ROYAUME DU MAROC AGENCE DU BASSIN HYDRAULIQUE DU SEBOU Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions Impacts - Objectifs - Mesures Rapport préliminaire du projet Ec Eau Sebou Avril 2008 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures ACTeon Innovation, policy, environment
Note au lecteur Ce rapport a été préparé dans le cadre du projet Ec Eau Sebou de collaboration entre l Agence Hydraulique du Bassin du Sebou et le programme méditerranéen du WWF. Financé par l Union Européenne, ce projet s attache à tester les méthodes et outils d analyse économique proposés par la Directive Cadre sur l Eau Européenne dans le bassin du Sebou, dans le but d évaluer la pertinence de telles approches dans le contexte de la gestion de l eau au Maroc et d identifier les conditions nécessaires à leur application. Les résultats présentés dans ce rapport ont été obtenus grâce aux informations et données rendues disponibles par les différentes administrations marocaines et projets de recherche en gestion des ressources en eau. Les partenaires Ec Eau Sebou gardent cependant l entière responsabilité des résultats présentés dans ce rapport dont l objectif principal est d illustrer l application de méthodes et approches dans le contexte particulier du bassin du Sebou. Ce rapport a été préparé par: Benoit Grandmougin, ACTeon, b.grandmougin@gmail.com En collaboration avec : Mohamed Er-rabbani, errabbani1med@yahoo.fr Meryem El Madani, WWF MedPO, Maroc, melmadani@wwfmedpo.org Aziz Bouignane, ABHS, Azingat@yahoo.fr Leila Mizane, ABHS, lailamis@yahoo.fr Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 2
Sommaire Introduction... 7 1. Identification des principaux enjeux qualitatifs du bassin... 8 1.1. Sources de pressions et charge polluante brute sur les eaux superficielles du Sebou.8 1.1.1. Rejets domestiques... 9 1.1.2. Charge polluante industrielle:... 13 1.1.3. Charge polluante issue des décharges :... 18 1.1.4. Charge polluante issue des pratiques agricoles :... 19 1.2. Impact sur les cours d eau... 22 1.2.1. Echelle d analyse... 22 1.2.2. Prise en compte de l autoépuration des cours d eau... 23 1.2.3. Simulation dans les conditions critiques d étiage... 24 1.3. Objectifs de qualité... 29 1.3.1. Objectifs de qualité ABHS- BURGEAP-Phenixa 2006... 29 1.3.2. Objectifs de qualités Bon état DCE... 31 1.4. Leviers et proposition de mesures... 34 1.4.1. Leviers et programmes d actions génériques.... 34 1.4.2. Alimentation d une base de mesures détaillées et calcul du ratio Coût/efficacité...36 2. Mesures et enjeux quantitatifs sur les nappes du Gharb et Fes Meknes :... 39 2.1. Enjeux :... 39 2.1.1. Connaissances actuelles sur les points de prélèvement... 39 2.1.2. Analyse par secteur des pressions quantitatives sur la ressource souterraine en général.39 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 3
2.1.3. Nappe de Fes Meknes:... 42 2.1.4. Nappe du Gharb:... 44 2.2. Objectifs quantitatifs.... 46 2.2.1. Définition DCE du bon état quantitatif des masses d eau souterraines... 46 2.2.2. Bon état quantitatif des masses d eau souterraines du Sebou... 46 2.3. Leviers et proposition de mesures... 47 3. Prochaine étape : l analyse coût efficacité des mesures... 48 3.1. Phase 1 : Classement des mesures par ratio coûts/efficacité croissants... 48 3.2. Phase 2 : Construction du programme de mesure le plus coût / efficace... 49 Conclusions... 51 Ressources bibliographiques principales... 53 Annexes... 54 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 4
Liste des figures : Encadré 1 : Paramètres physicochimiques et chimiques analysés dans le bassin du Sebou... 8 Figure 2 : Carte de la démographie communale et des principaux centres urbains... 9 Figure 3 : Répartition de la population par sous bassin hydrographique... 10 Encadré 4 : Pollution diffuse issue des ménages ruraux.... 10 Figure 5 : L Oued Fes à sa traversée de l ancienne Medina... 10 Tableau 6 : Ratios d émission de DBO5, DCO et MES par taille de centre... 11 Tableau 7 : Emissions brutes de polluants domestiques urbains par sous bassin.... 12 Figure 8 : Répartition des flux de DBO5 urbains entre sous bassins hydrographiques... 13 Figure 9 : Contribution des secteurs industriels principaux aux émissions polluantes industrielles par paramètres Emissions 2005, Source PDAIRE 2005, ABHS- CID 2004... 14 Encadré 10 : 40% des huileries marocaines dans le bassin du Sebou.... 15 Figure 11 : Tanneries de Fes... 15 Figure 12 : Emissions brutes industrielles par secteurs, paramètres et sous bassin... 17 Figure 13 : (a) décharge controlée de Fes (b) bassin de stockage des lixiviats... 18 Figure 14 : répartition des charges polluantes en DBO5 et DCO issue des rejets domestiques solides par sous bassins... 19 Tableau 15 : Transferts d azote et de phosphore vers l environnement par unité de surface.. 20 Figure 16: Remplissage d un pulvérisateur dans une exploitation de Sidi Silimane.... 20 Tableau 17 : Flux de nitrates, phosphates et pesticides d origine agricole réjetés dans les cours d eau, simulation par sous bassin... 20 Synthèse 18 : Distribution spatiale des charges polluantes brutes... 21 Figure 19 : Cartes des 11 sous bassins hydrographiques, unité hydrographique de base utilisées dans le cadre du projet Ec eau Sebou.... 23 Figure 20 : Courbe d abattement de la charge polluante induite par l autoépuration d un oued.... 24 Figure 21 : Flux de DBO5 à l aval des sous bassins (autoépuration et transferts interbassins compris.)... 24 Tableau 22 : Valeurs et mode d estimation des débits minimums et d étiage retenus dans le cadre des simulation de concentration à l aval des sous bassin.... 25 Tableau 23 : Résultats des concentrations simulées dans des conditions critiques (débit d étiage mensuel), moyenne minimum (débit moyen minimum, source ABHS- BURGEAP) en aval de sous bassin et comparaison aux valeurs mesurées à la station la plus proche.... 26 Figure 24 : Teneur en chrome dans l oued Fes en aval des rejets de Fes... 27 Figure 25 : Chrome recyclé en sortie de la station expérimentale de déchromatation de Dokkarat.... 28 Tableau 26 : Grille d objectifs de qualité retenue... 29 Tableau 27 : Définition des usages par classe de qualité d eau... 30 Tableau 28 : Objectifs de qualité progressifs... 31 Figure 29 : Schéma illustrant la notion de bon état écologique.... 32 Tableau 30 : Tableau de comparaison des objectifs quantifiés de la DCE et des classes de qualité des eaux de surface du Sebou... 32 Tableau 31 : Comparaison des objectifs de qualité théoriques du bon état DCE à ceux de l étude ABHS- BURGEAP - Phenixa, 2004... 33 Tableau 32 : Proposition de mesures génériques - qualité de l eau - en fonction des enjeux et leviers.... 34 Tableau 33 : Liste des champs de la base de donnée des mesures du bassin du sebou... 37 Tableau 34 : Liste détaillée de mesures qualitatives et affectation au scénario tendanciel... 38 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 5
Figure 35 : Bilans quantitatifs des principales nappes souterraines du bassin et répartition des prélèvements par sources (valeurs et carte)... 40 Figure 36 : Répartition des prélèvements par secteurs sur l ensemble des masses d eau souterraines... 41 Figure 37 : Détails des prélèvements par secteurs et par masses d eau souterraines... 42 Figure 38 : Détails des prélèvements et recharge des nappes du complexe de Fes Meknes... 42 Figure 39: Historique piézométrique de la nappe du Lias (Sud du plateau de Meknès)... 43 Figure 40 : Chute de la pression dans la nappe artésienne de Fes-Meknes... 44 Figure 41 : Détails des prélèvements par secteurs et recharge de la nappe du Gharb... 44 Figure 42: Historique piézométrique de la nappe du Gharb (secteur Est et côtier)... 45 Tableau 43 : Proposition de mesures génériques problématique quantitative - en fonction des enjeux et leviers.... 47 Figure 44 : Structure et méthode d analyse coût /efficacité comparaison des concentrations d étiage dans les oueds actuelles et simulées en 2015 après mise en œuvre du Scénario tendanciel de qualité des eaux du bassin... 50 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 6
Introduction Le bassin du Sebou, l un des bassins marocains les plus dynamiques en terme d activés industrielles et d aménagement hydro agricoles a vu la pression sur ses ressources en eau s accroître sévèrement ces vingt dernières années. Ces pressions affectent à la fois la qualité et la quantité de la ressource, souterraine comme superficielle. Pour nombre de ces pressions, les solutions techniques de traitement des eaux ou d économie de l eau existent et sont connues des autorités de gestion de l eau. Le principal frein à leur mise en place est le coût de ces mesures ; Ainsi dans un contexte de ressources financières limitées et d impact important sur l environnement, il apparaît essentiel de mettre en œuvre un programme d actions le plus efficace possible au moindre coût. De plus, ces programmes d actions doivent prendre en compte la capacité de recouvrement de leurs coûts par les différents acteurs de l eau. C est pour répondre à cette demande d outils d analyse économique d actions touchant à la gestion de l eau que le projet Ec Eau Sebou a été mis en place. Ce projet, financé par la commission Européenne dans le cadre du projet MEDA Water est mis en œuvre conjointement par WWFMedPO et l Agence du Bassin Hydraulique du Sebou (ABHS). Il vise principalement à tester l applicabilité des outils économiques de la DCE dans un pays non-européen méditerranéen. Au préalable de la mise en place d outils économiques, il est essentiel de bénéficier d analyses détaillées des sources de pressions et des leviers d action existants permettant de pallier aux impacts négatifs de ces pressions. C est à partir de ces leviers d action qu une liste de mesures potentielles, pertinentes pour le bassin du Sebou, sera dressée pour les problématiques qualitatives et quantitatives des eaux superficielles et souterraines. Ces mesures pourront alors être combinées en un programme de mesures pour chaque sous bassin sur la base d une analyse Coût Efficacité. Le présent rapport expose l état actuel d avancement de cette analyse Pressions/ enjeux/ leviers/ mesures. L étape d analyse des pressions et enjeux qui devait être produite initialement par le projet SPIWATER, a finalement été développée dans le cadre du projet Ec Eau Sebou pour des raisons de décalage de calendrier. Il convient de rappeler que l objet du projet EC eau Sebou n est pas d appliquer la Directive Cadre sur l Eau coûte que coûte sur le bassin du Sebou, mais bien d identifier la pertinence et la plus-value des outils de la DCE et les points de blocage pour leur application. C est pourquoi une attention particulière est accordée dans la conclusion de ce rapport au recensement des obstacles rencontrés. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 7
1. Identification des principaux enjeux qualitatifs du bassin 1.1. Sources de pressions et charge polluante brute sur les eaux superficielles du Sebou Plutôt qu une analyse en distinguant sources ponctuelles et diffuses il a été préféré une approche sectorielle, sachant que la majorité des émissions diffuses sont issus des transferts agricoles, des rejets domestiques ruraux et des huileries isolées. Les sources de pressions polluantes domestiques, industrielles, domestiques solides (décharges) et agricoles sont successivement développées. Encadré 1 : Paramètres physicochimiques et chimiques analysés dans le bassin du Sebou Les principaux paramètres physicochimiques des eaux de surface, influencés par les pressions anthropiques, et qui ont pu être étudiés au travers de bilans massiques dans la présente étude sont : - la matière organique (MO) quantifiées par des valeurs de Demande Biochimique en Oxygène (DBO5) ou Demande Chimique en Oxygène (DCO). La comparaison de ces deux paramètres permet de conclure quant à la biodégradabilité de la matière organique ; En effet certaines eaux présenteront des niveaux de DBO5 relativement faibles malgré des concentrations de matière organique élevées. Un tel biais est induit par des composés toxiques pouvant inhiber le fonctionnement bactérien. Néanmoins la DBO5 demeure un paramètre pertinent car elle ne mesure que la fraction organique de la DCO tandis que cette dernière est dépendante de toutes les formes oxydables. Les principales sources de MO sont les rejets des collectivités et des industries. - l azote (N): les formes réduites (NH 4, NH 3, N organique) proviennent principalement des rejets domestiques, tandis que la forme oxydée (Nitrates) a pour principale origine les transferts d engrais agricoles hors des parcelles. Le processus de nitrification (NHA => NO 3 ) est réalisé par les bactéries nitrifiantes et réclame un minimum de temps pour être significatif. Les nitrites ne constituent qu un intermédiaire de ce processus. - le phosphore (P) : provenant principalement de sources ponctuelles domestiques et industrielles, il présente une forte capacité d adsorption sur les particules en suspension ; la teneur en phosphore d un cours d eau sera donc très dépendante des conditions climatiques et de la période de l année. - les matières en suspension (MES), provenant communément des trois secteurs sources. Leur apport dans le milieu est accru par les eaux pluviales. Dans le cas de l état des lieux et du programme de mesures du bassin Seine Normandie, seuls les trois premiers paramètres ont fait l objet de bilans massiques, étant donné que les MES sont d ores et déjà bien maîtrisées par les stations d épurations (STEP) en place. Le niveau Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 8
