livret pour les jeunes www.lucide-contre-toutes-les-discriminations.org



Documents pareils
AZ A^kgZi Yj 8^idnZc

J ai droit, tu as droit, il/elle a droit

L EVALUATION PROFESSIONNELLE

RÉPONDRE AUX QUESTIONS SUR

RESPONSABILITE DU DIRIGEANT EN DROIT DU TRAVAIL

Avertissement. Le Conseil général. L association ADEJ. Les jeunes connaissent bien les dangers d Internet.

le QuEbec POUR Enrichir Affirmer les valeurs communes de la société québécoise

POLITIQUE D ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES

Les violences conjugales

Conseil Municipal des Enfants à Thionville. Livret de l électeur et du candidat

Projet de loi n o 491

PROGRAMME VI-SA-VI VIvre SAns VIolence. Justice alternative Lac-Saint-Jean

En devenant majeur-e, vous devenez responsable de vos actes, c est-à-dire que vous en mesurez toutes les conséquences.

Droit de grève. Qu est-ce qu une grève?

PROTOCOLE A LA CHARTE AFRICAINE DES DROITS DE L HOMME ET DES PEUPLES RELATIF AUX DROITS DES FEMMES

Forum associatif Coulounieix Chamiers 7 septembre 2013 Aspects juridiques et droit des associations

Complément pédagogique

Décision du Défenseur des droits n MLD

LES STÉRÉOTYPES, c est pas moi, c est les autres! Lutter contre les stéréotypes pour construire une culture de l égalité

Alcool au volant : tous responsables? La question de la co-responsabilité sera enfin posée au Tribunal de Saint Nazaire

Charte d'hébergement des sites Web sur le serveur de la Mission TICE de l'académie de Besançon

«La prison est la seule solution pour préserver la société.»

Jurisanimation.fr Tous droits réservés. Les docs de LA RESPONSABILITE DU DIRECTEUR D ACM

LES RESPONSABILITES DES AGENTS PUBLICS DE L ÉTAT. Formation AVS Janvier 2013

Charte Informatique INFORMATIONS GENERALES

LE DOCUMENT UNIQUE DE DELEGATION

Charte de la laïcité à l École Charte commentée

- La mise en cause d une personne déterminée qui, même si elle n'est pas expressément nommée, peut être clairement identifiée ;

Les affaires et le droit

RAPPEL DE COURS. L embauche. I. Le placement. II. Les filières de recrutement. 1. Le service public de l emploi CHAPITRE

Trousse des nouveaux arrivants. Impôt sur le revenu. Feuilles de travail

Modifications du Code du travail par la loi N du 4 août 2014

DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME ONU - 10 Décembre Texte intégral

La Justice et vous. Les acteurs de la Justice. Les institutions. S informer. Justice pratique. Vous êtes victime. Ministère de la Justice

ACCORD DU 9 DECEMBRE 2014 PORTANT MODIFICATION DE L ACCORD RELATIF A L EGALITE PROFESSIONNELLE DANS LA BRANCHE CREDIT MUTUEL DU 21 MARS 2007

La responsabilité des personnes morales et de leurs collaborateurs dans le BTP

ACCORD DE COMPTE EPARGNE TEMPS

GROUPE DE RÉDACTION SUR LES DROITS DE L HOMME ET LES ENTREPRISES (CDDH-CORP)

La responsabilité pénale dans l entreprise

Principes de gestion et leadership. Kaoutar Mdarhri Alaoui Chef de division de l observatoire de l emploi public MFPMA

Déclaration universelle des droits de l'homme

Recommandation CP(2014)17 sur la mise en œuvre de la Convention du Conseil de l Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains par Saint-Marin

Service de presse novembre 2014

Community Legal Information Association of PEI, Inc. Prince Edward Island, Inc. Vivre à deux

Conférence du RQCAA. Agression et violence contre les aînés. Présenté le 22 mars 2007 Au grand public À l observatoire Vieillissement et Société

Habiter. Le travail illégal FICHE 15

Les Ultra-marins ont de l audace - Rapport d étude -

Apprenez à votre enfant la Règle «On ne touche pas ici».

