Santé animale -alimentation Novembre 2012/numéro 54 SpécialMaladies réglementées et émergentes (MRE) Bilan 2011 Page 4 Tuberculosebovine Page 13 Brucellosebovine Page 16 Brucelloseovine et caprine Page 19 Leucose bovine enzootique Page 21 ESB Page 23 EST(tremblantes) Page 26 IBR Page 29 Varron Page 32 FCO (surveillance animale) Page 35 FCO (surveillance entomo) Page 41 Brucelloseporcine Page 43 Maladied Aujeszky Page 46 Pesteporcine classique Page 49 Influenza aviaireetnewcastle Page 54 Salmonella Page 60 Anémieinfectieuse deséquidés Page 62 Artérite virale Page 64 Métrite équine Page 66 Maladies despoissons Page 68 Maladies et troubles desabeilles ÉDITORIAL Ce numéro spécial dubulletin épidémiologique Santé animale-alimentation est la troisième édition du bilan annuel de la surveillance des principales maladies animales réglementées, après les numéros 40 et 46, consacrés respectivement aux bilans de la surveillance pour 2009 et 2010. Cette publication, accessible à tous les acteurs des réseaux, contribue désormais au bilan sanitaire annuel réalisé dans le cadre de la Plateforme nationale d épidémiosurveillance en santé animale(plateforme ESA),qui associe la DGAL, l Anses, des organisations d éleveurs(gds France et CoopdeFrance),de vétérinaires(sngtv) et des laboratoires d analyse (Adilva), dans un objectif d amélioration continue des dispositifs de surveillance épidémiologique en santé animale. Le contenu de ce numéro s est encore étoffé par rapport à l édition précédente,avec deux nouvelles maladies des équidés, la métrite contagieuse et l artérite virale. Pour chaque maladie, un encadré rappelle de manière synthétique les modalités de surveillance et de police sanitaire,et indique les principaux textes réglementaires sous-tendant ces actions.le bilan est ensuite fait, en mettant en perspective les résultats pour l année 2011 par rapport aux années précédentes. Un tableau en fin denuméro vient reprendre, maladie par maladie, les principaux chiffres de la surveillance: population surveillée, nombre desuspicions, incidence et évolution de l incidence, prévalence, permettant ainsi d avoir une vision globale de l effort de surveillance et de la situation sanitaire. Cetableau permet également de présenter les résultats de suspicion/ confirmation de maladies raresouexotiques quinefontpas l objetd undispositifdesurveillance spécifique. Ce bilan 2011,reposant sur des dispositifs de surveillance variés, rapporte une situation sanitaire de la France globalement très bonne, situation pour laquelle il faut perpétuellement maintenir une vigilance comme le rappelle les deux foyers de brucellose bovine découverts en France en 2012 alors que depuis près de dix ans, aucun cas n avait été rapporté: un cas importé dans le Pas-de- Calais en mars2012 suite aux foyers belgesetparallèlement un cas autochtone,en Haute-Savoie en avril2012. Il est ànoter l implication croissante delaplateforme ESA dans la surveillance delasituation sanitaire du territoire, qui contribue àlaréalisation de ce numéro spécial dont lenom évolue. Suite àladisparition des maladies réputées contagieuses, remplacées par une catégorisation des dangers (selon l ordonnance n 2011-862 du 22 juillet qui modifie l article L.201-1 du code rural), ce numéro spécial s intitule désormais Bulletinépidémiologique spécialmaladiesréglementées et émergentes(be MRE). Comme tous les numéros dube,vous trouverez celui-ci sur les sites du ministère de l agriculture(www. agriculture.fr)et de l Anses(www.anses.fr)et il est référencé sur le site de la Plateforme ESA(www. plateforme-esa.fr).deplus, sur le site de l Anses, chaque articleest consultable ettéléchargeable individuellement. Nous espérons ainsi que les données delasurveillance épidémiologique seront accessibles au plusgrand nombre. Enfin,le comité de rédaction et les auteurs tiennent à remercier l ensemble des personnes qui par leur travail quotidien ont permis la publication de ces statistiques:ddecpp,vétérinaires praticiens, éleveurs, laboratoires d analyse et laboratoires nationaux de référence. Le comité de rédaction Sommairedétaillé en page2
Sommaire détaillé tableofcontents Spécial Maladies réglementées et émergentes (MRE)-Bilan 2011 Page 4 La tuberculose bovine en France en 2011,poursuite de la réduction du nombre de foyers Bovine tuberculosis in France in 2011,continued reduction in the number of outbreaks Page 13 Maintenirla vigilance contre la brucellose bovine en France en 2011 Maintaining vigilance against bovine brucellosis in France in 2011 Page 16 Aucun foyer de brucellose ovine et caprine détecté en France en 2011 No brucellosis outbreak detectedinsheep and goatsinfrance in 2011 Page 19 Bilan de la surveillance et du contrôle de la leucose bovine enzootique en France en 2011 Report on enzootic bovine leukosis surveillanceand controlinfrance in 2011 Page 21 Page 23 Page 26 Page 29 Page 32 Page 35 Page 41 Page 43 Encéphalopathie spongiforme bovine en 2011 :maintien à un niveau très bas de la prévalence des ESB classique et atypiques Bovine spongiformencephalopathyin2011: theverylow prevalence of classical and atypical BSE maintained Surveillance des encéphalopathies spongiformes des petits ruminants en 2011 :maintien à un niveau très bas de la prévalence destremblantes classique et atypique Surveillanceofspongiformencephalopathiesinsmallruminantsin2011: verylowlevelsofprevalence of classical and atypical scrapiemaintained La rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR)enFrance en 2011 :une situation épidémiologique favorable mais non homogène IBRinFrance in 2011:afavourablebut uneven epidemio-logical situation Bilan delasurveillance del hypodermose bovine en France en2011:aucun foyer détecté Report on bovine hypodermosis in France in 2011:Nooutbreaks detected Bilandelasurveillanceetdelavaccination contre la fièvre catarrhaleovine en Francecontinentale en 2011 :versl éradication de la maladie Review of surveillance and vaccination against bluetonguein mainlandfrance in 2011:aiming foreradication of the disease Vecteurs du virus de la fièvre catarrhale ovine:suivi des populationsde Culicoides en 2011 en France Vectors of bluetonguevirus:follow-up of Culicoides populations in 2011 in France Brucellose porcine en France en 2011:sept foyers dont deux en racelocale Porcinebrucellosis in France in 2011:Seven outbreaksincludingtwo in local breeds Bilan de la surveillance de la maladie d Aujeszky en France en 2011 :confirmation du statutindemne de maladie d Aujeszky en Francecontinentale Review of surveillance of Aujeszky s disease in France in 2011:confirmation of Aujeszky s disease-free status in mainlandfrance Page 46 Bilan de la vigilance des pestes porcines classique et africaine en France en 2011 Review of vigilance with respect to Classical and African Swine Fever in France in 2011 Page 49 Surveillance de l influenza aviaire et de la maladie de Newcastle en France en 2011 Surveillanceofavian influenza and Newcastledisease in France in 2011 Page 54 Page 60 Bilan d exécution du programme de lutte contre Salmonella dans les troupeaux des espèces Gallusgallus et Meleagrisgallopavo en 2011 Review of implementationofthe Salmonella control programme in Gallusgallus and Meleagrisgallopavo flocks in 2011 État des lieux de l anémie infectieuse des équidés (AIE)en France en 2011 :aucun foyer détecté Review of the current situation forequine infectious anaemia (EIA)in France in 2011:no outbreaks detected Page 62 État des lieux de l artérite virale équine(ave) en France en 2011 Review of the current situation forequine viralarteritis (EVA)in France in 2011 Page 64 Page 66 État des lieux de la métrite contagieuse équine(mce) en France en 2011: deux cas sur des femelles trotteurs français InventoryofContagious EquineMetritis (CEM)inFrance in 2011:two casesoffrenchtrotter mares Surveillance des principales maladies réglementées des poissons en 2011 :septicémie hémorragique virale(shv), nécrose hématopoïétiqueinfectieuse (NHI)etherpèsvirosedelacarpe (HVC) Surveillance of the principal notifiable diseases in fish in 2011:ViralHaemorrhagic Septicemia(VHS),Infectious Haematopoietic Necrosis (IHN), KoïHerpes Virusdisease (KHV) Page 68 Bilan de la surveillance des maladies ettroublesdes abeilles sur l année 2011 Report on beedisease and disorder surveillancefor 2011 Le Bulletinépidémiologique estune publication conjointe de l Agencenationale de sécuritésanitaire de l alimentation,del environnement et du travailetdeladirectiongénéraledel alimentation du ministère de l agriculture, de l agroalimentaire et de la forêt. 2 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
définitions Surveillance événementielle On qualifie d événementielle (anciennement passive) toute activité de surveillancequi repose surladéclarationspontanée de casoudesuspicions de la maladiesurveilléepar lesacteurs sources de données. Encas de surveillance événementielle, il est donc impossible deconnaître àl avance lenombre, la nature et la localisation des données qui seront collectées par leréseau. Cetype d organisation est notamment adapté aux situations oùils agit d assurer l alerte précoce en cas d apparition ou de réapparition d une maladie. Il en va ainsi de la surveillance épidémiologique d une maladie exotique, surveillance qui s étend àlapopulation totale etpour laquelle la précocité etlarapidité delatransmission de l information exigent l implication detoutes les sources de données pour la déclaration dessuspicions. Surveillance programmée On qualifie de programmé (ou actif) tout dispositif de surveillance reposant sur la recherche des données par des actions programmées àl avance etselon une méthodologie permettantd inférer lesrésultats trouvésàlapopulation suivie. Par opposition àlasurveillance événementielle, ilest possible de connaître à l avance le nombre, la nature et la localisation des données qui vont être collectées par le réseau. La surveillance programmée peut être conduite demanière exhaustive (sur l ensemble delapopulation cible) ou sur un échantillon de cette population. Lorsqu elle est conduite sur un échantillon, celui-ci peut-être représentatif (par sélection aléatoire), avec des collectes ponctuelles de données (enquêtes), ou répétées (population sentinelle). L échantillon peut également être orienté sur unepopulationàrisque. Glossaire Acersa: Association pour la certification de la santé animale en élevage Anses:Agence nationale de sécurité sanitaire de l alimentation,de l environnement et du travail APDI: Arrêté préfectoral portant déclaration d infection APMS: Arrêté préfectoral de mise sous surveillance BDNI: Base de données nationale d identification BNEVP:Brigade nationale d enquêtes vétérinaires et phytosanitaires DAAF: Direction de l alimentation, de l agriculture et de la forêt DDAAF:Direction départementale en charge de l agriculture, de l alimentation et de la forêt DDecPP:Direction départementale en charge de la protection des populations DGAL: Direction générale de l alimentation DRAAF:Direction régionale de l alimentation, de l agricultureetdelaforêt EAT:Épreuve à l antigène tamponné FC: Fixation du complément GDS:Groupement de défense sanitaire IDC:Intradermotuberculinationcomparative IDG:Immunodiffusion en gélose IDS:Intradermotuberculinationsimple IFG:Interféron gamma LDA:Laboratoiredépartementald analyses LNR:Laboratoirenationalderéférence MAAF: Ministère de l agriculture, de l agroalimentaire et de la forêt MDO:Maladie à déclaration obligatoire MRC:Maladie réputée contagieuse OIE:Organisation mondiale de la santé animale ONCFS: Office national de la chasse et de la faune sauvage SAGIR:Réseau de surveillance de la pathologie de la faune sauvage SIRE:Système d information relatif aux équidés SRAL: Service régional de l alimentation SNGTV:Société nationale des groupements techniques vétérinaires accèsàlaréglementation concernant lesmaladies réglementées Tous les textes réglementaires peuvent être consultés sur le site de Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr/) ouenaccès restreint dans leur version consolidée sur le site Galatée (http://galatee. national.agri/) Les notes de service citées en référence peuvent être consultées sur le site du premier ministre(http://circulaire.legifrance.gouv.fr/index. php?action=accueil)ou en accès restreint sur le site Galatée (http:// galatee.national.agri/)et le site Nocia (http://nocia.national.agri/) Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 3
La tuberculose bovine en France en 2011, poursuite de la réduction du nombre de foyers Alexandre Fediaevsky (alexandre.fediaevsky@agriculture.gouv.fr) (1)*, Jean-Jacques Bénet (2), Maria Laura Boschiroli (3)*, Aurélie Courcoul (3)*, Julie Rivière (4)*, Jean Hars (5) (1) Direction générale de l alimentation, Bureau de la santé animale, Paris, France (2) Université Paris-Est, École vétérinaire d Alfort, USC ENVA-Anses EpiMAI, Maisons-Alfort, France (3) Anses, Laboratoire de santé animale de Maisons-Alfort, France (4) Anses, Direction scientifique des laboratoires, Maisons-Alfort, France (5) Office national de la chasse et de la faune sauvage, Unité sanitaire de la faune, Gières, France * Membre de la Plateforme nationale épidémiosurveillance en santé animale (Plateforme ESA) Résumé En 2011, la prévalence de la tuberculose bovine en France a été de 0,07 % et le territoire maintient ainsi son statut «officiellement indemne de tuberculose bovine». L objectif de la surveillance est de poursuivre l éradication, notamment dans les zones où la maladie est encore présente et de détecter le plus précocement possible les nouveaux foyers pour maintenir le statut. La lutte est rendue particulièrement contraignante par le cadre réglementaire et se complexifie localement par l existence simultanée d infection dans la faune sauvage et la présence abondante de germes à l origine de réactions croisées. Mots clés Maladie réglementée, tuberculose bovine, surveillance, bovins Abstract Bovine tuberculosis in France in 2011, continued reduction in the number of outbreaks In 2011, the prevalence of bovine tuberculosis was 0.07 % in France and the country has maintained its status as officially free from bovine tuberculosis. The aim of the surveillance is to eradicate the disease where it still occurs and to detect as early as possible new outbreaks to maintain the status. The legal framework makes the eradication particularly hassling, besides it is complicated locally by the infection of wildlife and the wide presence of germs producing non specific reactions. Keywords Regulated disease, Bovine tuberculosis, Surveillance, Cattle Surveillance de la tuberculose Population surveillée Les règles de surveillance et de police sanitaire de la tuberculose bovine sont rappelées de façon synthétique dans l Encadré 1. Les campagnes de dépistage prophylactique de la tuberculose en élevage sont organisées dans la plupart des départements pendant la saison d hivernage des animaux, d octobre à avril, et non en année civile (à l exception de huit départements). Pour les départements dont la campagne de surveillance démarre en cours d année, les résultats pour l année civile 2011 correspondent à la fin de la surveillance organisée en 2010/2011 et au début de la campagne de surveillance organisée en 2011/2012, selon des modalités qui ont pu varier légèrement. Lorsque les données disponibles le permettent, les résultats pour les périodes allant du 1 er juillet 2010 au 30 juin 2011 d une part et du 1 er juillet 2011 au 30 juin 2012 d autre part sont également présentés. Une surveillance de la faune sauvage est également mise en place en fonction du classement à risque des départements dans le cadre du dispositif Sylvatub (voir Encadré 2). Le rythme de dépistage prophylactique pour l année 2011 rapporté par les Directions départementales en charge de la protection des populations (DDecPP) est illustré Figure 1 ; la plupart des départements ont arrêté les tuberculinations systématiques depuis plusieurs années (Tableau 1). Le choix est fait par un nombre croissant de départements de définir un rythme de tuberculination pour une zone particulière («zonage») différent du rythme du reste du département. La définition du zonage est déterminée par le préfet et doit être soumise à l avis de la DGAL, de même que les modifications de rythmes départementaux. L âge minimum des animaux testés montre une importante variabilité, y compris dans les départements où la prophylaxie ne concerne que les troupeaux à risque, ce qui doit faire l objet d une harmonisation accrue (Tableau 1). La distribution géographique des exploitations testées (Figure 2) est cohérente avec celle des rythmes de dépistage selon les départements (Figure 1) : le dépistage est réalisé principalement dans les départements ayant procédé à un zonage, mais aussi dans les troupeaux classés à risque situés dans des départements où la prophylaxie de la tuberculose a été arrêtée. Au total, durant l année 2011, 16 768 exploitations détenant des bovins ont fait l objet de tuberculinations simple (IDS) ou comparative (IDC), soit environ 7 % des exploitations (Tableau 1). Le nombre d exploitations soumises à tuberculination lors de la campagne 2011/2012 a été en hausse de 1 % par rapport à la campagne 2010/2011. Annuel (3) Biennal (7) Quadriennal (2) Arrêté (60) Triennal (10) Zonage (14) Figure 1. Rythmes de prophylaxie de la tuberculose bovine par département en 2011 4 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentation n o 54/Spécial MRE - Bilan 2011
Encadré1.Surveillanceetpolicesanitairedelatuberculosebovine objectifs de la surveillance La lutte contre latuberculose bovine est motivée par le caractère zoonotique de cette maladie.compte tenu de la faible prévalence de la maladie, les enjeux de santé publique sont actuellement beaucoup moins importants que les enjeux économiques liés austatut officiellement indemne de la France. Maintenir la qualification officiellement indemne des troupeaux bovins. Détecter les troupeaux infectés afin d éradiquer la maladie. Prévenir la diffusion delamaladie depuis les zones oùlamaladie persiste. champdelasurveillance Tuberculose bovine due à Mycobacterium bovis ou Mycobacterium tuberculosis. Mycobacterium caprae a récemment été reclasséeen dehors du groupe Mycobacteriumbovis,mais continue de fait à êtreintégrée dans le champ de la surveillance. Population surveillée L ensemble des élevages bovins duterritoire national. D autres populations sensibles àlamaladie sont soumises àune surveillance de routine via l inspection post-mortem à l abattoir, notamment les caprins, les ovins, les porcins ainsi que les cervidés d élevage. Lasurveillancedelafaune sauvage(cerfs, sangliers, blaireaux)faitl objet de protocoles spécifiques. Définition descas Définitions réglementaires établies par l article 12del arrêté du 15/09/2003 révisé. Animal suspect Lésions évocatrices de tuberculose à l abattoir ou lors d une autopsie ou d un résultat d histologie positif ou d un résultat de PCR positif sans identification du bacille. Réactions tuberculiniques non négatives et/ou résultats non négatifs au test de dosage de l interféron gamma(ifg) lors d une opération de prophylaxie ou lors d un autre contrôle, quelle que soit la circonstance qui l ait motivé. Animal infecté Identification de Mycobacterium bovis ou Mycobacteriumtuberculosis. Analyse PCR positive associée àdes lésions histologiques évocatrices de tuberculose ou sur animal ayant quitté un troupeau suspect. Lésions histologiques évocatrices de tuberculose sur un animal ayant présenté une intradermotuberculination comparative(idc) positive. La réglementation prévoit d autres définitions des animaux infectés, mais elles ne sontpas utilisées en pratique. Méthodesdesurveillance La surveillance de la tuberculose bovine chez les bovins est active et repose sur plusieurs dispositifs complémentaires. Surveillance systématique à l abattoir: inspection post-mortem d un certains nombre d organes, dont les sites d élection privilégiés de la tuberculose que sont les poumons, les ganglions rétropharyngiens, trachéobronchiques et médiastinaux. Examen histologique et recherche demycobactéries par PCR etbactériologie sur lésions suspectesetganglions associé. Surveillance programmée (prophylaxie) :larègle générale est le dépistage annuel detous les bovins deplus desix semaines par intradermotuberculinationsimple(ids). En fonction de l évolution de la prévalencedépartementale,le rythme de dépistage peut être plus espacé et l âge des animaux dépistés peut être relevé,jusqu à arriver à un arrêt de prophylaxie(article 13 de l AM du 15/9/2003). Dans certainescirconstances, dépistage paridc,notammentlorsque la probabilité d obtenir des résultats faussement positifs est élevée. Dans certaines circonstances, notammentencamargue,ledépistage par IDS peut être renforcé par un dépistage systématique par IFG. Lesqualitésintrinsèques de sensibilitéetdespécificitédeces testsne sontpas parfaites: >IDS: Se ~[80 %-91 %] et Sp ~[75 % 99,9%]-dépendante des zones. > IDC:Se~[55 %-93%]etSp~[89 %-100%]-dépendantedeszones. > IFGBovigam:Se~[81 %-100%]etSp~[88 %-99 %]. > IFGrecombinant:Se~[84 %-98 %] et Sp ~[92 %-96 %]. Indépendamment du rythme départemental, le dépistage prophylactique peut être demandé annuellement pendant une période de trois à cinq ans dans les exploitations classées à risque, en raison de l existencedeliens épidémiologiques avec uneexploitationinfectée. Cette surveillance programmée peut êtrecomplétée par le dépistage lors du mouvement des animaux. Compte tenu de la reconnaissance du dispositif sanitaire et du statut officiellement indemne de la France, il peut être dérogé au dépistage à l introduction sauf dans certains cas: > si les animaux transitent depuis plus de six jours entre deux établissements; > silesanimauxquittentuneexploitationclasséeàrisqueenraisond un voisinage avec un foyer domestiqueou sauvage et les exploitations classées àrisque en raison d un antécédentd infection; > siles animaux transitent par une exploitation à fort taux de rotation et proviennentd une exploitationsituéedans un départementoù la prévalence cumulée sur cinq ans delatuberculose bovine est supérieure àlamoyenne nationale. Policesanitaire Les modalités de police sanitaire visent à confirmer le statut des animaux suspects et, lecas échéant, procéder àl assainissement dutroupeau. En 2011,des protocoles d investigation des cas suspects suivant des schémas départementaux étaient acceptés dans un cadre expérimental afin d adapter les décisions aux situations locales, notamment pour minimiser les conséquences des réactions faussement positives. Les principessuivants restentvalables partout: lors de résultats non négatifs en élevage, des examens complémentaires sont conduits de façon à recontrôler tout ou partie du troupeau, sous le régimedelapolicesanitaire, par IDCou, lorsquecetest est disponible, par IFG avec antigènes recombinants dans un cadre expérimental. Si les résultats sont défavorables, le ou les animaux réagissant font l objet d un abattage diagnostique.dans ce cas,des prélèvements d organes lésésetmême en l absencedelésion, desganglions rétropharyngiens, médiastinaux et trachéobronchiques font l objet d une recherche de mycobactéries par PCR et par culture; lors d infection confirmée,les exploitations dans lesquelles la maladie a pu diffuser et les exploitations ayant pu êtreàl origine de l infection sont recherchées et font l objet d investigations (exploitations susceptibles d être infectées en raison de l existence d un lien épidémiologique) par IDS, IDC ou abattage diagnostique et sont au besoin classées à risque; lors de confirmation de l infection, l exploitationinfectée est assainie. Dans le cas général l assainissement sefait par abattage total avec inspection renforcée àl abattoir, suivi d un nettoyage-désinfection. Dans certains cas particuliers justifiés par la sauvegarde de races d intérêt local ou à titre expérimental en Dordogne et en Côte-d Or, l assainissement peut être effectué par abattage partiel. Dans ce cas, les animaux sont testés par IDC et IFG à plusieurs reprises.lesanimaux réagissant sontéliminés pour abattage diagnostique.letroupeauest considéré assaini àl issue de deux contrôles favorables espacés de deux mois et il est considérécommerequalifiéàl issue de deux autres contrôlesfavorablesespacésdedeuxmois. références réglementaires -Directive 64/432/CEE du Conseil du 26 juin 1964 relative à des problèmes de police sanitaire en matière d échanges intracommunautaires d animaux des espèces bovineet porcine - Code rural et de la pêchemaritime Livre 2, titre préliminaire et titre II -Arrêté du 15septembre 2003 fixant les mesures techniques et administratives relatives à la prophylaxie collective et à la police sanitaire de la tuberculose des bovinés et des caprins Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 5
Les tuberculinations, (132322 IDC et 606171 IDS), ont été mises en œuvres par 1169 acteurs vétérinaires différents qui peuvent être indifféremment des vétérinaires oudes associations de vétérinaires. Environ 43%des acteurs vétérinaires intervenant en prophylaxie bovine ont réalisé des intradermotuberculinations. Lamoitié des acteurs vétérinaires intervenant en intradermotuberculination réalisaient au plus 178 tuberculinations mais unquart d entre eux ont réalisé 83%des tuberculinations totales etavec une moyenne de 2800 intradermotuberculinations (IDT) par acteur. Cinq acteurs vétérinaires, localisés encôte-d Or, endordogne, en Haute-Vienne, dans les Pyrénées-Atlantiques et dans l Yonne, ont réalisé plus de 10000 tuberculinations chacun, dans 180 exploitations en moyenne par acteur. Résultatsdelasurveillanceenprophylaxie Tuberculinations D aprèslesdonnéestransmisespar lesddecpp,letauxderéalisationde la prophylaxie à l échelle des troupeaux soumis à IDS était en moyenne de 94 %(13948/14826) et le taux de réalisation de la prophylaxie pour les troupeaux soumis à IDC était en moyenne de 97 %(1877/1942) (Tableau 1).Àl échelle dunombre detests réalisés, ces taux sont moins élevés, tout en restant bons et sont respectivement de 88% (603 981/683849) et 91%(170 157/186 084). Cette moins bonne réalisation est liée àlafluctuation du nombre d animaux entre le moment delaprogrammation delacampagne et le moment desa réalisation. D après les données extraites desigal, en2011, 4394 réactions non négatives (0,6 %) ont été observées dans 1153 exploitations (7,5 %), ce qui représente une hausse spectaculaire respectivement de 50 et 46% par rapport à 2010(Fediaevsky et al., 2011). Le taux d exploitations avec IDT non négatives est passé de 7,2 %pendant la campagne 2010/2011 à 8,7 %pendant la campagne 2011/2012,ce qui représente une hausse égalementimportantede20%. La distribution géographique des exploitations ayant présenté au moins une réaction non négative à un test est très hétérogène (Figure 3) et ne reproduitpas la répartitiondes exploitations testées. Lesdistributions pour les campagnes 2010/2011 et 2011/2012 étaient proches et seule la répartition pour l année civile 2011 a été représentée ici. Tableau 1. Surveillance prophylactique de la tuberculose bovine partuberculination dans lesélevages qualifiésen2011 Nombre de troupeaux bovins au 31/12/2011 232592 Nombre de troupeaux bovins officiellement indemnes au31/12/2011 (%) Rythme de dépistage (nombre de départements) Âge minimum de dépistage (nombre de départements) Troupeaux àids programmée (taux deréalisationen%) 232214 (99,84) Annuel: 3 Biennal: 7 Triennal: 10 Quadriennal: 2 Zonage: 14 Arrêt: 60 6semaines:41 6mois: 3 12 mois: 6 18 mois: 1 24 mois: 27 Non renseigné: 18 14 826(94,1) Nombre de troupeaux àids non négative (%) 489(3,5) Nombre de troupeaux àids positive (%) 391 (2,8) Bovins àids programmée (taux deréalisationen%) 683849 (88,3) Nombre d'idsnon négatives (%) 2065 (0,34) Nombre d'idspositives(%) 989 (0,16) Troupeaux àidc programmée (taux deréalisation en%) 1942 (96,7) Nombre de troupeaux àidc non négative (%) 664 (35,4) Nombre de troupeaux àidc positive (%) 103 (5,5) Bovins àidc programmée (taux deréalisation en%) 186084 (91,4) Nombre d'idcnon négatives (%) 2329 (1,37) Nombre d'idcpositives (%) 161 (0,09) Nombre de tests aumouvement 134773 Nombre d acteursvétérinaires intervenant en prophylaxie (en tuberculination) Nombre d acteursvétérinaires déclarant une intradermotuberculination non négative pendant lacampagne 2010/2011 (%) Nombre d acteursvétérinaires déclarant une intradermotuberculination non négative pendant lacampagne 2011/2012 (%) 2680 (1 169) 178(15,2) 264 (21,9) Intradermotuberculination simple (IDS) - Intradermotuberculination comparative (IDC). Figure2. Taux d élevages bovins tuberculinés parcommuneen 2011 dans le cadredes campagnesannuelles de prophylaxie programmées dans SIGAl Figure3. Répartitionpar commune du taux (en%) d exploitations ayantprésentéune réaction nonnégative, par rapport àl ensembledes exploitations tuberculinéesen2011 6 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
En moyenne, 3,5 %des troupeaux testés en IDS ont présenté au moins une réaction non négative, contre 35%des troupeaux testés en IDC. Cette statistique pourrait sembler étonnante eu égard à la plus grande spécificité del IDC par rapport àl IDS. Un premier élément d explication est lié àceque l utilisation de l IDC enprophylaxie est préconisée dans les zones où les réactions non négatives sont particulièrement fréquentes, afin de minimiser le risque de réaction faussement positive, et s accompagne d une forte sensibilisation des opérateurs pour détecter toute réaction. De plus ce taux est très influencé par la Côte-d Or qui réalise la plupart des IDC et où il s élève à 40%,la Figure 3 permet de constater que les élevages réagissant se concentrent dans la moitié ouest du département. La présence de germes responsables deréactions croisées encôte-d Or est connue (Benet, 1990), mais la zone concernée est également le siège d infection tuberculeuse authentique, l interprétation doit donc êtreprudente. Ce taux reste de9%enexcluant la Côte-d Or. Il est également possible que des résultats de police sanitaire aient été intégrés aux résultats de prophylaxie dans le cadre de l utilisation de SIGAl. Dans les départements autres que lacôte-d Or et l Yonne, oùles IDTsontmajoritairement desids,letauxderéactions non négatives était enmoyenne de 0,35 %etconcernait 3,5 %des exploitations tuberculinées. En Côte-d Or et dans l Yonne, où les IDT sont majoritairement des IDC, le taux de réactions non négatives était en moyenne de 1,6%et concernait 40%des exploitations tuberculinées. Les résultats non négatifs ont été rapportés par 140 acteurs vétérinaires, soit une hausse de 47 %par rapport à2010, du même ordreque lahausse desidt nonnégativesobservées (Fediaevsky et al., 2011). Lesacteursvétérinaires rapportantdes réactions non négatives ont effectué 48%des tuberculinations nationales (Tableau 1). Ces données suggèrent que les vétérinaires qui détectent et déclarent des réactions non négatives parviennent à détecter des réactions même lorsqu elles sont assez peu nombreuses dans l exploitation, sans qu une notion de seuil lié à la proportion d animaux réagissant n existe. De plus,les vétérinaires qui ont détecté des réactions non négatives en ont parfois détecté dans une part importante des troupeaux dépistés. Dans ces conditions, le fait que certains acteurs vétérinaires ne détectent aucune réaction dans les zones où d autres en observent, indique la nécessité pour ces acteurs de s interroger sur la qualité de leur dépistage. Dans les 1164 exploitations présentant des réactions non négatives en 2011,107 ont présenté une réaction positive àl IDC et565 ont réagi sans présenter de réaction positive pour autant(réaction classée «autre»correspondant principalement aux réactions douteuses),392 ont présenté une réaction enregistrée comme positive à l IDS et 100 ont réagi à l IDS sans que celle-ci soit qualifiée de positive (réaction classée «autre» correspondant principalement aux réactions douteuses) (Tableau2). Au moins une réaction positive aété détectée dans 80 %des exploitations présentant une réaction non négative en IDS et dans environ 15%des exploitations présentant une réaction non négative en IDC, ce quiest cohérentaveclecaractère plus spécifique de l IDC. Il convient de garder également à l esprit que l utilisation du cutimètre par les vétérinaires n est pas systématique en IDS et que le classement des réactions douteuses ou positives est plus incertain que pour l IDC. Dans les troupeaux présentant une IDC positive, la moyenne du nombre d animaux présentant une IDC positive était de 1,6 et la moyenne du nombre d animaux présentant une IDC autre était de 4,1. Dans les troupeaux présentant une IDS positive, la moyenne du nombre d animaux présentant une IDS positive était de 2,5 et la moyenne du nombre d animaux présentant une IDS autre était de 2,3. Dans les troupeaux présentant uniquement une IDC autre, comme pour ceux présentant uniquement une IDS autre, la moyenne d animaux réagissant était de 3,1.Le nombre d animaux réagissant ne variait pas en fonction de la confirmation ou non de l infection. Ces éléments suggèrent que le nombre d animaux présentant une réaction non négative est généralement faible et qu il n est pas un bon prédicteur du statut du troupeau. Encadré2.Surveillancedelatuberculosedans la faune sauvage Depuis la découverte du premier cerf tuberculeux en forêt de Brotonne (Seine-Maritime) en 2001, des animaux sauvages infectés ont été découverts dans plusieurs départements, chronologiquement en Côte-d Or, Corse, Pyrénées-Atlantiques, Morbihan, Dordogne et Charente, puis Ariège(Anses, 2011; Hars et Richomme, 2010). En forêt de Brotonne, lors delasaison de chasse 2010-2011, la population résiduelle de cerfs,dont l abattage total avait été décidé en 2006,était estimée à une vingtaine d individus.aucuncerf tuberculeux n a été détecté sur les huit abattus.chez le sanglier,l efficacité du plan de lutte setraduit par une très nette diminution de la prévalence apparente,inférieureà1%depuis2009, alorsqu elleétait supérieure à30%en 2006. Lalutte doit toutefois être poursuivie, car deux sangliers tuberculeux, dont unjeune, ont été détectés lors decette saison de chasse, révélant ainsi la persistance probable d une source de contamination. En Côte-d Or, la situation s est stabilisée avec 11 sangliers positifs en culture(n = 392) durant la saison de chasse 2010-2011 et 18 blaireaux positifs en 2011 (n =355). De même, lasituation s est stabilisée en Dordogne, avec quatre sangliers positifs (n=252) etdix blaireaux positifs(n=274)durantles mêmespériodes. Dans les Pyrénées-Atlantiques, deux sangliers suspects àl examen initial de la venaison ontété confirmésenculture, ce quiporte àhuit le nombre de sangliers trouvés infectés par la surveillance active ou événementielle dans ce département depuis 2005. En Ariège, suite àladécouvertedequatre foyers bovins en 2010, une enquête a été réalisée lors de la saison de chasse 2010-2011 sur un échantillon de cerfs(n =143),sangliers (n =140)et blaireaux (n =9). Seul un sanglier aété trouvéinfecté. Dans le Morbihan où un cerf tuberculeux issu d un élevage infecté avait été détecté dans la nature en 2009 par le réseau SAGIR, aucun cerf ni sanglier n a été trouvé positif lors d enquêtes réalisées au cours des deux saisons de chassesuivantes. Enfin, il est important de signaler que de 2001 à 2011, tous les animaux sauvages tuberculeux ont été détectés dans des zones d infection bovine,avecune corrélationparfaitedes spoligotypes isolés. Jusqu à 2011, la surveillance delatuberculose dans la faune sauvage était fondée soit sur la découverte fortuite de lésions suspectes lors de l éviscération d animaux tués àlachasse ousur des animaux morts ou mourants analysés dans le cadre duréseau SAGIR, soit lors d enquêtes épidémiologiques ponctuelles avec examen de carcasses etanalyse systématique de certains nœuds lymphatiques et/ou d organes présentant des lésions suspectes sur un échantillon d animaux tués àlachasse oupiégés àcet effet. Afin d améliorer la connaissance de la situation sanitaire de la faune sauvage, un dispositif national de surveillance, nommé Sylvatub, comprenant plusieurs volets de surveillance événementielle et active a été mis en place fin 2011 au sein de la Plateforme nationale d épidémiosurveillance en santé animale à l initiative du ministère en charge de l Agriculture. Il permet une réflexion intégrée des procédures d échantillonnage, une harmonisation des méthodes diagnostiques etune centralisation nationale des données issues de diverses modalités de surveillance (Rivière et al., 2012). Un bilan de la première année defonctionnement de Sylvatub,incluant la saison de chasse2011-2012,etdes différents volets de surveillance sera ainsi disponible au cours de l automne 2012, en raison du délai nécessaire àl obtention des résultats d analyse, et publié en 2013. références Anses, 2011. Rapport sur la tuberculose bovineetfaune sauvage. Anses, Maisons-Alfort,119p. http://www.anses.fr/documents/sant2010sa0154ra.pdf Hars, J., Richomme, C., 2010. Latuberculose bovine dans la faune sauvage en France. Bull. Epid. Santé Anim. Alim. 38, 25-27. Rivière J.,FediaevskyA., Hars J.,RichommeC., CalavasD., HendrikxP., 2012. Sylvatub: Dispositif national de surveillance de la tuberculose bovinedans la faune sauvage. Bull. Epid. Santé Anim. Alim. 52, 7-8. Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 7
D autre part, 23 exploitations ayant présenté une réaction non négative en 2010, et non confirmées comme infectées en 2010, ont présenté une réaction non négative entre janvier 2011 et février 2012 et ont été confirmées comme infectées par la suite. Parmi ces exploitations, 17 avaient réagi à l IDC en 2010(sur 449 qui présentaient ce profil)mais sans présenter de réaction positive. Cinq d entre elles ont présenté des réactions positives en 2011 mais la moyenne du nombre d animaux présentant des réactions non négatives en IDC n avait pas augmenté. En moyenne, 4%des exploitations ayant présenté une réaction non négative en élevage sont retrouvées parmi les exploitations dont le statut infecté a été confirmé par la suite (Tableau 2),ce qui est inférieur à 2010(7,5%)et qui peut être interprété comme une augmentation de la sensibilité du dépistage au détriment de sa spécificité. Tableau 2. Distribution des exploitationsbovines infectées parlatuberculoseenfonctiondutypederéaction nonnégative en 2011 Exploitations présentant aumoins une réaction positive àl IDC IDS positive IDS autre IDC positive IDC autre Total Nombre d exploitations 392 100 107 565 1164 Proportion (%) 33,7 8,6 9,2% 48,5% 100% dont exploitations 16 1 9 20 46 Infectées Proportion d exploitations 4,1 1,00 8,4 3,5 4,0 infectés (%) Délaimoyen confirmation (en j) 139 285 20 246 165 Le taux de confirmation de l infection des exploitations présentant au moins une réaction positive à l IDC apparaît en moyenne deux fois plus élevé que le taux de confirmation de l infection des exploitations présentant au moins une réaction positive à l IDS, ce qui est cohérent vis-à-vis de la plus grande spécificité de l IDC. De plus,la confirmation suivant la détection d une réaction positive en IDC est en moyenne beaucoup plus rapide qu après la détection d une IDS positive, ce qui est à mettre en relation avec la rapidité de l orientation du ou des animaux réagissant vers un abattage diagnostique. Parmi les exploitations présentant une réaction non négative dont le statut infecté a été confirmé, les exploitations présentant uniquement des réactions de type «autre»(qu il s agisse d IDS ou d IDC) représentaient 45 %(21/46) des exploitations. Les délais de confirmation de l infection dans ce type d exploitation sont très longs, en moyenne supérieur à huit mois,ce qui suggère que les mesures de gestion devraient être modifiées pour permettre une confirmation plus rapide.ilest d autant plus important de gérer ces troupeauxque leur taux d infection est non négligeable, notamment lorsque les troupeaux sont testés par IDC.Ce taux augmente d ailleurs avec le temps écoulé depuis ladétection de la réaction: 6,4 %(29/449) des troupeaux présentant ce profil en 2010 se sont avérés infectés depuis contre 3,5%(20/565) pour des troupeaux présentant ce profil en 2011. Il n est toutefois pas exclu que dans certains cas l infection soit survenue après la détection de la réaction non négative initiale. Dépistage par interféron Gamma En 2011,l utilisation du test de dosage de l interféron Gamma pour le dépistage prophylactique dans les troupeaux de bovins destinés aux spectacles taurins dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Gard et de l Hérault a été très limitée en raison de contraintes liées au financement du test et n a concerné en définitive que 20 troupeaux. Des résultats ininterprétables ont été obtenus dans sept troupeaux et représentaient 3%(22/680) des analyses effectuées. Au total, 658analysesétaient interprétables et 0,6%se sont révéléspositives (4/658) dans trois exploitations; d après les données disponibles, la maladie n a pas été confirmée dans ces exploitations. surveillance liée aux mouvements Les données concernant les dépistages àl occasion des mouvements ont été collectées à l échelle du département et les résultats par troupeau ne sont pas disponibles. En raison de l hétérogénéité de la gestion informatique de ces dépistages, le retour des DDecPP est inégal et l interprétation des données doit être prudente. D après les données collectées, le nombre de tuberculinations liées aux mouvements de bovins s est élevé à134773, en provenance de54 départements (Tableau1).Ces testsconcernaientdes troupeauxàfort taux de rotation dans 12 %des cas (15606/134773), des troupeaux à risque sanitaire spécifique dans 17 % des cas (22365/134773) et des mouvements dont la durée de transit était supérieure à six jours dans 37 %des cas (49394/134773). Les 34%restants regroupent les dépistages volontaires et les dépistages effectués dans le cadre de repeuplement suite à l assainissement de troupeaux abattus. D après les données disponibles, 0,04 % des contrôles auraient été non négatifs (54/134773), mais cenombre est vraisemblablement sous-estimé pour les raisonsde gestion des données évoquées précédemment. surveillance à l abattoir D après les données collectées, 186 bovins issus de 174 troupeaux officiellement indemnes, en provenance de 21 départements (Tableau 3),ont présenté des lésions suspectes detuberculose à l abattoir. Letaux deconfirmation de ces lésions s est élevé à22,6% (42/186),ce qui n est pas significativement différent de 2010 (Chi-deux = 0,5, 1 ddl, p>5%) (Fediaevsky et al., 2011). Tableau 3. Surveillance de la tuberculose bovine à l abattoir en 2011 en fonction des motifs d inspection Surveillance de routine Abattage diagnostique Abattage partiel Abattage total OI: officiellementindemne Troupeaux OIayant fait l'objetd'une suspicion àl'abattoir (% par rapportaux troupeaux OI) Bovins provenant d'un troupeau OI présentant unelésion suspecte de tuberculose Bovins provenant d'un troupeau OI présentant unelésion confirmée tuberculeuse (taux deconfirmation) Troupeaux ayant fait l'objet d'un abattage diagnostique Troupeaux avec abattagediagnostique confirmé (taux deconfirmation) 174 (0,07) 186 42 (22,6) 811 69 (8,5) Bovins soumis àabattage diagnostique 1813 Bovins avec abattage diagnostique confirmés infectés (taux deconfirmation) 83 (4,6) Troupeaux sous abattagepartiel 44 Troupeaux sous abattage partiel avec cas secondaire confirmé (%) 27 (61) Bovins soumis àabattagepartiel 1717 Bovins soumis àabattagepartiel présentant unelésion suspecte (%) Bovins soumis àabattagepartiel confirmés infectés (taux deconfirmation) 65 (3,8) 59 (91 %) Troupeaux sous abattagetotal 67 Troupeaux sous abattage total avec lésions (%) 34(50,7) Bovins soumis àabattagetotal 8530 Bovins soumis àabattage total présentant lésion (%) 227(2,7) 8 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
surveillance des troupeaux susceptibles d être infectés D après les données disponibles, 1585 troupeaux susceptibles d être infectés, c est-à-dire ayantunlienépidémiologiqueavecuntroupeau infecté, ont été identifiés en 2011. Leur répartition illustre le potentiel de diffusiondelamaladie (Figure4):27départements ontcomporté au moins un foyer de tuberculose, mais 58 ont eu au moins un élevage susceptible d être infecté, soit deux fois plus. S il est par conséquent essentiel d identifier ces troupeaux et d y conduire les investigations nécessaires, c est aussi au prixd efforts considérables: les départements n ayant comporté aucun foyer ont rassemblé 32%de ces élevages susceptibles d être infectés. Des tuberculinations (n = 118613)ont été réalisées dans 86 %d entre eux(1368/1585) et des abattages diagnostiques ont été réalisés dans 45 %d entre eux(706/1585): 37 %deces troupeauxont étéclassés à risque sanitaire, ce qui signifie qu ils seront inclus dans les prochaines campagnesdeprophylaxie. Le détail des résultats de ces investigations à l échelle du troupeau n était pas disponible au niveau national.toutefois,en se référant aux données relatives àl origine dedécouverte des cas, onpeut estimer que l infection a été confirmée dans au moins 10%(15/1585)de ces troupeaux susceptibles d êtreinfectés ayant fait l objet d investigation en 2011. Mesures dans les troupeaux suspects SIGAl est actuellement peu adapté au suivi épidémiologique des opérations de police sanitaire.la plupart des données concernant ces dépistages ont été collectées à l échelle du département et les résultats par troupeau ne sont pas disponibles. Tuberculinations D après les données collectées, 495 troupeaux ont fait l objet d une première série de tuberculinations en police sanitaire dans le cadre d une suspicion, ce qui représentait un total de 22265 tests. Quinze troupeaux ont fait l objet d une seconde série,ce qui représentait 633 testssupplémentaires. Par ailleurs, 579 troupeaux suspects ou susceptibles d être infectés ont fait l objet d investigations par interféron gamma, dont 73 ont présenté un résultat positif et 256 un résultat divergent. Interféron gamma Le test interféron gamma (IFG) incluait un ou plusieurs antigènes recombinants dans 758 troupeaux répartis dans 14 départements. Parmi eux, 175 troupeaux ont présenté au moins un résultat positif en IFG recombinant (507 tests ont donné un résultat positif) et 337 ont présenté au moins unrésultat positif en IFG non recombinant (1129 tests ont donné un résultat positif). Au total, 130 troupeaux ont présenté un résultat positif aux deux tests. Le résultat de ces analyses fait l objet d une saisine de l Anses et n est pas détaillé davantage dans cet article. Abattagesdiagnostiques Un ou plusieurs abattages diagnostiques ont été ordonnés dans 811 exploitations et, entout, 1813 bovins ont été soumis àabattage diagnostique. Letaux deconfirmation était de8,5 %(69/811) à l échelle des exploitations et de 4,6 %(83/1 813) àl échelle des animaux (Tableau3).Ces taux de confirmation étaient variables d un département à l autre en fonction du contexte épidémiologique et des décisions locales. Ainsi, en Côte-d Or, le taux de confirmation était de 4,5%à l échelle du troupeau, il était de 46 %en Dordogne et de 10,3 %dans le reste des départements. Ces variations montrent la nécessité de renforcer l harmonisation des procédures. Foyers 1-5 5-10 10-25 25-100 100-546 Figure4. Distribution destroupeaux bovins susceptiblesd être infectés(lien épidémiologique avec troupeau infecté)en2011 Incidence, prévalence et localisation En 2011,95 troupeaux ont été déclarés infectés par la tuberculose, ce qui porte la prévalence à 179 troupeaux infectés durant l année (Tableau 4).Le taux d incidence 2011 est donc de 0,04 %(94/232592), contre 0,05 %en2010, et le taux de prévalence est de 0,077 % (179/232592), contre0,073 % en2010. Celaconstitue unediminution de 20 %del incidence par rapport à2010 etune augmentation de la prévalence de4%(figure5)(fediaevsky et al., 2011). L évolution moins favorable de la prévalence que de l incidence est due au nombre 700 600 500 400 300 0,1800 % 0,1600 % 0,1400 % 0,1200 % 0,1000 % 0,0800 % 200 100 0 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 0,0600 % 0,0400 % 0,0200 % 0,0000 % Prévalence cheptels Incidence cheptels Taux de prévalence Taux d'incidence Figure 5. Évolution de la prévalence et de l incidence de la tuberculose bovine de 1995 à 2011 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 9
