Le rôle de l aquaculture dans le développement rural



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Transcription:

67 Le rôle de l aquaculture dans le développement rural Matthias Halwart 1, Simon Funge-Smith 2,and John Moehl 3 1 Spécialiste des ressources halieutiques (aquaculture) Département des pêches de la FAO Rome, Italie 2 Fonctionnaire régional chargé de l aquaculture FAO Regional Office for Asia and the Pacific Bangkok, Thailand 3 Fonctionnaire régional chargé de l aquaculture FAO Regional Office for Africa Accra, Ghana Introduction Le développement rural, le processus de croissance durable de l économie rurale et l amélioration du bien-être des hommes, femmes et enfants vivant en milieu rural a de nombreuses dimensions, mais c est particulièrement le développement du secteur agricole qui est généralement considéré comme fournissant l impulsion principale, non seulement en ce qui concerne la réduction de la pauvreté et de la faim, mais également la garantie d une sécurité alimentaire pour tous. Ce n est qu à la condition que la croissance agricole prenne place au plus vite dans les pays dont les populations rurales sont appauvries, que les revenus ruraux de l élevage ou de la culture pourront s accroître suffisamment pour permettre aux pauvres du monde rural d acquérir davantage de sécurité alimentaire. Des types variés d aquaculture forment une composante importante du développement des systèmes agricoles et d élevage. Ceux-ci peuvent contribuer à la diminution de l insécurité alimentaire, de la malnutrition et de la pauvreté en pourvoyant des aliments de haute valeur nutritionnelle, en générant des revenus et de l emploi, en faisant décroître les risques liés à l échec d une production de monoculture, en améliorant l accès à l eau, en augmentant l exploitation de la ressource aquatique et la pérennité de l élevage (par ex. FAO 2000a, Prein et Ahmed 2000). L aquaculture globale représente désormais, dans de nombreux pays, le sous-secteur de production alimentaire qui croît le plus rapidement. La production de l ensemble des organismes aquatiques cultivés a atteint environ 43 millions de tonnes (métriques) en 1999 (FAO 2001), et on s attend à ce que cette tendance continue en dépit de nombreuses contraintes, qui deviendront une gageure de plus en plus importante dans l avenir. La FAO soutient ce processus en encourageant le développement de l aquaculture durable dans les pays qui en sont membres et auxquels elle prête son concours en favorisant une contribution accrue de ce secteur au développement rural. Le but de cet article est d analyser le rôle de l aquaculture dans le développement rural, au travers de sa relation à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté, sa contribution au développement rural et de définir des stratégies qui pourraient accroître cette contribution. Il couvre l intérieur des terres ainsi que les zones côtières et ne distingue pas un secteur

68 géographique en particulier. Cependant, de manière générale, l accent est mis sur les pays en voie de développement qui sont la source de plus de 80% de la production aquacole mondiale et où presque 75% des pauvres vivent en zone rurale. La Sécurité Alimentaire, le Développement Rural et la Diminution de la Pauvreté La sécurité alimentaire, le développement rural et la diminution de la pauvreté sont étroitement liés. Le rapport 2000 de la FAO sur l insécurité alimentaire estime que 792 millions de personnes réparties dans 98 nations en voie de développement n ont pas suffisamment à manger pour mener des vies normales, saines et actives. Même dans les nations industrialisées et les pays en transition (les pays d Europe Centrale et d ex Union Soviétique), le nombre de personnes sous-alimentées reste significatif avec 34 millions d hommes, femmes et enfants (FAO 2000b). La demande en aliments continuera d augmenter de manière significative. L accroissement des populations et le changement des habitudes alimentaires rendront impératif le doublement de la production alimentaire dans les trente prochaines années. Le problème du monde moderne n est pas le manque de nourriture mais plutôt les disparités dans la disponibilité en nourriture en général et les inégalités qui s intensifient à l intérieur des régions et entre elles. Le récent rapport sur le droit à la nourriture du Rapporteur Spécial de la Commission des Droits de l Homme attire l attention sur le fait que «les progrès remarquables de l agriculture et de la science de la nutrition au cours des vingt dernières années ont, jusqu à maintenant clairement échoué à réduire la sous-alimentation et la malnutrition des populations les plus pauvres» (Ziegler 2001). Il existe plusieurs raisons fondamentales pour lesquelles la demande locale en aliments devrait correspondre à la production locale d aliments dans les plus vastes proportions possibles. Ce sont: que l agriculture est le fondement du développement rural et le fournisseur le plus important d emplois lucratifs dans les zones rurales, que la production alimentaire locale est la base pour entretenir et prendre soin des paysages et de l environnement, qu on ne peut satisfaire et faire face, d un point de vue logistique, à la demande alimentaire par des excédents situés ailleurs, qu on s attend à ce que la disponibilité du commerce extérieur reste un problème majeur pour la plupart des pays pauvres. Le développement rural et, en particulier, une économie agricole basée sur de petits exploitants prospères, est largement considéré comme la pierre angulaire d une stratégie pluridimensionnelle dont le but est de réduire la pauvreté et la faim et de garantir la sécurité alimentaire pour tous. Un courant d opinion majoritaire n envisage aucun obstacle majeur à la production de quantités de nourriture suffisantes pour une population mondiale en extension au cours des vingt-cinq prochaines années au moins, mais il n aborde pas les questions de sécurité alimentaire. Selon les mots du Sommet sur l Alimentation dans le Monde : «la pauvreté est l une des principales causes du manque de sécurité alimentaire et un progrès durable dans la diminution de la pauvreté est décisif pour améliorer l accès à la nourriture». La pauvreté est liée non seulement à une mauvaise marche économique nationale mais également à des structures politiques qui rendent les gens pauvres totalement impuissants. Par conséquent, une politique appropriée s appliquant grâce à un bon gouvernement est d une importance primordiale pour la sécurité alimentaire.

69 La sécurité alimentaire est au cœur du concept du développement rural. Différentes accentuations et approches du développement rural se sont succédées au cours des trente dernières années, qui se sont intéressées de différentes manières à la fourniture des besoins de base, à une approche joignant les secteurs social et économique, et à la création d emplois par l établissement de petites entreprises dans les zones rurales. De cette expérience est né un consensus général quel que soit le secteur sur lequel on mette l accent, le développement rural nécessite une plus grande participation des populations rurales et leur implication dans la conception de leur propre développement. La participation des habitants et des projets remontant de la base vers le sommet (bottom-up), ont été identifiés comme des éléments essentiels du processus de développement; Dans le secteur agricole, une participation accrue des actionnaires dans la prise de décision et les processus de conception se reflète dans l apparition et l évolution de l Approche des Systèmes d Elevage (Farming System Approach, FSA) Auparavant, on tenait pour établi que les chercheurs en science agricole étaient les acteurs clef de l amélioration de la productivité et que l innovation technique née des laboratoires de recherche pourrait résoudre les problèmes de la faim et de la pauvreté en milieu rural. Bien que la technologie de la «Révolution Verte» ait rendu possible des augmentations significatives de la production (en Asie, en particulier), il a également été établi que cette technologie avait peu d impact sur les éleveurs les plus pauvres, spécialement dans les environnements pauvres en ressources. La FSA s est efforcée d avoir recours à une méthode inverse de celle de la recherche-développement en mettant l accent sur la nécessité de commencer par une analyse approfondie des conditions réelles dans lesquelles se trouvaient les propriétaires de petites exploitations, de concevoir les exploitations comme des systèmes complexes où sont intégrés plantes-animaux-poissons avec de multiples buts et de multiples moyens d existence, et de comprendre les liens entre les services extérieurs et les fonctions internes du système d élevage. Le développement de l aquaculture a suivi un schéma similaire. Au début, dans les années 1970, il y avait une assistance conséquente pour le développement du sous-secteur en Amérique Latine, en Asie, et en Afrique. La tendance de ces initiatives de développement était de se concentrer excessivement sur une vaste infrastructure de développement, des lots et une formation techniques, sans faire suffisamment attention au rôle de ces nouveaux systèmes de productions dans les moyens d existence ou les méthodes d élevage de ceux qui étaient censés en être bénéficiaires. Beaucoup trop souvent, il en résultait le manque d adhésion d un des groupes ciblés c est à dire les populations rurales pauvres. En conséquence du manque d impact sur les populations rurales pauvres, le soutien des donations à l aquaculture s est réduit dans les dix dernières années. Paradoxalement, l aquaculture asiatique a connu un progrès impressionnant à l échelle commerciale pendant cette même période, grâce aux foyers bénéficiant de meilleures ressources, simultanément avec l expansion économique de la région, l ouverture des marchés et l augmentation des liquidités dans les zones rurales. La pauvreté est un phénomène complexe qui ne peut pas se définir uniquement en termes sectoriels. Une série d investigations sur l aquaculture rurale à petite échelle a donné pour conclusion que l aquaculture ne doit être considérée comme une technologie isolée mais comme un aspect du développement rural et faire partie d une approche globale de développement (par exemple, Martinez-Espinosa 1996, APFIC 2000). Par conséquent, des approches pluridisciplinaires sont un préalable incontournable. Plus récemment, on a réévalué le rôle de l aquaculture à petite échelle dans les moyens de subsistance des populations rurales et son importance pour la diminution de la pauvreté et la sécurité alimentaire des foyers, en particulier les systèmes grâce auxquels les populations rurales pauvres peuvent accéder à l aquaculture et en bénéficier. On se rend de plus en plus compte que les populations rurales ne dépendent pas pour leur «gagne pain» du seul secteur agricole, mais plutôt d une gamme de moyens de subsistance, le tout permettant d offrir à leurs familles la sécurité alimentaire et de réduire leur vulnérabilité par rapport aux conditions sur lesquelles ils n ont pas de contrôle. De telles

70 options peuvent être trouvées dans la diversification des activités dans le secteur agricole, à travers l utilisation des ressources communes de l environnement naturel et l emploi lié ou non à l élevage, localement ou éloigné dans les villes, différents membres de la famille peuvent participer à des degrés divers dans chacune de ces options à différentes périodes de l année. Les populations rurales vivant dans des milieux pauvres en ressources ont tendance à avoir une plus large gamme de stratégies de moyens de subsistance, précisément parce que leur situation est précaire. Une étude récente de la FAO /Banque Mondiale sur les Systèmes d Elevage sur 70 systèmes d exploitation au travers le monde a pu noter l importance de cinq stratégies majeures des foyers pour surmonter la pauvreté: intensification, diversification, augmentation de l actif et des autres revenus et abandon de l agriculture. On a jugé que la diversification, qui inclut l aquaculture, était la méthode la plus prometteuse pour réduire la pauvreté dans le milieu agricole dans l avenir (Dixon et al. 2001). La redéfinition d un objectif élargi à l amélioration des moyens de subsistance et une plus grande sécurité alimentaire des ménages, a permis l émergence du concept de moyen de subsistance durable comme cadre d analyse de la pauvreté et des solutions pour y remédier (Carney 1998). Ce cadre considère que la position des foyers ruraux dépend de la disponibilité en actifs variés incluant un capital naturel, physique, humain, financier et social. Ces actifs de base peuvent être menacés par deux sortes de facteurs: 1. La vulnérabilité à des chocs inattendus du milieu naturel (sécheresse, inondations ou cyclones) ou des tendances à plus long terme dans l environnement économique ou les ressources en stock, les deux pouvant réduire les actifs normalement disponibles au foyer. 2. Les structures et les procédures dans l environnement institutionnel, qui englobe à la fois les institutions publiques et privées. Elles incluent les lois et les politiques qui peuvent avoir un impact plus ou moins important à l accès et à la préservation du capital. C est en réponse à la situation de leur actif, dans le contexte de différents facteurs de vulnérabilité et dans la structure et les processus actuels, que des stratégies concernant les moyens de subsistance des populations rurales pauvres se mettent en place. Le défi pour l aquaculture est de savoir si elle peut 1) aider à renforcer les ressources disponibles dans les foyers ruraux pour qu ils puissent mieux résister aux chocs et devenir moins vulnérables aux pertes liées à ces chocs et 2) être mieux à même d influencer l environnement politique institutionnel en leur faveur (Demaine 2001, STREAM 2001). La contribution de l aquaculture au développement rural L aquaculture comprend différents systèmes d exploitation des plantes et des animaux dans les terres et en zones côtières, la plupart ayant une grande importance pour les gens pauvres. La FAO définit l aquaculture pour des raisons statistiques comme étant «l élevage d organismes aquatiques incluant les poissons, les mollusques, les crustacés et les plantes aquatiques. L aquaculture implique certaines formes d intervention dans le processus d élevage pour améliorer la production telles que, le stockage régulier, l alimentation, la protection contre les prédateurs Cette exploitation sous-entend également la propriété individuelle ou collective du cheptel en élevage» (FAO 2001). Dans le cadre des populations rurales pauvres, l aquaculture vient souvent compléter les prises de la pêche traditionnelle. Cette dernière continue de jouer un rôle important, et, dans beaucoup d endroits, reste la solution la plus adéquate pour satisfaire les besoins de subsistance de base, et elle fournit également une source non négligeable de revenus en liquide pour les exploitants. Dans de nombreux cas, la capture ou la culture d espèces aquatiques crée la base de la sécurité alimentaire, permettant l utilisation du cheptel ou des poissons d élevage comme une source de revenus. L aquaculture devient un composant intéressant et important des moyens de subsistance des populations rurales, notamment

71 dans les cas où une augmentation de la population, la dégradation de l environnement ou la perte d accès limite les prises de la pêche sauvage (IIRP et al. 2001). Production aquacole intensive: risques et avantages Les systèmes aquacoles extensifs à semi-intensifs continuent de produire la majeure partie des produits issus de l aquaculture. L élevage extensif utilise normalement des méthodes peu sophistiquées, dépend de l alimentation disponible naturellement et connaît des taux d investissement et de rendement peu élevés. Quand l intensité de la production augmente, les poissons sont stockés de manière délibérée et la disponibilité de l alimentation naturelle est augmentée en utilisant des engrais organiques ou non-organiques ainsi que des compléments alimentaires bon marché dérivés des sous-produits de l agriculture. Le système le plus fréquent est l élevage de poissons dans les étangs, cependant, l élevage des poissons dans les rizières ou leur stockage dans des pièces d eau naturelles ou dans des pièges sont également très répandus dans les systèmes aquacoles (FAO 2000a). Il est extrêmement difficile d estimer la contribution de ce type de production aquacole, puisque les données sur la production dispersée et de petite échelle n apparaissent pas dans les statistiques officielles et les produits sont traditionnellement consommés ou échangés sur place (STREAM 2001). Parmi les exemples spécifiques d activités aquacoles ayant des impacts positifs sur les populations rurales pauvres, on citera: les nurseries d alevins et le développement de réseaux de nurseries, l intégration de l élevage de poissons aux récoltes de riz dans les plaines inondables et dans les lointaines régions montagneuses d Asie, le maintien et la restauration de la biodiversité aquatique grâce à l optimisation de méthodes d exploitation simples. En zone côtière, l élevage de crabes de terre, d huîtres, de moules, coques, crevettes, poissons et algues fournit de l emploi pour les populations rurales pauvres, principalement pour l investissement direct en travail ainsi que pour la collecte de graines et d aliments (Edwards 1999, Tacon 2001). Les systèmes d aquaculture intensive ont un meilleur rendement pour une unité de production donnée grâce à l utilisation de la technologie et d un degré supérieur de contrôle de gestion. Ceci comprend, en général, des installations construites spécialement pour l aquaculture, lesquelles fonctionnent avec de plus grandes densités de stocks et utilisent une alimentation industrielle composée avec l intervention régulière d un chimiothérapeute. L aquaculture en cage à l intérieur des terres ou en zone côtière de salmonidés de haute valeur a été encouragée et soutenue pour développer des zones rurales éloignées en Europe ainsi qu en Amérique du Nord et du Sud. Des systèmes similaires ont émergé en Asie et en Australie pour des poissons piscivores d eau chaude tels que les mérous, sérioles, vivaneaux et bars. L élevage de crevettes en zone côtière a suscité un intérêt particulier dans les tropiques à cause de sa haute valeur marchande, des opportunités pour l exploitation et le gain de devises étrangères. Quoique les économies en argent comptant aient augmenté en zone côtière et que le développement local ait été stimulé, certaines formes de développement aquacole ont été la cause d une vaste série d impacts sociaux et environnementaux négatifs. On se livre à un examen de plus en plus minutieux de cette situation de manière à pouvoir y remédier. Les avantages de l aquaculture dans le développement rural sont relatifs à la santé, la nutrition, l emploi, les revenus, la réduction de la vulnérabilité et la durabilité de l exploitation. L aquaculture dans les petits systèmes d exploitation fournit des protéines d origine animale de grande qualité ainsi que d autres nutriments essentiels, plus particulièrement pour les groupes de population qui sont fragiles sur le plan nutritionnel, tels que les femmes enceintes et allaitantes, les nourrissons et les enfants en bas -âge. Elle fournit également ces protéines à des prix généralement abordables pour les franges les plus pauvres de la communauté. L aquaculture crée également de l emploi provenant d entreprises individuelles appartenant en propre à l exploitant, qui n exclut pas certaines tâches pouvant être effectuées par des

