Des professeurs du secondaire et du primaire pointent les spécificités du travail en secteur sensible (une professeure de lycée-collège débutante parle plus précisément des ZEP de banlieue parisienne). Ils donnent une image positive de l exercice du métier dans ces lieux exposés à des facteurs sociaux aggravant les difficultés. - La ZEP de province/de banlieue parisienne - Les fortes attentes des élèves et la relation aux élèves - La motivation des élèves et des enseignants - Un milieu difficile? - Un milieu pluriethnique - Les spécificités des difficultés - Le sensationnalisme des médias VIDÉOS 1 «Réajustements» (1 mn 05 s) Enseignant du secondaire 2 «Réponse de l équipe» (1 mn 48 s) Enseignant du primaire 3 «L école dernier rempart» (24 s) Enseignante du primaire 4 «Relativiser» (27 s) Enseignant du secondaire 5 «Quel plaisir!» (1 mn 34 s)- Enseignant du primaire
VIDÉO : «Réajustements» (1 mn 05 s) Un professeur de collège compare son expérience de stage en ZEP de province à son 1 er poste en banlieue parisienne. - ZEP de province/zep de banlieue parisienne - Déracinement des professeurs débutants - Fortes attentes des élèves - Mise en activité des élèves 1) Imaginer des scénarii de 1 re rentrée scolaire afin d éviter des erreurs : l entrée en classe, l accueil des élèves, l attitude du professeur, sa place dans la classe, le discours de rentrée, la mise en activité. 2) «Une paix négociée, toujours sur le fil du rasoir» : un observateur de classes en zone difficile sera frappé par l art et la manière qu ont les professeurs de maintenir un certain ordre permettant l apprentissage ; c est un exercice de haut vol auquel il convient de rendre hommage. À la fin du cours, ils peuvent avouer les tensions internes ressenties (ventre noué, souffle court, emballement du cœur, les sens aux aguets du moindre dérapage incontrôlé). C est principalement leur capacité à créer la juste distance aux élèves qui frappe le visiteur : le ton jamais trop haut mais suffisamment ferme et clair pour rappeler les limites, le sourire en réponse à une boutade d élève sans se laisser emporter par cet humour spontané, des rappels à l ordre scolaire discret mais rigoureux qui leur permet, malgré des dérapages fréquents, de faire circuler le savoir. Ces attitudes relèvent davantage du savoir être que du savoir-faire. Mener une réflexion et une formation autour de «Qui suis-je en tant qu enseignant? Comment dois-je me comporter devant ce public non acquis au départ?» Pour répondre à ces questions, un certain nombre de lectures sont conseillées. CONSEIL DE LECTURE - RUBI S. Les crapuleuses, ces adolescentes déviantes. Paris : PUF, 2004. - ROSSETTO J. Une école pour les enfants de Seine-Saint-Denis. Paris : L Harmattan, 2004. - Le film L esquive d Abdelatif Kéchiche. Ce film montre à la fois la vie des jeunes dans une banlieue parisienne (la bande, les parents en difficulté, les relations amoureuses et amicales, le comportement des filles) et le travail d une enseignante de français (elle monte en pièce de théâtre Jeu de l amour et du hasard de Marivaux et propose à ses élèves un travail autour du langage et de la culture).
VIDÉO : «Réponse de l équipe» (1mn 48 s) Le directeur d une école primaire et une enseignante spécialisée évoquent le problème de l enseignement en milieu ethnique. - Milieu difficile : proposition de définition - Élèves issus de l immigration Quelles réponses apporter en milieu (multi)ethnique? 1) Connaissance du milieu (dans certains quartiers peuvent se côtoyer jusqu à une trentaine d origines étrangères et nationalités différentes). 2) Articles de la revue «Migrants Formation» - BRUNEAUD J.-F. Chronique de l ethnicité quotidienne chez les Maghrébins français. Paris : L Harmattan, 2005. - FELOUZIS G., LIOT F., PERROTON J. L apartheid scolaire. Paris : Le Seuil, 2005.