ASSOCIATION DES ACCIDENTÉS DE LA VIE. Quelles procédures après un accident de la route? Informations pour les victimes de dommages corporels

Notions et contenus à construire :

Comment se déroule le droit de visite et d hébergement d un parent en cas de fixation de la résidence habituelle chez l autre parent?

LES DANGERS QUE L ON PEUT

CONVENTIONS COLLECTIVES. Convention collective nationale. IDCC : 218. ORGANISMES DE SÉCURITÉ SOCIALE (8 février 1957) ACCORD DU 21 MARS 2011

VIE PROFESSIONNELLE ET RESPECT DE LA VIE PRIVEE Par Béatrice CASTELLANE, Avocate au Barreau de Paris

Le stationnement irrégulier de véhicules appartenant à la communauté des gens du voyage.

Plan et résumé de l intervention de Jean-Philippe Dunand

Lesbiennes. Invisibles parmi nous

NATIONS UNIES. Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques

Siège national. L'UNSA et internet. Les délégués du personnel. UNSA 21, rue Jules Ferry Bagnolet Cedex Tél : Fax :

Après quatre tests d évaluation passés dans des pays différents (USA et Amérique latine), la norme SA 8000 a été validée et diffusée.

C est quoi l intimidation?

RECOMMANDATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE N 13 DE L ECRI

RESTAURATION SCOLAIRE

LA RESPONSABILITE CIVILE ET PENALE EN MATIERE DE SANTE AU TRAVAIL : BREF ETAT DES LIEUX

Chaque Jour, les enfants sont victimes d intimidation.

PARTENAIRE COMMERCIAL DE MSD CODE DE CONDUITE

APRES TOUT ACTE DE MALTRAITANCE. 3. Elaboration des recommandations de pratique. 4. Diffusion au personnel des recommandations.

VOUS ÊTES TUTEUR D UNE PERSONNE MAJEURE

Les hommes, les femmes et les enfants travaillent entre 14 et 17 heures par jour.

Sondage sur le climat. scolaire. Sondage auprès des élèves de la 4 e à la 6 e année sur : l équité et l éducation inclusive l intimidation/harcèlement

Code à l intention des partenaires commerciaux

Responsabilité Civile et Pénale du chef d entreprise. Association Sécurité Routière en Entreprises de Maine et Loire.

LES PRINCIPES DE JOGJAKARTA

Le régime de la responsabilité civile des enseignants

Demande d examen du parcours d intégration au Québec en vue de l obtention du Certificat de sélection du Québec. Renseignements généraux

LA CHARTE EUROPÉENNE POUR L ÉGALITÉ des femmes et des hommes dans la vie locale

CODE DE CONDUITE FOURNISSEUR SODEXO

Fiche informative sur les droits et responsabilités en ligne

Notions de responsabilité. Commission Technique Régionale Est

Les libertés individuelles et le monde du travail : Scènes de ménage?

Le référentiel RIFVEH La sécurité des personnes ayant des incapacités : un enjeu de concertation. Septembre 2008

20 SEPTEMBRE. juin 2010

GROUPE DE SPECIALISTES SUR UNE JUSTICE ADAPTEE AUX ENFANTS (CJ-S-CH) QUESTIONNAIRE POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES SUR UNE JUSTICE ADAPTEE AUX ENFANTS

Introduction au droit La responsabilité professionnelle

LE CABINET E&R CONSULTANTS VOUS INFORME ET VOUS ACCOMPAGNE

CE : comment obtenir vos budgets

DEBAT PHILO : L HOMOSEXUALITE

discrimination directe Membres du CET enjoindre à discrimination indirecte harcèlement

