1[ DES DÉCHETS ENVAHISSANTS 1. ON EN JETTE, DES CHOSES! Derrière le mot déchet Le trognon de pomme, la voiture en bout de course, ou le journal de la veille. Il est temps aujourd hui d apprendre à reconnaître les déchets, à les déposer au bon endroit afin que ceux qui peuvent être valorisés le soient. Les déchets ménagers et assimilés ont doublé en France au cours des quarante dernières années. La France produit à présent plus de 24 millions de tonnes par an. > les ordures ménagères (produites par les ménages dans leur fonctionnement quotidien ), > les encombrants ménagers (produits par les ménages mais de façon plus aléatoire ), > les déchets assimilés (produits par les commerces, les entreprises, les services et administrations, mais collectés par les services municipaux ), > les déchets de nettoyage des villes Les ordures s accumulent Comme hier, ces déchets dégradent aujourd hui l environnement, mais nous sommes maintenant conscients des nuisances et devons les limiter au maximum. C est pourquoi il est nécessaire d agir pour limiter cette dégradation. Pour limiter l impact sur l environnement, il faut donc traiter ces déchets, mais ce traitement, quel qu il soit, a un coût : le prix du service a été multiplié par deux en 10 ans!!! Il est passé de 150 à 230 euros la tonne en moyenne, soit un coût global de 8 milliards d euros au plan national. 2. LA SITUATION DANS L HÉRAULT Chaque Héraultais produit plus de 707 kilos de déchets ménagers et assimilés par an. Ce qui représente déjà un total de 828 000 tonnes par an. Mais le département accueille 10 000 nouveaux habitants chaque année. En prenant en compte cette croissance démographique, le volume des déchets pourrait atteindre le million de tonnes en 2015. Le territoire héraultais présente de plus une caractéristique qui rend le problème encore plus complexe : le tourisme. Le département compte en effet un million de sédentaires, mais il accueille un peu plus de 800 000 touristes chaque année. L afflux de population touristique nécessite des solutions spécifiques dans certaines communes pour deux mois de l année. Loin de chez nous : Malgré les solutions développées actuellement, le territoire de l Hérault n est pas en mesure de traiter l ensemble de ses déchets. Une situation dans laquelle se trouve la moitié des départements français. Une partie de ces déchets est donc envoyée chez nos voisins, hors des limites de l'hérault, dans des centres d enfouissement techniques ou incinérateurs d autres départements. Des kilomètres en trop La question du transport est fondamentale dans le coût du traitement. Si une collectivité décide d'exporter ses déchets à une centaine de km, le prix du traitement devient alors accessoire par rapport au prix du transport. Aujourd hui, un tiers du fret est consacré au transport des déchets. Or, le transport est le secteur où la quantité de CO2 et les émissions de gaz à effet de serre augmentent le plus. Des enjeux prioritaires > la réduction de la production de déchets, > la diminution des exportations des déchets hors département, > ce qui passe par la création de nouveaux sites de traitement dans l Hérault. 4 DES DÉCHETS ENVAHISSANTS 5
La plage, les touristes, les déchets L arrivée massive des touristes en été change évidemment beaucoup de choses. C est particulièrement vrai pour la collecte des déchets. Sur la ville d Agde (Ville historique, les stations du Cap d Agde, du Grau d Agde et de la Tamarissière), le tonnage de verre collecté passe de 160 tonnes en février à 600 tonnes en août (+275%), les emballages ménagers de 21 tonnes à 72 tonnes (+242%). Mais la palme revient au tonnage de déchets non-recyclables, dont le tonnage passe de 699 tonnes à 2905 (+316%). Cela représente, au plus fort de la fréquentation estivale, une population de 100 000 habitants, contre 20 000 sédentaires en hiver. Pour faire face à ces volumes, la collectivité doit doubler son effectif et son parc de véhicules en faisant appel à du personnel saisonnier. 3. UNE LOI QUI RÉPARTIT LES RÔLES Que dit la loi? La loi de 1992 pose quatre grands principes : > Prévenir ou réduire la production et la nocivité de nos déchets, > Limiter leur transport en distance et en volume, > Les valoriser au maximum par le recyclage, le compostage ou la production d énergie, > Assurer l information du public. Qui fait quoi? > Le Département, depuis la loi de décentralisation de 2004, a la responsabilité du suivi du Plan départemental (voir ci-dessous) et éventuellement de sa révision. Il joue un rôle d animateur au sein de la commission, rassemblant tous les acteurs. > Les communes, ou leur regroupement, c est-à-dire les Agglomérations, les communautés de communes, ou des syndicats intercommunaux sont : chargés d organiser la collecte et le traitement des déchets responsables de la gestion des équipements et du choix des filières de traitement force de proposition, au même titre que les opérateurs privés, des sites d implantation. > L Etat délivre les autorisations d exploiter les installations après avoir pris l avis des habitants et des collectivités, dans le cadre d une enquête publique, et contrôle le fonctionnement des installations existantes. 