Etude de la croissance de Salmo trutta fario

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1 2015 Etude de la croissance de Salmo trutta fario Première approche départementale Fédération de l Eure pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique Immeuble Leipzig, avenue de l Europe Pont-Audemer [email protected]

2 Photographies de couverture (de haut en bas) : Photo 1 : Mesure de la taille d une truite fario ( FDAAPPMA 27) Photo 2 : Pêche électrique sur la Risle ( FDAAPPMA 27) Photo 3 : Prélèvement d écailles sur une truite ( FDAAPPMA 27) Photo 4 : Pêche à la mouche fouettée ( Adrien Barault) Rédaction : Mikis Bonnet [email protected] Version 1 Date : 30/10/2015 Coordination : Adrien Barault REFERENCE A CITER : FDAAPPMA27, Etude de la croissance de Salmo trutta fario, première approche départementale 42p. BONNET.M. Fédération de l Eure pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique Immeuble Leipzig, avenue de l Europe Pont-Audemer [email protected]

3 Table des matières I. Introduction... 1 II. Le contexte de l étude... 1 A. La Truite, une espèce bio-indicatrice et repère Biologie et écologie de la Truite... 2 Cycle de vie... 3 B. La Truite dans l Eure, un milieu de vie favorable Un climat doux et constant... 4 Des rivières fortement influencées par la nappe... 5 Une croissance globale supposée forte... 6 III. Nécessité de protéger les populations et leviers d actions... 7 A. Pourquoi protéger?... 7 B. Les documents de gestion... 7 C. La protection passe par des mesures concrètes Importance de la taille légale de capture... 8 Une taille nationale peu adaptée aux contextes locaux... 9 IV. Matériels et méthodes A. La scalimétrie Méthode Formation et vérification B. La récolte des écailles La pêche à l électricité La collaboration des pêcheurs Un effort de prélèvement optimisé C. Statistiques Régressions linéaires généralisées Approche de la taille légale de capture et corrélations avec les facteurs environnementaux V. Résultats A. La récolte par pêche électrique B. La récolte passive VI. Analyse statistique A. Une valeur départementale élevée B. Une croissance hétérogène selon les bassins C. Les paramètres environnementaux influent sur la croissance VII. Discussion A. La taille légale de capture, quelle part de la population est protégée? Tailles à 30 mois moyennes Fédération de l Eure pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique Immeuble Leipzig, avenue de l Europe Pont-Audemer [email protected]

4 2. Prélèvements possibles en fonction de la taille légale de capture La taille légale de capture, une mesure parmi d autres B. Des facteurs de croissance vers une meilleure gestion Les facteurs environnementaux influant sur la croissance Propositions de gestions cohérentes avec la croissance locale et ses facteurs C. Les biais et les limites identifiées La récolte La lecture des écailles Les statistiques VIII. Conclusion A. Utilisation des résultats Modification de la législation La sensibilisation des pêcheurs B. Le futur de l étude La scalimétrie continue! D autres études pour compléter la connaissance des populations Bibliographie Annexes Table des annexes Annexe 1 : Arrêté préfectoral de pêche électrique Annexe 2 : Protocole de prélèvement communiqué aux pêcheurs participants à l'étude Annexe 3 : Article parru dans l'eveil Normand le 06/05/ Annexe 4 : Article paru dans Paris Normandie le 23/05/ Annexe 5 : Analyse statistique détaillée Annexe 6 : Coefficients de régression au niveau départemental (affluents exclus) Annexe 7 : Coefficients de régression au du bassin de l Andelle Annexe 8 : Coefficients de régression au du bassin de l Avre Annexe 9 : Coefficients de régression au du bassin de l Epte Annexe 10 : Coefficients de régression au du bassin de l Iton Annexe 11 : Coefficients de régression au du bassin de la Risle globale Annexe 12 : Coefficients de régression au du bassin de la Risle (affluents exclus) Annexe 13 : Coefficients de régression au du bassin de la Charentonne Annexe 14 : Coefficients de régression au du bassin des affluents de la Risle (Bec et Croix Blanche) Annexe 15: Tableaux présentant les impacts d'une taillé légale allant de 25 cm à 42 cm Fédération de l Eure pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique Immeuble Leipzig, avenue de l Europe Pont-Audemer [email protected]

5 Table des illustrations Figures Figure 1 : Truite fario euroise (S.Delpeyroux)... 2 Figure 2 : Cycle de vie de la truite fario (FDAAPPMA 27)... 3 Figure 3 : Diagramme ombrothermique de la ville d'evreux (Météo France données )... 5 Figure 4 : Cohortes de truites estimées grâce à la pêche électrique (Iton à Evreux 2011, source FDAAPPMA 27)... 9 Figure 5 : Schéma explicatif de la scalimétrie (truite de 2+ capturée en septembre) Figure 6 : Ecaille de Truite fario régénérée Figure 7 : Zone de prélèvement d'écailles chez la Truite fario Figure 8 : Microscope utilisé pour la lecture des écailles Figure 9 : Photo annotée d'une pêche à l'électricité (A.Barault, M.Bonnet, V.Zunigas) Figure 10 : Réaction du poisson en fonction de sa distance à l'anode (Maison de l eau et de la pêche 19, 2013) Figure 11 : Stations de pêche électrique de la campagne de scalimétrie Figure 12: Classes de tailles observées Figure 13 : Représentation de la taille des individus en fonction de leurs âges Figure 14 : Courbe de croissance départementale des Truites de rivières dans le département Figure 15 : Courbes de croissance de la truite départementale globale (en rouge) et en excluant les affluents (en bleu) Figure 16 : Courbes de croissance de chaque bassin Figure 17 : Courbes de croissances différentiées sur le bassin de la Risle Figure 18 : Part de l échantillon protégé avec les différentes tailles légales de capture évoquées Figure 19 : Prélèvements permis par une taille minimale de capture de 25cm et une taille maximale de 35cm Figure 20 : Différences de robes observées (de haut en bas poissons de l'iton, le Bec et la Croix Blanche).. 42 Figure 21 : Résultats de l ACP totale Figure 22 : Cercle des corrélations (ACP n 1) Figure 23 : Projection 3D de la variation annuelle de température, largeur et module de la rivière Figure 24 : ACP n Figure 25 : Cercle des corrélations de l'acp n 2 Dim 1 et Figure 26 : Cercle des corrélations de l'acp n 2, Dim 2 et Figure 27 : Cercle des corrélations de l ACP n 2, Dim 1 et Figure 28 : Ensemble des poissons capturés en pêche électrique et bornes prédites par le modèle Fédération de l Eure pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique Immeuble Leipzig, avenue de l Europe Pont-Audemer [email protected]

6 Tableaux Tableau 1 : Habitat de la Truite en fonction de son stade de développement (Richard A 1995 in FDAAPPMA des Côtes d'armor 2003)... 4 Tableau 2 : Module et débits des principaux cours d'eau des bassins versants étudiés et de deux rivières bretonnes : le Lié et le Blavet (source banque hydro)... 6 Tableau 3: Critères de choix du matériel de pêche Tableau 4: Déroulement des pêches électriques et nombre de truites capturées Tableau 5 : Récapitulatif des poissons prélevés lors de la campagne de scalimétrie Tableau 6 : Prélèvements précédemment effectués par la FDAAPPMA Tableau 7: Tailles à 30mois et intervalles de confiance départementaux donnés par R Tableau 8 : Estimation de la taille d'une truite de 30 mois par cours d eau donné par R Tableau 9 : Critères supposés influençant de la croissance des truites Tableau 10 : Effet des variables étudiées sur la croissance des truites ("-" négatif, "+" positif, "/" trop peu représentatif, "0" sans effet) Tableau 11 : Effet de la taille légale de capture sur les populations de truites Tableau 12 : Tableau récapitulatif des facteurs limitants et de leurs effets Tableau 13 : Protection des populations de truites avec l'instauration d'une taille minimale de 25cm et d'une taille maximale de 35cm Tableau 14 : Taille prédite des truites en fonction de leurs âges en mois (avec les paramètres de la courbe de croissance départementale) Fédération de l Eure pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique Immeuble Leipzig, avenue de l Europe Pont-Audemer [email protected]

7 I. Introduction En France, la pêche de loisir est aujourd hui très développée et compte plus de adeptes. Elle est le second loisir national en termes de licenciés, après le football (Fédération Nationale pour la Pêche en France, 2015). Cette pratique n étant pas sans impact sur les populations de poissons, elle engendre un besoin de gestion. La gestion halieutique peut-être définie comme étant la conciliation entre l exploitation du milieu par la pêche et la préservation des populations piscicoles. Elle est un vaste domaine qui regroupe de multiples compétences, et qui évolue en même temps que les connaissances scientifiques sur lesquelles elle se base. Historiquement concentrée sur le rempoissonnement des zones déficitaires en poissons, la gestion halieutique se dirige aujourd hui vers une gestion dite «patrimoniale».ce mode de gestion a pour spécificité de ne pas préconiser d intervention directe sur les populations piscicoles mais de préférer la restauration des milieux ainsi que l adaptation du loisir pêche. Dans ce cadre, bon nombre de Fédérations Départementales des Associations Agréées pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (FDAAPPMA) mènent des études concernant leurs peuplements piscicoles. Dans les contextes salmonicoles, certaines ont conduit des études scalimétriques, visant à déterminer la vitesse de croissance des truites de rivière. La scalimétrie est l étude des écailles des poissons et cette méthode permet de déterminer, entre autre, l âge des poissons. Ce type d étude permet de connaître précisément la taille des individus à leur première reproduction, et d adapter les mesures de gestion piscicole comme la taille légale de capture. L article R du code de l environnement (Légifrance, 2005) définit la taille légale de capture des poissons. Cette taille est de 23 cm pour les truites autres que les truites de mer. Ces tailles sont déterminées de façon à laisser l opportunité aux poissons de se reproduire au minimum une fois. Dans certains contextes particuliers, la croissance des poissons est atypique (forte ou faible). Selon l article R du code de l environnement, il est possible d adapter la taille légale de capture à 18, 20 ou 25 cm par arrêtés préfectoraux. Cependant, cette adaptation réglementaire ne semble pas suffisante dans certaines conditions particulières. Il est supposé que dans l Eure la croissance des truites est particulièrement forte et que la taille légale de capture maximale (25cm) ne protège pas l intégralité des reproducteurs. Cette croissance rapide est souvent permise par un contexte calcaire des rivières ainsi que par un climat relativement constant tout au long de l année. C est dans ce cadre que la FDAAPPMA 27 a souhaité réaliser sa propre étude scalimétrique afin de répondre à cette problématique : Dans le contexte eurois, quelle est la vitesse de croissance des truites communes? Au regard de cette croissance déterminée par scalimétrie, et des facteurs l influençant, quel est l impact de la taille légale de capture actuelle sur les populations et quelles mesures de gestion localement adaptées pourraient être mises en place? Pour ce faire, dans un premier temps la biologie et l écologie de la Truite seront décrites ainsi que son contexte de vie dans l Eure. Puis, dans un second temps les protocoles et outils mis en place seront décrits, avant de présenter les résultats et de les analyser. II. Le contexte de l étude Afin de pouvoir étudier la croissance de la Truite, il est nécessaire de connaitre l espèce, sa biologie, son écologie ainsi que son cycle de vie. Par la suite, les spécificités des cours d eaux salmonicoles dans l Eure seront décrites. A. La Truite, une espèce bio-indicatrice et repère Native d Europe, la Truite (Salmo trutta) est naturellement présente sous divers écotypes. Elle possède un caractère migrateur amphihalin facultatif et une grande capacité d adaptation, ce qui a

8 engendré un degré de polymorphisme important (Keith et al, 2011). Salmo trutta fario est la truite de rivière, Salmo trutta trutta est la truite de mer (individus ayant migré en mer), Salmo trutta lacustris est la truite lacustre (individus dont la croissance se déroule en lac). Ce poisson, malgré son cycle de vie complexe, est une des espèces piscicole les mieux connues en Europe ( Baglinière et Maisse, 1991; Keith et al, 2011). Les fortes exigences en termes de qualité de milieu ainsi que la diversité des habitats nécessaires au développement de Salmo trutta fario font de ce poisson un bio-indicateur : sa présence est un indicateur de la qualité du milieu. En utilisant ces caractéristiques, l INRA a développé l indicateur «vigitruite». Les auteurs se basent sur l abondance des juvéniles de truites pour évaluer la qualité de l habitat (INRA, 2010). Dans les documents de gestion piscicole, ces poissons sont utilisés dans la catégorisation des rivières. Il existe trois contextes différents en fonction de leur population piscicole : le contexte salmonicole se distingue par la prédominance de la Truite fario (souvent lié à la première catégorie piscicole), le contexte intermédiaire par les cyprinidés rhéophiles et le contexte cyprinicole par la présence du brochet (souvent lié à la seconde catégorie piscicole). 1. Biologie et écologie de la Truite La Truite (Figure 1) est un poisson de forme élancée, la tête forte, elle possède une bouche large et pourvue d une dentition persistante. La robe du poisson varie fortement d un cours d eau à l autre et peut même varier au sein même d une rivière. Ce poisson, malgré sa grande polymorphie, peut être caractérisé comme ayant un dos foncé à vert clair, les flancs nacrés à jaunâtres et est moucheté de points noirs et rouges, dont la forme et l abondance sont très variables. A l aide de ces caractéristiques morphologiques (et certains caractères génétiques mis en évidence par P.Berrebi) on distingue, en France, trois souches différentes de Truite fario : la lignée méditerranéenne, la lignée adriatique (la Truite corse) et la lignée atlantique. Figure 1 : Truite fario euroise (S.Delpeyroux) En rivière, la Truite se retrouve dans les eaux fraiches et bien oxygénées, c est pourquoi elle colonise largement les têtes de bassins et les petits cours d eau côtiers (Keith et al, 2011). Haury et al. (1991) in Baglinière et Maisse (1991) décrivent plus précisément l habitat trutticole selon huit critères : - la présence de courant, qui permet le fonctionnement et la structuration de l écosystème (rhéotactisme positif de la Truite et oxygénation de l eau)

9 - la morphologie du lit qui conditionne le positionnement des truites (exemple de l effet berge qui crée des caches pour les poissons) - la granulométrie des fonds qui joue un rôle d abri, de «cache» lors du grossissement. La granulométrie est également déterminante pour la sélection des sites de ponte - la lumière, qui détermine le positionnement et l orientation du poisson ainsi que le réchauffement de l eau et la quantité d oxygène dissous - la température, qui est optimale pour la Truite entre 7 et 17 C - l oxygène dissous, dont la concentration doit être supérieure à 5.5mg/l avec un taux de saturation minimal de 80% - les autres paramètres de la qualité de l eau (ph entre 5 et 9.5, les matières en suspension, la quantité d ions, nitrites, orthophosphates ) - les macrophytes et la végétation des berges permettant de créer des abris, de modifier les écoulements et d oxygéner l eau Il est important de souligner que l habitat et les exigences de la Truite varient au cours de son cycle de vie (habitats de reproduction, de croissance des juvéniles et des adultes). 2. Cycle de vie Comme le montre la Figure 2, les truitelles ont pour habitat préférentiel les milieux peu profonds, à vitesse de courant modérée et à granulométrie moyenne. En grandissant, elles cherchent des hauteurs d eau plus élevées où le courant est moins fort et la granulométrie plus fine, ainsi que les berges propices à sa dissimulation. Après au minimum trois ans de croissance pour les femelles et deux pour les mâles (âge moyen de la maturité sexuelle, (Thibault, 1991 in; Baglinière et Maisse, 1991), les truites vont rejoindre les lieux de reproduction en période de frai : des zones graveleuses, à courants vifs, souvent situées en tête de bassin. Après éclosion, les alevins vont coloniser des zones avals, plus adaptées à leur grossissement (Keith et al, 2011). De ce fait, il existe donc une relation entre les populations des cours d eau principaux et de leurs affluents (Balignière, 1991 in ; Baglinière et Maisse, 1991). Il est cependant nécessaire de souligner que dans l Eure la forte présence d ouvrages sur les cours d eau empêche les migrations. La reproduction des adultes a donc fréquemment lieu dans le cours d eau principale. Les juvéniles grossissent eux aussi dans ce cours principal. Figure 2 : Cycle de vie de la truite fario (FDAAPPMA 27)

10 Les exigences de la Truite sont synthétisées dans le Tableau 1 ci-après. Tableau 1 : Habitat de la Truite en fonction de son stade de développement (Richard A 1995 in FDAAPPMA des Côtes d'armor 2003) Reproduction Croissance des juvéniles Grossissement des adultes Vitesse du courant (cm/s) 40 à 60 >20 <20 Hauteur d eau (cm) 15 à à 30/40 20 à 50 Granulométrie Galets et graviers Galets et graviers Pierres et blocs Faciès d écoulement Radier et plats Radier et plats Profonds Site préférentiel Ruisseaux Ruisseaux Cours d eau principal L alimentation de la Truite est constituée majoritairement d invertébrés benthiques, dont la quantité varie dans le temps et l espace. Une source de nourriture secondaire, mais non négligeable, de la Truite est constituée par les apports de la faune exogène : les éléments terrestres qui tombent à l eau. Cette deuxième source est bien entendu liée à l environnement du cours d eau. La dernière source d alimentation de la Truite est la prédation d autres espèces, plus petites (comme les vairons par exemple), mais n est généralement exploitée que par les individus de grande taille (Neveu, 1991 in ; Baglinière et Maisse, 1991). Ces caractéristiques générales de la Truite peuvent être précisées à l échelle du pays ou même de la région, où les individus s adaptent en fonction de leur milieu de vie. B. La Truite dans l Eure, un milieu de vie favorable La truite, comme de nombreuses espèces, est dépendante de ses conditions environnementales. Dans l Eure, le climat, l hydrobiologie et les caractéristiques de chaque bassin sont des éléments à prendre en compte pour la compréhension du fonctionnement des populations. 1. Un climat doux et constant Le climat est un facteur important dans le développement des individus. En effet, il détermine en partie la température de l eau mais influe également sur l abondance de la faune exogène (insectes) disponible pour l alimentation des truites. Le climat de l Eure est océanique, sous l influence de la Manche. Les températures sont donc relativement douces en été comme en hiver, la pluviométrie est répartie tout au long de l année bien que la majorité des précipitations soient hivernales. D après le diagramme ombrothermique (Figure 3), les températures moyennes annuelles varient de 20 C maximum entre les mois les plus chauds et les mois les plus froids. Cette différence n est pas très grande comparativement à certaines régions où le climat est de type continental. La pluviométrie quant à elle est comprise, en moyenne, entre 40 et 60 mm par mois pour une pluviométrie annuelle moyenne de 620 mm.

