Propagation d une onde dans un câble coaxial.



Documents pareils
LES CARACTERISTIQUES DES SUPPORTS DE TRANSMISSION

Champ électromagnétique?

Circuits RL et RC. Chapitre Inductance

PRODUIRE DES SIGNAUX 1 : LES ONDES ELECTROMAGNETIQUES, SUPPORT DE CHOIX POUR TRANSMETTRE DES INFORMATIONS

Module : propagation sur les lignes

Systèmes de transmission

Chapitre 2 Les ondes progressives périodiques

Charges électriques - Courant électrique

Méthodes de Caractérisation des Matériaux. Cours, annales

Cours d électricité. Circuits électriques en courant constant. Mathieu Bardoux. 1 re année

Cours d Acoustique. Niveaux Sonores Puissance, Pression, Intensité

Les Mesures Électriques

Chapitre 2 : communications numériques.

TD 11. Les trois montages fondamentaux E.C, B.C, C.C ; comparaisons et propriétés. Association d étages. *** :exercice traité en classe.

Chapitre 7. Circuits Magnétiques et Inductance. 7.1 Introduction Production d un champ magnétique

Donner les limites de validité de la relation obtenue.

Chapitre 1 Régime transitoire dans les systèmes physiques

Chapitre I La fonction transmission

Les Conditions aux limites

Circuits intégrés micro-ondes

Chapitre 22 : (Cours) Numérisation, transmission, et stockage de l information

M1107 : Initiation à la mesure du signal. T_MesSig

UE 503 L3 MIAGE. Initiation Réseau et Programmation Web La couche physique. A. Belaïd

Transmission d informations sur le réseau électrique

CHAPITRE XIII : Les circuits à courant alternatif : déphasage, représentation de Fresnel, phaseurs et réactance.

Cours d électricité. Introduction. Mathieu Bardoux. 1 re année. IUT Saint-Omer / Dunkerque Département Génie Thermique et Énergie

1 000 W ; W ; W ; W. La chambre que je dois équiper a pour dimensions : longueur : 6 m largeur : 4 m hauteur : 2,50 m.

ELEC2753 Electrotechnique examen du 11/06/2012

ÉVALUATION FORMATIVE. On considère le circuit électrique RC représenté ci-dessous où R et C sont des constantes strictement positives.

Filtres passe-bas. On utilise les filtres passe-bas pour réduire l amplitude des composantes de fréquences supérieures à la celle de la coupure.

Multichronomètre SA10 Présentation générale

Dossier technique. Présentation du bus DMX et Utilisation des options EL13 / EL14 ERM AUTOMATISMES INDUSTRIELS 1 LE PROTOCOLE DMX 2

GENERALITES SUR LA MESURE DE TEMPERATURE

LA COUCHE PHYSIQUE EST LA COUCHE par laquelle l information est effectivemnt transmise.

Electron S.R.L. - MERLINO - MILAN ITALIE Tel ( ) Fax Web electron@electron.it

EP A1 (19) (11) EP A1 (12) DEMANDE DE BREVET EUROPEEN. (43) Date de publication: Bulletin 2011/26

Transmission de données. A) Principaux éléments intervenant dans la transmission

Communication parlée L2F01 TD 7 Phonétique acoustique (1) Jiayin GAO <jiayin.gao@univ-paris3.fr> 20 mars 2014

Chapitre 3 Les régimes de fonctionnement de quelques circuits linéaires

Union générale des étudiants de Tunisie Bureau de l institut Préparatoire Aux Etudes D'ingénieurs De Tunis. Modèle de compte-rendu de TP.

Instruments de mesure

Module d Electricité. 2 ème partie : Electrostatique. Fabrice Sincère (version 3.0.1)

TD 9 Problème à deux corps

Séquence 14 : puissance et énergie électrique Cours niveau troisième

BACCALAURÉAT PROFESSIONNEL EPREUVE DE TRAVAUX PRATIQUES DE SCIENCES PHYSIQUES SUJET A.1

PHYSIQUE 2 - Épreuve écrite

1 Problème 1 : L avion solaire autonome (durée 1h)

TD 1 - Transmission en bande de passe

QUELQUES ACTIVITES RELATIVES A LA PARTIE A Propagation d une onde ; onde progressive. Comment installer le format de compression divx?