4. LE PLAN DÉPARTEMENTAL D ÉLIMINATION DES DÉCHETS La loi instaure les plans départementaux d élimination des déchets ménagers et assimilés (PDEDMA). Chaque plan essaie d évaluer les quantités de déchets à traiter sur dix ans, pour ensuite envisager les solutions : quelles sont les unités de traitement existantes? Sont-elles suffisantes? Doiton en créer de nouvelles? De quel type? Le plan va plus loin, en fixant également pour son territoire les objectifs de recyclage, de valorisation ou d élimination. A partir de là, il définit les installations nécessaires pour atteindre ces objectifs. Un premier plan, conduit par l Etat, a été mis en place en 1996, révisé en 2002. Il fixe plusieurs grandes lignes qui s imposent aux collectivités. > un découpage du département en deux zones : Est et Ouest > des choix de filières différentes. avec ou sans incinération des objectifs de valorisation différents Dans tous les cas, le but est de produire moins de déchets! La commission de plan : Pour suivre le Plan, une commission réunit les acteurs de la gestion des déchets. Elle comprend donc des élus, les services de l Etat, des associations de protection de l environnement et de consommateurs et des professionnels. Son rôle est d évaluer la mise en œuvre du plan et éventuellement de le réviser. En 2005, le Département est devenu responsable de son animation. www.herault.pref.gouv.fr/grandsdossiers/dechets DES DÉCHETS ENVAHISSANTS 6 7
2[ CE QUE JE PEUX FAIRE L effort de tous! Il y a chaque année plus de déchets : nous en produisons plus et nous sommes plus nombreux année après année! Il n y a donc pas le choix : la maîtrise des déchets concerne tout le monde, les politiques, les acteurs économiques mais également les citoyens. Or, si l on regarde aujourd hui dans nos poubelles, on estime que 50% des matériaux pourraient être valorisés (verre, ferrailles, cartons, déchets verts, etc ). Aujourd hui, un Français dépose dans ses poubelles en moyenne 360 kilos de déchets par an (415 dans l Hérault), dont 70 sont valorisés. Ce qui laisse 290 kilos de déchets chaque année qui sont enfouis ou incinérés. Un des objectifs du Grenelle de l environnement est de réduire la production de 5 kg/an/habitant sur 5 ans. 1. J ACHÈTE DIFFÉREMMENT L augmentation des déchets n est pas due uniquement à l augmentation de population. Il y a aujourd hui plus de ménages, et des ménages plus petits. Or, deux ménages de deux personnes consomment plus qu un ménage de quatre! En outre, les Français passent aujourd hui moins de temps à cuisiner à partir de produits frais. Place aux barquettes, aux légumes pré-emballés, aux plats cuisinés, à l'eau en bouteilles. Dans d'autres secteurs que l'agroalimentaire, place également aux lingettes. Les fruits et produits frais préemballés ont progressé de 80% entre 1994 et 2000! Tous, nous pouvons faire quelques gestes simples pour limiter les déchets. Choisir ses produits : > Privilégier les produits comportant le moins d emballage ou de suremballage : les produits en vrac ou à la découpe (viande, fromage, poisson) plutôt qu en barquette (souvent en polystyrène, non recyclable actuellement), les grands conditionnements plutôt que des sachets individuels, > des produits fabriqués à partir de produits recyclés (c est le cas par exemple des sacs poubelles, de certains papiers ou vêtements), des produits rechargeables (savon liquide, etc), ou des produits qui ont un emballage recyclable. Aller faire les courses avec un sac La suppression des sacs plastiques à la caisse des grandes surfaces rentre petit à petit dans les habitudes. Place aux sacs réutilisables, aux paniers en raphia ou aux caisses pliables, vite rangées dans les coffres des voitures. Un geste simple, important pour notre environnement. Quelques logos intéressants : Produit recyclable ou recyclé Point vert éco-emballage Il signifie que le fabricant du produit a payé pour chaque emballage, une somme d argent à Éco-emballage. Cet organisme aide ensuite les communes à développer le tri sélectif et la valorisation des déchets. (Attention! Ne signifie pas que cet emballage est recyclable). Produit en aluminium : recyclable Produit réalisé à base de papier recyclé à 100% Logo indiquant la matière du produit. S il contient 1, 2 ou 3, c est que le produit est composé de plastique recyclable. 8 CE QUE JE PEUX FAIRE 9
