Hommage à un ancien ébéniste et sculpteur de la rue Saint-Denis



Documents pareils
Hôtel Plaza Québec Les hôtels JARO

COMMUNIQUÉ. LA CDEC ROSEMONT-PETITE-PATRIE DÉVOILE LES LAURÉATS DE LA 5 e ÉDITION DU CONCOURS ENTREPRENEURS EN ACTION!

Archivistes en herbe!

ARCHITECTURE ET DECORATION RAPPORT DE STAGE - CLASSE DE 3E DU 14 AU 18 DECEMBRE 2009 THOMAS MASSONNEAU

e ANNIVERSAIRE DE LA PAROISSE DE LA-VISITATION-DE-LA-SAINTE-VIERGE DE POINTE-DU-LAC

Hôtel de Caumont. Centre d Art - Aix-en-Provence DOSSIER DE MÉCENAT

13 ième Assemblée générale annuelle de la Bibliothèque municipale de Rivière-Ouelle Mardi le 21avril 2015, 19h30

Un état descriptif de 1776 nous permet de mesurer la qualité de la conservation du bâtiment conçu par Mathurin Cherpitel.

Le château de Versailles Architecture et décors extérieurs

ATELIERS D ARTS à Paris

Trousse des nouveaux arrivants. Impôt sur le revenu. Feuilles de travail

Musée Jacquemart-André

Taxes (annuelles) Dépenses/Énergie (annuelles) Évaluation (municipale) Pièce(s) et Espace(s) additionnel(s) No Centris (En vigueur)

Journée sans maquillage : une entrevue entre ÉquiLibre et ELLE Québec

Crédit photo : Troyes Expo Cube

Guide d accompagnement à l intention des intervenants

TABLE DES MATIÈRES. 1.1 Introduction Profil des familles de Stanstead Nature de la politique 3. Volet 1 : Prendre racine à Stanstead

Agence Nationale de l Artisanat (ANA), Congo. Mission de compagnonnage artisanal vannerie. Sommaire

Marie-Anne Barbel ou l exemple d une femme d affaires du XVIIIe siècle Samantha ROMPILLON

Mes grands-parents à La Havane en 1957

Politique de location de salles

Maison au bord de l eau 5 chambres Piscine Jacuzzi Dock A proximité immédiate du Normandy Shores Golf Club.

Si c était une machine, ce serait un ordinateur génial pour voyager dans le temps et vers les autres continents.

Est-ce que les coopératives d habitations sont des résidences universitaires traditionnelles?

Quand je ferme les yeux et que je me projette dans 10 ans, je me vois mener une séance de «brainstorming» bien animée autour d'une table ronde, dans

Le passé composé. J ai trouvé 100 F dans la rue. Il est parti à 5 h 00.

DOSSIER DE PARTENARIAT

Discours à la communauté d affaires française Montréal, 6 février 2014 Résidence du Consul général

SAINT-LUC TOURNAI ÉBÉNISTERIE. Enseignement Secondaire Professionnel

CONSOLIDATION des ESPACES OUVERTS

On a changé de. de l Association des MBA du Québec RÈGLEMENTS DE SÉLECTION DES LAURÉATS ET D OCTROI DU PRIX. Édition 2015

Maison, actuellement bureaux

BOURSES D ÉTUDES ACCESSIBLES À LA COMMUNAUTÉ DES FC

PREPARER SA VISITE AUX «COULISSES DU BATIMENT» Livret destiné aux collégiens et lycéens visitant les chantiers et ateliers

COLLABORATEURS CLINIQUES

devenez mécène Soutenez la Fondation pour le rayonnement du Musée de Montmartre DE MONTMARTRE JARDINS RENOIR fondation pour le rayonnement du

Le SEUL Salon d Automne à Montréal!

ÉTUDE DE CAS L heure des choix a sonné pour les Résidences Enharmonie de l Office municipal d habitation de Montréal (OMHM)

Le Château de Kerjean est classé monument historique

Étude publique sur Montréal, métropole culturelle

Activités autour du roman

[HDA HDA] La Statue de la Liberté au Musée des arts et métiers NOM : PRENOM : Source photo : wikipedia.org. Parcours élève CORRIGE

Campagne DENIER Campagne Denier 2015 Diocèse de Fréjus-Toulon Page 1

Les bonnes pratiques du recrutement en ligne

Dernière chance de participer au concours de photo du Comité ZIP Les Deux Rives

Prix de la bourse commémorative communautaire Kim Halliday. (Une division de la bourse commémorative Ron Smyth)

PRÉSENTATION DU PROGRAMME 2014

Recommandez Sunrise. Un partenaire de confiance.

À QUOI SERVENT VOS DONS

Utilisez les mots-ressources pour identifier les parties de la tête selon les numéros.

Réaménagement de la place d Armes Idée maîtresse et proposition d aménagement Présentation à la Table de concertation 12 avril 2010 (révision 21 juin

Le Relax Hôtel & Restaurant, Mahe

Un autre regard sur. Michel R. WALTHER. Directeur général de la Clinique de La Source 52 INSIDE

Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie)

Vous fournissez un service d aide à domicile

Grisaille décorative (baie 25)

Année 10. Numéro 36. Octobre Message du président

Rapport de fin de séjour Mobilité en formation :

INVESTIR À propos de Banque Nationale Courtage direct. Prenez le contrôle avec Banque Nationale Courtage direct

VENTE DE PRESTIGE D ART DECO. 28 mai 2013

1 POSTE Commis syndicat

QUIZ LA PETITE HISTOIRE DE L ÉCONOMIE SOCIALE AU QUÉBEC

POUR SE RASSEMBLER, SE RECUEILLIR ET. se souvenir. VOTRE REGISTRE FAMILIAL

Bienvenue chez desjardins. le premier groupe financier coopératif au canada

Information, réseautage et concertation. Services administratifs

EOI ARUCAS DEPARTAMENTO DE FRANCÉS DOSSIER LA VILLE ET LES PRÉPOSITIONS DE LIEU

Document d information n o 4 sur les pensions

Pierre TREMBLAY et Ozanne ACHON

Régime de réinvestissement de dividendes et d achat d actions pour les actionnaires

L endettement chez les jeunes Rapport final

un lieu d exception pour goûter l art de vivre en bretagne

Lumière sur le dossier de crédit

1. La famille d accueil de Nadja est composée de combien de personnes? 2. Un membre de la famille de Mme Millet n est pas Français. Qui est-ce?

Pour connaître mes collègues journalistes. Références

23. Le discours rapporté au passé

Statistique des permis d'urbanisme. Modèle II

Théâtre - Production théâtrale Description de cours

Musée de paléontologie et de lʼévolution. Un laboratoire en pleine expansion Campagne de financement 2014

COMMUNIQUÉ LA CULTURE AUTREMENT. Pour diffusion immédiate

Bienvenue à Rennes Métropole.... médiévale, royale, festive, créative, champêtre, gourmande, culturelle...

