Le CEL exprime la quantité d eau liquide condensée présente dans un mètre cube d air humide (g/m 3 )



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QU EST CE QUE LE GIVRAGE? Le givrage est dû à la présence d eau sous forme liquide à des températures négatives. En impactant, elle se transforme en glace : il y a accrétion sur l avion. Tair < 0 C Fin de la surfusion fréquent dans les nuages à T faiblement < 0 C givrage ETAT INSTABLE Etat gazeux Etat liquide Etat solide Vapeur Eau Givre SURFONDU givrage condensation solide La congélation est le processus par lequel l eau passe de son état liquide à son état solide. La condensation solide est le processus par lequel l eau passe de son état gazeux directement à son état solide. Les gouttelettes liquides ne se congèlent pas nécessairement à 0 C ; elles peuvent rester à l état surfondu, c'est-à-dire sous forme de gouttes liquides à température négative. Cet état instable cesse lorsqu il y a contact sur un objet, ou au contact d un noyau glaçogène (particule microscopique qui agit comme déclencheur de la congélation de la gouttelette). PARAMETRES INFLUENTS LE CONTENU EN EAU LIQUIDE ( CEL ) OU LIQUID WATER CONTENT ( LWC ) Le CEL exprime la quantité d eau liquide condensée présente dans un mètre cube d air humide (g/m 3 ) Le CEL n est pas homogène et varie rapidement dans les nuages stables et instables, le long d une trajectoire horizontale du nuage, dans l épaisseur d un nuage MétéoFrance 2009

Ordre de grandeur du CEL Nuages stables (St, As, Ns) : de 0,1 à 0,5 g/m 3 Brume et brouillard : de 0,1 à 2 g/m 3 Nuages instables (Cu, Ac, Cb) : de 1 à 5 g/m 3 ( jusqu'à 15 g/m 3 dans certains nuages instables tropicaux ) Précipitations : quantités supérieures LA TEMPERATURE Entre 0 et 12 /- 15 C très peu d aérosols constituent des noyaux glaçogènes. L eau condensée est majoritairement liquide et surfondue. Le nuage présente un fort potentiel givrant. Pas d eau liquide surfondue à T< - 40 C, les noyaux glaçogènes sont tous actifs à partir de 35 C. 0n peut considérer que le potentiel givrant est nul en dessous de 35 C. L eau ne congèle qu à des T négatives Rapport eau liquide condensée / glace condensée + eau liquide condensée LA TAILLE DES GOUTTES La taille des gouttelettes nuageuses conditionne l accrétion (captation, forme et zone contaminée) et donc la sévérité. A partir de 40 microns une gouttelette devient goutte (SLD). Au delà de 200 microns précipitations surfondues (FZDZ et FZRA). MétéoFrance 2009

GELEE BLANCHE «HOAR FROST» DIFFERENTS TYPES DE GIVRE Aspect : cristallin en forme d aiguilles, d écailles ou de plumes qui la rend friable. Formation : condensation solide, passage direct de la vapeur d eau en cristaux de glace. Peut se produire en dehors des nuages Conditions météo : anticycloniques en hiver, par nuits froides et peu ventées Conséquences : l accrétion apparaît au sol sur un avion au parking par des températures froides. Ou lors d une descente ou d une montée rapide dans une couche humide lorsque l avion est froid. Sévérité : le givrage associé est généralement faible. GIVRE BLANC «RIME ICE» Aspect : blanc et opaque, plutôt friable et fragile. Formation : sur une surface froide, dans un milieu nuageux homogène froid. Les gouttelettes en surfusion congèlent très rapidement et emprisonnent beaucoup d air en touchant l avion. Conséquences : le givre s accumule en pointe sur les parties exposées (bords d attaque, etc ). Il s entasse et s étend vers l avant. Sévérité : le givrage associé est généralement faible à modéré. GIVRE DUR OU CLAIR OU TRANSPARENT «CLEAR ICE» Aspect : homogène, lisse, transparent, compact et très solide par absence d inclusion d air Formation : sur une surface froide, dans un milieu nuageux homogène, les gouttelettes en surfusion s étalent et congèlent lentement Conditions météo : T proche de 0 C, avec un contenu en eau liquide CEL important Source : ONERA Conséquences : création de formes. Le dépôt peut s étaler en dehors des zones dégivrées Sévérité : le givrage associé est généralement modéré à fort. MétéoFrance 2009