COMMENT RENFORCER LES ENFANTS A SE PROTEGER EUX-MEMES. Production: Groupe d enfants participants à l atelier Présentation: Essenam & Paa Kwessi

Dossier pratique n 6

NOTIONS DE RESPONSABILITE

Prévention LES ENJEUX DE LA PREVENTION. Infos INTRODUCTION : SOMMAIRE :

Les victimes et auteur-e (s) de violences domestiques dans la procédure pénale

ACCORD DU 15 DÉCEMBRE 2011

AVIS DE LA FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DE L AUTISME DANS LE CADRE DE LA CONSULTATION PUBLIQUE SUR LA LUTTE CONTRE L INTIMIDATION

Accord N 34 La complémentaire santé au GIE AtlantiCA En date du 05 mars 2008

Les sept piliers de la sécurité sociale

Livret d accueil pour les futurs parents, les parents et les assistant(e)s maternel(le)s

Direction de l administration pénitentiaire Le placement sous surveillance électronique mobile

Transcription:

LUCIDE : Projet de lutte contre les discriminations en Haute-Normandie porté par l Association Régionale des Missions Locales, le Rectorat de l Académie de Rouen, le Centre des Jeunes Dirigeants d entreprises, le MRAP, l association Globules Le Journal de L Ecrit-Santé, OPCALIA Haute-Normandie et l Union Sociale pour l Habitat. livret pour les jeunes www.lucide-contre-toutes-les-discriminations.org