72 femmes ou par des enfants, et elle fournit des revenus grâce à la vente de produits pouvant avoir une valeur marchande relativement haute. Des opportunités de revenus et d embauche sont possibles dans de plus grandes exploitations, dans les réseaux de fourniture de juvéniles, dans les chaînes de magasins et les services de fabrication et de réparation. Les avantages indirects incluent aussi la disponibilité accrue en poissons dans les marchés locaux en zone rurale ou urbaine, et une augmentation possible des revenus des ménages grâce à la vente de produits autres que ceux de l élevage générant des revenus différents, qui permettront d augmenter la consommation locale de poissons. L aquaculture peut également profiter aux personnes sans terre grâce à l utilisation des ressources communes, telles que la culture en cage des poissons, la culture de mollusques et d algues et l optimisation des pêches dans les pièces d eau communales (Edwards 1999, IIRP et al.2001, Tacon 2001). Un avantage important, qui est cependant souvent négligé bien qu il soit particulièrement pertinent pour l intégration des systèmes agricoles-aquacoles, est leur contribution à l efficacité et à l accroissement de la durabilité de l élevage (FAO et al. 2001). Les sous-produits agricoles, comme le fumier du cheptel et les résidus des récoltes peuvent servir comme engrais ou comme alimentation pour l aquaculture commerciale et à petite échelle. L élevage du poisson dans les rizières contribue non seulement à intégrer la gestion des animaux, insectes ou plantes nuisibles, mais également la gestion de vecteurs importants pour la médecine humaine (Halwart 2001). De plus, les étangs gagnent de l importance en tant que réservoirs d eau sur place, pour l irrigation et le bétail dans les lieux où les manques d eau saisonniers sont fréquents (Lovshin 2000). Eu égard à tous ces avantages, il n est peut-être pas étonnant que la production aquacole augmente rapidement depuis les années 70 et représente le secteur de production qui croît le plus rapidement dans beaucoup de pays depuis presque deux décennies ; ce secteur montrant un taux de croissance global de plus de 11% par an depuis 1984, par comparaison aux 3,1% d augmentation de la production de viande des animaux de ferme et 0,8% issus des captures des pêches (Tacon 2001). Dès 1999, la production de tous les organismes aquatiques confondus a atteint 42,8 millions de tonnes (métriques) (FAO 2001). Un total de 262 espèces de poissons, crustacés et mollusques qui représentent les animaux les plus couramment utilisés dans l aquaculture à travers le monde ont été répertoriées dans une étude récente (Garibaldi 1996). Même si tous les organismes aquatiques ne sont pas adaptés à la culture, la variété des espèces cultivées continue d augmenter. Les poissons d eau douce, en particulier les espèces de carpes chinoises ou indiennes, représentent la plus grande part de la production aquacole totale en 1999. Il est suivi par les mollusques et les plantes aquatiques, majoritairement du varech, la plus grande partie duquel provient de Chine. Les dernières études de la FAO sur les besoins et l approvisionnement en poissons et en produits de la pêche dans le futur, prévoient une augmentation conséquente de la demande en poisson (FAO 2000 c). la plus grande partie de cette augmentation résultera d un développement économique attendu, de la croissance de la population et des changements dans les habitudes alimentaires. L approvisionnement en poisson provenant de prises de pêche dans la plupart des pays devrait rester constant ou décliner, puisque ces prises ont soit atteint, ou sont sur le point d atteindre, le maximum du rendement durable. Les pêches de l intérieur des terres pourront peut-être rapporter plus de poissons avec un effort accru, mais l augmentation des efforts deviendra de plus en plus difficile. Les pêches de l intérieur des terres sont également vulnérables aux impacts environnementaux tels que la dégradation des bassins hydrographiques, le développement de structures de contrôle de l eau et de la pollution, qui sont par ailleurs caractéristiques du changement de l environnement

73 rural. Ainsi, l aquaculture a un rôle important à jouer pour répondre à l augmentation de la demande en poisson. En effet, on prévoit que la croissance de l aquaculture globale va se poursuivre pour quelques temps encore (FAO 2000c). L intensification et l expansion de l aquaculture La tendance actuelle d une production accrue peut être maintenue par l intensification ou l extension des zones de production aquacole. Les technologies génériques d intensification des systèmes de production existantes sont déjà en place, et ce sont principalement des questions d ordre socio-économique et institutionnel qui constitueront les contraintes les plus importantes pour une plus grande contribution de l aquaculture au développement rural. Le développement de systèmes de culture terrestres à l intérieur des terres offre le plus grand potentiel car l aquaculture peut être intégrée à l agriculture sur les terres agricoles existantes, dans des exploitations appartenant à de petits propriétaires ou à l échelle commerciale (Edwards 1999). Un potentiel considérable réside dans l intégration de l aquaculture et des systèmes d irrigation (par ex. Fernando & Halwart 2000, Moehl et al. 2001), et l aquaculture peut également faire bon usage de terres impropres à l agriculture telles que les marécages ou les zones de marais salants. En outre, il existe une large variété de ressources aquatiques côtières ou terrestres incluant les rivières, les plaines inondables, les lacs, les bassins de retenue, les rizières, les estuaires, les lagons, récifs coralliens, mangroves et plages de vase, qui permettent l intégration d une aquaculture durable et bien contrôlée, l augmentation ou l exploitation d autres formes d animaux aquatiques dans le développement rural (IIRP et al. 2001). L augmentation des rendements grâce à une production intensifiée nécessite une utilisation accrue de nourriture et/ou d engrais, qui peuvent être des produits dérivés d origine fermière ou non, ou la combinaison des deux. Le développement de l infrastucture peut réduire les coûts extérieurs, tels que la nourriture et les engrais, et permettre aux exploitants d intensifier la production. Puisque ceci nécessite un investissement supérieur dans le système de production, les avantages en résultant sont le développement des marchés et l accès à la finance. Comme il a été mentionné ci-dessus, beaucoup des aspects techniques de l aquaculture sont relativement bien développés quoiqu il y ait un fossé entre la connaissance générale et celle qui est accessible aux exploitants. De faibles systèmes d extension rurale et une absence d exemples locaux d aquaculture intensifiée limitent la capacité et la volonté des exploitants de prendre le risque de l intensification. La biotechnologie dans l aquaculture représente un éventail de possibilités pour augmenter le taux de croissance des espèces exploitées, améliorer la valeur nutritionnelle des aliments aquatiques, améliorer la gestion de la santé des poissons, restaurer et protéger l environnement, étendre la gamme des espèces aquatiques et améliorer l exploitation et la conservation des animaux sauvages. Il existe un potentiel significatif à améliorer la production grâce à des programmes d amélioration génétique. Des programmes de sélection génétique ont produit des gains significatifs et conséquents, de l ordre de 5 à 20% par génération dans les espèces, entre autres, de Saumon atlantique, silure et tilapia. De meilleures capacités de reproduction, l alimentation larvaire et les avancées des technologies génétiques permettent désormais une vaste gamme de manipulations génétiques qui peuvent s appliquer aux espèces aquatiques. Le rempoissonnement des pièces d eau naturelles avec des espèces indigènes et/ou en danger est un autre exemple de situation où il convient de faire attention aux aspects génétiques du programme de reproduction. En raison du prix élevé du développement biotechnologique moderne, la plupart des innovations biotechnologiques sont développées pour les systèmes d exploitation avec des dépenses élevées en nourriture, main d œuvre et gestion. Beaucoup de biotechnologies pourraient s adresser également à des systèmes à faible coût, des systèmes d élevage situés dans des zones

74 marginales, ou pour faire face aux besoins spécifiques d une communauté rurale donnée; cependant, la nécessité de rentabiliser le coût de la biotechnologie met généralement cette approche de l aquaculture hors de la portée de la plupart des aquaculteurs. De plus, l application des biotechnologies nécessite souvent aussi un certain niveau de connaissances et de ressources scientifiques. Le fonctionnement des petites écloseries augmente l approvisionnement local en alevins et peut être un frein à ce que les exploitants fassent de l aquaculture une activité à part entière. De telles écloseries sont essentielles au développement de l aquaculture rurale mais ne disposent le plus souvent que de zones de viviers ou d une disponibilité en eau limitée, et, en conséquence, peuvent être dans l incapacité de maintenir la qualité génétique de leurs géniteurs, et, au bout d un certain temps, perdre la qualité et la performance génétiques. Dans de telles situations, l intervention des fermes d alevins gouvernementales ou de plus grande taille est nécessaire. Dans chaque cas, il convient de prendre en considération le stade particulier du développement rural dans une zone donnée, les programmes d extension et comment intégrer de telles activités en respectant les mécanismes prioritaires concernant les moyens de subsistance. L introduction d espèces exotiques est une autre stratégie utilisée pour accroître la valeur des systèmes d exploitation en zones rurales, par exemple, la production de tilapia est bien plus importante en Asie que dans son pays d origine, l Afrique. Les espèces introduites ont souvent subi des améliorations sur le plan génétique ou domestiquées, dans une certaine mesure, et partagent beaucoup des mêmes possibilités et des mêmes risques. Les stratégies pour une contribution accrue de l aquaculture au développement rural Dans le cadre d un article du rapport sur l Etat de l Alimentation et de l Agriculture publié par la FAO en 1999 sur l intégration des pêches à l agriculture, on a réfléchi à des approches destinées à augmenter l intégration à différents stades de développement (Willman et al. 1999). On tient largement le développement de la ressource humaine et le renforcement institutionnel pour les éléments essentiels de l amélioration de l intégration au niveau des exploitations individuelles et communautaires, dans l exploitation des bassins hydrographiques et des zones côtières, et au niveau des politiques sectorielles et macroéconomiques. Au niveau de l exploitation, il faut faire attention à se concentrer d abord sur le rendement de l utilisation de la ressource et aux incitations économiques visant les ménages et qui influencent les décisions des exploitants en ce qui concerne les types de récoltes, l utilisation de l eau, des aliments, de l engrais, des traitements chimiques et autres frais. Ensuite, il faudrait mettre l accent sur la connaissance qu ont les exploitants de la production disponible et des différentes options possibles concernant la gestion des nuisibles, ainsi que leur capacité à les mettre en pratique. L agriculture et l aquaculture offrent une large variété de types de récoltes en raison de différentes conditions climatiques et de sol. S ils ont la compétence technique et l accès aux dépenses nécessaires, les exploitants adopteront le système d élevage ou le système aquacole qui convient le mieux à leur situation spécifique, puisque les stratégies de gestion des exploitants ne reposent pas seulement sur des critères économiques, mais incluent également la minimisation des risques, la flexibilité des récoltes, une préférence culturelle ou culturale pour certaines espèces, des nécessités de temps et de main d œuvre, l extension et la formation. La participation de l exploitant à ces différents processus est cruciale pour une prise de décision en connaissance de cause. La présence d une infrastructure ad hoc, telle que la disponibilité des dépenses, des marchés et des facilités de crédit ou des facilités financières, sont

75 indispensables pour le développement optimal et l intégration des systèmes d élevage et d aquaculture. Les approches d exploitation en commun, et d exploitation collective pour utiliser la propriété possédée en commun ont reçu une attention croissante ces dernières années à cause d une efficacité supposément améliorée et la prévention d effets indésirables sur la répartition. Parmi les facteurs que les utilisateurs identifient comme étant importants pour une bonne exploitation de la ressource, on citera: un groupe de petite taille (qui facilite l élaboration, le respect et la surveillance de la convention collective); la cohésion sociale; les caractéristiques de la ressource qui facilitent le contrôle de l accès des profanes; et des signes visibles d une exploitation collective couronnée de succès. Ces facteurs pourraient facilement s appliquer à un certain nombre de pêches dans des bassins de retenue ou autres petites pièces d eau, où le potentiel pour l exploitation individuelle n est pas actuellement effectif. Cela est dû au fait que la responsabilité n est pas déléguée au niveau local et que les droits collectifs ne sont pas suffisamment protégés. Des conditions favorables similaires existent dans d autres situations telles que les marécages saisonniers, marais, forêts inondées, et forêts de mangrove où, encore, le potentiel pour une exploitation efficace doit encore être réalisé. En plus de la reconnaissance des droits communs, l exploitation en commun et collective au niveau de la communauté a besoin du soutien de l extension, des services de la formation et d une évaluation scientifique solide de l abondance de la ressource. La capacité à fournir un tel soutien manque dans la plupart des pays, dans la mesure où cela nécessite une modification substantielle des méthodes de travail pour permettre une approche de l exploitation des ressources collectives plus interactive et en plus grande coopération, ainsi que l accès à une indispensable expertise scientifique. Au niveau des bassins hydrographiques et des zones côtières, le but de l intégration est de gérer les composants sectoriels comme faisant partie d un tout fonctionnel, en reconnaissant expressément que l exploitation doit se concentrer sur le comportement humain, et pas seulement sur les stocks matériels de ressources naturelles comme les poissons, la terre ou l eau. La gestion intégrée des bassins hydrographiques et des zones côtières emploie une approche stratégique pluri-dimensionnelle pour une répartition efficace des ressources peu abondantes entre les différents acteurs en concurrence et la minimisation des impacts environnementaux et naturels involontaires. L élaboration et le zonage de l utilisation de la terre, joints à des procédés d évaluation de l impact environnemental, sont des outils cruciaux pour permettre de réduire ou de rationaliser les conflits entre les différents utilisateurs de la ressource, minimiser les impacts environnementaux négatifs et favoriser un développement durable. La participation effective des bureaux des pêches dans ces activités d élaboration est absolument essentielle. La participation de tous les utilisateurs de la ressource et autres parties intéressées dès le début, est indispensable pour une élaboration d un zonage efficace de l utilisation de la terre, ne serait-ce qu à cause de leur connaissance intime des conditions socio-économiques locales et de l état des ressources naturelles. Au niveau gouvernemental, les fonctions des différents bureaux avec des mandats de régulation et de développement doivent être bien coordonnées. On peut faire deux grandes distinctions dans la vaste gamme des aménagements institutionnels pour l exploitation intégrée des bassins hydrographiques et des zones côtières: Intégration multisectorielle - implique la coordination des différents bureaux responsables de l exploitation des bassins hydrographiques et des zones côtières sur la base d une politique commune, et la réunion des différents bureaux gouvernementaux concernés, ainsi que des autres actionnaires, de manière à ce qu ils puissent tendre vers des buts communs en suivant des stratégies adoptées en concertation; et

76 Intégration structurelle - une structure institutionnelle intégrée, entièrement nouvelle est créée en plaçant les initiatives de gestion, de développement et les initiatives politiques sous l égide d une seule institution. On a tendance à préférer la coordination multisectorielle, dans la mesure où les ministères se trouvant en première ligne sont typiquement ultra protecteurs de leurs attributions centrales qui se rapportent directement à la base et aux fondements de leur pouvoir. L établissement d une organisation avec de larges attributions administratives dépassant les compétences traditionnelles des ministères qui sont les premiers concernés comme ce serait le cas si les fonctions de gestion, politique et de développement étaient intégrées sous l égide d une institution unique- risque le plus souvent de se heurter à de vives résistances plutôt que de rencontrer consensus et coopération. Cependant, des expériences qui commencent à dater, montrent qu une concertation croisée entre secteurs et une coordination institutionnelle est parfois difficile à réaliser et peut entraîner des frais importants. Les difficultés et les frais sont liés aux structures bureaucratiques et aux procédures des bureaux gouvernementaux souvent lourdes; à la complexité des questions scientifiques, techniques et économiques en jeu; et au nombre potentiellement important de décisions à prendre en connaissance de cause. En plus des coûts administratifs élevés, le processus décisionnel peut être rallongé et peut ralentir le développement économique. Beaucoup de questions relatives à l exploitation des bassins hydrographiques et des côtes peuvent être abordées au travers d une gestion sectorielle saine, mais doivent prendre en compte les impacts et interdépendances avec d autres secteurs et écosystèmes, tels que la légifération en matière d environnement et la mise en application de ces lois; la nécessité d un processus consultatif et transparent au sujet de la planification de l utilisation de la terre et sa localisation; et la conception de projets présentant une infrastructure d envergure tel que les barrages. Les coûts d une procédure en règle pour la préparation d un plan d exploitation d un bassin hydrographique ou d une zone côtière seront plus vraisemblablement justifiés dans des zones où une utilisation intense et multisectorielle de la ressource existe déjà ou est envisagée. Au niveau macroéconomique, les politiques, telles que les subventions accordées pour les frais de production et les taxes à l exportation et à l importation, peuvent avoir des impacts énormes sur les caractéristiques et le niveau d utilisation de la ressource, ainsi que sur la survenance d effets indésirables sur l environnement. Les avantages de subventionner les dépenses en produits chimiques, comme les engrais et les pesticides, doivent être mesurés à l aune du tort qu ils peuvent potentiellement causer aux environnements aquatiques et aux ressources de la pêche, qui fournissent de la nourriture pour les pêcheurs et pour les consommateurs de poisson pareillement. Pour aller plus loin Des réunions et consultations récentes organisées avec le soutien de la FAO et des organisations partenaires (incluant, entre autres Martinez-Espinosa (comp.), 1996; Edwards et Demaine, 1997 ; APFIC, 2000; FAO/NACA, 1999; FAO-RA, 1999; FAO, 1999; DFID/FAO/NACA/GoB, 2000; FAO,2000d; Haylor and Bland, 2001; Tacon, 2001) sont parvenues à un certain nombre de conclusions et recommandations destinées à augmenter la contribution durable de l aquaculture au développement rural. Les systèmes de culture terrestres à l intérieur des terres ont le plus grand potentiel car l aquaculture peut être intégrée aux pratiques agricoles existantes des foyers de petits exploitants. L aquaculture côtière contribue également au développement rural en permettant la diversification des secteurs de la pêche en autoconsommation. Les différences entre les pays et les régions, en ce qui concerne les