DIFFERENTS TYPES DE GIVRE GIVRE MIXTE «MIXED ICE» Source NASA-Lewis Research Center Aspect : givre hétérogène, avec des accrétions de glace claire et compacte mêlées à des accrétions plus blanches et friables Conséquences : similaires au givre transparent Formation : sur les surfaces froides, dans un milieu nuageux hétérogène où varient la température et la taille des gouttes Sévérité : le givrage associé est généralement modéré à fort. VERGLAS GLAZE ICE ( LIEES A LA PLUIE GIVRANTE «FREEZING RAIN» OU BRUINE GIVRANTE «FREEZING DRIZZLE») Aspect : identique au givre transparent, couche de glace dure Formation : précipitations surfondues se congelant à l impact grosses gouttes Conséquences : similaires au givre transparent tout l avion peut être touché. Conditions météo : perturbations Sévérité : le givrage associé est généralement fort. MétéoFrance 2009

INTENSITE DU GIVRAGE FAIBLE (LIGHT) n implique pas de contraintes particulières sur la conduite de l avion Faible (light) : > 1g/cm²/heure Fort (severe) : > 12g/cm²/heure Modéré (moderate) : > 6g/cm²/heure MODERE (MODERATE) conditions de givrage pouvant amener l équipage à juger utile de changer de cap ou d altitude FORT (SEVERE) conditions de givrage amenant l équipage à changer immédiatement de cap ou d altitude L intensité du givrage est cependant difficile à quantifier. Lorsque les conditions d intensité «faible» durent, le risque lié au givrage augmente. De plus, cette classification se base sur les conséquences pour l avion au cours d un vol et non sur les conditions météorologiques mises en cause. Il faut retenir qu il n y a pas «une» sévérité de givrage pour tous les avions passant dans la même zone. Il y a des conditions givrantes qui, selon le type d avion, la phase du vol, sa vitesse, le moment où il traverse la zone, et les conditions rencontrées au préalable vont provoquer un givrage plus ou moins fort. La présence et la quantité de gouttelettes sont conditionnées par la température de l atmosphère. Le nombre de gouttelettes surfondues est plus important près de l iso 0 C. Des mouvements ascendants et descendants brassent les cristaux de glace et les gouttelettes entre les différentes altitudes, ceci alimente le nuage en gouttelettes d eau surfondue. L importance des mouvements augmente le brassage et permet de trouver des gouttelettes surfondues à des températures allant en moyenne jusqu à -20 C. MétéoFrance 2009

CONDITIONS METEOROLOGIQUES FAVORABLES NUAGES INSTABLES CONVECTIFS : CB CU SC AC Des forts mouvements ascendants entraînent les gouttelettes d eau des basses couches vers des niveaux où les températures sont négatives. On est en présence d eau liquide surfondue INVERSION DE TEMPERATURE peu de cristaux et beaucoup de SLD L inversion bloque le transport vertical et favorise un fort contenu en eau vers le sommet du nuage ainsi que la présence de grosses gouttelettes (SLD super liquid droplets). 0 C OROGRAPHIE Le potentiel givrant augmente au-dessus des montagnes, en raison du soulèvement. Au soulèvement au vent, le niveau de l isotherme 0 C s élève avec de l air instable et descend avec de l air stable Les nuages stables de soulèvement orographique peuvent concentrer beaucoup d eau liquide surfondue. MétéoFrance 2009

CONDITIONS METEOROLOGIQUES FAVORABLES OROGRAPHIE L air froid reste dans les vallées et est surplombé par des arrivées d air chaud humide et précipitant, produisant du verglas. Les régions de fort potentiel givrant sont généralement plus étendues devant les fronts chauds, au cœur des occlusions BROUILLARD GIVRANT Le brouillard sera d autant plus givrant que le refroidissement est important et rapide MétéoFrance 2009

POUR UNE BONNE COMPREHENSION MUTUELLE : LES DIFFERENTS POINTS DE VUE Le scientifique (recherche météorologique) parle de POTENTIEL GIVRANT - Contenu en eau liquide, taille de gouttes, température - Stabilité /instabilité - Type de nuage Le météorologiste (en opérationnel) parle de CONDITIONS GIVRANTES - Observation, image satellite, image radar, - Prévision : Modèle numérique de prévision qui donne. des champs de températures, d humidité et de vitesse verticale à différents niveaux et échéances - Outils élaborés : fusion de données Le pilote parle de GIVRAGE, d accrétion de givre, de comportement sur l avion, d anti-givrage, de dégivrage, du type, de la certification de l avion, des contraintes extérieures : niveau de vol, vitesse Le météorologiste établit un diagnostic sur les conditions givrantes de l atmosphère. Il qualifie, localise et quantifie le phénomène à partir de paramètres pertinents (température, estimation de CEL ). Information adaptée aux usagers aéronautiques Retour d expérience aéronautique ** nécessaire à l amélioration des prévisions La partie aéronautique évalue le risque selon l avion, le pilote, le contrôleur, le responsable aéroport ou plus généralement le système aéronautique. Les effets induits réclament des décisions opérationnelles appropriées pour éviter la dégradation de la sécurité. MétéoFrance 2009

