rédigé par Stéphane LAMARCHE - FREDON Pays de la Loire A C T U A L I T E S Tavelure Risques importants lors des dernières pluies. Surveiller les sorties de taches. Ce bulletin est rédigé sur la base d observations provenant de 11 vergers situés en Loire- Atlantique, Maine-et-Loire et en Sarthe. S ajoutent les observations et signalements des acteurs de la filière présents sur l ensemble de la région. Météorologie Oïdium Pression importante. Pucerons Pression forte des cendrés. Progression des lanigères. Carpocapse Intensification des éclosions cette semaine. Période à risque. Psylle Situation calme. Stades hétérogènes. Cochenille / cassis Fin de l essaimage. Drosophila suzukii Vol en cours. Pas de dégâts observés. Retour d un temps sec cette semaine, après la journée pluvieuse d hier. Les températures vont augmenter au fil des jours pour dépasser les 30 C jeudi et vendredi. Ces conditions seront favorables aux ravageurs, en particulier aux carpocapses. L absence de pluie va limiter les risques de maladies fongiques et bactériennes. Retrouvez le bulletin de santé du végétal sur le web... www.draaf.pays-de-la-loire.agriculture.gouv.fr www.paysdelaloire.chambagri.fr www.fredonpdl.fr A B O N N E M E N T B S V ou inscrivez-vous en ligne pour être informé directement par mail de chaque nouvelle parution : www.paysdelaloire.chambagri.fr/menus-horizontaux- agrilianet/vegetal/surveillance-biologique-du- territoire/sinscrire-au-bsv-cest-gratuit.html
Page 2 POMMES POIRES Tavelure Pour rappel, le risque de contamination primaire n est présent que si les trois conditions suivantes sont réunies : 1. Stade sensible atteint à l apparition des organes verts (stade C-C3 pour le pommier et C3-D pour le poirier). 2. Présence d ascospores provenant des organes de conservation qui les libèrent à maturité lors des pluies. 3. Humectation du feuillage suffisamment longue pour que les spores puissent germer. La vitesse de germination est dépendante de la température. Suivi biologique Sur la période du 20 au 27 mai, des projections ont été observées sur le site de St Herblon (sur lit de feuilles), alors qu une seule spore a été captée dans l air ambiant du verger, sur le site de Beaucouzé (49). Les pluies d hier ont théoriquement projeté les dernières spores matures. Le prochain contrôle des bandes permettra de le vérifier. Au verger, des taches sur feuilles sont assez régulièrement observées. Quelques taches sur fruits, en Braeburn, sont signalées. Surveiller les sorties possibles, suite aux différentes contaminations du mois de mai. Evaluation du risque Cette semaine, le risque tavelure est nul. Il faudra surveiller la sortie d éventuelles taches dans les semaines à venir. Cet «état des lieux» est nécessaire pour s assurer de l absence de tavelure qui pourrait entraîner des repiquages. En présence de tavelure, chaque pluie entrainera un risque de contaminations secondaires. Vigilance!
Page 3 Modèle tavelure INOKI DGAL Résultats de modélisation Les pluies du week-end ont entraîné la projections des dernières spores. Les risques de contaminations calculés sont «Assez grave» à l heure de l interrogation des stations mais peuvent devenir «Grave» dans la matinée si les durées d humectation du feuillage se prolongent. Selon le modèle, les dernières spores ont été libérées hier.
