Professeur Charles-Siegfried PERETTI Président de l ARSPG
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- Christophe Victorien Pageau
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1 PROGRAMME FINAL / LIVRE DES ABSTRACTS Contact : [email protected] Inscriptions : Logistique : AVEC LE PARRAINAGE DE : La Faculté de Médecine Saint-Antoine, Pitié-Salpêtrière La revue La Lettre du Psychiatre
2 PRÉSIDENT DU CONGRÈS Pr. Eduard VIETA (Barcelone) PRÉSIDENT D'HONNEUR Pr. Maurice FERRERI (Paris) COMITÉ SCIENTIFIQUE Pr. Maurice FERRERI (Paris) Pr. Charles-Siegfried PERETTI (Paris) Pr. Florence THIBAUT (Rouen) Pr. Maurice CORCOS (Paris) Dr. Philippe LOEFFEL (Reims) Dr. Philippe NUSS (Paris) Dr. Harald SONTAG (Strasbourg) COMITÉ D ORGANISATION Pr. Charles-Siegfried PERETTI (Paris) Pr. Florence THIBAUT (Rouen) Dr. Harald SONTAG (Strasbourg) Dr. Marie-Victoire CHOPIN (Paris) ORGANISATION LOGISTIQUE DSO Eric TORDJMAN Nadège SCOTTON Sophie MARGERIDON [email protected] ÉDITORIAL DU CONGRÈS ARSPG 2012 " TRAITER DEMAIN : QUEL DIALOGUE ENTRE PSYCHOTHÉRAPIE ET PHARMACOTHÉRAPIE? " Comme si la dichotomie allait de soi, était fondée sur une évidence naturelle, il est communément accepté de concevoir la vie mentale comme la conjugaison de facteurs biologiques et psychologiques. En continuité de cette hypothèse, pharmacothérapie et psychothérapie paraissent résumer, parfois opposer, les approches thérapeutiques en psychiatrie. Si l une fait référence à l activité biologique cérébrale, l autre se fonde sur la spécificité de la vie psychique. Comme s il fallait s assurer de la validité de cette approche binaire, chacun des deux protagonistes s est vu presque caricaturé. La biologie a étendu son manteau sur la pharmacothérapie. Elle a posé ses pieds sur le socle de la science et son regard, portant loin, a prétendu éclairer le général en proposant un soin universel. La psychologie, quant à elle, s est affichée sous l étendard de l intime. Si sa voix parle des profondeurs, son oreille est au service du singulier, oui mais le singulier de l universel humain. Pharmacothérapie et psychothérapie se proposent ainsi de résumer le paysage de la vie mentale dans ses aspects thérapeutiques. Cette vision, dans un premier temps confortable, ne résiste ni à la pratique, ni à la réflexion. Pourquoi penser que la vie mentale ne se nourrit que de ces deux seules racines? Bien d autres registres peuvent en effet décrire l expérience humaine qu il s agisse de la métaphysique, de la sociologie, de la philosophie, de l histoire, de la culture, du politique. En outre, ni la biologie cérébrale ni la psychologie ne peuvent se définir comme des entités univoques. La biologie moléculaire, la génétique, l imagerie fonctionnelle, la pharmacologie, les essais randomisés sur les médicaments ne sont pas l expression d une même hypothèse. Les courants psychanalytiques, les théories cognitives, les modèles systémiques, les thérapies à médiation non verbale ne sont-ils pas eux-aussi les différentes facettes d une hypothétique vie mentale nucléaire? Les frontières entre pharmacothérapie et psychothérapie se font aujourd hui moins étanches. C est ainsi que de nombreux auteurs considèrent aujourd hui les médicaments comme des modulateurs informationnels (Kapur S. Am J Psychiatry. 2003), des modificateurs et stabilisateurs d attribution (Harmer C, Molecular Psychiatry, 2011). Ils mettent l accent sur les effets psychologiques des molécules psychotropes. De même, de nombreux travaux mettent en évidence les modifications biologiques induites par les effets des psychothérapies. (Houdé O. Med Sci. 2011). Les enjeux relationnels dans la prescription médicamenteuse sont majeurs et soulignent l importance des représentations tant chez le patient que chez le thérapeute. Ces réflexions ne visent pas à justifier une attitude désabusée qui laisserait entendre que la dichotomie psychothérapie/pharmacothérapie est obsolète, inopérante. Bien au contraire, mettre en lumière la diversité des composantes biologiques et psychiques de l esprit humain les rend d avantage perceptibles grâce à leur spécificité que de les fondre dans une dichotomie qui n émergerait que par l opposition des contraires. C est ainsi au dialogue entre ces deux univers qu il faut nous livrer afin d ensemencer les principes thérapeutiques qui nous aideront demain à mieux soigner. Identifier les registres et leurs complémentarités est certainement fructueux. Toutes les méta-analyses le montrent, il y a un bénéfice significatif à conjuguer ces deux approches. (Cuijpers P. Clin Psychol Rev. 2011) C est pourquoi notre Congrès : «La Psychiatrie dans tous ses états» a voulu faire le point cette année sur ce sujet central de nos pratiques : «Traiter demain : Quel dialogue entre psychothérapie et pharmacothérapie?». Au cours de 4 journées d exposés et d ateliers divers, nous explorerons des champs aussi différents que la psychogériatrie, les psychotraumatismes, la psychose, les troubles de l humeur, les pathologies de la personnalité, les troubles bipolaires à l adolescence. Nous le ferons dans un esprit à la fois de rigueur et de pragmatisme thérapeutique. D autres sujets d interface comme le suicide, la violence seront également abordés. Ils mettront en lumière les expressions et les attentes sociétales de ces expressions disruptives de la vie mentale. Une session sera bien sûr dédiée à la question de la méthodologie des études comparatives : médicaments / psychothérapies. Des symposiums seront aussi proposés par nos partenaires de l industrie pharmaceutique. Comme à l accoutumée, des orateurs français et étrangers nous feront partager leur savoir dans un esprit d échange et d ouverture. J espère vous retrouver toujours aussi nombreux, comme ces dernières années, interactifs et attentifs au cours du Congrès «La Psychiatrie dans tous ses états» pour son dixième anniversaire en Professeur Charles-Siegfried PERETTI Président de l ARSPG 2 DU 27 AU 30 MARS 2012
3 SOMMAIRE Éditorial Plan de l exposition et liste des exposants Synopsis Les ateliers de formation PROGRAMME DÉTAILLÉ Mardi 27 mars 2012 Mercredi 28 mars 2012 Jeudi 29 mars 2012 Vendredi 30 mars INFORMATIONS IMPORTANTES Informations générales Informations Air France Informations aux intervenants et auteurs Le congrès de A à Z LIVRE D ABSTRACTS Communications orales Communications posters Index des auteurs LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 3
4 PLAN DE L EXPOSITION Salon Levezou Salon Aubrac Salon Les Grandes Causses 1 EUTHÉRAPIE 2 ASTRAZENECA 2 bis BIOCODEX Podium 9 JANSSEN 8 SANOFI Buffet 3 EUSA PHARMA 4 LILLY LUNDBECK EISAI BMS & OTSUKA Salon Carladès ASC Ecran A Ecran B Ecran C Salon Ségala Toilettes Hommes Toilettes Femmes LISTE DES EXPOSANTS Remerciements : Le Pr. Eduard VIETA (Barcelone), Président du congrès, le Professeur Charles-Siegfried PERETTI, Président de l ARSPG, ainsi que les membres des Comités Scientifique et d Organisation adressent leurs plus vifs remerciements aux laboratoires. 4 DU 27 AU 30 MARS 2012
5 SYNOPSIS MARDI 27 MARS 2012 MERCREDI 28 MARS 2012 JEUDI 29 MARS 2012 VENDREDI 30 MARS 2012 ATELIER 2011N 2 : PSYCHOTRAUMATISME (8h30 9h30) STRESS ET TRAUMA SYMPOSIUM «Dépression : l évaluation clinique au cœur de la rémission» SYMPOSIUM «Troubles bipolaires : vers un traitement personnalisé?» ATELIER N 4 : PRISE EN CHARGE DU PATIENT VIOLENT EN PSYCHIATRIE (8h30 9h30) TRAITEMENT DU PATIENT SUICIDANT SYMPOSIUM «Schizophrénie : prendre en charge plus tôt, plus longtemps?» ATELIER 2011 N 6 : CONTROVERSE CONCERNANT LA BIPOLARITÉ CHEZ L'ADULTE JEUNE (8h30 9h30) COMMENT TRAITER LES POPULATIONS A RISQUE : MIGRANTS, POPULATION PÉNITENTIAIRE, PATIENTS VIOLENTS? SYMPOSIUM «Au delà de la prise en charge efficace du patient bipolaire : une prise en charge efficiente» COCKTAIL DÉJEUNATOIRE COCKTAIL DÉJEUNATOIRE COCKTAIL DÉJEUNATOIRE INTRODUCTION PSYCHO-GÉRIATRIE ATELIER N 1 : ECT ET TRAITEMENT DES TROUBLES DE L HUMEUR RÉSISTANTS (16h30 17h30) ATELIER N 8 : LES MANIFESTATIONS PSYCHOSOMATIQUES DE L'ANXIÉTÉ (17h30 18h30) SYMPOSIUM «Complémentarité des thérapies médicamenteuses et non médicamenteuse : deux exemples en psychiatrie» REMISE DES PRIX «CONFRONTATIONS PSYCHIATRIQUES» COMMENT TRAITER LES PSYCHOSES AUJOURD HUI? PRISE EN CHARGE DES TROUBLES DE LA PERSONNALITÉ ATELIER N 3 : TRAITER L ADOLESCENT DÉPENDANT AU CANNABIS (18h00 19h00) ATELIER N 7 : LES NOUVELLES PSYCHOTHÉRAPIES : LES TIPARS (13h30 14h30) SYMPOSIUM «Symptômes résiduels et troubles bipolaires» BIOLOGIE ET VIE PSYCHIQUE : QUELS FONDEMENTS? QUELLES PRATIQUES? ATELIER N 5 : SUIVI ET PRISE EN CHARGE DES PATIENTS BORDERLINE (17h00 18h00) 2011 LES PRÉMICES DU TROUBLE BIPOLAIRE À L ADOLESCENCE REMISE DES PRIX «POSTERS» THÉRAPEUTIQUES EN PSYCHIATRIE : ENTRE NATURE ET CULTURE LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 5
6 LES ATELIERS DE FORMATION Votre inscription au congrès vous donne droit à un atelier de formation au choix inclus dans votre forfait. Il vous sera possible de choisir un atelier complémentaire en supplément. Les personnes invitées au congrès par un laboratoire ne bénéficient pas d'un atelier inclus dans leur inscription mais peuvent profiter d'un tarif préférentiel. ATELIER N 1 : ATELIER N 2 : ATELIER N 3 : ATELIER N 4 : ATELIER N 5 : ATELIER N 6 : ATELIER N 7 : ATELIER N 8 : ECT ET TRAITEMENT DES TROUBLES DE L HUMEUR RÉSISTANTS Dr. Stéphane MOUCHABAC (Paris) Sponsorisé par Mardi 27 mars 2012 de 16h30 à 17h30 PSYCHOTRAUMATISME Pr. Louis JEHEL (Fort de France) Mercredi 28 mars 2012 de 8h30 à 9h30 TRAITER L ADOLESCENT DÉPENDANT AU CANNABIS Dr. Amine BENYAMINA (Paris) Mercredi 28 mars 2012 de 18h00 à 19h00 PRISE EN CHARGE DU PATIENT VIOLENT EN PSYCHIATRIE Pr. Franck BAYLE (Paris) & Dr. Jacques BOUCHEZ (Villejuif) Jeudi 29 mars 2012 de 8h30 à 9h30 SUIVI ET PRISE EN CHARGE DES PATIENTS BORDERLINE Dr. Marie-Victoire CHOPIN (Paris) Jeudi 29 mars 2012 de 17h00 à 18h00 CONTROVERSE CONCERNANT LA BIPOLARITÉ CHEZ L'ADULTE JEUNE Pr. David COHEN (Paris) Sponsorisé par Vendredi 30 mars 2012 de 8h30 à 9h30 LES NOUVELLES PSYCHOTHÉRAPIES : LES TIPARS Pr. Thierry BOTTAI (Martigues) Jeudi 29 mars 2012 de 13h30 à 14h30 Sponsorisé par LES MANIFESTATIONS PSYCHOSOMATIQUES DE L'ANXIÉTÉ Dr. Philippe NUSS (Paris) Mardi 27 mars 2012 de17h30 à 18h30 Sponsorisé par RAPPEL : COÛT DE L ATELIER SUPPLÉMENTAIRE : Tarif jusqu au 21 février 2012 inclus Tarif à partir du 22 février TTC / atelier 66 TTC / atelier Tarif préférentiel proposé aux personnes invitées par un laboratoire : 40 TTC. 6 DU 27 AU 30 MARS 2012
7 PROGRAMME DÉTAILLÉ MARDI 27 MARS h30 14h30 INTRODUCTION Pr. Eduard VIETA, Président du congrès (Barcelone), Pr. Maurice FERRERI, Président d'honneur de la 10 ème édition du congrès "La Psychiatrie dans tous ses états" (Paris) PSYCHO-GÉRIATRIE Présidente de séance : Pr. Anne-Sophie RIGAUD (Paris) 14h30 15h00 15h00 15h30 15h30 16h00 16h00 16h30 16h30 17h30 17h30 18h30 MODÈLES ÉTIOPATHOLOGIQUES ET NOUVEAUX TRAITEMENTS DANS LA MALADIE D'ALZHEIMER - O101 Dr. Emmanuelle DURON (Paris) QUALITÉ DE VIE ET APPROCHES PHARMACOLOGIQUES ET NON PHARMACOLOGIQUES DES PERSONNES ATTEINTES DE LA MALADIE D'ALZHEIMER ET DE LEURS AIDANTS - O102 Pr. Vincent CAMUS (Tours) LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DANS LA PRISE EN CHARGE DE LA MALADIE D'ALZHEIMER - O103 Pr. Anne-Sophie RIGAUD (Paris) PAUSE CAFÉ ATELIER N 1 ECT ET TRAITEMENT DES TROUBLES DE L HUMEUR RÉSISTANTS Dr. Stéphane MOUCHABAC (Paris) ATELIER N 8 LES MANIFESTATIONS PSYCHOSOMATIQUES DE L'ANXIÉTÉ Dr. Philippe NUSS (Paris) LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 7
8 MERCREDI 28 MARS h30 9h30 ATELIER N 2 PSYCHOTRAUMATISME Pr. Louis JEHEL (Fort de France) STRESS ET TRAUMA Présidents de séance : Pr. Louis JEHEL (Fort de France) & Pr. Abdelkrim KELLOU (Algérie) 9h30 10h00 10h00 10h30 10h30 11h30 11h30 11h45 STRESS ET PRÉPARATION AU COMBAT CHEZ LES MILITAIRES : RETOUR D'EXPÉRIENCE SUR LE SOUTIEN DES FORCES EN AFGHANISTAN - O201 Pr. Patrick CLERVOY (Toulon) EMDR : UNE PSYCHOTHÉRAPIE EFFICIENTE DES STRESS POST TRAUMATIQUES - O202 Dr. France HAOUR (Paris) DÉPRESSION : L ÉVALUATION CLINIQUE AU CŒUR DE LA RÉMISSION Pr. Charles-Siegfried PERETTI (Paris) & Pr. Pierre-Michel LLORCA (Clermont-Ferrand) LA DIMENSION ANXIEUSE DANS LA DÉPRESSION Dr. Amine BENYAMINA (Paris) L AMÉLIORATION PRÉCOCE : FACTEUR DE PRONOSTIC? Pr. Pierre-Michel LLORCA (Clermont-Ferrand) PAUSE CAFÉ 11h45 12h45 TROUBLES BIPOLAIRES : VERS UN TRAITEMENT PERSONNALISÉ? Pr. Louis JEHEL (Fort de France) L'APPROCHE MULTIDIMENSIONNELLE DANS LES TROUBLES BIPOLAIRES Dr. Franck BELLIVIER (Créteil) NOUVELLE OPTION MÉDICAMENTEUSE ET PERSONNALISATION DU TRAITEMENT PHARMACOLOGIQUE Dr. Florian FERRERI (Paris) QUELLES PSYCHOTHÉRAPIES DANS LES TROUBLES BIPOLAIRES? Dr. Raphaël GIACHETTI (Toulouse) 12h45 14h15 14h15 15h15 COCKTAIL DÉJEUNATOIRE COMPLÉMENTARITÉ DES THÉRAPIES MÉDICAMENTEUSES ET NON MÉDICAMENTEUSE : DEUX EXEMPLES EN PSYCHIATRIE Pr. Pierre-Michel LLORCA (Clermont-Ferrand) PRISE EN CHARGE DES COMORBIDITÉS ADDICTIVES: UN OBJECTIF OU UN CHEMIN? Dr. Philippe NUSS (Paris) THÉRAPIE INTERPERSONNELLE ET AMÉNAGEMENT DES RYTHMES SOCIAUX (TIPARS) ET TROUBLES BIPOLAIRES Pr. Fréderic KOCHMAN (Lille) 15h15 15h30 REMISE DES PRIX «CONFRONTATIONS PSYCHIATRIQUES» 15h30 16h00 PAUSE CAFÉ COMMENT TRAITER LES PSYCHOSES AUJOURD HUI? Président de séance : Pr. Dominique PRINGUEY (Nice) 16h00 16h30 16h30 17h00 L'IMAGERIE FONCTIONNELLE DES CERVEAUX PSYCHOTIQUES : À LA RECHERCHE DE LA "SCHIZE"? - O301 Dr. Jack FOUCHER (Strasbourg) LA REMÉDIATION COGNITIVE DANS LE TRAITEMENT DES PSYCHOSES : QUELS FONDEMENTS? QUELLES PRATIQUES? - O302 Pr. Nicolas FRANCK (Lyon) PRISE EN CHARGE DES TROUBLES DE LA PERSONNALITÉ Présidente de séance : Pr. Emmanuelle CORRUBLE (Le Kremlin Bicêtre) 17h00 17h30 17h30 18h00 ACTUALITÉS SUR LES ÉTATS LIMITES - O401 Dr. Alexandra PHAM-SCOTTEZ (Paris) PERSONNALITÉ ET RISQUES DÉPRESSIFS - O402 Pr. Julien-Daniel GUELFI (Paris) 18h00 19h00 ATELIER N 3 TRAITER L ADOLESCENT DÉPENDANT AU CANNABIS Dr. Amine BENYAMINA (Paris) 8 DU 27 AU 30 MARS 2012
9 JEUDI 29 MARS h30 9h30 ATELIER N 4 PRISE EN CHARGE DU PATIENT VIOLENT EN PSYCHIATRIE Pr. Franck BAYLE (Paris) & Dr. Jacques BOUCHEZ (Villejuif) TRAITEMENT DU PATIENT SUICIDANT Présidente de séance : Dr. Marie CHOQUET (Paris - INSERM) 9h30 10h00 10h00 10h30 10h30 11h00 APPORT DE L ÉPIDÉMIOLOGIE À LA CLINIQUE DU SUICIDE - O501 Dr. Marie CHOQUET (Paris - INSERM) LA NOUVELLE CLINIQUE DU SUICIDE - O502 Pr. Philippe COURTET (Montpellier) PAUSE CAFÉ 11h00 12h00 SCHIZOPHRÉNIE : PRENDRE EN CHARGE PLUS TÔT, PLUS LONGTEMPS? Pr. Dominique DRAPIER (Rennes) DE LA CONTRAINTE VERS L ALLIANCE : LA LOI DU 5 JUILLET 2011? Dr. Nidal NABHAN-ABOU (Laval) LES APAP : UNE AVANCÉE PHARMACOLOGIQUE, UN RÉFLEXE POUR LE PATIENT? Dr. Mocrane ABBAR (Nîmes) 12h00 13h30 COCKTAIL DÉJEUNATOIRE 13h30 14h30 ATELIER N 7 LES NOUVELLES PSYCHOTHÉRAPIES : LES TIPARS Pr. Thierry BOTTAI (Martigues) 14h30 15h30 15h30 16h00 SYMPTÔMES RÉSIDUELS ET TROUBLES BIPOLAIRES Pr. Pierre VANDEL (Besançon) TROUBLE BIPOLAIRE : LA PÉRIODE INTER-CRITIQUE EST-ELLE EUTHYMIQUE? Dr. Sébastien GARD (Bordeaux) SYMPTÔME RÉSIDUEL : ENJEUX DANS LA CONSOLIDATION DU TRAITEMENT Dr. Philippe NUSS (Paris) PAUSE CAFÉ BIOLOGIE ET VIE PSYCHIQUE : QUELS FONDEMENTS? QUELLES PRATIQUES? Président de séance : Pr. Christophe LANCON (Marseille) 16h00 16h30 16h30 17h00 LA DOUBLE LECTURE : UNE COMPLÉMENTARITÉ POUR UNE NOUVELLE PSYCHOPATHOLOGIE - O601 Dr. Lisa OUSS-RYNGAERT (Paris) COMMENT COMPARER AUJOURD HUI LES TRAITEMENTS DES TROUBLES MENTAUX? - O602 Pr. Christophe LANCON (Marseille) 17h00 18h00 ATELIER N 5 SUIVI ET PRISE EN CHARGE DES PATIENTS BORDERLINE Dr. Marie-Victoire CHOPIN (Paris) LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 9
10 VENDREDI 30 MARS h30 9h30 ATELIER N 6 CONTROVERSE CONCERNANT LA BIPOLARITÉ CHEZ L'ADULTE JEUNE Pr. David COHEN (Paris) COMMENT TRAITER LES POPULATIONS A RISQUE : MIGRANTS, POPULATION PÉNITENTIAIRE, PATIENTS VIOLENTS? Présidents de séance : Dr. Alain MERCUEL (Paris) & Pr. Mohamed TEDJIZA (Algérie) 9h30 10h00 10h00 10h30 10h30 11h00 11h00 12h00 12h00 13h30 ENJEUX PSYCHIQUES ACTUELS CHEZ LES DÉTENUS : QUELLES VIOLENCES? QUELLES RÉPONSES? - O701 Dr. Mathieu LACAMBRE (Montpellier) VALIDITÉ DU CONCEPT D HÉBOÏDOPHRÉNIE, 120 ANS PLUS TARD? - O702 Pr. Pierre THOMAS (Lille) PAUSE CAFÉ AU DELÀ DE LA PRISE EN CHARGE EFFICACE DU PATIENT BIPOLAIRE : UNE PRISE EN CHARGE EFFICIENTE Pr. Chantal HENRY (Créteil) PATIENT BIPOLAIRE STABLE, EST-CE L UNIQUE OBJECTIF? Dr. Stéphane MOUCHABAC (Paris) MANIE BIPOLAIRE : ROMPRE LE BALANCIER Dr. Michel MARON (Lille) COCKTAIL DÉJEUNATOIRE LES PRÉMICES DU TROUBLE BIPOLAIRE À L ADOLESCENCE Présidents de séance : Pr. David COHEN (Paris) & Dr. Philippe CLERY MELIN (Garches) 13h30 14h00 14h00 14h30 14h30 14h45 14h45 15h15 FORMES CLINIQUES PRÉCOCES DES TROUBLES BIPOLAIRES - O801 Dr. Mocrane ABBAR (Nîmes) MODALITÉS THÉRAPEUTIQUES DU TROUBLE BIPOLAIRE EN ÉTABLISSEMENT DE COURT SÉJOUR - O802 Dr. Philippe CLERY MELIN (Garches) REMISE DES PRIX POSTERS PAUSE CAFÉ THÉRAPEUTIQUES EN PSYCHIATRIE : ENTRE NATURE ET CULTURE Présidents de séance : Pr. Sami TAWIL (Paris) & Pr. Alain VANIER (Paris) 15h15 15h45 15h45 16h15 16h15 16h45 16h45 17h15 17h15 17h30 LA PSYCHIATRIE ARABO-MUSULMANE : ENTRE PHARMACOTHÉRAPIE ET PSYCHOTHÉRAPIE - O901 Pr. Sami TAWIL (Paris) PLACE DE LA CRÉNOTHÉRAPIE EN THÉRAPEUTIQUE PSYCHIATRIQUE - O902 Dr. Olivier DUBOIS (Saujon) THÉRAPEUTIQUE PSYCHANALYTIQUE APPLIQUÉE AUX TROUBLES DE L IDENTITÉ - O903 Pr. Alain VANIER (Paris) TCC DANS LES COMPULSIONS SEXUELLES - O904 Pr. Pascal DE SUTTER (Louvain) CONCLUSION Pr. Charles-Siegfried PERETTI (Paris) 10 DU 27 AU 30 MARS 2012
11 INFORMATIONS IMPORTANTES LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 11
12 INFORMATIONS GÉNÉRALES INSCRIPTIONS Les droits d inscription incluent l accès aux sessions scientifiques, aux zones de l exposition et des posters scientifiques, aux cocktails déjeunatoires et aux pauses café ainsi que dans certains cas aux ateliers souscrits. Chaque participant se verra également remettre un badge ainsi que le porte-documents du congrès incluant ce programme final / livre des abstracts. La facture ainsi que l attestation de présence sont remises aux participants pendant le congrès ou sur simple demande auprès de DSO. TARIFS Forfait Psychiatre du 27 au 30 mars 2012 (soit 3,5 jours) AVEC 1 ATELIER AU CHOIX OFFERT Forfait Psychologue du 27 au 30 mars 2012 (soit 3,5 jours) AVEC 1 ATELIER AU CHOIX OFFERT Forfait interne / infirmier / étudiant en psychologie du 27 au 30 mars 2012 (soit 3,5 jours) AVEC 1 ATELIER AU CHOIX OFFERT 315 TTC jusqu au 21 février 2012 inclus 200 TTC jusqu au 21 février 2012 inclus 168 TTC jusqu au 21 février 2012 inclus 378 TTC à partir du 22 février TTC à partir du 22 février TTC à partir du 22 février 2012 FORMATION Le congrès est cette année encore agréé par le département de Formation Médicale Continue de la Faculté de Médecine Pierre et Marie Curie. A ce titre, il donne droit à des crédits de FMC. Le département de FMC de l UPMC enverra un certificat aux participants ayant rempli et signé les documents attestant de leur présence ainsi que la fiche d évaluation du congrès. L ARSPG est inscrite auprès de la DRTEFP (Direction Régionale du Travail, de l Emploi et de la Formation Professionnelle) et en respecte les règles. L ARSPG dispose d un numéro de formation n : la prise en charge au titre de la formation continue professionnelle est possible pour chacune des sessions académiques. Le barème des points est le suivant : 4 points par ½ journée. ACCÈS LES SALONS DE L AVEYRON 17, rue de l Aubrac Paris BUS N 62 - Dijon Lachambaudie N 24 - Dijon Lachambaudie MÉTRO Ligne 14 - Cour Saint-Émilion VOITURE Sortie Porte de Bercy Direction Paris centre par la voie express G. Pompidou Prendre la 1ère sortie Bercy Terroirs / Parking Saint-Émilion Tourner à droite au feu avenue des Terroirs de France et aller jusqu au rond-point Tourner à gauche rue Baron le Roy jusqu à l hôtel Kyriad Prendre la rue de l Aubrac à gauche en face de cet hôtel Parking public Saint-Émilion à proximité du Pullman Paris Bercy. BUREAU DU CONGRÈS ORGANISATION LOGISTIQUE PENDANT LE CONGRÈS : Bureau d accueil du congrès, niveau RDC Les Salons de l Aveyron 17, rue de l Aubrac Paris Tél. : Fax : OUVERTURE : Mardi 27 mars 2012 : 12h30 18h00 Mercredi 28 mars 2012 : 8h00 19h30 Jeudi 29 mars 2012 : 8h00 18h30 Vendredi 30 mars 2012 : 8h30 18h00 SITE INTERNET DU CONGRÈS : APRÈS LE CONGRÈS : DSO Eric TORDJMAN Nadège SCOTTON Sophie MARGERIDON 15, rue Cugnot PARIS Tél. : Fax : [email protected] 12 DU 27 AU 30 MARS 2012
13 INFORMATIONS AIR FRANCE ÉVÉNEMENT : 10 ÈME CONGRÈS DE L'ARSPG, LA PSYCHIATRIE DANS TOUS SES ÉTATS - CODE IDENTIFIANT : 14203AF - VALABLE POUR TRANSPORT : DU 22/03/2012 AU 04/04/ LIEU DE L'ÉVÉNEMENT : PARIS, FRANCE Réductions sur une très large gamme de tarifs publics sur l'ensemble des vols Air France et KLM du monde, pouvant aller jusqu'à -47% sur les lignes de France métropolitaine (Corse incluse)**. Connectez-vous sur le lien Internet de l'événement ou sur pour : obtenir les tarifs préférentiels consentis, effectuer votre réservation, faire émettre votre billet électronique **, choisir votre siège à bord *, établir votre carte d'embarquement *. Si vous réservez via le site Air France et KLM Global Meetings, un justificatif sera joint à votre billet électronique. Si vous préférez traiter votre réservation et achat de billet par l'intermédiaire d'un point de vente Air France ou KLM, ou par une agence de voyage, vous devez garder ce document pour justifier l'application des tarifs préférentiels. Veillez à être en possession de l'un ou l'autre des justificatifs selon votre mode de réservation car il peut vous être demandé à tout moment lors de votre voyage. Pour connaître votre agence Air France et KLM la plus proche, consultez : Vous devrez citer la référence ci-dessus pour identifier la manifestation enregistrée sur la base Air France : GGAIRAFEVENTNEGO. Les programmes de fidélisation des compagnies partenaires d'air France et KLM permettent d'accumuler des miles en utilisant des vols Air France ou KLM. * soumis à conditions ** non disponible dans certains pays Société Air France, société anonyme au capital de euros Siège social : 45 rue de Paris, F95704 Roissy Charles de Gaulle cedex, France RCS Bobigny Société KLM Lignes aériennes royales néerlandaises (également connue sous l'appellation KLM Royal Dutch Airlines) Siège officiel : Amsterdamseweg 55, 1182 GP Amstelveen, Pays-Bas Enregistré sous le numéro Document édité par Air France et KLM Global Meetings : JH.VC LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 13
14 INFORMATIONS AUX INTERVENANTS ET AUTEURS VOUS ÊTES PRÉSIDENT DE SESSION : Nous vous remercions de bien vouloir vous rendre en Salle de conférences au minimum 10 minutes avant le début de la session que vous présidez. Les orateurs sont tenus de se conformer au temps de parole qui leur est imparti. Nous vous remercions de bien vouloir veiller à faire appliquer cette consigne. VOUS ÊTES ORATEUR : Nous vous remercions de bien vouloir vous présenter en Salle de conférences au minimum 15 minutes avant le début de la session dans laquelle vous intervenez. Merci de vous conformer aux instructions du président de votre session. Nous recommandons à chaque orateur de vérifier sa présentation orale suffisamment à l avance en la prévisualisant dans la salle de pré-projection prévue à cet effet selon le planning transmis. VOUS ÊTES AUTEUR DE POSTERS : Les posters seront affichés pendant toute la durée du congrès au cœur même de l exposition, dans les Salons LEVEZOU et AUBRAC, et le foyer situés niveau -1 près de la Salle de conférences LES GRANDS CAUSSES. Des fixations seront disponibles au bureau d accueil du congrès. Les auteurs sont priés d installer et de retirer leurs travaux selon le planning suivant : MONTAGE : à partir de 12h30 le mardi 27 mars 2012 DÉMONTAGE : entre 16h00 et 18h00 le vendredi 30 mars 2012 Les posters qui ne seront pas récupérés le vendredi à 18h00 pourront être détruis. L'organisation ne pourra être tenue pour responsable. Nous vous remercions de bien vouloir vous tenir à proximité de votre poster pendant les pauses café et cocktails déjeunatoires de manière à pouvoir en discuter avec les congressistes. La remise des prix posters est prévue le vendredi 30 mars 2012 à 14h30. VOUS ÊTES FORMATEUR : Les ateliers de formation se déroulent dans la Salle de conférences située au niveau -1. Nous vous remercions de bien vouloir vous présenter dans la salle au minimum 15 minutes avant le début de l atelier. Le formateur doit s assurer que les participants émargent au début de l atelier. Nous rappelons aux formateurs qu ils doivent veiller à ce que les participants répondent aux QCM au début et à la fin de l atelier. Nous recommandons à chaque formateur de vérifier sa présentation orale suffisamment à l avance en la prévisualisant dans la salle de pré-projection prévue à cet effet selon le planning transmis. 14 DU 27 AU 30 MARS 2012
15 LE CONGRÈS DE A À Z ABSTRACTS (LIVRE D ABSTRACTS) : Les abstracts des orateurs des sessions académiques ainsi que ceux des auteurs de posters sont inclus dans le programme final ainsi que sur le site internet sous forme de document pdf. ATELIERS DE FORMATION : Des ateliers de formation ont été mis en place. Participation optionnelle et sur inscription obligatoire. Les ateliers se déroulent dans la Salle de conférences située au niveau -1. BADGES : Le port du badge est obligatoire sur toute la zone du congrès (sessions plénières, zone d exposition et zone posters). Badges VERT pour les CONGRESSISTES Badges ROUGE pour les INTERVENANTS - INVITÉS Badges BLEU pour les EXPOSANTS Badges JAUNE pour l ORGANISATION COCKTAILS DÉJEUNATOIRES : Les cocktails déjeunatoires seront servis dans les Salons AUBRAC et LEVEZOU situés au niveau -1 (même niveau que la salle plénière), au coeur même de l exposition afin de faciliter les échanges entre les partenaires de l industrie pharmaceutique et les congressistes. CONFÉRENCES : Les conférences auront lieu dans le Salon LES GRANDS CAUSSES au niveau -1. Les communications orales sont codifiées par la lettre «O», le n du thème suivi de l ordre de passage dans la session. EXPOSITION : L exposition est située dans les Salons AUBRAC et LEVEZOU, niveau -1 (même niveau que la salle plénière). NON FUMEUR : Conformément à la loi, l ensemble du congrès est une zone non fumeur. OBJETS PERDUS : Tout objet trouvé devra être rapporté aux bornes d accueil du congrès. N hésitez pas à consulter les hôtesses d accueil du congrès en cas de perte. PORTABLES : Afin de ne pas perturber le déroulement des sessions scientifiques, nous vous rappelons que les téléphones portables doivent être éteints dans la Salle de conférences. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 15
16 LIVRE D ABSTRACTS COMMUNICATIONS ORALES 16 DU 27 AU 30 MARS 2012