DISCRIMINATIONS, DE QUOI PARLE-T-ON DISCRIMINATION 2 = DIFFÉRENCE DE TRAITEMENT 18 CRITÈRES ILLÉGAUX origine, sexe, mœurs, orientation sexuelle, âge, situation de famille, appartenance (vraie ou supposée), à une ethnie, une nation ou une race, opinions politiques, activités syndicales ou mutualistes, convictions religieuses, apparence physique, patronyme, état de santé, handicap, état de grossesse. Discrimination => Réduction des droits, produit des inégalités Les stéréotypes => sources des discriminations Il y a discrimination lorsqu une personne ou un groupe de personnes est traité moins favorablement qu un autre dans une situation comparable en raison de son sexe, de sa race ou de son origine ethnique, de sa religion ou de ses convictions, de son handicap, de son âge, de son orientation sexuelle,... La discrimination désigne tout acte qui, volontairement ou non, exclut, limite les possibilités ou, au contraire, donne la préférence, à certaines personnes pour des motifs illicites défi nis par la loi. C est un délit, sanctionné par une peine de prison pouvant aller jusqu à 3 ans ou une amende. Un stéréotype est une idée ou une image toute faite qu on se fait d un groupe social, une simplifi cation abusive de traits de caractère réels ou supposés de ce groupe («les» jeunes, «les» paysans, «les» blondes, ). Cette image ignore le caractère unique de tout être humain en lui attribuant d offi ce les caractéristi- ques supposées de ce groupe. Par exemple : «les jeunes n aiment pas le travail», «les noirs courent vite». L usage du stéréotype revient à économiser la réfl exion : l opinion sur autrui n est pas basée sur la connaissance de l autre, mais sur des généralisations, l opinion est basée sur des a priori et des représentations. C est un «prêt-à-penser». Nous héritons des stéréotypes véhiculés par notre éducation, la société, la culture, les médias. Nous les transmettons, souvent, sans nous en rendre compte. Ils font partie intégrante de notre façon de penser, on les «intériorise», c est à dire qu on fait, on pense et on agit comme si c était vrai, sans les remettre en cause. Ils peu- vent donner naissance à des convictions extrêmes comme le racisme, le sexisme ou l homophobie. A un niveau individuel - Les pratiques discriminatoires nient les particularités de chaque personne en lui conférant les attributs supposés d un de ses groupes catégoriels (par exemple : c est un gros, donc il est ). Les stéréotypes sont à l origine des discriminations. A un niveau collectif - La discrimination est identifi ée comme une réduction ar- bitraire des droits, contraire à l égalité en droit, et induit une dévalorisation de certains groupes d humains ou au contraire une survalorisation d autres groupes. ILLUSTRATIONS AU MASCULIN J ai le droit de penser, dire ou écrire que les hommes ne sont pas à leur place en changeant les couches des bébés. En tant qu employeur, à diplôme et expérience égal, je n ai pas le droit de refuser un homme au poste de puériculteur à la crèche, sous prétexte que c est un homme. En tant que directrice de crèche, je n ai pas le droit de donner la consigne de communiquer uniquement aux mamans sur les problèmes de santé de bébé. Pour l attribution de la taille des logements, les HLM considèrent la composition de la famille vivant sous le toit. Conséquence : les hommes divorcés se voient, le plus souvent attribuer des studios ou des 2 pièces, puisque la plupart n ont pas la garde de leurs enfants. Ce qui les empêche (entre autre) de recevoir leur enfants pendant les vacances scolaires et gardes alternées. «L institutrice de ma fi lle a demandé des parents pour encadrer une activité de cuisine. Cela me dirait bien, mais je vais encore me retrouver le seul homme» DÉFINITIONS Liberté d expression La liberté d opinion et la liberté d expression sont des droits fondamentaux, inscrits dans la déclaration universelle des droits humains (ONU). Discrimination directe Traiter une personne de manière différenciée parce qu elle appartient à un groupe donné est interdit. C est un délit. Incitation à la discrimination Inciter d autres à faire de même est interdit. C est être complice de discrimination et c est un délit. Discrimination indirecte Intégrer dans le fonctionnement d une institution (entreprise, association, administration, réglementation, politique) des dispositions apparemment neutres qui entraînent un désavantage particulier aux personnes appartenant à un groupe. C est un délit. Auto-discrimination Ne pas oser, s interdire à soi-même de réaliser certaines activités souhaitées parce qu elles ne sont pas conformes aux normes de sexe. Il s agit là d une auto-discrimination. On s infl ige à soi-même une pratique discriminatoire, pour ne pas être dans la transgression des rôles de sexe. Elle impacte évidemment sur sa confi ance en soi, mais n est ni repérée, ni interdite par la loi. ILLUSTRATIONS AU FÉMININ J ai le droit de penser que les femmes ne sont pas à leur place les mains dans le cambouis d un moteur de voiture. Un employeur n a pas le droit de refuser d embaucher une jeune femme au prétexte qu elle pourrait attendre prochainement un enfant. En tant que responsable d une équipe de vendeur-es d automobiles, je n ai pas le droit de leur recommander de ne pas négocier avec des femmes seules. Les réunions du Conseil d administration du club sont toujours programmées après l entraînement des enfants, de 19h à 20h30. A cette heure, la plupart des mères de famille s occupent du repas, il y aura certainement peu de femmes candidates au CA. «J aimerais bien faire des études d ingénieur mais mes profs m ont dit qu en classe préparatoire, il n y a que des garçons. Alors je crois que je vais chercher autre chose» 3