d équipement de STEP étant moindre dans le cas du Sebou, ce dernier paramètre a été pris en compte dans les bilans. En plus de ces quatre paramètres physicochimiques ont été analysé deux substances chimiques particulièrement impactant dans le bassin du Sebou et correspondant chacune à une filière de production : Le chrome issue des tanneries, et les molécules phytosanitaires principalement lessivées au niveau des périmètres irrigués intensifs. 1.1.1. Rejets domestiques 3 millions d habitants connectés directement aux cours d eau Avec 5,8 millions d habitants, représentant environ 20% de la population nationale, le bassin du Sebou est l un des bassins hydrographiques les plus peuplés du Maroc. Selon le recensement général de 2004, la population se répartit de manière homogène entre habitat urbain (3,01 millions) et rural (2,78 millions). D après l étude PDAIRE (Mission II, 2006) le bassin compte 71 centres urbains. Les 5 centres de plus de 100 000 habitants: Kenitra, Khemisset, Meknes, Fes et Taza, concentrent à eux seuls environ 70% de la population urbaine. La majorité des centres urbains ne disposent pas de station de traitement des eaux usées, le réseau de collecte débouchant directement dans le cours d eau récepteur. Quelques centres sont équipés de stations, mais pour des raisons variées (gestion défaillante, erreur de construction, sous dimensionnement) aucune n est à ce jour fonctionnelle, exception faite de la station de Ain Taoujdate. Dans un objectif d abattement rapide des flux de polluants arrivant aux cours d eau, les 5 centres majeurs précédemment cités devront être équipées en priorité de station d épuration. Source données : ABHS Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 9
Figure 2 : Carte de la démographie communale et des principaux centres urbains Nombre d'habitants en 2004 1200000 Répartition de la population par sous bassins hydrographiques 1000000 800000 600000 400000 200000 0 BAS SEBOU BEHTAVAL RDOM BEHTAMONT HAUT SEBOU INAOUENE AVAL INAOUENE AMONT MOYEN SEBOU AMONT MOYEN SEBOU AVAL OUERGHA AVAL OUERGHA AMONT Source: Données démographiques PDAIRE Figure 3 : Répartition de la population par sous bassin hydrographique Encadré 4 : Pollution diffuse issue des ménages ruraux. Après discussions avec les experts de l ABHS, il apparaît que les rejets domestiques ruraux impactent peu la qualité des eaux superficielles ; En effet les villages sont souvent peu peuplés, isolés et dépourvus de réseau d assainissement de sorte que les eaux usées générées atteignent très rarement un cours d eau. L impact de ces eaux usées rurales a été pris en compte dans le calcul de la contamination diffuse des eaux souterraines (fosses septiques ou puits perdus inexistants ou défaillants). Avec plus de 57% de la production totale de DBO5, les rejets domestiques urbains constituent la principale source de pollution du bassin. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 10
Figure 5 : L Oued Fes à sa traversée de l ancienne Médina Quantification des charges polluantes urbaines o Hypothèses et méthodes Dans la présente étude, les charges polluantes domestiques ont été calculées pour les paramètres DBO5, DCO, MES, NTK, Pt à partir d un croisement de données démographiques par centres et de ratios d émissions. Les valeurs retenues sont détaillées ci-dessous : - Par souci d homogénéité avec les études en cours, les données démographiques utilisées sont celles de la mission III du PDAIRE (Tome 1.1, Urbain) Les taux de raccordement au réseau d assainissement pris en compte proviennent de l étude ABHS- CID-2004 1. Au cours de cette étude, les taux de raccordement ont été recherchés pour chaque centre par croisement des fiches ONEP, des études d assainissement et des données du Schéma directeur national d assainissement liquide (SNDAL, 1998 2 ). Ces taux de raccordement varient selon les centres de 38% à 97% avec une moyenne de 72%. - Les émissions organiques se traduisant par la demande biologique en oxygène (DBO5), ont été calculées à partir des émissions unitaires par habitant, variant selon la taille du centre. Les ratios retenus correspondent à ceux utilisés dans le cadre du PDAIRE et du SNDAL. - En l absence de ratios d émission par habitant, les flux de matières en suspension (MES) et de Demande Chimique en Oxygène (DCO) ont été déduits des émissions de DBO5 en utilisant les ratios, par tailles de centres du SNDAL : Tableau 6 : Ratios d émission de DBO5, DCO et MES par taille de centre Ratio de concentration entre paramètres en mg/l d'eau usée Taille du centre <20000 hab 20000 hab< <100000 hab > 100000 hab DBO5 400 300 300 DCO 1000 950 850 MES 500 400 300 Source SNDAL, 1998 - Les charges polluantes azotées et phosphorées ont quant à elles été déduites de la charge en DBO5 à partir du ratio fixe : DBO5/NTK/Pt = 100/30/5 issus du SNDAL, 1998 - Pour chacun des paramètres précités, les flux issus des populations raccordées à l égout et de celles non raccordées ont été calculés séparément. Aux flux raccordés, ont été affectés des taux de traitement actuellement nul mais qui pourront évoluer au travers, à la fois du scénario tendanciel et du programme de mesures à développer. Par ailleurs, il a été considéré que 1/3 de la charge polluante issue des habitations non raccordées équipées ou non 1 Etude qualité et ressource en eau de la pollution dans le bassin du Sebou, Mission II: Inventaire des sources de pollution. ABHS- CID 2004 2 Schéma directeur national d assainissement liquide (SNDAL), ministère de l Aménagement du territoire, de l Environnement, de l Urbanisme et de l Habitat, secrétariat d Etat chargé de l Environnement, Rabat, 1998. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 11
de fosses septiques ou puits perdus atteint le cours d eau. Ce ratio correspond à celui calculé dans le cas d habitations équipées de fosses septiques en mauvais fonctionnement sur le bassin du Karka en Slovénie 3. A partir de la méthodologie précédente, les flux bruts annuels de polluants (en tonnes par an) ont pu être calculés pour les 71 centres urbains principaux du bassin du Sebou (CF Annexe 1). Les valeurs cumulées par sous bassin sont rassemblées dans le tableau 40. Tableau 7 : Emissions brutes de polluants domestiques urbains par sous bassin. Sous bassin Population totale du centre (raccordée et non raccordée) Flux total rejeté dans les cours d'eau après infiltration partielle des rejets non raccordés (t/an) DBO5 DCO MES N P BAS SEBOU 495616 5741 16370 6124 1722 287 BEHTAVAL 195300 1854 5654 2445 556 93 RDOM 736335 8666 25016 9288 2600 433 BEHTAMONT 180165 2220 6401 2449 666 111 HAUT SEBOU 49102 340 850 425 102 17 INAOUENE AVAL 9566 73 183 92 22 4 INAOUENE AMONT 183834 2099 5995 2222 630 105 MOYEN SEBOU AMONT 1049013 14478 41150 14745 4343 724 MOYEN SEBOU AVAL 81810 647 1617 809 194 32 OUERGHA AVAL 34668 273 683 341 82 14 OUERGHA AMONT 56184 507 1510 664 152 25 TOTAL 3071593 36392 103919 38941 10918 1820 3 Application of a Mass Balance for Nitrogen and Phosphorous in the Krka River Basin Final version Hidroinzeniring, Ecorys, IEI -2006 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 12
Répartition des flux de DBO5 urbains entre sous bassins hydrographiques OUERGHA AVAL MOYEN SEBOU AVAL OUERGHA AMONT BAS SEBOU BEHTAVAL MOYEN SEBOU AMONT RDOM INAOUENE AMONT BEHTAMONT INAOUENE AVAL HAUT SEBOU Figure 8 : Répartition des flux de DBO5 urbains entre sous bassins hydrographiques Comme l indique la figure précédente les flux bruts de matières organiques arrivant aux cours d eau sont issus majoritairement des sous bassins les plus peuplés : Rdom (Meknes), Moyen Sebou Amont (Fes), Bas Sebou (Kenitra). Cette distribution géographique des charges polluantes ne préfigure cependant pas de l impact sur le cours d eau qui dépend notamment de la distance du point de rejet vis-à-vis du point de mesure de la concentration ainsi que du débit du cours d eau récepteur. Ces paramètres seront intégrés au bilan massique lors de l analyse de l état actuel des eaux de surface (Chapitre 5). 1.1.2. Charge polluante industrielle: Le bassin du Sebou est caractérisé par une activité industrielle dynamique et localisée principalement au niveau des centres urbains majeurs. 5 secteurs de production peuvent être distingués : Sucreries, tanneries, huileries, abattoirs et papeteries ainsi que des sites plus rares de raffinage de pétrole ou de distillerie. Tandis que la majorité des secteurs présentent des émissions relativement constantes au cours de l année, les huileries concentrent leur rejets principalement sur les mois de décembre à février période de récolte des olives, mi- janvier à juin pour le sucre de canne et mai à juillet pour les campagnes d arrachage de la betterave à sucre. Pour chacun des sites industriels, les valeurs d émission de DBO5, DCO, MES, NTK, Pt et Cr ont été reportées. La distribution des sites par sous bassin hydrographique a été extraite de la base de données ABHS- CID 2004. Les données d émission ont été basées dans le cas des huileries, sucreries, abattoirs, tanneries et papeteries par les valeurs de 2005 de l étude PDAIRE provenant des estimations d émission en 1995 citées dans l étude ESRPBS 4 et actualisées au travers d un taux de croissance annuel variant de 1% à 4% selon le secteur 4 Etude d un système de redevance de pollution dans le bassin du Sebou, Déc. 1999 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 13
(Huilerie : 4%, Papeteries : 2%, abattoirs 2%). Les charges polluantes des sites isolés sont quant à elles issues de l étude ABHS- CID 2004 (estimations 2005). Afin de simplifier l analyse, certaines données d émission diffuses calculées par provinces ont été affectées au centre principal correspondant. Cette simplification n entraîne qu une erreur limitée étant donné que les sites industriels sont le plus souvent localisés en périphérie des centres principaux. Estimations des émissions par secteurs La contribution des secteurs industriels à la pollution totale varie selon le paramètre étudié (cf Figure 42). Ainsi les huileries participent pour respectivement 39% des émissions industrielles de DBO5, 64% de celles de DCO et 47% de celles de MES. La différence d émissions entre DCO et DBO5 est due à la composition des margines (Cf encadré 43). Les papeteries présentent des rejets particulièrement riches en Matières en suspension (22% de la MES). Ces émissions sont d autant plus impactantes qu elles sont concentrées en 4 sites (sous bassins : Bas Sebou et Beht amont) contrairement aux huileries dispersées dans le bassin. Les rejets azotés sont quant à eux répartis entre les secteurs des tanneries, abattoirs et distilleries. Les émissions phosphorées sont dominées par les effluents des abattoirs (83%), ce résultat est à nuancer étant donné que les charges de phosphore total des sucreries et papeteries n ont pas été prises en compte. Contributions des secteurs industriels principaux aux émissions polluantes industrielles par paramètres (Flux en T/an traitement compris) - Emissions 2005, Source PDAIRE 2005, CID 2004 DBO5 DCO MES 1691,2 741 384,4 283 3331 2759,6 16 993 9749,05 2962 8328 8000 272,4 0 2962 1333 550 1018 4527,1 4000 4456,05 9485 9705 57723 NTK Pt 0 SECTEURS INDUSTRIELS Abattoirs 315 300 0 0 0,0025 0 0,095 5,552 0 0,0025 0 0,095 0,055 Distillerie d'alccol 5,552 Margines 0,055 Papier Production d'algues 0 0 0,7 120,775 65 233 26,648 Raffinerie de pétrole Sucre Tannerie 26,648 Figure 9 : Contribution des secteurs industriels principaux aux émissions polluantes industrielles par paramètres Emissions 2005, Source PDAIRE 2005, ABHS- CID 2004 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 14
Encadré 10 : 40% des huileries marocaines dans le bassin du Sebou. La production d huile d olive constitue une des productions les plus importantes du bassin : 81% des surfaces arboricoles, 40% du chiffre d affaire national de l huile d olive. L activité des huileries répond à un pic de production au moment de la récolte s étalant sur environ 3 mois Décembre à Février, (étude d objectif de qualité, ABHS- BURGEAP - Phenixa, 2006 5 ). Cette dernière étude présente l analyse la plus détaillée concernant cette source de pollution ; En effet pour chaque commune du bassin la charge polluante induite par le rejet des margines dans le cours d eau a été déduite de la production d olive communale. Selon cette même source, la charge polluante des margines se caractérise par : - Une concentration élevée en matière organique induisant une forte DCO (220 g/l en moyenne) et une DBO5 peu élevée traduisant la faible biodégradabilité de ce produit. - Une concentration en MES souvent supérieure à 10 g/l - Une salinité variant de 2 à 35 g/l selon le procédé d extraction mis en oeuvre - Une teneur moindre en nutriment accentuant les difficultés de dégradation - La présence de composés phénoliques pouvant être toxiques. Cette source de pollution est dispersée sur l ensemble du bassin au niveau de nombreuses huileries traditionnelles. Quelques centres présentent cependant, des concentrations plus marquées : Ain Taoujdate, Fes, Taounate 6. Il est a noter que la ville de Fes a été équipée d un bassin d évaporation des margines à titre expérimental. Distribution spatiale des émissions industrielles : A partir de la base de donnée d émission industrielle, les sources de pollution peuvent être ramenées aux sous bassins hydrographiques (Cf graphiques 44). Il ressort de l analyse que les émissions industrielles sont concentrées majoritairement sur les sous bassins du moyen et bas Sebou ainsi que l affluent Beht. Le moyen Sebou présente une spécialisation industrielle plutôt tournée vers les huileries et les abattoirs, tandis que l aval du bassin (Beht et Bas Sebou) possède un profil industriel plus diversifié (distilleries, papeteries, sucreries ). Les valeurs relativement faibles du paramètre Pt dans le bas Sebou est en partie du à la non prise en compte des rejets phosphorés des papeteries. Les rejets de Chrome (Cr), comptabilisés uniquement sur le secteur des tanneries, sont concentrés sur les sous bassins du moyen Sebou (Fes) et du Beht (Meknes rejetant dans l affluent Rdom) Figure 11 : Tanneries de Fes 5 Source : Etude de définition des objectifs de qualité des ressources en eaux superficielles du Sebou, M1, ABHS- BURGEAP - Phenixa, 2006 6 Source : Débat national sur l eau ABHS, 2006 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 15
