LUTTE CONTRE LE MOUSTIQUE TIGRE EN SAÔNE-ET-LOIRE DOSSIER DE PRESSE



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LUTTE CONTRE LE MOUSTIQUE TIGRE EN SAÔNE-ET-LOIRE DOSSIER DE PRESSE

Le département de Saône-et-Loire est doté d un plan anti-dissémination du chikungunya et de la dengue, deux maladies transmises par le moustique-tigre. Ce dispositif est coordonné par le préfet. Le chikungunya et la dengue sont des maladies tropicales présentes dans différents pays ou départements d Outre-mer. Elles se transmettent exclusivement par l intermédiaire d une piqûre de moustique-tigre infecté. Les personnes voyageant dans ces pays peuvent revenir en France métropolitaine, malades et porteuses de virus. Elles peuvent ensuite être piquées par un moustiquetigre qui va ainsi s infecter et transmettre le virus à d autres personnes du voisinage lors de nouvelles piqûres (cf schéma ci-dessous). Le moustique qui est responsable de la transmission de ces maladies (vecteur) est Aedes albopictus, communément appelé moustique-tigre. Originaire d Asie, cette espèce sévit depuis de nombreuses années dans l hémisphère sud et notamment dans les départements français d Outre-mer et de l Océan indien. En métropole, ce moustique s est développé de manière continue depuis 2004. A ce jour, il est définitivement implanté dans vingt départements, dont la Saône-et-Loire. Dès 2006, pour prévenir et limiter la circulation des virus, le Ministère de la Santé a mis en place un dispositif de lutte contre le risque de dissémination de la dengue et du chikungunya.

Ce dispositif est établi en lien avec les ARS, les préfectures, les conseils départementaux et les communes concernées, ainsi que les structures chargées de la surveillance entomologique et de la démoustication. Par arrêté préfectoral du 9 décembre 2014, la Saône et Loire est classée comme département où Aedes albopictus est implanté. Un plan départemental doit dès lors définir les modalités de surveillance du moustique (entomologique), des populations malades (épidémiologique) et prévoir des mesures de lutte anti-vectorielle et d information. Le plan arrêté le 4 mai 2015 par le préfet de Saône-et-Loire concerne l ensemble du département, et définit des actions pour limiter le risque de dissémination des maladies (dengue et chikungunya). Il s articule autour de trois grands axes : - la surveillance et la lutte contre ce moustique vecteur de maladies (surveillance entomologique), - la détection précoce des cas humains de maladies de dengue et de chikungunya (surveillance épidémiologique), - une sensibilisation du public. La surveillance entomologique) et la lutte du moustique (surveillance Elle vise à observer l implantation géographique du moustique pour progression. limiter sa Elle est sous la responsabilité du Conseil départemental qui a missionné l Entente interdépartementale (EID) Rhône-Alpes pour la démoustication. Celle-ci est chargée de l évaluation de la situation et de l estimation de l implantation, en particulier à travers l observation d un réseau de pièges. Cette surveillance a lieu du 1 er mai au 30 novembre. Le Conseil départemental a également mobilisé son laboratoire départemental d analyses (LDA71) pour l identification du moustique-tigre en collaboration avec l EID Rhône-Alpes. Chacun d entre nous peut aussi participer à cette surveillance en envoyant un message à : lda71@cg71.fr ou via le site de signalement grand public : www.signalement-moustiques.fr La détection précoce des cas humains malades (surveillance épidémiologique) Cette surveillance est assurée par l Agence régionale de santé et la cellule de l Institut de veille sanitaire en régions.

Elle se base sur le signalement accéléré de tous les malades de dengue ou chikungunya et ce dès l apparition des symptômes, pour limiter la circulation des virus. Le réseau de surveillance s appuie sur l information et la sensibilisation des médecins et des biologistes, mais aussi des pharmaciens et du grand public. La sensibilisation du public Au-delà de la participation des services de l Etat et des collectivités dans ce plan départemental, l implication de tous est importante pour limiter la prolifération du moustique, mais également prévenir la transmission des maladies. Des gestes simples à mettre en place chez soi Un flyer est en cours de distribution pour le public, rappelant les gestes de prévention. Il est notamment très important de supprimer les eaux stagnantes qui permettent la reproduction du moustique à l intérieur et surtout autour de son domicile : enlever les soucoupes des pots de fleurs ou les remplir de sable, changer l eau des vases plusieurs fois par semaine, vérifier le bon écoulement des gouttières, mettre à l abri de la pluie ou supprimer les pneus usagés et tout objet pouvant se remplir d eau, etc

Pour les voyageurs Les personnes se rendant dans les zones où circulent les virus du chikungunya et de la dengue, comme actuellement dans les Antilles françaises ou la Guyane, doivent se protéger des piqûres de moustiques sur place, mais également à leur retour. En cas de fièvre, consulter son médecin traitant. En savoir plus http://www.ars.bourgogne.sante.fr/prevention-chikungunya-et-deng.181014.0.html

Contexte de la Saône-et-Loire Historique de la surveillance entomologique

Le moustique-tigre Originaire d Asie du Sud Est, le moustique-tigre mesure 5 à 7millimètres et donne l impression d être gris clair en vol. Ce moustique est reconnaissable à l œil à l âge adulte par la ligne blanche qu il a sur le thorax. Il pique le jour, surtout en début de journée et en fin d après-midi. Sa durée de vie est de 15 jours à 2 mois. Les gîtes de reproduction privilégiés d Aedes albopictus sont de micro dimensions, le plus souvent en milieu urbain, plus rarement en milieux naturels ouverts. Ce sont soit des milieux naturels tels que des creux d arbres, soit des petites collections d eau artificielles, telles que, par exemple : seaux, vases, soucoupes, fûts et citernes, écoulements de gouttières, pneus, boîtes de conserve, et tous petits réceptacles d eaux pluviales ou domestiques à découvert.

La dengue La dengue sévit dans les régions tropicales et subtropicales de la planète avec une prédilection pour les zones urbaines et semi-urbaines. On estime aujourd'hui que deux cinquièmes de la population mondiale sont exposés à cette maladie. La dengue est une maladie généralement bénigne bien qu'invalidante, mais qui peut se compliquer de formes hémorragiques. Après une incubation de 5 à 7 jours, une forte fièvre apparaît brutalement, accompagnée de maux de tête, de sensations de courbatures intenses, de douleurs au niveau des globes oculaires et d'une fatigue générale. D'autres symptômes, tels que des nausées et des éruptions cutanées, des membres inférieurs en particulier, peuvent aussi survenir. Dans la plupart des cas, la guérison s'opère assez rapidement et sans séquelle. Néanmoins, en raison de l'existence de formes sévères et de formes hémorragiques (environ 1% des cas symptomatiques), il faut rester très vigilant. Pays ou zones à risque (2013)

Le chikungunya Après une incubation de 4 à 7 jours en moyenne, une fièvre élevée (supérieure à 38,5 C) apparaît brutalement, accompagnée de maux de tête, de courbatures ou de douleurs articulaires, qui peuvent être intenses. D'autres symptômes peuvent également être associés, telle une conjonctivite, une éruption cutanée, des nausées. Le mot chikungunya signifie "marcher courbé" en Makondé ce qui illustre bien les symptômes de cette maladie. L'évolution peut être rapidement favorable, si le malade répond bien au traitement symptomatique. Cependant, la maladie peut aussi évoluer vers une phase chronique marquée par des douleurs articulaires persistantes et incapacitantes. Pendant la convalescence qui peut durer plusieurs semaines, la fatigue peut rester importante. Pays ou zones à risque (2015)