DAAF Martinique Séance de travail «Circuits courts de commercialisation Qualité alimentaire» Le 24 mai 2011 1
Liste des personnes présentes : Nom - Prénom Organisme Fonction Email IGOUT Maryse Conseil Général Cellule Europe igoutmaryse@cg972.fr JOACHIM Roselyne Chambre Chef de Service/ audit.prospective@martinique.chambagri.fr d Agriculture Conseiller technique Direction SAINT-AIME CCNM Chargée de mission patricia.saint-aime@ccnm.fr Patricia Animation Leader BALAIR Nicole CACEM Animatrice Cellule nicole.balair@cacem-mq.com Leader LOWENSKI Théonie CAESM Animatrice Leader theonie.lowenski@espacesud.fr FLOCH Gwénolé Microcrédit Directeur Régional gfloch@adie.org Martinique (ADIE) BOULON Alexandra DAAF Chargée de mission alexandra.boulon@agriculture.gouv.fr Service Alimentation MAZARIN Bernard Grand Marché Président 05 96 63 34 85 Agricole Itinérant IOTTI Jean DAAF Chef Service jean.iotti@agriculture.gouv.fr Alimentation LE LEU Eric DAAF Chef du pôle eric.le-leu@ågriculture.gouv.fr sécurité et qualité alimentaire LERIDER Stéphan DAAF Service Entreprises stephan.lerider@agriculture.gouv.fr et Filières ROUX Eric DAAF Chef du SISEP eric.roux@agriculture.gouv.fr Absents ou excusés : Conseil Régional AMIV IMAFLHOR 2
1. Mot d introduction de Monsieur Thierry Touzet, Directeur Adjoint de la DAAF. 2. Présentation du cadre de la séance de travail Par le bureau d études Oréade-Brèche : voir document de présentation joint à ce compte-rendu. Contexte : - Présentation du Réseau Rural - Mission du bureau d études Oréade-Brèche - Identification des thèmes du Réseau Rural Martinique Les circuits courts de commercialisation en lien avec la qualité alimentaire : quelles perspectives? - Les circuits courts/qualité alimentaire en Martinique : état des lieux - Quelles orientations possibles pour le Réseau Rural? 3. Discussion autour de la thématique des circuits courts 3.1 Etat des lieux La plateforme ISOMIR Des précisions ont été apportées par rapport à la plateforme ISOMIR (Industrialisation Solidaire en Milieu Rural) mise en place en France en partenariat entre l ADIE, la Fédération Nationale des CUMA et la société 3Mservices. Un des objectifs est de ramener de la valeur ajoutée en valorisant le produit. Il s agit d une solution simplifiée industrielle, d une «mini-usine» permettant à plusieurs producteurs de transformer leurs produits. Les coûts d investissement sont beaucoup plus faibles que pour la mise en place d une usine de transformation classique. Il apparaît que les fonds FEADER pourraient participer à de tels projets. Ce dispositif est opérationnel depuis le début de l année dans l Hexagone. Pour plus d information, voir annexe : «Des ateliers collectifs de transformation modulaires et évolutifs» - Mélanie Nowik, FNCUMA. Extrait de «Chambre d agriculture n 991 mars 2010» Les marchés de proximité Les marchés de producteurs regroupent actuellement environ 60 producteurs sur l ensemble de la Martinique qui ont entre 3 et 12 ha. Un même producteur peut commercialiser ses produits par divers circuits, chacun des circuits ayant son intérêt. Le nombre de marchés communaux a diminué, il y a tout de même des projets en cours notamment au Diamant et au Saint-Esprit. Il n y a pas de suivi particulier relatif aux quantités de produits commercialisés par ces marchés. Cependant, des données existent concernant les surfaces de production à une 10aine d hectares près. Sur 24 000 ha de production, il est estimé environ 80 000 T de production végétale annuelle dont 8 000 à 12 000 T sont commercialisées par les circuits organisés. Le reste est commercialisé par les autres circuits : - marchés de ville, - foires, - revendeurs, - etc. 3
Concernant la production animale, une grande partie est vendue par l intermédiaire des bouchers sans passer par la coopérative (pour les bovins par exemple, seuls 20 % passent par la CODEM et 80 % sont vendus par les bouchers). La Chambre d Agriculture souhaite développer les marchés de proximité type «marché des producteurs de pays» (label Chambre d Agriculture) afin de permettre aux agriculteurs commercialisant leurs produits or OP de pouvoir être reconnus et bénéficier d une aide à la commercialisation. La Chambre d Agriculture de Martinique a formulé une demande auprès de l ODEADOM afin que les agriculteurs qui commercialiseraient dans ce cadre puissent bénéficier d aides POSEI. Elle propose un accompagnement pour la mise en place de ce type de marché. Au moins 1000 agriculteurs font du maraichage-vivrier en Martinique et la Chambre d agriculture estime à 300 le nombre de producteurs qui pourraient être intéressés par ce mode de commercialisation (différence entre nombre d adhérents à l AMEXA et producteurs adhérents à la coopérative, estimation qui ne paraît pas fiable pour tous puisqu un certain nombre d adhérents à l AMEXA ne sont pas exploitants agricoles). Les producteurs indépendants sont aujourd hui regroupés au sein de l ASPRODI (Association des Producteurs Indépendants) aux côtés de l ASPROFEL (fédération de groupements) dans le cadre de l IMAFLHOR (Interprofession Martiniquaise Fruits Légumes et produits Horticoles). Selon le Président de l ASPRODI et du Grand marché itinérant des producteurs, les associations se portent mieux que les coopératives. Le Grand Marché Itinérant a 20 ans d existence et sa mise en place a été encadré par un groupe d «intellectuels». Plusieurs marchés se sont créés par rapport à celui-ci avec chacun ses spécificités : - Orgapeyi : approche santé-alimentation-plantes médicinales - Bio des Antilles : cahier des charges AB - MANA : positionnement par rapport au territoire : de nombreux producteurs de Sainte-Marie ont souhaité se regrouper pour vendre leurs produits sur leur territoire. Aujourd hui, les marchés informels se développent au détriment des marchés officiels et ne fournissent aucune garantie