11 Figure 3 : Diagramme ombrothermique de la ville d'evreux (Météo France données ) La proximité de la Manche crée un gradient de température important entre les espaces côtiers du département et les endroits les plus éloignés. Afin d illustrer le climat de façon représentative, ce sont les données météorologiques d une ville centrale du département qui ont été sélectionnées : Evreux. La faible variation thermique dans le département de l Eure permet, entre autre, que les températures des rivières restent relativement constantes. Barault 2013 conclu dans son rapport de suivi thermique des cours d eau eurois, que «globalement, les cours d eau suivis présentent un profil thermique annuel fidèle au preferendum de l espèce». Le climat, à travers la température et la pluviométrie, influe donc à la fois sur les températures et les débits des cours d eau. Le contexte géologique, et donc hydrobiologique, est également un élément majeur influençant le fonctionnement des cours d eau. 2. Des rivières fortement influencées par la nappe La compréhension du fonctionnement géologique et hydrologique de la zone d étude permet d expliquer en majeure partie la faible variation des débits et des températures des cours d eau du département. Notamment les liens existants entre les eaux souterraines et superficielles. Le sous-sol de l Eure est, en très grande majorité, constitué de roches sédimentaires du crétacé ou du pliocène, parsemées de ponctuations d éocène. On observe, non loin de la confluence entre l Iton et l Eure, la présence de pliocène. Plus superficiellement, la géologie de surface du département est constituée d argiles à silex. Les rivières ont un rôle prépondérant dans l érosion, sur les cartes géologiques apparait nettement les traces d érosion des vallées de la Risle, de l Iton et de l Eure. La forte érosion par les rivières entraine un encaissement de ces dernières dans le substrat, et un rapprochement avec la nappe phréatique. L érosion des rivières sur ce substrat calcaire a été tellement importante que les rivières sont aujourd hui en permanente connexion avec les écoulements souterrains et la nappe. La nappe absorbe l excédent d eau en période humide et la restitue en période d étiage. L importante masse d eau de la craie est présente sous l intégralité du département de l Eure et affleure la majorité des rivières. Selon Equilbey et al, 2004, «Les rivières qui sont des affleurements de la nappe [ ] sont alimentées à 90 % par les écoulements souterrains. Ce qui explique la régularité de leur débit, de leur température et de leur limpidité.» En effet, l importante masse d eau souterraine présente sous le département ainsi que sa forte communication avec les écoulements de surfaces jouent un rôle majeure dans le maintien de débits constants tout au long de l année. De plus, ces eaux fraîches étant très peu

12 sous l influence du climat, leur température reste relativement constante tout au long de l année. La communication entre les rivières et la nappe a donc un important rôle de tampon thermique. 3. Une croissance globale supposée forte La température optimale pour la Truite est entre 7 et 17 C (Haury et al. (1991) in Baglinière et Maisse (1991)), les rivières de l Eure sont donc particulièrement favorables à la présence et la croissance de la truite. Les températures étant optimales durant 7 à 9 mois de l année pour les truites (Barault, 2013), leur croissance est répartie tout au long de cette période. La grande amplitude de températures favorables au développement de la Truite induit donc que les individus ont une croissance annuelle forte, significativement plus forte que dans des contextes où les hivers sont plus rigoureux et plus longs. Quelque soit le gabarit des rivières (représenté par leurs modules dans le Tableau 2), le coefficient de débit entre les hautes eaux et la période d étiage (période la plus basse) est compris entre 1,71 et 2,68 pour les principales rivières de chaque bassin du département. En comparaison, deux rivières bretonnes sont exposées. Ces rivières ont été choisies en fonction de leur module, celui du Lié étant proche de celui de l Iton, l Avre et l Andelle, et celui du Blavet étant proche de la Risle et de l Avre. Le contexte climatique des rivières bretonnes choisies est proche de celui des rivières euroises étudiées, la principale différence étant le contexte hydrogéologique. En effet, les cours d eau bretons reposent sur un sous-sol granitique (massif armoricain) et ont une très faible communication avec la nappe. Ceci engendre, comme le montre le Tableau 2, des variations de débit beaucoup plus importantes (facteurs de variation de 8,78 et 9,77). Tableau 2 : Module et débits des principaux cours d'eau des bassins versants étudiés et de deux rivières bretonnes : le Lié et le Blavet (source banque hydro) Rivières Module (m 3 /s) Débit min (m 3 /s) Débit max (m 3 /s) Débits max Débits min Andelle 3,97 3,09 4,8 1,55 Avre 2,57 1,52 4,07 2,68 Iton 3,63 2,77 4,74 1,71 Le Lié 3,54 0,87 7,64 8,78 Risle 11,8 8,12 16,6 2,04 Epte 9,07 6,13 12,75 2,08 Blavet 10,80 2,31 22,57 9,77 L importance des débits dans la croissance des individus est mise en avant par Lagarrigue et al, Dans leur rapport, ils affirment que «les débits d'étiage engendrent une diminution importante des vitesses de courant et des profondeurs. Cette diminution de la capacité d'accueil du cours d'eau peut altérer la disponibilité en habitat de nutrition énergétiquement favorable (BRAATEN et al. 1997). Cette disponibilité moindre doit influer sur les rythmes alimentaires, donc sur le niveau de satiété et la croissance des truites [ ]». Prouzet et al 1977, comparent les tailles moyennes des truites issues de bassins normands et bretons après une étude scalimétrique. Il existe une nette différence de taille moyenne (21 cm en Bretagne contre 30 en Normandie). De plus, le substrat calcaire présent dans les rivières permet un développement abondant de la faune aquatique (principale source de nourriture de la Truite). Le substrat est également un facteur déterminant du ph de l eau et des éléments minéraux en suspension, dans notre cas le ph est relativement élevé (7 à 8.5), tout comme la quantité de calcium disponible (92 mg/l) (Agence de l Eau Seine-Normandie, 2015). Cette forte disponibilité en calcium permet une croissance rapide du squelette des poissons et n est donc pas un frein au développement. Globalement, l Agence de l Eau Seine-

13 Normandie, (2015) décrit ces rivières comme ayant «de fortes capacités biogéniques, dès qu elles sont enrichies en nutriments, leur productivité est forte». Bien qu ils ne soient pas les seuls facteurs qui entrent en compte dans le développement des truites, le climat, les débits ainsi que la nature de la roche mère observés dans l Eure sont très favorables pour la croissance des poissons. Ces constatations, couplées aux observations de terrain (pêches électriques et pêche à la ligne) font supposer aux organismes de gestion piscicoles que la croissance des truites euroises est rapide. C est ce que la FDAAPPMA27 souhaite vérifier grâce à l étude scalimétrique. Cette étude vise à mieux connaitre les populations afin de pouvoir mieux les protéger. III. Nécessité de protéger les populations et leviers d actions A. Pourquoi protéger? La gestion est d une part une obligation de la loi française mais également un besoin pour que les populations se maintiennent et que leur exploitation soit durable : «La gestion piscicole peut se définir globalement comme l'ensemble des dispositions qui permettent d'exploiter au meilleur niveau une ressource piscicole tout en maintenant sa pérennité». Le cadre législatif de la pêche en eau libre en France est défini au sein du Code de l Environnement. L article L433-3 du Code de l Environnement stipule que «l exercice d un droit de pêche emporte obligation de gestion des ressources piscicoles. Celle-ci comporte l établissement d un plan de gestion [ ]». A travers cette citation, il est mis en évidence que la pêche est gérée à l aide de plan de gestion adapté à chaque contexte local et obligatoire. Le Code de l'environnement, via l article R236-23, vise à protéger les populations en stipulant qu un poisson ne doit pas être prélevé avant d avoir eu l opportunité de se reproduire au moins une fois. Cette taille a été définie au niveau national à 23 cm. La gestion piscicole fait partie des concepts qui semblent naturels, mais qui recouvre des sens très différents dans l esprit de ceux qui l utilisent. «En particulier, il y a souvent confusion avec les notions de gestion du milieu, gestion des populations de poissons et gestion de la pêche. [ ] Par définition, la gestion piscicole organise la relation entre le pêcheur et les poissons dans leur milieu» (Holl et al, 1994). Dans son article, Heland, 1989 précise également que «[ ] toute intervention sur le milieu se répercutera sur la production de poissons, d'où la complexité de la gestion piscicole, dépendante de la gestion hydraulique, de la gestion économique du bassin versant, etc». Il existe différents outils de gestion à disposition des usagers. B. Les documents de gestion Les outils de gestion du milieu aquatique sont nombreux et diversifiés, que ce soit des documents de cadrage nationaux ou des outils de gestion plus adaptés aux contextes locaux. Le but de ce paragraphe n est pas d être exhaustif sur les outils de gestion mais plutôt d en comprendre la diversité et le fonctionnement au niveau local. «Prescrits par une instruction ministérielle du 27 mai 1982, les Schémas Départementaux de Vocation Piscicole (SDVP) sont des documents départementaux d orientation de l action publique en matière de gestion et de préservation des milieux aquatiques et de la faune piscicole, approuvés par arrêté préfectoral après avis du Conseil Général» (Calandre et Jacono, 2006). Ces schémas ont une portée globale et des orientations générales (par exemple réduire les rejets, décloisonner les rivières )

14 (Calandre et Jacono, 2006). Ces documents, établis à une époque où les connaissances du milieu et des populations étaient moindres, sont aujourd hui relayés par les Plans Départementaux pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources piscicoles (PDPG). Le PDPG est un document qui, dans un premier temps, établit un état des lieux départemental (établis par les Fédérations Départementales pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique FDPPMA), découpant les réseaux hydrographiques en contextes cohérents. Ces contextes représentent les unités de base pour la gestion, ils sont délimités par la présence d espèces repères : Truite fario pour le contexte salmonicole, Brochet dans les contextes cyprinicoles et généralement cyprinidés rhéophiles dans les contextes intermédiaires. Suite à l analyse des capacités de production du milieu (réelles et théoriques), les facteurs limitant la production sont identifiés. Pour chaque contexte est alors établi un Programme d Action Nécessaire (PAN) découpé en Module d Action Cohérente (MAC) et présenté aux Associations Agréées pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (AAPPMA) qui sont les échelons locaux de la pêche associative (Richard, 1998; Calandre et Jacono, 2006). En complément du PDPG (volet milieu), un Schéma de Développement et de Promotion du Loisir pêche (SDPL) est établi. Dans ce SDPL, l orientation du loisir pêche est donnée par la volonté de capture d une certaine catégorie de prise par les pêcheurs (Richard, 1998). Enfin, au niveau le plus local (les AAPPMA, et plus largement tout détenteur de droit de pêche) la déclinaison et l adaptation des documents de cadrage que sont le PDPG et le SDPL donnent le Plan de Gestion Piscicole (PGP) (Richard, 1998). Le PGP reprend les grands axes des deux documents précédemment décrits, en adaptant les préconisations (tant sur le milieu que sur la pratique de la pêche) aux différents contextes locaux. Ces préconisations peuvent être variées et cherchent à concilier la protection des populations piscicoles et le loisir pêche. C. La protection passe par des mesures concrètes Selon Keith et al (2011), «les principales méthodes de gestion des poissons d eau douce peuvent être groupées en quatre catégories ayant des objectifs distincts [ ] : la modification des communautés[ ], la régulation des usages [ ], la restauration des habitats et la conservation des espèces et des territoires associés.». Dans ce rapport, la principale mesure de protection des populations qui sera étudié concerne la limitation des impacts de la pêche à travers la taille limite de capture de la Truite. 1. Importance de la taille légale de capture La loi stipule que les poissons ne doivent pas être prélevés de leur milieu naturel avant d avoir eu l opportunité de se reproduire. L application de cette loi passe par la taille minimale de prélèvement. Comme décrit dans l article de Baglinière et Maisse, (2002), les truites sont matures sexuellement à 1+ (soit 2 ans) pour les mâles et à 2+ (soit 3 ans) pour les femelles dans la plupart des cas. Dans certains contextes très particuliers, la maturité sexuelle peut être plus précoce pour les femelles. Lors de la lecture des écailles, les reproductions ayant été observées sont conformes à la bibliographie. Il reste cependant possible au vue de la forte croissance, que certains reproducteurs soient sexuellement matures plus tôt. Ceci ne représentant pas la majorité des cas, nous considérons dans notre cas que les premières reproductions sont en 1+ pour les mâles et en 2+ pour les femelles. Les tailles légales de capture semblent avoir un effet important sur le taux de prélèvement. Dans leur article, Schipper et Holm, 2004 quantifient la différence de prélèvement en fonction d une hausse ou d une baisse de la taille minimale de capture : - L augmentation de 3cm de la taille minimale de prélèvement a engendré une baisse de 61% du nombre de poissons conservés et de 45% de la biomasse conservée (rivière de la Haute Areuse).

15 - L augmentation de 5cm de la taille minimale de prélèvement a engendré une baisse de 83% du nombre de poissons conservés et de 71% de la biomasse conservée (rivière Areuse). L efficacité de cette mesure de gestion n est donc plus à prouver, cependant la démarche de modification de la taille minimale de prélèvement peut se révéler longue et complexe sur le plan législatif. De plus, il faut savoir trouver le compromis idéal entre la préservation des populations et une taille qui soit acceptable par les pêcheurs. 2. Une taille nationale peu adaptée aux contextes locaux La taille minimale légale de prélèvement d une truite est actuellement de 23cm au niveau national. Dans certaines régions où la croissance de la Truite est atypique (rapide ou lente), la législation permet d adapter cette taille à 25, 20 ou 18 cm par arrêtés préfectoraux. Pour effectuer le changement de la taille minimale de prélèvement, la place de la recherche scientifique est primordiale, elle permet de définir rigoureusement une taille à la reproduction et donc d en déduire la taille légale de capture. Pour ce faire, la méthode privilégiée est la scalimétrie. Avec cette méthode il est relativement aisé de lier l âge du poisson et sa taille (Ombredane et Baglinière, 1992). Bien souvent, lorsque ces études sont conduites, les résultats montrent que la taille minimale de capture n est pas adaptée aux contextes locaux. C est dans ce cadre que la FNPF a produit, lors d une assemblée générale extraordinaire, des axes d évolutions de la règlementation, comprenant notamment la possibilité d adapter la taille légale de capture à 30cm en fonction des contextes locaux (FNPF, 2013). Ces propositions n ont actuellement pas abouti. La Figure 4, issue de l analyse d une pêche électrique sur l Iton (année 2011) réalisée par la FDAAPPMA 27, est basée sur une pêche complète (tous les poissons d une section de cours d eau sont capturés) où 148 individus ont été mesurés. Sur ce graphique, la cohorte des truites de 2+ s étant de 21 à 31 cm et la taille limite de capture étant de 25cm sur ce cours d eau, seul la moitié de cette cohorte est protégée. Les truites se reproduisant soit en 1+ soit en 2+, ici seulement trois quarts des futurs reproducteurs sont donc protégés (la cohorte des 1+ totale et la moitié de la cohorte des 2+). La taille légale de 25cm (maximum autorisé par la loi française) n est donc pas suffisante dans ce cas pour permettre à l intégralité des poissons d avoir l opportunité de se reproduire avant d être prélevés comme le stipule le code de l environnement Figure 4 : Cohortes de truites estimées grâce à la pêche électrique (Iton à Evreux 2011, source FDAAPPMA 27)