77 ressources matérielles, normes et traditions, ainsi que les conditions économiques, sont significatives, en conséquence, l état de développement de l aquaculture diffère largement. Les zones et moyens d intervention pour un développement de l aquaculture plus ou moins intense doivent également être séparés. Les conclusions et recommandations inventoriées cidessus, par conséquent, doivent être entendues dans un contexte où il n y a pas une seule stratégie de développement de l aquaculture acceptable pour tous. Au cours des dernières décennies, on s est éloigné de la conception «sommet-base» (topdown) dominée par l aspect technique, qui prévalait jusque là, pour aller vers une optique holistique des moyens de subsistance améliorés et d une plus grande sécurité alimentaire des ménages. On a admis que les questions d ordre social, économique et institutionnel étaient les obstacles les plus importants à l accroissement de la contribution de l aquaculture au développement rural. Cependant, on est très mal documenté et on évalue mal l importance de l impact de l aquaculture sur la sécurité alimentaire et la diminution de la pauvreté dans les zones rurales. Il est nécessaire d évaluer les impacts de l aquaculture sur les moyens de subsistance durables et d en soutenir les produits et les bienfaits. Parmi les questions en faveur desquelles on plaide, on citera: une prise de conscience accrue parmi les gouvernants du rôle de l aquaculture rurale à petite échelle et de l exploitation de la ressource aquatique dans les moyens d existence en milieu rural, incluant les contributions réelles et le potentiel inachevé de l exploitation de la ressource aquatique, incluant l aquaculture, et de son rôle en ce qui concerne un développement rural durable; la documentation sur les systèmes aquacoles autochtones et les exemples d exploitation aquacole qui a fait ses preuves; le développement d indicateurs permettant de surveiller la gestion de la ressource aquatique et les impacts de l aquaculture sur la sécurité alimentaire et la diminution de la pauvreté; l encouragement et la promotion de la consommation des produits issus de l aquaculture et de la pêche pratiquée à l intérieur des terres; et la publicité et la promotion des avantages liés aux initiatives prises pour une aquaculture durable, à l exploitation des ressources aquatiques et à leurs produits dérivés. Les gouvernements devraient aborder la conception et la mise en œuvre de la politique en faisant en sorte que les mécanismes de réaction permettent aux gens pauvres d avoir une influence sur le développement. Cela peut être fait grâce à la mise en place d un processus de coordination multi-sectorielle aussi bien au niveau de l élaboration de la politique sectorielle qu à celui du service de l extension. Le développement de l aquaculture devrait compléter ou se substituer aux pêches sauvages, en tant que de besoin. Les impacts négatifs des projets aquacoles sur l approvisionnement en nourriture des gens pauvres devraient être évités. Parmi les autres recommandations tendant à améliorer la conception et les politiques, on citera: l établissement de plans de développement d une aquaculture nationale et de gestion des pêches terrestres ainsi que des politiques aquacoles établies en consultation avec les actionnaires; et l intégration de la conception de l aquaculture dans la planification de la gestion de la ressource en eau pour les zones terrestres et dans la planification du développement côtier pour les zones côtières, ainsi que dans d autres interventions économiques ou interventions concernant la sécurité alimentaire pour les zones rurales. Il existe des technologies génériques permettant une production aquacole saine. Certains des systèmes autochtones nécessitent une étude plus approfondie et une documentation plus détaillée. Il convient d insister sur les points suivants:

78 favoriser les systèmes qui utilisent des espèces déjà disponibles et des matériaux locaux; décentraliser la production de juvéniles et les écloseries ainsi que les réseaux d échange; améliorer les systèmes d élevage des espèces aquatiques au bas de chaîne alimentaire et qui sont préférées pour la consommation locale; et adapter et améliorer ces systèmes grâce à un enseignement basé sur les exploitants et en promouvoir les résultats par des approches participatives. Les gouvernements devraient tendre à fournir des services et un accès facilité aux dépenses. Les populations pauvres du milieu rural doivent recevoir le soutien du secteur public, du moins au début, alors que l aquaculture commerciale nécessite moins d interventions. A plus long terme, l aquaculture doit fonctionner sur une base d autofinancement à l intérieur du secteur privé. Parmi les actions nécessaires, on citera: concentrées les ressources publiques, limitées, sur une infrastructure gouvernementale stratégique et sur des services de vulgarisation flexibles et efficaces qui correspondent aux besoins des producteurs; promouvoir et faciliter la production de nourriture et de semences du secteur privé; encourager le crédit pour les producteurs à moyenne et grande échelle; faciliter la formation d associations d exploitants et encourager la production communautaire; et encourager l investissement dans la construction de la capacité institutionnelle et la connaissance de base concernant les pratiques d une aquaculture durable pour gérer le secteur. Des exemples positifs et des cas d étude de systèmes aquacoles traditionnels ou autres qui ont prouvé qu ils étaient durables doivent être encouragés et répandus. Pour ce faire, il faut: encourager la collaboration, la coordination, les échanges d information entre les institutions et bureaux aquacoles nationaux et régionaux; et développer des stratégies pour un transfert réel du savoir-faire aquacole dans les zones ou les régions où il n est pas traditionnel. Remerciements Les auteurs remercient D. Bartley, J. Jia, M. Martinez, F. Marttin, R. Subasinghe, et A. Tacon pour leur précieuse contribution à ce document. Références APFIC Asia-Pacific Fishery Commission 2000. Report of the Ad Hoc Working Group of Experts in Rural Aquaculture. Bangkok, Thailand, 20-22 October 1999. FAO Fisheries Report. No. 610. Rome. 22p. Carney, D. 1998. Sustainable rural livelihoods DFID, London, United Kingdom. Demaine, H. 2001. The role of small-scale aquaculture in rural development, pp. 3-10. In: IIRR, IDRC, FAO, NACA and ICLARM 2001. Utilizing different aquatic resources for livelihoods in Asia: a resource book. International Institute of Rural Reconstruction, International Development Research Centre, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Network of Aquaculture Centers in Asia-Pacific, and International Center for Living Aquatic Resources Management, 416 p.

79 DFID/FAO/NACA/GoB. 2000. Primary Aquatic Animal Health Care in Rural, Small-scale Aquaculture Development. Report of an Asia Regional Scoping Workshop held in Dhaka, Bangladesh, from 27 to 30 September 1999. Department for International Development, Food and Agriculture Organization of the United Nations and the Network of Aquaculture Centres in Asia-Pacific, 36 p. Dixon, J., Gulliver, A. and Gibbon, D. 2001. Global Farming Systems Study: Challenges and priorities to 2030. Synthesis and global overview. FAO and World Bank. Rome, FAO, Rome, Italy. Edwards, P. 1999. Aquaculture and poverty: Past, present and future prospects of impact. A discussion paper prepared for the Fifth Fisheries Development Donor Consultation, Rome, Italy, 22-24 February 1999 available at http://www.sifar.org/ Presentation%20Documents/aqua-poverty.html Edwards, P. and H. Demaine 1997. Rural aquaculture: Overview and framework for country reviews. Bangkok, FAO Regional Office for Asia and the Pacific. RAP Publication 1997/ 3. 61 p. FAO 1999. Report of the Fifth Fisheries Development Donor Consultation, http://www.sifar.org/ FDDC%20report.htm FAO 2000a. Small ponds make a big difference. Integrating fish with crop and livestock farming. FAO, Rome. 30 p. FAO 2000b. The state of food insecurity in the world 2000. FAO, Rome, Italy. 31p. FAO 2000c. Agriculture towards 2015/30. Technical Interim Report, April 2000. Global Perspectives Study Unit. Rome, FAO. FAO 2000d. Report of the workshop on participatory approaches in aquaculture. Bangkok, Thailand, 28 February - 1 March 2000. FAO Fisheries Reports No. 630. 48 p. FAO 2001. FAO Yearbook. Fishery statistics. Aquaculture production 1999. Vol. 88/2. Rome, FAO. 178 p. FAO/NACA 1999. Report of the FAO/NACA Consultation on Aquaculture for Sustainable Rural Development. Chiang Rai, Thailand, 29-31 March 1999. FAO Fisheries Report. No. 611. Rome. 34p. FAO-RAF 1999. Africa Regional Aquaculture Review. CIFA Occasional Paper No. 24. Accra, FAO. 50 p. FAO/ICLARM/IIRR 2001. Integrated agriculture-aquaculture: a primer. FAO Fisheries Technical Paper No. 407. Rome, FAO. 149 p. Fernando, C.H and M. Halwart 2000. Possibilities for the integration of fish farming into irrigation systems. Fisheries Management and Ecology 7: 45-54. Garibaldi, L. 1996. List of animal species used in aquaculture. FAO Fisheries Circular No. 914. Rome, FAO. Halwart, M. 2001. Fish as biocontrol agents of vectors and pests of medical and agricultural importance, pp. 70-75. In: IIRR, IDRC, FAO, NACA and ICLARM 2001. Utilizing different aquatic resources for livelihoods in Asia: a resource book. International Institute of Rural Reconstruction, International Development Research Centre, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Network of Aquaculture Centers in Asia-Pacific, and International Center for Living Aquatic Resources Management, 416 p. Haylor, G. and S. Bland 2001. Integrating aquaculture into rural development in coastal and inland areas. In: R.P. Subasinghe, P. Bueno, M.J. Phillipps, C. Hough, S.E. McGladdery and J.R. Arthur, eds. Aquaculture in the Third Millennium. Technical Proceddings of the Conference on Aquaculture in the Third Millennium, Bangkok, Thailand, 20-25 February 2000, pp. 73-81. NACA, Bangkok and FAO, Rome. IIRR, IDRC, FAO, NACA and ICLARM 2001. Utilizing different aquatic resources for livelihoods in Asia: a resource book. International Institute of Rural Reconstruction, International Development Research Centre, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Network of Aquaculture Centers in Asia-Pacific, and International Center for Living Aquatic Resources Management, 416 p.

80 Lovshin, L.L., N.B. Schwartz and U. Hatch 2000. Impact of integrated fish culture on resource limited farms in Guatemala and Panamá. International Center for Aquaculture and Aquatic Environments, Auburn University, USA. 29 p. Martinez-Espinosa, M. (comp.) 1996. Report of the Expert Consultation on Small-scale Rural Aquaculture. FAO Fisheries Report 548. FAO, Rome. 182 p. Moehl, J.F., I. Beernaerts, A.G. Coche, M. Halwart and V.O. Sagua 2001. Proposal for an African network on integrated irrigation and aquaculture. Proceedings of a Workshop held in Accra, Ghana, 20-21 September 1999. FAO. 2001. 75 p. NACA/FAO 2001. Aquaculture in the Third Millennium. Subasinghe, R.P., Bueno, P.B., Phillipps, M.J., Hough, C., McGladdery, S.E. & Arthur, J.R. (Eds.) Technical Proceedings of the Conference on Aquaculture in the Third Millennium, Bangkok, Thailand. 20-25 February 2000. NACA, Bangkok and FAO, Rome. 471 p. Prein, M. and M. Ahmed, 2000. Integration of aquaculture into smallholder farming systems for improved food security and household nutrition. Food and Nutrition Bulletin 21: 466-471. STREAM 2001. Support to Regional Aquatic Resources Management. Department for International Development, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Volunteer Services Overseas, and Network of Aquaculture Centers in Asia. 16 p. Tacon, A.G.J. 2001. Increasing the contribution of aquaculture for food security and poverty alleviation. In: R.P. Subasinghe, P. Bueno, M.J. Phillipps, C. Hough, S.E. McGladdery and J.R. Arthur, eds. Aquaculture in the Third Millennium. Technical Proceddings of the Conference on Aquaculture in the Third Millennium, Bangkok, Thailand, 20-25 February 2000, pp. 63-72. NACA, Bangkok and FAO, Rome. Willmann, R., Halwart, M. & Barg, U. 1999. Integrating fisheries and agriculture to enhance fish production and food security. FAO Aquaculture Newsletter 20: 3-8. Ziegler, J. 2001. Preliminary report of the Special Rapporteur of the Commission on Human Rights on the right to food. General Assembly, United Nations, New York, USA.

81 Innovations Technologiques Récentes en Aquaculture Rohana P. Subasinghe 1, David Curry 2, Sharon E. McGladdery 3 et Devin Bartley 4 1 Fonctionnaire principal spécialiste des ressources halieutiques (aquaculture) Département des pêches de la FAO Rome, Italie 2 Old Farmhouse, Carnbo Kinross, KY13 0NX Royaume Uni 3 Aquatic Animal Health, Oceans and Aquaculture Science Department of Fisheries and Oceans Canada 200 Kent Street (8N180) Ottawa, Ontario K1A 0E6 Canada 4 Fonctionnaire principal spécialiste des ressources halieutiques (pêches continentales) Département des pêches de la FAO Rome, Italie Introduction L aquaculture a devant elle de nombreux défis pour la décennie à venir, notamment dans la lutte contre les maladies et les épizooties, la domestication et l amélioration des cheptels, le développement d aliments et de procédés d alimentation adaptés, les techniques d écloserie comme d élevage, ainsi que la gestion de la qualité de l eau. Tout cela représente un champ considérable pour les biotechnologies et autres technologies. La biotechnologie en aquaculture peut se décrire comme l application scientifique de concepts de biologie qui améliorent la productivité et la viabilité économique de ses différents secteurs industriels (Liao & Chao, 1997). La Convention sur Bio-Diversité définit les Biotechnologies comme «toute application technologique qui utilise les systèmes biologiques, les organismes vivants ou leurs dérivés, pour fabriquer ou modifier des produits ou des procédés pour un usage spécifique». La biotechnologie comprend un grand nombre d approches qui peuvent améliorer la production et la gestion de l aquaculture de subsistance ou commerciale. Même si certaines de ces technologies sont nouvelles et modernes, d autres ont une longue histoire comme par exemple la fermentation et la fertilisation des bassins pour l amélioration de la disponibilité en nourriture. De nombreuses biotechnologies modernes sont basées sur le développement rapide de la connaissance en biologie moléculaire et génétique. Les principaux secteurs de la biotechnologie qui intéressent l aquaculture sont les mêmes que ceux de l agriculture. Le développement de la connaissance requis pour une optimisation sure de l innovation biotechnologique en aquaculture est particulièrement important, et présente tout un ensemble de défis, dus à la diversité des espèces élevées et aux systèmes de production utilisés. Une considération clé sur fond de transfert technologique au secteur de l aquaculture est que celui ci devrait se faire en respect de la protection de la diversité biologique des écosystèmes aquatiques et de l impact potentiel sur l autonomie et l économie des communautés rurales et des moyens de subsistance des populations. L accent mis sur les biotechnologies et leur contribution à la sécurité alimentaire, au recul de la pauvreté et l augmentation des revenus est croissant et nous devons nous préparer à affronter ces défis et développer ces technologies de manière responsable.

82 Innovations dans la Reproduction La mise en application des principes de la génétique pour améliorer la production des animaux aquatiques connaît un retard considérable comparé aux secteurs des productions végétales ou du bétail. Il n existe que très peu d espèces aquatiques élevées qui aient été sujettes à des programmes d amélioration génétique (Gjedrem 1997); cependant, les biotechnologies et la génétique ont un grand potentiel dans l augmentation des productions et l amélioration de leur durabilité écologique. Les biotechnologies peuvent être appliquées pour augmenter la reproduction et les chances de succès des stades précoces de développement des organismes élevés, aussi bien qu augmenter les périodes où gamètes et juvéniles seront disponibles. La génétique a également le potentiel pour répondre à de nouveaux marchés sur des critères de goût ou d esthétique. Vraisemblablement, les biotechnologies peuvent fournir des voies d amélioration sur la reproduction et la survie d espèces en voie de disparition, et ainsi contribuer à identifier et préserver la biodiversité du milieu aquatique. Les technologies de la transgenèse peuvent améliorer les taux de croissance, et les tailles marchandes, les taux de conversion des aliments, la résistance aux maladies, la question de la stérilité ou la tolérance aux conditions environnementales extrêmes. Dans le secteur de la crevetticulture, les crevettes transgéniques sont mentionnées (Mialhe et al., 1995), quoiqu il n y ait aucun développement pour un élevage commercial à ce jour (Bachère et al., 1997; Benzie, 1998). Cependant, l utilisation d organismes transgéniques en aquaculture, comme dans d autres secteurs, est une question très controversée et l éducation du consommateur ou son acceptation sont des sujets qui doivent être considérés. L élevage de la carpe ou du tilapia en Asie bénéficie de la recherche en génétique, notamment par le développement de marqueurs génétiques spécifiques. Ces marqueurs consistent en petites séquences spécifiques du code génétique qui peuvent permettre de localiser les gènes dont le rôle est important dans la croissance, le déterminisme du sexe ou la sensibilité aux maladies (Kocher et al., 1998). De telles techniques ont déjà donné des résultats en matière d amélioration des espèces pour certains poissons d élevage. Les techniques traditionnelles, utilisées par des générations d éleveurs en Asie, ont sélectionné comme géniteurs des poissons sur un phénotype désirable. Cette pratique a bien souvent conduit à des situations de consanguinité et une réduction de l optimum de performance (Chen Defu and Shui Maoxing, 1995). En améliorant la compréhension de la génétique dans des millions de petites exploitations en Asie est une tâche ardue, notamment si l on considère que l approche traditionnelle s est concentrée sur le développement d un stock ressource destiné à une distribution aux éleveurs. Le projet GIFT (Genetic Improvement of Farmed Tilapia) pour l Amélioration Génétique du Tilapia d Elevage en Asie est un exemple de programme axé sur la génétique d une espèce importante pour l aquaculture. Le projet a travaillé sur des hybrides de tilapia du Nile et de souches élevées dans la région, avec pour objectif de développer des lignées pures et de distribuer des souches aux performances améliorées aux éleveurs. Le programme relève d une collaboration entre l ICLARM (International Centre for Living Aquatic Resources Management Centre International pour la Gestion des Ressources Aquatiques Vivantes) basé en Malaisie, des instituts de recherche en Malaisie, aux Philippines, au Royaume Uni et aux USA. Le programme n a pas encore atteint pleinement sa phase commerciale, et le tilapia amélioré est encore en cours d évaluation par les scientifiques des différents pays qui participent au programme d amélioration. Le programme (http://www.iclarm.org/resprg_1f.htm) a cependant montré le potentiel considérable d amélioration de la production en élevage. Des projets similaires pour les espèces importantes de carpes pourraient amener des bénéfices considérables, notamment parce que la production d alevins pour ces espèces est en général plus centralisée que dans le cas du tilapia et donc la diffusion d un stock amélioré pourrait se faire aisément.

