L'alimentation des seniors

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Transcription:

L'alimentation des seniors Et le bien vieillir Mercredi 27 novembre 2013

Relation à long-terme entre l alimentation globale et les performances cognitives : Résultats de l étude SU.VI.MAX Dr Monique Ferry Unité de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle

Contexte nutrition/cognition Littérature entre déclin cognitif et consommation alimentaire : résultats inconsistants Rôle bénéfique : poisson, oméga 3, légumes, vitamines du groupe B, consommation modérée d alcool, polyphénols, alimentation méditerranéenne Rôle néfaste : calories, viandes, acides gras saturés, apport énergétique élevé Nécessité de prendre en compte l alimentation globale : interaction, synergie, ampleur d effet individuel indétectable

L étude SU.VI.MAX : essai d intervention randomisé en «double aveugle» versus placebo Essai randomisé en double aveugle supplémentation en vitamines et minéraux à doses nutritionnelles versus placebo Durée 8 ans Effet sur l incidence de MCV, cancers + décès 12741 sujets Hommes : 45-60 ans Femmes : 35-60 ans Volet observationnel de 2002 à 2009 dans un sous-échantillon

Schémas des analyses Estimation du PNNS-GS 1994 1996 2001-2002 2007 2009 Enregistrements de 24 heures répétés (en moyenne 10 par individu sur 2 ans) Alimentation habituelle (variabilité journalière et saisonnière) 923 aliments 40 nutriments Performances cognitives

Performances cognitives Effet à long terme Bilan neuropsychologiques standardisés : tests sensibles sans effet plafond population jeune Régressions linéaires multivariées et ANCOVA Nombreux facteurs d ajustement

Adéquation aux recommandations nutritionnelles

Adéquation de consommation Fruits et légumes Féculents Féculents complets Lait et produits laitiers Viande, Œufs, Poisson Construction du PNNS-GS Poisson et produits de la mer Type de matière grasse Activité physique Modération de consommation Matières grasses ajoutées Sucres ajoutés Sel Alcool Boissons sucrées Score sur 15 points (13 composantes) Pénalité : points négatifs pour certains indicateurs : sel, produits sucrés Bonus : Fruits & Légumes, activité physique Pénalité sur l énergie : prise en compte de la surconsommation -Calcul du métabolisme de base (équations de Schofield) -Energie nécessaire (ER)= BMR X PAL -Si EI/ER>5% le score est pénalisé d autant Dans l étude SU.VI.MAX 1994-1996 : PNNS-GS - Hommes 7.54 ± 1.91 (range: 0.52-13.0) - Femmes 7.87 ± 1.86 (range: 0.81-13.5)

Bilan neuropsychologique Détermination de facteurs cognitifs par ACP Factor 1 Factor 2 TMT B -0.44-0.50 Empan direct 0.05 0.84 Empan indirect 0.13 0.84 Mémoire épisodique 0.75-0.07 Fluence sémantique 0.80 0.19 Fluence phonémique 0.69 0.30 60% de la variance SU.VI.MAX 1994-2009 N=2135

Profils neuropsychologiques et PNNS-GS Quartile 1 Quartile 2 Quartile 3 Quartile 4 P Beta* Mémoire verbale 48.81 ± 0.82 49.59 ± 0.83 50.48 ± 0.83 50.43 ± 0.85 0.003 0.41 (0.17 ; 0.64) Fonctionnement exécutif 49.46 ± 0.84 49.66 ± 0.85 49.90 ± 0.85 49.04 ± 0.86 0.60-0.09 (-0.33 ; 0.14) * PNNS-GS continue: Amélioration des performances en mémoire verbale (beta>0) pour 1 point de score PNNS Régression linéaire ajustée sur sexe, âge, éducation, apports énergétiques, nombre d enquêtes alimentaires, groupe d intervention, tabac, IMC, retraite, dépression, cohabitation, hypertension, diabètes et MCV Guide de lecture : un beta de l ordre de 0.45 correspond à la différence de performance entre deux personnes dont l âge diffère de 1 an (performance plus élevée chez le sujet le plus jeune)

Profils alimentaires

Extraction de profils alimentaires Analyse en composantes principales extraction de profils alimentaires (score individuel 34 groupes d aliments Prise en compte de l apport énergétique (ajustement sur l énergie) Les deux premiers patterns alimentaires représentent 12% de la variance initiale 1 er pattern Sain : fruit, céréales complètes, produits laitiers frais, légumes, céréales pour petit déjeuner, thé, graisses végétales, noix, poisson (négativement corrélé à la charcuterie, viande et volaille, graisses animales) 2 nd pattern Traditionnel : légumes, graisses végétales, viandes et volailles (négativement corrélé aux sucreries, chocolat, gâteux et pâtisseries, viennoiseries, pizza, desserts, soda)

