Louis-Guy Lemieux Grandes Familles du Québec Septentrion
Grandes Familles du Québec
Louis-Guy Lemieux Grandes Familles du Québec septentrion
Les éditions du Septentrion remercient le Conseil des Arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) pour le sou tien accordé à leur programme d édition, ainsi que le gouvernement du Québec pour son Programme de crédit d impôt pour l édition de livres. Nous recon nais sons éga lement l aide financière du gouvernement du Canada par l entremise du Pro gramme d aide au développement de l industrie de l édition (PADIÉ) pour nos activités d édition. Photographies de la couverture : Philibert Tremblay et Émilie Houde accompagnés de leurs enfants. Debout de gauche à droite : Amélia, Adélard, Arthur, Florida, Léo. Assis de gauche à droite: Yvonne, Philibert, Émilie, Alice, Laure-Anna. Devant: Émérilda et Blanche. (Courtoisie de Sylvie Tremblay) Photo du bas: Bruno Savard et Louise Fillion et leurs enfants : Alexandra, Catherine, Maxime, Marie-Pierre et Fanny. À droite, la petite Laurence Gagnon-Savard, fille d Alexandra. Photographie de la 4 e de couverture : Joseph Tremblay et Suzanne Brochu, avec leurs enfants, notamment Ernest, Emma, Épiphane et Claudia. (Courtoisie de Sylvie Tremblay) Sauf mention contraire, les illustrations proviennent de la photothèque du journal Le Soleil. Nous remercions par ailleurs les représentants des familles qui ont gracieusement fourni des photos pour ce livre. Révision : Solange Deschênes Mise en pages : Carole Corno, Pierre-Louis Cauchon Maquette de la couverture : Pierre-Louis Cauchon Correction d épreuves : France Brûlé Si vous désirez être tenu au courant des publications des ÉDITIONS DU SEPTENTRION vous pouvez nous écrire au 1300, av. Maguire, Sillery (Québec) G1T 1Z3 ou par télécopieur (418) 527-4978 ou consulter notre catalogue sur Internet : www.septentrion.qc.ca Les éditions du Septentrion 1300, av. Maguire Sillery (Québec) G1T 1Z3 Ventes en Europe : Distribution du Nouveau Monde 30, rue Gay-Lussac 75005 Paris France Dépôt légal 2006 Bibliothèque et Archives nationales du Québec ISBN 2-89448-483-6 Diffusion au Canada : Diffusion Dimedia 539, boul. Lebeau Saint-Laurent (Québec) H4N 1S2
Préface Louis-Guy Lemieux, journaliste, écrivain, publie en livre condensé les textes concernant les trente plus grandes familles de l est du Québec, textes parus dans le journal Le Soleil de Québec depuis l été 2003. M. Lemieux n a plus besoin de présentation, sa connais sance de l histoire du Québec et sa manière de nous la raconter en font l un des meilleurs vulgarisateurs actuels. En trente chapitres, sur autant de patronymes, en débutant par les plus usités de nos jours, il relate les moments forts de l établissement de nos ancêtres pionniers, avec ce don pour l adaptation de l histoire qui le caractérise. Les textes originaux parus dans le journal Le Soleil ont été revus et enrichis de faits inédits. C est en livrant l histoire et la généalogie de ces valeureux ancêtres qu ils seront libérés de l anonymat et demeureront gravés dans la mémoire collective. En généalogie, les arbres ont des racines qui peuvent traverser les océans. C est le cas de cet ouvrage composé de trente études familiales ayant pour origine la Normandie, la Bretagne, La Rochelle en Vendée et tous ces autres coins de France. Le lecteur trouvera sur le site Internet du Septentrion (www.septentrion.qc.ca) une fiche de généalogie personnelle toute simple pour démarrer son carnet de famille, méthode proposée pas la Société de généalogie de Québec, tout en sachant qu il en existe de plus élaborées. Il pourra ainsi commencer le classement de sa parenté ; ce sera la prise en main de son histoire familiale. Le lecteur découvrira qu il appartient à une filiation déterminée. Il apprendra que chaque individu porte une estampille généalogique qui le situe quant à sa propre place dans la société, et qui génère une identification et une différenciation par rapport à ses contemporains. Sans ordre et sans repère donnant à chacun une place, une origine, une filiation, aucune société ne pourrait se construire. La généalogie est au fondement de la société comme un ensemble structuré dans lequel chaque individu a, dès l origine, une place bien définie. C est pourquoi l auteur propose une réflexion sur l évolution de l histoire de nos familles, telle qu elle s est constituée et déployée au Québec depuis la Nouvelle- France. Grâce à l initiative de Louis-Guy Lemieux, nous pouvons faire l étude des hommes et des femmes dans le temps, profiter d une mise en perspective qui dégage des figures, à la fois plus nettes et attachantes. Grâce à sa manière de raconter, ses histoires deviennent si belles
