PERSEPOLIS Marjane Satrapi



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PERSEPOLIS Marjane Satrapi IRINKA ET SANDRINKA Sandrine Stoïanov France 2007 Animation 16 30 Public : Dès 9 ans Cinquante ans séparent Irène et Sandrine. L'une, issue de la noblesse russe, a vécu la chute du régime, l'absence d'un père exilé, l'accueil dans une famille d'adoption. L'autre a grandi en passant son temps à recomposer dans ses yeux d'enfant le monde d'une Russie de contes de fées. Souvenirs Les personnages féminins du court et du long plongent dans leur histoire personnelle pour rendre compte de l Histoire collective, baignée dans un contexte politique en crise : Histoire : Court et long s inscrivent dans le contexte politique d un pays en guerre. L Iran dans le long ou la Russie dans le court font l objet d une relecture historique par le biais d une expérience personnelle et par la mobilisation de souvenirs enfouis. Voix off : L usage commun de la voix off caractérise ces deux récits autobiographiques racontés à la première personne. Les personnages reviennent sur les événements de leur pays, en mêlant leur propre intimité à l histoire générale. Dans le long, la voix off de M. Satrapi se mêle à sa voix diégétique de personnage, dans le court, les voix de Irinka et Sandrinka se croisent dans leur description des souvenirs et des images d archives. Techniques d animation : Avec pour point commun le choix de parcourir l Histoire à travers la technique d animation, les films développent leur propre esthétique : les dessins de M. Satrapi varient entre le noir et blanc et la couleur mais conservent une unité technique dans le dessin, inspiré de la bande dessinée éponyme. Au contraire, le court métrage enrichit son approche par la multiplicité des techniques employées, s inspirant d une esthétique du collage (dessins, photos, archives, etc.).

Thèmes : Dessin, Guerre, Mémoire/Souvenir, Périodes historiques, Mouvement politique, Enfance, Exil, Famille, Identité, Immigration, Mort, Relation adulte-enfant, Tradition/Culture, Autobiographie, Drame Questions : Comment condenser le temps? Comment figurer les images mentales du personnage? Comment l histoire collective se raconte-t-elle à travers une histoire individuelle? L image porte-t-elle toujours la trace du réel? Quelle est la place de la voix-off dans le récit? Quels liens l image entretient-elle avec la mémoire? A L OMBRE DU VOILE Arnaud Demuynck - France 2006 - fiction animation - 09 13 Public : Dès 11 ans Deux femmes musulmanes, une mère et sa fille, se rendent à une manifestation contre l interdiction du voile à l école. De retour à la maison, la mère invite sa fille à abandonner ce voile à travers une danse désespérée et troublante. Remettre en question Les films sont traversés par la problématique du port du voile et de la place de la femme dans la société : Culture : La question du port du voile dans la tradition musulmane rassemble Persepolis et A l ombre du voile. Si le long s attache davantage au bouleversement d un mode de vie dû à la pression politique Iranienne, le court fait cas du désir d émancipation d une femme, manifestant sa liberté d expression. Relation homme-femme : Court et long tentent de représenter les rapports de force présents entre hommes et femmes. Dans le long, la masculinité est le symbole de la surveillance et de la privation (autorités répressives, regard des autres). Le court interroge davantage le regard que porte l homme sur la femme lorsqu elle se défait de son voile. Révolte : Marjane et la mère de famille du court représentent des figures féminines engagées et militantes, luttant pour faire entendre leur voix. Si le personnage du long se révolte contre le fonctionnement de son pays natal et de l ordre établi, la femme du court est porteuse d une autre voix pour la liberté, en interrogeant la possibilité de quitter le voile, et tente de transmettre ses convictions à sa fille. Thèmes : Dessin, Féminisme, Religions, Adolescence, Discrimination/Inégalité, Education, Famille, Relation homme-femme, Tradition/Culture Questions : Comment filmer l intime? Comment interroger les rapports de force? Comment isoler un personnage de son environnement? Comment rendre compte des contraintes qui pèsent sur le corps du personnage? Comment retranscrire l insoumission? Que produit un travail d abstraction de l image sur la perception du réel?