83 Pour de très nombreuses espèces de poissons d eau douce élevées, il existe une différence des taux de croissance entre les sexes. Le développement de techniques de production de populations monosexe reste donc importante. Historiquement, les éleveurs ont surtout dépendu de l utilisation d hormones pour induire la reversion, ou le croisement avec hybrides pour donner des sexes ratio modifiés de la descendance et produire des poissons, tous du même sexe, comme chez le tilapia par exemple. Cependant, ces techniques ne sont pas sans inconvénients. L utilisation d hormones dans l alimentation des animaux a été une préoccupation importante des consommateurs et les croisements utilisés pas forcément les meilleurs en termes de productivité pour la ferme. Les méthodes alternatives pour produire des populations monosexe sont celles, entre autres, du clonage par transplantation de noyau et de la gynogenèse. Le clonage a été possible chez la carpe il y a plus de trente ans (Zhu et al., 1985) et donne une base utile pour la production d alevins femelles. Chez plusieurs espèces de carpes d intérêt commercial, les femelles ont des taux de croissance supérieurs aux mâles au cours de la première année de leur vie, ainsi les éleveurs préfèrent les populations «tout femelles». Les alevins pour une telle population peuvent être produits pour certaines espèces de carpes, notamment le carassin doré (Carassius auratus gibelio), qui peut se reproduire par gynogenèse (production monosexe femelle). La gynogenèse induite artificiellement est également utilisée avec succès depuis de nombreuses années en Chine pour produire des lignées pures de carpe commune, carpe argentée ou d ornement (Cyprinus carpio) (Jian-Fang Gui and Qi-Ya Zhang, 2000). Dans le cas du tilapia, les males sont préférés pour l élevage car ils grossissent plus vite que les femelles. Récemment, des populations tout mâle ont été produites à partir de l utilisation de chromosomes YY de poissons mâles, parfois appelés «super mâles». Ce sont des descendants du croisement de mâles avec des femelles produites par reversion hormonale de mâles génétiques. Un quart de la descendance a une configuration de type YY de leur chromosome sexuel au lieu du XY normal. Lorsque l on croise un mâle YY avec une femelle XX, on produit un nombre important d individus XY, mâles (Figure 1). La différenciation sexuelle ne dépend pas uniquement des chromosomes XY/XX de sorte qu une petite partie de la descendance (normalement moins de 5%) est femelle, mais cette technique permet aux éleveurs la liberté de travailler avec une des meilleures espèces d élevage et sans recours à l utilisation des hormones pour des poissons destinés à l alimentation humaine (Mair et al., 1999). Cette technique est maintenant bien développée pour le tilapia et la recherche est en cours pour un bon nombre d autres espèces de poissons. Dans la mesure ou les réticences du consommateur à se voir proposer des poissons issus de traitements hormonaux ne sont pas là de s estomper, les techniques du super mâle devraient connaître un essor notamment pour l élevage destiné aux marchés d export. La production de super femelles est une technique complémentaire qui peut également être utilisée. Pour certaines espèces de poisson d élevage, la maturation précoce et avant taille marchande constitue une contrainte majeure pour la production. L énergie utilisée pour la gamétogenèse est détournée de l allocation de croissance et dans certains cas, comme le tilapia par exemple, les bassins se retrouvent emplis de poissons sous taille. C est un problème majeur en Afrique avec le tilapia du Nil/ Dans ce type de situation, l ensemencement avec des alevins stériles peut être utile. Les techniques utilisées pour cela incluent l utilisation de poissons ayant un jeu de chromosome supplémentaire (Thorgaard, 1986) et donc polyploïdes (tri ou tétraploïdes), ou un choc thermique ou de pression durant les phases précoces de développement embryonnaire pour une rétention chromosomique qui, souvent, induit la stérilité. Ces techniques de triploïdisation ou tétra- ont été utilisées chez de nombreuses espèces comme le carassin (Carassius auratus), la carpe à grosse tête (Aristichthys nobilis), la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix) et la carpe commune (Cyprinus carpio) (Jian-Fang Gui & Qi-Ya Zhang, 2000).

84 Figure 1. Production d une descendance toute mâle par utilisation de mâles YY. XY mâle normal XY Traité par hormone pour produire une femelle XY Physiquement une femelle, génétiquement un mâle croisé avec mâle normal XY mâle normal XY XY XX XY XY YY croisé avec femelle normale XX mâles XY femelle normale XX XX

85 L élevage des vivaneaux (essentiellement Lutjanus spp.) a été limité par la fourniture par les pêcheries. Des chercheurs du sud des Etats Unis ont cependant réalisé des progrès considérables dans la maîtrise de l écloserie pour une espèce, le vivaneau sorbe, L. analis, et procèdent aujourd hui a des essais de grossissement (Benetti et al., 2001). A l Université de Miami, la production d œufs de cette espèce a pu être obtenue par un jeu sur les facteurs environnementaux plutôt que l utilisation d hormones. On peut espérer que cette technique permettra une production d œuf toute l année. Des résultats analogues ont été obtenus par l Oceanic Institute à Hawaï sur le vivaneau rouge L. campechanus (Oceanic Institute News, 2000). Les techniques moléculaires sont également porteuses de promesses pour leurs applications à l aquaculture dans la mesure où elles apportent une information précise et pertinente sur la diversité génétique des stocks naturels et permettent le marquage génétique des animaux inclus dans les programmes de reproduction (Subasinghe et al., 2000). Les programmes efficaces de reproduction et de sélection nécessitent en effet de pouvoir identifier et tracer les pédigrés des individus. Le marquage physique sur les stades précoces des organismes est difficile mais les techniques non invasives, telles que les marqueurs génétiques utilisant des séquences microsatellites ou les profils de taille d amplification AFLP (AFLP pour «amplified fragment length polymorphisms»), ont été développées et utilisées pour tracer les pédigrés et dresser des cartes de liaison de pour identifier des QTLs (quantitative trait loci, gènes codant pour des caractère qui ont une valeur en termes de production comme le taux de croissance, la résistance à une maladie ou la tolérance thermique) (Garcia et al., 1996, Benzie, 1998, Moore et al., 1999; Agresti et al., 2000). Une attention grandissante est portée sur la domestication des espèces de pénéides. Afin de minimiser l impact de l environnement et optimiser l utilisation de la diversité génétique, l aquaculture de la crevette doit briser sa dépendance actuelle sur les post-larves issues du milieu naturel (Wang 1998). Les larves sauvages sont, en général, moins chères et parfois plus performantes que celles produites en écloserie mais il existe un risque constant et inévitable d introduire des agents pathogènes dans la filière d élevage. De plus, il existe une prise collatérale ou annexe non négligeable d autres organismes. Les récents progrès faits en élevage larvaire, nutrition et zootechnie ainsi que l amélioration génétique des crevettes d élevage permettent d envisager une réduction sensible de la dépendance des captures en milieu naturel dans le futur. Par exemple, citons le succès considérable du développement de stocks SPF (specific pathogen free) indemne de pathogène spécifique de Penaeus vannamei, dont certains sont disponibles sur le marché. Il existe des initiatives similaires sur la crevette géante tigrée (P. monodon) mais lesquelles n ont donné que des résultats très préliminaires pour l instant. La régulation endocrine de la reproduction a été appliquée sur un très grand nombre d espèces de poissons, avec cependant des avancées plus modestes chez les crevettes ou les mollusques. Les résultats récents de la recherche indiquent qu il existe un traitement potentiel de la gonade inhibant une neuro-hormone, la GIH, qui pourrait déclencher la reproduction en évitant les effets secondaires de l épédonculation (Keeley 1991; Wang et al., 2000). La recherche sur la purification de la GIH de crevette est toujours en cours mais les études de la structure et de la fonction de la GIH montrent des résultats intéressants sur la capacité de peptides à contrer les effets inhibiteurs de la GIH sur la reproduction. Il reste de nombreux travaux à réaliser et la collaboration entre les secteurs de la recherche, de la production et agences de moyens dans différentes régions, pourrait aider à l avancement de ces travaux.

86 Gestion des Maladies La production de stocks d animaux indemnes de pathogènes spécifiques (SPF) ou résistant à des pathogènes spécifiques (SPR) sont deux objectifs complémentaires développés dans les programmes de gestion de géniteurs de crevettes. Les pathogènes spécifiques considérés par ces programmes sont ceux listés par l Office International de Epizooties, OIE, et qui représentent des difficultés potentielles en termes de commerce aussi bien que d élevage (OIE, 2000, 2001). Les crevettes SPF sont produites en sélectionnant des animaux qui sont apparemment indemnes de pathogènes, en les utilisant comme géniteurs, et en élevant leur descendance dans des conditions sanitaires sous contrôle strict. Les crevettes SPF sont utilisables pour le commerce de juvéniles vers des pays ou des zones indemnes de maladies ou encore pour le redémarrage d élevages après un épisode de maladie et désinfection des. Les crevettes SPR, elles, sont développées au travers d un programme de reproduction sélective d individus ayant survécu à des challenges infectieux ou des épisodes infectieux par des agents pathogènes spécifiques. Ce type d animaux représente un potentiel énorme pour améliorer la production dans des zones endémiques, mais ne seraient pas justifiées dans des zones indemnes dans la mesure où elles peuvent être des porteurs sains de ces mêmes pathogènes. Ces approches spécifiques ont été appliquées avec succès aux USA, Venezuela, Polynésie Française sur P. vannamei et P. stylorostris (Bedier, 1998). Les deux approches produisent des animaux qualifiés de grande santé ( high health ou HH), cependant, bien des animaux SPF se comportent mal confrontés aux autres pathogènes dans la mesure où leur mode de production dans des conditions de stérilité empêchant le développement de défenses à des agents plus communs mais également bénins (Browdy, 1998). Si les caractéristiques immunitaires et physiologiques des souches SPR sont héritables, elles peuvent conférer des améliorations significatives des performances au niveau des fermes. Si l on va plus loin, il y a un potentiel pour une approche non spécifique sélectionnant des lignées disposant d une grande immunité non spécifique et une grande tolérance aux stress physiologiques qui en général prédisposent aux infections par des opportunistes (Bedier, 1998). Compte tenu de la contribution important de P. monodon à la production globale de crevettes et les pertes économiques liées aux maladies, il apparaît judicieux de s intéresser au développement de stock d animaux résistants sur une base spécifique ou non, et ce notamment pour P. monodon. Les maladies infectieuses sont à l heure actuelle le problème majeur pour l aquaculture de la crevette comme des autres espèces. De plus, les maladies émergentes préoccupent de manière croissante ce secteur. Les méthodes conventionnelles pour traiter ces maladies, tels les traitements chimiques, ne sont pas efficaces pour bon nombre de ces pathogènes (notamment dans le cas des virus) et dans ces conditions, les techniques moléculaire reçoivent un intérêt grandissant pour le dépistage et l identification. De plus, ces techniques permettent d avancer plus avant dans la connaissance de la pathogénie, et ouvrent la voie de nouveau programmes de contrôle et de prévention ou même de traitement des maladies (vaccins à ADN par exemple). La sensibilité et la spécificité accrues des sondes nucléiques (DNA or RNA) permettent une amélioration de la détection précoce des maladies et de l identification des infections subcliniques et des porteurs sains. De façon concomitante, il y a eu une baisse des besoins en traitements curatifs tels que les antibiotiques ou abattage et désinfection. Cela a été particulièrement utile dans le la sélection de stocks de géniteurs de crevettes pour briser le cercle vicieux des infections maintenu depuis des années par la transmission accidentelle de pathogènes viraux des géniteurs à leur descendance. En aquaculture de crevettes, des sondes moléculaires sont disponibles dans le commerce pour le virus IHHN et le baculovirus de type-a (Durand et al., 1996), alors que le développement est encore en cours pour les autres virus tels as white spot, SEMBV, MBV, TSV, HPV, YHV. Ainsi que noté précédemment, les sondes à acides nucléiques sont très sensibles et peuvent détecter des infections avant l apparition de signes cliniques. De plus ces sondes peuvent être conçues pour une très haute spécificité permettant une plus grande précision d identification

87 qu auparavant (Walker and Subasinghe, 1999). Il s agit là d un progrès pour la discrimination entre des agents relativement proches et par conséquent dans les capacités d intervention et de gestion des maladies en réduisant les coûts liés au contrôle. La capacité augmentée à détecter les agents pathogènes dans les phases précoces réduit le recours aux antibiotiques utilisés de façon curative ou prophylactique en élevage. Les cultures de tissus in vitro existent pour la détection et l isolement de virus ou de bactéries intracellulaires chez les poissons (FAO and NACA, 2001; OIE, 2000; Groff and La Patra, 2000; Chi et al., 1999), mais elles nécessitent une maintenance spécialisée et sous assurance qualité pour assurer une utilisation optimale aux besoins de santé des poissons (Lorenzen et al., 1999; Ariel and Olesen, 2001). Il existe également des cultures non immortalisées pour les invertébrés. Un effort de recherche considérable a été placé dans le développement et la maintenance de cultures cellulaires chez les crustacés mais les résultats jusqu à présent restent marginaux (Shimizu et al., 2001; Wang et al., 2000; Walton and Smith, 1999; Ghosh et al., 1995; Toullec, 1995). De nombreux chercheurs ont développé des cultures primaires mais la plupart ont échoué à les maintenir en culture (Le Groumellec et al., 1995). La situation est identique chez les mollusques (Buchanan et al., 1999, 2001; Cheng et al., 2001; LaPeyre and Li, 2000). De nouveaux efforts de recherche pour le développement de cultures cellulaires chez les mollusques et les crustacés sont nécessaires de sorte à permettre des options supplémentaires pour l étude des agents infectieux intracellulaires comme c est le cas aujourd hui pour bien des pathogènes de poissons. Les échanges d animaux aquatiques entre pays ont dans certains cas été à l origine de la dissémination de maladies. Des standards et techniques de diagnostic fiables et sensibles sont nécessaires pour sécuriser de tels échanges et s assurer que les animaux aquatiques ne sont pas les vecteurs responsables de dissémination de pathogènes. Lorsque les outils moléculaires sont validés sur le terrain, ils sont particulièrement utiles à cet égard (FAO 2000). Par exemple, disposant de sondes appropriées pour les pathogènes des crevettes, les crevettes vivantes ou leurs produits pourraient être certifiés indemnes de ces pathogènes spécifiques, et ainsi améliorer la confiance en l industrie de la crevette, et faciliter l accès aux marchés. Au de là du dépistage de pathogènes, les méthodes de biotechnologie utilisées peuvent également l être pour assurer d autres paramètres de l état de santé, comme hématocrite, leucocrites, numération et formule sanguine, production de radicaux oxydatifs, activité myeloperoxydase et fonctions phagocytaires. De telles techniques existent pour les analyses de protéines, immunoglobulines, lysozyme, cortisol et ceruloplasmine à partir d échantillons de plasma. Des méthodes, telles que les tests d agglutination pour tester des anticorps après immunisation, peuvent être complétées de test en immunologie, comme test en fluorescence d anticorps (FAT) et enzyme-linked immunosorbent assay (ELISA) (e.g., Bachère et al., 1995; Noel et al., 1996; Austin 1998; Mishra, 1998; Crawford et al., 1999; Romalde, 1999; Pernas et al., 2000; Meloni and Scapigliati, 2000; Munoz et al., 2000; Nadala and Loh, 2000: Shelby et al., 2001). De même, des échantillons de leucocytes, issus de sang de poisson ou des organes hématopoïétiques, peuvent être testés sur plaques pour hémolyse ou enzyme labelled tag (ELISPOT) pour déterminer des niveaux d anticorps. L ELISPOT peut être utilisé pour quantifier de façon précise les taux d immunoglobuline ou les cellules secrétant des anticorps de façon non spécifique et sont utilisés en immunodiagnostic (Anderson, 1995). L un des besoins les plus urgent pour la gestion de la santé en aquaculture est l établissement de standards pour l évaluation quantitative du statut sanitaire du spectre large des espèces élevées. Des progrès de ce point de vue ont été réalisés pour certaines espèces de poisson, cependant la connaissance, pour ce qui est de la santé (et du stress) des crustacés et des mollusques, reste insuffisamment développée. Les techniques mentionnées ci-dessus pourraient être utilisées pour développer des tests prédictifs simples et rapides pour une utilisation de terrain et par des techniciens de terrain, des vétérinaires et des éleveurs eux-mêmes. Compte tenu de ce qui précède, le littérature fournie sur les indices physiologiques des animaux

88 aquatiques (tout spécialement les mollusques) comme indicateurs de la qualité environnementale (Handy and Depledge, 1999), de tels tests pourraient trouver une application dans des dispositifs d alerte précoce notamment dans les écloseries ou les pertes dues aux maladies peuvent être aiguës et catastrophiques (e.g., Weirich and Reigh, 2001). Stimuler les mécanismes spécifiques et non spécifiques de défense de l hôte dans un effort de contrôle des maladies représente un potentiel considérable pour réduire l impact et les pertes causées par les maladies. Les immunostimulants et les stimulants non spécifiques de l immunité sont incorporés à l aliment pour renforcer les défenses et la protection. Ces méthodes, cependant, restent très limitées, notamment chez la crevette, même si le grand nombre de ces produits disponibles sur le marché reflète l intérêt qui y est porté comme une manière alternative d augmenter la survie face aux maladies. A ce jour, toutefois, les résultats des essais biologiques de ces produits commerciaux ont été très variables; et de plus amples recherches sont nécessaires pour déterminer précisément les mécanismes de leur action et évaluer leurs coûts comme leurs bénéfices (Flegel, 1996; Subasinghe et al., 1998). Les probiotiques sont en général administrés comme un additif alimentaire vivant qui agit sur l animal en améliorant les équilibres microbiens de la flore intestinale pour optimiser la présence d espèces no toxiques. Une flore intestinale stable est une aide pour l hôte à résister aux invasions de pathogènes, particulièrement celles qui se font par voie gastro-intestinale. Les antibiotiques réduisent les flores de sur des spectres plus ou moins larges, et les probiotiques peuvent contribuer en post traitement à restaurer l équilibre des flores intestinales. Les probiotiques sont largement utilisés en élevage mais leur utilisation en aquaculture reste encore une nouveauté. Cependant, un usage croissant en est fait pour lutter contre certains germes opportunistes, comme par exemple le Vibrio harveyi luminescent, et dans certains cas cet usage réduit l usage des antibiotiques en écloserie de crevettes. La suppression de la prolifération de bactéries pathogènes, comme les Vibrio spp., dans les écloseries de crevettes a pu être effective par l introduction ou inoculation de souches non pathogènes de souches ou d espèces de bactéries, qui sont autant de compétiteurs sur la ressource en métabolites. C est une procédure qui est prometteuse pour son efficacité et son faible coût, mais qui demande encore à être affinée dans les concentrations et les volumes utilisés pour un contrôle effectif des germes pathogènes. Des probiotiques efficaces et relativement bon marché demandent également une recherche complémentaire pour une optimisation des souches utilisées et l évaluation économique des produits proposés. En marge de la production d animaux pour la consommation, l aquaculture a d autres objets importants pour le bien-être humain. Les organismes aquatiques sont souvent adaptés aux conditions environnementales extrêmes et ainsi fournir des modèles uniques de recherche en biologie et physiologie. De plus les études les aspects cellulaires et moléculaires du développement des organismes aquatiques pourraient fournir des avancées sur les mécanismes de pathogenèse chez l homme (Wright et al., 2000). Technologies de la nutrition Actuellement, un des débats les plus échauffés concerne l utilisation de farines de poisson et autres protéines d origine animale dans l aliment utilisé en aquaculture (Naylor et al., 2000; Forster and Hardy, 2001). Même si les farines de poissons sont utilisées pour leur contenu en protéines de haute qualité, il existe des désavantages à cette utilisation dans son coût élevé et la labilité de l approvisionnement. Les prises de poissons sauvages sont en déclin et il y a une préoccupation croissante sur le plan environnemental (eutrophisation, pollution due à l excès de déchets), des préoccupations éthiques liées à l utilisation de farines pour des espèces naturellement non carnivores, et des préoccupations sociales à utiliser des farines pour l aliment de poisson quand elles pourraient être utilisées pour l alimentation humaine (notamment