16 IV. Matériels et méthodes A. La scalimétrie Il existe aujourd hui plusieurs méthodes de détermination de l âge des poissons : la scalimétrie et la lecture d otolithes sont les plus couramment utilisées mais l âge peut se lire avec toutes les pièces sclérifiées des poissons. La préférence pour la scalimétrie ou la lecture des otolithes se base sur la facilité de prélèvement, de traitement et de conservation des échantillons prélevés (FAO, nc). La scalimétrie étant une méthode non destructrice (le poisson peut être relâché après le prélèvement de quelques écailles), elle a été préférée à la lecture d otolithes qui nécessite le sacrifice du poisson. La préparation des écailles est plus aisée que celle des otolithes. De plus, le protocole international de détermination de l âge des poissons est basé sur cette méthode (Mahe Kelig, IFREMER). 1. Méthode La scalimétrie est l étude des stries concentriques des écailles (circuli) de poissons pour déterminer les périodes de croissances intensives ou non, ceci pour obtenir l âge de l individu. Les circuli sont majoritairement composés de substances minérales (27 à 50%) et constituent une réserve de calcium pour le poisson. Le calcium est stocké dans les écailles via le sang et les fluides extracellulaires et non via la peau. L écaille prend le rôle de réservoir de calcium, ce dernier peut être remobilisé, les échanges sont donc dans les deux sens. Lors de période favorable à la croissance du poisson (forte disponibilité alimentaire, faible concurrence, température favorable ) les circuli seront espacés alors qu en période défavorable ils seront plus concentrés (annulus). Les étés sont donc marqués sur les écailles par des stries écartées alors que les hivers sont marqués par des stries resserrés. Une lecture d écaille est expliquée sur la Figure 5. Saison Age Eté 3 2+ Hiver 2 Eté 2 1+ Eté 1 et hiver Figure 5 : Schéma explicatif de la scalimétrie (truite de 2+ capturée en septembre)

17 Certaines périodes ou certains évènements peuvent également être visibles à l aide des circuli (période de frai, maladies, températures anormales, disettes ) et sont généralement les périodes où la mobilisation du calcium, qui est stocké dans les écailles, est forte. La lecture des écailles révèle donc des informations concernant l âge, les conditions de vie et de reproduction du poisson. Il est même possible de distinguer les phases de vie en eau douce ou marine des poissons migrateurs à l aide des «check» : resserrement de quelques circuli différenciables des véritables resserrements hivernaux. Dans le cas de la présente étude, il n y a pas de phase de vie marine. On observe sur la Figure 5, une notation particulière pour l âge du poisson (0+, 1+ etc. ). Cette dénomination correspond au nombre d années révolues du poisson (0, 1 ou 2), suivi du signe «+» signifiant que le poisson est en phase de croissance (été). Ici, le poisson étant un 2+ c est un poisson ayant 2 ans et étant dans une phase de croissance. Figure 6 : Ecaille de Truite fario régénérée Il est important, lors des campagnes de scalimétrie, de faire les prélèvements d écailles à endroit fixe sur tous les individus et de prélever plusieurs écailles. En effet la croissance des écailles peut différer selon la zone morphologique du poisson et une blessure peut engendrer le renouvellement des écailles (ce qui peut induire la sous-estimation de l âge de l individu). Les écailles régénérées ne sont pas exploitables pour la détermination de l âge, comme le montre la figure Figure 6, l écaille ne dispose pas, ou dispose de peu de stries. La zone de prélèvement est propre à chaque espèce et dépend de sa physiologie. Dans le cas de la Truite, la zone se situe au dessus du recoupement entre la ligne latérale et la ligne reliant les nageoires dorsales et anales (Ombredane et Baglinière, 1992) comme le montre la Figure 7. Zone de prélèvement Figure 7 : Zone de prélèvement d'écailles chez la Truite fario Chez la Truite, cet endroit correspond à la zone d apparition des premières écailles lors de la vie du poisson, c est donc ici qu elles fourniront le plus d informations relatives à son développement (Harder, 1975 in Ombredane et Baglinière, 1992; Gerdeaux Daniel, 1992; Ombredane et Baglinière, 1992). Pour obtenir une fiabilité statistique suffisante lors de l exploitation des résultats, il est nécessaire de prélever des écailles sur 30 poissons par station de pêche électrique, les échantillons sont qualifiés de «robustes» et «fiables» à partir de cette valeur (FDPPMA73, 2010 ; Gerdeaux Daniel,

18 1992). Dans le but d obtenir des résultats représentatifs et significatifs, un objectif arbitraire de 35 poissons par station de pêche à l électricité est fixé. 2. Formation et vérification Lors de la récolte, les écailles sont stockées dans des enveloppes. Pour exploiter ces écailles, le protocole suivi est celui décri et employé par J.L Baglignières et F. Marchand lors d une formation effectuée à l INRA de Rennes le 4 Juin Un nombre d écailles important doit être prélevé afin d obtenir au minimum quatre écailles lisibles pour déterminer l âge du poisson (écailles non-régénérées). Figure 8 : Microscope utilisé pour la lecture des écailles Après ouverture complète de l enveloppe, les écailles sont triées à l aide d une loupe binoculaire afin de distinguer les écailles régénérées des écailles lisibles. Cette différence se fait grâce au nucléus (partie centrale de l écaille dont la présence assure la non-régénération). Après avoir sélectionné au minimum 4 écailles non-régénérées, ces dernières sont montées entre lame et lamelles, fixées à l aide de bandes adhésives. Ceci permet de plaquer et aplanir les écailles pour faciliter la lecture. Le nettoyage des écailles n est pas indispensable bien que certains protocoles préconisent l utilisation de soude diluée ou d eau savonneuse. Dans la majorité des cas, il est aisé de lire les écailles sans les avoir nettoyées au préalable. Au-delà du gain de temps, cela préserve l ADN présent sur les écailles, elles peuvent ainsi être utilisées pour effectuer des analyses ADN simples (sexage par exemple). Une fois montées, les écailles sont disposées sous un microscope à écran de la marque Projectina (Figure 8). Une photo de chaque écaille lue a été réalisée afin de créer une base de données permettant notamment de rendre les vérifications ultérieures plus faciles. Trois personnes de la fédération ont suivi la formation à la scalimétrie, ce qui a permis une double lecture systématique, le plus souvent triple, des écailles afin de corriger les éventuelles erreurs dans la détermination de l âge des poissons. Afin de consolider nos résultats, un lot de photo d écailles a été mis à disposition d un référent à l INRA pour qu il puisse les relire. B. La récolte des écailles La récolte des écailles de truites a été faite avec deux méthodes différentes mais complémentaires. 1. La pêche à l électricité Il existe plusieurs moyens de capture des poissons afin de pouvoir les étudier. Certains moyens sont classiques comme le filet, les pièges (type nasses) ou la pêche à la ligne et d autres plus atypiques comme l empoisonnement des poissons ou la pêche à l explosif. La pêche à l électricité est aujourd hui le moyen privilégié pour étudier les populations piscicoles car elle possède une grande efficacité et permet de capturer les poissons avec très peu de mortalité.

19 Principe La pêche à l électricité repose sur l interaction entre un champ électrique, un poisson et son milieu. Ces trois éléments conditionnent la réaction du poisson face à l introduction du champ électrique dans l eau. L effet du champ électrique est conditionné par sa nature, sa puissance et sa fréquence. Les courants de type alternatif ou continu pulsé sont les natures de courants à privilégier (tant pour la performance de pêche que pour la survie des poissons). La puissance et la fréquence quant à elles sont modulables en fonction des conditions du milieu lors de la pêche. L installation classique de pêche électrique comprend un générateur (G : groupe électrogène ou batteries), un transformateur modulateur de courant, une anode (pôle +), une cathode (pôle -) et un interrupteur (I) comme le montre la Figure 9. I G Anode Cathode Figure 9 : Photo annotée d'une pêche à l'électricité (A.Barault, M.Bonnet, V.Zunigas) En réalisation, l anode et la cathode sont dans l eau et l opérateur manie l anode. Le champ électrique appliqué dans l eau n est pas très étendu et la réaction du poisson est conditionnée par la distance qui le sépare de l anode. Il existe plusieurs phases de réaction comme le montre la Figure 10. Figure 10 : Réaction du poisson en fonction de sa distance à l'anode (Maison de l eau et de la pêche 19, 2013) Plus le poisson est proche de l anode, plus la tension qui le touche est forte et plus sa capture sera facile. En limite de champ électrique le poisson arrive fréquemment à prendre la fuite. S il est plus proche, le courant électrique entrainera une inhibition de mouvement puis une nage forcée du poisson vers l anode (zones BC et CD). La zone suivante est celle de galvanonarcose, où le poisson est immobile, muscles relâchés. C est le moment optimal pour capturer le poisson (zone DE). Les zones plus proches de l anode correspondent à une pseudo nage forcée puis la tétanie du poisson. Ces derniers stades sont dangereux pour le poisson et peuvent conduire à une électrocution de ce dernier. Le porteur de l anode plonge donc celle-ci dans l eau pour attirer puis immobiliser les poissons, qui sont alors capturés par une ou deux personnes à l aide

20 d épuisettes comme le montre la Figure 9. Deux engins de pêche à l électricité sont disponibles pour l échantillonnage : le Héron et le Volta, respectivement produits par Dream Electronique et Iméo. Le Héron est un matériel fixe où le courant électrique est produit à partir d un groupe électrogène. Une fois installé, ce matériel permet d effectuer une pêche électrique sur 300 mètres linéaires (longueur des câbles). Ce dispositif est lourd à mettre en place et mobilise au minimum 5 personnes, cependant il est d une grande efficacité. L Iméo quant à lui, est un matériel portatif où le courant électrique est généré à l aide de batteries. Ce matériel est moins performant (champ électrique moins étendu) mais il est beaucoup plus rapide à mettre en œuvre et ne mobilise que 3 personnes. Chaque station de pêche a été analysée pour déterminer le matériel le plus adapté pour une réalisation et une efficacité optimale. Les critères de choix utilisés pour sélectionner le matériel sur chaque parcours sont contenus dans le Tableau 3. Tableau 3: Critères de choix du matériel de pêche Utilisation du Héron Utilisation du Volta Rivière à fort débit Hauteur d eau importante Beaucoup d habitat à truites sur une faible distance Débit modéré Hauteur d eau limitée Habitats à truites dispersés Accès facile à la station de pêche avec une voiture et une remorque Sélection des stations La sélection des stations est cruciale pour la représentativité de l étude. La volonté de ce document est en premier lieu de présenter une image départementale de la croissance de la truite, ensuite des préconisations de gestion seront établies. Un point d échantillonnage a été déterminé sur chaque rivière de grande taille et en contexte salmonicole du département (Risle, Avre, Iton, Andelle et Epte). Le bassin de la Risle a été sélectionné comme modèle d étude. Pour ceci, trois stations ont été réparties sur le cours de la Risle : amont, moyenne et aval correspondant à trois contextes différents. En plus de ces points, les affluents majeurs seront échantillonnés (Charentonne, Bave, Bec et Croix Blanche). Ces points de pêche électrique sont localisés dans la Figure 11.

21 Figure 11 : Stations de pêche électrique de la campagne de scalimétrie Dans un premier temps, les berges en propriété des AAPPMA, sur un linéaire supérieur ou égal à 150 m et où la présence de truite est avérée ont été sélectionnées. Après ces recherches, certaines rivières que nous souhaitions prospecter n étaient pas présentes dans les résultats. A l aide de l expérience de l ensemble de la Fédération, des points intéressants pour la pêche électrique sur ces cours d eau ont été définis (poissonneux et faciles d accès). Les stations de pêche qui ne sont pas en gestion des AAPPMA sont sur des terrains privés, des recherches cadastrales ont permis de contacter les propriétaires afin d obtenir leur accord pour procéder à l échantillonnage. De plus, un dossier de demande d autorisation de pêches électriques à été créé. Il comprend l explication de l étude, le recensement des rivières à prospecter ainsi que la localisation précise des tronçons de pêche électrique envisagés. Ce dossier a été visé par la DDTM de l Eure et a abouti à l arrêté préfectoral DDTM-SEBF-15 n 105 du 22 juin 2015 (Annexe 1) autorisant toutes les pêches électriques planifiées. 1. La collaboration des pêcheurs L intégration des pêcheurs à l étude est une démarche initiée pour faire prendre conscience aux pêcheurs des enjeux de leurs pratiques. Outre le simple fait de prélever des écailles sur des poissons, les pêcheurs, ainsi sensibilisés, se rendent acteurs dans la gestion halieutique. Justification de l intégration des pêcheurs L intégration des pêcheurs dans l étude permet, outre la responsabilisation de leurs pratiques, d augmenter la représentativité et la robustesse des résultats de l étude. En effet, les points de pêches électriques ont été choisis en fonction de leur représentativité de l ensemble de la rivière à laquelle ils appartiennent, mais l apport d information diffuse au niveau du département augmente la précision.

22 Protocole et communication Pour contrôler les participations, un formulaire d inscription et un article explicatif ont été créés sur le site de la Fédération ( Lors de l inscription, les pêcheurs saisissent les informations utiles pour les identifier et les contacter mais également pour connaître leur «profil pêche» (habitude, technique, lieu, etc ). Après l inscription, un kit de prélèvement est envoyé aux pêcheurs contenant : un protocole de prélèvement (Annexe 2), deux carnets de capture, des enveloppes pour les écailles, des enveloppes pour renvoyer les écailles à la fédération et des cartes IGN permettant aux pêcheurs de localiser leurs prises. Toutes les AAPPMA euroises de première catégorie ont été contactées afin de diffuser l information aux pêcheurs de truites. Un communiqué de presse a également été envoyé aux journaux locaux ainsi qu aux radios qui ont réagi favorablement. En effet, deux interviews ont été diffusées à la radio (Radio Espace et France Bleu Haute-Normandie) et sont disponibles en podcast sur le site de la FDAAPPMA27. Deux articles ont également été publiés dans les journaux (L Eveil Normand et Paris- Normandie en Annexe 3 et Annexe 4). Grâce à cet effort de communication (ainsi qu à l investissement du personnel de la Fédération), l étude compte 35 pêcheurs volontaires qui ont effectué, et continuent à ce jour, des prélèvements d écailles lors de leurs sorties pêche. 1. Un effort de prélèvement optimisé L effort de pêche déployé par la Fédération pour la campagne de scalimétrie étant très important, un protocole de prélèvement génétique a été mis en place en parallèle. Les analyses génétiques ne seront pas conduites lors de l année 2015 et feront l objet d une prochaine étude. Chaque truite a subi un prélèvement de tissus (nageoire caudale ou anale) qui est conservé dans des tubes Eppendorf contenant de l alcool à 90 (conservation de l ADN pendant plus de 10 ans). Les échantillons ont été prélevés à l aide de ciseaux, nettoyés à l aide d ammonium quaternaire entre chaque truite, afin que l ADN d un poisson ne contamine pas l échantillon suivant. Deux types d ADN sont exploitables et fournissent des résultats différents : - Les truites européennes se divisent, d'après l'adn mt, en 5 lignées continentales: lignée atlantique (AT), méditerranéenne (ME), marbrée du Pô (MA), adriatique (AD) et danubienne (DA). L analyse de ce type d ADN fournit donc la lignée de truite. - Les microsatellites de truite permettent de distinguer les populations endémiques du cours d eau et les populations issues du repeuplement ainsi que le taux d introgression génétique des truites de repeuplement sur les populations naturelles. Dans les études «Génétrutta», conduites par P.Berrebi, 12 marqueurs sont étudiés : Oneμ9, MST85, SSOSL311, Omy21Dias, MST543, SSOSL438, Sfo1, Ssa197, Omm1105, SSOSL 417, Str591, et StrBS131. Dans ce rapport l aspect génétique ne sera pas traité car seuls les prélèvements ont été réalisés et les analyses seront faites à postériori. Les résultats de ces dernières pourraient mettre en évidence l importance d une gestion des populations en limitant le repeuplement. Ceci dans le but d éviter ou limiter l introgression génétique et donc préserver les différentes souches locales.

23 C. Statistiques 1. Régressions linéaires généralisées L analyse statistique des données est effectuée à l aide du logiciel R, dans lequel il est fait appel à différent package. Ogle, 2013 préconise dans son document l utilisation de packages appelés FSA et FSAdata, disponibles en téléchargement libre sur Ces deux packages ont été créés pour l établissement et l analyse de courbes de croissance suite à des mesures scalimétriques. Il détaille dans son œuvre 4 types d analyses possibles à partir d un échantillonnage scalimétrique, dans ce document, seule la régression linéaire généralisée entre l âge et la taille des individus sera utilisée : le modèle «fsa von bertalanffy». Dans ce modèle, il existe plusieurs équations de régression, donnant des résultats communs et dont l utilisation est dépendante du jeu de données disponibles. Dans notre cas, c est l équation de Weisberg, présentée ci-après, qui sera utilisée : E(Lt) = Linf (1 exp ( log(2) (t50 t0) (t t0)) ) Cette équation étant une équation de régression linéaire généralisée, elle nécessite le calcul de paramètres initiaux. Dans notre cas, ces paramètres sont les suivants (Ogle, 2013; Weisberg, 2007) : - Linf : la valeur d asymptote de la courbe de régression, elle correspond à la taille moyenne théorique d une truite d un âge infini - t50 : le taux de croissance de Brody - t0 : la taille estimée d une truite à 0 mois A l aide de ce modèle, il est possible de créer une droite de régression correspondant à la croissance estimée des individus et également de prédire la taille d un poisson à un certain âge. La date de prélèvement d écailles sur les truites étant fortement variable entre les pêches électriques de 2015, les précédentes campagnes et les apports par les pêcheurs, une approche de l âge du poisson en mois a été établie. En supposant une date d émergence moyenne des truitelles le premier avril de chaque année (Barault, 2013), le calcul de l âge du poisson a été fait selon la formule suivante : Avec : Age du poisson (en mois) = 12 (N) + M N= nombre d années déterminées par la scalimétrie M= nombre de mois de différence entre le premier avril et le mois de capture Il serait également nécessaire de prendre en compte les différences de date d éclosion de chaque cours d eau afin d augmenter la précision de l âge des poissons (une approche à la semaine semble envisageable). Les données nécessaires à ce calcul n étant pas suffisantes sur le département il ne sera pas effectué. En effet, pour calculer une date d émergence moyenne, il est nécessaire de connaitre le profil thermique ainsi que la date médiane de ponte de la rivière durant plusieurs années. Or, l installation des sondes thermiques sur certains cours d eau échantillonnés étant très récente (2013), la donnée n est pas suffisamment robuste pour effectuer le calcul de cette date.