2. JE TRIE PLUS FINEMENT La collecte sélective des biodéchets en immeuble, c est possible Les équipements mis à la disposition des usagers (variable d une commune à l autre) Le tri des déchets ou tri sélectif permet de séparer les déchets en fonction de leur composition. Il est effectué par les particuliers et les industriels, puis affiné dans des centres spécialisés. Le tri permet notamment de séparer les déchets recyclables des autres déchets et d orienter chaque type de déchet vers la valorisation la mieux adaptée. Je peux trier même si je suis en immeuble! C est toujours possible, même si les méthodes varient selon que l on habite à la campagne ou en ville, que l on possède une maison ou un appartement, etc Je peux également aller à la déchetterie, qui n'est pas ouverte 24h/24. Il en existe 90 dans le département. Vous en avez une à moins de 10 minutes de chez vous (ou 15km). On ne dispose évidemment pas de la même place ou des mêmes réflexes quand on habite une maison ou un immeuble. Et la collecte des déchets doit s adapter à ces façons de vivre différentes. Le Syndicat Centre Hérault a pris les choses en amont et a réfléchi au problème au moment de mettre en place la collecte sélective des biodéchets. Avec l aide des gestionnaires d immeubles, ils ont adapté les équipements : des bacs roulants si garage ou cour, des petits bacs pour les appartements et des bacs collectifs pour les grands immeubles, supérieurs à 25 logements. Chaque locataire a reçu dans son immeuble une communication adaptée portant les logos du gestionnaire et des collectivités. L objectif est de respecter au maximum le principe de l équipement en bacs individuels qui responsabilise chaque foyer sur le tri de ses déchets. A LA MAISON : je ne mélange pas les déchets recyclables et les autres et j utilise pour les différencier les moyens mis à disposition par la collectivité (exemple : bacs de couleurs différenciées). DANS MA COMMUNE, j apporte au point de collecte Bacs Composteur Sac orange > un bac spécifique pour les produits à recycler (plastique, boîtes de conserve, cartons, papiers/journaux) > parfois un bac ou un sac spécifiques pour les biodéchets ou un composteur > les déchets résiduels qui n ont pu être déposés dans les bacs spécifiques. > du verre (les bouteilles sans les bouchons!!!) > du papier (sans les films plastiques et sans les cartons) > des emballages (métal, carton, plastique, mais qui ne sont ni gras ni sales) Renseignez-vous auprès de votre mairie. Zgrot Zgrot : ah bon? Alors une décharge et une déchetterie, ce n est pas la même chose? Mais non! Une déchetterie, c est un endroit aménagé, ouvert aux particuliers pour le dépôt de certains de leurs déchets lorsqu ils sont triés. C est fait justement pour qu on arrête avec les décharges sauvages! Une déchetterie accueille notamment les matériaux qui ne peuvent être collectés par le ramassage classique. DANS MA COMMUNE OU UNE COMMUNE VOISINE, j apporte à la déchetterie RETOUR AU LIEU DE VENTE > des déchets volumineux > des déchets toxiques > des déchets verts > Quelques exemples : piles, pneus, électroménager, informatique, 10 CE QUE JE PEUX FAIRE 11
3. JE DONNE UNE SECONDE VIE À MES DÉCHETS Je réemploie Picasso avait montré la voie : plutôt que de jeter un vieux vélo rouillé, il en avait récupéré la selle et le guidon, qui astucieusement assemblés, se transformaient en une élégante tête de taureau! Depuis, les artistes qui ont choisi de travailler des matériaux usagés sont légions. Plus même, la récupération et le réemploi donnent lieu à de nombreux ateliers artistiques dans les écoles : travail à partir de bouchons de liège, de capsules, de vieux papiers, etc Je fais mon compost Pour ceux qui ont la chance d avoir un jardin, il est simple d utiliser un composteur individuel. Cet outil présente deux avantages : il permet de produire un bon amendement organique pour la fertilisation de son jardin, et il offre une plus grande liberté de tri. Qui plus est, c est un procédé simple qui permet de réduire le volume de déchets envoyés " ailleurs " sans que l on se soucie de leur devenir. Les composteurs peuvent être en bois ou en plastique recyclé. On peut se les procurer dans les jardineries, mais ils sont parfois donnés ou subventionnés par les collectivités. Renseignez-vous auprès de votre mairie. A titre indicatif, un composteur dans une jardinerie coûte entre 60 et 100 euros selon la capacité choisie (400 litres, 600 ou plus). " Avant le déchet " (Le vin bourru, Jean-Claude Carrière, éd. Plon, collection Terre Humaine, 2000) Jean-Claude Carrière est né en 1931 à Colombières. Il a raconté sa jeunesse dans un livre paru en 2000. " Rien ne se jetait. Toute boîte de conserve vide s emplissait de graines, ou de boutons, ou d appâts pour la pêche. Les cartons d emballage servaient à allumer le feu ou à protéger les jeunes pousses dans le jardin. Les bouteilles vides s échangeaient à l épicerie. ( ) Tout se gardait, tout pouvait servir. ( ) L idée même de jeter mais jeter quoi? et où?