulation d images dont le premier date de Aussi, le MIN Spirit ou Opportunity?, vaisseau spatial posé au cœur de La Défense, s est de nouveau fait le réceptacle de créations éphémères qu il convenait de conserver. Mais, tout en lui servant de matériau, de contexte, de terrain de jeu, l univers d eurogroup consulting a également modifié le fonctionnement et les protocoles du collectif. C est ce dont témoignent l arrivée de la représentation humaine dans le Roll ywood version money pics, la fixation de la Conférence équitable, le nomadisme des œuvres, le retour à une pratique in situ avec Monsieur Prudence et Monsieur Conscience 7. Ainsi, au contact de l entreprise, vite assimilée à une «ruche», le Collectif a certes donné naissance à des œuvres créées par délégation, prolifération, nomadisme, détournement et métamorphose, mais il s est également «regénéré». Organisation au sein d une organisation, il a «confronté» ses références, sa démarche et son fonctionnement interne à la vie d un cabinet de conseil. En en donnant des représentations multiples les visages du Roll ywood, les noms de fichiers du Planiscope, la métaphore des Monsieur Prudence et Monsieur Conscience, etc, le Collectif a proposé de nouvelles formulations artistiques qui viennent enrichir chacune des parties prenantes de la résidence. Clément Dirié Critique d art et commissaire d expositions, conseiller artistique de la Résidence d artistes d eurogroup consulting

8 portfolio des œuvres

9 Fugato, 2010 Page précédente : Sculpture éphémère. Livres blancs. Vue d installation, 13 e étage, tour Vista. Roll ywood version money pics, 2010 Installation, 22 e étage, tour Vista. Neuf écrans LCD 8, neuf dvd et billets, dimensions variables. Double page suivante : détail des billets sur le sol ; vue d un mur d un open space, juillet Le Roll ywood version money pics procède à un rapprochement entre les visages des collaborateurs du cabinet issus du trombinoscope et les effigies d une collection de billets de banque périmés. Présentés de deux manières, ces billets télescopent une population réelle et bien active avec une population démonétisée et oubliée, autrefois glorieuse, de conquérants, de libérateurs et de chefs d État. Dans les billets disposés au sol, chacun peut tenter de retrouver son visage, découvrir quelle parenté physique a présidé à son élévation en symbole du Tonga ou du Nicaragua, puis emporter «son» billet et, peut-être, s imaginer une autre vie. Au mur, les mêmes billets tournent en boucle, de façon aléatoire, comme au casino. Fascinés par ce ballet permanent, nous nous demandons le sens de cette association et quel serait le butin de ce jackpot improbable.

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11 Monsieur Conscience & Monsieur Prudence, 2010 Installations in situ, salles Carmen et Bolero, 22 e étage, tour Vista. Filets en nylon, 25m 2 et 36 m 2 Tour Vista, deux présences «incongrues» peuplent le 22 e étage : d un côté, le MIN (Module d intervention nomade), lointain cousin des satellites spatiaux, outil de conservation et de dialogue élaboré par le Collectif ; de l autre, Monsieur Conscience et Monsieur Prudence, deux filets monumentaux transformant deux salles de réunion. Ces derniers, titrés comme des personnages de bande dessinée mais également d après des noms de famille bien réels de collaborateurs, forment un paysage à la fois opaque et ouvert que chacun peut interpréter. Sont-ils des éloges du principe de précaution ou des rappels du slogan «No Risk. No Fun»? De bons ou de mauvais génies évoluant au-dessus des réunions, workshops, brainstorming et décisions? Quant au MIN, fidèle à sa mission, il permet de montrer une forme pérenne des sculptures éphémères réalisées pendant la résidence. Toutes les trois minutes, l écran caché en son sein se lève et vient dévoiler les dessins inspirés des sculptures éphémères, dont ils constituent aujourd hui la trace matérielle (cf. p ). MIN (Module d intervention nomade), Spirit ou Opportunity?, 2010 Sculpture et programme informatique, 100 x 120 x 150 cm

12 Planiscope version Eurogroup Consulting, 2010 Tirage diasec contrecollé sur aluminium, 225 x 150 cm. Ci-dessus, vue de l œuvre en salle Don Juan. Page de droite : détails du Planiscope. Nouvelle émanation du MISMA (Module d intervention de sauvegarde de méthodologies artistiques), le Planiscope version Eurogroup Consulting est le report du contenu du serveur du cabinet à la date du 10 février Son point de départ : «desktop», à partir duquel s élabore l arborescence. À la fois sauvegarde de la mémoire de l entreprise et double numérique de sa création immatérielle, il s avère être un portrait collectif et contemporain d eurogroup consulting. L organisation des fichiers y reflète la structuration de la pensée, du travail et des archives. En effet, la taille d un fichier est fonction de son degré d enfouissement dans le serveur. «Fait main», d une taille inédite mais nécessaire pour contenir les milliers de fichiers du serveur, ce Planiscope met également en scène la place de l individu dans le collectif, du singulier dans l ensemble ainsi que le fonctionnement en réseau en labyrinthe? de l information.