24 2. Approche de la taille légale de capture et corrélations avec les facteurs environnementaux Après avoir déterminé la courbe de croissance des individus, il est nécessaire de pouvoir approcher une première notion de taille légale de capture. Cette taille minimale de prélèvements pour les pêcheurs vise à protéger les populations pour la reproduction. Les truites effectuent leur première reproduction lors de leur 2 ème hiver pour les mâles et 3 ème pour les femelles. La distinction sexuelle des truites étant complexe à ce stade de développement, elle sera considérée ici comme étant irréalisable par les pêcheurs. Les populations de 1+ et de 2+ doivent donc être protégées par la taille légale jusqu à la fin de la saison de pêche à la truite. La date de fermeture de la saison de pêche étant le troisième dimanche de septembre, et la date moyenne d émergence des alevins le premier avril, il faut donc protéger les populations au minimum durant 2ans et 6 mois (soit 30 mois). A l aide de la courbe de croissance des poissons, il est possible de prédire la taille moyenne d un poisson à un certain âge, dans notre cas, la taille à 30 mois sera utilisée comme critère pour approcher une taille légale de capture. Cette méthode est généralement celle employée lors des études scalimétriques visant à étudier l adéquation locale de la taille de capture. Il est cependant nécessaire de souligner que le calcul de la taille moyenne d une truite à 30 mois est différent d une taille légale de capture. La taille légale de capture doit, selon le code de l environnement, protéger l intégralité de la population n ayant pas encore eu l opportunité de se reproduire. Selon cet article la taille moyenne à 30 mois ne peut pas être proposée comme taille légale de capture, il faudrait retenir la taille du plus grand poisson de la cohorte des 2+. Pour terminer, les interactions entre la croissance des truites et les facteurs environnementaux seront déterminées à l aide d une ACP. La croissance des truites n étant pas linéaire, l utilisation d un taux de croissance est impossible et une ACP ne peut pas admettre comme entrée l équation de régression de la courbe de croissance. Pour réaliser l ACP, la taille des truites à 30 mois est utilisée et supposée comme étant représentative de la croissance des poissons. L ACP visera donc à déterminer l influence de différents paramètres sur la taille moyenne des truites à 30 mois.

25 V. Résultats A. La récolte par pêche électrique La campagne de pêche électrique s est déroulée du 29 juin au 2 juillet, une pêche complémentaire a été effectuée le 9 juillet comme le précise le Tableau 4. Contrairement au programme initialement prévu, il a été impossible pour l équipe de réaliser une pêche électrique sur la rivière Bave. Tableau 4: Déroulement des pêches électriques et nombre de truites capturées Rivière Localisation Date AVRE Nonancourt 30 juin 35 EPTE Gisors 2 Juillet 32 ITON Gravigny + hippodrome 1 Juillet BEC Bec-Hellouin 29 juin 35 CHARENTO NNE CROIX_BLA NCHE RISLE Andelle Menneval 29 juin Livet sur Authou 29 juin -Amont : Neaufles Auvergny 30 juin + 13 septembre Nombre de truites Goupillères 1 Juillet 30 -Aval : Corneville sur Risle 9 juillet Launay 1 septembre 13 Essarts 1 septembre 2 Radepont 2 Juillet 10 Fleury sur Andelle 4 sept Total L objectif lors des pêches électriques était de capturer 30 à 35 truites par station. Lors de la prospection de certaines d entres elles, et malgré un effort de pêche important, le nombre de truites n a pas été atteint comme le montre le Tableau 4. Plusieurs facteurs peuvent être mis en avant pour expliquer ceci : - La faible densité de truites ; - L absence de cache dans la rivière, qui pousse les truites à fuir au lieu de se dissimuler lorsque les opérateurs remontent le cours d eau ; - La hauteur d eau importante de certains secteurs, pouvant rendre le matériel de pêche moins efficace ;

26 Suite aux pêches électriques réalisées par la FDAAPPMA27, un bureau d étude (EMAED : Etude en Milieu Aquatique Eau Douce) a effectué deux pêches électriques sur l Iton. Les zones prospectées étant proches de Gravigny, il a été possible de profiter de l effort de pêche du bureau d étude pour prélever des écailles sur les truites capturées lors de leurs échantillonnages du 16 juillet 2015 (18 poissons). En combinant ces pêches électriques, un total de 33 truites ont été échantillonnées sur l Iton. B. La récolte passive La récolte passive est basée sur les pêcheurs volontaires, après leur inscription sur le site de la FDAAPPMA27 ces derniers effectuent des prélèvements d écailles sur leurs prises et les envoient à la Fédération. Un premier envoi a été demandé pour le mois de juillet et le reste à la fin de la saison de pêche. Parmi les 35 pêcheurs inscrits à l étude, seulement 12 d entres eux ont transmis des écailles. Il est probable que certains pêcheurs aient été découragés par la difficulté de réaliser les manipulations. En effet, la manipulation du poisson pour prélever des écailles et prendre une photo sans abimer ce dernier est complexe, spécialement lorsque le pêcheur le fait seul et est peu habitué à cette pratique. Il est également probable que certains pêcheurs n aient pas capturé de truites entre la distribution du kit et la première période où les écailles ont été demandées. On observe cependant que certains pêcheurs sont très actifs et réalisent un nombre conséquent de prélèvements lors de leurs parties de pêche : parmi les pêcheurs ayant envoyé leurs prélèvements à la Fédération, la moyenne de poissons prélevés par pêcheur est de 5,6. Le Tableau 5 récapitule le nombre de poissons capturés par les pêcheurs. Tableau 5 : Récapitulatif des poissons prélevés lors de la campagne de scalimétrie 2015 Bassin versant Rivière(s) Pêche électrique Avre 35 0 Avre 35 0 Andelle Lieure 0 19 Andelle 24 0 Epte 32 5 Epte 32 1 Levriere 0 4 Iton Iton Risle Charentonne 34 6 Croix Blanche 35 0 Risle Véronne 0 4 Bec 35 0 Transmis par les pêcheurs Total Total Au regard des classes de tailles capturées (illustré par la Figure 12), aucune cohorte n est observable car les données proviennent de différentes stations où les croissances sont hétérogènes. Les poissons majoritairement capturés sont des juvéniles (entre 5 et 10 cm) et des poissons mesurant 20 à 25 cm. Le grand nombre de poissons capturés avec une taille proche de la maille actuelle (25 cm) va permettre de déterminer si cette dernière est adaptée ou non.

27 Frequence de taille des poissons échantillonnés Pêche 2015 Pêcheurs historique Tailles Figure 12: Classes de tailles observées Ces résultats pourront être complétés par l analyse du stock prélevé lors des précédentes pêches électriques de la Fédération dont les résultats sont contenus dans le Tableau 6. Tableau 6 : Prélèvements précédemment effectués par la FDAAPPMA 27 Bassin Rivière AVRE 6 Avre 6 ITON 11 Iton 11 RISLE 58 Bave 5 Charentonne 3 Risle 30 Saint Christophe 4 Tourville 4 Véronne 12 SEINE 8 Morelle 8 Total général 83 Nombre de poissons L ensemble de ces données est représenté en Figure 13. Sur ce graphique, l ensemble des individus ayant subi des prélèvements d écailles est présenté, qu ils proviennent de pêche électrique ou de pêcheurs.

28 Figure 13 : Représentation de la taille des individus en fonction de leurs âges VI. Analyse statistique Ce paragraphe présente les grandes lignes de l analyse statistique, plus de détails sont présents en Annexe 5. Dans un premier temps, une courbe de croissance départementale sera déterminée, pour ensuite affiner cette analyse au niveau de chaque bassin versant. Par la suite, les différences de croissances observées seront expliquées. A. Une valeur départementale élevée L enjeu premier de la campagne de scalimétrie est de présenter une courbe de croissance globale de la Truite de rivière dans l Eure. La courbe de croissance issue de la régression de l ensemble des données disponibles est représentée sur la Figure 14.

29 Figure 14 : Courbe de croissance départementale des Truites de rivières dans le département Une seconde régression, concernant cette fois-ci uniquement les cours d eau principaux, est représentée en Figure 15. La courbe de régression globale, présentée en Figure 14, a été reportée afin de pouvoir comparer aisément les taux de croissance. La présence d affluents dans le calcul de la courbe fait significativement baisser le taux de croissance estimé.

30 Figure 15 : Courbes de croissance de la truite départementale globale (en rouge) et en excluant les affluents (en bleu) Sur ce dernier graphe, la croissance des truites est relativement similaire lors des 15 premiers mois, par la suite la croissance hors affluents est plus rapide. Globalement, il est décrit dans la littérature que les rivières de petites tailles (ici les affluents), comme les ruisseaux de tête de bassin sont des zones nurseries où l on retrouve une forte densité de juvéniles mais peu de zones permettant le grossissement des individus (Balignière et Maisse, 1991). Grâce au modèle «fsa von bertalanffy», la taille d un poisson à 30 mois peut être prédite, R fournit un tableau récapitulant les tailles moyennes d un poisson âgé de 30 mois (t30) pour le département ainsi que pour le département sans les affluents. Le Tableau 7 contient également les intervalles de confiance à 95% de ces estimations, ainsi que les bornes inférieures et supérieures. Tableau 7: Tailles à 30mois et intervalles de confiance départementaux donnés par R t30 IC.95.inf IC.95.sup Département Département sans affluents Même en conservant les affluents dans le calcul, la taille à 30 mois prédite par le modèle est bien supérieure à la taille légale de capture actuelle (250 mm). La taille départementale moyenne prédite est de 29 cm. Par cette première régression, il est mis en évidence qu à un niveau départemental, la taille

31 légale de capture n est pas adaptée. Cependant il semblerait pertinent d observer les différences au sein de chaque bassin versant pour obtenir plus de détails sur la croissance des truites. B. Une croissance hétérogène selon les bassins Chaque bassin comprend à la fois les données envoyées par les pêcheurs et les données de pêche électrique Sur le bassin de la Risle, les données de 7 pêches électriques sont disponibles (5 sur la Risle et 2 sur ses affluents). Une courbe de croissance de la Risle sans les données de pêche électrique des affluents a été calculée. Toutes les courbes sont présentées en Figure 16. Figure 16 : Courbes de croissance de chaque bassin La droite observée sur le bassin de l Epte semble aberrante, les poissons semblent avoir une croissance linéaire : la croissance des poissons est la même entre chaque année. Pour ce bassin, les p-values (indice de fiabilité) de l estimation des coefficients de régression sont non significatives (supérieures à 0.1). La qualité et la fiabilité des régressions des autres bassins versant n admettent pas d aberration et présentent des p-values correctes. Le bassin de la Risle ayant subit plus de prélèvements, différentes courbes de croissance peuvent être détaillées. L affluent principal de la Risle (la Charentonne) étant un cours d eau de grand gabarit, la

32 croissance des truites est supposée plus forte dans ce dernier que dans les affluents plus modestes. Dans le calcul des courbes de croissance du bassin de la Risle (Annexe 12 à Annexe 14) le cours d eau principal, ses affluents (Bec et Croix Blanche) et le Bassin de la Charentonne sont traités individuellement. Les courbes de régression, présentes en Figure 17, confirment l hypothèse émise précédemment : la croissance des truites de la Charentonne est plus proche de celle de la Risle que de celle de ses affluents. Figure 17 : Courbes de croissances différentiées sur le bassin de la Risle De même qu à l échelle départementale, les tailles des truites à 30 mois ainsi que les intervalles de confiance (95%) de chaque cours d eau ont été calculés et sont présentés dans le Tableau 8.

33 Tableau 8 : Estimation de la taille d'une truite de 30 mois par cours d eau donné par R t30 IC.95.inf IC.95.sup Département Département sans affluents Andelle Avre Epte Iton Risle sans affluents Charentonne Bec Croix Blanche Les tailles estimées des truites sur chaque rivière excèdent 25cm, à l exception de celles de la Croix Blanche. D après les estimations du modèle, la croissance des truites semble relativement rapide. La taille légale de capture paraît ici être insuffisante pour protéger l ensemble des truites n ayant pas effectué leur première reproduction. C. Les paramètres environnementaux influent sur la croissance Dans ce paragraphe la relation entre la taille à 30 mois des truites et les différents paramètres du milieu, contenus et détaillés dans le Tableau 9, sera étudiée. Ces différents paramètres ont été sélectionnés en fonction de l ensemble de la bibliographie réalisée pour établir le protocole mais également à dire d experts. Tableau 9 : Critères supposés influençant de la croissance des truites Critère Description Source Module Débit moyen inter-annuel Banque hydro et Bordier, 2013 Var_débits Coefficient existant entre le plus haut débit annuel et le plus bas Banque hydro Var_temp_jours Amplitude moyenne des variations de températures journalières Barault, 2013 Var_temp_ans Amplitude annuelle des températures journalières Barault, 2013 Largeur Largeur du cours d eau Hoestlandt et Trollé-Sciacchitano, 1980 Pente Pente moyenne de la station de pêche électrique Géoportail Capacité_bio Capacité biogénique : ensemble des facteurs susceptibles de produire et conserver la vie des poissons Calculé selon la formule de Léger-Huet* par Hoestlandt et Trollé-Sciacchitano, 1980 *W=B.L.K (ou W est la productivité, B la capacité biogénique, L la largeur du cours d eau et K un coefficient définit empiriquement selon la zone) Comme le montre le Tableau 10, contenant les résultats de lecture des 3 cercles de corrélation, l analyse statistique permet de caractériser l influence des différents facteurs étudiés sur la taille à 30 mois des truites. Globalement, en étudiant chacune des 3 dimensions de l ACP, il est possible de conclure que la variation de débit, la variation de température journalière et la capacité biogénique du milieu ont un effet négatif sur la croissance alors que la pente, le module et la largeur du cours d eau semblent avoir un effet positif.

34 Tableau 10 : Effet des variables étudiées sur la croissance des truites ("-" négatif, "+" positif, "/" trop peu représentatif, "0" sans effet) Var débits Var temp jours Pente Capacité bio Module Largeur Dim 1 et Dim 2 et 3 0 / + 0 / / Dim 1 et / Globale Afin d optimiser la représentativité de nos calculs, les taux de protection de chaque cohorte seront pondérés par l importance relative de la cohorte au sein de la population totale euroise. De ce fait, les taux de protection à l échelle de la population et à l échelle de l ensemble des reproducteurs pourront êtres calculés. VII. Discussion Les résultats précédents ont permis de démontrer l inadéquation entre la taille légale de capture actuelle et la croissance des truites euroises. Au regard de ces conclusions, il semble alors impératif d adapter la gestion des populations pour limiter l impact de la pêche. A. La taille légale de capture, quelle part de la population est protégée? 1. Tailles à 30 mois moyennes Au vu des résultats, il semble que la taille légale de capture des truites n est pas adaptée dans le département. En effet, la taille de capture est de 25 cm et la quasi totalité des cours d eau présente une taille moyenne à 30 mois supérieur. Si l on exclue les affluents, la taille moyenne des truites à 30 mois est supérieure à 30 cm sur chacun des bassins étudiés (excepté celui de l Avre). Sur les cours d eau de gabarit plus modeste (le Bec et la Croix-Blanche), les tailles sont plus petites. La taille des truites à 30 mois sur le Bec excède tout de même la taille légale de capture actuelle de quelques centimètres. Malgré le fait qu il n existe pas de parcours de pêche associatifs sur ces deux derniers cours d eau, il est supposé que certains riverains s adonnent à la pratique de la pêche. Bien qu étant des cas particuliers, il semble tout de même important de les considérer dans notre analyse. La t30 départementale, calculée dans ce rapport, représente la taille moyenne d une truite euroise à 30 mois, en se basant sur l intégralité des poissons échantillonnés dans l étude. Dans un premier temps cette valeur permet de mettre en évidence que la taille légale de capture n est pas adaptée au contexte du département et ensuite de proposer une taille légale de capture qui serait plus adaptée aux fortes croissances de l Eure. 2. Prélèvements possibles en fonction de la taille légale de capture L ensemble des poissons ayant été capturés est représenté par la Figure 18. Sur ce graphique différentes cohortes d âge apparaissent, représentées par les regroupements de points (de gauche à droite les cohortes de 0+ jusqu à 4+). Au sein de ces cohortes d âge, les poissons sont de tailles très variables. Plus l âge des poissons augmente, plus la dispersion des tailles est importante, mettant en évidence les différences de croissance entre individus. La taille légale de capture se doit de prendre en compte ces différences et de protéger l ensemble des reproducteurs, que leur croissance individuelle soit forte ou non.