LA FEMME SEULE Brahim Fritah France 2005 Documentaire 23 Public : Pour les plus grands Portrait de Akosse Legba, une jeune femme Togolaise, victime d'esclavagisme moderne, aujourd'hui en France. Se raconter Dans le but de témoigner en faveur du passé, les femmes des deux récits font resurgir les souvenirs douloureux qui ont construit leur vie : L exil : Marjane et Akosse sont deux figures d exilées ayant quitté leur pays natal pour la France. Les films font le récit de leur expérience et de leurs désillusions face à cette terre d accueil. Intégration : Aux difficultés du départ s ajoutent les mauvais traitements rencontrés en France. Espérant trouver davantage de liberté, les femmes du court et du long sont victimes de violence, racisme et discrimination dans leur quotidien français. Biographie : Les deux films s organisent dans un récit à la première personne, attestant leur caractère biographique. Dans le long, la réalisatrice raconte ses souvenirs à travers son personnage éponyme, dans le court, un documentariste fait le portrait d une jeune femme Togolaise en recueillant son témoignage. Fiction/ Documentaire : Court et long travaillent les frontières entre fiction et documentaire à travers leur recherche esthétique. Le film d animation de Satrapi produit une certaine distanciation par l usage du dessin mais fait pourtant le récit autobiographique de son auteur, se dotant ainsi d une forte charge documentaire. Le court quant à lui, s éloigne des normes de représentation documentaire classiques en mêlant la photographie à l image en mouvement et en s attachant à filmer des détails du corps du témoin. Thèmes : Ville, Histoire contemporaine, Pays étranger, Conflit, Exil, Immigration, Souffrance, Violence, Portrait Questions : Comment figurer les images mentales du personnage? Comment filmer le souvenir? Comment la texture des images (animation ou prises de vues réelles) modifie-t-elle le rapport au réel? Comment le film questionne-t-il la figure du l étranger? Comment rendre compte des contraintes qui pèsent sur le corps du personnage? Comment représenter la violence? Quel usage le film fait-il de la couleur? FÊLURES Nicolas Pawlowski et Alexis Ducord France 2007 Animation 09 30 Public : Dès 9 ans Un vieil homme a pour seule passion une fleur en pot qu il entoure de ses soins. Chaque soir, il attend impatiemment l allumage automatique du réverbère qui fait face à la fenêtre pour voir l ombre de sa plante projetée sur le mur blanc de sa chambre. Une fantasmagorie cruelle va se jouer tout en ombres et lumières... Expressionnisme : L esthétique animée du court et du long rassemble les films et permet d en révéler leur inspiration commune à l expressionisme : si l on retrouve

l emploi du noir et blanc contrasté dans les dessins du long, les jeux d ombres chinoises et les décors obliques et anguleux du court évoquent les variations d ombres et de lumières et les décors graphiques des films expressionnistes allemands. La ville qui bouge : Métaphoriquement, les villes du court et du long sont les espaces où se produisent les perturbations à l origine des troubles intérieurs qui touchent les personnages. L animation et le mouvement urbain parasitent la sphère privée et intime ( : l autorité politique de l Iran brime l intimité de la société (pas de fête, pas de mixité, etc. dans Persepolis. Les fêlures progressives du réverbère engendrent les interruptions successives du ballet de la plante dans Fêlures.) Thèmes : Ville, Mort, Solitude, Drame Questions : Comment chorégraphier les mouvements des personnages? Comment créer de la tension? Comment faire cohabiter les corps dans le cadre? Comment figurer les images mentales du personnage? Comment rendre expressifs les lieux et les objets? Comment retranscrire l angoisse? KWA HERI MANDIMA Robert-Jan Lacombe Suisse 2010 Documentaire 10 30 Public : Dès 9 ans À travers la redécouverte d'images d'archives longtemps conservées à Bordeaux chez mes grands parents, je raconte mon enfance passée à Mandima, un petit village du nord-est Zaïre où je suis né. En partant d'une photo panoramique du grand départ, j'observe et je repense, photo après photo, à ces 10 premières années de ce petit garçon qui doit, un beau jour, partir ailleurs pour la ville, pour le lycée. Derrière, il laisse ses amis et toute une culture. La vie, sa mentalité, ses règles, seront à réapprendre. Culture occidentale Désillusion ou appréhension sont les sentiments éprouvés par les personnages du court et du long lors de leur exil vers la France : Raconter le passé : Pour remonter le fil de l Histoire et des souvenirs, court et long développent leur propre esthétique par l usage de matériaux originaux. Si le long mobilise le dessin pour raconter et donner corps au passé, le court fait appel à l archive, par la mise en scène de photographies personnelles. Exil : Les deux protagonistes des films rattachent l histoire d un pays à leur propre histoire, à travers leur expérience d exil. Les récits du court et du long font état de la rupture occasionnée par ce départ, autant sur le plan culturel, social et politique (cultures orientale ou africaine face à la culture occidentale, fuite du conflit Iranien ou de la guerre civile au Zaïre, etc.). Décalage culturel : Le départ commun vers la France fait émerger les différences culturelles qui séparent les protagonistes de leurs origines. Si dans Persepolis, Marjane semble trouver une véritable libération dans les codes occidentaux, elle en verra bientôt les imites. Dans le court, la séquence photographique faisant défiler une série de clichés sur la culture occidentale (grands magasins, musique, marques, etc.) rend compte du fossé culturel qui attend le jeune garçon. Voix : Guidés par la voix «je» du narrateur, les récits de Persepolis et de Kwa heri Mandima se présentent comme des fragments autobiographiques des cinéastes. Par un commentaire rétrospectif la voix off permet de questionner les images et le passé.

Thèmes : Guerre, Histoire contemporaine, Mémoire/Souvenir, Conflit, Education, Enfance, Exil, Famille, Identité, Immigration, Tradition/Culture, Autobiographie Questions : Comment faire cohabiter les corps dans le cadre? Comment faire un portrait au cinéma? Comment filmer le groupe? Comment filmer le souvenir? Comment filmer l intime? Comment le film questionne-t-il la figure de l adolescent? Comment le film questionne-il les images par la voix-off? Comment l histoire collective se raconte-elle à travers une histoire individuelle? Comment représenter une situation par la reconstitution? Quelle est la place de la voix-off dans le récit? Quels liens l image entretient-elle avec la mémoire?