élevé defoyers détectés fin 2010, qui étaient encore comptabilisés dans la prévalence en2011. L assainissement par abattage partiel est à cet égard un facteur d augmentation de la prévalence, car la durée de comptabilisation d une exploitation infectée en tant que foyer augmente. Ainsi, la prévalence en 2012 sera également élevée, ne serait-ce qu en raison de la prévalence instantanée de101 troupeaux infectés au 31 décembre 2011. Tableau 4. Nombre de foyers et circonstances de découverte Foyers incidents 2011 (troupeaux) (%) 95 (0,040) Foyers prévalents 2011 (troupeaux) (%) 179(0,077) Troupeaux prévalents au 31/12/11 (%) 101 (0,043) Bovins infectés importés 8 Proportion de troupeaux infectés en abattage total(%) 60 Foyers découverts àl'abattoir 39 Foyers découverts enprophylaxie 38 Foyers découverts par test lors de mouvement 2 Foyers découverts par enquête épidémiologique 13 Foyerdécouvert autrement 1 Circonstancededécouverte non précisée 2 principalement situés dans la moitié nord de la France ont été détectés dans desdépartements quin avaient connuaucun foyerdepuis2001 (Aisne et Nord) ou depuis 2006(Doubs, Cantal, Manche, Somme). La détection defoyers isolés en dehors des zones les plus affectées semble se confirmer sur les premiers mois de 2012 (Figure 7).Les foyers incidents du début de l année 2012 montrent également la persistance de la maladie encôte-d Or, endordogne etdans la zone Landes/ Pyrénées-Atlantiques. D autre part, huit bovins infectés (taureaux de combat) ont été introduits en provenance d Espagne dans deux départements (Bouches-du-RhôneetLandes). La localisation desfoyers incidents est globalementsemblableàcelle de 2010 avec la majeure partie des foyers localisée en Côte-d Or, en Dordogne (44%pour les deux départements) etdans une moindre mesure dans une zone à la limite entre les Landes et les Pyrénées- Atlantiques (15%)(Figure 5),mais elle présente toutefois quelques différences notoires. Le nombre de foyers incidents en Camargue a considérablement diminué, mais il est difficile de déterminer si cette baisse traduit uneréellediminution de l incidence de la maladieousi elle résulte d un dépistage majoritairement réalisé par IDS. La reprise d un dépistage par interféron gamma permettra en partie de répondre à cette question. Quatre foyers sur la zone mitoyenne entre l Ariège et la Haute-Garonne ont été détectés. En revanche, quelques foyers 2012 (janvier -avril) 10 5 1 Figure7. Distribution parcommunedes foyers incidents de tuberculosebovinedejanvier àavril 2012 SB0134 (GB35) SB0121 (GB54) SB0821 (F7) SB0823 (F1) 5 5 1 1 1 1 2011 2009-2010 2000-2008 SB0120 (BCG) autres (12 différents) en coursdedétermination 10 10 10 10 1 10 5 5 5 5 5 1 1 1 1 1 Figure6. Distribution parcommunedes foyers incidents de tuberculosebovinede2000 à2011 Figure8. Distribution parcommunedes spoligotypes de M. bovis desfoyersincidents de 2011 10 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
La caractérisation moléculaire des souches impliquées indique que ces nouvelles localisations de foyers sont en partie dues à la diffusion depuis les bassins allaitants touchés et en partie à des souches de diffusion restreinte (Figure 8). Les souches de spoligotype SB0120(BCG) circulant en Côte-d Or et en Dordogne se distinguent par le profil génétique sur les marqueurs VNTR spécifiques à chacun de ces départements.de la même façon, les souches SB0134 (GB35) présentes en Côte-d Or et en Ariège ne sont pas les mêmes. Une étude complète de la répartition des spoligotypes sur une période de temps plus importante est en cours. Mode de découverte et origineprésumée Les données relatives au modededécouverte des foyers en 2011 ont été renseignées globalement àl échelle dudépartement etcertaines incohérences par rapport au nombre de foyers incidents détectés ont pu être détectées. Toutefois,les tendances exprimées par ces données sont assez claires (Tableau 4,Figures 9 et 10). Globalement, plus de 50 %des foyers incidents en 2011 ont été détectés en élevage par les dépistages réalisés soit en prophylaxie (41%), soit dans les exploitations susceptibles d être infectées(14 %). Toutefois le dépistage à l abattoir est en nette progression (relative) par rapport aux années précédentes. Cela est dû d une part àla diminution du nombre de foyers incidents détectés par la prophylaxie en Côte-d Or et en Camargue et d autre part à la découverte de cas isolés dans des départements où peu decas étaient diagnostiqués et où la prophylaxie est soit absente,soit fortement allégée.il est difficile de dire si ces détections nouvelles sont liées àlarecrudescence de la maladie dans ces zones ouaux efforts accrus desurveillance de la tuberculose bovine. Ces découvertes ont conduit de nombreuses 2011 2010 2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000 1999 1998 1997 1996 1995 0% 20 % 40% 60 % 80% 100 % dépistagetuberculination enquête épidémiologique découverte d'abattoir 9%Faune 35 %inconnue Contrôle d'introduction autres Figure9. Distribution desdifférentsmodesdedétection (en%)des foyers de tuberculosebovinede1995à2011 27 %Voisinage 20 %introduction 9%résurgence Figure 10. Distribution de l origine présumée des foyers de tuberculosebovineen2011 DDecPP àaugmenter leur vigilance etsoulignent l importance de conduire lesinvestigations destroupeauxenlienépidémiologiquede façon approfondie. Les conclusions des résultats des investigations épidémiologiques menées dans les foyers detuberculose détectés conduisent àdes hypothèses sur l origine de l infection. Dans la mesure où les méthodes conduisant àformuler ces conclusions n ont pas été harmonisées et que l origine de l infection n est souvent comprise que longtemps après la découvertedufoyeretlarecherche deliens épidémiologiques, ces données sont à interpréter avec une grande prudence. En 2011,la part relative du voisinage est beaucoup plus faible qu en 2010 (27 %contre 50 %) (Fediaevsky et al., 2011), tandis que les origines inconnues sont plus fréquentes (35 % contre 18%). La part de foyers expliqués par une contamination de la faune sauvage est en augmentation (9 %contre5%),l infectiondans la faune sauvageest une réalité danscertainsdépartements,maisson importancevis-à-vis de l infection des bovins reste à préciser (voir Encadré 2). Parmi les foyers incidents détectés en 2011,une infection antérieure entre 2000 et 2010 a été trouvée dans 4,5% des cas (4/88) contre 13,5 %(15/111)pour les foyers détectés en2010 par rapport àla période2000-2009. En 2012, environ un tiers des foyers incidents en Côte-d Or et en Dordogne correspondent à des troupeaux qui avaient déjà été détectés comme infectés et assainis par abattage total dans les années précédentes. Des investigations épidémiologiques sont en cours dans ces troupeaux pour expliquer ce taux élevé de résurgence. assainissement L abattage total a concerné 67 troupeaux dans lesquels 8530 bovins ont été abattus, 2,7%(227/8 530) de ces bovins ont présenté des lésions suspectes detuberculose, proportion en hausse par rapport à 2010 (2,1 %, Chi-deux = 5.9, 1 ddl, p<5 (Fediaevsky et al., 2011). En tout, 51%(34/67) des troupeaux soumis à abattage total détenaient plus d un bovinàlésion (Tableau 3). L abattage partiel a été pratiqué dans neuf départements dont trois de façon dérogatoire et exceptionnelle (Ariège, Corse du Sud et Haute- Savoie). En tout, 44 troupeaux ont fait l objet d assainissement par abattage partiel et 1717 bovins ont été éliminés dans ce cadre. Au total, 3,8%(65/1717)d entre eux ont présenté des lésions,confirmées dans 91 %(59/65) des cas.la proportion d animaux porteurs de lésions en abattage partiel est supérieure à celle de 2010(2,4%)(Fediaevsky et al., 2011). Le fait queletauxdebovinsporteursdelésions soit plus faible en abattage total qu en abattage partiel résulte de la sélection des bovins réagissant à l intradermotuberculination ou à l interféron gamma qui a lieu en abattage partiel et ne signifie pas nécessairement queles troupeaux faisant l objet d abattage partielsont plusatteints. Globalement, 61 %(27/44) des troupeaux soumis à abattage partiel détenaient plus d un bovin infecté. Au 31 décembre 2011, 52 élevages étaient engagés dans un protocole d assainissement par abattage partiel. De la même façon, le taux plus élevé de troupeaux sous abattage partiel présentant un ou plusieurs cassecondaire est lié à la recherche systématique de l infectionsur les animaux faisant l objet d un abattage partiel,y compris en l absence de lésion. L abattage total, qui est la règle générale,représentait 60 %des modalitésd assainissement(56 % en2010(fediaevskyet al., 2011)) du fait du recours à l abattage partiel dans les départements actuellement les plus touchés.l abattage total demeure la modalité d assainissement la plus sûre et la plus rapide. aspects financiers D après les données transmises par les DDecPP, en 2011, l État a directement engagé près de 18,8millionsd euros pour la surveillance et la lutte contre la tuberculose bovine (Tableau 5)dont environ 77% en indemnisations versées aux éleveurs, 16 %en frais de laboratoire et 7%en honoraires vétérinaires. Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 11
Tableau 5. Aspects financiers de la lutte contre la tuberculose bovine en 2011 Honoraires vétérinaires (euros HT) (%) 1249837euros (7) Indemnisations (euros HT) 14474 967euros (77) Frais delaboratoire (euros HT) 3014112 euros (16) Frais divers dont nettoyage et désinfection (euros HT) Total 36807euros (0) 18 775723 euros La moyenne nationale des dépenses engagées par foyer prévalent est de 108500 euros ce quireprésente unebaisse de 20 %par rapportà celle calculée en 2010 (Fediaevsky et al., 2011). Cette diminution est àmettre enrelation avec une baisse de 16 %dunombre d animaux abattus dans le cadre d assainissements. discussion Les erreurs sur les données collectées peuvent êtreexpliquées par des conditions différentes d utilisation de SIGAl selon les départements (notamment l existence d un risque que les résultats de prophylaxie et de police sanitaire soient confondus) et de la collecte de données de qualité hétérogène (incomplètes ouerronées) en fonction des départements. Globalement, les résultats de l année 2011 sont encourageants par rapport à ceux de l année 2010.L incidence est en baisse et le taux de détection de réactions non négatives en prophylaxie est en hausse,ce qui traduit une augmentation de la sensibilité du dispositif, à mettre en relation avec la proportion d acteurs vétérinaires ayant déclaré des réactions non négatives àladdecpp. Des efforts doivent toutefois être faits dans certains départements. La surveillance à l abattoir a relativementpeu changé parrapport à2010, le taux de confirmation des lésions découvertes lors d inspections de routine demeure élevé. Cette assez bonne spécificité laisse suspecter une sensibilité médiocre. La détection de foyers à l abattoir dans de nouveaux départements est également un facteur inquiétant qui doit conduire à une vigilance accrue.la large répartition des troupeaux en lien épidémiologique avec des foyers indique bien que tous les départements doivent se sentir concernés. La situation en Camargue (Bouches-du-Rhône, Gard et Hérault) est nettement plus favorable et l on peut espérer que les prochaines campagnes de prophylaxie qui feront appel à l IFG confirmeront cette évolution.de même,le foyer de la zone Ariège/Haute-Garonne semble en voie d assainissement, ce qui devra être confirmé par plusieurs années de résultats favorables de surveillance en élevage et à l abattoir. La situation encôte-d Or a évolué favorablement par rapport à 2010, mais le fort taux de troupeaux réagissants, qui serait encore supérieur si les tests pratiqués étaient l IDS, le maintien d une incidence de l ordre d une vingtaine de foyers en 2011 et au moins autant en 2012, ainsique la présenced infectiondans la faune sauvageindiquent que l éradication nepourra pas être obtenue rapidement. La situation de la Dordogne est un peu similaire; même si le taux de réactions non négatives enélevage est moins problématique, l évolution de la situation évolue favorablement mais lentement. Dans la zone Landes/ Pyrénées-Atlantiques, la surveillanceenélevageadétecté davantage de troupeaux non négatifs que les années précédentes et il est possible que la mobilisation des parties prenantes révèle une situation similaire à celle de la Dordogne et de la Côte-d Or, d autant que des sangliers infectés ont été détectés. Les modalités de gestion delatuberculose bovine en2011 ont globalement peu changé en cours d année.toutefois,la conduite d un audit de l Office alimentaire vétérinaire de la Commission européenne en septembre2011aconsidérablementmarquélespartiesprenantes impliquées dans la lutte contre cette maladie. En effet, cet audit a mis en évidence des écarts pris dans certains départements avec la réglementation européenne, denature àmettre encause le statut officiellement indemne de la France. Ces écarts avaient été adoptés en accord avec la DGAL pour adapter les modalités de surveillances aux conditions locales, mais ont conduit à une gestion de la maladie parfois insuffisamment harmonisée entre les départements. D autre part, la validité scientifique des protocoles alternatifs mis en place a été fortement remise en question. En réponse à cet audit,le ministère de l agriculture, après consultation desparties prenantes, aaffirmé sa volonté d éradiquer la maladie et de maintenir son statut officiellement indemne.leplannationald actioncontrelatuberculosebovineaété ainsi renforcé (http://agriculture.gouv.fr/tuberculose-bovine-1949) et desmodifications desprocéduresdesurveillanceetdepolicesanitaire sont prévues pour 2012. Parallèlement des travaux d évaluation scientifique ont été lancés. Ainsi, une évaluation du dispositif de surveillance de la tuberculose bovine en France a été réalisée dans un contexte de recrudescence des foyers de cette maladie. L évaluation a été réalisée à l aide de l outil OASIS (Gorecki et al., 2012) entre juin2011 etmars2012 dans le cadre des activités de la Plateforme nationale d épidémiosurveillance en santé animale (Plateforme ESA). Toutes les catégories d acteurs de la surveillance ont été rencontrées àl échelon national et dans plusieurs régions ou départements (Bourgogne,Camargue et Somme). Les résultats de l évaluation mettent enévidence des points forts parmi lesquels l animation centrale et décentralisée, leréseau de laboratoires, les outils et modalités de surveillance et la surveillance de la faune sauvage. Les priorités d amélioration concernent le pilotage à l échelon national et régional,la gestion et le traitement des données, la formation des vétérinaires sanitaires, certains outils et modalités de surveillance ainsi que leur acceptabilité. Le rapport complet est disponible sur le Centre de ressources de la Plateforme ESA (www. survepi.org)(calavas et al., 2012). références Benet, J. J., 1990. Qualitédes tests, applicationàunexemple: latuberculose bovine.epidémiol. SantéAnim. 17,41-56. Calavas, D., Fediaevsky, A., Collin, E., Touratier, A., Amar, P., Moquay, V., Marcé, C., Bronner, A., Hendrikx, P.,2012. Plateforme nationale de surveillance épidémiologique en santé animale: missions prioritaires et organisation.bull. Epid.Santé Anim.Alim. 48,2-5. Fediaevsky, A., Bénet, J.J., Boschiroli, M.L., Hars, J., 2011. Latuberculose bovine en France en2010, surveillance etdétection accrues. Bull. Epid. SantéAnim. Alim.46, 3-9. Gorecki, S., Calavas, D., Fediaevsky, A., Chevalier, F., Hendrikx, P., 2012. Évaluation du dispositif national de surveillance épidémiologique de la tuberculose bovine en France àl aide delaméthode OASIS. Bull. Epid. SantéAnim. Alim. 51, 9-12. 12 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Maintenirlavigilance contre la brucellosebovine en Franceen2011 SéverineRautureau (1)(severine.rautureau@agriculture.gouv.fr), BarbaraDufour(2), BrunoGarin-Bastuji (3) (1) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (2)Unité EpiMAI USC ENVA-Anses, Maladies contagieuses, École nationale vétérinaire d Alfort,France (3)Anses, Laboratoire desantéanimaledemaisons-alfort,france Résumé La France est reconnue officiellement indemne de brucellose bovine par la Commission européenne depuis 2005. Aucun foyer n a été rapporté entre 2003 et 2011.La surveillance vise à détecter une réintroduction de l infection et àmaintenir ce statut. Elle est fondée sur un dépistage sérologique annuel dans les troupeaux et sur la surveillance des avortements. La réalisation de cette surveillance est globalement satisfaisante même si la surveillance des avortements peutêtreaméliorée. Mots clés Maladie réglementée, brucellose bovine, surveillance, prophylaxie Abstract Maintaining vigilance against bovine brucellosis in France in 2011 France has been recognized as officially free ofbovine brucellosis by the European Commission since2005 and no outbreak of this disease has been reported between 2003 and 2011.The national surveillance programme is devoted to detect any reintroduction of the disease so as to maintain this free status. It consists in an annualserological surveillance of all cattle herds as well as in abortion notification. The implementationofthissurveillanceprogrammeissatisfactory, but abortion notification could be improved. Keywords Regulateddisease,Bovinebrucellosis,Surveillance,Control introduction La brucellose bovine est une maladie animale réputée contagieuse sous toutes ses formes (danger sanitaire de première catégorie selon le décret n 2012-845)et est également un vice rédhibitoire. La France est reconnue officiellement indemne de brucellose bovine depuis 2005 (décision CE/2005/764). Les objectifs delasurveillance sont d apporter la preuve du maintien de ce statut favorable de la Francevis-à-vis de la maladieetdepermettre unedétection précoce de touteréapparitiondel infection. L analyse détaillée présentée ci-après porte sur la France métropolitaine. dispositif de surveillance de la brucellose bovine Il n ypas eu d évolutions réglementairesportant sur l organisation de la surveillance et de la lutte contre la brucellose bovine depuis 2010, dispositif décrit dans l Encadré.Lasurveillance repose essentiellement sur la déclaration et les investigations réalisées suite aux avortements et sur un dépistage annueldes cheptels. Les campagnes de dépistage de la brucellose en élevage sont organisées en saison d hivernage des animaux,d octobre à avril, et non en année civile. Par conséquent, les résultats présentés ici par année civile correspondent à la fin de la surveillance organisée en 2010/2011 et au début de la campagne de surveillance organisée en 2011/2012. Résultatsdes dépistagesetqualifications Les données de prophylaxie analysées pour 2011 portent sur 213065 exploitations soumises àprophylaxie sur les 232 520 exploitations bovines officiellement indemnes duterritoire dont 66,5 %ont été testées par analyse sérologique sur sang et 33,5 %par analyse de lait (Tableau 1). En matière desurveillance des avortements, untotal de 61 631 interventions pour 61707 avortements ont été enregistrées en 2011 (- 1,4% par rapport à2010), dans 34707 exploitations différentes (-2%parrapport à2010).ces nombres d avortements déclaréschez les bovins, comme le démontrent de récentes analyses (Bronner et al., 2012) restent très probablement assez en deçà de la réalité des avortements réellement observés sur le terrain. Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedelabrucellosebovine Objectif de la surveillance S assurer du maintien du statut de pays officiellement indemne de brucellosebovine. Détecter précocement toute émergence chez les bovins domestiques. Populationsurveillée Bovins domestiques sur l ensemble du territoire national français. Modalités de la surveillance Surveillanceprogrammée Dépistage sérologique annuel à partir de prélèvements sanguins sur au moins 20%des animaux de plus de deux ans,ou sur du lait de mélange. Surveillanceévénementielle Déclaration des avortements et investigations/dépistage sérologique de chaque avortement etprélèvement par écouvillon du col de l utérus de la femelle ayant avorté. En cas de sérologie positive, une bactériologie est réalisée sur l écouvillon. Police sanitaire La suspicion del infection débute, soit par deux séries decontrôles défavorables suite au dépistage de prophylaxie, soit suite à un résultat sérologique positif après avortement. Lors de suspicion suite aux prophylaxies, un contrôle individuel des animaux positifs est réalisé. Si le contrôle est à nouveau positif, les animaux positifs sont abattus etdes recherches de Brucella sont réalisées sur des ganglionspar culture bactériologique. Le cheptel est reconnu infecté quand une Brucella est mise en évidence suite à une culture ou quand l élevage suspect est en lien épidémiologique direct avec un élevage infecté (mouvement d un animal, ). Le cheptelest alorsplacé sous APDI. L intégralité du troupeau est abattu si Brucella abortus ou melitensis est isolée,ousiilyaeuavortementbrucellique. références réglementaires Directive 64/432/CEE modifiée du Conseil du 26 juin 1964 relative à des problèmes de police sanitaire en matière d échanges intra-communautaire d animaux des espèces bovine et porcine fixant les exigences de police sanitaire applicables aux échanges intracommunautairesetaux importations de sperme d animauxde l espèceporcine Arrêté du 22avril 2008 fixant les mesures techniques et administratives relativesàlaprophylaxie collective et àlapolice sanitaire de la brucellose des bovinés Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 13
Tableau 1. Distribution régionale du nombre d exploitations en prophylaxie(données disponibles) et suspicions sérologiques et cliniques Région Exploitations dépistées Total Dépistage sur lait Cheptels recontrôlés suite aux dépistages Dépistage sur lait Total Nombre % Nombre % Suspicions suite aux prophylaxies Cheptels suspendus suite à prophylaxie Animaux positifs suite au recontrôle Abattage diagnostique Intervention suite àaumoins un avortement La répartition des taux dedéclarations d avortement (Figure 1) indique que le taux de déclaration semble bien meilleur dans les bassins spécialisés (Bretagne, Rhône-Alpes, Pays delaloire). Il est comparativement moindre enauvergne. Cette hétérogénéité selon lesterritoiresmériteraitd êtreexploréefinement, notammentpar type de production (Fediaevsky et al., 2010), la surveillance des avortements étant plus aisée en élevage laitier intensif qu en élevage allaitant de type semi-extensif. Le nombre réel d avortements est méconnu. Il est donc difficile d interpréter l efficacité de cette surveillance sur l ensemble du territoire. Suspicions et confirmations Avortement Sérologie positive suite àavortement Alsace 2305 792 34,4 30 10 33,3 0 2 0 597 0 Aquitaine 13023 1581 12,1 0 0 0 6 5 2 2586 2 Auvergne 16754 4601 27,5 175 147 84 4 7 5 2759 0 Basse-Normandie 18 872 7664 40,6 127 58 45,7 1 2 1 5526 1 Bourgogne 10 225 968 9,5 73 56 76,7 11 6 7 3408 1 Bretagne 23276 13591 58,4 73 14 19,2 1 1 0 12 343 1 Centre 5509 973 17,7 150 90 60 1 10 0 1628 0 Champagne-Ardenne 5187 2002 38,6 272 237 87,1 2 3 1 1636 1 Corse 902 0 0 4 0 0 0 0 0 2 0 Franche-Comté 6356 4269 67,2 157 115 73,2 5 6 3 2136 0 Haute-Normandie 6835 2361 34,5 85 63 74,1 1 0 1 1447 0 Île-de-France 435 97 22,3 24 9 37,5 0 0 0 20 0 Languedoc-Roussillon 2822 530 18,8 370 298 80,5 2 5 2 384 0 Limousin 10 074 899 8,9 75 7 9,3 7 7 6 1009 0 Lorraine 8839 3445 39 85 53 62,4 13 29 12 3141 2 Midi-Pyrénées 18 666 3194 17,1 21 2 9,5 0 2 2 2697 0 Nord Pas-de-Calais 9149 3963 43,3 174 160 92 3 4 1 2672 0 Pays delaloire 24303 10 308 42,4 103 71 68,9 8 12 3 9151 1 Picardie 5639 2437 43,2 152 150 98,7 4 4 1 1447 0 Poitou-Charentes 6745 1067 15,8 20 13 65 2 0 0 1603 0 PACA 1148 156 13,6 0 0 0 0 3 0 156 0 Rhône-Alpes 16001 6437 40,2 124 90 72,6 6 8 4 5283 2 Total 213 065 71335 33,5 2294 1643 71,6 77 116 51 61 631 11 0 <10 10-20 20-30 30-40 >40 Figure 1. Répartition départementale du taux d exploitations soumises à prophylaxie et ayant déclaré au moins un avortement en 2011(en %) (les codes couleurs correspondent aux intervalles de répartition du pourcentage de déclaration, le vert clair correspond à l intervalle]0% ; 10%], le vert foncé correspond à l intervalle]40%;84%]) suspicions en prophylaxie A l échelle des troupeaux, 0,45 % des exploitations testées (651/141 730) ont présenté au moinsunrésultat positif sur sérum en ELISA mélange ou en épreuve à l antigène tamponné (EAT). Par ailleurs, 2,3%des exploitations testées sur lait de mélange ont présenté un résultat positif à l ELISA (1643/71335) et 191 conservaient un résultat positif lors du second contrôle sans aucune confirmation de brucelloseultérieure. Au total, 77 exploitations ont fait l objet d une suspicion et d une suspension dequalification en raison de résultats positifs confirmés dans le cadre de la prophylaxie par répétition du résultat sur lait ou obtention de résultats individuels positifs sur sang en fixation du complément(fc).les investigations menées dans le cadre des mesures de police sanitaire conduites dans ces cheptels ont inclus des analyses sérologiques(n = 116)et/ou des abattages diagnostiques(n = 51). Compte tenu qu aucun casde brucellose n a été confirmé en 2011, tous les résultats sérologiques positifs sont attribuables potentiellement à des défauts de spécificité (réactions croisées) et/ou à la qualité de réalisationpratiquedes tests. 14 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
700 600 500 400 Incidence Taux d'incidence 0,0018 0,0016 0,0014 0,0012 0,0010 300 0,0008 200 100 0,0006 0,0004 0,0002 0 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 0 Figure 2. Évolution de l incidence (nombre et taux) des cheptels infectés de brucellose bovine en France de 1995 à 2011. Sur l ordonnée de gauche:nombre de nouveaux foyers annuels (barres),sur l ordonnée de droite:taux d incidence annuel en %(points) suspicions d avortements Seuls 11 des 61707 avortements déclarés ont été associés à un résultat sérologique positif, soit 0,018 %.Les recherches bactériologiques réaliséesconsécutivementpar leslaboratoiresagrééspourlediagnostic direct n ont conduit à aucun isolement de Brucella. Au total, sur l année 2011,88exploitations ontfaitl objet d un APMS contre 206en2010. Aucun cas de brucellose n a été détecté en 2011 et l incidence de l infectionest nulledepuis2004 (Figure2). aspects financiers En 2011,l État a engagé près de 3,6 millions d euros pour la surveillance de la brucellose bovine, soit une baisse de 2% par rapport à 2010. Environ 78% de cette somme aété consacrée aux honoraires vétérinaires et 14%aux frais de laboratoire. discussion La situation sanitaire de la France vis-à-vis de la brucellose bovine en 2011 demeure excellente. Le nombre de suspicions et le nombre d élevages dont laqualification aété suspendue ont diminué en 2011 par rapport à 2010 en raison des changements dans les règles décisionnelles introduites dans la réglementation en 2010. Ils agit notamment des investigations qui sont désormais mises en œuvre quesiunrésultatpositif est obtenu àl EAT ou àl ELISA et àlafc. On peut considérer que le territoire est surveillé de manière satisfaisante et que les résultats de cette surveillance permettent de démontrer qu il demeure indemne. Toutefois, si certaines régions montrent un assez bon taux d exploitations déclarant des avortements (supérieur à 30%), cette déclaration demeure globalement insuffisante pour donner au dispositif de surveillance clinique toute son efficacité,dans un contexte indemne où celui-ci est classiquement l indicateur le plus performant d uneréintroductiondelabrucellose. Le dispositif devra donc être amélioré en termes d implications des professionnels demanière àfaire progresser la déclaration des avortements. Pour améliorer lasensibilisation àlasurveillance des avortements, ilest vraisemblablement nécessaire que celle-ci soit dédiée non seulement aux maladies réglementées telles que la brucellose mais aussi aux autres maladies d intérêt collectif(fièvre Q) ou individuel pour l éleveur en permettant un diagnostic différentiel.à cette fin, un programme de surveillance de la fièvre Q, autre zoonose abortive des bovins, importante ensanté publique, adébuté courant 2012.Ceprogramme s appuieraenpartiesur le dispositif de surveillance des avortements,potentialisant ainsi ce dispositif pour lequel la quasitotalité des prélèvements autres que sanguins (écouvillons) nesont jusqu à présent pas valorisés pour la recherche de la brucellose. références Bronner, A., Rautureau, S., Touratier, A., Gay, E., Calavas, D., 2012. La surveillance de la brucellose à partir de la déclaration obligatoire des avortements bovins: quelle capacité de détection précoce? Bull. Epid. SantéAnim. Alim. 52, 14. Fediaevsky, A., Barbara, B., Garin-Bastuji, B., 2011.Maintenir la vigilance contre la brucellose bovine en France en 2010. Bull. Epid. Santé Anim. Alim.46, 10. Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 15
Aucunfoyer de brucellose ovineetcaprine détecté en Franceen2011 SéverineRautureau (1)(severine.rautureau@agriculture.gouv.fr), BrunoGarin-Bastuji (2), BarbaraDufour(3) (1) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (2)Anses, Laboratoire desantéanimaledemaisons-alfort,lnrbrucellosesanimales, France (3)ENVA, Maladies contagieuses, USCEpi-Mai (ENVA/Anses),France Résumé La France n a connu aucun foyer debrucellose ovine et caprine depuis 2003 etlavaccination contre lamaladie n est plus pratiquée sur tout le territoire depuis début 2008. En 2011, 64départements sont reconnus officiellement indemnespar la Commission européenne. La surveillance, fondée sur un dépistage sérologique régulier dans les troupeaux (surveillance active) et sur la surveillance des avortements (surveillance évènementielle), vise àdétecter une réintroduction de l infection. Elle contribue, avec lapolice sanitaire, àmaintenir le statut indemne (pourles départements reconnus comme tels)et à l étendre à l ensemble du territoire national.la réalisation de la surveillance sérologique est satisfaisante mais la surveillance des avortements est insuffisante et mérite d être réactivée. Suite à la surveillance active, des réactions sérologiques positives sont régulièrementconstatées mais ne sont pas confirmées après investigations. Les réactions croisées, bien décrites dans le cas delabrucellose, sont àl origine de ces résultats faussement positifs, lesquels nécessitent une gestion adaptée. Abstract No brucellosis outbreak detected in sheep and goats in France in 2011 No outbreak of sheepand goats brucellosis has been reported since 2003.Vaccinationwas stopped in thewhole country in early 2008. In2011, 64 départments are officially recognized as free by the European Commission. The national surveillance programme aims at detecting any reintroduction so as to extend this status throughout thewhole country. It consists in annualserological surveillance within flocks as well as in abortionnotification. Theimplementation of this surveillance is satisfactoryasregardsserologybut notfor abortion notification. Positive serological reactions are regularly notified, but none are confirmed after specific investigations. Cross-reactions, well known inbrucellosis serology, explain these false positive results which need appropriate management. Keywords Regulated disease,sheepand goats brucellosis,surveillance, Control Mots clés Maladie réglementée, brucellose ovine et caprine, surveillance, prophylaxie La brucellose ovine et caprine (due à Brucella sp. à l exception de B. ovis) sous toutes ses formes est considérée comme un danger de première catégorie(décret n 2012-845). La brucellose est également un vice rédhibitoire.c est une des zoonoses les plus fréquente au plan mondial (Pappas et al., 2006). Le dispositif de surveillance etdelutte contre la brucellose ovine et caprine est décrit dans l Encadré. dispositif de surveillance Réalisationdes dépistages Depuis 2006, 64des 101 départements français sont reconnus officiellement indemnes debrucellose ovine et caprine (décision CE/2006/169). D après les données disponibles, 87,8 %des cheptels de petits ruminants étaient qualifiés officiellement indemnes(oi)de brucellose au 31/12/2011 (Tableau 1). Près de 12% ne disposent pas de qualification, soit 4% de moins qu en 2010, il semble que ces troupeaux correspondent quasi exclusivement à des petits détenteurs sans activité commerciale. Certains taux d élevages OI anormalement faibles dans certaines régions mériteraient une investigation approfondie. En raison des difficultés de consolidation des données à partir du système d information national, laplupart des données relatives à la surveillance des cheptels n ont pas pu être analysées au niveau national. Il convient donc d être prudent quant à l interprétation des taux de réalisationdes dépistagescalculés. En ce qui concerne le dépistage par prophylaxie, les données collectées dans 92 départements indiquent que le nombre d exploitations ayant fait l objet d un contrôle sérologique s élevait, en 2011, à43257 et concernait 1616531 animaux. Globalement, on constate une amélioration des saisies de données dans le système d information national (en 2010, données ci-dessus disponibles uniquement pour 71 départements)(fediaevsky et al., 2010). Tableau 1. Répartition par région des types de qualification visà-vis de la brucellose dans les cheptels ovins et caprins en 2011 Région Nombre total de cheptels Qualifiés (%) Suspendus (%)* Alsace 1441 98,20 0,21 Aquitaine 11444 98,60 0,07 Auvergne 6765 90,85 0,04 Basse-Normandie 10078 85,59 0,03 Bourgogne 5479 91,79 0,00 Bretagne 10693 88,18 0,01 Centre 5452 79,53 0,50 Champagne-Ardenne 2188 95,93 1,10 Corse 915 92,57 0,11 Franche-Comté 2693 88,19 0,11 Haute-Normandie 5690 99,16 0,26 Île-de-France 896 61,16 0,78 Languedoc-Roussillon 3652 95,43 0,41 Limousin 5968 93,47 0,05 Lorraine 3245 89,09 2,71 Midi-Pyrénées 13 898 94,15 0,27 Nord Pas-de-Calais 2858 79,92 0,03 PaysdelaLoire 9910 40,67 0,02 Picardie 2934 86,47 0,17 Poitou-Charentes 7803 93,31 0,12 Provence-Alpes-Côte d Azur 4005 97,45 0,50 Rhône-Alpes 10861 94,22 0,49 Total 128 868 87,75 0,26 *Troupeaux suspendus ou àstatut retiré pour raisons sanitaires (résultat sérologique positifouavortement) ou pour des raisons administratives 16 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
surveillance des avortements Des données relatives au dépistage des avortements ne sont disponibles que dans 58 départements (Tableau 2).Dans ces départements, 1538 cheptels ont déclaré un total de 2576 avortements.le nombre d exploitations dans ces départements s élève à 81035,ce qui revient àuntaux moyen de1,9 %decheptels déclarant des avortements (+ 0,4% parrapport à2010) avec de fortes disparitésgéographiques, qu il convient de nuancer compte tenu des risques de transmission partielle de données au système d information national. Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedelabrucelloseovine et caprine Objectif de la surveillance Détecter précocement toutes émergences chez les ovins et caprins domestiques. S assurer du maintien du statut des 64 départements officiellement indemne de brucellose ovine et caprine et pouvoir l étendre à tout le territoire. Populationsurveillée Ovins etcaprins domestiques sur l ensemble duterritoire national français. Modalités de la surveillance Surveillanceprogrammée Dépistage sérologique obligatoire effectué àunrythme variable en fonction des départements et des types d élevage: ovins, en général sur une fraction dechaque troupeau (25 %des animauxdeplusdesix mois); caprins, 100%des animauxdeplusdesix mois. Quel que soit leur statut,les départements,appliquent des allégements de fréquence de prophylaxie avec des dépistages tousles 2 à 10 ans en regroupant les élevages par commune ou par canton. La prophylaxieest annuellepourles élevages producteursdelaitcru. La plupart des départements avec des transhumances impliquant des zones frontalières ont eux aussi conservé un rythme annuel (qu ils soient départements traversés par les élevages transhumants, départements de destinationoudépartements d origine). Lesanalysessérologiquessontréaliséesenpremièreintention pareat complétée,encas de résultatpositif,par FC. Surveillanceévénementielle Déclaration des avortements et investigations/dépistage sérologique de chaque avortement etprélèvement par écouvillon vaginal dela femelle ayant avorté. En cas de sérologie positive, une bactériologie est réalisée sur l écouvillon. Police sanitaire La suspicion del infection débute par un 1 er contrôle sérologique défavorable suite au dépistage de prophylaxie ou un avortement. Lors de suspicion suite aux prophylaxies, contrôle individuel de l ensemble des animaux adultes du troupeau. Puis, suivi sérologique des animaux positifs ouabattage diagnostique pour recherche de Brucella sur des ganglionspar culture bactériologique pour statuer sur la situation du cheptel. Lors d avortement, une sérologie et une bactériologie sont réalisées. Le cheptel est reconnu infecté quand une Brucella est mise en évidence suite à une culture ou quand l élevage suspect est en lien épidémiologique direct avec un élevage infecté (mouvement d un animal, ). Le cheptelest alorsplacé sous APDI. Abattage total quand Brucella abortus ou B. melitensis est isolée ou si il yaeuavortementbrucellique. références réglementaires Directive 91/68/CEE modifiée du Conseil du 28 janvier 1991 modifiée relative aux conditions de police sanitaire régissant les échanges intracommunautaires d ovins et de caprins Arrêté du 13octobre 1998 fixant les mesures techniques et administratives relatives àlaprophylaxie collective et àlapolice sanitaire de la brucellose ovine et caprine D après les données disponibles, sur les 2576 avortements déclarés, neuf ont fourni un résultat positif à l épreuve à l antigène tamponné (EAT), soit un taux de séropositivité de 0,35%. Tableau 2. Déclaration des avortements de petits ruminants dans 58 départements en 2011 Département Cheptels (Nombre) Cheptels déclarants Nombre % Avortements (Nombre) 01 939 4 0,43 5 02 1124 4 0,36 8 03 2029 22 1,08 33 04 1045 24 2,30 44 05 1144 63 5,51 83 07 1928 30 1,56 57 11 663 9 1,36 13 12 3776 138 3,65 168 15 1278 12 0,94 18 16 1630 10 0,61 23 17 1139 5 0,44 8 18 1010 14 1,39 15 19 1595 6 0,38 9 21 782 12 1,53 23 25 776 3 0,39 3 26 1406 48 3,41 87 27 1744 2 0,11 5 28 677 2 0,30 5 2B 546 1 0,18 3 31 2093 15 0,72 20 33 2301 4 0,17 4 34 674 1 0,15 1 36 1628 39 2,40 63 37 770 39 5,06 107 38 1730 35 2,02 68 39 611 4 0,65 8 40 681 3 0,44 3 41 863 9 1,04 14 42 1842 32 1,74 60 43 1638 24 1,47 27 45 504 3 0,60 3 46 1501 20 1,33 50 47 1279 3 0,23 5 49 1520 12 0,79 52 51 338 1 0,30 1 52 944 2 0,21 7 56 1468 8 0,54 17 63 1820 12 0,66 14 64 4542 411 9,05 603 65 1535 37 2,41 45 66 406 2 0,49 2 67 831 3 0,36 8 68 610 4 0,66 5 69 1096 29 2,65 60 71 2529 44 1,74 145 73 1005 32 3,18 65 74 915 10 1,09 31 76 3946 6 0,15 6 78 235 3 1,28 8 79 2777 111 4,00 149 80 957 1 0,10 1 81 2094 52 2,48 106 82 580 7 1,21 7 85 1610 22 1,37 97 86 2257 68 3,01 80 87 2746 17 0,62 19 89 917 3 0,33 4 92 11 1 9,09 1 Total 81035 1538 1,90 2576 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 17
Y compris dans les départements où des déclarations d avortement sont enregistrées, les taux de cheptels déclarant des avortements sont extrêmement bas, comme déjà soulignépour 2010 (Fediaevsky et al., 2010)et on peut craindre que le dispositif manque de sensibilité et de réactivité pour permettre une détection précoce de la brucellose en cas de réapparition. Suspicionsetconfirmations En 2011,d après lesdonnées disponibles, sur lesplusdetrois millions d analyses individuelles réalisées avec la méthode EAT lors des prophylaxies, 1,2%(38000)des résultats ont été non négatifs et ont dû donner lieu àdes investigations supplémentaires pour suspicion. Plus de 600 exploitations ont fait l objet d une suspicion lors dece premiercontrôlenon négatifetseulementuntiers d entreelles (233) sont demeurées suspectes lors du second contrôle. Puis, pour statuer, des abattages diagnostiques(206) ont été réalisés (Tableau 3). Sur les 38000 échantillonsayant donné un résultat positif en EAT lors du premier contrôle, seuls 2% ont donné un résultat non négatif en fixationducomplément(fc) (0,025 %). Le nombre desuspicions sérologiques devrait être en forte baisse lorsqu unrésultateat+etfc- ne constitueraplusune suspiciondans la nouvelle réglementation, comme c est le cas depuis 2008 dans la filièrebovine. En 2011,aucun cas de brucellosen a étédétecté chez lesovins ou les caprins et l incidence nationale de la maladie est nulle depuis 2004 (Figure 1). aspects financiers En 2011,l État a engagé près de 900000 euros pour la surveillance et la luttecontrelabrucellosedes petits ruminants. Environ38%de cette somme était représentée par des honoraires vétérinaires et51%par des frais de laboratoire. Par ailleurs, des subventions ont été versées aux éleveurs pour laréalisation du dépistage en prophylaxie dans 39 départements;l origine et le montant de ces subventionsn étaient pas précisés mais elles provenaient probablement des collectivités locales. Tableau 3. Résultats des prophylaxies et contrôles suite à suspicion de brucellose des petits ruminants pour 92 départements en France en 2011 Région Département Nombre d exploitations Exploitations depistées Exploitations positives Animaux positif Nombre % au1 er contrôle au 2 nd contrôle au 2 nd contrôle Abattage diagnostique Alsace 2 1441 736 51,08 27 10 32 3 Aquitaine 5 11 444 5534 48,36 39 2 24 21 Auvergne 4 6765 1449 21,42 4 3 1 1 Basse-Normandie 3 10078 3489 34,62 5 6 3 2 Bourgogne 4 5479 1902 34,71 10 1 1 1 Bretagne 3 6851 1057 15,43 5 5 3 3 Centre 6 5452 2387 43,78 17 17 72 8 Champagne-Ardenne 4 2188 382 17,46 57 53 1 0 Corse 2 1051 915 87,06 0 0 0 0 Franche-Comté 4 2693 697 25,88 5 4 3 3 Haute-Normandie 2 5690 846 14,87 10 0 0 0 Île-de-France 8 896 189 21,09 2 1 0 0 Languedoc-Roussillon 5 3652 1610 44,09 19 1 21 6 Limousin 3 5968 1042 17,46 2 3 1 1 Lorraine 4 3245 770 23,73 29 14 14 4 Midi-Pyrénées 8 13898 8777 63,15 263 98 287 102 Nord Pas-de-Calais 2 2858 866 30,30 11 4 4 5 Pays delaloire 3 5444 597 10,97 0 0 3 3 Picardie 3 2934 1057 36,03 12 0 0 0 Poitou-Charentes 4 7803 704 9,02 29 0 37 5 Provence-Alpes-Côte d Azur 5 2861 2371 82,87 37 2 2 25 Rhône-Alpes 8 10 861 5744 52,89 22 9 7 13 Total 92 119 552 43121 36,07 605 233 516 206 Nombredenouveaux foyers annuels 600 500 400 300 200 100 Incidence Taux d'incidence 0,6 % 0,5 % 0,4 % 0,3 % 0,2 % 0,1 % taux d incidence annuel en % 0 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 0,0 % Figure 1.Évolution de l incidence et du taux d incidence (cheptels)de la brucellose ovine et caprine en France depuis 1995. Sur l ordonnée de gauche:nombre de nouveaux foyers annuels (barres),sur l ordonnée de droite:taux d incidence annuel en %(points) 18 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
discussion La situation sanitaire de la France vis-à-vis de la brucellose ovine et caprineen2011apparaîtexcellente. Toutefois, lasurveillance delabrucellose est théoriquement assurée par deux dispositifs complémentaires: la détection périodique par la prophylaxie et la surveillance clinique fondée sur la déclaration des avortements. Le dispositif de surveillance des avortements n est pas véritablement fonctionnel au vu du très faible nombre de déclarations d avortement rapportées. Compte tenu du caractère contagieux de la maladie, on peut toutefois espérerqu en cas d introductiondebrucellosedans un cheptel, les épisodes groupés d avortements alerteraient suffisamment l éleveur et le vétérinaire pour inclure labrucellose dans le diagnostic différentiel.cependant,tant que le système de surveillance clinique ne semble pas plus opérationnel,les contrôles sérologiques constituent le mode de surveillance le plus fiable de la brucellose des petits ruminants. En dépit de cette constatation, des départements, appliquent des allégements de fréquence deprophylaxie avec des dépistages tous les deux àdix ans enregroupant les élevages par communes ou par canton, ce qui nepermet pas une surveillance satisfaisante et homogène du territoire. La maladie risque, à ce titre, d être détectée trop tardivement, soit après une potentielle propagation. On peut souligner que l amélioration constante de l identification des petits ruminants sécurise lasurveillance sanitaire dans ces espèces. Toutefois, la qualité des données doit encore être améliorée afin de permettre une exploitation approfondie et fiable des résultats de surveillance. Les futures évolutionsdu système de surveillance de la brucellose des petits ruminantsdevraient permettrededynamiser la surveillanceet de l améliorer en modifiant les règles décisionnelles en casde suspicion afin de minimiser les pénalités pour les éleveurs, dans un contexte où la maladie n est pas présente et en renforçant le dépistage actif. Le dispositif de déclaration des avortements sera également potentialisé par le démarrage en 2012 d un dispositif pilote de surveillance des avortements (incluant la brucellose etlafièvre Q) appliqué dans une dizaine dedépartements ainsi que la mise enplace d un diagnostic différentiel d autres maladies abortives à l initiative des professionnels. références Pappas, G., Papadimitriou, P., Akritidis, N., Christou, L., Tsianos, E.V., 2006. The new global map of human brucellosis.lancet.infect.dis.6,91. Fediaevsky, A., Garin-Bastuji, B. Dufour, B., 2011. Aucun foyer de brucellose ovine et caprine détecté en France en 2010,.Bull. Epid.Santé Anim.Alim. 46,32. Bilan de la surveillance et du contrôle de la leucose bovine enzootique en France en 2011 Séverine Rautureau (1)(severine.rautureau@agriculture.gouv.fr), Cécile Perrin (2) (1) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (2)Anses, Laboratoire deniort, France Résumé La France est officiellement indemne de leucose bovine enzootique chez les bovins, ovins et caprins depuis 1999. L incidence annuelle est inférieure à 0,01%.La surveillance apour objectifs demaintenir le statut officiellement indemne et de détecter une recrudescence des cas. Tous lescas détectés en 2011 ne présentaientque desréactions sérologiques ce qui est cohérent avec lapathogénie dela maladie pour laquelle moins de 10%des animaux infectés développent des formes tumorales. Mots clés Maladie réglementée, leucose bovine enzootique, surveillance, prophylaxie Abstract Reportonenzooticbovineleukosissurveillanceandcontrol in France in 2011 France has been officially disease-free when itcomes to enzootic bovine leukosis in cattle, sheep and goat since 1999. Annual prevalence is less than 0.01 %.The aim of surveillance is to maintain theofficiallydiseasefreestatusand to detect any increase ofenzootic bovine leukosis. All the cases detectedin2011presentedonlyserologicalreactions, which is consistent with thedisease s pathogenicity, with less than 10 %of infected animals developing tumoral forms. Keywords Regulated disease, Bovine enzootic leukosis, Surveillance, Control dispositif de surveillance de la leucosebovineenzootique Le dispositif de surveillance et de contrôle de la leucose bovine enzootique (LBE)est resté inchangé en 2011 (Encadré). résultats La France est reconnue officiellement indemne de LBE depuis 1999 (DécisionCE/1999/465). En 2011,le dépistage sérologique a concerné 38875 exploitations dont 63,5 %ont été testées par analyses desang et36,5%par analyses de laitsdemélange. Suspicionsetconfirmations En 2011, 422 animaux ont été contrôlés par analyse sérologique individuelle (ELISA ou immuno-diffusion en gélose (IDG)) suite à une suspicion dans le cadre delaprophylaxie (résultat positif sur sang ou lait). Il faut rappeler que pour les analyses deprophylaxie faites sur mélange, il est nécessaire de prélever tous les animaux du mélange pour déterminer lesquels étaient positifs. Parmi ces animaux, 25 ont présenté un résultat positif mais infine seuls trois cas ont été confirmés par un second contrôle individuel (ELISA ou IDG), en provenance de trois départements. En comparaison par rapport à 2010, la proportion d animaux séropositifs testés suite à une première réaction positive a diminué (25/422 = 5,9%contre 132/1878 = 7%)(Fediaevsky et Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 19