et si vraies. Elles sont toujours fortement documentées, l auteur n ayant rien négligé pour inventorier, trier, ordonner et mettre en perspective, pour mieux faire percevoir la réalité historique. Le lecteur peut davantage partager l amour de ces bâtisseurs, admirer le rôle tenu par la famille et son image dans cette société en devenir, et mieux comprendre ses origines et la fierté d être du Québec : toutes ces dimensions transpirent dans ses écrits. Mais le grand mérite de cet ouvrage est de donner le goût de faire son histoire personnelle. Par une incursion à l intérieur de ses propres souvenirs, il devient possible de raviver la fierté de ses origines, de laisser un héritage tangible à ses enfants, et de comprendre l importance de conserver ses papiers de famille et ses archives personnelles. Loin d être élitiste, plutôt populaire, cet ouvrage se veut riche des multiples facettes émouvantes des passages de la vie de nos ancêtres. Cet éveil social, non banal, est plutôt remarquable de la part du journal Le Soleil qui diffuse, chaque été, un certain nombre d études familiales de l est du Québec. La Société de généalogie de Québec souhaite que cette publication soit la première d une collection, dans l esprit des célébrations du 400 e anniversaire de la fondation de Québec. La présidente, Mariette Parent www.sgq.qc.ca
Avant-propos Si on s intéresse à l histoire de son pays et à ceux qui l ont bâti, on fait de la généalogie. La généalogie étant la petite sœur de l histoire, l aventure risque fort d être intéressante. C est ce que j ai fait. Je vous invite à m accompagner dans ce voyage dans le temps. Ce sera tout sauf ennuyant. Ce pays, qu on l appelle le Québec ou le Canada, c est selon, aurait pu ne jamais venir au monde. Il aura fallu des hommes et des femmes hors de l ordinaire pour mettre au monde cette belle utopie : l empire français d Amérique. Ce sera un échec aux yeux de l histoire. Mais il reste sur place un pays et des millions de gens qui parlent français. C est déjà beaucoup. Il faut dire merci et reconnaître Samuel de Champlain, le visionnaire, et Marie Guyart de l Incarnation, la mystique. À eux deux, ils ont rendu possible l impossible. Mais il faut surtout voir et reconnaître la présence et le travail admirable, souvent, héroïque, parfois, des grands ancêtres. Chaque famille québécoise sait qu elle doit son existence à un homme et une femme qui ont tout laissé derrière eux en France, le plus souvent, pour ensuite traverser la mare Atlantique, au péril de leur vie. Arrivés en Nouvelle-France, ils devront se construire une famille, une maison et un pays avec, pour seul outil, leurs deux mains. Et, comme dit le poète, «leur dur désir de durer». Et ils l ont fait. Nous sommes là pour en témoigner. Ce livre est la somme de trente articles publiés sur les grands ancêtres québécois, au cours des étés 2003, 2004 et 2005. Ceux qui ont laissé la descendance la plus nombreuse sur le territoire desservi par le journal Le Soleil, c est-à-dire tout l est du Québec, du nord au sud, ont la priorité. Pour tout le Québec, les chiffres et les patronymes retenus sont, à tout prendre, comparables. Le choix des familles n est jamais subjectif. C est l Institut de la statistique du Québec et son expert, Louis Duchesne, qui décident à partir de critères strictement statistiques. Cela va de la grande famille Tremblay, qui représente 2,73 % de la population (c est énorme!), à la grande famille Nadeau qui fait aussi belle figure averc 0,46 %.