17 PSYCHO-GÉRIATRIE O101 - MODÈLES ÉTIOPATHOLOGIQUES ET NOUVEAUX TRAITEMENTS DE LA MALADIE D ALZHEIMER Dr. Emmanuelle DURON Hôpital Broca, 54 rue Pascal Paris En raison du vieillissement de la population, la maladie d Alzheimer (MA) constitue un problème de santé publique majeur. À l heure actuelle, deux types de traitements symptomatiques existent : les anti-cholinestérasiques et la mémantine. Ils ralentissent l évolution de la maladie (études randomisées contre placebo sur 6 mois) mais sont classés ASM4 selon la Haute Autorité de Santé. De nombreuses études thérapeutiques ont pour cible les substrats neuro-pathologiques de la MA. Il s agit de la protéine β-amyloïde qui s agrège au niveau de l espace extracellulaire et des dégénérescences neuro-fribrillaires constituées de protéine Tau (protéine normale du microtubule) hyperphosphoryllée. La présence de ces anomalies, longtemps avant les symptômes cognitifs, conduit à la mort neuronale par un mécanisme encore inconnu mais dont l étape ultime est l entrée intracellulaire de Calcium. Des études ont été conduites sur des modèles animaux de MA et certaines sont actuellement en phase 2 ou 3 chez l homme. La majorité des études conduites concernent la voie amyloïde. L immunothérapie active anti Aβ a permis une diminution des plaques amyloïdes dans le cerveau de souris transgéniques et une amélioration comportementale. Ceci a été testé chez l humain : il y avait bien une diminution de la charge amyloïde cérébrale mais 6 % des patients traités ont développé une encéphalite ce qui a entrainé l arrêt de l essai. Des études sur l immunisation passive anti-aβ ont donné des résultats encourageants sur les modèles animaux et ces études sont en cours chez l humain. D autres études ont pour but d inhiber les enzymes conduisant à la formation de la protéine Aβ toxique. Aucune de ces études anti-amyloïdes n a donc encore été positive. Quelques études ont concerné l hyper-phosphorylation de Tau ou son agrégation. Le lithium inhibe la phosphorylation de Tau et a montré un bénéfice (anatomopathologique) dans des modèles animaux de MA. Des études à long terme des patients présentant des MA pré-clinques s avèrent nécessaires. O102 - QUALITÉ DE VIE ET APPROCHES PHARMACOLOGIQUES ET NON PHARMACOLOGIQUES DES PERSONNES ATTEINTES DE LA MALADIE D'ALZHEIMER ET DE LEURS AIDANTS Pr. Vincent CAMUS (Tours) La maladie d'alzheimer ne se limite pas, dans sa présentation clinique, à une altération des fonctions cognitives. Elle comporte aussi des symptômes affectifs et comportementaux qui contribuent de manière significative à la sévérité du tableau clinique. Les stratégies de traitement pharmacologiques et non pharmacologiques visent autant à la stabilisation ou la réduction des symptômes, qu'à la réduction de leur impact en terme d'altération de qualité de vie du patient et de ses aidants. À partir de données issues d'études cliniques seront discutés les déterminants de la qualité de vie des personnes souffrant de la maladie d'alzheimer et de leurs aidants. La place des différentes stratégies d'intervention pharmacologiques et non pharmacologiques seront discutées quant à leur impact potentiel en termes de qualité de vie. O103 - LES NOUVELLES TECHNOLOGIES DANS LA PRISE EN CHARGE DE LA MALADIE D'ALZHEIMER Pr. Anne-Sophie RIGAUD Hôpital Broca, AP-PH, Université Paris Descartes L augmentation du nombre des personnes souffrant de maladie d Alzheimer amène à poser la question de leur accompagnement au domicile lorsque la maladie entraine une dépendance dans la vie quotidienne. Les Nouvelles Technologies de l Information et de la Communication pourraient jouer un rôle d aidant supplémentaire sans pour autant se substituer aux aidants familiaux ou professionnels. Ces gérontechnologies pourraient contribuer à pallier certains déficits cognitifs en aidant les patients dans leurs activités de vie quotidienne (rappel de prise des médicaments, aide à la gestion de l agenda, du budget, à la confection des repas), à mobiliser les ressources intellectuelles résiduelles du patient par des interventions de stimulation cognitive informatisée, à réduire les troubles psychiques : anxiété et dépression des personnes par un contact visuel (webconférence) avec la famille et les professionnels, à faciliter la sécurité du patient en détectant des chutes ou des situations d errance et aider les familles (programmes psycho-éducatifs informatisés) et les professionnels (formation à distance) dans la prise en charge des patients. Nous illustrerons par quelques exemples comment évaluer les besoins des utilisateurs dans ce domaine et la capacité de ces personnes à accepter ces technologies. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 17
18 STRESS ET TRAUMA O201 - STRESS ET PRÉPARATION AU COMBAT CHEZ LES MILITAIRES Pr. Patrick CLERVOY Professeur au Val de Grâce Titulaire de la Chaire de psychiatrie et de psychologie médicale appliquées aux armées Les opérations militaires modernes sont des interventions où s enchaînent et se mêlent différentes postures : des actions d interposition et de maintien de la paix, des missions de police au profit du tribunal pénal international, de la lutte contre la piraterie, de l action humanitaire et la guerre contre le terrorisme. Ces interventions ont des aspects complexes impossibles à penser selon un simple schéma manichéen. À tout moment le soldat peut être menacé et à chaque temps il peut être amené à engager le combat. Il n y a pas de front, pas de répit. La menace est ubiquitaire. Elle peut autant venir d un homme armé en uniforme, facilement identifiable, que d une banale personne civile. C est encore plus difficile lorsque l ennemi se cache ou se dévoile sous les traits d une femme ou d un enfant. Les blessés et les morts sont plus le fait des pièges et des attentats que le fait de combats directs. Les théâtres d opération sont lointains. Les engagements sont multinationaux, sous mandat de l ONU ou de l OTAN. Les équipements sont à la pointe de la technologie, mais les procédures sont lourdes. En face, furtif, l insurgé est équipé tantôt d une arme rustique, tantôt d une bombe artisanale, et d un téléphone portable. Cette asymétrie perturbe les repères moraux et l équilibre psychologique des militaires des forces de la coalition. Les moments traumatiques sont parfois évidents, comme lors d un péril vital direct et prolongé ; ils sont parfois insidieux comme lors de confrontations au spectacle de réfugiés en souffrance, à la détresse des rescapés au milieu des ruines ou aux images atroces des charniers. Le psychiatre, dans les temps de préparation, intervient par une information sur les troubles psychiques en opération et leur dépistage. Sur le terrain, se sont quelques interventions individuelles et beaucoup d interventions au niveau collectif dans le cadre de cellules médico-psychologiques. Puis il y a les interventions au retour, dans la prise en charge de militaires présentant des états anxieux chroniques avec leur cortège de troubles du comportement, particulièrement les comportements violents et les conduites suicidaires. Ce panorama est illustré de choses vues et montrées lors d une mission récente en Afghanistan. O202 - LA THÉRAPIE EMDR (EYE MOVEMENT DESENSITIZATION AND REPROCESSING) : UNE PSYCHOTHÉRAPIE EFFICIENTE DES STRESS POST TRAUMATIQUES Dr. France HAOUR Directeur de Recherche INSERM, Psychothérapeute EMDR Association EMDR France, 30 place St Georges Paris [email protected] La psychothérapie EMDR repose sur des concepts issus d observations et de traitement réalisés pour des patients dans un état de stress post traumatique (EPST), (SHAPIRO F., 2001, 2007) ; (HAOUR F. et SERVAN-SCHREIBER D., 2009). Il s appuie sur les données de la neurobiologie ainsi que sur les travaux d observation clinique de Pierre Janet. Dans l EPST les souvenirs difficiles ou traumatiques du passé deviennent des mémoires dys-fonctionnelles qui sont actives dans le présent. Elles gardent leurs caractéristiques brutes initiales sans intégration neuro-émotionnelle complète. Il est possible cependant d activer des mécanismes naturels de traitement de l information et de transformation. Ceux-ci sont naturellement présents chez l individu et tendent vers l intégration adaptée des épisodes traumatiques (paradigme du traitement adaptatif de l information TAI). Grâce à un protocole rigoureux de base, comportant des périodes de stimulation bilatérale alternée dans une attention duale, la thérapie EMDR permet l intégration neuro-émotionnelle de mémoires non ou partiellement traitées par le système de traitement de l information. Le protocole met en jeu les cognitions, les émotions et les sensations corporelles qui sont associées à l épisode traité (cible), au passé puis au présent (symptôme et déclencheurs) et au futur (schémas et actions adaptées). Le protocole est particulièrement adapté, rapide et efficace pour les traumatismes tels que guerre, torture, violence sexuelle, catastrophes naturelles. Il est utilisé avec succès dans le cas de violences éducationnelles, conjugales ou sociales ainsi que dans les cas de menaces concernant la sécurité, la possibilité de choix et la responsabilité. Les séances de thérapie sont en général de plus d une heure mais les résultats rapides permettent de réaliser des thérapies de courte durée. Le processus de changement adaptatif de l information est complexe et est «synclectique», c est à dire qu il fait appel à des éléments actifs dans différentes autres approches thérapeutiques. Des recherches scientifiques et des méta-analyses ont démontré l efficacité (type A) de cette approche dans l EPST (INSERM 2004). Dans les traumatismes simples, le traitement est efficace en un nombre limité de séances. Dans le soin des pathologies les plus complexes, le nombre des séances est plus élevé. Les différentes applications et les perspectives que peut offrir cette approche seront exposées sur des cas cliniques. SHAPIRO F., 2001, "Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR): Basic principles, Protocoles and Procedure", Guilford Press, USA. Traduction en Français; SHAPIRO F., 2007, Dunod InterEdition. HAOUR F., SERVAN-SCHREIBER D., 2009, "Les bases neuroscientifiques de l EMDR, in Neurosciences et thérapies cognitives et comportementales", Ed. Jean Cottraux, Masson Elsevier. INSERM. "Psychothérapie : Trois approches évaluées", Les Editions INSERM, 101 rue de Tolbiac 75013, Paris. 18 DU 27 AU 30 MARS 2012
19 COMMENT TRAITER LES PSYCHOSES AUJOURD HUI? O301 - L'IMAGERIE FONCTIONNELLE DES CERVEAUX PSYCHOTIQUES : À LA RECHERCHE DE LA "SCHIZE"? Dr. Jack R. FOUCHER et Daniel ROQUET Lorsque Bleuler forgea le terme de schizophrénie, c était pour souligner la perte de cohérence de l'activité mentale. Celle-ci était déjà reconnue par lui et ses contemporains comme étant au cœur de la psychose. Avant même que le terme existe, Wernicke avait opérationnalisé l'idée sous le terme de séjonction et postulé que le trouble était au niveau de la substance blanche. Les moyens d'investigation de l'époque ne lui ont malheureusement pas permis de valider son hypothèse. Aujourd'hui, les techniques d'imagerie peuvent mettre en évidence cette schize / séjonction, qui rejoint le concept de connectivité fonctionnelle. Appliqués à la schizophrénie telle qu'elle est définie actuellement, des déficits de connectivité ont été observés. Ceux-ci ont majoritairement été décrits entre les régions frontales impliquées dans le contrôle et les régions postérieures impliquées dans les fonctions instrumentales. Cependant, l étude de la connectivité n a pas révélé uniquement des déficits. Les liens inter-hémisphériques en particulier peuvent être anormalement surdéveloppés, ce qui n'est pas sans rappeler l'hypothèse d'un déficit de latéralisation hémisphérique. On retrouve également cette hyper-connectivité entre des régions qui ne devraient pas participer à la réalisation d'une tâche. Ces régions normalement inactives viennent en plus perturber les régions impliquées dans la tâche. Cette hyper-connectivité est supposée être responsable de l'émergence d'une sorte de "bruit structuré comme une pensée". Ceci expliquerait la survenue de pensées qui ne peuvent pas être intégrées au flux principal et qui seraient donc reconnues comme étrangères, c est-à-dire des hallucinations. Cette idée est en partie supportée par les données expérimentales. Comme l'avait supposé Wernicke il y a plus d'un siècle, si des anomalies de la substance blanche sont responsables des anomalies de la connectivité fonctionnelle, alors les différentes formes cliniques des psychoses s'expliqueraient par l'atteinte préférentielle de l'une ou l'autre des voies de substance blanche. Aussi avait-il développé une clinique extrêmement détaillée des troubles psychotiques. Ce travail a été poursuivi et enrichi par ses élèves, qui sont parvenus à une classification certes plus complexe, mais aussi plus valide par comparaison avec des classifications internationales. En reprenant deux des phénotypes ainsi décris, l'imagerie fonctionnelle a révélé une double dissociation. Les psychoses cycloïdes et les paraphrénies affectives présentaient un profil très différent entre eux (et différents des sujets sains), alors que tous les patients répondaient aux critères du DSM 4R pour la schizophrénie. Il paraît donc envisageable qu'à la variabilité des anomalies de connectivité anatomique et fonctionnelle réponde la variabilité clinique des psychoses. Reste à savoir comment moduler cette connectivité fonctionnelle à des fins thérapeutiques. L'effet des traitements médicamenteux n'est pas connu et mériterait d'être vérifié. Les techniques de neuromodulation par stimulation magnétiques trans-crânienne ou stimulation électriques par courants continus sont une piste prometteuse. Une autre piste serait l'utilisation des techniques de remédiation cognitive. Ces approches pourraient bien entendu se potentialiser l'une l'autre Cette intuition centenaire de la schize est donc une piste prometteuse non seulement pour mieux comprendre les troubles psychotiques, mais également développer les traitements de demain. O302 - LA REMÉDIATION COGNITIVE DANS LE TRAITEMENT DES PSYCHOSES : QUELS FONDEMENTS? QUELLES PRATIQUES? Pr. Nicolas FRANCK Service Universitaire de Réhabilitation (CH Vinatier) - CNRS (UMR 5229) & Université Lyon 1 Les sciences cognitives permettent de mieux comprendre les difficultés de traitement de l information associées à la schizophrénie. Ces troubles cognitifs, qui sont hétérogènes, touchent en particulier l attention, la mémoire, les fonctions exécutives et la cognition sociale. Ils contribuent fortement au handicap fonctionnel des patients et participent de façon notable à leur désinsertion socio professionnelle. Ils sont la cible de la remédiation cognitive, ensemble de techniques rééducatives qui reposent sur l entraînement des fonctions déficitaires ou sur le renforcement des fonctions préservées. La remédiation cognitive, dont l action est destinée à compléter les effets de la psychothérapie et de la médication, est l un des outils favorisant la réhabilitation, à côté notamment de la psycho éducation, de l entraînement des compétences sociales, du soutien des familles, de la mise en situation professionnelle sans exigence de productivité et de la déstigmatisation. Quatre programmes de remédiation cognitive sont actuellement principalement utilisés en France : CRT, IPT, RECOS et Rehacom. Chacun d entre eux a des indications spécifiques découlant de ses particularités (programme groupal vs individuel, programme informatisé vs papier-crayon, programme ciblant spécifiquement les fonctions altérées vs programme aspécifique). Les perspectives actuelles concernent d une part le développement de nouveaux outils (centrés notamment sur la cognition sociale, peu pris en compte dans les programmes actuels) et d autre part la place grandissante accordée aux facteurs subjectifs (dont la métacognition et la motivation), à l interface entre processus cognitifs et handicap fonctionnel. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 19
20 PRISE EN CHARGE DES TROUBLES DE LA PERSONNALITÉ O401 - ACTUALITÉS SUR LES ÉTATS LIMITES Dr. Alexandra PHAM-SCOTTEZ (Paris) Nous envisageons de présenter les hypothè ses é tiopathogé niques concernant les états limites, elles sont trè s diverses, associant facteurs environnementaux pendant l enfance (carences de soins, abus sexuels, distorsions du rô le parental...), aspects socio-culturels (changements des modalité s de transaction et de fonctionnement au sein de la socié té et de la famille) et vulné rabilité individuelle (niveau d impulsivité, tempé rament, dé pressivité...), mais les é tudes dans ce domaine souffrent la plupart du temps de limitations mé thodologiques (petits effectifs, pas de suivi, absence de groupe contrô le...). Nous aborderons ce champ à la lumière des études les plus récentes. O402 - PERSONNALITÉ ET RISQUES DÉPRESSIFS Pr. Julien-Daniel GUELFI Professeur émérite de Paris Descartes CMME, Service du Pr. F. ROUILLON 100 rue de la santé Paris Cedex 14 L existence d un lien entre personnalité et dépression est présente dans la littérature médicale depuis l Antiquité. La nature exacte de ce lien est toujours discutée. Cette communication résumera les études classiques de même que leurs principales insuffisances méthodologiques. Les connaissances acquises sur les facteurs de personnalité «prédisposant» à la dépression ou «à risque dépressif» ont progressé avec les premières études longitudinales prospectives : Ormel et al en 2004 ou Kendler et al en La revue générale sur Personnalité et dépression la plus récente est celle de D.N. Klein, R. Kotov et S.J. Bufferd : "Personality and Depression: Explanatory Models and Review of the Evidence" publiée fin 2011 dans la revue Annu. Rev. Clin. Psychol 2011,7 : , disponible online : clinpsy.annualreviews.org. Parmi les caractéristiques qui augmentent le plus le risque dépressif figurent le névrosisme ou instabilité émotionnelle et les traits de la personnalité dépressive. D autres traits de personnalité interviennent aussi dans le risque dépressif, catégorie elle-même hétérogène, méritant d être démembrée sur le plan nosographique. Il en est ainsi de l anxiété, du caractère consciencieux, ou de la dimension d autocritique. Certains troubles de la personnalité influencent enfin négativement l évolution des états dépressifs et leur réponse au traitement. L exemple des personnalités borderline, chez lesquelles les dépressions sont très fréquentes, illustre cette difficulté. 20 DU 27 AU 30 MARS 2012
21 TRAITEMENT DU PATIENT SUICIDANT O501 - APPORT DE L ÉPIDÉMIOLOGIE A LA CLINIQUE DU SUICIDE Dr. Marie CHOQUET Directeur de recherche honoraire, Inserm 669 Après une définition des objectifs et des méthodologies de l épidémiologie, en particulier en rapport avec le thème du suicide (incluant la mortalité par suicide et la morbidité suicidaire), je propose de mettre en évidence les principaux acquis des enquêtes épidémiologiques auprès des adolescents (suicidants ou non suicidants) qui sont complémentaires d une approche clinique ou peuvent aller à l encontre de certaines idées reçues. En effet, le but des recherches épidémiologiques est de «requestionner» (de confirmer, d infirmer ou de compléter) les informations que chaque clinicien (ou équipe de cliniciens) peut acquérir lors des observations de cas individuels ou des analyses locales (pratique privée, hôpital ou autre). Le rapprochement de diverses études menées auprès des jeunes (population générale, échantillons cliniques, jeunes en grande difficulté psychologique, enquête de suivi) permet non seulement d évoquer une approche globale du suicidant, en lien avec son environnement social, familial et scolaire, mais aussi d éclairer de nouveaux modes de prise en charge, de prévention et de soin. O502 - LA NOUVELLE CLINIQUE DU SUICIDE Pr. Philippe COURTET (Montpellier) Comment identifier les sujets en condition de haut risque et quelles cibles thérapeutiques pour une prévention efficace? Deux questions qui s appliquent aux conduites suicidaires pour offrir de nouvelles conceptualisations cliniques. Le risque suicidaire survient constamment en présence de troubles psychiatrique, souvent comorbides, et de stress existentiels, contexte difficile pour une évaluation délicate. Un état de menace suicidaire a été décrit, caractérisé par des débordements émotionnels et comportementaux tandis que l idéation suicidaire envahit le champ cognitif. La prévention du suicide doit nous préoccuper dès le diagnostic de trouble psychiatrique posé, où le risque est majeur! Le risque suicidaire n étant pas simplement corrélé à la sévérité de la dépression observée par le clinicien, la recherche des indicateurs de risque et de vulnérabilité demande à être active. Il s agit en premier lieu de l exploration directe et standardisée des idées de suicide, y compris lorsque le patient est traité. Point clé, la vulnérabilité suicidaire est indiquée par l existence d antécédents personnels ou familiaux de conduites suicidaires, d abus dans l enfance et des traits impulsifs agressifs ou pessimistes. Ceci permet de considérer un patient comme étant à très haut risque. Les stratégies de prévention efficaces ne manquent pas si elles sont mises en œuvre par les équipes de psychiatrie! Les études neuroscientifiques montrent que les sujets vulnérables au suicide sont également sensibles au rejet social et à la douleur psychique, et présentent des anomalies de prise de décisions et de régulation émotionnelle. Innover pour promouvoir la continuité des soins auprès de patients qui y sont réticents est l un des aspects majeurs de la prévention et change nos modalités d organisations des soins. BIOLOGIE ET VIE PSYCHIQUE : QUELS FONDEMENTS? QUELLES PRATIQUES? O601 - LA DOUBLE LECTURE : UNE COMPLÉMENTARITÉ POUR UNE NOUVELLE PSYCHOPATHOLOGIE Dr. Lisa OUSS-RYNGAERT (Paris) La lecture neuropsychologique et psychodynamique, ou double lecture, de discours et de productions issus de patients présentant des lésions cérébrales apporte au clinicien une modalité thérapeutique neuropsychanalytique. Ce décalage dans la manière d'aborder les échanges transférentiels et contretransférentiels fournit une impulsion complémentariste à l'abord thérapeutique, applicable à d'autres types de malades. Ainsi le changement est source de modification procédurale. Nous tâchons dans cet exposé de cerner les contours de cette méthodologie interprétative et descriptive novatrice. O602 - COMMENT COMPARER AUJOURD HUI LES TRAITEMENTS DES TROUBLES MENTAUX Pr. Christophe LANCON (Marseille) Le développement de nouvelles stratégies de traitement dans les troubles psychiques repose sur plusieurs paradigmes : biologique, génétique... Toutefois, dans des troubles pour lesquels aucune étiologie n'est reconnue, il semble hasardeux de s'aventurer à développer des stratégies de soins à visée étiologique. Il convient alors de discuter d'objectif de traitements différents, centrés sur d'autres indicateurs tels l'espérance de vie ou la qualité de vie. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 21
22 COMMENT TRAITER LES POPULATIONS A RISQUE : MIGRANTS, POPULATION PÉNITENTIAIRE, PATIENTS VIOLENTS? O701 - ENJEUX PSYCHIQUES ACTUELS CHEZ LES DÉTENUS : QUELLES VIOLENCES? QUELLES RÉPONSES? Dr. Mathieu LACAMBRE Psychiatre Hospitalier - CRIAVS-LR/UCSA VLM, CHRU Montpellier. [email protected] La Cours Européenne des Droits de l Homme a une nouvelle fois condamné la France [Arrêt CEDH G.C. France 23 février 2012] considérant que le maintien en détention d un patient souffrant de psychose a "entravé le traitement médical que son état psychiatrique exigeait" et lui a "infligé une épreuve d'une intensité qui excède le niveau inévitable de souffrance inhérent à la détention" et représente donc "un traitement inhumain et dégradant". Pourtant toutes les données récentes sur la population carcérale en France semblent indiquer une surreprésentation de la maladie mentale (par exemple, 3 à 5 fois plus de schizophrénie en prison comparé à la population générale, et 10 fois plus de suicide ) et l évolution du dispositif tend vers l adaptation de l incarcération aux patients présentant des troubles psychiatriques graves avec par exemple l ouverture des Unités de Soins spécialement Aménagées (UHSA). Or, la prison est, par définition, un lieu de contraintes dans lequel se concentrent de nombreuses formes de violences (violences physiques, menaces, chantages mais aussi et surtout, attente, frustration et manque, gestion de l impossibilité et de la dépendance). Ces violences interpellent les soignants de manières plus ou moins insidieuses avec le risque d apporter une réponse psychiatrique totale systématique à toutes les situations de violence, transformant ainsi la prison en un lieu de soins et non plus en un lieu où l on soigne Dans cet entre-las de demande exprimée de manière indirecte, de demande exprimée par quelqu un qui n est pas le véritable interlocuteur, ou même de non-demande à laquelle le soignant n est pas en légitimité ou capacité éthique de répondre, il est difficile de s y retrouver pour exercer son métier de soignant sans contrainte. Ces a-demandes peuvent revêtir différentes apparences : - Les malades mentaux incarcérés qui ne demandent pas de soins, et peuvent rester longtemps ignorés dans la mesure où ils sont «muets» en détention, c est-à-dire sans trouble du comportement manifeste ; - Les personnes incarcérées qui souffrent de l incarcération et demandent un accompagnement pour ne pas perdre leur dignité et leur humanité ; - Les impatients de remise de peine qui rencontrent le soignant afin d obtenir un certificat ou une attestation en vue d obtenir les faveurs de la commission d application des peines et sortir plus vite ; - Les partenaires judiciaires et/ou pénitentiaires qui souhaitent obtenir des avis expertaux sur des décisions administratives (compatibilité avec le doublement en cellule, le placement au quartier disciplinaire, une permission ) Comme nous le savons, l enfer est pavé de bonnes intentions et notre exercice en milieu carcéral peut rapidement devenir un marché de dupe au détriment du patient et de sa prise en charge. C est pourquoi, la place du soin et du soignant doivent être régulièrement rappelées... et même peut-être parfois avec force mais toujours sans violence!? O702 - VALIDITÉ DU CONCEPT D HÉBOÏDOPHRÉNIE, 120 ANS PLUS TARD? Pr. Pierre THOMAS Pôle de Psychiatrie, CHRU de Lille Pourquoi s intéresser aujourd hui à l héboïdophrénie introduite dans la nosographie en 1890 par KL Kahlbaum? Parce que l héboïdophrénie constitue la première tentative de conceptualisation de la comorbidité encore contestée entre psychose et trouble de la personnalité. Ce sont aussi aujourd hui comme il y a 120 ans, des situations cliniques qui posent la question des limites de la responsabilité devant des actes symptomatiques d une maladie : «À une observation courante superficielle ou profane, ces cas portent bien moins le sceau de la maladie mentale que celui de la mauvaise éducation, de la méchanceté.» KL Kahlbaum. LES PRÉMICES DU TROUBLE BIPOLAIRE À L ADOLESCENCE O801 - FORMES PRÉCOCES DES TROUBLES BIPOLAIRES Dr. Mocrane ABBAR & Fabienne CYPRIEN - Département de Psychiatrie Adulte, CHU Carémeau, Nîmes. Longtemps négligé, voire ignoré, le trouble bipolaire (TB) de l enfant et de l adolescent est l objet d un regain d intérêt tout à la fois clinique, scientifique et même médiatique. Pourtant ce diagnostic reste très controversé et les TB à début précoce suscitent encore de multiples interrogations du fait des nombreuses particularités cliniques des épisodes thymiques pour ces tranches d âge. La littérature reste pour l heure faiblement documentée à ce sujet et de nombreuses recherches restent à mener, notamment dans le domaine développemental afin de progresser dans la connaissance de cette entité. En effet, outre la caractérisation des formes cliniques, les problèmes de diagnostic différentiel, principalement avec le Trouble Hyperactivité avec Déficit Attentionnel (THADA), sont considérables. Les études familiales sont tout particulièrement intéressantes dans l élucidation des mécanismes de transmission du risque aux enfants de parents bipolaires. Ainsi, l environnement, le style de vie familiale, les caractéristiques neurocognitives et biologiques des enfants considérés à risque élevé de développer la pathologie peuvent contribuer à la compréhension du TB. Nous proposons dans cette communication de caractériser les différentes formes cliniques du TB à début précoce et d interroger l existence de facteurs prédictifs des troubles bipolaires chez l adulte. Il s agit d un enjeu capital pour une meilleure détection, prise en charge et donc un meilleur pronostic de la maladie. 22 DU 27 AU 30 MARS 2012
