Les anomalies dans les dimensions transversales, sagittales et verticales Le principal problème dentaire concerne la dysharmonie maxillo-dentaire (rapports entre la taille des dents et celle du maxillaire). Si les dents sont trop grandes par rapport au maxillaire = chevauchements. Si les dents sont trop petites par rapport au maxillaire = diastèmes. Autre problème dentaire : problème de nombre (vu sur le panoramique): - surnuméraire - agénésie : les plus fréquentes concernent les 8 puis les incisives latérales, puis les 2èmes prémolaires (surtout mandibulaires). Il existe également les anomalies de forme. Les anomalies peuvent se situer dans les dimensions sagittales, transversales ou verticales. Il faut réaliser un diagnostic squelettique, dento-squelettique et dentaire. I. La dimension transversale : Les principales anomalies transversales sont : - anomalies squelettiques : la base maxillaire peut être trop étroite (endognathie) ou trop large (exognathie). - Anomalies alvéolaires : les procès alvéolaires peuvent être trop orientés vers l extérieur (exoalvéolie) ou trop orientés vers l intérieur (endoalvéolie). On retrouve dans ce cas un articulé inversé. Il faut noter que les asymétries touchent le plus souvent les 3 dimensions de l espace. A. Examen exobuccal de face: Cela s effectue par : - approche générale du visage Notion de développement transversal, très lié au développement vertical ex : visage long, étroit,... mais il faut déterminer si la dominante est verticale ou horizontale - étude des différentes composantes du visage - étude de la symétrie 1
1) Approche générale du visage: Il faut déterminer la forme générale du crane en calculant l indice céphalique et l indice facial. Indice céphalique (IC) = analyse de la forme du crâne IC = largeur maximale du crâne / longueur max du crâne x 100 IC < 76 : Dolichocéphale = tête étroite 76 < IC < 81 : Mésocéphale IC > 81 : Brachycéphale = tête arrondie Indice Facial (IF) IF = Distance Ophryon Gnathion x 100 Largeur bizygomatique IF < 97 : Euryprosope = face large 97 < IF < 104 : Mésoprosope IF > 104 : Leptoprosope = face étroite 2) Etude des composantes du visage : Le développement transversal est observé à travers différents éléments : - saillie des apophyses zygomatiques et zones malaires fixe la largeur du visage - distance interoculaire en relation avec la croissance transversale L augmentation de cette distance signe un hypertélorisme. - relief des angles goniaques si bien marqués et larges : dvpt important mandibulaire correct et important - largeur de la fente labiale - largeur des zones narinaires si le patient ne ventile pas par le nez : narines étroites -> hypodévelopement transversal - sillons naso-géniens 2
3) Etude de la symétrie: On distingue 2 grandes familles d asymétrie : - asymétrie squelettique vraie : asymétrie squelettique morphologique, elles peuvent intéresser toute la face - asymétrie squelettique non vraie : trouble positionnel (mandibulaire) Pour les distinguer, on compare le patient : - en OIM - en position de repos ou RC Trouble positionnel : - la mandibule dévie pour retrouver des contacts cuspides-fosses normaux d un coté et une occlusion inversée de l autre coté : latéro-déviation - lorsque l on supprime les interférences (en RC ou au repos) : la mandibule se recentre, l asymétrie disparait Asymétrie squelettique vraie : - la latéro-déviation persiste malgré le passage en RC. - la ligne sagittale médiane est courbe et les lignes horizontales sont convergentes. NB : pour une asymétrie squelettique mandibulaire (latéro-gnathie) : on retrouvera une différence de longueur et une différence d angulation entre les 2 hémi-corps. Sujet symétrique ligne sagittale médiane droite parallélisme des lignes horizontales dvlpt symétrique des 2 hémi-faces Sujet dissymétrique ligne sagittale médiane courbe ou brisée convergence lignes horizontales dvlpt différent des 2 hémifaces téléradiographie de face et basale Pour un sujet dissymétrique, il faut déterminer : - localisation de la dissymétrie base du crâne face supérieure mandibule - sens concernés transversal sagittal vertical 3