Acquisition et conditionnement de l information Les capteurs

Capacité Métal-Isolant-Semiconducteur (MIS)

Exercice 1. Exercice n 1 : Déséquilibre mécanique

GELE5222 Chapitre 9 : Antennes microruban

Eléments constitutifs et synthèse des convertisseurs statiques. Convertisseur statique CVS. K à séquences convenables. Source d'entrée S1

Energie et conversions d énergie

CARACTERISTIQUE D UNE DIODE ET POINT DE FONCTIONNEMENT

Précision d un résultat et calculs d incertitudes

M HAMED EL GADDAB & MONGI SLIM

Caractéristiques des ondes

EMETTEUR ULB. Architectures & circuits. Ecole ULB GDRO ESISAR - Valence 23-27/10/2006. David MARCHALAND STMicroelectronics 26/10/2006

Manipulation N 6 : La Transposition de fréquence : Mélangeur micro-ondes

LES APPAREILS A DEVIATION EN COURANT CONTINU ( LES APPREILS MAGNETOELECTRIQUES)

Automatique Linéaire 1 Travaux Dirigés 1A ISMIN

CORRECTION TP Multimètres - Mesures de résistances - I. Mesure directe de résistors avec ohmmètre - comparaison de deux instruments de mesure

sciences sup Cours et exercices corrigés IUT Licence électricité générale Analyse et synthèse des circuits 2 e édition Tahar Neffati

Fonctions de la couche physique

Travaux dirigés de magnétisme

efelec NOTES D'INFORMATIONS TECHNIQUES LES TESTS DIELECTRIQUES LES ESSAIS DE RIGIDITE ET D'ISOLEMENT

Un nouveau service d information et de mesures. Lignes électriques haute et très haute tension et champs magnétiques de très basse fréquence

Rapport. Mesures de champ de très basses fréquences à proximité d antennes de stations de base GSM et UMTS

Les transistors à effet de champ.

Exercices Alternatifs. Une fonction continue mais dérivable nulle part

Mode d emploi ALTO MONITOR PROCESSEUR D ÉCOUTE. Version 1.0 Juillet 2003 Français

Exercices Alternatifs. Une fonction continue mais dérivable nulle part

Lycée SCHWEITZER MULHOUSE PC* 2012/ 2013 TRAVAUX PRATIQUES DE PHYSIQUE LIVRET 2

5. Les conducteurs électriques

CAC, DAX ou DJ : lequel choisir?

Electricité Générale

SYSTEMES LINEAIRES DU PREMIER ORDRE

1 Systèmes triphasés symétriques

Ecole Centrale d Electronique VA «Réseaux haut débit et multimédia» Novembre 2009

THESE DOCTEUR. Génie Electrique. Maxime MOREAU

Chapitre 18 : Transmettre et stocker de l information

Didier Pietquin. Timbre et fréquence : fondamentale et harmoniques

Exercices Alternatifs. Quelqu un aurait-il vu passer un polynôme?

Exercices Alternatifs. Quelqu un aurait-il vu passer un polynôme?

Chapitre 02. La lumière des étoiles. Exercices :

2. Couche physique (Couche 1 OSI et TCP/IP)

CALIBRES OMEGA CO-AXIAL DESCRIPTION ECHAPPEMENT CO-AXIAL REGLAGE OMEGA

5.2 Théorème/Transformée de Fourier a) Théorème

L ÉLECTROCUTION Intensité Durée Perception des effets 0,5 à 1 ma. Seuil de perception suivant l'état de la peau 8 ma

Ces deux systèmes offraient bien sur un choix, mais il était limité à deux extrêmes.

Notions d asservissements et de Régulations

CHAPITRE IX : Les appareils de mesures électriques

DIPLÔME INTERUNIVERSITAIRE D ECHOGRAPHIE. Examen du Tronc Commun sous forme de QCM. Janvier h à 16 h

Etudier l influence de différents paramètres sur un phénomène physique Communiquer et argumenter en utilisant un vocabulaire scientifique adapté

CH IV) Courant alternatif Oscilloscope.