Page 4 Modèle tavelure RIMpro Les résultats de ce modèle ont été ajoutées à ce bulletin à titre indicatif. Les possibilités de paramétrage du modèle RIMpro peuvent conduire à des résultats parfois éloignés entre utilisateurs et éloignés des autres modèles. Ainsi, si l on se réfère au modèle DGAL et aux suivis biologiques, le paramétrage initial de RIMpro semble surestimer la vitesse de maturation des spores et leur nombre projeté lors des épisodes pluvieux. Les conséquences sont des valeurs de RIM majorées et une période de contaminations primaires écourtée : RIMpro a indiqué un stock de spores immatures épuisé avant le 15 mai. Oïdium De nouvelles parcelles présentent maintenant des symptômes, sur variétés sensibles. Sur celles déjà touchées, de nouvelles feuilles contaminées sont observées. Cependant, la situation n est pas explosive et sans inquiétude dans les vergers «adultes». Prophylaxie Les mesures prophylactiques doivent être privilégiées en supprimant toute source d inoculum détectée. Les rameaux oïdiés doivent être sortis de la parcelle. Les nouvelles feuilles sont sensibles aux contaminations. Sur pommier, elles sont réceptives jusqu à 6 jours après leur apparition. Les températures douces et une forte hygrométrie sont favorables au développement du champignon. Le temps sec devrait freiner l évolution. Feu bactérien Des symptômes sur pousses et bouquets de fruits ont été observés. Sur des variétés sensibles, on constate de nombreux symptômes assez discrets, mais avec présence d exsudat et de petits fruits noircis. Nous sommes actuellement dans la période de croissance active et quelques floraisons secondaires sont observées. La forte croissance des pousses accentue la réceptivité au feu bactérien. Les conditions sèches seront moins favorables aux contaminations, mais dans les parcelles infectées, les températures pourraient activer la bactérie. Réglementation Etant donné le risque que représente le feu bactérien en production fruitière et ornementale, la bactérie Erwinia amylovora est considérée comme un parasite de quarantaine pour la Communauté Européenne. Le feu bactérien est donc un parasite contre lequel la lutte est obligatoire en tout lieu et en tout temps (arrêté du 31 juillet 2000). Lorsqu un foyer est décelé, une déclaration obligatoire de ce foyer doit être réalisée auprès du Service Régional de l Alimentation (SRAl). Puceron cendré La pression assez forte des pucerons cendrés se traduit par une présence de foyers dans de nombreux vergers. De nouveaux foyers apparaissent. La présence des ailés annonce leur migration vers le plantain Les auxiliaires ont tardé à s installer. Ils sont en progression. Les larves de coccinelles et de syrphes sont des gros consommateurs de pucerons mais ne peuvent assurer seuls la régulation des populations. Evaluation du risque A surveiller pour ne pas pénaliser la production. Cependant, lorsque des nouveaux foyers apparaissent tardivement, en bouts de pousses, les jeunes fruits en croissance sont épargnés. Seuil de nuisibilité Détection.
J-P DUPIN R E S E A U D E S U R V E I L L A N C E B I O L O G I Q U E D U T E R R I T O I R E 2 0 1 5 Page 5 Puceron lanigère La colonisation des pousses est en cours, mais la pression est moindre que pour le cendré. Aphelinus mali Le vol du micro-hyménoptère parasite des pucerons lanigères reprend progressivement. Evaluation du risque Surveiller la colonisation des pousses (notation sur 100 rameaux dans la partie basse de l arbre). Seuil de nuisibilité Le seuil est de 10% de rameaux touchés, mais en présence d Aphelinus mali, ce seuil peut être relevé. Punaises phytophages Des œufs de punaises sont parfois observés, des adultes aussi. Les œufs observés ont donné naissance la semaine dernière à de jeunes larves. Celles-ci vont passer par plusieurs stades larvaires pour devenir adulte en automne et d hiverner en hiver. Très ponctuellement, on peut croiser des adultes en verger, mais des piqûres sur jeunes fruits ont été signalées. En parcelles sensibles (dégâts les années précédentes, présence de bois à proximité, vergers vigoureux), il est possible de faire des frappages sur 100 branches afin de déceler la présence de punaises. Eclosion d œufs de punaises Tordeuses de la pelure Seuils de nuisibilité Pour Capua : 40 captures en 3 relevés consécutifs sur 7 jours. Pour Pandemis : 50 captures et plus dans les 18 jours suivant la capture du premier papillon. En l absence de piégeage, un contrôle visuel régulier des parcelles peut être réalisé, le seuil de nuisibilité est de 5% d organes attaqués (corymbes de fruits). Capua n est piégée que sur un des 9 sites. Les vols de Pandemis et d Archips podana se confirment.