23 O802 - MODALITÉS THÉRAPEUTIQUES DU TROUBLE BIPOLAIRE EN ÉTABLISSEMENT DE COURT SÉJOUR Dr. Philippe CLERY-MELIN Clinique du Château de Garches Le trouble bipolaire se caractérise par une alternance d épisodes d exaltation (ou manie) et de dépression, entrecoupée d intervalles libres, c'est-à-dire d'un retour à un état d équilibre. Ce trouble touche 1 à 2 % de la population générale. Il est à l origine d une souffrance importante pour le patient et son entourage et d un handicap socioprofessionnel important, pouvant favoriser l évolution vers un handicap psychique durable. Le taux de mortalité est deux à trois fois plus élevé que celui de la population générale chez les personnes non traitées. Ce taux élevé s explique par les suicides, les conduites à risque (consommation de toxiques, comportements dangereux) et un pourcentage plus élevé de maladies physiques, en particulier cardio-vasculaires. Il existe fréquemment des complications judiciaires (actes de rébellion, refus d obtempérer, injures à l encontre des représentants de la force publique, infraction au code de la route, escroqueries...). Ce trouble se subdivise en différentes sous-catégories en fonction de la nature et de l intensité des symptômes. Il est devenu classique de distinguer le trouble bipolaire de type I (BPI) de celui de type II (BPII). Le trouble BPI se caractérise par un ou plusieurs épisodes maniaques ou mixtes (intrication d excitation et de dépression) et des épisodes dépressifs d intensité variable (le diagnostic peut être posé même en l absence de trouble dépressif). Le trouble BPII se définit par l existence d un ou plusieurs épisodes hypomaniaques (exaltation modérée de l humeur) et un ou plusieurs épisodes dépressifs caractérisés. À la frontière du trouble bipolaire se situe le trouble cyclothymique qui se caractérise par une humeur fluctuante, avec des périodes hypomaniaques et des périodes dépressives. Il peut être tout aussi invalidant en raison de sa chronicité et de l absence de prise en charge (le trouble restant le plus souvent méconnu). À la Clinique du Château de Garches, la prise en charge d un trouble bipolaire se déroule en plusieurs étapes, avec la participation active du patient et de son entourage : La première étape correspond à plusieurs démarches effectuées simultanément : - identification du trouble, - évaluation de ses conséquences, - recherche des facteurs déclenchants et précipitants, - analyse de la personnalité sous jacente, - pratique d un bilan somatique. Cette étape va permettre ainsi d établir un projet thérapeutique, en collaboration avec le patient, qui prendra en compte les différents déterminants de la maladie (biologiques, psychologiques et environnementaux). La deuxième étape correspond à la phase du traitement. Ce traitement est à la fois psychologique et médicamenteux. Il se décompose en deux temps, le traitement curatif de l épisode (dépression ou excitation) et le traitement préventif qui vise à prévenir de nouvelles récidives. Dans la majorité des cas, le traitement préventif est initié en même temps que le traitement curatif. Il repose essentiellement sur les thymorégulateurs, qui sont représentés par : les sels de lithium (Téralithe*, Neurolithium*), la carbamazépine (Tégrétol*), le valproate (Dépamide*) ou le divalproate (Dépakote*), la lamotrigine (Lamictal*), l olanzapine (Zyprexa*). Au-delà du traitement médicamenteux, notre équipe est convaincue qu il est indispensable d apporter au patient et à son entourage un soutien pédagogique et psychologique. En effet, nous aidons le patient à apprendre à gérer sa vulnérabilité. A cette fin, les mesures psycho-éducatives dispensées dans la clinique offrent la possibilité aux patients d acquérir une meilleure connaissance de son trouble et de repérer précocement les symptômes annonciateurs d une récidive. Avec une bonne alliance thérapeutique, il devient alors possible de contrôler la plupart des fluctuations thymiques en ambulatoire et d éviter le recours aux hospitalisations. La famille proche sera également sensibilisée au repérage de ces premiers signes. Le respect de certaines règles hygiéno-diététiques telles que la régularité du temps de sommeil, l évitement de périodes de surmenage et le contrôle de la prise d alcool et de psychostimulants, favoriseront une évolution favorable. La gestion des évènements de vie stressants s appuiera sur le renforcement momentané du soutien psychologique. Enfin, certains patients pourront bénéficier de la mise en œuvre de psychothérapies plus structurées et individualisées. Les troubles bipolaires restent à ce jour trop souvent méconnus, ce qui entraîne une prise en charge tardive des patients. Il convient donc de rechercher ce trouble devant tout épisode dépressif afin de prévenir les rechutes et de maintenir une bonne insertion socioprofessionnelle. Enfin, une information sur le risque familial devrait permettre de favoriser une prise en charge très précoce des troubles survenant chez les enfants ou les adolescents. La Clinique du Château de Garches est très engagée dans l éducation et la diffusion d une information du patient et de son entourage. Un cycle de conférences autour de ce thème est proposé chaque année au public extérieur à la clinique afin d apporter une meilleure connaissance des maladies dépressives, de même que des staffs cliniques rassemblent périodiquement les psychiatres autour de cas complexes.. La clinique du Château de Garches propose depuis plusieurs années un programme psycho-éducatif destiné aux patients atteints de troubles bipolaires, ainsi qu à leurs familles et leurs proches. Ce programme s'adresse aussi bien aux patients en fin d'hospitalisation qu'aux personnes suivies en consultation externe. Des séances collectives ont lieu parallèlement chaque semaine au Centre Jean Monnet 30 rue Cabanis, à Paris LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 23
24 THÉRAPEUTIQUES EN PSYCHIATRIE : ENTRE NATURE ET CULTURE O901 - LA PSYCHIATRIE ARABO-MUSULMANE : ENTRE PHARMACOTHÉRAPIE ET PSYCHOTHÉRAPIE Pr Sami Paul TAWIL Professeur au Collège de Médecine des Hôpitaux de Paris Hôpital Saint Antoine La psychiatrie est une science médicale qui a toujours oscillé entre un abord psychogénétique et un abord organogénétique. La dichotomie entre psychopharmacologie et psychothérapie qui a caractérisé pendant des décennies la connaissance de la Pensée est confrontée au concept moderne des neurosciences qui se positionnent au croissement des «choses» de la Psyche, du Soma et du Social. Le mérite de la psychiatrie arabo-musulmane est d avoir abordé cette dialectique beaucoup plus tôt qu on ne le pense : l Islam a véhiculé l héritage scientifique et philosophique de la Grèce, de Rome et de Byzance tout en s enrichissant de l apport hindou, syriaque persan voire même de la Chine lointaine. Le Coran incite les musulmans à accorder aux aliénés plus de tolérance et d assistance en légiférant sur l administration de leurs biens et en concevant des statuts de protection bien antérieurs à nos actuelles tutelles, et curatelles. Les «Athadiths» (propos du Prophète) ont développé la consolation spirituelle verbale fondement de la psychiatrie, et ont institutionnalisé une véritable prise en charge des malades mentaux, en Orient (Machrek) et Occident (Maghreb). Par leur sensibilité à l unité psychosomatique les psychiatres de l époque ont institué une médecine «scientifique» rarement imprégnée d idées magiques ou surnaturelles. De plus leur tolérance a attiré vers eux non seulement des médecins musulmans non arabes mais aussi des chrétiens et des juifs illustrant les très riches heures de la culture andalouse. Avicenne qui fut enseigné à la Faculté de Montpellier au 12 ème siècle disait déjà que dans la mélancolie «les remèdes psychiques doivent toujours aider le traitement médicamenteux et le compléter». Razès a été le concepteur de la théorie «la structure du corps qui suit les vicissitudes de l âme» au même titre qu Averroès. La connaissance et les soins de la maladie mentale ont culminé au moment de la création des «hôpitaux psychiatriques» de l époque appelés Bimaristans dont les premiers virent le jour au 7 ème et 8 ème siècle!!! Ils possédaient chacun une véritable pharmacie «Khizmat al Charab» qui contenait les remèdes et qui était supervisée par des pharmaciens les «Mihtar». L étude de la psychiatrie arabo-musulmane illustre l apport d une grande civilisation à un fond d universalité que suggèrent toutes les cultures. O902 - PLACE DE LA CRÉNOTHERAPIE EN THÉRAPEUTIQUE PSYCHIATRIQUE Dr. Olivier DUBOIS (Saujon) Bien que d'origine déca millénaire, la médecine thermale, qui est l'utilisation à visée thérapeutique de l'eau thermale ou crénothérapie, est encore relativement mal connue en psychiatrie. La cause principale est sans doute la disparition de son enseignement en université. Il n'empêche que les patients sont nettement moins réticents à utiliser cette pratique pourtant exigeante en termes de coût et d'effort organisationnel puisqu'elle impose des séjours de trois semaines en station à distance du domicile. Au cours de cette intervention, nous proposons de présenter brièvement les principes fondamentaux de cette approche thérapeutique originale et innovante, qui s'inscrit entre une prise en charge ambulatoire souvent monothérapique et une prise en charge hospitalière plus régressante et de ce fait moins stimulante pour le patient. Nous rappellons les spécificités de cette approche bioéthique, sociothérapique et au final bien adaptée aux troubles anxieux et au stress chronique. Dans un second temps, nous proposons de présenter de récents travaux scientifiques qui apportent des éléments de preuves de l'efficacité de cette thérapie dans certaines indications : anxiété généralisée, douleurs chroniques, somatisations, dépressions d'intensité légère à modérée réactionnelle, notamment aux troubles anxieux. D'autres éléments de preuve concernant son intérêt dans la fibromyalgie, le burn out ou en termes de qualité de vie viennent argumenter le propos. Enfin une récente étude scientifique, en cours d'évaluation, sur 73 patients, a permis de suivre pendant 6 mois des patients réalisant un sevrage de benzodiazépines dans le cadre d'une cure thermale. Un protocole psychoéducatif adapté, structuré et encadré par un groupe d'experts universitaires a été mis en place à cette occasion. O903 - THÉRAPEUTIQUE PSYCHANALYTIQUE APPLIQUÉE AUX TROUBLES DE L IDENTITÉ Pr. Alain VANIER (Paris) L identité n est pas un concept de la psychanalyse, qui ne connaît que celui d identification. En effet, à y regarder de près, l identité est toujours troublée, et sa question se manifeste dans les symptômes du sujet. Ceux-ci sont variés, et les modes tout autant. 24 DU 27 AU 30 MARS 2012
25 O904 - TCC DANS LES COMPULSIONS SEXUELLES Pr. Pascal DE SUTTER Université de Louvain, Fédération Wallonie-Bruxelles. 1. Définition Les compulsions sexuelles (CS) sont des élans irrésistibles à commettre des actes sexuels inappropriés. IIs peuvent être inappropriés par leur fréquence mais non pas par leur nature, on parle alors d hypersexualite. Ou ils peuvent être inappropriés par leur nature et on parle alors de paraphilies. Parfois les deux composantes sont présentes (hypersexualité + paraphilie). Les sujets mentalement sains reconnaissent habituellement que leurs CS sont excessives et/ou irraisonnées. 2. Diagnostic Les compulsions sexuelles induisent une détresse personnelle, une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d'autres domaines. Ils interfèrent négativement avec la vie sociale, professionnelle et/ou conjugale. Ces fantasmes, fantaisies et comportements sexuels ne sont pas dus à des effets physiologiques directs de substances exogènes (par exemple, l'abus des drogues ou des médicaments) ou à des épisodes maniaques. Le sujet est généralement conscient que ses comportements sexuels sont excessifs et/ou inappropriés. Mais il ne peut s empêcher de pratiquer ces comportements sexuels de façon répétitive, abusive, et envahissante. Le diagnostic de compulsion sexuelle ne fait pas consensus, car il existe une composante hautement subjective et parfois moralisatrice. Toutefois, pour modérer cet impact on peut tenir compte de la souffrance ressentie par le sujet et/ou son entourage immédiat. Il existe un outil diagnostic scientifiquement validé pour évaluer l hypersexualité : le Compulsive Sexual Behavior Inventory (CSBI) Épidémiologie Certaines études relatent des chiffrent allant de 3 % à 6 % de la population 2. Toutefois les cliniciens et les chercheurs 3 s accordent pour dire qu il s agit de problématiques sexuelles typiquement plus masculines que féminines (De 75 à 80 % d hommes) 4. Il semblerait que les sujets souffrant de CS vivent également souvent d autres difficultés sexuelles. Les comorbidités psychiatriques et sexologiques sont nombreuses. 4. Etiologie On peut envisager une certaine implication génétique. Bien que la recherche soit encore balbutiante dans ce domaine spécifique, il est probable que certains sujets sont davantage prédisposés à développer ce genre de déviance que d autres. On sait qu il existe une certaine influence génétique qui favorise d autres comportements sexuels. Toutefois, dans ce domaine, la génétique n est jamais déterministe. Il s agit, tout au plus, d une forme de «prédisposition» ou de «fragilité» vis-à-vis de certains aspects de la sexualité ou de la compulsion. Des atteintes neurologiques traumatiques ou dégénératives pourraient expliquer une minorité des C.S. Mais tout cela n explique qu une petite partie du phénomène. Les auteurs 5 estiment que les causes des CS sont multiples. Pour comprendre davantage les CS, les hypothèses cognitivo-comportementales associées à la théorie des empreintes 6 offrent des pistes étiologiques intéressantes. Le développement et le maintien d une CS dépendent de quatre facteurs qui s imbriquent. Si l'un des facteurs n est pas présent, il est peu probable que ce type de problématique se développera de façon chronique. 1. Prédisposition génétique (dimension biophysiologique) 2. Empreintes émotionnelles (dimension émotionnelle) 3. Expériences sexuelles (dimension comportementale) 4. Cognitions sexuelles (dimension cognitive) 5. Traitement La première étape du traitement passe par la prise conscience de la problématique. La plupart des sujets tentent d abord de minimiser leur dysfonctionnement sexuel. Bien qu ils reconnaissent que leur sexualité est hors norme, ils tentent de rejeter le problème sur leur partenaire ou la société en général. Le souci de désirabilité sociale, bien connu en psychologie, est à l œuvre ici. Il est bon, bien et normal de vouloir se débarrasser d une sexualité déviante 7. Pour faire plaisir au thérapeute ou au conjoint, le patient risque de prétendre qu il veut changer alors qu il ne le désire pas vraiment. Il confrontera alors le clinicien à l échec par un véritable auto-sabotage. La deuxième étape consiste à inventorier les bénéfices secondaires de la CS. Souvent, la CS est la seule forme de sexualité satisfaisante que connaît le patient. Renoncer immédiatement et totalement à la CS revient à renoncer à la sexualité. L idée circule que le seul moyen de se débarrasser d une CS est de suivre un processus comparable à celui des alcooliques anonymes 8 et donc d arrêter le comportement définitivement. Or, si la CS n est pas illégale ou trop souffrante, il est préférable de la diminuer petit à petit tout en augmentant au même rythme le développement d une sexualité saine. La troisième étape consiste à fixer des objectifs clairs, raisonnables et mesurables avec le patient. C est le patient qui décide ce qu il veut changer ou conserver dans ses habitudes sexuelles. Il est possible de conserver des pratiques sexuelles originales ou des fantasmes érotiques étranges à conditions qu ils puissent s intégrer dans une vie sexuelle globalement satisfaisante y compris dans son aspect dyadique et social. Une analyse sexofonctionnelle 9 permet de comprendre la place de la CS dans le fonctionnement du sujet et de s attaquer à divers aspect du cercle vicieux de la CS comme par exemple la culpabilité, les situations stimulantes, le stress, les masturbations inappropriées, l isolement social, les codes d attraction sexuelle, etc. La quatrième étape consiste à évaluer l évolution du sujet et à développer une sexualité dyadique fonctionnelle. 1 Michael H. Miner Eli Coleman Bruce A. Center Michael Ross B. R. Simon Rosser The Compulsive Sexual Behavior Inventory: Psychometric Properties Arch Sex Behav (2007) 36: John M. Kuzma, Donald W. Black, "Epidemiology, Prevalence, and Natural History of Compulsive Sexual Behavior", volume 31, issue 4, December Black, D. W., Kehrberg, L. L. D., Flumerfelt, D. L., & Schlosser, S. S. (1997). "Characteristics of 36 subjects reporting compulsive sexual Behaviour. American Journal of Psychiatry, 154, John M. Kuzma, Donald W. Black, "Epidemiology, Prevalence, and Natural History of Compulsive Sexual Behavior", volume 31, issue 4, December 2008). Coleman E: "Le comportement sexuel compulsif". "New Concepts and Treatments. Nouveaux concepts et de traitements". J Psychol Hum Sexual 1991, 4 : 37-52, Hum Psychol 1991 J sexuelle, 4: ). Schaffer SD, Zimmerman ML: "The sexual addict: a challenge for the primary care provider". (6) Schaffer SD, Zimmerman ML: "Le toxicomane sexuelle: un défi pour le fournisseur de soins primaires". Nurse Pract 1990, 15 : Nurse Pract 1990, 15: ) 5 Steven N. Gold and Christopher L. Heffner (1998) Sexual addictions: many conceptions, minimal data Clinical Psychology Review, Vol. 18, No. 3, pp Voir les travaux de C. Solano 2010 " Les trois cerveaux sexuels " Robert Laffont. Elle propose l hypothèse d empreinte émotives qui façonneraient les goûts, les orientations et les préférences sexuelles. 7 Levine Tiefer, L. (2004). "Sex is not a natural act and other essays" (2nd ed.). Boulder, CO: Westview. 8 Carnes, P. (1992). "Out of the shadows. Understanding sexual addiction". Center City, MN: Hazelden Foundation. 9 Voir le site sexofonctionelle.com. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 25
26 LIVRE D ABSTRACTS COMMUNICATIONS POSTERS 26 DU 27 AU 30 MARS 2012
27 P01 - LES INTOXICATIONS VOLONTAIRES PAR MEDICAMENTS A BAMAKO H. HAMI 1, T. DIALLO 1,2, A. SOULAYMANI 1, A. MAÏGA 2, A. MOKHTARI 1, R. SOULAYMANI 3,4 1 Laboratoire de Génétique et Biométrie, Faculté des Sciences, Université Ibn Tofail, Kénitra, Maroc. 2 Faculté de Médecine, de Pharmacie et d Odonto-Stomatologie, Bamako, Mali. 3 Centre Anti Poison et de Pharmacovigilance du Maroc, Rabat, Maroc. 4 Faculté de Médecine et de Pharmacie, Université Mohammed V, Rabat, Maroc. H. HAMI : [email protected] Résumé À partir des données émanant de deux Centres Hospitalo-Universitaires (CHU) et six Centres de Santé de Référence (CSREF) à Bamako au Mali, une étude rétrospective a été menée sur les cas d'intoxications volontaires par médicaments déclarés entre 2000 et L objectif est de dresser le profil des personnes qui se sont intoxiquées par ces produits. Durant la période de l étude, 478 cas d intoxications aiguës par ingestion de médicaments dans une cohorte de 641 cas d intoxications volontaires ont été collectés, soit près de 75 %. Les personnes intoxiquées sont âgées en moyenne de 21 ans et la majorité est de sexe féminin (85 %). D après les données analysées, les motifs déclarés avoir été à l origine de la prise volontaire de médicaments sont les tentatives de suicide (63 %) et tentatives d avortement (35 %). À l admission à l hôpital, une majorité des patients victimes d intoxication présente des troubles hépato-digestifs, neurovégétatifs, neurologiques, psychiques, respiratoires et cardio-vasculaires. Parmi les 477 cas pour lesquels l évolution est connue, 21 sont décédés durant leur séjour à l hôpital. P02 - MALAISE DANS LA MÉDECINE Pr. SEMAOUNE, Dr. ARFI «Malaise dans la civilisation» écrivait Freud. Ce propos est tout à fait actuel et on pourrait, en le paraphrasant, écrire : «malaise dans la médecine». Notre réflexion portera sur le décalage existant, et de plus en plus flagrant, entre ses progrès spectaculaires, le recul de ses limites et la déception d un certain nombre de malades face à ses réalisations, et d avantage encore face à ses modalités de fonctionnement et de prise en charge. Bien que la médecine scientifique ait fait et fasse toujours des progrès considérables et ait amélioré de façon spectaculaire la santé globale des hommes, il doit y avoir quelque part un manque. Le nombre d usagers de guérisseurs, d empiristes, de Talebs et je ne sais quoi d autre ne cesse de croître. Si les motivations financières interviennent sans doute dans ces pratiques, elles ne sont probablement pas les seules en cause et ces conduites constituent une réponse aux demandes du patient, insatisfait des seules réponses de la médecine scientifique. Il ne s agit nullement, dans mon intervention, d une attaque contre la médecine contemporaine : elle n est qu une base de réflexion dont l objectif est de rendre plus humaine une médecine devenue plus technique, en postulant que ces deux qualités doivent aller de pair, intimement entremêlées, chacune trouvant sa justification dans l autre. Il n'y a pas un clivage mais plutôt une complémentarité à retrouver. C'est faire preuve d'une certaine maturité dans la prise en charge des patients que de s'intéresser à la qualité de vie des patients en cours de soins. Dans les secteurs de très hautes technologies que sont les services de réanimation, où les contraintes environnementales sont nombreuses, la dimension humaine a pourtant souvent cédé le pas à un souci de performance technique. Pourtant, la vie des patients en réanimation est une source de traumatismes psychiques nombreux, répétitifs, et fréquents, dont les effets à court et à long terme sont graves. Avoir été traité comme un objet, comme un enfant hors d état de comprendre, n avoir eu aucune explication sur le geste effectué, ne pas savoir si on a affaire à un médecin ou un ordinateur, etc Nous laissons de côté la prise en charge de la mort qui est encore un autre problème. Autant de formules qui reviennent. Nous ne répondrons certainement pas à toutes ces questions, mais nous tenterons une première approche qui débouchera, nous l espérons, sur une pratique plus humaine. P03 - L'EMPATHIE : RÉFLEXIONS SUR UN CONCEPT Pr. SEMAOUNE, Dr. KEBOUR L'empathie est un concept nomade, depuis l'influence de la philosophie écossaise, encore fragile et défini par plusieurs courants de pensée. Elle est distincte de la sympathie (contagion émotionnelle). L'empathie est la capacité à se mettre à la place d'une autre personne pour comprendre ses sentiments ou à se représenter la représentation mentale d'une autre personne. L'empathie s'exprime donc à travers différents phénomènes comme la projection, l'identification et l'altruisme. En phénoménologie, Husserl fait de l'empathie le phénomène décisif sur la base duquel une intersubjectivité s'établit pour constituer un monde commun. Il a ainsi pu renouveler la compréhension de l'empathie et anticiper le développement des neurosciences contemporaines. Depraz, dans la lignée de Varela, souligne que la primauté accordée à autrui est incarnée dans une pratique expérientielle de la compassion. Parlons-en! P04 - CANNABIS ET SCHIZOPHRÉNIE À L ADOLESCENCE : L ŒUF ET LA POULE! Dr. ARFI, Pr. SEMAOUNE Les relations entre cannabis et troubles psychotiques sont source d interrogations pour les psychiatres depuis les premiers travaux de Moreau de Tours en C'est vers cette interrogation quant aux liens entre cannabis et psychose que notre pratique clinique nous conduit. Quelle est la place du cannabis dans le déclenchement ou l'aggravation d'une évolution schizophrénique? Un lien de causalité peut-il être évoqué? Pourquoi les patients schizophrènes consomment-ils plus de cannabis que la population générale? Notre objectif n'est certainement pas de répondre à ces interrogations mais d'illustrer par un cas clinique l'un des nombreux liens. Nous nous proposons ici de présenter le cas du jeune Fouad illustrant les rapports complexes du cannabis et de la psychose. Nous avons choisi de le présenter car il rassemble des pistes de réflexion empruntant à la fois au modèle biologique et au modèle psychodynamique. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 27
28 P05 - LA PSYCHIATRIE DE LIAISON Dr. SAIDANI, Pr. SEMAOUNE Mettre à disposition des patients et des équipes des services de médecine générale les moyens et le savoir-faire de la psychiatrie se révèle un exercice périlleux et jamais acquis d avance. Nous souhaitons relater cette expérience, véritable navigation au sein d une institution hospitalière peu réceptive au fait psychologique. La Psychiatrie de Liaison a beaucoup évolué depuis ces deux dernières décennies et nous ressentons le besoin de faire un bilan, un «arrêt sur image» indispensable pour une réflexion en prise sur la réalité de nos territoires. Le congrès va tenter de passer en revue les particularités de nos interventions et l enrichissement qu apporte à notre discipline le dialogue avec les somaticiens. Pour ces rencontres, nous donnons la parole aux équipes pour qu elles nous fassent part de leurs pratiques de terrain, de cette nouvelle clinique qui s observe à l écoute des patients confrontés à une maladie somatique, de leurs tentatives de mettre en application une psychiatrie humaniste où le sujet devient acteur de son parcours de soins. P06 - COMMENT ÉVALUER LA DANGEROSITÉ DANS LE CADRE DE L EXPERTISE PSYCHIATRIQUE ET QUELLES SONT LES DIFFICULTÉS ET LES PIÈGES DE CETTE ÉVALUATION? Pr. SEMAOUNE, Dr. BOURAYOU La question de l évaluation de la dangerosité dans le cadre de l expertise psychiatrique prend une place prépondérante dans le débat actuel. En témoignent les nombreux rapports parlementaires et administratifs, projets de lois et autres démarches visant à modifier la prise en charge sociale des sujets présumés dangereux - autant par les délits qu ils ont commis ou qu ils sont susceptibles de commettre que par la pathologie dont ils sont porteurs - pour en améliorer la sécurité publique. À la faveur de cette profusion de textes et de projets, la confusion se renforce de manière inquiétante entre dangerosité et maladie mentale conduisant à un amalgame des plus délétères par les conséquences sociales qui peuvent en découler et, en particulier le recours à de nouvelles formes de «grand renfermement», signant une sorte de folie, exorcisée de la psychose, mais marquée du sceau de la psychopathie et légitimant des mesures de privation de liberté indéterminée dans des établissements spéciaux. La responsabilité du médecin expert s en trouve singulièrement alourdie puisque c est à partir de son appréciation pronostique (comme c est le cas dans d autres pays) que des mesures, dites de défense sociale, pourraient, un jour ou l autre, être prises à l encontre du prévenu ; la nature et de la gravité de l acte pour lequel il est poursuivi devenant des indices d une disposition particulière du sujet et non plus les seuls éléments constitutifs de l incrimination. P07 - LA NEURASTHÉNIE : ENTRE HISTOIRE ET MODERNITÉ? M. ORSAT 1, A. ERNOUL 1, S. RICHARD-DEVANTOY 2 1 Interne, CESAME, CHS, Ste Gemmes sur Loire, 27 route de Bouchemaine, Les Ponts-de-Cé. 2 Laboratoire Processus de Pensée et Interventions, UPRES EA 2646, Université d'angers, UNAM France. Introduction : La neurasthénie est un concept nosologique qui émerge à la fin du XIX ème siècle aux Etats-Unis grâce aux travaux de Beard, puis gagne l Europe au début du XX ème siècle. Terme aujourd hui obsolète, la neurasthénie avec ses avatars symptomatologiques pourrait-elle trouver dans le syndrome de fatigue chronique, né dans les années 90, un prolongement contemporain? Méthode : Un travail d analyse de la littérature et de bibliographie historique précisera l histoire du concept de Beard. Une lecture psychanalytique de la neurasthénie complétera les référentiels actuels de diagnostics pour comprendre sous quelles formes la neurasthénie peut encore y figurer. Résultats : Un détour historique nous permet d observer le mouvement opéré par cette entité nosologique faisant passer la neurasthénie d une maladie «en vogue» à un concept très discret dans les manuels diagnostics modernes et reclus au rang de pathologie historique. La neurasthénie est un exemple de maladie s inscrivant dans un «contexte» médical, social et historique, marqué par de profondes mutations de la société de la fin du XIX ème siècle, qui affectent l architecture familiale, l organisation du travail et les modes de consommation. Après Beard, Freud aborde la question de la neurasthénie, notamment lorsqu il sépare «névroses d angoisse» et «névroses actuelles» - auxquelles la neurasthénie appartient. Mais c est essentiellement Ferenczi qui explore cette maladie à la lumière de la psychanalyse. Puis, au gré des évolutions conceptuelles de la psychiatrie du XX ème siècle, la neurasthénie passe en retrait et perd son hégémonie en tant qu entité alors même que les symptômes qu elle réunit et les souffrances qu elle nomme se pérennisent et se prolongent très probablement au début du XXI ème siècle sous des formes variées : «syndrome de fatigue chronique», «fibromyalgie» voire «dysthymie» Conclusion : La contribution du concept de neurasthénie à notre clinique actuelle justifiait un éclairage historique et clinique. Cet héritage souligne l inscription de la maladie dans un «temps social» et dans une «époque clinique», interpellant le clinicien soucieux d interroger sa pratique et les cadres nosographiques, parfois rigides et contraignants, dans lesquels elle s'exerce. Mots clés : neurasthénie, Beard, histoire de la psychiatrie, syndrome de fatigue chronique Correspondant : Manuel Orsat : [email protected] 28 DU 27 AU 30 MARS 2012
