Le soin d hygiène en fin de vie. Guide d intervention pratique



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Transcription:

Le soin d hygiène en fin de vie Guide d intervention pratique

Édition Centre de santé et de services sociaux de Bordeaux-Cartierville Saint-Laurent Mise en page, production et impression Robert Julien, Service des communications Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec ISBN : 978-2-9810194-8-6 version imprimée 978-2-9810194-9-3 version électronique www.csssbordeauxcartiervillesaintlaurent.ca Sous l onglet : Publications du CSSS

Le soin d hygiène en fin de vie Guide d intervention pratique Par Cynthia Humphrey, ergothérapeute, M.Sc. Anne-Marie Ouellet, ergothérapeute En collaboration avec Michelle Morin, infirmière clinicienne et Jane Sutton, travailleuse sociale Janvier 2009

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Le soin d hygiène en fin de vie Guide d intervention pratique Principaux changements en fin de vie 7 Le soin d hygiène dans la prise en charge globale de la personne en fin de vie 8 Étapes préparatoires 9 Durant la toilette 10 Soins génitaux 11 Soins des yeux 12 Soins du nez 12 Soins de la bouche 13 Attitude, regard et silence 15 Références 17

Le soin d hygiène en fin de vie Guide d intervention pratique Au CSSS, nous sommes appelés à accompagner la clientèle en fin de vie et à lui offrir des soins personnalisés et de grande qualité basés sur le fondement philosophique des soins palliatifs. Les soins palliatifs décrivent l ensemble des soins donnés à des personnes malades et en fin de vie dans le but ultime de leur maintenir une certaine qualité de vie et de les aider à garder leur dignité jusqu à la mort. Ce guide d intervention souhaite épauler les auxiliaires en santé et services sociaux qui offrent des soins d hygiène à la clientèle en soins palliatifs. 6

Principaux changements en fin de vie Afin d offrir des soins personnalisés, il est primordial d identifier les signes ou symptômes précurseurs d une fin de vie. Le tableau ci-contre dresse un portrait des changements physiques, physiologiques et psychologiques qui surviennent lors des différentes phases précédant le décès. 1 à 3 mois avant la mort 1 à 2 semaines avant la mort Quelques jours à quelques heures avant la mort Corps Faiblesse Baisse d énergie Sommeil perturbé Perte de poids Perte de poids accentué Changement de la couleur de la peau Transpiration et fièvre Faiblesse musculaire Dort beaucoup Regain d énergie Yeux mi-ouverts, et vitreux Mâchoire tombante Peau bleutée Système digestif et urinaire Diminution de l appétit Répulsion pour certains aliments (viande, sucre) Alimentation difficile (sous forme liquide principalement) Possibilité d incontinence fécale et urinaire Urine plus foncée Urines rares Incontinence possible Possibilité d écoulement de sécrétion par la bouche Système respiratoire Dyspnée à l effort Essoufflement au moindre effort Respiration irrégulière Congestion possible Respiration difficile accompagnée de râles Pauses respiratoires plus longues État psychologique Détachement et repli sur soi Désorientation et confusion possible Agitation, rêve en éveil Agitation possible État semi-comateux 7

Le soin d hygiène dans la prise en charge globale de la personne en fin de vie La toilette est loin d être un soin anodin. Ce n est pas un acte simple vidé de sens et de son essence. Il doit prendre en compte les différents besoins de la personne. C est plus qu un soin d hygiène, c est le «prendre soin», c est un support à la relation d aide. On se doit donc de faire de la toilette un moment de détente pour la personne en phase terminale. Le choix d une toilette devra tenir compte de la personne et des symptômes qu elle présente. Nous allons donc définir quels sont les éléments à prendre en considération lors du soin d hygiène chez la personne en fin de vie. La personne en phase terminale est souvent souffrante. La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle propre à chacun. Notre réaction face à la douleur dépend de notre perception et de nos expériences passées. La seule personne qui peut décrire sa douleur est donc le malade lui-même. Il faut donc reconnaître la douleur de la personne et effectuer son soin d hygiène dans le respect de sa douleur. Être lavé par quelqu un est une expérience étrange qu on ne choisit jamais. Quelle que soit la qualité du soin, c est une intrusion dans son espace intime. Il est donc important de «ne jamais perdre de vue que le mourant est le guide de toute action : il s agit de SA mort et il doit participer aux décisions LE concernant» 1 8 1 Mainville, Marie-Claude (2005), Mourir à domicile, éditions ressources, p.17

Étapes préparatoires 1. 2. 3. 4. 5. Les personnes en phase terminale peuvent être frileuses à cause de la perte de poids et de l immobilité. Lorsque vous avisez la famille ou la personne de l heure de votre arrivée, demandez d augmenter la température de la chambre pour un meilleur confort. Vérifiez avec la famille l intensité de la douleur de la personne et suggérez de lui donner un comprimé contre la douleur une heure avant le soin d hygiène. De plus, utiliser des prises plus enveloppantes et minimiser le nombre de mobilisations au lit pour éviter l exacerbation de la douleur. Assurez-vous d avoir tout le matériel requis dans la chambre afin d éviter les sorties répétées de la chambre. Informez-vous de ses préférences ou goûts (odeurs, musique, éclairage, température de l eau). Vérifiez dans quelle mesure la personne veut participer à ses soins. Vérifiez si le soin d hygiène prévu à l horaire (partiel ou complet) convient aux capacités de la personne au moment du soin. 9