Projet pour la création de nouveaux ateliers d artistes à Marseille, Association ART 13. I Etat des lieux

Location de tracteur avec chargeur :

ACQSION 2% d honoraires 10, rue de SUEZ Marseille RCS Marseille

Les dépenses admissibles du travailleur autonome

centre courrier et bureau d'aix-les-bains Victoria

FICHE : BIBLIOTHÈQUE ET SALLE D EAU

Le Domaine sur le Vert

Devenez point de chute d une ferme du réseau québécois d agriculture soutenue par la communauté (ASC)

Guides de Tangerine sur les finances personnelles. Prise de possession. Points à considérer lors de l achat d une première propriété

Mesdames et Messieurs,

INTRODUCTION PRÉSENTATION AUX CITOYENS 28 AOÛT. - Propriétaire du 3500 St-Jacques

Section 1 - Étudiants internationaux

pôle position Le 7250 Mile-End allie emplacement pratique et choix stratégique.

DÉCOUVREZ NOS SERVICES

PRÉSENTATION DE L ÉCOLE LÉCOLE POLYTECHNIQUE

Manoir de l île aux loups LE MANOIR. de l île aux loups. Été comme hiver à Nogent sur Marne

Résidence Saint Jean

Hôtel du Petit Moulin

Issoudun, Ensemble avec Fierté Bureau Municipal 314, rue Principale Tél. :

Descripteur global Interaction orale générale

Transcription:

Hiver 2010-2011 Vol. 5, N o 4 www.histoireplateau.org COÏNCIDANT AVEC SON CINQUIÈME ANNIVERSAIRE : LA SHGP EMMÉNAGE AU MONASTÈRE VOIR PAGE 3 Albert Le Bigot, artisan du bois dans le Plateau-Mont-Royal pendant 22 ans Hommage à un ancien ébéniste et sculpteur de la rue Saint-Denis Albert Le Bigot et son fils Joël Le Bigot en 1984. ( Photo : Jean-Pierre Karsenty, archives de Radio-Canada. ) Sommaire La SHGP emménage au monastère..... 3 La Maison Raoul Vennat......... 4 Restaurant Ma-Am-M Bolduc..... 6 Devenez membre 16 Dossier : Histoire du meuble Les Barricades mystérieuses...... 7 Michel Lessard, historien du meuble..... 9 Jean Dutin, sculpteur sur bois........ 10 Les Ateliers Pistono et Fils... 11 Albert Le Bigot, ébéniste.. 13

Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal ÉVÉNEMENTS / PROJETS TRAVAUX À LA MAISON DE LA CULTURE L ÉDIFICE, construit en 1896 et situé au 465, avenue du Mont-Royal, abrite la maison de la culture et la bibliothèque du Plateau Mont-Royal. La Ville lui refait une beauté selon les normes strictes de protection du patrimoine, avec une restauration des escaliers, fenêtres et façade. Cet ancien pensionnat réservé aux jeunes filles a été dirigé pendant 75 ans par la Communauté des Sœurs de Sainte-Croix. CÉGEPS : L HISTOIRE EN VOIE DE DISPARITION LE DEVOIR du 25 novembre 2010, sous la plume de Lisa- Marie Gervais, fait un bien triste constat de l enseignement de l histoire au niveau collégial au Québec. Après la disparition de l histoire des patriotes et une association de professeurs d histoire qui adopte un nom aussi loufoque que «des conseillers en univers social», les statistiques sont alarmantes : 95 % des étudiants n auront jamais suivi aucun cours d histoire du Québec, selon une étude de la Fondation Lionel-Groulx. LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE FRANCO-AMÉRICAINE AUX 17 E ET 18 E SIÈCLES, c est par bateaux que nos ancêtres se déplaçaient d un endroit à l autre. Au 19 e siècle, ils n utilisaient pas les barges des canaux creusés par une main d'œuvre en majorité irlandaise (Lachine, Lac Érié, Lowell) car celles-ci sont devenues vite démodées comme moyen de transport. Au 19 e siècle et au début du 20 e, la «Grande Saignée» du Québec ne se fit ni par auto ni par avion, mais surtout par train. Des trains allaient quotidiennement de Montréal à Boston, bondés de familles «canadiennes». Y en avait-il du Plateau Mont-Royal? Du Grand Montréal? Le savoir pourrait nous intéresser mutuellement. Pour plus d information sur la Société historique franco-américaine ou pour recevoir un formulaire d adhésion, écrivez à Roger Lacerte, président : rogerlacerte@yahoo.com. FILM SUR JEANNE MANCE À TÉHÉRAN LA FOLLE ENTREPRISE, sur les pas de Jeanne Mance, le film documentaire réalisé par Annabel Loyola, poursuit sa lancée outre-atlantique, de la France jusqu à Téhéran, où, lors du Festival international du film documentaire Cinéma Vérité, une lettre du maire Gérald Tremblay rendant hommage au film a été publiée dans la presse iranienne. Travaux en cours à la maison de la culture. PHOTOS ANCIENNES AU CAFÉ DES BOIS DANS LE CADRE du projet Un appel à la mémoire du Village De Lorimier, avec la SDC Mont-Royal en juin dernier, la SHGP a contribué par un choix de textes à saveur historique à une exposition de photos anciennes qui ont été affichées dans les vitrines des marchands pendant près de trois mois. Ces photos ont été exposées par la suite au Café des Bois, 2296, avenue Mont-Royal (au coin de la rue Fullum). COLLOQUE L AMÉRIQUE FRANÇAISE LA FÉDÉRATION HISTOIRE QUÉBEC et la Fédération québécoise des sociétés de généalogie tiendront un congrès majeur sur l histoire, le patrimoine et la généalogie de l Amérique française. L événement se déroulera au Palais des congrès de Montréal, du 20 au 22 mai 2011. Richard Ouellet est président du conseil d administration de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal. Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 2

Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal La Société d histoire emménage au centre de services communautaires du monastère Tout un cadeau que notre société d histoire recevait le 26 novembre au matin. Un téléphone de Pierre Marquis, directeur du centre communautaire, nous annonçant que la candidature de la SHGP est retenue pour loger dans son centre, lieu presque mythique du mouvement communautaire du Plateau, adjacent au monastère de l avenue Mont-Royal. Heureux qui comme Ulysse La SHGP acquiert ses lettres de noblesse en matière de logement. Richard Ouellet C RÉÉE EN JANVIER 2006, la SHGP était logée à l école Jeanne-Mance depuis l année qui a suivi sa fondation. Le local à Jeanne-Mance avait l avantage d être gratuit mais, étant situé dans la bibliothèque de l école, les horaires d ouverture limitaient notre travail et ne permettaient pas d'offrir les services d'archives à nos membres et à la population. La Maison de la Poésie, qui occupait deux locaux au 3 e étage, a pris la décision de déménager en décembre 2010. Un processus d appel d offre a été lancé auprès des organismes communautaires, et la SHGP a mis l accent sur sa volonté d offrir ses services de recherche en histoire dans le quartier. Elle a été bénie des dieux et choisie. Un futur centre de documentation et un appel aux bénévoles Parmi ses projets liés à l emménagement au centre de services communautaires, situé au 4450, rue Saint-Hubert, la SHGP souhaite la mise sur pied d un centre de documentation spécialisé sur l histoire du Plateau-Mont-Royal. Notre outil de départ : la collection presque complète des journaux du Guide Mont-Royal. Ce journal fondé en 1938 et distribué jusqu en 1995 fut le précurseur du journal Le Plateau des Éditions Transcontinental. Un défi de taille attend notre société d histoire dans ces nouveaux locaux. Un centre de documentation exige une mobilisation de nombreux bénévoles, dans des tâches aussi variées que la numérisation de photos anciennes, la mise en place d un système informatique, l embauche probable d un archiviste, et la poursuite de la cueillette de documents et de témoignages auprès de la population. Le centre de services communautaires du monastère Un appel aux résidants du quartier et aux férus de l'histoire du Plateau est donc lancé aujourd hui. Joignez-vous à nous et venez nous proposer vos services. L histoire se souviendra de vous un jour. Remerciement à Pierre Marquis La SHGP tient à remercier chaleureusement Pierre Marquis, directeur du centre de services communautaires du monastère, ainsi que le conseil d'administration, qui ont assuré le suivi de la candidature de la SHGP depuis sa demande initiale en septembre 2010 jusqu'à la réponse finale le 26 novembre dernier. Pierre Marquis a été directeur durant plus de 20 ans du Comité logement Plateau Mont-Royal, permettant à de nombreux locataires du Plateau de garder leur logement. À titre de responsable de deux Éco-quartiers, il a œuvré pour le recyclage et le compostage, l embellissement de ruelles (Ruelles vertes), le projet des Murales pour contrer les graffitis, la problématique du stationnement dans l Est du quartier. Depuis 2003, il assume la direction du Centre de services communautaires du Monastère dont il est l un des instigateurs. Le but principal est de soutenir le travail des organismes communautaires de l arrondissement. Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 3

Saint-Denis entre Roy et des Pins Un bloc de maisons chargé d histoire Pierre Vennat C EUX QUI CHAQUE JOUR arpentent la rue Saint-Denis, entre Roy et Cherrier, ne peuvent manquer d apprécier la vue du magnifique complexe que constitue, du côté est de la rue, l ancienne Institution des Sourdes et Muettes avec ses beaux murs de pierre et son dôme, maintenant le siège de l Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Ce que plusieurs ne savent pas, toutefois, c est que derrière les vitrines voyantes des commerces et l allure un peu délabrée de logements dans le petit bloc d édifices du côté ouest de Saint-Denis, entre Roy et des Pins, se cache tout un pan de l histoire socio-économique de la métropole. À l extrémité nord, on retrouve l ancienne succursale de la Banque Canadienne Nationale, ancêtre de l actuelle Banque Nationale du Canada, un de ces nombreux édifices bancaires de la première moitié du 20 e siècle, à l architecture typique et qu on retrouvait presque à chaque coin de rue important de la rue Saint-Denis entre Crémazie et Sainte-Catherine et que les guichets automatiques ont fait disparaître et transformé en commerces, restaurants et même lieux de culte de toutes sortes. Au-dessus, on trouvait les bureaux du Dr Paul Letondal, pédiatre de réputation internationale et fondateur de l Association des pédiatres du Québec à qui l on a donné le nom du prix que cette association décerne annuellement au meilleur pédiatre du Québec. Deux maisons plus loin se trouvait le modeste immeuble où fut fondé l hôpital Sainte-Justine en 1907, à ce qui était alors le 604 avenue Saint-Denis. C est là que la première femme médecin canadienne-française, le Dr Irma LeVasseur et Mme Justine Lacoste-Beaubien inaugurent ce qui est maintenant la célèbre institution du Chemin de la Côte Sainte-Catherine et qui à l époque comptait 12 lits, répartis sur trois étages. Les magasins de la maison Raoul Vennat, rue Saint-Denis : illustration publiée dans son Album de Broderie. Plus tard, l'édifice de l'hôpital fut démoli et remplacé par l'immeuble logeant la Société canadienne d opérette. On peut d ailleurs encore déchiffrer le nom de cette institution sur la porte d entrée. Fondée le 14 juillet 1921, son but était de développer les aptitudes artistiques des nôtres tout en inculquant au public le goût de la belle et saine musique et de travailler à la fondation d un théâtre lyrique pour les Canadiens et par les Canadiens. L édifice logeant la Société fut inauguré en 1925. En 1936, la Société céda la place aux Variétés Lyriques. ( suite à la page suivante ) Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 4

Saint-Denis entre Roy et des Pins Enfin, à l extrémité sud, juste avant l actuelle station de service, se trouvait la Maison Vennat. Comme l écrivait Johanne Watkins dans le magazine historique Cap-aux-Diamants, «la Maison Vennat, rue Saint- Denis, Montréal, ça vous dit quelque chose? Posez la question à votre mère ou à votre grand-mère. Elle vous parlera sûrement de la broderie et elle aura raison. Vennat a été la maison spécialisée en broderie au Québec au cours du XXe siècle». Les Vennat jouèrent un grand rôle dans la Le côté ouest de la rue Saint-Denis entre l avenue des Pins et la rue Roy. ( Photo : K. Cohalan ) société québécoise. Gabrielle Mellé-Vennat, épouse du fondateur, Raoul Vennat et Lui-même héros de la Première Guerre mondiale et décoré de Annette Brisebois-Vennat, sa bru, figurent toutes deux en la Légion d honneur française, il perdit ses deux fils, Jean et bonne et due place dans le André, qui tous deux avaient fait leurs études au Mont-Saintlivre de Simone Monnet- Louis, alors situé tout près rue Sherbrooke, à la guerre. Le Chartrand Pionnières québécoises et regroupements Guerre et le second, jeune père de famille de 32 ans, en tant premier jeune officier de 21 ans en 1917 lors de la Première de femmes, la première en que membre des Fusiliers Mont-Royal, le Régiment situé à tant que l une des premières femmes d affaires du raid de Dieppe d août 1942. cinq minutes de marche de la Maison Vennat sur des Pins, lors francophones à Montréal, La maison Vennat publia pas moins d une centaine de numéros fournissant de l emploi et de la Revue de Musique et de Broderie Vennat, et 24 catalogues donc de l indépendance annuels sous le nom d Album de Broderie Vennat jusqu à la fin économique à une centaine de femmes d ici, des années 1940. tandis qu Annette Brisebois-Vennat fut la première femme admise au sein de la Chambre de commerce de Montréal. quarante ans journaliste et chroniqueur à Pierre Vennat a été pendant plus de La Presse. Spécialiste de l histoire militaire du Québec, il a publié plusieurs Raoul Vennat, le fondateur, fut également l un des fondateurs livres sur le sujet, entre autres la de l Hôpital Sainte-Jeanne-d Arc à l angle de Saint-Urbain et biographie Général Dollard Ménard. De Prince-Arthur, le premier réalisateur et producteur des Dieppe au référendum. premières émissions musicales à la radio de CKAC, dès 1922 et un des fondateurs de la Société canadienne d opérette qui avait justement son siège à côté de son commerce. Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 5