89 dans les régions où la sous alimentation existe). Même si les plus gros utilisateurs de farines de poissons sont les secteurs de l élevage terrestre, et que l aquaculture du saumon, du bar, de la dorade et des crevettes utilise des espèces qui ne le sont pas pour l alimentation humaine, les préoccupations des consommateurs motivent à rechercher des sources de protéines végétales et de sources stables. Les biotechnologies offrent des possibilités de développement d alternatives aux farines de poissons, notamment les protéines végétales, par l amélioration de la production et les techniques de traitement. D autres techniques offrent des améliorations dans la disponibilité de l aliment. Les protéines végétales présentent un potentiel pour résoudre le problème de la pollution par le phosphore dans la mesure où les plantes contiennent des niveaux inférieurs de phosphores à ceux trouvés dans les protéines animales. L utilisation de protéines d origine végétales dans l aliment pour aquaculture peut aussi aider à réduire la pression exercée sur les stocks naturels de poissons. La recherche dans ce domaine se concentre sur l étude de différentes espèces de plantes et de mélanges de protéines animales et végétales comme nouvelles sources protéiques pour l aliment des crevettes (Mendoza et al., 2001), des mollusques (Shipton and Britz, 2000) et des poissons (Ogunji and Wirth, 2001). De plus, les levures constituent une autre source de protéines étudiée chez les poissons (Oliva-Teles and Goncalves, 2001), ainsi que des lipides végétaux comme substituts aux huiles de poissons (Ng et al. 2000). Une des difficultés dans l utilisation des protéines végétales dans l aliment des animaux aquatiques est le besoin de traitements appropriés pour détruire les composés anti-nutritionnels qui peuvent se révéler néfastes au poisson. Les chercheurs examinent la possibilité de gérer ces composés en produisant des enzymes d inhibition. Ces enzymes aident le poisson à faire un usage optimum du phosphore disponible dans les aliments à base de protéines végétales (Papatryphon and Soares, 2001; Vielma et al., 2000; Van Weerd et al., 1999; Papatryphon et al., 1999; Storebakken et al., 1998). Un des points critiques affectant le succès commercial des productions de poissons, mollusques et crustacés a été la dépendance vis à vis de la disponibilité en juvéniles de qualité pour l ensemencement (Sorgeloos, 1995). Bien que les besoins nutritionnels de la plupart des espèces de poissons, mollusques et de crustacés aient été identifiés, la production d écloserie pour la plupart des espèces dépend encore d aliments vivants tels que les microalgues, le rotifère Brachionus et les Artemia. Plus de 15 espèces de diatomées sont utilisées en écloserie pour l alimentation des larves de crevettes et alevins de poissons. La sélection de ces espèces a été menée essentiellement sur la base d essais erreurs plutôt que sur une approche scientifique. Les systèmes de production d aliments vivants dans les pays en voie de développement reste une tâche difficile. Ceux-ci posent les problèmes du coût et des volumes de production, ainsi que de la valeur nutritionnelle et des contaminations microbiennes. Ces problèmes ont créé un champ nouveau pour les biotechnologies et la recherche s efforce de trouver des suppléments efficaces et peu onéreux aux micro algues vivantes, la production d algues lyophilisées, des microparicules, et des levures modifiées. Ces travaux ont connu des avancées substantielles (Garcia-Ortega et al., 2001; Oliva-Teles and Goncalves, 2001). Plus de recherche est cependant nécessaire dans cette direction notamment pour réduire la dépendance vis à vis du microplancton vivant dans les écloseries de poissons et de crevettes. Les nauplii d Artemia constituent la nourriture vivante la plus utilisée en aquaculture de crevettes (Sorgeloos and Leger, 1992). Des progrès considérables ont été réalisés en améliorant la valeur nutritionnelle de ces crustacés planctoniques au travers de la sélection de souches et de lots, de l efficacité de la désinfection des cystes et de la décapsulation (Garcia-Ortega et al. 2001), de l élevage des nauplii, de l enrichissement et du stockage au froid (Sorgeloos, 1995). L amélioration de la qualité nutritionnelle des Artemia par bioencapsulation (enrichissement), notamment par des acides gras poly insaturés et des vitamines, a améliorer la larviculture en

90 termes de qualité, de survie, de croissance et de résistance au stress (Merchie et al., 1995). La bioencapsulation a également été appliquée pour l administration de vaccins par voie orale, de vitamines ou autres traitements (Lavens et al., 1995; Robles et al., 1998), notamment pour les écloseries de poissons (Majack et al., 2000; Touraki et al., 1996, 1999) et de crevettes (Uma et al., 1999). L effort de la recherche en bioencapsulation et utilisation de proies vivantes comme nourriture et vecteur de différents composés destinés à améliorer les survies et la santé des stades larvaires des animaux aquatiques mérite d être prolongé avec une forte priorité. Dans l avenir, le développement de l aquaculture dépendra de la capacité des éleveurs et des transformateurs de produire et mettre sur le marché un produit accepté des consommateurs. La demande croissante des consommateurs pour un produit assurant qualité et sécurité est reconnue et considérée. Là encore, les biotechnologies ont un rôle à jouer, spécialement pour améliorer et évaluer la sécurité, la fraîcheur, la couleur, le goût, la texture, les caractéristiques nutritionnelles et la durée de vie de ces produits. Les outils sont déjà en cours de développement, ou disponibles sur le marché, pour la détection de toxines, de contaminants ou de résidus dans les produits d aquaculture (Jellet et al., 1999; Quilliam, 1999; Marr et al., 1992, 1994; Pleasance et al. 1992). Les outils biotechnologiques peuvent également être utilisés pour identifier et caractériser des ressources aquatiques nouvelles, comme celles qui sont en danger. Le code génétique des organismes aquatiques peut maintenant être analysé, et des loci quantifiés pour des caractères bénéfiques pour l aquaculture (e.g., croissance rapide, résistance aux maladies ou la tolérance au froid). Les études peuvent également améliorer notre connaissance de la régulation et de l expression des gènes, du déterminisme du sexe, de la définition des espèces, des stocks et des populations (Alcivar-Warren, 2001; Agresti et al., 2000; Davis and Hetzel, 2000; Ward et al., 2000; Moore et al., 1999; Sakamoto et al., 1999; Liu et al., 1999Cross et al., 1998; Poompuang and Hallerman, 1997). Cela peut être approché par la sélection sur des gènes marqueurs, la transgenèse et la cryopréservation des gamètes et des embryons. Les progrès dans ce domaine vont nécessiter d adapter les techniques moléculaires sophistiquées aux espèces aquatiques de sorte à améliorer notre compréhension des processus biologiques impliqués. Par exemple, l approche des transferts de gènes in ovo a été développée pour de nombreuses espèces terrestres ou dulçaquicoles mais reste inexplorée pour les espèces marines. Ces techniques sont nécessaires pour l analyse de l expression et de la régulation des gènes. De plus, ces méthodes demandent d être développées pour la culture de tissus d organismes marins. Ces études devraient renforcer l utilité des espèces marines comme modèles de recherche biomédicale. La bioremédiation est également un autre champ prometteur pour les biotechnologies dans une approche de l utilisation de microorganismes et macroorganismes pour le traitement des rejets toxiques (Srinivasa Rao and Sudha, 1996). Même si cette procédure a été utilisée dans bien des situations, telle le traitement des eaux usées, son application aux rejets d aquaculture, de crevettes entre autre, reste assez novatrice. Il existe des produits disponibles sur le marché, essentiellement des préparations bactériennes, mais, pour la plupart, leur mode d action et leur efficacité restent à être évaluées scientifiquement. De plus, au-delà des microorganismes, des mollusques bivalves, des algues ou des holothuries (concombres de mer) etc ont été testés pour leur capacité à réduire les charges organiques et réduire les excédents en nutriments générés par l aquaculture. Diverses préparations de bioremédiation ont été développées pour éliminer les nitrates et autres déchets organiques des fonds de bassins, pour réduire le stress physiologique induit par les produits chimiques etc, dans les bassins de crevette. De nouveaux produits vont faire leur apparition très certainement compte tenu de l effort constant de recherche dans ce domaine; toutefois, il sera impératif de procéder à des essais de terrain pour évaluer l efficacité, le coût et les bénéfices de ces produits en systèmes d élevage.

91 Parallèlement à la question de la bioremédiation, vient celle de l amélioration de l alimentation. Le développement de l aquaculture ces dernières années s est entre autre attaché à étudier la question d une prise alimentaire plus efficace. Des circuits de télévision immergés sont utilisés pour étudier le moment où les poissons sont à satiété, de sorte à stopper l alimentation des animaux et éviter ainsi l accumulation d aliment non consommé sous les cages. Plus récemment, des instituts de recherche tel l Ifremer 1 se sont penché sur l utilisation de distributeurs à la demande pour lesquels les poissons apprennent à déclencher la distribution d aliment. Ces méthodes ont montré des résultats prometteurs et pourraient être utilisées pour de nombreuses espèces de poissons en élevage. L Ifremer a démontré les fluctuations mensuelles et journalières de la demande en aliment du bar européen (IFREMER, 2000). L apprentissage des poissons à déclencher eux-mêmes la distribution lorsqu ils ont faim, présente des avantages en termes de réduction du coût de l aliment, augmentation des taux de conversion et réduction des déchets et de la pollution. L Ifremer envisage également de développer des stabilisateurs de faeces pour des espèces comme le turbot ou le bar qui ont des excréments relativement liquides. Des additifs stabilisant les matières fécales pourraient permettre de préserver les eaux voisines des cages d élevage. Systèmes d élevage Un développement technologique notable dans l élevage en eau douce aux USA a accompagné celui de l aquaculture du tilapia en élevage en circuit fermé. La production américaine cependant est encore en compétition avec les produits de pays comme la Chine, le Costa Rica, l Equateur, le Honduras où les coûts de production sont nettement inférieurs du fait d investissements moins lourds. Si cela rend fragile la pérennité de l aquaculture du tilapia aux USA, il y a un intérêt à diversifier cette approche à d autres espèces comme la carpe ou la perche qui peuvent bénéficier de températures ambiantes plus basses. Une avancée technologique récente a été en salmoniculture le design nouveau des cages. Par le passé, l industrie a typiquement utilisé des cadres métalliques rectangulaires pour supporter les structures pour les filets des cages, ainsi que les pontons et plates-formes. A l exception des bassins d élevage pour quelques espèces marines en Asie, le design général des cages a été plutôt standard pour la plupart des autres espèces de poissons marins tant en Asie qu en Europe. Au cours de dernières années, cependant, la tendance a été pour le développement de cages circulaires avec des structures de support en plastic et ne disposant plus de pontons. L entretien et la gestion des cages se font à partir de bateaux. L aliment des poissons n est plus distribué à la main ou par des canons mais par des machines automatiques sur les cages et avec des capacités jusqu à 100 tonnes d aliment. Les visites par le personnel de la ferme sont ainsi réduites, réduisant du même coup, le coût de production. Comme le prix du saumon a diminué, l utilisation de ces technologies progresse et les élevages s intègrent de sorte à réduire les coûts de production et maintenir les bénéfices. L évolution vers l utilisation de ces cages circulaires gérées à partir de bateaux n a pas encore été vue en Europe pour l élevage du bar et de la dorade mais pourrait être une tendance pour ce secteur dans les années qui viennent. Si l aquaculture commerciale de poissons marins continue sa croissance, l élevage off-shore devrait connaître une utilisation grandissante par rapport aux sites traditionnellement utilisés. Le saumon atlantique a principalement été élevé dans des eaux proches de la côte, mais cela a conduit la production à des problèmes environnementaux, y compris celui de l insertion esthétique de ces structures dans le paysage. Sur des sites off-shores, la dilution des rejets, leur évacuation sont facilitées par les plus grands volumes et échanges d eau. De plus, les sites off-shores offrent une plus grande stabilité de la salinité. Des cages développées spécialement pour une utilisation offshore ont été mises sur le marché récemment, telles les cages rectangulaires Ocean Spar ou la cage SeaStation TM a double cône. La SeaStation 3000TM est une cage qui peut-être immergée 1 Institut français de recherche pour l exploitation de la mer

92 à 40 pieds sous les eaux de surface, en dehors de la zone de haute énergie, afin de réduire les riques d endommager les cages ou de nuire aux poissons en cas de houles trés fortes (Oceanic Intitute 2001). Le filet en double cône est suspendu sur une colonne verticale flottant centrale et peut être immergé de façon permanente, avec administration d aliment à travers un tuyau depuis la surface. L accès se fait par l intermédiaire d une portière à fermeture éclaire sous l eau et le nettoyage des filets est réalisé chaque jour par des plongeurs. En cas de tempête sévère, les structures peuvent être immergées sous les eaux de surface. Une cage de l Oceanic Institute de 24 mètres de diamètre, de 15 mètres de haut, ancrée à 10 m sous l eau à 3 km de la côte et par 30 mètres de fond a été utilisée pour élever des lots de 70 000 alevins de moi (Polydactylus sexfilis) à 3-400 grammes en 4-5 mois. La technologie pétrolière a contribué beaucoup au design de ces cages off-shore. Un autre point de convergence avec cette industrie a été l utilisation de plates-formes pétrolière recyclées en structure d élevage offshore. Le coût très élevé du désarmement des plates-formes de forage à la fin de leur vie économique rend l idée séduisante même si jusqu à présent le coût même de la conversion reste un obstacle en soit (Bugrov et al., 1994; Osborn and Culbertson, 1998). Aux USA, une politique nationale pour l aquaculture récemment formulée a identifié l aquaculture comme un des deux grands champs de recherche et développement. Le second est celui des systèmes clos (parfois qualifiés de «urbains»), incluant les technologies de recirculation pour des installations à terre (NOAA, 2001). Ceci montre certainement une future direction de l aquaculture. Un autre développement récent dans les systèmes d élevage a été l utilisation des systèmes en circuit fermé. Ces systèmes se sont avérés avoir un potentiel intéressant notamment pour la réduction de la consommation d aliments. Même si les expériences pour élever les crevettes sans changement d eau datent des années 1970 à Tahiti, et 1980 à Hawaï et en Caroline du Sud, les pilotes réalisés aux USA n ont jamais connu de transfert vers le secteur commercial. Un projet de ferme commerciale au Bélize en 1998 initiallement prévu pour protéger la ferme de l introduction des maladies a repris ces projets en maintenant les matières particulaires aérobiques et en suspension dans les bassins d élevage. Ceci facilite la nitrification des rejets (contribuant ainsi à la protection de l environnement) par les bactéries des bassins. Tant que le système est aéré, les conditions sont maintenues compatibles avec l élevage des crevettes et le floculat bactérien créé dans l eau contribue directement à l alimentation des crevettes. De sorte que le contenu en protéine et en farines de poisson de l aliment est considérablement réduit. Les systèmes clos de ce type peuvent également être installés à l intérieur de bâtiments et il existe actuellement plusieurs projets pilotes pour avancer dans cette direction, tant aux Etats Unis qu en Asie. Les exigences élevées en oxygène dissout pour bien des espèces de poisson rend plus difficile ce type de système pour réduire la demande en protéine pour la production de poissons chat en système clos par exemple où on pourrait attendre une optimisation de la consommation d aliment et une réduction de son taux protéique (Boyd and Tucker, 1995; Tucker et al., 1996). Amélioration des Technologies de l Aquaculture La pratique du «sea ranching» qui consiste à produire des juvéniles en écloserie et les lâcher en mer pour leur croissance ultérieure remonte à plus de cent ans. Des succès notables ont été enregistrés, par exemple avec le cardeau hirame (Paralichthys olivaceus), mais également des échecs lorsque les facteurs prédisposant les pêcheries à de faibles recrutements ou des pertes augmentées n avaient pas été suffisamment compris (Howell et al., 1999). Avec l amélioration de la compréhension des facteurs assurant le succès du sea ranching, de nouvelles espèces et de nouveaux sites sont maintenant visés. Des pays comme les Etats Unis, la Norvège, l Australie et la Chine ont lancé des projets de soutien des stocks pour une variété d espèces. Afin d améliorer les échanges d information sur cette question, le Premier Symposium International