1.1.1 Signaux à variation temporelle continue-discrète

MESURE ET PRECISION. Il est clair que si le voltmètre mesure bien la tension U aux bornes de R, l ampèremètre, lui, mesure. R mes. mes. .

Transcription:

1 Présentation Propagation d une onde dans un câble coaxial. Comme nous l avons vu précédemment, c est la circulation des électrons dans un conducteur qui est à la base des lois régissant l étude des circuits électriques. L ensemble de ces lois est nommé électrocinétique. i = dq dt Electrons Ces lois ainsi que les modèles équivalents utilisés, ne peuvent être employées que dans la limite de certaines fréquences. Au delà de cette fréquence, ce n est plus la circulation des électrons dans le conducteur qui prédomine, mais la propagation des ondes et dans ce cas, les lois qui régissent les propriétés de ces ondes sont appelées électromagnétiques. Il est possible de percevoir ce qu est une onde en visualisant cette image simple d un caillou tombant dans l eau. Après l impact, la surface de l eau se déforme en dessinant des ondes concentriques se propageant du centre vers l extérieur. Lorsque ces ondes arrivent à l extrémité du bassin ou rencontrent un obstacle, elles sont réfléchies et retournent vers leur point d origine en s interférant les unes avec les autres. Tant que l énergie initiale du choc n est pas entièrement estompée, ce phénomène continue. Revenons à l électronique. Dans le cas d une ligne de transmission, celle-ci est souvent considérée comme étant uniquement une source d atténuation du signal électrique entre deux points. Cette simplification n est valide que dans le cas ou la liaison est de type basses fréquences. En effet dans le cas où la fréquence du signal émis avoisine ou dépasse quelques Méga Hertz, le problème n est plus le même : il s agit en ce cas de l étude de la propagation des ondes électromagnétiques où la ligne de transmission devient le support d une énergie appelée radiante. Pour une liaison filaire entre un générateur et un récepteur, les fils servent de guide à ces ondes et c est par l espace extérieur que se transmet l énergie. Les rayons électromagnétiques sont sensiblement parallèles aux câbles. Ceux passant par la surface du fil dissipent leur énergie par effet joule.

Modélisation d une ligne Soit une ligne de transmission de longueur L, réalisée par un câble coaxial. CABLE DE LONGUEUR L ELEMENT DE CABLE DE LONGUEUR dl En considérant un élément de longueur dl du câble, il est possible du point vue de la propagation, de modéliser un élément du câble par le quadripôle suivant. Rappelons que ce modèle ne peut être utilisé que pour des fréquences inférieures à quelques Méga Hertz. Avec : L/ inductance H/m C capacitance F/m R/ résistance W/m G conductance S/m R/ L / L/ R/ G C Figure.1 : Modèle du câble Ce modèle est composé pour une unité de longueur dl, de deux résistances R/ et de deux inductances L/ ainsi qu une conductance G en parallèle avec une capacité C. Afin de comprendre le comportement de la ligne, il est indispensable d écrire et analyser mathématiquement l élément de quadripôle. Soit Z/ l impédance composée de R/ et de L/ et Y l impédance composée de C et de G dans l élément de câble dl. i u u 1 u i- i Z/ i Z/ u- u/ Y u- u Sur le schéma ci-dessus, il apparaît que pour une unité de ligne dl, l impédance Z génère une chute de tension ( u) le long de la ligne et que l admittance Y est source d un courant ( i) dans la branche parallèle. Il est possible d écrire :

3 u = u + u ( Z dl) et u = ( i i) ( Z dl) 1 u1 = i u donc = Z i dl i si i << i u = Z i dl alors et pour le courant l équation devient : i = Y dl(u u ) comme u << u i = Y u dl En écrivant ces équations sous forme d équations différentielles : du di = Zi et = Yu dl dl d u di donc = Z dl dl d u d i ce qui donne : = ZYu (1) et = ZYi dl dl Pour la suite du calcul nous prendrons ZY = γ. Rappels mathématiques : la solution de l équation différentielle du second ordre à coefficients constants est : y = Ae u1x +Be ux. Les termes en u n sont des constantes racines de l équation caractéristique. d u Donc la solution générale de l équation de propagation γ u = (1) est : dl u = K 1 e -gl +K e +gl () et i = K 3 e -gl +K 4 e +gl ( ) Comme Z et Y sont des variables complexes γ = α+jβ u = K 1.e -(a+jb )L +K.e (a+jb )L (3) = ZY ce qui donne : Après transformation, l expression devient : u=k 1 (e -a.e -jb )+K.(e a.e jb ) avec : e -α et e α exprimant l atténuation dans la ligne, e -jβ et e -jβ exprimant un retard.

