ENQUÊTE D ACCEPTABILITÉ DE LA VACCINATION ANTI-HPV



Documents pareils
LA PROPOSITION DE LA VACCINATION ANTI-PAPILLOMAVIRUS: INFORMATIONS TRANSMISES ET VECU DE LA PROPOSITION

Programme «maladie» - Partie II «Objectifs / Résultats» Objectif n 2 : développer la prévention

B MIS À JOUR EN MARS 2013

Livre Blanc des mutuelles étudiantes de proximité

MERCI DE RETOURNER LE BON DE PRISE EN CHARGE ET/OU LA FICHE RÉCAPITULATIVE DANS L ENVELOPPE T

Projet de grossesse : informations, messages de prévention, examens à proposer

Programme DPC des infirmiers

Comment les pratiques en milieu scolaire agissent-elles au regard des inégalités sociales de santé? Regard sur trois continents

PLEINS FEUX SUR LE RC EXAMENS SYSTEMATIQUES ET PREVENTION

Nathalie Colin de Verdière Centre de vaccinations internationales Hôpital Saint-Louis

LE TIERS-PAYANT. Parcours de soins et règles de facturation

Le dépistage des cancers

LA CAISSE PRIMAIRE D ASSURANCE MALADIE (CPAM) COMMENT ÇA MARCHE?

Une déclaration du comité consultatif (DCC) Comité consultatif national de

Données épidémiologiques, histoire de la maladie et symptomatologie, facteurs de risque

Etude Elfe, Le de de e v nir de en a f n a t n s

Observatoire National de la santé des jeunes. Accès aux droits et aux soins

NOUS SOIGNONS CEUX QUE LE MONDE OUBLIE PEU A PEU

Données épidémiologiques sur le cancer du col de l utérus

Indications de la césarienne programmée à terme

La FNSF est membre de la Fédération Mondiale des Sourds (FMS), de l Union Européenne des Sourds

Un test Pap pourrait vous sauver la vie

_GUIDE À L ATTENTION DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ_

Le niveau de revenus des ménages est associé à la couverture vaccinale par le vaccin pneumocoque conjugué chez les enfants d'ile-de-france

Prévenir... par la vaccination

«Les antibiotiques c est pas automatique», 12 ans après, quels sont les changements laissés par ce slogan percutant?

Le Livre des Infections Sexuellement Transmissibles

Enquête sur la santé des résidents des foyers Adoma de Saint-Quentin-en-Yvelines

Adapté avec la permission du Ministère de l Éducation, Nouveau Brunswick

F us u ses c ouc u he h s s po p nt n a t né n es J. L J. an sac CHU H T ou

Caisse Primaire d Assurance Maladie de La Charente

Réservée aux 60 ans et + Ma mutuelle d'assurance santé. L'assurance pour l'avenir

MIEUX COMPRENDRE LE SYSTÈME DE SANTÉ POUR SE SOIGNER

MIEUX COMPRENDRE LE SYSTÈME DE SANTÉ POUR SE SOIGNER

papillome humain) VPH(virus Le virus du papillome humain: la plus répandue des infections transmissibles sexuellement

Vaccinations - Rédaction Dr BOUTON

Évolution des pratiques vaccinales : 3. vaccination après la grossesse

RÉPUBLIQUE ET CANTON DE GENÈVE Echelle des traitements 2015 Valable dès le Office du personnel de l'etat Indexation de 0.

(septembre 2009) 30 %

IDENTIFICATION DE CLIGNOTANTS SOCIAUX AU COURS DE l E4M

Les fistules obstétricales sont des communications anormales entre les voies urinaires ou digestives et l'appareil génital. ou d une manœuvre abortive

Vade-mecum. Tableau de bord wallon des maisons médicales. Encodage, extraction, analyse. Tout ce que vous devez savoir pour participer au projet

Après les années MEP, les années mis. Pour ma mutuelle, je sais où je vais

Dépouillement questionnaire satisfaction TAP

Questionnaire santé et soins médicaux pour les moins de 16 ans

Des soins après avortement : Amis des Jeunes. Cartes à conseils 1-6

DEMANDE EN TRAITEMENT D ORTHODONTIE A MADAGASCAR : INFLUENCE DE L AGE, DU SEXE ET DU STATUT SOCIO-ECONOMIQUE.