93 sur l Amélioration des Stocks et le Sea Ranching a été organisé en Norvège en 1997 (Howell et al., 1999) et un second à Kobe, Japon en janvier 2002. Sea-ranching peut constituer une approche utile pour augmenter les débarquements, lorsque les habitats sont adéquats et l effort de pêche correctement régulé (Welcomme and Bartley, 1998). Conditionnement Avant Commercialisation Un secteur intéressant s est révélé ces dernières années qui le stockage temporaire du thon rouge du nord (Thunnus thunnus) pour en améliorer la qualité de chair. Les tous premiers développements de cette activité ont eu lieu en Australie avec le thon rouge du sud (Thunnus maccoyii), en réponse à une baisse des captures dans le sud de l Australie. Les débarquements de cette espèce migratoire en Australie ont atteint jusqu à 21 500 tonnes en 1982 mais avec des quotas de pêche plus sévère ont chuté en 1989 à 5 265 tonnes. La qualité du produit étant relativement médiocre, les valeurs de ce produit à l exportation ont considérablement diminué et ainsi des compagnies associant pêche et aquaculture ont commencé à placer en cage des poissons de 2 à 4 ans pour une période de conditionnement de 3 à 5 mois. L amélioration de la qualité de la chair de ces poissons a permis de les vendre sur le marché à très haute valeur du sushi au Japon où les prix du poisson sont de 18 $ US le kilogramme, soit jusqu à 620 $ par poisson. Depuis 1997, l embouche de thon est devenue le secteur de l aquaculture australienne le plus rentable (Brown et al., 1997). Des techniques analogues ont été utilisées par les pêcheurs en Méditerranée (Malte, Croatie et Turquie) au cours de ces dernières années, plaçant en élevage des thons capturés au cours d une période relativement courte de mai à juillet. Au cours de cette période, les poissons réalisent une migration pour la reproduction, et la qualité de la chair est assez pauvre, et conséquemment les prix bas. Les poissons sont placés en cage jusqu en novembre ou décembre et nourris avec des harengs ou des maquereaux. A la fin de la période d engraissement, les poissons ont retrouvé une meilleure condition et répondent aux exigences de qualité pour l exportation sur le marché japonais où les prix sont élevés. Les cages utilisées pour le stockage et le transport des poissons sont des structures de grande taille allant jusqu à 100 mètres de circonférence et qui peuvent demander plus d une semaine de transport dans la mesure où des distances de 300 kilomètres peuvent séparer les zones de capture des zones d embouche. La pêche du thon rouge, sur le déclin et vraisemblablement en danger, pour les stocks Atlantiques a été le sujet de controverses, et il y a ainsi un intérêt pour le développement cette technique d élevage qui réduit la dépendance vis à vis des stocks naturels. Il y a un autre point litigieux qui est l utilisation pour l engraissement des thons d espèces de poissons également destinés à la consommation humaine aussi bien en Australie qu en Méditerranée (se reporter à la section sur l alimentation). Il y a là un défit majeur pour cette espèce migratoire piscivore. Conclusion Les biotechnologies en aquaculture, ainsi que les autres innovations technologiques ont montré un impact positif sur le succès de la diversification en aquaculture, les possibilités d investissement et les échanges internationaux de technologie. Le développement de la biotechnologie en aquaculture devrait fournir des moyens de produire des animaux en bonne santé et avec des taux de croissance élevés, tout en respectant l environnement. Cependant, ce développement va grandement dépendre sur le désir et la volonté des producteurs de travailler main dans la main avec les scientifiques et de l assistance de la communauté internationale des donneurs auprès des pays en voie de développement pour une recherche dans ce domaine, l établissement de capacités et le développement d infrastructures. L amélioration des échanges d information et les discussions entre scientifiques, chercheurs et producteurs de différentes régions sur leurs problèmes et leurs résolutions devraient

94 indubitablement aider cet important secteur à se développer plus avant et augmenter la production durable d animaux aquatiques à l échelle globale. Références Alcivar-Warren, A. 2001. ShrimpMap: A genetic approach to understand immune response and disease resistance in shrimp. p. 11. In Aquaculture 2001: Book of Abstracts, World Aquaculture Society, Baton Rouge, LA (abstract only). Agresti, J.J., S. Seki, A. Cnaani, S. Poompuang, E.M. Hallerman, N. Umiel, G. Hulata, G.A.E. Gall and B. May. 2000. Breeding new strains of tilapia: development of an artificial centre of origin and linkage map based on AFLP and microsatellite loci. Aquacult. 185(102): 43-56. Anderson, D.P., 1995. Novel techniques in fish disease diagnosis. In. Diseases in Asian Aquaculture II. M. Shariff, J.R. Arthur, and R.P. Subasinghe (eds.) p. 27-42. Fish Health Section of the Asian Fisheries Society, Manila, Philippines. Ariel, E. and N.J. Olesen. 2001. Assessment of a commercial kit collection for the diagnosis of the fish viruses: IHNV, IPNV, SVCV and VHSV. Bull. Euro. Assoc. Fish Pathol. 21(1): 6-11. Austin, B. 1998. Biotechnology and diagnosis and control of fish pathogens. Journal of Marine Biotechnology. 6: pp. 1-2. Bachère, E., E. Mialhe, D. Noel, V. Boulo, A. Morvan and J. Rodriguez. 1995. Knowledge and research prospects in marine mollusc and crustacean immunology. Aquacult. 132(1-2): 17-32. Bedier, E., J.C. Cochard, G. Le Moullac, J. Patrois, and Aquacop. 1998. Selective breeding and pathology in penaeid shrimp culture: the genetic approach to pathogen resistance. World Aquaculture. 29:2. 46-51 pp. Benetti, D., J. Alarcón, O. Stevens, G. Banner-Stevens, F. Rotman, M. Feeley, W. Matzie, R. Orbun and B. O Hanlon. 2001. Marine fish culture prospects in latin American and Caribbean countries: review of candidate species and technological advances. Proc. Sixth Central American Symposium on Aquaculture, Tegucigalpa. Benzie, J.A.H. 1998. Penaeid genetics and biotechnology. Aquaculture 164: 23-47. Browdy, C.L. 1998. Recent developments in penaeid broodstock and seed production technologies: improving the outlook for superior captive stocks. Aquaculture 164: 3-21. Buchanan, J.T., J.F. LaPeyre, R.K. Cooper and T.R. Tiersch. 1999. Improved attachment and spreading in primary cell cultures of the eastern oyster, Crassostrea virginica. In Vitro Cell. Dev. Biol. Anim. 35(10): 593-598. Buchanan, J.T., Y. Li and J.F. LaPeyre. 2001. The influence of substrates and culture media formulations on the attachment and spreading of eastern oyster cells in primary cultures. p. 95 in Aquaculture 2001: Book of Abstracts, World Aquaculture Society, Baton Rouge, LA. Bugrov, L.Y., W.B. Murav ev and O.M. Lapshin. 1994. Alternative using of petroleum-gas structures in the Caspian and Black Seas for fish-farming and fishing: real experience and rigs conversion prospects. Bull. Mar. Sci. 55(2-3): 1331-1332. Cheng, T.C., J.F. LaPeyre, J.T. Buchanan, T.R. Tiersch and R.K. Cooper. 2001. Cryopreservation of heart cells from the eastern oyster. In Vitro Cell. Dev. Biol. Anim. 37(4): 237-244. Chi, S.C., W.W. Hu and B.J. Lo. 1999. Establishment and characterisation of a continuous cellline (GF-1) derived from grouper, Epinephelus coicoides (Hamilton): a cell line susceptible to grouper nervous necrosis virus. J. Fish Dis. 22(3): 173-182. Crawford, S.A., I.A. Gardner and R.P. Hedrick. 1999. An enzyme-linked immunosorbent assay (ELISA) for detection of antibodies to channel catfish virus (CCV) in channel catfish. J. Aquat. Anim. Health 11(2): 148-153.

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99 Associations de Producteurs et d Eleveurs: un Soutien au Développement Durable et à la Gestion de l Aquaculture Introduction Courtney Hough 1 et Pedro Bueno 2 1 Fédération européenne des producteurs en aquaculture (FEPA) 30 rue Vivaldi, 4100 Boncelles Belgique 2 Network of Aquaculture Centres in Asia-Pacific (NACA) Suraswadi Building, Department of Fisheries Kasetsart Campus, Ladiao, Jatujak Bangkok 10900 Thaïlande Le rôle des associations au sein du monde professionnel peu varier mais constitue en général un moyen d unifier les actions et positions de la profession pour le bien commun. Ce document essaie de démontrer comment différents types d associations peuvent jouer un rôle important dans le soutien au développement durable et à la gestion de l aquaculture. Le développement de l aquaculture dans de nombreux pays joue un rôle important et complémentaire aux pêches traditionnelles dans l augmentation de produits de consommation disponibles sur les marchés locaux et internationaux. Tout en contribuant à la réduction de la pauvreté et à la couverture des besoins alimentaires des populations dans les pays en voie de développement, le secteur se doit d y contribuer de manière durable ainsi que défini dans le Code de Conduite pour les Pêches Responsables de la FAO. Le secteur de l aquaculture produit environ un tiers de la production mondiale de poissons destinés à la consommation humaine, une valeur qui doit être également regardée à l échelle des régions. Par exemple, l aquaculture contribue pour 30% des pêches pour l Union Européenne 1. La principale région pour l aquaculture est l Asie est la majorité des produits d aquaculture (>80%) sont issus de pays à faible revenu et en déficit alimentaire (low-income food-deficit countries, LIDFCs). Alors que l aquaculture est supposée contribuer de façon significative à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté dans les pays de type LIDFC, l aquaculture est également perçue dans les régions développées comme pouvant contribuer à compenser la diminution des captures de pêche, et fournir des produits de haute qualité nutritionnelle. La création d emplois permanents dans des zones rurales et côtières et la lutte contre l exode rural sont autant de bénéfices complémentaires de l aquaculture. Les techniques de production de type semi-intensif sont largement répandues dans les pays LIDFC alors que les productions de poissons dans les pays développés se sont concentrées sur des espèces à haute valeur marchande produites dans des conditions intensives. Les techniques intégrant agriculture et aquaculture peuvent être appropriées pour les LIDFC, ce type d association n est que rarement praticable dans le contexte économique des pays développés. De fait, alors que l augmentation de la production est encore un objectif des LIDFC, la stabilité des marchés, la sécurité alimentaire et la santé des consommateurs, le respect de l environnement sont les points importants pour les aquaculteurs des pays développés. 1 Facts and Figures on the CFP, Commission Européenne 2001 (ISBN 92-894-1842-7)

100 Cependant, les producteurs hors des pays développés sont attirés par les marchés de l export, comme le démontre la croissance de la production et du commerce de crevettes tropicales par exemple, de tilapia, de saumon, d anguilles et d un nombre grandissant de nouvelles espèces. De même l importance du commerce entre pays développés ne doit être ignorée. A la suite de l adoption du Code de Conduite pour les Pêches Responsables, divers défis et questions spécifiques sont reconnues pour être liées à la pérennité de l aquaculture. Ceux ci incluent différents champs où les organisations professionnelles ont un rôle important à jouer, notamment : Des politiques et un cadre institutionnel et légal qui viennent en appui d un développement durable ne peuvent être développer sans communication et communication avec les principaux intéressés, les producteurs. L amélioration de la participation et de la consultation de tous les partis intéressés dans la planification, du développement et de la gestion de l aquaculture, notamment la promotion de codes de pratiques et de pratiques de bonne gestion. La promotion et l usage efficace des ressources adéquates, notamment l eau, les sites, les juvéniles et autres intrants. Le développement des ressources humaines et de l établissement de compétences dont les composants les plus importants sont la formation, le transfert de technologie, l accès à et la diffusion d information. Les mécanismes de volontariat et d adhésion à des mécanismes pour atteindre les pratiques les meilleures. Une enquête, menée par le Réseau des Centres d Aquaculture en Asie (Network of Aquaculture Centres in Asia-Pacific, NACA) depuis 1997-98 qui couvrait près de 400 associations d éleveurs, de groupes et structures impliquées en aquaculture dans 16 pays de la région, a identifié les principales activités de ces associations comme étant : Mettre en lumière les problèmes des éleveurs Mobiliser les aides publiques et institutionnelles pour les éleveurs Protéger les intérêts de l association Fournir des services techniques aux membres Organiser la résistance vis à vis des intermédiaires et groupes locaux de pression Mobiliser des crédits Influencer les décisions politiques Des associations nationales et locales ont participé à cette enquête. Il n existe pas en Asie de structure régionale telle qu une fédération des aquaculteurs. Du point de vue des gouvernements des pays en voie de développement, particulièrement en Asie, les associations d éleveurs en aquaculture sont vues comme des moyens de faciliter les actions de vulgarisation, l information sur le crédit et les marchés. Dans certains cas, elles sont utilisées comme appui à l élaboration de politiques. Pour les gouvernements, les associations d éleveurs sont des partenaires dans la réalisation et l application des politiques et programmes, et un mode d optimisation des coûts de ces efforts.

101 Associations d éleveurs et Secteur Privé Encadré 1: Extrait du Plan d Action pour une Aquaculture Responsable (ASAP), Politiques Les associations et groupements d éleveurs sont d avantage reconnus et renforcé dans de nombreux pays. L Atelier de Travail a mis l accent sur le fait que l adhésion et la participation continue, la capacité de telles associations constituent une part intégrale de la promotion du développement durable. Le rôle des éleveurs et des industries du secteur privé a été mis en lumière en relation avec diverses activités du Plan d Action. Des associations d éleveurs devraient être établies ou renforcées lorsque c est nécessaire, et encouragées à être le relais des problèmes et Associations d éleveurs et Secteur Privé Les associations et groupements d éleveurs sont d avantage reconnus et renforcé dans de nombreux pays. L Atelier de Travail a mis l accent sur le fait que l adhésion et la participation continue, la capacité de telles associations constituent une part intégrale de la promotion du développement durable. Le rôle des éleveurs et des industries du secteur privé a été mis en lumière en relation avec diverses activités du Plan d Action. Des associations d éleveurs devraient être établies ou renforcées lorsque c est nécessaire, et encouragées à être le relais des problèmes et préoccupations des éleveurs et agir comme un mécanisme de diffusion d information. Le NACA devrait assister à la formation d associations régionales et nationales d éleveurs ou de centres agissant comme des nœuds dans son réseau. Des associations régionales et nationales devraient prendre une part active à assister l orientation et le financement des activités de recherche et de développement. Le NACA et d autres agences devraient aider au transfert des technologies appropriées au travers des groupements d éleveurs. Les associations d éleveurs devraient consulter et promouvoir l engagement de communautés locales dans le développement de projets d élevage. préoccupations des éleveurs et agir comme un mécanisme de diffusion d information. Le NACA devrait assister à la formation d associations régionales et nationales d éleveurs ou de centres agissant comme des nœuds dans son réseau. Des associations régionales et nationales devraient prendre une part active à assister l orientation et le financement des activités de recherche et de développement. Le NACA et d autres agences devraient aider au transfert des technologies appropriées au travers des groupements d éleveurs. Les associations d éleveurs devraient consulter et promouvoir l engagement de communautés locales dans le développement de projets d élevage. Le besoin d une organisation régionale en Asie a été exprimé une première fois lors de l atelier de travail organisé par l ADB et le NACA en 1995 à Pékin qui, entre autre, a conduit à la formulation du Plan d Action pour une Aquaculture Durable (Aquaculture Sustainability Action Plan, ASAP) pour la région Asie Pacifique. Les représentants des associations de producteurs et éleveurs de différents pays ont approché la Banque d Asie pour le Développement (Asian Development Bank, ADB) et le NACA pour leur assistance à constituer un «réseau régional de producteurs en aquaculture», dont l idée principale est de travailler en partenariat avec le NACA. La réponse du NACA a été de mener une enquête régionale. Le Plan d Action pour une Aquaculture Durable (ASAP, ADB/NACA Mars 1996) incluait une section sur les Associations de Producteurs et le Secteur Privé dans la partie «politiques» du plan (voir cartouche 1 ci contre). Plus récemment, lors du séminaire régional (AFBiS 2002) des producteurs en aquaculture, organisé par le NACA et le gouvernement de Malaisie, conjointement à la 13 ème réunion du Conseil de Gouvernance du NACA, une session commune des délégués du Conseil et des participants de l AFBiS 2002 ont développé un ensemble de recommandations incluant la

102 Encadré 2: Conclusions et Recommendations de la Réunion Conjointe des Délégués du Séminaire Régional AquaBusiness en Asie (AFBiS 2002) et du 13ème Conseil de Gouvernance du NACA La discussion, le dernier jour du séminaire Aquabusiness 2002, par les participants sur les thèmes du séminaire, concentrée sur les actions potentielles par les Gouvernments, les Organisations Internationales et les Producteurs a conduit aux conclusions et recommendations suivantes: Le secteur de la production en aquaculture est divers en nature et en structure à la fois dans la région et les pays de la région. Cette diversité signifie que, à la fois, les conditions et les besoins du secteur sont très variables. Le secteur de la production nécessite de façon urgente: - Des structures de formation et d enseignement - Un accès à des sources d information fiable - Des informations de base et détaillées pour assister la production et la vente - Des recommandations techniques sur l utilisation des produits Des standards communs sont nécessaires pour: - L utilisation des médicaments et produits de traitement - Une approche générale des standards de production - Les meilleures pratiques de fonctionnement De plus, il est nécessaire d identifier des points d intérêt commun supplémentaires qui peuvent assister le développement du secteur L état des associations de producteurs n a pas d unité et représente la diversité de des besoins des différents pays et un renforcement est nécessaire à la fois au niveau national et local Des actions sont nécessaires pour de telles associations qui devraient inclure : - Fournir un forum pour les producteurs - Fournir des chances d accès à l information et aux technologies - Améliorer les flux de communication vers la base - Amener la démonstration des bénéfices à se former en association Les producteurs doivent jouer un rôle participatif fort dans le développement sectoriel mais les conditions d un véritable partenariat demandent encore à être remplies L établissement d une représentation régionale des producteurs d aquaculture est considéré comme la bonne direction mais pourra demander du temps pour son développement. Les bénéfices sont reconnus et pourraient être atteints via la formalisation et la mise en place d un corps représentatif approprié Il est recommandé d utiliser le NACA comme catalyseur pour un tel développement facilitant une organisation régionale des producteurs en aquaculture Pour cela, une meilleure connaissance des activités et de l importance des associations existantes est nécessaire, particulièrement lorsqu il existe des interactions avec d autres organisations et conseils Des actions sont nécessaires pour le renforcement des associations locales et nationales tout en développant une association régionale, en notant que les objectifs clairs et les actions conjointes doivent être identifiées Le développement d une association régionale autonome pourra prendre du temps et le NACA devrait fournir un certain soutien (services initiaux d infrastructures) afin de réduire le temps et accélerer la mise en place La définition de la structure exacte, de la constituion, des conditions d adhésion et de responsabilité de l organisation régionale de producteurs est essentielle et doit être établie en consultation avec les parties intéressées à l échelle nationale et régionale Une assistance est également nécessaire à l établissement d un réseau d alimentation en aquaculture.