al., 2011). En parallèle des re-contrôles en laboratoire agréé, le LNR aexaminé 97échantillons par IDG en provenance de37élevages de France métropolitaine issus de suspicions en prophylaxie et n a pas confirmé de cas. En matière de surveillance évènementielle, trois bovins ont présenté des lésionssuspectes à l abattoir mais aucune n a été confirmée. Lestroisfoyers correspondaient doncàdes formes latentes et ilsont étédétectéspar la prophylaxie sur le sang pour deux d entreeux. L incidence annuelle dunombre detroupeaux avec au moins un cas ramenée au nombre de troupeaux testés en 2011 était donc de 0,0077 %(IC à95%[0,0024-0,013]) contre 0,014%([0,005-0,034]) en 2010 (Fediaevsky et al., 2011) ce qui correspond à une baisse significative au seuil de 5%(p = 0,6). Le pic d incidence observé en 2006 (Figure 1)et qui n a pas été confirmé par lasuite aété expliqué par des réactions sérologiques faussement positives dues à un kit ELISA retiré du commerce après 2006. 0,30 % 0,28 % 0,26 % 0,24 % 0,22 % 0,20 % 0,18 % 0,16 % 0,14 % 0,12 % 0,10 % 0,08 % 0,06 % 0,04 % 0,02 % 0,00 % 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 Figure 1. Évolution de l incidence de leucose bovine enzootique en Francede1995à2011(en pourcentagedecheptels infectés) aspects financiers Le totaldes sommes engagées parl Étaten2011pourlalutte (police sanitaire et abattages) contre la LBE s élevait à environ 13000 euros dont 50%correspondaient à des frais de laboratoire. Globalement, le maintien du statut officiellement indemne de leucose est relativement peu coûteux pour l État, notamment enraison du faible nombre de suspicions à investiguer, contrairement à ce que l on peut observer pour la brucellose. durée d évolution de la maladie, qu aucun cas ne soit détecté par la surveillanceévènementielle. références bibliographiques Fediaevsky, A., Perrin, C., 2010. Bilandelasurveillancedelaleucosebovine enzootique en 2009:la surveillance a détecté quelques cas.bull Epid. Santé Anim.Alim. 40,12. Fediaevsky, A., Perrin, C., 2011. Bilandelasurveillanceetducontrôledela leucosebovineenzootiqueenfranceen2010:rien de nouveau. Bull Epid. SantéAnim. Alim.46, 15. Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedelaleucose bovine Objectif de la surveillance Vérifier le statut de pays officiellement indemne de leucose bovine enzootique. Détecter une recrudescence de caschez les bovins domestiques. Populationsurveillée Bovins domestiques sur l ensemble du territoire national français. Modalités de la surveillance Surveillanceprogrammée Surveillance par dépistage sérologique quinquennal àpartir de prélèvements sanguins sur au moins 20%des animaux de plus de deux ans ou sur du lait de mélange. Surveillanceévénementielle Surveillance des lésions suspectes deleucose bovine enzootique à l abattoir. Police sanitaire La suspicion del infection débute soit dès unrésultat positif àune épreuve réalisée sur un mélange de prélèvements sanguins ousur lait de mélange, soit lors de lésions suspectes mise enévidence par histologie. Dans ce cas,un contrôleindividuel par sérologie est réalisé sur tous les animaux de plus de 12 mois du cheptel. Si des animaux positifs sont découverts, le cheptel est placé sous APDI. Lesbovinsreconnusinfectés sontisoléesetabattus sous 30 jours. La qualification n est retrouvée qu après une série de deux contrôles sérologiques detrois àsix mois d intervalle sur tous les animaux de plus de 12 mois. références réglementaires Directive 64/432/CEE modifiée du Conseil du 26 juin 1964 relative à des problèmes de police sanitaire en matière d échanges intra-communautaire d animaux des espèces bovine et porcine fixant les exigences de police sanitaire applicables aux échanges intracommunautairesetaux importations de sperme d animauxde l espèceporcine Arrêté du31décembre 1990 fixant les mesures techniques et administratives relatives àlaprophylaxie collective et àlapolice sanitaire de la leucose bovine enzootique discussion La situation sanitaire vis-à-vis de la LBE apparaît donc excellente et l on peut considérer queleterritoire est véritablementassaini, même si quelques cascontinuent à êtreobservés sporadiquement. L existence de suspicions cliniques à l abattoir ou en élevage suggère que lasurveillance évènementielle est opérationnelle, mais ilest difficile d en évaluer l efficacité en l absence de repères sur la fréquence réelledelésions évocatrices, toutes causesconfondues. Les éléments d appréciation de ces formes latentes sont discutés dans le numéro 40duBulletin épidémiologique -Santé animale alimentation de novembre2010(fediaevsky et al., 2010). Globalement, les données suggèrent que les surveillances programmée et évènementielle secomplètent bien. Par ailleurs, il n est pas surprenant, compte tenu du faible niveau d infection et de la longue 20 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Encéphalopathie spongiformebovine en 2011 : maintien àunniveautrèsbas de la prévalence desesb classique et atypiques CaroleSala(1) (carole.sala@anses.fr), Eric Morignat (1), ChristianLeDu(2),Anne-GaëlleBiacabe (1), Didier Calavas(1) (1)Anses, Laboratoire delyon,france (2) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France Résumé En 2011, seuls trois cas d encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) classique ont été détectés parmi les 310997 animaux prélevés àl équarrissage et aucun parmi les 1 321 375 animaux prélevés à l abattoir, portant à 1 003 le nombre de cas d ESBclassique identifiés depuis 1990. Pour la première fois depuis le début de la surveillance active en 2000, aucun cas d ESB atypique n a été identifié au cours de l année. Mots clés Maladie réglementée, ESB, épidémiosurveillance, police sanitaire, bovins, France Abstract Bovine spongiform encephalopathy in 2011:the very low prevalence of classical and atypical BSE maintained In 2011, only three cases ofclassical bovine spongiform encephalopathy(bse)weredetectedfromamongthe310,997 animals sampled at the rendering plant,and none among the 1,321,375 animals sampled at the slaughterhouse,bringing to 1003 thenumber of cases of classical BSE identified since 1990. For the first time since active surveillance began in 2000,no case of atypical BSE was identified during the year. Keywords Regulateddisease, BSE, EpidemiologicalSurveillance, Official Control, Cattle, France Les modalités de la surveillance, ses objectifs et les moyens mis en œuvre sont récapitulés dans l Encadré. évolutiondunombredecas En 2011,sur les 1632372 prélèvements réalisés à l abattoir (1321375) et àl équarrissage (310997) et analysés dans l un des50laboratoires agréés pour le dépistage de l ESB, 20 ont donné lieu àunrésultat non négatif, dont trois ont été confirmés, portant à 1003 le nombre de cas d ESB classique détectés entre le1 er janvier 1990 etle 31 décembre2011 (Tableau1). Les trois cas détectés en 2011 étaient detype ESB classique et ont été détectés par le programme équarrissage. Aucun cas n a donc été détecté à l abattoir et, pour la quatrième année consécutive, aucune suspicion clinique n a été portée. Enfin, le nombre de cas d ESB atypique identifiés reste lemême qu en 2010 (27), aucun cas d ESB atypique n ayant été identifié en 2011. La prévalence brute àlamort (nombre de cas d ESB rapporté au nombre detests, tous programmes desurveillance confondus) se maintient ainsi à un niveau très bas (Tableau 1). En 2011,les mesures de police sanitaire concernent l abattage de trois animaux, dontdeuxanimaux «cohorte étendue» (1) et un descendant. aspects financiers Les tests réalisés à l abattoir sont, au delà du montant du cofinancement, pris en charge par la filière bovine, tandis que l État finance à 100 % ceux réalisés à l équarrissage.par ailleurs,l Union européenne maintient un cofinancement pour la réalisation des tests ESB à hauteur de 8 euros partest réaliséen2011. Tableau 1. Nombre de tests et de cas d ESB classique/atypique par année et par programme de surveillance, et taux de prévalence brute à la mort par année pour la forme classique et les formes atypiques Réseau clinique 1991-2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 Total 1999 Cas 76 98 89 43 13 8 2 329 Suspicions 326 404 472 211 139 56 27 10 2 1647 Autres Cas 3 65/1 15 81/1 programmes (2) Tests 44963 13 973 58936 Programme équarrissage Programme abattoir Cas 84/1 120/2 84/3 28/1 18 4/1 4/2 2/3 4/4 1/3 3 372/20 Tests 121 361 256719 274 301 255 400 241 438 243 144 256198 315 040 301 273 312 191 310997 2888062 Cas 84 73/1 36/1 17 11/1 2 2/1 1/1 2/1 1 229/6 Tests 2352284 2929009 2915368 2611 983 2349297 2206254 2126870 2126948 1483506 1482173 1321375 23905067 Cas Cas 1 2 3 1 5 12 secondaires (3) Tests 0 Total Prévalence brute àlamort/ 100000 testés (4) Cas 80 163/1 275/1 237/3 138/4 53/1 31/1 6/1 6/3 3/4 6/5 4/3 3 1003/27 Tests 45367 2488090 3185939 3189808 2867 439 2590762 2449408 2383070 2441 988 1784779 1794364 1632372 26853712 ESB 11,05 7,44 4,33 1,85 1,20 0,24 0,25 0,12 0,34 0,22 0,18 classique ESB atypique 0,04 0,09 0,13 0,03 0,04 0,04 0,13 0,16 0,28 0,17 0,00 (1)Bovins nés dans les 12mois suivant ouprécédant la naissance ducas et congénères élevés avec le cas au cours deleur première année de vie alors que lecas avait moins de12ou24mois. (2)Programmes complémentaires, programme pilote Grand Ouest et programme national de surveillance. (3)Cas détectés dans les troupeaux atteints, dans le cadre delapolice sanitaire. (4)Àpartir de 2009,lenombred animauxtestés adiminuésuite au relèvementdel âge au dépistage;laprévalence n est de ce faitpas comparableavantetaprès 2009. Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 21
Pour l année 2011, l État a avancé 25,5 millions d euros HT au total pour la surveillance de l ESB soit environ 10,5 millions pour le programme abattoir (8 euros par test sur bovin abattu)et 15 millionsd euros pour le programme équarrissage (51 euros par test àl équarrissage). Le relèvement de l âge de dépistage des animaux à l abattoir a permis de réaliser une économie d environ 13 millions d euros depuis janvier 2009. Les mesures de police sanitaire ont quant à elles coûté 3500 euros en 2011. L Union européenne devrait verser à la France pour l année 2011,dans le cadre ducofinancement communautaire du programme de lutte contre lesest,lasommede17millionsd euros. discussion Avec seulement trois cas d ESB classique chez des animaux nés avant 2000, lamaitrise del épizootie d ESB classique se confirme. Le relèvement de l âge des animaux au dépistage à l abattoir, effectif depuis début 2009, apermis de réaliser d importantes économies sans affecter la qualité delasurveillance. Cette année, aucun cas d ESB atypique n a été détecté, mais la prévalence de ces formes a toujours été très faible et cette absence pourrait être uniquement aléatoire. Aussi, l effort de surveillance doit se poursuivre, d autant que les connaissances des facteurs derisque des ESB atypiques et leurs liens avec la forme classique ont peu progressé en raison du très faible nombre de cas disponibles. Cependant,les résultats d une étude portant sur les casd ESB atypique détectés en France laissent à penser que les formes atypiques, au moins l ESB de type L, pourraient être des maladies sporadiques liées auvieillissement des animaux (Sala et al., 2012). références Sala, C., Morignat, E., Oussaid, N., Gay, E., Abrial, D., Ducrot, C., Calavas,D., 2012.Individualfactors associatedwithl-and H-type Bovine Spongiform Encephalopathy in France. BMC Vet. Res. 8,74. Encadré. Surveillance et police sanitaire de l ESBchez les bovins Objectif de la surveillance Etablir la prévalencede l ESB chez les bovins. Détecter,lecas échéant, unereprisedel épizootied ESB. Populationsurveillée Bovins de plus de 24 mois (vivants et équarris),bovins de plusde48mois du 1 er janvier au30juin2011 etbovins deplus de72mois àpartir du 1 er juillet 2011 destinés àlaconsommationhumaine. Modalités de la surveillance Surveillanceévénementielle Assurée parleréseaunationald épidémiosurveillancedel ESB.Basée sur la surveillance clinique des animaux à la ferme et à l abattoir (inspection ante-mortem). Toute suspicion portée àlaferme par levétérinaire traitant est confirmée ouinfirmée par le vétérinaire coordinateur départementalduréseau. Surveillanceactive Depuis 2001 (Règlement CE 999/2001), deux programmes de surveillance coexistent: > Programme abattoir : dépistage systématique de l ensemble des bovins deplus de72mois (48 mois du 1 er janvier 2009 au 30 juin 2011, 30 mois avant janvier 2009 et 24 mois entre juillet 2001 et juillet2004) destinésàlaconsommation humaine. > Programme équarrissage: dépistagedetousles bovins de plus de 24 mois,morts à la ferme ou euthanasiés pour des raisons de maladie ou d accident. Définition des animaux suspects et des cas (Arrêté du 3 décembre 1990) Est considérécommesuspectd ESB tout animal: > Vivant, abattu ou mort présentant ou ayantprésentédes troubles évolutifs neurologiques et/ou comportementaux et/ou une détériorationdel étatgénéral ne pouvantêtreimputés àune autre maladieque l ESB; >Ayant donné un résultat non négatif ou douteux àuntest rapide spécifique de l ESB (méthodes de type ELISA, Western Blot ou immuno-chromatographique). Estconsidéré atteint d ESB tout animal suspect présentant un résultat positif à une méthode de confirmation reconnue par le ministre chargé de l agriculture(immuno-histochimie, WesternBlot). Police sanitaire En cas de suspicion d ESB,les exploitations ayant détenu le bovin au cours des deux premières années desavie, etéventuellement l exploitation du bovin suspect, sont soumises àunarrêté préfectoral de mise sous surveillance(apms). S il s agit d unesuspicionclinique, le bovinsuspect est alors euthanasié et prélevé en vue du diagnostic. En casde confirmation:mise sous arrêté préfectoral portant déclaration d infection (APDI) dela(des) exploitation(s) concerné(es) ; euthanasie des bovins appartenant àlamême cohorte de naissance que le cas (animaux nés dans les 12 mois suivant ou précédant sa naissance) ainsi que des bovins élevés avec le cas au cours de leur première année de vie, alorsque le cas avaitmoinsde12ou24mois respectivementdans les exploitations de naissance etd élevage ducas. Dans ces mêmes exploitations, si le casd ESB est une femelle, euthanasie des bovins nés de cettefemelledans lesdeuxans précédantsamortoul apparitiondes signes cliniques, ou nés pendant la phase clinique. références réglementaires -Règlement CE/999/2001 du Parlement européen et du Conseil du 22 mai 2001 fixant les règles pour la prévention, le contrôle et l éradication de certaines encéphalopathies spongiformes transmissibles (JOCE du 31/05/2001) -Arrêté du3décembre 1990 fixant les mesures de police sanitaire relatives à l encéphalopathie spongiforme bovine(jorf du 16/12/90) 22 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Surveillancedes encéphalopathiesspongiformes des petits ruminantsen2011:maintienàunniveautrèsbas de la prévalence destremblantes classique et atypique Géraldine Cazeau (1)(geraldine.cazeau@anses.fr), ChristianLeDu(2), DidierCalavas (1) (1)Anses, Laboratoire delyon,france (2) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France Résumé En 2011, 70191 caprins et 55 996 ovins ont été testés à l abattoir et à l équarrissage pour la recherche d encéphalopathies spongiformes transmissibles: 24 cas de tremblante atypique ovine ont été détectés contre six chez les caprins. Seuls quatre cas detremblante classique ovine ont été détectés etaucun chez les caprins. Lebilan de cette surveillance depuis 2002 montre un maintien à un niveau très basdelatremblante classique mais aussi de la tremblante atypique. Mots clés Maladie réglementée, EST, petits ruminants, surveillance active,surveillanceévénementielle,prévalence Abstract Surveillance of spongiform encephalopathies insmall ruminants in 2011: very low levels of prevalence of classical and atypical scrapie maintained In 2011,70,191 goats and 55,996 sheep were screened at the slaughterhouse and rendering plant for transmissible spongiformencephalopathies:24 casesofatypical scrapie in sheepwere detected as well as six cases in goats.only four cases of classicalscrapie in sheepwere detected and none in goats. Theresults of this surveillance that hasbeen in place since 2002 show that theverylow levels of both classical and atypical scrapie have been maintained. Keywords Regulated disease, TSE, Small Ruminants, Active Surveillance, Outbreak Surveillance,Prevalence Les modalités de la surveillance, ses objectifs et les moyens mis en œuvre sont récapitulés dans l Encadré «surveillance et police sanitaire de la tremblante». VRQ, ARQ, et AHQ correspondent àdes sensibilités décroissantes. La sensibilité à la tremblante atypique semble liée à la présence des allèlesahq et AF 141 RQ. résultats nombre de tests réalisés En 2011, un total de 126187 prélèvements ont été réalisés. Les objectifs du programme de surveillance ont été atteints pour les ovins à l abattoir (10395 prélèvements) et à l équarrissage (45601 prélèvements), ainsi que pour les caprins àl équarrissage (57 648 prélèvements). Pour lescaprinsàl abattoir,qui devaient être prélevés exhaustivement(12 543prélèvements), nous n avons pasdedonnées d abattage permettant d estimer cette exhaustivité. Plan de sondage Les estimations indiquent qu en 2011 près de 40 %des exploitations ont euaumoins unanimal testé. Comme les années précédentes, de façon visuelle, il apparaîtque l hétérogénéitédes taux de sondage est agrégée enzones pouvant être reliées àdifférents bassins de production. Génotypage desovins En 2011,805 génotypages, dont 792 exploitables, ont été réalisés sur des ovins négatifs à l abattoir et à l équarrissage. Ainsi, toutes races confondues, la fréquence del allèle ARR était de56%,37%pour l allèle ARQ, 6% pour l allèle VRQ et 2% pour l allèle AHQ. Depuis 2002 on constate une légère augmentation dela fréquence de l allèlearr toutes racesconfonduesaudétrimentdel allèlearq. Les fréquences desallèles VRQetAHQ apparaissentrelativementstables. Chez les ovins, la sensibilité génétique à la tremblante typique est différente de celle de la tremblante classique.les moutons homozygotes ARR sont totalement résistants à la tremblante classique et les allèles Évolution de la prévalence des tremblantes classique et atypique Les prévalences delatremblante atypique (Tableau 1) et de la tremblante classique (Tableau 2)sont calculées respectivement à partir du nombre de casatypiques et du nombre de casclassiques rapportés au nombre detests réalisés (en 2011 tous les tests utilisés étaient capables de détecter la tremblante atypique). Comme en 2010,aucun casde tremblante classique n a été découvert à l abattoir chez les ovins,et seulement quatre casont été découverts àl équarrissage. La prévalence de la tremblante classique ovine présente une diminution significative depuis 2002 tant à l abattoir (Khi deux de tendance p=2,1*10-12 )qu à l équarrissage (Khi deux de tendancep<2,2*10-16 ). Comme pour la tremblante classique, la prévalence de la tremblante atypique ovine présente une diminution significative depuis 2002 àl abattoir (Khi deux de tendance p=5,3*10-5 )etàl équarrissage (Khi deux de tendancep=2,4*10-3 ). En 2011, chez les caprins, aucun cas de tremblante classique n a été trouvé, que ce soit à l abattoir ou à l équarrissage. Depuis 2002, la prévalence delatremblante classique caprine est très faible et en diminution à l abattoir (Khi deux de tendance p = 0,01) et à l équarrissage (Khi deux de tendancep=1,33*10-10 ). Pour la tremblante atypique caprine, en 2011, aucun casn a été détecté àl abattoir et six ont été détecté àl équarrissage. Laprévalence de la tremblante atypique caprine semble se stabiliser à l abattoir comme à l équarrissage (Khi deux de tendance non significatifs). Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 23
aspects financiers La surveillance des petits ruminants à l abattoir en 2011 a coûté environ 677000 euros àlafrance. De même, àl équarrissage, la surveillance, qui inclut les coupes de têtes etles réalisations des prélèvements, a coûtéprèsdecinqmillions d Euros. Ces sommes devraient être prises en charge à54% par l Union européenne (sous réserve d une décision favorable), dans le cadre du cofinancement des programmes desurveillance etd éradication des EST, laissant à la charge de la France la somme de 1,8 millionsd Euros. Le coût des mesures de police sanitaire est estimé à 400000 euros et celui des génotypages (police sanitaire inclus) à 1,04 million d Euros. Après remboursement par le cofinancement européen, restera àla charge de l État la somme de 340000 euros. discussion En ce qui concerne la tremblante classique, onconstate une baisse significative de la prévalence depuis 2002, que ce soit pour les ovins et les caprins. Cette diminution pourrait être mise aucrédit des mesures de contrôle mises en place(police sanitaire et,pour les ovins, sélection génétique), voire àladiminution de l exposition àl agent infectieux par voie alimentaire (Philippe et al., 2005), mais sans qu il Tableau 1. Nombre de tests etprévalence delatremblante atypique chez les ovins et les caprins àl abattoir et àl équarrissage Plan Année Nombre de tests Nombre decas atypiques Prévalence Ovins Caprins Ovins Caprins Ovins Caprins 2002 14 627 1646 11 0 7,51E-04 0,00E+00 2003 25 477 2200 22 0 8,63E-04 0,00E+00 2004 8366 Pas detests 4-4,78E-04-2005 7544 16 401 8 2 1,06E-03 1,22E-04 Abattoir 2006 195942 18 399 107 0 5,46E-04 0,00E+00 2007 66183 93252 34 1 5,14E-04 1,10E-05 2008 13 725 24823 6 1 4,37E-04 4,03E-05 2009 9428 10 779 1 0 1,06E-04 0,00E+00 2010 8684 11 759 1 1 1,15E-04 8,50E-05 2011 10 395 12543 3 0 2,89E-04 0,00E+00 2002 3839 1568 4 1 1,04E-03 6,37E-04 2003 5611 3495 7 2 1,25E-03 5,72E-04 2004 5183 3382 2 0 3,86E-04 0,00E+00 2005 7980 26846 5 4 6,26E-04 1,49E-04 Equarrissage 2006 110872 30612 82 1 7,39E-04 3,27E-05 2007 171087 43 969 135 3 7,89E-04 6,80E-05 2008 60161 46978 34 7 5,65E-04 1,49E-04 2009 45 703 41458 22 3 4,81E-04 7,24E-05 2010 47 314 58 228 27 4 5,88E-04 6,97E-05 2011 45 601 57648 21 6 4,61E-04 1,04E-04 Tableau 2. Nombre de tests etprévalence delatremblante classique chez les ovins et les caprins àl abattoir et àl équarrissage Plan Année Nombre de tests Nombre decas atypiques Prévalence Ovins Caprins Ovins Caprins Ovins Caprins 2002 33 663 14858 16 1 4,80E-04 7,00E-05 2003 44267 11200 19 2 4,30E-04 1,80E-04 2004 12 377 Pas de tests 6-4,80E-04-2005 12 170 100463 3 0 2,50E-04 0,00E+00 Abattoir 2006 263181 112983 21 0 8,00E-05 0,00E+00 2007 78 654 123 092 6 1 7,60E-05 8,00E-06 2008 14 813 25025 1 0 6,75E-05 0,00E+00 2009 9428 10 779 2 0 2,12E-04 0,00E+00 2010 8684 11 759 0 0 0,00E+00 0,00E+00 2011 10 395 12543 0 0 0,00E+00 0,00E+00 2002 17 323 12214 104 8 6,00E-03 6,50E-04 2003 18 864 11952 24 3 1,27E-03 2,50E-04 2004 12 228 5654 19 1 1,55E-03 1,80E-04 2005 22073 47860 29 8 1,31E-03 1,70E-04 Equarrissage 2006 228465 52611 161 8 7,00E-04 1,50E-04 2007 249240 60406 73 0 2,93E-04 0,00E+00 2008 71 456 54941 17 3 2,38E-04 5,46E-05 2009 45 735 41469 7 3 1,53E-04 7,23E-05 2010 47 314 58 228 2 1 4,36E-05 1,74E-05 2011 45 601 57648 4 0 8,77E-05 0,00E+00 24 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
soit formellement possible d attribuer cette diminution à telle ou telle action ou combinaisonsd actions. En ce qui concerne les résultats de la sélection de l allèle de résistance (ARR)chez lesovins,sil augmentationdesafréquenceestimportante chez les ovins de race Lacaune (48 %en2002 et73%en 2011), elle est moins marquée toutes races confondues autres que Lacaune (45 %en 2002 et 55 %en2011). Deplus, la fréquence del allèle d hypersensibilité à la tremblante classique (VRQ) apparaît diminuer en race Lacaune (4%en 2002 et 1%en 2011), mais reste stable toutes races confondues autre que Lacaune (6%en 2002 et 2011). Toutefois on remarque d importantes fluctuations de proportion selon les années, très certainement àattribuer aux modalités de mise en œuvre du plan de sondage (Cazeau et al., 2011). Quoi qu il ensoit, il semble peu vraisemblable que l évolution de la résistance génétique à la tremblante classique ait joué un rôle majeur dans l évolution globale de la prévalence de la tremblante classique chez les ovins. Pour les formes atypiques, on constate plutôt une constance de la prévalence chez les caprins mais une baisse chez les ovins, cette dernière baisse n allant pas dans le sens d une maladie sporadique, sans facteur de risque identifié(fediaevsky et al., 2010). Comme pour la surveillance de l ESB,la mise en place de programmes de surveillance active àl échelle nationale aeuunimpact sur le fonctionnement delasurveillance événementielle delatremblante. Le nombredesuspicions et de cas cliniquesafortementchuté année après année depuis 2002, et aucune suspicion n a été posée en 2011. Globalement, les deux formes de tremblante sont rares et se maintiennentàunniveautrèsbas et aucuncas suspectd ESB n aété mis en évidence en 2011 chez les petits ruminants. Bibliographie Philippe, S., Ducrot, C., Roy, P., Remontet, L., Jarrige, N., Calavas, D., 2005. Sheep Feed andscrapie, France. Emerg. Infect. Dis. 11, 1274-1279. Cazeau, G., Raynal, A., LeDu, C., Calavas, D., 2011. Bilandelasurveillance desencéphalopathiesspongiformes despetits ruminantsen2010:baisse sensible de la tremblante classique et constance de la tremblante atypique. Bull.Epid.Santé Anim.Alim. 46,36-38. Fediaevsky, A., Ducrot, C., Calavas, D., 2010. La tremblante atypique: approche épidémiologique d une maladie sporadique. Bull. Epid. Santé Anim.Alim. 37,1-4 Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedelatremblante Objectif de la surveillance Fournir une estimation de la prévalence de la tremblante chez les petits ruminants. Détecter,le caséchéant,la présence d ESB chez des petits ruminants. Populationsurveillée Ovins etcaprins vivants, équarris oudestinés àlaconsommation humaine ou àl élevageenfrancemétropolitaine. Modalités de la surveillance Surveillanceévénementielle Basée sur la détection designes cliniques enélevage oulors de l inspection ante-mortemàl abattoir. Si la suspicion clinique alieu enélevage, l éleveur doit alerter le vétérinaire sanitaire de l élevageetlasuspiciondoit être déclaréeaux autoritésvétérinaires. Surveillanceactive Surveillance annuelle depuis 2002 auniveau européen (règlement 999/2001). Échantillonnage aléatoire d ovins et de caprins adultes abattus pour la consommation humaine (10000 ovins et 10000 caprins) et d ovins adulteséquarris(40000), exhaustifpourles caprinsadulteséquarris. Police sanitaire Lorsqu un animal est déclaré suspect (suspect clinique), ou s il a fait l objet d un test rapide non négatif, les cheptels suspects font l objet d une mise sous APMS impliquant notamment l interdiction de commercialisation des petits ruminants, de leur lait et des produits lactés quiensontissus. En casde confirmation, ces cheptels font l objet de mesures de police sanitaire qui varient selon la souche d EST diagnostiquée: >ESB:abattage total du chepteldenaissanceetdes cheptels dans lesquels le cas aura misbas; >tremblante classique ovine : élimination des animaux génétiquement sensibles ausein du cheptel denaissance. Les animauxnepeuventêtrecommercialisésqu à l abattoiretlelaitdes animauxgénétiquement sensibles doit être détruit.ces mesures sont remplacées par un suivirenforcé pendant troisans si l animal atteint a transité par plusieurs élevages; >tremblanteclassiquecaprine:éliminationdel ensembleducheptel de naissance; >tremblanteatypique:suivitrèsstrictdescheptelsàrisquependant deux ans; les animaux nepeuvent être commercialisés qu à l abattoir ou dans un établissement de mêmestatut. Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 25
La rhinotrachéite infectieuse bovine(ibr) en France en 2011 :une situationépidémiologique favorable mais nonhomogène Kristel Gache(1) (kristel.gache@reseaugds.com), Séverine Rautureau (2), Sophie Mémeteau (3), Françoise Mési(1) (1) GDS France, Paris,France (2) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (3) Association pour la certification en santé animale(acersa), Paris,France Résumé En 2011,enFrance,lasituation épidémiologique au regard de la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) est favorable mais non homogène,avec des situations très variables selon lesrégions,les typesdeproduction(le taux de prévalence de la maladie est sensiblement plus bas dans les régions à vocation laitière)etselon l intérêthistoriqueporté àl IBR, le taux de prévalence national étant inférieur à 9%. Quant àlaprogression decheptels qualifiés «indemnes d IBR», elle progresse lentement. Des évolutions sont en cours, en rapport avec le contexte sanitaire européen, la volonté des éleveurs d avancer et la recherche de conditionsplus favorables aux échanges. Mots clés Maladie réglementée, rhinotrachéite infectieuse bovine,ibr, bovins,épidémiosurveillance Abstract IBRinFrance in 2011:afavourablebut unevenepidemiologicalsituation In 2011,inFrance, the epidemiological situation towards infectious bovine rhinotracheitis (IBR) was favourable but uneven,withsituationsthatvariedconsiderablydepending on theregions,types of production(theprevalence rate of thedisease was significantlylower in dairyfarmingregions) andhistorical interestinibr,withthenationalprevalencerate lower than 9%.The numberof herds classified as IBR-free is increasingslowly. Thesituation seemstobeevolving,reflecting theeuropean health context, thedesire for breederstomoveforward and the hunt for conditions that are more conducive to trade. Keywords Regulated disease, Infectious bovine rhinotracheitis, IBR, Cattle, Epidemiological surveillance La rhinotrachéite infectieuse bovine, ouibr, est une affection respiratoire aiguë et contagieuse qui affecte les bovins. Elle est causée par l herpèsvirus bovin detype 1(BHV-1). L affection, qui touche essentiellement les bovins, setraduit par une atteinte des voies respiratoiressupérieures, maispeutéventuellementprendrelaforme d encéphalites (chez le veau), de conjonctivites, d avortements et de métrites.l une des particularités du virus est de pouvoir persister sous forme latente chez des animaux porteurs asymptomatiques qui, à l occasion d un stress ou d un traitement médical, peuvent réactiver et excréter de nouveau le virus,contaminant ainsi les autres animaux du troupeau.la vaccination des bovins positifs est un moyen de limiter cette réexcrétion. L infection restant le plus souvent asymptomatique, cette maladie présente avant tout un enjeu commercial. En effet, l IBR est inscrite dans le code zoosanitaire de l Organisation mondiale delasanté animale(oie) et est fréquemment associée à la formulation d exigences commerciales qui représentent souvent des entraves aux échanges. Actuellement, deux dispositifs de surveillance et de lutte coexistent, l un facultatif, l autre obligatoire (Bronner et al., 2010)(voir Encadré). Le dispositif facultatif repose sur un protocole national de qualification, géré par l Association pour lacertification de la santé animale enélevage (Acersa). Les intervenants sont organisés au niveau local ausein deschémas territoriaux de certification (STC). Deux appellations peuvent être délivrées par les STC pour qualifier les cheptels: l appellation «indemne d IBR»(A) et l appellation «contrôlé en IBR»(B). Les conditions sanitaires ouvrant droit à la qualification des cheptels sont fixées dans un cahier des charges approuvé par le ministre chargé del agriculture (Cahier des charges nationalccibr 01,2010). Le dispositif obligatoire s appuie sur un arrêté ministériel du 27 novembre 2006 et repose sur le dépistage annuel en élevage sur lait de tank(contrôle semestriel)oupar prisedesangsur lesbovins de plus de 24 mois, sur le dépistage des bovins à l introduction, et sur la vaccination desanimaux séropositifs. Cet article présente les résultats obtenus dans le cadre de ces dispositifs de certification et de lutte pour la campagne 2010-2011(sur la période du 1 er juin 2010 au31mai 2011). Les résultats présentés ci-dessous sont issus d une collecte spécifique des données auprès des GDS à l aide d un questionnaire annuel de bilan. Cet article indique également les nouvellesévolutions de cesderniers mois. Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedelarhinotrachéite infectieusebovine(ibr) Objectif Fournirune estimationdelaprévalence de l IBRchez lesbovins. Concourir à la qualification du statut sanitaire des cheptels français. Populationsurveillée Bovins domestiquesdans l ensembledelafrancemétropolitaine. Modalités de la surveillance Surveillanceobligatoire > Dépistage sérologique à l introduction pour l ensemble des bovins quel que soit leur âge (des dérogations ponctuelles aucontrôle d introduction peuvent êtreaccordées); >Dépistagesérologique deseffectifs bovins:semestriel surlaitde tank dans lesélevageslaitiers, et annuel surprélèvement sanguin desbovinsdeplusde24moisdansles élevagesallaitants. Qualificationfacultativedes cheptels Depuis 1996, une qualification decheptel, reconnue officiellement, permet d offrir aux acheteurs debovins des garanties sanitaires en matière d IBR. Le système de certification est géré par l Acersa, dont les intervenants sont organisés au niveau local ausein deschémas territoriaux de certification. Les conditions sanitaires ouvrant droit à la qualification des cheptels sont fixées dans le cahier des charges approuvé par le ministre chargé de l agriculture. Police sanitaire Tout animal non séronégatif doit être vacciné dans les deux mois qui suivent la notification des résultats,à moins qu il ne soit abattu. références réglementaires Arrêté ministériel du 27 novembre 2006 fixant les mesures de prophylaxiecollectivedelarhinotrachéiteinfectieuse bovine. 26 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
résultats du dispositif obligatoire taux de prévalence et taux d incidence Le dépistage obligatoire de l IBR dans les troupeaux a mis en évidence en moyenne 8,9%de cheptels avec au moins unanimal séropositif parmi les cheptels dépistés(données sur 83 départements). Le taux de prévalence varie de 0%à 86,9 %selon les départements (Figure 1). Une grande variabilité est également observée selon les orientations zootechniques des cheptels: letaux deprévalence est en moyenne de 11 %pour les élevages allaitants, de 3,2 % pour les cheptels laitiers et de 9,4%pour les cheptels mixtes. Cette variabilité est à mettre en lien avec certaines pratiques régionales comme les estives, qui serattachent davantage aux zones allaitantes et qui rendent l assainissement plus complexe (Mémeteau et al., 2011). Acontrario, les pratiques en élevage laitier sont souvent plus favorables, avec en particulier un taux de réforme supérieur,ce qui permet d éliminer plus rapidement les animaux positifs; les lieux de pâturages sont aussi moins dispersés, avec moins decontacts avec les autres troupeaux, doncmoinsderisquedecontamination. Le taux d incidence del IBR pour la campagne 2010-2011 est de 0,6%(données sur 82 départements). Tout comme la prévalence, une différence est observée selon les départements (le taux d incidence varie de0%à6%) et les orientations zootechniques (le taux d incidence est de 0,88 %pour les cheptels allaitants, de 0,2%pour les cheptels laitiers et de 0,4%pour les cheptels mixtes). Pour la campagne 2010-2011, le taux de réalisation national de la prophylaxie atteint 97 %(données sur 83 départements) etvarie de 81,6 %à100 %selon lesdépartements. taux de vaccination L arrêté ministériel du 27 novembre 2006 impose que tout animal non séronégatif soit vacciné dans les deux mois qui suivent la notification des résultats, àmoins qu il ne soit abattu. Letaux deréalisation de la vaccination des animaux positifs pour la campagne 2010-2011 est de 88,5 %(données sur 83 départements). Résultats des contrôles à l introduction dans le cheptel La seconde mesure imposée par l arrêté ministériel est le dépistage de l IBR àl introduction detout bovin dans un cheptel, quel que soit son âge. Cependant, certains animaux peuvent nepas faire l objet de dépistage: introduction dans un atelier dérogataire (s il est exclusivement entretenu dans un bâtiment fermé), bovins dont la vaccination est certifiée par un vétérinaire et bovins issus de cheptels qualifiés«indemnesd IBR»encas de transportmaîtrisé. Les données disponibles au 31mai 2011 qui concernent plus précisément les introductions d animaux qualifiés «indemnes d IBR» (soit 105874 bovins issus de cheptels qualifiés indemnes d IBR et contrôlés à l introduction, données sur 26 départements) indiquent que 0,4 %d entre eux sesont révélés séropositifs (après double sérologie sur deux kits de famille différente). Une partie de ces cas peut être liée à une contamination lors du transport ou chez l acheteur. Il est intéressant de noter que ce chiffre est relativement stable par rapport aux années précédentes (0,3% en 2010, 0,2 % en2009, et 0,3%en2008). résultats du dispositif volontaire taux de qualification des cheptels Au 31 mai 2011, 60,3 % des cheptels présents sur le territoire continental (hors ateliers dérogataires) bénéficient d une appellation «indemned IBR» ou «contrôléenibr». Là encore, la situation n est pas homogène sur le territoire avec des taux de cheptels qualifiés qui varient de moins de 1%à presque 100%(Figure 2).Cette différence peut s expliquer par lesmêmesfacteursresponsablesdelavariabilité de la prévalence observée dans le cadre dudépistage obligatoire. Le taux de qualification des cheptels dépend également del intérêt historique porté à cette maladie, avec des départements qui, avant l application des dispositions obligatoires de lutte,ont développé plus rapidement que les autres des mesures de lutte et des systèmes de qualification. La proportion de cheptels qualifiés a régulièrement progressé depuis la mise en place de cette certification dans le cadre de l Acersa, rapidement Non renseigné De 0à1 De 1à5 De 5à10 De 10 à25 De 25 à50 De 50 à75 Supérieur à75 Figure 1. Répartition des cheptels infectés par l IBR au 31 mai 2011 (Données GDS France -Calcul sur la base des cheptels dépistés) Non renseigné De 0à1 De 1à10 De 10 à30 De 30 à60 De 60 à90 Supérieur à90 Figure 2. Répartition des cheptels qualifiés pour l IBR au 31 mai 2011 (Données Acersa) Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 27
de 2001 à 2007, puis plus lentement ces dernières années (Figure 3). En effet, malgré la mise enplace d une prophylaxie et du dépistage à l introduction obligatoires, la situation actuelle del élevage n est pas en faveur d une qualification.un certain nombre d élevages négatifs ne s engage pas dans une démarche de qualification volontaire, qui apparaît trop contraignante àdes éleveurs qui, aumoins momentanément, n y trouvent pas d intérêts commerciaux. C est dans une logique de réduction des coûtsque la qualification IBR pourraittrouver son relais de croissance. Il est donc nécessaire de chiffrercescoûts (tempspassé àlagestion, coûts des analyses, coûts liés àlarecontamination des élevages qualifiés,...) demanière àpouvoir construire une logique d investissement par laquelle l accélération de l assainissement pourra être justifiée et financée -au regard des économies générées. 70 % 60 % 50 % 40 % 30 % 20 % 10 % 0% 41 % 44 % 37 % 33 % 2001-2002 2002-2003 2003-2004 2004-2005 49 % 52 % 55 % 58 % 60 % 56 % 2005-2006 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010 2010-2011 Figure2. Évolution du taux de cheptels qualifiéspour l IBR depuis2001(donnéesacersa) Au total, 123724 cheptels sont qualifiés.la qualification IBR A(cheptel indemne d IBR) représente 99 %des troupeaux sous appellation A (soit 122187 troupeaux) contre 1% pour la qualification IBR B (cheptel contrôlé en IBR, ce qui représente 1537 troupeaux). Ce faible pourcentage s explique par le fait que l appellation «contrôléenibr» n est en fait souvent qu une étape transitoire pour un cheptel en assainissement. Motifs de suspension Durant la campagne 2010-2011, 3594 cheptels ont été suspendus (parmi 109640 cheptels qualifiés A,données sur 67 départements). Le taux de suspension des cheptels qualifiés (3%)apparaît ainsi plus élevé que les années précédentes (il était alors de l ordre de 1%). Lesmotifsdesuspensionsontvariés(achatouintroductiond unbovin positif ou divergent, achat d un bovin issu d un cheptel non qualifié, délai de réalisation de prophylaxie dépassé notamment). Pour 38% des cas, il s agit de cas de suspensions suite à une prophylaxie avec sérum de mélange positif confirmé en individuel. Pour 84%d entre eux, il s agit de cheptels avec seulement unoudeux animaux positifs (contre 75% des cheptels lors de la campagne précédente). Aucun lien n a pu être mis en évidence entre cette augmentation et le taux de prévalencedudépartement. Cetteaugmentation pourraitêtreliée à la mise en œuvre de nouveaux kits avec une détectabilité et une sensibilité accrues,utilisés pour la première fois lors de cette campagne 2010-2011(AFSSA, 2006)et au changement dans l ordre d utilisation desfamillesdekitsdans certainsdépartements. Perspectivesd évolution L IBR donne lieu àdes demandes degaranties additionnelles dans le cadre des échanges au sein de l Union européenne. En effet, certains pays et/ou régions de l Union européenne ont obtenu la reconnaissance de leur plan de maîtrise ou sont reconnus zone indemne.cela permet àces États membres d exiger des garanties additionnelles lors d introduction de bovins sur leur territoire, garanties auxquelles sont soumis les éleveurs français, tant que la qualification française n est pasreconnuepar l Unioneuropéenne. Aussi lafrance souhaite faire reconnaître auniveau européen son programme de lutte etl appellation «indemne d IBR»des cheptels, délivrée sur la base du cahier des charges national par l Acersa. Il est ainsi envisagé defaire évoluer, àlamarge, le cahier des charges en adaptant certaines mesures et en proposant des équivalences aux conditions de l annexe III de la décision 2004/558/CE. Conclusion Ce double dispositif, volontaire et obligatoire, n est pas figé: les deux démarches évoluent et des axes d amélioration sont possibles. A courtterme,une harmonisationdoit être recherchée dans la collecte des données dans le cadre des deux dispositifs de surveillance. Par ailleurs, il apparaît important de renforcer l efficacité du système par une meilleure application de certaines mesures, principalement la vaccination des bovins séropositifs. Amoyen terme, ilconvient de s interroger sur les moyens àmettre enœuvre pour accélérer l assainissement d une manière économiquement pertinente. remerciements Al ensemble des laboratoires agréés pour le diagnostic de l IBR sur sérum ou sur lait et àl ensemble des GDS, maîtres d œuvre de la prophylaxie IBR et coordonnateurs des Schémas Territoriaux de Certification, sans lesquels nous ne pourrions avoir les données présentées dans cet article. références bibliographiques AFSSA, 9 janvier 2006. Avis sur le projet de modification du cahier des charges technique concernant la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR). Arrêtéministériel du 27 novembre2006 fixantles mesures de prophylaxie collective de la rhinotrachéite infectieuse bovine. Bronner, A., Guerrier-Chatellet, M.C., Languille, J., Petit E., 2010. La lutte contre la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) en France: un dispositif original. Présentation, bilan et perspectives. Bull. Epid. Santé Anim. Alim. 41,12-15. Cahier des charges nationalccibr 01,version M,homologué par avis paru aujournal Officiel le 2 juin 2010. Mémeteau, S., Mési, F., Dubois, E., Bronner, A., 2011. Bilan desmesures de surveillance réglementaire et volontaire de la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR)en 2010:vers un objectif d éradication. Bull.Epid.Santé Anim. Alim.46,18-20. 28 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Bilan de la surveillance de l hypodermose bovine en Franceen2011:aucunfoyer détecté Kristel Gache(1) (kristel.gache@reseaugds.com), Séverine Rautureau (2), Sophie Mémeteau (3), Antoine Thuard(1) (1) GDS France, Paris,France (2) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (3) Association pour la certification en santé animale(acersa), Paris,France Résumé Durant la campagne 2010-2011, les contrôles aléatoires et orientés de dépistage de l hypodermose bovine (analyses sérologiques et contrôles visuels) ont porté sur 10 526 cheptels; 64%des cheptels contrôlés l ont été par tirage au sort, les autres ont fait l objet de contrôles orientés. Aucun foyer d hypodermose clinique bovine n a été détecté. De plus, les résultats de la campagne 2010-2011 permettent de maintenir le statut «assaini»de l ensemble des régions concernées (correspondant àuntaux d infestation des cheptels garanti inférieur à 5%).Compte tenudu très faible niveaud infestation obtenu cesdernières campagnes, tout ou partie des zones pourraient travailler àl obtention de la qualification «zone indemne»(taux d infestation des cheptels inférieurà1%). Mots clés Maladie réglementée, hypodermose bovine, varron, bovins, surveillance Abstract Report on bovine hypodermosis infrance in 2011: No outbreaksdetected During the 2010-2011 campaign, 10 526 herds underwent random and planned screening checks for bovine hypodermosis (serological analysesand sightchecks); 64% of the herds checked were chosen by random draw, while the others underwent planned checks. No clinical bovine hyperdermosiscasesweredetected. Inaddition, thankstothe resultsofthe 2010-2011campaign, the«healthy» status of all the regions under scrutiny was maintained (corresponding to a guaranteed herd infestation rate of under 5%).Due to the very low level of infestation detected in the latest campaigns, allorpartofthesezoneswillbeabletoworktowardsobtaining «disease-free zone»status (a herd infestation rate of under 1%). Keywords Regulated disease, Bovine hypodermosis, Warble fly, Bovines, Surveillance Le varron est une maladie parasitaire des bovins. Il s agit d une mouche du genre Hypoderma dont la larve se développe durant l hiver dans les tissus du bovin,pour être libérée dans le milieu extérieur au printemps après avoir formé un nodule sur le dos de l animal et perforé le cuir. Bien que les symptômes développés par les bovins parasités soient relativement frustres, l impact économique decette maladie est considérable: lésions induites sur le cuir par la sortie des larves au printemps, immunodépression engendrée par les larves etbaisse des performances zootechniquesdes animaux. C est pour l ensemble de ces raisonsque les éleveurs se sont organisés collectivement, dèslafin desannées80, pour mettre en placeunplan de lutte organisé, région par région. Les schémas régionaux se sont tous articulés en deux parties: une phase de traitement systématique des animaux en début de plan, suivie d une phase de contrôle sérologique pendant plusieurs années, dont l application dans l ensemble des cheptels français aété rendue obligatoire en juillet 1998 et renforcée par l arrêté ministériel du 6mars 2002. Une diminution rapide de la prévalence nationale des cheptels atteints d hypodermose a alors été observée de 1998 à2001 enpassant de5,7 %à0,4 %(Mémeteau et al., 2011). Au vu de l avancée de l éradication, l hypodermose bovine est devenue maladie réputée contagieuse sous saforme clinique enfévrier 2006 (Décret n 2006-178, 17février 2006). Elle est actuellementconsidérée comme un danger sanitaire de première catégorie(décret n 2012-845,30 juin 2012). Actuellement, deux dispositifs de surveillance coexistent, l un facultatif, l autreobligatoire (Encadré): Le dispositif obligatoire s appuie sur l arrêté ministériel du 21 janvier 2009 et repose sur: un plan de surveillance aléatoire annuel destiné à vérifier que la prévalenced infestationd une zone est inférieureàunseuil défini (5 %).Ceplandesurveillancereposesur l analysesérologique des sérums oudes laits demélange (prélevés entre le1 er décembre de l année précédente et le 31 mars de l année en cours pour les analyses de sang, etentre le 1 er janvier etle31mars del année en cours pour les analyses de lait), dans le cadre des opérations de prophylaxie bovine, dans un échantillon de cheptels tirés au sort. Ce plan de surveillance sérologique peut être complété par des contrôles visuels aléatoires (1).Ces derniers se déroulent en périodedesortiedes larves, du 1 er avrilau30juindechaqueannée. Au terme du plan de surveillance aléatoire, est considérée comme «zone assainie»une zone où le taux d infestation des cheptels mis en évidence par le plan de surveillance aléatoire (sérologique et/ou visuel) est strictement inférieur à5%pendant deux années consécutives et comme «zone indemne»une zone où le taux d infestation des cheptels mis en évidence par le plan de surveillance sérologique aléatoire est strictement inférieur à 1% pendant deux années consécutives ; des contrôles orientés sont également réalisés pour dépister les foyers d hypodermose. Ils permettent d augmenter la probabilité de mise enévidence decheptels infestés, mais également de sensibiliser les éleveurs dont lerisque d infestation est lié aux pratiques d élevage. Les contrôles orientés visent les cheptels potentiellement àrisque compte tenu notamment deleur lien épidémiologique avec uncheptel infesté, de leur localisation dans unezonesusceptible de réinfestation(notammentles zones frontalières), de leurs pratiques d élevage ou de résultats d analyses nonnégatifsobtenus lors desplans de surveillancealéatoires. La délivrance de la qualification sanitaire est complémentaire des mesures obligatoires et permet de garantir le statut du cheptel de provenance lors de transactionscommerciales.ce dispositif est géré par l Association pour lacertification en santé animale (Acersa). Les maîtres d œuvre sont les schémas territoriaux de certification (STC) habilités àdélivrer aux cheptels de leur zone des appellations «cheptel assaini envarron»ou «cheptel indemne de varron», quigarantissentlestatut du chepteldeprovenancelorsd échanges commerciaux. (1)Au31mars dechaque année, lorsque moins de80%des cheptels tirés ausort ont été analysés par sérologie, les cheptels non analysés font l objet d un contrôle visuel, pour obtenir au moins 80%de cheptels surveillés sur la zone. L analyse sérologique est privilégiée, lecontrôle visuel étant beaucoup moins sensible que la surveillancesérologique. Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 29