L histoire de nos commerces Le Ma-Am-M Bolduc : un restaurant à l image du quartier Situé au croisement de l avenue De Lorimier et de la rue Marie-Anne, le restaurant Bolduc se retrouve au cœur de l ancien village de De Lorimier. L axe de ce dernier était l avenue du même nom, empruntée au 19 e siècle en raison de sa situation géographique : elle permettait de relier le port de Montréal aux industries du Sault-au-Récollet. Caroline Weber D EVENUE MUNICIPALITÉ en 1895, soit trois ans après l arrivée des «p tits chars», De Lorimier fut la dernière ville du Plateau à être annexée à Montréal, en 1909. À vocation surtout résidentielle, le village de De Lorimier était essentiellement concentré entre les actuelles rues Rachel et Mont-Royal. Les carrières Morrison et les abattoirs de l Est ont contribué au développement de ce secteur est du Plateau. Un restaurant pour un quartier «La qualité de vie dans un quartier est aussi liée à la présence de commerces de proximité. Ceux-ci, s ils offrent des produits et des services variés et de qualité, contribuent de façon pertinente à rendre un secteur plus attrayant.» Le restaurant Ma-Am-M Bolduc illustre parfaitement cette citation issue de Commerces du coin, quartier Sainte-Marie, Montréal, 2009, rédigée par l équipe de l Écomusée du fier monde. Né dans un immeuble des années 1900, l histoire du restaurant est le reflet de l histoire de son quartier. D abord boucherie ouverte dans les années 40 et tenue par M. Bolduc, ce commerce a élargi progressivement ses services à la demande de la population locale. Les résidents du quartier, à l ère ouvrière du Plateau, cherchaient alors des moyens rapides de se sustenter à une époque où le rythme de vie s accélérait sans cesse. La boucherie Bolduc a proposé, tour à tour, en plus de sa viande : des services de dépanneur, d épicier, puis de restauration. C est Pierrette Bolduc, la femme du boucher, qui offrait ses talents de cuisinière pour préparer les quelques plats à consommer. En 1955, vu le succès de sa cuisine et en considérant la demande croissante de restaurants dans le quartier, elle demande à son époux de fermer boutique pour ouvrir son propre commerce qu ils tiendraient ensemble : le restaurant de Mme Bolduc. Chose fut faite et le restaurant de Pierrette fut ouvert. Elle souhaitait une enseigne à l image des résidents du «Petit Plateau» et un décor très coloré, typique de cette époque, où l on proposait des plats traditionnels québécois : fèves au lard, macaroni à la viande, ragoût de boulettes, ou encore poutines Fort apprécié, le restaurant a vite gagné du succès jusqu à connaître son apogée dans les années 70. Le projet de réaménagement de l entrée du pont Jacques-Cartier en 1966 contraint à la démolition de plusieurs bâtiments sur l avenue Papineau et met à mal les commerces aux alentours. Ils ferment tous les uns après les autres dans les années 80. Non loin de là, le restaurant de Mme Bolduc connaît lui aussi des difficultés. Il est vendu par la famille en 1977, et racheté par M. Couture, qui le reprend en main et le rebaptise de son nom actuel. Ses deux fils prennent sa succession et décident de réadapter le restaurant à la population locale. Les recettes de Mme Bolduc sont conservées, puisque la clientèle est restée fidèle à la cuisine de Pierrette ; mais les menus changent, se diversifient. L histoire se poursuit, et les fruits exotiques deviennent choses courantes. Ils accompagnent désormais une grande partie des déjeuners. Les bagels, apparus à Montréal avec l implantation des communautés juives, apparaissent également dans le menu. L esprit de restaurant de quartier typiquement québécois est conservé, mais les frères Couture veulent y ajouter une dimension décontractée, colorée. L aspect artistique du lieu se développe. Des bancs de pique-nique ouvrent l espace sur la terrasse. ( suite la page 15 ) Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 6

Dossier : Histoire du meuble / André Mireault, antiquaire Un amoureux des meubles québécois À sa manière d effleurer la surface d un meuble, on sait à coup sûr qu il l aime et le respecte. André Mireault est le propriétaire de la boutique d antiquités Barricades mystérieuses située sur la rue de Bullion, au coin de la rue Duluth. Il occupe le rez-de-chaussée d une maison qui a environ 150 ans. Huguette Loubert L ES VITRINES et l entrée en encoignure sont surmontées de superbes vitraux qu il a découverts en retirant de nombreuses couches de matériaux. Son local n a été que très peu rénové et présente encore les mêmes divisions qu à l origine pour un commerce et un logement de trois pièces. Il y a quelques années, deux femmes sont venues le visiter avec émotion. Elles y avaient vécu dans les années vingt avec leur famille juive qui y tenait un magasin de coupons. Ces pièces lui servent maintenant d atelier avec son établi et ses outils d époque. C est là que depuis 1984, il entasse ses trouvailles, les répare, fait ressortir leur couleur d origine en les libérant des multiples couches de peinture qui les recouvrent bien souvent afin de leur redonner un lustre qui en fera un meuble exquis pour un nouveau décor. Il les trouve en patrouillant les campagnes autour de Montréal. Ils sont parfois cachés dans les granges, des greniers, des remises, des poulaillers. Il sait voir le trésor qui se cache même sous un aspect rebutant. Il sème ses cartes d'affaires dans les coins les plus reculés, et parfois un coup de fil lui propose un meuble qu il avait remarqué des années plus tôt Cependant, les bonnes trouvailles sont de plus en plus rares. Il est bien loin le temps où il partait dans les villages avec trois cents dollars en poche pour en revenir avec un camion chargé de meubles. Car le Québec a été écrémé de ses antiquités principalement par les Américains qui en ont garni leurs musées et leurs maisons, et par la suite, par les Québécois dans les années 1970 et 80 où le nationalisme et le retour aux sources étaient à l honneur. Avec les années, il s est entouré dans sa boutique de belles armoires, de coffres, de tables, de chaises, de commodes, d étagères, qu il a patiemment nettoyés ou décapés, tout en les surveillant de près afin de protéger la couche originale. Car la présence de celle-ci peut doubler la valeur d un meuble. Malheureusement, elle manque à beaucoup de meubles décapés jusqu au bois pendant quelques décennies au Québec Ses réparations sont minimales afin de conserver les marques d usage qui donnent du caractère au meuble. Il considère que pour bien identifier un meuble, sa couleur d origine autant que sa facture sont nécessaires. Les techniques L antiquaire André Mireault au travail dans son atelier. ( Photo : Sylvie Bérubé ) utilisées comme l assemblage et les clous à têtes carrées l aident aussi à en déterminer l âge et la provenance. Sa préférence va aux meubles fabriqués à la main ou semimanufacturés qui sont beaucoup plus intéressants à ses yeux et à ceux de sa clientèle. Son intérêt pour les meubles anciens lui est venu quand, étudiant, il travaillait pour gagner sa vie chez des antiquaires de la rue Notre-Dame qui offraient alors des antiquités québécoises plutôt que des meubles d importation comme c est le cas maintenant. Il a appris à les connaître, les reconnaître et à les mettre en valeur avec des ébénistes de la vieille époque. Il a parfait ses connaissances en épluchant entre autres, les livres de Jean Palardy et de Michel Lessard. ( suite à la page suivante ) Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 7