- eût semblé absurde. ( ) Tout au plus brûlait-on de temps à autre un vieil escabeau tout esquinté, une échelle aux barreaux pourris mais toujours pour faire cuire quelque chose, ou pour se chauffer. Les vêtements de travail servaient jusqu à l extrême limite de la résistance du tissu ( ) La matière plastique n existait pas encore. Tout était, comme nous disons maintenant, biodégradable ; et d abord nos excréments, matière relativement précieuse, que nous allions déposer de préférence dans les vignes en les recouvrant de terre avec une petite pelle, ou avec nos mains. ( ) L idée d un équipement renouvelable n était pas encore apparue, du moins dans ces campagnes-là. Un homme achetait un costume pour son mariage et ce costume durait toute la vie. S il grossissait, sa femme déplaçait les boutons". Le compost possible même en appartement! A Pézenas, on peut se munir d un lombricomposteur dans sa cuisine même si on est en appartement. L appareil se présente comme une grosse marmite à trois étages. On met ses biodéchets à l étage supérieur, qui seront ensuite " digérés " par les lombrics qui se trouvent à l étage d en-dessous. Quelques semaines plus tard, vous récupérez dans le tiroir du bas un compost qui peut aller enrichir vos plantes vertes! CE QUE JE PEUX FAIRE 12 13
4. JE SAIS OÙ JETER LES DÉCHETS SPÉCIAUX Les " déchets spéciaux " regroupent tous les produits qui présentent de manière générale un danger pour la santé et l environnement. De plus en plus, le tri s affine et des filières se mettent en place par les producteurs ou les distributeurs. > Les piles chez les revendeurs > Les emballages de produits phytosanitaires chez les distributeurs > Les peintures, solvants, huiles : dans certaines déchetterie (se renseigner auprès de sa collectivité) > Les ampoules basse consommation et les tubes néons également en déchetterie > Les pneus chez les revendeurs > Les batteries chez les revendeurs ou dans les déchetteries. Une fois collectés, les déchets recyclables sont acheminés vers des centres spécialisés où ils sont triés plus finement, conditionnés puis acheminés vers des filières de recyclage (verre, papier, acier, ). Les autres déchets suivent des filières de valorisation ou d'élimination spécifiques. Les déchets de soin, une collecte spécifique Certains déchets n ont pas leur place dans les poubelles des déchets ménagers à condition qu une autre solution existe. Jusqu à l an dernier, aucune solution n était proposée aux diabétiques qui utilisent pourtant des seringues à leur domicile. Celles-ci finissaient bien souvent dans les poubelles, avec parfois des conséquences, comme ces trieurs qui se sont piqués avec les seringues qui transperçaient les sacs poubelle. Pour trouver une solution, les diabétiques de l Hérault, le Département, le pays de Lunel et les pharmaciens ont pris contact avec une société spécialisée dans ce type de déchets. Désormais, le patient peut stocker ses déchets de soin dans une boîte conçue pour cela, puis les apporter tous les trois mois à son pharmacien, qui les confiera au collecteur. La société emporte ces déchets dans un incinérateur agréé. Lors de la première collecte à l automne 2007, quelque soixante kilos de déchets ont pu être collectés. Zgrot Je suis un artiste! Et quand j ai fini mon tableau, je jette le white spirit dans l évier! Eh bien non! Le white spirit, comme d autres produits ménagers, est un déchet dangereux. Certains sont corrosifs, d autres inflammables,d autres encore peuvent empoisonner l eau. En les jetant dans l évier, vous compliquez la tache des stations d épuration. Faites l effort de les emporter en déchetterie : ils seront alors dirigés dans un site adapté pour être détruits. 5. JE PRENDS MA PART DE CE QUI RESTE C est en effectuant tous ces gestes que l on contribue à maîtriser ses déchets. Mais maîtrise ne signifie pas disparition. Le problème de leur gestion finale demeure. Il restera toujours des déchets à traiter et à stocker. Quelles que soient les solutions retenues, les déchets entrent dans une filière de traitement, et les différents maillons de cette filière (usine de retraitement, centre de stockage) doivent bien être implantés quelque part. Pour des raisons citoyennes et environnementales, il est évidemment plus logique de traiter ces déchets près de leur lieu de production : les habitants gèrent ainsi l ensemble du problème, et les transports de déchets sont limités. Economiquement, c est également la meilleure solution : une tonne traitée sur place revient moins cher qu une tonne exportée (à traitement identique). Parfois, les habitants n ont pas vu leur cadre de vie bouleversé quand leur commune a intégré une partie du traitement. Ils n ont pas cédé à ce que les Anglosaxons appellent le phénomène " NIMBY ", not in my backyard : pas dans mon jardin! Trop d habitants sont tentés par cette solution de facilité qui vise à toujours trouver un site plus adapté chez le voisin. Incinérateur de Bessières L importance de la concertation A quelques 30 km de la place du Capitole de Toulouse se trouve la petite commune de Bessières, qui accueille l incinérateur traitant les déchets de 360 000 habitants répartis sur 