Cet article présente les résultats descriptifs del hypodermosebovine obtenus dans le cadre des dispositifs desurveillance aléatoire et orienté pour lacampagne 2010-2011 (sur la période du 1 er juillet 2010 au 30 juin 2011). Les résultats présentés ci-dessous sont issus d une collecte spécifique des données auprès des FRGDS (Fédération régionale des groupements de défense sanitaire) qui ont eux même regroupés les données des GDS (maîtres d œuvre de la surveillance de l hypodermose bovine) à l aide du bilan de campagne annuel. Ainsi les données présentées dans cet article correspondent à un échelon régional ou national. résultats Durant la campagne 2010-2011, la surveillance aléatoire et orientée de l hypodermose bovine (analyses sérologiques et contrôles visuels) a porté sur 10526 cheptels;64%des cheptels surveillés l ont été par tirage au sort, les autres ont fait l objet de contrôles orientés. surveillance aléatoire des cheptels L évaluation du taux d infestation des cheptels s effectue sur la base d un plan d échantillonnage aléatoire des cheptels (tirage au sort aléatoire informatique sur l ensemble des cheptels de la région (présents au fichier del identification pérenne généralisée (IPG) des bovins, àl exception des cheptels d engraissement dérogataires et exclusivemententretenus en bâtimentfermé). S agissant d une démarche qualitative, lataille del échantillon est déterminée sur la base d un taux de prévalence limite (qui s élève à 5% pour le statut de «zone assainie»)et du nombre de cheptels présents. Le nombre decheptels àcontrôler se situe alors entre 45 et 59 selon les départements. Lecontrôle deces derniers permet ainsi d affirmer que le taux d infestation est bien inférieur à 5%(avec une probabilité de 95 %) si aucunchepteln est contrôlé positif.enrevanche, si un ou plusieurs cheptelsest(sont) retrouvé(s) positif(s), le nombre de cheptels à contrôler augmente alors et peut atteindre plusieurs centaines de troupeaux afin que le taux d infestation exprimé selon un intervalle de confiance unilatéral demeure inférieur à 5%. Pour la campagne 2010/2011,7776 cheptels ont été tirés au sort au total, dont 7462 possédant encore des bovins au moment des contrôles. Au total, 6690 cheptels ont été contrôlés de façon aléatoire, soit un taux national de réalisation des contrôlesde 90 %en moyenne (ce taux deréalisation s étend de 81 %à100 %selon les régions). L exigence sur le niveau des contrôles à effectuer (plus de 80%de l échantillon tiré au sort) est ainsi respectée pour toutes les régions. Surveillance sérologique aléatoire Au total, 6603 cheptels ont été analysés sérologiquement: 4048 cheptels ont été analysés en sang uniquement, 2109 en lait uniquement et 465 cheptels analysés en sang et en lait (cheptels mixtes). Interprétation des résultats d analyses sur des mélanges desang et de lait: tout résultat demélange positif sur sang fait l objet d analyses individuelles. Un résultat non négatif sur un ou plusieurs bovins âgés de 24 à60mois entraine le statut positif de l élevage concerné (un résultat non négatif sur un ou plusieurs bovins âgés deplus de60 mois n entraîne pas de modification du statut négatif de l élevage, mais uncontrôle visuel auprintemps pour vérifier l absence d infestation) ; un mélange positif sur lait de grandmélange (laitdetank) entraîne le statut positif du cheptel. Lors de résultat douteux, un deuxième prélèvement est réalisé avant le 31 mars et permet de déterminer le statut du cheptel. Durant la campagne 2010/2011, quatre cheptels ont été détectés séropositifs dans le cadre du plan de contrôle aléatoire (un cheptel positif en lait et trois cheptels positifs en sang). Ces quatre cheptels sontdistribuésdans 3régions:leLimousin,laLorraineetleNord Pas de Calais.Les contrôles visuels d infestation(visant à rechercher toute lésion cutanée pouvant évoquer la présence d au moins une larve d hypoderme),réalisés sur ces quatre cheptels,se sont avérés négatifs. Ces cheptels séropositifs n ont donc pas été enregistrés comme des foyers d hypodermose bovine, mais interprétés comme liés àla persistance d anticorps résiduels ou comme des résultats faussement positifs(spécificitédutest utilisé:99,8%). Contrôlesvisuels aléatoires 4430 animaux dans 87 cheptels ont été contrôlés visuellement. Aucun foyer d hypodermose clinique n a été mis en évidence. surveillance orientée des cheptels Au total, 3836 cheptels ont été surveillés dans ce cadre (analyses sérologiquesoucontrôles visuels). Encadré. Surveillance et police sanitaire de l hypodermose bovine Objectifsdelasurveillance Surveillanceobligatoire > Vérifier le statut «assaini»ou«indemne»des différentesrégions du territoiremétropolitain (correspondantrespectivementàun taux d infestation inférieur à5%ou1%). > Détecter précocement tout foyer d hypodermose. Dispositif volontaire de qualification > Garantir lestatut ducheptel d origine lors de transactions commerciales. Populationsurveillée Bovins domestiquesdans l ensembledelafrancemétropolitaine. Modalités de la surveillance Surveillanceévénementielle Toute lésion cutanée évocatrice d hypodermose bovine doit être déclarée àladdecpp du département oùsetrouvent les animaux porteursdelésions suspectes. Surveillanceactiveobligatoire > Dépistage d un échantillon aléatoire de cheptels: analyse sérologique des sérums ou des laits de mélange dans un échantillon decheptelsdésignéspartirageausort(cepland analysesérologique peutêtrecomplété pardescontrôlesvisuelsaléatoires). > Dépistageorienté descheptelsoudes animauxconsidérés àrisque (lien épidémiologique avec uncheptel infesté, localisation des cheptels dans une zone susceptible deréinfestation, pratiques d élevage,résultats d analyses nonnégatifsobtenuslorsdes plans de contrôle sérologique). Dispositif facultatif Ce dispositif géré par l Acersa, conduit àlaqualification des élevages. Les maîtres d œuvre sont les schémas territoriaux de certification habilités à délivrer aux cheptels de leur zone des appellations «cheptel assaini en varron»ou «cheptel indemne de varron»,qui garantissent le statut du cheptel de provenance lors de transactions commerciales. Peuventyprétendreles cheptels respectivementsituésenzoneassainie ou indemne et répondant au cahier des charges national. Références réglementaires L hypodermose bovine est une maladie réputée contagieuse sous sa forme clinique depuis 2006 et est donc actuellement danger sanitaire de 1 re catégorie. En casde détection d un élevage cliniquement atteint d hypodermose bovine, leoules animaux cliniquement atteints, ainsi que suspects d avoir été infestés, doivent êtretraités. textes réglementaires Arrêté ministériel du 21 janvier 2009 fixant les mesures de prophylaxie collective et de police sanitaire de l hypodermose bovine Décret n 2006-178 (17 février 2006) portant création d une liste de maladies réputées contagieuses et modifiant le code rural Décret n 2012-845 (30 juin 2012) relatif aux dispositions générales organisant la prévention, la surveillance etlalutte contre les dangers sanitairesdepremièreetdeuxième catégorie Cahier des charges CC VAR 01,version C,et avis du 25 novembre 2009 portant homologation ducahier des charges technique enmatière d hypodermosebovine. 30 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Contrôlessérologiques orientés Des analyses sérologiques ont été effectuées dans 3401 cheptels, respectivement sur sang et sur lait dans 1774 et 1627 cheptels. Ces analyses sérologiques ont permis de mettre en évidence cinq cheptels séropositifs, distribués dans deux régions: LeNord Pas decalais (quatre cheptels) et la Franche-Comté (un cheptel). Les contrôles visuels d infestation réalisés sur ces cinq cheptels se sont avérés négatifs.làencore, cescheptels séropositifsn ont pasété enregistrés comme des foyers d hypodermose bovine, mais interprétés comme liés àlapersistance d anticorps résiduels ou comme des résultats faussementpositifs. Contrôlesvisuels orientés Au total, 435 cheptels ont fait l objet d un contrôle visuel.aucun foyer n a été mis en évidence. Maîtrise des introductions et traitements Tout bovin introduit dans une exploitation est soumis à un traitement hypodermicide,sauf dérogations.au total,sur le territoire continental, pour la campagne 2010/2011,531 bovins ont été introduits et non traités, alorsqu ilsauraientdûl être. Les traitements tactiques (cheptels àrisque) ou curatifs (infestation d hypodermose suspectée ouconfirmée) ont concerné un total de 31682 bovins, ce qui est inférieur aux deux précédentes campagnes. Cestraitements onttrèslargementconcernéles zonesfrontalières. bilan sur la mise en place des schémas territoriaux de certification Le plan de lutte national compte au total 21 régionsou zones, dont 6 possèdent des frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l Espagne ou l Italie (soit 14 départements au total). La plupart des départements et certaines régionssont organisées en STC habilités par l Acersa pour la gestion du plan de lutte «hypodermose bovine». Peuvent prétendre àlaqualification «cheptel assaini envarron»ou «cheptel indemne de varron»les cheptels respectivement situés en zone assainie ou en zone indemne et répondant au cahierdes charges national (Cahier des charges CC VAR 01) et qui sont déclarés dans unezonepourlaquelle il existe un STChabilitépourladélivrancedes qualifications vis-à-vis du varron. Àcejour, seuls deux départements n ont pas déposé dedossier de demande d habilitation pour unstc varron. Ils agit dupas-de-calais (62) et du Nord(59) (Figure1). discussion taux d infestation Les résultats obtenus sur la campagne 2010-2011 indiquent que la totalité des zones présente un taux d infestation inférieur à 5%(par contrôle sérologique et/ouvisuel) tout en respectant l exigencesur le niveau des contrôles à effectuer (plus de 80%de l échantillon qui est tiré au sort). Chacune des régions a ainsi obtenu le maintien de son statut «assainie en varron». Compte tenu du très faible niveau de prévalence obtenu ces dernières campagnes (Figure2),toutoupartiedes zonespourraienttravaillerà l obtention de la qualification«zone indemne». La condition première serait de respecter les conditions d échantillonnage plus contraignantes (à titre de comparaison, pour une zone avec 2000 cheptels présents,il faudrait échantillonner au minimum 278 cheptels,contre 59 aujourd hui pour l obtention du statut de «zone assainie»). Compte tenu de la taille d échantillon àprévoir plus importante, cette évolution ne pourrait être envisagée que dans le cadre de regroupements de régions voisines pour une stratification du territoire en zones homogènes d un point de vue population cible et risque d infestation (évolutions non envisagées dans l immédiat,car sans plus valuescommerciales). aspectsfinanciers Les14départements voisinsdel Espagne, de l Italie, delabelgiqueou du Luxembourg ontconsacré 164205 euros àlalutte contre le varron (lesactions menées comprennentles contrôlesorientésdes cheptels, les actions de sensibilisation auprès des éleveurs et les traitements tactiques des animaux). Cette somme a permis de protéger 236223 bovins répartis dans 4214 cheptels. Les dépenses engagées en zone frontalière n évoluent plus depuis 2002. Néanmoins, ramené au cheptel, le coût de la lutte en zone frontalière reste toujours dix fois supérieur à la moyenne nationale. Conclusion Durant la campagne 2010-2011, aucun foyer d hypodermose bovine n a été détecté. De plus, les résultats de la campagne 2010-2011 permettent demaintenir le statut «assaini» de l ensemble des régions concernées, puisque pour cette campagne, comme la précédente, l hypodermose peut être considérée comme absente au seuil deprévalence de 5%.Cette situation favorable sur le plan épidémiologique repose sur la maîtrise de points essentiels permettant d empêcher touteré-infestation. 120 100 80 60 40 20 Départements non habilités varron STC Régional varron STC départemental varron 0 2001-2002 2002-2003 2003-2004 2004-2005 2005-2006 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010 2010-2011 Figure 1. Schémas territoriaux de certification habilités Figure2. Évolution du nombre de foyers d hypodermose bovine depuis 2002 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 31
Le premier point est la surveillance des zones à risques, principalement les zones frontalières avec l Espagne, l Italie, le Luxembourg et la Belgique. À ce titre, le soutien financier dans ces zones frontalières reste indispensablepouraider leséleveursexposés et maintenir le bouclier sanitaire que forment ces 14 départements.le deuxième point capital est la surveillance des introductions (une vigilance particulière doit être portée aux animaux introduits de pays étrangers non indemnes). Enfin, la maîtrise de cette situation épidémiologique favorable passe également par l optimisation des contrôles orientés, la réalisation de ces contrôles représentant un point essentiel pour la mise en évidence de foyers. remerciements Nous remercions l ensemble des laboratoires agréés pour le diagnostic de l hypodermose sur sérum ou sur lait et l ensemble des GDS, maîtres d œuvre de la prophylaxie de l hypodermose et coordonnateurs des schémas territoriaux de certification, sans lesquels nous ne pourrions avoir les données présentées dans cet article. références bibliographiques Mémeteau, S., Bronner, A., Erimund S., 2011.Bilan de la surveillance de l hypodermosebovineen2010:détectiondedeuxfoyers en lien avec des pays frontaliers.bull. Epid.Santé Anim.Alim. 46,21-23. Bilan de la surveillance et de la vaccinationcontre la fièvre catarrhaleovine en France continentale en 2011 : vers l éradicationdelamaladie Jérôme Languille (1)(jerome.languille@agriculture.gouv.fr), Corinne Sailleau (2), Emmanuel Bréard (2), Alexandra Desprat (2), Cyril Viarouge (2), Stéphan Zientara (2) (1) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (2)Anses, Laboratoire desantéanimaledemaisons-alfort,france Résumé La fièvre catarrhale ovine (FCO) s est implantée en France continentale àpartir de la fin del année 2006. Réglementairement, le territoire est considéré dans son ensemble comme une zone unique de protection vis-à-vis des deux sérotypes endémiques 1 et 8.L absence de mise en évidence de toutecirculation viraledepuisjuin2010laisse entrevoirunprobablerecouvrementdustatut indemne de FCO pour l année 2013. Conformément aux règles communautaires, des dispositifs de surveillance active virologique et entomologique ont été mis en œuvre en 2011 afin de compléter la surveillance événementielle clinique mise enœuvre par les acteurs professionnels. Par ailleurs, depuis lafin de l année 2010, les campagnes de vaccination àcaractère volontaire ont pris lerelais des campagnes vaccinales obligatoires financées par l État qui avaient largement participé àlamaîtrise clinique dela maladie. Mots clés Maladieréglementée, fièvre catarrhaleovine,surveillance, foyers, vaccination,ruminants Abstract Review of surveillance and vaccination against bluetongue in mainland France in 2011:aiming for eradicationofthe disease Bluetongue became established in mainland France from theend of 2006.Fromaregulatorypoint of view,the entire territory is regarded as asingleprotectionzonewithrespect to thetwo endemic serotypes, 1and 8. Theabsence of any demonstrated viral circulation since June 2010 suggests that France can hope to regain its bluetongue-free status for 2013. In accordance with EUregulations, active virological and entomological surveillance schemes were implemented in 2011 to supplement the clinical outbreak surveillance established by professional stakeholders. In addition, since the end of 2010, voluntary vaccination campaignshave takenoverfrom themandatoryvaccination campaigns funded by the State, which had largely contributed to the clinical control of the disease. Keywords Registered disease, Bluetongue, Surveillance, Outbreaks, Vaccination, Ruminants Surveillance évènementielle La surveillance clinique consiste en l obligation faite àtout détenteur d animaux d espèces sensibles et à tout vétérinaire sanitaire de déclarer aux autorités administratives tout signe clinique évocateur de FCO (Encadré).Cette déclaration est suivie de la misesous surveillancede l exploitation concernée et d un protocole de diagnostic harmonisé au niveau national. En 2011,des investigations concernant des suspicions cliniques de plausibilité clinique faible ou modérée ont été conduites dans 70 départements (926 analyses virologiques effectuées) (Figure 1).Cette répartition témoigne de la sensibilité du réseau de surveillance et du maintien de la vigilance des professionnels, éleveurs et vétérinaires. Par ailleurs, 11 suspicions cliniques avec une plausibilité clinique élevée ontété notifiéespar lesdirections départementalesencharge de la protection des populations (DDecPP) à la Direction générale de l alimentation (DGAL). Les analyses virologiques réalisées ont permis d exclure la FCO dans tous les cas.aucun casclinique n a donc été mis en évidence en 2011. Surveillance active du territoire Conformément aux exigences du règlement CE/1266/2007, l objectif pour l année 2011 était la détection d une circulation virale avec une prévalence de2%des animaux etundegré de certitude de95%. 32 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Pour cela, 150 prélèvements étaient programmés mensuellement dans chaquedépartement. Entre le 1 er janvier et le 31décembre 2011, 119384 analyses virologiques par RT-PCR ont été réalisées par des laboratoires agréés et enregistrées dans la base de données SIGAL. Ce nombre d analyse correspond àuntaux deréalisation des prélèvements sur l année de76,25%(figures 2 et 3). Pour toute analyse RT-PCR non négative, une interprétation est effectuée en fonction de la valeur du cycle seuil (Ct): si le Ct est supérieur à 35, le cas de FCO est exclu et si le Ct est inférieur à 35 des investigations complémentaires sont nécessaires. En 2011,1102 analyses se sont révélées non négatives (soit 0.92 %), la grande majorité avec un Ct compris entre 35 et 40. Tout résultat de RT-PCR non négatif (CT<à 35) a fait l objet d investigations par le Laboratoire national de référence de l Anses (laboratoire de santé animale de Maisons-Alfort) par mise en culture pour isolement viral (sur œufs embryonnés etsur lignée de cellules de Culicoides (cellule KC)) etrecontrôle systématique des animaux à J+15. Toutes les investigations se sont révélées infructueuses (aucun isolementviral,recontrôles parrt-pcrnégatifsàj+15). Bilandelasurveillance de la circulationvirale Pour l année 2011,aucun foyer de FCO et aucune circulation virale n ont été détectés sur le territoire continental par les dispositifs de surveillance événementielle clinique etdesurveillance active. Le dernier foyer de FCO à BTV8 a donc été identifié en décembre 2009 et le dernier foyer de FCO à BTV1 remonte à juin 2010 (Figure 4). Figure 1. Distribution des départements ayant conduit des investigations dans le cadre de suspicion de FCO en France en 2011(bleu:départements avec investigations; rose:départementavecsuspiciondeplausibilitéélevée) Moins de 25 % De 25 à50% De 50 à80% Supérieur à80% Figure 3. Distribution du taux de réalisation des prélèvements de surveillance active de la FCO au cours du second semestre 2011 30 000 25 000 27 510 Sérotype 8 Sérotype 1 Nombredefoyers 20 000 15 000 15 257 10 000 5000 4932 0 6 0 3 77 2006 2007 2008 2009 9 0 1 2010 0 0 2011 Moins de 25 % De 25 à50% De 50 à80% Supérieur à80% Dates de confirmation du premier foyer Sérotype 8:30/08/2006 (Ardennes) Sérotype 1:11/11/2007 (Pyrénées-Atlantiques) Figure 2. Distribution du taux de réalisation des prélèvements de surveillance active de la FCO au cours du premier semestre 2011 Figure 4. Évolution du nombre de foyers de FCO entre 2006 et 2011 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 33
Campagne de vaccination2011 Comme suite aux États généraux du sanitaire organisés par le ministre en charge de l agriculture en 2010, des propositions ont été émises pour rendre plus performante la politique de sécurité sanitaire française en matière de santé animale et pour mieux prendre en compte l évolution descompétences deséleveurs. En matière de lutte contre la FCO, ces réflexions se sont concrétisées par la transition d une vaccination obligatoire à une vaccination à caractère volontaire pouvant être effectuée par l éleveur sur les animaux de son propretroupeau.cette nouvellestratégieaété confirméepar l arrêté du 22 juillet 2011 fixant les mesures de police sanitaire de la fièvre catarrhaleovine. Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedelafièvrecatarrhale ovine(fco) Objectifsdelasurveillance Détecter toute reprise de la circulation virale des sérotypes endémiques. Identifier touteintroductiond unsérotypeexotique. Recouvrement dustatut officiellement indemne de FCO pour le territoire continental. Populationsurveillée RuminantsdomestiquesenFrancemétropolitaine. Modalités de la surveillance Surveillanceévénementielle(clinique) Déclaration de toutesuspicionàladdecpp: > réalisationdeprélèvementssanguins (EDTA) envued undépistage virologique parunlda agréé; >misesousapmsdel exploitation. Surveillanceprogrammée Sur le territoire continental Surveillance programmée fondée uniquement sur des examens virologiques en RT-PCR. Analyses depremière intention effectuées parles LDAagréés. Objectif du plan d échantillonnage :détection d une circulation virale avec une prévalence limite 2%avec un degré decertitude de 95 %(règlement CE/1266/2007) soit 150 prélèvements réalisés mensuellement dans chaque département (à l exception des départements urbains),préférentiellement sur des bovins non vaccinés. Pour toute suspicion (RT-PCR positive avec Ct<à35) : placement de l exploitation d origine del animal sous APMS etinvestigations complémentaires par le LNR (mise en culture, analyses virologiques àj+15). En Corse Protocole de surveillance spécifique. Dispositif basé sur la réalisation de prélèvements en abattoir sur l ensemble des veaux âgés de 6 à 12 mois,en vue de la réalisation d analyses sérologiques. Pour toute analyse positive: envoi aulnr sérologie (Cirad) pour la réalisation d une séroneutralisation afin d identifier le sérotype impliqué et envoi au LNR virologie (Laboratoire de santé animale de l Anses-Maisons-Alfort)pour la réalisation d une RT-PCR avec typage. Police sanitaire 1- Confirmation de foyer de FCO dû à un sérotype viral exotique: mise en œuvre des dispositions du plan national d intervention sanitaire d urgence sous l autorité du préfet(zonage du territoire notamment). 2- Confirmation de l infection d un cheptel par un sérotype endémique: exploitation concernée placée sous APDI.Vérification du statut vaccinal des animaux,le cas échéant vaccination par le vétérinaire sanitaire de tous lesanimaux dontlavaccination n est plus valide. Aucune mesure d euthanasie ou d abattage mise en œuvre. références réglementaires Article D.223-21 ducode rural fixant la liste des maladies réputées contagieuses en France et notamment la fièvre catarrhale du mouton Arrêté ministériel du 22 juillet 2011 fixant les mesures techniques relatives à la fièvre catarrhale du mouton Arrêté ministériel du 22 juillet 2011 définissant les zones réglementées relatives à la fièvre catarrhale du mouton Selon lesdonnées communiquées parles laboratoiresproducteursde vaccin et considérant les ventes en centrales d achat de médicaments vétérinaires, le taux de vaccination aété estimé pour lacampagne hivernale 2010/2011 à25à30%des animaux. Cette couverture vaccinale en baisse constitue évidemment unfacteur de risque de résurgence des sérotypes endémiques sur le territoire. aspects financiers En 2011,l État a consacré environ 4,2 millions d Euros aux programmes de surveillance sentinelle etentomologique. Il convient de noter qu aucun financement delacampagne de vaccination n a plus été assuréen2011. Perspectives L évaluation du dispositif de surveillance active delafco aété confiée àlaplateforme nationale de surveillance épidémiologique en santé animale. L objectif est de mettre en place des indicateurs de fonctionnementqui permettent de suivre en continulaperformance du dispositif de surveillance de la FCO.L examen des taux de réalisation des prélèvements dans chaque département constitue lapremière étape de cette évaluation. Par ailleurs, l amélioration de la situation épidémiologique enfrance devrait permettre d accéder au statut indemne de FCO pour le territoire continental, tel que l ont obtenu plusieurs États d Europe du nord en début d année 2012 (Allemagne, Belgique, Luxembourg et Pays-Bas). Selon les termes du Règlement CE/1266/2007 modifié en mai 2012, pour prétendre aurecouvrement dustatut indemne, «les États membres doivent démontrer l absence de circulation du virus de la fièvre catarrhale ovine pendant une période d au moins deux ans incluant deux saisonsd activité des vecteurs». Le dernier cas français de FCO recensé datant de juin 2010, en cours de période d activité vectorielle, la demande française ne pourra donc être présentée à la Commission européenne qu après la fin d activité des Culicoides en 2012, soit en décembre2012 ou janvier 2013. Dans un second temps, la France pourra se déclarer indemne de FCO auprès de l OIE en justifiant du respect des modalités de surveillance préconisées par lacommission européenne et dans l hypothèse du maintien de l absence de circulation virale sur le territoire. Encadré. Contexte corse Epidémiologie Apparition de la FCOen2000:sérotype2 Acmé en 2001 :326 foyers de sérotype 2 confirmés Zone réglementée vis-à-vis des sérotypes 1, 2, 4, 8 et 16 Absencedefoyerdepuismars2005 Dispositif de surveillance active Surveillancesérologique Prélèvements sur veaux en abattoir (bovins non vaccinés) 3000 analyses annuelles Séroneutralisationsau LNR Cirad RT-PCR au LNR Anses(sur animaux présentant une sérologie positive) Mesures de lutte Campagne vaccinale facultative: ovins (sérotypes 1, 2, 4et8), bovins (sérotypes 1et8) Résultats de la surveillance Absencedemanifestations cliniques Maintien d une circulation virale très faible, pouvant incriminer lessérotypes 1, 4et/ou 8. Absence devaccination compte tenu de problèmes dedisponibilité du vaccinbivalent2/4 34 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Vecteurs du virusdelafièvre catarrhaleovine: suivi despopulations de culicoides en 2011 en France Thomas Balenghien(1) (thomas.balenghien@cirad.fr), Jean-ClaudeDelécolle (2), Marie-LaureSetier-Rio(3),IgnaceRakotoarivony(1), Xavier Allène (1), Roger Venail(3), Delphine Delécolle (2), Jonathan Lhoir (1), Bruno Mathieu(2), David Chavernac (1), Laëtitia Gardès (1), Jérôme Languille (4), Thierry Baldet(1), Claire Garros(1) (1) Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, UMR Contrôledes maladies, Montpellier, France (2)Institut de parasitologie et de pathologie tropicale de Strasbourg,France (3)Entente interdépartementale de démoustication méditerranée,montpellier,france (4) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France Résumé Suite àl émergence delafièvre catarrhale ovine (FCO) en Europe, larèglementation européenne aimposé lamise en place de dispositifs desuivi des vecteurs. En France, le suivi despopulations de Culicoides adémarré en 2001 et concerne depuis 2009 l ensemble du territoire métropolitain (160 pièges). Près de deux millions de Culicoides, appartenant àaumoins 72 espèces, ontété collectésen2011. En effet, l année 2011 aconnu un automne aux températures particulièrement clémentes, entraînant des abondances exceptionnelles deces insectes enoctobre etnovembre. En France, dans la zone tempérée proprement dite, le complexe Obsoletus domine largement, associé à Culicoidesdewulfi et Culicoideschiopterus sur le littoral de la Manche, associé pratiquement qu uniquement à C. chiopterus dans le nord-est, etglobalement seul dans les autres zones sauf localement. EnCorse, lecomplexe Obsoletus peut devenir secondaire par rapport à Culicoides imicola,qui présente des populations très importantes, en particulierdans le sud. Enfin, sur le littoral méditerranéen, c est Culicoides newsteadi qui est l espèce dominante. L organisation du dispositif de piégeage pourrait être modifiée en fonction de l évolution récente de la réglementation européenne, qui simplifie les exigences minimales en matière de suivi et de surveillance de la FCO. Mots clés Fièvre catarrhale ovine, surveillance, Culicoides, diversité, dynamiquedepopulation,france Abstract Vectors ofbluetongue virus: follow-up ofculicoides populations in 2011 in France After bluetongue (BT) emergence in Europe, European regulationsimposetheimplementationofvectorsurveillance. InFrance,the follow-up of Culicoides populationsstartedin 2001 and hascovered thewhole metropolitanterritory(160 traps) since2009. In 2011, about two millions of Culicoides, belongingtoatleast72species,werecollected.indeed,the autumn 2011 showed particularly mild temperatures leading to exceptional abundances inoctober and November. In France,inthepropertemperatearea,theObsoletuscomplex is largelydominant, associatedwith Culicoides dewulfi and Culicoides chiopterusinthecoastofthechannel,associated almostsolelywith C. chiopterus in north-east, and globally aloneinthe rest of this zone except locally. In Corsica, the Obsoletuscomplexmaybesecondaryto Culicoides imicola, which presents very important populations especially in thesouth.finally,inthe Mediterranean littoral, Culicoides newsteadi is dominant. The organisation of the trapping network could be changed due to recentmodifications of EU regulation,which simplify theminimum requirementsfor monitoring and surveillanceof bluetongue. Keywords Bluetongue, Surveillance, Culicoides, Diversity, Population Dynamics, France Contexte La fièvre catarrhale ovine (FCO) est une maladie virale touchant les ruminants domestiques et sauvages. Elle est causée par un Orbivirus (Reoviridae) transmis par certaines espèces du genre Culicoides (moucherons hématophages). La maladie a été présente en France pendant deux périodes distinctes. Entre octobre 2000 et juin 2005, plusieurs centaines de foyers (principalement en 2001) ont été recensés en Corse. La principale espèce vectrice y a été vraisemblablement Culicoides imicola, son principal vecteur en Afrique et en Asie (Mellor et al., 2009). Entre 2006 et 2010, des dizaines de milliers defoyers de FCO (principalement en2007 et 2008) ont été recensés enfrance continentale. Les principales espèces suspectées vectrices appartiennent ausous-genre Avaritia comme C. imicola. Ils agit des espèces du complexe Obsoletus (1), de Culicoidesdewulfiet de Culicoideschiopterus.En effet,des fragments d ARN viraux ont été retrouvés chez C. obsoletus, C. dewulfi et C. chiopterus dans différents pays européens,et les espèces du complexe Obsoletus sont capables de s infecter avec le virus Culicoides scoticus développant des titres viraux plus élevés que Culicoides obsoletus (Mellor et al., 2009; Venail et al., 2012). D autre part, des fragments d ARN viraux ont été identifiés en Belgique chez Culicoides pulicaris, espèce du sous-genre Culicoides (Mellor et al., 2009). Le suivi des populations de Culicoides en France adébuté dès 2001 et a évolué en fonction de la distribution de la FCO. D abord ciblant C. imicola, leréseau depiégeage concernait lacorse et le littoral méditerranéen, puis il a été étendu à différentes zones du territoire continental de 2006 à 2008, puis à l ensemble du territoire métropolitain en 2009 (Venail et al., 2012). dispositif de surveillance La mise en œuvre du suivi des populations de Culicoides est fixée par la directive 2000/75/CE et le règlement n 1266/2007 modifié le 30 mai 2012 par lerèglement d exécution n 456/2012. Réglementairement, ce suivi apour but principal dedéterminer la période d inactivité des populations de Culicoides,pendant laquelle les mesures de restriction des mouvements d animaux sont allégées. De plus, cesuivi permet d améliorer laconnaissance des mécanismes delatransmission en inventoriant les espèces de Culicoides et en établissant leur répartition et leurs dynamiques de population. Depuis 2001, lecentre decoopération internationale enrecherche agronomique pour le développement (Cirad) aété mandaté par la Direction générale de l alimentation (DGAL) du ministère chargé de l agriculturepour coordonner le réseau de surveillanceenpartenariat avec l Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen (EID-Med) et l Institut de parasitologie et de (1) Lecomplexe Obsoletus regroupe principalement deux espèces, Culicoides obsoletus etculicoides scoticus, dont les femelles ne sont pas distinguables sans risque d erreur. Aussi, dans le cadre delasurveillance, les femelles deces espèces ne sont pas séparées. Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 35
pathologie tropicale destrasbourg (IPPTS). Actuellement, le réseau couvre l ensemble duterritoire métropolitain grâce àenviron 160 pièges(un à deux par département placés à l extérieur ou à l intérieur des bâtiments d élevage près du lieu de vie nocturne des animaux). Les piégeages sont réalisés une fois par semaine au printemps et à l automne et unefois parmois le restedel année.les piégeagessont réalisés sous la responsabilité des directions départementales en charge de la protection des populations (DDecPP). Les échantillons récoltés sont envoyés vers trois centres de tri (Cirad, EID-Med et IPPTS) pour identification.les résultats sont centralisés dans une base de données renseignée en ligne et sont disponibles pour les acteurs du réseau via le site Ocapi(http://ocapi.cirad.fr).De plus, une cartographie interactive permet d avoir en temps réel une présentation conviviale des résultats de la surveillance, avec la possibilité d éditer automatiquement des synthèses sur une zone géographique choisie par l utilisateur (http://geocapi.cirad.fr/index.php?gc_user =1). Enfin, lecirad publie une lettre d information électronique tous les trois mois (http:// bluetongue.cirad.fr). résultats du suivi2011 al échelle de la france En 2011,3670 collectes ont été réalisées(et déjà identifiées au moment de la rédaction de cet article),soit 88 %des piégeages théoriquement attendus.au total,1968610 Culicoides ont été capturés, appartenant à au moins 72 espèces (contre 67 espèces en 2010) (Balenghien et al., 2011). Le réseau de piégeage apermis de mettre en évidence une nouvelle espèce pour la faune française: Culicoides ibericus, qui appartient ausous-genre Pontoculicoides. Une clé d identification morphologique multi-entrées regroupant toutes les espèces recensées en France a été développée et est maintenant disponible sur le site IIKC (http://www.iikculicoides.net/)(mathieu et al., 2012). L année 2011 a été marquée par une reprise précoce de l activité des populations de Culicoides (Figure 1).En effet, le seuil réglementaire de cinq femelles pares (2) par piège et par nuit aété dépassé dès la deuxième semaine dejanvier dans l extrême sud-ouest du territoire continental. Ainsilareprisedel activitédes populations de Culicoides aété officiellementdéclaréele17janvier (contrele11marsen2009 et le 25 mars en 2010). Cette activité est confirmée en février (S7 et S8) dans le sud-ouest et sur le littoral méditerranéen (Figure1).Au printemps, les populationsde Culicoides ont présenté des abondances médianes bien plus élevées qu en 2009 ou 2010 (Figure 2)avec en mars 16,5 contre deux en 2009 et trois en 2010 et en avril608 contre 175 et 207. Par ailleurs, la France a connu en 2011 des températures automnales particulièrement douces. En effet, les températures moyennes de l automne 2011 ont été au moins égales aux normales saisonnières et jusqu à 4 C supérieures en octobre et décembre, et jusqu à 10 Cennovembre (Figure2).Ces températures clémentes ont permis aux populationsde Culicoides de semaintenir,au cours de l automne, à des abondances très élevées équivalentes à ce que l on observehabituellementpendant l été (Figure 2).Ainsi lesabondances médianes (maximales) observées enoctobre étaient de728 (90207) en 2011 contre 100 (5342) en 2009 et 243 (10312) en 2010 et en novembre de136 (25830) en2011 contre 26(1525) en2009 et38 (5 932) en 2010. L activité des populations s est maintenue pendant l ensemble du mois de décembre sur la façade atlantique (Figure 1),ce qui a conduit la France à ne pas déclarer de fin de période d activité en 2011 des piégeages en janvier 2012 mettront en évidence une activité continue des populations (au sens réglementaire de plus de cinq femelles pares par piège et par nuit) jusqu aux grands froids de février 2012. Parzonegéographique La présentation synthétique des données issues de ce réseau de piégeage est difficile à cause de la diversité importante des Culicoides capturés et de la variété des zones éco-climatiques représentées, àlaquelle s ajoute la variabilité stationnelle. Une analyse de la structure spatiale et temporelle des communautés deculicoides permet néanmoins dedégager de grandes zones géographiques à l intérieur desquelles la diversité et la dynamique des populationssont relativementhomogènes(renault, 2012). Il convient d abord de distinguer la zone tempérée proprement dite, sous dominance declimats océanique, continental oumontagnard (induits par le gradient thermique latitudinal, la distance àlamer et l altitude) et la zone tempérée chaude sous dominance du climat méditerranéen. Lazone tempérée proprement dite est marquée par la dominance ducomplexe Obsoletus qui représente en moyenne 75 %des Culicoides capturés (de 10%à quasiment 100 %selon les sites). À l intérieur de cette vaste zone, on peut distinguer le littoral de la Manche,lazonenord-est, le centre, le grand-ouest et le sud-est (Figure3). Le littoral de la Manche (30 sites) est caractérisé par la dominance du complexe Obsoletus (en moyenne 57 %des individus capturés, jusqu à 93%), associé à C. dewulfi (29 %,jusqu à 77 %) et à C. chiopterus (9 %, jusqu à 32%)(Figure3).Àl intérieur de cette zone très homogène, certaines autres espèces peuvent être localement abondantes: Culicoides punctatus (12%versus 1%)ouCulicoides poperinghensis (12%versus moins de 1%). Cette zone présente des abondances de Culicoides importantes (Figure 4),proches de, ou supérieures, àlamédiane des captures de Culicoides sur l ensemble de la France. Les dynamiques de population des espèces du complexe Obsoletus, dec. dewulfi et de C. chiopterus sont très semblables avec une augmentation des populations en mars et avril, une stagnation en mai et juin, puis une ré-augmentation les mois d été. Après une diminution en septembre, les abondances de ces espèces dépassent en octobre celles de l été, puis diminuent progressivement ennovembre et décembre (Figure 4). La zone nord-est (51sites)sedistingue de la précédente parune plus forte dominance du complexe Obsoletus(en moyenne 82 %et jusqu à 99 %), associée àunrecul de C. chiopterus (7 %, jusqu à 46%), et une diminution de l importance dec. dewulfi (4 %, jusqu à 17%) (Figure3).D autresespèces peuventêtresecondairementabondantes selon les sites: C. pulicaris (jusqu à 19 %, mais 2%enmoyenne), Culicoides circumscriptus (10%versus proche de 0%en moyenne) et C. punctatus (9 % versus 1%). Cettezoneprésente desabondances importantes, avec une dynamique de populations qui semble démarrer plus tardivement auprintemps ets arrêter plus précocement à l automne que la dynamique nationale, à cause de la dominance du climat continental (Figure 4). Le grand-ouest (40 sites) sedistingue de la moitié nord du pays par une dominance du complexe Obsoletus (en moyenne 78 %et jusqu à 99%), associée à une raréfaction des espèces C. dewulfi (2 %, jusqu à 14%)etC. chiopterus (1 %, jusqu à 11%)(Figure3).Dans ce grand-ouest, les départements de la Vendée et de la Charente- Maritime présentent une diversité particulière, avec des abondances fortes (jusqu à devenir l espèce dominante) d espèces habituellement rares: Culicoides cataneii/gejgelensis (jusqu à 57 % versus 2,5% en moyenne dans la zone), Culicoides santonicus (jusqu à 26 % versus 1%), Culicoides puncticollis (jusqu à 23 % versus 1%) ou Culicoides achrayi (20 %versus 1%). Par ailleurs, le sud dubassin parisien présente des abondances importantes de Culicoides brunnicans et C. punctatus qui peuvent y représenter jusqu à 28 %et 24%(contre 2% et 4% en moyenne dans la zone). Le complexe Obsoletus présente, dans le sud-ouest, une dynamique de population équivalente à celle de ce complexe dans la moitié nord delafrance, avec cependant une présence non négligeable enjanvier ou février, des abondances supérieures en mars, et des abondances maximales très importantes leclimat de cette zone étant particulièrement doux ethumide. Les espèces C. cataneii/gejgelensis, C. santonicus et C. brunnicans ysont abondantes particulièrementauprintemps (Figure4). (2) Femelleayant déjà pondu au moins une fois, donc s étant apriori déjà gorgée au moins une fois,etdonc étant potentiellement infectée. 36 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Figure 1. Carte d activité des populations de Culicoides en France Les statuts des départements sont : i) aucune femelle pare(vert), ii) entre une et quatre femelles pares par piège et par nuit(orange), iii) au moins cinq femelles pares par piège et par nuit(rouge) et iv) pas de donnée disponible (blanc) Figure 2. Lien entre dynamique des populations de Culicoides en France et paramètres météorologiques A) Boxplots des abondances mensuelles maximales des femelles Culicoides observées par site, quelle que soit l espèce, en 2009, 2010 et 2011.B)Écarts à la normale de la température moyenne mensuelle enregistrée par Météo-France en novembre 2011 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 37
Figure 3. Diversité des Culicoides en France en 2011 Pour chaque site,est calculée la proportion que représente chacun des ensembles d espèces dans le cumul total de l abondance des femelles Culicoides en 2011.Puisles boxplots de cette proportion sont dessinées par zone géographique;l étoile représentant la moyenne. Les espèces regroupées dans les ensembles sont C. imicola (Imicola);C.obsoletus et C.scoticus (Obsoletus) ; C. dewulfi (Dewulfi); C. chiopterus (Chiopterus) ; C. pulicaris, C. lupicaris et C. flavipulicaris (Pulicaris) ; C. punctatus et C. newsteadi (Punctatus) ; C. nubeculosus, C. punctipollis et C. riethi (Nubeculosus); C. achrayi, C. fascipennis, C. pallidicornis, C. picturatus et C. subfasciipennis (Achrayi); C. circumscriptus, C. salinarius et C. sphagnumensis (Circumscriptus) ; C. fagineus et C. subfagineus (Fagineus); C. festivipennis,c. clastrieri,c. paloae et C. shaklawensis (Festivipennis), toutes les autres espèces (Autre espèce) et les individus non identifiables (Culicoides sp.).nb:les ensembles n ont pas de signification taxonomique 38 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Figure 4. Dynamique des Culicoides en France en 2011 Boxplots des abondances mensuelles des femelles Culicoides de certaines espèces observées par site pour les différentes zones géographiques.seules les captures positives sont prises en compte.à titre de comparaison,est tracée la médiane des captures totales des femelles Culicoides en France en 2011(ligne grises et étoiles) Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 39