DISCRIMINATIONS SEXISTES DE QUOI PARLE-T-ON DROIT DES HOMMES = DROIT DES FEMMES Discrimination sexiste => traitement différent des femmes et des hommes Discriminations sexistes => discriminations quotidiennes mais peu visibles Par l éducation, nous apprenons les rôles que la société attend de nous en fonction de notre sexe. La notion du féminin et du masculin, les rôles et les rapports sociaux de sexe évoluent et changent tout au long de l histoire. Ce sont les discriminations fondées sur l appartenance de sexe, des différences de traitement faites aux femmes et aux hommes ou aux fi lles et aux garçons vivant une situation similaire. Les discriminations sexistes sont le plus souvent admises, rendues invisibles aux yeux des discriminés et des discriminants, que nous som- mes tous plus ou moins, puisqu elles puisent leur source dans les représentations, stéréotypes et croyances de ce que «doit» être et faire une femme ou un homme dans la société dans laquelle nous vivons. Des discriminations qui se fondent sur des différences considérées comme «naturelles» Dans les représentations traditionnelles, les rôles attribués aux femmes étaient centrés sur la maison et la famille, pendant que les rôles des hommes étaient de faire vivre la famille en travaillant à l extérieur et de s occuper de la justice et de la vie publique. Cette division sexuée des rôles, longtemps admise, est en- core persistante dans certains milieux et dans certaines familles, c est pourquoi, il peut sembler «normal» à certaines personnes que les femmes et les hommes soient traités de manière différente, alors qu il s agit de véritables discriminations. De plus, les rôles et activités des femmes et des hommes ne sont pas valorisés de manière identique. Les rôles assignés aux hommes sont plus visibles, plus lucratifs, plus honorifi ques, plus décisionnaires. Les rôles traditionnels des femmes sont moins visibles et s effectuent dans la sphère privée du clos familial. La visibilité participe à la reconnaissance sociale et à l importance qu on donne aux uns et aux autres. Les lieux d exercice des activités et des compétences n étant pas dans le même projecteur, on a longtemps pensé que les hommes étaient plus intelligents (voir les recherches sur le cerveau), plus inventifs, plus négociateurs, plus ambitieux, plus audacieux que les femmes. Les mentalités évoluent, mais cet héritage est vivace et nombre de situations nous démontrent encore aujourd hui la persistance de comportements hiérarchiques entre les sexes dans lesquelles les hommes ou les garçons ont une liberté d action et de décision plus important que les femmes ou les fi lles aussi bien dans la sphère de la famille qu à l école, en politique, dans les entreprises ou dans les espaces publics. Des rôles bien appris A travers leur éducation, les enfants apprennent comment «doit» être un garçon ou une fi lle dans notre société, en leur transmettant des valeurs sociales, ainsi que des exemples de comportements et de rôles socialement acceptables en fonction de leur sexe. L image de chaque sexe (le masculin, le féminin) que l enfant va incorporer tout au long de sa vie commence très tôt par différents moyens comme la littérature, la télévision, les jouets, les attentes parentales, les copains/copines, la bande, l expérience de l école, la publicité,... Ainsi notre éducation nous apprend à intérioriser les rôles sociaux assignés à chaque sexe et l idée d un ordre social reposant sur une hiérarchie entre les sexes. Alors, chacun et chacune nous apprécions autrui au regard de ces normes, comme des lunettes qui permettraient de regarder le monde dans des cadres déterminés. Et si une personne agit en dehors de ces limites admises pour son sexe, elle sera observée, rappelée «à l ordre», voire sanctionnée à travers divers moyens : plaisanteries, critiques, insultes, violences ou discriminations. Changer de lunettes Lutter contre les discriminations sexistes suppose d abord d «apprendre à les voir». Changer de lunette, pour avoir un panorama plus large, moins stéréotypé. Démarche d abord personnelle qui consiste à prendre conscience de l impact des rôles sociaux de sexe sur ses choix, décisions, comportements et attitudes. Et on constate que le chemin est long, tant il est diffi cile de se déprendre de ce conditionnement pour affi rmer sa propre personnalité en toute liberté. On pourra ensuite repérer des situations où nous nous surprenons à être auteur-e de discrimination sexiste et au fi nal à renforcer notre sentiment de légitimité pour lutter contre celles dont nous sommes victimes. Chacun et chacune, auteur/victime, pouvons créer les conditions pour que les discriminations sexistes diminuent leur portée. Les rôles et qualités du féminin et du masculin ne sont pas valorisés de la même manière. => Héritage d un ordre social fondé sur une hiérarchie entre les sexes. Une adhésion forte aux rôles différenciés selon le sexe conduit à des pratiques discriminatoires. Les plaisanteries sexistes s apparentent à des pratiques discriminatoires. Hommes et femmes, on est chacun auteur et victime de discriminations sexistes qui nous enferment dans un rôle. La réduction des discriminations passe par notre comportement individuel. 4 5