13 Cosa Machina 4 & Cosa Machina 5, 2010 Technologie lenticulaire, hologrammes, 90 x 90 cm. Vues des œuvres, salle Faust, 22 e étage, tour Vista. Cosa Machina 4 et Cosa Machina 5 reprennent les animations informatiques présentes à l écran quand un ordinateur «travaille». En effet, celles-ci matérialisent le temps d attente lors du chargement de fichiers. L usager se repose pendant que l ordinateur réfléchit. Ici, ce temps d attente est métamorphosé en temps de passage puisque la technologie lenticulaire requiert, pour s animer, le passage du spectateur devant l animation visuelle. Le Collectif a également créé Cosa Machina 6 (110 x 20 cm) pendant sa résidence.

14 La Conférence équitable mise à nue par ses consultants, même, 2010 Vidéo, couleur, son, durée : 38. Vues d installation, salle Traviata, 22 e étage, tour Vista. Le 9 avril 2010, le Collectif a proposé sa Conférence équitable, une conférence performée par laquelle il présente son travail, sa manière collective de fonctionner en intégrant des éléments caractéristiques de son lieu de résidence (extraits du Journal interne, photographies des lieux investis). La Conférence équitable mise à nue par ses consultants, même en est le film, fixant une forme orale en œuvre vidéo. Néanmoins, dans ce transfert, la conférence a subi deux phénomènes de post-production : le premier, naturel, est le montage ; le second, spécifique à la nature du cabinet, est l intervention d un consultant pour «coacher» les membres du collectif afin d améliorer leur force de persuasion, leur manière de s exprimer (c est la commande exprimée dans la lettre reproduite ci-contre). L œuvre, reprenant le titre de l icône de Marcel Duchamp, La Mariée mise à nue par ses célibataires, même ( ), met ainsi en scène l interaction entre les méthodes de l art et celles du cabinet, témoignant de la manière dont eurogroup consulting est «autant un contexte d observation de l autre qu une situation influant sur notre propre mode de fonctionnement en tant qu artistes œuvrant au sein d un groupe».

15 Organum, Alla Diritta, Agitato, 2010 Impressions digigraphie, 50 x 70 cm. Triplum, A, A Battuta, 2010 Vues d installation aux 18 e, 21 e et 20 e étages, tour Vista. Entre mars et juillet 2010, le Collectif a créé dix sculptures éphémères, une pour chacun des étages de la tour Vista occupé par eurogroup consulting. À la création plastique s ajoutait un protocole précis de communication. En effet, pour annoncer chaque sculpture, était envoyé aux collaborateurs un mail indiquant l étage de réalisation, son ordre d apparition, son titre dans une typographie reprenant l écriture de Marcel Duchamp et une photographie du lieu avant installation. Autant d indices énigmatiques invitant les collaborateurs à se déplacer à la recherche des sculptures. Le matériau utilisé est lui-même mystérieux. Caractéristique de la pratique du Collectif 1.0.3, le livre blanc, symbole du savoir en cours de formation, semblait fonctionner comme le double du collectif, s imprégnant et s enrichissant en même temps que lui de l univers du cabinet. Une occupation matérielle et immatérielle de l espace culminant par l investissement d une salle entière de réunion lors de Specimen. Quant aux titres, empruntés au registre de l harmonie musicale, ils dessinent une suite poétique qui vient renforcer le mystère entourant la succession des sculptures. À l issue de sa résidence, le Collectif a réalisé des dessins reprenant la forme des sculptures, des abstractions permettant de garder la trace de leurs créations éphémères. Ce sont eux que le MIN a diffusés pendant la durée de l exposition.

16 Ambitus & Rubato, 2010 Pour chaque œuvre : vue de l installation (14 e et 17 e étages), mise en espace du titre sur le lieu de réalisation de la sculpture, photographie de l annonce envoyée par mail, dessin.

