Détecter sa proie : tous les sens en éveil Dans l'exposition : Partie 1 à la découverte de la diversité des prédateurs vitrine «tous les sens en éveil» - vitrine «faucon et chouette effraie» Le Grand duc : une vue perçante et stéréoscopique Ses yeux orange sont dirigés en avant et sont immobiles dans les orbites, son champ de vision n'est pourtant pas restreint, car sa tête pivote sur 270. Cette disposition lui confère une vue stéréoscopique : il peut ainsi mieux apprécier les distances au cours de la chasse. La nuit, la pupille s'élargit pour laisser passer le maximum de lumière. La rétine est constituée d'un ensemble de cellules photosensibles reliées au nerf optique : les cônes (cellules visuelles qui perçoivent les couleurs) et les bâtonnets (cellules spécialisées dans la vision nocturne). Comme beaucoup d'animaux nocturnes, l œil du grand duc contient davantage de bâtonnets que de cônes et surtout en très forte densité. 1
Des capteurs de sons et des oreilles asymétriques Sur la face des hiboux comme celle des chouettes, les plumes forment deux disques autour des yeux : ces capteurs de sons orientables dirigent les ondes sonores vers les «oreilles». Celles-ci sont disposées de façon asymétrique, l'une située plus haut que l'autre. Les ondes sonores parviennent aux deux oreilles avec un très léger décalage (3/100 000 de secondes) : le moindre bruit émis par une proie est ainsi détecté. Des yeux de Lynx Le lynx, comme tous les félins, dispose d'une membrane tapissant la rétine, le tapetum lucidum : comme un miroir, il réfléchit la lumière et la fait passer une seconde fois dans la rétine. Ses yeux ont besoin de six fois moins de lumière que celui des humains. Les félins possèdent un grand nombre de bâtonnets mais très peu de cônes. De plus, ces cônes absorbent principalement la lumière verte et très peu le bleu et le rouge : les félins voient leur environnement en nuances de gris, mais ils détectent très bien les mouvements. Des sens en plus Les petits pinceaux de poils surmontant ses oreilles le renseignent sur la direction du vent. Il a un odorat très développé et ses vibrisses (poils situés autour de la gueule) détectent les vibrations émises par d'éventuelles proies. 2
Les libellules : les plus gros yeux du monde Comparés à leur taille, les yeux des libellules sont énormes, composés chacun de près de 30 000 «facettes», des yeux simples appelés ommatidies. Chacune se compose d'une lentille (surface de l œil), d'un cristallin et de cellules sensibles. La disposition en arrondi des yeux lui permet de voir quasiment partout à 360, jusqu'à 12 mètres environ de distance. Chaque œil perçoit des informations, reconstituées en mosaïque. Les yeux ne donnent pas une image précise de l'environnement de l'insecte, mais ils sont adaptés à la détection d'objets en mouvement rapide, grâce à une très grande fréquence d'apparition des nouvelles images (près de 175 images par secondes, soit plus de 7 fois plus que l'humain). Le serpent : détecter les odeurs et la chaleur de sa proie L'odorat de la plupart des serpents est très développé. Les narines communiquent avec de grandes cavités olfactives situées dans la bouche, où s'ajoute un organe situé dans la voûte palatine : l'organe de Jacobson : la langue recueille des particules éventuellement odorantes et les cellules sensorielles tapissant cet organe informent le cerveau des odeurs collectées. En s'approchant de sa proie, le serpent détecte la chaleur corporelle de celle-ci sous la forme de radiations infrarouges, captées par deux cavités situées à droite entre les narines et les yeux. Les cellules sensorielles décèlent d'infimes changements de température dans le milieu environnant et permettent d'estimer la distance entre le serpent et sa proie. 3
«Sonar à ultrason» : l'écholocation chez les chauve-souris Dans l'obscurité, les chauve-souris peuvent localiser une proie grâce à l'écho : elles émettent des ultra-sons (sons très aigus inaudibles pour les humains) dont l'écho, après avoir rencontré un obstacle ou une proie, revient à leur oreilles. Ainsi, elle peuvent estimer très précisément la forme, la nature de l'obstacle ou de la proie, le lieu et la distance les séparant. Certaines espèces de proies ont développé des caractères leur permettant de brouiller les pistes : ainsi, le papillon Bertholdi trigorna est capable de produire des sons qui brouillent les signaux du sonar émis par l'oreillard de Townsend (Corynorhinus townsendii). Parmi les premiers yeux : les trilobites Les trilobites constituent une classe d'arthropodes (animaux ayant un squelette externe articulé) marins fossiles ayant vécu durant le Paléozoïque (Ère primaire) du Cambrien au Permien. Les derniers trilobites ont disparu lors de l'extinction de masse à la fin du Permien, il y a 250 Ma. Une grande majorité de trilobites possède une paire d'yeux. Ces yeux comptent parmi les plus anciens systèmes visuels connus. Il est admis que cette innovation a joué un rôle dans la prédation, les trilobites se nourrissant essentiellement de vers des fonds marins. Les yeux des trilobites sont des yeux composés et comme ceux des insectes actuels, ils comprennent un grand nombre d'unités visuelles (lentilles) donnant un champ visuel essentiellement latéral. Fréquemment, on peut dénombrer de 150 à 250 lentilles, mais ce nombre peut aller jusqu'à 15 000, ou au contraire se réduire à 2 ou 3 selon les espèces. 4
Chasse à vue du faucon crécerelle Le faucon crécerelle chasse en terrain découvert, surtout des campagnols et des petits mammifères. Il cherche à repérer sa proie en vol stationnaire (environ 40 m au dessus du sol). En vol, il détecte facilement une proie en mouvement : les yeux du rapace, très grands, détectent davantage les mouvements que les couleurs. Une fois la proie repérée il plonge rapidement en exécutant un vol plané contrôlé en piqué à grande vitesse. A 2-3 mètres du sol, il se redresse, serres en avant, espérant assommer, voire transpercer sa proie et l'emporte jusqu'à un perchoir convenable pour prendre son repas. La discrète Chouette effraie Elle chasse surtout au crépuscule, disposant d'une vue et d'une audition qui lui permettent de percevoir les moindres mouvements d'éventuelles proies. Elle chasse à l'affût ou en vol, se déplaçant sur plusieurs km à faible hauteur au-dessus de champs, prairies, haies et vergers suivant des itinéraires souvent réguliers. Les plumes, bordées d'une frange souple et couvertes d'un duvet absorbent très bien les frottements de l'air et réduisent les turbulences, ce qui la rend particulièrement silencieuse. Elle vole lentement, ailes souples, et exécutant parfois des pirouettes ainsi que de brefs battements sur place lorsqu'une proie est perçue. 5