Les zones centre (17 sites) et sud-est (14 sites) sont caractérisées par une prédominance ducomplexe Obsoletus (en moyenne 73% et 77 %). Contrairement àlazone centre, cette prédominance est contestée dans la région sud-est par C. pulicaris et par le complexe Culicoides sejfadinei/tauricus, qui peuvent yreprésenter jusqu à 25 %et 33%(5 %et 4%en moyenne) sur certains sites (Figure 3). La dynamique depopulation du complexe Obsoletus dans la région centre est globalement unimodale et centrée sur juin et juillet,pendant lesquels les abondances peuvent être très importantes, avec une présence de Culicoides rare pendant les mois d hiver.ceci s explique par la dominance d un climat montagnard sur cette zone. La dynamique de population du complexe Obsoletus est,dans le sud-est, équivalente à celle observée dans le reste du pays, mais avec des abondances plus faibles. En revanche, C. pulicaris se distingue du complexe Obsoletus par des abondances faibles en octobre (Figure 4). La zone méditerranéenne est caractérisée principalement par la disparition delaprédominance ducomplexe Obsoletus. En Corse (quatre sites), c est C. imicola, qui partage ladominance avec le complexe Obsoletus, associé à des abondances fortes de Culicoides newsteadi plutôt dans le sudetdec.pulicaris plutôt dans le nord de l île (Figure 3) (3).Sur le littoral méditerranéen (10sites), c est C. newsteadi qui est l espèce largement dominante, représentant en moyenne 50 %, et pouvant atteindre 99 %des individus, contre 23 %enmoyenne pour le complexe Obsoletus.Une autre espèce, C.circumscriptus,peut être localement abondante(figure 3).Sur le littoral méditerranéen,les abondances restent souvent faibles.la dynamique de C.newsteadi suit globalement ladynamique médiane des Culicoides en France, avec cependant une augmentation printanière des abondances plus lente (Figure 4). analyseetorientation du dispositif En 2011,le réseau a parfaitement fonctionné grâce notamment à l implication des agents des DDecPP, qui ont eu la responsabilité de la mise en œuvre des piégeages. L année 2011 a vu la découverte en Europe d un nouveau virus, le virus Schmallenberg, transmis aux ruminants domestiques vraisemblablement par des Culicoides. Le dispositif en place va permettre d analyser a posteriori les Culicoides collectés dans les zones de transmission de ce virus dans le but de mettre en évidence la ou les espèce(s) probablement vectrice(s). En mai 2012, le Centre national d expertise sur les vecteurs (CNEV) a rendu public son rapport «Surveillance et contrôle des Culicoides vecteurs de fièvre catarrhale du mouton en France métropolitaine: analyseducadreactueldegestionetpropositions d amélioration» (4). Le rapport souligne que le réseau est en parfaitement adéquation avec les attentes communautaires, remplissant ses missions réglementaires, mais qu il a aussi permis d améliorer les connaissances sur la diversité, la distribution et la dynamique des populations de Culicoides en France. Par ailleurs, le rapport propose des évolutions dans l organisation du réseau de piégeage en fonction de possibles choix politiques de privilégier un ou plusieurs objectifs de ce réseau.ceci dans un contexte d évolution réglementaire, où la législation actuelle a simplifié «les exigences minimales harmonisées en matière de suivi et de surveillance [de la FCO] ( ) afin de permettre aux États membres de bénéficier d une plus grande flexibilité dans la conception de leurs programmes de suivi et de surveillance nationaux»(règlement d exécution (UE) n 456/2012 du 30 mai 2012). remerciements Nous tenons à remercier chaleureusement l ensemble des personnes (agents des DDecPP, des GDS, de l EID-Med et les éleveurs) qui assurent la réalisation des piégeages, et sans qui ce réseau ne pourrait fonctionner. références Balenghien, T., Delécolle, J.-C., Setier-Rio, M.L., Rakotoarivony, I., Allene, X.,Venail,R., Delécolle, D.,Lhoir,J., Gardès, L.,Chavernac,D., Mathieu, B., Languille, J., Baldet, T., Garros, C., 2011, Fièvre catarrhale ovine: bilan de la surveillanceentomologiqueen2010enfrance. Bull.Epid.Santé Anim. Alim.46, 26-31. Mathieu, B., Cêtre-Sossah, C., Garros, C., Chavernac, D., Balenghien, T., Carpenter, S., Setier-Rio, M.L., Vignes-Lebbe, R., Ung, V., Candolfi, E., Delécolle, J.-C., 2012, Development and validation ofiikc: an interactive identification keyfor Culicoides (Diptera:Ceratopogonidae)females from the Western Palaearctic region Parasit. Vectors 5, 137. Mellor, P.S., Baylis, M., Mertens, P.P.C., 2009, Bluetongue. Elsevier, UK, London, 484p. Renault, F. 2012. Description delatypologie spatio-temporelle des Culicoides en France métropolitaine (Montpellier, Master écologiebiodiversité, Univ.MontpellierII),p.22. Venail, R., Balenghien, T., Guis, H., Tran, A., Setier-Rio, M.L., Delécolle, J.-C., Mathieu, B., Cêtre-Sossah, C., Martinez, D., Languille, J., Baldet, T., Garros,C., 2012,Assessing diversityandabundanceofvectorpopulations at anational scale: example ofculicoides surveillance in France after bluetongue virus emergence, In: Mehlhorn, H. (Ed.) Arthropods as vectors of emerging diseases. Springer, Heigelberg, pp. 77-102. (3)L ensembledes captures réalisées en Corse n a pas encore puêtretriéetidentifié, ce qui rendl image de la diversitéen2011peu précise. (4) http://www.cnev.fr/images/pdf/notes_et_avis/cnev%20rapport %20culicoides %20mai%202012.pdf. 40 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Brucelloseporcine en France en 2011 : sept foyers dont deux en race locale ClaraMarcé (1)(clara.marce@agriculture.gouv.fr), BrunoGarin-Bastuji (2) (1) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (2)Anses, Laboratoire desantéanimaledemaisons-alfort,france Résumé Comme en2009 et2010, la surveillance delabrucellose porcine areposé principalement sur une surveillance événementielle. Alors que les foyers découverts en 2010 avaient révélé pour la première fois depuis 1993 que les élevages de races locales pouvaient également être concernés par la brucellose, au même titre que les autres élevages porcins deplein air, cette tendance seconfirme en 2011 avec sept foyers portant àlafois sur des porcs de raceslocales et de race industrielle.aucun foyern a été détecté enélevage hors-sol. Cette année est également marquéepar la survenuededeuxfoyersdans desélevages qui avaient déjà été précédemment touchés par la brucellose porcinedans lesannéesantérieures. Mots clés Maladie réglementée, brucellose porcine, épidémiosurveillance, suidés Abstract Porcine brucellosis in France in2011: Seven outbreaks including two in local breeds As in 2009 and 2010,surveillanceof porcine brucellosis was basedprimarilyonoutbreaksurveillance.whiletheoutbreaks discovered in2010 had shownforthefirsttimesince1993that holdings of local breeds could also be affected by brucellosis, inthesamewayasotheroutdoorholdings,thistrendcontinued in 2011 with seven outbreaks affecting pigs from both local andindustrialbreeds. Nooutbreaksweredetectedinintensive farming. Theyear wasalsomarkedbythe occurrenceoftwo outbreaks in farms that had already been affected by porcine brucellosis in previous years. Keywords Regulated disease, Porcine brucellosis, Epidemiological surveillance,swine Cet article a pour objet de présenter les résultats issus de la surveillance de la brucellose porcine en 2011 (voir Encadré pour les modalités). résultats En 2011,sept foyers de brucellose porcine,tous en élevage de plein air, ont été déclarés dans six départements (deux foyers en Haute-Vienne, 1 foyer dans la Creuse,le Morbihan, le Cher,l Isère et les Deux-Sèvres, Figure 1). Pour les sept foyers,la confirmation s est faite par isolement et identification de Brucella suis biovar 2 par le LNR. La découverte de cesfoyers est consécutive à dix suspicions:quatre sur signescliniques (avortements/infertilité),quatresuite àdes contrôles sérologiques etdeux pour des élevages en lien épidémiologique avec un foyer. Pour rappel, des contrôles sérologiques ponctuels ont été mis en place en 2011 dans certaines races locales du fait des foyers observés précédemment, notamment pour les porcs exposés au Salon de l Agriculture(Bronner et al., 2011). Trois de ces dix suspicions ont été infirmées(unepourchaqueoriginedesuspicionmentionnée ci-dessus). Sur l ensemble deces foyers, 468 animaux ont fait l objet d une sérologie,dont145 se sont révélés séropositifs(eat+ et FC+) et 28 ont fait l objet d une recherche bactériologique, avec isolement de Brucella pour neuf d entre eux répartis dans six foyers.la proportion d animaux découverts séropositifs par foyer varie entre 21%(n = 26 animaux sur 124) et 100%(n = 6 animaux). Cesfoyers ontconcernédes élevages de type industriel(largewhite, Landrace) mais également des élevages traditionnels (faible taille, élevage de plein air souvent familial)de races locales(faible effectif de la race, pas d inséminationartificielle, échanges d animauxfréquents), avec deux foyers en race Cul noir du Limousin. Trois des sept foyers ont été découverts à la suite de la surveillance événementielle basée sur une déclaration, par l éleveur ou le vétérinaire,d une suspicion clinique(avortement, retours précoces en chaleur). Les quatre autres foyers ont été découverts dans le cadre soit d investigations dans des élevages en lien épidémiologique avec un foyer (pour l un d entre eux), soit de la réalisation d une enquête sérologique (pour trois d entre eux). Le foyer identifié àlasuite de l enquête épidémiologique avait acheté des porcelets à engraisser à un élevage dans lequel un foyer de brucellose porcine a été confirmé dans le cadre de la surveillance événementielle. Deux élevages parmi les sept élevages foyers de 2011 avaient déjà été infectés de brucellose porcine dans le passé (le premier en 2006 et l autre en2010) et soumis, àl époque, àabattage total, nettoyage et désinfection puis vide sanitaire avant repeuplement. Dans le cadre du réseau SAGIR, un prélèvement de testicule sur un sanglier chassé en Savoie et présentant une double orchite a permis d isoler Brucella suis biovar 2. 3 2 1 1 2 1 4 4 5 5 5 3 1 2 1 3 2 7 1 3 1 2 3 3 Répartition des foyers depuis 1993 Foyers avant 2011 Foyers avant et en 2011 1 er foyeren2011 le chiffreindiqué dans chaque département correspond au nombredefoyersentre1993 et 2011. Figure 1.Répartition géographique des foyers de brucellose en élevageporcinconfirmés en Francede1993à2010 4 2 3 1 1 1 2 1 1 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 41
aspects financiers En 2011, l État a engagé plus de 17000 euros pour la surveillance et la lutte contre labrucellose porcine. Les frais de laboratoire dans le cadre de la prophylaxie s élèvent à 1862 euros et à 8355 euros dans le cadre de la police sanitaire. Les frais vétérinaires s élèvent à 626 euros dans le cadre delaprophylaxie et à6294euros dans le cadre dela policesanitaire. discussion En 2010, le profil des élevages concernés par les foyers de brucellose porcine en France a changé, avec la découverte de foyers en élevage de race locale et une proportion plus importante de foyers secondaires. Cet élément est à mettre en relation avec l existence plus fréquente de mouvements d animaux, verrats notamment, entre élevages de race locale qu entre élevages de race industrielle, lesquels recourent plus volontiers àl inséminationartificielle. Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedelabrucelloseporcine Objectifsdelasurveillance Détection rapide de l apparition d un foyer,en vue de prévenir sa diffusion àd autresélevages, et,enfonctiondes souchesconcernées, de prévenir le risque zoonotique. Pour les centres dequarantaine et les centres d insémination, l objectif est de s assurer du caractère indemne des verratsdestinés àl inséminationartificielle. Surveillance événementielle du cheptel:mesures de police sanitaire et de protection de la santépubliquelorsdesuspicionetdeconfirmation. Surveillance active: contrôle individuel des verrats avant entrée en centre de collecte de semence de façon à ne pas diffuser la maladie (réglementation communautaire). Populationsurveillée Porcs domestiques etsangliers d élevage dans l ensemble delafrance métropolitaine. Champdelasurveillance Brucella suis biovars1,2et3,brucella melitensis et Brucella abortus Modalités de la surveillance La surveillance de la brucellose porcine est évènementielle(clinique)dans tous les élevages, et active (sérologique)dans les centres de quarantaine et les centres de collecte de semence. Une surveillance active d origine professionnelle est également mise en place depuis fin 2010 dans les élevages de porcs noirs debigorre et pour les porcs de races locales exposés au Salon de l agriculture. Surveillanceévénementielle Repose sur la surveillance desymptômes évocateurs d une infection brucellique: avortements précoces avec retours prématurés en chaleur (laproportion d avortements ou de résorptions embryonnairespeuvent atteindre50% destruiesreproductricesdansl élevage, 95 % destruies mises à la reproduction pouvant présenter de l infertilité),orchites aiguës, ou tout autre trouble de la reproduction à caractère enzootique. Des arthrites et des parésies liées à une atteinte ostéo-articulaire peuvent égalementêtreobservées. Surveillanceactive Ciblée sur les verrats utilisés pour l insémination artificielle (concernés également par les dépistages delamaladie d Aujeszky etdelapeste porcine classique), en raison du rôle potentiel de la semence dans la diffusion d une infection brucellique (les combinaisons d antibiotiques ajoutés àlasemence collectée ne permettant pas d éliminer les Brucella). Cette surveillance sérologique n est pas généralisée à d autres types d élevages qui pourraient présenter des risques dediffusion ou d introduction de la bactérie, en raison de la faible spécificité des tests sérologiques etdelafréquence associée des réactions faussement positives. Un cheptel est suspect dans l une des trois circonstances suivantes: constatation de signes cliniques épi-ou enzootiques associés à quelques sérologiespositives ; cheptelenlienépidémiologiqueavecune exploitationinfectée ; dans le casd un centre de collecte ou de quarantaine agréé,présence de réactions sérologiques positives, telles que définies dans la note de service 2004/8134 du12 mai 2004. La prévalenceintra-cheptel, relativementélevée, quiest observée, est sans doute à mettre en rapport avec le modede détection des foyers: déclaration d avortement, classiquement tardive en élevage plein air (détection retardée); enquête sur cheptels en liens avec un foyer pré-identifié; contrôle sérologique en races locales, récemment mis en place. En 2011, l infection d élevages de race locale se confirme, mais la proportion de foyers secondaires reste limitée. Dans la majorité des cas,la source d infection identifiée ou suspectée est la faune sauvage. Dans le casdes deux élevages ayant connu une réinfection, il n a pas été possible de préciser si la source du foyer de 2011 était une résurgence ou une nouvelle infection via la faune sauvage. Néanmoins, six des sept foyers présentaient des clôtures conformes, soulignant le fait que le risque d introduction par la faune sauvage est toujours présent et que la réglementation actuelle enmatière declôture n est pas toujours suffisante pour empêcher tout contact entre la faune sauvage et les Investigationépidémiologiqueencas de foyer(enquêtes amont-aval) Lors de suspicion, réalisation de prélèvements par levétérinaire sanitaire en vue d analyses sérologiques (sang sur tube sec sur tous les reproducteurs) et d analyses bactériologiques(écouvillons péri- ou endocervicaux ou récolte de sécrétions génitales pour les truies ayant avorté ou ayant présenté un trouble de la reproduction, nœuds lymphatiques et/ou utérus sur les truies ayant avorté, prélèvement detesticule lésé pour les verrats atteints d orchite, prélèvement d arthrite sur tout type de porcin, aprèsabattagediagnostique). Police sanitaire Compte tenu de la faible spécificité des symptômes, l élevage suspect de brucellose porcine est placé sous APMS seulement lorsque la suspicion clinique a été confortée par des résultats sérologiques positifs. Toutefois, pour les centres de quarantaine ou d insémination artificielle, en raison de l impact qu aurait tout retard dans une déclaration d infection brucellique, et compte tenu des modalités de surveillance (clinique et sérologique), ces établissements sont placés sous APMS dès que des résultats sérologiquespositifssontobtenus. Définitionducas Un foyer de brucellose porcine est confirmé: > lorsque la bactérieaété isolée ; > lorsqu au moins 10 %des reproducteurs sont séropositifs; > ence qui concernelescentresde quarantaineet decollecte agréés,si le (ou les)suidé(s)ayant conduit à la suspicion provient(nent)d une exploitation officiellement infectée. Àpart lecas des centres de quarantaine, la confirmation repose donc, soit sur l isolement bactérien (très spécifique, mais pouvant manquer de sensibilité),soit sur des résultats sérologiques positifs(très sensibles mais manquant despécificité, notamment en raison de réactions croisées avec Yersinia enterocolitica O:9). Enl absence declinique évocatrice, des réactions sérologiques positives isolées ne constituent en aucun cas unesuspiciondebrucelloseausens de l arrêtédu14novembre2005. Mesures en cas de foyerconfirmé En cas de confirmation, l APMS est remplacé par unapdi. Selon que la bactérieapuêtretypée ou nonetselon le biovar de Brucella suis isolé, le devenir des reproducteurs etdes porcins àl engraissement diffère en matière de saisie obligatoire et de traitement thermique. En cas de foyer avéré, un abattage total est pratiqué. Les ruminants etles chiens présents sontcontrôlés.des enquêtes épidémiologiques amontetaval sont conduites sur les six mois précédant la suspicion. L abattage est suivi parune étapedenettoyage-désinfection. références réglementaires -Directive 90/429/CE fixant les exigences de police sanitaire applicables aux échanges intra-communautaires etaux importations de sperme d animauxdel espèceporcine -Arrêté ministériel du 14 novembre 2005 fixant les mesures de police sanitaire relatives à la brucellose des suidés en élevage -Arrêté ministériel du 7novembre 2000 fixant les conditions de police sanitaire exigées pour la diffusion de semence porcine 42 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
truiessusceptiblesd êtreenchaleur.les clôturesnesontactuellement pas obligatoires dans le cas des cochettes et des truies gestantes à compter de la quatrième semaine suivant la saillie ou l insémination artificielle, des truies allaitantes et des cochettes non pubères. Il apparaît ainsi souhaitable que l ensemble des parcs détenantdes porcs dans les élevages plein air soient entourés de clôtures répondant aux normes indiquées dans la circulaire DPEI/SDEPA/2005-4073 du20décembre 2005. Ces résurgences potentielles témoignent également dela difficulté de pratiquer un nettoyage-désinfection suffisant dans des parcs plein air parfois difficilement accessibles et qui ne peuvent pas toujours être retournés de façon satisfaisante après le traitement à la chaux vive lorsque le terrain est peu praticable. Elles témoignent également de l importance d un vide sanitaire long (minimum de trois mois,nsdgal/sdspa/n2006-8025)pourles parcelles en pleinair. Pour faire suite au dépistage généralisé dans les élevages porcins de porcs noirs debigorre, une qualification «indemne de brucellose porcine»a été mise en place. Cette qualification a pu être attribuée aux élevages pour lesquels les deux dépistages du dépistage généralisé (espacés desix mois) ont été favorables, et, àcompter dupremier dépistage favorable, des mesures de biosécurité ont été mises en œuvre sans délai. Notamment, les truies (en attente desaillie, en post-saillie, gestantes ousuitées), lorsqu elles sont détenues en plein air, lesont dans des parcs disposant de clôtures conformes àlacirculaire du 20 décembre 2005, et les animaux introduits proviennent exclusivement d élevages indemnes. En parallèle, l éleveur est sensibilisé aux symptômes delamaladie par son vétérinaire sanitaire, ets engage àlecontacter dès lors que des troubles dela reproduction sont constatés. Le maintien de cette qualification repose sur un dépistage annuel sur quinze reproducteurs de plus d un an ou l ensemble des reproducteurs si l effectif est inférieur (prises de sang sur tube sec et analyses sérologiques par EAT).Cette «qualification» a été grandement facilitée par l existence du consortium porcs noirs de Bigorre avec une identification parfaite des élevages concernés et un engagementcollectif. Les résultats de la surveillance delabrucellose porcine obtenus en 2011 rappellent, comme en 2010, l importance de responsabiliser les professionnels àlamise enplace de mesures de biosécurité, à la déclaration des avortements et au diagnostic différentiel de ces derniers. Lasurveillance active, qui nepeut être nigénéralisée, ni étendue, compte tenu des limites de spécificité des outils sérologiques, peut permettre ponctuellement de pallier les limites de la surveillance évènementielle, d une sensibilité très insuffisante, mais implique un suivi rapproché et particulièrement lourd des élevages, compte tenu du risque élevé de résultats faussement positifs. références bibliographiques Bronner, A., Marcé, C., Fradin, N., Darrouy-Pau, C., Garin-Bastuji, B., 2011.Bilan de la surveillancedelabrucelloseporcine en Franceen2010: détection defoyers chez des porcs de race locale. Bull. Epid. Santé Anim. Alim.46, 39 40. Bilandelasurveillance de la maladied Aujeszky en France en 2011 :confirmationdustatut indemne de maladied aujeszkyenfrancecontinentale Clara Marcé (1)(clara.marce@agriculture.gouv.fr), Françoise Pol (2), Gaëlle Simon (2), Nicolas Rose (2), Marie Frédérique Le Potier (2) (1) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (2) Anses, Laboratoire deploufragan-plouzané, France Résumé Cet article présente les résultats de la surveillance dela maladie d Aujeszky enfrance métropolitaine en2011. Ces résultats révèlent une diminution du nombre de porcs d élevages plein air dépistés, notamment enélevages naisseurs et post-sevreurs alors que le risque de réapparition de la maladie estréel commel a montré l épisode survenu en 2010, et une légère augmentation du nombre de porcs dépistés enélevages sélectionneur-multiplicateur par rapport à2010. Le maintien de la vigilance del ensemble des acteurs reste la priorité.il est notamment important que les vétérinaires incluent dans leur diagnostic différentiel la maladied Aujeszkylorsdesymptômes(syndromegrippal, avortements) ne pouvant être rattachés avec certitude à une autre maladie. Mots clés Maladie réglementée, maladie d Aujeszky,épidémiosurveillance, France, policesanitaire, suidés Abstract Review of surveillance of Aujeszky s disease in Francein 2011: confirmation ofaujeszky s disease-free status in mainland France This articlepresentsthe results of surveillanceof Aujeszky s disease in mainland France in 2011.They show adecrease in the number of pigs from outdoor holdings screened especially among breeders and post-weaners, despite the real risk of recurrence of thedisease as was shownbythe episode occurring in 2010 and a slight increase in the numberof pigs frombreeder-multiplier farms screened,compared to 2010. The priority is for all players to remain vigilant. It is especially important that veterinarians include Aujeszky s disease in their differential diagnosis when encountering symptoms (influenza-likeillness,spontaneous abortions)thatcannot beattributed with certainty to another disease. Keywords Regulated disease, Aujeszky s disease, Epidemiological surveillance, France, Official control, Swine Le présent article apour objet de présenter les résultats dela surveillance(voir Encadré pour les modalités)de la maladie d Aujeszky en France métropolitaine en 2011. Les résultats concernant la Corse n ont pas été pris en compte dans ce bilan (la surveillance de la maladie d Aujeszky n y étant pas effective en 2011). Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 43
L année 2010 avulamiseenplace de la déclaration d activité porcine (1), dont la maîtrise d œuvre a été confiée à l association BDPORC, en tant que gestionnaire agréé de la base de données nationale d identification des porcins. L année 2011 aété l année de saisie des informations des déclarations d activité dans la base de données BDPORC. Les résultats présentés ci-après tiennent compte des effectifs recensés par ce dispositif sachant qu au moment de la réalisation du bilan, le flux entre labase dedonnées BDPORC etlesystème d information de l administration n était pas encore fonctionnel et qu un bilan figé au sept janvier 2012 aété utilisé (environ 80%des formulaires de déclaration d activité envoyés par les éleveurs recensés dans la BDNI et saisis en base àcette date). Surveillance en élevagedesélection multiplication Une surveillance aété conduite dans 463 élevages de sélection multiplication parmi 518 élevages recensés viala déclaration d activité. En moyenne, 53prélèvements par élevage etpar an, ou treize prélèvements par trimestre ont été réalisés, soit 24486 prélèvements au total. Par rapport à 2010, le nombre moyen de prélèvements par élevage etpar trimestre, qui était alors deonze, aaugmenté pour revenir au niveau de 2009(Marcé et al., 2011 ; Bronner et al., 2010). Au total, en se basant sur l hypothèse que les prélèvements ne sont réalisés que sur les reproducteurs, et en fonction des données d effectifs transmisesparbdporc, 27 %desreproducteurssontdépistésparan, ou encore7%par trimestre. Surveillance en élevageplein air àl étage de production (naisseur, naisseurengraisseur, post-sevreur et engraisseur) Au total, 1594 élevages de plein air sont mentionnés comme ayant fait l objet d un dépistage sur 2592 élevages recensés, avec 16 043 prélèvements réalisés. Le taux de réalisation de la prophylaxie varie en fonction des types d élevages de 9%en élevage post-sevreur à 85%en élevage naisseur engraisseur. Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedelamaladied Aujeszky Objectif de la surveillance Vérifier le statut de pays officiellement indemne de maladie d Aujeszky. Détecter précocement toute réapparition d une circulation virale chez lesporcs domestiques. Populationsurveillée Porcs domestiques etsangliers d élevage dans l ensemble delafrance métropolitaine. Modalités de la surveillance Surveillanceévénementielle Deux niveaux de suspicion sont définis sur la base de critères cliniques élaborés en lien avec la SNGTV: une suspicion clinique «forte» correspondant àundiagnostic d inclusion et une suspicion clinique «faible» correspondant à un diagnostic d exclusion (définitions disponibles dans la note de service NS N2009-8289 du 21 octobre 2009). > Déclaration àladdecpp, et réalisation de prélèvements en vue d un dépistagesérologique et virologique; > APMS uniquementencas de suspicion cliniqueforte,desuspicion clinique faible associée àdes premiers résultats de laboratoires positifs (sérologie ou virologie), oudesuspicion clinique faible associée à des résultats d enquête épidémiologique défavorables. Surveillanceprogrammée Surveillance sérologique allégée et ciblée sur les élevages les plus à risque (soit à risque d introduction pour les élevages plein air, soit à risque de diffusion, pourles élevages de sélection-multiplication). Pour tous les élevages plein air, ycompris les élevages engraisseurs: surveillance annuelle (15 prélèvements sur des reproducteurs, et/ou 20 prélèvements sur des porcs charcutiers pour analyse sérologique). En élevages de sélection-multiplication: surveillance trimestrielle (15 prélèvements par trimestre pour analyse sérologique). Police sanitaire Lors de suspicion clinique, la réglementation prévoit la réalisation de prélèvements pour analyses sérologique et virologique. Aucun APMS n est pris en cas de suspicion clinique faible. UnAPMS est pris en cas de suspicion clinique forte, desuspicion clinique faible associée àdes premiers résultats de laboratoire positifs ensérologie ou virologie, de suspicion clinique faible associée à des résultats d enquête épidémiologiquedéfavorables. Une suspicion sérologique est fondée sur un résultat non négatif en sérologie.estconsidéré comme animal confirmé séropositif en Aujeszky tout animal pour lequel deux séries d analyses effectuées àaumoins 15 jours d intervalle, ont fourni des résultats positifs, chacune de ces sériescomprenant deuxanalysessérologiquesréaliséesàl aidededeux méthodes d analysedifférentes (gbetge). Dans le cas de résultat positif en surveillance sérologique, une visite de l exploitation est réalisée pour l examen clinique des animaux et la réalisation deprélèvements pour analyses sérologiques. L élevage est mis sous APMS dèslorsqu uneanalyse individuelle afourniunrésultat positif ou douteux auprès d un laboratoire agréé. Dans le cas où seuls un ou deux prélèvements se révèlent positifs ou douteux, l APMS peut être «allégé»et des mouvements à destination d un abattoir ou d un élevage «cul de sac»autorisés, sous réserve que lavisite d élevage faisant l objet d une suspicion sérologique ait été favorable sur le plan clinique et épidémiologique, que l élevage de destination oul abattoir ait donné leur accord écrit sur l introduction d animaux en provenance de l exploitation faisant l objet d une suspicion sérologique et que l élevage de destination soit lui même placé sous APMS. Un animal est considéré infecté par la maladie d Aujeszky lorsque, même en l absence desymptômes évocateurs delamaladie, les résultats des analyses sérologiquesouvirologiquesconfirmentl infection. Un site est considéré infecté lorsqu un porcin infecté demaladie d Aujeszky y est détenu ou en provient. Lors de confirmation du foyer, l exploitation est placée sous APDI qui prévoit l abattage des animaux le plus rapidement possible et des mesures de nettoyage-désinfection. Un enquête épidémiologique amont et aval visant àdéterminer la source et les conditions dans lesquelles l infection s est propagée à l élevage, et à identifier les sites d élevages susceptibles d avoir été infectés est mise en œuvre. références réglementaires Directive 90/429/CEE modifiée du Conseil du 26 juin 1990 fixant les exigences de police sanitaire applicables aux échanges intracommunautaires etaux importations de sperme d animaux de l espèceporcine Décision 2008/185/CE modifiée établissant des garanties supplémentaires concernant la maladie d Aujeszky pour les porcs destinés aux échanges intra-communautaires etfixant les critères relatifs aux renseignements à fournir sur cette maladie Arrêté ministériel du 28 janvier 2009 fixant les mesures techniques et administratives relatives à la prophylaxie collective et à la police sanitaire de la maladie d Aujeszky dans les départements reconnus «indemnes de maladie d Aujeszky» Arrêté du 14 août 2001 relatif aux conditionssanitaires requisespour leséchangesintracommunautairesdebovinsetdeporcins Arrêté du 7 novembre 2000 modifié fixant les conditions de police sanitaire exigées pour la diffusion de semence porcine Arrêté du9juin 1994 relatif aux règles applicables aux échanges d animaux vivants,de semences et d embryons et à l organisation des contrôlesvétérinaires (1) Arrêtéministériel du 24 novembre 2005 relatif àl identification desporcins. 44 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Tableau 1. Réalisation du dépistage de la maladie d Aujeszky dans les élevages plein air en 2011 Type d élevage (plein air) Naisseurs Post-sevreurs Engraisseurs Naisseurs engraisseurs Nombre d élevages recensés* 236 117 986 749 Nombre d élevages dépistés 137 13 778 638 Proportion d élevages dépistés (en %) 58 9 79 85 Nombre de prélèvements 1344 202 6890 5811 Nombre moyen deprélèvements par élevage 10 15 9 9 *Extraction BDPORC de janvier 2012 pour la France métropolitaine. L ensemble des départements sont inclus, sachant que deux départements n ont pas fourni les informations sur la réalisation delasurveillance delamaladie d Aujeszky et que trois départements n ont pas validé les données d effectifs (dont les deux départements précédents, départements à très faible densité porcine). Sous le terme Naisseurs sont regroupés les effectifs de naisseurs et naisseurs post-sevreurs; sous le terme Post-sevreurs sont regroupés leseffectifs de post-sevreurs etpost-sevreurs engraisseurs. Les taux de réalisation sont indiqués dans le Tableau 1. Au final, sur un total de 2592 élevages plein air, 1566 ont effectivement fait l objet d une surveillance (taux de réalisation de 60,4%)pour un total de 14247 prélèvements. Les dix prélèvements réalisés en moyenne dans les élevages de naissage (naisseursetnaisseursengraisseurs) permettent de détecter une séroprévalence minimale comprise entre 20 et 30%selon la taille des élevages (avec un risque de 5%), ce qui est raisonnable compte tenu du caractère contagieux de la maladie. Dans les élevages plein air d engraissement, les neuf prélèvements réalisés en moyenne sur des porcs charcutiers permettent de détecter une séroprévalence minimale comprise entre 20 et 30%selon la taille des élevages (avec un risque d erreur de 5%). résultats non négatifs Au total, 43263 prélèvements ont été réalisés pour le dépistage sérologique de la maladie d Aujeszky. En élevage confiné, cinq sites d élevage porcin ont fait l objet d un résultat non négatif en ELISA gb en première intention. Quatre des cinq élevages ont été placés sous APMS.L ensemble de ces résultats a étéinfirmé parlelnr. En élevage plein air, sept sites d élevage porcin ont présenté au moins un résultat non négatif en ELISA gb en première intention (19 prélèvements) et aucun site n a présenté de résultat non négatif en ELISA ge en première intention.suite à ces résultats,trois sites ont été placés sous APMS. Sept sites ont dûfaire l objet d une nouvelle visite afin de recueillir suffisamment de sérum à des fins de diagnostic de confirmation (ge notamment).deux sites ont présenté un résultat non négatif en ELISA gb en seconde intention (deux prélèvements), et ont alors également été placés sous APMS.Au total,ce sont donc cinq sites plein air qui ont été placés sous APMS dans le cadre desuspicions de maladie d Aujeszky, suspicions qui ont ensuite été infirmées. Suspicionscliniques Un élevage confiné afait l objet d une suspicion clinique. Quatre animaux ont été dépistés par PCR qui se sont avérées négatives.cette suspicion a été infirmée. discussion Aucun foyer de maladie d Aujeszky en élevage n a été identifié en 2011.Unseulélevageafaitl objet d unesuspicionclinique. Pourtant, l épisodesurvenu en 2010 (Rose et al., 2010) a rappelé que le risque de réapparition de la maladie en France continentale par l intermédiaire des élevages plein air et de la faune sauvage est réel. Ces élevages sont eneffet particulièrement exposés compte tenu des contacts possibles avec la faune sauvage (Rossi et al., 2008), du suivi sanitaire généralement moins rapproché qu en élevage confiné et des signes cliniques d infection qui peuvent être plus frustes compte tenu des densités porcines plus faibles. Associer une surveillance évènementielle et une surveillance sérologique, que ce soit au niveau des élevages de porcs domestiques oudesangliers d élevage (pour lesquels la surveillanceévénementiellerestenéanmoinslimitée),est fondamental (Pol et Le Potier, 2011). Cette vigilance rapprochée est d autant plus importante qu elle impacte, par ricochet, les délais de recouvrement du statut indemne en cas de foyer confirmé. Les résultats de la surveillance sérologique en 2011 sont difficilement comparables àceux de2010, même si le mode de recensement du nombre d élevages a été réalisé sur la même base (déclaration d activité). En effet, le recensement à travers les déclarationsd activité était en cours en 2010 et la saisie des déclarations reçues dans BDPORC a été réalisée tout au long de l année 2011.Le nombre des déclarations d activité prises en compte en 2010 et 2011 diffère donc. Une baisse du nombre d élevages dépistés naisseurs etpost-sevreurs peut toutefois être rapportée, avec une augmentation du nombre moyen de prélèvements par élevage dans ces deux catégories. Al inverse, une augmentation du nombre d élevages engraisseurs etnaisseursengraisseurs dépistés est observée avec un maintien du nombre moyen de prélèvementsparélevage. La consolidation des données liées à la mise en place de la déclaration d activité des porcs gérée par BDPORC et la mise en place du flux entre BDPORC etlesystème informatique de la DGAL (SIGAL) devraient permettre de conforter les résultats de la surveillance à l avenir. La mise en place du flux permettra notamment un contrôledecohérence tout au long de l année par les DDecPP. La surveillance sérologique annuelle dans les élevages plein air, et notamment les naisseurs, doit permettre depallier les limites de la surveillance évènementielle. Il est dès lors nécessaire d assurer une réalisation effective de ces dépistages, sachant que le seuil de séroprévalence de 30%pouvant être détecté par la réalisation des dix sérologies réalisées enmoyenne est élevé par rapport aux seuils de séroprévalence pouvant être rencontrés en élevage plein air (les 15 prélèvements prévus permettant de cibler une prévalence de 20%, avec un risque d erreur de 5%). Sur les cinq sites d élevage porcin plein air ayant fait l objet de résultats sérologiques positifs, tous ont nécessité laréalisation d une seconde série de prélèvements dans les plus brefs délais, afin de disposer de suffisamment desérum pour réaliser les analyses deconfirmation. Ceci rappelle l importance de la réalisation de prises de sang (et non de buvards) lors des dépistages sérologiques enélevage, notamment en cas de suspicion, qui permettent ainsi d infirmer ou de confirmer rapidement laprésence d un foyer demaladie d Aujeszky. Siun nouveau module autonome deformation continue de vétérinaires sanitaires relatif àlaréalisation des prises de sang sur porcins n a pas pu être mis en place en 2011 du fait de contraintes techniques(matériel non adapté, difficulté à trouver des animaux d âges différents pour les différents prélèvements envisagés, etc.), des initiatives locales de DDecPP ont permis d associer àlaformation sur les maladies réglementées des porcins un volet pratique sur les prises desang, initiative qu il conviendrait de généraliser à l avenir à l ensemble des formations de ce type. Le maintien delavigilance del ensemble des acteurs reste donc la priorité,étant le seul à même d assurer une détection précoce de tout foyer. Acesujet, lanotification desuspicions cliniques déclarées en 2011 est en baisse par rapport à 2010. Elle nécessite pourtant d être poursuivie, l objectif étant d inciter l ensemble des vétérinaires à Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 45
inclure dans leur diagnostic différentiel la maladie d Aujeszky lors de syndromes grippaux et d avortements ne pouvant êtrerattachés avec certitude à une autre maladie. références bibliographiques Bronner A., Fradin N., Rose N., Pol F., Le Potier M.F., 2010. Bilan de la surveillance delamaladie d Aujeszky en 2009: renforcement dela surveillanceévénementielle etallègement delasurveillance sérologique. Bull.Epid.Santé Anim.Alim. 40,38-41. Marcé C., Bronner A., Fradin N., Rose N., Simon G., Pol F.,Le Potier M.F., 2011.Bilan de la surveillance de la maladie d Aujeszky en 2010:détection de foyers en élevage plein air.bull. Epid.Santé Anim.Alim. 46,41-42. Pol F.etLePotier M.F., 2011. Herpèsvirose chez le porc :lamaladie d Aujeszky. Bulletindel académievétérinaire, 164,(4) 35-39. Rose N., Bronner A., Pol F., LePotier M.F., 2010. Point sur la situation épidémiologique de la maladie d Aujeszky en Aquitaine en 2010:premières investigations suite à la découverte d un foyer, Bull. Epid. Santé Anim. Alim. 41,16-17. Rossi S., Hars J., Garin-Bastuji B., Le Potier M.F., Boireau P., Aubry P., et al., 2008. Résultats de l enquête nationale sérologique menée chez le sanglier sauvage(2000-2004).bull. Epid.Santé Anim.Alim. 29,5-7. Bilan de la vigilancedes pestes porcines classique et africaineenfranceen2011 Clara Marcé (1)(clara.marce@agriculture.gouv.fr), Françoise Pol (2), Gaëlle Simon (2), Nicolas Rose (2), Marie Frédérique Le Potier (2) (1) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (2) Anses, Laboratoire deploufragan-plouzané, France Résumé Comme en 2010, la vigilance de la peste porcine classique areposé sur une surveillance sérologique àl abattoir et dans les élevages de sélection-multiplication et sur une surveillanceévénementielle.lasurveillanceévénementielle a permis de notifier des suspicions cliniques comme en 2010 ce qui témoigne de la vigilance des acteurs de terrain.cette vigilance est àmaintenir voire àrenforcer face aux risques présentés par lapeste porcine classique et par lapeste porcineafricaine. Cettedernièremaladiecontinue de sévir en Russie et en Sardaigne, avec une recrudescence des cas fin 2011 pour la Sardaigneetellevient de faireson apparition en Ukraine. Mots clés Maladie réglementée, PPC, PPA, épidémiosurveillance, suidés, France Abstract Review of vigilancewithrespect to Classical and African SwineFever in France in 2011 As in 2010,vigilance with respect to Classical Swine Fever was based on serological surveillance at the slaughterhouse and in breeder-multiplierfarms,aswellasonoutbreaksurveillance. This outbreak surveillance led toclinical suspicions being reported, asin2010, demonstrating the vigilance of professionals in the field.this vigilance should be maintained and even strengthened in response to the risks posed by Classical Swine Fever and African Swine Fever. The latter is still rife in Russia and Sardinia,with an upsurgeincases in Sardinia observed at the end of 2011. It has also emerged in Ukraine. Keywords Regulateddisease,CSF,ASF,Epidemiological surveillance, Swine,France Cet article a pour objet de présenter les résultats issus de la surveillance (voir Encadré)des pestes porcines classique et africaine en 2011. résultats de la surveillance àl abattoir Les résultats de la surveillance à l abattoir sont les suivants (Tableau) : sur les 10210 porcs à dépister par sérologie (ELISA), 7481 porcs reproducteurs et 1507 porcs charcutiers ont été prélevés (88%de taux de réalisation).ledépistage aporté sur 1239 sitesd élevage porcin. En moyenne,sept prélèvements ont été réalisés par site; sur les 3000 prélèvements àréaliser en virologie (PCR), 2767 prélèvements sanguins(sur 1963 reproducteurs et 804 charcutiers) ont été réalisés effectivement(92,2 % de taux de réalisation) dans 463 sites porcins. En moyenne, six prélèvements ont été réalisés parsite. Au total, 2,4%(7 481 dépistages sérologiques et1963 dépistages virologiques) des reproducteurs abattus ont été dépistés à l abattoir en sérologie ou virologie, ce qui est comparable aux chiffres de 2010 (2,7 %des reproducteurs abattus alors dépistés). En raison de la proximité de territoires infectés comme Madagascar, la DDecPP de l Île de La Réunion a mis en place un programme de surveillance sérologique de la peste porcine africaine(ppa) à l abattoir sur les 250 prélèvements réalisés dans le cadre de la prophylaxie de la peste porcine classique (PPC). résultats de la surveillance en élevagedesélection multiplication En ce qui concerne la surveillance dans les élevages de sélection multiplication, 6546 prélèvements ont été réalisés en 2011,dans 397 élevages, représentant en moyenne un taux de dépistage annuel de 7,2%des reproducteurs dans ces élevages. Tableau. Résultats de la surveillance de la peste porcine classique en abattoir en 2011 Dépistage Dépistage sérologique virologique (Elisa) (PCR) Nombre de prélèvements prévus 10 210 3000 Nombre de prélèvements réalisés 8988 2767 Taux de réalisation (%) 88 92,2 Nombre de sites porcins concernés 1239 463 Nombre de porcs dépistés par élevage en moyenne 7 6 Proportion de reproducteurs abattus dépistés (%) 1,9 0,5 46 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Encadré. Surveillance et police sanitaire de la peste porcine classique (PPC)et de la peste porcine africaine(ppa) Objectif de la surveillance Détecter précocement toute apparition defoyer chez les porcs domestiques. Maintenir la preuve que le pays est indemne de la maladie. Maintenir opérationnelle la capacité d analyses du réseau de laboratoires agréés en sérologie et virologie pour le diagnostic de la PPC afin derépondre efficacement aux besoins que générerait une épizootie. Populationsurveillée Porcins d élevage dans l ensemble delafrance métropolitaine etles départements d outre-mer et sangliers sauvages dans le nord-est de la France. Modalités de la surveillance Surveillanceévénementielle Vise àlafois la PPC etlappa et repose sur le principe de la déclaration obligatoire de toute suspicion, par toute personne (vétérinaire, éleveur, négociant, )àladdecpp. Surveillanceprogrammée(PPC) Réalisée àl abattoir et en élevage (ne concerne que les élevages sélectionneurset/ou multiplicateurs). À l abattoir,une surveillance sérologique et virologique aléatoire sur des animaux reproducteurs de réforme de toute la France est réalisée: > en sérologie, 10 000 prélèvements programmés annuellement devant permettre de détecter untaux deprévalence limite de 0,05 %(avec niveau de confiance de99%,etsous réserve que l échantillonnagesoitaléatoire), et ainsi attester du statut indemne de la France continentale; >en virologie, 3000 prélèvements permettant dedétecter une prévalence limite de 0,1%(avecunniveaudeconfiancede95%), sachant toutefois que compte tenu de la virémie transitoire (2-3 semainesmaximum), cesprélèvementsontavanttoutunintérêtdans le maintien du maillage de laboratoires agréés en PCR. En élevage de sélection multiplication (considéré comme étant à risque de diffusion important), une surveillance annuelle est réalisée dans chaque élevage: 15 prélèvements pour analyse sérologique (taux de prévalence limite intra-élevage de20%avec un niveau de confiance de 95 %). Surveillance delappc chez les sangliers sauvages dans le Nord-Est de la France Tout sanglier trouvé mort ou chassé doit faire l objet de prélèvement pour analyse virologique(pcr) et pour les sangliers chassés,d un prélèvement de sang sur tube sec pour analyse sérologique (ELISA). Définition du cassuspectetducas confirmé Suidé«suspectd êtreinfectédepesteporcine»:toutsuidéprésentant des symptômes et/ou des lésions postmortem évoquant la peste porcine quinepeuvent être attribuésdefaçon certaine àune autremaladie ou bien présentant des résultats d analyses dedépistage non négatifs en première intention. Suidé «suspect d être contaminé»: tout suidé susceptible, d après les informations épidémiologiques recueillies, d avoir été exposé directement ou indirectementauvirus d unepesteporcine. Une exploitation est suspecte en casde présence d au moins un animal suspect oubien lorsqu elle est en lien épidémiologique avec unfoyer avéré. Distinctiondelasuspicionsérologique faible et de la suspicion sérologique forte Un foyer de peste porcine peut être déclaré, après accord de la DGAL, lorsqu une exploitationrépondàunouplusieursdes critèressuivants: virus de la PPC ouppa isolé chez un animal ou dans tout produit dérivé de cetanimal; signes cliniques évoquant la peste porcine observés chez un suidé et antigène ou génome du virus de la PPC (ARN) ou de la PPA (ADN) détecté etidentifié dans des échantillons prélevés sur l animal ou la cohorte; signes cliniques évoquant la peste porcine observés chez un animal d une espèce sensible et l animal ou ses cohortes présentent des anticorps spécifiques dirigés contre les protéines du virus PPC ou PPA; antigène ou génome de virus PPC ou PPA observé et identifié dans des échantillons prélevés sur des suidés et les animaux présentent des anticorps spécifiques dirigés contre les protéines du virus dela PPCouPPA ; lien épidémiologique établi avec l apparition d un foyer de peste porcine confirmé et lorsqu une des conditions suivantes au moins est remplie: > unanimalaumoinsprésente desanticorps spécifiquesdirigéscontre les protéines du virus de la PPC ou de la PPA, > l antigène ou le génome du virusppc ou PPAest détecté et identifié dans deséchantillons prélevés suraumoins un animald une espèce sensible. Police sanitaire LaPPC et la PPA sont des dangers sanitaires de catégorie 1, réglementés, à déclaration obligatoire et soumis à plan d urgence. Dès lors qu une ouplusieurs analyses individuelles sérologiques ont fourni un résultat positif ou douteux auprès d un laboratoire agréé, l élevage est mis sous APMS.Deux niveaux de suspicion sont différenciés depuisfévrier 2012. Si seuls un ou deux prélèvements sont positifs ou douteux et qu il n y apas de signes cliniques suspects et d éléments épidémiologiques défavorables, la suspicion est faible et l APMS est adapté àcecontexte favorable: lesmouvements àdestinationd unabattoir ou d un élevage «cul de sac»sont autorisés, sous réserve que la visite d élevage faisant l objet d une suspicion sérologique ait été favorable(aux plans clinique et épidémiologique),que l élevage de destination ou l abattoir ait donné son accord écrit sur l introduction d animaux en provenance de l exploitation faisant l objet d une suspicion sérologique et que l élevage de destination soit lui même placé sous APMS. Les animaux abattus sont consignés jusqu àobtention desrésultats d infirmation de la suspicion. En cas de suspicion forte PPC ouppa en raison de signes clinique ou d éléments épidémiologiques, unapms est pris immédiatement et sans dérogation possible en termes de mouvement. En cas d infection confirmée, l élevage est placé sous APDI) : l abattage immédiat des suidés est effectué, puis il est procédé àladestruction des cadavres, la décontaminationdel exploitation, la destructiondes produits animaux et d origine animale. Un délai de trente jours doit s écouler avant tout repeuplement. Ce délai est prolongé en casd infection par le virus de la PPA si l hôte intermédiaire (tiques Ornithodoros)est impliqué. Dans les élevages en lien épidémiologique avec unfoyer, des mesures conservatoires sont prises sous régime d un APMS etprévoient une surveillancerenforcée. En périphérie du foyerunzonageest mis en placequi prévoit unezone de protection de 3kmetune zone de surveillance de10kmoùles conditions de surveillance, les mouvements et dérogations possibles sont moins strictes que dans la zone de protection. Les mesures mises en œuvre dans les zones interdites sont disponibles dans la note de service DGAL/SDSPA/N2006-8194 modifié relative au plan d urgence despestes porcines. références réglementaires Directive2001/89/CErelativeàdes mesures communautairesdelutte contre la peste porcine classique Directive 2002/60/CE établissant des mesures spécifiques pour la lutte contre la peste porcine africaine Décision 2008/855/CE concernant des mesures zoo-sanitaires de lutte contre la peste porcine classique dans certains États membres Décision 2004/832/CE portant approbation des plans présentés pour l éradication de la peste porcine classique dans la population de porcs sauvages et pour la vaccination d urgence de ces porcs dans les Vosges septentrionales en France Décision 2002/106/CE portant approbation d un manuel diagnostique établissant des procédures de diagnostic,des méthodes d échantillonnage et des critères pour l évaluation des tests delaboratoire deconfirmationdelapesteporcineclassique Arrêté modifié du 23 juin 2003 fixant les mesures de lutte contre la pesteporcine classique Arrêté du11septembre 2003 fixant les mesures de lutte contre la pesteporcine africaine Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 47