29 P08 - L INCESTE : ENTRE CRIME ET PATHOLOGIE? ÉCLAIRAGES HISTORIQUES, ÉPIDÉMIOLOGIQUES ET PSYCHOPATHOLOGIQUES RASSEMBLÉS DANS UNE OPTIQUE EXPERTALE Sophie MOROGE, Carole MILAN, Frédéric PAUL, Michel PILARD Service de psychiatrie de l HIA Laveran, Marseille. Les définitions concernant l inceste sont nombreuses et ne se réfèrent pas toutes à la même notion : chaque société lui assigne des limites, ce qui en fait un champ circonscrit pour une communauté donnée à un temps donné, dont la validité n est jamais définitive et acquise une fois pour toute. Il existe une évolution constante de la réglementation liée à cet interdit comme en témoigne la dernière loi du 8 février 2010 faisant entrer le terme d «inceste» dans le Code Pénal. On estime actuellement que 2 millions de français sont victimes d inceste, en France, les cas d inceste constituent 20 % des procès d Assises, ils représentent 75 % des situations d'agressions sexuelles sur enfants et plus de 57 % des viols sur mineurs. Sur le plan de la comptabilité judiciaire les auteurs de violences sexuelles forment en 2007 le second plus important contingent de sujets incarcérés, après les auteurs de coups et blessures volontaires. Senon et Mananera ont rapporté qu en moyenne, seulement 1 à 5 % des auteurs d agression sexuelle présentent une pathologie psychiatrique au sens clinique du terme. En faisant une revue de la littérature, on ne peut que constater qu il existe une variabilité importante dans l estimation de la prévalence des différentes comorbidités psychiatriques chez les auteurs d agression sexuelle. Dans les classifications internationales, on identifie sous le terme de «troubles de la préférence sexuelle» dans la CIM 10 et sous celui de «paraphilie» dans le DSM IV des catégories telles que la pédophilie. Dans ces deux classifications, la notion d inceste n est pas clairement mentionnée comme une entité distincte mais se retrouve insérée dans le concept de pédophilie. Les classifications psychiatriques n ont pas pour finalité l étude des infractions sexuelles mais elles gardent leur utilité, lors de l expertise psychiatrique pénale, pour l identification d une maladie mentale dont pourraient dépendre des comportements sexuels transgressifs et pour le repérage d une comorbidité psychiatrique. Cependant, statistiquement, très peu d auteurs d infractions sexuelles sont reconnus pénalement irresponsables au sens de l article alinéa 1 du Code pénal en raison de leurs troubles psychiques. Les experts psychiatres sont des «techniciens» au service de la justice qui ont à répondre aux missions qui leur sont confiées par les magistrats, en fonction de leurs compétences et connaissances dans le champ considéré. Le psychiatre expert peut être interrogé avant le jugement sur la responsabilité pénale du sujet et, s il y a condamnation, sur l opportunité d une injonction de soins. Dans un contexte actuel de dramatisation médiatique et de répression sécuritaire des infractions sexuelles, nous avons choisi de nous poser la question de la pathologie et des soins, de nous interroger sur les limites entre crime et pathologie, chez une population de pères incestueux. À l heure actuelle, quels que soient les référentiels théoriques, un consensus existe pour dénoncer le raccourci par lequel un sujet peut être assimilé à un acte. Malgré le polymorphisme clinique des conduites déviantes et l infinie diversité des configurations psychopathologiques au sein desquelles ces conduites peuvent apparaître, un point semble faire l accord des experts : c est le constat que ces troubles du comportement sexuel correspondent bien moins à des troubles de la sexualité proprement dits qu à des tentatives de «solution défensive» par rapport à des angoisses majeures concernant le sentiment identitaire. Les hypothèses étiopathogéniques des auteurs qui se réfèrent aux théories psychodynamiques sont les suivantes : dans tous les cas, on trouve au premier plan des troubles graves du narcissisme, une fragilité du sentiment de continuité identitaire, et une menace d effondrement dépressif, liés à des angoisses majeures d'altération voire de disparition de la représentation de soi. L inceste, de par sa dimension transgressive, interroge chacun de nous. Problème de santé majeur, il ne peut trouver de réponse dans la seule répression mais dans une approche préventive diversifiée où le débat de société, suivi de ses décisions éducatives, et la théorisation psychiatrique, accompagnée de ses prescriptions psychiques, sont décisifs. P09 - MONET, UNE HISTOIRE D'EAU? Dr. Joëlle SKRIABINE Praticien Hospitalier, GH Paul Guiraud, Villejuif. Monet est connu dès 1888 pour ses séries : les "Meules", les "Peupliers", la "Cathédrale de Rouen", ses "Vues de la Tamise" à Londres, le "Palais des doges" à Venise et enfin les "Nymphéas" à Giverny. Pourquoi ce choix répétitif d'un thème? Que cherche t-il à saisir? Qu'a t-il trouvé quand il peint les "Nymphéas", le thème majeur de sa peinture? Nous développons l'idée qu'il s'agit dans un premier temps d'une répétition métonymique d'un thème sous une exposition lumineuse qui change, un travail de recherche donc, pour se transformer dans un second temps en une réitération qui tente alors de saisir par la peinture la jouissance de cette perception visuelle. La peinture de Monet ne se décrypte pas, elle se contemple. Au fil du temps et de ses tableaux, l'eau s'est métamorphosée en miroir. Le reflet et le reflété viennent à se confondre, et cet univers clos font des Nymphéas la signature de l'être Monet. La jouissance, qui était comme captive dans ses séries, s'émancipe alors, mais capturée, dans les Nymphéas. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 29
30 P10 - LA MORTALITÉ À L HÔPITAL PSYCHIATRIQUE M. BENABBAS, O. BENELMOULOUD EHS Psychiatrique DJEBEL OUAHCH. Constantine. Algérie. Résumé : La mort subite se définit comme étant une mort naturelle, de survenue soudaine chez une personne en bon état de santé apparente. Le caractère naturel du décès exclue toute forme de mort violente (criminelle, suicidaire, ou accidentelle), mais c est le caractère inattendu et insolite du décès qui va le rendre suspect. Méthodologie : Étude rétrospective qui s intéresse aux cas de morts subites survenues au niveau de l EHS psychiatrique Mahmoud Belamri depuis l année 1996 à Sont exclus de l étude les cas de mort par suicide, et les décès suite à une affection médicale préexistante et connue. Les items de travail sont : le sexe, l âge, les antécédents psychiatriques, l état général à l admission, les examens complémentaires, le diagnostic, le traitement, la durée de séjour, l heure et la cause du décès. Résultats : Malgré les biais méthodologiques inhérents aux études rétrospectives, quelques résultats ont pu être dégagés. Le dépouillement des dossiers a permis de recenser 10 cas de mort subite sur une période de 10 ans hospitalisations ont été recensées depuis 1996, ce qui nous donne une fréquence de un décès pour malades hospitalisés. Le sexe : notre étude comporte 5 femmes et 5 hommes établie dans l ordre de 50-50, alors que l étude de Mc Gray et al en 1998 et sur un nombre de 130 morts subites montre que 85 % des décédés sont des hommes. L âge : 70 % des décès entre ans, alors que ceux ayant un âge situé entre ans sont de l ordre de 30 %, et la plupart des études corroborent vers cette tranche d âge (30-70 ans) qui demeure la plus fréquente Antécédents : 40 % ont des antécédents d hospitalisation en milieu psychiatrique, 30 % ont des antécédents de suivi en ambulatoire au minimum pendant deux ans et 30 % qui n ont aucun antécédent psychiatrique et sont donc considérés comme inconnu du service. État général à l'admission : 80 % des malades décédés ont eu un état général conservé à leur admission selon l examen physique pratiqué à l entrée, 20 % ont eu un état général peu conservé (un syndrome infectieux avec des escarres au niveau d une fesse, présence d abcès au niveau des deux pieds) Examens complémentaires : Le Bilan standard : qui comprend le dosage de l urée, glycémie, créatinine, FNS, VS, a été fait pour tous les malades. Le F.O : 40 % des malades ont fait un FO dont 30 % aux fins d une série d'électrochocs, et 10 % dont le but est imprécis. Le Test de grossesse : a été pratiqué chez 50 % des malades (les 5 femmes de notre échantillon). E.E.G + TDM : ont été pratiqués pour un malade qui a présenté un syndrome infectieux et n ont montré aucune anomalie. E C G : a été pratiqué pour deux malades, pour l un il y avait des signes électriques de tachycardie sinusale et un bloc de branche, et pour l autre des signes en faveur d une tachycardie sinusale + des signes d HVG, par ailleurs on ne retrouve aucun traitement à base de produits cardiotoniques. Diagnostic d'entrée : le diagnostic à l admission pour les 10 malades était comme suit : 40 % : Schizophrénie. 20 % : troubles du caractère et du comportement. 10 % : Refus alimentaire. 20 % : Troubles bipolaires. Durée du séjour : De 0 à 10 jours : 50 % De 11 à 30 jours : 30 % Au delà de 30 jours : 20 % Les causes du décès : dans 90 % des cas la cause du décès établie par le médecin psychiatre de garde est un Arrêt Cardio-Respiratoire, alors que dans 10 % des cas la cause était imprécisée. Discussions : Nous déplorons la rareté des travaux concernant la mort subite en psychiatrie, thème qui soulève moult interrogations surtout qu au niveau de l EHS le rythme est d une mort subite par an survenant chez une personne apparemment sans anomalie somatique. Dalery et Col dans «Schizophrénie, recherches actuelles et perspectives» énonce que le schizophrène est plus vulnérable à une mort subite selon une cohorte de 100 malades, d autant plus que 60 % des décédés étaient des schizophrènes. À la fin de ce travail plusieurs interrogations persistent : Le bilan dit standard est-il suffisant pour éliminer une affection somatique sous-jacente ou faut-il ajouter d autres éléments? L ECG est-il systématique pour tout malade hospitalisé en psychiatrie même en l absence de signes cliniques patents? Est-on en droit d exiger la présence d un médecin interniste au sein de l EHS psychiatrique car face à une demande croissante, le psychiatre a tendance à scotomiser l examen somatique et surtout si le malade est connu? 30 DU 27 AU 30 MARS 2012
31 P11 - LE PSYCHOTRAUMATISME CHEZ LES COMBATTANTS DE LA GUERRE DE LIBÉRATION M. BENABBAS*, O. BENELMOULOUD** * Professeur, chef de service de psychiatrie, Hôpital militaire de Constantine. Algérie. ** Maitre assistante en psychiatrie, EHS Constantine. Algérie. Résumé : Les auteurs ont décelé un syndrome de stress post-traumatique (PTSD) avéré chez 60 anciens combattants de la guerre d Algérie vus dans le cadre de l expertise psychiatrique pour une éventuelle réévaluation de leur indemnisation (révision du taux d incapacité partielle permanente : IPP). Quarante cinq ans après l indépendance, nous avons pensé rechercher la présence ou la persistance de troubles psychiques, en particulier le psycho-trauma chez ces «rescapés» de la révolution représentant une population jusque-là asymptomatique et silencieuse. Il s agit d une étude prospective qui a débuté au mois de mars 2006 et qui se continue dans le temps. La population d étude est représentée par des anciens(es) combattants(es) qui sont orientés vers le service de psychiatrie par la direction des moudjahiddines de la wilaya de Constantine en vue d une éventuelle révision de leur taux d IPP. Le diagnostic est posé cliniquement par le psychiatre du service et confirmé par l évaluation à l échelle de Horowitz qui permet la mesure subjective de l impact d un événement (score > 42 (95 % psycho traumatisme)). Résultats : 28 anciens combattants (47 %) ont présenté des signes d un psycho-traumatisme avéré avec des conduites d évitement (82 %) un syndrome de répétion (75 %) et des perturbations du sommeil (78 %) et sont tous de sexe masculin. Tous les patients ont signalé une recrudescence durant ces dix dernières années de leurs symptômes de violence associés à des trouble dépressifs (36 %), un trouble anxiété généralisée (29 %) et un trouble panique (18 %). L intérêt est de penser au PTSD devant toutes symptomatologies anxio-dépressives survenant chez tous anciens combattants. Mots clés : État de stress post traumatique, anciens combattants P12 - ESQUISSE PSYCHOPATHOLOGIQUE DU SUICIDE EN ALGÉRIE : À TRAVERS DES AUTOPSIES PSYCHOLOGIQUES À L EST ALGÉRIEN ( ) O. BENELMOULOUD, M. BENABBAS, F. KACHA EHS de Psychiatrie. Constantine. Algérie. Résumé : Il s agit d une étude épidémiologique des suicides à l Est Algérien (15 wilayas) à travers des autopsies psychologiques (de 1995 à 2003) ou plusieurs variables ont été étudiées afin d établir un profil type du suicidant en Algérie. Les variables étudiées sont : l âge, le sexe, la profession, le lieu d habitation, l existence d événements de vie, les antécédents psychiatriques et éventuellement des antécédents de TS, source de renseignements (auprès de qui nous avons recueillis les renseignements : père, mère, frère, sœur,...) et le procédé utilisé pour le suicide. Au total nous avons recensé cas de suicide, âgés de 15 ans et plus, survenus au niveau des populations du Nord-est Algérien durant la période de 1995 à La conclusion porte sur l émergence de certaines variables pouvant être des facteurs de risque à savoir : l âge compris entre 30 et 45 ans, le sexe masculin, les difficultés financières, sociales et surtout une mauvaise qualité de vie, présence d un diagnostic psychiatrique sur l axe 1 du DSM IV et enfin les difficultés d accès aux soins primaires dans les zones urbaines. Enfin les auteurs font ressortir les prévalences pour habitants par wilaya et la prévalence moyenne pour l ensemble de l Est Algérien. Mots clés : Autopsies psychologiques, suicides, facteurs de risque, prévention LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 31
32 P13 - PLACE DE L ABORD COGNITIVO-COMPORTEMENTAL COMME ALTERNATIVE AU TRAITEMENT PHARMACOLOGIQUE DANS LE TROUBLE PANIQUE AVEC AGORAPHOBIE O. BENELMOULOUD, M. BENABBAS, L. NEZZAL, F.KACHA Service de Psychiatrie. Constantine. Algérie. Résumé : Il s agit d une étude comparative des effets de deux types de prise en charge concernant le trouble panique avec agoraphobie : la thérapie comportementale et cognitive et le traitement pharmacologique à base d Anafranil. L abord cognitivo-comportemental, considéré comme un traitement récent en Algérie, sera comparé quant à ses effets thérapeutiques au traitement classique du trouble panique avec agoraphobie et qui est l Anafranil. L étude concerne deux types de populations triées selon les principes de la randomisation où l une recevra un traitement à base de d Anafranil (75 à 200mg/j) uniquement et l autre recevra un traitement purement cognitivo-comportemental. Tous les malades inclus dans l étude présentent le diagnostic de trouble panique avec agoraphobie selon le DSM IV. Chaque population est composée de 50 malades et le suivi s étale sur 3 mois. Les diverses évaluations sont faites grâce à des échelles d anxiété de phobie et d évitements. Les résultats sont nettement en faveur d un traitement cognitivo-comportemental avec disparition des troubles, amélioration de la qualité de vie et facilité de réinsertion socioprofessionnelle. Mots clés : Trouble panique, agoraphobie, thérapie comportementale et cognitive, antidépresseur P14 - APPROPRIATION DE LA NOTION DE PERSONNE DE CONFIANCE EN PSYCHIATRIE AUPRÈS DE PATIENTS PSYCHOTIQUES CHRONIQUES : ENTRE MODÈLE ÉTHIQUE ET FAITS CLINIQUES Carole MILAN, Sophie MOROGE, Frédéric PAUL, Michel PILARD Service de psychiatrie, Hôpital d Instruction des Armées, Marseille. [email protected] La loi du 4 mars 2002, relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé, énonce le droit aux patients de désigner une personne de confiance, véritable pont entre la médecine paternaliste et celle prônant l autonomie du patient. Il s agit d une loi généraliste qui n a pas de spécificité psychiatrique. Cependant sa mise en œuvre a aussi lieu en psychiatrie. La notion a même été réaffirmée par la loi du 5 juillet 2011, relative aux droits et à la protection des personnes faisant l objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge. Le service de psychiatrie générale, pour adultes, de l hôpital militaire de Laveran à Marseille a réalisé une étude sur l appréciation de cette disposition par les patients atteints de psychose chronique, c est-à-dire ayant des symptômes tels que le délire, la discordance, le repli. L objet de notre étude observationnelle était de rendre compte de l influence réelle de la notion de personne de confiance en psychiatrie en étudiant la perception et la compréhension qu en ont nos patients. Notre travail a aussi interrogé et analysé le sens du partage du secret médical à la personne de confiance et les raisons des tensions éthiques qui en découlent. Les résultats d un auto-questionnaire de trois pages, avec des questions ouvertes et fermées, proposé durant deux mois à tous nos patients éligibles, montrent que l existence de la personne de confiance est mal connue et son rôle et ses responsabilités semblent mal compris. La question soulevée est de savoir comment tendre vers une utilisation la plus pertinente possible de la notion, dans le but de garantir une meilleure prise en charge des patients. Malgré le faible effectif de notre population, cette étude a suffi à remettre en cause notre pratique clinique. P15 - QUELLES SONT LES FORMES ACTUELLES DE L HYSTÉRIE? ERNOUL A. 1, ORSAT M. 2, RICHARD-DEVANTOY S. 3, GOHIER B. 4, GARRE J.B. 5 1 Interne, CESAME, CHS, Ste Gemmes sur Loire, 27 route de Bouchemaine, Les Ponts-de-cé. 2 Interne, CHU d Angers, 4 rue Larrey, Angers. 3 Laboratoire Processus de Pensée et Interventions, UPRES EA 2646, Université d'angers, UNAM France. 4 Praticien Hospitalier Universitaire, CHU d Angers, 4 rue Larrey, Angers. 5 Professeur Universitaire, CHU d Angers, 4 rue Larrey, Angers. L hystérie présente des formes cliniques différentes en fonction des époques et des cultures. Notre revue de la littérature présente les formes actuelles de cette pathologie dans notre société. Les crises classiques, spectaculaires, comme la grande attaque de Charcot, sont aujourd hui devenues rares. Néanmoins, on les devine de nos jours à minima à travers des accidents conversifs dégradés : la crise de nerfs, tétaniforme, pseudo-syncopale et pseudo-épileptique érotisée ou encore d autres manifestations plus discrètes. Le trouble somatoforme indifférencié ainsi que les algies, principalement les céphalées, supplantent progressivement les accidents conversifs. Le trouble somatisation reste une forme sévère d hystérie mais peu fréquente. La prévalence du trouble dissociatif de l identité est plus élevée aux Etats-Unis et les transes dissociatives plus fréquentes dans les pays non industrialisés. La personnalité histrionique conserve de nombreux liens avec la personnalité hystérique. De nouveaux syndromes posent la question d un rapport avec l hystérie. L anorexie mentale, la fibromyalgie, le syndrome de fatigue chronique, les troubles fonctionnels et des troubles iatrogènes somatoformes pourraient constituer de nouvelles somatisations. Certains épisodes autoagressifs et le «trouble socioforme» correspondraient à de nouvelles conversions. Le syndrome dépressif s imposerait comme une forme acceptable de cette névrose. Aussi, les nouvelles possibilités techniques proposées à l individu et la libération des mœurs, interfèrent sur la demande de l hystérique, qui fréquente en conséquence, de nouvelles spécialités médicales et de nouvelles scènes sociales comme les plateaux télévisuels. Cette évolution est en lien avec un phénomène de suggestibilité et une clinique de la relation. En conséquence, l hystérie épouse des formes différentes en fonction du médecin, de l entourage, du savoir et des images induites par la société et l époque. Il faut souligner aujourd hui le rôle important des médias. Ce travail doit inciter le clinicien à une vigilance ainsi qu à une remise en question constante sur le plan psychopathologique, afin de comprendre la clinique actuelle de cette entité et sa perpétuelle évolution. 32 DU 27 AU 30 MARS 2012
33 P16 - DÉCROCHAGE DU SENS MORAL EN MILIEU MILITAIRE OPÉRATIONNEL ET PTSD Anne-Claire DUZAN, Patrick CLERVOY Service de Psychiatrie, HIA Sainte-Anne, Toulon. [email protected] Sujet sensible et tabou, les actes de violence illégitimes en temps de guerre existent depuis toujours. Les Conventions de Genève ont été érigées au niveau international pour définir des règles de protection des personnes en cas de conflit armé, notamment à l égard des populations civiles et des détenus. Malgré tout elles n ont pas permis l éviction d affaires mémorables comme le massacre de My Lai pendant la guerre du Vietnam, les nombreuses exactions durant la guerre d Algérie et le scandale de la prison d Abu Ghraïb en Irak pour ne citer que les plus connues. Régulièrement le sujet s invite sur le devant de la scène médiatique comme dernièrement avec les révélations de l association Wikileaks sur internet. Une étude menée par la Fourth Mental Health Advisory Team en 2006 auprès des soldats américains de retour d Irak a révélé la réalité du décrochage du sens moral en milieu opérationnel. 28 % des soldats et 30 % des Marines ont déclaré avoir vu des non-combattants être insultés sans raison. 9 % des soldats et 12 % des Marines ont avoué avoir détruit des biens civils quand bien même cela n était pas nécessaire. 4 % des soldats et 7 % des Marines sont allés jusqu à commettre des agressions physiques non justifiées. Pourtant, les armées occidentales et les pays qu elles servent se présentent comme des modèles de liberté et de respect des droits de l homme. Quelle peut-être la portée psychotraumatique de ces dérapages comportementaux chez les soldats? Des vétérans militaires, comme par exemple ceux de la guerre d Algérie, sont parvenus à confier leur profonde tourmente face à l irreprésentable souvenir de scènes atroces commises par eux-mêmes ou par leurs camarades. Nous savons aujourd hui que cette confrontation expose au risque de CR-PTSD (Combat-Related Posttraumatic Stress Disorder). Quel peut être l un des vecteurs de leur prise en charge lors du retour en métropole? «On ne peut aider et traiter [ceux qui ont vécu] la torture si l on ne s intéresse pas au système qui produit la torture» a écrit la psychologue Françoise Sironi. L analyse du phénomène violent chez l homme est complexe mais laisse penser qu il existe chez lui un dispositif psychologique de réactivité, en cas de menace perçue, le conduisant à adopter un mouvement d attaque orienté vers ce qui est extérieur à soi. Ce dispositif semble avoir été sélectionné par l évolution comme mécanisme adapté de survie, lorsqu il était indispensable dans les temps ancestraux. Un certain nombre d actions éducatives notamment morales tentent de le désamorcer, en essayant de décentrer l individu de lui-même et d élargir sa vision égocentrique des situations pour y considérer autrui. A contrario, d autres facteurs continuent d alimenter et d entretenir le dispositif de réactivité humaine, jusqu à désactiver les processus d autorégulation morale appris (phénomène de «décrochage du sens moral»). Ils relèvent à la fois de la situation (agents de stress, phénomène de groupe, pression ou ambiguïté de l autorité, distance ou déshumanisation de la victime) et de l individu (vulnérabilité psychologique, alcoolisations, immaturité, fatalisme). Au total, ces facteurs sont susceptibles à un moment donné de se mutualiser et de se potentialiser telle une catalyse jusqu à entraîner un risque élevé de passage à l acte agressif. Sans les déresponsabiliser de leurs actes, c est ce qu il peut se produire chez les militaires, dans le contexte particulier de la guerre, à l égard des peuples étrangers, qu ils soient civils ou détenus. P17 - UN DOCTORAT RÉFORMÉ POUR TOU(TE)S LES PSYCHOLOGUES Jean-Pierre BOUCHARD Psychologue Hors Classe, Unité pour Malades Difficiles (UMD) du Centre Hospitalier de Cadillac-sur-Garonne (33410), Laboratoire de Psychologie Clinique et de Psychopathologie (LPCP EA 4056), Université Paris Descartes. [email protected] En France, comme dans l Union européenne, le nombre des psychologues ne cesse d augmenter pour constituer de très loin le plus important vivier de professionnels «psy». Les demandes de prestations faites aux psychologues dans des domaines très variés (santé, éducation, justice, travail, sport, etc...) connaissent elles aussi, depuis des années, une expansion sans précédent. Malgré ce développement, les formations initiales des psychologues dans l hexagone (Masters) demeurent très inégales et segmentées dans plus de deux cents filières universitaires souvent très éloignées, voire inadaptées par rapport aux attentes légitimes des usagers (particuliers ou institutions). Il importe donc de réformer au plus vite cette formation en l allongeant, en l actualisant, en l homogénéisant, en l adaptant aux connaissances et aux besoins actuels et en la sanctionnant par un titre unique et clair : le doctorat. Ce doctorat réformé, incluant un internat en psychologie, devrait conjuguer la formation à l exercice professionnel, la formation à la recherche et la formation à l enseignement. C est dans le cadre d un doctorat généraliste, et non dans la multiplication et l émiettement des filières, que serait dispensée à chaque futur(e) psychologue une formation commune, utile, de haut niveau, intégrant les fondamentaux concernant tous les champs d application de la discipline. Cette réforme doit évidemment s accompagner aussi d une indispensable et importante révision des critères de sélection et de compétence de celles et de ceux qui dispenseront cette formation renouvelée. Entre autres points d amélioration, les enseignants-chercheurs devraient être systématiquement recrutés parmi les psychologues praticiens qui ont fait leurs preuves positivement dans l exercice professionnel de la psychologie. Cette réforme pourrait également constituer un modèle à suivre pour harmoniser les niveaux de formation et de prestations des psychologues dans l Union européenne. Mieux «traiter demain» passe aussi par ce type d évolution. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 33