4 Les constantes K 1 et K homogènes à une tension, sont fonction d une part de l endroit où l on observe le signal et d'autre part des caractéristiques des impédances de source et de charge. Ondes : A la suite il est possible de calculer le courant i : du = Z.i dl En dérivant l équation () : γl Z.i = γk e + γk e donc γ i = Z 1 γl +γl ( K e + K e ) Il apparaît donc à partir de l analyse de l équation (3) u = K 1 e -gl +K e +gl que la tension u peut être décomposée en deux tensions telles que : u = u i +u r. Du point de vue de la propagation, ces deux tensions u i et u r correspondent dans une ligne à deux ondes opposées : une onde incidente u i et une onde réfléchie u r. L onde appelée incidente va de l émetteur vers le récepteur (la charge) puis, cette onde est réfléchie par la charge et retourne vers la source : 1 γl Onde incidente SOURCE CHARGE Figure. : Propagation d une onde. Onde réfléchie En fonction de la charge, l onde réfléchie est plus ou moins intense. Cette onde réfléchie perturbe l onde incidente. 1.1.1 Rôle et détermination des paramètres a et b. La variable g est définie par l expression complexe suivante : modèle du câble et pour une longueur dl la valeur de g devient : γ = ZY. Donc à partir du γ = ( R+ jlω)(g+ jcω) = α + jβ (4) Il est possible de définir les valeurs de a et b tel que : α = Re( ZY) = Re( (R+ jlω)(g+ jcω) )

5 Correspondant à l affaiblissement du câble β = Im( ZY) = Im( (R + jlω)(g+ JCω) ) Correspondant à la constante de phase. A propos d a : a est dans certains cas exprimé en Np (Neper ), mais le plus souvent l atténuation est exprimée en db tel que : Atténuation (db) =.Log.e a. = 8,69.a (Remarque mathématiques.log(e X ) = 8,69.x). Les courbes théoriques suivantes représentent l atténuation en db pour une ligne de mètres et de 1 mètres. 4 db L = 1 mètres db L = mètres 1 1 5 1 1 6 1 1 7 1 1 8 1 1 9 Figure.3 : Atténuation sur une ligne. Fréquece Hz Si a =. Dans le cas d une étude théorique, on considère souvent que la ligne n a pas de perte, en ce cas l expression de γ=α+jβ donne uniquement : γ = jω LC. S il n y a pas d atténuation dans la ligne, l équation (3) prend la forme suivante u(p)=k 1.e - t p +K.e t p et seules les constantes de propagation sont à considérer. Si LG = RC. Dans le cas où la technologie du câble permet de s approcher de l égalité LG=RC, il y simplification de l expression (4) de a et b tel que : α = RG et β = ω LC En ce cas a est : indépendant de la fréquence. proportionnel à la longueur de la ligne ou câble. S'il est agréable en théorie de prendre a indépendant de la fréquence, il est indispensable de vérifier que la réalité est toute autre. En effet l atténuation d un câble croît avec la fréquence. Elle est d environ,3db par mètre pour 1 MHz. Le graphique ci-dessous représente une courbe issue des caractéristiques constructeur où l atténuation sur la ligne est de -63 db à une fréquence de 3 GHz pour un câble de 1 mètres (câble de référence RG 14 et RG ) :