Je veux remercier mille fois la Société de généalogie de Québec, sa présidente, Mariette Parent, et ses bénévoles. Cette série d articles et ce livre n auraient pas pu se faire sans eux et sans la précieuse bibliothèque de la même société, voisine des Archives nationales du Québec. Ces bénévoles ont un nom. Ils ont beaucoup apporté au livre. Ils s appellent : Mariette Parent (la présidente), Jacques Olivier (le coordonnateur de la révision du livre), André G. Bélanger, Julien Bergeron, Gabriel Bouchard, Victor Caron, Paul-André Dubé, Jacques Fortin, Jean-Pierre Fortin, André Fournier, Alain Gariépy, Rénald Lessard, Jean-Yves Levesque, France Nadeau, Robert Paquet, Louise Pelletier, Martine Poulin, Louis Richer, Georges Roy, Jacqueline Sylvestre, Sylvie Tremblay.
Les Tremblay Pierre Tremblay «père d un peuple» au Nouveau Monde Nous sommes tous, plus ou moins, des Tremblay Si, aujourd hui, Pierre Tremblay et sa femme Ozanne Achon, la mère de ses 12 enfants, voulaient donner une poignée de main et offrir un sourire d une durée d une minute à chacun de leurs descendants d Amérique, ils devraient se tenir debout, jour et nuit, pendant deux mois. Le généalogiste Gérard Lebel a trouvé cette image sympathique pour montrer la formidable fécondité de l ancêtre unique de tous les Tremblay d Amérique du Nord. Dans Nos ancêtres, un ouvrage monumental en 30 tomes, le père Lebel qualifie Pierre Tremblay de «père d un peuple» au Nouveau Monde. L Association des Tremblay d Amérique (ATA) se présente fièrement comme la plus grande famillesouche en Amérique du Nord. «Les Smith et les Brown sont sans doute plus nombreux en chiffres absolus, mais ils sont issus de plusieurs lignées, tandis que les Tremblay d Amérique remontent tous à l ancêtre Pierre», a déjà souligné l historien Rosaire Tremblay. Une multitude de descendants On évalue à environ 150 000 le nombre de descendants vivants qui portent le nom de Tremblay en Amérique. Comme ces Tremblay se sont unis à des centaines d autres familles et qu ils ont été remarquablement prolifiques, on peut raisonnablement penser que nous avons tous un Tremblay dans notre arbre généalogique. Selon la croyance populaire, les Tremblay d ici seraient originaires du Saguenay Lac-Saint-Jean. Ce n est pas exact, même si c est la région du Québec qui en comptait le plus lors du recensement de 1989, soit 25 533. La vérité est voisine. C est à Baie-Saint-Paul, dans Charlevoix, que l ancêtre a accroché le plus solidement ses racines. Dans Charlevoix, les Tremblay représentent 13 % de la population. La plus forte concentration se trouve aux Éboulements, alors qu un résidant sur trois porte le nom Tremblay. La confusion vient d un fait historique. En 1838, Alexis Tremblay, dit Picoté, fonde avec d autres, à La Malbaie, la Société des Vingt-et-Un. Ce groupe
commercial sera à la base de la colonisation et de l exploitation forestière du Saguenay. Alexis Tremblay sera l un des acteurs les plus colorés de cette véritable épopée. Michel Tremblay, l homme de main de Peter McLeod, le fondateur de Chicoutimi, y jouera un rôle considérable. Sur les 150 000 Tremblay d Amérique, 85 000 vivraient au Canada. La région de Québec en compterait environ 15 000 et celle de Montréal, 25 000. Ces chiffres peuvent changer, selon le Tremblay à qui vous vous adressez. Dans l annuaire téléphonique de la Californie aux États-Unis, on relève quelque 900 Tremblay, même si quelques-uns ont choisi de modifier l orthographe de leur patronyme pour mieux s intégrer. Ces Tremblay sont devenus des Trombley, Trombly ou Tremblaye, mais cela ne change rien à leurs origines. Au début des années 1980, le maire de Los Angeles s appelait Claude Tremblay. Il était le petit-fils d un Tremblay de Baie-Saint-Paul. De Randonnai à Québec Rien, en apparence, ne prédestinait Pierre Tremblay à devenir l ancêtre de la plus nombreuse famille francophone en Amérique du Nord. Il naît, vers 1626, à Randonnai, une obscure petite commune du Perche en France. Ses parents, Philibert Tremblay et Jeanne Coignet, s étaient mariés trois ans plus tôt, à Saint-Firmin de Normantel, une localité voisine. Le père est laboureur à la ferme «La Filonnière», une terre dont il n était probablement pas le propriétaire. Pierre devient orphelin de père à l âge de 16 ans. Il a un frère et une sœur plus jeunes. Il devient soutien de famille. Le jeune homme rêve d une autre vie. Dès que son frère Guillaume est en mesure de prendre soin des siens, il se laisse tenter par les sirènes des agents recruteurs de la Nouvelle-France. Le 9 avril 1647, il signe un contrat d engagement de trois ans envers Noël Juchereau, un armateur et commerçant de Québec. Le 6 juin de la même année, il quitte le port de La Rochelle La Filonnière, la maison de ferme où est né Pierre Tremblay, en 1626, à Randonnai, dans le Perche.
