Compte rendu de la formation «Expertise de vos pratiques en Méthode Naturelle de la Lecture et de l Ecriture (MNLE)» Animée par Sybille Grandamy Le 10 mars 2015 BILAN QUALITATIF ET QUANTITATIF 9 participant(e)s 3 heures de formation sur 1 journée 9 associations de 6 départements représentées (27, 60, 75, 92, 94, 05) 4 évaluations recueillies, 100% de satisfaction (voir détail évaluation en fin de compte rendu) SYNTHESE DES 3 JOURNEES D INTERVENTION Public : Bénévoles ou salariés ayant participé à une session de la formation «Méthode Naturelle de la Lecture et de l Ecriture» (en 2012, 2013 ou 2014) Objectifs : Echanger sur les bonnes pratiques de chacun Améliorer ses méthodes à partir des situations expérimentées par les autres participant(e)s Trouver des réponses aux problèmes rencontrés lors des ateliers Méthodologie utilisée : Apports théoriques et pratiques en fonction des retours des participants Soutien : Cette formation a été réalisée grâce au soutien du Conseil régional d'ile-de-france, de la Fondation Areva et de la Fondation Batigère. Programme de la formation : Déroulé - Partage d expériences - Clés de réussite ou difficultés observées - Révision des techniques d apprentissage en fonction des besoins des participants - Analyse des pratiques par la formatrice, ajustements et recommandations 1
Tour de table : chaque participant(e) s exprime sur son expérience personnelle Difficultés exprimées Lors de ce tour de table, certains ont fait référence aux mots anglais couramment utilisés dans le vocabulaire français («week-end», «cool», etc.) Ils expriment leurs difficultés à expliquer ces mots qui ne suivent pas les règles grammaticales françaises. Les participant(e)s évoquent aussi des problèmes d organisation, de rangement et de matériel : les apprenants n ont pas toujours leurs affaires ; ils ne comprennent pas nécessairement l utilité des différents supports proposés (cahier des recopies, livret de suivi, etc.) Rappel de quelques principes généraux sur la MNLE La construction des textes L'affichage des textes L'apprentissage des textes La gestion de l'hétérogénéité Les mots éclairs Les textes découverte La production d'écrit Le plan de travail individuel Témoignage : l une des participantes prend en charge un groupe d apprenants d un bon niveau et en capacité de lire. La participante s interroge sur la manière de faire encore évoluer son groupe. Actuellement, elle prend appui régulièrement sur des dialogues disponibles sur TV5 Monde. Recommandation : il est important de développer le «doute orthographique» chez l apprenant : il s agit de mettre l apprenant dans une situation de «doute», c est-à-dire de réflexion et de correction de ses erreurs. Il faut instaurer chez l apprenant une conscience d apprendre et de progresser. Vous pouvez créer un petit pense-bête d autocorrection. Il y a deux façons de faire pour l écriture juste : écrire et aborder la question de l orthographe plus tard ou bien corriger directement les fautes. L approche de Danielle de Keyzer recommande de veiller à écrire juste tout de suite, afin de ne pas ancrer des erreurs. La langue française est une langue orthographique ou l orthographe est porteuse de sens. Pensez à prendre en compte les besoins des apprenants car l apprentissage doit répondre à des usages concrets de la langue française. Comment travailler sur un texte découverte? Face à un texte découverte, l'apprenant(e) doit puiser dans ce qu'elle a déjà de connaissance de la lecture et de l'écriture. La personne comprend le texte grâce aux analogies : processus par lequel elle remarque une similitude de forme entre deux choses, par rapport à ce qu elle connaît déjà. C'est également à partir de ces analogies relevées par l'apprenant(e) que l'intervenant(e)s va petit à petit expliquer des points grammaticaux. Par exemple, on remarque que certains mots finissent par 2
un -e. Quelle est leur particularité? Ils renvoient tous à un élément féminin. De même avec les -s, signe du pluriel. Un peu d histoire : vers une méthode d apprentissage alternative, l école mutuelle L école mutuelle est un modèle qui existait avant l arrivée de Jules Ferry, pendant la Restauration. L'école mutuelle a été créée pour les pauvres ; l'objectif était de sortir les enfants de la rue et de leur donner un savoir minimal conforme à leur classe sociale : lire, écrire, compter. Cette pédagogie active et coopérative fonctionne assez bien et permet d'apprendre à lire et à écrire en deux ans, au lieu des cinq ou six ans requis dans l'enseignement reposant sur la méthode en usage jusqu'alors. A ce propos, vous pouvez lire : Anne Qerrien, L école mutuelle, une pédagogie trop efficace? Bibliographie - La MNLE, apprendre à lire et à écrire à l'âge adulte, Danielle de Keyzer - Retz - Eurêka, dictionnaire orthographique pour écrire tout seul (à partir de 7 ans), Jacques Demeyère - De Boeck - Le maître ignorant, Jacques Rancière - L'école, réparatrice de destins? Paul le Bohec - L'harmattan - Une école du 3ème type, Bernard Collot - L'harmattan - Exercice systématiques de prononciation française, Monique Léon, Hachette - La prononciation en classe, Genevièvre Briet, Valérie Collige, Emmanuelle Rassart, PUG - Les contes de Nasreddine Hodja. Conte pour enfants/adultes autour de l histoire d un fou sage. Il existe de nombreuses versions pour des niveaux très différents. - Dernier numéro du «nouvel éducateur», journal du mouvement Freinet. Beaucoup de témoignages de formateurs y sont présentés. Rendez-vous sur le site http://www.icem-pedagogiefreinet.org/ 3