André Mireault, antiquaire ( suite de la page précédente ) Il mentionne qu il n a pratiquement pas de meubles anciens provenant du Plateau, car les gens se sont débarrassés il y a plusieurs décennies de leurs vieux meubles apportés de la campagne au tournant du XXe siècle, pour les remplacer par du stratifié. Par contre on peut retrouver, sur le boulevard Saint- Joseph ou la rue Christophe-Colomb, par exemple, de belles armoires de coin en bois franc ou en pin avec un faux-fini, intégrées à la structure des maisons. Les Barricades mystérieuses 4051, rue de Bullion ( angle Duluth ), Montréal 514.845.6301 / www.barricadesmysterieuses.com Diverses influences se retrouvent dans les meubles de sa boutique. On peut y voir les particularismes régionaux teintés d influences anglaises par exemple. Les meubles québécois anciens sont remarquables par leur originalité qui est le résultat de leur coupure avec leurs racines françaises, des matériaux disponibles et de l influence amérindienne pour le tressage du cuir entre autres ainsi que l utilisation des bois souples comme le frêne. Mais plus tard, les influences étrangères ont été intégrées dans la facture et la décoration. Il note par ailleurs, que tous les groupes fermés sur eux-mêmes comme les Québécois, les Acadiens ou les Amish ont développé des styles caractéristiques qui leur appartiennent en propre. Ses lustres et ses lampes proviennent souvent du Plateau et datent pour la plupart des années de la construction des maisons, soit vers 1880 et les décennies suivantes. Un magnifique lustre en cristal qui fonctionnait au gaz à l origine a été trouvé en pièces sous un bain dans une maison du Carré Saint-Louis. Une autre provenant de la rue de l'esplanade est en bois sculpté à la main et une jolie lampe de table des années 1880 fonctionnait au gaz à l'origine. Souvent, on les lui apporte avant que ces magnifiques objets ne finissent dans la poubelle, leur donnant la chance d une nouvelle vie. On peut y admirer également une belle collection d objets représentatifs de l art populaire du Québec dont des jouets touchants faits à la main avec patience et qui ont sûrement été reçus avec joie! Il montre un petit chiffonnier de poupée, un traîneau ainsi qu un jeu de bagatelle très populaire pendant la dépression des années 1930. Il est fait de bois récupéré de caisses d emballage probablement trouvées dans une ruelle à l arrière des magasins. Mais comment expliquer que sa clientèle soit à 75% de langue anglaise et non francophone? Par le manque d intérêt, de connaissances? Pourtant, dans une entrevue au Devoir, Michel Lessard dit qu un peuple qui valorise les objets de son passé se valorise lui-même Armoire faux-deux-corps en pin, vers 1850. Provenance : Basse-Gaspésie. ( Photo: Sylvie Bérubé. ) D ici six mois, il devra quitter ce local où il aura passé 27 ans de sa vie d antiquaire. Trouver un local sans s éloigner du quartier et de sa clientèle semble être impossible pour le moment. Souhaitons-lui un miracle! Huguette Loubert est membre du conseil d administration de la SHGP. Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 8

Dossier Meuble / Histoire de Montréal, meubles antiques et maisons anciennes du Québec La passion de l histoire selon Michel Lessard J étais convaincu que Michel Lessard résidait à Montréal, ayant été professeur pendant de nombreuses années en histoire de l art et en muséologie à l Université du Québec à Montréal et auteur de plusieurs livres sur l histoire de Montréal : Montréal métropole du Québec (1998), Montréal au XXe siècle. Regards de photographes (1995). Richard Ouellet L ESSARD A PLUTÔT CHOISI de s installer à Lévis, face à Québec, ville du patrimoine. Lévis, au cœur du controversé et défunt projet Rabaska, qui a vu un collectif d auteurs dont Lessard, publier le livre Rabaska, autopsie d un projet insensé. Un film documentaire avait aussi été fait sur le même sujet par le cinéaste Martin Duckworth, membre de la Société d histoire et de généalogie du Plateau Mont-Royal. Là aussi, dans la région de Québec, les publications de Lessard abondent : Le Vieux-Québec sous la neige, Québec ville de lumière, Sainte-Foy, L Île d Orléans. Son éditeur, les Éditions de l Homme, le présente comme un ethnohistorien de formation, auteur de nombreux ouvrages. Il a eu plusieurs succès de librairie : Objets anciens du Québec, La nouvelle encyclopédie des antiquités du Québec et Meubles anciens du Québec. «Je devrais faire plus d exercice, si je ne veux pas mourir», me dit-il, reconnaissant que la somme de travail réalisée depuis plusieurs décennies avec ses étudiants et son éditeur ne l a pas empêché d avoir gagné quelques livres et d avoir développé un diabète et une cécité partielle. Quand je lui parle de vélo, il acquiesce en mentionnant qu il en fait et connaît la très belle piste cyclable de la Rive-Sud de Québec, une ancienne voie ferrée longeant le fleuve, entre le pont de Québec et Lévis, offrant une vue à couper le souffle sur le cap Diamant et le château Frontenac. Les Corniches d or et les cornichons du patrimoine Les projets sont nombreux et diversifiés chez Lessard. Le Groupe d'initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM), un organisme sans but lucratif créé en 1983 dont fait partie Lessard, décerne le prix «Corniche d or» et le «prix Cornichon» chaque année, correspondant aux prix orange et citron dans les secteurs de l environnement, de la restauration et de l architecture. Lessard a aussi collaboré récemment avec le musée des religions à Nicolet, lequel a présenté une exposition unique sur le deuil, attirant l intérêt de 8000 personnes l été dernier, à travers une exposition de photos de personnages vivants et décédés. Ce n est pas du tout macabre de photographier des personnes décédées, nous dit-il. Tout est dans le travail du photographe. Michel Lessard, historien. ( Photo : Richard Ouellet ) Et dans le Plateau L histoire du meuble et des ébénistes du Plateau Mont-Royal et même de Montréal n est pas très documentée, reconnaît Lessard. En 1935, Jean-Marie Gauvreau fonde l École du Meuble, qui devient un lieu central pour l art et la culture, autour de noms célèbres comme Riopelle et Paul-Émile Borduas, lequel avait un atelier sur la rue Napoléon à l angle de Mentana. C'est là que s'est initiée la rédaction du manifeste du Refus Global publié en 1948. Un texte complet peut être lu dans le blogue de la SHGP du 9 décembre 2009. Lessard cite aussi la contribution d Alphonse St-Jacques, professeur à cette école du meuble, et l ouvrage de John Porter, sur le mobilier victorien, de 1840-1890. Les meubles anciens du Québec, dit-il, ne sont pas que les anciens coffres et armoires en pin; ceux du 20 e siècle méritent aussi d être racontés. France Rémillard, compagne de Lessard et experte en restauration d œuvre d art au Centre de conservation du Québec, s intéresse aussi à notre passé, notamment avec son ouvrage sur la préservation et la mise en valeur des cimetières. C'est d'ailleurs ce centre qui a été chargé par la paroisse Saint- Enfant-Jésus, en partenariat avec la SHGP, de la restauration ( suite la page 12 ) Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 9