Durant la toilette 1. 2. 3. 4. 5. 6. Expliquez doucement ce que vous allez lui faire même si la personne nous semble inconsciente car l ouïe est le dernier sens à quitter le corps. Ne jamais dénuder la personne complètement. Recouvrez la personne d une grande serviette sèche et chaude pendant le soin. Débutez la toilette par le haut du corps et ne découvrez que la partie à laver au fur et à mesure. En tout temps, procédez doucement car la personne peut être sensible et souffrante. Soyez attentif à ses inconforts. Si nécessaire, le soin peut se terminer à la convenance de la personne. Après la toilette, appliquez une crème hydratante sur les membres, le dos et les points de pression afin d éviter la sécheresse de la peau. Massez doucement les points de pression pour activer la circulation. Après le bain, vêtir la personne avec des vêtements propres. Changez le lit et évitez tout pli dans les draps pour prévenir les plaies. L installez confortablement selon son désir. Surélevez le pied du lit, surtout si les jambes sont enflées. Assurez-vous qu elle a le nécessaire à sa portée (ex : eau, télécommande, téléphone). Encouragez la personne ou sa famille à changer de position pour prévenir l apparition de plaies. Observez les rougeurs ou plaies de pression et avisez l infirmier(e) gestionnaire de cas. 10

Soins génitaux Si la personne est porteuse d un condom urinaire : enlevez délicatement le condom lavez le pénis remettez le condom selon la technique branchez le sac collecteur au condom Si la personne est porteuse d une sonde urinaire à demeure : si l homme n est pas circoncis, dégagez le gland pour bien le nettoyer ainsi que le bout de la sonde et rabattez le prépuce sur le gland pour éviter un étranglement si l homme est circoncis, lavez le gland et le bout de la sonde si une femme est porteuse de sonde urinaire, lavez les parties génitales comme à l habitude en nettoyant aussi la sonde Videz le sac urinaire et le fixer au lit ou au fauteuil de façon à être maintenu sous le niveau de la vessie et permettre à l urine de couler librement dans le sac. Si l urine est trouble ou si présence de sang, avisez l infirmier(e) gestionnaire de cas. 11

Soins des yeux Lorsque la personne est très faible ou a peine à garder les yeux miouverts, il faut porter une attention particulière aux yeux lors de la toilette. 1. 2. Utilisez un coin de débarbouillette propre et essuyez doucement l œil à partir du nez vers l extérieur. Changez de coin de débarbouillette pour l autre œil. Si les yeux sont collés par la sécrétion, mettez des compresses tièdes sur les yeux quelques minutes puis procédez au nettoyage en frottant très doucement pour enlever les sécrétions. Si vous voyez des rougeurs au niveau des yeux ou toute anomalie, avisez l infirmier(e) gestionnaire de cas. Soins du nez Si la personne reçoit de l oxygène par lunettes, retirez les lunettes afin de les nettoyer, nettoyez doucement le bord des narines et lubrifiez avec une gelée lubrifiante telle que Secaris (ne jamais utiliser de vaseline), remettez les lunettes nasales en place (ne jamais projeter l oxygène vers les yeux). 12

Soins de la bouche La faiblesse du système immunitaire, les effets secondaires des médicaments ou la déshydratation entraînent des problèmes buccaux (ulcère, mycose). Ces problèmes occasionnent des inconforts qui peuvent empêcher une personne de s alimenter d où l importance d une bonne hygiène buccale. 1. 2. 3. Si la personne possède la capacité de se brosser les dents, lui fournir le nécessaire et l encourager à se brosser les dents 1 à 2 fois par jour. Si la personne porte des prothèses dentaires, l aider à les laver et l encourager à se laver la bouche avec la solution suivante : a. b. c. 500 ml d eau ou 2 tasses d eau 5 ml ou 1cuillère à thé de sel 5 ml ou 1 cuillère à thé de bicarbonate de soude (petite vache) Si la personne ne peut ou ne veut pas le faire, l encourager à se rincer la bouche plusieurs fois par jour, surtout après les repas avec 13

4. 5. la solution ci-haut. Si la personne est très faible, inconsciente ou incapable d avaler, sa bouche sera souvent ouverte et deviendra donc très sèche. Lui faire alors des soins de bouche après le bain ou à chaque 2 heures durant la période de répit. Pour cela, utilisez un bâtonnet éponge humecté de la solution décrite au point 2. Frotter délicatement les dents, l intérieur des joues, les gencives et la langue. Ne jamais laissez le bâtonnet dans la solution car le bâtonnet pourrait se casser. Si la personne mord le bâtonnet, attendre que la personne ouvre la bouche à nouveau. Ne pas réutiliser le bâtonnet de nouveau. Appliquez sur les lèvres un baume hydratant. Si la personne se plaint de douleurs dans la bouche ou si vous voyez quelque chose d anormal, avisez l infirmier(e) gestionnaire de cas. 14

