Le langage de la carte



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Transcription:

Le langage de la carte Introduction à l écriture cartographique et à la sémiologie graphique Lætitia Perrier Bruslé Anne Hecker U303

Présentation Laetitia.perrier-brusle@univ-nancy2.fr http://laeti.perrierbrusle.free.fr

Objectifs Objectif 1 : Comprendre (et maîtriser) le langage de la carte Objectif 2 : Maîtriser la sémiologie graphique Objectif 3 : Maîtrise des techniques manuelles de cartographie

Organisation de l enseignement 1 ère partie théorique : sémiologie graphique et cartographie thématique 2 ème partie pratique : Approche de différentes techniques cartographiques Discrétisation Simplification et représentation d une donnée nominale Jeux de couleurs et de trame Cercles proportionnels Diagramme triangulaire etc.

Bibliographie Un livre théorique BERTIN, J (1999, 1 ère éd. 1967) Sémiologie graphique

Deux manuels BEGUIN M. PUMAIN D, (2005, 1 ère ed. 1994) LE FUR, (2007, 1 ère ed. 2000)

Questions pratiques Évaluations Devoir sur table (coef.3) Dossier de cartes (coef.3) Cartes ramassées en fin de séance (coef.1) Dossier personnel (coef.2)

Matériel Machine à calculer (pour extraire les racines carrées, donc pas un téléphone portable, mais un ordinateur portable avec Excell peut aussi faire l affaire) Papier calque, papier blanc, papier millimétré Stylo encreur noir fin (type Rotring ou moins cher le Pilot V5) Crayon de papier (porte-mine) et une gomme Crayons de couleurs (et pas 3 qui se battent en duel!) Trace cercle ou compas

Séance 1 : Réflexions sur la carte Quel est la spécificité du langage cartographique?

I Qu est-ce qu une carte

Préambule : la carte est un objet historique Sa définition varie donc dans le temps en fonction des usages et des auteurs Exemple 1 : Carte en T et O (époque médiévale) Le plus ancien exemple imprimé de carte en T : la première page du chapitre XIV de l'etymologiae (D isidore de Séville VIIeme siècle) Par Guntherus Ziner, Augsburg, 1472

Exemple 2 : Portulans Ici Carte nautique portugaise de l'océan indien, dite Atlas Miller (1515-1519). Illustration parue dans le Courrier de l'unesco, Les arpenteurs de la terre, juin 1991.

Exemple 3 Carte d explorateur Ici Americae sive qvartae orbis partis nova et exactissima descriptio /1562 ; Gutiérrez, Diego, fl. 1554-1569.

Définition «Une carte est une représentation géométrique, plane, simplifiée et conventionnelle de tout ou partie de la surface de la terre et cela dans un rapport de similitude convenable qu on appelle l échelle.» (JOLY, 1976, La cartographie)

Un point important La carte traduit le regard porté par un cartographe sur la surface de la terre à un moment donné.

Définition La carte est une représentation plane simplifiée et conventionnelle de tout ou partie de la surface du globe. Elle est le regard porté par un cartographe sur la surface de la terre à un moment donné.

Fonctions de la carte Exprimer une information géographique Servir à l analyse (et donc à la production d information géographique)

Exemple de mauvaise carte

Les clefs pour réussir une bonne carte Lecture globale Appréciation rapide de l idée principale transmise par la carte Lecture moyenne Compréhension rapide de l ensemble des figurés sur la carte Lecture détaillée Possibilité de recueillir une information précise sur chaque point de la carte

II Les habits de la carte

5 éléments fondamentaux 1. Le titre 2. La légende 3. L échelle 4. L orientation 5. La source

Le titre Source :Robert S. 2007, Le paysage visible de la Promenade des Anglais à Nice: essai d une représentation cartographique dynamique, in Mappemonde n 86, http://mappemonde.mgm.fr/num14/index.html

La légende Perrier Bruslé L. 2005, p. 576

III Pré-requis avant de réaliser une carte Les choix initiaux qui président à la réalisation d une carte

S interroger La carte est-elle le meilleur mode d expression pour l information géographique que je veux traduire? Quel but? : démonstratif, analytique, prosélyte etc. Quel public? : scientifique, générale, enfants Quel fond de carte? Choix de la projection graphique Quelles données représenter? Comment les sélectionner?

