Supports pédagogiques: Fiches de travail n 1, 2 et 4 (lycée), fiche de travail n 3 (école primaire et collège). ENSEIGNANT E : Michel Haider (retable de Hohenlandenberg), Triptyque de la Crucifixion, panneau central, vers 1500, sapin La réalisation d un fond d or sera expliquée aux lycéennes et lycéens dans ce chapitre consacré aux techniques employées par les artistes du Moyen Âge. L emploi du fond d or largement répendu jusqu au XV e siècle, disparut progressivement avec l apparition du paysage dans les représentations, et finit par ne représenter que le ciel. Il serait intéressant que les élèves prennent eux-mêmes l initiative de comparer les panneaux dans le musée et de rechercher des œuvres traitant le même thème de manière différente. Les collégiens pourront également travailler sur ce thème, en partant de l exemple du retable à volets et à fond d or de Michael Haider, et en essayant de dégager les particularités d un fond doré. Ici aussi, une comparaison avec d autres retables de la collection pourra être utile. Ensuite, ils dessineront des motifs de fonds d or. 1 2 3 4 Technique de la peinture Mathis Neithart Gothar, dit Grünewald, Sainte Élisabeth, vers 1509/11, sapin : La technique de la grisaille est une particularité de la peinture médiévale. Au lieu de colorer ses personnages, l artiste se limitait à une peinture monochrome. La plupart du temps, cette peinture en grisaille, comme on l appelle, apparaît sur les faces externes des volets de retables où elle aurait imité puis remplacé les sculptures qui y figuraient auparavant. Une peinture qui se contente d utiliser quelques nuances d une même couleur doit être exécutée avec une parfaite technicité. Cela sera montré à partir de l exemple de Grünewald, considéré comme le maître de la grisaille. Cette technique peut être décrite en détail aux collégiens et aux lycéens à partir du panneau de Sainte Élisabeth. Mais l intention artistique de Grünewald dépasse de loin la simple imitation d une figure de pierre. La tâche des lycéens sera d explorer ce point. Collégiens et lycéens seront tous invités à s essayer dans l art de la représentation monochrome.
Au début du Moyen Âge, les peintres choisissaient pour le fond de leurs tableaux la couleur or. Cela permettait de bien détacher les personnages représentés du fond. C était aussi la couleur la plus précieuse, et elle pouvait servir à représenter le ciel, où les gens croyaient que Dieu habitait. Le fond en or était réalisé à l aide de feuilles d or extrêmement fines. Souvent, il était orné de ciselures imprimées grâce à des stylets métalliques ou à des tampons. À mesure que les artistes s intéressèrent davantage à leur environnement, ils se mirent également à peindre la nature, et le fond d or finit par ne représenter plus que le ciel. Ici, tu vois un retable à trois panneaux, dont celui du milieu représente la crucifixion du Christ. Regarde bien. Comment le peintre a-t-il représenté le fond? Trouves-tu, dans le musée, un tableau avec un fond différent? Dessine un modèle de fond d or.
Entre le IV e et le XV e siècle, dans les œuvres de l art chrétien, l or, le matériau le plus précieux connu à l époque, était employé pour peindre les fonds de tableaux. Symbolisant une sphère idéale, ces fonds créaient une impression plus grande encore de préciosité et de solennité. En outre, en raison de leur neutralité, toutes les couleurs se détachent bien sur de tels fonds. Le fond doré s obtenait par l application de feuilles d or extrêmement fines et souvent ornées de ciselures (estampées). Les motifs y étaient imprimés à l aide de stylets métalliques ou de tampons. Ainsi retrouve-t-on toujours les mêmes dessins de fleurs ou de feuilles. Vers la fin du Moyen Âge, le fond d or fut progressivement remplacé par des représentations de paysages de plus en plus réalistes. Cependant, la couleur or demeura encore souvent réservée à la représentation du Ciel. Au Moyen Âge, on ne peignait pas à l huile, mais a tempera. Le mot latin «temperare» désigne le fait de mélanger des couleurs d origine naturelle et des liants. Les liants étaient des substances aqueuses, huileuses ou résineuses comme la gomme, l œuf ou la cire. La peinture a tempera sèche très vite, de sorte que l on ne peut obtenir des transitions douces qu à l aide de traits et de points. Les artistes du Moyen Âge fabriquaient leurs couleurs à partir de substances provenant de la terre, de plantes et d animaux. Les panneaux sur lesquels ils peignaient étaient en bois et devaient d abord être enduits d une préparation à base de carbonate de calcium (plâtre) ou de couleur avant d être peints. Regarde bien les œuvres exposées. Tu y trouveras le retable à trois volets de Michael Haider, dont le panneau central montre le Christ crucifié. Comment le peintre réalisa-t-il le fond? Comment sont représentés le paysage et le fond d or? Cherche dans la collection un exemple représentant le même thème mais réalisé avec un autre fond.
Dans la peinture médiévale, on représentait parfois les personnages de manière à faire croire qu ils étaient sculptés dans la pierre. De telles peintures étaient destinées aux faces extérieures des retables. Comme elles n étaient pas colorées mais généralement rendues en nuances de gris, on les appelle des «grisailles». L artiste Mathias Grünewald était un grand maître de la peinture en grisaille. Il utilisait des tons blancs, gris et noirs appliqués de manière à couvrir le fond, ou dilués pour que le fond clair transparaisse au travers. Les tons de gris reflétaient alors la teinte de fond du tableau! La représentation de sainte Élisabeth dans un arc en plein cintre est un exemple particulièrement éloquent de la peinture en grisaille de Grünewald. Contemple le tableau de plus près. Le personnage semble-t-il être sculpté dans la pierre? Vois-tu les endroits où le fond transparaît? À ton tour, dessine avec un crayon un personnage en grisaille. École primaire Collège
Dans la peinture médiévale, il existe une technique spécifique grâce à laquelle les personnages ne sont pas représentés dans des tons de couleurs variés mais d une seule couleur, de sorte à faire croire qu ils sont sculptés dans la pierre. On dit d une telle peinture qu elle est «monochrome» (une seule couleur) ou en grisaille. Ce type de peinture apparaît surtout sur les faces extérieures des volets de retables et donne alors l impression d être une sculpture de pierre. Il ne faut pas oublier que les autels étaient placés loin des fidèles et qu au Moyen Âge, personne ne pouvait les approcher d aussi près qu aujourd hui au musée. C est pourquoi on pouvait parfaitement croire que ces personnages étaient sculptés dans la pierre. est une technique très particulière, et rares étaient les artistes qui la maîtrisaient aussi bien que Mathias Grünewald, dont les grisailles étaient déjà très connues de son vivant. Il utilisait des tons blancs, gris et noirs qu il appliquait soit en technique couvrante, soit dilués sur le fond ocre clair, de façon à ce que celui-ci transparaissait et conférait aux nuances de gris une coloration différente, à peine perceptible. La représentation de sainte Élisabeth dans un décor architectural en forme de niche est un exemple particulièrement éloquent de la peinture en grisaille de Grünewald. Contemple le tableau de plus près. Grünewald a-t-il vraiment voulu faire croire qu il s agit d une statue de pierre? Cite les arguments qui te font adhérer à l idée que l artiste ait voulu faire croire qu il s agit d une statue de pierre, et les contre-arguments. Recherche dans cette peinture des parties où les tons de gris présentent de légers reflets colorés obtenus grâce au fond ocre. Essaie toi-même de dessiner en grisaille, en réalisant au crayon diverses nuances de gris.