En moyenne,seize prélèvements ont été réalisés par élevage et par an, contre quatorze prélèvements réalisés par élevage en 2010. Pour donner une idée très globale delapression desurveillance sérologique de la PPCàl échellenationale (à l abattoir et en élevage), 15,5 %des reproducteurs ont fait l objet deprélèvements (7481 prélèvements réalisés en abattoir et 6546 en élevage, contre 18.8 % en 2010). résultats non négatifs Au total, sur les 15990 prélèvements sérologiques réalisés, 55 se sont révélés non négatifs(soit une proportion de 0,34 %de réactions faussement positives, contre 0,35% en 2010), correspondant, pour 18 d entre eux, audépistage en élevage desélection multiplication (huit sites porcins ayant été concernés),et pour 37 d entre eux, au dépistage à l abattoir (sept sites porcins concernés pour les prélèvements pour lesquels l informationest disponible). Les prélèvements ayant fait l objet de ces résultats positifs ont été envoyés au LNR et aucun de ces résultats positifs n a été confirmé. En ce qui concerne le dépistage virologique (àl abattoir), aucune réaction positive n a été détectée, soulignant la forte spécificité de la PCR. Suspicionscliniques Deux sites d élevage porcin ont fait l objet d une suspicion clinique. Toutes les suspicions cliniques ont été infirmées. aspects financiers En 2011, l État a engagé plus de 29450 euros pour la surveillance et la lutte contre lappc. Les frais de laboratoire dans le cadre dela prophylaxies élèvent à11413 euros et à4320euros dans le cadrede la police sanitaire. Les frais vétérinaires s élèvent à 12265 euros dans le cadre de la prophylaxie et à 1463 euros dans le cadre de la police sanitaire. discussion Les résultats de la surveillance de la PPC en France en 2011 témoignent, comme les années précédentes, d une situation sanitaire hautement favorable. La surveillance sérologique en abattoir porte sur un nombre d élevages plus élevé en 2011 par rapport à 2010 (Marcé et al., 2011), mais le nombre moyen de prélèvements par site a diminué. En élevage de sélection-multiplication, la surveillance sérologique porte sur un nombre inférieur de reproducteurs en 2011 par rapport à 2010, mais le nombre deprélèvements par site est plus élevé. Cette surveillance sérologique garantie et prouve le statut indemne de la France. Parallèlement, la surveillance événementielle apermis de notifier deux suspicions cliniques(quatre ont été notifiées en 2010 et aucune en 2009). Ceci témoigne de la vigilance des acteurs deterrain, qui mérite d être soulignée etencouragée. Cette vigilance est d autant plus importante que l existence de souches du virus PPC faiblement pathogènes peut conduire à l apparition de signes cliniques frustres alors que la PPC est toujours présente chez certaines populations de sangliers en Europe et que la PPA continuent de sévir aux portes de l Europe (Moinet et Le Potier, 2012). LaPPA aeffectivement pris pied dans le Caucase où elle s est endémisée. Après la Russie, l Ukraine a pour la première fois déclaré la détection de PPA en août 2012. Par ailleurs,une recrudescence des cas de PPA en Sardaigne a été observée fin2011, début2012. Sur les quinze élevages ayant fait l objet d une suspicion sérologique de PPC, un seul afait l objet d un APMS. Ilconvient effectivement de pouvoir pondérer les mesures de gestion mises en place dans les élevages «suspects»au vu de la situation sanitaire favorable et des risques d introduction. La réglementation aainsi introduit en 2012 la notion de suspicion sérologique forte et suspicion sérologique faible. Dans ce contexte (Encadré), toute suspicion sérologique doit faire l objet d un APMS, avec des contraintes toutefois variables au niveau des limitations de mouvements.toutes les suspicions cliniques ont fait l objet d une mise sous APMS. Des difficultés sont rencontrées enmatière deprélèvements de reproducteursenabattoir porcin, du fait notammentdelafermeture d abattoirs abattant cette catégorie d animaux ou de recentrage de leur activité sur des porcs charcutiers dans certains départements.lorsque les prélèvements n étaient pas réalisables sur des porcs reproducteurs, des dérogations ont été accordées telles que définies dans la note de service DGAL/SDSPA/N2006-8033 du 7février 2006 modifiée etles prélèvements ont alors été réalisés sur des porcs charcutiers.il convient toutefois de rappeler que les prélèvements sanguins en abattoir visent un double objectif: 1/apporter une information fondamentale pour confirmer le statut sanitaire indemne de la France et le faire reconnaître tant au niveau communautaire qu international; 2/ maintenir opérationnelle la capacité d analyses du réseau de laboratoires agréés en sérologie et virologie pour le diagnostic de la PPC, afin de répondre efficacement aux besoins que générerait une épizootie. Idéalement, le reproducteur reflète l état sanitaire du troupeau, de par son temps de présence au sein de l élevage qui est très nettement supérieur à celui des porcs à l engraissement et est donc une cible privilégiée pour répondre au premier objectif. L âge del animal n est par contre pas limitantpourlesecondobjectif. L une des perspectives àcourt terme vise àredéfinir leplan de surveillance, tenant compte des niveaux de prévalence attendus dans des élevages porcins pour des souches de virus de la PPC faiblement virulentes (et donc peu décelables cliniquement), estimés àl aide du modèle développé par l Anses Ploufragan (communication personnelle). Dans le même temps, les acteurs delafilière sont encouragés à maintenir leur vigilance face aux pestes porcines pour favoriser la surveillance évènementielle. références Moinet A., Le Potier M.F., 2012. La peste porcine africaine aux portes de l Unioneuropéenne,LettreSAGIR,174 :7-8. Sánchez-Vizcaíno J.M., Mur L., et al., 2012. African Swine Fever :An EpidemiologicalUpdate. Transboundary andemerg.dis.59:27-35. Marcé C., Bronner A., Rose N., Pol F., Le Potier M.F., 2011. Bilan de la surveillance de la peste porcine classique en France en 2010. Bull. Epid. SantéAnim. Alim.46:43-44. 48 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Surveillance de l influenza aviaire et de la maladie de Newcastle en France en 2011 Hélène Sadonès(1) (helene.sadones@agriculture.gouv.fr), JeanHars (2), Audrey Schmitz(3), François-Xavier Briand(3), Éric Niqueux (3) (1) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (2) ONCFS, Direction Études et recherches, Unité sanitaire de la faune, Gières, France (3) Anses, Laboratoire deploufragan-plouzané, France Résumé La Franceaconservé en 2011 sonstatut indemnevis-à-vis de l influenza aviaire hautement etfaiblement pathogène et de la maladie de Newcastle au sens du code zoosanitaire de l OIE: aucun virus à déclaration obligatoire n a été mis en évidence par des méthodes directes de diagnostic virologique. Les faits notables concernant le dispositif de surveillance de l influenza aviaire et de la maladie de Newcastle portent sur un arrêt de la surveillance active chez les canards appelants et les oiseaux sauvages et un rappel de l obligation de vaccination des pigeonscontre la maladie de Newcastle. Mots clés Maladies réglementées, influenza aviaire, maladie de Newcastle, paramyxovirose, pigeon, volailles, oiseaux, France Abstract Surveillance of avianinfluenza and Newcastle diseasein France in 2011 France maintained its status as free from high and low pathogenic avian influenza and free from Newcastle s disease according to the OIE s Animal Health Code :no notifiable viruseshavebeen detected bydirectvirological diagnosis methods. Notable points regarding the avian influenzaand Newcastle s disease surveillance programme includethe suspensionof active surveillance of call ducks and wild geese and a reminder that vaccination of pigeons against Newcastle s disease is mandatory. Keywords Regulated diseases, Avian influenza, Newcastle disease, Paramyxovirosis, Pigeon, Poultry, Birds, France Cetarticle apourobjectifdeprésenterles résultats de la surveillance de l influenza aviaire (IA) et de la maladie de Newcastle en 2011 et les principales modifications au sein de ce dispositif de surveillance. La présentation générale dudispositif desurveillance est exposée dans les articles précédents du Bulletinépidémiologique (Jestin et al., 2010; Sadones et al., 2011a; Sadones etal., 2011b) et reprise de façon synthétique dans les deux Encadrés. Surveillance au sein desélevages de volailles surveillance programmée de l influenza aviaire Cette surveillance aconsisté, comme les années précédentes, à effectuerdes prélèvements sérologiquespourrecherchedel infection par les virus influenza aviaires (VIA) de sous types H5 et H7 au sein d un échantillon d élevages de volailles repartis dans les départements conformément aux recommandations précisées dans la décision communautaire (décision 2010/367/CE du 25 juin 2010). Les principaux changements par rapport à l enquête 2010 sont: l ajout dedeux catégories d élevages (les poules pondeuses et les poules reproductrices); le nombre de prises sang:20 minimum par élevage de palmipèdes au lieu de 40 selon les recommandations de la Commission européenne ; un échantillonnage annuel des élevages de pintades, ratites et cailles. L enquête a été mise en œuvre entre le 23 juin 2011 et le 8 novembre 2011.Des prélèvements pour analyses sérologiques ont été réalisés dans 860 élevages dont 26 élevages se sont révélés séropositifs et deux lots ont été déterminés douteux vis-à-vis du sous type H5 (Tableau 1). Suite à ces cas de séropositivité et selon la présence du lot concerné au sein de l élevage, 15 lots ont fait l objet de recherche des gène M ou H5 par latechnique de RT- PCR temps réel. Tous les résultats se sont révélésnégatifs. Quatre filières sur 18 ont présenté un taux de réalisation inférieur à 80% par rapport aux objectifs fixés dans la note de service(note de service DGAL/SDSPA/N2011-8175 du 25 juillet 2011): les tueries, les dindes reproductrices et comme l année précédente, les cailles et les ratites. Le Tableau 1 présente une synthèse des principaux résultats. Le Tableau2présente le récapitulatifdes séropositivités en sous type H5 des trois dernières campagnes d enquête sérologique en élevage en indiquant les pourcentages de positivité enh5par espèce etpar année,ainsi quel intervalledeconfianceà95%obtenu en suivant la loibinomiale. Pour chaque production, les intervalles de confiance obtenus présentent des valeurs chevauchantes entre les trois années étudiées:il n y a donc pas dedifférence significative de pourcentage de séropositivité entre les trois dernières campagnes d enquête sérologique. surveillance événementielle La surveillance événementielle correspond àladéclaration des suspicions cliniques d influenza aviaire ou maladie de Newcastle en élevage. Les suspicions d influenza aviaire conduisent à la réalisation de prélèvements (écouvillons trachéaux et cloacaux) pour recherche de génome de VIA par RT-PCR ciblant legène M.Sicette analyse est positive, des tests complémentaires sont mis en œuvre visant la détection de la présence des gènes H5 et H7. Les suspicions de maladie de Newcastle/paramyxovirose du pigeon conduisent quant à elles à la recherche de virus par isolement à partir d organes. Au total, trois suspicions cliniques d influenza aviaire a priori faiblement pathogène chez des dindes etdeux suspicions de pestes aviaires (Influenza ou maladie denewcastle) ont été déclarées en 2011 au sein d élevages de volailles, nombre endiminution par rapport aux années précédentes (neuf en2010 (Sadones et al., 2011b) et 12 en 2009 (Jestin et al., 2010)). Les suspicions de maladie de Newcastle/ paramyxovirose dupigeon (16 en2011) ne sont pas incluses même si elles font également l objet de recherche devia, latechnique d isolement viral permettant de rechercher les deux virus. Ces cinq suspicions cliniques ont fait l objet de recherche de laboratoire qui se sont toutes révélées négatives vis-à vis de VIA de sous types H5 ou H7. Les 16 suspicions cliniques de Maladie de Newcastle concernaient pour 15 d entre elles des sites détenant des pigeons et dix sites détenant des pigeons captifs(oiseaux n entrantpas dans la catégorievolailles selon les lignes directrices de l OIE et de la Commission européenne) ont Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 49
abouti à la mise en évidence de paramyxovirus de type 1(a-PMV-1) variant pigeon, sans que des cas soient identifiés au sein d élevages de volailles. Un rappel de la vaccination obligatoire chez les pigeonset le contrôle de cette vaccination au sein des élevages de pigeons a fait l objet d une note de service (Note de service DGAL/SDSPA/SDSSA/N2012-8145 du 9juillet 2012) qui rappelle les types de vaccins autorisés, le protocole vaccinal etles sanctions pénales lors de mise enévidence d animaux non vaccinésounon valablementvaccinés. Surveillance desoiseaux sauvages et descanards appelants vis-à-vis de l influenza aviaire surveillance active La surveillance active menée en 2011 par l ONCFS apermis l analyse par RT-PCR ciblant le gène M des VIA d écouvillons cloacaux provenant de 834 oiseaux sauvages capturés, éliminés ou tués àlachasse principalement sur des sites des Bouches-du-Rhône (Camargue), du Pas-de-Calais, de l Ain (étangs de la Dombes), de la Loire Atlantique (Grand-Lieu etmassereau) et de la Marne (lac duder). Aucun VIA hautement pathogène (HP) n a été mis en évidence. Seuls des VIA faiblement pathogènes(fp)ont été détectés, mais contrairement aux années précédentes, aucune souche H5 FP ni H7 FP n a été détectée (Hars et al., 2012). Compte tenu du faible effectif d oiseaux prélevés (notamment pendant lesecond semestre, 202 individus dont 141 provenant du seul site deladombes sur une période de sept jours uniquement), cette absence de détection doit cependant être interprétée avec précaution. La présence de virus influenza FP concerne principalement des canards de surface, colverts et sarcelles, avec les prévalences les plus élevées en fin d été et début d automne, c est-à-dire aux mois de septembre et octobre, comme c est le casdans la Dombes. Le Tableau 3 reprend le bilan des résultats positifs. Suite à la parution des recommandations de la Commission européenne, lasurveillance active sur oiseaux capturés ou tués àla chasse est interrompue en 2012. Tableau 1. Bilan de l enquête Influenza aviaire en élevage en 2011 Données del extraction SIGAL du 20-12-2011 Données provenant du LNR Complément d enquête: analyses Nombre de lots Nombre d élevages Nombre d élevages prévus selon lans DGAL/ SDSPA/ N2011 8175 Pourcentage d élevages prélevés par rapport à prévus Nombre de lots transmis au LNR Nombre d élevages AI positifs (IDG) Nombre d élevages H5 séropositifs Nombre d élevages H7 séropositifs Nombre de lots retestés Nombre de lots positifs Caille reproductrice 12 12 22 55% 0 / 0 0 / / Canard àrôtir 74 74 90 82% 0 / 0 0 / / Colvert 18 18 20 90% 1 / 1 0 1 0/1 (1 rrt -PCR H5 (1) négatif) Canard reproducteur et futur-reproducteur dont barbarie futurreproducteur dont barbarie reproducteur dont pékinfuturreproducteur 76 72 80 90 % 29 / 17 +2douteux 0 9 0/9 (7rRT-PCR H5 (1) négatifs et 2rRT -PCR M (2) négatifs) 6 6 / / 1 / 1 0 1 0/1 22 22 / / 2 / 2 0 2 0/2 6 5 / / 0 / 0 0 / / dont pékinreproducteur 42 39 / / 26 / 14 +2douteux 0 6 0/6 Canard PAG 91 91 90 101 % 7 / 6 0 3 0/3 (3 rrt-pcr H5 (1) négatifs) (3) Dinde bâtiment 66 65 60 108 % 0 0 / / / / Dindeplein air 61 59 60 98% 1 0 / / / / Dindereproducteur 62 41 60 68 % 0 0 / / / / Faisan 40 39 30 130 % 2 / 0 0 / / Oiereproductrice et futur-reproductrice dont oiefuturreproductrice 19 19 20 95 % 2 / 2 0 2 0/2 (2rRT -PCR H5 négatif) 2 2 / / 0 / 0 0 / / dont oiereproductrice 17 17 / / 2 / 2 0 2 0/2 Perdrix 29 29 30 97 0 / 0 0 / / Pintade 54 54 60 90% 5 / 0 0 / / Poulepondeusebâtiment 51 51 60 85% 0 0 / / / / Poulepondeuseplein air 66 66 60 110 % 1 0 0 0 / / Poule reproductrice 59 56 60 93% 0 0 / / / / Poulet plein air 64 63 60 105 % 0 0 / / / / Tuerie 49 47 60 78 % 0 0 / / / / Ratite 4 4 91 4% 0 / / / / / Inconnus 17 (4) 17 (4) / / 0 0 / / / / Total 895 860 1013 85 % 48 26 +2douteux /:sans objet (1) testés directementenrrt -PCR gène H5 (2) testés en rrt-pcr gène M (3)unélevageaété retestéauniveausérologique par IHAH5etaété ànouveau détectéh5séropositif. Lesprélèvements par écouvillonnage ontété déterminés négatifs par rrt-pcr gène H5 (4) 17lots dont letype de production n étaitpas identifié ont étéécartés LNR: Laboratoire nationalderéférence IDG: ImmunodiffusionenGélose PAG:Prêt àgaver 50 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
La surveillance active des canards appelants est arrêtée. Cependant, dans les parties du territoire national où le risque épizootique est modéré et si une analyse de risque de l Anses permet d accorder une dérogation à l interdiction du transport et de l utilisation des appelants, la surveillance active serait reprise et, dans cette éventualité, ne ciblerait que le virus H5N1 HP(Note de service DGAL/SDSPA/N2011-8007 du 4 janvier 2011). surveillance événementielle Seule demeure la surveillance événementielle qui devra remplir son objectif prioritaire de détection précoce de VIA HP chez les oiseaux sauvages et les canards appelants en vue d une protection des élevages. Dans le cas de mortalité groupée (cinq individus sur le même site en une semaine au plus) ouunseul cygne, ilest prévu que les oiseaux sauvages trouvés morts en l absence d une autre cause évidente de mortalité fassent l objet de prélèvements (écouvillons trachéaux et cloacaux) pour recherche devia (Note deservice DGAL/SDSPA/ N2007-8056 du 28 février 2007). Au total, 139 oiseaux sauvages trouvés morts ont fait l objet de rechercheinfluenza sans qu ait été mis en évidence de virus des soustypes H5 ou H7. Cette surveillance événementielle continue de subir une baisse importante (3400 oiseaux en 2006, 950 en 2007, 393 en 2008,367 en 2009 et 166 en 2010). Conclusion Le dispositif de surveillance des pestes aviaires a évolué en 2011 avec notamment un arrêt de la surveillance active des canards appelants (sauf dans des conditions très restreintes et ciblées) et en 2012 des oiseaux sauvages. Un processus d évaluation nationale de la surveillance des virus influenza et Newcastle chez lesvolailles et lesoiseaux sauvages aété entrepris dans le cadre de la Plateforme nationale d épidémiosurveillance en santé animale. Il en découlera des recommandations sur l évolution dudispositif de surveillance. remerciements Les auteurs adressent leurs remerciements àtous les partenaires des enquêtes sérologiques enélevage etdelasurveillance del avifaune et des canards appelants: vétérinaires sanitaires, personnels des DDecPP,de l ONCFS,des fédérations départementales et nationale des chasseurs, des laboratoires vétérinaires départementaux et du LNR. Tableau 2. Comparaison des résultats séropositifs en virus influenza pour le sous-type H5 en élevage de volailles sur les années 2009 à2011 Nombre d élevages Nombre d élevages H5 séropositifs 2011 2010 2009 Pourcentage d élevages H5 Nombre Pourcentage positifs (intervalle Nombre d élevages d élevages H5 Nombre de confiance à d élevages H5 positifs (intervalle Nombre d élevages 95 %) séropositifs de confiance à d élevages H5 95 %) séropositifs Pourcentage d élevages H5 positifs (intervalle de confiance à 95 %) Caille reproductrice 12 0 0%[0,0-26,5] 12 0 0%[0,0-26,5] / / / Canard àrôtir 74 0 0%[0,0-4,9] 74 2 2,7% [0,3-9,4] 55 3 5,5%[1,2-15,7] Colvert 18 1 5,6%[0,1-27,3] 20 3+1 douteux 20,0 %[5,7-43,7] 12 3 25% [5,5-57,2] Canard reproducteur et futur-reproducteur 72 17 +2douteux 26,4 %[16,7-38,1] 85 18 * 21,2%[13,1-31,4] 68 13 +1douteux 20,6 %[11,7-32,1] Canard PAG 91 6 6,6 %[2,5-13,8] 85 1douteux 1,2 %[0,0-6,4] 71 6 8,5% [3,2-17,5] Dinde bâtiment 65 0 0%[0,0-5,5] 77 0 0% [0,0-4,7] 61 0 0%[0,0-5,9] Dindeplein air 59 0 0%[0,0-6,1] 78 0 0% [0,0-4,6] 61 0 0% [0,0-5,9] Dindereproducteur 41 0 0%[0,0-8,6] 83 0 0% [0,0-4,4] 68 0 0% [0,0-5,3] Faisan 39 0 0%[0,0-9,0] 48 1 2,1% [0,1-11,1] 29 1 3,4%[0,1-17,8] Oiereproductrice et futur-reproductrice 19 2 10,5 %[1,3-33,1] 13 6 46,2% [19,2-74,9] 11 4 36,4[10,9-69,2] Perdrix 29 0 0%[0,0-11,9] 41 0 0%[0,0-8,6] 25 0 0% [0,0-13,7] Pintade 54 0 0%[0,0-6,6] 60 1 1,7% [0,0-8,9] / / / Poulepondeusebâtiment 51 0 0%[0,0-7,0] 54 0 0% [0,0-6,6] 35 0 0% [0,0-10,0] Poulepondeuseplein air 66 0 0%[0,0-5,4] / / / / / / Poule reproductrice 56 0 0%[0,0-6,4] / / / / / / Poulet plein air 63 0 0%[0,0-5,7] 133 0 0% [0,0-3,59] 99 0 0%[0,0-3,7] Tuerie 47 0 0%[0,0-7,6] 96 0 0% [0,0-3,8] 50 1 2% [0,1-10,7] Ratite 4 0 0%[0,0-60,2] 0 0 / / / / Total 860 26 +2douteux 959 31 * +2douteux 645 31 +1douteux * un lot de canards reproduteurs déterminé àlafois H5 et H7 séropositif PAG:Prêt àgaver Intervalledeconfiance à95%obtenupar la table des «intervalles de confianced un pourcentage»suivantlaloi binomiale Tableau 3. Bilan des sous types de virus influenza aviaire faiblement pathogènes identifiés par espèces d oiseaux sauvages prélevés en 2011 Espèce Nombre d oiseaux testés Nombre de pools positifs ou douteux enrt-pcr M Camargue Der Dombes Loire Atlantique Pas-de-Calais, et autres sites Canard colvert 248 2 3 6 0 / 11 Sarcelled hiver 137 3 0 1 0 / 4 Canard chipeau 21 2 / / / / 2 Netterousse 5 / / 1 / / 1 Pouled eau 4 1 / / / / 1 Ibis sacré 47 / / / 7 / 7 Autres espèces 372 0 0 0 0 0 0 Total pools positifs Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 51
références Jestin, V., Schmitz, A., Niqueux, E., Briand, F. X., Brochet, AL., Picault, J. P.,Hars, J., Sadonès, H., 2010. Maintien des objectifs etmodalités de la surveillancedel influenza aviaire en2009:bilanstablepar rapportà2008. Bull.Epid.Santé Anim.Alim. 40,41-46. Sadonès, H., Robinault, C., Marie, B., Briand, F. X., Jestin, V., Lebouquin- Leneveu, S., Gautier, X.2011a. Bilan de la surveillance de la maladie de Newcastle en Franceen2010: deux foyers de paramyxovirose du pigeon détectés au sein d élevages de pigeons de chair. Bull. Epid. Santé Anim. Alim.46, 47-48. Sadonès, H., Schmitz, A., Niqueux, E., Briand, F. X., Jestin, V. 2011b. Surveillance del influenza aviaire en France en2010. Bull. Epid. Santé Anim.Alim. 46,44-46. Décision 2010/367/CE du 25 juin 2010 concernant laréalisation par les Étatsmembresdeprogrammesdesurveillancedel influenza aviaire chez les volailles et les oiseaux sauvages. Note de service DGAL/SDSPA/N2011-8175 du 25 juillet 2011.Enquête relative à l influenza aviaire en 2011. Note de service DGAL/SDSPA/SDSSA/N2012-8145 du9juillet 2012. Vaccination obligatoire des pigeons contre la maladie denewcastle et contrôle de cette vaccination au sein des élevages de pigeons. Hars, J., Niqueux, E., Brochet, A. L., Briand, F.-X., Schmitz, A.,Caizergues, A., Guillemain, M., Bazus, J., Latraube, F., George, T., Sadonès, H., Jestin, V., 2012.Programme de surveillance active de l infection de l avifaune sauvage par les virus Influenza en France en 2011. Rapport final ONCFS/Anses, 14 p. Note de service DGAL/SDSPA/N2011-8007 du4janvier 2011. Appelants utiliséspourlachassedugibier d eau:mesures de biosécuritéetdispositif de surveillance du virus H5N1 hautement pathogène de l influenza aviaire. Note de service DGAL/SDSPA/N2007-8056 du 28 février 2007.Surveillance de la mortalité des oiseaux sauvages au regard du risque influenza. Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedelamaladiede Newcastle Objectif de la surveillance Vérifier et maintenir le statut indemne de la France. Détecter précocement toute apparition d une circulation virale de souches chez les volailles et les oiseaux captifs. Populationsurveillée Volailles, oiseaux captifs sur l ensemble du territoire. Modalités de la surveillance Surveillanceévénementielle:déclaration dessuspicions cliniquessur volaillesetoiseaux captifs. Surveillanceprogrammée:aucune. Vaccination Vaccinationobligatoirechez lespigeons (arrêtédu8juin1994). Définition descas MaladiedeNewcastle: infection provoquée par toute souche aviaire d un paramyxovirus du groupe 1 ayant,chez les poussins d un jour,un indice de pathogénicité intracérébrale(ipic)supérieur à 0,7. Volaille suspecte d être infectée: toute volaille présentant des symptômes oudes lésions post mortem permettant desuspecter la présence de maladie de Newcastle. Cas confirmé demaladie de Newcastle :confirmation par lelnr de la présence d un paramyxovirus du groupe 1présentant des caractéristiques permettant de le classer en souches virulentes. Police sanitaire Lors de suspicion: >pose d un APMS, réalisation deprélèvements (organes) pour analyses virologiques par inoculation sur œufs embryonnés et envoidans l un desdeuxlaboratoires agréés pour isolementviral (NS DGAL/SDSPA/N2007-8162 du 5 juillet 2007). Enquête épidémiologique amont/aval :traçabilité des animaux entrants et sortants pendantlapériode àrisque(21javantledébut dessymptômes). L objectif est: > dedater l évènement et identifier l origine de la contamination, > d estimer le risque de propagation du virusetdonc de prendre des mesuresconservatoires adaptées àcerisque, > de définir les exploitations àrisque, c est-à-dire les élevages épidémiologiquement liés àl exploitationsuspecte, ainsi que les élevagesavicoles présents autour de l exploitation suspecte. Lors de confirmation du foyer, misesous APDI de l exploitation, mise à mort des oiseaux (dérogation possible pour les oiseaux captifs avec confinement de 60j), mesures de nettoyage-désinfection, zonage de 3 et 10 km sauf en casde foyer sur oiseaux captifs. références réglementaires Arrêté du08/06/1994 fixant les mesures de lutte contre lamaladie de Newcastle Note de service DGAL/SDSPA/SDSSA/N2012-8145: vaccination obligatoire des pigeons contre la maladie denewcastle etcontrôle de cettevaccination Note de service DGAL/SDSPA/N2007-8162 du 5 juillet 2007-PESTES AVIAIRES: laboratoires d analyses pour le diagnostic sérologique et virologique 52 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedel influenza aviaire Objectif de la surveillance Vérifier et maintenir le statut indemne de la France. Détecter précocement toute apparition d une circulation virale de souches faiblement pathogènes (IAFP) ethautement pathogènes (IAHP) chez les volailles et oiseaux captifs et de souches IAHP chez les oiseaux sauvages. Populationsurveillée Volailles, oiseaux captifs et oiseaux sauvages présents sur le territoire. Modalités de la surveillance Surveillanceévénementielle: >enélevage:déclarationdessuspicionscliniquesens appuyantsurdes critères d alerte (arrêté du 24/01/2008); > oiseauxsauvages:déclarationdesmortalitésetcollectedescadavres d oiseaux sauvages selon la définition d une mortalité anormale(ns DGAL/SDSPA/N2007-8056du28février2007):uncadavredecygne ou cinq oiseauxsur un même site surune périodemaximalede7j; >canardsappelants:déclarationdemortalitésdeplusdecinqoiseaux ou signes nerveux sur plus de cinq oiseaux sur une période de 7j(NS DGAL/SDSPA/N2011-8007du4janvier 2011). Surveillanceprogrammée: >en élevages:surveillance sérologique (H5, H7) annuelleciblée sur les élevages les plus àrisque etdans les départements avicoles (élevages plein air, àproximité des zones humides, niveau de biosécurité insuffisant, élevages multi-espèces, espèces plus sensibles comme les dindes, élevages àdurée de vie longue ou présentant des mouvements commerciaux importants(élevages de sélection), espèces ayant montré une plus forte prévalence sérologique (canards,gibier)), > oiseauxsauvagesetcanardsappelants:arrêtdelasurveillanceactive respectivement en 2012 et 2011. Vaccination Vaccination interdite en France (arrêté du 18/01/2008) sauf programme de vaccination approuvé par la Commission européenne. Définition descas IAHP:infection causée par un virus de l influenza aviaire: soit appartenant aux sous-types H5 ou H7 avec des séquences génomiques, codant pour de multiples acides aminés basiques sur le site de clivage de la molécule hémagglutinine,similaires à celles observées pour d autres virusiahp, indiquantque la moléculed hémagglutinine peut subir un clivage par une protéase ubiquitaire de l hôte; soit présentant, chez les poulets âgés de six semaines, unindice de pathogénicité intraveineuse supérieur à 1,2. IAFP:infection causée par un virus de l influenza aviaire de sous-types H5 ou H7 ne répondant pas à la définition précédente. Suspiciond influenza aviaire:suspicionbasée sur: des éléments épidémiologiques, cliniques, lésionnels. Selon ces éléments, lasuspicion pourra s orienter vers une suspicion d IAFP ou IAHP et/ou, des résultats non négatifs àdes tests delaboratoire permettant de suspecter l infection par un virus de l IA(sérologies H5 ou H7 positives confirmées par lelnr ou PCR positives MouH5dans un laboratoire agréé). Confirmation d influenza aviaire: confirmation de l infection par un virus IAFP ou IAHP par le LNR. Police sanitaire Lors de suspicion(clinique ou analytique): > pose d un APMS, > réalisation de prélèvements (décision 2010/367/UE) pour analyses virologiques par PCR en laboratoires agréés (NS DGAL/SDSPA/ N2007-8162 du5juillet2007) ouenvoiaulnrpourconfirmation d une PCRpositiveenlaboratoireagrééetdistinction souches IAFP/ IAHP. Lors de suspicion analytique ausein d élevages de palmipèdes sans symptômes cliniques(sérologies positives H5 ou H7 confirmées par le LNR), la réalisation deprélèvements complémentaires est faite selon la présence ou non du lot d origine, de la mise en place de mesures de biosécurité et du taux de séropositivité du lot testé initialement (NS DGAL/SDSPA/N2008-8287du18novembre2008). Enquêteépidémiologiqueamont/aval L objectif est: > de daterl évènementetidentifier l origine de contamination, > d estimerlerisque de propagation du virusetdoncdeprendre des mesuresconservatoires adaptées àcerisque, > de définir les exploitations àrisque, c est-à-dire les élevages épidémiologiquement liés àl exploitation suspecte, ainsi que les élevagesavicoles présents autour de l exploitation suspecte. Lors de confirmation du foyer, misesous APDI de l exploitation, miseà mortdes animauxouenvoi àl abattoir possible pour l IAFP,mesures de nettoyage-désinfection, zonage de 3 et 10 km pour l IAHP et 1 km pour l IAFP. références réglementaires Directive 2005/94/CE du Conseil du 20 décembre 2005 concernant des mesures communautaires de lutte contre l influenza aviaire et abrogeant la directive 92/40/CEE Décision2010/367/UE delacommissiondu25 juin2010concernant la réalisationpar lesétats membres de programme de surveillancede l influenza aviaire chez les volailles et les oiseaux sauvages Arrêté du 18/01/2008 fixant des mesures techniques et administratives relatives à la lutte contre l influenza aviaire Arrêté du24/01/2008 relatif aux niveaux durisque épizootique en raison de l infection del avifaune par un virus del influenza aviaire hautement pathogène et au dispositif de surveillance et de prévention chez lesoiseaux détenusencaptivité Note de service DGAL/SDSPA/N2007-8162 du 5 juillet 2007-PESTES AVIAIRES: laboratoires d analyses pour lediagnostic sérologique et virologique Note de service DGAL/SDSPA/N2008-8287 du 18 novembre 2008- Mesures de gestion des exploitations suspectes et confirmées infectées d influenza aviaire faiblementpathogène Note de service DGAL/SDSPA/N2007-8056 du 28 février 2007 - Surveillance de la mortalité des oiseaux sauvages au regard du risque influenza NS DGAL/SDSPA/N2011-8007 du4janvier 2011 -Appelants utilisés pour la chasse dugibier d eau:mesures de biosécurité et dispositif de surveillance du virus H5N1 hautement pathogène de l influenza aviaire Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 53
Bilan d exécutionduprogramme de luttecontre Salmonella dans lestroupeaux desespèces Gallus gallus et Meleagris gallopavo en 2011 Estelle Hamelin(1) (estelle.hamelin@agriculture.gouv.fr), Mathieu Pinson (1), Marylène Bohnert(2) (1)Directiongénéraledel alimentation,bureau deszoonoses et de la microbiologie alimentaires, Paris, France (2) Anses, Laboratoire deploufragan-plouzané, Laboratoire nationalderéférencepoursalmonella, France Résumé Le programme de lutte obligatoire contre les salmonelles concerne tous les troupeaux de Gallusgallus et de Meleagris gallopavo. Letaux d infection dans les troupeaux de reproducteurs del espèce Gallus gallus reste relativement stable. Le taux d infection vis-à-vis de Salmonella Enteritidis et Typhimurium à l étage pondeuses d œufs de consommation diminue chaque année. Aucun cas n a été recensédans les troupeaux de dindes de reproduction visà-vis des sérovars Enteritidis et Typhimurium variants.enfin, le nombre de troupeaux de chair (Gallusgallus et Meleagris gallopavo)positifs pour Enteritidis et Typhimurium place la France en dessous de l objectif européen de réduction de la prévalence.lecoûtglobalduprogramme de luttecontinue de diminuer. Mots clés Maladie réglementée, Salmonella, épidémiosurveillance, policesanitaire, Gallus gallus, Meleagrisgallopavo, France Abstract Review of implementation of the Salmonella control programmeingallus gallusandmeleagris gallopavoflocks in 2011 Themandatory Salmonella controlprogramme concernsall flocks of Gallus gallus and Meleagrisgallopavo.The infection rate in breeding flocks of thespecies Gallus gallus remains relatively stable.the infection rate with regard to Salmonella Enteritidis and Typhimurium in flocks laying eggs for consumption is falling each year.no cases have been recorded inflocksofbreedingturkeyswithregardtoserovarsenteritidis and Typhimuriumvariants. Lastly, thenumberofbroilerflocks (Gallus gallus and Meleagris gallopavo)found positivefor Enteritidisand Typhimurium places France shortbelow the European objective to reduce prevalence.the overall cost of the control programme continues to fall. Keywords Regulated disease, Salmonella,Epidemiological Surveillance, Official control, Gallus gallus,meleagrisgallopavo,france dispositif de surveillance objectifs de la surveillance L objectif de la surveillance desalmonella dans les troupeaux de volailles est de prévenir la survenue de toxi-infections alimentaires. Les salmonelles se transmettant notamment verticalement,la surveillance porte non seulement sur les volailles de production (d œufs ou de chair) mais également sur les volailles de reproduction (Encadré). Le règlement de la Commission européenne n 2160/2003 fixe le cadre général du dispositif de surveillance des infections à Salmonella en filières aviairesdans lesétats membres.des règlements d application spécifiques ont été adoptés par la suite: le règlement (CE) n 200/2010 pour les poules (Gallus gallus) de reproduction; le règlement(ce)n 517/2011 pour les poules pondeuses; le règlement(ce)n 200/2012 pour les poulets de chair; le règlement (CE) n 584/2008 pour les dindes de reproduction et d engraissement. Le dispositif français a été mis en cohérence avec la réglementation européenne, à mesure qu elle se mettait en place. La dernière révision datedu5mars2011: les arrêtés du 26 févriers 2008 modifiés, concernent les troupeaux de poules (Gallus gallus)de reproduction ainsi que les pondeuses d œufs de consommation; l arrêté du4décembre 2009 modifié, concerne les dindes de reproduction ; l arrêtédu22décembre2009modifié,concerne lespoulets de chair et lesdindesd engraissement. Le programme de surveillance est décrit dans l article(picherot etal., 2010). Modalitésdesurveillanceen2011 Les modalités de dépistage restent inchangées depuis 2010 pour les troupeauxdel ensembledes espèces (Encadré). La réglementation française traite de la même façon les troupeaux positifs vis-à-vis de Salmonella Typhimurium et les troupeaux positifs vis-à-vis des sérovars desalmonella Typhimurium «variants»: 1,4,[5],12,i:-,1,4,[5],12,-:1,2 et 1,4,[5],12,-:- (Tableau1). Les souches isolées dans le cadre dudépistage sont conservées au LNR Salmonella de l Anses-Laboratoire de Ploufragan-Plouzané,ce qui permet des études rétrospectives de typage. résultats desdépistages pour l année2011 Les résultats des dépistages réalisés en 2011 sont présentés dans le Tableau 2 et le Tableau 3. troupeaux de Gallus gallus reproducteurs À l étage reproducteur,aucun troupeau n a été identifié en 2011 comme positif pour Salmonella Enteritidis, Salmonella Hadar ou Salmonella Virchow. L ensemble des troupeaux reproducteurs de la filière ponte ainsi que l étage sélection préponte de la filière chair ne présente aucun troupeau positif vis-à-vis des salmonelles réglementées. Salmonella Infantis aété retrouvé dans un troupeau de l étage multiplication préponte de la filière chair.depuis 2006, c est la première fois qu untroupeau de cet étage est contaminépar Salmonella Infantis. Le sérovar Typhimurium aété retrouvé dans quatre troupeaux de l étage multiplication ponte et un troupeau de l étage sélection ponte de la filière chair alors qu en 2010 aucun troupeau de l étage sélection préponte n avait été trouvé positif vis-à-vis de Salmonella Typhimurium. Il ne s agit en l occurrence pas de Salmonella Typhimurium variants, mais bien de Salmonella Typhimurium au sens strict. Le sérovar Enteritidis est absent dans les deux filières, chair et ponte ce qui est une amélioration par rapport à 2010 puisque quatre troupeaux de l étage multiplication ponte de la filière chair et un troupeau de l étagemultiplicationponte de la filièreponte s étaientrévélés positif à Salmonella Enteritidis. 54 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Le nombre detroupeaux positifs chez l ensemble des reproducteurs resterelativementstable, sixen2011pourneufen2010pouruntaux d infection qui diminue. Letaux d infection dans les troupeaux de reproducteurs de la filière chair est de 0,21 %(0,30 %en 2010). En ce qui concerne les troupeaux reproducteurs de la filière ponte aucun troupeau ne s est révélé positif en 2011 (en 2010, un troupeau de la filière multiplication ponte positif à Salmonella Enteritidis, pour un taux d infectionde0,34%). L étage sélection préponte toutes filières confondues n a révélé aucun cas d infection en2011, àl instar del année 2010. Enrevanche, les étages sélection ponte etmultiplication préponte toutes filières confondues qui n avaient révélé aucun cas d infection en 2010 ont chacun révélé un casd infection en 2011. troupeaux de poules pondeuses À l étage production de la filière ponte,enfrance, l objectif de réduction de prévalence vis-à-vis de Salmonella Enteritidis et Salmonella Typhimurium a été fixé à 10%par an par le règlement(ce)n 517/2011. La réduction deprévalence est fixée àpartir de la prévalence de8% observée en France lors de l enquête communautaire de 2004-2005. Cette réduction a bien été observée en 2010(plus de 35 %de réduction de la prévalence observée entre 2009 et 2010). Tableau 1. Classementdes sérovars «dangersanitairede1 re catégorie»(anciennementmaladieréputée contagieuse ou MRC) ou «dangerde2 e catégorie»(anciennementmaladieàdéclaration obligatoireoumdo)enfonctiondutypedetroupeau Gallus gallus -filièrechair Enteritidis Hadar Infantis Typhimurium (y compris variants) Virchow Sélectionpréponte 1 1 1 1 1 2 Sélection ponte 1 1 1 1 1 2 Multiplication préponte 1 1 1 1 1 2 Multiplication ponte 1 1 1 1 1 2 Production (poulets dechair) Gallus gallus -filièreponte 1siretrouvé dans lesmuscles 2 2 1siretrouvé dans les muscles Autres sérovars 2 2 Sélectionpréponte 1 1 1 1 1 2 Sélection ponte 1 1 1 1 1 2 Multiplication préponte 1 1 1 1 1 2 Multiplication ponte 1 1 1 1 1 2 Productionpréponte(poulettes) 1 2 2 1 2 2 Production ponte (pondeuses) 1 2 2 1 2 2 Meleagrisgallopavo Sélectionpréponte 1 2 2 1 2 2 Sélectionponte 1 2 2 1 2 2 Multiplication préponte 1 2 2 1 2 2 Multiplication ponte 1 2 2 1 2 2 Production(dindesd'engraissement) 1siretrouvé dans lesmuscles 2 2 Tableau 2. Récapitulatif desrésultats «dangerde1 re catégorie»pour l année 2011 Gallus gallus -filièrechair Nombre total d animaux couverts par leprogramme Nombre de troupeaux contrôlés Nombre de troupeaux positifs pour une salmonelle catégorie 1 au cours de l'année 2011 1siretrouvé dans les muscles Nombre de troupeaux éliminés de façon précoce 2 2 Nombre d animaux éliminés de façon précoce Sélectionpréponte 1384120 250 0 0 0 0 Nombre d'œufs détruits ou thermisés Sélection ponte 1014 321 191 1 1 4226 72000 Multiplication préponte 10 224500 1086 1 1 8058 0 Multiplication ponte 10428092 1338 4 4 37282 150715 Production (poulets de chair) 781 891 702 57182 285 0 0 0 Gallus gallus -filièreponte Sélectionpréponte 196243 27 0 0 0 0 Sélection ponte 7871 26 0 0 0 0 Multiplication préponte 819240 60 0 0 0 0 Multiplication ponte 1149428 106 0 0 0 0 Productionpréponte(poulettes) 50982407 2060 3 3 53 331 0 Production ponte (pondeuses) 59 565 431 4 000 58 56 655 022 9 365 277 Meleagrisgallopavo Sélectionpréponte 148941 38 0 0 0 0 Sélectionponte 19 561 12 0 0 0 0 Multiplication préponte 1691 376 421 3 1 5000 0 Multiplication ponte 1644200 675 2 1 3446 34879 Production(dindesd'engraissement) 48 478317 8046 61 61 342000 0 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 55
Tableau 3. Evolution descas positifs «dangers de 1 re catégorie»de2006à2011. Depuis2010, Typhimurium inclut lesvariants 1,4,[5],12,i:-,1,4,[5],12,-:1,2et1,4,[5],12,-:- Année 2006 2007 2008 2009 2010 2011 Gallus gallus -filièrechair Reproducteurs préponte Troupeaux contrôlés Inconnu 1045 1049 1070 1186 1336 Positifs Reproducteurs ponte Enteritidis 1 3 5 2 0 0 Typhimurium 3 2 0 0 0 0 Hadar Non contrôlé 1 0 0 0 0 Infantis Non contrôlé 0 0 0 0 1 Virchow Non contrôlé 1 0 0 0 0 Troupeaux contrôlés 1023 1030 998 1041 1487 1529 Positifs Pouletsdechair Enteritidis 4 3 1 3 4 0 Typhimurium 1 0 4 0 3 5 Hadar Non contrôlé 2 0 0 0 0 Infantis Non contrôlé 1 0 0 0 0 Virchow Non contrôlé 0 0 0 1 0 Troupeaux contrôlés Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé 35 911*** 49024 57182 Troupeaux positifs Enteritidis Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé 78 61 82 Typhimurium Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé 109 Gallus gallus filière œufs de consommation Reproducteurs préponte 149(+21variants «i:-», 10 variants «-:1,2» et 2variants «-:-») 179 (1) (+19 variants «i:-», 2 (1) variants «-:1,2» et 5 (1) variants «-:-») Troupeaux contrôlés 45 111 70 80 115 87 Troupeaux positifs Reproducteurs ponte Enteritidis 0 0 0 1 0 0 Typhimurium 0 0 0 0 0 0 Hadar Non contrôlé 0 0 0 0 0 Infantis Non contrôlé 0 0 0 0 0 Virchow Non contrôlé 0 0 0 0 0 Troupeauxcontrôlés 88 147 105 108 182 132 Troupeaux positifs Enteritidis 0 1 0 0 1 0 Typhimurium 0 0 0 0 0 0 Poulettesfuturespondeuses Hadar Non contrôlé 0 0 0 0 0 Infantis Non contrôlé 0 0 0 0 0 Virchow Non contrôlé 0 0 0 0 0 Troupeauxcontrôlés 1607 2115 2093 2050 2330 2060 Troupeaux positifs Enteritidis 7 7 6 2 1 0 Typhimurium 3 7 3 9 2(+1variant «i:-») 1(+2variants «i:-») Pondeusesd œufsdeconsommation Troupeauxcontrôlés 3099 2980 3067 2855 4013 4000 Troupeaux positifs Meleagrisgallopavo Reproducteurs préponte Enteritidis 104 81 62 51** 48**** 38 Typhimurium (18*) 33 36 22 20 (+ 6variants «i:-» et 1variant «-:1,2»**** 19 (+ 1variant «i:-») Troupeauxcontrôlés inconnu inconnu inconnu inconnu 455 459 Positifs Reproducteurs ponte Enteritidis Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé 0 1 Typhimurium Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé 1 2 Troupeauxcontrôlés inconnu inconnu inconnu inconnu 785 689 Positifs Dinde de chair Enteritidis Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé 0 0 Typhimurium Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé 0(+4variants «i:-» 2 Troupeaux contrôlés inconnu inconnu inconnu inconnu 9394 8046 Troupeaux positifs Enteritidis Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé 14 14 Typhimurium Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé Non contrôlé 42 (+ 3variants «i:-»et2 variants «-:1,2» *Dépistage de S. Typhimuriumnon obligatoire ** 51 infections dans lestroupeaux soumis au plan de luttecontreles salmonelles, hors basses-cours identifiées par des TIAC familiales *** nombre detroupeaux contrôlésprobablementsous-estimédufait des difficultés derecensementdes troupeaux négatifs **** dont 3troupeaux positifs àlafois pour Enteritidis et Typhimurium (1) Untroupeau positif àlafois ST.m, ST.mvariant -:-etvariant -:1,2 47 (+ 8variants «i:-»et2 variants «-:-» 56 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Tableau 4. Taux d infection des troupeaux de poulets de chair en France de 2009 à 2011. Méthode de calcul: le dénominateur est la somme des troupeaux analysés, le numérateur est le nombre de troupeaux pour lesquels un prélèvement s est révélé infecté au cours desannées2009à2011 Prévalence enquête 2006-2007 Nombre de troupeaux positifs en 2009 Taux d infection 2009 (35911 troupeaux déclarés testés) Nombre de troupeaux positifs en 2010 Taux d infection 2010 (49024 troupeaux déclarés testés) Nombre de troupeaux positifs en 2011 Taux d infection 2011 (57182 troupeaux déclarés testés) Enteritidis 0,20 % 81* 0,23 % 61 0,12% 82 0.14 % Typhimurium strict 0,10% 109* 0,30 % 149 0,30 % 179** 0,31 % SE ST strict 0,30 % 188* 0,52% 210 0,43% 261 0.45% 1,4,[5],12,i:- inconnu inconnu inconnu 21 0,04% 19 0.03 % 1,4,[5],12,-:1,2 inconnu inconnu inconnu 10 0,02% 2** 0.00% 1,4,[5],12,-:- inconnu inconnu inconnu 2 0,00 % 5** 0.01 % Il faut toutefois nuancer l appréciation de cette évolution du taux d infection: le mode de calcul du dénominateur achangé entre 2009 et 2010. En 2009, le dénominateur correspondait au nombre de troupeaux mis en place, alors qu en 2010 le dénominateur correspondait au nombre de troupeaux ayant fait l objet d une analyse conformément aux prescriptions européennes. Le taux d infection a donc étésurestiméjusqu en2009. En 2011,l objectifàatteindre étaitune prévalenceinférieureà5,3 %, cette réduction de 10 %delaprévalence d infection abien été observée. En 2011,aucun troupeau positif n est lié à une toxi-infection alimentaire collective (TIAC) attribuéeàlaconsommationd œufsdepoule.neuf troupeauxpositifssontvaccinés, septsontcontaminéspar Salmonella Enteritidis et deux sont contaminés par Salmonella Typhimurium. Parmi les sérovar Typhimurium variant, seul lesérovar variant 1,4,[5],12,i:- a été retrouvé dans un troupeaux élevé en plein air. Un seul troupeau élevé au sol a été trouvé positif vis-à-vis d Enteritidis, ce qui représente 0,4%des ateliers (en 2010, aucun troupeau élevé au sol n a été positif). En 2011, 2,3% des ateliers de production en cage ontété retrouvés positifs(commeen2010), ainsi que2,7 %des ateliers de production plein air non biologiques (diminution de 0,2% par rapport à 2010) et 1,2% des ateliers de production biologiques (diminution de 0,5 % par rapport à 2010) (Figure 1). À l étage pondeuses d œufs de consommation, les contrôles complémentaires aléatoires ou ciblés réalisés une fois par an par les DdecPP/DAAF dans un troupeau par site de plus de 1000 pondeuses représentent plus de 35 % des suspicions confirmées, ce qui est sensiblement identique àcequi avait été remarqué en 2010 Nombre de troupeaux positifs 35 30 25 20 15 10 5 (Figure 2).Sur les 58 troupeaux positifs, cinq ont nécessité deux séries de prélèvements de confirmation. À l étage poulette, la totalité des suspicions confirmées provient des prélèvements réalisés par les exploitants;les prélèvements officiels à cet étage de production n étant pas systématiques pour tous les sites. troupeaux de poulets de chair Les résultats d analyses négatifs ont été collectés de manière plus exhaustive en2011 par rapport à2010, mais la collecte des résultats négatifs reste probablement incomplète, ce qui pourrait contribuer à augmenter artificiellement le taux d infection observé (Tableau 4). Les résultats obtenus en 2011 sont conformes à l objectif européen fixé pour fin 2011 c est-à-dire inférieur à 1%. La prévalence obtenue reste supérieure à la prévalence obtenue lors de l enquête communautaire de 2006-2007, cela peut s expliquer par la probable sous-estimation du nombre detroupeaux contrôlés etégalement par l inclusion des départements d Outre-Mer et notamment dudépartement dela Réunion, qui représente àlui seul plus de 15 %des troupeaux de poulets dechair positifs vis-à-vis de Salmonella Typhimurium au niveau national. Les sérovars variants desalmonella Typhimurium sont présents dans les troupeaux de poulets de chair, en particulier lesérovar monophasique 1,4,[5],12,i:-. troupeaux de dindes de reproduction Les résultats des dépistages réalisés sur les troupeaux de dindes de reproduction sont présentés dans le Tableau 5. À l étage multiplication ponte,deux troupeaux se sont révélés positifs et le sérovar incriminé était Typhimurium. À l étage multiplication préponte trois troupeaux ont été positifs. Deux destroistroupeauxsesontrévélés positifsàsalmonella Typhimurium (en 2010, seul un troupeau était positif à Salmonella Typhimurium). Le troisième troupeau s est révélé positif à Salmonella Enteritidis. C est la première fois, depuis le début des contrôles en 2010, qu un troupeau de dinde de reproduction est positif à Salmonella Enteritidis. 1troupeau 2% 31 troupeaux 53 % 20 troupeaux 35 % 6troupeaux 10 % 0 Bio Plein air Sol Mode de production S. Enteritidis S.Tmvariant :i:- S. Typhimurium Cage Police sanitaire Contrôle officiel - Début bande suite lot infecté Contrôle officiel - Systématique routine Contrôle exploitant Figure 1.Nombre de troupeaux positifs pour chaque sérovar maladiede1 re catégorieàl étage poulespondeuses d œufs de consommation,enfonctiondumodedeproduction, en 2011 Figure 2.Origine de suspicion des cas d infection à Salmonella Enteritidis et Salmonella Typhimurium à l étage pondeuses d œufs de consommation en 2011 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 57
