4. Environnement bâti 4.1. Organisation générale Le territoire intercommunal se caractérise par une urbanisation dispersée. Seuls les vastes espaces forestiers à Saint-Gatien-des- Bois et certains sites particuliers (comme «les Alluvions» sur le littoral) sont exempts de toute construction. Quelques noyaux bâtis s individualisent du fait de leur densité : la ville de Honfleur bien sûr, mais aussi le centre de la Rivière- Saint-Sauveur, ou bien encore celui d Équemauville. Honfleur, ville centre Honfleur s est développée à partir d un port d échouage installé à l embouchure de la Claire sur l estuaire de la Seine. Le centre historique s est rapidement révélé insuffisant pour absorber la croissance démographique du XX ème siècle, à laquelle se sont ajoutés les besoins liés à l attrait touristique (hôtels, résidences secondaires). Dès lors, la ville s est principalement étendue vers le Sud, dans le vallon de la Claire. D importants quartiers nouveaux occupent aujourd hui aussi le plateau, sur la base d un urbanisme plus banal, alternant tissu pavillonnaire, équipements et zones d activités. Les extensions urbanisées de La Rivière-Saint-Sauveur et Honfleur ont fini par se rejoindre. Le centre ville, dense, possède un patrimoine historique et architectural remarquable, qui fait l objet d un secteur sauvegardé, exclu de la présente étude. Communauté de Communes du Pays de Honfleur PLU Diagnostic Juin 2010 102
Les bourgs Dans la majorité des communes, les centres sont assez peu marqués, tout juste la mairie, l église, un élément patrimonial et quelques maisons, parfois à l alignement de la voirie. Dans certaines communes, des alignements de maisons et éventuellement de commerces accentuent cette centralité. Outre le centre de Honfleur en secteur sauvegardé, c est le cas de la Rivière-Saint-Sauveur, d Équemauville et de Saint-Gatien-des-Bois. Sur certains tronçons plus ou moins longs de routes, les maisons sont mitoyennes avec des styles parfois différents mais des gabarits relativement homogènes qui participent au sentiment de continuité et de centralité. Communauté de Communes du Pays de Honfleur PLU Diagnostic Juin 2010 103
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L habitat dispersé Le paysage bâti de la Communauté de Communes se caractérise essentiellement par l habitat dispersé. Les maisons anciennes en colombage et/ou toits de chaume percés de lucarnes et les constructions pavillonnaires plus récentes avec un traitement simple des façades et toitures ou reprenant des détails de l architecture traditionnelle normande se succèdent le long des routes. Ces constructions sont majoritairement constituées d un rez-de-chaussée et d un étage aménagé dans les combles. Paradoxalement, cette multitude de constructions disséminées sur le territoire est peu visible des axes de circulation auxquels elles sont rattachées. En effet, elles sont souvent implantées en contrebas de routes qui longent des vallons ou entourées de haies denses qui les cachent efficacement. Elles se développent parfois aussi «en seconde ligne», les parcelles étant souvent profondes. Néanmoins, la perception de cette implantation est fortement visible dans les vallons lorsque le regard se porte plus loin, sur le versant opposé. Certaines constructions récentes, implantées sur un relief de coteau, ont un fort impact visuel du fait d un remaniement de terrain, de l absence de végétation haute ou de leur caractères architecturaux. Communauté de Communes du Pays de Honfleur PLU Diagnostic Juin 2010 105
1943 Communauté de Communes du Pays de Honfleur PLU Diagnostic Juin 2010 2007 106
4.2. Les typologies bâties Le bâti ancien - Châteaux, manoirs, villas et autres belles demeures exemples D après l étude paysagère sur le belvédère de la Côte de Grâce réalisé par la DREAL Basse Normandie, ces constructions ont en commun une situation isolée dans un parc, parfois très vaste, qui constitue alors une sorte de «micro-paysage» presque autonome autour de la construction principale et de ses communs. Elles sont d origine et de caractère très différents mais elles témoignent de quatre principales périodes de construction : - Les 15 ème et 16 ème siècles : les constructions de cette période associent souvent murs de pierres et pans de bois. C est par exemple le cas du Manoir du Désert et le Manoir de Conti à Honfleur ou le Manoir des Vallées à Barneville-la-Bertran. - Le 18 ème siècle : les constructions sont imposantes et avec une architecture à ordonnancement symétrique. Certaines constructions présentent un décor de briques apparentes, d autres construites probablement aussi en briques sont entièrement enduites. Les exemples les plus évidents sont le Château d Ablon, le Château du Quartier de l église à Gonneville-sur-Honfleur, le Château du Val de la Reine à Honfleur, ou le Château de Barneville-la-Bertran. - Le 19 ème siècle : les constructions sont les premiers témoignages du mouvement «balnéaire». Elles sont toutes réalisées à proximité ou en vue directe de la mer. Elles adoptent toutes une volumétrie complexe et une silhouette de toiture animée. Le décor de briques y tient un rôle important. - Fin 19 ème siècle début 20 ème siècle. Le mouvement «balnéaire» se développe sous forme de villas, plus ou moins grandes. Certaines prennent cependant des dimensions importantes et sont accompagnées de véritables parcs. Le manoir de pans de bois devient le modèle de référence. On trouve des exemples de belles demeures du 19 ème et 20 ème siècle essentiellement à Pennedepie, Gonneville-sur-Honfleur ou Équemauville : Château d Apreval, Château de la Fresnay, Château du Nouveau Monde, Pavillon de la Reine Communauté de Communes du Pays de Honfleur PLU Diagnostic Juin 2010 107