quant à la sécurité des produits (notamment par rapport à la Chlordécone). Les avantages de la vente directe : - un apport de revenu direct pour le producteur alors qu avec la coopérative, le paiement est différé, - la relation directe entre producteurs et consommateurs permet de proposer un prix raisonnable, - mise en valeur de la production locale et prise en compte la notion de goût. Un exemple du côté de la Pêche : Une réflexion est engagée avec le Comité des Pêches pour installer des Carbets de pêche avec une identification des points de vente. La restauration collective Dans le cadre du Plan National de l Alimentation, le Service Alimentation de la DAAF a mis en place 5 Comités de Pilotage dont «Offre alimentaire et territoire : circuits courts et restauration collective» et «Communication Grand Public». Au niveau de la CAESM, une étude de faisabilité pour la mise en place de circuits courts est envisagée avec notamment la mise en place d un Comité de réflexion regroupant la restauration collective, les coopératives et structures végétales et animales. Pour l approvisionnement de la restauration collective en produits locaux, il est nécessaire de passer par une coopérative. La question de la définition du circuit court a été posée. Le schéma en annexe 2 présente la diversité des circuits courts de commercialisation et indique que l approvisionnement de la restauration collective par l intermédiaire d une coopérative constitue bien un circuit court. 4
Cependant, compte-tenu des difficultés en termes de régularité d approvisionnement du marché en produits locaux en Martinique, il paraît important d élargir la thématique des circuits courts aux circuits de proximité et à la valorisation des produits locaux de façon générale. Concernant la restauration collective, cette notion de produits locaux et non de circuits courts paraît plus cohérente avec : - le contexte : difficultés en termes de régularité d approvisionnement du marché en produits locaux et possibilité alors d introduire des produits locaux surgelés? - les objectifs nationaux : la LMAP 1 complète l objectif d introduction dans la restauration collective de l Etat, de produits saisonniers, de produits à faible impact environnemental eu égard à leurs conditions de production et de distribution, de produits sous identification de la qualité et de l origine ou de produits issus d exploitations engagées dans une démarche de certification environnementale par les produits faisant l objet de circuits courts. Ensemble, ces produits devront constituer 15 % minimum des commandes en 2010 et 20 % en 2012. La sensibilisation des consommateurs La valorisation des produits locaux (y compris le développement des circuits courts) nécessitent une sensibilisation du consommateur par rapport à la qualité de ces produits, au goût des produits locaux. Il faut redonner la confiance aux consommateurs en leur assurant la sécurité de ces produits dans le contexte de contamination des sols et de certains produits alimentaires par la Chlordécone. 1 Loi de Modernisation Agricole et de la Pêche 5
3.2 - Les orientations proposées et les questions soulevées : Elargir la thématique des circuits courts aux circuits de proximité et à la valorisation des produits locaux. Valorisation : - Reconnaître le travail réalisé en termes de développement des marchés de proximité Etat des lieux : - Etablir un état des lieux des circuits de proximité - Voir quelle place peuvent prendre les circuits courts de commercialisation (géographiquement) au sein des différents types de circuits de commercialisation - Mettre en place des outils pour évaluer la quantité de produits écoulées par les marchés de producteurs - Identifier les besoins Développement : - Mettre en place un projet pilote pour introduire un repas «local» au sein de la restauration collective - Mener un travail sur la normalisation des produits (norme de qualité, traçabilité des produits) afin qu ils puissent se substituer aux produits congelés souvent utilisés dans la restauration collective - Promouvoir les produits locaux et valoriser la qualité auprès des consommateurs - Comment fédérer les circuits courts? besoin d être portés par une collectivité? créer un label? comment les valoriser face au développement des marchés informels? - Le Réseau Rural pourrait-il apporter une attention particulière aux communes rurales (Sainte- L animation éventuelle mise en place au niveau du Réseau Rural sera mise en œuvre en collaboration avec le SALIM dans le cadre de PNA et en veillant à travailler en cohérence avec les orientations du CIOM et du POSEI. En effet, les différentes orientations éventuellement engagées au sein du Réseau Rural en termes de valorisation des produits locaux devront être intégrées à la réflexion plus globale de développement endogène proposée par le CIOM visant à augmenter la production locale en diversification et à garantir l approvisionnement des différents circuits en quantité. Concernant cette orientation plus générale relative à augmentation de la production locale, quelques orientations ont été proposées : - inspirer la confiance des consommateurs ; - inspirer la confiance des importateurs : label? volume? prévision en termes de livraison? - voir le travail de l ORSTOM / type de culture par type de sol ; - accompagner les jeunes à l installation - agir pour assurer la relève/essoufflement- problématique du foncier. Cette augmentation de la production locale s avère un préalable indispensable pour : - alimenter les différents circuits de proximité et notamment la restauration collective ; - répondre aux orientations du Programme National de l Alimentation qui vise l alimentation de l ensemble des personnes mal nourries. 6
ANNEXE 1 - Extrait de «Chambre d agriculture n 991 mars 2010» 7
ANNEXE 2 La diversité des circuits courts de commercialisation 8