Dossier : Histoire du meuble / Jean Dutin, sculpteur québécois réputé Pistono m a donné mon premier boulot de sculpteur dans le Plateau Jean Dutin, sculpteur octogénaire et toujours actif en 2010, a acquis depuis plusieurs décennies une solide réputation pour ses travaux de sculpture destinés aux ébénistes, décorateurs (restaurants, églises), fabricants de moules pour chocolatiers et, depuis 1980, pour la décoration de buffets d orgues. Richard Ouellet C EST L ATELIER de Pistono qui a offert à Jean Dutin son premier boulot de sculpteur dès son arrivée au Québec en 1951. Jean Dutin (gauche), sculpteur sur bois, dans son atelier avec Joël Le Bigot, tous deux anciens employés de l atelier Pistono. Né le 3 janvier 1928 à Vienne (près de Lyon), en France, Jean Dutin est admis à l École d Apprentissage Supérieur de Lyon en 1941 pour des études en culture générale et en dessin et du travail en atelier pour apprendre la sculpture sur bois pendant quatre ans. Il travaille comme sculpteur chez un maître artisan jusqu en 1948 et suit des cours du soir en dessin à l École des Beaux- Arts de Lyon. Il fait son service militaire dans l armée française Service du Matériel. Ensuite, jusqu en octobre 1951, il est sculpteur à Annemasse (Haute-Savoie) chez un fabricant de meubles. Fin octobre 1951, Dutin, jeune célibataire de 23 ans, arrive à Québec, après un voyage en bateau depuis le Havre, en France. Dutin se souvient de ce voyage en bateau, ce dernier partait de l Allemagne et faisait escale au Havre. Le voyage a duré 10 jours, pendant lesquels il se rappelle avoir été malade pendant huit jours. Arrivée dans le Plateau en 1951 Deux jours après son arrivée au port de Québec, il se rend à Montréal et il est engagé comme sculpteur chez Pistono et fils, un fabricant de meubles situé au 4240, rue Saint-Denis. Il y restera deux ans et connaîtra par la suite une longue carrière de sculpteur au Québec. L entreprise Pistono et fils était dirigée par le père Louis Pistono, 63 ans en 1951, fumeur de cigares, et son fils Romolo, 41 ans. Louis Pistono ne faisait pas lui-même les travaux d ébénisterie. Jean Dutin faisait partie à cette époque d une équipe de quatre sculpteurs, dont le sculpteur français Fruitoz, aidés par des rembourreurs et ébénistes. Il travaillait à partir de commandes précises d une clientèle aisée. On y fabriquait des meubles de bois massif, entre autres des tables de salon. Le bois utilisé était le tilleul, un bois mou qui était peint. Il qualifiait le style de meubles de baroque italien, très caractéristique de Pistono. La peinture empruntait un style vénitien. Dutin se souvient que pour se faire fabriquer un meuble, le client devait patienter plusieurs mois. Dutin habitait dans une mansarde, ou maison de chambre, en compagnie d un collègue de travail, Nelson Morin, au 4011, rue Saint-Denis, à l angle de Duluth. Morin était employé à la finition de meubles chez Pistono. À l époque, Dutin se déplaçait avec un petit scooter Vespa et fréquentait le restaurant chinois, rue Saint-Denis, tout près de l église Saint-Jude. Le propriétaire de ce restaurant où on mangeait du bon chicken fried rice était natif de Trois-Rivières. Les fins de semaine, il se rendait en autobus dans les Laurentides pour aller skier. Sculptures de Félix Leclerc et Gilles Vigneault par Jean Dutin. Jean Dutin rencontre sa future femme Louise Phaneuf, lors d un séjour à l hôpital et le couple se marie en 1955 et auront une fille et deux garçons. Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 10 ( suite à la page 14 )

Dossier : Histoire du meuble / Les Ateliers Pistono et fils (1920-1970) 50 ans d ébénisterie et de sculpture sur le Plateau Pistono : un nom associé au meuble de prestige, à l ébénisterie et à la sculpture sur bois pendant près d un demisiècle sur la rue Saint-Denis dans le Plateau-Mont-Royal. Le style de meubles d inspiration de la Renaissance italienne, de Louis XV et d Art déco a plu à une clientèle aisée, parmi laquelle on retrouve la mairie de Montréal et d anciens premiers ministres. Aujourd hui, au moins deux musées montréalais, le McCord et le Château Dufresne, possèdent des meubles produits par les ateliers Pistono. Richard Ouellet L OUIS-ANTOINE PISTONO est né le 20 septembre 1888 dans la ville de Chambery, dans le département de Savoie, en France, près de la frontière italienne. Son père, G. Pistono, était d origine italienne et sa mère, Claudine Quidoz, était française. Louis est leur unique fils. Il rencontre sa future épouse Maria-Antoinette Prola lors d un voyage en Italie. Celle-ci est née en 1888, la même année que son époux, à Agliè, une commune de la province de Turin dans la région du Piémont. Louis, Maria-Antoinette et leur fils Romolo, Glasgow, Québec, 1963. Un premier fils, Romolo, vient au monde en 1910 dans le département de Piémont, en Italie, alors que le couple n a que 22 ans. Durant cette période, Louis- Antoine Pistono reçoit une formation en décoration à Lyon. Nous sommes à la veille de la Première Guerre mondiale, raison qui justifie leur départ pour le Canada. Le couple arrive à Montréal par bateau en 1915 alors que Maria est enceinte d un deuxième enfant, Yvette. Dès son arrivée à Montréal, Louis Pistono travaille pour Kuidoz et Senecal, fabricants de pianos à Sainte-Thérèse. Puis, Pistono ouvre un premier atelier, situé sur la rue des Carrières. Le fils Romolo fréquente l école anglaise, le collège commercial Elie, à l angle de la rue Saint-Denis et de l avenue Mont-Royal, et s inscrit à un cours de comptabilité administrative. Il est décorateur pour l entreprise en s inspirait de revues comme l Architecture Digest. Louis Pistono aura un premier atelier au 974, rue Saint-Denis, lequel apparaît dans l annuaire Lovell de 1918, puis aux 4256 et 4240 Saint-Denis dans les années 20. La famille habitait à l étage au-dessus de ce dernier, au 4242, et Diane Pistono, la petite fille du couple, y visitait sa grand-mère, couturière. L atelier de meubles Pistono et fils était situé au 4240, rue Saint- Denis de 1925 à 1970. L antiquaire Les Puces Libres y aménagera jusqu en 2010. Le magasin Zone a racheté le local pour agrandir son commerce en 2010. Louis Pistono était l associé de M. Crépeau et on retrouvait dans son équipe Édouard Boucher, dessinateur, Albert Le Bigot, sculpteur et ébéniste, père de Joël Le Bigot, M. Quinto, ouvrier de finition, Alfred Dupras, livreur et M. Chartrand, comptable. Le logo attestant de l authenticité du meuble des ateliers Pistono. Dans la période la plus prospère entre 1950 et 1960, on comptait une trentaine d employés ébénistes, sculpteurs et ouvriers. Il semble que Louis Pistono n engageait pas les travailleurs de bois locaux ni les diplômés de l école du meuble, mais favorisait plutôt les travailleurs immigrants apportant un style venu des vieux pays. Un ébéniste réputé Le joailler antiquaire Maged Taraboulsy, de l avenue Greene à Westmount, mentionne que Pistono serait l ébéniste le plus réputé au Québec du XX e siècle. Le sénateur Serge Joyal, expert en meubles antiques, possèderait quelques croquis des meubles de Pistono. Joyal qualifie les meubles uniques de cet atelier de «style Pistono». ( suite à la page suivante ) Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 11