VIDÉO : «L école, dernier rempart» (24 s) voir aussi «Évolution personnelle» dans la rubrique STRATÉGIES D ADAPTATION AU STRESS (la relation à l élève fait évoluer l enseignant). Une enseignante d école primaire en ZEP pointe l importance de la relation à l enfant. - Relation à l enfant/l adolescent - Types de difficultés 1) Lister les types de difficultés rencontrées plus spécifiquement et majoritairement en secteur sensible : - de type scolaire : le discours de l école et les modes d apprentissage s adressent à la classe moyenne de la population qui partage les valeurs des enseignants (issus eux-mêmes en majorité de cette classe moyenne). Les milieux défavorisés doivent en conséquence s adapter à cette culture scolaire ce qui peut parfois être la cause de difficulté, voire d échec scolaire de certains élèves (voir les thèses de Bourdieu et Passeron ainsi que l ouvrage de Dubet L égalité des chances). - de type comportemental : Les codes langagiers et gestuels ne correspondent pas aux codes de la classe moyenne ou à ceux d autres cultures, ce qui peut entraîner des malentendus communicationnels. Les enseignants doivent donc réfléchir aux valeurs universelles comme le respect et le droit d expression par exemple, centrales à l école, et éviter les conflits d opposition culturelle (l exemple le plus flagrant est le décalage entre le langage des banlieues et le langage commun, l objectif pour les enseignants étant de travailler avec ce langage décalé pour faire accéder les jeunes au langage commun). Dans ces secteurs sensibles, les souffrances familiales peuvent être nombreuses et renforcées par la précarité sociale (solitude, monoparentalité et précarité sociale, alcoolisme, métier aux conditions difficiles, situation de handicap). Elles deviennent alors des facteurs de risque de développement chez le jeune de comportements réactifs envers eux-mêmes (envie suicidaire, déscolarisation) et envers l institution et la société (fauteurs de troubles). 2) Les réponses en partenariat : - partenariat avec le secteur médico-social : CSMI (centre socio-médico-infantile) et CMPP (Centre médico-psycho-pédagogique) ; - partenariat avec le secteur socio-éducatif : le centre social du quartier, la MJC (Maison des Jeunes et de la Culture), pour avoir une bonne connaissance du milieu associatif de quartier car ce sont ces associations qui maintiennent le lien social. L enseignant peut donc servir de relais d information pour diriger les élèves et leurs parents vers ces structures. Les enseignants peuvent également monter des projets en partenariat avec ces associations. 3) La relation pédagogique affectée par les émotions et les mécanismes inconscients : cet élève qui me met mal à l aise, qu est-ce que cela me renvoie sur moi-même? Comment mettre à
distance mes émotions et faire émerger le contenu latent de la relation? Comment rendre la relation plus claire et saine? (transfert et contre-transfert dans la théorie psychanalytique). - BLAYA C. Un ouvrage chez A. Colin sur la déscolarisation, publication prévue pour 2007. - BRUNEAUD J.-F. Chronique de l ethnicité quotidienne chez les Maghrébins français. Paris : L Harmattan, 2005. - DUBET F. L école des chances. Qu est-ce qu une école juste? Paris : Le Seuil, 2004. - GAYET D. Modèles éducatifs et relation pédagogique. Paris : A. Colin, 1995. Lire le chapitre «Transfert et contre-transfert». - THIN D. Quartier populaire : l école et les familles. Lyon : Presses Universitaires, 1998.
VIDÉO : «Relativiser» (27 s) Une enseignante en banlieue parisienne relativise l information retransmise par les médias et souvent sensationnaliste. Image véhiculée par les médias. Revue de presse sur la perception par les médias de la banlieue et de ses habitants. - Le film L esquive d Abdelatif Kéchiche. Ce film montre à la fois la vie des jeunes dans une banlieue parisienne (la bande, les parents en difficulté, les relations amoureuses et amicales, le comportement des filles) et le travail d une enseignante de français (elle monte en pièce de théâtre Jeu de l amour et du hasard de Marivaux et propose à ses élèves un travail autour du langage et de la culture). Ce film permet d engager le débat et d amener des éléments de connaissance. - RUBI S. Les crapuleuses, ces adolescentes déviantes. Paris : PUF, 2005.
VIDÉO : «Quel plaisir!» (1mn 34 s) Un enseignant d école primaire en ZEP évoque un climat d école favorable aux apprentissages des élèves. - Climat d école - Des élèves accrocheurs - Satisfaction de l enseignant 1) Comment motiver les élèves dans ces zones sensibles où le métier d élève ne va pas de soi? (pédagogie du projet, pédagogies nouvelles : des outils de la pédagogie Freinet sont pertinents comme le cahier des progrès, le plan de travail individualisé, le conseil de coopérative, le journal scolaire). Rechercher sur Internet les sites des collèges et écoles innovants. Partir des grands pédagogues (Neil, Korczak, Summerhill ) pour voir les réponses trouvées en leur temps. 2) Stratégie collective de faire face aux difficultés et de construction des apprentissages (coopération de cycles et d écoles, de la maternelle au CM2, de la 6 e à la 3 e ). Penser collectivement les approches pédagogiques : passer d une pédagogie traditionnelle, mise en œuvre seul dans sa classe et parfois de façon routinière (voir livret d accompagnement Psychologie du stress) à des pédagogies innovantes ou alternatives issues des pédagogies nouvelles et groupes militants pédagogiques : (Freinet, pédagogie institutionnelle, CEMEA, GFEN, OCCE ). - PAIN J. Pour des pédagogies actives. Éditions Matrice, 2006. - ROSSETO J. Une école pour les enfants de Seine-Saint-Denis. L Harmattan, 2004. - VIAUD M. L. (2005). Des collèges et des lycées différents. Paris : PUF, 2005.