à bord de La Marguerite, un navire de 70 tonneaux. La traversée, épouvantablement éprouvante, dure deux mois. Quand Pierre Tremblay arrive à Québec, il a 21 ans. Il ne quittera plus jamais son nouveau pays. Après avoir rempli son contrat, à Québec, avec le sieur Juchereau, il cherche à s établir comme cultivateur sur la côte de Beaupré. Au début, il aurait été à l emploi de fermiers déjà établis, probablement les Gagnon ou les Gravel. Nous le retrouvons, à Québec, à l automne 1657. Il vient signer son contrat de mariage chez le notaire Aubert. Il épouse Anne (Ozanne) Achon, née 24 ans plus tôt à Chambon, diocèse de La Rochelle. Elle était arrivée à Québec sur le même bateau que Paul Chomedey de Maisonneuve, de retour au pays après avoir plaidé la cause de Montréal auprès du roi. Le journaliste et grand amateur de généalogie Robert Prévost avance que la jeune mariée était une «fille du roi». Cette assertion n est pas retenue par les généalogistes professionnels Michel Langlois et Gérard Lebel, pas plus que par la Fédération des famillessouches québécoises et par l Association des Tremblay d Amérique. Yves Landry tranche le débat dans son livre Les Filles du roi au XVII e siècle : Ozanne Achon n était pas une fille du roi. Toujours est-il que Pierre et Ozanne se marient le 2 octobre 1657. Deux ans plus tard, le jeune chef de famille se verra concéder une terre, à L Ange-Gardien. Le couple aura 12 enfants, dont 10 parviennent à l âge adulte. Six des filles sont les ancêtres féminins de familles qui laisseront des traces durables au Québec : Gagné, Savard, Pelletier, Perron, Roussin, Laforest. Les quatre fils, Pierre, Michel, Louis et Jacques, fondent des familles qui constituent les quatre branches du tronc Tremblay. Les Tremblay d Amérique se souviennent. C est à L Ange-Gardien, sur la côte de Beaupré, que l ancêtre Pierre Tremblay et son épouse Ozanne Achon se sont d abord installés, avant d envahir Charlevoix avec leurs descendants. Devant le monument commémoratif, à L Ange-Gardien : Raymond-Marie Tremblay, Pierre (un comédien qui personnifie l ancêtre) et Lucien Tremblay. Pierre Tremblay va travailler la terre toute sa vie. Le 1 er décembre 1678, M gr François de Laval lui confie l exploitation d une ferme, à Baie-Saint-Paul. Il voit aussi à l établissement de ses fils. Pierre, l aîné, deviendra seigneur des Éboulements. Son épouse, Marie Roussin, donnera le terrain de la première église de Petite-Rivière-Saint-François. Une croix en rappelle le souvenir. Louis, père de 14 enfants, deviendra grand-père de 113 petits-enfants. Michel élèvera une famille de 14 enfants, dont 9 garçons. Jacques héritera du bien paternel à L Ange-Gardien, où sa mère écoulera le reste de ses jours. L acte de sépulture de l ancêtre est introuvable ou perdu. Divers documents permettent de situer ce décès entre le mois d avril 1687 et le mois de novembre 1689.
