Dossier d accompagnement pédagogique Régis Baudy Fishing Melody Au «180» du 05 avril au 06 mai 2012 Le 180, 180 rue de la 32ème D.I. 59229 Téteghem +33(0)6.82.77.82.49 1
Sommaire Présentation de l exposition I) Le contexte II) A) Pour resituer l œuvre dans son contexte de création B) Le temps de création Le dispositif A) L espace B) L installation C) Les enjeux de cette installation Indications pédagogiques : inscription dans les programmes Références 2
Présentation de l exposition Le Fonds régional d art contemporain du Nord-Pas de Calais, dont l une des missions est l accompagnement et le soutien à la jeune création, propose, du 05 avril au 06 mai 2012 à l espace «Le 180» une installation de Régis Baudy, intitulée Fishing Melody. Originaire d Agen, Régis Baudy a débuté ses études à l Ecole Supérieure d Art de Perpignan pour ensuite intégrer l Académie Royale des Beaux-Arts de Copenhague (DK). Il vit et travaille à Bruxelles. Depuis une dizaine d années, Régis Baudy part à la rencontre de groupes de personnes, de communautés, et développe, à partir de ces rencontres, un travail vidéographique 1. En 2011, Régis Baudy est invité à travailler avec une classe de troisième du collège Lucie Aubrac à Dunkerque, dans le cadre des résidences «Écritures de lumière». Ce dispositif permet à un artiste d être accueilli dans un établissement scolaire et d accompagner une réflexion et une création d élèves en lien avec les pratiques photographiques contemporaines. Parallèlement à cette résidence, il a poursuivi son travail personnel et, en explorant les rivages de Dunkerque, il a fait la connaissance d une communauté de pêcheurs particulière, avec laquelle il a passé beaucoup de temps. «Fishing Melody» est ce temps d immersion, une mélodie de la plainte et de la crainte que l artiste a ressenti dans l univers de ces pêcheurs, de plus en plus en péril. Les formes visuelles et sonores de l installation qui se déploient dans l espace d exposition, confrontant le visiteur à un environnement hostile, sont l expression métaphorique du «désarroi d hommes confrontés à la disparition des lieux de pêche, à la pollution des rivages et à une difficile réalité socio-économique». 2 À l aide du fonds documentaire (photographies et captations sonores) présent dans l espace d exposition, en contextualisant et en analysant tous les éléments constituant l installation vidéo-son, il s agit de cerner ce qui a trait au réel et ce qui a trait au fictionnel, à la métaphore, dans cet ensemble, pour en définir les enjeux artistiques et socioculturels. 1 L art vidéo apparaît dans les années 1960 à une époque où les artistes souhaitent approprier aux arts plastiques les codes du cinéma et ceux de la télévision naissante. Nam June Paik, l un des premiers artistes vidéo, utilise directement les moniteurs comme formes plastiques. Aujourd hui, les artistes contemporains utilisent la vidéo pour ses propriétés narratives et ses capacités d interaction avec le spectateur, notamment dans des installations à grande échelles comme celles de l artiste Bill Viola. Définition extraite de La condition humaine, People and Places Guide pédagogique, FRAC NPDC, Espagne, 2012 2 Propos de l artiste 3
I) Le contexte A) Pour resituer l œuvre dans son contexte de création En 2011, Régis Baudy est parti à la rencontre de pêcheurs qui se retrouvent régulièrement le long des jetées de Saint Pol sur Mer, du Clipon et de la sortie des eaux chaudes de la centrale nucléaire de Gravelines. Photographies fournies par l artiste et visibles dans le diaporama présenté sur la table de documentation de l exposition La première étape de sa démarche consiste alors en une véritable immersion dans l environnement de ces hommes. Les disparitions successives des lieux de pêche, la pollution des rivages et la difficile réalité socio-économique ont profondément transformé ce loisir : il est désormais autant question d hygiène de survie que de détente. Toutefois, ces rendez-vous restent pour eux une formidable occasion de se retrouver