Du Coltan au portable I. Le contexte
Contextualisation 2 provinces Nord et Sud-Kivu Kivu = 126 000 km2 et 11 millions d'habitants Hautes terres qui constituent la ligne de partage des eaux (crête) Nil/Congo. Concordance étroite entre altitude et fortedensité (200-300 Habs/km2) : avec altitude, fin du paludisme et de la trypanosomiase / adaptation et constitution de sociétés agro-pastorales
Localisation des provinces du Kivu
Diversité ethnique des populations KIVU composé de : - autochtones numériquement minoritaires (Kicongos) - de Congolais d'origine rwandaise lointaine Hutus et Tutsis (Bantous)
Le Congo, terre de conflits
1993-1994 : le Kivu au contact du génocide rwandais - 1993 : massacres ethniques dus à une xénophobie croissante entre Zaïrois et Rwandais - 1994 : génocide au Rwanda : réfugiés Tutsis (avril) dans le Kivu dans 1 premier temps, puis 1 million de réfugiés Hutus (juillet), dans camps de réfugiés de Goma. = renforcement des tensions et des craintes des «étrangers de l'est»
Le Congo, terre de conflits
Un camp de réfugiés à Goma
1996 : changement de président, le Kivu, facteur déclencheur 1996 : opération militaire de destruction des camps sous la direction de L.-D. Kabila avec reconquête du pouvoir (pouvoir déjà chancelant de S.-S. Mobutu), avec le soutien militaire et financier du Rwanda et des États-Unis.
Le Congo, terre de conflits
1998-2003 : une guerre continentale 1998 : Rupture Est-Ouest Ouest contrôlé par Kabila, nouveau président de la nouvelle RDC et Est par le Rassemblement démocratique congolais très lié au Rwanda (qui occupe l Est ; objectif : mettre la main sur les richesses minières). Pouvoir de Kabila combattu par une coalition d'etats à l'est. Kabila trouve soutien d'etats intéressés par exploitation de gisements.
Le Congo, terre de conflits
Depuis 2003, militarisme minier dans le Kivu - FDLR : forces démocratiques de libération du Rwanda (Hutus) - FRF : Forces républicaines fédéralistes (Tutsis)
Une guerre sans fin? - 2006 : premières élections présidentielles libres - Kivu (à 1500 km de Kinshasa) toujours épicentre d'une guerre sans fin même si présence des FARDC - 2012 : le M23 (Rebelles, Mouvement du 23 mars) s'empare de Goma - ONU autorise soutien militaire de la Tanzanie, du Malawi et de l'afrique du Sud. - 5 nov 2013 : M23 capitule et est dissout.
Le Kivu, un «scandale géologique»
Défis de la paix au Kivu Faible capacité de l'etat à assurer la sécurité du Kivu et donc à protéger et contrôler les ressources minières. Nécessité de trouver une entente avec voisin rwandais pour cesser affrontements via milices interposées. Le contexte humanitaire : 1,1 millions de réfugiés (sur 2,6 pour toute la RDC) sont dans le Kivu.
II. De la mine au portable :les étapes de la chaine d'approvisionnement
Etape 1 : les mines 12 des 13 principales mines localisées à l est du Congo sont actuellement contrôlées par des groupes armés qui taxent les mineurs - Certaines mines sont sous la coupe des FDLR ( Forces démocratiques de libération du Rwanda). - D autres mines dépendent de l armée congolaise qui s en sert pour son enrichissement.
Etape 1 : les mines Une production artisanale - Des «creuseurs» - Des «chefs de collines» - Des alliances avec des groupes militaires
Le boom du coltan a attiré des dizaines de milliers de jeunes des villages (au moins 200 000 au Kivu et 1 million dans la RDC), à partir de 12-13 ans, y compris des filles, qui gagnent 1 à 10 $ (à la fois peu et beaucoup par rapport au village, mais ils doivent acheter leur nourriture, la prostitution se développe, etc.). La marchandise livrée au chef est ensuite vendue à un négociant.