Trois générations de Tremblay d aujourd hui : Claude, âgé de 70 ans (en 2003), son fils Christian, son petit-fils Luc, et sa petite-fille Julie. Le grand-papa fut un temps président de l Association des Tremblay d Amérique, section du Québec. Il aurait été victime d une épidémie qui frappa la colonie, en 1688. Ozanne survivra à son mari une vingtaine d années. Elle sera inhumée le 24 décembre 1707, à l âge de 75 ans, dans le cimetière de L Ange-Gardien. La descendance en Amérique À l automne 1988, les Tremblay d Amérique se rendaient en pélerinage, en France, sur les traces de leur ancêtre. Ils étaient 400 à bord de huit autocars nolisés. On dit que les Français se souviennent encore de cette invasion, aussi amicale que bruyante. Plusieurs descendants de Pierre Tremblay ont fait leurs marques au Québec et ailleurs. La généalogiste Sylvie Tremblay en a recensé quelques-uns. On ne peut pas tous les nommer. Dans les années 1740, Augustin, Ambroise et Pierre, trois petits-fils de l ancêtre, s installent au Détroit (l actuelle ville de Detroit). Leurs descendants sont nombreux dans l État du Michigan. Ils ont fondé la ville de Bay City, en 1835. En 1790, Laurent-Bruno Tremblay émigre dans l État de New York. Ses descendants, des Trombly, connaîtront des succès considérables en littérature et dans les affaires. Godefroi (1800-1879) sera le premier Tremblay à devenir religieux. Pierre Alexis (1827-1879), arpenteur et journaliste, sera le premier Tremblay à être élu député. Pierre-Nolasque dit Jack Tremblay (1860-1935), un chercheur d or, deviendra un pionnier du Yukon. Le magasin de son épouse fait partie du lieu historique national de Dawson City. Parmi les quelque 1 200 patriotes écroués en 1838, à la prison du Pied-du-Courant, on dénombre 15 Tremblay.
Des Tremblay marquants Arthur Tremblay (1917-1996) Premier sousministre du premier ministère de l Éducation du Québec, entre autres, Sénateur au Canada à partir de 1979. Thomas-Louis Tremblay (1886-1951) Brigadiergénéral, il a commandé le 22 e Régiment, lors des combats de Courcelette et de Vimy. gr M Nommé évêque d Amos, en 2004. François-Louis Tremblay Patineur de vitesse, il est médaillé d or des Jeux Olympiques d hiver de Salt Lake City, en 2002. Gérald Tremblay Avocat, il a été ministre sous le gouvernement libéral de Robert Bourassa. Maire de Montréal depuis 2001. Gilles Tremblay Ancien joueur de hockey dans l équipe du Canadien de Montréal. Commentateur sportif durant de nombreuses années à la télévivion de Radio-Canada. Admis au Temple de la renommée du hockey. Guylaine Tremblay Comédienne. On l a vu sur scène notamment dans Albertine en cinq temps et dans les séries télévisées à succès La p tite vie et Annie et ses hommes. Jean Tremblay Maire de Saguenay depuis 2002. Lise Tremblay Écrivaine, lauréate du prix France- Québec 2005 pour La Héronnière. Marc-Adélard Tremblay Anthropologue. Auteur de nombreux ouvrages dont L Identité québécoise en péril et Le Sentiment acadien. Mario Tremblay Ancien joueur de hockey du Canadien de Montréal. Il poursuit une carrière d entraîneur dans la Ligue nationale de hockey. Le monument de L Ange-Gardien rappelle que c est d abord là que Pierre Tremblay et son épouse ont fait souche avant d envahir Charlevoix. Michel Tremblay Député libéral de Rimouski (1985-1994). Maire de Rimouski (1994-2005). Michel Tremblay Dramaturge, romancier, scénariste et traducteur. Il est une des figures dominantes du théâtre québécois. Il est joué dans le monde entier. Nathalie Tremblay Exploratrice. Elle a été de toutes les expéditions de Bernard Voyer, y compris celle du mont Éverest. Réjean Tremblay Journaliste sportif et auteur de séries télévisées à succès dont Lance et compte et Scoop. Sylvie Tremblay Généalogiste. Elle a publié, en 2003, le Répertoire des mariages Tremblay, qui contient 66 325 références. Un ouvrage disponible auprès de l Association des Tremblay d Amérique (www.genealogie.org/famille/tremblay). Elle poursuit le travail de moine commencé par André et Maude Tremblay.