Les Ateliers Pistono et fils ( suite de la page précédente ) On peut découvrir quelques-uns des meubles de Pistono aujourd hui chez certains antiquaires du Plateau et de Westmount. Parmi sa clientèle se retrouvaient les familles des politiciens tels que Robert Bourassa, Joseph Simard de Sorel, Pierre Elliott Trudeau, Louis Robichaud, ancien Premier ministre du Nouveau-Brunswick, et Jean Drapeau, maire de Montréal ( dont le fauteuil est installé à l hôtel de ville ) ainsi que l architecte Ernest Cormier et la famille Desmarais. Rôle de Romolo Pistono ROMOLO PISTONO, qui avait étudié à l école anglaise, savait attirer la clientèle anglophone, et le commerce a pris l'ampleur qu on lui connaît dans les années 50. À cette clientèle anglophone s est ajoutée une clientèle juive. Romolo Pistono avait des talents de concepteurdécorateur, c est-à-dire qu avec l aide du dessinateur Édouard Boucher, il pouvait proposer au client une façon de meubler et de décorer ( choix de tissus, de styles ) une pièce ou une salle. Louis Pistono et fils, avec le départ de l associé M. Crépeau autour de 1930, est devenu Pistono décoration (donc ensemblier) jusqu à la fin. Ensemble de salle à manger et vaisselier remis en don au Musée McCord. Michel Lessard ( suite de la page 9 ) des sculptures d'olindo Gratton qui retrouveront par la suite leur place sur la façade de l'église. Parmi ses étudiantes qui se sont distinguées, Lessard mentionne le nom de Louise Dézy, conservatrice de la photographie au Centre canadien d architecture (CCA), qui a produit, à partir du dépouillement de divers journaux, un remarquable mémoire de maîtrise sur les anciens photographes du Québec. Boulimique de l édition historique, Lessard laissera sa marque auprès des prochaines générations avec la publication d une quinzaine de livres et surtout pour avoir su transmettre sa grande passion pour le passé du peuple québécois. Michel Lessard : Bibliographie La nouvelle encyclopédie des antiquités du Québec (2007) Coffret : Québec ville de lumière et Le vieux Québec sous la neige (2005) Québec (2001) Fauteuils aux consoles d'accoudoirs sculptées en forme de cygne, en bois marqueté, qui sont exposés au Château Dufresne. Louis-Antoine Pistono décède le 16 août 1976 à l âge de 87 ans et repose dans le lot familial du cimetière de Saint-Laurent, en compagnie de son épouse. Le fils Romolo décède quelques années plus tard au début des années 80 à l âge de 71 ans. Sainte-Foy (2001) Meubles anciens du Québec (1999) L'île d'orléans (1998) Québec ville du patrimoine (1998) Montréal métropole du Québec (1998) Montréal au XXe siècle. Regards de photographes (1995) ( Voir aussi les illustrations à la page 15 ) Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 12

Dossier Meuble / Albert Le Bigot, artisan du bois dans le Plateau Mont-Royal pendant 22 ans Hommage à un ancien ébéniste et sculpteur de la rue Saint-Denis Albert était de la génération des hommes qui travaillaient sept jours sur sept, mais qui ne parlaient pas, nous dit son fils Joël Le Bigot. Plutôt paradoxal, quand on sait que le fils deviendra un des grands communicateurs des ondes radiophoniques au Québec. Richard Ouellet L ÉBÉNISTE Albert Le Bigot (1920-1996) arrive au Québec en février 1948 à l âge de 28 ans, au terme d'un périple en mer sur le Queen Elizabeth, via l Angleterre et New York. Son fils Joël, né à Livarot, lieu du célèbre fromage du même nom, en Basse-Normandie, en France, n'a que deux ans à l époque. Albert Le Bigot et son fils Joël, lors de la course de voiliers Québec Saint-Malo, inaugurée en 1984. ( Photo : Jean-Pierre Karsenty, Archives Radio-Canada. ) La famille est sans le sou et emménage dans un logement au 1486, rue Préfontaine, au cœur du quartier populaire Hochelaga. La maison est toujours là. La famille Le Bigot emménage donc près du fleuve et du port de Montréal. Albert était attiré par la mer, nous dit Joël, confirmant que la passion du fils a été sans aucun doute influencée par celle du père. Albert Le Bigot vient d une génération de charrons, charretiers et d ébénistes. Celui-ci, tout comme le sculpteur sur bois Jean Dutin, est engagé dès son arrivée au Québec à l atelier de meubles Pistono de la rue Saint-Denis, au cœur du Plateau- Mont-Royal. Vers le milieu des années 50, la famille s installe dans le quartier Saint-Vincent de Paul. Albert exerce son métier d ébéniste pendant 22 ans dans cet atelier, de 1948 jusqu à la fermeture de l entreprise en 1970. Le fils Joël est aussi engagé chez Pistono au début des années 60 à l âge de 17 ans où il y travaillera pendant un an comme aide général. Il faisait les courses en compagnie de son père chez les clients, notamment à l hôtel de ville, et auprès de la clientèle fortunée de l époque qui commandait et achetait les meubles. Joël voyait son père le plus souvent lorsqu il travaillait luimême à l atelier de meubles Pistono au début des années 60, avant de commencer à travailler à Radio-Canada à l âge de 20 ans. Je le vois encore travailler de dos Albert Le Bigot était complètement dévoué à son travail d ébéniste, nous dit son fils Joël, qui étaient très proches l un de l autre. Albert voyageait à bicyclette entre l atelier de Pistono, rue Saint-Denis et sa demeure. Les salaires n étaient pas très élevés. Joël se souvient encore de le voir travailler de dos. Une image forte que Joël a gardée de son père. Un jour que son père travaillait avec la scie sauteuse, deux parties de doigts sont sectionnées. «Ah zut! je vais perdre une heure de travail». La réaction en dit long sur le paradoxe d un homme entièrement dévoué à son travail. Albert Le Bigot fabriquait des meubles, des maquettes de bateaux en bois, des jouets. Il a notamment fabriqué une magnifique armoire décorée avec les armoiries des provinces, destinée à Raymond Eudes (1912-1980), l ancien ministre et sénateur. Un jour, Albert et un autre ébéniste reçoivent la commande d un important client afin de monter deux chaises. Celle du père a tenu le coup, mais pas l autre, parce que Albert avait mis le temps de bien la concevoir et de la monter. Table avec base en chêne, fabriquée par Albert Le Bigot dans les années 70. ( Photo : Geneviève Le Bigot. ) C est pas l homme qui prend la mer «Je possède encore plusieurs de ses outils et quelques-uns de ses meubles aujourd hui» nous dit Joël, qui se demande qui en sera l héritier un jour. Albert nous quittera en 1996 à l âge de 76 ans, tandis que Émilienne, son épouse est toujours parmi nous. ( suite à la page suivante ) Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 13