entre amis, et de s échapper du quotidien. B) Le temps de création Les moments passés et les expériences partagées au sein de cette communauté ont été largement documentés par l artiste (photographies ci-contre et témoignages sonores). Fishing melody à été conçu sur la base d un grand nombre de rencontres. Cependant, la vidéo présentée, d une durée de quatre minutes, ne laisse apparaître qu un jeune homme. Il s agit de Johan, un pêcheur d une trentaine d années, avec lequel Régis Baudy a beaucoup échangé. Il se livre à une pêche énigmatique et peu conventionnelle, que l on croirait exécutée au lasso. Une pêche se voulant fictive, dont l objectif est d illustrer les difficultés et l hostilité auxquelles cette communauté est désormais confrontée. La mer n apparaît pas à l écran, la digue contribue à créer un espace particulier, entre réalité et fiction. 4
II) Le dispositif Questionner la forme, l espace, la matière, la lumière, le temps et comprendre que le contexte, les éléments montrés, choisis ( ) forment un tout qui sert le propos de l artiste : ces hommes luttent au quotidien, dans un décor industriel menaçant et menacé. A) L espace L installation est présentée à l espace associatif «Le 180» de Téteghem, qui a ouvert ses portes en mai 2011. C est un ancien corps de ferme, dont la grange accueille, depuis, des expositions d art contemporain indépendantes. Cet espace est aux antipodes de ce que l on appelle le «white cube» 1. L artiste qui expose doit composer avec le caractère fort du bâtiment, les murs et sols bruts, la pierre, la lumière ESPACE : - Quelle prise en compte de l espace? Quels effets produits? - Dans quel autre espace cette installation pourrait être montrée? LUMIERE : - Quelle utilisation? Quel(s) rôle(s) dans l espace? B) L installation Trois éléments constituent l exposition Fishing Melody : - l image vidéo, projetée en grand format sur des cimaises blanches installées dans l espace pour l occasion - la bande sonore, diffusée à fort volume - la table de documentation-archives avec un diaporama de photographies et des captations sonores, auxquelles Régis Baudy ne donne pas un «statut d œuvre d art» mais véritablement de complément d informations. TEMPS : - Le temps du mouvement le temps de la vidéo l alternance vidéo/images d archives : Quelles observations? 1 Idéal d espace d exposition le plus neutre possible, aux murs droits et blancs, théorisé tout au long de la deuxième moitié du XX ème siècle 5
MATIERE : - Matérialité / immatérialité : l image vidéo, le son, la diffusion dans l espace : Quelles particularités? FORME : - Quels liens entre forme visuelle et forme sonore? C) Les enjeux de cette installation En assemblant tous les éléments qui composent cette installation, il s agit de comprendre de quelle manière Régis Baudy a posé un regard d artiste plasticien sur le quotidien de cette communauté et quel est l objet qu il a produit pour rendre visible cette réalité. Réalité / Fiction 1 : quels sont les éléments réels, anthropologiques 2, les éléments fantasmés, les éléments métaphoriques? Quelle(e)s différence(s) avec un documentaire type reportage télé? Quoi de plus? Quoi de moins? Pourquoi une œuvre plutôt qu un reportage? Quel intérêt à la présence de la table de documentationarchive? Fait-elle partie du dispositif? En quoi? Quels liens créer entre l installation vidéo-son et la table de documentation? Quel(s) sens l installation donne-t-elle à la table et quel(s) sens la table donne-t-elle à l installation? Quels médiums sont utilisés ici? (décrypter tous les éléments visibles et invisibles : il y a l image, le son, le lieu, la porte d entrée, l obscurité, le chemin que l on parcourt pour arriver jusque là, le mouvement du visiteur ) Comment fonctionnent-ils les uns avec les autres? 1 Fiction : Une fiction est une histoire fondée sur des faits imaginaires plutôt que sur des faits réels. L art vidéo, notamment, qui entretient des rapports incestueux avec le cinéma, reste friand de fiction, tout comme la photographie. 2 Anthropologie : Le terme «anthropologie» vient de deux mots grecs, anthrôpos qui signifie homme (au sens générique) et logos qui signifie étude (ou sciences) L anthropologie est la branche des sciences qui étudie l être humain sous tous ses aspects, à la fois physiques (anatomie, morphologie, physiologie) et culturels (société, religion, psychologie, géographie ) Elle tend à définir l humanité en faisant une synthèse des différentes sciences humaines et naturelles. Définitions extraites de La condition humaine, People and Places Guide pédagogique, FRAC NPDC, Espagne, 2012 6