34 P18 - L ÉLECTROENCÉPHALOGRAMME QUANTITATIF COMME FACTEUR PRÉDICTIF DE LA RÉPONSE AU TRAITEMENT ANTIDÉPRESSEUR Fanny LEVY ; Charles-Siegfried PERETTI Centre Hospitalo-Universitaire Saint Antoine. Introduction : L épisode dépressif majeur est une pathologie difficile à traiter avec un taux de résistance au traitement d environ 45 % (1-2). Le délai d apparition de l efficacité clinique complète des antidépresseurs dans l état dépressif majeur qui est évalué de 6 à 8 semaines a eu pour conséquence la recherche de stratégies thérapeutiques permettant une adaptation précoce du traitement (3). Plusieurs facteurs prédictifs de la réponse à l antidépresseur ont été proposés mais aucun n a été retenu dans la pratique médicale courante. L électroencéphalogramme quantitatif permet d évaluer la perfusion cérébrale grâce au calcul de cordance (1,4-7). Il s agit d une mesure équivalente à celle du métabolisme cérébral évalué par le PET SCAN utilisé lors d une tâche motrice (8). En outre, c est un examen simple et peu couteux. L objectif de notre étude est d évaluer l apport de l électroencéphalogramme quantitatif comme facteur prédictif de la réponse au traitement antidépresseur par le moyen d une revue de la littérature. Matériel et méthodes : Une recherche dans pub med ayant pour mots clés «qeeg», «cordance», «antidepressant», «prediction», «treatment response», «depression» a été effectuée. Les publications traitant de l électroencéphalogramme quantitatif couplé à une autre technique (9-12) et les enregistrements polysomnographiques (13-15) ont été exclues. Résultats : 12 articles traitant de l électroencéphalogramme quantitatif comme facteur prédictif de la réponse au traitement antidépresseur ont été recensés (1, 5, 6,16-24). Quelques articles traitant de la puissance des ondes alpha (22) et de la puissance absolue des ondes thêta (23) ainsi que l état de concordance ont été recensés (21, 22). Les principaux résultats concernent la cordance et la puissance relative des ondes thêta. Concernant la cordance, de nombreux auteurs retrouvent une diminution significative de la cordance entre l inclusion et après une semaine de traitement chez les sujets répondeurs (1, 5, 6, 16,17). Différentes classes d antidépresseurs ont été évaluées. La diminution de la cordance après une semaine de traitement a, selon les auteurs, une efficacité variant de 72 % à 75 %, une sensibilité de 69 % à 83 %, une spécificité de 67 % à 75 %, une valeur prédictive positive de 70 à 90 % ainsi qu une valeur prédictive négative de 69 % à 100 % (1,5,6,16,17). En outre, deux études rapportent une association entre la réponse thérapeutique et une diminution significative de la cordance dans les régions préfrontales encore plus précocement que dans les études citées précédemment, c est à dire entre l inclusion et après 48 heures de traitement par fluoxetine ou venlafaxine (5,18). L efficacité de ce facteur prédictif évalué à 48 heures de traitement est alors de 64 % (5). Concernant la puissance relative des ondes thêta, certains auteurs retrouvent des valeurs significativement plus basses chez les sujets répondeurs. En effet, Iofescu et al. ont mis en évidence une puissance relative des ondes thêta significativement plus basse à l inclusion et après une semaine de traitement par inhibiteur sélectif de la recapture de sérotonine ou venlafaxine chez les sujets répondeurs (19). L efficacité de ce critère évalué à l inclusion est de 63 %, la sensibilité de 64 % et la spécificité de 62 % (19). La puissance relative des ondes thêta significativement plus basse à une semaine de traitement permet de prédire la réponse thérapeutique avec une efficacité de 60 %, une sensibilité de 62 % et une spécificité de 57 % (19). De même, Knott et al. retrouvent une puissance relative des ondes thêta significativement plus basse à l inclusion et après 2 semaines de traitement chez les sujets répondeurs à l imipramine (20). Conclusion : L électroencéphalogramme quantitatif (mapping cortical) est un facteur prédictif pertinent et précoce de la réponse au traitement antidépresseur grâce à la valeur de la cordance. La valeur significativement plus basse de la puissance relative des ondes thêta est un autre facteur prédictif possible. 1 : Changes in QEEG prefrontal cordance as a predictor of response to antidepressants in patients with treatment resistant depressive disorder: a pilot study, Bares M, Brunovsky M, Kopecek M, Stopkova P. Novak T, Kozeny J, Höschl C. J Psychiatr Res Apr-Jun; 41(3-4): Epub 2006 Aug 4. 2 : Prediction of response to antidepressants: is quantitative EEG (QEEG) an alternative? Losifescu DV, CNS Neurosci Ther Winter; 14(4): : A new paradigm for the prediction of antidepressant treatment response., Leuchter AF, Cook IA, Hunter AM, Korb AS, Dialogues Clin Neurosci. 2009;11(4): : Neurophysiologic predictors of treatment response to fluoxetine in major depression., Cook IA, Leuchter AF, Witte E, Abrams M, Uijtdehaage SH, Stubbeman W, Rosenberg-Thompson S, Anderson-Hanley C, Dunkin JJ. Psychiatry Res Mar 22;85(3): : Early changes in prefrontal activity characterize clinical responders to antidepressants. Cook IA, Leuchter AF, Morgan M, Witte E, Stubbeman WF, Abrams M, Rosenberg S, Uijtdehaage SH. Neuropsychopharmacology Jul; 27(1): : Early reduction in prefrontal theta QEEG cordance value predicts response to venlafaxine treatment in patients with resistant depressive disorder.bares M, Brunovsky M, Kopecek M, Novak T, Stopkova P, Kozeny J, Sos P, Krajca V, Höschl C, Eur Psychiatry Aug;23(5): Epub 2008 May 2. 7 : Cordance: a new method for assessment of cerebral perfusion and metabolism using quantitative electroencephalography., Leuchter AF, Cook IA, Lufkin RB, Dunkin J, Newton TF, Cummings JL, Mackey JK, Walter DO. Neuroimage Jun;1(3): : Early reduction in prefrontal theta QEEG cordance value predicts response to venlafaxine treatment in patients with resistant depressive disorder., Bares M, Brunovsky M, Kopecek M, Novak T, Stopkova P, Kozeny J, Sos P, Krajca V, Höschl C. Eur Psychiatry Aug;23(5): Epub 2008 May 2. 9 : Prediction of treatment response in major depression: integration of concepts.mulert C, Juckel G, Brunnmeier M, Karch S, Leicht G, Mergl R, Möller HJ, Hegerl U, Pogarell O. J Affect Disord Mar;98(3): Epub 2006 Sep : Anterior cingulate activity as a predictor of degree of treatment response in major depression: evidence from brain electrical tomography analysis. Pizzagalli D, Pascual-Marqui RD, Nitschke JB, Oakes TR, Larson CL, Abercrombie HC, Schaefer SM, Koger JV, Benca RM, Davidson RJ. Am J Psychiatry Mar;158(3): : Rostral anterior cingulate cortex activity and early symptom improvement during treatment for major depressive disorder.korb AS, Hunter AM, Cook IA, Leuchter AF. Psychiatry Res Jun 30;192(3): Epub 2011 May : Rostral anterior cingulate cortex theta current density and response to antidepressants and placebo in major depression.korb AS, Hunter AM, Cook IA, Leuchter AF. Clin Neurophysiol Jul;120(7): Epub 2009 Jun : All-night EEG spectral analysis as a tool for the prediction of clinical response to antidepressant treatment. Luthringer R, Minot R, Toussaint M, Calvi-Gries F, Schaltenbrand N, Macher JP. Biol Psychiatry Jul 15;38(2): : Clomipramine and EEG sleep in depression.kupfer DJ, Ehlers CL, Pollock BG, Nathan RS, Perel JM. Psychiatry Res Nov;30(2): : Electroencephalographic sleep studies in depressed outpatients treated with interpersonal psychotherapy: II. Longitudinal studies at baseline and recovery. Buysse DJ, Kupfer DJ, Frank E, Monk TH, Ritenour A. Psychiatry Res Apr;42(1): : The change of prefrontal QEEG theta cordance as a predictor of response to bupropion treatment in patients who had failed to respond to previous antidepressant treatments., Bares M, Brunovsky M, Novak T, Kopecek M, Stopkova P, Sos P, Krajca V, Höschl C. Eur Neuropsychopharmacol Jul;20(7): Epub 2010 Apr : Changes in prefrontal activity characterize clinical response in SSRI nonresponders: a pilot study.,cook IA, Leuchter AF, Morgan ML, Stubbeman W, Siegman B, Abrams M. J Psychiatr Res Sep;39(5): : Antidepressant response trajectories and quantitative electroencephalography (QEEG) biomarkers in major depressive disorder., Hunter AM, Muthén BO, Cook IA, Leuchter AF. J Psychiatr Res Jan;44(2):90-8. Epub 2009 Jul : Frontal EEG predictors of treatment outcome in major depressive disorder. Iosifescu DV, Greenwald S, Devlin P, Mischoulon D, Denninger JW, Alpert JE, Fava M. Eur Neuropsychopharmacol Nov;19(11): Epub 2009 Jul : Quantitative EEG in the prediction of antidepressant response to imipramine. Knott VJ, Telner JI, Lapierre YD, Browne M, Horn ER. J Affect Disord Jul 29;39(3): DU 27 AU 30 MARS 2012
35 21 : Electroencephalographic and perceptual asymmetry differences between responders and nonresponders to an SSRI antidepressant. Bruder GE, Stewart JW, Tenke CE, McGrath PJ, Leite P, Bhattacharya N, Quitkin FM. Biol Psychiatry Mar 1;49(5): : Electroencephalographic alpha measures predict therapeutic response to a selective serotonin reuptake inhibitor antidepressant: pre- and post-treatment findings. Bruder GE, Sedoruk JP, Stewart JW, McGrath PJ, Quitkin FM, Tenke CE. Biol Psychiatry Jun 15;63(12): Epub 2007 Dec : An investigation of EEG, genetic and cognitive markers of treatment response to antidepressant medication in patients with major depressive disorder: a pilot study.spronk D, Arns M, Barnett KJ, Cooper NJ, Gordon E. J Affect Disord Jan;128(1-2): : Changes in brain function of depressed subjects during treatment with placebo. Leuchter AF, Cook IA, Witte EA, Morgan M, Abrams M. Am J Psychiatry Jan;159(1): P19 - UTILISATION DE L ISOLEMENT THÉRAPEUTIQUE : UNE ÉTUDE CLINIQUE ET CONTEXTUELLE KIVITS P., THÉMINES J., ROHMER G. Unité Intersectorielle Fermée, CH Sainte-Marie, Rodez. [email protected] Cette étude évalue la pratique de l isolement dans le cadre d un service intersectoriel fermé qui reçoit exclusivement des patients hospitalisés sans leur consentement. Le recours à l isolement est une pratique largement développée en milieu psychiatrique, mais dont la nécessité reste discutée dans diverses études. Comportant des risques sur le plan psychique et somatique, la procédure de mise en chambre d isolement reste potentiellement traumatique pour le patient et pose des questions éthiques pour les soignants. Au-delà des aspects cliniques, de multiples facteurs contextuels et émotionnels peuvent en outre influencer l utilisation des chambres d isolement. L objectif de cette étude fut de réaliser une évaluation aussi proche que possible de la spécificité du service et des préoccupations de l équipe soignante. 60 mises en chambre d isolement (MCI) consécutives, correspondant à un période d environ 6 mois, ont été passées au crible d un questionnaire réalisé préalablement par l équipe médicale et infirmière du service. Inspiré de la littérature existante, ce questionnaire comportait 25 questions, explorant divers paramètres tels que le motif et les circonstances de déclenchement de la mesure, l indication, le diagnostic, la durée, le déroulement de l accompagnement en CI, la fréquence de la surveillance psychique et somatique, la tenue d un entretien ciblé sur le vécu du patient au terme de la période d isolement. D autres items concernaient l évolution du patient et de sa relation avec l équipe (évolution de l alliance thérapeutique) ainsi que le vécu émotionnel et contre-transférentiel de l équipe. Tout au long de l étude, une réunion hebdomadaire fut organisée afin de permettre un temps d échange focalisé sur le vécu de l équipe, dont les principaux commentaires ont été transcrits dans les questionnaires. Les 60 MCI concernent une population dont l âge moyen est de 37 ans (40 H, 20 F). Les données récoltées révèlent des chiffres proches de ce qui a été objectivé dans d autres études, notamment en termes de motifs de MCI (agitation psychomotrice et prévention d un acte hétéro-agressif dans respectivement 58 % et 38 % des cas) et de diagnostic (57 % de troubles schizophréniques et psychotiques), avec toutefois une durée totale moyenne d isolement relativement brève (87 heures, soit 3 jours et 15 heures) au regard des chiffres disponibles dans la littérature. Les consignes de surveillance psychique (fréquence des visites infirmières) ont pu être appliquées, tandis que la surveillance somatique (prise des paramètres et surveillance de risques somatiques particuliers) n a pu être respectée lors de 13 MCI en raison de l inadéquation des consignes ou de la difficulté à les appliquer auprès de patients agités ou opposants. Le vécu émotionnel et contre-transférentiel de l équipe, transcrit dans les questionnaires, révèle que l instauration de la procédure reste un moment difficile (sentiment d être devenu persécuteur aux yeux du patient, d avoir adopté une mesure punitive, tendance au rejet et à l évitement des patients agressifs), mais un ressenti positif domine au terme de la période d isolement, avec une amélioration de l alliance thérapeutique à l issue de 46 MCI (77 %) et une amélioration de la symptomatologie à l issue de 54 MCI (90 %). Ce travail a permis de repérer des points à améliorer et conduit à une adaptation de notre pratique : pérennisation des temps d échange hebdomadaires sur le vécu de l équipe, harmonisation de la surveillance psychique et somatique des patients, réalisation systématique d un entretien ciblé sur le vécu du patient après la période d isolement. P20 - SYNDROME D EKBOM CHEZ UN LÉGIONNAIRE : CAS OÙ UNE INCISION HYPOGASTRIQUE AUTO-INFLIGÉE REMPLACE LE SIGNE DE LA BOÎTE D ALLUMETTE Sophie MOROGE, Frédéric PAUL, Carole MILAN, Michel PILARD Service de psychiatrie de l HIA Laveran, Marseille. Le syndrome d Ekbom, ou délire de parasitose, est une pathologie rare, aux frontières nosographiques floues et qui convoque plus souvent les médecins somaticiens que les psychiatres. Cette conviction d être infesté par des parasites touche typiquement les femmes d âge mûr, les patientes veulent apporter la preuve de leur infestation en recueillant des «spécimens» et en les apportant à leur médecin, c est le classique signe de la boîte d allumette. Ce tableau clinique est rare et polymorphe, ce qui rend son recensement périlleux. Trabert réalisait en 1995 une méta-analyse portant sur «100 ans de délire parasitaire». Ses résultats retrouvaient un sexe ratio de 2,36 femmes pour un homme (la différence entre les sexes augmentait avec l âge), une incidence annuelle de 0,2/1 000, une prévalence de 0,8/1000, un âge moyen de début de 58 +/- 13,8 pour les femmes et de 54,8 +/- 15,7 pour les hommes. L isolement social touchait plus de 53 % des patients et Trabert soulignait que dans 60 % des cas, le syndrome d Ekbom était secondaire à une autre maladie. Comme le soulignent tous les auteurs, le syndrome d Ekbom se caractérise par une hétérogénéité de tableaux cliniques, les traits de personnalités rencontrés sont variables selon les études : histrioniques, sensitifs, paranoïaques, psychasthéniques, obsessionnels La frontière entre psychose et névrose est floue, la fausse croyance d infestation semblant tantôt s intégrer dans un fonctionnement psychotique, tant la conviction est inébranlable, tantôt dans un fonctionnement plus hystérisé comme peuvent en attester l ambivalence, la théâtralisation et la suggestibilité du patient. Nous avons rencontré le cas d un légionnaire de 36 ans, qui, pour prouver son infestation par des vers, s est infligé une incision hypogastrique de 10 cm de long au cours de sa consultation avec un médecin rééducateur. Au travers de ce tableau atypique, nous soulignerons le polymorphisme que l on peut rencontrer dans le syndrome d Ekbom, tant au niveau éthiopathogénique qu au niveau de la présentation clinique et de la prise en charge. L exemple de ce patient illustre l articulation complexe qui existe entre le corps et l esprit, au travers de la peau, organe privilégié de la vie de relation selon Anzieu, enveloppe physique qui assure cohérence et unité à l individu et qui constitue la limite matérialisée entre le psychisme et l extérieur, entre soi et les autres. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 35
36 P21 - MANIFESTATIONS D ALLURES PSYCHOGÈNES ET HYPOKALIÉMIE CHRONIQUE : À PROPOS D UN CAS Najoua LAKHAL, Hamdi KEFI, Sami EDDHIF, Abdelaziz OUMAYA, Slaheddine GALLALI Service de Psychiatrie-Hôpital Militaire Principal d Instruction de Tunis-1008-Montfleury, Tunis. Tunisie. L hypokaliémie se définie par une diminution du taux plasmatique du potassium au dessous de 3,5 mmol/l. Les conséquences cliniques de l hypokaliémie sont multiples (cardiovasculaires, neuro musculaires et endocriniennes) et peuvent être rattachées à tort à une pathologie psychiatrique. Nous rapportons le cas d un patient âgé de 47 ans, aux antécédents d hypertension artérielle sous diurétiques depuis 3 ans. Le patient est suivi depuis 2 ans en psychiatrie pour un trouble somatisation (asthénie, douleurs musculaires et ostéo-articulaires, constipation ) et mis sous traitement psychotrope. À la biologie, une hypokaliémie profonde à été retrouvé. Après explorations et examens complémentaires, l origine médicamenteuse de l hypokaliémie a été retenue. Le changement de l antihypertenseur avait permis la normalisation de la kaliémie avec régression des plaintes somatiques et arrêt du traitement psychotrope. P22 - INTOXICATION MÉDICAMENTEUSE VOLONTAIRE : À PROPOS DE 51 CAS Najoua LAKHAL, Hamdi KEFI, Sami EDDHIF, Abdelaziz OUMAYA, Slaheddine GALLALI Service de Psychiatrie-Hôpital Militaire Principal d Instruction de Tunis-1008-Montfleury, Tunis. Tunisie. Introduction : La plupart des tentatives de suicide (TS) par intoxications volontaires convergent vers les urgences et finissent par atterrir en psychiatrie avec ou non un séjour en réanimation. La connaissance de l épidémiologie des médicaments ou toxiques responsables d intoxication volontaire permet de réactualiser les acquis en toxicologie des urgentistes. But : L objectif de cette étude est de connaitre l incidence et les caractéristiques des tentatives de suicide à travers une étude rétrospective sur quatre ans. Méthodes : Il s agit d une étude rétrospective descriptive étendue sur 4 ans, de janvier 2007 à décembre Durant cette période d étude, 52 patients ayant présenté une intoxication médicamenteuse volontaire ont été inclus. Résultats : Le sexe ratio F/H était de 1,36. L âge moyen était de 32 ± 9 ans. La plus grande partie des suicidants étaient célibataires. La moitié des suicidants étaient des élèves de secondaire. Un conflit familial était derrière la majorité des TS. Un antécédent psychiatrique a été noté dans 65 % des cas. Trente six patients ont eu recours à un médicament pour se suicider et les psychotropes étaient en première position avec un taux de 44 %. Conclusion : L incidence des TS par intoxications volontaires aux urgences est de 0,6 pour mille patients. P23 - ASSOCIATION TOC ET PSYCHOSE : À PROPOS DE 3 CAS Najoua LAKHAL, Hamdi KEFI, Sami EDDHIF, Abdelaziz OUMAYA, Slaheddine GALLALI Service de Psychiatrie-Hôpital Militaire Principal d Instruction de Tunis-1008-Montfleury, Tunis. Tunisie. L association TOC et psychose constitue un sujet d actualité. S agit-il de deux pathologies distinctes avec possible co-morbidité ou d une même entité où les symptômes de TOC atypiques feraient partie de la pathologie psychotique. Nous rapportons dans notre travail le cas de trois patients suivis à notre consultation ayant présenté des symptômes de TOC et de troubles psychotiques durant leurs suivis. Deux de nos patients, un homme et une femme, âgés respectivement de 27 et de 33 ans avaient présenté une symptomatologie initiale d allure névrotique. L entretien psychiatrique avait révélé des plaintes somatiques et des attitudes phobiques et obsessionnelles compulsives d allure atypique (absence de lutte anxieuse, précocité et intensité de l apragmatisme, absence de critique). L évolution a été marquée par une mauvaise réponse au traitement antidépresseur et l apparition d une pathologie psychotique. Notre troisième patient âgé de 23 ans, connu porteur de symptômes psychotiques, a présenté un TOC invalidant après quelques années d évolution. Au travers de nos observations et une revue de la littérature, nous nous proposons d étudier les liens entre ces deux pathologies. 36 DU 27 AU 30 MARS 2012
37 P24 - MANIFESTATIONS PSYCHIATRIQUES DE LA PELLAGRE : PRÉSENTATION D UN CAS Micheline HEELEY - Psychiatre, CH de Vauclaire Pôle Bergerac, Montpon-Menesterol. France. J. FANTON - MD, CH Baystate, Springfield, Massachussets. USA. Introduction Une revue de la littérature portant sur la pellagre conclut que la plupart des cas ayant donné des signes psychiatriques se sont passés il y a plus de 50 ans dans des contextes de disette. Cependant, la pellagre se manifestant par des symptômes psychiatriques n a pas été éradiquée comme ce cas l indique. Présentation Une femme de 57 ans est hospitalisée en psychiatrie pour un premier épisode de manie apparu il y a trois semaines. Les symptômes de manie sont atypiques par leur caractère paroxystique, intermittent et la préservation de la majorité du sommeil nocturne. Lors de ces paroxysmes, elle est vigilante tout en apparaissant dans un état second, est désorientée dans le temps et l espace, répond très peu au dialogue, ressent une photophobie insupportable ainsi qu une attirance irrépressible envers l eau froide. Ces épisodes durent de quelques minutes à quelques heures quels que soient les traitements donnés (halopéridol, rispéridone, lorazépam per os et IM). L examen physique initial révèle une émaciation (42,6 kg pour 157 cm, IMC =17,44), des signes vitaux normaux, une dermatite généralisée peau sèche, rose et pruritique et une coloration cutanée orange transitoire due à un surdosage en bêta-carotène avant l admission. La patiente n est pas allergique. Les résultats biologiques d entrée ont révélé une anémie mégaloblastique ainsi qu une hyponatrémie dilutionnelle transitoire expliquée par une potomanie antérieure à l admission. L histoire diététique est d emblée hors norme : la patiente rapporte 26 ans de restrictions caloriques volontaires (ne mangeait qu une fois par jour) en conjonction avec un régime alimentaire auto-imposé restreint limité au tofu, à des œufs, agrumes, carottes, légumes type épinard, et rarement maïs. Elle a confirmé l exclusion quasi totale de grains, graines et farines depuis 26 ans et une supplémentation vitaminique intermittente per os au fil des années. Son dernier «régime» depuis trois mois consistait à la prise de tofu, légumes type épinard et oranges jusqu à 5 kg par jour. Aucun symptôme d anorexie mentale ou de boulimie n a été détecté. Elle a nié toute diarrhée. Dès l admission, la patiente augmente son apport calorique, ressentant une faim vorace et se sentant confortable avec les 5 kg gagnés en 17 jours, son poids normalisé se maintenant lors du suivi. Ces symptômes physiques associés à son histoire diététique très bizarre et à la présentation atypique de la manie suggèrent alors une encéphalopathie due à une carence vitaminique. Une supplémentation en niacine jusqu à 100 mg / jour, cyanocobolamine 50 mg / jour induit une disparition très rapide de la glossite et de l éruption cutanée ce qui étaye le diagnostic de pellagre. Cependant la pathologie psychiatrique continue. La fréquence des symptômes sporadiques de manie décroît lentement d une fois en quelques heures à une fois en quelques semaines sur six mois, et devient facilement gérable par la famille qui reprend la patiente à domicile après trois semaines d hospitalisation. La supplémentation vitaminique a été essentielle dans ce traitement. Conclusion L encéphalopathie de la pellagre doit être soupçonnée lorsque le psychiatre se trouve confronté à une symptomatologie psychiatrique et neurologique atypique sur un terrain à risque de malnutrition (trouble de l alimentation, malnutrition...) exacerbée par une hausse aiguë du métabolisme, renutrition. P25 - RECHERCHE FONDAMENTALE SUR LA SCHIZOPHRÉNIE : COMMENT TRANSPOSER DES SIGNES DE BASE DANS UN MODÈLE THÉORIQUE COMMUN À D AUTRES ESPÈCES? Léa BERTHOLET (1,2), Delphine PREISSMANN (1,2), Guillaume SIERRO (1,2), Françoise SCHENK (1,2) 1 Institut de Psychologie, Université de Lausanne. 2 Centre de Neurosciences Psychiatriques (CNP), Département de Psychiatrie, CHUV/Université de Lausanne. Les neurosciences psychiatriques font fréquemment référence au concept du «modèle animal de». Cela suppose la transposition chez l animal de laboratoire de processus pathologiques hypothétiquement impliqués dans le développement d une maladie psychiatrique humaine. Notre projet est centré sur la compréhension des processus cérébraux impliqués dans la manifestation d un syndrome à part entière, reposant sur l altération de mécanismes communs au rat et à l homme. Dans le cas de la schizophrénie, il s agit d évaluer chez le rat des déficits cognitifs qui puissent témoigner de troubles de base répertoriés chez les patients. L observation des mécanismes fondamentaux rend possible cette transposition. Le modèle animal permet d étudier les corrélats cerveau-comportement à travers le développement de déficits cognitifs induits par des facteurs de risques pour la maladie. Nos résultats indiquent que les anomalies cérébrales liées à un déficit précoce en glutathion affectent des compétences cognitives essentielles dans les fonctions de navigation dans l espace chez le rat. Ce handicap s explique par la perte de capacité d intégrer les uns aux autres des fragments de trajets pour mettre en relation les différents sous espaces ainsi visités (Preissmann et al., 2009 ; 2011). Ce processus pourrait aussi sous-tendre l agentivité humaine, à savoir la capacité immédiate de se reconnaître à l origine de ses actions. La suite de cette démarche vise à analyser chez les patients l expression des déficits fondamentaux liés à des anomalies neurophysiologiques à travers des tâches de navigation spatiale. La compréhension de la nature de ces déficits peut alors fonder des objectifs thérapeutiques en vue de mieux reconnaître et de compenser les difficultés rencontrées par les patients dans leur vie quotidienne. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 37
38 P26 - MANIFESTATIONS EXTRA-MOTRICES DE LA SCLÉROSE LATÉRALE AMYOTROPHIQUE (SLA), REVUE DE LA LITTÉRATURE À PARTIR DE L'ÉTUDE D'UN CAS Pierre François ROUSSEAU, Patrick CLERVOY Hôpital d'instruction des Armées Ste Anne, Toulon. Introduction Pour un patient du service en cours d'exploration pour une suspicion de SLA, la distinction entre maladie psychiatrique indépendante et manifestations extra motrice de la SLA s'est posée. Il présentait une exaltation de l'humeur, une agitation psychique avec des troubles du langage à type de jeux de mots et de persévérations. L'objectif est de faire une revue systématique de la littérature concernant les manifestations extra-motrices de la SLA. Matériels et méthodes Une revue systématique de la littérature indexée dans Pubmed a été effectuée. Résultats Le diagnostic final retenu chez ce patient fut celui de SLA, sans démence fronto-temporale (DFT) associée. Les dysfonctions du système exécutif représentent l'atteinte majeure des fonctions cognitives (troubles de la fluence verbale et de l'attention). Le langage est marqué par une difficulté à nommer les objets, des persévérations, des écholalies et l'emploi d'expressions stéréotypées. Le principal trouble de l'humeur est l'apathie. Les idéations suicidaires sont plus fréquentes au début de la maladie, après l'annonce diagnostique. Les troubles du comportement correspondent à une atteinte frontale avec une désinhibition, impulsivité, rigidité et une inflexibilité. Un déclin cognitif pouvant se manifester par une DFT accompagne la maladie, mais le déclin cognitif évolue plus lentement que le déficit moteur. La présence d'illusions serait le signe le plus précoce signant l'apparition d'une DFT chez les patients atteints par la SLA. Conclusions La SLA ne doit plus être considérée comme une pure atteinte du motoneurone. Son association à la DFT comme deux expressions d'une même protéinopathie mérite d'être étudiée. P27 - PRISE EN CHARGE D'ÉTATS POST-TRAUMATIQUES EN CONSULTATION DE SECTEUR Dr. M.-L. CHAMBON, praticien contractuel, Mmes M. TOUTAIN, M. IBN NAOUN, infirmières, L. DELEPINE, assistante sociale, Dr. L. DUPONT, psychiatre des hôpitaux Secteur 78G01, C.H. Fr. Quesnay, Mantes la Jolie. Notre réflexion s'appuie sur trois situations issues de la file active d'un centre médico-psychologique de psychiatrie générale, sollicité ici comme structureressource par des professionnels de première ligne. M. A., 23 ans, marocain, adressé par une association d'aide aux immigrés, est arrivé en France il y a un an, en situation irrégulière. Alors qu'il traversait le détroit de Gibraltar, la barque sur laquelle il se trouvait s'est retournée, entraînant la disparition de plusieurs passagers. M. H., 41 ans, algérien, adressé par son médecin généraliste, était militaire de l'armée régulière dans son pays ; il a participé à la guerre civile dans les années 90 où il a dû à plusieurs reprises évacuer les corps de civils qui venaient d'être massacrés. Monsieur P., 28 ans, chauffeur de bus, adressé par son médecin traitant, a percuté pendant son service un piéton, il y a 8 mois, qui s'est relevé pour s'enfuir aussitôt, sans lui laisser le temps d'appeler des secours. Chacun des trois tableaux cliniques est discuté, faisant suite à un traumatisme psychique (type I ou II) dont quelques caractéristiques sont soulignées, avec la question d'un diagnostic principal d'état de stress post-traumatique (F 43-1 de la CIM10) ou de trouble de l adaptation (F 43-2) et des comorbidités associées. On note que dans les trois cas préexistent, à un titre ou à un autre, des fragilités narcissiques, tandis que pour les trois patients, le vécu subjectif qu'ils ont de leur situation actuelle est marqué par la honte et se complique d'une forme de «deuil» impossible, avec un temps péri-traumatique en partie «immobilisé». La prise en charge en centre médico-psychologique permet un travail simultané dans 3 directions intriquées : - une mise en récit, à travers les entretiens, qu'ils soient médicaux ou paramédicaux ; - un traitement ou une adaptation du traitement médicamenteux ; - des interventions dans la réalité, puisque dans les trois cas persiste une grande précarité (absence de couverture sociale, de papiers ou de travail ). Notre hypothèse est que cette triple attention est déjà thérapeutique en soi et rend possible une éventuelle prise en charge ultérieure, en particulier un relais vers une consultation de psychotraumatologie. 38 DU 27 AU 30 MARS 2012