Relation profil Sain et fonctions cognitives Pattern Sain Quartile 1 Quartile 2 Quartile 3 Quartile 4 P Mémoire verbale 49.1 ± 0.7 49.5 ± 0.7 50.6 ± 0.7 50.3 ± 0.7 0.01 Fonctionnement 49.3 ± 0.7 49.6 ± 0.7 50.6 ± 0.7 49.8 ± 0.7 0.13 exécutif Moyennes de score cognitifs ajustées sur âge, sexe, délai de suivi, groupe d intervention durant l essai, éducation, apport énergétique, nombre d enquêtes alimentaires, activité physique Alcool, tabac, troubles de la mémoire rapportés à l inclusion, diabètes à l inclusion, hypertension à l inclusion, histoire de maladies cardiovasculaires, troubles dépressifs, statut ménopausique à l inclusion et prise de THM (pour les femmes)

Apport énergétique bas : <2,490 kcal pour les hommes, <1,810 kcal pour les femmes Apport énergétique élevé : 2,490 kcal pour les hommes, 1,810 kcal pour les femmes Relation profil Sain et mémoire verbale selon l apport énergétique Pattern Sain Quartile 1 Quartile 2 Quartile 3 Quartile 4 P Apport énergétique bas 49.1 ± 0.9 49.0 ± 0.9 50.2 ± 0.9 50.9 ± 1.0 0.01 Apport énergétique 49.1 ± 1.0 50.1 ± 1.1 50.9 ± 1.1 49.7 ± 1.0 0.28 élevé P d interaction pattern Sain X apport énergétique sur la mémoire verbale = 0,04 Moyennes de score cognitifs ajustées sur âge, sexe, délai de suivi, groupe d intervention durant l essai, éducation, nombre d enquêtes alimentaires, activité physique Alcool, tabac, troubles de la mémoire rapportés à l inclusion, diabètes à l inclusion, hypertension à l inclusion, histoire de maladies cardiovasculaires, troubles dépressifs, statut ménopausique à l inclusion et hormono-thérapie (pour les femmes)

Relation profil Traditionnel et fonctions cognitives Pattern Traditionnel Quartile 1 Quartile 2 Quartile 3 Quartile 4 P Mémoire verbale 50.2 ± 0.7 49.8 ± 0.7 49.6 ± 0.8 49.7 ± 0.7 0.32 Fonctionnement 49.9 ± 0.7 49.5 ± 0.7 49.7 ± 0.7 50.1 ± 0.7 0.60 exécutif Moyennes de score cognitifs ajustées sur âge, sexe, délai de suivi, groupe d intervention durant l essai, éducation, apport énergétique, nombre d enquêtes alimentaires, activité physique Alcool, tabac, troubles de la mémoire rapportés à l inclusion, diabètes à l inclusion, hypertension à l inclusion, histoire de maladies cardiovasculaires, troubles dépressifs, statut ménopausique à l inclusion et prise de THM (pour les femmes) Pas de relation

Alimentation méditerranéenne

Score Méditerranéen Trichopoulou, 1995 Score : (comparaison à la médiane) sur 9 points Favorable : (1 point si conso médiane) Légumes (1) Légumes secs (1) Fruits et noix (1) Poisson (1) Céréales (1) Ratio (PUFA+MUFA)/SFA (1) Défavorable : (1 point si conso < médiane) Produit s laitiers (0) Viandes (0) Éthanol Hommes : (1) 10 à 50 g /jour Femmes : (1) 5 à 25 g /jour Seuil sexe-spécifique par rapport à la médiane

Score cognitif composite* et alimentation méditerranéenne Adhérence basse Adhérence moyenne Adhérence haute P 2 Modèle 1-0.28 (-1.19-0.62) 0.70 (-0.09-1.50) 0.00 (ref) 0.20 Modèle 2-0.18 (-1.09-0.73) 0.58 (-0.21-1.37) 0.00 (ref) 0.27 * Définit comme la moyenne des scores standardisés pour les tests : empans directs et indirects, TMT B, fluences verbales phonémiques et sémantiques, mémoire épisodique Différence de moyennes (95% intervalle de confiance) au score cognitif composite (ANCOVA) Modèle 1 ajusté sur âge, sexe, délai de suivi, groupe d intervention durant l essai, éducation, nombre d enquêtes alimentaires Modèle 2 ajusté sur âge, sexe, délai de suivi, groupe d intervention durant l essai, éducation, nombre d enquêtes alimentaires, apport énergétique, IMC, CSP, tabac, activité physique, troubles de la mémoire à l inclusion, symptômes dépressifs, histoire de diabète/hypertension/mcv. Pas de relation

Conclusion La prise en compte de l alimentation globale devrait permettre d aboutir à des résultats plus cohérents entre les études Spécificités culturelles réplication selon pays Message de santé publique plus compréhensible par le grand public Rôle des recommandations établies Rôle sur le déclin.su.vi.max 3