À 83 ans, en juin 2003, Joseph-Alphonse Gagnon habitait toujours la grande maison érigée par sa famille sur la terre ancestrale où s est établi le patriarche Jean Gagnon à Château-Richer. Les Gagnon et Belzile : trois frères et un cousin prolifiques Pionniers de Château- Richer et de Sainte-Famille de l île d Orléans Le Perche a donné pas moins de 230 émigrants à la Nouvelle-France. On compte, aujourd hui, autour de deux millions de descendants d origine percheronne en Amérique du Nord. Les Gagnon, comme les Tremblay, viennent de cette région de l ouest du Bassin parisien. Les Gagnon aussi. Les deux familles ont en commun d avoir été remarquablement prolifiques. En 1973, on estimait que 63 000 habitants de l Amérique du Nord portaient le patronyme Gagnon. L arbre généalogique des Tremblay a un tronc unique : Pierre Tremblay. Les Gagnon, eux, n ont pas pris de risque. Ils se sont mis à quatre, trois frères et un cousin, pour assurer leur descendance dans le Nouveau Monde. Mathurin, Jean et Pierre Gagnon ont été parmi les principaux pionniers de Château-Richer, sur la côte de Beaupré. Leur cousin Robert, arrivé ici quelques années plus tard, a fait plus que sa large part pour le peuplement de l île d Orléans, à partir de la paroisse de Sainte-Famille. Histoire de trois frères Les trois frères Gagnon sont nés sur une ferme, dans un petit village appelé La Gagnonnière, dans la forêt du Perche, entre Tourouvre et Ventrouze. Leur père, Pierre Gagnon, était propriétaire de sa terre. Avec sa femme, Renée Roger, ils possédaient en outre une auberge au même endroit, selon le généalogiste Gérard Lebel. Le couple s était marié en 1597. Ils eurent sept enfants. En 1640, les trois frères Gagnon passèrent en Nouvelle-France, avec leur mère devenue veuve. À peine arrivés à Québec, les trois frères ouvrent un magasin de 60 pieds de front sur 24 pieds de profondeur (18,3 par 7,3 m), rue Saint-Pierre, dans la basse-ville. Un associé en affaires, Macé Gravel, épousera Marguerite, la fille de la sœur des trois frères. En 1668, ils vendent leur commerce à Pierre Pellerin et vont s établir définitivement à Château- Richer, où ils possédaient déjà des terres.
Les trois frères ne se quitteront jamais. Ils vivront sur des terres voisines. Ils seront associés en affaires. Ils sont tous les trois enterrés à Château-Richer. Pour marquer le troisième centenaire de leur arrivée en Nouvelle-France, la Commission des monuments historiques a dévoilé une plaque commémorative sur l emplacement des terres que les frères Gagnon avaient mises en valeur, sur la côte de Beaupré. Des trois frères, Jean est le premier à fonder un foyer. Quelques mois après son arrivée, il épouse Marguerite Cochon, fille de Jean et de Marguerite Cointerel. De cette union naissent quatre garçons et quatre filles. En ce qui concerne le patronyme Cochon, Michel Langlois est le généalogiste qui, selon nous, fait référence. Dans son Dictionnaire biographique des ancêtres québécois, il écrit Cochon pour nommer la famille de Marguerite. Les autres généalogistes de Jean Gagnon ont choisi les patronymes Cauchon ou Gauchon pour parler de sa femme et de la mère de ses enfants. La Gagnonnière, petit hameau de Tourouvre, dans le Perche, où sont nés les trois frères Gagnon. Ici le bâtiment de ferme où travaillait Pierre. L église paroissiale de Sainte-Madeleine de La Ventrouze, où a été baptisé Robert Gagnon, ancêtre de la branche Belzile. Deux ans plus tard, Pierre unit sa destinée à celle de Vincente Desvarieux, fille de Vincent et Marie Chevalier. Ces derniers sont originaires du pays de Caux, en Normandie. Le couple aura sept fils et trois filles. On ne perd rien pour attendre avec Mathurin, l aîné des trois frères Gagnon. Lui-même attendra jusqu au 30 septembre 1647 avant d épouser Françoise Goudeau. Le marié a 41 ans bien sonnés, et la jeune épouse est âgée d à peine 12 ans. On peut penser que, comme pour Samuel de Champlain avec Hélène Boullé, Mathurin dut attendre l âge légal de 14 ans avant de consommer le mariage. Ce qui ne les empêchera pas d avoir 14 enfants, dont 5, il est vrai, décéderont en bas âge. Le généalogiste et journaliste Robert Prévost a écrit que les trois frères Gagnon avaient déjà 904 descendants au 31 décembre 1729. Jean en avait 418 à lui seul. Ces chiffres proviennent du Programme de recherche en démographie historique (PRDH), de l Université de Montréal. En 1681, un recensement révèle que Pierre est à la tête d une exploitation de 40 arpents cultivés et de 22 bêtes à cornes. Il compte sur l aide de son fils, Noël, et de quatre domestiques. Jean était mort en 1670.