T/an 12000 10000 8000 6000 4000 2000 0 BAS SEBOU BEHT HAUT SEBOU DBO5 INAOUENE MOYEN SEBOU OUERGHA Tannerie Sucre Raffinerie de pétrole Production d'algues Papier Margines Distillerie d'alccol Abattoirs T/an 10000 8000 6000 4000 2000 0 BAS SEBOU BEHT HAUT SEBOU MES INAOUENE MOYEN SEBOU OUERGHA Tannerie Sucre Raffinerie de pétrole Production d'algues Papier Margines Distillerie d'alccol Abattoirs 20 15 T/an Pt Tannerie Sucre Raffinerie de pétrole 10 Production d'algues 5 Papier 0 BAS SEBOU BEHT HAUT SEBOU INAOUENE MOYEN SEBOU OUERGHA Margines Distillerie d'alccol Abattoirs T/an 500 400 300 200 100 0 BAS SEBOU BEHT HAUT SEBOU NTK INAOUENE MOYEN SEBOU OUERGHA Tannerie Sucre Raffinerie de pétrole Production d'algues Papier Margines Distillerie d'alccol Abattoirs Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 16
20 15 10 T/an Crt Tannerie Sucre Raffinerie de pétrole Production d'algues 5 0 BAS SEBOU BEHT HAUT SEBOU INAOUENE MOYEN SEBOU OUERGHA Papier Margines Distillerie d'alccol Abattoirs Figure 12 : Emissions brutes industrielles par secteurs, paramètres et sous bassin Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 17
1.1.3. Charge polluante issue des décharges : Sur l ensemble du bassin, 65 décharges majeures ont été recensées dans l étude ABHS- CID- 2004 7. Hormis les sites de Fes et Tiflet, elles ne possèdent pas de dispositifs de contrôle et les lixiviats générés constituent une source significative de pollution du bassin. L étude ABHS- CID-2004 indique pour chacun des sites le volume annuel de déchets stockés. Les flux de pollution en DBO5 et DCO ont été estimés à partir des trois ratios utilisés dans le PDAIRE et eux-mêmes issus des études ESRPBS 8 et EDOQRESBS 9 : - Volume des lixiviats : 0,20 m3 par tonne de déchet - Charge polluante des lixiviats : DBO5 : 50 g de O 2 par litre de lixiviat DCO : 70 g de O 2 par litre de lixiviat - Estimation de la part des lixiviats lessivée: 10% des volumes produits a b Figure 13 : (a) décharge contrôlée de Fes (b) bassin de stockage des lixiviats Suite à discussion avec les experts de l agence ce taux moyen a été adapté dans 4 sites : Les décharges de Tiflet et Fes ayant fait récemment l objet d une mise aux normes et de la mise en place d un contrôle, les rejets sont considérés comme nul. Les décharges de Taza et Kenitra étant localisées sur le lit même de l Oued récepteur, le taux de lessivage a été maximisé à respectivement 90% et 100%. Ces estimations engendrent une estimation des flux totaux de DBO et DCO issus des décharges à l échelle du bassin du Sebou, respectivement de 3000 et 4200 t/an. Ces flux représentent respectivement 5% et 2% des émissions totales de DBO5 et DCO du bassin. Cependant d importantes variations géographiques sont à noter (Cf figure 45). Ces variations sont notamment induites par les décharges de Taza et Kenitra et participent à elles seules à plus de 75% des émissions brutes des décharges du bassin. Malgré la surestimation probable des émissions de ces 2 sites, il apparaît que le contrôle et notamment la délocalisation de ces 2 sites de dépôts doit être une priorité en terme de diminution de l impact des décharges sur les ressources en eau. 7 Etude qualité et ressource en eau de la pollution dans le bassin du Sebou, Mission II: Inventaire des sources de pollution. ABHS- CID 2004 8 Etude d un système de redevance de pollution dans le bassin du Sebou, Déc. 1999 9 Etude de définition des objectifs de qualité des ressources en eaux superficielles du Sebou, ABHS- BURGEAP - Phenixa, 2006 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 18
T/an 4500 Répartition des charges polluantes issues des décharges par sous bassin 4000 3500 3000 2500 2000 1500 Ouergha Moyen Sebou Inaouene Lbene Haut Sebou Beht Bas Sebou 1000 500 0 DBO5 DCO Figure 14 : répartition des charges polluantes en DBO5 et DCO issues des rejets domestiques solides par sous bassins 1.1.4. Charge polluante issue des pratiques agricoles : Estimations des pollutions diffuses agricoles : Méthodes et hypothèses En règle générale la pollution diffuse d origine agricole est difficile à estimer ; en effet les taux de lessivage par hectare dépendent de nombreux facteurs : conditions pédologiques, dose appliquée, technique d irrigation, système de drainage En raison de ces difficultés, certaines analyses comme l étude ABHS- BURGEAP 2006 10 n ont pas souhaité approfondir cet élément. Dans la présente étude, les flux d azote, phosphore et pesticides d origine agricole transférant vers les eaux de surfaces ont été approchés à partir de ratios surfaciques de transfert pour chacun des grands systèmes de culture : pluvial (bour), Grande hydraulique, Petite et moyenne hydraulique et Irrigation privée. Les transferts surfaciques pour l azote et le phosphore sont ceux calculés dans le PDAIRE à partir des études ESRPBS 11 et ABHS- CID-2004 12 : 10 Etude de définition des objectifs de qualité des ressources en eaux superficielles du Sebou, ABHS- BURGEAP - Phenixa, 2006 11 Etude d un système de redevance de pollution dans le bassin du Sebou, Déc. 1999 12 Etude qualité et ressource en eau de la pollution dans le bassin du Sebou, Mission II: Inventaire des sources de pollution. ABHS- CID 2004 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 19
Tableau 15 : Transferts d azote et de phosphore vers l environnement par unité de surface Ratios retenus en kg/ha/an Azote Phosphate Grande Hydraulique 30 5 Petite et Moyenne Hydraulique 25 3 bour 10 2 Source : PDAIRE Aucune estimation n a pu être recueillie dans la bibliographie en ce qui concerne la part de ces flux transférés vers les eaux superficielles et celle vers les eaux souterraines. Les études précédentes se contentant de définir la charge polluante totale sans distinguer la destination de ces lessivages. Il a été fixé arbitrairement une division des flux de 25% vers les eaux superficielles et 75% vers les eaux souterraines. Concernant les pesticides, une seule estimation des transferts vers les nappes superficielles a pu être identifiée : 0.5 à 1 % des produits phytosanitaires utilisés pour la protection des cultures rejoignent les cours d eau (Ministère de l environnement, 2001). Dans la présente étude un taux de 0,75% a été pris en compte. Résultats Figure 16: Remplissage d un pulvérisateur dans une exploitation de Sidi Slimane. En affectant ces ratios surfaciques aux surfaces respectives de Bour (Base de donnée ABHS- CID 13 ), GH et PMH (Source PDAIRE mission III), les niveaux de transfert suivants par sous bassin ont ainsi pu être calculés : Tableau 17 : Flux de nitrates, phosphates et pesticides d origine agricole rejetés dans les cours d eau, simulation par sous bassin Sous-bassin Nitrates (T/an) Phosphates (T/an) Pesticides(Kg/an) Bas Sebou 792 138 506 Beht 599 106 258 Haut Sebou 210 25 5 Inaouene Lbene 67 8 0 Moyen Sebou 286 54 98 Ouergha 187 22 0 13 Etude qualité et ressource en eau de la pollution dans le bassin du Sebou, Mission II: Inventaire des sources de pollution. ABHS- CID 2004 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 20
Ces valeurs sont relativement peu élevée comparativement aux flux totaux azotés et phosphorés des sous bassins (Moins de 10%, Cf synthèse 48). Cette part atteint cependant 30% dans le cas du bas Sebou concentrant une majorité des périmètres de Grande Hydraulique de la plaine du Gharb. Synthèse 18 : Distribution spatiale des charges polluantes brutes. Les graphiques suivant représentent une synthèse des émissions brutes des principaux polluants par secteur et sous bassins (exprimé en T/an excepté les pesticides en kg/an) (Valeur 2004-2005 après application des rendements épuratoires éventuels autoépuration non comprise.). Le détail des valeurs figure en annexe 2. T/an 25000 DBO5 T/an 6000 NGL 20000 15000 10000 5000 Industrie Domestique Décharges Agriculture 5000 4000 3000 2000 1000 Industrie Domestique Décharges Agriculture 0 Bas Sebou Beht Haut Sebou Inaouene Lbène Moyen Sebou Ouergha 0 Bas Sebou Beht Haut Sebou Inaouene Lbène Moyen Sebou Ouergha T/an 90000 80000 70000 60000 50000 40000 30000 20000 10000 0 DCO Bas Sebou Beht Haut Sebou Inaouene Lbène Moyen Sebou Ouergha Industrie Domestique Décharges Agriculture T/an 20 18 16 14 12 10 8 6 4 2 0 Cr Bas Sebou Beht Haut Sebou Inaouene Lbène Moyen Sebou Ouergha Industrie Domestique Décharges Agriculture T/an 30000 MES Kg/an 600 Pest 25000 500 20000 15000 10000 5000 Industrie Domestique Décharges Agriculture 400 300 200 100 Industrie Domestique Décharges Agriculture 0 Bas Sebou Beht Haut Sebou Inaouene Lbène Moyen Sebou Ouergha 0 Bas Sebou Beht Haut Sebou Inaouene Lbène Moyen Sebou Ouergha T/an 900 800 700 600 500 400 300 200 100 0 Pt Bas Sebou Beht Haut Sebou Inaouene Lbène Moyen Sebou Ouergha Industrie Domestique Décharges Agriculture * : Les flux azotés sont exprimés sur ce graphique en azote Global, cumulant azote réduit (origine domestique et industrielle) et oxydé (nitrates d origine agricole). Par la suite ces flux seront dissociés pour des raisons d objectifs de qualité différents. La somme des émissions individuelles par sous bassin conduit aux charges polluantes suivante pour le bassin du Sebou Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 21
Bilan des émissions brutes sectorielles sur le bassin du Sebou (en t/an). Secteur DBO5 DCO MES Ptotal NGL Cr t Pest (Kg/an) Domestique 36433 104259 39018 1822 10930 0 0 Industrie 24663 90531 20076 32 1034 28 0 Décharges 3010 4214 0 0 0 0 0 Agriculture 0 0 0 352 2141 0 866 64105 199004 59094 2206 14105 28 866 Ces figures soulèvent les conclusions suivantes : - Les rejets domestiques totaux de 36 400 t / an de DBO sont concordants avec les estimations du PDAIRE pour ce paramètre (seul paramètre analysé) : 41 800 t/an. La différence peut être due à la différence de comptabilisation des ménages urbains non raccordés. - La majorité des flux de matières organiques (quantifiés par les valeurs de DCO et DBO5) et matières en suspension, sont issus des secteurs industriels et domestiques et concentrés sur les bassin Moyen Sebou, Bas Sebou et Beht. - Les émissions azotées et phosphorées sont dominées par les émissions domestiques (Azote réduit NH4, NH3, Norganique). Les émissions diffuses agricoles (Nitrates NO 3 ) atteignent cependant un tiers des flux totaux dans le bassin du bas Sebou à l agriculture intensive. - Les émissions de Chrome correspondent aux concentrations des activités des tanneries. - Les flux de pesticides sont représentatifs de l intensification de l agriculture par sous bassin. 1.2. Impact sur les cours d eau 1.2.1. Echelle d analyse La première étape de la simulation d impact des pressions précédentes sur les cours d eau fut la définition d une échelle hydrographique cohérente. Cette échelle se devait être suffisamment large pour permettre une agrégation de données sources à l échelle communale ou de périmètres irrigués et suffisamment fine pour refléter les différences de pressions dans les différents affluents de l oued Sebou. C est pourquoi il avait été décidé dans un premier temps de diviser le bassin du Sebou en 6 sous bassins correspondant aux trois affluents principaux de l Oued Sebou qui lui-même a été divisé en 3 tronçons. Cette limite ressemblait fortement a celle définie dans le cadre du volet agricole du PDAIRE. A la suite des premières simulations, il s est avéré nécessaire de diviser certains des sous bassins précédemment définis pour les principales raisons suivantes : - Présence d un barrage au sein du sous bassin (Cas des barrages de El Kansra, Al Wahda et Idriss 1 er ). Par la suite un bilan des flux de polluants a été effectué à l amont du barrage distinctement de celui réalisé pour les flux avals. - Présence de rejets importants à l amont du sous bassins (Cas de Fes sur le Moyen Sebou, et Meknes sur le Rdom). Du fait du calcul de l autoépuration basé sur la distance entre le point de rejet et le point aval, Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 22
les rejets de certains centres majeurs se voyaient fortement réduit lorsque la concentration était simulée en aval du sous bassin (cas des rejets de Fes lorsque l impact était mesuré à a la confluence avec le Ouergha.) Ainsi 11 sous bassins ont été définis (Cf carte suivante). C est au niveau du point aval de ces sous bassins qu a été réalisée la simulation de l impact des rejets amont en terme de concentration de polluants. Figure 19 : Cartes des 11 sous bassins hydrographiques, unité hydrographique de base utilisées dans le cadre du projet Ec eau Sebou. 1.2.2. Prise en compte de l autoépuration des cours d eau Les phénomènes d autoépuration dans le cours d eau ont été simulés à partir d une équation dérivée du modèle de Streeter et Phelps : F aval = F local x A^L avec F aval : Flux de polluant au point aval du sous bassin F local : Flux de polluant au point de rejet A : coefficient d auto-épuration L : longueur du tronçon (en km) Les valeurs de A correspondent à celles utilisées dans le PDAIRE et calculées à partir de mesures de terrain. Les courbes d abattement suivantes de la pollution peuvent être dressées : Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 23