DES DISCRIMINATIONS QUI MALMÈNENT PARCE QU ON SE CONFORME... COMMENT SE DÉFENDRE... AUX RÔLES ET NORMES DE SEXE Libre choix des activités : Gestion du temps Tâches domestiques Type de métier Temps de travail Postes à responsabilité Type de loisirs Sortir de chez soi Rencontrer des ami-es Liberté de circuler dans l espace public Liberté dans sa manière d être : Normes de beauté Habillement et séduction Attirances et préférences et sexuelles Expression de toutes ses émotions (y compris la tristesse et le chagrin) Goûts personnels et qualités... AUX TRACES DE LA HIÉRARCHIE ENTRE LES SEXES Sur-valorisation des activités et places assignées aux hommes. Dé-valorisation des activités et places assignées aux femmes. Sentiment de supériorité des hommes (responsabilités, pouvoirs, autorité, force,..) et pour les femmes acceptation de l infériorisation (pour plaire, satisfaire, avoir la paix, éviter des heurts et / ou des coups, ). Perpétuation de la hiérarchie dans l éducation des fi lles et des garçons Plusieurs textes et lois protégent des discriminations sexistes et de leurs conséquences : La constitution française (1958). La loi pour l égalité professionnelle femmes/ hommes (2001). La loi contre les discriminations (16 novembre 2001). Protection contre les calomnies, injures Protection contre les violences conjugales (2004). Protection contre les agressions sexuelles et pédophiles. Les recours des victimes et témoins de discriminations Recours pénal La personne faisant l objet d une discrimination peut déposer plainte auprès du Procureur de la République, du commissariat de police, de la gendarmerie ou du doyen des juges d instruction du Tribunal de grande instance afi n que les agissements dont elle est victime soient pénalement sanctionnés par le Tribunal correctionnel. Le recours pénal vise à obtenir la condamnation de l auteur-e à une peine d emprisonnement et/ou d amende. Il appartient à la personne qui s estime victime d apporter la preuve du comportement discriminatoire qu elle dénonce (principe de la présomption d innocence). Recours civil L action devant le juge civil vise exclusivement à obtenir réparation avec la condamnation de l auteur-e à verser des dommages et intérêts. Le demandeur apporte des éléments de faits précis et c est à la personne désignée responsable de l acte discriminatoire de démontrer que sa décision est justifi é par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination (aménagement de la charge de la preuve). Recours prud homal Les salarié-es victimes ou témoins de discriminations au travail disposent d un recours devant le conseil de prud hommes. Le recours prud homal vise à faire annuler la mesure ou la décision fondée sur un motif discriminatoire, demander réparation du préjudice subi et pouvoir obtenir des dommages et intérêts. DES ORGANISMES POUR VOUS AIDER À INTERVENIR En région Haute Normandie les Planning Familial identifi ée, ait été avertie et qu elle ne s y associations de lutte contre les 41, rue d Elbeuf. 76100 Rouen soit pas opposée. www.halde.fr discriminations : Tél. 02 35 73 28 23 11 rue Saint Georges 75009 Paris planningfamilial76@wanadoo.fr Tél. 08 1000 5000 CIDFF 76 (Coût d une communication locale Impacts sur la santé 33 rue pré de la bataille Au niveau national : à partir d un poste fi xe ) 76000 Rouen. tél. 02 35 63 99 99 Mésestime de soi, La HALDE Cidf76@club-internet.fr Haute autorité de lutte contre les Pour les discriminations trouble de l appétit, maigreur, CIDFF 27 discriminations et pour l égalité au travail : 3, rue du Général Leclerc (HALDE), créée en 2004, est une Inspection du travail inconstance (du rire aux larmes), comportements provocateurs ou hystériques, 27000 Evreux. Tél. 02 32 33 44 56 autorité indépendante compétente 2 rue St Sever. 76000 Rouen pour connaître et lutter contre les etat de colère permanente, sentiment d injustice, MRAP Tél. 02 32 18 98 98 discriminations, directes ou indirectes, 55 rue Louis Ricard. 76000 Rouen. Bld Chauvin. 27000 Evreux isolement, perte de communication, interdites par la loi. Elle peut être saisie Tél. 02 35 98 56 25 Tél. 02 32 24 86 50 par toute personne qui s estime victime violences sur soi : hyper-sexualisation, scarifications, anorexie, boulimie, MRAP.76@wanadoo.fr de discrimination ou se saisir d offi ce Organisations syndicales : http://site.voila.fr/mrap.rouen des cas de discrimination directe ou CFDT, CGT, FO, CFTC, CGE-CGC, Conduites suicidaires : prise de risques, accidents, tentatives de suicide. indirecte dont elle a connaissance, sous SUD, UNSA 6 réserve que la victime, lorsqu elle est 7