Albert Le Bigot ( suite de la page précédente ) Détail de la base d'une table sculptée par Albert Le Bigot. ( Photo : Geneviève Le Bigot ) Comme le chante Renaud, «C est pas l homme qui prend la mer, c est la mer qui prend l homme». L odeur du bois et de la mer est toujours bien présente dans l esprit de la famille Le Bigot. Hommage à Albert Le Bigot «En me permettant de revisiter le passé de mes parents, vous m avez donné l occasion encore une fois de constater que j ai vécu et travaillé au plus près d un très grand artisan, dont je profite encore en vivant entouré de meubles magnifiques. Rien d héroïque dans l aventure de cette famille d immigrants, sauf le courage et la persévérance, pas si rare que ça chez les nouveaux arrivants. Nos gouvernants devraient plus souvent souligner la qualité du travail de ces artistes de l ombre et de la poussière... Comme ce sculpteur exceptionnel, M. Dutin, qui est connu chez les meilleurs des États-Unis et d ailleurs que je vous remercie de m avoir fait rencontrer». «Il y a des moments où l art atteint la grandeur du travail manuel.» ( citation d Oscar Wilde ) Joël Le Bigot, le 2 décembre 2010 Jean Dutin ( suite de la page 10 ) Une longue carrière de sculpteur Dans les années suivant son travail chez Pistono, Dutin installe son atelier dans un sous-sol à Châteauguay pour exécuter, comme artisan autonome, des travaux de sculpture pour des ébénistes, des décorateurs (restaurants, églises) et des fabricants de moules pour chocolatiers. En 1974, il déménage à Laval dans une maison plus grande avec un atelier plus spacieux. Il participe au Salon des métiers d art du Québec de 1979 à 1986. En 1980, il obtient son premier contrat pour la décoration d un buffet d orgue, qui marque le début d une longue collaboration avec les principaux facteurs d orgues de la province pour la sculpture de près de 80 buffets d orgue, installés principalement aux États-Unis, mais aussi au Canada et en Angleterre. L orgue de la chapelle du grand séminaire de Montréal. Le buffet est de chêne massif et est décoré de feuilles d'or 24k. Il mesure 11,5 m de haut par 6,1 m de large. Il est orné de huit statues provenant de l'ancienne église Sainte-Anne, démolie en 1970. Une neuvième statue au centre supérieur de l'instrument ( un berger avec deux flûtes ) est l'œuvre du sculpteur Jean Dutin. Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 14

Le Ma-Am-M Bolduc ( suite de la page 6 ) Gilles Couture, l un des frères, défend l idée que le lieu est aussi bien ouvert aux lève-tôt qu aux lève-tard, puisque selon son dogme, «le petit-déjeuner est ici servi jusqu à 22 h.» Ainsi, peuvent autant venir déjeuner au Bolduc les professionnels pressés que les artistes aux horaires de travail variables. Les prix restent les mêmes, plutôt modiques. Revendu à deux reprises, le restaurant situé au 4351, avenue De Lorimier est resté attentif à la demande locale. Les menus sont à présent orientés vers une clientèle jeune ou familiale. Chaque dimanche midi, on peut voir des enfants enthousiasmés par les pages colorées du menu, tandis que le Bolduc se fait lieu de villégiature des étudiants et jeunes actifs, désireux de commander un «lendemain de veille». À l image du Plateau, quartier ouvrier de Montréal devenue arrondissement branché du Canada, le Bolduc s est adapté, devenant l emblème d un lieu dynamique, artistique et lui aussi à la mode. Caroline Weber est étudiante en muséologie à l UQÀM. Quelques livres de Michel Lessard ( Voir l article à la page 9. ) Nos coordonnées Société d histoire et de généalogie du Plateau Mont-Royal Centre de services communautaires du Monastère 4450, rue Saint-Hubert, local 325, Montréal H2J 2W8 Tél. : 514.524.7201 info@histoireplateau.org Rédacteur en chef : Richard Ouellet Collaborateurs : Huguette Loubert, Pierre Vennat, Caroline Weber, Diane St-Julien, Caroline Cantin, Kevin Cohalan Mise en page : Kevin Cohalan Webmestre : Ange Pasquini : webmestre@histoireplateau.org Site Internet : www.histoireplateau.org Blogue : Gabriel Deschambault : www.histoireplateau.canalblog.com La Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal (SHGP) a été fondée à Montréal, Québec, le 8 janvier 2006 et est membre de la Fédération des sociétés d histoire du Québec. Dépôt légal : Archives nationales du Québec et Bibliothèque nationale du Canada. La SHGP est un organisme de bienfaisance, N o 85497 1561 RR0001. Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 15

Luc Ferrandez Maire de l arrondissement du Plateau-Mont-Royal 201, avenue Laurier Est, bureau 120 Montréal H2T 3E6 Tél. : 514 872-8023 Courriel : luc.ferrandez@ville.montreal.qc.ca Devenez membre pour l année 2011 DEVENEZ MEMBRE de la SHGP pour aussi peu que 10 $ par année ( ou membre à vie pour 200 $ ) et recevez notre bulletin gratuitement, en plus d avoir la chance d assister à nos activités et conférences. La SHGP étant reconnue organisme de charité, nous émettons des reçus officiels d impôt pour les dons. Notez que la cotisation annuelle est de 10 $ pour la période du 1 er janvier au 31 décembre 2011. Remplissez le formulaire ci-dessous et faites-le parvenir avec votre cotisation à l adresse suivante : Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal Centre de services communautaires du Monastère 4450, rue Saint-Hubert, local 325, Montréal H2J 2W8 Nom : Adresse : Ville : Code postal : Téléphone : Courriel : Date : Adhésion annuelle : Chèque Mandat postal Argent comptant Don à la SHGP ( déductible d impôt ) : Champs d intérêt : Centre de documentation Photos anciennes Toponymie Architecture et patrimoine Témoignages des aînés Autre : Commentaires ou suggestions : Bulletin de la Société d histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, Vol. 5, N o 4, Hiver 2010-2011 Page 16