B. Examen endobuccal: Il s effectue en examinant : - la forme des arcades - les relations occlusales transversales - l orientation des procès alvéolaires 1) Forme des bases et des arcades: forme des bases : endognathie, exognathie forme des arcades : en V, en U, en lyre Indice d arcade : il définit une typologie d arcade à partir de sa longueur et de sa largeur. Indice d arcade = largeur maximale d arcade maxillaire / longueur maximale maxillaire * 100 IA < 115 : arcade euryove = arcade large 115 < IA < 130 : arcade mésove IA > 130 : arcade dolichove = arcade étroite 2) Les relations occlusales transversales: Endognathie maxillaire :. VP profonde. arcades étroites. articulé inversé sur les secteurs latéraux Exognathie maxillaire (rare) Endognathie mandibulaire (rare) endognathie mand. et exognathie maxill. présentes lors du Syndrome de Brodie endognathie mand. est souvent associée à une endognathie maxill. ou à une langue petite et haute Exognathie mandibulaire. articulé inversé. souvent en relation avec une langue basse et volumineuse. mandibule en forme de fer à cheval 4
3) Orientation des procès alvéolaires : Articulé inversé : Ceci traduit un maxillaire trop étroit par rapport à la mandibule. Beaucoup de diagnostics différentiels sont à faire : - endognathie maxillaire - endoalvéolie maxillaire ou exoalvéolie mandibulaire Donc il faut regarder l orientation des procès alvéolaire : - si convergence de procès alvéolaires maxill. vers le bas = endoalvéolie maxillaire - si orientation verticale des procès alvéolaires maxillaires = endognathie maxillaire Si l articulé inversé est unilatéral, il faut alors déterminer si c est : - une anomalie asymétrique ex : hémi-maxillaire moins développé - anomalie symétrique ex : contact cuspide/fosse d un côté et cuspide/fosse inversé de l autre côté Le décalage des points inter-incisifs peut être du à: - une asymétrie mandibulaire - une latéro-déviation - un problème purement dentaire On regarde par rapport au plan sagittal médian pour voir quelle arcade est décalée (on note de quel coté, et de combien de degré): - si maxillaire décalé : problème dentaire (le + souvent) maxillaire dévié (très rare) - si mandibulaire décalée : latéro-déviation latero-gnathie problème dentaire => on place alors le patient en RC ou en position de repos : - si la déviation disparaît : c est une latero-déviation - si la déviation persiste : c est une latero-gnathie mandibulaire : le point inter-incisif suit le menton (et sont alignés) - si le point inter-incisif est décalé mais pas le menton : c est un problème dentaire. Diagnostic différentiel entre endognathie et endoalvéolie : on regarde l orientation des procès alvéolaire, si ils sont fortement incliné (en dedans) = endoalvéolie. 5
4) Conclusion de la dimension transversale: Il y a 2 grands types d anomalies dans le sens transversal : Anomalies symétriques Anomalies asymétriques - Latéro-déviation : anomalie symétrique amenant à des positions asymétriques Sujet symétrique : A l examen clinique on note : - concordance de médianes incisives - même occlusion à droite et à gauche, ou anomalie bilatérale Les anomalies peuvent être : - endognathie maxillaire et/ou exognathie mandibulaire - endoalvéolie maxillaire et/ou exoalvéolie mandibulaire A différencier selon l orientation des procès alvéolaires (droits ou convergents). Sujet asymétrique : L anomalie peut être : - squelettique (structurale) déviation de la LSM convergence des lignes horizontales inclinaison des procès alvéolaires asymétrique déviation des médianes incisives - cinétique La composante dentaire peut être associée à une composante basale. Latérodéviation : A l examen clinique : - sujet symétrique au repos / déviation du menton en occlusion - médianes alignées au repos / déviées en occlusion - souvent articulé inversé unilatéral en occlusion Ceci disparaît au repos et est remplacé par un articulé cuspide/cuspide bilatéral. 6