6 Affaiblissement en db 7 6 5 RG 14 4 3 1 RG Fréquence MHz 1 1 1 Figure.4 : Affaiblissement dans un câble. Il est évident à la lecture du graphe ci-dessus, que l utilisation d un câble coaxial devient impossible pour de grandes longueurs et à des fréquences élevées. A propos de b : Le coefficient b issu du calcul de g = a+jb est appelé constante de phase. Tel que le présente le graphe suivant, ce coefficient suit une loi de variation linéaire en fonction de la fréquence ( ou ω) et de la longueur du câble (L). β L= 1 mètres L=1 mètres 1 9 4 1 9 6 1 9 8 1 9 1 1 1 Fréquence Hz Figure.5 : Variation du coefficient β en fonction de la longueur de la ligne. Il est possible d exprimer b sous la forme suivante : b = wt. Si l on considère uniquement les termes en e jb de l équation (3), e jb = e jw t. Ils deviennent e t p lorsqu ils sont exprimés par les transformées de Laplace. Il est donc possible d identifier e -t p à un retard ou un temps de propagation le long de la ligne. En ce cas le terme t devient la constante de propagation du câble par unité de longueur. Ce retard dans la ligne est proportionnel : au temps de propagation t à la fréquence de la ligne f(hz) à la longueur de la ligne L. Impédance caractéristique : Pour définir l impédance caractéristique, revenons à l expression du courant :

7 γ Le rapport = Z γl +γl ( K e + K ) γ i = 1e (5) Z ZY Y =, est homogène à une conductance en Ohm -1. Z Z Z Le rapport inverse définit une impédance Zc = exprimée en Ohms. Y + γl γl K1e Ke donc : i. = Zc Cette impédance est appelée l impédance caractéristique de la ligne. Si la valeur de R et de G est négligeable devant les impédances de L et de C, l équation de Zc devient : L Zc = C Cette valeur de Zc est réelle et devient en théorie indépendante de la fréquence. C est une constante du câble donnée par le constructeur. Les valeurs proposées par les constructeurs sont souvent 5Ω ou 75Ω. Ces valeurs de l impédance Zc sont imposées par des contraintes technologiques : d une part par les dimensions des conducteurs : diamètre et distance entre les conducteurs, et d'autre part par les isolants employés pour séparer les deux conducteurs : mr (perméabilité relative) et er (permittivité relative) dans la fabrication du câble : Exemple : Ligne bifilaire : Zc = 76 µ r Log εr D a a D Câble coaxial : Zc = 138 µ r D Log εr a a 1.1. Impédance caractéristique et l impédance d entrée : L impédance d entrée de la ligne a pour équation : Vo Ze = Io La tension Vo et le courant Io correspond aux valeurs en début de ligne. Afin de déterminer ces valeurs revenons aux équations suivantes : u = K 1 e -γl +K e +γl 1 γl +γl i = ( K e + K1e ) Zc En fixant L=, il est possible d obtenir Vo et Io. Ce qui donne après transformation par la formule d Euler (e -jx =cos(x)+j.sin(x)) : Vo=K 1 +K et Io=K -K 1. En partant de l extrémité de la ligne et en considérant une charge Zr=Vr/Ir, la tension Vo et le courant Io prennent les valeurs suivantes : Vo=Vr.cos(γ.L)+jZc.Ir.sin(γL)

8 Io=Ir.cos(γ.L)+j(Vr/Zc).sin(γ.L) D où il est possible d extraire Ze : Zr + j.zc.tg( β.l) Ze = Zc. Zc + j.zr.tg( β.l) Analyse de Ze : De cette formule il apparaît que l impédance d entrée n est pas constante. Elle est fonction des impédances Zc et Zr d une part et de la longueur de la ligne d autre part. Il est donc intéressant d envisager trois cas remarquables si : Zc=Zr ligne adaptée Zr= ligne en court circuit Zr= ligne ouverte. Pour ces trois cas particuliers, Ze a pour équation : Zr= Zr=Zc Zr= Ze=j.Zc.tg(β.L) Ze=Zc Zc Ze = j. tg( β.l) Ze : imaginaire pure Coefficient de réflexion ρ. Ze =impédance caractéristique. Ze : imaginaire pure Nous savons que la tension u en un point de la ligne est la somme d une tension incidente et d une tension réfléchie : u = u i +u r. De l équation (5), il est possible d écrire que Zc.i = u i - u r. De ces deux équations les tensions ui et ur, peuvent être données en fonction de Zc et de I : ui = ur = V + ZcI. V Zc.I Lorsque la ligne aboutit sur une charge, il y a réflexion. En fonction de la charge, la réflexion est plus ou moins intense. On définit donc un coefficient de réflexion noté r correspondant au rapport entre l onde réfléchie et l onde incidente : ur V Zc.I ρ = donc ρ = ui V + Zc.I Le but de la ligne consiste à fournir de l énergie à la charge Z R. Cette charge est soumise à une tension V liée à un courant I par la loi d Ohm. En ce cas, il est possible d exprimer le coefficient r sous la forme suivante : ρ = Z Zc Z + Zc En considérant cette formule, nous voyons que la valeur de r est directement fonction de la valeur de Z. En effet il est possible de définir trois cas remarquables : Si Z = Zc : En ce cas, il n y a pas de réflexion, car r =, donc ur =.