Page 6 Autres piégeages Des tordeuses orientales du pêcher et des tordeuses de l œillet sont régulièrement piégées. Début de vol de la tordeuse rouge Spilonota oscellana en Maine-et-Loire, ainsi que celui de la petite tordeuse des fruits (cydia lobarzewskii). Carpocapse Le vol se poursuit. Moins de captures en parcelles chimiques. En parcelles confusées, les prises avec capsules surdosées peuvent être importantes, soulignant une pression importante. Modélisation D après les résultats du modèle de simulation, le risque visà-vis des pontes est élevé. Les éclosions vont s intensifier en Vendée en milieu de semaine, puis en Maine-et-Loire et en Sarthe en fin de semaine. Les conditions annoncées pour cette semaine seront particulièrement favorables au Carpocapse. Dans les parcelles confusées, une intervention de soutien peut être envisagée dans les situations les plus à risque, pour ne pas laisser s installer les carpocapses en première génération. Contrôles des populations Les contrôles visuels des dégâts sont un moyen d estimer les risques. Ils doivent se faire à intervalles réguliers sur un échantillonnage représentatif (1000 fruits répartis sur 50 arbres). Le seuil retenu est de 0,3 % en fin de première génération, 1 à 2 % de fruits atteints à la récolte. Les bandes pièges permettent d évaluer les populations pour l année suivante. Elles seront posées en juin et relevées en octobre novembre.
Page 7
FREDON PDL R E S E A U D E S U R V E I L L A N C E B I O L O G I Q U E D U T E R R I T O I R E 2 0 1 5 Page 8 Eléments à prendre en compte Les conditions climatiques permettant l accouplement et la ponte sont les suivantes : T C crépusculaire > 15 C. température optimale de ponte : 23 à 25 C. 60% < Humidité crépusculaire < 90%. Optimum : 70 à 75%. Temps calme et non pluvieux. La majorité des pontes se fait dans les 5 jours suivant l accouplement. Après accouplement, les femelles peuvent pondre durant une douzaine de jours. La durée entre la ponte et l éclosion : 90 jour base 10. POIRES Psylle Présence faible excepté dans quelques parcelles à forte vigueur. Les adultes peuvent parfois être présents en nombre. Des pontes et jeunes larves sont observées. Les stades sont hétérogènes, selon les sites observés. Est signalée une parcelle fortement infestée, où le miellat était déjà présent la semaine dernière. Evaluation du risque Les températures annoncées cette semaine seront favorables aux psylles. A surveiller pour ne pas laisser la pression monter. A cette période de l année, un seuil de nuisibilité de 10-20% de pousses occupées par de jeunes larves peut être retenu. En présence de punaises prédatrices telles que Anthocoris et Orius, en nombre suffisant (environ 15-20 individus pour 50 frappages), le seuil sera porté à 30%. Mesures prophylactiques Pour limiter le développement de ce ravageur, il est important de maintenir un bon équilibre végétatif (taille adaptée, fertilisation raisonnée...). CASSIS Cochenille blanche du mûrier L essaimage, débuté il y a maintenant 15 jours, devrait s achever dans les parcelles suivies (Villevêque). La période où les cochenilles sont vulnérables va s achever. Cochenille blanche du mûrier essaimage
FREDON PDL R E S E A U D E S U R V E I L L A N C E B I O L O G I Q U E D U T E R R I T O I R E 2 0 1 5 Page 9 Oïdium Pas d évolution notable depuis une semaine; où les premières formes étoilées étaient apparues sur la face inférieure des feuilles. Dans les parcelles habituellement concernées, les symptômes pourraient apparaître dans les prochains jours. La période de risque élevé qui débute peut perdurer jusqu à l approche de la récolte. Oïdium / cassis CERISE Drosophila suzukii La récolte a débuté sur Burlat. Dans les pièges installés sont capturées principalement des femelles. Sur fruits, pas de dégât observé. Plus on avance dans la saison, plus les fruits seront exposés. Stratégie de lutte La destruction mécanique des fruits tombés au sol est indispensable, il faut veiller à ne pas laisser de fruits dans les arbres. La lutte engagée doit tenir compte de la présence des mouches de la cerise (Rhagoletis cerasi) R E S E A U D E S U R V E I L L A N C E B I O L O G I Q U E D U T E R R I T O I R E 2 0 1 5 Ce bulletin est produit à partir d observations ponctuelles. S il donne une tendance de la situation sanitaire régionale, celle-ci ne peut être transposée telle quelle à la parcelle. La CRAPL dégage donc toute responsabilité quant aux décisions prises par les agriculteurs pour la protection de leurs cultures et les invite à prendre ces décisions sur la base des observations qu ils auront réalisées sur leurs parcelles.