II. Dimension sagittale : A. Examen exobuccal de profil : On va étudier : - la forme générale du profil - les différents composants du profil - le profil sous nasal 1) Forme générale du profil : Le problème squelettique le plus fréquent : une mâchoire en avant par rapport à l autre Si le maxillaire est avancé : Classe II le profil devient convexe soit le maxillaire est en avant soit la mandibule est en retrait soit le nez est en avant : prognathie maxillaire soit le menton est en arrière : retrognathie mandibulaire le sens vertical influence la perception du décalage sagittal, ainsi : - un hypodivergent attenue la classe II - un hyperdivergent accentue la classe II Si la mandibule est avancée : soit le maxillaire est en retrait soit la mandibule est en avant En classe I, le profil est plat. Classe III le profil devient concave NB: pour savoir si c est la mandibule qui est en avant ou le maxillaire en arrière, on utilise les plans frontaux. 2) Les composantes du profil : Le front : Il renforce la convexité et la sensation d arrondie générale Le nez : il est plus développé chez les classes II. Il intervient dans l angle naso-labial qui est très important au point de vue esthétique. L angle naso-labial : il est lié à la lèvre supérieure, le minimum acceptable : au plan de Francfort La lèvre supérieure : qui donne une idée sur la position des incisives. La lèvre inférieure Le menton (+++): il peut renforcer ou atténuer une classe II ou III 7
B. Examen endobuccal : Les classes occlusales : classe I squelettique: normale souvent les classes squelettique sont les mêmes que les classes dentaires, MAIS pas toujours. classe II squelettique hyperdivergente classe II division 1 : mandibule distalée avec un surplomb augmenté classe II division 2 : mandibule distalée avec diminution du surplomb ou normal. Les incisives maxillaires sont palato versées. - primitive : lorsque la classe II2 est associée à une classe I squelettique chez un sujet hypodivergent avec une linguo-version des incisives maxillaires et mandibulaires. - secondaire : elle est due à une adaptation secondaire à une classe II squelettique avec palato-version des incisives maxillaire vestibulo-version des incisives mandibulaires. classe III squelettique hypodivergente : On regarde si on est en proglissement ou en latéro deviation. On compare la PIM (position d intercuspidie maximale) et la postion de RC. III. Dimension verticale : D un point de vue squelettique, il s agit de: l hypodivergence l hyperdivergence la mésodivergence = normal Cela concerne l inclinaison de la mandibule. Au niveau dentaire : les anomalies verticales de l occlusion correspondent à : béance recouvrement augmenté 8
A. Examen exobuccal : On s intéresse à : - l égalité des étages ophrion - sous nasal sous nasal menton - effacement ou accentuation des plis faciaux plis naso-géniens plis labio-mentonnier - occlusion labiale normale ou forcée - rapport entre la face post et la face ant - obliquité du plan mandibulaire Diagnostic vertical : L HYPODIVERGENT : - étage inférieur diminué - plis accentués - occlusion exagérée - écart entre la face post et la face ant est diminué - plan mandibulaire peu incliné L HYPERDIVERGENT - étage inférieur augmenté - plis effacés - pas d occlusion labiale ou forcée - forme du visage allongée - plan mandibulaire incliné A. Examen endobuccal : On s intéresse aux : - recouvrement incisif : normalité 2mm diminué : «béance antérieure» amplitude verticale étendue augmenté : supracclusion - secteurs latéraux : occlusion normale béance latérale - relation incisive-lèvres : 9
au repos : la lèvre supérieure se situe à 2 mm environ du bord libre de l incisive max lors du sourire : la lèvre sup se situe au niveau du collet des incisives max NB: L hypodivergent a une tendance à la supracclusion, et l hyperdivergent à l infracclusion. Dès que la béance dépasse la canine: on peut suspecter un problème squelettique associé. 10