Tableau 5. Taux d infection des troupeaux de dindes de reproduction en France de 2010 à 2011. Méthode de calcul: le dénominateur est la somme des troupeaux analysés, le numérateur est le nombre de troupeaux pour lesquels un prélèvement s est révélé infecté au cours des années 2010 et 2011 Nombre de troupeaux positifs en 2010 Taux d infection 2010 (1 240 troupeaux déclarés testés) Nombre de troupeaux positifs en 2011 Taux d infection 2011 (1 148 troupeaux déclarés testés) Enteritidis 0 0,00% 1 0.09% Typhimurium strict 1 0,08 % 4 0,35 % SE ST strict 1 0,08% 5 0.44% 1,4,[5],12,i:- 4 0,32% 0 0.00% 1,4,[5],12,-:1,2 0 0,00% 0 0.00% 1,4,[5],12,-:- 0 0,00% 0 0.00% Tableau 6. Taux d infection des troupeaux de dindes d engraissement en France de 2010 à 2011. Méthode de calcul: le dénominateur est la somme des troupeaux analysés, le numérateur est le nombre de troupeaux pour lesquels un prélèvement s est révélé infecté au cours des années 2010 et 2011 Nombre de troupeaux positifs en 2010 Taux d infection 2010 (9 394 troupeaux déclarés testés) Nombre de troupeaux positifs en 2011 Taux d infection 2011 (8 046 troupeaux déclarés testés) Enteritidis 14 0,15 % 14 0.17% Typhimurium strict 42 0,45% 47 0,58 % SE ST strict 56 0,60 % 61 0.76% 1,4,[5],12,i:- 3 0,03% 8 0.10% 1,4,[5],12,-:1,2 2 0,02% 0 0.00% 1,4,[5],12,-:- 0 0,00% 2 0.02 % L objectif européen de prévalence est respecté pour les troupeaux de dindes reproductrices (multiplication ponte) avec une prévalence de 0,30 %. Enfin, les sérotypes variants de Salmonella Typhimurium, qui ont fait, en France, l objet des mêmes mesures que lesérotype Salmonella Typhimurium au sens strict, n ont pas été détectés en 2011 dans les étages de reproducteurs, contrairementàl année 2010. troupeaux de dindes d engraissement Le Tableau 6 présente les résultats des dépistages réalisés sur les dindes d engraissement À l étage dinde d engraissement, on remarque toujours l importance du sérovar Typhimurium strict, qui représente 77 %des cas de positivité EnteritidisetTyphimuriumstrict. L objectif européen de prévalence est respecté pour les troupeaux de production de dinde d engraissement avec une prévalence de 0,76%. évolutiondes coûtsdedépistage et desmesures de lutte L étage poulettes et pondeuses d œufsdeconsommation représente le budget le plus important du programme de lutte contre les salmonelles pour l État au regard du nombre important de troupeaux infectés et du nombredepostesindemnisés (abattage, nettoyageetdésinfection, vétérinaire sanitaire et frais divers) (Figure 3).Lenombre decas à l étage reproducteur Gallus gallus est toujours stable; le budget qui leur est alloué aussi. Lebudget des troupeaux depoulets de chair, où seules les opérations de nettoyage et désinfection font l objet d une indemnisation, apparaît stable. Enfin, l ajout des troupeaux dedindes dans le dispositif de surveillance et d indemnisation n a pas eu d impact majeur sur le coût global en 2011,comme en 2010. On remarque cependant une augmentation du budget alloué aux troupeaux de dindes de reproduction alors que le nombre de troupeaux contaminés est identique. Cette différence est liée au forfait attribué par animal qui diffère selon le type d élevage, la souche et l âge des animaux à l abattage. Conclusion Le programme de lutte contre les salmonelles mis en œuvre depuis 1998 dans les troupeaux de reproducteurs Gallus gallus et de pondeuses, étendu depuisaux pouletsetdindes, sembleapporter des résultats satisfaisants et le coût global du programme diminue. Budget consacré (en euros) 8000 000 7000 000 6000 000 5000 000 4000 000 3000 000 2000 000 1000 000 0 2006 2007 2008 2009 2010 2011 reproducteur Gallus gallus Poules pondeuses Poulets de chair dindes de reproduction dindes d'engraissement Figure3.Montants de la participation financièredel Étatpour le programme de lutte contre les salmonelles dans les élevages avicoles de 2006 à 2011 Àl étage reproducteur Gallus gallus, letaux d infection semble se stabiliser. Silenombre detroupeaux positifs àcet étage reste faible (moins d une dizaine par an), les conséquences sanitaires et économiques de ces infections sont potentiellement importantes. Dans la filière ponte àl étage de la production, le nombre decas d infection et le coût qui y est associé continue de diminuer. Dans la filière poulet de chair,le nombre de casd infection a augmenté mais conjointement avec lenombre detroupeaux élevé, le taux d infectionest doncrestéstable. À l étage reproducteur de la filière dinde,le nombre de casd infection est resté stable, le coût acependant augmenté en raison des différences de forfait enfonction des animaux abattus. Comme pour les reproducteurs Gallus gallus les conséquences sanitaires et économiques de ces infections sont potentiellement importantes. 58 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Enfin, àl étage de production de la filière dinde le nombre decas d infection et son coût associé sont restés stables. Même si dans l ensemble on observe une stabilisation, voire une diminution, du nombre d infections et une diminution de la participation financière de l État, la vigilance doit être maintenue sur l ensembledes filières concernées. références bibliographiques (1) Picherot, M., Pinson, M., Bohnert, M., Francart, S., 2010. Biland exécution du programme de lutte contre Salmonella dans les troupeaux de l espèce Gallus gallus en 2009. Bull. Epid. Santé Anim. Alim., Anses-DGAL n 40,47-52. Encadré. Surveillance et police sanitaire des infectionsà Salmonella chez les volailles Objectifsdelasurveillance Détecter, contrôler et éradiquer les infections aux sérotypes de Salmonella réputés être des dangers sanitaires depremière catégorie d après le décret n 2012-845 du 30 juin2012. Réduire la prévalence des infections aux sérotypes de Salmonella réputés être des dangers sanitaires depremière catégorie et le risque qu ils représentent pour la santé publique. Évaluer les progrès accomplis à la lumière des résultats obtenus. Surveiller l émergencedetous lessérotypes de Salmonella. Populationsurveillée Troupeaux des espèces Gallus gallus (poules) etmeleagrisgallopavo (dindes), quels que soient leur étage de production, leur localisation géographique ou leur contexte épidémiologique. Sont toutefois exemptés les troupeaux de«petite taille»(moins de 250 volailles). Sérotypes de Salmonella réputés être des dangers sanitaires de première catégorie(cf.tableau ci dessous). Modalités de la surveillance Échantillonnages réalisés par un vétérinaire sanitaire, par un délégataire préalablement formé àlatechnique de prélèvement sous la responsabilité du vétérinairesanitaire,ou par les agents des DDecPP/ DAAF: > Danslesélevagesdevolaillesetlescouvoirs,fréquenceetmodalités des programmes d échantillonnages sont fixées aminima par la réglementationeuropéenneetrenforcésparlafranceàsoninitiative. > Autres sérotypesdesalmonella (dangersdesecondecatégorie): épidémiosurveillancebasée surunprogramme d échantillonnages systématiquesréalisésavantletransfertoularéforme de chaque troupeaudevolailles. Police sanitaire(pour lessérotypes de Salmonella réputésêtre desdangers sanitaires de première catégorie) Les mesures de lutte restent inchangées depuis 2009 (Picherot et al., 2010); elles ont été étendues aux troupeaux de dindes en 2010. Suspicion: tout résultat positif d analyse portant sur des échantillons effectués dans l environnement d un troupeau de volailles.le troupeau concerné est alors placé sous APMS et la DDecPP/DAAF diligente un échantillonnage officiel de confirmation de l infection réalisé dans les lieux d élevage des volailles et, le cas échéant, sur des œufs pour les troupeauxdepoulespondeuses. Confirmation: > Reproducteurs ou poulettes futures pondeuses d œufs de consommation,l éliminationanticipée desvolaillesetdes effluents estobligatoire. > Àl étage pondeuses, l élimination anticipée des troupeaux est incitée par les mesures d accompagnement financier mais n est pasobligatoire;par contre,tousles œufs provenantd untroupeau infecté sont destinés àl industrie oùils subissent untraitement thermique. > Àtousles étages de production,l accentest mis surlaqualité des opérations de nettoyageetdésinfection, dont l efficacitédoitêtre validée officiellement pour que le bâtiment puisse être chargé à nouveauetpourque lesindemnités éventuellessoientversées. Troupeaux dereproducteurs Gallus gallus Troupeaux dereproducteurs Meleagrisgallopavo Troupeaux deproductiond œufs Gallus gallus Troupeaux deproductiondeviandes Gallus gallus et Meleagrisgallopavo Salmonella Enteritidis Salmonella Hadar Salmonella Infantis Salmonella Typhimurium Salmonella Virchow x x x x x x x x x x x Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 59
état deslieux de l anémie infectieusedes équidés(aie) en France en 2011 : aucunfoyer détecté Aymeric Hans (1)(aymeric.hans@anses.fr), Clara Marcé (2) (1) Anses, Laboratoire de pathologie équine de Dozulé, France (2) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France Résumé Le virus de l anémie infectieuse des équidés (EIAV) est l agent étiologique responsable de la maladie du mêmenom(aie). Il appartient àlafamille des Retroviridae comme levirus de l immunodéficience humaine (VIH) et présente une répartitiongéographique mondiale.l EIAVest responsable d une infection persistante de l équidé et ce dernier deviendra alors un réservoir duvirus. Tout équidé infecté présentera unrisque infectieux pour ses congénères et cela même en absence de signes cliniques évocateurs.c est pourquoi tout équidé trouvé séropositifdoit être isoléafin d éviter toute dissémination du virus au reste de la structure. La surveillance évènementielle clinique etledépistage réglementaire réalisés principalement dans le cadre dela monte n ont pas mis en évidence d équidés séropositifs pour l AIE parmi les 14000 analyses réalisées en 2011. Cependant, la vigilance demeure et il est recommandé au propriétaire de réaliser un test de Coggins lors de l achat ou de l introduction d un nouvel équidédans une structure. Mots clés Maladie réglementée,anémie infectieuse des équidés (AIE), équidés, surveillance Le virus de l anémie infectieuse des équidés (EIAV) est l agent étiologique de l AIE. Il appartient à la famille des Retroviridae, genre Lentivirus. Seuls les équidés sont sensibles à l infection par l EIAV.Suite à la primo infection, les équidés sont infectés àvie et resteront des sources de contagion pour leurs congénères, même en l absence designes cliniques(issel et al., 1982). La transmission virale d un animal à l autre se produit principalement par le sang, par l intermédiaire de piqûres d insectes ou selon un mode iatrogénique, lors de l utilisation d aiguilles ou de matériel médical non stérile. Les insectes, essentiellement des taons et des stomoxes, servent de vecteurs mécaniques (le virus ne se multiplie pas chez l insecte) en conservant le virus infectieux dans leurs pièces buccales pendant quelques heures après la piqûre. Ce mode de transmissionfavoriseladisséminationviraleprincipalement lors de regroupements de chevaux. Les équidés ne subissent pas de contrôle systématique au cours de leur vie. En effet, le diagnostic de l AIE n est réglementairement exigé que pour certaines importations et exportationsd équidés et lors des contrôles pour la reproduction chez les étalons (voir Encadré pour les modalités de surveillance).aussi, les foyers d AIE sont-ils souvent détectés après la découverte de signes cliniques évocateurs par un vétérinaire praticien, chez un équidé de sa clientèle. Cette suspicion initiale peut être àl origine dudépistage d autres équidés séropositifs àproximité ouenlien épidémiologique, qu ils soient malades ou infectés asymptomatiques. résultats de la surveillance en 2011 En 2010, près de 14500 analyses sérologiques ont été réalisées par IDGpar le réseau français de laboratoiresagréés, parmilesquelles 26 se sont avérées positives (soit 0,18 %) (Ponçon et al., 2011). Ces 26 analyses positives concernaient dix équidés répartis dans sept foyers différents provenant de six départements. En2011, environ 14200 analyses ont été réalisées par le réseau de laboratoires agréés. Deux d entreelles ontprésenté un résultatdouteux et se sont avéréesêtre négatives. Une seule analyse a été retrouvée positive et concernait un équidéstationné en Italie.L année 2011,est la première depuis2006, où aucun foyer d AIE n a été déclaré sur le territoire français. Abstract Review of the current situation for equine infectious anaemia (EIA)in France in 2011:no outbreaks detected Equine infectious anemia virus (EIAV) isthe etiological agent responsible of the EIA disease. EIAV belongs to the Retroviridae familyashumanimmunodeficiencyvirus(hiv) and exhibits a worldwide distribution. EIAV infection leads to a persistent infection of the host that will become a reservoir. All infected equids will remain a threat for other horses even in absenceofovertclinicalsigns. Forthisreason, allequidstested positive for EIA have to be isolated from other horses in order to preventthe spread of thevirustothe entire herd.neither the clinical surveillance programme nor the mandatory testingsshowedanypositivecase among the14000analyses performed in2011 infrance.however,itisrecommendedto askforacogginstestwhenbuyingorintroducinganewanimal in a barn. Keywords Regulateddisease,Equineinfectiousanemia(EIA),Equids, Surveillance discussion La transmission del AIE se fait par voie sanguine soit par insectes piqueurs (tabanidés principalement) soit par voie iatrogène (utilisation de seringues/aiguilles souillées). Les enquêtes épidémiologiques montrent que, le plus souvent, la dissémination du virus au sein d une population équine à partir d un équidé asymptomatique est faible. Il est néanmoins primordial de respecter les bonnes pratiques d élevage et d utiliser du matériel stérile à usage unique. Le foyer déclaré en 2010 amis en évidencel importancedel AIE et lesrisques potentiels que celui-ci pourrait avoir sur la filière équine. En effet, le premier dépistage a été effectué sur un trotteur réformé, puis l enquête a permis de remonter aunaisseur de l équidé, un éleveur/entraîneur ayant un effectif de chevaux de petite taille (20 équidés environ) et enfin l enquête a abouti à une grosse structure d élevage(150 équidés environ).les risques sanitaires et de transmission de la maladie ne sont pasles mêmeslorsqu unestructuredeplusieurscentaines de chevaux est impliquée, même si fort heureusement la transmission naturelle du virus entre animaux reste assez faible. De plus, afin defaciliter lesuivi des chevaux lors des enquêtes épidémiologiques mises en place suite à l apparition de foyers dans la filière équine, il serait indispensable d améliorer l identification des équidés, mais également les déclarations de vente/achat, de changement depropriétaire etdedécès, afin que ces données soient enregistrées sur la base de données du SIRE en quasi-temps réel. L amélioration de ce suivi et les moyens mis en œuvre (information auprès de la filière notamment ) sont laclé pour obtenir une population équine la plus saine possible et garantir aux professionnels de la filière une harmonisation du suivi sanitaire de leurs élevages qui diminuera d autant les risques decontamination/dissémination de maladies entreélevages. Enfin,bien que la prévalence de l AIE en France soit sûrement très faible, son importance ne doit pas être sous estimée,notamment au regard de l absencedetraitementetdes mesures de gestioncorolaires.dans la mesureoùnombred équidés infectés sontporteursasymptomatiques, 60 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
le dépistage volontaire par les propriétaires d équidés reste une mesure efficace, notamment lors d introduction d équidés dans un établissement ou lors de cessions/ventes d équidés, d autant plus que l AIE est un vice rédhibitoire. De plus, et compte tenu des tableaux cliniques relativement frustes et peu évocateurs, la recherche de l AIE devrait également être envisagée plus régulièrement par les vétérinaires praticiens lors de symptômes pouvant être attribués à de la piroplasmose. Bibliographie Issel, C.J., Adams, W.V., Jr., Meek, L., Ochoa, R., 1982. Transmissionofequine infectious anemia virus from horses without clinical signs of disease.j.am. Vet. Med.Assoc.180,272-275. Ponçon N., Moutou, F. Gaudaire, DNapolitain, L., 2011. Bilan dela surveillance del anémie infectieuse des équidés en France en2010: gestion de deux épisodes asymptomatiques.bull. Epid.Santé Anim.Alim. 46,54-55. Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedel anémieinfectieusedes équidés Objectif de la surveillance Détecter la présence de l AIE chez les équidés présents sur le territoire national. Populationsurveillée Tous les équidés présents sur le territoire métropolitain. Modalités de surveillance L AIE fait l objet d une surveillance événementielle clinique, fondée sur l obligation de déclarer les suspicions et les confirmations. Cette surveillance repose essentiellement sur le maillage vétérinaire et le réseau des laboratoires agréés pour le dépistage de l AIE,coordonné par le LNR de l Anses-Dozulé.La liste des laboratoires français agréés pour le diagnostic de l AIE par sérologie et par virologie est disponible à l adresse suivante:http://agriculture.gouv.fr/maladies-animales. Tout nouveau cas d infection doit donc être déclaré aux autorités du département concerné (DDecPP) ainsi qu à la DGAL. Tout échantillon positif doit être envoyé au LNR pour confirmation.la technique officielle utilisée pour le dépistage de l AIE en France est l Immuno-diffusion en gélose (IDG)appelé aussi test de Coggins selon la NormeNF U47-002. L AIE faitégalementl objet de dispositions au regard de la reproduction des équidés.enfin,cette maladie est un vice rédhibitoire. Police sanitaire Les mesures de lutte consistent principalement àplacer les foyers sous restriction etàassainir via l euthanasie des animaux infectés, la désinfection des locaux et matériels et le suivi sérologique mensuel des équidés restants.lefoyerest considérécommeassainietles mesures de restriction sont levées lorsque les animaux restants ont présenté deux résultats séronégatifs à trois mois d intervalle. Parallèlement, les équidés présentant un risque d infection (équidés ayant eu un contact plus ou moins étroit avec l équidé infecté et ceux présents dans un rayon de200 mètres) sont recensés et placés sous surveillance (restriction des mouvements et dépistages sérologiques réguliersafindes assurer de l absencedeséroconversion90jours après le contact avec l animal infecté). références réglementaires Deux arrêtés ministériels du23septembre 1992, définissent les mesures de gestion applicables face àune suspicion etàune confirmation d AIE ainsique le cadredelaparticipationfinancièrede l État Directives 82/894/CEE et 2009/156/CE imposant la notification de cette maladie et définissant des conditions sanitaires relatives àl AIE pour les échanges intra-communautaire d équidés Décret n 2012-845 du 30 juin 2012 fixant la liste des dangers sanitairesdepremièrecatégorie Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 61
état deslieux de l artérite virale équine (AVE) en Franceen2011 Aymeric Hans (1)(aymeric.hans@anses.fr), Clara Marcé (2) (1) Anses, Laboratoire de pathologie équine de Dozulé, France (2) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France Résumé L agent causal de l artérite virale équine(ave) est un virus à ARN de la famille des Arteriviridae.La maladie se caractérise par des signes cliniques variables tels que de l hyperthermie, de l anorexie etdes œdèmes. Chez lajument gravide, l infection peut provoquer des avortements et chez les étalons une infertilité passagère. Le virus setransmet par voie respiratoire et parvoie vénérienne lors de la saillieou lors d utilisation de semence contaminée en insémination artificielle. Les étalons porteurs asymptomatiques sont des réservoirs du virus etilest important debien suivre leur statut vis-à-vis del infection afin d éviter toute dissémination viraleausein de la population équine. L AVE estundanger sanitaire decatégorie2.lors del apparition de cas sesont les professionnels delafilière équine qui décident des éventuelles restrictions de mouvements, des dépistages etdes enquêtes épidémiologiques àmettre en place.cependant,les centresdecollecte desemence sont soumis à agrément, délivrés par le ministère de l agriculture. Ces centres de collecte doivent exiger undépistage systématique des étalons vis-à-vis del AVE avant récolte. En 2011,plus de21000 analyses sérologiques pour l AVE ont été réalisées en France ainsi qu environ 500 analyses virologiques. Mots clés Maladie réglementée,artérite virale équine(ave),équidés, reproduction Abstract Reviewofthecurrentsituationforequineviralarteritis(EVA) in Francein2011 ThepathogenresponsibleofEquineviralarteritis(EVA)disease isarnavirusbelongingtothearteriviridaefamily. Thedisease ischaracterizedbyvariableclinicalsignssuchashyperthermia, anorexia and oedema. Infection can lead in some cases to abortion in pregnant mares and causes a temporary infertility in stallions. Viral transmission occurs through respiratory or venereal routemainlywhencontaminated semen is used for artificial insemination. Stallions may shed the virus in their semen without exhibiting any clinical signs. Those stallions are becoming areservoir of the virus and should be carefully manage to prevent the spread of EVA inside the horsepopulation. EVAisanotifiabledisease. Horse industry decidesofpossiblerestrictionsthatmay applywhenanew case is confirmed. However, semen collecting centers have to be approved by the French Ministry of Agriculture and must require aneva test before accepting astallion for semen collection. In2011, more than 21 000 serological analyses for EVAhavebeen performed in France as well as around500 virological analyses. Keywords Regulated disease, Equine viral arteritis (EVA), Equids, Reproduction L artérite virale équine (AVE) est une maladie contagieuse d origine virale présente sur tous les continents.l agent étiologique est un virus de la famille des Arteriviridae,genre Arterivirus,auseindel ordre des Nidovirales (Timoney et McCallum, 1993). En France, l AVE est une maladie réglementée depuis 2006: maladie à déclaration obligatoire (MDO) de 2006 à 2012, puis danger sanitaire de catégorie 2 depuis le décret n 2012-845 du 30 juin2012. Elle est inscrite sur la listedes maladies équines de l OIE. L EAV se transmet par aérosol ou par voie vénérienne. Par aérosol, le virus est transmis par contact direct avec des chevaux infectés en phase aiguë, ou avec des tissus ou sécrétions d avortement contaminés.la transmission par voie vénérienne se fait principalement par l intermédiaire d étalons dits«excréteurs». Suite à la primo-infection par aérosol,un étalon peut éliminer le virus de son organisme et ne plus être contagieux 28 jours après ou bien héberger le virus au niveau des glandes annexes de son appareil reproducteur. Le virus seretrouve ainsi excrété dans sa semence. Ce phénomène de persistance virale dans le tractus génital de l étalon apparaît chez 30 %à 70%des étalons primo-infectés. Un étalon porteur sain qui excrète du virus dans son sperme est considéré comme un réservoir du virus etl utilisation de celui-ci pour la reproduction peut être à l origine d épizooties, comme ce fut lecas en Normandie en2007 ou en Irlande en 2003. Il a été démontré qu une jument inséminée à l aide de semence contaminée présente un risque élevé, proche de 100%, de déclarer lamaladie et ainsi delatransmettre par voie respiratoire au reste de l élevage. De plus, différentes études ont montré que la population virale chez un porteur sain évolue au cours du temps, ce qui peut conduire à l apparition de mutations dans le génome viral et ainsi faire apparaître de nouveaux variants plus virulents. C est pourquoi, une attention particulière est apportée au contrôle des étalons en France. À la suite de l épizootie d AVE qui a touché la France en 2007(Hans et al., 2008), une série de mesures destinées à mieux contrôler les étalons utilisés en insémination artificielle et en monte naturelle ont été prises par le ministère de l agriculture et les professionnels(voir Encadré). 24798 2734 total Positives total Positives total Positives total Positives analyses sérologiques 2010 1223 18 analyses virologiques 21490 2572 analyses sérologiques 2011 587 13 analyses virologiques Figure 1.Analyses réalisées en 2010 et 2011 par le réseau français de laboratoires agréés pour le diagnostic sérologique et virologique de l AVE 62 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedel artériteviraledes équidés Objectif de la surveillance L objectif de la surveillance est de détecter la présence de l AVE chez les équidés présents sur le territoire. Populationsurveillée Tous les équidés présents sur le territoire métropolitain pour la surveillanceévènementielleettous lesétalons avantadmissiondans les centres de collecte de sperme. Modalités de surveillance Contrôle de tout étalon utilisé pour l insémination artificielle(ia):l étalon doit présenter unrésultat négatif au test de diagnostic sérologique et être en possession d un certificat de vaccination si celui-ci est positif.si l étalon est séropositif et n a pas de justificatif de vaccination, son sperme doit être soumis à une épreuve virologique (isolement viral sur culture cellulaire ou détection d acides nucléiques par biologie moléculaire) qui doit être négative pour que l étalon soit accepté dans un centre de collecte de sperme. Dans le même objectif de restreindre ladissémination virale dans la population équine française, plusieurs associations de race, par l intermédiaire de leurs stud-book, ont décidé d appliquer les mêmes dispositions pour la monte naturelle à partir de la saison de monte de 2008. La liste des laboratoires français agréés pour lediagnostic de l AVE par sérologie et par virologie, est disponible à l adresse suivante: http://agriculture.gouv.fr/maladies-animales. Le LNR pour l AVE est le laboratoire Anses de Dozulé. Le dépistage s appuie sur une analyse sérologique réalisée selon la méthode deneutralisation virale selon la Norme NF U47-035etlamiseenévidenceduvirus de l AVEest réalisée par réaction de polymérisation en chaine (PCR)ou par isolement du virus surculturecellulaire. résultats de la surveillance en 2011 En 2010, le réseau français de laboratoires agréés pour le diagnostic sérologique de l AVE a réalisé 24 798 sérologies dont 2734 se sont avérées positives (soit 11,1 %). Demême, leréseau aréalisé près de 1223 analyses virologiques et 18 se sont avérées positives(soit environ 1,5%)(Figure 1). En 2011, le réseau a réalisé 21490 sérologies dont 2572 étaient positives (soit 11,9 %).La mise en évidence de l AVE par biologie moléculaire (PCR)a représenté 484 analyses dont 12 positives (soit 2,5 %), alors que le diagnostic de l AVE par isolement de virus infectieux sur culture cellulaire ne représentait que 113 analyses dont une seule était positive. Au total, le virus de l AVE a été isolé à partir de sixéquidés différents dontcinqétalons excréteurs. discussion L artérite virale équine est une maladie contagieuse qui peut se répandre rapidement grâce à ses deux modes de transmission (respiratoire et vénérienne). C est pourquoi, il est important, dès les premiers cas diagnostiqués, de prendre des mesures d isolement des chevaux infectés et/ou excréteurs, afin d éviter tout contact entre ces chevaux et ceux indemnes.les mesures préventives concernent essentiellement Police sanitaire L AVE est un danger sanitaire de deuxième catégorie selon le décret n 2012-845.Tout nouveau cas d infection doit être déclaré aux autorités du départementconcerné(ddecpp), sans que le nomdel équidé ou du propriétaire ne soit divulgué. La déclaration d un casse fait suite à la mise en évidence d une séroconversion del équidé ouàune augmentation de deux titres duniveau des anticorps anti-ave ou bien par mise en évidence de la présence du virus à partir d écouvillons naso-pharyngés, d échantillons sanguins oudesemence d étalons. Les professionnels de la filière décident des éventuelles restrictions de mouvement et/où de monte naturelle pour les étalons excréteurs. Ces animaux ne sont pas admis dans les centres de collecte agréés par le ministère de l agriculture. références réglementaires Arrêté du 4 novembre 2010 relatif à l insémination artificielle (IA) dans lesespèces équine et asinementionnant quetoutétalonutilisé en IA doit présenter un statut indemne vis-à-vis de l EAV Note de service DGAL/SDSPA/N2011-8027 précisant les conditions sanitaires obligatoires d admission des étalons dans les centres de collecte agréés Annexe 1 de la note de service DGAL/SDSPA/N2011-8027 précisant qu une dérogation peut être accordée par le DDecPP pour la collecte d étalons excréteurs d AVE dans un centre agréé pour lemarché national Décret n 2012-845 du 30 juin 2012 fixant la liste des maladies de catégorie2 les étalons porteurs sains qui excrètent le virus dans leur semence et qui jouent lerôle deréservoir du virus. Ces étalons porteurs asymptomatiques sont souvent à l origine d épizooties, comme celle de 2007 qui a particulièrement touchée la Normandie (Miszczak et al., 2012). Il faut donc suivre attentivement et régulièrement le statut sanitaire des étalons utilisés en monte naturelle et en insémination artificielle. Bibliographie Hans A., G.D., Guix E., Tapprest J., Laugier C., Zientara S., 2008.L artérite virale équine, une maladie qui passe souvent inaperçue. Bulletin des GTV, Hors série «Viroses» 65-70. Miszczak, F., Legrand, L., Balasuriya, U.B., Ferry-Abitbol, B., Zhang, J., Hans,A., Fortier, G.,Pronost,S., Vabret,A., 2012.Emergenceofnovel equine arteritis virus (EAV) variants during persistent infection inthe stallion:origin of the2007 French EAV outbreak was linked to an EAV strain present in the semen of a persistently infected carrier stallion. Virology 423, 165-174. Timoney, P.J., McCollum, W.H., 1993. Equine viral arteritis. The Veterinary clinics of NorthAmerica. Equine Pract. 9, 295-309. Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 63
état des lieux de la métritecontagieuseéquine(mce) en France en 2011 : deux cas sur des femelles trotteurs français Sandrine Petry(1) (sandrine.petry@anses.fr), ClaraMarcé (2) (1) Anses, Laboratoire de pathologie équine de Dozulé, France (2) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France Résumé LaMCEestunemaladieinfectieuseetcontagieusedeséquidés dueàune bactérie, Taylorellaequigenitalis.Satransmission estessentiellementvénérienne,lorsdelamonte naturelle ou par la semence lors d insémination artificielle.elle sévit dans toutes les régions du monde et particulièrement en Amérique du Nord et en Europe. Reclassée enmdo en 2006, puis endanger sanitaire dedeuxième catégorie, les exigences sanitaires réglementaires nationales pour la monte naturelle des équidés sont basées sur un système volontaire sous la responsabilité des professionnels, alors que des conditions sanitaires obligatoires d admission des étalonsdansles centres de collecte agréés sont maintenues pour la monte artificielle.en2011, deux casdemce ontété déclarés chez deux femelles trotteur français provenant de deux élevages normands;l une des deux juments exprimait des signes cliniques de métrite. Ces déclarations ont reposées sur l isolement par culture et l identification de T. equigenitalis àpartir deprélèvementsgénitaux. Mots clés Maladieréglementée, métrite contagieuse équine, équidé, Taylorellaequigenitalis, Taylorellaasinigenitalis Abstract InventoryofContagiousEquineMetritis (CEM)inFrancein 2011:two cases of French Trotter mares The CEM is an infectious and contagious disease of horses caused by the bacterium, Taylorella equigenitalis. Its transmissionismainlyvenereal during naturalbreeding or by thesemen during artificial insemination. It occurs in all regions of the world, especially in North America and Europe. Since 2006,the French regulatory health requirementsfor naturalbreeding are based on avoluntary system underthe responsibility of theprofessionals, whilerequired sanitary conditions for stallion admissions into approved artificial inseminationfacilitiesare maintained. In 2011,two French CEM cases were reported from two French Trotter mares from two different Norman farms,one of the two mares expressed clinical signs of metritis. These statements were based on cultureisolation and identificationoft. equigenitalis from genital swabs. Keywords Regulated disease, Contagious Equine Metritis, Equids, Taylorella equigenitalis, Taylorella asinigenitalis La MCE est une maladie bactérienne, infectieuse et contagieuse des équidés due àtaylorella equigenitalis. Satransmission est essentiellement vénérienne lors de la monte naturelle ou par la semence lors d insémination artificielle, mais peut aussi l être indirectement par le personnel ou le matériel à l occasion des inséminations, des soins ou desexamens gynécologiques.ellesévit dans toutes lesrégions du monde et particulièrement enamérique du Nord eteneurope. Chez les femelles, les expressions cliniques sont variables, allant du portage inapparent à un abondant écoulement vaginal mucopurulent traduisant uneinflammationdelasphèregénitale(métrite, endométrite, cervicite et/ouvaginite) deux àseptjours après la saillieinfectante.ces signes cliniques peuvent être associés àune réduction dutaux defécondité et une augmentation du taux de résorption embryonnaire. Sans une antibiothérapie efficace T. equigenitalis peut persister au niveau des sinus et fosse clitoridiens et de l utérus jusqu à lasaison de monte suivante, voire plusieurs années, parfois sans interférence avec la gestation et la mise-bas d un poulain normal, ce dernier pouvant à son tour être porteur delabactérie. Chez les mâles, l infection est toujours asymptomatique et T. equigenitalis peut se retrouverdans le prépuce externe, le méat urinaire et le liquide pré-éjaculatoire pendant plusieurs mois, voire années. Ainsi, la dissémination del infection est progressive d un élevage à l autre par les étalons ou les juments infectés et s entretient d une saison de monte à l autre par les porteurs sains ou chroniques. Les cas de MCE doivent être notifiés àl OIE. Son importance est due à sa contagiosité ainsi qu aux déficits économiques associés i)à la perte de la saillie, ii) au coût des contrôles réglementaires: garanties sanitaires àl importation et surveillance delamonte avec un contrôle régulier des étalons, voire en zone infectée avec un contrôle systématique des juments en début delasaison de monte, etiii) au coût de la prophylaxie offensive encas de découverte d un cas: nécessitéderetirerl équidéinfectédelamonte,traitementdel équidé infecté, désinfection des locaux et du matériel contaminés, surveillance des équidés en contact avec l équidé infecté, contrôle systématique de l efficacité du traitement. Le diagnostic officiel de la MCE (voir Encadré pour les modalités de surveillance) repose sur l isolement par culture etl identification de T. equigenitalis àpartir de prélèvements génitaux d équidés (OIE, 2008; AFNOR, 2004). Des techniques de diagnostic rapide existent (PCR, immunofluorescence) mais elles ne permettent pas d isoler l agent pathogène (un résultat positif avec ces techniques entraîne la réalisation de nouveaux prélèvements pour confirmer le cas par l isolementdet. equigenitalis). Néanmoins, elles sonttrèsutilespour effectuer unétat des lieux rapide etpour confirmer l identification d une souche det. equigenitalis depuis lacaractérisation en 2001 d une seconde espèce du genretaylorella: T. asinigenitalis (Jang et al., 2001). Cetteseconde espèceest principalementrapportée auxétats- Unis et en Europe. L analyse rétrospective de la collection française a montré sa présence en France dès 1995 entraînant le reclassement de 14 cas de T. equigenitalis en T. asinigenitalis (Breuil et al., 2011). A ce jour, la présence de T. asinigenitalis n entraîne pas de déclaration de MCE malgré i)laprésence de signes cliniques de métrite lors de contaminations expérimentalesintra-utérines chez desjuments (Katz et al., 2000), ii) laprésence det. asinigenitalis au sein de l espèce équine (et pas seulement asine), et iii) un diagnostic différentiel très difficilement réalisable entre T. equigenitalis et T. asinigenitalis par la méthodeofficielle. La liste des laboratoires français agréés pour le diagnostic de la MCE par bactériologie et par immunofluorescence est disponible à l adresse suivante:http://agriculture.gouv.fr/maladies-animales. résultats En 2011,deux femelles trotteurs français ont été déclarées positives pour la MCE. Ces deux juments provenaient de deux élevages normands (départements 14 et 27). Il est à noter que l une d entre elles exprimait des signes cliniques de métrite. 64 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Encadré. Surveillance et police sanitaire de la métrite contagieuse équine Objectif de la surveillance Détecter la présence de MCE chez les équidés. Populationsurveillée Tous les équidés présents sur le territoire métropolitain pour la surveillanceévènementielleettous lesétalons avantadmissiondans les centres de collecte de sperme. Modalités de surveillance En France, la MCE est d abord une maladie à déclaration obligatoire (MDO)de1981à1991puisune maladieréputée contagieuse (MRC)de 1992 à2005. Reclassée en MDO en2006 selon le décret n 2006-179, puis en danger sanitaire de deuxième catégorie selon le décret n 2012-845 du30juin2012, les exigences sanitaires réglementaires nationales pour la monte naturelle des équidés laissent maintenant place àun système volontaire sous la responsabilitédes professionnelsoùchaque association de race peut imposer ses règles sanitaires par l intermédiaire de son stud-book. discussion La Figure 1 illustre bien l impact du statut de MRC sur le nombre de cas de MCE entre 1992 et 2003, mais montre toujours un entretien à bas bruit de la maladie. Le fait que le diagnostic de la MCE ne soit plus systématique (dépendant de la race et du sexe de l animal) et que lecontrôle del efficacité du traitement etlasurveillance des équidés en contact avec unéquidé infecté nesoient plus une obligation réglementaire pourraient entretenir ce phénomène. Ceci est d autant plus vraisemblable avec l exemple de la race Pur-Sang où le reclassement en MDO de la MCE en 2006 n a pas réellement impacté les modalités de surveillance de la maladie et où aucun casde MCE n a été diagnostiqué depuis cette période. références bibliographiques OIE, 2008. Métrite contagieuse équine, Manuel terrestre de l OIE. Chapitre 2.5.2. AFNOR, 2004. Isolement etidentification de Taylorella equigenitalis à partir de prélèvements génitaux d équidés. NormeNF U47-108 pp. 1-15. Jang, S.S., Donahue, J.M., Arata, A.B., Goris, J., Hansen, L.M., Earley, D.L., Vandamme, P.A.R., Timoney, P.J., Hirsh, D.C., 2001. Taylorella asinigenitalis sp. nov., a bacterium isolated from the genital of male donkeys (Equus asinus). Int. J. Syst. Evol. Microbiol. 51, 971-976. Katz, J.B., Evans, L.E., Hutto, D.L., Schroeder-Tucker, L.C., Carew, A.M., Donahue, J.M., Hirsh, D.C., 2000. Clinical, bacteriologic, serologic and pathologic features of infections with atypical Taylorella equigenitalis in mares. J. Am. Vet. Med.Assoc.216(12),1945-1948. Breuil, M.F., Duquesne, F., Laugier, C., Petry, S., 2011.Phenotypic and 16S ribosomalrna gene diversityoftaylorella asinigenitalis strainsbetween 1995 to 2008. Vet. Microbiol. 148, 260-266. Pour la monte artificielle, des conditions sanitaires obligatoires d admission des étalons dans les centres de collecte agréés sont maintenues selon l arrêté ministériel du 4 novembre 2010. Elles consistent en une épreuve de diagnostic bactériologique négative effectuée chaque année avant la période de collecte sur un écouvillon provenant de la fosse urétrale. Le prélèvementdoit être postérieur au 1 er décembreprécédant la saison de monte. Le diagnostic officiel de la MCE repose sur l isolement par culture et l identification de T. equigenitalis àpartir de prélèvements génitaux d équidés (OIE,2008; AFNOR,2004). Police sanitaire En cas de découverte d un cas: nécessité de retirer l équidé infecté de la monte, traitement de l équidé infecté, désinfection des locaux et du matérielcontaminés, surveillance des équidés en contact avecl équidé infecté, contrôle systématique de l efficacité du traitement. 120 100 80 60 40 20 0 103 1992 71 84 32 34 46 46 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 22 21 15 15 7 9 3 2000 2001 2002 2003 2004 10 12 7 2 3 2 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 Figure 1.Nombre de cas français de MCE entre 1992 et 2011 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 65
Surveillance desprincipales maladies réglementées des poissons en 2011 : septicémie hémorragique virale (SHV), nécrose hématopoïétique infectieuse(nhi) et herpèsvirose de la carpe(hvc) Elodie Papin(1) (elodie.papin@agriculture.gouv.fr), Thibaud Roman (2), Thierry Morin(3) (1) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (2) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimaleetdraafbasse-normandie, Caen, France (3) Anses, Laboratoire de Ploufragan-Plouzané, unité Pathologie virale des poissons, France Résumé Dans la filière piscicole, l intensification des échanges a permis l introduction de maladies àrhabdovirus, telles la septicémie hémorragique virale (SHV) et la nécrose hématopoïétique infectieuse (NHI), impliquant ainsi la mise en place de mesures de surveillance appropriées. Cette surveillance concerne enparticulier les élevages de salmonidés (qui occupent lapremière place dans la production piscicole française) ainsi que lapisciculture d étang, du fait du spectre d espèces sensibles relativement large de ces virus. Les résultats de la surveillance pour l année 2011 confirment lemaintien d une situation sanitaire favorable sur le territoire vis-à-vis deces deux maladies.deuxfoyersd herpèsvirosedelacarpe (HVC)ont par ailleurs été mis enévidence sur le territoire en 2011, confirmant l évolutionrécente du statut sanitairenational pourcette maladie. Mots clés Maladie réglementée, poissons, maladies virales, dangers sanitaires, SHV, NHI, HVC, AIS Abstract Surveillance of theprincipal notifiable diseases in fish in 2011:ViralHaemorrhagicSepticemia(VHS),Infectious HaematopoieticNecrosis(IHN),Koï Herpes Virusdisease (KHV) In the fish-farming sector, the intensification oftrade has led to the introduction of rhabdovirus diseases, such as Viral Haemorrhagic Septicemia (VHS) and Infectious HaematopoieticNecrosis(IHN),requiringtheimplementation of appropriate surveillance.this surveillance mainly concerns the farming of Salmonidae (which represents the majority of French farmed fish production),aswellasponds,because thesevirusescan infect alarge number of sensitive species. Theresults of surveillance in 2011 confirm that thehealth situationregarding thesetwo diseasesremainsfavourable infrance.two outbreaks of Koï Herpes Virus disease (KHV) have been detected in France in 2011,confirming the national sanitarystatus regardingthisdisease. Keywords Regulateddisease,Fish,Viral diseases, Notifiable disease, VHS,IHN,KHV,ISA Chez les poissons, quatre maladies non exotiques anciennement dénommées maladies réputées contagieuses (MRC) sont désormais définies comme dangers sanitaires depremière catégorie, d après le décret 2012-845 du 30 juin 2012 (Tableau 1). La septicémie hémorragique virale (SHV)et la nécrose hématopoïétique infectieuse (NHI) sont les deux principales maladies présentes sur le territoire français. L anémie infectieuse du saumon (AIS) n est pas présente en France. L herpèsvirose de la carpe (HVC) n avait été détectée que sporadiquement sur le territoire avant 2011(un casdétecté en 2007). Ces maladies réglementées font l objet d une surveillance depuis la mise enapplication de la directive 91/67/CEE, puis deladirective 2006/88/CE, afin de répondre aux exigences sanitaires fixées par la réglementation européenne et de faciliter les échanges commerciaux. Tableau 1. Classification des virus piscicoles responsables de maladies réglementées etsituation sanitaire au 31 décembre 2011 Maladie Agent Réglementation Septicémie hémorragique virale (SHV) Nécrose hématopoïétique infectieuse (NHI) Herpèsvirose de la carpe(hvc) Anémie infectieuse du saumon (AIS) Virus de la septicémie hémorragique virale Virus de la nécrose hématopoïétique infectieuse Virus de l'herpèsvirose de la carpe Virus de l'anémie infectieuse du saumon Danger sanitaire de 1 re catégorie (ex-mrc) Situation sanitaire au 31 décembre 2011 présence présence présence absence dispositif de surveillance La surveillance deces maladies réglementées apour objectifs i) de détecter précocement tout foyer etii) d assurer une qualification indemne des zones et fermes aquacoles (piscicultures, étangs)afin de faciliterles échanges commerciaux. La surveillance s appuie sur deux dispositifs:l un obligatoire (surveillance événementielle etprogrammée), l autre volontaire (programmes de qualification) (Encadré). résultats de la surveillance 2011 surveillance clinique SurveillancecliniquedelaSHV Deux foyers deshv ont été déclarés en2011 (foyer primaire et foyersecondaire)dans deux pisciculturesnon qualifiées indemnesen Moselle. Une enquête épidémiologique a été réalisée par la direction départementale de la protection des populations de la Moselle et l Agence nationale de sécurité sanitaire de l alimentation, de l environnement et du travail (Anses) mais n a pas permis d identifier précisément l origine du foyer(le Bouquin et al., 2012). SurveillancecliniquedelaNHI Une seule suspicion clinique de NHI a été déclarée en 2011 à la direction générale del alimentation (DGAL). Les analyses deconfirmation se sontrévéléesnégatives. Surveillancecliniquedel HVC Deux foyers d HVC ont été déclarés en 2011, sur des carpes koï, l un chez un particulier, l autre dans une animalerie. Tous les poissons en 66 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