160 communes, soit quelques 170 000 tonnes par an. M. Resseyguier, le maire de Bessières, se rappelle parfaitement les différentes étapes de ce projet : " Nous sommes en 1995 et le contexte n est pas le même qu aujourd hui. Le projet a évidement provoqué une levée de boucliers des associations et des habitants, mais pour des motifs qui n existent plus aujourd hui : à l époque, la loi n imposait pas aux industriels responsables d incinérateurs de traiter les dioxines et les furanes. Le combat des associations a principalement porté là-dessus. Finalement, elles ont eu gain de cause. L incinérateur de Bessières sera même le premier en France à prendre en compte le traitement des dioxines et furanes dès sa conception. Mieux encore, c est la première fois en France qu un industriel et une association signaient une charte sur le sujet. L usine fonctionne à partir de 2001. En tant que maire, j exige alors une concertation poussée. Une CLIS par an me semble totalement insuffisante. Nous tombons d accord avec l industriel sur une réunion par mois en mairie, avec les associations, les communes prises en compte dans le périmètre de l enquête publique, et l industriel. L échange porte sur le suivi des deux fours et des rejets dans l atmosphère et dans le Tarn. Depuis que cela fonctionne, nous avons observé quelques incidents de rejet, à chaque fois identifiés et analysés. Par ailleurs, on a mis en place un numéro indigo que la population peut utiliser jour et nuit si elle soupçonne un problème. Enfin, j ai obtenu que les élus puissent entrer sur le site à n importe quelle heure, et sans se faire annoncer ". 14 CE QUE JE PEUX FAIRE 15
3[ LES TECHNIQUES DE TRAITEMENT 1. UN SECTEUR ÉCONOMIQUE À PART ENTIÈRE Le secteur des déchets est devenu une véritable filière économique, qui emploie en France 82 000 personnes (source : Institut Français de l'environnement, 2005). Le tri a donc également des effets économiques non négligeables : 100 000 habitants trieurs créent trente emplois directs. Profession : ripeur Christophe Jambaqué est ripeur pour la communauté de communes Lirou-Canal du Midi. Le ripeur, c est celui qui est debout à l arrière de la benne et qui vide les poubelles dans le camion. Dans cette communauté de communes, la collecte concerne huit villages représentant 10 000 habitants. " Ce sont des villas en lotissement, équipées de containers individuels, explique Christophe Jambaqué, et des cœurs de village qui ont des containers collectifs ". La collecte se fait en deux temps : une première équipe (un chauffeur et deux ripeurs) travaille de 5 heures du matin à midi : " elle s occupe des cœurs de village, car notre passage dérange moins le matin". Une deuxième équipe prend la relève avec le même camion de midi à 19 heures. " On fait alors plutôt les lotissements, mais en changeant de parcours tous les jours, car nous ne ramassons les containers individuels que deux fois par semaine ". En fin de journée, le chauffeur vide sa benne à l UVOM de Béziers ou à Sérignan. Au total, le camion parcourt 120 km, un peu plus le lundi : " comme nous ne passons pas le week-end, les poubelles sont plus importantes le lundi". Depuis cinq ans, Christophe Jambaqué a pu analyser ce qu il voit tomber dans la benne : " On ne devrait ramasser que les ordures ménagères. Or, à mon avis, on trouve trop de choses qui devraient être ailleurs : en déchetterie, dans les composteurs, dans les containers papiers ou verre, etc. Il faut encore sensibiliser les gens car ils ne jouent pas tous le jeu ". Geneviève, agent de tri à Pézenas " Je fais partie d une équipe d une dizaine de personnes qui travaillent de 6 heures à 13 heures tous les jours. Une autre équipe prend le relais l après-midi. Nous trions les matériaux qui arrivent sur un tapis roulant. Ces matériaux proviennent des poubelles jaunes installées chez les particuliers. Les gens sont censés y mettre le carton, le papier, les briques alimentaires, l aluminium et l acier. Un camion ramasse tout cela et l apporte au centre de tri. Les matériaux passent alors sur le tapis roulant, et nous trions manuellement, matériau par matériau. En fait, il y a encore beaucoup d erreurs. On trouve des sachets en plastique, des vêtements, des déchets alimentaires. Et l été, le tri dans les foyers est encore moins bien fait. Une fois écarté ce qui n est pas recyclable, les différents matériaux séparés sont pressés et conditionnés en balles pour être expédiés dans des usines de recyclage. C est un travail parfois fatigant, mais on se sent utile. Grâce à ce tri, on préserve notre cadre de vie et, plus fondamentalement, la planète ". "je demande l'exonération de la taxe des ordures ménagères puisque je brûle mes déchets dans mon jardin!" Allons, allons, Zgrot, on ne peut pas faire n importe quoi : brûler des ordures dégage des gaz parfois toxiques et doit donc être fait dans des installations agréées pour cela. Il est donc formellement