Echelle globale du CECR : Cadre Européen Commun de Référence A1.1 L apprenant / utilisateur de A1.1 peut comprendre quelques expressions familières et quotidiennes utilisées dans des situations de communication très récurrentes ainsi que des énoncés très simples visant à satisfaire certains besoins concrets de la vie sociale. Il peut en utiliser certains. Peut s identifier et répondre à des questions concernant, par exemple, sa nationalité, son âge, son état civil, sa profession, son lieu d habitation, et, éventuellement, poser lui-même des questions de ce type à quelqu un de non totalement inconnu ou dans une interaction administrative ou de service prévisible. Peut participer à une interaction ordinaire, au moins partiellement, au moyen d énoncés simples (centrés sur un ou deux mots), en ayant aussi recours à sa langue première ou à d autres langues acquises, si l interlocuteur parle lentement et distinctement et se montre coopératif et bienveillant. A1 Peut comprendre et utiliser des expressions familières et quotidiennes ainsi que des énoncés très simples qui visent à satisfaire des besoins concrets. Peut se présenter ou présenter quelqu'un et poser à une personne des questions la concernant par exemple, sur son lieu d'habitation, ses relations, ce qui lui appartient, etc. et peut répondre au même type de questions. Peut communiquer de façon simple si l'interlocuteur parle lentement et distinctement et se montre coopératif. A2 Peut comprendre des phrases isolées et des expressions fréquemment utilisées en relation avec des domaines immédiats de priorité (par exemple, informations personnelles et familiales simples, achats, environnement proche, travail). Peut communiquer lors de tâches simples et habituelles ne demandant qu'un échange d'informations simple et direct sur des sujets familiers et habituels. Peut décrire avec des moyens simples sa formation, son environnement immédiat et évoquer des sujets qui correspondent à des besoins immédiats. B1 Peut comprendre les points essentiels quand un langage clair et standard est utilisé et s'il s'agit de choses familières dans le travail, à l'école, dans les loisirs, etc. Peut se débrouiller dans la plupart des situations rencontrées en voyage dans une région où la langue cible est parlée. Peut produire un discours simple et cohérent sur des sujets familiers et dans ses domaines d'intérêt. Peut raconter un événement, une expérience ou un rêve, décrire un espoir ou un but et exposer brièvement des raisons ou explications pour un projet ou une idée. B2 Peut comprendre le contenu essentiel de sujets concrets ou abstraits dans un texte complexe, y compris une discussion technique dans sa spécialité. Peut communiquer avec un degré de spontanéité et d'aisance tel qu'une conversation avec un locuteur natif ne comportant de tension ni pour l'un ni pour l'autre. Peut s'exprimer de façon claire et détaillée sur une grande gamme de sujets, émettre un avis sur un sujet d actualité et exposer les avantages et les inconvénients de différentes possibilités. C1 Peut comprendre une grande gamme de textes longs et exigeants, ainsi que saisir des significations implicites. Peut s'exprimer spontanément et couramment sans trop apparemment devoir chercher ses mots. Peut utiliser la langue de façon efficace et souple dans sa vie sociale, professionnelle ou académique. Peut s'exprimer sur des sujets complexes de façon claire et bien structurée et manifester son contrôle des outils d'organisation, d'articulation et de cohésion du discours. C2 Peut comprendre sans effort pratiquement tout ce qu'il/elle lit ou entend. Peut restituer faits et arguments de diverses sources écrites et orales en les résumant de façon cohérente. Peut s'exprimer spontanément, très couramment et de façon précise et peut rendre distinctes de fines nuances de sens en rapport avec des sujets complexes. 4
Synthèse des évaluations des participant(e)s 4 participant(e)s sur 9 ont rempli une grille d évaluation de la formation 1/ Par quel moyen avez-vous été au courant de cette formation? Par mon association (x2) Suite à la formation MNLE (x3) 2/Avez-vous trouvé la formation intéressante? Un point que vous avez trouvé particulièrement intéressant «Comment faire émerger les analogies» «La réflexion menée autour de la pédagogie» «La richesse des outils proposés au cours du stage» «Les échanges avec les autres participants» «Confronter ses réussites et difficultés» 3/ Pensez-vous que cette formation vous sera utile à l avenir? Un point que vous pensez pouvoir transférer dans vos pratiques : «Préparer à partir des textes de références et des tableaux d analogies» «Un peu plus d aisance, même si ça mettra encore du temps, à utiliser les outils pour mieux individualiser les apprentissages des apprenants» «Le toilettage des textes» «Travailler les sons en se basant sur les analogies» 4/ Les apports de l intervenant vous ont-ils semblé pertinents? 5/ Pensez-vous partager les connaissances acquises lors de cette formation? A d autres bénévoles? A Vos responsables associatifs? Comment? «En comparant avec leurs retour d expérience» «La MNLE demande un investissement personnel important que tous les bénévoles ne sont pas prêt à fournir» «Par la mise en commun des problèmes rencontrées 6/Un point sur lequel vous aimeriez aller plus loin? «Travailler la grammaire en MNLE» «Travailler en partenariat avec d autres bénévoles ; échanges de matériel, etc.» 7/ Souhaitez-vous qu Espace Bénévolat organise d autres formations? 75% Oui Sur quels thèmes? «Ayant commencé en septembre, je n ai pas assez de recul» «Comment proposer des séances constructives pour des apprenants mineurs migrants et qui sont susceptibles de ne pouvoir bénéficier que de deux ou trois mois de cours» 8/ Etes-vous satisfait des démarches d'inscription aux formations? 9/ Etes-vous satisfait du format des formations? (1 session = 2 à 3 jours) «J ai apprécié la possibilité d une journée retour» 5