**Ce retour d information, primordial pour valider les méthodes et les outils de la prévision et faire progresser la qualité du service météorologique fourni à l aviation se fait en cours de vol par le biais de rapports AIREP transmis par radio à la tour de contrôle puis après l atterrissage sur Aeroweb ( https://aviation.meteo.fr ) Il faut donc garder à l esprit que le prévisionniste détermine des conditions givrantes, c'est-à-dire des zones où toutes les conditions sont réunies pour qu il y ait accrétion de givre sur l avion à partir des paramètres pertinents dont il dispose. Cependant, en raison du caractère instable de l eau surfondue, et des paramètres propres à l avion (phase de vol, vitesse, type d avion, temps passé dans les conditions, ) les conséquences ne seront pas nécessairement les mêmes pour deux avions différents. Le pilote doit adapter sa vigilance en fonction des propres paramètres de l avion. SIGNALEMENT SUR LES PRODUITS DE METEOROLOGIE AERONAUTIQUE DANS LES MESSAGES METAR, TAF ET SPECI Dans le groupe «temps présent» ou «prévu» ou «récent significatif» : FZ, suivi des descripteurs des temps présents (DZ, RA, FG, etc.) SUR LES TEMSI (CARTES DE TEMPS SIGNIFICATIF) EUROC ET FRANCE (BASSES COUCHES) Attention également aux symboles : Givrage modéré Pluie se congelant Givrage fort Brouillard givrant MétéoFrance 2009

LA GRÊLE Définition La grêle constitue une précipitation de grêlons. Le grêlon : particule de glace d un diamètre généralement compris entre 5 et 50 millimètres, certains peuvent atteindre les 15 cm. masse volumique de l ordre de 0,85 à 0,90 g/cm 3. La masse des plus gros peut avoisiner le kilogramme. Formation La condition première à l apparition de grêlons est la présence de quantité importante d eau liquide en surfusion rencontrée au sein des puissants mouvements verticaux ascendants que l on retrouve au niveau d un cumulonimbus. Moins de 10% des cumulonimbus donnent de la grêle atteignant le sol mais on peut estimer qu un pourcentage beaucoup plus important fabrique de la grêle sans que celle-ci ait le temps d atteindre le sol. Plus rarement des grêlons peuvent être éjectés latéralement, notamment dans la partie supérieure du nuage sous l enclume, et verticalement par le sommet. Situations météorologiques favorables La grêle est toujours définie comme étant liée à la présence d un cumulonimbus. En réalité, les limites ne sont pas aussi tranchées et la production de grêlons peut se réaliser bien avant que le stade de cumulonimbus soit atteint. La prudence est donc de mise face à un cumulus congestus (TCU) ou un altocumulus castellanus bien développé verticalement. 2007 Copyright Météo-France - Tous droits de reproduction réservés

2 Des indices de grêle Quelques indices basés sur des éléments statistiques et des méthodes empiriques permettent d appréhender le «risque» de grêle : Probabilité maximale en région tempérée INDICES DE PROBABILITE MAXIMALE DE GRÊLE de la fin du printemps au début de l été, au-dessus des régions continentales plutôt que maritimes, nuage épais (au moins 16000 ft), température au sommet froide (inférieure à 20 C), partie sommitale au stade de l enclume, influence de la hauteur de l isotherme 0 C (grêlons les plus gros pour un iso 0 C voisin de 8000 ft), entre 11500 et 35000 ft zone de formation des grêlons (cellule grêligène), cisaillement du vent entre les basses couches et le sommet de la troposphère, un vent fort vers la tropopause ou des conditions anticycloniques (divergence) d altitude. Moyens d observation embarqués Seul le radar météorologique permet de «visualiser» la présence de grêle. Nombreux problèmes d interprétation du signal reçu car la grêle selon sa composition est un très inégal réflecteur du signal radar: un grêlon entièrement constitué de glace offre une réflectivité radar très faible, recouvert d une pellicule d eau par fusion, la réflectivité augmente rapidement jusqu à devenir identique à celle d une goutte de pluie de même dimension. il est difficile si ce n est impossible de distinguer les grêlons de petites tailles des gouttes de pluie. Par contre, un signal radar très fort appelé «bande brillante»peut être la signature d une zone de gros grêlons surtout si celui-ci est rencontré au voisinage de l isotherme 0 C. Ce qui explique qu en vol, le balayage vertical (par une fonction appelée TILT) du radar météo embarqué est fortement recommandé pour détecter une zone de grêle.