Attitude, regard et silence Quelle que soit l attitude de la personne en fin de vie, l essentiel est de la «laissez être» elle-même, l accueillir sans jugement en lui offrant l élément primordial : «une présence». La personne a besoin de savoir qu elle est comprise dans ce qu elle dit et ce qu elle vit. Elle doit savoir qu elle a des personnes à ses côtés et que ces personnes la respectent et qu elles feront tout pour lui faciliter la vie. Essayez de regarder la personne à qui vous parlez dans les yeux. Il est important qu elle sente votre sincérité et votre compréhension, par le regard, le toucher ou le sourire. Lors des conversations avec la personne en fin de vie, laissez-la diriger la conversation. Si elle veut vous parler, écoutez-la. Prêtez attention à ce qu elle dit et écoutez-la avec une ouverture d esprit. Acceptez les émotions fortes et laissez la personne les vivre comme elle le veut. Respectez ses désirs. Certaines préfèrent éviter le sujet; d autres auront envie d en parler. 15

Essayez de communiquer avec la personne de la même façon que vous le faisiez lorsqu elle était en bonne santé. Si vous ne la connaissiez pas auparavant, vous pouvez lui parler de choses autres que la santé (sa famille, sa profession, ses intérêts). En soins palliatifs, le contact, le regard, l expression corporelle sont souvent les seuls messages d une communication profonde avec l autre. Le silence des personnes en fin de vie est sans contredit la forme de communication la plus difficile à soutenir dans l échange soigné-soignant. Le silence fait parler, le silence questionne. Il faut savoir répondre au silence par le silence. Le silence aide parfois l autre personne à rassembler ses idées ou respecte son besoin de ne parler. Ne prenez pas les choses d une manière trop personnelle. Il est normal que la personne soit plus renfermée que d habitude et qu elle ne désire pas avoir de soins ou qu elle soit en colère. N hésitez pas à raconter une blague si le cœur vous en dit. Cela peut avoir pour effet de diminuer la tension ou de changer les idées. Les personnes ont le droit de rire et de s amuser, même si elles sont malades. Soyez attentif aux signes d épuisement des aidants naturels. Écoutez les aidants, car ces derniers vivent des émotions difficiles et doivent en parler. Toutefois, en présence de la personne en fin de vie, évitez de parler de sa condition à la famille. 16

Les références MAINVILLE, Marie-Claude, Mourir à domicile, Laval, Éditions Ressources, 2005, 130 p. INSTITUT PAOLI-CALMETTES, Les soins du corps, [en ligne], [http://www.institutpaolicalmettes.fr/pro/intranet/stratégies/soins_palliatifs_2004/ soins_corps.pdf] (3 janvier 2008) CLSC BEAUCE-SARTIGAN, Guide d intervention en soin palliatif à domicile : Maintien à domicile, Beauce, CLSC Beauce-Sartigan, 2001, 339 p. SOCIÉTÉ FRANÇAISE D ACCOMPAGNEMENT ET DE SOINS PALLIATIFS (2005), L infirmier(e) et les soins palliatifs, «prendre soin» : Éthique et pratiques 3 e édition, Paris, Éditions Masson, 2005, 245 p. RÉSEAU DE SOINS PALLIATIFS DU QUÉBEC, [en ligne], [http://www.aqsp.org] (19 décembre 2008) 17

Remerciements Ce guide a été réalisé grâce au soutien de la Direction des services aux personnes en perte d autonomie, sans qui ce projet n aurait pu voir le jour. Un soutien financier a été accordé par la Direction de la qualité et de la mission universitaire de notre CSSS, dans le cadre des projets qualité qui ont pour objectif l amélioration de la qualité des services dispensés à la clientèle. Un merci sincère à toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont collaboré à l élaboration de ce guide. 18

Nos sites Centre d hébergement Notre-Dame-de-la Merci (Centre administratif) 555, boulevard Gouin Ouest, Montréal, H3L 1K5 (514 331-3020) Centre d hébergement Saint-Joseph-de-la-Providence 11810, avenue du Bois-de-Boulogne, Montréal, H3M 2X7 (514 334-3120) Pavillon des Bâtisseurs 11844, avenue du Bois-de-Boulogne, Montréal, H3M 2X6 (514 334-4817) Centre d hébergement de Saint-Laurent 1275, boulevard de la Côte-Vertu, Saint-Laurent, H4L 4V2 (514 744-4981) CLSC de Bordeaux-Cartierville 11822, avenue du Bois-de-Boulogne, Montréal, H3M 2X6 (514 331-2572) CLSC de Saint-Laurent 1055, avenue Sainte-Croix, Saint-Laurent, H4L 3Z2 (514 748-6381) Centre d hébergement de Cartierville 12235, rue Grenet, Montréal, H4J 2N9 (514 337-7300) www.csssbordeauxcartiervillesaintlaurent.ca 19