39 P28 - TRANSSEXUALISME ET PERSONNALITÉ, ÉTUDE À PROPOS DE 14 CAS AYANT FAIT L OBJET D UNE ÉVALUATION STRUCTURÉE Dr. Vincent GAUDEAU - Psychiatre, Praticicien Hospitalier, CHS de Blain, Blain. Pr. Jean-Luc VENISSE - Psychiatre, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier, CHU de Nantes, Nantes. Introduction Le transsexualisme est caractérisé par la conviction permanente d appartenir au sexe opposé, amenant à une demande de réassignation hormono-chirurgicale de sexe. C est une affection rare, plus fréquente chez l homme. Hypothèses et objectifs de l étude Les hypothèses divergent quant à la personnalité du transsexuel : la plupart des psychanalystes postulent un trouble grave de la personnalité, alors que l hypothèse de R. STOLLER et les hypothèses biologiques sont en faveur de l absence de perturbation particulière de celle-ci. Diverses études explorant la personnalité chez des populations de transsexuels au moyen d outils quantitatifs et projectifs montrent également des résultats divergents. Matériel et méthode L étude a été proposée à 14 patients transsexuels, consultants ou ayant consultés l équipe spécialisée pluridisciplinaire du CHU de Nantes, dont 9 hommes (transsexuels MF) et 5 femmes (transsexuels FM). Tous bénéficient d un traitement hormonal, 5 patients ont subi une intervention chirurgicale. Nous avons exploré leur personnalité au moyen du MMPI-2 et du SCID-II, outils standardisés d évaluation de la personnalité. L axe I du DSM a été évalué au moyen du MINI, l insertion socio-professionnelle par la GAF (Global Assessment of Fonctioning scale). Résultats Discussion La fréquence de troubles de la personnalité retrouvée au moyen du SCID-II, 14,29 %, ne présente pas de différence significative par rapport à la population générale (10 %). Le MMPI-2 montre des notes T moyennes proches de la population générale, 50, même si de légères disparités existent entre les différentes dimensions explorées. Les notes T moyennes sont toutes très inférieures à 70, seuil arbitraire habituellement admis au-delà duquel on considère qu il y a trouble de la personnalité caractérisé. Les dimensions qui semblent se démarquer légèrement sont la dépression (score T moyen = 56,5), la paranoïa (score T moyen = 55,9) et l introversion sociale (score T moyen = 58,9). La dimension schizophrénie présente un score approchant le seuil de 55 (54,7). Par ailleurs, les transsexuels homme versus femme présentent un degré de psychopathologie significativement plus élevé que les transsexuels femme versus homme. La comparaison des patients opérés et nonopérés ne montre pas de différences significatives aux différents tests. Enfin, les transsexuels «secondaires» au sens de STOLLER ne présentent pas de scores significativement supérieurs aux transsexuels «primaires». Il faut noter la faible puissance de l étude, du fait du nombre peu élevé de patients inclus, rendant la détection de différences statistiquement significatives moins probables. Implications Conclusion Ces résultats tendent à relativiser le déterminisme uniquement psychopathologique longtemps reconnu au transsexualisme, et posent la question d une intrication à des facteurs biologiques. Au niveau thérapeutique, ces données semblent plutôt en faveur du traitement hormono-chirurgical de réassignation de sexe, sous réserve de critères de sélection stricts et précis. Le pronostic apparaît plus favorable pour les transsexuels femme versus homme. Enfin, la pertinence de la distinction stollerienne entre transsexualisme primaire et secondaire ne semble pas discriminante au niveau psychopathologique. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 39
40 P29 - ATELIER THÉRAPEUTIQUE DE BD ÉDUCATIVE SUR LES PSYCHOSES ÉMERGENTES : DU PARTAGE DE VÉCUS AU PROJET DE COMMUNICATION GRAND PUBLIC Dr. Pierrette ESTINGOY Psychiatre, Praticien Hospitalier au CH le Vinatier (69), professeur de psychopathologie adulte à l École des Psychologues Praticiens de Lyon, correspondant national de la Société médicopsychologique de Paris. [email protected] Alain COCHET Psychologue clinicien et neuropsychologue au CH Le Vinatier (69), auteur des thérapies de remédiation cognitive dans la schizophrénie (TRC-EHAO), coauteur de l'échelle d'autonomie sociale (EAS).. Résumé : Parmi les soins recommandés dans la prise en charge précoce des jeunes patients présentant des troubles émergents de la lignée psychotique, il est désormais admis que l éducation thérapeutique favorise l insight, l observance au traitement et la rémission durable. Si les hôpitaux de jour des secteurs psychiatriques ne sont malheureusement pas tous équipés en programmes complets formalisés, ils sont dotés de compétences particulières en soins groupaux autour du lien psychique, du renforcement de l estime de soi et des capacités d autonomisation. Ici, l objectif est non seulement la rémission durable mais surtout le rétablissement psychologique des usagers en harmonie avec leur environnement. Et, plus complexe qu une simple lutte contre la maladie ou les symptômes, cela implique la participation active des intéressés à des activités thérapeutiques ouvertes sur la cité. Suivant cette philosophie, nous avons proposé de réaliser une bande dessinée autour du vécu d expériences psychotiques primaires avec un groupe de jeunes adultes usagers (n=10). Pour cela, un groupe de réflexion sur les manifestations cliniques de tels épisodes et sur leurs conséquences au plan affectif et social a été proposé afin de constituer une base solide de données sources sur les contenus émotionnels et les représentations (analyse qualitative du discours et statistique mots clefs). C est sur cette base qu un scenario a été rédigé, puis transformé en story board et enfin dessiné avec les patients lors d ateliers mis en place dans l Espace Jeune de la ville de Décines. Au plan thérapeutique, les premiers résultats sont très positifs, avec un retour aux sentiments de compétence, de reconnaissance et de dignité (+ échelles Estime de soi, Qualité de vie, SUMD, EAS). De plus au plan des représentations sociales cette bande dessinée va être utilisée comme moyen de communication en santé mentale. Il s agit en effet d une construction réaliste de la trajectoire et des manifestations pathologiques subies par de jeunes patients atteints de troubles psychotiques, mais pour une fois, vues de l intérieur, et projetée sur un personnage imaginaire. Un moyen d apporter à la population générale un autre éclairage, non édulcoré mais sans dramatisation excessive, un regard plus humain, autour de la maladie mentale, émanant du discours et de la réflexion de patients concernés. Une exposition est prévue pour le festival BDécines et lors du Congrès «Les 7 èmes rencontres de Reh@b' : Des outils et des hommes». À noter que ce projet a reçu le soutien financier prévu du programme «Culture à l hôpital», dans le cadre du dispositif «Éclats d art Réseau des projets artistiques et culturels des unités de soin du Centre Hospitalier Le Vinatier». P30 - LES "PSY" VUS PAR LES ÉTUDIANTS? UNE ENQUÊTE SUR LES REPRÉSENTATIONS DES PROFESSIONS EN SANTÉ MENTALE Dr. Pierrette ESTINGOY Psychiatre du service de médecine préventive universitaire de LYON 1, Praticien Hospitalier au CH le Vinatier de BRON (69), professeur de psychopathologie adulte à l Ecole des Psychologues Praticiens de Lyon, correspondant national de la Société médicopsychologique de Paris. [email protected] Laurentine BOINOT Psychologue, Apsytude (Association de prévention de la souffrance psychologique et promotion de la santé mentale des étudiants en Rhône Alpes). Fanny SAUVADE Psychologue clinicienne, Apsytude. Avec la participation des étudiants de l Ecole des Psychologues Praticiens de Lyon. «À votre avis qu est-ce qu un «psy»? Telle est la question que nous avons posée aux étudiants de l université Lyon 1 (sciences et santé) lors de la journée «forum prévention» du 18 octobre 2011 sur le site de la Doua à Villeurbanne (69100) dans le cadre d une enquête sur les représentations des professions en santé mentale menée sur le principe d une recherche/action. Méthodes : Pour cela une dizaine d étudiants de l Ecole des Psychologues praticiens de Lyon ont été envoyés au contact des étudiants sur le campus pour les interroger individuellement sur la base d un questionnaire élaboré préalablement en commun. Ce questionnaire comprenait une question ouverte (avec demande de 3 mots clefs) et 10 questions à choix multiples sur différents thèmes en lien avec les pratiques (bilan, psychothérapie, formation, prise en charge SS, médicaments, hôpital) à propos desquelles il fallait faire le lien avec les professions de psychiatres, psychologues et/ou psychanalystes. Au décours des interrogations, une information explicative était donnée par le stagiaire psychologue et une discussion ouverte sur les besoins et les impressions laissées par cette démarche. 40 DU 27 AU 30 MARS 2012
41 Résultats : 1/ 248 personnes ont été abordées et aucun refus n a été essuyé en dehors des causes temporelles (entrée imminente en cours). 213 questionnaires ont été analysés sur la base d une cohérence de profil : étudiants de 18 à 25 ans étudiant en filière sciences, dont 116 garçons contre 97 filles. 2/ L analyse des réponses révèle des représentations vagues mal différenciée mais assez positives de ces professions chez une grande majorité de jeunes. Ceci contraste avec une minorité de représentations très négatives marquées de forte suspicion, émanant notamment de quelques jeunes ayant eu une expérience personnelle mal vécue. 3/ Le retour de l action concernant l information sur les professions a été unanimement apprécié et notre démarche encouragée par les étudiants. Nous projetons désormais de mener cette enquête auprès d autres population étudiante (santé, sciences humaines) mais aussi de soignants (médecins généralistes), ou professions sociales (assistantes sociales, éducateurs, ) voire grand public, d une intrication à des facteurs biologiques. P31 - APPORT DE LA DOUBLE LECTURE NEUROPSYCHOLOGIQUE ET PSYCHOPATHOLOGIQUE DANS LA PRISE EN CHARGE ÉVALUATIVE ET REMÉDIATIVE D UN PATIENT TRAUMATISE CRÂNIEN Carla MACHADO Doctorante en neuropsychologie et psychologie clinique à l université d Angers. Membre du laboratoire de psychologie «Processus de Pensée et interventions» 1 Valérie BOUCHERAT-HUE Maitre de conférences en psychologie clinique et en psychopathologie à l Université d Angers. Membre du laboratoire de psychologie «Processus de Pensée et Interventions»- Axe «Processus psychiques et santé» (UPRES EA 2646). Attachée de psychothérapie à l hôpital Ste Anne (CMME, Paris). Psychanalyste (SPP/IPA). 1 Correspondance : [email protected] Le traumatisme cranio-cérébral est une agression organique et psychologique grave. Les lésions, souvent multiples vont entraîner des déficits physiques, cognitifs et psychoaffectifs (Zribi G. et Beulné T., 2009) importants responsables d une atteinte narcissique profonde. Dans ce contexte, où traumatisme corporel et traumatisme psychique s interpénètrent, la signification de l organe lésé, vient donner une dimension personnelle et sociale supplémentaire à cette blessure narcissique. Les déficits causés par ce traumatisme vont se révéler à travers une série de limitations voire d impossibilités à un retour «à la vie d avant» et sont regroupés sous le terme d handicap psychique invisible (Oppenheim-Gluckman, H., 1998). Dans la prise en charge psychologique et psychiatrique de ces patients il semble maintenant indispensable de prendre en compte les déficits cognitifs comme intégrés au psychisme lésé et doivent donc être reconnus en tant que tel pour comprendre la symptomatologie psychopathologique. Dans ce travail il s agit de s attacher à l intérêt de la double lecture neuropsychologique et psychopathologique dans la prise en charge évaluative, thérapeutique ou remédiative d un patient cérébro-lésé. Nous allons illustrer nos hypothèses par une étude de cas. Il s agit de l évaluation tests-retests chez une patiente de trente-trois ans, cérébro-lésée, ainsi que de la synthèse des entretiens psychothérapeutiques d orientation clinique réalisés avec elle au fil de son hospitalisation. Le bilan est composé de plusieurs épreuves appliquées aux interfaces des méthodes neuropsychologiques et psychopathologiques : une WAIS-R, l Echelle Clinique de Mémoire de Wechsler, la Progressive Matrice 38, le TMT A et B, la Tour de Londres et la Figure Complexe de Rey. Cette femme présente lors du premier bilan de nombreux déficits cognitifs, dont les plus importants sont les troubles mnésiques et les troubles attentionnels. Le deuxième bilan neuropsychologique réalisé à trois mois du premier montre une amélioration de la plupart des habiletés cognitives avec une persistance des troubles des sous-composantes des fonctions exécutives et des troubles attentionnels. La double lecture neuropsychologique et psychopathologique des différentes épreuves ainsi que des entretiens cliniques ont révélé une finesse et une richesse dans l analyse qualitative des symptômes résiduels au traumatisme. Cette double approche permet une optimisation du matériel utilisé grâce à l enrichissement dans deux champs théoriques complémentaires en neuropsychologie et en psychologie clinique (Jouvencel de, M., Zurbach, I., Narcyz, F.,2007). Cette étude nous autorise à envisager des perspectives importantes dans la prise en charge du handicap psychique invisible du traumatisé crânien, véritable mosaïque d expression symptomatologique, dont l unicité ne peut être prise en compte que par la multiplicité des champs théoriques envisagés. Jouvencel de, M., Zurbach, I., Narcyz, F. (2007). Approche psychologique des victimes handicapées. J. de Readapt. Med., 2, 3, LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 41
42 P32 - ASILE 2012 Brigitte DEGEILH - Psychiatre, Chef de pôle, Présidente de la Commission Ethique. Bernadette SOLLER - Généraliste. Gaëlle BAILLY - Cadre de Santé unité Antonin ARTAUD Assistante de Pôle. Sylvaine CELERIER - Directeur d Etablissement. Centre Hospitalier Spécialisé Vauclaire Montpon-Menesterol. Résumé À propos d un cas clinique neuro-psychiatrique, les auteurs interrogent la prise en soin de ces patients aux co-morbidités complexes pour lesquelles l hôpital psychiatrique reste le seul lieu de soin holistique. Ils présentent sous forme de vignettes les situations cliniques, thérapeutiques, logistiques, et administratives kafkaïennes et ubuesques qui questionnent le droit de l accès au soin et le respect de la dignité humaine. À l heure du développement de centres experts, ils veulent rendre hommage aux équipes qui font preuve, dans l ombre d une psychiatrie de pointe, d un humanisme indéfectible dans la dispensation des soins asilaires bien plus répandus que les publications actuelles ne le laisseraient penser. Anamnèse Monsieur Ch. S. est un homme de 42 ans qui souffre d une schizophrénie paranoïde diagnostiquée et traitée depuis 20 ans, sans amélioration clinique pendant ces nombreuses années, en particulier sur ses comportements extrêmement violents à l égard de lui-même et de son entourage. Au décours du suivi et du traitement de la psychose, d importants mouvements anomaux ont été observés et mis sur le compte de la neuroleptisation. L'un des nombreux psychiatres traitants qui se sont succédés, a interrogé la génétique, alerté par l anamnèse : la mère du patient était décédée en 1989 des suites d une Chorée de Huntington tout comme le grand-père maternel, en Ch. S. est atteint de la même maladie. Statuts clinique Monsieur Ch. S. communique aujourd hui seulement par onomatopées. Il doit être alimenté, ce qui est encore possible par voie orale. Ses ultimes tentatives pour s extraire de son fauteuil se soldent par des chutes, et des lésions multiples du cuir chevelu qui ne cicatrisent plus. Le service de neurologie du Docteur François TISON, CHU de Bordeaux, qui a accepté de bilanter ce patient en 2010, a estimé l espérance de vie à moins de 10 ans. Le Docteur Bernard GARRAUD, neurologue à la Fondation John Bost, confirme que la Chorée et son évolution grabataire est au premier plan. Logistique Ch. S. est hospitalisé depuis 2011 en unité de long séjour psychiatrique. Une chambre seule lui a été attribuée il y a 5 ans, sans sanitaire. L impériosité des éliminations urinaires et fécales nocturnes nécessitent des nettoyages importants. Les chutes de plus en plus fréquentes ont imposé un capitonnage de la chambre avec les moyens du bord (matelas) et le port permanent d un casque médicalisé. Le patient qui a longtemps refusé d être aidé à l alimentation a du être installé seul à une table éloignée des autres étant donné les jets disséminés et incontrôlés de la nourriture. Traitement Présentation de la pharmacopée et du nursing. Situation juridique La tutelle a été prononcée en Nous décrirons les difficultés d accès au soin liées à la nouvelle législation. Conclusion Au-delà du témoignage de notre équipe dans lequel se reconnaîtront bien des soignants en psychiatrie, c est aussi l éthique médicale qui est interrogée. Mais pas seulement l éthique médicale. Il s agit aussi de poser, inlassablement, la question à notre société, sur les choix qu elle fait et impose au travers de ses décisions économiques (peu ou pas de budget pour ces unités oubliées) et législatives (déshumanisation et lourdeur des procédures judiciaires). Mots-clés : schizophrénie, Chorée de Huntington, éthique Bibliographie BATIFOULIER Ph., GADREAU M. "Ethique Médicale et Politique de santé", Eds Economica, 2005, 233 p. "Le Livre Blanc de la Fédération Française de Psychiatrie", collectif, Eds John Libbey, 2003, 300 p. Loi n du 22 février 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs. Rapport E. COUTY, "Missions et organisation de la santé mentale et de la psychiatrie", janvier MAVIER J. "Problèmes éthiques en pratique quotidienne de psychiatrie publique", AEU éthique médicale, UER Médecine Aix Marseille, Le pronostic apparaît plus favorable pour les transsexuels femme versus homme. Enfin, la pertinence de la distinction stollerienne entre transsexualisme primaire et secondaire ne semble pas discriminante au niveau psychopathologique. 42 DU 27 AU 30 MARS 2012
43 P33 - ENQUÊTE BIPOLACT II : REPÉRAGE DE L HYPOMANIE AU SEIN DES ÉPISODES DÉPRESSIFS MAJEURS RÉCURRENTS. PROPRIÉTÉS PSYCHOMÉTRIQUES DES QUESTIONNAIRES D AUTOÉVALUATION CLH-32 ET MDQ J.M. AZORIN 1, E. HANTOUCHE 2, H. CACI 3, R. GAILLARD 4, S. LANCRENON 5 et J. ANGST 6 1 SHU psychiatrie adultes, Sainte-Marguerite Hospital, Marseille. 2 Centre des Troubles Anxieux et de l humeur, CTAH, Paris. 3 Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, CHU- Lenval, Hôpitaux Pédiatriques, Nice. 4 Psychiatrie, Hôpital Sainte Anne, Paris. 5 Sylia-Stat, Bourg la Reine. 6 Clinique Universitaire de Psychiatrie, Zürich, Suisse. Bipolact est un programme de formation médicale continue sur les troubles bipolaires. L enquête Bipolact II (enquête observationnelle, prospective, multicentrique) est destinée à évaluer la capacité des médecins généralistes (MG) formés au programme Bipolact, à repérer l hypomanie au sein des épisodes dépressifs majeurs (EDM) récurrents. Dans le cadre de cette enquête, nous avons évalué les propriétés psychométriques des questionnaires-patients (CLH-32 et MDQ) auto-administrés et anonymisés, par rapport aux critères DSM-IV R modifié par Angst (1,2). La population analysable est constituée de 390 patients (inclus par 201 MG). Il s agit des patients adultes ambulatoires, consultant pour un EDM récurrent selon les critères du DSM-IV R (au moins 2 EDM sur la vie entière ou 1 EDM au cours des 5 dernières années, en plus de l épisode actuel). La proportion des patients bipolaires potentiels repérés par les questionnaires CLH-32 et MDQ a été de 77,7 % et 46, 6% respectivement, à comparer avec 61,3 % remplissant les critères du DSM-IV R modifié. En prenant le DSM-IV R modifié en tant que référence, les classements des patients bipolaires à l aide du CLH-32 et du MDQ présentent les propriétés suivantes : - Sensibilité : 89,5 % et 58,2 %, respectivement - Spécificité : 41,1 % et 71,5 % - Valeur prédictive positive : 70,6 % et 76,2 % - Valeur prédictive négative : 71,3% et 52,2 % Les coefficients de Cronbach ont été de 0,845 et 0,763 pour le CLH-32 et le MDQ respectivement, prouvant une bonne cohérence interne des items. L analyse factorielle sur la CLH-32, à partir de la matrice des corrélations de Pearson, a permis d extraire 2 facteurs latents, en accord avec les données de la littérature (1). Le premier facteur latent (le facteur positif pour le sujet) exprime 12 % de la variance totale et le deuxième facteur latent (le facteur négatif pour le sujet) exprime 11 % de la variance totale. En conclusion, le questionnaire CLH-32 présente une bonne sensibilité (89,5 %), mais une spécificité plutôt moyenne (41,1 %). Par contre, le questionnaire MDQ présente une sensibilité modeste (58,2), mais une meilleure spécificité (71,5 %). Il s agit donc de deux questionnaires complémentaires, dont l utilisation commune mérite d être étudiée. Références 1. Angst et al. The HCL-32: towards a self-assessment tool for hypomanic symptoms in outpatients. J Affect Disord. 2005; 88: Angst et al. Diagnostic issues in bipolar disorder. Eur. Neuropsychopharmacol. J., , S43 S50. P34 - LE MENSONGE-SYMPTOME DE L ENFANT Cécile GORIN Interne du service de psychiatrie, Hôpital d Instruction des Armées Sainte-Anne, Toulon, France. [email protected] Pr. Patrick CLERVOY Chef du service de psychiatrie, Hôpital d Instruction des Armées Sainte-Anne, Toulon, France. Le mensonge est un phénomène indispensable à la vie en société. Les règles sociales engendrent une certaine hypocrisie en réprimant tout acte de violence ou comportement agressif. Mais le mensonge est un passage obligé au sens où il requiert des capacités d élaboration et d imagination structurantes pour le développement et l autonomisation de la pensée chez l enfant. A la lumière de l analyse d un cas clinique sur les mensonges d enfant, issu de l ouvrage Névrose, psychose et perversion par S. Freud, nous tenterons de comprendre les déterminants psychopathologiques à l œuvre dans la genèse du mensonge-symptôme. Au cours d un travail analytique, une femme se rappelle un souvenir d enfance où elle n aurait pas respecté la consigne en classe de «tracer un cercle à main levée», utilisant un compas pour tracer un cercle parfait. Elle se vante, se montre «triomphante face à sa voisine» et «nie obstinément» devant le fait accompli. Elle ne peut se résoudre à avouer son méfait, car dans un mouvement d identification à son père, talentueux dessinateur, avouer son incapacité à tracer un cercle parfait à main levée signifie se résoudre à accepter son père différent de l idéal qu il représentait pour elle. Par un mécanisme de déni, elle lutte contre la désillusion progressive de l idéal du père, qui «doit se débattre avec des difficultés pécuniaires». Aussi, elle «soutient son père contre le monde avec une motivation excessivement puissante». Cette vignette clinique illustre la fonction de revalorisation narcissique et compensatoire du mensonge, qui préserve le narcissisme infantile et l idéal du père. L investissement amoureux relevant toujours un peu du narcissisme, l identification au père traduit en elle-même un premier mouvement d amour. Admettre sa tricherie signifie pour la petite-fille que son père n est pas à la hauteur de l idéal qu elle lui porte. L obstination dans le déni et le silence traduit son amour caché et incestueux pour son père, donc inavouable. La culpabilité de cet amour interdit est déplacée dans celle du mensonge et de la tricherie, beaucoup plus tolérable pour le moi infantile. La culpabilité trouve donc sa réponse dans la punition. Cette forme de déplacement traduit la répression du désir par le surmoi. Le mensonge et la tricherie témoignent de quelque chose à cacher, auquel la petite fille tient et qu elle va contenir par la répétition du symptôme. Le désir originel ne pouvant se satisfaire, la répétition pulsionnelle s exprime dans la répétition du mensonge. En conclusion, S. Freud souligne l importance de ne pas négliger ces «épisodes de la vie de l enfant» qui sont parfois «liés aux motifs les plus forts de l âme enfantine», et qui peuvent prédisposer à la genèse de névroses futures. L enfant est doué d une imagination, qui lui permet de fournir au fait psychique une réalité, à laquelle il ne peut que croire. Aussi, le mensonge de l adulte, au sens où il s oppose à l involution naturelle de ses capacités imaginatives, peut être entendu comme la tentative désespérée de ne pas grandir. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 43