9 Si Z = : le coefficient r devient négatif donc la tension de réflexion est en opposition de phase par rapport à ui : ur = -ui. Si Z = : la valeur de r est égale à l unité. Il y a une tension de réflexion ur telle que ur = ui. Evolution des ondes dans un circuit. A partir de l ensemble de l étude précédente, il est possible intuitivement, de percevoir l évolution d une tension parcourant un circuit. Pour cela nous allons prendre un circuit minimale, composé d un générateur (E G et Z G ), d une ligne d impédance caractéristique Z C et d une charge Z R tel que le représente le schéma suivant : SOURCE E G Générateur impédanc Z G Début de ligne Fin de ligne Charge d impedance Z R B Ligne d impédance ZC Figure.6 : Schéma d une ligne. Pour comprendre l évolution des tensions dans l ensemble du circuit, le générateur E G sera source d une tension en forme d échelon de type Heaviside. Cette tension d entrée se propage dans le circuit et subit des atténuations, des retards qu il est possible d analyser étapes par étapes. Pour bien comprendre le phénomène, il ne faut pas oublier que ces différentes étapes se déroulent successivement dans le temps. 1 étape : Au temps t, le générateur voit le circuit suivant dans lequel la ligne vue de l entrée se limite à son impédance Z C : LIGNE E G ZG Z C Vo donc : V Zc = EG. Z + Zc G étape : Puis cette tension V, devient la tension incidente ui. Elle se propage dans la ligne en subissant une atténuation a et un retard e -gl. La flèche ci-dessous représente cette propagation de ui dans la ligne. α, e -γl

1 3 étape : Arrivée au niveau de la charge, la tension ui retardée et atténuée, se réfléchit dans la charge et génère la tension réfléchie ur. Cette tension ur a pour équation : ur = r c.ui dans laquelle le coefficient de réflexion r R à pour équation : r R =(Z R -Zc)/(Z R +Zc). ρ R 4 étape : La tension réfléchie ur retourne vers le début de la ligne en subissant une atténuation et un retard. α, e -γl 5 étape : Au niveau du début de la ligne, l onde réfléchie est de nouveau réfléchie par l impédance du générateur mais avec un nouveau coefficient de réflexion r G qui a pour valeur : r G =(Z G -Zc)/(Z G +Zc). 6 étape : Cette onde retourne en fin de ligne tout en subissant d une manière répétitive les phénomènes de retard et de réflexion en aller et retour de ligne. 7 étape : Calcul de la tension en un point de la ligne. Comme u=ui+ur, pour connaître la tension il faut donc additionner au point désiré l ensemble de la tension incidente et des multiples tensions réfléchies. Le bilan des tensions peut donc être représenté par le schéma suivant dans lequel seul les coefficients de réflexion et les retards sont considérés, car pour simplifier, l atténuation a est nulle. V.e -γl E G V e -g L ρ R.V.e -γl ρ G e - γl ρ R Vx=ui+ur ρ R.V.e -γl Figure.7 : Cheminement des tension le long de la ligne. En résumé, il est possible d exprimer la tension en un point x d une ligne de longueur L par l équation suivante : V x =V (e -γx +ρ R.e -γ(l-x) +ρ R.ρ G.e -γ(l+x) +ρ R.ρ G.e -γ(4l-x) +...). (6)