Courbe d'abattement de la charge polluante par paramètre - Simulation à partir d'une concentration théorique de 100 au point de rejet Concentration 120,00 100,00 80,00 60,00 40,00 DBO5 DCO NH4 PTot CF 20,00 0,00 0 20 40 60 80 100 Distance du point de rejet (en km) Figure 20 : Courbe d abattement de la charge polluante induite par l autoépuration d un oued. - Après intégration de l autoépuration, les flux nets de polluants à l aval des sous bassins on pu être calculés par secteurs. Le graphique suivant donne un exemple pour les émissions de DBO5 T/an Bilan massique à l'aval des sous bassins - DBO5 - Autoépuration comprise 7000,0 6000,0 5000,0 4000,0 3000,0 Amt-DBO5 Agri-DBO5 Dech-DBO5 Ind-DBO5 Dom-DBO5 2000,0 1000,0 0,0 Haut Sebou Moyen Sebou Aval Moyen Sebou Amont Bas Sebou Inaouene Aval Inaouene Amont Ouergha Aval Ouergha Amont Beht Aval Beht Amont Rdom Figure 21 : Flux de DBO5 à l aval des sous bassins (autoépuration et transferts interbassins compris.) 1.2.3. Simulation dans les conditions critiques d étiage Le flux de polluant est converti en concentration critique et moyenne minimum par division respectivement par le débit d étiage mensuel et le débit moyen minimum du cours d eau (Source : ABHS- BURGEAP, 2004 corrigé par les experts ABHS). Les débits suivants ont été retenus : Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 24
Tableau 22 : Valeurs et mode d estimation des débits minimums et d étiage retenus dans le cadre des simulations de concentration à l aval des sous bassin. Débit d'étiage Débit Moyen minimum Source: Etude Objectifs Station hydro ou point fictif Source qualités Inaouene Lbène 1,6 3,2 Point fictif Cumul Pt RS 302 et Aval barrage Idriss 1er - Etude objectifs qualité Inaouene Amont 0,1 0,7 Amont Barrage Idriss 1er Calcul Qmna5 Haut Sebou 2,4 6,7 Point fictif amont barrage Allal el fassi* Assimilé à valeur Ain Timedrine - Etude objectifs qualité Moyen Sebou Amont 1,4 3,5 Dar el Arsa Etude objectifs qualité Moyen Sebou Aval 3,0 7,0 Azib Soltane Estimation AHBS Bas Sebou 5,0 11,0 Aval Confluence Sebou Beht Cumul Sidi allal Tazi, aval Beht+ Rdom - Etude objectifs qualité Ouergha aval 0,1 8,7 Pont Khenichet Estimation AHBS Ouergha amont 0,3 2,2 Amont Barrage Al Wahda + Oued Aoudour + Calcul Oued Qmna5 Aoulai Beht aval 0,2 0,7 Point fictif amont confluence Sebou Cumul Souk el Had, Aval Sidi Slimane, Aval Tiflet - Etude objectifs qualité Beht amont 0,3 0,9 Amont Barrage El Kansera Calcul Qmna5 Rdom 0,1 0,6 Point fictif amont confluence Beht Calcul Qmna5 - Les concentrations critiques (Crit) et moyennes (Moy) ont ainsi pu être simulées à l aval des sous bassins. Le tableau suivant présente ces valeurs et les compare aux concentrations mesurées (Mes) à la station la plus proche du point aval du sous bassin. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 25
Tableau 23 : Résultats des concentrations simulées dans des conditions critiques (débit d étiage mensuel), moyenne minimum (débit moyen minimum, source ABHS- BURGEAP) en aval de sous bassin et comparaison aux valeurs mesurées à la station la plus proche. DBO5 (mg/l) DCO (mg/l) NTK (mg/l) Ptot (mg/l) MES (mg/l) CrT (µg/l) Pest (µg/l) NO3 (mg/l) Paramètres hydrologiques Ssbassin Station Crit. Moy Mes Crit. Moy Mes Crit. Moy Mes Crit. Moy Mes Crit. Moy Mes Crit. Moy Mes Crit. Moy Mes Crit. Moy Mes Q-etiage Q-moy Lineaire Haut Sebou Point fictif amont barrage Allal el fassi* 1,0 0,4 1,4 2,6 0,9 16,0 0,1 0,1 0,0 0,3 0,1 0,2 1,3 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 0,1 0,0 2,4 6,7 145,0 Moyen Sebou Aval Azib Soltane 0,3 0,1 4,8 1,0 0,4 29,2 0,0 0,0 0,5 0,8 0,3 0,4 0,4 0,2 0,0 10,5 4,5 0,0 0,4 0,2 0,0 0,2 0,1 0,0 3,0 7,0 165,0 Moyen Sebou Amont Dar el Arsa 131,3 53,3 49,0 427,5 173,5 140,9 14,0 5,7 8,7 10,4 4,2 1,9 134,3 54,5 0,0 228,5 92,7 0,0 0,4 0,2 0,0 0,7 0,0 0,0 1,4 3,5 65,0 Bas Sebou Aval Confluence Sebou Beht 41,3 18,8 1,4 93,6 42,5 35,5 3,6 1,6 0,1 2,2 1,0 0,4 36,5 16,6 0,0 11,2 5,1 0,0 1,7 0,8 0,0 0,3 0,1 0,0 5,0 11,0 205,0 Inaouene Aval Point fictif 2,7 1,4 0,0 8,3 4,2 0,0 0,1 0,1 0,0 0,6 0,3 0,0 2,7 1,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,3 0,2 0,0 1,6 3,2 35,0 Inaouene Amont Amont Barrage Idriss 1er 123,0 17,6 2,2 385,0 55,0 19,8 8,4 1,2 0,2 14,1 2,0 0,2 117,3 16,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 3,4 0,5 0,0 0,1 0,7 100,0 Ouergha Aval Pont Khenichet 27,1 0,3 2,5 68,6 0,8 15,9 3,7 0,0 0,3 4,9 0,1 0,2 31,2 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 3,2 0,0 0,0 0,1 8,7 110,0 Ouergha Amont Amont Barrage Al Wahda + Oued Aoudour 18,8 + Oued Aoulai 2,6 1,9 86,2 11,8 22,1 0,6 0,1 0,0 2,2 0,3 0,2 19,8 2,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 2,1 0,3 0,0 0,3 2,2 140,0 Beht Aval Point fictif amont confluence Sebou 73,0 21,8 22,1 187,8 56,0 76,2 3,6 1,1 3,2 23,4 7,0 1,7 67,5 20,1 0,0 174,5 52,1 0,0 16,7 5,0 0,0 8,3 2,5 0,0 0,2 0,7 105,0 Beht Amont Amont Barrage El Kansera 60,1 19,2 0,0 163,8 52,3 0,0 6,9 2,2 0,0 7,6 2,4 0,0 54,7 17,5 0,0 0,0 0,0 0,0 1,6 0,5 0,0 2,4 0,8 0,0 0,3 0,9 145,0 Rdom Point fictif amont confluence Beht 130,7 22,1 15,9 312,1 52,9 70,1 1,6 0,3 1,3 33,1 5,6 1,2 96,0 16,3 0,0 495,9 84,1 0,0 24,0 4,1 0,0 8,4 1,4 0,0 0,1 0,6 152,0 Les résultats sont concordants avec ceux des campagnes de mesures étudiées dans l étude Objectif de qualité (ABHS- BURGEAP-Phenixa), notamment en terme de : - Cours d eau les plus affectés : Beht aval, Rdom, Moyen Sebou - Paramètres les plus limitants : DBO, DCO et Pt Ces calculs permettent également de tirer des conclusions sur des paramètres non étudiés dans l étude ABHS- BURGEAP-PHENIXA : - Les concentrations de Chrome atteignent les classes de qualité mauvaises sur les sous bassin du Moyen Sebou amont, Beht aval, Rdom. Ce paramètre est étudié plus en détail dans le paragraphe suivant. - Les pesticides apparaissent limitant sur les sous bassins Bas Sebou, Beht aval, Rdom. Ce qui correspond à l intensification locale de l agriculture irriguée. - De plus la comparaison des valeurs critiques et moyennes permet d identifier des problèmes ponctuels en condition d étiage dans des bassins non affectés en condition moyenne (et non révélé dans les campagnes de prélèvement classiques) : le bassin du Ouergha (amont et aval) et de l Inaouène amont sont notamment concernés. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 26
o Qualité bactériologique : Les données bactériologiques analysées dans le cadre de l étude ABHS- BURGEAP- Phenixa 2004 ont livrées les résultats suivants : - 25% des stations présentent une qualité physicochimique bonne (20< Nombre de Coliformes fécaux /100ml < 2000) - 40% sont en qualité moyenne (2000< Nombre de Coliformes fécaux /100ml < 20 000) - 35% présentent une qualité bactériologique mauvaise (20 000< Nombre de Coliformes fécaux /100ml). Il s agit notamment des stations situées en aval des grandes villes de Fes, Meknes, Sidi Slimane, Khemisset, Tiflet et Sidi Kacem. La confrontation de ces résultats aux usages en matière d irrigation montre que les eaux utilisées pour l irrigation le long du moyen Sebou (entre SP 26 et prise d eau de Mkansa) ainsi que sur l oued Rdom (station de Souk el Had) ne sont théoriquement pas compatibles avec cette usage (nombre de coliformes fécaux /100ml < 5000) o Charge en métaux lourds. Tandis que les concentrations de Plomb (origine naturelle) et de nickel (origine : unités de traitement de surface) restent inférieures aux normes de potabilisation, celles du chrome issu essentiellement des rejets de tanneries dépassent largement cette norme (50µg/l) en aval des rejets de Fes (cf figure 67) et de Meknes. L impact des rejets de Fes dégrade la qualité de l oued Sebou jusqu à environ la station RP 26, point où la qualité passe en dessous de la norme des 50 µg/l. Cependant le chrome se concentrant dans les sédiments, une remise en suspension des sédiments (lâchers de barrages) peut entraîner de fortes teneurs jusqu à 90 km en aval de Fes. 9000 8000 7000 6000 5000 4000 3000 2000 1000 0 Teneur en Cr T en µg/l sur Oued Fès (aval rejet Fès) 01/07/93 01/07/94 01/10/94 25/01/95 22/03/95 21/06/95 25/08/95 17/10/95 20/12/95 11/04/96 21/08/96 24/12/96 25/02/97 10/04/97 09/06/1999 26/04/2001 23/07/2002 Source : ABHS- BURGEAP - Phenixa, 2004 14 Figure 24 : Teneur en chrome dans l oued Fes en aval des rejets de Fes 14 Source : Etude de définition des objectifs de qualité des ressources en eaux superficielles du Sebou, M1, ABHS- BURGEAP - Phenixa, 2004 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures
La baisse nette des rejets à l aval de Fes en 2002 est due à la mise en marche de la station expérimentale de déchromatation de Dokkarat qui traite environ 40% du chrome rejeté par les tanneries. Figure 25 : Chrome recyclé en sortie de la station expérimentale de déchromatation de Dokkarat. Impact de la dégradation de la qualité de l eau sur les usages Les impacts suivants de la mauvaise qualité des cours d eau ont pu être identifiés au cours de la mission II du PDAIRE : o Production d eau potable : Les prises d eau pour l alimentation en eau potable de Karia Ba Mohamed et M Kansa sont particulièrement concernées par la qualité de l eau dans l oued Sebou en aval de Fès. Les pollutions excessives induites lors de la saison oléicole se traduisent notamment par l arrêt des stations de traitements (144j entre 1993 et 2000 pour Karia Ba Mohamed). Le surcoût induit par les dispositifs de traitement complémentaire a été estimé à 0,59 Dirham /m 3 (coût du traitement en période normale : 0,31 Dh/m 3 ). Soit un surcoût global annuel de 550 000 Dirham pour les deux stations considérées ; o Agriculture irriguée : Les conclusions de l étude commandée par l AFD sur l impact de la qualité de l eau du Sebou sur l irrigation 15, indiquent que l équipement en système d irrigation des secteurs III et IV de l Inaouene Aval ne sera pas réalisé tant que la qualité des eaux ne sera pas rétablie (4200 ha concernés). La dégradation de la qualité de l eau pourrait également induire un retard dans la mise en œuvre de la Troisième Tranche d Irrigation (TTI) alimentée via le canal G par les eaux du Sebou (68 000ha). La perte totale de marge brute a été estimée à 378 Millions de Dirhams (Mdh) (Source PDAIRE MII). o Impact sanitaire : L évaluation de cet impact a été réalisé au travers de l analyse de fréquence de 2 maladies : la typhoïde et la diahrée. Aux nombres de jours de contraction de la maladie a été affecté un coefficient DALY (Disability adjusted life years, années de vies corrigées du facteur d invalidité) utilisé par l OMS pour évaluer l impact sanitaire d une dégradation 15 Etude d impact de la qualité de l eau de l oued Sebou et l oued Inaouene sur l irrigation, 2003 BCEOM/DMCI/AFD. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 28
environnementale). Le coût sanitaire total ainsi calculé s élève à 2 Mdh pour la typhoïde et 109 Mdh pour la diahrée 16. o Impact sur la faune et la Flore : L étude du coût de dégradation de l environnement dans le bassin du Sebou (2005) a également quantifié l impact de la dégradation sur les principales espèces animales patrimoniales dont notamment l alose (22 Mdh parmi 28Mdh consacrés aux poissons), la palourde 0,8 (Mdh) et 5 espèces d oiseaux (7,3 Mdh). L impact sur la jonchaie de la Merja Zega a été estimé à 0,14 Mdh. 1.3. Objectifs de qualité. 1.3.1. Objectifs de qualité ABHS- BURGEAP-Phenixa 2006 L assignation à chaque tronçon de cours d eau d un objectif de qualité à l horizon 2025 était l objet de l étude commanditée par l ABHS et réalisée par ABHS- BURGEAP- Phenixa en 2006 17. Afin de définir ces objectifs les grands points méthodologiques suivants on été suivis : - Elaboration d une grille d évaluation de la qualité des eaux, assignant à chaque niveau de qualité un intervalle de concentration en polluant. Cette grille se présente sous une forme complète issue directement du projet national de classification des eaux de surface (inspirée des systèmes internationaux en tenant compte des spécificités climatiques et hydrologiques locales), ainsi qu une grille simplifiée reprenant les paramètres principaux : Tableau 26 : Grille d objectifs de qualité retenue Qualité Très bonne Bonne Passage Mauvaise DBO5 mg/l 3 5 10 25 DCO mg/l 25 40 80 02 dissout mg/l 7 5 3 1 NH4 mg/l 0,1 0,5 2 8 Pt mg/l 0,1 0,3 0,5 3 NO3 mg/l 10 25 50 Coli Fécaux /100 ml 1000 20000 Cond elect µs/cm 500 1500 3000 Très mauvaise Cr µg/l 50 100 Source : ABHS- BURGEAP- Phenixa, 2006 16 Etude du coût de dégradation de l environnement dans le bassin du Sebou, mission 1, 2005 cité par PDAIRE, MII 17 Source : Etude de définition des objectifs de qualité des ressources en eaux superficielles du Sebou, M1, ABHS- BURGEAP - Phenixa, 2006 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 29