Indications pédagogiques : inscription dans les programmes Au premier degré : Histoire des arts collège : «les arts du son» ; «les arts du visuel» ; «les arts de l espace» «les arts du son» ; «les arts du visuel» ; «les arts de l espace» Thématique «Arts, espaces, temps» - Piste L œuvre d art et la place du corps dans le monde et la nature Thématique «Arts, créations, cultures» - L œuvre d art et la genèse des cultures Arts plastiques collège : 5 ème : Images, œuvre et fiction - La construction, la transformation des images - L image et son référent 4 ème : Images, œuvre et réalité - Les images et leur relation au réel - Les images et leur relation au temps et à l espace 3 ème : L espace, l œuvre et le spectateur - La prise en compte et la compréhension de l espace de l œuvre - L expérience sensible de l espace - L espace, l œuvre et le spectateur dans la culture artistique (l œuvre dans sa dimension sociale et politique) Histoire des arts lycée : Champ anthropologique «les arts du son» ; «les arts du visuel» ; «les arts de l espace» 7
Thématique : «Arts, réalités, imaginaires» : - L art et le réel Thématique : «Arts, sociétés, cultures» : - L art et l appartenance - L art et les autres Champ historique et social Thématique : «Arts et économie» : - L artiste et la société Champ esthétique Thématique : «Arts, artistes, critiques, publics» : - L art et ses lieux d exposition et de diffusion 8
Références Dans la collection du FRAC Nord-Pas de Calais Régis Baudy Harnes, 2007, 7 Vidéo couleur, son, support DVD Originaires d Harnes dans le Nord-Pas de Calais, plusieurs personnes évoquent leur représentation de la résistance à l occupation ennemie pendant la seconde guerre mondiale. Un traitement du passé, hors documentaire, qui s intéresse à la façon dont s est imprégné ce vécu dans la mémoire collective. Œuvre produite par le FRAC Nord-Pas de Calais Visuel fourni par l'artiste (c) Régis Baudy Lorena Zilleruelo Elan et élégie, 2009 Support DVD. Vidéo projetée dans une pièce de 5 x 8 x 4 m de haut minimum Lorsque le public avance vers l écran, la vidéo est activée et les personnages (ouvriers, travailleurs clandestin, employés ) se mettent en marche. Une marche qui est un acte de révolte. Bruno Serralongue Abris #5, de la série Abris 2007, 125 x 158 cm Ilfochrome collé sur aluminium, encadré de plexiglas Série de photographies réalisées dans la «Jungle» à Calais (camp de réfugiés, afghans pour la plupart) à la suite de la fermeture du centre de Croix-Rouge de Sangatte en 2002. Visuel fourni par la galerie (c) Bruno Serralongue - Air de Paris 9
Joël Bartolomeo Comment on fait pour arrêter de boire? 2008, 2 22, support DVD Vidéo réalisée dans le cadre d une résidence au service d addictologie du Centre Hospitalier de Dunkerque (2008), en coproduction avec le PRAF Nord-Pas de Calais et le CCRAV, dans le cadre du dispositif national «Culture à l hôpital». Pour élargir Le cauchemar de Darwin Réalisateur : Hubert Sauper Film documentaire, 2004, 1h47 En Tanzanie, autour du lac Victoria, les habitants se nourrissent des carcasses de perches du Nil, prédateurs voraces introduits dans le lac dans les années 1960. Une catastrophe écologique liée à un autre fléau : la Tanzanie est une plaque tournante du trafic d armes mondial. 930 avenue de Rosendaël 59240 Dunkerque Téléphone : +33 (0)3 28 65 84 20 Site web : http://www.fracnpdc.fr Contact pour visites scolaires : scolaires.fracnpdc@gmail.com 10