3 De manière générale, tout indice d une manifestation orageuse de forte intensité dans l environnement proche (présence de CB bien développé, activité électrique, forte turbulence, forte précipitation, ) doit laisser supposer la présence de grêle. Tout équipage qui rencontre au cours de son vol de la grêle doit impérativement et immédiatement en informer les services compétents par un message AIREP SPECIAL Signalisation par les services météorologiques Observation et prévision au sol Messages d observation d aérodrome METAR et SPECI Ex. : METAR LFBO 131500Z 21012KT 6000 TSGRRA FEW010 BKN015CB 25/22 Q1005= Messages de prévision d aérodrome TAF Ex. : TAF LFBO 131100Z 131221 20004KT CAVOK BECMG1416 SCT020CB SCT100 TEMPO 1518 24015G35KT 5000 TSGRRA BKN015CB= CB cumulonimbus au-dessus du terrain ou à proximité TS orage (activité électrique) au-dessus du terrain ou à proximité GR grêle au lieu d observation Observation et persistance ou prévision en route Messages SIGMET LFMM SIGMET NR 2 VALID 270800/271200 LFMM FIR MARSEILLE EMBD TS GR OBS ON MAR BTN FRANCE AND CORSICA TOPS FL360 MOVE NE INTSF= Le code GR indique l observation et la persistance ou la prévision de grêle en route Prévision en route Cartes de temps significatif TEMSI ou SIGWX Le symbole indique une prévision de grêle en surface (uniquement sur les TEMSI basses altitudes). Observation satellite et radar L image satellite, que ce soit dans les domaines du visible ou de l infrarouge, ne permet pas la détection explicite de la grêle. Cependant, un météorologiste qualifié peut détecter des indices d occurrence de grêle fonctions de la dynamique des cellules orageuses et de leur intensité. La

4 présence d un radar météorologique au sol peut donner une information complémentaire sur l activité de ces cellules mais uniquement dans les basses couches de l atmosphère. Conséquences aéronautiques Les dégâts sont en rapport avec la vitesse de chute des grêlons et donc de leur taille : avec un diamètre de 2 cm, v z = 75 km/h, avec un diamètre de 5 cm : v z =115 km/h avec un diamètre de 10 cm : v z = 160 km/h Un cumulonimbus peut fabriquer en quelques minutes quelques 300 milliards de grêlons représentant une masse totale de 50.000 tonnes de glace. Les dégâts peuvent être: l arrêt voir la destruction des moteurs, La certification JAR-E 790 impose aux turboréacteurs de pouvoir ingérer pendant moins de 5 secondes et à pleine puissance dix grêlons de 25 mm et dix de 50 mm par m² de surface sans qu aucune perte de poussée ne soit tolérée. la perte des moyens de communication par le bris des antennes, le bris des vitres du cockpit, le bosselage de la cellule et de toutes les surfaces exposées à la grêle notamment au niveau du bord d attaque des ailes.

Rubrique d'aide des terminaux Aéroweb : INTERPRETATION DE L'IMAGERIE SATELLITE et RADAR 1. IMAGERIE SATELLITE Pour toutes les images satellite L'imagerie satellite doit, au sens de la réglementation, être considérée par l'usager comme une observation météorologique dont les limites sont rappelées par l'annexe 3 OACI, paragraphe 4.1.9. D'une manière générale, la complexité des images issues des satellites, rend délicate leur interprétation météorologique, notamment en raison de l'existence d'artefacts ou de nuages élevés masquant les couches nuageuses inférieures. Image visible Cette image prise dans les canaux visibles, visualise, en première interprétation, la densité des masses nuageuses éclairées par le soleil (quantité de lumière réfléchie par les nuages ou la surface de la terre). Elle ressemble à une photographie noir et blanc. Exemple de lecture d une image canal visible : La mer apparaît en noir (ou très foncée) car l eau est un mauvais réflecteur. Les sols (donc les zones sans nuages) apparaissent dans une gamme de gris. Les systèmes nuageux apparaissent très blancs, d autant plus blancs qu ils sont épais. Ces images sont inexploitables la nuit (elles sont noires sans soleil). Traîne, nuages cumuliformes Front surmonté par bande de cirrus épais Amas convectifs (Cb) Image visible sur la France Meteo France -2011 1 sur 4