Mathurin décédera en 1690, à l âge de 84 ans. Pierre le suivra dans le lot familial neuf ans plus tard. Il était âgé de 87 ans. La longévité de deux des frères Gagnon était exceptionnelle, à l époque, en Nouvelle-France. Les Percherons ont la mémoire longue. En 1960, on accrochait à un mur de l église de Tourouvre une plaque de marbre sur laquelle on peut lire : «L an du Seigneur 1640, de la paroisse de Tourouvre, sont partis au Canada Mathurin, Jean et Pierre Gagnon, ancêtres de milliers de descendants. Honneur à ces vaillants pionniers. Je me souviens.» Le cousin Robert Cousin propre ou cousin éloigné des trois frères? Les généalogies des Gagnon se contredisent à se sujet. Ce qui est certain, c est que Robert Gagnon est né le 1 er mars 1628, à Ventrouze, une petite commune de 200 habitants de la région du Perche. Son père s appelait Jean Gagnon et sa mère, Marie Geffray. On le retrouve au Canada en 1655. Un an plus tard, le seigneur Charles de Lauson lui concède une terre de quatre arpents de front, à Sainte-Famille de l île d Orléans. Selon le recensement de 1667, il possède déjà 15 arpents défrichés et 7 bêtes à cornes. Sans cesser de travailler la terre, il louera «une pêche à saumon et autres poissons», selon Michel Langlois. Les conditions de son mariage sont originales. Le 3 octobre 1657, il épouse, à Québec, Marie Parenteau, âgée de 16 ans. Marie était une petite protégée d Anne Gasnier, l épouse de Jean Bourdon, et de Barbe de Boullongne, épouse de Louis d Ailleboust, gouverneur du Canada, deux Françaises de la haute société qui patronnaient une maison de pension pour jeunes filles abandonnées ou orphelines. Deux jours avant son mariage à Québec, un contrat de mariage avait été signé devant le notaire Audouart. Marie était donc venue à Québec comme «fille à marier», selon l expression de Gérard Lebel. La concession de Mathurin Gagnon, à Château-Richer. Robert et Marie auront dix enfants. Quatre garçons et deux filles se marieront. Deux filles deviendront religieuses et deux enfants décéderont en bas âge. Plusieurs descendants de Robert Gagnon et de Marie Parenteau s établiront sur la rive sud du fleuve, à Rivière-Ouelle et à Rimouski principalement. Ils portent depuis le surnom de Belles-Isles ou Belzile. Robert et Marie ne quitteront jamais leur ferme de Sainte-Famille. Robert y meurt, le 2 septembre 1703. Marie le suit deux ans plus tard. Ils sont enterrés au cimetière de Sainte-Famille. En 1909, le curé de Sainte-Famille, un Gagnon, bien évidemment, inaugure une croix commémorative sur la terre du pionnier. Il y avait de quoi : cette famille avait déjà donné à l Église 62 prêtres. Ce qui n avait pas empêché les autres descendants d essaimer un peu partout et de peupler le pays.