35 Taille en mm Etude de la croissance de Salmo trutte fario, première approche départementale 2015 Protection en fonction de la taille légale de capture Protégées si TLC=250 Protégées si TLC=290 Protégées si TLC=320 Non protégées Ages en mois Figure 18 : Part de l échantillon protégé avec les différentes tailles légales de capture évoquées Dans notre cas, les trois cohortes d âge à protéger sont les 0+, les 1+ et les 2+. Les 0+ étant totalement protégées par la taille légale de capture actuelle, elles ne sont pas considérées ici. La part de la population protégée par la taille légale de capture actuelle est représentée par les points verts. La cohorte des 1+ est protégée à plus de 50% alors que pour la cohorte des 2+ la protection ne concerne que les poissons ayant la plus faible croissance. L ensemble de la cohorte des 1+ est composé de poissons ne s étant pas encore reproduits. Cependant, la cohorte de 2+ étant constituée de mâles et de femelles, les mâles se sont théoriquement reproduits lors de leur précédent hiver. Le sex-ratio de la population permet de déterminer la part des reproducteurs effectivement protégée. La valeur de sex-ratio utilisée ici est celle donnée par Gouraud et al, 1998, issue d une étude localisée en Basse Normandie et donnant un sex-ratio de un mâle pour une femelle. De plus, Skjellevik, 2012 précise que la croissance des mâles est comparable à celle des femelles. Les poissons seront donc considérés indifféremment comme étant des mâles ou des femelles indépendamment de leur taille. En considérant l ensemble des deux cohortes de géniteurs potentiels pour l hiver suivant (1+ et 2+), la taille de capture actuelle protège 65% des individus. Dans notre cas, 89% de la population âgée de 1+ et seulement 28% de la cohorte des 2+ sont protégés. Les mâles ont de bonnes chances d arriver à effectuer leur première reproduction car ils sont sexuellement matures lors de leur 2 ème hiver et sont relativement bien protégés jusqu à cette période. Les femelles quant à elles ont des chances plus réduites d arriver à leur reproduction (3 ème hiver) car seulement 28% de la cohorte des 2+ est protégée.

36 Tableau 11 : Effet de la taille légale de capture sur les populations de truites Classe Importance de la classe dans la pop % de protection Tailles légales de capture (en mm) % reproducteurs effectifs protégés % de protection % reproducteurs effectifs protégés % de protection % reproducteurs effectifs protégés 0+ 71% 100,0 Non matures 100,0 Non matures 100,0 Non matures 1+ 21% 89,0 96,8 100,0 2+ 5% 28,3 56,6 75,8 63,9 78,1 89,1 3+ et plus 3% 36,4 47,3 72,7 Total 100% 92,3 95,7 98,0 Le Tableau 11 donne quatre informations différentes en fonction de la taille légale de capture observée : - Importance de la classe dans la pop : ceci fait référence à la structure d âge de la population, elle est calculée en divisant le nombre d individu d une classe d âge par l effectif total. - % de protection : Le pourcentage d individus d une classe étant protégé par la taille légale de capture. Il est calculé en divisant le nombre d individus ayant le même âge et dont la taille est inférieure à la taille légale de capture par l effectif de cette classe d âge. - % reproducteurs effectifs protégés : c est le pourcentage de truites en âge de se reproduire lors de la période de frai suivant et qui sont effectivement protégées. Cet indicateur est calculé grâce au ratio des poissons sexuellement matures dont la taille est inférieure à la taille légale de capture par l effectif des truites sexuellement matures. Les truites considérées sexuellement matures sont les mâles en 1+ (soit 50% de la classe des 1+) et l ensemble des classes supérieures. - Total : Pour les 3 tailles légales de capture, le total représente le taux de protection globale de la population, c est la moyenne de protection de chaque cohorte pondérée par son importance au sein de la population. Les trois tailles développées dans le Tableau 11 correspondent à la taille légale de capture actuelle et aux moyennes départementales d une truite à 30 mois en tenant compte des affluents et en les excluant. E Annexe 15 sont présentés des tableaux décrivant la protection de chaque cohorte en fonction de la taille légale de capture, ainsi que son illustration, pour chaque centimètre entre 25 et 42 cm. Ces derniers ont été créés afin de montrer l évolution des taux de protection aux gestionnaires halieutiques et doivent êtres considérés ici comme un outil d aide à la décision. Dans ce tableau et pour chaque taille légale de capture évoquée, la part de la population protégée est très importante (>90%). Ceci provient du fait que dans la population globale étudiée, les deux plus jeunes cohortes (0+ et 1+) représentent 92% de l effectif total. L importance de ces classes d âge dans la population, associée à la petite taille des individus qui les constituent, engendrent un fort taux de protection. C est pourquoi une variable représentant le taux de protection des reproducteurs en âge de se reproduire a été créée. Ainsi pour la taille légale actuelle de capture de 25cm, plus de 90% de la population globale est protégée. Ce chiffre semble particulièrement élevé mais le taux de protection des individus en âge de se

37 reproduire ne dépasse pas 65%. Seulement 28% de la cohorte des 2+ est protégée, or dans cette dernière, la moitié des poissons sont des femelles ne s étant jamais reproduites. La taille légale de capture répondant parfaitement au code de l environnement (stipulant que chaque poisson doit avoir l opportunité de se reproduire au moins une fois) correspond à la taille maximale observée pour un poisson âgé de 2+ fin septembre soit 41 cm. En effet, pour protéger l ensemble des poissons ne s étant jamais reproduit il semble nécessaire de protéger l ensemble de la cohorte des 1+ ainsi que l ensemble de la cohorte des 2+. La cohorte des 2+ étant cependant à moitié constituée de mâles s étant déjà reproduits, seulement 50% des poissons sont à protéger. Cependant, la croissance des mâles étant équivalente à celle des femelles, il est indispensable de protéger la totalité de la cohorte afin de protéger toutes les femelles. La taille départementale sans affluent (32 cm) protège plus efficacement l ensemble des individus ne s étant pas reproduit. En effet 98% de la population ainsi que 89% des géniteurs sexuellement matures sont protégés. En supposant cette t30 comme étant une taille légale de capture, la majorité des poissons ne s étant pas reproduit est protégée, mais au delà de cet aspect règlementaire, une grande part des reproducteurs plus âgés est préservée (72%). Au sein d une population, il semble que conserver des reproducteurs de grande taille soit judicieux. En effet, la quantité de gamètes produits par individu est liée à la taille et au poids de ce dernier (Nicolas et al, 2011). Des individus de grande taille seront donc plus efficaces lors de la reproduction. De plus, l ensemble de la bibliographie assure que la première reproduction n est pas la plus efficace chez les truites. Au regard des résultats présentés dans ce tableau, l augmentation de la taille de capture actuelle de 4 cm engendrerait un gain de protection de 15% des géniteurs sexuellement matures. Outre cette valeur, la protection de la classe des 2+ serait doublée. En sachant dans cette classe se trouvent des femelles ne s étant jamais reproduites, ce gain est non négligeable. En effet, la protection de la classe des 1+ par la taille légale de capture de 25cm semble correcte (89%) mais à peine un tiers de la classe des 2+ est protégé, ce qui rend la majorité des femelles ne s étant pas reproduite potentiellement prélevable par les pêcheurs. Avec un taux de prélèvement autorisé si élevé (6 poissons par jours), le nombre de femelles arrivant à la reproduction est faible et cette dernière n est donc pas optimale. Une augmentation de la taille légale actuelle de 7 cm engendrerait une protection plus élevée de l ensemble des poissons ne s étant jamais reproduit. Outre cet aspect légal, 20% de reproducteurs supplémentaires seraient protégés, ce qui permettrait une reproduction plus efficace, mêlant poissons effectuant leur première fraie et truites plus âgées. La protection appliquée aux populations de truites à travers la taille légale de capture doit répondre à deux enjeux majeurs fortement liés : la protection des populations et le développement du loisir pêche. Bien que la pratique du «no-kill» (remise à l eau systématique du poisson) soit en vogue de nos jours, certains pêcheurs pratiquent tout de même la pêche avec un aspect nourricier. L augmentation de la taille légale de capture induirait alors une diminution des possibilités de prélèvements par ces derniers et un probable mécontentement de cette part des pêcheurs. Il faut alors savoir trouver le compromis entre une protection des populations efficace et la pratique du loisir pêche basée en partie sur les prélèvements. Ce compromis pourrait être l établissement d une taille légale de capture de 29 cm où la quasi-totalité des poissons à protéger est effectivement protégé et une augmentation de la taille de 4 cm pourrait-être acceptable pour les pêcheurs.

38 Il est tout de même nécessaire de rappeler que bien qu une hausse de la taille légale de capture paraisse aujourd hui indispensable pour le maintien de la population de truites euroises, elle n est légalement pas possible. Le code de l environnement ne permet en aucun cas d établir départementalement ou même plus localement une taille supérieure à 25 cm. L article R436-18, fixant la taille de capture maximale à 25cm, n est alors pas en accord avec l article L436-5, stipulant que la taille légale de capture ne doit pas être inférieure à la taille à la première reproduction. La taille légale de capture est un outil efficace pour limiter l impact de la pêche sur les populations (Schipper et Holm, 2004), mais il est tout de même important de souligner que le prélèvement effectué par les pêcheurs n est pas le seul facteur limitant le développement de la truite dans les cours d eau. 3. La taille légale de capture, une mesure parmi d autres Dans le département, 29 AAPPMA proposent l accès à 249 km linéaire de cours d eau avec seulement 46% en première catégorie piscicole (114 kml). Le département de l Eure comptant au total 1100 kml de rivières, la pêche associative départementale en première catégorie concerne donc un peu plus de 10% du linéaire total. Il existe une pression de pêche en dehors de ces secteurs associatifs, exercée par les propriétaires riverains mais cette dernière semble être anecdotique. Ce faible linéaire disponible, couplé au faible effectif de pêcheur du département (6 751 pêcheurs en 2014) laisse donc supposer un faible impact de la pêche sur les populations de truites euroises. Bien que les prélèvements de poissons par les pêcheurs doivent-être régulés, il semble que ces derniers ne soient pas les seuls facteurs limitant le développement des populations de truite. La truite évolue dans des habitats différents en fonction de son stade de développement. «Une population piscicole fonctionne bien si, dans son domaine d évolution, elle trouve facilement les habitats spécifiques correspondant à chaque stade de son développement.» (Richard, 1998). La gestion piscicole est indissociable de la gestion des milieux. Deux problèmes majeurs sont identifiés quant au milieu de vie de la truite : la non-fonctionnalité de l habitat et la non accessibilité. Pour palier à ces problèmes, deux grand types d actions sont mises en œuvre : la restauration des habitats et la restauration de la continuité écologique. Les habitats trutticole ont 3 grandes fonctionnalités à remplir (Richard, 1998) : - Fonctionnalité de reproduction : disponibilité et qualité des sites de reproduction (décrits cidessus) ; - Fonctionnalité pour la survie sous gravier : substrat adapté, courant suffisant permettant l incubation, l éclosion et la résorption des réserves vitellines ; - Fonction pour le grossissement des individus : bonne disponibilité alimentaire, diversité des habitats suffisante, qualité physique et chimique de l eau permettant la vie des poissons. Cette dernière fonction pourrait être divisée en deux : la croissance des juvéniles et l accueil des adultes, ces deux stades de vie nécessitant des conditions relativement différentes. Il est établi, dans l état des lieux du PGP, la constatation de la dégradation subie par l habitat puis, dans les préconisations d actions les moyens d y remédier. Delpeyroux 2013 dresse dans le Plan de Gestion Piscicole de l AAPPMA de Bernay un tableau synthétisant les facteurs limitant le développement de la truite dans le contexte de la basse Risle (Tableau 12).

39 Tableau 12 : Tableau récapitulatif des facteurs limitants et de leurs effets Dans le cas du bassin de la Risle (dont le contexte est comparable aux autres bassins du département), il semble que les principaux freins au développement de la truite soient liés à l anthropisation des cours d eau (canalisation, plan d eau, recalibrage, obstacles à la continuité ) ainsi qu à la présence d agriculture intensive (ruissellement, drainage, concrétionnement, érosion des berges, qualité de l eau ). Ces différents facteurs influent donc sur le milieu et modifient sa capacité d accueil ainsi que les potentialités de grossissement des truites dans ce milieu. Ces différents facteurs, bien que très intéressants dans le cadre de notre étude, n ont pas pu être modélisés pour déterminer leur influence sur la croissance des truites. De plus, étant identifiés comme facteurs limitants, notamment par les documents de cadrage et de gestion, leur analyse statistique (par rapport à la croissance) est superflue. Il est admis qu il faut travailler à les réduire via une gestion adéquate pour optimiser la

40 pérennité des populations de truite. D autres facteurs, plus aisés à déterminer à l échelle de la station de pêche électrique ont été étudiés. B. Des facteurs de croissance vers une meilleure gestion 1. Les facteurs environnementaux influant sur la croissance La connaissance de la croissance des populations de truites à l échelle d un bassin est utile pour la gestion piscicole de ces dernières mais la compréhension des facteurs de croissances semble également être un atout majeur pour une gestion optimisée. Dans notre cas, la mise en évidence d un lien entre la vitesse de croissance des truites et les caractéristiques du milieu permet de pouvoir caractériser départementalement la croissance des truites en fonction des paramètres environnementaux. Les deux ACP mettent en évidence que le gabarit de la rivière ainsi que les variations thermiques sont des facteurs qui semblent influer sur la croissance des truites. Le Tableau 10 récapitule les différents facteurs étudiés ainsi que leurs effets sur la croissance des truites. La corrélation entre le gabarit de la rivière (à travers le module et la largeur) et la croissance des individus semble pouvoir s expliquer par la disponibilité et la variété des zones d alimentation et des zones de repos des poissons. En effet, plus la disponibilité est grande moins la compétition entre truites (mais également avec les autres espèces) est grande. De plus, sur les rivières de grand gabarit, les faciès sont bien souvent plus diversifiés. Ces rivières présentent donc des faciès propices à la fois aux juvéniles (zones courantes peu profondes) et au grossissement des individus (zones plus lentes et plus profondes). La pente quant à elle influe positivement sur la croissance des truites, une forte pente peut-être considérée comme étant révélatrice de la proximité des sources et donc d une situation du cours d eau en tête de bassin. L apport des sources est un élément non négligeable en termes de stabilité de débits et de températures. La variation annuelle des débits et de température est anticorrélée à la croissance dans notre cas. La variation de débit influe sur la capacité d accueil du milieu et le taux de survie des alevins. En effet, si les débits sont forts en hiver (période de hautes eaux) et faibles en été (période d étiage), la capacité d accueil du milieu varie fortement en termes de caches disponibles. Lors de la baisse des eaux, la compétition pour l habitat dans le milieu augmente, ce qui peut également engendrer un «effet stress». La période où les niveaux sont les plus bas correspond à la période de grossissement des individus. Une forte compétition lors de la période favorable au grossissement est néfaste pour la croissance des individus. «En été sur la Neste d'oueil, les débits d'étiage engendrent une diminution importante des vitesses de courant et des profondeurs. Cette diminution de la capacité d'accueil du cours d'eau peut altérer la disponibilité en habitats de nutrition énergétiquement favorables (BRAATEN et al., 1997). Cette disponibilité moindre doit influer sur les rythmes alimentaires, donc sur le niveau de satiété et la croissance des truites, [ ]» (Lagarrigue et al, 2001). De même, la variation thermique journalière du milieu est un facteur influant négativement la croissance. Les fonctions physiologiques liées aux flux d'énergie dépendant directement du facteur thermique (LOBON-CERVIA et RINCON, 1998). Il semble légitime de dire que la variation de température journalière est néfaste à la croissance des truites. D après les analyses statistiques, il semble donc que les zones favorables au grossissement soient des rivières de grand gabarit (module et largeur importante) mais étant sous l influence des sources, permettant alors une température et un débit tamponnés. Ces paramètres sont donc importants à prendre en compte lors de l établissement des mesures de gestion, pouvant par exemple définir des zones propices à la croissance, où les tailles légales de capture seraient plus élevées.

41 2. Propositions de gestions cohérentes avec la croissance locale et ses facteurs Des tailles légales de captures localement adaptées Sur les grands cours d eau, la croissance est plus forte que sur les rivières plus modestes, il est donc nécessaire de prendre en compte ces différences de croissance pour la gestion des populations. Chaque bassin possédant sa propre courbe de croissance, il semblerait alors cohérent de déterminer une taille légale de capture pour chaque bassin afin de protéger au mieux tous les poissons, tout en permettant aux pêcheurs de conserver certaines de leurs prises. Il serait encore plus cohérent de définir une taille légale de capture en fonction de chaque cours d eau et de son contexte. La caractérisation de la croissance des populations d un cours d eau en fonction de son gabarit et de sa communication avec les sources est réalisable à l aide des paramètres précédemment déterminés. Cette estimation pourrait permettre, sans renouveler l étude scalimétrique, de définir des zones où la croissance est plus importante. Dans cet optique, une adaptation de la taille légale de capture au niveau du cours d eau serait envisageable, à l instar de certains départements comme les Pyrénées. Une adaptation si précise de la taille légale de capture permettrait alors une protection réellement efficace tout en concevant un maximum de poissons prélevables par les pêcheurs. Pour terminer, les plus gros poissons des classes à protéger (1+ et 2+) sont ceux ayant génétiquement les capacités de croissance les plus fortes. Si ces derniers sont prélevés, une sélection génétique préservant les poissons à faible croissance va s opérer et, à long terme, les taux de croissances des populations vont progressivement diminuer. La taille limite de capture actuelle effectue donc une sélection par troncature en ne sélectionnant que des poissons dont la taille à la reproduction est inférieure à 25cm. La fenêtre de capture Les pêcheurs sportif recherchent les individus de grande taille et, la plupart du temps, relâchent leurs prises après le combat. Afin de contenter l ensemble des pêcheurs (sportifs et ceux souhaitant consommer le poisson), un intervalle de prélèvement pourrait être mis en place plutôt qu une taille limite. En effet, l établissement d une limite basse de prélèvement aurait la même efficacité qu une taille limite de capture et une taille maximale de capture permettrait aux plus gros individus de ne pas être prélevés par les pêcheurs afin de conserver une population de «poissons trophées» pour les pêcheurs sportifs comme le montre la Figure 19. La comparaison entre le Tableau 11 et le Tableau 13, dans le cas d une fenêtre de capture (prélèvements autorisés de 25 à 35cm), démontre que le taux de protection de la classe des 2+ est nettement amélioré par la taille maximale de capture (gain de plus de 10%), tout comme le pourcentage de reproducteurs effectifs protégés (gain de 10%). Le gain de protection de plus de 30% sur la classe des 3+ et plus permet donc de protéger les grands poissons dans le but de les inclure dans la reproduction mais également de maintenir une population de poissons trophées.