Comment faire une carte : les deux étapes fondamentales 1. Identifier la variable à représenter 2. Déterminer le mode de représentation de la variable

1) Identifier la donnée Variable qualitative Variable quantitative Ordonnée Nominale Relative Variable de taux Absolue Variable de stock

Variable qualitative Variable qualitative nominale : Ensemble de variable n ayant entre elles aucun ordre a priori. Ex : la branche d activité, la couleur etc. Variable qualitatif ordinal : Ensemble de variables que l on peut classer par ordre croissant ou décroissant Ex : Petit, moyen, grand Ex : 1 er, 2 ème, 3 ème (sans qu on ne sache rien de ce qui distingue le 1 er du 2 ème )

Variable qualitative Les variables expriment des quantités issus d une mesure (ex : superficie) ou d un dénombrement (ex : nombre d enfant par ménage). Variable de stock (absolue) : Exprime une quantité concrète. Variable de taux (relative) : Exprime un rapport entre deux valeurs

2) Déterminer le mode de représentation de la variable : l implantation Ponctuelle Linéaire Villes x x x Route Rivière Zonale Com

2) Déterminer le mode de représentation de la donnée : la figuration BEGUIN et PUMAIN, 2000

2) Déterminer le mode de représentation de la donnée : la variable visuelle C est le point clef : après avoir défini l implantation et la figuration, il faut choisir la variable visuelle. Elle va permettre d exprimer visuellement l importance de la donnée.

IV Les variables visuelles

2 règles d or Le type de donnée et le type d implantation déterminent la variable visuelle La seule variable possible pour une donnée quantitative absolue (de stock) c est la taille.

7 variables visuelles 1. La couleur 2. La forme 3. Le grain 4. La valeur 5. L orientation 6. La trame 7. La taille

4-1 La couleur

1- La couleur : avantages/inconvénients Avantages : Esthétique Immédiatement et fortement perceptible Exprime des qualités différentes Inconvénients : Efficace surtout pour les représentations surfaciques Difficile d utilisation

1- La couleur : règles d utilisation La gradation de l information nécessite de connaître la composition de la couleur. Deux moyens existent pour graduer l information. Les camaïeux La gradation harmoniques

Composition de la couleur 1) NUANCE ou Le TON Fonction de la longueur d onde de la lumière Définition physique de la lumière = Couleur fondamentale Une rose rouge réfléchit les rayons rouges de la lumière et absorbe les bleus et les verts.

Composition de la couleur 2) VALEUR (ou INTENSITE) Impression physiologique de clarté produite par la couleur Il est possible de mesurer cette intensité (en fonction des flux émis par la couleur). Forte intensité Faible intensité

Composition de la couleur 3) SATURATION Exprime le niveau de vivacité d une couleur par rapport aux couleurs du spectre lumineux.

La gradation de la couleur 1) Les camaïeux On varie la saturation en restant dans le même ton (ou nuance) et la même valeur. Ex : du bleu foncé au bleu clair pour la qualité des eaux de baignades. Ex : du rouge foncé au rouge clair pour la densité de population.

Exemple de camaïeux La densité par états au Canada

La gradation de la couleur 2) La gradation harmonique Elle est fondée sur la valeur (ou intensité des couleurs). Gradation harmonique couleurs chaudes Gradation harmonique couleurs froides

Erreurs courantes lors de la gradation 1) Tenir compte de la valeur (ou intensité) mais pas de la saturation. Ex : du violet > rouge > orange > jaune : bonne gradation de la valeur. Mais le rouge est plus foncé que le violet : mauvaise gradation de la saturation. 2) Mélanger les tons froids et les tons chauds. Vous ne pouvez mélanger les deux que dans le cas de valeurs négatives et positives 3) Mêler un camaïeu et une gradation harmonique Ex : 3 tons de orange, puis du rouge.