Une mordue de la généalogie, Christiane Perron, a publié à compte d auteur, durant les années 1980, la biographie de notre homme : La Vie d un pionnier de l île d Orléans, Robert Gagnon, 1628-1703. Ce livre a mérité le prix Percy-W.-Foy, accordé par la Société canadienne-française de généalogie pour la meilleure histoire de famille. Des Gagnon marquants (1913-2004) Plus jeune rédacteur en chef, à 23 ans, de la presse au Québec. Fondateur du Nouveau Journal, il a dirigé la rédaction de La Presse, avant de devenir coprésident de la commission Laurendeau-Dunton, sur le bilinguisme et le biculturalisme. Il a aussi été ambassadeur du Canada à l Unesco, à Paris. Berthe Belles-Isles (1897-2006) Religieuse chez les Ursulines de Rimouski, décédée à l âge record de 108 ans. Pianiste et compositeur originaire de Saint-Pacôme, Kamouraska. Imitateur qui fait carrière autant au Québec qu à Las Vegas. Il s est rendu célèbre en imitant, plus vrai que nature, les 18 voix de la chanson caritative We are the World. (1881-1942) Peintre originaire de Montréal. Il a peint les paysages québécois de façon unique. Il a illustré le roman de Louis Hémon, Maria Chapdelaine. Patineur de vitesse. Triple médaillé aux Jeux Olympiques de Salt Lake City. (1888-1961) Lieutenantgouverneur du Québec de 1958 à 1961. Fondatrice et animatrice à Québec du Conseil des monuments et sites, affilié à ICOMOS international. Il a réalisé le Dictionnaire généalogique en 15 volumes des Gagnon-Belzile. Le monument Gagnon à Sainte-Famille, île d Orléans.
Les Bouchard Claude Bouchard dit le Petit Claude et Étienne le mal-aimé Les Bouchard descendent du meilleur et du pire Au moins sept Bouchard ont fait souche en Nouvelle-France. Aujourd hui, les Bouchard qui cherchent leur arbre généalogique doivent jouer dans les branches et les feuilles de l un ou l autre de ces troncs. Un jeu agréable et instructif. Un jeu dangereux aussi : les Bouchard descendent du meilleur et du pire. Comme l a fait le généalogiste Gérard Lebel, nous suivrons avec plus d attention les pérégrinations de Claude Bouchard, dit le Petit Claude, qui fut probablement, des sept, l ancêtre le plus fécond. Son surnom sert à le différencier de son homonyme, le chirurgien Claude Bouchard, dit D Orval ou Dorval, qui habitait au même moment à l île d Orléans, selon le généalogiste Michel Langlois. Le petit-fils de ce dernier donnera son nom à la ville de Dorval et au grand aéroport international voisin. Jean, le fils de Claude le chirurgien, adoptera le surnom de Dorval. Avec sa femme Madeleine Cloutier, la fille du grand ancêtre des Cloutier, Zacharie, il est l ancêtre de tous les Dorval des régions de Québec et de Montréal. Avant de revenir à notre Petit Claude, notons avec Gérard Lebel qu au temps de Clovis, roi des Francs, l un des premiers barons barbares à recevoir le baptême («Adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu a adoré») fut un Bouchard synonyme de «Belle-Bouche». Ce prénom, à l origine, deviendra au cours des siècles un nom de famille très répandu en France et au Québec. Un grand Bouchard Ce Petit Claude, on aurait dû le surnommer le Grand Claude en considérant le succès remarquable de son établissement au Canada. Il est originaire de la commune de Saint-Cosmede-Vair, évêché du Mans, au Maine. Son premier métier était celui de «tailleur d habits». Son père, Jacques Bouchard, exerçait, lui, un métier connexe : «peigneur de chanvre» ou tisserand, comme plusieurs habitants de ce coin de France. Maison du XVII e siècle, semblable à celle où habitait Claude Bouchard.
Préface 7 Avant-propos 9 Les Tremblay 11 Les Gagnon 16 Les Bouchard 20 Les Côté 24 Les Fortin 28 Les Roy 32 Les Pelletier 36 Les Lavoie 40 Les Gagné 44 Les Morin 49 Les Ouellet 54 Les Bélanger 59 Les Lévesque 64 Les Girard 69 Les Poulin 74 Les Simard 79 Les Gauthier 84 Les Bergeron 90 Les Caron 95 Les Beaulieu 100 Les Dubé 105 Les Fournier 110 Les Savard 116 Les Lachance 121 Les Paquet 127 Les Lessard 133 Les Lapointe 139 Les Cloutier 144 Les Dufour 151 Les Nadeau 156
composé en minion corps 11 sur les presses de l