42 Figure 19 : Prélèvements permis par une taille minimale de capture de 25cm et une taille maximale de 35cm Tableau 13 : Protection des populations de truites avec l'instauration d'une taille minimale de 25cm et d'une taille maximale de 35cm Classe Importance de la classe dans la pop % de protection Reproducteurs effectifs protégés 0+ 0,71 100,0 1+ 0,21 89,0 2+ 0,05 41,4 3+ et plus 0,03 69,1 Total 100% 93,8 72,3 Le nombre de gamètes produit est directement lié à la taille du poisson. Bien qu étant considérés comme prédateurs nuisibles au bon fonctionnement de la population par certains pêcheurs, les poissons de grande taille sont donc les plus productifs lors de la reproduction. Etant donné que nous n avons pas observé de poissons âgés de plus de 5 ans lors de nos analyses scalimétriques, la taille des grands poissons semble donc plus liée à la vitesse de croissance individuelle du poisson plus qu à sa longévité. De ce fait, en protégeant les plus grands poissons et en leur permettant de se reproduire, la sélection génétique des poissons à faible croissance serait moins importante.

43 La fenêtre de capture, dont l efficacité a été prouvée dans de nombreux pays (par exemple sur l Allondon, une rivière Franco-Suisse) est relativement simple à mettre en place et à faire appliquer. En effet, l effort lié aux contrôles de pêche ne serait pas à développer. Il reste cependant le fait que ce mode de gestion impute aux pêcheurs une contrainte supplémentaire à respecter, alors que la FNPF souhaite aujourd hui simplifier la pratique de la pêche. Le no-kill Un grand nombre de pêcheurs pratique la pêche sportive à travers le «no-kill». Ces pêcheurs, relâchant toutes leurs prises, recherchent des poissons de grande taille, pour la difficulté de capture et la complexité du combat. En effet, plus les poissons sont de grande taille plus ils sont méfiants et donc complexes à capturer et plus leur capture est valorisante pour le pêcheur. Dans l attente de la modification des textes de loi, qui permettrai d adapter la taille légale de capture à la croissance des populations euroises, l instauration de «no-kill» sur un ensemble de parcours clé pourrait-être une solution envisageable. Ces parcours de pêche sont soumis aux mêmes règlementations que les parcours classiques (ouverture/fermeture de la pêche, gestion par des PGP ) mais la remise à l eau du poisson immédiatement après la capture est obligatoire, quelque soit sa taille. La pêche en «no-kill» est une pratique relativement récente à l échelle de la gestion halieutique et ses effets sur les populations sont encore mal connus. Cette pratique efface quelque peu la pression de la pêche mais cette dernière ne disparait pas totalement. En effet, même si les individus ne sont pas prélevés, les populations subissent tout de même des perturbations d origine humaine (déplacement des pêcheurs dans le lit de la rivière, stress lié à la capture, mortalité à retardement si non respect des bonnes conditions de remise à l eau ). L absence de documents scientifiques ou techniques concernant l impact de cette pratique est la preuve du manque de recul des experts dans le domaine. Cependant, à dire d expert, les «no-kill» auraient pour effet «d augmenter la taille des truites dans les petites rivières mais de diminuer la diversité globale des peuplements, et, dans les grandes rivières, les populations atteignent un équilibre et s y maintiennent, en général à saturation du milieu» (Jérôme Jamet, FDAAPPMA 61). Dans tous les cas, l équilibre naturel des populations semble être mieux respecté avec une gestion de type «no-kill». Il faut cependant mettre en évidence qu à l heure actuelle les parcours de ce type sont nombreux mais sur de faibles linéaires, leurs impacts sur l ensemble des populations reste à l heure actuelle limitée. Les autres leviers d action Pour terminer, il semble nécessaire de rappeler que la gestion des captures n est pas le seul levier d action mobilisable pour soutenir les populations de truites. La truite a besoin de différents milieux au cours de sa vie et les analyses des facteurs de croissance démontrent que les zones produisant de nombreux juvéniles (forte capacité biogénique) ne sont pas les mêmes que celles permettant aux truites une croissance optimale. Le rétablissement de la communication aisée des poissons entre ces deux types de milieux est donc nécessaire au bon fonctionnement des populations. Les questions de restauration de la continuité écologique des cours d eau sont aujourd hui toutes aussi importantes que la régulation du loisir pêche. De plus, certaines politiques de gestion visent à combler le déficit en poisson par la réintroduction d individus issus d élevage. Le rempoissonnement a été historiquement très utilisé pour gérer les stocks de poissons dans nos rivières, mais cette méthode est-elle réellement pertinente au regard des risques qu elle engendre? Siegenthaler estime qu une évaluation au cas par cas est nécessaire sur les opérations de rempoissonnement, Büttiker (2007), quant à lui estime le rempoissonnement «éventuellement efficace» (mais n étant pas la solution à privilégier) dans 3 cas : pollution du milieu, perturbation hydrologique et manque de surfaces de reproduction. Dans les milieux étudiés dans ce rapport, l intégralité des reproducteurs n est pas protégé, il semblerait donc plus pertinent de protéger les stocks naturels plutôt que de soutenir les effectifs avec

44 des poissons issus de souches génétiques différentes et qui sont bien souvent non adaptés à la vie en rivière. Une gestion de type patrimoniale semble alors plus cohérente. C. Les biais et les limites identifiées Les résultats dégagés par l étude ainsi que leurs conclusions doivent être considérés dans le contexte de l Eure et ne peuvent pas être généralisés à d autres contextes. Les biais de l étude ainsi que les moyens mis en œuvre pour les diminuer sont présentés ici. La reconduction de l étude scalimétrique devra prendre en compte les informations suivantes afin d être optimisée. 1. La récolte La campagne de pêche électrique est un élément crucial de l étude, les protocoles de prélèvements doivent être scrupuleusement respectés. Afin de ne pas engendrer de biais liés aux manipulations, chaque opérateur de biométrie a effectué une tache précise lors de la campagne de prélèvement. De ce fait, les méthodes de prélèvement (d écailles et de nageoires), de mesure et de pesée des poissons ont toujours été réalisées de la même façon et par le même opérateur. La sélection des stations de pêche électrique à été contrainte par beaucoup d impératifs, qu ils soient sur le type d écoulements, sur la hauteur d eau ou sur la propriété des berges. La représentativité des stations a donc été optimisée grâce aux connaissances de chaque membre de l équipe mais elle reste imparfaite. Dans tous les cas, il semble complexe qu une unique station de pêche électrique soit représentative de l ensemble d un cours d eau. C est pourquoi, si une étude scalimétrique est reconduite après cette première approche départementale, l effort de pêche électrique devra être plus localisé. La réalisation du même nombre de pêche électrique sur une échelle plus petite (bassin versant par exemple) fournirait plus de détails et permettrait une analyse plus fine du cours d eau. De plus, telles qu elles ont été réalisées, les pêches électriques ne permettent pas de décrire la structure de la population en place. La mise en œuvre de pêche complète pourrait permettre de s affranchir de l utilisation de la base de données historique des pêches électriques de la Fédération afin de déterminer la structure des populations de façon plus exacte au sein même de la station. Pour finir, lors des pêches électriques les poissons de grande taille arrivaient fréquemment à sortir du champ électrique et prenaient la fuite. L utilisation d un protocole de pêche complète permettrait un meilleur résultat sur les grands poissons (la station est barrée en amont et en aval par des filets et l ensemble des poissons entre ces derniers est capturé). La campagne de récolte passive ne comporte pas de biais majeurs. La bonne compréhension du protocole par l ensemble des volontaires a été vérifiée au travers d une réunion d information durant la campagne de récolte. Lors de cette réunion, des explications sur le protocole ainsi que sur l étude en générale ont été apportées. Le risque qu un pêcheur peu aguerrit prélève des écailles sur une truite issue de repeuplement à été diminué en excluant de l analyse tous les prélèvements n étant pas accompagnés d une photo du poisson. Il en à été de même pour tous les échantillons effectués sur des poissons dont l origine paraissait douteuse sur la photo. La majorité des pêcheurs s étant inscrit n ont pas fait parvenir de prélèvements à la Fédération. La complexité de la réalisation du prélèvement d écaille à probablement découragé la majorité des pêcheurs. Il est envisageable que ces derniers n aient pas capturé beaucoup de poissons lors de la première période et attendent la fin de la saison de pêche pour effectuer un envoi. 2. La lecture des écailles Afin de se former à la lecture des écailles de truites fario, trois personnes de la Fédération ont été formées à la scalimétrie à l INRA, par Frédérique Marchand et Jean-Luc Baglinières. Après une introduction théorique, il nous a été permis de nous exercer sur le stock d écailles de la Fédération et ainsi apprendre à lire des écailles issues des rivières du département. Suite aux pêches électriques,

45 l ensemble des écailles a été monté entre lame et lamelle. Lors de la lecture, des clichés de chaque écaille ont été réalisés afin que les deux autres opérateurs formés à la scalimétrie puissent relire les écailles. Chaque écaille a donc reçu une triple lecture et une partie d entre elles a été envoyé à l INRA afin d avoir une confirmation de nos lectures. Le lot d écailles envoyé à l INRA pour vérification ne comportait qu une seule erreur de lecture. Ce lot était constitué de l ensemble des écailles dont les lectures étaient douteuses. Pour le reste des écailles, la triple lecture permet une fiabilité certaine. 3. Les statistiques Pour les bassins où peu de données sont disponibles ou ceux où les données sont atypiques (cas du bassin de l Epte où la croissance semble être continue de l éclosion à la troisième année) l estimation des paramètres initiaux n est pas correcte (p-value>0,1). Il semble envisageable que l analyse des échantillons envoyés par les pêcheurs en fin de saison de pêche apporte des informations supplémentaires et permettent d obtenir une régression de meilleure qualité. Les droites de régression de ces deux graphes modélisent tout de même correctement les nuages de point. Dans ce cas, aucune prédiction extérieure aux tailles des poissons péchés n a été réalisée. Dans les autres cas, les p-values sont acceptables et les régressions cohérentes. Le développement d une base de données beaucoup plus complète au sein de chaque bassin versant permettrait d apporter plus de précisions. En effet, dans nos calculs du pourcentage de protection de chaque cohorte (Figure 18) par les tailles légales de captures envisagées, toutes les pêches électriques ont le même poids. Il serait nécessaire de pondérer chaque pêche électrique par l importance du cours d eau à l échelle départementale. Pour ce faire il serait souhaitable d effectuer plusieurs pêches électriques par grand cours d eau afin d augmenter leurs poids statistiques. De cette façon, les différents contextes des grands cours d eau pourraient être pris en compte et analysés à part entière. Ces données supplémentaires permettraient de déterminer précisément des tailles légales de captures par bassin versant ou même à l échelle de la rivière et de ses différents tronçons. Lors de nos ACP, il a été supposé que la taille d une truite à 30 mois est caractéristique de la croissance des populations. Une méthode de régression linéaire en appliquant une fonction logarithme à l âge des poissons aurait également été envisageable pour utiliser un taux de croissance. De plus, les ACP portent sur 9 stations, ce qui est relativement faible. L augmentation du nombre de stations de pêche électrique pourrait permettre de conforter les résultats et de les rendre statistiquement fiables. Pour finir, il serait intéressant d intégrer plus de variables à l ACP, par exemple utiliser le Corine Land Cover afin de déterminer l incidence de l environnement direct de la rivière sur la croissance des poissons. Cette dernière ACP pourrait alors déterminer l impact de l agriculture et des différentes formes d anthropisation du cours d eau sur la croissance. VIII. Conclusion Les résultats présentés dans cette étude constituent une première approche départementale qu il semble nécessaire de compléter avec des analyses plus fines au niveau de chaque bassin versant. A. Utilisation des résultats Afin de valoriser nos résultats, deux axes sont envisageables, le premier étant que l ensemble des fédérations concernées par ce problème notifient l incohérence de la taille légale de capture à l aide d études scientifiques, afin de pouvoir espérer une modification des textes de loi régissant cette dernière. Le second axe est la sensibilisation des pêcheurs à ce problème, en supposant que ces derniers, attachés à leur patrimoine piscicole, adaptent leurs pratiques pour soutenir les populations de truites.

46 1. Modification de la législation Il est clairement affiché que la taille de capture actuelle n est pas adaptée et constitue un frein au développement de la Truite dans l Eure. Les propositions formulées concernant l augmentation de la taille légale de capture sont en accord avec la volonté de la FNPF de créer une quatrième adaptation possible de la taille légale de capture de la Truite. Cependant, d après les conclusions, il semble peu cohérent de conserver un raisonnement global au niveau de la France entière. Au vu de nos conclusions, une taille légale de capture départementale n est pas l outil le plus adaptée aux contextes locaux, l échelle nationale semble alors encore moins cohérente. Etayée par des études scientifiques, la modification pourrait être étudiée par les préfectures afin qu une taille adaptée soit mise en place. Pour remplacer les dérogations actuelles (à 18, 20 ou 25cm), il serait envisageable de simplement créer un intervalle dans lequel la taille légale peut-être fixée. Cette évolution permettrait alors de protéger les populations localement et au plus près de leurs besoins, tout en conservant des poissons prélevables par les pêcheurs. De plus, dans le but de pouvoir mettre en place des gestions innovantes telles que l instauration d une taille maximale avec quota annuel il serait nécessaire de pouvoir déroger à l obligation de fixer une taille minimale de capture si un plan de gestion alternatif cohérent est présenté. 2. La sensibilisation des pêcheurs Deux recours existent pour faire appliquer une décision, les mesures répressives (instauration de textes de loi) et les mesures incitatives. Dans l attente d un éventuel changement des textes de loi pour adapter la taille légale de capture aux contextes locaux, la communication avec les pêcheurs de truite semble être le seul levier d action mobilisable. L intégration d un petit nombre de pêcheurs dans l étude ainsi que les mesures de vulgarisation de nos conclusions (via une newsletter ainsi qu une vidéo pédagogique) permettra probablement à certains d être plus conscients de leurs actes. Bien que la majorité des pêcheurs semble se sentir concernée par les soucis de sauvegarde des espèces piscicoles, une grande partie d entre eux ne connait pas les impacts de leurs prélèvements sur les populations. La diffusion d information au plus grand nombre pourrait alors faire évoluer les pratiques de certains, les poussant alors à prélever moins de poissons ou à le faire plus scrupuleusement. L outil incitatif majeur lors de la pratique de la pêche est le règlement intérieur des AAPPMA, ce dernier dictant une ligne de conduite à avoir lors de la pratique de la pêche sur le linéaire géré par l association. Il n a pas de valeur légale, les tailles légales de captures peuvent donc être adaptées en dehors des limites dictées par le code de l environnement. Le non respect du règlement intérieur d une AAPPMA n entrainant aucune mesure pénale (la pire sanction étant l exclusion de l association), il peut être considéré comme étant une mesure incitative. La plupart des pêcheurs respectent les règlements intérieurs, soit par conviction soit par respect des règles en place. L intégration dans le règlement intérieur des AAPPMA d une taille légale de capture supérieure à la taille légale actuelle (29 cm par exemple) est donc possible. Cette mesure, si elle est clairement affichée sur les parcours gérés par les AAPPMA voulant participer à la protection des populations, couplée à une bonne information des pêcheurs pourrait avoir une efficacité certaine. Il semble indispensable d informer les pêcheurs des résultats de l étude scalimétrique ainsi que de l impact des prélèvements piscicoles avant d intégrer une taille légale de capture haute dans les règlements intérieurs. De ce fait, les pêcheurs pourront comprendre et ainsi se sentir acteurs de la sauvegarde de la Truite, l intégration d une nouvelle taille légale de capture dans le règlement intérieur sera alors plus aisée et mieux acceptée par les pêcheurs. L intégration de taille légale de capture supérieure à 25 cm dans le règlement intérieur des AAPPMA reste tout de même un levier d action modeste. En effet aujourd hui l Eure est entrée dans la réciprocité piscicole et peut donc accueillir des pêcheurs provenant de toute la France. A moins d établir

47 un affichage du règlement intérieur sur chaque parcours des AAPPMA, il semble peu probable que les pêcheurs extérieurs au département s informent du règlement avant de pêcher. B. Le futur de l étude Cette étude étant une première approche départementale, elle n est pas suffisamment précise pour décrire les mécanismes à l échelle du bassin versant ou du cours d eau. 1. La scalimétrie continue! La campagne de récolte passive d écailles est toujours en cours et sera reconduite dans le futur avec les pêcheurs volontaires, afin de continuer à amasser de la donnée pour pouvoir enrichir l étude. De même, lors des pêches électriques qui seront réalisées chaque année par la fédération, des écailles seront prélevées sur les truites capturées. Ce travail supplémentaire lors de la pêche électrique n est pas conséquent, en effet, classiquement les poissons sont mesurés et pesés, seul le prélèvement de quelques écailles s ajoute au travail. La lecture des écailles étant relativement rapide et un outil de traitement automatisé ayant été créé, la charge de travail supplémentaire ne semble pas conséquente au vu des résultats que les analyses peuvent donner. En effet, l utilisation du modèle a permis de créer un document qui, à partir de la taille de chaque poisson détermine son âge et effectue les calculs de protection de chaque cohorte. De plus, le protocole ainsi que les manipulations étant maintenant maîtrisés, il semble que des pêches électriques de scalimétrie puissent être reconduites aisément. 2. D autres études pour compléter la connaissance des populations Lors de la récolte d écailles, des échantillons de nageoire ont été prélevés sur chaque truite pêchée. Ces échantillons, actuellement conservés dans l alcool, pourront permettre à la Fédération de mener une étude sur les souches génétiques des truites de l Eure. En s appuyant sur les analyses effectuées par P.Berrebi (via le laboratoire d analyse génétique «Genindex»), il est possible de déterminer la souche historique des truites de l Eure ainsi que les différences génétiques entre populations et le taux d introgression génétique due à la pratique du rempoissonnement. Cette étude pourrait mettre en évidence l existence de populations propres à chaque bassin et encourager les AAPPMA à ne pas polluer ces dernières avec l introduction de gènes exogènes. Il serait également envisageable de comparer les résultats de l étude génétique avec les conclusions de l étude scalimétrique. Une différence génétique entre population pourrait éventuellement expliquer la différence de croissance entre chaque population. Pour terminer, lors de l étude scalimétrique, une photo de chaque poisson a été faite lors des prélèvements. Il serait intéressant de conduire une analyse phénotypique des truites de chaque bassin versant car les robes observées sont très différentes d un bassin à l autre (Figure 20). L étude phénotypique si elle est couplée à une étude ADN permettrait probablement de lier les différences génétiques aux différences phénotypiques des poissons.

