Histoire de la photographie Séquence 1 Qu'est ce que la photographie? L'invention de la photo fut animée par la volonté de fixer ou de garder une impression visuelle. La photographie a vu son évolution s'acheminer via un certain nombre de grands noms. " Elle démarre véritablement au XVIIIéme siècle avec ces pionniers : Joseph NIEPCE et Louis DAGUERRE. " Joseph NIEPCE va obtenir des photos à l'aide d'un papier sensibilisé au chlorure d'argent et ensuite fixé avec de l'acide nitrique. Grâce à la lumière, on obtient des images négatives. Les premières photos en tant que telle apparaissent un peu plus tard, grâce à l'association d'une chambre noire et du bitume de Judé. Louis DAGUERRE, de son côté, en s'associant avec Joseph NIEPCE, va tirer profit de sa collaboration et reprend les innovations de ce dernier. Il met alors au point un procédé mondialement connu, le DAGUERREOTYPE. " C'est en 1839 que le procédé est présenté devant l'académie des sciences de Paris, par François ARAGO. Les premiers publics de ce procédé auront tendance à l'assimiler à de la sorcellerie, on ne conçoit pas la possibilité de garder/ ou capturer une image de ce que l'on voit. Ces différents événements liés à la photo, amène l'ouverture d'une nouvelle activité professionnelle, celle du photographe. La majorité des photos produites par ces photographes sont les photos type "carte de visite". Autre étape importante, celle de l'apparition de la photo couleur, orchestrée par les Frères Lumières en 1903. " L'évolution de la photo passe nécessairement par l'apparition du photo petit format, et le développement du 1er polaroïd ou "appareil à développement instantanée" en 1948. Tous les 1
procédés photographiques actuels en argentique sont les perfectionnements des inventions cités précédemment. Avec le XXIème siècle, la photo est entrée dans l'ère du numérique. " Naissance d un nouvel art et d une nouvelle pratique Il y aura fallu plusieurs années avant que la photographie soit reconnu en tant que technique et art. Souvent associé à la sorcellerie, la photographie oblige la société à adopter de nouvelles postures mentales. Capter l invisible de l oeil humain comme le mouvement est dorénavant réalisable grâces à un appareil technologique. Cette modification des possibles ne devient réalisable qu à partir du moment où la photographie s émancipe des codes classiques de la peinture, gravure ancré dans l identité collective. " Alors dans un premier temps, pour être reconnu en tant qu artistes, les photographes vont reprendre les modèles picturaux de la peinture classique tels que le naturalisme, l impérialisme ou le symbolisme et rapidement la photographie est devenue une source de curiosité. Beaucoup de gens veulent faire réaliser leur portrait. " La photographie apparait comme un médium que l on peut manipuler à souhait pour transfigurer le réel. Plusieurs mouvement né donc de cette curiosité pour la photographie. " Le premier à émerger est le pictorialisme. (1889-1914)" Le pictorialisme est la toute première «école de photographie artistique» dont le raisonnement est d élever la photographie au statut d art. Il y aune volonté pour les artistes de ce mouvement de dépasser l imitation de la peinture. On privilégie alors d avantage l intervention humaine dans la création qui selon eux, est la seule à faire valoir la nature artistique de la photographie technique. A travers ce mouvement, on commence à s intéresser au relation modèle-photographeappareil photographique. " 2
Quelques années après vers 1920 nous voyons apparaitre un deuxième mouvement majeur : la Nouvelle Objectivité. Né au lendemain de la première guerre mondiale. La démarche artistique consiste à illustrer la réalité sociologique. On s intéresse d avantage à décrire le plus fidèlement possible le monde et les objets qui les entoure afin de donner une vision direct de la société. On recentre d avantage sur les caractéristiques premières que permet la photographie: mimétisme et mécanique qui permet alors une grande netteté et précision des sujets photographiés. " Paul Strand est d ailleurs un des artistes majeur du mouvement." Durant l entre deux guerre un véritable changement s opère dans la perception qu on les hommes du monde et de l art." Le surréalisme dans la photographie est alors un des mouvement qui se veut révolutionnaire et novateur même si les surréalistes s'accordent tous pour dire que la découverte de la photographie tient elle même du surréalisme : le fait de pouvoir faire un arrêt sur image, sur le monde qui nous entoure. Ainsi, le surréalisme n apparait pas comme un mouvement mais plutôt comme une manière de faire ou d être. Et la photographie est un moyen utilisé par les surréalistes pour