Eau Vive Basse-Normandie

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Transcription:

Eau Vive Basse-Normandie Capitalisation sur l engagement en coopération de 4 communes basnormandes avec 5 communes du canton de Kornaka au Niger Hélène de la Porte Avril 2014 L histoire vue de l extérieur Un contexte de transition entre deux programmes Depuis sa création en 2008, la principale activité d Eau Vive Basse-Normandie, antenne basnormande de l association Eau Vive, est la mise en œuvre, en lien avec la délégation d Eau Vive au Niger, du programme concerté de coopération décentralisée entre quatre communes basnormandes (Ifs, Colombelles, Mézidon-Canon et Castillon-en-Auge) et les cinq communes du canton de Kornaka au Niger. Le premier programme triennal de coopération (juin 2010-juin 2013) prévoyait la mise en place d une démarche de capitalisation, lancée en 2012. Le programme entrait alors dans sa dernière année et la réflexion sur l élaboration d un nouveau programme avait débuté. Il s agissait donc d un moment charnière, d autant que les communes bas-normandes devaient aussi s autonomiser dans leur coopération. Le Conseil Régional de Basse-Normandie, qui portait le premier programme et le soutenait fortement, avait en effet annoncé qu il se désengagerait et diminuerait son soutien. Dans ce contexte, les objectifs de la capitalisation étaient de : prendre du recul sur l expérience : faire le point sur les actions réalisées, identifier les bonnes pratiques et les axes à approfondir, pour alimenter la réflexion sur la poursuite du projet. valoriser l expérience, démontrer l intérêt de la démarche mise en place. partager l expérience, en tirer des enseignements, pour qu elle puisse profiter à d autres communes, en leur donnant envie de se lancer dans une démarche similaire. Capitaliser sur les points considérés comme innovants Le choix a été fait de centrer la capitalisation sur la démarche de mise en place du programme, en particulier sur deux aspects considérés comme innovants : La dimension intercommunale : cette coopération a la particularité d impliquer plusieurs collectivités d un même territoire, dans une dynamique collective, avec une volonté de travailler de concert plutôt que de manière bilatérale ; il s agissait donc de montrer en quoi cette organisation intercommunale est une richesse et un atout, mais aussi d identifier les difficultés et les contraintes ainsi que les modalités concrètes de travail en commun. Le partenariat de réciprocité : une des caractéristiques du programme réside aussi dans l accent mis sur la réciprocité et la concertation, pour favoriser des échanges plus équilibrés ; cette recherche de réciprocité a été très présente dans la démarche d élaboration du programme, avec un important travail de réflexion en amont et une véritable concertation 1

entre acteurs des deux territoires ; il s agissait donc d analyser plus précisément cette démarche afin de dégager des pistes et outils méthodologiques pour tendre à davantage de réciprocité dans la mise en place d un tel programme. Une démarche progressive, en plusieurs étapes Cette capitalisation étant une première expérience pour la plupart des acteurs concernés, le choix a été fait d en limiter l ampleur et de réaliser ce travail en interne. La place des acteurs nigériens et leur contribution au travail de capitalisation a fait l objet d une réflexion en amont. Il a finalement été décidé de réaliser une première étape centrée sur les acteurs bas-normands et de réaliser par la suite un travail similaire côté Niger, pour procéder enfin à une mise en commun et obtenir un regard croisé. A ce stade, seul le volet bas-normand de la capitalisation a été réalisé. Suite à l élaboration des termes de référence au premier semestre 2012, la méthode a principalement consisté à récolter les témoignages des acteurs bas-normands du programme, avec l appui d une grille d entretien. Cette étape s est déroulée au cours de l été 2012. Un travail d analyse a ensuite été réalisé par Eau Vive Basse-Normandie, en lien avec le comité de pilotage du programme, composé des représentants de chacune des communes bas-normands impliquées. Pour cela, un atelier spécifique a été organisé en octobre 2012, afin de produire une analyse collective des points forts, des difficultés et des principales leçons tirées. Le travail de rédaction, réalisé par la chargée de mission d Eau Vive Basse-Normandie, a dû être mis en suspens plusieurs mois, par manque de temps, la priorité étant alors de construire le nouveau programme triennal de coopération et d en rechercher les financements. La rédaction a repris à l été 2013, pour aboutir à une première version du document de capitalisation. S en sont suivis plusieurs allers-retours avec les membres du comité de pilotage, pour finaliser le document. Un premier produit de capitalisation Une réflexion sur les produits attendus à l issue de la capitalisation avait été réalisée en amont, avec les élus du comité de pilotage. Le choix a été fait de réaliser un document papier, mais sous un format «léger», facilement manipulable et consultable : un livret présentant les principaux enseignements de la capitalisation, en plusieurs rubriques : Pourquoi s engager en coopération? Les facteurs de la mobilisation des communes bas-normandes ; Comment s engager en coopération? Le processus de concertation pour l élaboration du programme ; Comment s engager en coopération? L organisation générale et interne aux communes ; S engager collectivement en coopération : les atouts et limites de la démarche intercommunale ; Quelle réciprocité? Les apports de la coopération pour les communes bas-normandes. Ce document est principalement destiné à un public d élus locaux : les élus des communes du programme, pour alimenter leur réflexion sur la poursuite de la coopération ; 2