48 Figure 20 : Différences de robes observées (de haut en bas poissons de l'iton, le Bec et la Croix Blanche) L observation actuelle de l établissement de nombreux «no-kill» sur les parcours du département démontre bien la prise de conscience des pêcheurs et des gestionnaires du besoin de protéger les populations. Ces mesures, ne permettant aucun prélèvement de poissons, ne contentent pas l intégralité des pêcheurs et c est pourquoi l augmentation de la taille légale de capture ou la possibilité de mettre en place des mesures de gestions alternatives semble aujourd hui indispensable.

49 Bibliographie Agence de l Eau Seine-Normandie, Les rivières de Seine-Aval. Baglinière J.L., Maisse G., La biologie de la truite commune (Salmo trutta L.) dans la rivière Scorff, Bretagne: une synthèse des études de 1972 à Prod. Anim., 15. Baglinière J.-L., Maisse G., La truite, biologie et ecologie. J.L. Balignière et G. Maisse, INRA EDITION., Balignière J.., La truite commune (Salmo trutta L.) son origine, son aire de répartition, ses intérêts économiques et scientifiques. In : J.L. Balignière et G. Maisse (Eds), La truite, biologie et écologie, INRA EDITION. Balignière J.., Maisse G., Biologie de la truite commune (Salmo trutta L.) dans les rivières françaises. In : J.L. Balignière et G. Maisse (Eds), La truite, biologie et écologie, INRA EDITION. Barault A., Suivi thermique des cours d eau eurois. Bordier E., Etude de la continuité écologique et des potentialités piscicoles des affluents de la basse Risle. Büttiker B., Repeuplement des cours d eau du Jura en truites. Objectifs, stratégies, succès et effets indésirables. Calandre P., Jacono D., Protection et gestion des rivières du secteur seine-aval, Gestion pisicole CHAP7.pdf. Agence de l eau Seine-Normandie, Delpeyroux S., PGP, Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique de Bernay. Equilbey E., Normand M., Schomburgk S., Atlas hydrogéologique numérique de l Eure. FAO, nc. MANUEL DE SCIENCE HALIEUTIQUE Deuxième partie - Méthodes de recherches sur les ressources et leur application. Consultable : [Consulté le 22 juin 2015]. FDPPMA73, Suivi piscicole de la qualité des affluents du lac du Bourget Volume 1 : Résultats. Fédération Nationale pour la Pêche en France, Fédération Nationale pour la Pêche en France. Consultable : [Consulté le 29 mai 2015]. FNPF, Assemblée générale extraordinaire de la FNPF, présentation des axes d évolution de la règlementation de la pêche de loisir en eau douce. Gerdeaux Daniel, Variabilité des mesures scalimétriques chez les coregones du Lac d Annecy pdf. Gouraud V., Baglignières J., Sabaton C., Ombredane D., Application d un modèle de dynamique de population de truite commune sur un bassin de Basse-Normandie: Premières simulations. Haury J., Ombredane D., Baglinière J.-L., L habitat de la truite commune (Salmo trutta L.) en cours d eau. In : J.L. Balignière et G. Maisse (Eds), La truite, biologie et écologie, INRA EDITION. Heland M., Problématique de la gestion piscicole. Place de la recherche dans la conception d une gestion rationnelle. Rev. Sci. Eau, 2, 793. Hoestlandt H., Trollé-Sciacchitano F., Carte piscicole du département de l Eure. Conseil supérieur de la pêche, Holl M., Auxiètre J.-P., Gilbert B., Gestion piscicole et plans de gestion, conception et pratique. Conseil supérieur de la pêche, 240 p. INRA, VIGITRUITE une méthode simple pour estimer l abondance des juvéniles de truite en cours d eau. Keith P., Persat H., Feunteun E., Allardi J., Les poissons d eau douce de France. Muséum national d Histoire naturelle, Biotope., 550 p. Lagarrigue T., Baran P., Lascaux J.M., Belaud A., ANALYSE DE LA VARIABILITÉ DE LA CROISSANCE D UNE POPULATION DE TRUITE COMMUNE (SALMO TRUTTA L.) DANS UN TORRENT PYRÉNÉEN. Bull. Fr. Pêche Piscic. Légifrance, Code de l environnement - Article R Neveu A., Stratégie alimentaire de la truite commune (Salmo trutta L.) en eaux courantes. In : J.L. Balignière et G. Maisse (Eds), La truite, biologie et écologie, INRA EDITION.

50 Nicolas S., Mourot B., Fostier A., Analyse de la reproduction de truites fario (Salmo trutta fario) du bassin du Lignon (Haute Loire). Ogle D., FishR Vignette - Von Bertalanffy Growth Models. Ombredane D., Baglinière J.-L., Les écailles et leurs utilisations en écologie halieutique. In Tissus durs et âge individuel des vertébrés. Colloque national, Bondy. Colloques et Séminaires ORSTOM-INRA, Paris. p, Prouzet P., Harache Y., Danel P., Branellec J., Etude de la croissance de la truite commune Salmo trutta fario (L) dans deux rivières du Finistère. Bull. Fr. Piscic., Richard A., Gestion piscicole, interventions sur les populations de poissons, repeuplement des cours d eau. Conseil supérieur de la pêche, 241 p. Schipper O., Holm P., Sur la trace du déclin piscicole: rapport final du projet «Réseau suisse poissons en diminution», Janvier [EAWAG], Dübendorf, Skjellevik S.M., Growth and Movement in Brown Trout (Salmo trutta) in two Norwegian Rivers. Thibault M., La gestion des populations naturelles de truites communes en France analysées dans une perspective historique ( In : J.L. Balignière et G. Maisse (Eds), La truite, biologie et écologie, INRA EDITION. Weisberg S., Computing Primer for Applied Linear Regression.

51 Annexes

52

53

54 Annexe 1 : Arrêté préfectoral de pêche électrique

55

56 Annexe 2 : Protocole de prélèvement communiqué aux pêcheurs participants à l'étude

57 Annexe 3 : Article parru dans l'eveil Normand le 06/05/2015

58 Annexe 4 : Article paru dans Paris Normandie le 23/05/2015

59 Annexe 5 : Analyse statistique détaillée Dans un premier temps, une courbe de croissance départementale sera déterminée, pour ensuite affiner cette analyse au niveau de chaque bassin versant. Par la suite, les différences de croissances observées seront expliquées. L ensemble des informations concernant le calcul des coefficients de régression et de leurs fiabilités statistiques est présenté de l Annexe 6 à l Annexe 12. Une valeur départementale élevée L enjeu premier de la campagne de scalimétrie est de présenter une courbe de croissance globale de la Truite de rivière dans l Eure. Le résumé du calcul des paramètres initiaux effectué sur R est présenté ci-après : Formula: tl ~ vb1(age, Linf, K, t0) Parameters: Estimate Std. Error t value Pr(> t ) Linf < 2e-16 *** K < 2e-16 *** t e-06 *** --- Signif. codes: 0 *** ** 0.01 * Residual standard error: on 448 degrees of freedom Number of iterations to convergence: 5 Achieved convergence tolerance: 1.16e Residual sum of squares: t-based confidence interval: 2.5% 97.5% Linf K t Correlation matrix: Linf K t0 Linf K t Les p-values sont faibles et la robustesse statistique est donc forte. Malgré cela, les intervalles de confiance des paramètres estimés sont relativement grands. De plus, la taille théorique d une truite de 0 mois est négative, ce qui n est pas possible. Le modèle de régression sera donc seulement appliqué entre les extrémums d âge du jeu de données. Aucune prédiction de taille pour un âge non compris dans notre jeu de données ne sera effectuée.

60 La courbe de croissance issue de la régression de l ensemble des données disponibles est représentée sur la Figure 14. Figure 14 : Courbe de croissance départementale des Truites de rivières dans le département Une seconde régression, concernant cette fois-ci uniquement les cours d eau principaux, est représentée en Figure 15. La courbe de régression globale, présentée en Figure 14, a été reportée afin de pouvoir comparer aisément les taux de croissance. La présence d affluents dans le calcul de la courbe fait significativement baisser le taux de croissance estimé.

61 Figure 15 : Courbes de croissance de la truite départementale globale (en rouge) et en excluant les affluents (en bleu) Sur ce dernier graphe, la croissance des truites est relativement similaire lors des 15 premiers mois, par la suite la croissance hors affluents est plus rapide. Globalement, il est décrit dans la littérature que les rivières de petites tailles (ici les affluents), comme les ruisseaux de tête de bassin sont des zones nurseries où l on retrouve une forte densité de juvéniles mais peu de zones permettant le grossissement des individus (Balignière et Maisse, 1991). Grâce au modèle «fsa von bertalanffy», la taille d un poisson à 30 mois peut être prédite, cette opération est détaillée ci-après : > ################################## > #Prédiction des tailles à 30 mois# > ################################## > > t30 <- read.table("t30.csv", sep=";", header=true, row.name=1) > > ####Département complet > t30[1,1]<- predict(fittot, data.frame(age=30)) > boottot <- nlsboot(fittot, niter=1000) > pvtot <- apply(boottot$coefboot, FUN=vb1, MARGIN=1, t=30) > t30[1,2]<-quantile(pvtot, c(0.025)) > t30[1,3]<-quantile(pvtot, c(0.975))

62 > > ####Département sans les affluents > t30[2,1]<-predict(fitppal, data.frame(age=30)) > bootppal <- nlsboot(fitppal, niter=1000) > pvppal <- apply(bootppal$coefboot, FUN=vb1, MARGIN=1, t=30) > t30[2,2]<- quantile(pvppal, c(0.025)) > t30[2,3]<- quantile(pvppal, c(0.975)) A l aide de ce script, R fournit un tableau récapitulant les tailles moyennes d un poisson âgé de 30 mois (t30) pour le département ainsi que pour le département sans les affluents. Le Tableau 7 contient également les intervalles de confiance à 95% de ces estimations, ainsi que les bornes inférieures et supérieures. Tableau 7: Tailles à 30mois et intervalles de confiance départementaux donnés par R t30 IC.95.inf IC.95.sup Département Département sans affluents Même en conservant les affluents dans le calcul, la taille à 30 mois prédite par le modèle est bien supérieure à la taille légale de capture actuelle (250 mm). La taille départementale moyenne prédite est de 29 cm. Par cette première régression, il est mis en évidence qu à un niveau départemental, la taille légale de capture n est pas adaptée. Cependant il semblerait pertinent d observer les différences au sein de chaque bassin versant pour obtenir plus de détails sur la croissance des truites. Une croissance hétérogène selon les bassins Dans le tableau de données il est possible de séparer chaque bassin versant. Dans ces analyses, tous les poissons sont de nouveau mobilisés, dans un premier temps les affluents seront donc inclus dans les calculs. Après création d une nouvelle table pour chaque bassin, le calcul des paramètres initiaux ainsi que le tracé de la courbe de régression sont effectués. Les courbes de croissances de chaque bassin sont calculées puis tracées individuellement. Chaque bassin comprend à la fois les données envoyées par les pêcheurs et les données de pêche électrique Sur le bassin de la Risle, les données de 5 pêches électriques sont disponibles (3 sur la Risle et 2 sur ses affluents). Dans les bassins versants autres que celui de la Risle, les seules données disponibles concernant les affluents sont celles transmises par les pêcheurs. Afin que les affluents soient représentés au même niveau dans chaque analyse (seulement les données pêcheurs), une courbe de croissance de la Risle sans les données de pêche électrique des affluents a été calculée. Toutes les courbes sont présentées en Figure 16.

63 Figure 16 : Courbes de croissance de chaque bassin Lors des calculs de la droite de régression du bassin de l Epte les résultats sont peu significatifs. Certains résultats sont aberrants comme par exemple l estimation de Linf de mm. - Les poissons semblent avoir une croissance linéaire : la croissance des poissons est la même entre chaque année. Le modèle glm est donc peu adapté ici car, en s appuyant uniquement sur les données récoltées, le taux de croissance ne semble pas diminuer avec l âge du poisson. Le modèle glm ici admet donc une asymptote très élevée (improbable dans la réalité). Si l on se place dans l intervalle de taille qui a été capturé sur ce cours d eau, la droite représente correctement le nuage de point et servira à «lisser nos échantillons». Pour ce bassin, les p-values (indice de fiabilité) de l estimation des coefficients de régression sont non significatives (supérieures à 0.1). La qualité et la fiabilité des régressions des autres bassins versant n admettent pas d aberration et présentent des p-values correctes. Le bassin de la Risle ayant subit plus de prélèvements, différentes courbes de croissance peuvent être détaillées. L affluent principal de la Risle (la Charentonne) étant un cours d eau de grand gabarit, la croissance des truites est supposée plus forte dans ce dernier que dans les affluents plus modestes. Dans le

64 calcul des courbes de croissance du bassin de la Risle (Annexe 12 à Annexe 14) le cours d eau principal, ses affluents (Bec et Croix Blanche) et le Bassin de la Charentonne sont traités individuellement. Les courbes de régression, présentes en Figure 17, confirment l hypothèse émise précédemment : la croissance des truites de la Charentonne est plus proche de celle de la Risle que de celle de ses affluents. Figure 17 : Courbes de croissances différentiées sur le bassin de la Risle De même qu à l échelle départementale, les tailles des truites à 30 mois ainsi que les intervalles de confiance (95%) de chaque cours d eau ont été calculés et sont présentés dans le Tableau 8. Tableau 8 : Estimation de la taille d'une truite de 30 mois par cours d eau donné par R t30 IC.95.inf IC.95.sup Département Département sans affluents Andelle Avre Epte Iton

65 Risle sans affluents Charentonne Bec Croix Blanche Les tailles estimées des truites sur chaque rivière excèdent 25cm, à l exception de celles de la Croix Blanche. D après les estimations du modèle, la croissance des truites semble relativement rapide. La taille légale de capture paraît ici être insuffisante pour protéger l ensemble des truites n ayant pas effectué leur première reproduction. Les paramètres environnementaux influent sur la croissance Pour effectuer l analyse des facteurs de croissance, il est impossible d utiliser les poissons comme individus. En effet, au sein d une même station de pêche, chaque poisson possède une croissance propre mais les paramètres du milieu sont communs : il est impossible d expliquer une variation de croissance au sein d une même station par des paramètres identiques pour chaque individus. De ce fait, les analyses statistiques admettent les stations de pêche électrique comme individus et non plus les poissons échantillonnés. La taille moyenne d une truite à 30 mois sur la station est considérée comme étant représentative du taux de croissance des individus prélevés sur la station. Dans ce paragraphe la relation entre la taille à 30 mois des truites et les différents paramètres du milieu, contenus et détaillés dans le Tableau 9, sera étudiée. Ces différents paramètres ont été sélectionnés en fonction de l ensemble de la bibliographie réalisée pour établir le protocole mais également à dire d experts. Tableau 9 : Critères supposés influençant de la croissance des truites Critère Description Source Module Débit moyen inter-annuel Banque hydro et Bordier, 2013 Var_débits Coefficient existant entre le plus haut débit annuel et le plus bas Banque hydro Var_temp_jours Amplitude moyenne des variations de températures journalières Barault, 2013 Var_temp_ans Amplitude annuelle des températures journalières Barault, 2013 Largeur Largeur du cours d eau Hoestlandt et Trollé-Sciacchitano, 1980 Pente Pente moyenne de la station de pêche électrique Géoportail Capacité_bio Capacité biogénique : ensemble des facteurs susceptibles de produire et conserver la vie des poissons Calculé selon la formule de Léger-Huet* par Hoestlandt et Trollé-Sciacchitano, 1980 *W=B.L.K (ou W est la productivité, B la capacité biogénique, L la largeur du cours d eau et K un coefficient définit empiriquement selon la zone) 1. Analyse en Composante Principale La première analyse (Figure 21) prend en compte l intégralité des variables qui est supposée influer sur la croissance des truites. L analyse est une Analyse en Composantes Principales (ACP), qui vise à déterminer la corrélation entre chaque variable mais principalement entre la variable t30 (la taille d une truite à 30 mois) et les variables explicatives. Les résultats de cette analyse sont présentés en Figure 21.