44 P35 - LÀ-BAS Dr. EON, Dr. ANDRUETAN Service de psychiatrie HIA Sainte-Anne à Toulon. Les séjours en opérations extérieures sont des périodes particulières dans un couple. Chacun doit s adapter psychologiquement à l éloignement de l autre. Alors que l un d entre nous se trouve en opérations extérieures, l autre demeure en métropole et doit faire face au quotidien. Les enjeux psychiques les plus importants se situent au niveau du temps vécu dans sa dimension quotidienne et événementielle. Ainsi les moyens modernes de communication (internet, téléphone tant fixe que mobile), donnent l illusion de vivre un même temps ; une sorte de synchronicité. Cette synchronicité n est qu une illusion ; il est impossible pour chacun d avoir accès au temps de l autre. L événement, ou plutôt le compte rendu qui en est fait par les médias est connu plus vite en métropole que sur le théâtre. Il s agit alors pour la personne en opérations d affronter les conséquences de ces annonces immédiates et l angoisse de l autre resté là-bas. L enjeu pour le couple et pour chacun est donc de savoir accepter cette dyssynchronie qui s installe. L erreur serait de croire pouvoir vivre la même expérience dans l éloignement. P36 - INTRICATION DE LA PRISE EN CHARGE DE TROUBLE PSYCHOTIQUE ET ÉPILEPTIQUE : À PROPOS D UN CAS Ines MAALEJ, Raluka ROSETTI, Zora AOUFI, Annie RAMOND Secteur 13, EPS Ville Evrard, Neuilly sur Marne Mail de contact : [email protected] La Clinique des états psychotiques chez les épileptiques est très hétérogène. Dans la littérature, les auteurs optent pour une classification multidimensionnelle comportant plusieurs axes : le type de l épilepsie, la description clinique du tableau psychotique, le critère évolutif de l épisode psychotique (la temporalité de l épisode psychotique par rapport aux crises : Per ictale, Post ictale, Inter ictale) ainsi que les données de l EEG concomitants à l épisode psychotique. Le pronostic, l implication psychopathologique et la prise en charge sont différents en fonction de ces critères. Ce travail est une illustration clinique de la difficulté diagnostique puis thérapeutique chez ces patients : Mr V. est connu épileptique depuis son jeune âge. Depuis l âge de 4 ans : convulsion fébrile suivie de crise temporale faite de trouble du comportement avec des foyers médian et para médian. S en suit une stabilisation du tableau sous dépakine, arrêté à l âge de 14 ans. Une reprise de l activité épileptique sous forme de crise tonicoclonique généralisé a coïncidé avec un AVP occasionnant un traumatisme crânien à l âge de 17ans : reprise de la dépakine. La psychose se déclare à l âge de 19 ans, et se caractérise par la présence d hallucinations visuelles colorées, des moments d absences, des crises clastiques disproportionnées et d une pseudo amnésie de ces crises. Éléments qui interrogent sur la nature épileptique ou psychotique des troubles, et qui a nécessité la prescription concomitante d antiépileptique et d antipsychotique. Les EEG réalisés mettent en évidence des anomalies diffuses non concluantes. L évolution a été marquée par une chronicisation des troubles psychotiques suscités associés à des troubles dissociatifs ce qui a permis de retenir le diagnostic de schizophrénie. Des manifestations épileptiques de type crise convulsive tonicoclonique généralisée sont également à noter. Sur le plan pharmacologique, le ciblage des manifestations psychotiques et des manifestations épileptiques convulsives et psychomotrices a nécessité plusieurs associations qu on détaillera. Un état d équilibre est obtenu actuellement avec KEPPRA 2 g /j + URBANYL 15mg/j + XEROQUEL 600 mg/j. P37 - EMA, UNE ÉQUIPE MOBILE POUR ADOLESCENTS : SOIN, PRÉVENTION ET PRATIQUE COLLABORATIVE Dr. Marie-Sa GUILLON, psychiatre PH, Brigitte BACHMANN, cadre de santé, Daniel WURMBERG, psychologue clinicien, Isabelle ROQUE IDE, Myriam DISCHLER, éducatrice spécialisée, Christine GAUTHIER IDE, Dr. Guillaume BENOIT, Dr. Philippe GARCIA, médecin généraliste, Emma STRITMATTER IDE, Unité pour Adolescents, Centre Hospitalier de Rouffach Depuis plusieurs années, les demandes de prise en charge d'adolescents en souffrance psychique sont en augmentation. Les propositions d'orientation du SROS-psychiatrie 2011 sont d'améliorer la prise en charge des adolescents par la mise en place d'équipes mobiles dans chaque secteur, en complémentarité des structures existantes. En effet, les équipes mobiles répondent aux besoins en matière de soin, de prévention et de pratique collaborative dans la prise en charge des adolescents. Leur rôle apparaît pertinent dans la coordination entre les acteurs de soin ; leurs indications doivent être ciblées et adaptées aux besoins régionaux. Au centre hospitalier de Rouffach, en 2011, après identification des besoins, une équipe mobile pour adolescents, EMA, rattachée à l'unité d'hospitalisation à temps complet a été créée. Un poste infirmier a été budgeté à raison de 50 % par l'agence Régionale de Santé. Les objectifs sont de renforcer la continuité des soins en amont et en aval d une hospitalisation et ainsi d améliorer les projets de soin personnalisés et spécifiques à chaque adolescent. Les missions sont de faciliter l'accès aux soins, de renforcer les actions de prévention et la coordination entre l'équipe intra-hospitalière, les familles et les acteurs du réseau médicosocio-éducatif et pédagogique. Les objectifs de cette communication sont de présenter les spécificités et les actions menées par l équipe mobile pour adolescents EMA. 44 DU 27 AU 30 MARS 2012
45 P38 - PRESCRIPTION D ANTIPSYCHOTIQUES ET BONNES PRATIQUES CATRIN Edwige, GHEORGHIEV Charles Hôpital d instruction des armées Bégin, service de psychiatrie, Saint-Mandé, France. Docteur Catrin Edwige, MD Service de psychiatrie, HIA Bégin, 69 avenue de Paris, Saint-Mandé cedex, France. Tél. : [email protected] Docteur Gheorghiev Charles MD, PhD, Service de psychiatrie, HIA Bégin, Saint-Mandé. La prescription des psychotropes bénéficie en France d un éclairage médiatique et d un intérêt scientifique renouvelés au regard des récents bouleversements que traversent le monde du médicament et l industrie pharmaceutique. La sensibilité à la iatrogénicité et aux effets adverses inhérents aux traitements médicamenteux est accrue, dans l attente sociale d une minimisation des risques pour les patients et d une amélioration de la sécurité des soins. Conformément aux recommandations de bonnes pratiques, la prescription des antipsychotiques doit privilégier une monothérapie. En pratique l association de deux antipsychotiques chez les patients hospitalisés est fréquente, en ne bénéficiant pas toujours d une réévaluation quant à l opportunité de cette co-prescription. Une étude rétrospective a été réalisée dans le service à partir de dossiers de patients hospitalisés afin d analyser les déterminants de cette association médicamenteuse. Ses principales justifications sont précisées, en permettant la description de ses modalités, de sa tolérance et effets secondaires les plus fréquents. Par ce retour critique sur nos habitudes de prescription, cette étude visait à améliorer nos pratiques professionnelles en favorisant l observance du traitement et l adhésion du patient à sa prise en charge. P39 - INTÉRÊT DE L ASSOCIATION DE THYMORÉGULATEURS EN PROPHYLAXIE DANS LA MALADIE BIPOLAIRE CAMBON Amandine, interne ; LOUBATIERES M.-Hélène, interne ; OLIVIER François, PH Unité HAD Psychiatrie, CHG Montauban Introduction Le trouble bipolaire est l'une des pathologies les plus fréquentes en psychiatrie qui nécessite souvent le recours à la polythérapie. Si les indications et les bénéfices de la bithérapie dans les épisodes maniaques et dépressifs semblent relativement bien codifiés, ce n est pas le cas pour la prophylaxie. Objectif Définir la place de l'association de thymorégulateurs dans les recommandations internationales et synthétiser les données de la littérature. Méthodes Dans un premier temps, une synthèse des principales recommandations internationales a été faite. Secondairement, une revue de la littérature comparant mono thérapie versus bithérapie et différentes associations sur des critères d efficacité et de tolérance a été réalisée. Les articles utilisés sont issus des bases de données Pubmed et Cochrane entre 1995 et 2012, utilisant les mots clés : bipolar disorder, mood stabilizer, associations, combinations, polypharmacy. Résultats Concernant la prophylaxie, de nombreuses recommandations internationales préconisent la bithérapie en 1 ère intention en cas de cycles rapides et de symptomatologie sévère, alors que pour la NICE et la CANMAT elle n'est indiquée qu'en 2 ème intention. L association d un antipsychotique au lithium ou à un anticonvulsivant semble conduire à une meilleure efficacité qu une monothérapie : elle diminue le risque de rechute et augmente la durée de la phase euthymique. Les associations les plus efficaces sont à moduler en fonction de la polarité de la maladie. Discussion L'efficacité des bithérapies est au prix de la majoration des effets indésirables. L'enjeu est de définir les associations optimales en fonction du profil des patients pour garantir l'observance au long cours. P40 - JEU PATHOLOGIQUE ET PERSONNALITÉ ANTISOCIALE L. ABELKASSEM, A. LAFFINTI, A. BENALI, M. TOUHAMI, F. OUERIAGLI NABIH Service de psychiatrie, Hôpital militaire Avicenne , Gueliz-Marrakech. Maroc. La personnalité antisociale semble être le trouble de personnalité le plus souvent comorbide du jeu pathologique. La présence de cette comorbidité serait, en outre, associée à un jeu plus sévère et des conséquences socio-économiques plus importantes. Chez un échantillon de 17 joueurs pathologiques suivis en consultation dans notre service, le diagnostic du jeu pathologique a été fait par le Questionnaire South Oaks Gambling Screen (SOGS) et l étude catégorielle de la personnalité a été faite selon le DSM-IV avec l entretien standardisé MINI. Le diagnostic de personnalité antisociale a été retenu chez 7 consultants (41 %). L objectif de ce travail est d interroger cette comorbidité à travers les données de la littérature. Ce résultat est à interpréter par le fait que la personnalité antisociale constitue un facteur de risque du jeu pathologique? Ou bien le jeu pathologique engage-t-il dans des comportements antisociaux? Ou encore personnalité antisociale et jeu pathologique partagent-ils une vulnérabilité commune? LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 45
46 P41 - THÉRAPIE COGNITIVOCOMPORTEMENTALE DANS LA DÉPENDANCE AU CANNABIS B.TEFAHI 1, F.KACHA 2, M.KANIT 3, X. LAQUEILLE 4 - EHS.ERRAZI. 1 Annaba (Algérie) 2 EHS Mahfoud Boucebci. Alger. Algérie. 3,4 CH-Sainte-Anne. Paris. France. La dépendance au cannabis est un trouble au long court, d'intensité variable qui se traduit par des prises de cannabis de plus en plus importantes accompagnées d'un envahissement progressif de la vie psychique. La prise en charge cognitivocomportementale de la dépendance cannabique vise à apprendre au sujet dépendant à réduire ses réactions émotionnelles et à modifier toutes les croyances erronées à l'origine de ses pensées dysfonctionnelles vis à vis du cannabis. Nous illustrerons notre intervention par une vignette clinique pour discuter tous les paramètres nécessaires de la thérapie cognitivocomportementale qui aident à l'arrêt du cannabis. Mots clés : Thérapie cognitivocomportementale, dépendance, cannabis, prise en charge P42 - ÉTUDE OBSERVATIONNELLE CHEZ LES PATIENTS SCHIZOPHRÈNES RÉSISTANTS : IMPACT DU TABAC SUR L EFFICACITÉ THÉRAPEUTIQUE DE LA CLOZAPINE Dr. G. AURIFFEUILLE 1, Dr. M.SAIDI 1, Dr S.PICARD 2, Dr. B. K. AZORBLY 1 1 Praticiens CHP Pau. 2 Laboratoire de Biologie C.H Ch. Perrens. Introduction Objectifs La Clozapine est le seul antipsychotique atypique qui présente une indication dans la schizophrénie résistante grâce à des propriétés pharmacodynamiques encore discutées (4,7) sur des patients préalablement non répondeurs aux autres antipsychotiques malgré un taux de saturation des récepteurs D2 fréquemment supérieur à 80 % (12). La clozapinémie semble un instrument intéressant d adaptation posologique avec un taux seuil minimal d efficacité accrue entre 250 et 400ng /ml (5, 6, 8, 9). L objectif de notre étude est de mesurer l impact du tabac sur la posologie de la clozapine et sur le taux de clozapinémie. Ce travail sera effectué sur une population de patients schizophrènes stabilisés (symptômes positifs absents) traités au long cours avec pour seul antipsychotique la Clozapine, ce qui nous semble un critère important indirect d efficacité de ce médicament. Les différences dans les sous-groupes doivent apporter des indications sur l impact du tabac. Le rapport clozapinémie/ demethyl clozapine (métabolite peu actif sur les récepteurs) sert d indicateur pour une interaction médicamenteuse. Méthode Notre étude a inventorié tous les patients du C.H. Pyrénées (Pau), mis sous Clozapine et inscrits sur le logiciel Génois depuis 2002 (127 patients). Ne sont retenus que les patients schizophrènes résistants, de moins de 70 ans, dont le traitement répond aux critères de l HAS (CT-2467). Enquête téléphonique auprès des psychiatres traitants et infirmiers référents. Prélèvements sanguins sur une période de 2 mois (le matin si traitement en deux prises ou prise matinale ; à 18h00 si prise vespérale exclusive). Envoi au Laboratoire du C.H. Charles Perrens (Bordeaux). Méthode de dosage HPLC (clozapine et déméthylclozapine) Résultats et commentaires Sur les 109/127 patients retenus (6 perdus de vue, 18 patients pas d indication), 27/109 patients ont arrêté la clozapine, 33/109 ont bénéficié de l ajout d un antipsychotique ou neuroleptique et 3 patients sont décédés. Le groupe des 40/109 patients stabilisés par la seule clozapine, a pour caractéristiques essentielles : un âge moyen de 47 ans +/-10, le pourcentage homme/ femme est de 55 % - 45 %, faible pourcentage (52,5 %) de fumeurs de tabac pour ce type de population (2). La posologie moyenne de la clozapine est de 356 mg/j +/- 93, et reste inférieure au groupe avec adjonction d un autre antipsychotique (429 mg/j), ce qui semble montrer l intérêt discutable à vouloir trop augmenter les posologies en cas de mauvaise réponse. 88 % ont une durée de traitement supérieure à 1 an, ce qui confirme la stabilité de la réponse clinique dans ce groupe. Le taux moyen de clozapinémie (32/40 patients ayant accepté une prise de sang) est de 454 ng/ml avec un écart type important de 222 ng : le groupe est donc peu homogène pour les taux de clozapinémie. L analyse des sous-groupes ne donne qu une indication (nombre de patients inférieur à 30) : la prise de tabac semble diminuer la clozapinémie avec taux moyen de clozapinémie de 375 ng/ml chez les fumeurs contre 503 ng/ml chez les non-fumeurs ; ceci est d autant plus vrai qu à l inverse, les posologies moyennes de Clozapine sont plus élevées chez les fumeurs ( 376 mg/j contre 338 mg/j chez les non fumeurs) ; ceci est en conformité avec les résultats d autres études (10). Les différences entre ces sous-groupes ne sont cependant significatives qu avec une risque alpha de 10 % ( p<0,1) L analyse des taux de déméthyl-clozapinémie permettent de repérer trois cas, dont un est fumeur, qui semblent correspondre à un schéma d inhibition enzymatique : posologie faible, taux de clozapinémie élevé, faible taux de déméthyl clozapinémie : l acide valproïque semble impliqué dans deux de ces cas. Discussion Sur notre population que nous avons voulue proche, une population de schizophrènes résistants, correctement stabilisée (prise exclusive de clozapine) au long cours, les posologies moyennes de Clozapine sont moins élevées que pour les études pilotes (1, 3) ayant permis l AMM. Les taux de clozapinémie se situent dans une fourchette haute par rapport à d autres études (6, 9, 11). Sur cette population, le tabac semble être un facteur qui abaisse les taux de clozapinémie et implique des posologies moyennes plus élevées de Clozapine, résultat conforme à d autres études (10). Cette configuration évoque une induction enzymatique hépatique par le tabac. Le tabagisme doit donc être pris en compte en cas de résistance à l efficacité de la Clozapine. Bien sûr, ce résultat mérite d être vérifié sur une population plus nombreuse, compte tenu de l écart type important observé avec le taux de clozapinémie. 46 DU 27 AU 30 MARS 2012
47 P43 - UN CAS DE DYSRÉGULATION DOPAMINERGIQUE : PARTICULARITÉ DE LA CLINIQUE OU DIFFICULTÉ DU TRAITEMENT? Bertrand LAHUTTE, Céline GUILLAUME, Sarah CANCLAUD, Vincent BEAUCHAMPS, Annaïck RIO, Pierre RAFFRAY, Serigne NDAYE Hôpital du Val-De-Grâce, service de Psychiatrie, Paris. Les affections du système nerveux central sont fréquemment corrélées, dans leurs manifestations cliniques, à une «expression psychiatrique». Il en est de même pour certains de leurs traitements, dont les effets indésirables peuvent être légitimement considérés dans le registre psychotrope ou psychoactif. Cette lecture moniste est-elle à l épreuve de la clinique? Qu en est-il des situations où, par leur coexistence, «les effets indésirables» d un traitement neurologique et symptomatologie psychiatrique patente ne peuvent être distingués? C est ce que nous proposons de discuter, à partir du cas clinique d un homme jeune, chez qui est découvert une maladie de Parkinson survenue très précocement. L annonce du diagnostic constitue un moment de rupture radicale dans la trajectoire de ce sujet, qu une lecture psychodynamique du cas éclaire tout particulièrement. Au même moment, l introduction d une thérapeutique spécifique est nécessaire pour cette «dysrégulation dopaminergique». Se développe alors un tableau d excitation psychique patent et durable, qui va conduire à une rencontre - assez contrainte - avec les soins. Qu en est-il de ce syndrome clinique atypique, ne répondant pas exactement aux critères de l exaltation maniaque? Comment considérer la coexistence des éléments de compréhension de la survenue de cet épisode, que ce soit dans une perspective iatrogène ou psychopathologique? Nous nous proposons d apporter quelques éléments de réponse à partir de ce cas clinique, tout en soulignant les difficultés de la prise en charge, notamment en raison des effets respectivement «aggravant» des thérapeutiques neurotropes et psychotropes. P44 - DU KYSTE AU DÉLIRE : LE DIAGNOSTIC SANS LA CLINIQUE Céline GUILLAUME, Annaïck RIO, Pierre RAFFRAY, Sarah CANCLAUD, Serigne NDAYE, Vincent BEAUCHAMPS, Bertrand LAHUTTE Hôpital du Val-De-Grâce, service de Psychiatrie, Paris. Nous nous intéressons, à partir d une situation clinique originale, à la façon dont la découverte d une affection organique peut venir occulter une clinique psychiatrique quand bien même patente. Il s agit de la découverte d un «kyste» cérébral chez un homme d une trentaine d années. Cette découverte vient nourrir un intérêt tout particulier pour le corps médical, mais aussi pour la famille et les proches du patient. Ce dernier ne se saisit pas moins de cet événement, ce qui nous amène à questionner la fonction de cette nomination, ainsi que les usages faits du diagnostic posé. Toutefois, la clinique fait retour et l angoisse ne cesse d augmenter. L aspect mystérieux de la «lésion» organique contribue à multiplier les examens, sans perspective de traitement pour autant. Au paroxysme de l errance diagnostique, le patient réalise une tentative de suicide médicamenteuse avec les tricycliques prescrits à visée antalgique, révélant à travers ce passage à l acte l ampleur d un délire mélancolique nourri d hallucinations et de phénomènes corporels. Les enjeux de la prise en charge et de la discussion autour de ce cas clinique sont tant de viser à l apaisement de la symptomatologie, que de réorienter la conduite des soins d une manière plus adaptée, qui ne méconnaitrait pas pour autant la fonction singulière occupée jusqu alors par la découverte de cette lésion somatique : un kyste de la poche de Rathke. P45 - LE VÉCU D UNE AFFECTION ORGANIQUE CHEZ UN PATIENT DÉLIRANT : ZONA OU HALLUCINATION? Vincent BEAUCHAMPS, Bertrand LAHUTTE, Sarah CANCLAUD, Céline GUILLAUME, Annaïck RIO, Pierre RAFFRAY, Serigne NDAYE Hôpital du Val-De-Grâce, service de psychiatrie, Paris. Mme X est suivie depuis près de trente ans, pour une psychose chronique. Elle a connu de multiples hospitalisations dans des moments d efflorescence paranoïde, particulièrement productifs. Elle est dernièrement réhospitalisée en urgence pour une recrudescence délirante : elle explique de manière très logorrhéique et exaltée, avoir été victime d une agression au cours de laquelle elle aurait été blessée par un objet tranchant au niveau du torse, et mordue dans le dos. Hormis de simples plaques érythémateuses localisées, aucune blessure n est alors objectivée. Elle décrit pourtant de vives douleurs «touchant les chairs profondes». À 48h du début de l hospitalisation, apparaît alors une éruption vésiculeuse qui s avère être un zona intercostal, en regard de la zone douloureuse précédemment décrite. Le contenu délirant correspondait donc au vécu singulier de la perception d une affection organique. Cette découverte clinique, certes parcellaire en regard de l ampleur de l édifice délirant de cette patiente, constitue pourtant un élément précieux pour la conduite des soins. En effet, l anamnèse nous permet d isoler chez Mme X, la survenue récurrente de phénomènes cénesthésiques présentés comme des décharges électriques spontanées, localisées au torse, et souvent limitées à l hémicorps droit, qu elle rapporte à des «machines électroniques qui ont été placées dans son corps». Ces phénomènes, articulés à un syndrome d influence par ailleurs, pourraient en définitive être, au vu de la symptomatologie actuelle et de la notion d antécédents d éruptions zostériennes, d authentiques névralgies post-zostériennes chroniques vécues au travers de la vaste reconstruction délirante de la patiente. L efficacité du traitement spécifique, tout comme la rapidité de la disparition de cette thématique cénesthésique, nous confortent dans cette hypothèse. Cette réflexion souligne l importance de l examen somatique systématique lors des épisodes aigus intercurrents chez les patients présentant une pathologie psychiatrique chronique. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 47
48 P46 - SYMPTÔMES SOMATIQUES ET TRAUMATISME PSYCHIQUE : UNE «DOUBLE EFFRACTION»? Sarah CANCLAUD, Vincent BEAUCHAMPS, Céline GUILLAUME, Serigne NDAYE, Annaïck RIO, Pierre RAFFRAY, Bertrand LAHUTTE Hôpital du Val-De-Grâce, service de psychiatrie, Paris. La conceptualisation du traumatisme psychique nous invite à considérer, à partir du modèle de «l effraction», la rémanence d une image au sein de l appareil psychique d un sujet. La persistance et la répétition constituent la signature de la blessure psychique, du trauma. Qu en est-il des symptômes corporels accompagnant fréquemment la clinique psychotraumatique, même en l absence de lésion somatique? Nous savons que le questionnement sur leur origine, leur «étiologie», qu elle soit organique ou psychogène, reste souvent délicat. Pourrions-nous leur concéder le statut d une «seconde effraction»? Nous proposons d illustrer ce questionnement à partir d une vignette clinique exposant la prise en charge d un patient hospitalisé en neurologie dans le cadre de crises douloureuses hémicrâniennes évoluant depuis 3 ans, résistantes au traitement, devant lesquelles un diagnostic de névralgie d Arnold avait été posé. Ce militaire des forces spéciales d une trentaine d années avait été confronté, pendant sa période initiale d intégration, au suicide d un camarade proche, ce dernier s étant administré une rafale de balles dans la tête avec son arme de combat. Le patient présente depuis cet événement un syndrome psycho-traumatique à bas bruit dont les symptômes ont été réactivés lors d une mission dangereuse. L apparition des algies faciales coïncide précisément avec le développement de l état de stress post-traumatique. Expression somatique du trauma ou affection purement organique? P47 - DOIT-ON PSYCHIATRISER LE «DÉSORDRE»? Dr. EON A. Service de psychiatrie, HIA Sainte-Anne à Toulon. On appelle désordre tout bouleversement profond entrainant une rupture dans le fonctionnement d un groupe social. Au sein d un service, il peut être la résultante de la désorganisation d un patient. Qu il s agisse d état confusionnel ou de troubles du comportement liés à la démence, ces troubles ont des étiologies somatiques. Pour autant, le psychiatre de liaison est souvent appelé pour remettre de l ordre. Comme si la désorganisation du patient en lien avec sa pathologie désorganisait le fonctionnement habituel des services. La réponse attendue devant ces cas est psychiatrique : il faut contenir le désordre. Au quotidien, le patient reçoit une contention chimique et si nécessaire physique. La souffrance des équipes n est généralement pas en lien avec la désorganisation et donc le ressenti du patient. Cette souffrance est en lien direct avec ce sentiment de désorganisation institutionnelle découlant de la symptomatologie. Les repères du quotidien des soins sont rompus. Tout chavire. Nous nous interrogeons sur la nécessité d une action unilatérale envers le patient. Une approche institutionnelle concernant les difficultés des équipes à gérer ce type de symptomatologie apparaît nécessaire en parallèle afin d éviter de psychiatriser le «désordre». P48 - PRISE EN CHARGE EN AMBULATOIRE DES PATIENTS BIPOLAIRES DANS LES SUITES D UNE PREMIÈRE HOSPITALISATION TRIKI Racha, BERGAOUI Haifa, HOMRI Wided, LABBANE Raja Hôpital Razi, Manouba, Tunisie. Introduction Le trouble bipolaire est une pathologie chronique. C est au cours des six premiers mois suivant la première hospitalisation que le patient est le plus fragile et qu il risque d être réhospitalisé. Il doit faire l objet d une surveillance étroite et d une sensibilisation aux risques de réadmission. En effet, les retours précoces à l institution psychiatrique favorisent la mauvaise acceptation des troubles et rend la réinsertion socioprofessionnelle et familiale plus problématique. Objectifs - Étudier l assiduité et l observance du traitement des patients durant les 6 mois suivant la première hospitalisation pour trouble bipolaire - Déterminer le taux de réhospitalisation durant cette période ainsi que les facteurs sociodémographiques qui lui sont associés. Méthodologie Il s agit d une étude rétrospective menée à partir des dossiers de 50 patients admis pour la première fois en 2011 au service de Psychiatrie C de l hôpital Razi. Résultats Environ 9 patients sur 10 se rendent au premier rendez vous de contrôle après la sortie. Le taux faiblit d un mois à un autre pour atteindre seulement 1/3 environ au sixième mois. Les réhospitalisations dans les six mois suivant la première hospitalisation concerne 1/3 à 1/2 des patients. La mauvaise assiduité ainsi que les réadmissions sont favorisées par plusieurs facteurs : certains dépendent du patient et du cadre socio familial tels que le sexe, le statut matrimonial, l âge, le non-consentement à la première hospitalisation, la mauvaise qualité de l expression des émotions, la diminution du capital social, l absence de logement, l insuffisance du dispositif d assistance médicale. D autres facteurs sont liés à la maladie mentale elle-même en particulier le degré de sévérité et la comorbidité. Conclusion La psychoéducation et l accessibilité aux soins médicaux psychiatriques semblent les deux axes les plus importants à cibler. 48 DU 27 AU 30 MARS 2012