- Cette grille a été confrontée aux besoins correspondant à chaque usage principal des eaux de surface : AEP, irrigation, potentialité biologique, abreuvage des animaux, vie piscicole. Tableau 27 : Définition des usages par classe de qualité d eau Classe de qualité/usages Usages Très Bonne Bonne Passable Mauvaise Potentialité biologique Production d eau potable Irrigation : salinité des eaux Irrigation : pollution bactériologique Abreuvage des animaux Vie piscicole Biodiversité satisfaisante présence des taxons polluto sensibles Biodiversité satisfaisante Disparition de quelques taxons pollutosensibles Eau nécessitant une décantation simple et une désinfection Plantes sensibles et tout type de sol Irrigation de cultures consommées crues et terrains de golf Tout type d animaux Eaux salmonicoles Biodiversité satisfaisante Disparition de nombreux taxons polluto sensibles Eau nécessitant un traitement classique Plantes tolérantes ou sols alcalins/neutres Biodiversité réduite Disparition des taxons polluto sensibles Très mauvaise Biodiversité très faible Eau inapte à la production d eau potable Plantes très tolérantes restrictions sévères Irrigation de cultures non consommées crues Animaux matures Animaux matures sous surveillance Eau inapte à l irrigation Eau inapte à l irrigation Inapte à l abreuvage Eaux Eau inapte à la vie piscicole cyprinicoles Source : ABHS- BURGEAP- Phenixa, 2006 - L objectif assigné à chaque tronçon a été défini en recherchant la classe de qualité répondant aux deux critères : Satisfaction des exigences des usages associés aux tronçons. Niveau de qualité le plus exigeant possible compte tenu des foyers de pollution existants (performances épuratoires compatibles avec les moyens financiers disponibles, les caractéristiques de débits et charges polluantes.). Pour cela trois scénarios de dépollution ont été testé correspondant à : Scénario1 : inaction en matière de pollution, Scénario2 : Situation intermédiaire, Scénario3 : Dépollution totale (à 50% en 2010, 80% en 2025) - Afin d atteindre l objectif de qualité défini pour 2025 des objectifs intermédiaires ont été définis. Ceux-ci ont été hiérarchisés de manière à satisfaire en priorité les usages majeurs (AEP et irrigation). Il est à souligner que l étude de définition des objectifs de qualité s est basée uniquement sur une modélisation des flux de DBO5, paramètre physicochimique le mieux connu. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 30
Le tableau ci-dessous rassemble pour chaque tronçon l objectif de qualité en 2025 (couleur = classe de qualité, valeur médiane de la classe en DBO5), les objectifs intermédiaires en 2010, 2015, 2020. Y sont ajoutés les concentrations de DBO5 simulées dans le scénario 1 sans traitement. Tableau 28 : Objectifs de qualité progressifs Oued Nom de la station Concentration en DBO5 en mg/l sans traitement des EU Objectifs de qualité progressifs Conc maxi visée 2003 2010 2025 2010 2015 2020 2025 2025 O.Lyhoudi Av. Sefrou 4,67 6,38 8,43 5,00 4 O.Lebéne Pont R.S 302 2,13 3,03 4,39 5,00 4 O.Inaouene Pont R.P 1 Av. Taza 16,85 22,93 30,61 10,00 7,5 O.Inaouene Bab Marzouka 10,64 14,48 19,33 5,00 4 O.Inaouene St. El Kouchet 2,16 2,99 4,02 5,00 4 O.Aoulai Rhafsai 2,23 3,06 4,18 3,00 1,5 O.Ouergha Ain Aicha 1,89 2,31 3,25 3,00 1,5 O.Ouergha Pont Khenichet 2,46 3,43 4,70 3,00 1,5 O.Rdat Had Kourt 2,17 3,18 4,64 5,00 4 O.M'dez Pont du Mdez 0,98 1,35 1,83 3,00 1,5 O.Sebou Ain Timedrine 1,38 1,38 1,38 3,00 1,5 O.Sebou Pont Portugais 1,00 1,38 1,89 3,00 1,5 O.Sebou Dar El Arsa 49,04 64,23 85,75 25,00 17,5 O.Sebou Pont R.P 26 5,36 7,07 9,61 5,00 4 O.Sebou Azib Soltane 4,80 6,42 9,01 5,00 4 O.Sebou Am C sebou-rdat 2,02 2,67 3,73 5,00 4 O.Sebou Allal Tazi 0,87 3,57 6,00 10,00 4 O.Sebou Av.C. Sebou-Beht 3,02 4,69 8,47 10,00 7,5 O.Sebou amont kenitra 1,42 2,12 3,09 10,00 7,5 O.khemis Av. Rejet de Khemisset 87,78 116,30 136,21 25,00 17,5 O.Beht Ouljet Soltane 1,84 1,84 1,84 4,00 1,5 O.Beht Pont Dar Bel Amri 1,30 1,30 1,30 3.00 1,5 O.Beht Av. Sidi Slimane 22,13 57,04 45,99 10,00 7,5 O.Boufkrane Pont R.P 21 2,02 2,43 2,93 3,00 1,5 O.Rdom Av. Rejet de Meknes 33,01 43,26 54,13 10,00 7,5 O.Rdom Pont Kroumam 16,65 21,94 28,08 10,00 7,5 O.Rdom Souk El Had 15,89 20,55 26,22 10,00 7,5 O.Tiflet Av. Rejet de Tifelt 248,75 341,69 469,55 10,00 7,5 O.Tigrigra Sidi El Mokhfi 1,04 0,87 0,87 3,00 1,5 S.Tizguit Zaouiat sidi Abdeslem 2,61 1,04 1,04 3,00 1,5 Source : ABHS- BURGEAP- Phenixa, 2006 1.3.2. Objectifs de qualités Bon état DCE D un point de vue réglementaire la directive cadre sur l eau fixe 4 objectifs majeurs : - Le principe de non détérioration des masses d eau actuellement en bon état - L atteinte du bon état pour les autres masses d eau. - La réduction progressive des rejets de substances appartenant à la liste des molécules «dangereuses» et élimination des rejets de celles de la liste des molécules «dangereuses prioritaires» - Le respect de tous les objectifs assignés aux zones protégées. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 31
En ce qui concerne les masses d eau de surface, l objectif de bon état comprend à la fois le bon état écologique (physicochimique et biologique) ainsi que le bon état chimique relatif aux normes de qualités environnementales fixées aux substances dangereuses. Les masses d eau désignées comme artificielles et fortement modifiées bénéficient d un objectif biologique adaptée à leur altération (bon potentiel écologique) mais les objectifs physicochimiques et chimiques demeurent les mêmes que les masses d eau naturelles. Pour les masses d eau souterraines le bon état couvre à la fois le bon état chimique et le bon état quantitatif. L ensemble de ces objectifs sont dans un premier temps fixés à un horizon 2015. Si cette échéance ne peut être tenue, des dérogations peuvent être demandées à l horizon 2021 et 2027 sous condition de justification technicoéconomique. La construction du bon état pour chaque type de masse d eau est résumée dans le schéma cicontre. Source : Glossaire DCE, Direction de l eau, France. Figure 29 : Schéma illustrant la notion de bon état écologique. Ces objectifs généraux ont été traduits pour chaque paramètre physicochimique, biologique et chimique en valeurs seuils. La circulaire 2005/12, expose ces normes pour les eaux de surface. En comparant valeur seuils fixées par la DCE et valeurs seuils des classes de qualité dans le contexte marocain, nous pouvons observer que pour tous les paramètres, les valeurs seuils DCE (en grisé et colonne de droite) correspondent à la classe de qualité bonne, excepté pour les nitrates pour lesquels le seuil de 50mg/l correspond à la classe passable. Par souci d homogénéisation nous considérerons que le bon état correspond à la classe Bonne (Verte) Tableau 30 : Comparaison des objectifs quantifiés de la DCE et des classes de qualité des eaux de surface du Sebou. Qualité Très bonne Bonne Passable Mauvaise Très mauvaise Limite Max Bon état DBO5 mg/l 3 5 10 25 6 DCO mg/l 10 25 40 80 30 NH4 mg/l 0,1 0,5 2 8 0,5 NO3 mg/l 10 25 50 50 NTK 1,0 2,0 6,0 12,0 2 Pt mg/l 0,1 0,3 0,5 3 0,2 Cr µg/l 50 100 MES mg/l 25 50 100 150 50 Pest (µg/l) 0,1 0,7 1,4 2 02 mg/l 7 5 3 1 6 Coli Fécaux 20 1000 2000(1) 20000 /100 ml Cond élect 500 1500 3000 µs/cm Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 32
En affectant aux 11 sous bassins les objectifs de qualité 2015 et 2030 assignés au tronçon aval de ce sous bassin (Cf Tableau 79) et en les comparant à l objectif théorique de la DCE, nous pouvons obtenir le tableau suivant. Tableau 31 : Comparaison des objectifs de qualité théoriques du bon état DCE à ceux de l étude ABHS- BURGEAP - Phenixa, 2004. Qualité actuelle Qualité DBO5 (mg/l) DCO (mg/l) NTK (mg/l) Ptot (mg/l) MES (mg/l) CrT (µg/l) Pest (µg/l) NO3 (mg/l) actuelle Ssbassin globale Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Objectif théorique Bon état Objectif de qualité 2015 Objectif de qualité 2025 Haut Sebou 0,4 0,9 0,1 0,1 0,5 0,0 0,0 0,1 TB TB Moyen Sebou Aval 0,1 0,4 0,0 0,3 0,2 4,5 0,2 0,1 B B Moyen Sebou Amont 53,3 173,5 5,7 4,2 54,5 92,7 0,2 0,0 M M Bas Sebou 18,8 42,5 1,6 1,0 16,6 5,1 0,8 0,1 P P Inaouene Aval 1,4 4,2 0,1 0,3 1,4 0,0 0,0 0,2 B TB Inaouene Amont 17,6 55,0 1,2 2,0 16,8 0,0 0,0 0,5 B TB Ouergha Aval 0,3 0,8 0,0 0,1 0,4 0,0 0,0 0,0 B TB Ouergha Amont 2,6 11,8 0,1 0,3 2,7 0,0 0,0 0,3 TB TB Beht Aval 21,8 56,0 1,1 7,0 20,1 52,1 5,0 2,5 TM P Beht Amont 19,2 52,3 2,2 2,4 17,5 0,0 0,5 0,8 TB TB Rdom 22,1 52,9 0,3 5,6 16,3 84,1 4,1 1,4 P P Source : ECeau Sebou, 2007 *Classe de qualité : TB : Très bonne, B : Bonne, P : Passable, M : Mauvaise, TM : Très mauvaise Ainsi les objectifs de qualité de l étude Phenixa ABHS- BURGEAP, 2006 sont dans certains bassins plus ambitieux que la DCE et dans d autres moindres. C est notamment le cas pour le Moyen Sebou amont (objectif : médiocre), le Bas Sebou et Rdom (objectif : médiocre), et le Beht aval (objectif : très médiocre). Ces objectifs correspondant à une mise en œuvre du maximum de mesures techniquement et économiquement faisables et acceptables et compatibles avec les usages majeurs, il apparaît difficile de vouloir se fixer un objectif théorique DCE de classe bonne non atteignable. Ainsi, en ce qui concerne la qualité des eaux de surface, les objectifs de qualité issus de l étude ABHS- BURGEAP Phenixa, 2006 seront retenus pour le développement du programme de mesure. Afin d atteindre ces objectifs ambitieux à un horizon 2015 ou 2030 un programme d action (ou programme de mesures) est nécessaire. Afin d obtenir le programme d action le plus efficace à moindre coût, la DCE propose une méthodologie en deux étapes: - Inventaire exhaustif des mesures permettant de répondre aux principaux enjeux précédemment identifiés. - Sélection de ces mesures à partir d une hiérarchisation de leur ratio coût/bénéfice. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 33
1.4. Leviers et proposition de mesures 1.4.1. Leviers et programmes d actions génériques. Pour chacun des enjeux précédemment développés, le levier d action c'est-à-dire le point du bilan massique sur lequel agit la mesure, sa cible principale ainsi que les sources probables de dimensionnement et des coûts sont rassemblés dans le tableau ci-dessous : Tableau 32 : Proposition de mesures génériques - qualité de l eau - en fonction des enjeux et leviers. Enjeu Levier Mesure Première localisation de la mesure Calcul de dimensionnement Approche du coût Décharges non contrôlées Part des lixiviats lessivés Délocalisation des décharges Aménagement de décharges sans délocalisation Décharges de Taza, Kenitra Décharge de Nombre de sites à délocaliser + taille des sites Nombre de sites à contrôler + taille des sites Coût de délocalisation par T de déchet + mise au norme nouveau site Coût de mise aux normes Domestique urbain Taux de raccordement Taux d épuration Extension et réhabilitation des réseaux de collecte des eaux usées aux habitations urbaines non raccordées Création de STEP, traitement primaire Voir taux de raccordement actuel + impact milieu Voir charges polluantes + impact milieu Création de STEP, traitement secondaire idem idem Création de STEP, traitement tertiaire idem idem Nombre d habitants non raccordés. Nombre d habitants à équiper Estimation de coût unitaire par raccordement Coût d équipement par habitant Débit oued récepteur Maintien d un débit sanitaire constant Barrage Allal Nombre de Bénéfices de turbinage Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 34
Industriels Enjeu Levier Mesure Industries non raccordées Volume d eaux usées Taux d épuration au point de rejet des principaux centres urbains Raccordement des sites industriels situés dans le périmètre urbain au réseau collectif Conversion vers des processus de production «0 rejets» ou à rejets moindre Equipement de STEP pour les sites industriels isolées Prétraitement des rejets industriels avant rejet dans le réseau d assainissement collectif Equipements de STEP collective Délocaliser les unités artisanales (tanneries et traitement de surface) dans un parc industriel aménagé pour traiter les rejets Amélioration des coefficients épuratoire des stations existantes Première localisation de la mesure Fassi Sites situés à kenitra, Meknes Huileries et papeteries Sucreries.. Fes, Meknes, Kenitra Huileries traditionnelles et semimodernes Fes, Meknes Sucrerie SUNABEL- TAZI Calcul de dimensionnement barrage x débit de soutien d étiage visé Linéaire de réseau x calibre Capacité de production à équiper Production x Capacité de production à équiper Production x Capacité de production à équiper Approche du coût / irrigation évités. Reprise des coûts d investissement d entreprises ayant déjà mis en place ces systèmes Reprise des coûts d investissement d entreprises ayant déjà mis en place ces systèmes Reprise des coûts d investissement d entreprises ayant déjà mis en place ces systèmes Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 35
Enjeu Levier Mesure Première localisation de la mesure Consommation en eau Procéder au recyclage de l eau SOTRAMEG Calcul de dimensionnement Approche du coût Domestique rural Taux d équipement d assainissement non collectif (fosse septique, puits perdus fonctionnels) Extension des équipements en fosses septiques des habitations rurales isolées Tout le bassin Nombre d habitants ruraux non encore équipés Estimation de coût unitaire par équipement Agricole Vulgarisation liée à l utilisation des produits agrochimique et phytosanitaire Saiss, Gharb 1.4.2. Alimentation d une base de mesure détaillée et calcul du ratio Coût/efficacité. Chacune des mesures génériques ci-dessus a été détaillée et adaptée au cas du Sebou. Les champs suivant ont été renseignés pour chaque action : Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 36
Tableau 33 : Liste des champs de la base de donnée des mesures du bassin du Sebou.. Code mesure Secteur Intitulé de la mesure Description de la mesure Paramètre du bilan massique sur lequel impacte la mesure Echantillon visé par la mesure: Déjà réalisé Echantillon visé par la mesure Echantillon non atteint Base (répond à une réglementation actuelle) / Complémentaire (au delà de la réglementation en vigueur) Réglementation concernée Tendanciel / Additionnel Unité dimensionnement Source de dimensionnement unitaire Montage financier Coûts Efficacité de la mesure Ratio coût / efficacité Coût unitaire d'investissement unité Durée de vie Coût unitaire de Fonctionnement (Maintenance + opération) unité Coût total unitaire Source de coût Paramètre d'évaluation de l'efficacité Efficacité Unité flux de pollution Estimation d'efficacité unitaire: Volume sauvergardé (m3/s), flux de polluants évité (t/an) par la mesure source d'efficacité Ci-dessous une première trame de base de mesures détaillées spécifiant notamment le caractère tendanciel (actions déjà planifiées dans les documents directeurs et dont le financement est assuré ligne surlignées en orange), ou additionnel (programme complémentaire ou actions envisagées mais non financées) des mesures. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 37
