Chapitre 1 : Culture La Culture permet-elle d échapper à la barbarie? Introduction Y a-t-il une différence en le Barbare et le Civilisé? Questionnons-nous sur le rôle que tient la culture et sur ses effets. Nous éloigne-telle de la condition du Barbare? La culture a plusieurs sens : 1) L Agriculture (sens premier) => Travail de la terre pour obtenir un produit qui n existait pas avant. Cicéron (I av JC) emploi la métaphore de la culture pour caractériser le travail de l Homme sur lui-même pour développer ses facultés. 2) Cette métaphore se glissa dans le langage courant pour donner l expression de l Homme cultivé, l Homme qui a acquis des potentiels inexploités. Il s agit d une transformation de l être humain. 3) La Culture d un peuple, qui présente différentes manières d éduquer, de vivre et de penser suivant les régions du monde, représente le milieu dans lequel un individu vit et se développe, avec autrui. La culture sert donc à la survie (on ne survit donc pas seul). La présence de culture suggère un certain ordre social (ex : la morale) Mais la culture, en plus d assurer la survie, va engendrer des désirs. Les arts ou les savoirs (connaissances théoriques) qui ne sont pas mis au service de la survie sont des formes de culture. Ainsi, on peut définir le Barbare comme celui qui s enlise dans ses pulsions et non dans ses facultés de raisonnement, vivant indépendamment d une culture et renvoyant à l Animalité. On rappelle que pour le Grec, le Barbare est celui qui ne parle pas sa langue => Incompréhension du langage et donc renvoie dans la nature! I. La Culture, comme spécificité de notre Humanité. 1) La Culture comme matrice du développement de notre Humanité. (cf : Lucien Malson, Les enfants sauvages)
Problème du texte : Quelle est la spécificité de l Homme? (par rapport aux Animaux) Thèse et Argumentation : Il y a deux notions opposées : Culture et Nature. Chez Malson, ce qui fait la nature de l Homme, c est que c est un être culturel, dont les actes ne vont pas uniquement dépendre de ses instincts, mais également de son milieu et des facteurs inclus dans ce milieu. (Ex : le besoin : Animal => Réaction immédiate => Besoin comblé) L Animal suit son instinct (la Nature) (Ex : le besoin : Homme => Réflexion et Délai => Besoin comblé) L Homme est influencé par son milieu (la Culture) C est pourquoi Malson qualifie l Homme comme un «champs de possibles», à la naissance : l Homme est indéterminé. Ce qui fait la nature de l Homme, c est l acquisition d une culture. En s intéressant à des cas d enfants sauvages, Malson explique que l enfant dénué de toute culture agit comme un animal, n a pas conscience des règles de savoir vivre et qu il n est ni bon, ni mauvais. De plus, il est incapable de se développer en solitaire. Ceci confirme donc que l Homme a impérativement besoin de la culture pour obtenir son Humanité. Cf : Aristote (IV av JC) : «L Homme seul est soit un Dieu, soit une bête» Dieu => Référence à l être autosuffisant. Homme => Besoin des autres pour son développement. Malson dit que l Homme «nait prématurément» : => Premier développement dans la matrice maternelle jusqu à la naissance, puis second développement après la naissance dans la matrice culture pour l obtention de l Humanité. Chez l Homme, il y a donc une continuité dans le développement. Mais ce développement doit se faire par étapes, ordonnées logiquement aux moments les plus propices (Ex : le langage très tôt, car vecteur de la culture) Ainsi, la culture nous extirpe de la Barbarie, à condition d'associer cette notion à l animalité.