exprimer leur pensées. D ailleurs, de nouveaux procédés propre au médium sont alors pensé pour «faire vivre» l image comme les surréalistes aiment à penser : photomontage (utilisé par Dali ou Marx Ernst), la surimpression ou la solarisation par exemple. " Il aura fallu un siècle à la photographie pour s émanciper et devenir un art à part entière. Interrogeons nous maintenant sur les pratiques né de cette révolution technique? " Renouvellement du genre par la photographie : de 1950 à aujourd hui Les années 1950 vont amorcer une hausse de la pratique de photographe amateur. En effet, la société de consommation amène une diffusion plus large des appareils photos, et une baisse de leurs coût d achat et de production (le progrès technique aidant), permettant à des personnes non professionnelle de pratiquer la photographie." C est une nouvelle manière d appréhender les monde qui apparaît en même temps que se diffuse à grande échelle les appareils ; alors que les peintres interprétaient le 3
monde et en donnaient leur vision par leurs pinceau, la photographie renouvelle les représentations du réel, en effectuant une empreinte, une image enregistrée de la réalité. " Ainsi, d une capture du monde vivante grâce aux yeux d un créateur et la dextérité de ses doigts, l image éclôt par l action jumelée de l Homme et d un nouvel intermédiaire, une machine. Des images qui, prises par le plus grand nombre, dans un rythme effréné, changent de régime ; de la photographie d art, on revient au régime représentatif. " On verra, pour exemple, l arrivée d un nouvel usage du portrait ; jusqu alors réservé à une élite, les machines étant encore très couteuses, la possibilité de photographier à cout réduit contribue à user de l image pour se former une identité. Ainsi, l aspect indiciel de la photographie, qui fait de l image réelle une trace, visible et accessible au monde fait basculer l identification dans le visuel. " C est sur cet aspect que joue le cinéaste Jean-Pierre Genet dans «Le fabuleux destin d Amélie Poulain». Dans ce film, le photomaton est clairement utilisé comme mémoire d identités anonymes, de traces capturés et immédiates d individus dans l espace public. " Inhérent à ce nouvel usage de la photographie, certains artistes photographes verront dans le portrait le moyen de montrer les personnes et de les inscrire dans la réalité. " La photographe Diane Arbus va ainsi consacrer 20 ans de sa vie à photographie des personnes que la société américaine des années 1960 considéraient comme monstrueuses. " Bien que cette pratique n est pas née de la photographie, certains peintres ayant déjà traité de ces thèmes auparavant, citons Théodore Géricault et ses portraits de malades mentaux ou bien Francisco de Goya, la machine permettra la multiplicité de ses captures. Par ces photographie, Diane Arbus revendique l existence des individus particulier et contribuera à les normaliser en les enregistrant dans le présent." À partir des années 1990 émerge le numérique, et avec lui, la pratique de la retouche photographique, qui vont permettre la réalisation de «vraies fausses photographies». D une capture du monde, on effectue une image virtuelle qui fait de la réalité un univers simulé, imaginaire et illusoire. Et la photographie, qui jusqu alors était considérée comme vérité, perd toute sa valeur de preuve." Avec l intervention du numérique, une méfiance de plus en plus croissante s institue envers l image, qui peut être virtuelle, truquée et n est plus symbole de véracité. " 4
Cela sans doute à raison ; en optique, un image virtuelle est produite par la prolongation des rayons lumineux, elle est par exemple l image du miroir. Or on sait quel sort est réservé à celle qui tombe dans le miroir, et ne vit que dans ses rêves. Si le sort d Alice n est finalement que de devoir retourner à la réalité, celui de Narcisse est éminemment plus grave Il se noie dans son propre reflet. " Bref, le paradoxe entre l instantanéité de la capture d image, permise par les nouveaux appareils de plus en plus performants, cet enregistrement du réel pris à outrance, et cette mise à distance vis à vis de la même image est très actuel. " On ne veut plus reconnaitre la photogrpahie comme preuve, mais on ne peut se passer d elle, ne serait-ce qu en considérant l usage que font les médias de l image. " La récente polémique autour du Selfie pris lors de l enterrement de Nelson Mandela en est la preuve ; pour certains, la mine réprobatrice de Michel Obama est clairement preuve de son mécontentement quant au comportement de son mari. Pour d autres, elle est juste signe de concentration envers l événement. " résoudre. Un mystère que la photographie, responsable du scandale, ne saurait pourtant 5