66 Figure 21 : Résultats de l ACP totale Le pourcentage de variance (% of var.) est au dessus de 15% pour les 3 premières dimensions. Le pourcentage de variance cumulée (Cumulative % of var.) est supérieur à 78% pour la dimension 3, ce qui est acceptable pour ne retenir que les 3 premières dimensions. Lors de la description de la contribution de chaque variable à l explication des axes, certaines variables sont prédominantes : - La dimension 1 semble être très fortement influencée par la variation de température annuelle ainsi que par la largeur (contribution > 20 %) mais également par la taille des truites à 30 mois, le module et la variation de température journalière (contribution >15%) - La dimension 2 est très clairement influencée par la pente de la station (contribution >50%) mais également par la taille à 30 mois - La dimension 3 semble être liée à la variation annuelle des débits (contribution >60%) Après avoir analysé la contribution de chaque variable à la formation des axes, il est nécessaire de décrire le cercle des corrélations pour observer les groupes de variables et savoir si leur contribution est positive ou négative. Le cercle des corrélations, Figure 22, permet de nommer les axes Dim1 et Dim2. L axe Dim 1 correspond au gabarit de la rivière, en effet, plus le gabarit est important et plus le module et la largeur seront importants. A contrario, plus le gabarit sera faible, moins la masse d eau sera importante et plus les variations journalières de températures pourront être importantes. Le second axe quant à lui semble être la pente de la rivière.

67 Figure 22 : Cercle des corrélations (ACP n 1) Le graphe montre que la taille à 30 mois des truites semble être influencée positivement par la variation de température annuelle, le module et la largeur de la rivière. La pente ainsi que la variation de température journalière semble ne pas avoir d effet sur cette taille, alors que la capacité biogénique et la variation annuelle de débits semble influer négativement. Sur ce cercle, les variables «var_temp_ans», «module» et «largeur» semblent fortement corrélées, ce qui peut induire une sur-représentativité si ces variables décrivent un seul et même paramètre. 2. La variation de température annuelle dépend du gabarit du cours d eau Pour vérifier si la variation annuelle de température, la largeur de la rivière et son module sont liés, nous utiliserons une projection 3D (Figure 23). Sur cette figure, le nuage de point est assez fidèlement représenté par un plan. Ce graphe permet de conclure que la variation de température annuelle, sans être totalement déterminée par la largeur et le module de la rivière, est très fortement influencée.

68 Figure 23 : Projection 3D de la variation annuelle de température, largeur et module de la rivière Sur ce graphe, plus la largeur et le module sont importants plus la variation de température annuelle est élevée. Ceci peut s expliquer majoritairement par la proximité entre les sources, la nappe et le cours d eau. Plus le cours d eau est proche des sources, plus sa température est tamponnée car l eau apportée par la source est de température relativement constante tout au long de l année. Plus on se place loin de cet apport, plus la température de l eau de la rivière est influencée par le climat. Quant au gabarit du cours d eau, plus il est proche de sa source, plus son module et sa largeur sont faibles. Les deux points les plus éloignés du plan peuvent être expliqués simplement : - Le point ayant la plus faible variation de température annuelle (la Croix Blanche) est un ruisseau très proche des sources, à l endroit où la pêche électrique a été réalisée, la quasi-totalité du débit provient de ces dernières. La température de l eau est donc très constante. - La Charentonne présente des variations de température élevées malgré sa largeur et son module modéré. Sa longueur relativement importante ainsi que la présence d affluents sur ce cours d eau lui confèrent un profil plus proche des rivières collectrices que des affluents. La forte variation de température sur la Charentonne peut être également expliquée par la forte présence d ouvrages, qui ralentissent les écoulements et augmentent l influence du climat sur la masse d eau. La variation de température annuelle est très liée à la largeur et au module du cours d eau. Ces variables étant très corrélées, et la variation de température annuelle pouvant être déduite à l aide de la largeur et du module, elle sera retirée de l analyse.

69 3. Influence des paramètres environnementaux La Figure 24 indique que le pourcentage de variance (% of var.) est au dessus de 15% pour les 3 premières dimensions. Le pourcentage de variance cumulée (Cumulative % of var.) est supérieur à 78% pour la dimension 3, ce qui est acceptable pour ne retenir que les 3 premières dimensions. Figure 24 : ACP n 2 Lors de l observation de la contribution de chaque variable à l explication des axes, certaines variables sont prédominantes : - La dimension 1 semble être très fortement influencée par la variation de température journalière ainsi que par la largeur (contribution > 20 %) mais également par la taille des truites à 30 mois et le module (contribution supérieure ou proche de 15%) - La dimension 2 est très clairement influencée par la pente de la station (contribution >50%) mais également par la taille à 30 mois - La dimension 3 semble être liée à la variation annuelle des débits ainsi que la capacité biogénique du milieu (contribution >30%) Après avoir analysé la contribution de chaque variable à la formation des axes, il est nécessaire de décrire le cercle des corrélations pour observer les groupes de variables et savoir si leur contribution est positive ou négative. Le cercle des corrélations, Figure 25, permet de nommer les axes Dim1 et Dim2. L axe Dim 1 correspond au gabarit de la rivière, en effet, plus le gabarit est important et plus le module et la largeur seront importants. A contrario, plus le gabarit sera faible, moins la masse d eau sera importante et plus les variations de températures et de débits pourront être importantes. Le second axe quant à lui semble être la pente de la rivière.

70 Figure 25 : Cercle des corrélations de l'acp n 2 Dim 1 et 2 Sur ce cercle, la taille des truites à 30 mois est corrélée avec le module et la largeur de la rivière. Plus les rivières sont larges, plus la taille des truites à 30 mois semble élevée. Contrairement à cela, les variations de débits sont parfaitement anticorrélées avec la taille des truites à 30 mois. Selon ces deux premières dimensions, la pente semble ne pas avoir d effet sur la taille des truites. La capacité biogénique ainsi que la variation de température journalière semblent avoir un léger effet négatif. En effet, les vecteurs quasi perpendiculaires dans le cercle des corrélations signifient que les variables ont peu d effet l une sur l autre. Cependant, la pente est légèrement corrélée alors que la variation journalière de température ainsi que la capacité biogénique sont légèrement anticorrélées. Pour savoir si ces variables ont une influence l une sur l autre il faut observer le cercle des corrélations présentant les dimensions 2 et 3 (Figure 26).

71 Figure 26 : Cercle des corrélations de l'acp n 2, Dim 2 et 3 Sur cette figure, la taille à 30 mois et la pente sont corrélées : une pente de cours d eau élevé semble donc avoir un effet positif sur la croissance des truites dans ce graphique. Sur ce cercle, les vecteurs de certaines variables sont très courts et donc peu représentatifs : le module, la variation de température journalière et la largeur ne seront pas analysés ici. La variation de débits ainsi que la capacité biogénique semblent ici ne pas avoir d effets sur la t30, cependant ces deux variables semblent mieux représentées sur la Figure 27, représentant les dimensions 1 et 3.

72 Figure 27 : Cercle des corrélations de l ACP n 2, Dim 1 et 3 Cette dernière figure indique clairement que la capacité biogénique est anticorrélée avec la taille des truites à 30 mois. Il est donc supposé que le calcul effectué par Hoestlandt et Trollé-Sciacchitano, 1980, décrit à travers cette variable la capacité du milieu à produire beaucoup d individus et non pas de gros individus. Ceci semble alors logique que cette variable soit anticorrélée avec la taille des truites à 30 mois car les endroits où l on retrouve les plus petites tailles à 30 mois sont les cours d eau de faible gabarit où l abondance en truitelle est élevée. Pour terminer, la variation de débit ne présente pas d effet sur la taille à 30 mois selon la dimension 1 et la dimension 3 mais la variation de température journalière est anticorrélée avec la taille à 30 mois. Tableau 10 : Effet des variables étudiées sur la croissance des truites ("-" négatif, "+" positif, "/" trop peu représentatif, "0" sans effet) Var débits Var temp jours Pente Capacité bio Module Largeur Dim 1 et Dim 2 et 3 0 / + 0 / / Dim 1 et / Globale

73 Comme le montre le Tableau 10, contenant les résultats de lecture des 3 cercles de corrélation, l analyse statistique permet de caractériser l influence des différents facteurs étudiés sur la taille à 30 mois des truites. Globalement, en étudiant chacune des 3 dimensions de l ACP, il est possible de conclure que la variation de débit, la variation de température journalière et la capacité biogénique du milieu ont un effet négatif sur la croissance alors que la pente, le module et la largeur du cours d eau semblent avoir un effet positif. Pondération des classes d âge par leur importance dans la population Afin d optimiser la représentativité de nos calculs, les taux de protection de chaque cohorte seront pondérés par l importance relative de la cohorte au sein de la population totale euroise. De ce fait, les taux de protection à l échelle de la population et à l échelle de l ensemble des reproducteurs pourront êtres calculés. Après avoir créé un fichier globalisant l ensemble des poissons prélevés en pêche électrique depuis 2009, seules les truites communes capturées pendant une pêche complète ont été sélectionnées. La pêche complète donne une image fidèle du peuplement, cette dernière ayant été sélectionnée pour sa représentativité du cours d eau. La grande diversité de stations de pêche électrique ayant été échantillonnée depuis 2009 confère alors à la base de données un caractère représentatif de la population de Truite commune du département. La répartition des tailles étant une variable continue (1563 truites de 5,2 à 54 cm), il est nécessaire de découper cette variable afin de dégager les différentes cohortes. Pour ce faire, le modèle prédisant la taille d un poisson en fonction de son âge est mobilisé. Les pêches électriques ayant systématiquement lieu en septembre ou en octobre, et la date d émergence des alevins étant fixée dans l étude au premier avril, chaque poisson est théoriquement au milieu d une année (6 mois s écoulent entre début avril et fin septembre). Le modèle est utilisé afin d obtenir une prévision de taille pour un poisson représentatif du département à chacune de ses dates anniversaire, en considérant alors que lors de sa capture en pêche électrique sa taille est comprise entre la taille à l anniversaire précédent et l anniversaire suivant. De ce fait, des classes de tailles correspondantes aux différentes cohortes sont créées. Le Tableau 14 ci-après contient les tailles déterminées par le modèle. Tableau 14 : Taille prédite des truites en fonction de leurs âges en mois (avec les paramètres de la courbe de croissance départementale) Pour illustrer ces propos, nous pouvons dire au vue des résultats du Tableau 14, qu un poisson compris entre 0mm et 180mm sera classé comme étant 0+ car sa taille correspond à un poisson moyen entre sa naissance et son premier anniversaire. A l aide de ces bornes, l ensemble des poissons de la base de données globale est réparti dans les classes pour déterminer la structure des populations de truites euroises. Ceci permettant alors de déterminer l importance de chaque classe d âge par rapport à l ensemble de la population.

74 Afin d illustrer les prévisions du modèle, la Figure 28 représente l ensemble des truites capturées en pêche électrique depuis 2009 (en bleu) et les différentes tailles limites prédites par le modèle (en rouge). Les tailles limites prédites semblent alors cohérentes avec la réalité observée en pêche électrique : elles séparent les cohortes constatées sur le graphique et plus Figure 28 : Ensemble des poissons capturés en pêche électrique et bornes prédites par le modèle

75 > overview(fitppal) Formula: tl ~ vb1(age, Linf, K, t0) Achieved convergence tolerance: 5.438e Residual sum of squares: Parameters: Estimate Std. Error t value Pr(> t ) Linf < 2e-16 *** K e-10 *** t e-08 *** --- Signif. codes: 0 *** ** 0.01 * Residual standard error: on 300 degrees of freedom Number of iterations to convergence: 6 Annexe 6 : Coefficients de régression au niveau départemental (affluents exclus) t-based confidence interval: 2.5% 97.5% Linf K t Correlation matrix: Linf K t0 Linf K t > coef(fitandelle) Linf K t > overview(fitandelle) Formula: tl ~ vb2(age, Linf, K, t0) Parameters: Estimate Std. Error t value Pr(> t ) Linf e-05 *** K ** t Signif. codes: 0 *** ** 0.01 * Residual standard error: on 40 degrees of freedom Number of iterations to convergence: 6 Achieved convergence tolerance: 1.138e Residual sum of squares: t-based confidence interval: 2.5% 97.5% Linf K t Correlation matrix: Linf K t0 Linf K t Annexe 7 : Coefficients de régression au du bassin de l Andelle > coef(fitavre) Linf K t > overview(fitavre) Formula: tl ~ vb1(age, Linf, K, t0) Estimate Std. Error t value Pr(> t ) Linf e-06 *** K ** t Signif. codes: 0 *** ** 0.01 * Parameters:

76 Residual standard error: on 37 degrees of freedom Number of iterations to convergence: 6 Achieved convergence tolerance: 1.382e Residual sum of squares: t-based confidence interval: 2.5% 97.5% Annexe 8 : Coefficients de régression au du bassin de l Avre > coef(fitepte) Linf K t > overview(fitepte) Formula: tl ~ vb1(age, Linf, K, t0) Parameters: Estimate Std. Error t value Pr(> t ) Linf K t ** --- Signif. codes: 0 *** ** 0.01 * Residual standard error: on 31 degrees of freedom Linf K t Correlation matrix: Linf K t0 Linf K t Number of iterations to convergence: 7 Achieved convergence tolerance: 1.858e Residual sum of squares: t-based confidence interval: 2.5% 97.5% Linf K t Correlation matrix: Linf K t0 Linf K t Annexe 9 : Coefficients de régression au du bassin de l Epte > coef(fititon) Linf K t > overview(fititon) Formula: tl ~ vb1(age, Linf, K, t0) Parameters: Estimate Std. Error t value Pr(> t ) Linf e-06 *** K ** t Signif. codes: 0 *** ** 0.01 * Residual standard error: on 47 degrees of freedom Number of iterations to convergence: 6 Achieved convergence tolerance: 2.69e Residual sum of squares: t-based confidence interval: 2.5% 97.5% Linf K t

77 Correlation matrix: Linf K t0 Annexe 10 : Coefficients de régression au du bassin de l Iton > coef(fitrisle) Linf K t > overview(fitrisle) Formula: tl ~ vb1(age, Linf, K, t0) Parameters: Estimate Std. Error t value Pr(> t ) Linf < 2e-16 *** K e-12 *** t e-05 *** --- Signif. codes: 0 *** ** 0.01 * Residual standard error: on 281 degrees of freedom Linf K t Number of iterations to convergence: 5 Achieved convergence tolerance: 1.114e Residual sum of squares: t-based confidence interval: 2.5% 97.5% Linf K t Correlation matrix: Linf K t0 Linf K t Annexe 11 : Coefficients de régression au du bassin de la Risle globale > coef(fitrico) Linf K t > overview(fitrico) Formula: tl ~ vb1(age, Linf, K, t0) Parameters: Estimate Std. Error t value Pr(> t ) Linf e-11 *** K e-05 *** t e-06 *** --- Signif. codes: 0 *** ** 0.01 * Residual standard error: on 148 degrees of freedom Number of iterations to convergence: 4 Achieved convergence tolerance: 2.77e Residual sum of squares: 2e t-based confidence interval: 2.5% 97.5% Linf K t Correlation matrix: Linf K t0 Linf K t Annexe 12 : Coefficients de régression au du bassin de la Risle (affluents exclus)

78 > coef(fitcha) Linf K t > overview(fitcha) Formula: tl ~ vb1(age, Linf, K, t0) Parameters: Estimate Std. Error t value Pr(> t ) Linf e-08 *** K *** t * --- Signif. codes: 0 *** ** 0.01 * Residual standard error: 24.8 on 37 degrees of freedom Number of iterations to convergence: 5 Achieved convergence tolerance: 1.905e Residual sum of squares: t-based confidence interval: 2.5% 97.5% Linf K t Correlation matrix: Linf K t0 Linf K t Annexe 13 : Coefficients de régression au du bassin de la Charentonne > coef(fitriaf) Linf K t > overview(fitriaf) Formula: tl ~ vb1(age, Linf, K, t0) Parameters: Estimate Std. Error t value Pr(> t ) Linf e-15 *** K *** t ** --- Signif. codes: 0 *** ** 0.01 * Residual standard error: 35.2 on 90 degrees of freedom Number of iterations to convergence: 6 Achieved convergence tolerance: 1.521e Residual sum of squares: t-based confidence interval: 2.5% 97.5% Linf K t Correlation matrix: Linf K t0 Linf K t Annexe 14 : Coefficients de régression au du bassin des affluents de la Risle (Bec et Croix Blanche)

79 Annexe 15: Tableaux présentant les impacts d'une taillé légale allant de 25 cm à 42 cm

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