contactavec les carpes koïinfectées ont été éliminés et desmesures de désinfection ont été prises. Une enquête épidémiologique aété réalisée mais n a pas permis de confirmer l origine de ces deux foyers. Origine des suspicions cliniques Sur les cinq suspicions de maladie réglementée,quatre ont été réalisées suite à une suspicion clinique initiale du pisciculteur (constatation d une mortalité anormale). Une suspicion deshv aété investiguée dans le cadre de l enquête épidémiologique qui a donné suite au foyer primaire de SHV détecté en Moselle. discussion L évolution dunombre defoyers demaladies réglementées recensés depuis 2001 (Figure 1) est favorable, notamment en ce qui concerne la SHV et la NHI, dufait des mesures de lutte associées àlamise en œuvre des programmes dequalification depuis quinze ans sur le territoire. En 2010, un foyer de NHI avait été déclaré, et aucun foyer de SHV (Mancho et Castric, 2011). Une sous-déclaration des foyers est néanmoins suspectée. Le faible nombre de vétérinaires spécialisés Qualification des fermes aquacoles vis-à-vis de la shv et de la nhi Cinq nouvelles fermes aquacoles ont bénéficié delaqualification en 2011.Au31décembre2011, 385 fermes aquacoles étaient qualifiées indemnes de SHV et de NHI, sur un total de 621 sites d élevage en pisciculture d eau douce recensés en 2008 (Agreste, 2011), auxquels s ajoute un nombre total inconnu d étangs, évalué à plusieurs milliers. Financement Sur les 93 départements pour lesquels les données sont disponibles, 6680 euros ont été dépensés en 2011 dans le cadre de la surveillance pour financer les visites liées à un foyer (honoraires vétérinaires et frais d analyses)et9900euros pour financer lesvisites dans le cadredela qualificationdes fermes aquacoles et du maintiendelaqualification, dont 8898 euros de frais d analyses. Le coût des opérations de police sanitaire s est porté à 73565 euros (indemnités d abattage, de désinfection et prise en charge de l équarrissage). 8 7 6 5 4 3 2 1 0 NHI SHV NHI/SHV HVC 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 Encadré. Surveillanceetpolicesanitairedes maladies réglementées despoissons Figure 1.Évolution du nombre de foyers de maladies réglementées déclarés depuis2001 Objectifsdelasurveillance Détecter précocement tout foyer de maladie réglementée. Vérifier le statut de pays officiellementindemne du virusdel anémie infectieuse du saumon. Assurer une qualification indemne des zones et fermes aquacoles (piscicultures, étangs)afindefaciliterles échangescommerciaux. Populationsurveillée Poissons d aquacultureetpoissons ornementaux. Modalités de la surveillance Surveillanceévénementielle > Déclaration de toutesuspicionouconfirmationàladdecppouàla DDAAF pour les DOM,sur la base d une mortalité anormale ou d une observationdesignescliniques. La DDecPP ou la DDAAFprend un APMS > Réalisation de prélèvements en vue d une analyse depremière intentionpar l un desseptlaboratoires agréés et/oud une analyse de confirmation par lelnr de l Anses deploufragan-plouzané (identification du virus présent par méthodes cellulaires ou moléculaires) Surveillanceprogrammée La surveillance évènementielle est complétée depuis 2011 par la mise enœuvre de l agrément zoosanitaire des fermes aquacoles. Cet agrément, obligatoire pour les exploitations aquacoles, est délivré par l autorité compétente locale (DDecPP ou DDAAF). Il impose la réalisation d une analyse de risques par le responsable de la ferme aquacole et l élaboration d un plan decontrôle associé qui inclut lasurveillance des maladies réglementées. Des inspections par unvétérinaire etpar l autorité compétente sont programmées à une fréquence dépendant du niveau de risque de la ferme aquacole. Des prélèvements sont effectués en cas de suspicion. Programmes dequalification indemne des zones et compartiments piscicoles (volontaires) Un programme de qualification«indemne»d un élevage ou d une zone plus vaste pouvant comprendre plusieurs élevages et des parcours naturels peut être mis en œuvre de manière volontaire par les professionnels sur la base desdispositions de la réglementation communautaire (décision 2001/183/CEE et directive 2006/88/CE). Ce programme peut être, au choixdel exploitant, soit courtavecunéchantillonnage renforcé (deux inspections cliniquesetdeuxéchantillonnagesde150 individuschacun paranpendant deux ans), soit plus long avec un échantillonnage allégé (deux inspections cliniques et deux échantillonnages de 30 individus chacun par anpendant quatre ans). Ces programmes de qualification concernent uniquement, àcejour enfrance, la SHV et la NHI. La liste des zones etcompartiments aquacoles qualifiés indemnes de SHV et/ou de NHI est consultable sur le site Internet du MAAF sur le lien Liste des zones etcompartiments aquacoles qualifiés indemnes de SHV et/ou de NHI àl adresse suivante: http://agriculture.gouv.fr/ maladies-des-animaux-aquatiques Police sanitaire En cas de détection d un foyer de maladie réglementée, des mesures de police sanitaire sont mises en place (conformément àladirective 2006/88/CE, transposée en droit national par l arrêté du4novembre 2008). Lors de toute suspicion, la DDecPP ou la DDAAF prend un APMS. Après confirmation de l infection par le laboratoire agréé et/ou le LNR, la ferme aquacole infectée est mise sous APDI, avec des mesures d élimination des poissons morts,d abattage des animaux présentant des signes cliniques, des opérations d assec avec nettoyage et désinfection des bassins.une enquête épidémiologique amont et aval est réalisée. références réglementaires -Arrêté du 4 novembre 2008 modifié relatif aux conditions de police sanitaire applicables aux animaux et aux produits d aquaculture et relatif àlaprévention de certaines maladies chez les animaux aquatiques et aux mesures de lutte contreces maladies -Arrêté du8juin 2006 modifié relatif àl agrément sanitaire des établissements mettant sur le marché des produits d origine animale ou desdenrées contenantdes produits d origineanimale Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 67
en aquaculture,ledéfautdesensibilisationdecertainsprofessionnels et desamateurs de la filièreetl absenced indemnisationdelavaleur des poissons pour les pisciculteurs non engagés dans un programme de qualification pourraient expliquer cette sous-déclaration des foyers. La mise en œuvre de l agrément zoosanitaire et des plans de contrôle associés devrait permettre d améliorer progressivement la détection desfoyers. La détection dedeux cas de HVC en2011 confirme laprésence du virus sur le territoire.cette maladie devra faire l objet d une attention particulière dans l avenir. références bibliographiques Le Bouquin, S., Rasquin, P., Bigarré, L., Cabon, J., Lefeuvre, G., Morin, T., Castric, J., Roman, T., 2012. Investigations épidémiologiques et microbiologiques à propos de deux casde septicémie hémorragique virale en Moselle survenus en 2011. Bull. Epid. Santé Anim. Alim. Anses-DGAL. 51,5-8. Mancho, P., Castric, J., 2011. Surveillancedes principalesmaladiesréputées contagieuses des poissons en 2010 :lasepticémie hémorragique virale (SHV) etlanécrose hématopoïétique infectieuse (NHI). Bull. Epid. Santé Anim.Alim. Anses-DGAL.46, 56-57. Agreste, 2011. Recensements 2008 de la salmoniculture et de la pisciculture marine et des élevages d esturgeons. Agreste Les Dossiers. 11, 5. Bilan de la surveillance des maladies et troubles desabeilles surl année 2011 Elodie Papin(1) (elodie.papin@agriculture.gouv.fr), Jean-Blaise Davaine (2), Stéphanie Franco(3) (1) Directiongénéraledel alimentation, Bureau de la santéanimale, Paris,France (2)Brigade nationaled enquêtes vétérinairesetphytosanitaires, Paris, France (3)Anses, Laboratoire desophia-antipolis,france Résumé La surveillance des maladies réglementées concerne des maladies présentes en France telles que la loque américaine, la nosémose à Nosema apis,lavarroose, ainsi queles deux agents pathogènesexotiques quesont Tropilaelapsspp. et Aethinatumida. Elle est étroitement liée audispositif de surveillance des troubles des abeilles mis en place en 2002 pour traiter les cas de mortalités aiguës d abeilles avec suspicion d intoxication phytosanitaire. Malgré plusieurs limites à cette surveillance discutées dans le présent article, les résultats confortent la forte suspicion de circulation sous forme enzootique des trois premières maladies, et attestent de l absence detropilaelapsspp. et Aethinatumida surle territoire. Mots clés Maladie réglementée, loque américaine, nosémose, Tropilaelaps, Aethina, mortalité, dépopulation, abeilles, surveillance Abstract Reporton bee diseaseand disorder surveillance for 2011 Surveillance of legally notifiable bee diseases concerns diseases present infrance such asamerican foulbrood, nosemosis caused by Nosema apis,and varroa,and also two exotic pathogens, Tropilaelaps spp.and Aethina tumida.it is closelylinkedtothe surveillance scheme for beedisorders set up in 2002 to deal with cases ofacute bee mortality where poisoningby plant protection products is suspected. Despite the numerous limitations of this surveillance system, as discussed inthis article, the results confirm the strong suspicionthatthe firstthree diseasescirculate in enzootic formandalsoshowthattropilaelaps spp.andaethina tumida areabsentinfrance. Keywords Regulated disease, American foulbrood, Nosemosis, Tropilaelaps, Aethina, Mortality, Depopulation, Bees, Surveillance La surveillance des maladies des abeilles concerne quatre maladies anciennement dénommées maladies réputées contagieuses (MRC) que sont laloque américaine, la nosémose (à Nosema apis), le petit coléoptère des ruches (Aethina tumida) etles acariens du type Tropilaelaps spp..ces maladies sont provisoirement classées en dangers sanitaires de première catégorie, conformément au décret 2012-845 du 30 juin 2012. La varroose, anciennement définie comme maladie àdéclaration obligatoire (MDO), est classée en danger sanitaire de deuxième catégorie. La loque américaine et les deux agents pathogènes exotiques(a.tumida et Tropilaelaps spp.)sont également règlementés à l échelle européenne par le règlement(ue)n 206/2010 et la directive 92/65/CEE (Tableau1). dispositifsdesurveillance le dispositif de surveillance des maladies réglementées Le dispositif de surveillance de ces cinq dangers sanitaires(de première catégorie et deuxième catégorie) repose sur une surveillance clinique à la fois évènementielle(passive) et programmée(active)(voir Encadré). Toute suspicion clinique de l une des maladies réglementées doit être déclarée à la Direction départementale en charge de la protection des populations (DDecPP)qui confirme ounon cette suspicion et place,le caséchéant, le rucher sous arrêté préfectoral de mise sous surveillance (APMS) dans l attente des résultats d analyse delaboratoire. Lorsque le rucher est confirmé comme étant atteint de l une des maladies réglementées, celui-ci est placé sous arrêté préfectoral portant déclaration d infection(apdi), conformément à l arrêté ministériel du 11 août 1980 relatif à la lutte contre les maladies contagieuses des abeilles modifié par arrêté du 23 décembre 2009. Les différentes visites de ruchers conduites dans le cadre dela surveillance ou de la police sanitaire sont effectuées soit par les agents des DDecPP soit par des agents sanitaires apicoles, nommés par arrêté préfectoral et habilités àréaliser certaines missions de surveillance pour le compte de l État. Les performances du dispositif dépendent fortement du niveau de participation des acteurs locaux dans la surveillance clinique des maladies réglementées, très variable selon les départements. Les résultats obtenus peuvent donc être difficilement comparés à l échelle du territoire. 68 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Tableau 1. Liste des maladies réglementées etde leurs caractéristiques principales Maladie Agent Classification Réglementation Situation sanitaire enfrance métropolitaine Varroose Varroa destructor Acarien Dangersanitaire 2 e catégorie présence Nosémose Nosema apis Microsporidie Dangersanitaire 1 re catégorie présence Loqueaméricaine Paenibacilluslarvae Bactérie Petit coléoptère de la ruche Aethinatumida Insecte Tropilaelapsspp. Tropilaelapsspp. Acarien -Dangersanitaire 1 re catégorie -Directive92/65/CEE -Dangersanitaire 1 re catégorie -Directive92/65/CEE -Dangersanitaire 1 re catégorie -Directive92/65/CEE présence absence absence Les méthodes de diagnostic utilisées pour confirmer un foyer de maladie réglementée nesont pas définies réglementairement. Les analyses de confirmation sont réalisées par le laboratoire national de référence (LNR) sur les maladies des abeilles oupar certains laboratoiresdépartementaux,reconnuspourleurscompétences dans le domaine apicole. En juin 2011, les laboratoires réalisant les analyses pour la détection durisque d introduction dupetit coléoptère des ruches et des acariens du type Tropilaelaps spp., dans le cadre des importationsde reines d abeilles ou de bourdons,ont été organisés en réseau officiellement agréé (Note deservice DGAL/SDPRAT/N2011-8128 du 8 juin 2011). le dispositif de surveillance des mortalités aiguës pour lesquelles une intoxication par un produit phytopharmaceutiqueest suspectée Cette surveillance est réalisée dans le cadre duréseau national de surveillance des troubles des abeilles mis en place en2002 suite àl augmentation rapportée dunombre d affaiblissements et de mortalités d abeilles (Note de service DGAL/SDQPV/SDSPA/N2002-8110 du 2 août 2002). Les analyses pour recherche de résidus sont réalisées dans différents laboratoires, en fonction de leur compétence analytique. Le protocole de surveillance ne définit pas les méthodes de diagnostic utilisées pour effectuer les recherches toxicologiques et, à l heure actuelle, il n existe pasderéseaudelaboratoiresofficiellementagréés. le réseau pilote d épidémiosurveillance apicole Le contexte global d augmentation des mortalités et affaiblissements de colonies d abeilles a conduit la Commission européenne à lancer, en 2011,unappel àcandidatures pour la mise enplace de réseaux de surveillance des maladies etdes pertes de colonies d abeilles dans les États membres. Suite àcet appel, undispositif pilote d épidémiosurveillance a été initié dans la Drôme à l automne 2011, avec l appui local de la DDecPP, du Groupement de défense sanitaire apicole (GDSA), du groupement de défense sanitaire (GDS) drômois, des laboratoires départementaux d analyses de la Drôme et du Jura, des agents sanitaires apicoles et des apiculteurs. Suite àl acceptation par la Commission européenne du dossier de cofinancement présenté par la France, une extension de ce dispositif pilote à six départements est prévue à l automne2012. Dans chaque département, 66 ruchers sont suivis par des équipes d intervenants sanitaires formés. Ces ruchers font l objet de trois visites:à l entrée en l hivernage,à la sortie d hiver et en saison apicole. A chaque visite, un échantillon aléatoire de colonies est examiné etdes prélèvements sont effectués, afin notamment d évaluerleniveaud infestationdes coloniespar Varroa destructor,de rechercher Nosema spp. et de diagnostiquer les principales maladies des abeilles sur les colonies symptomatiques. L organisation du réseau, les modalités de la surveillance et les premiers résultats obtenus dans la Drôme seront détaillés dans un prochain numéro du Bulletin épidémiologique. la déclarationannuelledes ruchers En 2010 aété réinstaurée ladéclaration annuelle des ruchers, conformément àl arrêté ministériel du 11 août 1980 modifié. En 2011,l application «Teleruchers»a été mise en place sur le site du ministère de l agriculture, de l agroalimentaire de la forêt (MAAF) afin de permettre aux apiculteurs dedéclarer leurs ruchers enligne. Les apiculteurs qui le souhaitent peuvent néanmoins adresser un formulaire de déclaration papier à leur GDS local, qui se charge de la saisie. En 2011,30416 déclarations ont été enregistrées pour 59493 ruchers et 814750 ruches. Parmi ces déclarations, 10%(n =3013) ont été réalisées en ligne par les apiculteurs et 90%(n = 27242)ont été saisies par les GDS. Une sous-déclaration est observée, due enpartie aux difficultés de mise en place de cette nouvelle application informatique. Parallèlement, le suivi de la situation sanitaire des ruchers continue d être réalisé sous SIGAL et dans des bases de données locales: les résultats présentés ci-dessous sont issus d une collecte spécifique des données auprès desddecpp. résultats Au total, 78 DDecPP et DAAF, sur les 100 questionnées, ont répondu intégralement auquestionnaire, soit un taux de réponse de 78 %, 13 DDecPP y ont répondu partiellement. encadrementsanitaire Les agents sanitaires apicoles ont assuré, en 2011 en France, 1988 visites deruchers, soit 84 %desvisites sanitaires réaliséespour le compte des DDecPP (tous types de visite confondus). Le reste des visites a été réalisé par les agents des DDecPP. Résultats de la surveillance clinique de la loque américaine et de la nosémose Surveillance de la loque américaine Pour les 81 départements pour lesquels l information est disponible, 290 suspicions cliniques de loque américaine ont été déclarées en 2011.Parmi ces 290 suspicions,5%(n = 14)ont fait l objet d un APMS du rucher concerné. Sur l ensemble deces suspicions, 121 nouveaux foyers deloque américaine ont été confirmés, soit 42 %des 290 suspicions initiales, et 102 APDI ont été pris par les DDecPP (Tableau 2).Ce nombre est nettement supérieur à celui des suspicions ayant fait l objet d un APMS (14).Cela s explique par le fait que la plupart ruchers suspects ont fait directement l objet d une mise sous APDI sans APMS préalable. Au total, 96%des APDI ont été pris sur la base d une analyse de confirmationparunlaboratoire (contreseulement52%en2010). Au total, alorsque 172APDIétaient en vigueur au 1 er janvier2011, 194 l étaientau31décembre2011. Tableau 2. Bilan des suspicions et confirmationsde foyers de loqueaméricaineen2011 Loque américaine Nombre Proportion par rapport aunombre de suspicions cliniques Suspicions cliniques 290 - Mise sous surveillance par laddecpp (APMS) 14 4,8% Foyers confirmés 121 41,7 % Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 69
SurveillancedelanosémoseàNosemaapis Sur les81départementspour lesquels l informationestdisponible, 43 suspicions cliniques de nosémoseà N. apis ont été déclarées en 2011. Aucune de ces suspicions n a fait l objet d un APMS du rucher concerné. D après les données de la surveillance, cinq nouveaux foyers de nosémose à N. apis ontété confirméssur l année 2011,soit 12 %des 43 suspicions initiales (Tableau 3).Quatre APDI ont été pris par les DDecPP.Ces APDI ont tous été pris suite à une analyse de confirmation par un laboratoire. Tableau 3. Bilan des suspicions et confirmationsde foyers de nosémose à n. apis en 2011 Nosémose àn.apis Nombre Proportion par rapport aunombre de suspicions cliniques Suspicions cliniques 43 - Mise sous surveillance par laddecpp (APMS) 0 0% Foyers confirmés 5 11,6 % Origine des suspicions cliniques Concernant la loque américaine, 29%(n = 84) des 290 suspicions cliniques pour lesquelles l information est disponible ont été faites sur la base des déclarations effectuées par les apiculteurs et 61%(n = 177) lors des visites aléatoires réalisées par des agents agissant pour le compte des DDecPP (Figure 1).Par ailleurs, 10 %(n = 29)proviennent d autres visites, comme par exemple les visites pour l obtention d une attestation sanitaire, les visites effectuées suite aux déclarations de mortalités oudedépopulations, oules visites réalisées dans la zone de protection d un rayon detrois km défini autour d un foyer déclaré de loqueaméricaineoudenosémose. Quinze des 88 foyers confirmés de loque pour lesquels l information est disponible sont issus d une déclaration de suspicion clinique par l apiculteur, les autres foyers étant issus de suspicions établies dans le cadre de visites effectuées pour le compte des DDecPP (Figure 2). Sur les 27suspicions de nosémose pour lesquelles l information est disponible, 70 %(n = 19) ont été réalisées suite à une suspicion clinique initialedel apiculteur,alors que30%(n =8)ont étéeffectuéesdans le cadredevisitesaléatoirespar desagentsformés (Figure 3).Quatre des cinq foyers de nosémosesont issus d une déclaration de suspicion clinique par l apiculteur,le cinquième a été mis en évidence à l occasion d une visite pour la délivrance d une attestation sanitaire. Résultats de la surveillance d aethina tumida et de tropilaelaps spp. Au cours de l année 2011,aucune suspicion issue de la surveillance évènementielle n a été rapportée par les DDecPP. Il en est de même pour la surveillance ciblée sur les importations de reines d abeillesissuesdepaystiers. En revanche,le LNR a reçu quatre demandes d analyse de confirmation sur des parasites suspects de type petit coléoptère des ruches. Ces quatre suspicions ont été infirmées. Aucune analyse pour suspicion de Tropilaelaps spp.n a été enregistrée au LNR. Résultats de la surveillance clinique de la varroose En 2011, sur les 83 départements pour lesquels l information est disponible, 17 départements ont déclaré au moins unfoyer de varroose, pour un total de 2809 foyers déclarés. Ces chiffres signent une sous-déclaration de la maladie par les apiculteurs, considérant que le parasite Varroa destructor est désormais largement installé sur le territoire. Résultatsdelasurveillancedes mortalités aiguës Dans les 82 départements pour lesquels les données sont disponibles, 74 cas de mortalités anormales et 61 cas de dépopulations ont été déclarés par les apiculteurs aux DDecPP en 2011. Ces cas ont été majoritairement (mais non exclusivement) recensés auprintemps, période d utilisation privilégiée des produits de protection des cultures. Les enquêtes conduites par les DDecPP, associant éventuellement d autres services (service régional de l alimentation (SRAl) et/ou Brigade nationale d enquêtes vétérinaires et phytosanitaires (BNEVP)) conduisent, à l issue des visites sanitaires des ruchers touchés, à émettre différentes hypothèses quant à l origine supposée des troubles (Figure 4). À l issue de l enquête et sur la base notamment des résultats d analyses, les hypothèses formulées initialement quant à l étiologie du «trouble» peuventêtreconfirméesouinfirmées (Figure5). L examen des résultats obtenus confirme que les enquêtes menées par les DDecPP et les SRAl permettent rarement d aboutir à un diagnostic de certitude quant à l origine phytosanitaire des troubles(avec ou sans mauvaises pratiques agricoles). Ces difficultés expliquent enpartie la sous-déclarationconstatéedes troubles parles apiculteurs. Financement En 2011, sur les 83 départements pour lesquels l information est disponible, 27 221euros ont été dépensés pour financer les visites aléatoires de ruchers organisées localement par les DDecPP,7148 euros pour financer les visites sanitaires réalisées pour le compte des DDecPP à la suite d un signalement par l apiculteur,et 2064 euros pour financer les visites pour la délivrance d attestations sanitaires. Le coût des opérations de police sanitaire s est porté quant à lui à 14621 euros. Le coût des analyses pathologiques et toxicologiques réalisées pour le compte des DDecPP s élève respectivement à19080 euros et 9292 euros. discussion Les résultats de la surveillance des maladies et troubles des abeilles obtenus en 2011 doivent être analysés avec précaution compte tenu de certaines limites du dispositif de surveillance. surveillance clinique des maladies réglementées Le dispositif desurveillance événementielle etprogrammée des maladies et troubles desabeillesreposesur unesurveillanceclinique. Il ne permet donc pas dedétecter les ruchers infectés de manière asymptomatiquepar l un desagentslisté comme dangersanitaire de première ou deuxième catégorie. Par ailleurs, les analyses delaboratoire sont indispensables pour confirmer les suspicions cliniques de maladies réglementées.il apparaît que 96%des foyers deloque américaine ont été confirmés par ce biais en 2011,contre 52%en 2010 ce qui représente une amélioration notable. L ensembledes foyers de nosémose à Nosema apis afaitl objet d une confirmation par une analyse de laboratoire en 2011.Ce diagnostic est nécessaire compte tenu du fait que certains signes cliniques de nosémose actuellement observés sur le terrain peuvent être confondus avec ceux d autres maladies comme la paralysie chroniquedel abeille (maladie virale non règlementée) ou l acariose des trachées (maladie parasitaire non règlementée).par ailleurs,l expression clinique de cette maladie semble avoir évolué depuis plusieurs années (notamment disparition des symptômes dediarrhée) alors qu une autre espèce de Nosema (Nosema ceranae)pourrait avoir un pouvoir pathogène pour l abeille d après certaines études scientifiques (Fries, 2010;Higes et al., 2008; Chauzat et al., 2007). De plus, les méthodes utilisées ne sont pas décrites ni standardisées et aucun réseau de laboratoires agréés n a été mis en place. Cette situation conduit donc à interpréter les résultats de la surveillanceavecprécaution, alorsmême qu untypagepar PCR est nécessaire pour déterminer l espèce de Nosema impliquée dans les signescliniques observés. 70 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
surveillance évènementielle et programmée des maladies réglementées Les résultats obtenus nepermettent pas de définir les niveaux de prévalence des foyers de maladies réglementées en France ni d assurer une détection précoce de l apparition de tout foyer:aucune suspicion officielle d infestation par Tropilaelaps spp. ou Aethinatumida en 2011, faible sensibilité du dispositif de surveillance en ce qui concerne la loqueaméricaineetlanosémose. Le dispositif de surveillance évènementielle présente un défaut de sensibilité, notamment pour laloque américaine, pour laquelle la découverte de foyers provient essentiellement delasurveillance programmée, faisant suspecter que de nombreux cas cliniques ne sontpas déclarés. La surveillanceévénementielleapparaîtplusefficace pour la nosémose avec une majorité desuspicions et foyers détectés suite àladéclaration par les apiculteurs. Àl occasion des visites dites «aléatoires»,des foyers qui n ont pas fait l objet de déclaration par l apiculteur peuvent être détectés. Les ruchers visités dans le cadre de la surveillance programmée nefont pas l objet d une sélection permettant d assurer une représentativité de l ensemble des ruchers du département(tirage au sort par exemple).par ailleurs, le nombre et la fréquencedeces visites «aléatoires»varientselon lesdépartements. De plus, comme signalé plus haut, leniveau departicipation des acteurs locaux dans la surveillance clinique des maladies réglementées, et notamment les effectifs qui peuvent être dégagés par les DDecPP, varient selon les départements. Les résultats obtenus sont donc difficilement comparables àl échelle du territoire. La surveillance programmée mériterait une refonte et une harmonisation à l échelon national pour permettre une réelle interprétation des données en matière de prévalence et d évolution des maladies réglementées. Enfin, l absence deméthodes officielles d analyses et de réseaux de laboratoires agréés laissent supposer un manque d homogénéité et donc de comparabilité dans la démarche diagnostique visant à définir lesfoyers de maladies réglementées. situation sanitaire vis-à-vis des maladies réglementées Les résultats de la surveillance recueillis depuis 2006 révèlent que certains départements déclarent régulièrement des foyers de loque américaine (Bronner et al., 2011). Compte tenu de la situation enzootique de la maladie suspectée dans la plupart des régionset des nombreux mouvements de ruchers dans le cadre de la transhumance, il convient de s interroger sur les facteurs conduisant à ne détecter des foyers que dans certaines parties du territoire.il semble très probable que cette absence de foyers soit liée à une sous-déclaration des cas, en lien notamment avec l absence d un réseau d acteurs structuré localement dans le domaine du sanitaire et avec les difficultés rencontrées par certaines DDecPP pour maintenir les compétences relatives à cette filière. De même, ladéclaration des cas de varroose est probablement largement inférieure au nombre de cas réels. Depuis son introduction en 1982, Varroa destructor s est en effet installé sur le territoire national et est à l origine de dégâts importants(directs et indirects)sur les colonies. Les cas de varroose, très fréquents, sont dans les faits très rarement déclarés auprès des DDecPP.Cette sous déclaration peut éventuellement s expliquer par l absence de mesure individuelle ou d action collective particulières prises suite aux déclarations.l intérêt de cette déclaration et de sa gestion par l État mériterait donc d êtreexpertisée. Au vu de la très probable sous-déclaration des cas de maladies réglementées, la surveillance de la loque américaine et de la nosémose à N. apis, qui devrait permettre d assurer une détection précoce de toute apparition de ces deux maladies dans le but de prévenir leur diffusion, nécessiterait d être adaptée. Ceconstat laisse par ailleurs craindreundéfautdecapacité de détectionprécoce desdeuxagents exotiques(aethinatumida et acariens du type Tropilaelaps spp.).seul un contrôle ciblé sur les importations de reines est pour le moment en place lors de leur introduction sur le territoire français, ce qui est insuffisantenmatièrededétection précoce. L absencededécouverte 61 %Visite aléatoire par la ddecpp Figure1. Originedes suspicions de loqueaméricaine 17 %déclaration par l apiculteur Figure2. Originedes foyers de loqueaméricaine 30 %Visite aléatoire par la ddecpp Figure3. Originedes suspicions de nosémose 15 % Pratiques agricoles 15 % Pratiques apicoles 2%Phytosanitaire 21 %Pathologique 29 %déclaration par l apiculteur 10 %autres 83 %Visite aléatoire par la ddecpp 70 %déclaration par l apiculteur 10 % mrc 9% autre étiologie 51 % intoxication produits phytosanitaires Figure4. Étiologie suspectéedes mortalités en 2011 Figure5. Étiologie confirméedes mortalités en 2011 77 % aucune étiologie Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 71
de foyers de Tropilaelaps spp.ou d Aethinatumida conforte l hypothèse de la situation indemne de la France vis-à-vis de ces deux agents pathogènes, tout en incitant à la plus grande vigilance. Déclaration des mortalités et dépopulations Les résultats des déclarations de mortalités ou dépopulations d abeilles nécessitent également d être analysés avec précaution, compte tenu de l absence d obligation dedéclaration et de définition précise de ces deux types de troubles, du manque de moyens déployés pour objectiver le phénomène et en analyser les causes, et enfin des biais inhérents au processus dedéclaration. Les signalements sont généralement ponctuels, disparates et peu systématiques. Ils dépendent des conditions météorologiques etapicoles du moment, de la disponibilité des apiculteurs, de la fréquence de visites des ruchers et des moyens déployés sur le terrain pour effectuer ces visites. Les enquêtes menées mettent la plupart du temps en évidence la présence concomitante de contaminants chimiques et d agents pathogènes dans les ruchers, sans qu il soit possible de conclure, dans l état actuel des connaissances, sur l étiologie du phénomène et sur une relation de «cause àeffet»directe entre contaminants chimiques, agents infectieux et mortalités des abeilles. Dans tous les cas, les résultats obtenus à la suite d observations sur le terrain nécessitent d être confrontés àdes expériences randomisées. Perspectives Les limites du dispositif de surveillance événementielle français avaient été mises en évidence par l Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en 2009. Son rapport d expertise, intitulé «Bee mortality and bee surveillance ineurope»(mortalité etsurveillance des abeilles eneurope) indique que, d une manière générale, les systèmes desurveillance enplace dans l Union européenne sont peu efficaces et que les données disponibles à l échelon des États membres, ainsi que les données comparables àl échelle del Union européenne, sontinsuffisantes (EFSA, 2009). Le contexte global d augmentation des mortalités et affaiblissements de colonies d abeilles etles limites des systèmes desurveillance européen ont conduit la Commission européenne à soutenir par un cofinancement le déploiement de réseaux harmonisés d épidémiosurveillancedes pertes de coloniesd abeillesdans dix-sept États membres, dont lafrance. Un dispositif pilote desurveillance programméeadoncété initiédans la Drôme àl automne2011etest étendu à six départements à l automne 2012. Ce dispositif de surveillance permettra d estimer la prévalence des principales maladies et des principaux troubles des abeilles, en particulier d estimer les taux de mortalité hivernale et en saison des colonies. Le protocole, défini au niveau européen etadapté, dans une certaine mesure, par chacun des États membres permettra de comparer les résultats de surveillance entre eux au niveau nationalet communautaire, en assurant une standardisation et une harmonisation Encadré. Surveillance et police sanitaire des maladies réglementées et troubles des abeilles Objectifsdelasurveillance Détecter précocement les foyers de loque américaine et de nosémose à Nosema apis pour prévenir la diffusion de ces deux agents pathogènes sur le territoire français. Assurer une détection précoce de toute introduction d Aethinatumida ou de Tropilaelaps spp. sur le territoire et garantir un statut indemne dans le cadre notamment des échanges ou exportations. Suivre l évolution de la prévalence de la varroose dans le cheptel apicole français. Identifier d éventuelles utilisations de produits phytopharmaceutiques non conformes àlaréglementation et pouvant être àl origine de mortalitésaiguësd abeilles. Dans le cadre du réseau pilote d épidémiosurveillance apicole 2011-2012 (Drôme), évaluer letaux demortalité hivernale etles taux de prévalence desprincipalesmaladiesapiaires. Populationsurveillée Colonies d abeilles domestiques (Apis mellifera) sur l ensemble du territoire. Modalités de la surveillance Surveillanceévénementielle > Maladies réglementées -Déclaration obligatoire de toute suspicion clinique de l une des cinq maladies réglementées par l apiculteur à la DDecPP. -Réalisation de prélèvements en vue d une confirmation par le laboratoire. > Mortalités et affaiblissements de colonies -Signalement par les apiculteurs àladdecpp de tout incident (mortalité, affaiblissement) dans l un de leurs ruchers. -Enregistrementdes signalements. -LaDDecPP concentreson action sur lescas de «mortalitésaiguës de printemps, d été etd automne»et réalise des enquêtes avec la participation de la DRAAF (via lesral, service en charge de la protection desvégétaux),etéventuellementdelabnevp. Surveillanceactive(programmée) > Surveillance aléatoire -Inspections aléatoires programmées au niveau départemental par chaqueddecpp. La programmationdes visites aléatoires(nombre, modalités de sélection des ruchers...)est effectuée par chaque DDecPP.Le nombre et la fréquence de ces visites «aléatoires»varient donc selon les départements. > Surveillanceciblée -Examen systématique en laboratoire des cages de transport et des abeilles accompagnatrices lors d importations de reines d abeilles et de bourdonsissus de pays tiers en vue de la détection d Aethina tumida et d acariens du type Tropilaelaps spp., conformément au règlement(ue)n 206/2010. >Réseau piloted épidémiosurveillanceapicole - Dispositif pilote initié dans la Drômeà l automne2011, et étenduà sixdépartements àl automne2012. -Trente-huit ruchers suivis lors delavisite d entrée enhivernage dans la Drôme (66 ruchers suivis dans chaque département pour le réseau étendu). -Trois visites programmées dans le cadre du dispositif étendu aux sixdépartements (avantl hivernage,après l hivernageetensaison apicole) : examen clinique d un échantillon aléatoire de colonies, prélèvements pour l évaluation du niveau d infestation par varroa et la recherche de Nosema spp., et pour le diagnostic des principales maladies des abeilles sur les colonies symptomatiques. Police sanitaire Suspicionclinique:rucher placésous APMS. Confirmation par le laboratoire: rucher placé sous APDI avec, selon le cas, mise enœuvre de mesures de confinement, destruction des coloniesinfectées, destructionoudésinfectiondumatériel. Réalisationd une enquêteépidémiologique. références réglementaires Note de service DGAL/SDSPA/SDQPV/N2011-8101 du 26 avril 2011 relative au réseau de surveillance des troubles des abeilles 2011 Règlement (UE) n 206/2010 de la Commission du 12 mars 2010 établissant des listes des pays tiers, territoires ou parties de pays tiers ou territoires enprovenance desquels l introduction dans l Union européenne de certains animaux et viandes fraîches est autorisée, et définissant les exigences applicables en matière decertification vétérinaire Arrêté ministériel du 11 août 1980 relatif à la lutte contre les maladies contagieuses des abeilles modifié par arrêté du 23 décembre 2009 72 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
des différentes étapes de collecte de données dans les différents départements français et les différents États membres.les modalités de la surveillance ainsi que les premiers résultats obtenus seront, comme précisé plus haut, décrits dans une prochaine édition du Bulletinépidémiologique. Parallèlement, le dispositif de surveillance évènementielle nécessite d être maintenu et renforcé, en complément delasurveillance programmée effectuée dans le cadre des importations pour assurer une détection précoce detoute introduction d un nouvel agent pathogène sur le territoire, tel que Aethinatumida et Tropilaelaps spp.. Le renforcement de cette surveillance passe par une sensibilisation et une information de l ensemble des apiculteurs et importateurs de reines ou bourdons, ce quipermettrait de favoriser la déclaration des suspicions auprès des DDecPP, ainsi que par la formation des agents amenés à réaliser les opérations de contrôle des lots importés et la surveillancedes ruchers. Afin d assurer la qualité des résultats obtenus, les dispositifs de surveillancedevront s appuyer sur desréseaux de laboratoiresagréés partageant des méthodes de diagnostic officiellement définies et validées. Dans cet objectif,un premier réseau agréé a été constitué en juin 2011 pour la détection du risque d introduction du petitcoléoptère des ruches etdes acariens du type Tropilaelaps spp. dans le cadre des importationsde reines d abeilles ou de bourdons (Note de service DGAL/SDPRAT/N2011-8128 du 8 juin 2011). Un second réseau de laboratoires agréés pour la réalisation d analyses de pathologie sera constituéàl automne2012. Un réseau de laboratoiresagrééspourla réalisation d analyses toxicologiques sera ensuite créé. références bibliographiques Bronner, A., Davaine, J.-B., Franco, S., 2011. Bilan delasurveillance des maladies et troubles des abeilles sur l année 2011 :undispositif àfaire évoluer. Bull. Epid. Santé Anim. alim. Anses-DGAL 46, 58-63. Chauzat, M.P., Higes, M., Martin-Hernandez, R., Meana, A., Cougoule, N., Faucon, J. P.,2007. Presence ofnosema ceranae in French honey bee colonies. J. ApiculturalRes.46, 127-128. Efsa, 2009.Bee mortalityand Bee surveillanceineurope.217pp Fries, I., 2010. Nosema ceranae in European honey bees(apis mellifera). J. InvertebratePathol.103,73-79. Higes, M.,Martin-Hernandez,R., Botias, C.,Bailon, E. G.,Gonzalez-Porto, A. V., Barrios, L., del Nozal, M.J., Bernal, J.L., Jimenez, J.J., Palencia, P. G., Meana, A., 2008. How natural infection bynosema ceranae causes honeybeecolonycollapse. Environ. Microbiol. 10, 2659-69 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 73
Tableau synthétique des maladies réglementées en France Maladie Exploitations investiguées (animaux investigués) Exploitations avec résultats non négatifs (animaux avec résultats non négatifs) Suspicions clinique/ lésionnelles Foyers incidents 2011 *(%) Evolution de l'incidence 2011-2010 Prévalence 2011** (%) Tuberculose bovine 15825 (738493) 1153 (4 394) 186 95(0,041%) -17 179(0,077%) Brucellose bovine 213 065 77(116) 61 707 0 0 0 Leucose bovine enzootique 38875 37 3 3(0,0077 %) -2 0 Rhinotrachéite infectieuse bovine 203025 17 883cheptels 0 1308(0,6%) -386 8,9 % Hypodermose 10526 9 0 0-2 0 Bovins Encéphalopathie spongiforme bovine (1632 372) (20) 0 3-2 0,18/100000 Charbon bactéridien SO SO 18 5 5 Non déterminée Fièvre aphteuse SO SO 5 0 0 Non déterminée Fièvre catarrhale ovine 11 (plausibilitéforte) 0 0 0-1 0 Brucellose des petitsruminants 43 257 (1 616 531) 92 départements 233(516) 2576 0 0 0 Tremblante classique ovine (10395 abattoir) (45601 équarrissage) (0 abattoir / 4équarrissage) 0 4 +2 0% abattoir 0,009% équarrissage Tremblante classique caprine (12543 abattoir) (57648 équarrissage) (0) 0 0-1 0 Ruminants Tremblante atypique ovine (10395 abattoir) (45601 équarrissage) (3 abattoir / 21 équarrissage) 0 24-4 0,03% abattoir,0,05% équarrissage Tremblante atypique caprine (12543 abattoir) (57648 équarrissage) (0 abattoir / 6équarrissage) 0 6 +2 0% abattoir, 0,01% équarrissage Peste porcine classique 2099 (18301) 15(55) 2 0 0 0 Maladie d'aujeszky 2126 11 1 0-17 0 Porc Brucellose porcine SO SO +4 +7-5 *troupeaux pour lesquels un arrêté portant déclaration d infectionaété pris en 2011 ** élevages pour lesquels un APDI était envigueurau31décembre2011 SO: Sansobjet 74 Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011
Maladie Exploitations investiguées (animaux investigués) Exploitations avec résultats non négatifs (animaux avec résultats non négatifs) Suspicions clinique/ lésionnelles Foyers incidents 2011 * Evolution de l'incidence 2011-2010 Prévalence 2011 *(%) Influenza aviaire volailles 860 26 5 0 0 0 Influenza aviaire HP oiseaux sauvages 834 26 (1) 139 (2) 0 0 0 Influenza aviaire HP canards appelants SO SO 0 0 0 0 Maladie denewcastle volailles SO SO 16 0 (3) -2 0 Pullorose-typhose SO SO 4 4 +4 SO Salmonella dans lestroupeaux de reproducteurs des filières chairetponte de l'espèce Gallus gallus (enpériode d'élevageet de ponte) 3084 6 SO 6 0 0 Volailles Salmonella dans lestroupeaux de pondeuses d'œufs de consommation del'espèce Gallus gallus (enpériode d'élevage et de ponte) 6060 61 SO 61-0,51% 1,01 % Salmonella dans lestroupeaux de reproducteurs deespèce Meleagrisgallopavo (enpériode d'élevage etdeponte) 1146 5 SO 5 0 0 Salmonella dans lestroupeaux de production de viande de l'espèce Gallus gallus 57 182 279 SO 279-0,01 % 0,49% Salmonella dans lestroupeaux de production de viande de l'espèce Meleagrisgallopavo 8046 61 SO 61 0 0 Anémie infectieuse des équidés Non déterminé 0 0 0 Non déterminé 0 Métrite contagieuse équine Non déterminé 2 1 SO SO Non déterminé AVE Non déterminé 6 1 6-3 SO Poissons Chevaux NHI SO SO 1 0-1 SHV SO SO 2 2 +2 HVC SO SO 2 2 +2 Loqueaméricaine SO SO 290 121 +26 Nosémose SO SO 43 5-2 Animaux domestiques Abeilles Rage descarnivores SO SO 14 1 +1 Non déterminé Rage deschiroptères SO SO 7 6 +6 Non déterminé (1) Nombre de poolsd écouvillons positifs en PCRM (2) Nombre d oiseaux sauvages trouvés morts et analysés (3) Pas de foyer de maladie denewcastle chez lesvolailles mais 10cas de paramyxovirosedupigeons sur pigeons captifs Bulletin épidémiologique, santé animale et alimentationn o 54/Spécial MRE-Bilan2011 75
Cartederéférence La carteci-dessous permet d identifier lesdépartements auxquels il est fait référencedans lesdifférentsarticles, soit parleurdénomination, soit parleurnuméro. Yvelines 78 Finistère 29 Val-d'oise 95 essonne 91 Côtes-d'armor 22 morbihan 56 ille-et- Vilaine 35 loire atlantique 44 manche 50 Vendée 85 Calvados 14 mayenne 53 maineet-loire 49 Charentemaritime 17 Gironde 33 deux- Sèvres 79 orne 61 Sarthe 72 Vienne 86 Charente 16 lot-et- Garonne 47 landes 40 Gers 32 Pyrénéesatlantiques 64 Hautes- Pyrénées 65 indreet-loire 37 dordogne 24 Seinemaritime 76 eure 27 eureet-loir 28 tarn-et- Garonne 82 Hautes- Garonne 31 loir-et-cher 41 indre 36 Haute- Vienne 87 lot 46 ariege 09 Creuse 23 Corrèze 19 tarn 81 Pas- de- Calais 62 Somme 80 oise 60 loiret 45 aveyron 12 aude 11 Cher 18 Pyrénéesorientales 66 allier 03 Hérault 34 Nord 59 aisne 02 Puy-de-dôme 63 Cantal 15 Seineetmarne 77 Yonne 89 Nièvre 58 lozère 48 Hauteloire 43 aube 10 loire 42 ardèche 07 Gard 30 ardennes 08 marne 51 Côte-d'or 21 Saôneet-loire 71 rhône 69 meuse 55 Hautemarne 52 ain 01 drôme 26 Vaucluse 84 isère 38 Bouchesdu-rhône 13 Haute- Saône 70 Jura 39 Paris 75 Hauts- de- Seine 92 moselle 57 meurtheet-moselle 54 Vosges 88 doubs 25 Hautes-Savoie 74 Savoie 73 Hautesalpes 05 alpes 04 Var 83 Seine- St-denis 93 Valde-marne 94 Basrhin 67 Haut -rhin 68 territoirede-belfort 90 alpesmaritimes 06 Haute -corse 2b Corsedu-Sud 2a Directeur de publication: Marc Mortureux Directeur associé: Patrick Dehaumont Comité de rédaction: Sandrine Baron, Didier Boisseleau, Anne Brisabois, Corinne Danan, Françoise Gauchard, Pascal Hendrikx,Paul Martin, François Moutou, Sylvain Traynard Rédacteur en chef: Didier Calavas Rédactrice en chef adjointe: Clara Marcé Secrétaire derédaction: Catherine Delorme Responsable d édition: Fabrice Coutureau Assistante d édition: Céline Leterq Webmaster du site du BE : Lucie Lelyon Anses - www.anses.fr 27-31 avenue dugénéral Leclerc 94701 Maisons-Alfort Cedex Courriel: bulletin.epidemio@anses.fr Conception et réalisation: Parimage Photographies: Fotolia Impression: Bialec 65 boulevard d Austrasie -54000 Nancy Tirage: 5000 exemplaires Dépôt légal àparution/issn 1630-8018 10-31-1745 Numéro coordonné par: Alexandre Fediaevsky (1), Didier Calavas (2), Pascal Hendrikx (3), Clara Marcé (1) (1) Direction générale del alimentation, Bureau delasanté animale, Paris, France (2) Anses, Laboratoire de Lyon, France (3) Anses, Direction scientifique des laboratoires, Maisons-Alfort, France