4-2 La forme Deuxième variable visuelle

Différentes formes de formes Symbolique Conventionnelle Géométrique

Règles d utilisation Ne pas multiplier les formes Les réservez pour représenter des informations qualitatives en implantation ponctuelle ou linéaire.

4-3 La texture/structure 3 ème variable visuelle

Définition La texture ou structure est une variable visuelle proche de la forme puisqu elle repose sur le choix d une forme que l on répète de manière régulière pour recouvrir une surface. Trame points Trame traits Trame diverses

4 éléments de variations de la structure La forme = l élément graphique qui constitue la trame Ex : Point, ligne, tirets etc. La répartition et l écartement = disposition des éléments et distance entre deux éléments de la trame Ex : deux petits traits, un grand, deux petits L orientation : Ex : hachures verticales, horizontales, en biais La graisse = l épaisseur des éléments Ex : des petits points, des gros points etc.

Règles d utilisation de la texture Elle est adaptée à l implantation zonale et permet de différencier des variables qualitatives. Sur une carte en noir et blanc c est le seul moyen de distinguer des variables qualitatives non ordonnées à condition de ne pas introduire une gradation (plus claire ou plus foncée). Ex : les différentes langues parlées dans un pays. Ex : les couverts forestiers (chênes, hêtres etc.) Utilisée avec la couleur elle permet de distinguer les types de variables Ex : dans les verts : variation de la texture structure permet de distinguer la densité du couvert végétale, dans les bruns : le type de modelés géomorphologiques Elle est très utile pour introduire une double progression en noir et blanc : Ex : vous voulez traduire les différentes essences d arbres dans une forêt, ainsi que l âge des arbres. La taille des éléments permet de hiérarchiser (plus les traits et les points seront gros, plus les arbres seront vieux)

4-4 Le grain Troisième variable visuelle

Le grain La variation de grain s obtient par agrandissement ou réduction d une structure/texture (avec un rapport noir/blanc constant). Variation de grain dans une structure trait Variation de grain dans une structure point

4-5 La valeur Cinquième variable visuelle

La valeur : définition La valeur est définie comme le rapport entre les quantités de noir (ou de couleur) et les quantités de blanc sur une surface donnée. Exemple 1 : Camaïeu de bleu Exemple 2 : Variation de la valeur par jeux de structure

Règles d utilisation Interdite pour une variable quantitative absolue ou une variable qualitative non ordonnée car elle traduit une progression. Les valeurs claires (proches du blanc) traduisent une moindre présence du phénomène représenté. Elle est utilisé pour les variables quantitative de taux (ex : pourcentage de population connectée à internet). La valeur blanc signifie le plus souvent l absence d information.

4-6 L orientation Sixième variable visuelle

Définition de l orientation L orientation définie l angle que fait un figuré linéaire avec la verticale. Variation de l orientation des hachures

Règles d utilisation Attention : c est une variable qui est souvent difficilement perceptible. Exemple : variation dans l orientation des points.

4-7 La taille Dernière variable visuelle

Définition Variation de la taille (hauteur, longueur, épaisseur) d un objet : qu il s agisse d une représentation ponctuelle (forme) ou linéaire (ligne). Variation de la taille : forme Variation de la taille : ligne

Règles d utilisation La taille est limitée par la surface minimale du signe perceptible (cercle : 0,2 mm) Ne s utilise que pour des données quantitatives absolues ou qualitatives ordinales C est la seule variable visuelle employée pour une donnée quantitative absolue, car elle est la seule à traduire directement des quantités.

En résumé sur les variables visuelles

Les variables visuelles selon l implantation et la nature des données