103 formation d une association régionale de producteurs en aquaculture (ARAPA). Les conclusions et les recommandations de ce séminaire (tenu du 15 au 18 janvier 2002 en Malaisie) sont données dans l encadré 2. La situation de l aquaculture, comme pourvoyeur important d aliments, a été consolidée par les pratiques délétères de sur-pêche. La nécessité de développer l aquaculture pour une contribution significative à la sécurité alimentaire doit être accompagnée de l adoption de pratiques durables et de l exercice par le secteur de la production de ses responsabilités. En répondant au défit d assurer une aquaculture durable, le secteur de la production doit s organiser efficacement pour l application des besoins attendus, orientés vers la technologie ou l application de politiques. Alors que le débat sur l aquaculture durable couvre des questions diverses, technologiques, environnementales, les questions économiques et de marché doivent également être inclues, sujet que la profession maîtrise certainement le mieux. C est pourquoi, l utilisation des associations, au niveau national et régional fournit la base et les moyens pratiques d une communication à double sens avec le secteur qui devrait permettre les améliorations attendues de la gestion des ressources et du secteur. Le besoin d Associations Les associations qui regroupent des membres d une même profession ont existé depuis des siècles, au sein desquelles les discussions sur les questions d intérêt commun, sur le développement ou l identification de solutions aux problèmes communs, sont autant d incitation au regroupement en association. Les médecins, les ingénieurs ou les architectes sont des exemples classiques de ces vieilles associations où le regroupement du savoir dans un forum unique est un avantage supplémentaire. Ces raisons tiennent encore aujourd hui, tout particulièrement lorsque d autres parties intéressées, comme les autorités, le public, espèrent un dialogue avec une profession et lorsque les préoccupations de la profession sont en relation avec celles du public. En ce qui concerne l aquaculture, ces raisons vont même plus loin du fait de l interaction avec l environnement et d une production essentiellement tournée vers la consommation humaine. Un des corps associatifs les plus vieux en aquaculture est la Confrérie des Chevaliers de la Truite, qui avait commencé comme la Confrérie des Pêcheurs des Eaux Royales en France en 1158. Toutefois, la première association moderne en aquaculture a été créée au 20 ème siècle avec le développement de l élevage de la truite et de la carpe. Si l on compare avec le secteur de l élevage en Europe, l agriculture a développé des corps de représentation bien plus rapidement et en accord avec son importance plus grande en terme de contribution. L aquaculture a beaucoup de points communs avec l agriculture du fait de la nature rurale de cette activité, et de la dispersion géographique de la profession. La dispersion de l agriculture combinée à la localisation des grands marchés a conduit à l établissement d entités spécifiques pour le commerce commun des produits où les structures en coopérative ont pris leur place intégrante dans la profession. L aquaculture a toujours souffert de la comparaison à l agriculture et à la pêche en ce sens que l existence de producteurs de petits volumes ne justifiait ni le développement de coopératives, ni de sociétés communes de négoce. Alors que les intérêts de l agriculture étaient fortement représentés par des syndicats nationaux, ce n est que très récemment que l aquaculture a atteint une masse critique le permettant. De plus, l expansion de l aquaculture dans les pays développés est apparue au temps même où les supermarchés commençaient à consolider leur positionnement sur le marché de la

104 consommation. Les changements de profils de ce secteur ont affecté presque toutes les professions d approvisionnement, notamment celles en produits frais ou réfrigérés. De nouvelles exigences pour la transformation ont amené des normes rigoureuses associées à des exigences logistiques toujours changeantes (livraison, distribution, ) et font du secteur de l alimentation, l un des plus difficiles et compétitif actuellement. Le commerce électronique aujourd hui ainsi que la facilité des échanges internationaux viennent ajouter à ces observations et la demande des clients aujourd hui est celle de produits frais, hygiéniques et nutritifs qui soient produits en respect de l environnement et au prix le plus bas. De toute évidence, cette position reflète essentiellement la situation des marchés et des tendances dans les pays développés qui sont de plus en plus la cible de choix de la production mondiale d aquaculture. Toutefois, il n y a pas de raison de croire que les profils de ces régions ne se reproduiront pas ailleurs. Avec le développement de ses activités, l aquaculture a également amené à l adaptation de la législation à ce secteur. Cependant, les plans et stratégies de développement pour l aquaculture ne sont que des innovations récentes et, dans bien des cas, l aquaculture s est développée sans cadre réglementaire établi. La législation appliquée à l aquaculture comprend un éventail large de points parmi lesquels la gestion de l eau, les questions d environnement, de bien-être animal, des conditions de la production biologique, des eco labels, des responsabilités professionnelles, de la transformation etc La représentation efficace des intérêts professionnels est souvent nécessaire et demandée par les gouvernements ou les autorités (comme par exemple les organisations chargées du suivi de l environnement). La législation qui incorpore les résultats de processus de consultation constructive est généralement satisfaisante pour tous et plus facile en termes d acceptation et d application par la profession. Le sujet de l auto régulation ou auto gouvernance est de plus en plus abordé, particulièrement lorsque la décentralisation de l autorité est discutée. Pour la réussite de la consultation et avancer vers l auto régulation, il est crucial de disposer d un corps associatif qui représente légitimement la profession. Une tendance, dans les pays en voie de développement d Asie où il existe un processus démocratique mais encore sous influence de groupes d intérêt ou d élites, est aux associations d éleveurs pour faciliter leur rôle dans la formulation des politiques. Pour disposer d influence, ces groupes doivent être gros, même si de manière quelque peu ironique, ils sont parfois dirigés par des membres des élites qui les utilisent pour leurs propres fins, économiques ou politiques. L organisation de vient alors un autre groupe de pouvoir, jouissant d un statut particulier, tournant au partenariat avec le gouvernement (en réalité une nouvelle agence de l élite au pouvoir). Il existe toutefois des associations ou des fédérations nationales d éleveurs qui se tiennent en défense, et vues comme des adversaires des gouvernements, mais celles ci sont rares dans le secteur de l aquaculture et plus encore dans celui plus large des pêches. Le développement, lorsqu il constitue une expansion de l activité ou, par exemple, l introduction de nouvelles technologies, nécessite l accès à la recherche et la formation pour le développement de compétences. Lier les secteurs de la production et de la recherche est une priorité pour un développement continu et bon, particulièrement lors des périodes de croissance importante de la production globale en aquaculture. Il est essentiel de disposer de ponts efficaces à cet effet et les associations constituent une des bases de ce processus. Les résultats de l enquête du NACA soutiennent généralement les observations faites ci-dessus. Mais il y a des degrés différents d accent sur les objectifs. Il y a une tendance au groupement de producteurs dans les pays où l économie de marché est prônée à la distorsion pour inclure dans leurs objectifs de faire contrepoids à cette distorsion, comme par exemple s organiser pour résister aux intermédiaires et aux groupes de pression locaux Les propos communs des groupements couverts par l enquête sont de fournir des services aux membres, de mobiliser

105 des crédits et autres soutiens institutionnels, et de pouvoir mettre en lumière leurs problèmes et attirer des moyens de les résoudre. Dans les économies les plus développées de la région, les associations tendent à avoir des objectifs plus précis tels que les services technologiques et la réponse aux exigences du marché. La principale conclusion est que l aquaculture moderne ne peut se développer avec succès sans disposer de structures de représentation adéquate qui agisse non seulement pour promouvoir l aquaculture mais également fournir un centre pivot de communication pour la profession. Cela doit fonctionner à la fois vers l amont et l aval, pour dispenser l information depuis et vers la profession. Le plus important est que ces structures doivent avoir la capacité de développer les opinions et les actions nécessaires à la profession. Alors que le besoin d associations nationales est bien reconnu, certains gouvernements vont jusqu à établir eux-mêmes des associations nationales et appointent des fonctionnaires pour les administrer. Dans certains pays, le gouvernement autorise l établissement d organisations nationales de producteurs qui couvrent le vaste secteur de l aquaculture (aquaculture et pêche) et fournissent assistance aussi bien que direction au travers d une Autorité constituée. L Etablissement d Associations La création d une association peut être réalisée pour diverses raisons dont la première est de traiter les sujets de préoccupation communs de la profession afin de pouvoir identifier les solutions appropriées. La nature de ces préoccupations et les responsabilités qui sont celles de la profession déterminent le rôle et le champ de l association. Par exemple, si l organisation commune de la vente des produits de la profession est nécessaire, une structure telle qu une société coopérative peut être nécessaire. Une telle société pourrait probablement être limitée géographiquement aux producteurs d une zone donnée. Le fond de financement pourrait être constitué par les membres avec retenue d une proportion des revenus des ventes pour assurer le fonctionnement et le développement. Lorsque la profession doit se lier à la société civile, autorités gouvernementales inclues, la structure envisagée est celle d une association professionnelle qui est en général incorporée dans une organisation à but non lucratif. La création d une telle association peut se faire à échelle locale (zone d un pays) ou nationale (couvrant l ensemble de la production d un pays). Le financement est généralement obtenu par les simples cotisations des membres de l association. Dans le cas où différentes associations locales existeraient dans un pays, celles ci peuvent se grouper en fédération d association qui agira comme corps représentatif dans le pays. La plupart des associations sont cependant des produits de plusieurs associations locales. De fait, elles peuvent même être le résultat de la fusion d associations locales. Dans ce cas, une hiérarchie est établie et l association nationale ou la fédération nationale sont la voie de la profession au niveau national. Le financement d une fédération d association est essentiellement assuré par la souscription des associations membres. Il est des cas où plusieurs associations nationales souhaitent se grouper pour des questions communes et une solution est la fédération internationale constituée de fédérations nationales ; c est le cas de l Association Européenne des Producteurs d Aquaculture (FEAP) qui est composée d associations nationales de producteurs d aquaculture en Europe et l Association Internationale des Producteurs de Saumon (ISFA). Le type de financement est le même que dans le cas précédent.

106 Récemment, une attention particulière a été donnée à la création d associations interprofessionnelles, incorporant différents partenaires d un secteur. En Europe, l une d elles est le Comité Interprofessionnelle des Produits de l Aquaculture (CIPA), qui incorpore des représentants du secteur de la production, des provendiers, des pêcheurs, des fournisseurs de matériel et des transformateurs. A un niveau régional, la situation la plus voisine est celle de la Global Aquaculture Alliance (GAA - www.gaalliance.org). Ces organisations confirment la tendance encourageante vers une amélioration de la coopération intra-sectorielle. L efficacité et la stabilité sont les plus fortes exigences des organisations. L efficacité est surtout obtenue par des aspects pratiques, alors que la stabilité vient de l engagement des membres des associations et, c est important, d une base financière adéquate pour assurer leur fonctionnement. Si ces exigences ne sont pas satisfaites, la planification de réalisation d actions efficaces est extrêmement difficile. Inévitablement, avec l évolution de telles structures et la hiérarchie développée, la nature des questions traitées change, tout comme les responsabilités et les compétences nécessaires à chaque niveau. Dans le cadre de cet article, il sera fait référence à des expériences pratiques et des circonstances qui contribuent à des actions effectives. Il est souvent dit que «ce qui compte c est ce qui marche, et ce qui marche, c est ce qui compte» ; ainsi, assurer que les associations à la fois marchent et comptent est vital pour le succès de la gestion et du développement de l aquaculture. L Incorporation à une Association Les associations sont des structures officiellement reconnues pour devoir être incorporées sur la base de statuts acceptables et sur lesquels les membres fondateurs se sont entendus. Ces statuts sont, en général, très simples en termes d objectifs (par exemple, créer un forum commun), mais une attention et un soin particuliers doivent être portés sur : la structure d adhésion envisagée, notamment les procédures de candidature et d expulsion la nature et la fréquence des réunions statutaires la structure de fonctionnement envisagée les responsabilités des membres, du bureau et du personnel de l association la nature des élections du bureau les finances cotisations et leur mode de calcul Une association devrait incorporer des membres qui ont un statut légal identique ou similaire et qui partagent des objectifs communs ou des activités communes. Alors qu il peut y avoir de grandes variations d échelle des opérations réalisées, les objectifs d un petit éleveur sont très semblables à ceux d un opérateur important. C est la position de la plupart des associations nationales ou locales responsables pour l aquaculture. La plupart des associations sont incorporées en qualité d organisation à but non lucratif de sorte que les budgets sont essentiellement sous la conduite des coûts opérationnels annuels plutôt que du développement à moyen terme. Comme dans toute organisation, les estimations précises du budget sont importantes dans la mesure où la collecte des fonds se fait sur une base annuelle. Généralement, une association disposera d un comité de gestion ou d un directoire, élu par les membres et incluant au moins un président, qui est souvent le seul représentant légal de l association. Les membres du bureau, en général, contribuent de façon bénévole. Les petites associations (par exemple, association locale de producteurs ou société d éleveurs) ont rarement les ressources pour employer des salariés et sont généralement complètement bénévoles. Au niveau national, où des niveaux de production plus importants sont représentés, et où les niveaux de responsabilité peuvent amener des contacts avec le gouvernement ou des activités

107 de promotion, un personnel professionnel est habituellement nécessaire pour mener à bien ces tâches. La Gestion d Association Les Finances L essentiel des finances des associations vient des cotisations qui doivent être abordables et raisonnables pour les membres. Alors qu il y a différentes méthodes de calcul pour cela, la technique la plus commune semble celle basée sur deux parts: une cotisation de base une contribution en fonction de la production Les fonds obtenus doivent ainsi être uniquement mis au service des activités de l association. Dans le cas de la FEAP, pas un seul des membres n est autorisé à contribuer à raison de plus de 20% du budget de telles cotisations. Cela signifie qui si un important souscripteur financier venait à quitter la fédération, cela n impliquerait pas une crise financière. De plus, un membre qui souhaite quitter l association doit donner un an de préavis (ainsi qu une justification) avant son départ. Les activités d une association peuvent être comparées à celle d une petite affaire qui aurait de nombreux partenaires. L argent est limité mais les activités sont discutées par avance et bien des gens ont des opinions justes, et parfois contradictoires. De plus, quand tout va bien, les membres aideront volontiers mais quand les finances sont tendues, les cotisations sont moins importantes. C est aussi dans ces temps que l association se doit de travailler le plus. Cette situation ne peut être résolue par les associations qui disposent d une réserve pour les temps durs. Si l on considère qu une base financière solide est un luxe que bien peu d associations peuvent se permettre, il est essentiel d avoir une revue régulière des opérations, des forces et faiblesses, de sorte à construire et améliorer la force et l influence de l organisation. Le développement de savoir-faire au sein d une association est extrêmement important, particulièrement lorsqu elle est en charge de questions qui peuvent inclure du marketing, de la consultation avec les services de l état, des relations publiques et de la gestion de crise. La Gestion Toutes les associations doivent avoir une structure de gestion et d administration qui soit transparente. Il s agit en général d un bureau ou d un directoire qui est mandaté par l assemblée. Dans le cas de la FEAP, la structure de gestion est composée d un président fédéral, assisté de trois vice-présidents qui tous ont été présidents de leur propre association nationale et font partie du directoire pour la gestion de la fédération avec l aide du secrétaire général. Ces postes sont bénévoles à l exception du secrétaire général et du personnel en charge des aspects administratifs et fonctionnels de la fédération qui sont rémunérés. Ce type de structure est retrouvé dans la plupart des associations. Il va sans dire que l accès à des personnes expérimentées et compétentes pour le bureau est des plus importants en termes de gestion et management. Si les membres du bureau ont une activité professionnelle fructueuse et chargée, il est important d avoir accès à leur compétence dans les champs qui sont ceux de l association. La plupart des associations nationales, par exemple, ont régulièrement recours aux conseils de scientifiques ou vétérinaires expérimentés.

108 La sensibilité, l expérience et la compétence en ce qui concerne les principales préoccupations de la profession sont, bien entendu, nécessaires et dans le cas où ces éléments ne sont pas parties intégrantes de l association, le recours à une assistance extérieure peut être fait. Par exemple, bien des associations ont des conseillers scientifiques (issus du monde académique) et en relations publiques de sorte à traiter de la meilleure façon les questions d ordre scientifique ou de marketing. L établissement de capacités dans une association conditionne son succès à promouvoir et assister le développement. A l âge de l information, établir un réseau efficace, compétent et au meilleur coût, de communication est devenu plus facile mais nécessite également une bonne gestion de la communication, en fournissant ni trop ni trop peu de celle-ci. La Prise de Décision Des décisions doivent être prises et il faut donc mettre en place les conditions de vote. En général les questions de gestion sont sous la responsabilité du directeur de l association ou de la structure de gestion, mais les décisions importantes doivent être prises en assemblée des membres de l association. La plupart des associations ont un système où un vote correspond à une personne, cependant il peut y avoir d autres situations. Pour la FEAP par exemple, l importance des votes est basée sur l importance de la production. De telles conditions doivent toujours être acceptées au préalable par l assemblée et incorporées aux statuts ou règlement de l association. Que la réponse soit la «bonne» ou la «mauvaise» à une question donnée peut être subjectif, mais dans une association il est essentiel que tous les membres soient considérés avant qu une position soit arrêtée. Garantir la consultation et l expression est une règle d or du fonctionnement d une association, même si en pratique cela n est pas toujours possible. Le travail en Association Dans la mesure où l essentiel du travail réalisé au sein d une association est bénévole, lorsque les participants sont dans la vie active, une attention particulière doit être apportée au bon usage des compétences dans les comités dédiés à des tâches spécifiques. Par exemple, la FEAP s est dotée de plusieurs groupes de travail qui couvrent les questions d importance pour ses membres, notamment: le développement d un code de conduite une revue de la réglementation européenne en matière de santé des poissons le suivi du développement de l aquaculture en Méditerranée. La GAA a développé un Programme d Aquaculture Responsable (Responsible Aquaculture Programme 2 ) dont le but est de certifier les meilleures pratiques d aquaculture au niveau des fermes ; évidemment, l organisation a développé les directives et les conditions de la certification en utilisant les conseils de professionnels et d experts, et l accord est formalisé par un comité de certification. Certains groupes ont des tâches spécifiques à accomplir, leur travail doit être transparent et présenté à l assemblée pour accord. Cette méthode de travail est très fréquente dans les associations et donne souvent de bons résultats. En incluant l expertise nécessaire pour des sujets précis (par exemple des délégués qualifiés ou des experts conseillers) les actions et les résultats peuvent sans aucun doute atteindre un très au niveau de qualité.