49 P49 - SILDENAFIL ET DÉLIRE DE JALOUSIE CHEZ UN SCHIZOPHRÈNE TRIKI Racha, BERGAOUI Haifa, HOMRI Wided, LABBANE Raja Hôpital Razi, Manouba, Tunisie. Introduction Le délire est la conviction inébranlable non partagée par le groupe socio culturel. En général, il y a une part de réalité sur laquelle le patient construit ses idées délirantes. L évolution du délire avec le temps est donc influencée par les éléments de vie quotidienne du patient. Les neuroleptiques sont très efficaces pour traiter ces phénomènes cliniques. Toutefois, dans la pratique, nous sommes quelques fois amenés à trouver d autres solutions thérapeutiques qui en corrigeant la réalité du patient pourraient traiter le délire. Objectif Décrire le cas d un délire de jalousie greffé sur le tableau de schizophrénie suite à l apparition d une impuissance sexuelle et présenter la conduite thérapeutique. Méthodologie Etude d un cas clinique. Résultat Il s agit de M. H. âgé de 58 ans, suivi pour Schizophrénie indifférenciée depuis l âge de 24 ans, marié, père de 3 enfants. Mr M. H. a été stabilisé pendant plusieurs années sous Modécate, Largactil et correcteurs. Depuis 3 ans, il a présenté des rechutes psychotiques itératives. À chaque fois, il était hospitalisé sous contrainte pour des troubles de comportement et des menaces envers sa femme : il monte sur le toit et se met à crier que sa femme est de mœurs légères, il raconte au voisinage qu elle le trompe même avec ses enfants. Lors des hospitalisations, il rapportait un délire de jalousie à mécanisme intuitif et hallucinatoire. Après l augmentation des doses des neuroleptiques, il commençait à critiquer son délire et arrivait même à s excuser auprès de sa femme. Quelques semaines après la sortie, il était réhospitalisé pour le même motif. Devant le lien chronologique entre ses décompensations et l apparition de dysfonction érectile et dans la mesure où l un des mécanismes de défense de la schizophrénie est la projection, nous avons pensé que le délire de jalousie de ce patient est la conséquence de ses troubles sexuels. L attitude a été de le mettre sous sildénafil après un bilan préthérapeutique éliminant toute contre indication. Suite à la correction de la dysfonction érectile, le délire de jalousie a été mis à distance puis critiqué par le patient. Conclusion Dans certains cas, une étude psychopathologique est nécessaire non seulement pour comprendre la symptomatologie mais également pour conditionner la prise en charge thérapeutique. P50 - SYNDROME DE COTARD : DÉNI D ORGANE? DÉNI DE MEMBRE? TRIKI Racha, BERGAOUI Haifa, JOHNSON Ines, TABBANE Karim Hôpital Razi, Manouba, Tunisie. Introduction Le syndrome de Cotard est une entité transnosographique qui a été décrite initialement par Jules Cotard sous le nom de «délire hypocondriaque», ensuite de «délire de négation» puis, à l initiative de Régis, a pris son nom définitif de «syndrome de Cotard». Dans sa description clinique classique, il est caractérisé par une triade sémiologique : négation d organe, délires d immortalité, d énormité, de possession et idées de damnation. Cette définition ainsi que les cas répertoriés dans la littérature n évoquent pas le déni de membre comme variété du tableau. Ceci soulève la question si le délire de membre fait partie intégrante du Cotard étant par essence un délire de déni corporel. Apporter une réponse permettrait un affinement sémiologique du concept encore flou et modulerait le choix de l antipsychotique pour une meilleure prise en charge thérapeutique. L objectif Ce travail se propose d étudier l éventuelle appartenance du délire de déni de membre au syndrome de Cotard et de présenter les différentes alternatives thérapeutiques dans le cadre de la schizophrénie. Méthodologie Vignette clinique appuyée par une revue de la littérature par recherche sur la base de données Medline sur une période allant de 1976 à Mots clés utilisés : «nihilistic», «denial», «cotard», «delusion», «psychosis». Résultats - S. T. est âgé de 22 ans. Il est suivi depuis un an pour schizophrénie indifférenciée. Il a été réintégré pour repli sur soi, anxiété et insomnie. Tout au long de l entretien, S. T. restait debout devant la porte. Il avait le visage crispé, les yeux écarquillés, les bras croisés en position défensive, les doigts écartés en éventail. Son discours était pauvre centré sur un délire de négation de membre particulièrement l auriculaire droit. - Notre recherche bibliographique n a pas retrouvé des cas similaires au notre. Les cas répertoriés rapportent une négation d organe ou fonction d organe principalement l estomac, le cerveau, le cœur, le tube digestif. La prise en charge thérapeutique du syndrome de Cotard dans la schizophrénie est dominée par le sulpiride à faibles doses et l électroconvusifothérapie. - Conclusion Bien qu il ne soit plus tel qu on le décrivait il y a plus d un siècle dans les observations classiques, un syndrome de Cotard «modifié» reste bien présent sur la scène clinique psychiatrique. À l heure actuelle, l entité clinique décrite et isolée par Jules Cotard n a toujours pas complètement livré sa signification et tous ses secrets. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 49
50 P51 - L ABSTINENCE : UN DEUIL IMPOSSIBLE? Dr. EON Service de psychiatrie HIA Sainte-Anne à Toulon. L abstinence de part son «A» privatif, retentit comme une perte, «une amputation» dans la vie des sujets. Elle reste un objectif complexe à envisager et à poursuivre. Quelques traitements médicamenteux permettent d accompagner le patient dans cette démarche mais les reconsommations d alcool sont fréquentes. La rechute fait en quelque sorte partie du soin des patients présentant un éthylisme chronique. Pour la limiter, la repousser voire l éviter, l abstinence a longtemps été la règle, mais pour certains elle est un deuil intolérable à supporter. Ecouter des patients, parler de leur abstinence nous enseignent beaucoup sur les perceptions sociales. Dans une société où le vin est symbole de convivialité et «d art de vivre» à la française, quelle est la place faite au sujet abstinent? Les personnes abstinentes ont tendance à limiter les lieux de socialisation, à éviter les situations de convivialité. Elles s isolent. Cet état de réclusion est-il possible sur le long terme? Il parait pertinent de s interroger sur la place de l abstinence dans notre société pour mieux comprendre les difficultés rencontrées au quotidien par nos patients. P52 - CECI N EST PAS UN SYNDROME PSYCHOTRAUMATIQUE Dr. EON Service de psychiatrie HIA Sainte-Anne à Toulon. On associe souvent guerre et syndrome psychotraumatique. Lorsqu un militaire revient d opérations extérieures, toute symptomatologie psychiatrique est lue sous le spectre «PTSD». Mais tous ne présentent pas de traumatisme psychique. Pour autant certains souffrent. Le retour à leur vie antérieure est bien terne. Ils n éprouvent plus l adrénaline ressentie sur le terrain. Elle leur manque. Ils sont prêts à y retourner pour la retrouver. Ils décrivent une rupture depuis cette opération extérieure. Il y a un Avant et un Après. Leurs moments privilégiés sont les retrouvailles avec le groupe. Avec ceux ayant vécu la même chose au même instant. Ils se comprennent. Ce tableau clinique est fréquent. Les événements traumatisants sont potentiellement présents. La guerre «Zéro mort» reste un concept. Cependant on ne retrouve pas de cauchemars de répétition, ni de reviviscences. Il ne s agit pas d un syndrome psychotraumatique ; mais plutôt de difficultés d adaptation au retour qui sont à prendre en compte. Dans cette symptomatologie la place du groupe est centrale et les signes sont exacerbés lorsqu un sujet sort du groupe (mutation, départ, ). Nous proposons d explorer cette désadaptation à travers des exemples cliniques certes différents mais aussi étrangement proches. P53 - PRÉVENTION DU RISQUE CARDIOVASCULAIRE CHEZ LES PATIENTS ATTEINTS DE MALADIE MENTALE C. MATUSOIU, A. HAMZAOUI, J. BRESSON, M-P JOLIVET, MC RUDELLE, J. AMADO, S. BRUN, M. MAILHOT, MA RAYNAL Centre hospitalier François Tosquelles Saint Alban sur Limagnole. La littérature médicale fait état d une limitation de l espérance de vie des personnes atteintes de pathologies mentales à savoir moins 20 %, en lien avec différents facteurs que sont les traitements médicamenteux (antipsychotiques ou antidépresseurs), l hygiène de vie (sédentarité, tabagisme, déséquilibres alimentaires), mais également un suivi médical aléatoire. Nous savons au travers de la littérature que l Indice de Masse Corporelle (IMC) des patients psychotiques est supérieur à celle de la population générale. Les neuroleptiques utilisés comme traitement chez ces patients peuvent provoquer des troubles métaboliques de type hyperglycémie, hypercholestérolémie et aboutir à différentes formes de surcharge pondérale. Ces dernières constituent un danger sérieux pour les patients psychotiques, dans la mesure où elles peuvent être responsables de maladies cardio-vasculaires. L objectif de l étude vise dans un premier temps à mettre en évidence chez nos patients hospitalisés une surcharge pondérale puis de les recenser. Dans un deuxième temps mettre en place des actions préventives afin de limiter la morbidité et mortalité chez nos patients. Le critère retenu dans notre étude est la mesure de l IMC des patients hospitalisés en temps complet (HTC) et en temps partiel (HTP). Nous avons ainsi mené une étude rétrospective sur 189 patients répartis sur 7 unités HTC, et 6 HTP. Pour ce faire nous disposons d un logiciel dossier-patient qui calcule automatiquement les IMC, après que les soignants aient préalablement renseigné le poids et la taille. Par la suite le logiciel établit une liste des IMC par unité. Nos résultats nous donnent une proportion plus importante de surcharge pondérale chez nos patients hospitalisés, comparées à une population générale : IMC 25,57 % de nos patients versus 46,4 % dans la population générale, IMC à 30 27,5 % versus 14,5 %, IMC à 35 9,5 % versus 3,9 %, IMC à 40 2,1 % versus 1,1 %. Les résultats nous montrent également que les patients hospitalisés en HTC ont une IMC bien inférieure aux patients HTP. Ce qui pourrait s expliquer par un suivi plus adapté dans les services HTC (menu équilibré, mesures hygiéno-diététiques, prescriptions d activités ). Tandis que dans le cadre des HTP, les patients sont livrés à eux même. 50 DU 27 AU 30 MARS 2012
51 P54 - PERTINENCE DES PRESCRIPTIONS DE NEUROLEPTIQUES DE 2 ÈME GÉNÉRATION A. HAMZAOUI, V. CRESPIN, C. VIEUX, C. MATUSOIU Service Pharmacie, Unité de Réhabilitation - Centre Hospitalier Francois Tosquelles Saint Alban Sur Limagnole. La classe thérapeutique des neuroleptiques fait l objet des prescriptions les plus fréquentes et constitue le coût le plus élevé au centre hospitalier François Tosquelles. L association de neuroleptiques chez des patients souffrants de troubles psychotiques est une pratique largement répandue. Si elle a été longtemps prônée en France par des considérations d ordre surtout théorique sur l intérêt de combiner des propriétés thérapeutiques qui diffèreraient d une molécule à l autre. Elle est aujourd hui non recommandée. Nous nous sommes intéressés au bon usage des neuroleptiques atypiques dans notre établissement (exemple la recherche d associations de neuroleptiques atypiques). Nous avons évalué la prévalence des associations dans une consultation de 30 dossiers de patients hospitalisés en temps complet. Elle s est faite à partir d une grille spécifique de revue de pertinence prenant appui sur les critères découlant des références externes. Critères d inclusions : prescriptions de neuroleptiques de deuxième génération destinées à des patients présentant une schizophrénie débutante ou stabilisée F20. Critères d exclusion : prescriptions pour CIM10 autres que F20 Nous avons étudié : - Association de 2 neuroleptiques de même polarité - Association de 2 neuroleptiques de polarité distincte non argumentée et non réévaluée - Association de plus de 2 neuroleptiques - Dosage inférieur à la dose minimale efficace - Association de neuroleptique à action prolongée avec la forme orale de la même spécialité supérieure à 3 semaines - Réflexion bénéfices-risques non tracée pour prescription dans les psychoses schizophréniques stabilisées. Résultats : - Association de 2 neuroleptiques de polarité distincte non argumentée et non réévaluée est de 45,8 %. - 20,8 % des ordonnances comportent plus de deux neuroleptiques associés. - Dans 8,1 % des cas le dosage est inférieur la dose minimale efficace. - Pour 10,3 % des patients il y a une association de neuroleptique à action prolongée avec la forme orale de la même spécialité. - La réflexion bénéfice risque est absente (non tracée) dans 12,3 % des dossiers audités. Discussion : L association de neuroleptiques est fréquente, sans qu il soit possible de justifier cette pratique par des arguments scientifiques suffisants. P55 - PRISE EN CHARGE DE LA CONSTIPATION POUR LES PATIENTS SOUS NEUROLEPTIQUES C. MATUSOIU, A. HAMZAOUI, G. TERRISSON, M-A. RAYNAL, J. COLLANGE, C. TERRISSE Unité Patient Chronique ; Service Pharmacie - Centre Hospitalier Francois Tosquelles Saint Alban Sur Limagnole. Le ralentissement du transit digestif est l'un des effets secondaires les plus habituels des neuroleptiques. Nous avons constaté à la suite d une évaluation des pathologies somatiques en 2007 que la constipation était le trouble le plus représenté (Critères diagnostics de Rome II, La constipation est définie par un nombre de fréquence des défécations < à 3 par semaine), et touche donc un grand nombre de nos patients. Pourtant à la lecture des dossiers patients précédant notre étude, ce trouble n est pas mentionné. La mauvaise traçabilité des actes médicaux et paramédicaux laissant supposer que la prise en charge globale de cette problématique ne répond pas aux règles de bonnes pratiques. L'objectif de notre étude est d évaluer les différentes de étapes de la prise en charge de la constipation chez les patients traités par neuroleptiques, pour en diminuer sa fréquence. Méthode : notre étude réalisée au sein de notre établissement, s est portée sur les patients psychotiques chroniques hospitalisés au long court (au moins 60 jours) ayant un traitement neuroleptique et présentant un problème de constipation. Nous avons produit un premier audit clinique ciblé entre septembre et octobre 2007, qui a abouti à des recommandations de bonne pratique. Un deuxième audit a eu lieu en février 2008, pour évaluer l application des bonnes pratiques émises antérieurement. Plus récemment un troisième audit a eu lieu en mars Nous nous sommes basés pour la réalisation de notre étude, sur les quatre phases clé de la prise en charge de la constipation, et nous avons ainsi pu établir notre grille d évaluation au tour de quatre critères (prévention, diagnostic, traitement, surveillance). Résultats par critère : - Prévention : le taux de conformité a été fortement amélioré passant de 28,96 % en 2007 à 49,90 % en 2008 enfin à 92,23 % en 2011 soit une progression de 284 % en 4 ans. - Diagnostic : après avoir connu une chute au cours du deuxième audit (passant de 71,62 % à 34,78 %), le taux de conformité a progressé jusqu à revenir à des valeurs proches du premier audit (76,67 %). - Traitement : nous sommes passés d un taux de conformité en 2007 de 81,33 % à 55,74 % en 2008 pour enfin atteindre 93,83 % en Surveillance : nous sommes passés d un taux de conformité en 2007 de 72,88 % à 55,00 % en 2008 pour enfin atteindre 74,55 % en Le taux de conformité global est passé de 50,26 % en 2007 à 49,66 % en 2008 pour atteindre 86,29 % en Le bilan positif du taux de conformité traduit le travail réalisé par toute l équipe soignante durant ces quatre années et démontre que la constipation est au centre des préoccupations. L amélioration des pratiques s explique par la mise en place de régimes adaptés dès la prescription de neuroleptique, une information systématiquement par l infirmier sur les règles hygiéno-diététiques. Le poids est contrôlé régulièrement et des exercices physiques sont proposés et ajustés. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 51
52 P56 - PRISE EN CHARGE DE LA DOULEUR AIGÜE DE PATIENTS NON VERBALISANTS SOUS NEUROLEPTIQUES A. JOULIE, A. HAMZAOUI, R. NASSIF, J. ITIER Service gérontopsychiatrie, service de réhabilitation et service pharmacie - Centre Hospitalier Francois Tosquelles Saint Alban sur Limagnole. La maladie mentale est associée à une sensibilité réduite à la douleur supposée par les traitements médicamenteux, l évaluation est d autant plus difficile que les maladies sont caractérisées par une reconnaissance des émotions faciales altérées, une augmentation de l insensibilité à la douleur. La littérature nous montre bien que les malades ressentent bien la douleur mais ils ont du mal à l exprimer, l expression de cette douleur se fait dans un langage ou dans un comportement, qu il faut savoir décoder et d autant plus pour les patients non verbalisants. La prise en compte de la douleur physique et psychologique des patients hospitalisés en santé mentale doit être une préoccupation constante des professionnelles au même titre que pour les patients hospitalisés dans les services de médecine autre que psychiatriques. Comment comprendre la douleur chez les patients qui ne s expriment pas. L objectif de notre étude est de rechercher les traces d évaluation de douleurs chez les patients atteints de maladie mentale et ne pouvant pas s exprimer. Nous allons mesurer la performance des actions de dépistage de la douleur au travers d évaluations, de diagnostics et de traitements. Nous avons dans un premier temps recensé chez les patients hospitalisés en temps complet les non verbalisants et traités par neuroleptiques. À partir de cet échantillon (17 patients sur 65). Nous avons réalisé un audit ciblé dans les services et analysé aux travers de leurs dossiers. Nous avons également recherché si après chaque modification de comportement une évaluation de la douleur a été faite. Nous avons également recherché si les soignants utilisaient les bons outils pour l évaluer (doloplus, algoplus). Résultats : Pour 28 % des patients il y a eu une recherche de la douleur à l admission et prise en charge. Dans 11 dossiers, on retrouve une modification de comportement. Dans 8 dossiers, soit 72 %, une évaluation avec une échelle est réalisée, essentiellement dans le service de gérontopsychiatrie. Dans 87,5 % l échelle Doloplus est utilisée contre 12,5 % pour Algoplus. Dans 92 % des cas la prescription médicale est d origine médicamenteuse et dans 8 % des cas non médicamenteuse (kiné, relaxation, ). Dans 60 % des cas un antalgique a été donné avant des soins douloureux. Dans 70 % des cas le soulagement de la douleur par un traitement antalgique a été évalué à la première heure par les soignants avec la même échelle initiale. Dans 75 % des cas l observation des effets secondaires (méthode médicamenteuse) est réalisée à J+1. Dans 92 % des cas l évaluation du retentissement de la douleur sur l autonomie du patient par l équipe pluridisciplinaire a été évaluée. Dans 1/3 des cas la réévaluation de la douleur par le médecin a été réalisée à J +1. Dans 84 % des cas, la traçabilité à toutes les étapes du protocole est retrouvée. Discussion : il ressort de l étude un manque de sensibilisation ou de formation des soignants à la recherche de douleurs en psychiatrie. Nous devons travailler sur le dépistage et l évaluation généralisée de la douleur. Il faut mettre à disposition des professionnels des outils d aide (échelles d évaluation, coordonnées du médecin référent douleur...). Il manque aussi une traçabilité de la prise en charge des actes dans le dossier patient. P57 - POLYMÉDICATION DANS UN SERVICE DE GÉRONTOPSYCHIATRIE A. HAMZAOUI, A. JOULIÉ, R. NASSIF Service pharmacie et service de géronpsychiatrie - Centre Hospitalier Francois Tosquelles Saint Alban sur Limagnole. Chez le sujet âgé, les pathologies sont fréquentes et conduisent à une polymédication. Elle est habituelle et souvent légitime, mais elle augmente le risque iatrogénique. Les maladies iatrogènes augmentent avec l âge et deviennent de plus en plus importantes, il est donc important de réévaluer chaque nouveau traitement dans le cadre d une hospitalisation. L objectif de notre travail est d étudier l évolution des ordonnances de patients âgés hospitalisés dans notre service de psychiatrie, afin de réduire les effets secondaires iatrogènes et de faire une comparaison entre les ordonnances d entrée et de sortie. Pour ce faire nous avons développé une collégialité de la prescription entre le médecin et le pharmacien. Méthode : nous avons réalisé une étude rétrospective des ordonnances de sortie des patients de gérontopsychiatrie sur l année 2011 et âgés de plus de 65 ans, cela a représenté 104 dossiers. Nous avons établi une liste de questions issues à la fois de recommandations du collège professionnel des gériatres français, de la HAS et de la liste des médicaments inappropriés aux personnes âgées (Laroche). Le groupe a décidé de s orienter vers une analyse de la pertinence de la prescription de sortie des patients de gérontopsychiatrie. Nous avons également effectué une étude comparative entre le nombre de médicaments à l entrée et à la sortie du patient. Résultats : à l entrée les sujets ont en moyenne 8,77 médicaments, et à leurs sorties 8,66 médicaments. Dans 42 % des cas il y a une augmentation du nombre de médicaments à la sortie du patient. Dans 16 % des cas le patient sort avec le même nombre de médicaments, et dans 42 % il y a une diminution du nombre de médicaments. Étude des médicaments prescrits : 83 % des patients ont au moins 3 psychotropes prescrits, et 26,9 % des patients ont au moins 5 psychotropes prescrits avec des risques iatrogènes augmentés. 86 patients ont au moins une benzodiazépine prescrite, dont 76 ont au moins une benzodiazépine à demi-vie courte, les médicaments les plus prescrits sont zopiclone et l alprazolam. 6 ont au moins une benzodiazépine à demi-vie longue (supérieur à 20h), le médicament le plus prescrit est le diazépam (demi vie entre 32 et 47h). D après la liste de Laroche, 81,73 % des patients hospitalisés en gérontopsychaitrie sortent avec au moins un médicament inapproprié. 47,12 % des patients ont un médicament inapproprié, 24,04 % ont deux médicaments inappropriés, 7,69 % ont trois médicaments inappropriés, et 2,88 % ont 4 médicaments inappropriés. Les médicaments les plus prescrits sont zopiclone 7,5MG, cyamémazine, méprobamate, lormétazépam. Discussion : nous n avons donc pas constaté une réduction significative du nombre de médicaments. 52 DU 27 AU 30 MARS 2012
53 P58 - ÉTUDE ÉPIDÉMIOLOGIQUE DE L UTILISATION DES ANTI-HISTAMINIQUES H2 POUR LIMITER LA PRISE DE POIDS SOUS NEUROLEPTIQUES ATYPIQUES A. HAMZAOUI, Y. EL DACHRI, S. BELMILOUDI Service pharmacie, Service de Réhabilisation - Centre Hospitalier Francois Tosquelles Saint Alban sur Limagnole. En France on estime entre et la population de schizophrènes. Le sujet schizophrène représente un danger pour lui même et pour autrui, c est pourquoi il est au centre des préoccupations des psychiatres, acteurs de santé et des pouvoirs publics. Or le traitement, qui fait souvent appel aux neuroleptiques atypiques (NA), entraine une prise de poids significative qui est une cause d inobservance et de non compliance. Les raisons qui conduisent à une prise de poids ne sont pas bien comprises. Les mécanismes qui peuvent expliquer le phénomène peuvent être un ralentissement ou des modifications du métabolisme, une augmentation de l appétit, des changements hormonaux ou la réduction de l activité. Il semble toutefois que les neuroleptiques qui conduisent à une prise de poids importante ont une plus grande action anti-histaminique. Partant de ce constat, certains psychiatres associent des anti-histaminiques H2 (exemple ranitidine) aux NA pour minimiser la prise de poids. Notre étude vise à évaluer si l association ranitidine/olanzapine a un effet correcteur sur la prise de poids afin de confirmer ou pas l hypothèse de l action des anti-histaminiques sur la prise de poids. Nous avons suivi, durant 3 semaines, l évolution du poids sur un groupe de patients traités uniquement par l association ranitidine olanzapine et un second groupe de patients traités par olanzapine. Résultat : Patient 1 : le poids initial était de 62,8 kg il a pris 1,9 kg en trois semaines soit une évolution de 3,03 %. Patient 2 : le poids initial était de 96 kg il a pris 0,3 kg en trois semaines soit une évolution de 0,31 %. Patient 3 : le poids initial était de 61,3 kg il a pris 1,0 kg en trois semaines soit une évolution de 1,66 %. Patient 4 : le poids initial était de 54,5 kg il a pris 3 kg en trois semaines soit une évolution de 5,5 %. Patient 5 : le poids initial était de 56,3 kg il a pris 0,4 kg en trois semaines soit une évolution de 0,71 %. La prise de poids moyenne pour nos patients est de 1,32 kg sur 3 semaines, alors qu une étude indique que les sujets recevant seulement de l Olanzapine ont une prise de poids > 0,42 kg par semaine soit approximativement 1,26 kg sur 3 semaines (1). Discussion : Les résultats de notre étude ne nous permettent pas de conclure à une efficacité significative de la ranitidine sur la prise de poids sous olanzapine. Ils vont dans le même sens que les quelques études issues des publications. Il faudrait envisager une étude portant sur 14 semaines qui serait plus représentative de l évolution de poids mais également d élargir notre échantillon de population. (1) Allison DB, Mentore JL, Heo M, Chandler LP, Cappelleri JC, Infante MC, et al. "Antipsychotic-induced weight gain: a comprehensive research synthesis." Am J Psychiatry 1999;156(11): P59 - COMBIMOD : PROGRAMME DE RÉHABILITATION PSYCHO-SOCIALE POUR PATIENTS SOUFFRANT DE SCHIZOPHRÉNIE COMBINANT DES MODULES D ÉDUCATION THÉRAPEUTIQUE ET DES MODULES DE REMÉDIATION COGNITIVE DANS UN PROJET INDIVIDUALISE ET CONTRACTUALISÉ : RÉSULTATS PRÉLIMINAIRES Dr. Marie-Cécile BRALET Praticien Hospitalier, psychiatre. Unité CRISALID, CHI Clermont de l Oise. Unité INSERM U669, PSIGIAM, Paris Les déficits cognitifs sont observés chez 85 % des patients souffrant de schizophrénie et leur sévérité est corrélée au pronostic social et fonctionnel, indépendamment de la symptomatologie clinique. Des programmes de remédiation cognitive ont montré leur efficacité sur ces symptômes. Nous avons donc créé au centre CRISALID (Centre de Réhabilitation médico-psycho-social Intersectoriel pour la Schizophrénie et d Aide à L autonomie InDividualisée) du CHI de Clermont de l Oise (région Picardie) un programme intégratif et individualisé, COMBIMOD, combinant des modules d éducation thérapeutique, inspirés des techniques comportementales et cognitives (MODen : module équilibre et nutrition et MODip : module d information sur la pathologie, les traitements, l hygiène et les habiletés sociales) et des modules de remédiation cognitive (IPT de Brenner / RECOS). Ce programme est défini après des évaluations cliniques (PANSS, Insight, estime de soi, affirmation de soi, échelle de communication), cognitives (BECS, STICCS, V-LIS, bandes dessinées, perception des émotions faciales) et fonctionnelles (EAS, OPS). Nous souhaitons proposer nos résultats préliminaires concernant la prise en charge de 123 patients depuis mars LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 53
54 INDEX DES AUTEURS ABBAR ABELKASSEM AMADO ANDRUETAN ANGST AOUFI ARFI AURIFEUILLE AZORBLY AZORIN BACHMANN BAILLY BAYLE BEAUCHAMPS BELMILOUDI BENABBAS BENALI BENELMOULOUD BENOIT BENYAMINA BERGAOUI BERTHOLET BOINOT BOTTAI BOUCHARD BOUCHERAT-HUE BOUCHEZ BOURAYOU BRALET BRESSON CACI CAMBON CAMUS CANCLAUD CATRIN CELERIER CHAMBON CHOPIN CHOQUET CLERVOY CLERY-MELIN COCHET COHEN O801 P40 P53 P35 P33 P36 P02 ; P04 P42 P42 P33 P37 P32 A4 P43 ; P44 ; P45 ; P46 P58 P10 ; P11 ; P12 ; P13 P40 P10 ; P11 ; P12 ; P13 P37 A3 P48 ; P49 ; P50 P25 P30 A7 P17 P31 A4 P06 P59 P53 P33 P39 O102 P43 ; P44 ; P45 ; P46 P38 P32 P27 A5 O5 ; O501 O201 ; P16 ; P26 ; P34 O8 ; O802 P29 A6 COHEN COLLANGE CORRUBLE COURTET CRESPIN DE SUTTER DEGEILH DELEPINE DIALLO DISCHLER DUBOIS DUPONT DURON DUZAN EDDHIF EL DACHRI EON ERNOUL ESTINGOY FANTON FOUCHER FRANCK GAILLARD GALLALI GARCIA GARRE GAUDEAU GAUTHIER GHEORGHIEV GOHIER GORIN GUELFI GUILLAUME GUILLON HAMI HAMZAOUI HANTOUCHE HAOUR HEELEY HOMRI IBN NAOUN ITIER JEHEL O8 P55 O4 O502 P54 O904 P32 P27 P01 P37 O902 P27 O101 P16 P21 ; P22 ; P23 P58 P35 ; P47 ; P51 ; P52 P07 ; P15 P29 ; P30 P24 O301 O302 P33 P21 ; P22 ; P23 P37 P15 P28 P37 P38 P15 P34 O402 P43 ; P44 ; P45 ; P46 P37 P01 P53 ; P54 ; P55 ; P56 ; P57 ; P58 P33 O202 P24 P48 ; P49 P27 P56 A2 ; O2 54 DU 27 AU 30 MARS 2012
55 JOHNSON JOLIVET JOULIE KACHA KACHA KANIT KEBOUR KEFI KELLOU KIVITS LABBANE LACAMBRE LAFFINTI LAHUTTE LAKHAL LANCON LANCRENON LAQUEILLE LEVY LOUBATIERES MAALEJ MACHADO MAIGA MAILHOT MATUSOIU MERCUEL MILAN MILAN MOKHTARI MOROGE MOUCHABAC NASSIF NDAYE NEZZAL OLIVIER ORSAT OUERIAGLI NABIH OUMAYA OUSS-RYNGAERT PAUL PERETTI PHAM-SCOTTEZ PICARD P50 P53 P56 ; P57 P12 ; P13 P41 P41 P03 P21 ; P22 ; P23 O2 P19 P48 ; P49 O701 P40 P43 ; P44 ; P45 ; P46 P21 ; P22 ; P23 O6 ; O602 P33 P41 P18 P39 P36 P31 P01 P53 P53 ; P54 ; P55 O7 P08 ; P20 P14 P01 P08 ; P14 ; P20 A1 P56 ; P57 P43 ; P44 ; P45 ; P46 P13 P39 P07 ; P15 P40 P21 ; P22 ; P23 O601 P08 ; P14; P20 P18 O401 P42 PILARD P08 ; P14 ; P20 PREISSMANN P25 PRINGUEY O3 RAFFRAY P43 ; P44 ; P45 ; P46 RAMOND P36 RAYNAL P53 ; P55 RICHARD-DEVANTOY P07 ; P15 RIGAUD O1 ; O103 RIO P43 ; P44 ; P45 ; P46 ROHMER P19 ROQUE P37 ROSETTI P36 ROUSSEAU P26 RUDELLE P53 SAIDANI P05 SAIDI P42 SAUVAGE P30 SCHENK P25 SEMAOUNE P02 ; P03 ; P04 ; P05 ; P06 SIERRO P25 SKRIABINE P09 SOLLER P32 SOULAYMANI A. P01 SOULAYMANI R. P01 STRITMATTER P37 TAWIL O9 ; O901 TEDJIZA O7 TEFAHI P41 TERRISSE P55 TERRISSON P55 THEMINES P19 THOMAS O702 TOUHAMI P40 TOUTAIN P27 TRIKI P48 ; P49 ; P50 VANIER O9 ; O903 VENISSE P28 VIEUX P54 WURMBERG P37 Les noms en violet sont les auteurs des Communications Orales. LES SALONS DE L AVEYRON - 17, RUE DE L AUBRAC - PARIS 12ÈME 55
56 Imprimé en France. Crédits photos : istockphoto, Veer, Fotolia - Réalisation : CONTACT LOGISTIQUE : [email protected]
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