des élus d autres collectivités intéressés pour mettre en place une démarche de coopération décentralisée. De manière plus secondaire, les destinataires de ce document sont également : Eau Vive Basse-Normandie et Eau Vive, qui peuvent en tirer des outils méthodologiques pour accompagner d autres collectivités dans leur démarche de coopération ; Les partenaires financiers, à qui il peut être remis en tant qu outil de valorisation et de communication ; Plus largement, les autres acteurs de la coopération et la solidarité internationale, que l expérience peut intéresser pour enrichir leurs pratiques. Les étapes à venir La prochaine étape consistera à diffuser et valoriser les résultats de la capitalisation, en s appuyant sur le document produit. Plusieurs types de diffusion sont prévus : En interne les acteurs concernés par le programme (notamment les nouveaux conseillers municipaux suite aux élections de mars 2014), les autres antennes locales d Eau Vive En externe, via les partenaires régionaux et nationaux. L organisation de rencontres d échange d expérience avec d autres collectivités est également envisagée, au cours desquelles ce travail de capitalisation pourra être valorisé. Par ailleurs, l enjeu sera désormais également de lancer le volet nigérien de la capitalisation, pour obtenir le regard croisé souhaité. 3

L histoire vue du côté de l animateur «Quand on s est lancé dans cette démarche de capitalisation avec les élus des communes basnormandes début 2012, nous n avions pas d expérience en la matière et nous ne savions pas comment nous y prendre. Nous avons commencé par nous documenter sur la question mais cela restait assez flou. Certains étaient découragés par l ampleur apparente de la tâche ; d autres y voyaient une «usine à gaz», sans retombées concrètes. C est à cette période que j ai eu connaissance de la formation-accompagnement mise en place par le F3E, à laquelle je me suis inscrite. C est vraiment arrivé au bon moment, en me donnant des outils pour animer la démarche avec les acteurs bas-normands et la rendre plus concrète. Les différents temps de la formation ont aussi constitué des étapes, qui m ont servi d échéances. Malheureusement, nous n avons pas réussi à maintenir cette dynamique dans la durée. Les entretiens et l atelier collectif ont été des moments mobilisateurs mais la dynamique est ensuite retombée rapidement quand j ai dû mettre la rédaction en suspens, faute de temps. J ai alors pris conscience des limites liées au fait de réaliser ce travail en interne, sans vraiment de moyens dédiés : cela passe facilement au second plan. Envisagé sur l année 2012, ce travail de capitalisation n a finalement abouti que fin 2013, un an plus tard. De manière générale, la rédaction a été une étape assez laborieuse : face à la masse de données récoltées et à la richesse des témoignages des acteurs, difficile de faire le tri et d en ressortir les points essentiels. Peut-être est-ce lié aussi au fait que malgré le travail préalable sur les termes de référence, nous n avions pas encore suffisamment cadré les objectifs et les résultats attendus. Ce que j ai le plus apprécié, c est la récole des témoignages des acteurs, et le fait de pouvoir être d une certaine manière leur porte-parole. L objectif était qu ils se retrouvent dans le document final, et de ce point de vue, je crois que c est une réussite. Ce n est d ailleurs souvent que quand ils ont eu la première version du document de capitalisation qu ils ont vraiment compris l intérêt et le sens de la démarche. C est une des raisons pour laquelle il me semble important que la capitalisation aboutisse à un «produit fini». C est plus valorisant et plus concret. J espère maintenant que nous saurons nous saisir des résultats de cette capitalisation, pour les partager et les faire vivre, et peut-être convaincre d autres «petites» communes de s engager dans ce type de coopération. J espère également que nous pourrons poursuivre ce travail de capitalisation, d abord au Niger, puis sur d autres thématiques, par exemple sur la coopération comme outil d animation du territoire, qui est un autre axe fort de nos actions.» 4

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