Image infrarouge Cette image, prise par une caméra thermique, permet de visualiser, en première approximation, la température (radiative) de la couche observée (sommet des nuages ou sol/mer). Pour cela, les valeurs obtenues sont converties en couleurs (dégradés de blancs à gris). Cependant les nuages fins (semi transparents) d'altitude (cirrus notamment) perturbent cette mesure comme les amas de nuages de petite taille, n'occupant pas la totalité la surface d'observation (pixel). Enfin, certains sols peuvent avoir des 'réflectivités' (neige par exemple) qui les font confondre avec des nuages. Exemple de lecture d une image infrarouge : Cirrus Front Front Amas convectifs (Cb) Amas d énormes Cb Image Composition colorée Cette image est élaborée à partir des canaux infrarouges et visibles. Aussi son interprétation est complexe. Cette imagerie, utilisant des canaux visibles, varie suivant l'heure solaire de la région observée. - Aux nuances jaunes, nous associons les nuages bas, plus chauds, plus ou moins blanchis suivant leur température de sommet (composante bleue dépendante de l'infrarouge thermique). Nous pouvons les classer, suivant leur texture, comme Stratus, Stratocumulus et petits Cumulus. - Le bleu concrétise les nuages élevés, constitués de cristaux de glace et quelquefois transparents. Ce sont les nuages cirriformes. Les nuages d'étage moyen, tels les Altocumulus, ou Stratocumulus élevés, et les sommets de Cumulus congestus, se reconnaissent dans des tons crème à blanc cassé, les Cirrostratus et Cirrus épais s'identifient par un gris clair bleuté etc... Meteo France -2011 2 sur 4

Sur les océans, tous ces nuages apparaissent sur fond bleu outremer. Quant aux couleurs des sols, elles alternent du vert grisé au brun verdâtre pour les plus froids et les plus absorbants, à l'ocre jaune et au jaune or pour les régions désertiques africaines. En condition crépusculaire ou aurorale, le dégradé des couleurs permet le passage du jour à la nuit, avec un bon suivi de la reconnaissance des nuages moyens et élevés, dans la gamme bleutée de l'infrarouge. Cependant de nombreuses ambiguïtés existent : confusion entre les sols siliceux chauds d'afrique et les stratus (couleur orangé); les nuages bas sont peu (voire pas) détectables la nuit. Leur interprétation nécessite donc les précautions d'usage. Exemple de lecture d une composition colorée : Cette image est élaborée à partir des canaux infra-rouge et visible (interprétation complexe). Les teintes bleues caractérisent les nuages élevés constitués de cristaux de glace, souvent transparentes (nuages cirriformes). Les nuances jaunes correspondent plutôt aux nuages bas, plus chauds (St, Sc, petits cumulus). Les teintes blanches correspondent plutôt aux nuages denses, épais et froids, généralement précipitants (Ns). Composition colorée sur l Europe. Confusion possible entre les sols chauds (Afrique) et les stratus (nuages bas indétectables la nuit). 2. IMAGERIE RADAR Comment lire une image radar? Ces images servent à visualiser les zones de précipitations, sans renseigner sur leur nature et leur état liquide ou solide), en temps réel. L'image radar est perturbée par des obstacles fixes comme les montagnes ou les constructions au voisinage immédiat de l'antenne. On détermine l intensité de la précipitation par une couleur correspondant à des millimètres d eau par heure. Un millimètre d eau égale un litre par mètre carré. Meteo France -2011 3 sur 4

Code des couleurs : <2 mm/h <10 mm/h <20 mm/h <40 mm/h <60 mm/h <100 mm/h >300 mm/h Un front se visualise par une bande de précipitations. Un front stratiforme est généralement constitué de couleur bleu et verte. Dans un front pluvio-instable, on observe dans les zones stratiformes de petites taches d intensité supérieure (vert foncé, jaune, orange ou rouge), qui visualisent les averses. Une tache de couleur jaune, orange, ou rouge, est représentative d un Cb précipitant, le rouge laisse supposer des précipitations sous forme de grêle dans la plupart des cas. Exemple de lecture d imagerie radar : Différenciation des nuages convectifs : Cumulus mediocris Cumulus congestus Cumulonimbus 1. Exemple de front pluvio-instable, avec des orages (Cb), impacts rouges dans la masse nuageuse du front, et à l arrière. 2. Exemple de front pluvio-instable avec traîne peu active : averses faibles loin à l arrière Il est recommandé une attention particulière pour les situations de traîne active ou les situations convectives : une image satellite ou radar n est représentative de la situation qu à l heure de validité indiquée sur son cartouche, et ne donne pas directement d indication sur l évolution d une situation, qui peut être très rapide. Meteo France -2011 4 sur 4

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