interdit de brûler ses ordures dans son jardin. Quant aux déchets verts, mieux vaut se renseigner également : pour éviter les incendies, cette pratique n est autorisée que certains jours. Renseigne-toi dans ta mairie. Comment calculer la facture? Deux systèmes existent : la redevance d enlèvement des ordures ménagères, la taxe d enlèvement des ordures ménagères. La taxe est basée sur le foncier bâti. Elle est indépendante de la production de déchets. Dans l Hérault aujourd hui, 95% de la population paie le service sous cette forme. La redevance a l avantage de lier le prix du service à la quantité de déchets produits. Mais le système se heurte à une difficulté : mesurer la quantité de déchets. Dans certains systèmes, on comptabilise le nombre de sorties de bacs par mois ; dans d autres, on pèse les poubelles. La redevance est donc un système plus complexe, mais qui essaie de responsabiliser les gens. Zgrot 16 LES TECHNIQUES DE TRAITEMENT 17
2. LES DIFFÉRENTES FILIÈRES DE TRAITEMENT Différentes solutions existent pour traiter les déchets, mais toutes partent aujourd hui du même principe : il faut au préalable trier les déchets pour recycler ou réemployer au maximum ce qui peut l être : le verre, le métal, le carton, les plastiques. Cette valorisation matière par matière va chaque année un peu plus loin. Ce n est qu ensuite que les différentes filières prennent le relais, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients. COMPOSTAGE Ce procédé vise à dégrader la matière organique en milieu aéré. Le compostage peut permettre de valoriser 50 à 80 kilos de déchets par an et par habitant > Type de déchets : biodéchets, déchets verts > Le plus : retour à la terre. Amélioration des sols. Procédé qui peut être facile à mettre en œuvre. Réduit la part des déchets à incinérer et à stocker. > Le moins : ne revalorise qu une partie des déchets. Nécessite des techniques complémentaires. INCINERATION Ce procédé vise à détruire les déchets par la combustion. Même si elle produit de l énergie, l incinération a pour effet de rejeter des gaz et produit des résidus toxiques, les cendres (moins de 5% en poids de ce qui a été brûlé), qu il faut ensuite enfouir. Elle ne représente que 15% dans l Hérault contre 45% en moyenne nationale. > Type de déchets : tous peuvent être incinérés. > Le plus : emprise foncière limitée, ce qui en fait un système adapté aux grandes concentrations de population. Valorisation énergétique. > Le moins : fortes contraintes réglementaires et techniques pour limiter les impacts sur l'environnement. METHANISATION Ce procédé vise à dégrader la matière organique en espace confiné. Le système admet la plupart des déchets organiques et a l avantage de produire deux sous-produits valorisables : du biogaz composé à 60% de méthane, valorisé ensuite sous forme de chaleur ou d'électricité ; et du compost. > Type de déchets : la plupart des déchets organiques > Le plus : production de biogaz et de compost ; réduit la part des déchets à incinérer ou à stocker > Le moins : ne revalorise que les déchets fermentescibles. Système peu adapté à des zones rurales peu peuplées. MALGRÉ TOUT, LES DÉCHETS DES DÉCHETS Quelle que soit la solution retenue, il reste toujours en fin de filière de la matière non valorisable à traiter : les déchets ultimes. Ces déchets, que l on tend chaque année à réduire au maximum, sont enfouis. L enfouissement dans un centre de stockage est soumis à quatre contraintes fortes : - un site approprié doté d une sécurité géologique naturelle, - des équipements (argile, matériel synthétique) pour obtenir une étanchéité totale, - la récupération et le traitement des liquides pollués, - la mise en place d un réseau de captage de biogaz pour pouvoir à la fois le traiter et le valoriser. Plus on trie, plus on valorise, et moins on a de déchets à enfouir. 18 19
3. PRÈS DE CHEZ NOUS Aspiran : quand 60 000 habitants produisent du compost La plateforme de compostage du Syndicat Centre Hérault fonctionne depuis 2003. Elle valorise les déchets fermentescibles produits par les 60 000 habitants du territoire. Deux catégories de déchets sont admises : les biodéchets (épluchures, restes de repas, essuie-tout, marc de café, petits déchets verts, ) collectés à la source et les déchets verts déposés en déchetterie. Ils sont transformés en compost de qualité selon un processus rigoureux (aération forcée, suivi de température, ) qui permet de maîtriser le phénomène naturel de décomposition. Un comité de concertation locale comprenant notamment des représentants des futurs utilisateurs a suivi les différentes phases du projet. Cet amendement, riche en humus et en éléments nutritifs pour les plantes, est très utile pour restaurer la fertilité des sols de notre région. Depuis 2006, il est certifié " utilisable en agriculture biologique ". Chaque année, les 1500 tonnes produites par Aspiran sont entièrement vendues localement aux professionnels