ASPECT ECHOGRAPHIQUE NORMAL DE LA CAVITE UTERINE APRES IVG. Dr D. Tasias Département de gynécologie, d'obstétrique et de stérilité

La microsimulation à Statistique Canada

PLAN D ACTION QUADRIENNAL Première année

MINISTERE DE LA SANTE ET DES SOLIDARITES DIRECTION GENERALE DE LA SANTE- DDASS DE SEINE MARITIME

Club Santé. «Vaccination : quelle évolution pour une meilleure prévention?» Dimanche 16 octobre 2005

Diagnostic «santé des femmes»

Etude de la couverture vaccinale dans le canton de Vaud après la première campagne de vaccination contre le papillomavirus (HPV), année scolaire

DONNER NAISSANCE NE DOIT PAS ÊTRE UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT

Ateliers Santé Ville de Marseille

VOTRE MUTUELLE > Résultats des élections des délégués L

Santé des étudiants et précarité : éléments de contexte

Conseil Supérieur de la Santé. Vaccination contre les infections causées par le papillomavirus humain. CSS N révision du N 8204

Conférence de Presse 11/09/2013. «Système de Surveillance de la Santé Périnatale au Luxembourg»

NOTORIETE DE L ECONOMIE SOCIALE SOLIDAIRE ET ATTENTES DE LA JEUNESSE

SEBBAH (URPS-ML PACA),

Avis. Avis sur l'optimisation du dépistage du cancer du col utérin au Québec. Direction des risques biologiques, environnementaux et occupationnels

Comité d organisation

HEL de Des maladies dépistées grâce aux examens préventifs

Mai Service évaluation technologique Service évaluation économique

Gender Directive Impacts opérationnels pour les assureurs

Fistules obstétriques : des victimes invisibles

DEMANDE D AIDE INDIVIDUELLE

Du 20 au 27 avril 2013 Semaine européenne de la vaccination

mis SANTÉ en toute simplicité, en toute liberté.

Protocole. [anonyme et gratuit] Avec la Région, on en parle, on agit.

Structure des revenus des médecins (hors système forfait)

L assurance maternité des femmes chefs d entreprises et des conjointes collaboratrices. Édition 2013

Précarité sociale et recours aux soins dans les établissements de soins du Tarn-et-Garonne

Statistiques Canadiennes sur le Cancer, et HMR sur le poumon

Répondre à un appel à projet - Vie d un projet

Cliquez sur : «Mon compte» Entrez vos données personnelles* puis Cliquez sur : «Mon profil».

PROTECTION MALADIE LA COMPLÉMENTAIRE CMU

Stratégies de dépistage des bactéries multirésistantes. Qui? Pourquoi? Comment? Après? L exemple des MRSA

Repenser notre façon d aborder les problèmes de poids : s inspirer d un nouveau paradigme. Fannie Dagenais, Dt.P., M.Sc.

Notice explicative relative à l utilisation de l outil pour la production du

l hépatite b Une maladie qui peut être grave.

Dossier de presse Janvier Les ados au téléphone : l enquête de l ASEF

OCTOBRE ROSE 2014 Activités de proximité et actions de communication

QUESTIONS ECRITES. 5 Egalité des Chances entre les hommes et les femmes Catherine FONCK, Ministre de la Santé, de l Enfance et de l Aide à la Jeunesse

TRAIT FALCIFORME. Clinique spécialisée d hématologie pédiatrique

Qualité des soins Campagne de sensibilisation

Novembre Dépistage anonyme et gratuit du VIH Profil des consultants de CDAG en Enquête épidémiologique transversale

Taux de participation au Programme québécois de dépistage du cancer du sein (PQDCS)

DASES Réseau tuberculose 10 janvier 2006

LA CONTRACEPTION SUR L INFORMATION REÇUE EN

La prévention : caractéristique du positionnement de la Mutualité Française sur l ensemble de son offre

Nouveauté - Nouvelles modalités d inscription

TUBERCULOSE Nouveautés 2009

Questionnaire Médical

POLITIQUE D ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES

CONTRIBUTIONS DES MUTUELLES DE SANTE AUX ACTIVITES DE VACCINATION DE ROUTINE DANS LE DISTRICT DE TONE TOGO : ETUDE CAS TEMOIN

Transcription:

ENQUÊTE D ACCEPTABILITÉ DE LA VACCINATION ANTI-HPV K 28 M. KOKOTEK, I. GENEVOIS, P. BOURDEAU, A. NIAKATE, S. QUELET

La vaccination anti-hpv est recommandée en France pour les jeunes filles âgées de 14 ans depuis 2007 En 2009 la Ville de Paris lance une campagne de vaccination gratuite par le vaccin quadrivalent Gardasil destinée aux parisiennes La perception de cette vaccination par les parents et particulièrement par les mères ainsi que leur propre attitude en matière de dépistage du cancer du col utérin semblent être des déterminants importants de l acceptation de ce vaccin Objectif de l étude: Description et évaluation du profil socio-économique et des comportements en matière de dépistage des mères des adolescentes se faisant vacciner contre l infection à Papillomavirus Humains

MATÉRIEL ET MÉTHODES Il s agit d une étude épidémiologique, descriptive, prospective multicentrique (4 centres de vaccinations parisiens) période d inclusion: octobre 2011 à mars 2012 (6 mois) déroulement de l enquête: un auto-questionnaire anonyme est remis à chaque accompagnant lors de la 1 ère visite tous les questionnaires remis ont été inclus dans l étude les données concernant les mères n ont pu être reliées à celles de leurs filles du fait de l anonymat Limites de l enquête: Absence d association entre les caractéristiques des mères et des filles Biais de recrutement: uniquement mères de jeunes filles vaccinées