Tableau 34 : Liste détaillée de mesures qualitatives et affectation au scénario tendanciel. Code mesure Secteur Intitulé de la mesure Tendanciel / Additionnel Dom-urb-01 Domestique urbain Extension / création / réhabilitation des réseaux et traitement primaire- Centre < 10 000 hab Additionnel Dom-urb-02 Domestique urbain Extension / création / réhabilitation des réseaux et traitement primaire- Centre 10 000 hab< < 40 000 hab Additionnel Dom-urb-03 Domestique urbain Extension / création / réhabilitation des réseaux et traitement primaire- Centre >40 000 hab Additionnel Dom-urb-04 Domestique urbain Création de STEP, traitement secondaire - Centre < 10 000 hab Additionnel Dom-urb-05 Domestique urbain Création de STEP, traitement secondaire - Centre 10 000 hab< < 40 000 hab Additionnel Dom-urb-06 Domestique urbain Création de STEP, traitement secondaire - Centre >40 000 hab Additionnel Dom-urb-04 Domestique urbain Création de STEP, traitement Tertiaire - Centre < 10 000 hab Additionnel Dom-urb-05 Domestique urbain Création de STEP, traitement Tertiaire - Centre 10 000 hab< < 40 000 hab Additionnel Dom-urb-06 Domestique urbain Création de STEP, traitement Tertiaire - Centre >40 000 hab Additionnel Dom-urb-07 Domestique urbain Création de STEP, Boue activée - Centre < 20 000 hab Additionnel Dom-urb-08 Domestique urbain Création de STEP, Boue activée - Centre 20 000 hab< < 100 000 hab Additionnel Dom-urb-09 Domestique urbain Création de STEP, Boue activée - Centre >100 000 hab Additionnel Dom-urb-14 Domestique urbain Maintien d un débit sanitaire constant au point de rejet des principaux centres urbains à partir des barrages amont Additionnel Dom-urb-15 Domestique urbain Dépollution des rejets domestiques de la ville de Fès (1ere phase) tendanciel Dom-urb-16 Domestique urbain Dépollution des rejets domestiques des rejets de la ville de Méknès tendanciel Dom-urb-17 Domestique urbain Dépollution des rejets domestiques des rejets de la ville de Méknès Additionnel Dom-urb-18 Domestique urbain Dépollution des eaux usées de Khémisset tendanciel Dom-urb-19 Domestique urbain Dépollution des eaux usées de Tiflet tendanciel Dom-urb-20 Domestique urbain Dépollution des rejets de la ville de Sidi Slimane tendanciel Dom-urb-21 Domestique urbain Assainissement et épura tion des eaux usées du centre de Sidi Taibi tendanciel Dom-urb-22 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de Dar El Gueddari tendanciel Dom-urb-23 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de Sidi Kacem tendanciel Dom-urb-24 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de Tahla tendanciel Dom-urb-25 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de Ouazane = ouilane? tendanciel Dom-urb-26 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de Azrou tendanciel Dom-urb-27 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de Bel ksiri tendanciel Dom-urb-28 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de taounate tendanciel Dom-urb-29 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de souk larba de gharb tendanciel Dom-urb-30 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de Oued Amlil tendanciel Dom-urb-31 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de had kourt tendanciel Dom-urb-32 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de sidi yahia de gharb tendanciel Dom-urb-33 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de Mhaya tendanciel Dom-urb-34 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de kariat ba mohammed tendanciel Dom-urb-35 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de ifrane tendanciel Dom-urb-36 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de sefrou tendanciel Dom-urb-37 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de kenitra Addtionnel Dom-urb-38 Domestique urbain Dépollution des rejets centre de Dar EL gueddari tendanciel Dom-rur-01 Domestique rural Equipements en fosses septiques des habitations rurales isolées Additionnel Dech-01 Décharge Réhabilitation de l'ancienne? Additionnel Dech-01 Décharge Aménagement de décharge sur site sans aquisition < 75 000 Additionnel Dech-01 Décharge Aménagement de décharge sur site sans aquisition 75 000< < 200 000 Additionnel Dech-01 Décharge Aménagement de décharge sur site sans aquisition > 200 000 Additionnel Ind-01 Industrie Raccordement des sites industriels situés dans le périmètre urbain au réseau collectif Additionnel Ind-02 Industrie Conversion vers des processus de production «0 rejets» ou à rejets moindre Additionnel Ind-03 Industrie equipement de la ville de fes des bassins d'évaporation forcée pour les margines des huileries Ind-04 Industrie Equipement de STEP pour les sites industriels isolés ' sucreries (SUNAG, SUNACAS, Dar Guedari a améliorer ) Tendanciel cf PNA Sebou Additionnel Ind-05 Industrie Equipement de STEP pour les sites industriels isolés ' SOTRAMEG Additionnel Tendanciel cf Ind-06 Industrie Equipement de STEP pour les sites industriels isolés ' cellulose du maroc PNA Sebou Ind-07 Industrie Prétraitement des rejets industriels avant rejet dans le réseau d assainissement collectif de Fes Tendanciel et conditionnelle pour STEP Fes Ind-07 Industrie Prétraitement des rejets industriels avant rejet dans le réseau d assainissement collectif Additionnel Ind-08 Industrie Equipements de STEP collective pour les huileries traditionnelles et semi-traditionnelles Additionnel Ind-09 Ind-10 Industrie Industrie Délocaliser les unités artisanales (tanneries et traitement de surface) dans un parc industriel aménagé pour traiter les rejets (Sefrou - Ratio cout efficacité faible) amélioration du rendement des STEP deja réalisées (SUNABEL, Dar Guedari, Setexam en attente résultats mesures) Additionnel Additionnel Ind-11 Industrie equipement de STEP pour les tanneries de meknes Additionnel Ind-11 Industrie Raccordement des tanneries de Meknes à la station de déchromatation de Fes Additionnel Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 38
2. Mesures et enjeux quantitatifs sur les nappes du Gharb et Fes-Meknès : 2.1. Enjeux : 2.1.1. Connaissances actuelles sur les points de prélèvement. La pression exercée sur l eau souterraine est plus importante et présente plus de risques immédiats et futurs que celle exercée sur l eau de surface. Le coût de mobilisation ainsi que l accessibilité à l eau souterraine plus faibles expliquent cette pression. Les points d eau utilisés pour l irrigation et l AEP sont nombreux et dépassent les 40.000 points dans le bassin. Les points d eau devront être recensés selon l article 7 de la DCE. Ce sont ceux destinés à la consommation humaine fournissant en moyenne plus de 10 m 3 par jour (0.12 l/s) ou desservant plus de 50 personnes. Plusieurs études et enquêtes ont été réalisées pour mettre en place un tel recensement et il y a lieu de rassembler de telles données dans une base homogène selon plusieurs critères et en se fixant un seuil pour ne pas compter tous les points d eau tel que celui mentionné dans l article 7 de la DCE. On distinguera les points d eau suivants : - Les points d eau collectifs utilisés aussi bien pour l irrigation que pour l AEP, - Les points d eau individuels utilisés pour l irrigation et/ou pour l AEP. On recense au niveau du bassin environ un millier de points d eau collectifs utilisés pour l AEP et l irrigation totalisant un volume d eau prélevé de 300 Mm 3. Le paragraphe ci-dessous détaille les pressions par secteurs pour les différentes masses d eau souterraines du bassin. 2.1.2. Analyse par secteur des pressions quantitatives sur la ressource souterraine en général Cette analyse des prélèvements et recharges des différentes nappes du bassin s inspire principalement des bilans de nappes réalisés dans le cadre de la mission I.2 du PDAIRE auxquels ont été apportés quelques modifications. Les données de prélèvements/recharge sont issues de rapports divers. Dans le cas de la nappe du Gharb, le PDAIRE cite par exemple les sources suivantes : - Irrigation : ADI 2006 - Transfert Oued/nappes : REM (T2) - AEP Rurale : Enquête ABHS- CID 2006 - Ecoulement vers la mer : INGEMA 1994 Les bilans quantitatifs globaux suivants ont pu être calculés pour chacune des nappes: Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 39
Nappe eau bassin Entrées (Mm3/an) Agricol e Prélèvements (Mm3/an) AEP Autre Industrie s Isoleés Somme Drainage Oueds et sources Abouchement (Mm3/an) Ress. En eau Sorties (Mm3/an) Bilan Mbilisable (Mm3/an) (Mm3/an) Moy Atlas Tabulaire 690,5 42 22,1 9,4 0 73,5 424,3 162,4 660 30 10 Moy Atlas plissé 286 12 8 0 20,0 266 286 0 0 Fès-Meknès 241,5 176 100 1,24 277,2 81,5 359-117 0 Gharb 224 262 19 30 311,0 7 13 331-107 0 Maâmora 160 50 42 25 117,0 48 165-5 0 Couloir de Fès-Taza 157 6,8 6,6 0 13,4 94,5 108 49 40 Dradère-Souière 111 21 1 0 22,0 19,7 69,3 111 0 20 à 30 Taza 13 0,5 11 0 11,5 7,9 19-7 0 Bou Agba 3 1 3 0 4,0 4-1 0 Total 1885 571 213 56 840,2 893 301 2034 Env. 75 % 41% 44% 15% Source : PDAIRE, Mission I.2/Modifier Figure 35 : Bilans quantitatifs des principales nappes souterraines du bassin et répartition des prélèvements par sources (valeurs et carte) Il ressort de l analyse des pressions sur les eaux souterraines les conclusions suivantes : - Les entrées nettes (transferts souterrains inter nappes exclus) du bassin sont estimées à 1320 Mm3/an - Les sorties nettes se répartissent de la manière suivante : 769 Mm3/an (39%) prélevés pour les besoins agricoles et d AEP 629 Mm3/an du drainage des sources et oueds dont 300 Mm3 environ est déjà comptabilisé dans les bilans des eaux de surface. - le bilan «eau souterraine» est déficitaire d un volume moyen d environ 78 Mm3/an (environ 2.5 m3/s) ; - les nappes actuellement déficitaires (niveaux piézométriques en baisse) sont celles de Fès-Meknès (libre et profonde), Gharb, Maâmora, Taza et Bou Agba. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 40
- Les nappes du Lias du couloir de Fes Taza et Moyen Atlas tabulaire sont excédentaires d un volume respectivement de 38,5 Mm 3 /an et 15Mm3/an. - Les ressources supplémentaires mobilisables sont estimées pour ces deux nappes à 49 Mm 3 /an (lias profond) et 10 Mm 3 /an (Moyen atlas tabulaire). Une ressource complémentaire de 22 Mm 3 a été estimée dans la nappe de Dradère Souière. En effet une partie des débits alimentant les Merjas Zerga et El Halloufa s écoule vers l océan et pourraient être interceptés par forage sans que cela n affecte les réserves non renouvelables (PDAIRE, Mission I.2, nappe de Dradère Souière). - En évitant de comptabiliser les volumes d eau déjà inclus dans le bilan des eaux de surface, on obtient un volume d eau souterraine mobilisable de 1020 Mm 3 et un volume d eau utilisé de 1100 Mm 3. Comme l indique la figure 60, les pompages agricoles (essentiellement de l irrigation privée et PMH) contribuent pour environ 70 % des prélèvements totaux du bassin. Les prélèvements pour l AEP en constituent 27%. Cette répartition présente une forte variabilité, selon les nappes, représentée à la figure 61. Répartition des prélèvements dans les eaux souterraines du Sebou par secteurs (en Mm3/an) Industrie; 25 Autres; 9,4 AEP ; 209,7 Agricole; 525,3 Figure 36 : Répartition des prélèvements par secteurs sur l ensemble des masses d eau souterraines Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 41
Mm3/an Distribution par masses d'eau et par secteurs des prèlèvements souterrains 300 250 200 150 100 Autres Industrie AEP Agricole 50 0 Moy. Atlas tabulaire Moy. Atlas plissé Fès- Meknès Gharb Mamora Couloir de Fès-Taza Dradère- Souière Taza Bou Agba Figure 37 : Détails des prélèvements par secteurs et par masses d eau souterraines Au vu de ces résultats il a été décidé d appliquer, dans le cadre de ce projet, les outils de la DCE à deux cas d études : la nappe de Fès Meknes, et celle du Gharb. Pour ces deux nappes, une analyse des pressions et de leur état est détaillée ci-dessous. En parallèle un scénario tendanciel des aménagements quantitatifs envisagés pour chacune des nappes a été dressé et figure dans le rapport spécifique au Scénario tendanciel du Sebou. 2.1.3. Nappe de Fes Meknes: Sources de pressions et niveaux de prélèvements /recharges Ce système de nappe est constitué de deux nappes, la nappe profonde dans les calcaires dolomitiques du Lias et une nappe phréatique dans les formations Plio-Quaternaire (calcaires lacustres, colluvions et alluvions de la plaine du Saïs). Chacune de ces masses d eau présente un bilan propre figuré sur le schéma ci-dessous. Source : Personnelle sur la base des données PDAIRE, SCET Maroc Figure 38 : Détails des prélèvements et recharge des nappes du complexe de Fes Meknes Les principales sources des déséquilibres quantitatifs sont : Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 42