Etape 2 : les comptoirs d'achat - Les minerais sont ensuite transportés vers des villes d où ils rejoignent les deux principales agglomérations commerçantes de la région, Bukavu et Goma. - Les minerais sont alors répartis entre des «comptoirs d achat» qui procèdent à leur tri. La majorité de ces intermédiaires sont payés à
Etape 2 : les comptoirs d'achat La plupart des transporteurs (9/10) ne disposent pas de licence (500 $ la licence) Il y existe une centaine de négociants à Bukavu et à Goma. chaque sac livré à un comptoir d achat se distingue par une couleur et une texture précises, en fonction de la mine dont il provient. Les groupes armés contrôlent presque l intégralité de l acheminement qui va de la mine au comptoir d achat ou se chargent pas eux-mêmes du transport des minerais Le transport des minerais leur aurait rapporté environ 75 millions de dollars en un an, sur un total de 180 millions de dollars que récoltent ces groupes armés avec le commerce des minerais.
Etape 3 : les exportateurs Les entreprises d exportation achètent ensuite les minerais aux comptoirs d achat et aux transporteurs pour les transformer et les revendre aux acheteurs étrangers. Ces compagnies doivent être enregistrées auprès du gouvernement : on compte actuellement 17 exportateurs basés à Bukavu et 24 à Goma. La plupart d entres eux sont payés à l avance par des acheteurs internationaux de Belgique, de Malaisie ou d autres pays étrangers.
Etape 4 : les pays de transit - Les exportateurs envoient alors les minerais par voie terrestre, maritime ou aérienne vers les pays voisins Rwanda, Ouganda et Burundi. - Certains minerais passent par le circuit légal le gouvernement congolais perçoit alors une taxe. - Mais d autres sortent illégalement du pays dont les frontières sont très perméables. Dans les deux cas de figure, les minerais des zones de conflit constituent la majeure partie de ce commerce.
Etape 4 : les pays de transit Des minerais originaires du Congo sont estampillés comme provenant de l Ouganda, du Rwanda ou du Burundi. Ainsi, le Rwanda produit pour 8 millions de dollars de minerai d étain mais en exporte officiellement pour 30 millions.
Etape 5 : les raffineurs Principales raffineries sont situées en ExtremeOrient, 5 sont en Chine
Etape 6 : les entreprises de téléphonie mobile Les raffineurs vendent les minerais du Congo aux sociétés spécialisées dans l électronique. Les métaux passent encore à travers quelques étapes intermédiaires d abord entre les mains de fabricants de circuits imprimés et de microprocesseurs qui les vendent aux fabricants de téléphone mobiles et autres appareils électroniques, pour finalement arriver au stade des grandes compagnies mondiales comme Nokia, Intel, Apple, Hewlett Packard, Nintendo, etc.
Sitographie COLTAN - 6 étapes de la production à la consommation http://www.arte.tv/fr/faits/3696128.html - Blog "Blood in the mobile" http://www.arte.tv/fr/faits/3696128.html - Documentaire "BLOOD IN THE MOBILE" Extraits : http://www.arte.tv/fr/extraits-du-documentaire/3696176.html Complethttp://www.dailymotion.com/video/xq7k8n_blood-in-the-mobile-du-sang-dans-nos-portables_news - Cartes interactives sur le site de l'ipis http://www.ipisresearch.be/maps/oost-congo/web/index.html - Pistes pour exploitation pédagogique du film «Blood in the Mobile»: http://www.globaleducation.ch/globaleducation_fr/resources/ma/du_sang_portables_e_media.pdf DIAMANT, un objet mondialisé - Article de Brunet, synthèse de son ouvrage http://mappemonde.mgm.fr/num6/articles/art05204.pdf - Article de Pourtier dans Hérodote, 2003 http://www.herodote.org/spip.php?article109