11 1.1.3 Représentation temporelle des tensions. Si nous reprenons le circuit minimale composé d une source, d une ligne et d une charge en fin de ligne, nous avons vu précédemment que la charge en fin de ligne avait une grande influence sur le signal réfléchie donc sur la forme des signaux. Dans la suite de l étude, nous proposons de représenter les chronogrammes en début et en fin de ligne pour les trois cas particuliers de charge : Ligne adaptée Z C = Z R La charge Z R est infinie (ligne ouverte) La charge est nulle (ligne en court circuit) Les points de visualisation des tensions sont les suivants : tension en début de ligne et en fin de ligne lorsque le générateur délivre une tension en forme de créneau d amplitude de 1 Volt. VE VE V GENERATEUR LIGNE CHARGE ZC 1 : Si Z R = Z C En ce cas r =, il n y a donc pas de réflexion dans la ligne. Toute l énergie transmise en début de ligne est absorbée par la charge mais retardée du temps de propagation. La tension en fin de ligne correspond a l équation suivante : V S =V E e -γx. Tension fournie par la source : 1V olt Ligne adaptée : Tension début de ligne :,5 Volt Ligne adaptée : tension en sortie de ligne :,5 Volt de propagation ALLER : du début de ligne en fin de ligne Figure.8 : Représentation des tensions si Z R =Z C. : Si Z R =. En ce cas, la ligne est ouverte. Le coefficient de réflexion prend la valeur +1. C est à dire que l onde réfléchie a même amplitude et phase que l onde incidente. L onde réfléchie retourne en début de ligne en un temps correspondant à fois le temps de propagation et s additionne avec l onde incidente. La tension en fin de ligne devient : V x =V (e -γx +e - γ(l-x) +...).

1 Tension fournie par la source : 1Volt Ligne ouverte : tension en début de ligne : 1 Volt,5 Volt de propagation ALLER : du début de ligne en fin de ligne Ligne ouverte : tension en sortie de la ligne : 1Volt de propagation RETOUR : de la fin de ligne vers le début. Figure.9 : Représentation des tensions si Z R =. 3 : Si Z R =. Cela correspond à un court circuit de la ligne. Le calcul du coefficient de réflexion donne -1. Les deux ondes sont en opposition de phase. Il y a création d ondes stationnaires dans la ligne. La tension de sortie est nulle, l onde réfléchie retourne intégralement vers la source mais en opposition de phase et s oppose à l onde incidente. La tension en un point x de la ligne devient : V x =V (e -γx -e - γ(l-x) +...). Tension fournie par la source : 1Volt Ligne en court circuit : tension début de ligne Ligne en court circuit : Tension en sortie nulle de propagation ALLER : du début de ligne en fin de ligne Figure.1 : Représentation des tensions si Z R =. de propagation RETOUR : de la fin de ligne vers le début. Etude fréquentielle Les courbes présentées précédemment montrent l influence de la fréquence sur la valeur du coefficient d atténuation a. Le phénomène de réflexion n est pas sans influence sur la bande passante de la ligne. En effet la combinaison de l onde incidente et l onde réfléchie génère des interférences observables par l apparition d ondes stationnaires dans la ligne. Il est donc intéressant de visualiser la bande passante d une ligne dans les deux cas suivants : Ligne adaptée avec Zc=Z R Ligne désadaptée avec ZR= (ligne ouverte).

13 Atténuation en db Ligne adaptée Ligne désadaptée 1 7 1 8 1 9 Fréquence (Hz) Figure.11 : Atténuation de la tension de sortie. Il est évident que dans le cas d une ligne désadaptée, l allure de la courbe est fonction des caractéristiques du câble, des impédances de source et de charge ainsi que de la longueur de la ligne. Caractéristiques des câbles : Les paramètres des câbles coaxiaux sont : Exemple : L impédance caractéristique L affaiblissement en db/1m à une fréquence en MHz La capacité parallèle en Pico Farads/m. Câble RG 14U : Câble RG U : Zc = 5 ohms Zc = 5 ohms atténuation : atténuation : 9 db/1 m à MHz 4 db/1 m à MHz 13 db/1 m à 4 mhz 6,5 db/1 m à4 MHz 63 db/1 m à 3 MHZ 4 db/1 m à 3 MHZ capacité : 16 pf/m. capacité : 16 pf/m. Il faut remarquer que l atténuation exprimée en db/m si elle est convertie en Volts par km, présente une atténuation exponentielle en fonction de la longueur.