- les prélèvements agricoles pour la nappe phréatique ; - le prélèvement pour l AEP de Fes/Meknes pour la nappe du Lias. Ce sont sur ces deux secteurs que doivent se concentrer les efforts de recherche de pistes d amélioration. Les tableaux suivants permettent de détailler les principales sources de consommation pour chacun des secteurs : Conséquence en terme d état piezométrique Cette nappe est la plus touchée du bassin Sebou. Le piézomètre du Sud du plateau de Meknes (n IRE 290/22) est particulièrement représentatif de l acuité des surprélèvements dans la nappe du lias de Fes Meknès, aquifère dans lequel s effectuent les prélèvements AEP de ces deux villes. De plus l extension des cultures arboricoles (pommiers) dans le moyen Atlas, château d eau de la nappe de Fès Meknes, ne fait que renforcer le bilan négatif de cette nappe. L historique piezométrique montre une chute des niveaux à partir de 1980, de 65m en 25 ans soit une baisse d environ 2,5 m par an (cf Figure 75). Cette baisse est plus faible dans le bassin de Fès mais cependant très préoccupante : 1,5m/an en moyenne. De plus la baisse généralisée des niveaux piézométriques se traduit par une baisse de la pression artésienne (cf figure 76). SUIVI PIEZOMETRIQUE DE LA NAPPE PROFONDE FES-MEKNES PIEZOMETRE N IRE 290/22- (Hajj Kadour) 690 680 ALTITUDE (m) 670 660 650 640 630 620 ANNEE 610 63 65 67 69 71 73 75 77 79 81 83 85 87 89 91 93 95 97 99 01 03 05 07 Figure 39: Historique piézométrique de la nappe du Lias (Sud du plateau de Meknès) Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 43
Figure 40 : Chute de la pression dans la nappe artésienne de Fes-Meknes La nappe phréatique, dans laquelle s effectuent 80% des pompages agricoles, présente une baisse interannuelle moindre en raison principalement de la recharge plus importante issue du retour des eaux d irrigation et de la recharge naturelle. Cette baisse est variable selon les piézomètres mais semble s accroître depuis 10 ans dans la zone centrale. Une valeur moyenne actuelle de 1m/an peut être retenue pour cette nappe, conséquence selon les experts du PDAIRE, des déficits pluviométriques sévissant depuis le début des années 1980 et de l augmentation des prélèvements agricoles. 2.1.4. Nappe du Gharb: Sources de pressions et niveaux de prélèvements /recharges Source : Personnelle sur la base des données PDAIRE Figure 41 : Détails des prélèvements par secteurs et recharge de la nappe du Gharb Le bilan négatif est principalement induit par les prélèvements pour l irrigation, qu il convient de détailler en terme de surfaces irriguées, techniques de distribution et efficiences. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 44
Conséquence en terme d état piezométrique Les trois piézomètres reflétant le niveau de cette nappe montrent des évolutions différentes. Malgré des fluctuations interannuelles, le secteur nord semble présenter une certaine stabilité. A partir de 1998 une baisse est enregistrée. Cette même baisse est relevée sur le piézomètre Est qui, à l extérieur des périmètres irrigués, semble être plus représentatif des variations de précipitations. La baisse enregistrée depuis 1998 atteint 10m. Dans la zone côtière les variations d amplitude sont plus faibles que dans les autres secteurs, la tendance à la baisse à partir de 1998 étant plus atténuée mais réelle. Ainsi les baisses piezométriques observées sont atténuées comparativement aux valeurs de déficits quantitatifs estimés (-31Mm3/an), cette atténuation peut être due à i) une mauvaise prise en compte des retours d irrigation issue des eaux de surface (Grande hydraulique), ii) des transferts internappes méconnus, iii) des déficits tamponnés par la grande superficie de la nappe du Gharb. Nappe du Gharb : secteur Est 35 PIEZOMETRE N IRE 103/14 (Secteur est) 30 ALTITUDE (m) 25 20 15 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03 04 ANNEES Nappe du Gharb : zone côtière (Menasra) 15 PIEZOMETRE N IRE 698/8 (Zone côtière) 10 ALTITUDE (m) 5 0-5 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03 04 ANNEES Figure 42: Historique piézométrique de la nappe du Gharb (secteur Est et côtier) Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 45
2.2. Objectifs quantitatifs. 2.2.1. Définition DCE du bon état quantitatif des masses d eau souterraines. La circulaire DCE 2006/18 relative à la définition du «bon état» pour les eaux souterraines, (en application de la directive 2000/60/DCE du 23 octobre 2000 du Parlement et du Conseil) avance les objectifs quantitatifs suivants : «En l état actuel des réflexions, il est proposé qu une masse d eau souterraine soit considérée en bon état quantitatif dès lors : - qu il n est pas constaté d évolution interannuelle défavorable de la piézométrie (baisse durable de la nappe hors effets climatiques), - et que le niveau piézométrique qui s établit en période d étiage permette de satisfaire les besoins d usage, sans risque d effets induits préjudiciables sur les milieux aquatiques et terrestres associés, ni d intrusion saline en bordure littorale.» 2.2.2. Bon état quantitatif des masses d eau souterraines du Sebou Dans le cas du Sebou les objectifs visés pourraient être similaires à ceux de la DCE. Il s agirait notamment d inverser les tendances de baisse des niveaux piézométriques au travers d un rééquilibrage des valeurs de prélèvement et de recharge. Ainsi un bilan quantitatif équilibré peut être l objectif pour les nappes actuellement déficitaires. Cependant un bilan quantitatif équilibré à l échelle d une nappe entière ne signifie pas l absence de tension quantitative sur certaines zones de la nappe (difficulté d alimentation d oueds ). En effet, en fonction de la localisation des points de prélèvements et des vitesses de transferts souterrains, des déficits localisés peuvent exister. Ainsi l objectif des équilibres quantitatifs devra être atteint non seulement à l échelle de la nappe entière mais également au niveau de chaque sous unités de nappe ou masses d eau souterraines définies au 3.3 (liste des masses d eau : cf tableau 34). Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 46
2.3. Leviers et proposition de mesures Tableau 43 : Proposition de mesures génériques problématique quantitative - en fonction des enjeux et leviers. Enjeu Levier Mesure Première localisation de la mesure Calcul de dimensionnement Approche du coût Source Irrigation TABLEAU EN COURS DE CONSTRUCTION Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 47
3. Prochaine étape : l analyse coût efficacité des mesures 3.1. Phase 1 : Classement des mesures par ratio coûts/efficacité croissants Pour chacune des mesures le coût global annualisé est estimé en tenant compte : - des coûts d investissements, - les coûts d opération et de maintenance - les coûts économiques indirects liés à la mise en œuvre de la mesure (par exemple, une perte de revenu d un secteur particulier) - la durée de vie des équipements 18. Ce coût annualisé est divisé par l efficacité, exprimée dans la même unité de référence que les coûts (si le coût est exprimé en Dirham par installation, l efficacité sera exprimée en tonnes de DBO5 de rejets évités par l installation, si le coût est exprimé par habitant, l efficacité sera ramenée à la charge polluante évitée par habitant.) L unité de l efficacité se doit d être homogène afin de pouvoir mener une comparaison des mesures selon leur ratio Coût/bénéfices. Les mesures touchant souvent différents paramètres, et les masses d eau étant affectées par plusieurs paramètres, nous touchons là une des premières limites de l analyse coût efficacité. Dans le cas de nombreux paramètres à traiter avec peu de mesures pour chacun, celles-ci perd de sa pertinence étant donné que le choix entre mesures est limité. Cependant bien souvent le traitement d un paramètre physicochimique permet également de rabattre les rendements des autres paramètres. C est notamment le cas des systèmes de traitement par boue activée qui permettent de rabattre à la fois les concentrations en matière organique (DBO5 ) mais également l azote. Le paramètre DBO5 étant le mieux connu et le plus utilisé pour exprimer l efficacité des procédés de traitement, il a été retenu dans la présente étude comme paramètre principal d efficacité. Ainsi le ratio coût/efficacité s exprimera dans cette étude en Dirham/ Tonne de DBO5 évitée. Certaines mesures relatives à un paramètres spécifique du type Chrome, pesticides non traités par les actions classiques, seront incluses dans le programme de manière systématique. Un autre questionnement soulevé par l évaluation de l efficacité est le lieu d application de la mesure. Afin de traduire une efficacité en terme de milieu, il conviendrait de mesurer le flux de DBO5 évité une fois l autoépuration prise en compte. Cependant cette analyse demanderait un détail au cas par cas de mesures génériques du type : «mise en place de station d épuration pour les villes de 20 000 à 100 0000 habitants» dans ce cas une efficacité pour chaque ville devrait être retenue. Dans un souci de simplification et de gain de temps, l efficacité a été exprimée au point de rejet (qui lui même doit également atteindre l objectif visé). L autoépuration des oueds a été prise en compte lors de la combinaison des mesures jusqu à atteinte de l objectif visé au point aval du sous bassin. 18 Dans certains cas, des coûts environnementaux majeurs peuvent également être monétarisés et intégrés dans ces coûts, par exemple les coûts liés à la pollution induites par certaines mesures particulières. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 48
3.2. Phase 2 : Construction du programme de mesure le plus coût / efficace. L objectif de cette étape est de lier les sous bassins, leur état actuel, leur état tendanciel en 2015, les objectifs de qualités fixés et les mesures précédemment détaillées. Cette mise en relation repose sur la construction d une grille constituée de - En lignes : les sous bassins classés de l amont vers l aval, auxquels sont reportés l état qualitatif actuel, tendanciel en 2015 et après programme de mesures au point aval ainsi que l objectif de qualité visé. - En colonnes : Les mesures rangées par ratio de coût/efficacité croissant. La construction du programme de mesure débute par le sous bassin le plus à l amont. En fonction de l objectif visé, les mesures sont ajoutées progressivement en commençant par la plus coût efficace. A chaque ajout de mesures, l état simulé est recalculé. Lorsque l état simulé passe en dessous de l objectif visé, le programme de mesures est complet pour le sous bassin considéré. Pour la dernière mesure affectée, le niveau de dimensionnement peut être adapté afin d égaliser l objectif de qualité d une manière plus précise. Une fois l objectif atteint dans le sous bassin le plus à l amont, il est procédé de la même manière pour le sous bassin à son aval et ainsi de suite jusqu à l embouchure du Sebou. Procéder de l amont à l aval permet de prendre en compte les gains de qualité obtenus par les mesures amont dans la construction du programme de mesures aval. Le schéma ci-dessous résume l approche méthodologique adoptée pour l analyse coût efficacité des actions sur la qualité physicochimique des eaux du Sebou, et qui sera mise en œuvre dans les semaines à venir. Il présente également les résultats simulés en 2015 des actions tendancielles (prévues dans le Plan National d Assainissement liquide et dont le financement et en partie ou totalement couvert) en terme de concentration sur les oueds en période d étiage. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 49
Concentrations d étiage prévues en 2015 si les actions planifiées et financées actuellement sont mises en oeuvre Mesures classées par paramètre et ratio de Cout/efficacité croissant Qualité actuelle Qualité 2015 - Tendancielle Qualité Qualité 2015 - Après PdM Qualité DBO5: paramètre principal Chrome Objectif Objectif Qualité 2015 2015 DBO5 (mg/l) DCO (mg/l) NTK (mg/l) Ptot (mg/l) MES (mg/l) CrT (µg/l) Pest (µg/l) NO3 (mg/l) DBO5 (mg/l) DCO (mg/l) NTK (mg/l) Ptot (mg/l) MES (mg/l) CrT (µg/l) Pest (µg/l) NO3 (mg/l) DBO5 DCO (mg/l) NTK (mg/l) Ptot (mg/l) MES (mg/l) CrT (mg/l) (µg/l) Pest NO3 (µg/l) (mg/l) de de M1: M2 : M3: M4 M1 actuelle globale globale qualité qualité Max Max Max Max globale tendanci après Dimen conc Dimen conc Dimen conc Dimen conc 2015 2025 Cout atteint Cout atteint Cout atteint Cout atteint Ssbassin Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy elle Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Moy Pdm sion finale sion finale sion finale sion finale???? Haut Sebou 0,4 0,9 0,1 0,1 0,5 0,0 0,0 0,1 B 0,5 1,4 0,1 0,1 0,7 0,0 0,0 0,1 B TB TB x x x x Moyen Sebou Amont 53,3 173,5 5,7 4,2 54,5 92,7 0,2 0,0 TM 22,6 91,6 1,3 0,9 23,5 115,3 0,2 0,0 TM M M x X x Inaouene Amont 17,6 55,0 1,2 2,0 16,8 0,0 0,0 0,5 M 15,4 50,8 0,8 2,0 14,1 0,0 0,0 0,5 M B TB Inaouene Aval 1,4 4,2 0,1 0,3 1,4 0,0 0,0 0,2 P 1,3 4,1 0,0 0,3 1,3 0,0 0,0 0,2 P B TB Moyen Sebou Aval 0,1 0,4 0,0 0,3 0,2 4,5 0,2 0,1 P 0,1 0,3 0,0 0,2 0,1 5,6 0,2 0,1 B B B Rdom 22,1 52,9 0,3 5,6 16,3 84,1 4,1 1,4 TM 19,5 46,5 0,1 4,2 12,6 104,5 4,1 1,4 TM P P Beht Amont 19,2 52,3 2,2 2,4 17,5 0,0 0,5 0,8 M 7,1 18,7 0,6 1,2 5,5 0,0 0,5 0,8 M TB TB Beht Aval 21,8 56,0 1,1 7,0 20,1 52,1 5,0 2,5 TM 14,9 36,8 0,5 4,8 10,9 64,8 5,0 2,5 TM TM P Ouergha Amont 2,6 11,8 0,1 0,3 2,7 0,0 0,0 0,3 B 2,7 13,2 0,1 0,2 2,8 0,0 0,0 0,3 B TB TB Ouergha Aval 0,3 0,8 0,0 0,1 0,4 0,0 0,0 0,0 B 0,5 1,4 0,1 0,1 0,7 0,0 0,0 0,0 B B TB Bas Sebou 18,8 42,5 1,6 1,0 16,6 5,1 0,8 0,1 M 17,9 42,4 2,2 1,1 18,5 6,3 0,8 0,1 M P P Sous bassins rangés de l'amont vers l'aval Affectation progressive des mesures jusqu à ce que qualité globale 2015 = objectif 2015 Figure 44 : Structure et méthode d analyse coût /efficacité comparaison des concentrations d étiage dans les oueds actuelles et simulées en 2015 après mise en œuvre du Scénario tendanciel de qualité des eaux du bassin. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 50
