Cours SDL - L3 - Université Paris 8 Septembre 2011
Table of Contents La querelle des universaux 1 La querelle des universaux 2 Retour à des considérations ontologiques Les significations existent-elles?
La querelle des universaux A quel genre de réalité correspondent les concepts généraux: humanité, animalité... bravitude (!) Platon : les genres et les espèces existent en eux-mêmes Aristote : Les choses ont une substance et une forme. Leur forme s obtient par généralisation, laquelle n est pas une Idée platonicienne mais une création de notre esprit. Ainsi, les genres et les espèces sont des créations pures de notre esprit et n existent que dans notre esprit.
Boèce La querelle des universaux Boèce (480-525) ayant abondamment commenté Aristote, fit la distinction entre deux courants philosophiques: les réalistes : les universaux (ce qui s obtient par généralisation et correspond aux concepts abstraits) existent et correspondent aux Idées platoniciennes. les conceptualistes : ce ne sont que des constructions de notre esprit, qui n ont aucune réalité extérieure à nous mais existent au sein de notre esprit. parmi eux: les néo-platoniciens comme Plotin (205-270) : dans "l esprit de Dieu".
Néo-platonicisme La querelle des universaux Porphyre de Tyr (234-305): élève de Plotin qui semble être le véritable initiateur de la querelle. dans Isagoge: Tout d abord, en ce qui concerne les genres et les espèces, la question est de savoir si ce sont des réalités subsistantes en elles-mêmes ou seulement de simples conceptions de l esprit, et, en admettant que ce soient des réalités substantielles, s ils sont corporels ou incorporels, si, enfin, ils sont séparés ou ne subsistent que dans les choses sensibles et d après elles.
La classification des genres et des espèces L arbre de Porphyre. faire une sorte d inventaire de ce qui existe, et pour cela, tout ramener à des définitions strictes comme dans une encyclopédie moderne (cf. U. Eco, 1988).
L arbre de Porphyre La querelle des universaux Porphyre identifie cinq prédicables ou façons dont une catégorie peut être prédiquée d un sujet: son genre, son espèce, son propre, sa différence, ou un accident Porphyre établit ces prédicables pour dix catégories, par exemple il existe un arbre pour les substances (qui permet d arriver jusqu à l homme), un arbre pour les qualités (permettant de définir par exemple les couleurs) etc.
Arbre de Porphyre - suite Substance Corporel Incorporel Vivant Non vivant Animal Non animal Homme
Arbre de porphyre La querelle des universaux
La querelle des universaux Guillaume d Ockham (1265-1347) seuls les concepts correspondant à des individus (concepts individuels) réfèrent à des choses existantes. Le reste n est que langage. Les universaux n existent donc tout simplement pas, même pas dans l esprit. il n y a donc d existant que des individus et le langage.
Le rasoir d Ockham La querelle des universaux entia non sunt multiplicanda prater necessitatem il ne faut jamais multiplier les êtres sans nécessité
Le nominalisme au XXe siècle W. V. O. Quine (1908-2000), N. Goodman (1906-1998) Exemple: Steps Towards a Constructive Nominalism, 1947 We do not believe in abstract entities. No one supposes that abstract entities - classes, relations, properties, etc. - exist in space-time; but we mean more than this. We renounce them altogether. [...] We may still write "x is a dog", or "x is between y and z"; for here "is a dog" and "is between... and" can be construed as syncategoremic: significant in context but naming nothng. But we cannot use variables that call for abstract objects as values. In "x is a dog" only concrete objects are appropriate values of the variable. In contrast, the variable in "x is a zoological species" calls for abstract objects as values (unless of course, we can somehow identify the various zoological species with certain concrete objects). Any system that countenances abstract entities we deem unsatisfactory as a final philosophy
Retour à des considérations ontologiques Les significations existent-elles? Le rasoir d Ockham et la barbe de Platon Platon: peut-on parler de ce qui n est pas? Pour parler de quelque chose, il faut que ça existe. conséquence : de Pégase vole on déduit que Pégase existe, mais aussi de Pégase n est pas! est-ce que le non-être... est? La position de Platon conduit à une prolifération d entités (contrairement à celle d Ockham).
Retour à des considérations ontologiques Les significations existent-elles? Le chevelu est-il un chauve avec une perruque? Des possibles inactualisés? mais... ils sont en nombre infini. Au travers de ma porte d entrée peuvent passer toute une foule de gens, un corpulent, un maigre, un petit, un chauve, un chevelu etc. Dois-je accorder l existence à tout ce monde? Comment dois-je faire pour, étant donné deux de ces possibles, déterminer si c est en réalité le même ou non. Le chevelu est peut-être le chauve qui a mis une perruque, mais comme ni l un ni l autre ne sont actualisés, je n ai aucun moyen de le savoir! je ne peux pas tirer les cheveux d un personnage imaginaire pour savoir s ils sont bien attachés à son crâne!
Le Roi de France est chauve Retour à des considérations ontologiques Les significations existent-elles? Russell.jpeg Bertrand Russell (philosophe et logicien anglais, 1872-1970) comment nous pouvons utiliser, de façon non dépourvue de signification, des noms apparents, sans pour autant supposer qu il y ait des entités prétendument nommés (Quine)
Les descriptions définies Retour à des considérations ontologiques Les significations existent-elles? Russell: en réalité, une phrase comme Le Roi de France est chauve signifie:! x RoiFrance(x) chauve(x) Elle ne présuppose donc pas l existence du Roi de France! On peut simplement dire... qu elle est fausse!
Rien ne pégase La querelle des universaux Retour à des considérations ontologiques Les significations existent-elles? Quine généralise: au lieu de Pégase n existe pas... rien ne pégase!
La signification n existe pas Retour à des considérations ontologiques Les significations existent-elles? Quine: on peut comprendre la neige est blanche sans faire de la blancheur une réalité autonome (une hypostase ). De même, on peut dire que telle ou telle phrase signifie quelque chose sans pour autant faire de sa signification une réalité autonome.