et aux particuliers. Les habitants récupèrent ainsi un compost de qualité issu des biodéchets qu ils ont eux-mêmes triés. L utilisation du compost sur le territoire est un bon exemple de développement durable local. (Une visite mensuelle du site est organisée pour toutes les personnes intéressées.) L unité de méthanisation de Montpellier La Communauté d Agglomération de Montpellier a choisi en 2002 de traiter ses déchets ménagers par méthanisation. Ce procédé est déjà utilisé par une centaine de villes en Europe et devient en France une alternative à l incinération. L unité de Montpellier va traiter 203 000 tonnes par an : 170 000 tonnes de déchets résiduels et 33 000 tonnes de bio déchets (déchets de cuisine). La méthanisation est un procédé biologique de dégradation de la matière organique par des micro-organismes qui se déroule en absence d oxygène dans des " digesteurs " fermés. La matière est transformée en biogaz, majoritairement composé de méthane qui peut être converti en chaleur et en électricité. L installation ne produit aucune dispersion d odeurs et le site a été choisi pour limiter l impact des transports Les sous-produits de la méthanisation seront compostés. Les refus légers seront incinérés, les refus lourds enfouis en CSDU. Le site d Entraigues : tri, stockage, compostage A Entraigues, près d Avignon, Sita Sud possède et gère un pôle multifilières de traitement des déchets comportant plusieurs fonctions : le site accueille un centre de tri pour les déchets industriels banals, une plateforme de compostage pour les déchets verts et un bâtiment de compostage pour les boues de station d épuration. Ce site est dédié aux besoins du département du Vaucluse et notamment de l agglomération d Avignon ainsi que des communes voisines, explique Jérôme Martin, responsable du développement au sein de Sita Sud. Les installations emploient 32 personnes et traitent 120 000 tonnes par an. Elles sont situées à l écart des villages, au cœur d une zone industrielle. Six ans après sa création, le site d Entraigues est intégré dans le tissu économique local et la zone industrielle se développe de façon harmonieuse et compte désormais plusieurs centaines d emplois. Espira de l Agly, dans les Pyrénées-Orientales : une ancienne carrière recyclée Dans les Pyrénées-Orientales, les encombrants terminent leur parcours dans le centre de stockage de déchets ultimes d Espira de l Agly. Le site, implanté sur une ancienne carrière, est exploité par Veolia Propreté et peut recevoir 130 000 tonnes par an. Le projet n a pas suscité d opposition notoire. " L enquête publique s est plutôt bien passée, explique pour Veolia Propreté Alain Rogari, car notre projet représentait une solution concertée conforme au plan départemental et permettait en outre la fermeture de décharges qui posaient problème. La population a bien compris la différence entre une décharge non maîtrisée et un CSDU sous contrôle. " Le centre traite les encombrants ainsi que les déchets ultimes des ménages et des entreprises, secs et non fermentescibles. L exploitation se fait par casiers étanches et drainés hydrauliquement indépendants ; les effluents sont suivis par des instruments de mesures avant d être captés et traités. Une zone de réception " Grand Vent " permet de garantir la disponibilité du site dans des conditions météorologiques extrêmes. En conclusion, à chacun de se retrousser les manches! LES TECHNIQUES DE TRAITEMENT 20 21
4. RECYCLAGE ET RÉEMPLOI Le recyclage de ce qui a été trié, matière par matière, permet des économies. Un point sur les emballages : > Quand on recycle une tonne de vieux cartons, on obtient une tonne de cartons neufs. Si on n avait pas recyclé les vieux cartons, il aurait fallu 2,5 tonnes de bois (soit une vingtaine d arbres) pour fabriquer la même quantité de cartons neufs, avec un procédé qui consomme 100 fois plus d eau et trois fois plus d énergie (donc beaucoup plus polluant) > De même, une tonne de verre fabriqué à partir de verre recyclé permet d économiser 665 kg de sables et 25% d énergie. Version Emmaüs Le concept d Emmaüs s est généralisé aux ressourceries qui s implantent progressivement en région. Le recycleries ou ressourceries partent d un constat : beaucoup de choses sont jetées, alors qu elles pourraient encore servir, moyennant une petite remise à neuf. En pratiquant ce travail, ces structures remplissent trois objectifs : environnemental, en limitant ce qui est jeté, économique, en donnant du travail à des personnes (Emmaüs fait vivre une soixantaine de compagnons à Montpellier), et social, en remettant sur le marché des choses peu onéreuses permettant à certains de s équiper correctement. Un concept qui séduit aujourd hui tous les publics. > Une tonne de papier fabriqué à partir de papier recyclé permet d économiser 4 m 3 de bois, 298 m 3 d eau et 4800 kw/h d électricité. > Une tonne de métal fabriqué à partir de métal recyclé permet d économiser une tonne de minerai et 50% d énergie. > Trois bouteilles en plastique : une écharpe polaire. 