RÉSULTATS 204 questionnaires inclus âge moyen des mères: 46 ans Pays de naissance: 35% en Europe dont 19% en France, 17.7% en Afrique subsaharienne, 13.3% au Maghreb, 6.4% en Asie (figure 1) Statut d assuré social (SAS): Sécurité sociale (SS) + Mutuelle: 42%, CMU: 10%, AME: 2.5% (figure 2) 46% des mères ont un emploi motif de la vaccination: 13.7% sur les conseils d un médecin (MT et/ou Gynécologue), 36.8% car c est un vaccin «anti cancer», 6.9% car le vaccin est inscrit au calendrier vaccinal, 1.5% car le vaccin est gratuit ( figure 3) Suivi médical: 60.8% ont un médecin traitant (MT), 55% ont un gynécologue Pratiques en matière de dépistage du cancer du col utérin: 53.4% des mères ont réalisé un frottis cervicovaginal (FCV) durant les 3 dernières années (selon les recommandations en France) Couverture vaccinale par le DTP: 40% Dépistage du cancer du sein par mammographie: 93% des mères âgées de plus de 50 ans ont fait une mammographie durant les 2 dernières années Antécédents (ATCD) d anomalies cytologiques au FCV et de cancer du col utérin (personnel et familial): près de 11% ont des ATCD de FCV anormaux, 1.5% ont un ATCD personnel de cancer du col utérin, 2.5% un ATCD familial de cancer du col ATCD personnel et familial de cancer du sein: 1.5% ont un ATCD personnel de cancer du sein, 2.5% un ATCD familial de cancer du sein

Figure 1 Pays de naissance des mères Figure 2 Statut d assuré social 35% 18% 6% 36% 10% 2% 13% 24% 2% AFRIQUE ASIE AM SUD EUROPE EX URSS MAGHREB NR 2% 10% AS AS+M CMU AME NR AS: Assuré social M: Mutuelle CMU: couverture médicale universelle AME: Aide médicale d Etat NR: non renseigné 42%

Figure 3 Motif de la vaccination 45% 41,2% 40% 36,8% 35% 30% 25% A vaccination «anti cancer» B vaccination recommandée par un médecin C vaccination inscrite au calendrier vaccinal français D vaccination gratuite NR Non renseigné 20% 15% 10% 5% 13,7% 6,9% 1,5% 0% A B C D NR

DISCUSSION Effectif très faible: Enquête de courte durée Faible taux de réponse aux courriers proposant la vaccination Profil socio-économique des mères: Population majoritairement née en Europe, avec assurance maladie (non CMU non AME), et pour moitié ont un emploi La majorité des mères: Sont déjà sensibilisées au cancer du col utérin Sont déjà bien suivies par un MG et/ou un gynécologue Ont déjà eu un frottis cervico-vaginal dans les 3 dernières années Pour celles âgées >50 ans, bien suivies pour le dépistage du cancer du sein. En revanche seule 40% sont à jour du DTP. Mission première des centres: prévention avec une attention particulière pour les sujets jeunes et/ou précaires Or, en majorité, foyer familial non précaire, bon niveau socio-économique Entourage maternel bien informé sur le cancer du col Ces adolescentes auraient sûrement bénéficié du vaccin même sans cette campagne (MG, gynécologue) Comment toucher plus les jeunes femmes défavorisées?

CONCLUSION La population étudiée a un bon accès aux soins et un niveau socio-économique satisfaisant au regard de la couverture sociale. L adhésion au dépistage du cancer du col de l utérus par la réalisation régulière de FCV est bonne (53,4 %vs 57%en population générale française en 2011). La vaccination anti-hpv des jeunes filles est fortement corrélée au comportement de leur mère (notamment réalisation de FCV), comme l ont démontré les études américaine en 2009 [1] et belge en 2011 [2]. Il apparait que les adolescentes qui se font vacciner sont potentiellement celles qui seront ultérieurement compliantes au dépistage du cancer du col de l utérus par FCV Il serait souhaitable d établir une stratégie plus efficace pour toucher les populations les moins informées et les plus précaires et donc les plus à risque. [1] Chao C, Slezak JM, Coleman KJ, Jacobsen SJ, Papanicolaou screening behavior in mothers and human papillomavirus vaccine uptake in adolescent girls. Am J Publ Health 2009 Jun; 99(6): 1137-42. [2] Lefevere E, Hens N, Theeten H, et al. Like mother, like daughter? Mother s history of cervical cancer screening and daughter s Human Papillomavirus vaccine uptake in Flanders (Belgium). Vaccine 29 (2011); 8390-8396.