- Les maisons de villes Les maisons de villes sont présentes essentiellement à Honfleur ou dans les bourgs de la Rivière-Saint-Sauveur, d Équemauville ou de Saint-Gatien-des-Bois. Elles sont généralement implantées à l alignement de la voirie, ou avec un léger recul. Dans ce dernier cas, l alignement est obtenu grâce à une clôture. Les hauteurs sont souvent en R+1+C et parfois R+2+C. Les matériaux utilisés peuvent être variés : brique, pierre, colombage Les rez-de-chaussée peuvent accueillir du commerce avec parfois des devantures en bois présentant un certain intérêt pâtrimonial. - Les autres constructions anciennes Les maisons rurales sont plutôt petites, longues et étroites. Elles présentent des volumes simples. Leurs annexes sont, le plus souvent, détachées du volume principal et dispersées sur l unité foncière. Le volume principal peut être à l alignement ou en retrait, auquel cas, les distances par rapport à la voie sont variables. «Dans ce pays d argile et de craie gélive règne le colombage de bois. Entre l ossature des poteaux, sablières et colombes montés à tenons et mortaises chevillés, le remplissage du hourdis prend des aspects très variés : torchis d argile et de paille accroché aux éclisses et recouverte d un enduit de chaux, mais aussi galets plats près des côtes, tuileaux en dispositions géométriques, briques, combinaisons de silex et de craie taillés. Parfois un essentage d écailles de châtaignier, d ardoise ou de tuileaux recouvre les murs. Un solin de brique, de silex, de grès ou de blocs calcaire supporte le colombage. Et la tuile plate domine les toitures. Le colombage a évolué vers des formes de plus en plus décoratives : pan de bois vertical, encorbellement et rigoureuse organisation en travées du XVI ème siècle, écharpes obliques et croix de Saint-André au XVII ème siècle, écharpes multiples, épis, feuilles de fougères dès la fin du XVIII ème siècle. Et sous le Second empire la brique a souvent été préférée au colombage. [ ] Le chaume a coiffé tardivement les bâtiments, surtout agricoles, et a été remplacé autant par l ardoise que par la tôle ondulée.» Extraits sur l architecture augeronne dans «Calvados la Normandie par excellence», Encyclopédies Bonneton (1997) Communauté de Communes du Pays de Honfleur PLU Diagnostic Juin 2010 108
Ainsi, de nombreuses constructions anciennes en colombage peuvent être observées sur le territoire. Les toitures sont à pente forte, en chaume, en tuile ou très fréquemment en ardoise. Le revêtement en ardoise peut s étendre à tout ou partie de la façade. Outre le remplissage du hourdis en torchis, l utilisation de la brique est assez fréquente. L utilisation de la brique et/ou de la pierre se retrouve souvent sur des maisons plus imposantes et surtout plus hautes (R+1+combles). Les façades sont alors rythmées par le jeu des ouvertures, alignées horizontalement et verticalement. La brique compose soit la totalité de la façade soit, elle est utilisée seulement pour souligner les ouvertures, les étages ou bien encore les angles de la maison. Plusieurs cas d assemblages de construction en pierre et de construction en colombage existent et sont parfois relativement anciennes. Outre un traitement différencié de la façade, les hauteurs et les toitures sont aussi variables. Cette association permet d avoir des surfaces habitables plus grandes, adaptées aux besoins et à l'évolution des modes de vie. Les cas d extension peuvent aussi être fait avec des techniques et formes plus modernes, par exemple en bois. Traditionnellement, portes, encadrements de fenêtres et volets sont en bois. Les rénovations utilisent parfois le PVC, avec installation de volets roulants à caisson extérieur. Le bâti traditionnel s intègre à son environnement principalement grâce à la végétation (haies, fruitiers), mais aussi en limitant les remaniements du terrain dans le cas des constructions sur les coteaux. Outre la haie végétale, il existe de beaux exemples de murs ou murets de clôtures, parfois surmontés d une grille en fer forgé. Le bâti récent - Les constructions récentes diffuses Des constructions plus récentes ont été implantées entre les habitations décrites précédemment. Si le gabarit est souvent le même (R+combles aménagés), les styles et techniques utilisés sont assez variables. Les constructions pavillonnaires, datant des années 1970-1980 en enduit blanc ou coloré et toit en ardoise, ont un faible intérêt architectural. Communauté de Communes du Pays de Honfleur PLU Diagnostic Juin 2010 109
En revanche, pour d autres constructions, la tentative d imiter le style traditionnel normand est assez remarquable et illustre bien la volonté d un retour vers un caractère plus typique et authentique de l habitat. Cela passe par le volume de la construction, le traitement de la façade en colombage ou l utilisation du chaume pour la couverture. Le chaume, en paille de blé, de seigle ou en roseau, est recherché pour ses qualités d isolant thermique et phonique, sa longévité, sa résistance aux intempéries et sa facilité d entretien. Pour être étanche, le toit de chaume doit avoir une forte pente. Ainsi, pour que sa hauteur reste raisonnable, la maison doit être étroite, quitte à être très longue. Le toit de chaume est surmonté d'un lit de terre argileuse dans lequel sont plantés des iris. La prolifération des rhizomes de la plante assure la fixation de l'extrémité des tiges utilisées pour sa réalisation. Enfin, les constructions en bois commencent à faire leur apparition sur le territoire. Communauté de Communes du Pays de Honfleur PLU Diagnostic Juin 2010 110
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