27 bouteilles en plastique : une veste polaire. Une tonne de plastique fabriqué à partir de plastique recyclé permet d éviter l extraction et le transport de 800 kg de pétrole. Dans les bureaux aussi, Au quotidien, chacun remplit des poubelles chez lui mais également au bureau! Une société coopérative, la Feuille d Erable, y a réfléchi et propose aux entreprises de passer dans leurs locaux. " Nous avons commencé par collecter les cartons et plastiques dans des sites commerciaux ou industriels ", explique Jean-Pierre Guilbert qui gère la société dans le Centre Hérault. La Feuille d Erable collecte ainsi 20 à 25 tonnes de carton par mois. Et puis, à la demande de l Agglomération de Montpellier, elle a proposé ses services aux administrations, et, devant le succès, à des sociétés privées : " Nous en sommes à 15 tonnes de papiers de bureau ramassés chaque mois dans l Agglomération. Pour cela, nous avons distribué 8000 corbeilles! " De quoi faire vivre huit salariés, tout en amenant une plus-value sociale, environnementale et économique. Plastiques, cartons et papiers partent ensuite dans des filières de recyclage. 4[ LEXIQUE CET/CSDU/CSDND/ISDND : Ces sigles, qui ont beaucoup changé ces dernières années, désignent une même chose : le centre d enfouissement technique est devenu le centre de stockage des déchets ultimes pour s appeler maintenant Installation de stockage des déchets non dangereux. Il s agit des sites d enfouissement des déchets qui restent, à la fin de la filière de traitement, quelle que soit celle-ci. Décharge : site où l on déposait tout type de déchets. Interdit depuis 2002. Déchetterie : c est un espace clos et gardienné où les particuliers peuvent déposer certains de leurs déchets lorsqu ils ont été triés. La déchetterie prend en particulier tout ce qui ne peut être collecté par le ramassage traditionnel des ordures ménagères. Cela va des encombrants (vieux meubles, etc ) aux déchets verts, en passant par les déchets lourds (déchets de démolition, gravats) et certains déchets délicats : batteries, solvants, produits phytosanitaires, etc. Dans la mesure du possible, les déchets seront ensuite emportés vers des filières de valorisation. Déchets encombrants : il s agit de déchets non organiques (qui ne fermentent pas) produits par les ménages et trop volumineux pour être pris en charge par le ramassage traditionnel des ordures ménagères. Il peut s agir de choses très variées : meubles, matelas, déchets métalliques (vélos rouillés, etc), plaque de polystyrène, etc. Tous ces déchets doivent être apportés dans une déchetterie ou, si ce n est pas possible, faire l'objet d'une demande d'enlèvement auprès de votre mairie, par une entreprise ou une association spécialisée. Déchets ménagers spéciaux : cette catégorie inclut des produits pouvant être explosifs (aérosols), corrosifs (acides), nocifs (produits phytosanitaires), irritants ou inflammables. Bref, tout produit présentant un danger potentiel pour la santé ou l environnement. Tous ces produits doivent être apportés en déchetterie ou, pour certaines filières existantes, sur les points de vente (les piles, les huiles usagées). Ces déchets sont dits spéciaux car ils nécessitent un traitement adapté : ils seront dirigés vers des filières spécifiques pour être valorisés ou éliminés dans des centres de traitement autorisés. Déchets ultimes : déchets non revalorisables dans les conditions techniques et économiques du moment. Déchets organiques ou biodéchets : déchets alimentaires biologiquement dégradables et déchets de jardin (autrement appelés «déchets verts»). Dépôt sauvage : dépôt non autorisé. Couteux pour les collectivités et désastreux pour l environnement. Lixiviats : Lors de leur stockage et sous l action conjuguée de l eau de pluie et de la fermentation naturelle, les déchets produisent un jus, qui peut être chargé de polluants organiques, minéraux et métalliques. Ce jus, ou lixiviat, ne peut être rejeté directement dans le milieu naturel et doit être soigneusement collecté et traité. Recyclage : technique permettant de récupérer les déchets pour en faire de nouveaux produits, après passage par un process industriel. Réemploi : technique permettant de réutiliser le produit dans son utilisation de base, après avoir réalisé les réparations nécessaires. Torchère : installation de brûlage, à l atmosphère, de sous-produits gazeux. On trouve des torchères sur les plate-formes pétrolières mais également dans les sites traitant des déchets, pour le captage et la destruction du biogaz, plus généralement, des gaz issus de la méthanisation de centre d'enfouissement, station d'épuration ou autres procédés industriels. Valorisation : transformation de déchets en un sous-produit réutilisable. Plusieurs modes possibles : méthanisation, incinération, recyclage, compostage. 22 23