109 Les Rapports De nombreuses associations disposent de données pertinentes en matière de production et de prix des produits de leurs membres et sont très au fait de l état des marchés. En fait, elles sont souvent utilisées pour fournir aux autorités nationales les informations de cette nature. Comme exemple régional, on peut citer le cas de la FEAP qui collecte les données de production et les prix de sortie d exploitation (moyennes annuelles) pour les espèces représentées par ses membres ; ces données sont considérées comme les plus précises et les plus récentes pour les associations. De plus les contenus de toutes les réunions sont consignés et rendus accessibles aux associations membres. Dans certaines circonstances, des copies de documents peuvent être fournies à des tierces parties sur demande. Un outil très important et disponible pour les associations, particulièrement celles qui ont des accords avec les autorités gouvernementales, est celui des résolutions. Sur des questions d urgence, la résolution (qui doit être approuvée par l assemblée) est une déclaration ferme d opinion qui est envoyée aux autorités et devrait avoir le poids de références et d arguments soignés. Ces actions fournissent la transparence nécessaire dans le secteur et constitue un bénéfice considérable en démontrant les responsabilités assurées par le secteur professionnel en plus du soutien donné aux actions nécessaires au développement d une aquaculture durable. Actions complémentaires Recherche, Formation et Développement Au niveau national, la plupart des associations établissent des contacts avec les universités nationales pour les besoins de travaux de recherche. Peu d associations sont capables de financer des programmes de recherche, elles sont en revanche souvent impliquées dans l organisation d essais terrains et de programmes de formation sur site. Evidemment, cela doit fonctionner dans les deux directions, les éleveurs en aidant les étudiants ou les éleveurs formés à de nouvelles techniques. Dans certains cas, des représentants d associations ont été mandatés par des comités institutionnels pour l établissement de politiques de recherche à long terme. De plus, il y a une demande croissante pour le secteur de la production de fournir des informations sur ses besoins et demandes pour le futur et, en Europe, la FEAP va organiser des ateliers de travail par espèce sur ces questions en 2002 et 2003. En Europe, l existence de plusieurs programmes RTD (Recherche et Développement Technique) importants, groupés dans les Programmes Cadres de Recherche et Développement, a permis à la FEAP de développer un rôle actif dans une série de projets. Le thème commun est que les objectifs et les résultats soient applicables à l ensemble du secteur, représenté par la FEAP. Ces projets incluent: Aquaflow 3 - pour la dissémination des résultats de projets de recherche financés par l UE sur l aquaculture (projet RTD EU) Maraqua 4 une revue de la législation sur l environnement et les questions touchant l aquaculture européenne (projet RTD EU) Assister le développement de programmes de formation et de perfectionnement (AquaTnet 5 et Pisces) (programme Leonard de Vinci EU) 2 http://www.gaalliance.org/resp.html

110 Si la FEAP a été le leader de quelques projets, elle est, en général, incorporée comme partenaire de sorte à assurer la communication vers le secteur de la production, comme une activité de dissémination d information. C est rôle à l importance grandissante que de fournir de l information et des moyens de communication à et avec la profession ; ce qui constitue un modèle important pour des activités nationales ou régionales. C est un travail essentiel pour une association professionnelle que d assurer une position active dans des actions de type RTD. Actions conduites par les associations Pour que les associations développent leur position dans la société, elles ne peuvent rester passives et il y a de nombreuses actions qui peuvent être entreprises par les associations, comme, par exemple, les projets ou études qui peuvent être très utiles à leurs membres et au secteur qu elles représentent. Le développement de codes des meilleures pratiques a été conduit par des associations au niveau local, national et régional et cela constitue des actions importantes pour le développement de schémas de qualité et d environnement incluant éventuellement des tiers. La FEAP a conduit le développement de projets pour la gestion des données de prix et de production du secteur de l aquaculture européenne de sorte à collecter les données des différents pays dans des conditions communes, condition et valeur. Les données sont utilisées pour les rapports de la FEAP sur ce sujet. Les sites des associations fournissent une fenêtre sur leurs activités au public ainsi qu au monde professionnel. C est une part essentielle de la présence du public requise pour les associations et fédérations. Peut-être que l élément développé récemment par la FEAP, le plus important, est une action intitulée «Aquamedia», un projet qui a été développé pour le besoin d information du grand public sur ce que l aquaculture est, fait et ses contributions. Ce projet a été initié uniquement sur des financements de l industrie et constitue une vraie action internationale. Ses activités seront largement distribuées au travers de supports électronique, papier et CD-Rom. L accès et la promotion de la communication avec la profession est un rôle d importance croissante de la fédération et fournit un important modèle pour des activités de ce type à l échelle nationale ou régionale. Le But d une Association Le champ d action d une association ou son objectif est défini par ses statuts et la nature de ses adhérents. L expérience montre qu il vaut probablement mieux construire et aménager sur une structure existante plutôt que d être trop ambitieux au départ. Par exemple, de nombreuses associations nationales sont le résultat de groupements d associations locales pre-existantes. Les premières associations en aquacultures ciblaient des espèces spécifiques, comme la truite ou le poisson chat, dont les objectifs étaient limités et précis à une ère géographique. Avec le développement de l aquaculture et son expansion, de telles associations se sont groupées entre elles au sein de structures nationales qui étaient soit ciblées sur une espèce ou un secteur, en incluant tout ou la plupart des producteurs. L objectif des différentes structures a changé avec l évolution des associations nationales lorsque celles-ci ont pris position vis à vis des gouvernements ou des actions à mener à l échelle 3 www.aquaflow.org 4 Journal of Applied Ichthyology. Vol 17 N 4 pp 137-194 (2001) 5 www.aquatnet.org

111 nationale. Une association nationale devrait avoir le privilège de relations avec ses propres autorités nationales telles que les universités, les agences de l environnement, et être à même de fournir des informations autorisées sur les activités et la structure du secteur qu elle représente. Elle sera habituellement la voix d information des autorités nationales sur l état de la profession et de ses besoins en termes de développement. De plus, les associations nationales sont souvent les organisateurs de campagnes de marketing générique réalisées sur le territoire national ou visant les marchés de l exportation. Les associations nationales devraient être les coordinateurs des efforts de relation avec le public, particulièrement là où les secteurs peuvent être sous le feu de la critique publique. Les objectifs des actions d une fédération régionale sont sensiblement différents dans la mesure où les questions pratiques qui sont assurées par les associations nationales ne sont pas faciles à aborder à l échelle régionale. Dans chaque cas cependant, la croissance de l activité de représentation et le développement du cercle d influence prennent du temps et des efforts. Une fédération régionale a rarement les contacts privilégiés d une association locale ou nationale, en partie du fait de l absence de structures régionales correspondantes, mais également parce que sa raison initiale est habituellement par nature moins directement appliquée et plus de communication et de liaison entre ses membres. Il est important pour une fédération régionale de reconnaître et identifier ses interlocuteurs, appropriés à ses fonctions, et ainsi d établir sa contribution et son autorité. L initiative de créer une fédération internationale d aquaculture en Europe date de 1968, suite à la création du Marché Commun par six nations d Europe. Quatre associations nationales, toutes impliquées dans l élevage de la truite, ont créé la Fédération Européenne de Salmoniculture (European Federation of Trout Growers). En 1990, elle s était étendue aux éleveurs de saumon et à 12 pays. Suite à l adhésion de pays producteurs de bar et de dorade, la fédération a rapidement grossit pour incorporer en son sein la plupart de l Europe, 30 associations de 20 pays en 2002. Le principal objectif de la FEAP est de fournir un forum de débat sur des questions communes à ses membres et de communiquer sur les résultats de ces discussions vers les autorités appropriées. Fournir cette possibilité d un débat juste et équitable aux représentants du secteur donne la base initiale du développement de la fédération, renforçant le potentiel d une communication efficace entre les associations membres et développant des opinions claires et des arguments sur les questions d importance pour la profession. Un des objectifs clés est la communication efficace de ces opinions aux autorités qui, varient, selon le sujet, et couvrent tous les aspects de l aquaculture et de son fonctionnement. Par exemple, la Commission de la Communauté Européenne, particulièrement la Direction Générale des Pêches qui couvre l aquaculture, est un interlocuteur des plus importants pour la FEAP. Cependant les autres Directions Générales qui ont une responsabilité vis à vis du consommateur (DG SANCO), de l environnement (DG Environnement) et du commerce (DG Commerce) ont également des relations directes avec le secteur de l aquaculture. En Europe, de nombreux pays qui sont voisins des Etats Membres de l Union Européenne ont adopté la plupart de la législation harmonisée, un facteur qui renforce la position et la justification d une fédération. D autres associations internationales incluent l Association Internationale des Eleveurs de Saumon (International Salmon Farmers Association, ISFA), qui regroupent les associations de producteurs de saumon existant dans le monde (pays européens, Canada, USA, Chili, Australie et Nouvelle Zélande), et la Global Aquaculture Alliance (GAA). La Global Aquaculture Alliance se concentre plus sur l aquaculture de crevettes tropicales et ses adhérents sont des associations, des opérateurs privés et des importateurs. Son but est de plaider pour l aquaculture comme une réponse au besoin global de nourriture et d éduquer les producteurs,

112 les consommateurs et les médias au regard de cela, en appuyant pour une aquaculture responsable vis à vis de l environnement. Il est important pour toute association ou fédération régionales de reconnaître les interlocuteurs appropriés à ses fonctions et de construire sa propre autorité et contribution. Par exemple, en dehors des liens établis avec la Commission Européenne, la FEAP maintien également des relations statutaires avec la FAO des Nations Unies, particulièrement pour le Comité de Conseil des Pêches en Eaux Intérieures de l Europe (European Inland Fisheries Advisory Committee) et la Section Aquaculture du Conseil Général des Pêches en Méditerranée (General Fisheries Council of the Mediterranean). L établissement du Sous-Comité de l Aquaculture de Comité des Pêches est d un intérêt évident pour tous les groupes régionaux en aquaculture. Ces liens permettent aux associations régionales et à leurs membres d être informés sur de nombreuses des grandes questions touchant le secteur et souvent fournir un accès aux apports de professionnels spécialistes. D un autre côté, il y a eu une augmentation sensible des exigences en matière de consultation avec le secteur professionnel de l aquaculture ces dernières années, reflet de changements dans la politique des gouvernements et de l exigence de gouvernance, pour laquelle un récent Livre Blanc a été publié par la Commission Européenne dans lequel des points importants sont : une plus grande implication des parties intéressées et une tendance vers l auto-réglementation. Cette attitude se reflète également dans le développement des réseaux internationaux et interprofessionaux qui peuvent être thématiques ou spécifiques par nature et où l apport du secteur professionnel est demandé. Plus récemment, il a été réalisé que l expansion du marché et la globalisation imposent une meilleure compréhension des marchés et des efforts de marketing, particulièrement pour atteindre une meilleure stabilité des marchés et où l image publique du secteur est de plus en plus importante dans le schéma global de développement. Lorsque des questions telles que le commerce international, la stabilité, la pérennité des marchés, le développement de standards (incluant l élevage biologique, l écolabel), la gouvernance et l autoréglementation doivent être débattue, avec un point de vue professionnel en tête, cela ne saurait être fait dans le vide. Il est des sujets qui passent les frontières et demandent une consultation au sein de la profession sur une base internationale. Pour que la voix des producteurs soit entendue, il est important de fournir une opinion qui ait autorité et ne puisse être accusée de simplement défendre des intérêts nationaux. Une association régionale doit pouvoir fournir des positions apolitiques, basées sur la science ou le bon sens qui supportent le secteur et son développement. Aussi bien la GAA que la FEAP ont été actives dans la promotion des codes de conduite et de bonne pratique qui ont depuis chacun atteint directement les producteurs ; cette activité a été un succès en transposant le souhait des gouvernements en actions concrètes au niveau des fermes. Le développement de standards internationalement acceptables peut également être vu comme une activité qui peut se développer dans le cadre d une coopération régionale entre de telles organisations. Bénéfices d une Fédération Les bénéfices à établir une association régionale ou une fédération ne sont pas immédiatement clairs au commencement dans la mesure où ses actions tendent à être générales et aux effets sur le moyen et long terme. Pour des organisations telles que la FEAP ou la GAA, les avantages immédiats des membres sont de pouvoir se rencontrer et discuter des questions d intérêt commun sur une base internationale.

113 Le bénéfice clé d une fédération est d être capable de donner à ses membres un espace de débat informé et une plate-forme d opinion unifiée. La pierre angulaire de toute association ou fédération sont ses statuts qui doivent démontrer l équité de la structure et des décisions, et permettre une autorité d opinion. L avantage de fournir une voix commune à un secteur régional est évident, particulièrement en Europe où la Commission Européenne joue un rôle important en déterminant la législation et les actions qui touchent directement l aquaculture dans l Union Européenne. La création par la Direction Générale des Pêches d un Comité de conseil sur les Pêches et de l Aquaculture (Advisory Committee on Fisheries and Aquaculture, ACFA), une structure qui permet la consultation directe avec la Commission a placé une importance grandissante sur les vues de la FEAP qui en retour a imposé une responsabilité grandissante sur le développement de ses opinions et le professionnalisme de ses délégués. Etablir et maintenir des liens avec les organisations internationales impliquées dans l aquaculture fournit l information et la sensibilisation sur les sujets importants qui touchent (ou toucheront) la profession. Fournir l information sur ces sujets à ces membres devrait également être considéré comme une priorité pour une fédération, et les préparer pour un débat si nécessaire. L implication dans les programmes de recherche et de formation est liée aux mêmes raisons, et l amélioration de la rapidité et l efficacité du transfert des résultats à la profession doit être vue comme un objectif principal. Alors que le secteur s est développé en Europe, il a été reconnu comme un acteur et contributeur de plus en plus important du secteur des pêches. C est la responsabilité du secteur de se tenir et compter et c est la responsabilité de la FEAP de faciliter cette position. En résumé, cela signifie savoir ce qui s est passé, se passe et va se passer une tâche difficile mais tâche que seuls les membres d une fédération peuvent remplir. Une fédération permet également d accomplir des projets ou travailler à des objectifs qu une association nationale ne peut entreprendre. Des projets tels qu»aquamedia» ou la dissémination d information internationale sont typiques de cette position et c est le rôle d une fédération d identifier de telles actions et évaluer la justification de les poursuivre. Il ne fait aucun doute qu en élargissant ses activités pour inclure des actions concrètes et de grande ampleur comme supplément à ses activités de forum, la FEAP a accru sa force et son influence. Les Leçons Tirées Etablir, faire fonctionner et gérer une association nécessite des mandats, des moyens financiers et des résultats. Dans la mesure où le germe de finances doit venir du secteur, une fédération d associations doit être financée à partir des budgets des associations membres qui ellesmêmes sont financées les éleveurs membres. Cela signifie que le budget d une fédération ne saurait être important, au commencement. Si cela peut limiter la structure fixée pour la fédération, cela ne devrait pas inhiber ses objectifs fondamentaux. Fournir une voix commune est un des bénéfices importants d une fédération mais qui ne peut être obtenu que dans un forum équitable. Il faut respecter la possibilité pour les plus petites associations de faire entendre leurs voix tout comme les plus grandes. Il faut également noter qu au sein de la FEAP dont les membres parlent 17 langues, les réunions se tiennent uniquement en anglais. Si cela peut créer quelques difficultés et des défauts de compréhension, il s est avéré que c était un mode de fonctionnement efficace et bon marché. Le développement de projets qui impliquent la fédération peut fournir des fonds supplémentaires mais l existence d une fédération ne peut reposer uniquement sur des projets. Il est essentiel d avoir un bon équilibre entre les activités premières et les projets de sorte à respecter les

114 raisons qui ont présidé à la création de la fédération. Le développement de la fédération ne doit pas prendre le pas sur l accomplissement des objectifs premiers. Il est important de reconnaître les actions et les relations qui peuvent fournir un service aux membres et qu ils ne pourraient obtenir individuellement. Comme exemple, la FEAP a établi des relations fortes avec la Société Européenne d Aquaculture (European Aquaculture Society) et AquaTT (Aquaculture Technology and Training) qui se reflètent de différentes manières participation à des projets de réseaux joints, distribution et dissémination d information, participation et développement d ateliers de travail et de conférences. Le succès d une fédération régionale peut également se mesurer en termes de participation, encourageant l implication des associations membres et de leurs représentants, sans aspirations de compétitions pour les fonctions des membres. Le succès du fonctionnement réside dans l équilibre entre les objectifs et les actions, et la fourniture des services attendus. Après 33 années d existence, les pères de la FEAP ont reconnu les bénéfices de leur initiative. La fédération fournit une plate-forme pour le développement et le règlement des questions internationales qui touchent leurs activités, elle leur donne une voix commune et importante pour exprimer leurs opinions et permettre au secteur d avancer dans des directions qu ils n avaient pas imaginées. Si aucune boule de cristal n est précise, on peut dire que le secteur global de l aquaculture doit changer et s adapter à de nouvelles circonstances, sur bien des fronts et que des fédérations régionales sont nécessaires à la profession pour assurer sa pérennité à long terme. Dans le contexte de l Asie, les associations d éleveurs devraient être considérées comme des institutions pour un développement plus large. Ainsi, il y a un besoin de rapprochement et de relations de travail entre les gouvernements, les ONG, et même des projets de développement à court terme pour que ces institutions travaillent en harmonie. Le besoin le plus fondamental est de renforcer les associations d éleveurs de sorte à ce qu elles accomplissent leurs objectifs sans dépendance (au mieux) ou réduite à devenir des outils (au pire) au service d intérêts nationaux ou sectoriels. La discussion sur la professionnalisation des associations couvre ces questions.