EGALITÉ DE DROIT, D OÙ VIENT-ON Les femmes mariées peuvent ouvrir un compte épargne (mais pas de retirer de l argent). Droit de vote des hommes. 1789 1804 1875 1882 Code Napoléon : la femme est une incapable majeure. 19466 1965 Suppression de la notion de «salaire féminin» (prévoyant des abattements de salaire si l employée était une femme) Reconnaissance du principe d égalité entre les femmes e les hommes par la et Constitution Française. 8 1884 Loi Ferry : école primaire obligatoire pour les filles et les garçons. Les femmes mariées peuvent exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. 1967 1907 Légalisation de la contraception. 1980 1920 1924 Les femmes mariées peuvent disposer librement de leur salaire. Mixité dans les écoles Légalisation pour 5 ans de l interruption volontaire de grossesse. 1975 les femmes mariées peuvent adhérer à un syndicat sans l autorisation de leur mari. Les époux ont le droit de divorcer si faute de l un d eux. Requalification du viol en crime. 1983 1928 1942 Ouverture du bac «général» (celui des garçons) aux filles. suppression du bac féminin uniquement dévolu à l économie ménagère. Création d un ministère des droits des femmes. 1981 Instauration de l assurance maternité (congé de 12 semaines payé à 50 %). Loi sur l égalité professionnelle. 1944 L avortement est considéré comme un crime contre l état, passible de peine de mort. Congé paternel de 15 jours. Parité politique. 2000 Droit des vote des femmes. 2001 2002 Renforcement de la loi sur l égalité professionnelle. 2004 Création de la HALDE. 9