17 Le Collectif Menuet, 2010 Sculpture éphémère. Livres blancs. Vue d installation, salle Nabucco, 22 e étage, tour Vista. Contrairement aux sculptures précédentes, Menuet a été réalisée par les trois membres du Collectif Dernière formalisation de leur jeu de pistes, cette sculpture à trois temps fait la synthèse des créations antérieures et apporte une nouvelle preuve de leur dextérité sculpturale, ces structures de papier tenant sans colle ni scotch. Biographie Formé en 2002 par Anne Couzon Cesca, Arnaud et François Bernus. Nés en 1978 et 1974, ils vivent et travaillent à Paris et Nice. Diplômés de l École Régionale des Beaux-Arts de Valence et de l École Supérieure des Beaux- Arts de Genève. Expositions personnelles (sélection) 2010 Specimen, eurogroup consulting, La Défense 2009 Roll ywood version cover speech, Synesthésie, Saint-Denis 2008 Mort ou vivant, avec les Frères Chapuisat, Galerie In Situ/Fabienne Leclerc, Paris 2005 MISMA, Le Magasin d en face, CNAC, Grenoble MISMA, La Galerie, Noisy-le-Sec 2004 La Cimaise, FRAC Haute-Normandie, Sotteville-lès-Rouen 2002 Roll ywood, BH9, École Supérieure des Beaux-Arts, Genève Expositions collectives (sélection) 2010 txt. Le texte comme sujet et comme composant, Galerie des Beaux-Arts, Lorient Atlas, Cartes et plans. Topographie, toponymes, territoires, Centre du livre d artiste, Saint-Yrieix-la-Perche 2009 la Force de l art 02, «Les virtuels», Grand Palais, Paris L Argument de la diagonale, bétonsalon, Paris In&Out, Synesthésie, Saint-Denis. Valeurs croisées, Biennale d art contemporain, Rennes Rien n aura eu lieu que le lieu excepté peut-être une constellation, 220 jours, Paris P2P, Casino, Luxembourg s - L Histoire d une décennie qui n est pas encore nommée, Rétrospective Pierre Joseph, Biennale d art contemporain, Lyon Je est il? Je sont ils?, Abbaye Saint-André, Centre d art contemporain, Meymac 2006 Nuit blanche, Galerie extérieure, Paris Cosa Nostra, Glassbox, Paris 2003 Domestication, Espace Forde, Genève Résidences (sélection) 2010 eurogroup consulting, La Défense 2010 Glassbox, Paris (programmation de 2007 à 2010) 2008 Les Ateliers de Rennes, «Programme Sources», Rennes 2006 La Box, Bourges 2005 La Synagogue de Delme, Lindre-Basse 2004 La Galerie, Noisy-le-Sec

18 Ouvrage publié à l occasion de la quatrième Résidence d artistes eurogroup consulting et de Specimen, une exposition du Collectif La Résidence du Collectif a eu lieu de février à juillet 2010 ; l exposition s est tenue du 2 au 31 juillet 2010 au 22 e étage de la tour Vista, siège d eurogroup consulting. La Résidence d artistes eurogroup consulting est un programme d accueil pluriannuel dans les locaux de l entreprise. Elle vise à une meilleure connaissance réciproque des mondes de l art et de l entreprise. Ainsi, elle offre un espace de travail et des moyens de production à chaque artiste ou groupe d artistes invité. À l issue de chaque résidence, une exposition, accompagnée d une publication, présente les œuvres créées pendant les mois d immersion. Pour toute information : Création graphique : La Lune Rousse Clément Dirié pour les textes Le Collectif pour les œuvres Crédits photographiques : Alain Goulard sauf pour les pages 7b, 9-11, 12-13, 16, : Collectif Le MIN (Module d intervention nomade) est une co-production eurogroup consulting, Puteaux, et La Galerie, Noisy-le-Sec. Remerciements des artistes à Pascal Jouxtel et Mildred Lemiere Initiée avec Igor Antic (janvier-juin 2008), la Résidence d artistes eurogroup consulting s est poursuivie avec Renaud Auguste-Dormeuil (octobre 2008-février 2009), puis Barbara Noiret (avril-octobre 2009). Chacune de ces trois résidences a donné lieu à une exposition Cabinet de Consultations pour Igor Antic, Black Out pour Renaud Auguste-Dormeuil, REX (Retour d EXpérience) pour Barbara Noiret et à un catalogue, documentant l immersion et le projet de chaque artiste, disponible sur simple demande. eurogroup consulting Tour Vista 52-54, quai de Dion-Bouton Puteaux Cedex

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