Conclusions Suite à l analyse détaillée des pressions et de la simulation de leur impact au travers de bilans massiques de flux de polluants et de bilans quantitatifs de nappes souterraines, les enjeux majeurs suivants ont pu être soulignés : Pour la qualité des eaux de surface : - Une qualité physicochimique très altérée par les rejets domestiques urbains et industriels, notamment en ce qui concerne les teneurs en matière organique (MO), phosphore, chrome et azote. Sont notamment en cause les 5 villes principales du bassin représentant plus de 70% de la population urbaine (Kenitra, Khemisset, Meknes, Fes et Taza), les rejets des tanneries induisant des déclassement au Chrome sur les oueds Moyen Sebou, Beht et Rdom ainsi que les émissions ponctuelles des margines des huileries (40% de la production marocaine dans le bassin du Sebou) induisant des pics de teneur en MO durant les mois de décembre à février. - Un enjeu majeur est la gestion efficace et la maintenance des stations d épuration prévues. En effet les quelques centres et industries actuellement équipés présentent des rendements épuratoires très décevants voire nuls liés à une diversité de raisons (gestion défaillante, erreur de construction, sous dimensionnement ). Une compréhension de ces échecs est nécessaire afin d éviter qu ils ne se reproduisent lorsque les stations prévues par le Plan National d assainissement liquide entreront en fonctionnement. Comment intégrer la différence entre efficacité théorique et efficacité réelle dans l analyse coût-efficacité devra également se poser. - Des débits de soutien d étiage sont programmés dans les documents de gestion des barrages mais non respectés. La diversion quelquefois de l intégralité du débit des oueds pour les usages hydroélectriques, agricoles ou domestiques induisent des pertes quasi totales des capacités écologiques (assecs en aval des barrages de El Kansera, Idriss Ier et sur l oued Rdom, Mikkes), et l absence de dilutions sanitaires nécessaires des cours d eau (aval des rejets de Fès). Pour les masses d eau souterraines de Fes Meknes et du Gharb : - Des teneurs en nitrates très élevées dans les nappes du Gharb et Fes Meknes, issus principalement des surplus azotés des périmètres irrigués implantés en cultures maraîchères et arboricoles à haute valeur ajoutée et besoins en intrants élevés. Ce paramètre est d autant plus limitant pour l atteinte du bon état en 2015 ou 2030, que les tendances d évolution indiquent un accroissement alarmant de ces teneurs. - Un bilan quantitatif déficitaire de -100 Mm 3 pour la nappe de Fès-Meknès (libre et profonde) et -37 Mm 3 pour celle du Gharb. L agriculture contribue à 70% des prélèvements totaux. - Pour la nappe côtière de Menasra (bordure ouest de la nappe du Gharb) l inversion du bilan hydrique laisse craindre des intrusions salines se traduisant par une remontée du biseau salé ainsi que des phénomènes d upconing, observés depuis peu dans la zone. Les principaux leviers sur lesquels sont susceptibles d agir les mesures en cours de sélection comprennent, en ce qui concerne la qualité physicochimique des masses d eau superficielles : les taux de raccordement au réseau d assainissement, les taux d épuration de stations, le soutien des débits des oueds récepteurs, le taux d équipement en procédés d assainissement Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 51
non collectif, les parts de lixiviats lessivés issus des décharges ou des intrants azotés des périmètres irrigués. En ce qui concerne les pollutions domestiques classiques (DBO5) l analyse coût efficacité semble être applicable dans le cas du Sebou. Son utilisation dans le cadre du traitement des pollutions spécifiques par certains polluants (pesticides, chrome, phosphore...) semble moins pertinente de par le nombre réduit d alternatives et de mesures potentielles disponibles. Les principaux obstacles rencontrés jusqu à présent pour la mise en place des outils de bilans massiques et de sélection de mesures de la DCE sont regroupés dans le tableau ci-dessous : Outils DCE Obstacles rencontrés lors de la leur mise en œuvre absence de couche SIG correspondant aux 11 sous bassins, ce qui empêchait l affectation des centres urbains, sites industriels, surfaces agricoles, par croisement géographique. Peu de références d'évolution des paramètres d'autoépuration des cours d'eau selon le faciès de cours d'eau et les polluants Bilans massiques des charges polluantes par sous bassin Calculs de dilution non compatibles avec des débits d'étiage très faibles voire nuls à l'aval des barrages. Certains débits d'étiages d'oueds demeurent non mesurés. Prise en compte difficile des effets épuratoires des barrages Prise en compte difficile de la saisonnalité des émissions polluantes (margines, sucreries ) Difficulté de confronter les résultats simulés aux mesures dans le milieu. Celles-ci ne sont pas suffisamment fréquentes pour calculer des concentrations critiques. Difficulté de distinguer parmi les mesures planifiées celles qui sont effectivement tendancielles 2015/2030 et celles qui sont additionnelles. Inventaire des mesures et alimentation d'une base de données coûts/efficacité Nombre de mesures disponibles limité pour le traitement des polluants spécifiques: chrome, pesticides Difficulté de collecter l'ensemble des coûts d'une mesure; grande hétérogénéité dans les valeurs de référence Difficulté de collecter des références d'efficacité des mesures exprimées dans une unité homogène. Une partie de ces obstacles ont pu être contournés grâce en particulier : - Au travail de délimitation de masses d'eau effectué en parallèle dans le cadre du projet SPIWATER ; - Aux séries régulières et longues de mesures de débits disponibles pour les principaux oueds du bassin du Sebou. - A la très bonne connaissance du bassin par les experts de l'abhs. Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 52
Ressources bibliographiques principales Auteur Qualité eaux de surface NEDECO/CID Etude de la modélisation de la qualité des eaux du Sebou 1999 AHBS - BURGEAP, Phenixa AHBS - CID Qualité eaux souterraines Titre Etude de définition des objectifs de qualité des ressources en eaux superficielles du Sebou Mission 1: Analyse de la situation actuelle en matière de qualité et des usages des eaux le long des cours d'eau du bassin du Sebou. Date 2004 Mission 2: Définition des objectifs de qualité par tronçons de cours d'eau 2006 Mission 3: Plan d'action de dépollution nécessaire pour atteindre les objectifs de qualité des eaux de surface. Etude qualité et ressource en eau de la pollution dans le bassin du Sebou 2006 Mission 2: Inventaire des sources de pollution 2004 Mission 3: Synthèse de l'étude 2004 Etude de l'impact de la pollution agricole sur la qualité des eaux de la nappe Fes-meknes AHBS - SCET-SCOM Mission I: Diagnostic de la situation actuelle de la pollution d'origije agricole et étabmissement de l'état de la qualité des eaux de la nappe Fes/Meknes Mission II: Evaluation de l'impact de la pollution agricole et proposition d'un programme de contrôle et de lutte contre cette pollution. 2006 2006 AHBS - INWENT, MEDWET, - El Hebil Etude de Diagnostic de la nappe de Menasra - Wilaya de Kenitra - rapport provisoire 2006 El Mansouri, loukili, Esselaoui Mise en évidence du phénomène de l'upconing dans la nappe côtière du Rharb 2005 Analyse pressions Ministère de l'aménagement du Programme national de gestion des déchets ménagers et assimilés - territoire, de l'eau et de l'environnement 2007 Analyse transversale FAO Utilisation des engrais par culture au Maroc 2006 Etude d'actualisation du plan directeur d'aménagement intégre des ressources en eau du bassin hydraulique du Sébou ( PDAIRE) Mission I: Evaluation des ressources en eau du bassin du Sebou, MI.1: Ressources en eau de surface Mission I: Evaluation des ressources en eau du bassin du Sebou, MI.2: Ressources en eau souterraines 2005 2005 Mission II: Qualité des ressources en eau : eaux de surface 2006 AHBS - BRL, ADI, CACG Mission II: Qualité des ressources en eau : eaux souterraine 2006 Ministère de l Agriculture, Direction des aménagements hydro-agricoles Base de données des périmètres irrigués de PMH Mission III: Etude de la demande en eau agricole 2006 Mission III: Etude de la demande en eau urbaine 2007 Mission III: Etude de la demande en eau rurale 2007 Mission IV.1: Elaboration des schémas d'aménagement et développement de la ressource en eau 2007 Mission IV.2: Evaluation économique des variantes du PDAIRE 2007 Ministère de l Agriculture Recensement général de l agriculture de 1995 1998 Hydrogéologie et modélisation de l écoulement souterrain dans la nappe côtière de Mnassra (mémoire de Bouchra BOUYA 2006 DESA de l Université SMBA, Faculté des Sciences, Fes) Coopération allemande INWENT et MedWet, ABH Sebou Etude de diagnostic de la nappe de Mnassra 2006 Ministère de l Agriculture Atlas du bassin du Sebou 1970 AHBS Débat national sur l eau, Note sur le bassin du Sebou 2006 AHBS Etude d un système d organisation et de gestion d octroi des subventions pour l économie de l eau Août 2007 2004 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 53
Annexes Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 54
ANNEXE 1 : Détail des charges polluantes par centre urbain du bassin du sebou Centre Sous bassin (code) Population total du centre (hab) Taux de raccordement au réseau (% de la Flux total rejeté dans les cours d'eau après traitement éventuel et infiltration partielle des rejets non raccordés (t/an) DBO5 DCO MES N P population) KENITRA BAS SEBOU 363845 78 4529 12833 4529 1359 226 MEHDIA BAS SEBOU 7342 93 64 160 80 19 3 SOUK EL ARBAA BAS SEBOU 46273 95 522 1654 696 157 26 ARBAOUA BAS SEBOU 1948 94 17 43 21 5 1 LALLA MIMOUNA BAS SEBOU 10942 55 70 174 87 21 3 MOULAY BOU SELHAM BAS SEBOU 1063 70 8 19 10 2 0 SIDI ALLAL TAZI BAS SEBOU 2742 86 23 57 28 7 1 MECHRAA BEL KSIRI BAS SEBOU 29687 90 324 1024 431 97 16 HAD KOURT BAS SEBOU 5342 80 42 106 53 13 2 BAS SEBOU 469184 5598 16069 5936 1679 280 AIN LEUH BEHT 6285 79 49 123 62 15 2 SIDI ALI BEHT 2730 38 15 36 18 4 1 SIDI SLIMANE BEHT 86595 73 828 2623 1105 249 41 KHEMISSET BEHT 110460 95 1559 4416 1559 468 78 DAR EL GUEDDARI BEHT 6718 93 58 146 73 18 3 AIN JEMAA BEHT 3071 74 23 58 29 7 1 HAJ KADDOUR BEHT 3352 38 18 45 22 5 1 BOUFEKRANE BEHT 5251 93 46 114 57 14 2 MEKNES BEHT 515404 78 6416 18178 6416 1925 321 MOULAY DRISS ZERHOUNBEHT 15568 92 134 336 168 40 7 OUISLANE BEHT 35677 78 355 1125 474 107 18 SIDI KACEM BEHT 84079 86 890 2818 1187 267 44 SIDI YAHYA EL GHARB BEHT 37258 54 235 588 294 71 12 TIFLET BEHT 62067 94 696 2203 928 209 35 SIDI ALLAL BAHRAOUI BEHT 8183 74 62 154 77 18 3 AGOURAI BEHT 12475 75 95 237 118 28 5 AZROU BEHT 50740 94 569 1801 758 171 28 BEHT 1045913 12048 35003 13344 3614 602 IMOUZZER MARMOUCHA HAUT SEBOU 3111 38 17 41 21 5 1 GUIGOU HAUT SEBOU 6774 38 36 90 45 11 2 BOULEMANE HAUT SEBOU 7544 93 66 164 82 20 3 TIMAHDITE HAUT SEBOU 2232 38 12 30 15 4 1 AIN CHEGGAG HAUT SEBOU 4496 75 34 85 43 10 2 BHALIL HAUT SEBOU 13277 52 82 205 103 25 4 EL MENZEL HAUT SEBOU 13410 52 83 208 104 25 4 RIBAT EL KHEIR HAUT SEBOU 10411 96 92 231 116 28 5 HAUT SEBOU 61255 422 1055 528 127 21 TISSA INAOUENE 8777 76 67 168 84 20 3 OUED AMLIL INAOUENE 8112 89 69 171 86 21 3 TAHLA INAOUENE 25050 86 265 840 354 80 13 TAZA INAOUENE 150412 75 1828 5180 1828 548 91 OULAD ZBAIR INAOUENE 3731 38 20 50 25 6 1 ZRARDA INAOUENE 3822 38 20 51 25 6 1 MATMATA INAOUENE 2418 80 19 48 24 6 1 INAOUENE 202322 2288 6507 2426 687 114 MOULAY YACOUB MOYEN SEBOU 3389 89 29 72 36 9 1 AIN TAOUJDATE MOYEN SEBOU 19981 91 171 428 214 51 9 SEBAA AYOUN MOYEN SEBOU 19366 65 135 338 169 41 7 SKHINATE MOYEN SEBOU 3748 38 20 50 25 6 1 ZAOUIAT BOUGRINE MOYEN SEBOU 3959 38 21 53 26 6 1 ZIRARA MOYEN SEBOU 5619 38 30 75 37 9 1 KARIAT BA MOHAMED MOYEN SEBOU 16501 79 129 323 162 39 6 IFRANE MOYEN SEBOU 13937 92 120 301 150 36 6 EL HAJEB MOYEN SEBOU 29056 90 317 1003 422 95 16 SEFROU MOYEN SEBOU 67345 75 655 2074 873 196 33 GRAND FES MOYEN SEBOU 956172 97 13680 38759 13680 4104 684 IMOUZZER KANDAR MOYEN SEBOU 14367 87 120 299 150 36 6 MOYEN SEBOU 1153440 15427 43774 15945 4628 771 BAB BERRET OUERGHA 3708 38 20 49 25 6 1 BAB TAZA OUERGHA 2016 38 11 27 13 3 1 ZOUMI OUERGHA 2704 77 21 52 26 6 1 KHNICHET OUERGHA 7499 38 40 100 50 12 2 JORF EL MELHA OUERGHA 12666 95 112 279 140 34 6 AIN DORJ OUERGHA 1564 90 13 33 17 4 1 GHAFSAI OUERGHA 5291 83 43 107 53 13 2 TAOUNATE OUERGHA 30311 94 340 1076 453 102 17 THAR SOUK OUERGHA 4117 38 22 55 27 7 1 AJDIR OUERGHA 1794 83 15 36 18 4 1 TAINESTE OUERGHA 2579 38 14 34 17 4 1 OUERGHA 74249 649 1850 840 195 32 TOTAL BASSIN 3006363 36433 104259 39018 10930 1822 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 55
ANNEXE 2: Emissions brutes des principaux polluants par secteur et sous bassins (exprimé en T/an excepté les pesticides en kg/an) (Valeur 2004-2005 après application des rendements épuratoires éventuels autoépuration non comprise.) Sousbassin Secteur DBO5 DCO MES Ptotal NGL Cr t Pest (Kg/an) Bas Sebou Domestique 5598 16069 5936 280 1679 0 0 Bas Sebou Industrie 10404 21808 442520 5 410 2 0 Bas Sebou Décharges 1831 2563 0 0 0 0 0 Bas Sebou Agriculture 0 0 0 138 792 0 506 Beht Domestique 12048 35003 13344 602 3614 0 0 Beht Industrie 4170 16142 3453 9 206 9 0 Beht Décharges 444 622 0 0 0 0 0 Beht Agriculture 0 0 0 106 599 0 258 Haut Sebou Domestique 422 1055 528 21 127 0 0 Haut Sebou Industrie 25 61 10 0 2 0 0 Haut Sebou Décharges 7 10 0 0 0 0 0 Haut Sebou Agriculture 0 0 0 25 210 0 5 Inaouene Lbene Domestique 2288 6507 2426 114 687 0 0 Inaouene Lbene Industrie 1003 5211 854 2 25 0 0 Inaouene Lbene Décharges 567 793 0 0 0 0 0 Inaouene Lbene Agriculture 0 0 0 8 67 0 0 Moyen Sebou Domestique 15427 43774 15945 771 4628 0 0 Moyen Sebou Industrie 7969 41091 8265 16 377 17 0 Moyen Sebou Décharges 139 195 0 0 0 0 0 Moyen Sebou Agriculture 0 0 0 54 286 0 98 Ouergha Domestique 649 1850 840 32 195 0 0 Ouergha Industrie 1092 6218 1021 1 14 0 0 Ouergha Décharges 23 32 0 0 0 0 0 Ouergha Agriculture 0 0 0 22 187 0 0 Vers un programme de mesures pour le bassin du Sebou : Pressions- Impacts- Objectifs- Mesures 56