L ÉGALITÉ, OÙ EN EST-ON FEMME HOMME 51 % 49 % la France ENFRANCE 54 % 46 % des français de 25 à 34 ans ayant le bac ou plus 4 % 96 % des prisons 47 % 53 % de la population active 51 % 49 %... des demandeurs d emploi 86 % 13 % des travailleurs à temps partiel FEMME HOMME DANS LA POPULATION DE... 80 % 20% des travailleurs pauvres (revenu sous le seuil de pauvreté) 54 % 46 % des jeunes de 18 à 24 ans vivant sous le seuil de pauvreté 26 % 74 % des personnes qui meurent par suicide 27 % 73 % des personnes qui meurent par accident de la circulation 66% 34 % des personnes souffrant d un trouble dépressif déclaré 85 % 15 % des personnes victimes de violences conjugale : 1 femme sur 10 subit des violences, 1 homme sur 60 1 femme meure tous les 3 jours sous les coups de son conjoint les femmes de 20-24 ans sont 2 fois plus exposées que leurs aînées DANS L EXERCICE DES RESPONSABILITÉS DE... 25 % 75 % cadres dans les entreprises privées 30 % 70 % créateur-trices d entreprise 7 % 93 % maires de communes de plus de 3500 habitants 48 % 52 % élu-es régionaux 12 % 88 % députés 30 % 70 % élu-es associatifs 79% 21 % l organisation des tâches domestiques et familiales... 86 % 14 % chef de famille monoparentale Sources : INSEE, observatoire de la parité, DRES, CREDOC, DIES, INSEP, ATLAS Santé, ENVEF 2007 En Europe occidentale, 21 000 femmes et enfants sont victimes de la traite (persuadés par la ruse, achetés, vendus) et contraints à la prostitution ou autre forme d esclavage sexuel. Aux États-Unis, 4 millions de femmes sont victimes d actes de violence de la part de leur compagnon ou de leur conjoint. DANS LEMONDE En Arabie Saoudite la loi interdit aux femmes de conduire. 100 millions de jeunes fi lles sont mariées par leurs parents avant d atteindre l âge adulte. Les femmes occupent 16 % des sièges parlementaires dans le monde entier. En Haïti ou en Syrie, les hommes peuvent, en toute impunité, tuer leur épouse prise en fl agrant délit d adultère. 100 millions de femmes et de jeunes fi lles ont été soumises dans le monde à des pratiques de mutilations sexuelles. En Bosnie, en République Démocratique du Congo et au Timor oriental, des femmes et des jeunes fi lles ont été violées et victimes de sévices sexuels pendant le confl it armé. Au Yémen les femmes doivent être à la disposition de leur mari pour les relations sexuelles et ne peuvent quitter la maison sans son autorisation. Le Pakistan exige des femmes qu elles fassent appel à quatre musulmans adultes pour certifi er devant un tribunal qu ils ont bien été témoins de l acte de pénétration lors d un viol. Les petites fi lles représentant deux tiers des enfants ne fréquentent pas l école primaire dans les pays en développement. 10 11

ÊTRE «AMBASSADEURS- DRICES», C EST QUOI? Un ambassadeur, une ambassadrice a conscience que certaines attitudes, comportements ou habitudes culturelles produisent des discriminations sexistes ou de l auto-discrimination, qui ont des incidences sur la santé physique, psychologique et sociale des personnes victimes de ces discriminations. a envie d agir et de sensibiliser d autres jeunes à la questions des discriminations sexistes. LUCIDE c est quoi? Le projet LUCIDE porte sur tous les types de discriminations (voir les 18 critères de l article 225-1 du Code Pénal) et sur l ensemble des actes, pratiques, procédures et processus qui entraînent, directement ou indirectement, des discriminations dans la vie quotidienne. Le projet comporte six champs d action correspondant à six domaines clés: l emploi, l éducation, la formation, la santé, le logement, et la communication. Au-delà des actions de sensibilisation auprès des professionnel-le-s, le projet vise à promouvoir l adoption de pratiques et procédures non discriminantes à partir de recherche-actions expérimentales menées en coopération avec des partenaires de terrain. Les auteures et personnes ressources Brigitte Allix, Planning Familial de Rouen planningfamilial76@wanadoo.fr Tél. 02 35 73 28 23 Diane Boesch, Mutualité Seine Maritime boesch.diane@mutualite76.fr Tél. 02 35 58 21 00 Katia Lecoeuche, Comité Régional d Éducation à la Santé katialecoeuchecres@yahoo.fr Tél. 02 32 18 07 60 Nathalie Lecordier, Centre d Information sur le Droit des Femmes et de la Famille 76 cidf76@club-internet.fr Tél. 02 35 63 99 99 Christel Ledun, Economie Plurielle economie.plurielle@wanadoo.fr Tél. 02 35 29 69 77 EQUIPE PROJET DE LUCIDE : Marielle Martinez et Jihane Jomni-Coton ARML 7 rue de Sotteville - BP 51053 76172 Rouen Cedex 1 Tél. 02 90 87 00 43 m.martinez@missionslocales-hautenormandie.com www.lucide-contre-toutes-les-discriminations.org