2) L éducation comme vecteur de la culture. (cf : Emmanuel Kant, Réflexion sur l éducation) Auteur allemand du siècle des Lumières (XVIII) ayant pour objectif de penser le progrès et la notion de liberté. On brise les illusions : augmentation des connaissances et régression de la superstition et des préjugés (/!\ sans condamnation de la religion /!\) Problème du texte : Quels sont les rôles que joue l éducation chez l Homme? Thèse et Argument : La culture est le milieu dans lequel va rencontrer autrui. Un ordre doit donc s établir, et ce grâce à l éducation transmise de génération en génération. Pour Kant, l éducation prodigue à l Humanité une triple libération. -Une libération intellectuelle : Faculté de l Homme à penser par lui-même et de ne pas suivre aveuglément la voie tracée par autrui. (Kant : «Sapere Aude» (Aie le courage de te servir de ton propre entendement) -Une libération politique : Progrès des institutions politiques. Contrôle du pouvoir. Intérioriser des règles entre les individus. -Une libération morale : Agir de manière désintéressée (non-soumis à nos penchants naturels). Définir le Bien et le Mal. L'éducation doit mettre sur la voie de la moralité (lien notamment entre l'habitude et l'éducation). Pour Kant, l éducation est le produit de deux éléments complémentaires : la Discipline et l Instruction (aussi appelée : la Culture, ici au sens de la culture d un peuple). Le Discipliné s oppose au Sauvage. Le Discipliné va se servir de la réflexion afin de ne pas perturber l ordre social, tandis que le Sauvage va directement se référencer à la violence, ce qui entrainera une perturbation dans les règles de la société. (Ex : Altercation en voiture => Discipliné = Constat, tandis que Sauvage = Violence) La Discipline permet donc d échapper à la sauvagerie et donc à l animalité. C est donc l élément négatif de l éducation (au sens où elle soustrait la sauvagerie à l Homme). La Discipline instaure des habitudes à l Homme, afin d orienter son
comportement et de freiner ses instincts violents. Elle impose des limites pour pouvoir vivre en communauté. Le Cultivé s oppose au Brut. C est celui qui va développer ses connaissances et ses facultés. C est donc l élément positif de l éducation. Il faut acquérir la capacité de penser par soi-même et de réfléchir, car le plus simple reste de suivre l opinion des autres (Mais autrui n est en aucun cas le maitre à penser). Pour se faire, il faut procéder en deux étapes. Une phase destructrice, où on prend conscience de son ignorance, et une phase de réflexion, pendant laquelle on cherche à combler cette ignorance. (Ex : la liberté de choix: Impression de liberté de choix qui n est qu illusoire, car orientée suivant de multiples facteurs) Penser par soi-même, c est penser avec autrui, afin d avancer dans sa réflexion. C est également être capable de soutenir un point de vue, de le remettre en cause sa pertinence, de le critiquer => Kant pense que pour être un Homme, on doit être éduqué à l Humanité. C est un idéal régulateur (qui règle le comportement) vers lequel on doit tous tendre. Ainsi, pour Kant, l éducation nous permet d échapper à l Animalité et à la violence, de nous libérer et de penser par nous-mêmes. Il laisse percevoir comment il hiérarchise les deux éléments de l éducation. Pour lui, la Discipline est la plus importante car irrattrapable avec le temps. C est un caractère irréversible, un manque de discipline entraine la chute de toute société. L Instruction est seconde (mais pas secondaire), puisqu elle peut se récupérer. 3) Le Mythe de Protagoras : la culture comme spécificité humaine et la naissance d un prégujé. (cf : Platon, Protagoras) Rappel : Platon a écrit Protagoras. Son maitre Socrate et Protagoras jouent les deux rôles principaux de cet œuvre. Le mythe auquel Protagoras se réfère est le mythe de Prométhée, mythe sur la création du monde. Protagoras est un sophiste : il enseigne la sagesse contre de l argent.
Problème du texte : La perception du Juste et de l Injuste est-elle innée ou acquise? Peut-on la transmettre? (Enjeu Politique : Qui contrôle la cité? => Celui ou ceux qui possèdent cette faculté de différenciation entre le juste et l'injuste) Thèse et Argumentation : Cette question installe une tension entre Socrate et Protagoras. Ce dernier a un point de vue démocratique sur la question ; la perception du Juste et de l Injuste est innée. Pour se justifier, il cite le mythe de Prométhée. => Au début de toutes choses, les êtres vivants sont indifférenciés. Deux frères, Epiméthée et Prométhée sont chargés de distribuer des qualités à chaque espèce vivante afin que chacune puisse survivre et vivre en harmonie. La Nature est ici harmonieuse (Ex : Prédateurs/Proies : Prédateur plus puissant donc lente croissance démographique ; Proies plus faible donc forte montée démographique) Mais l Homme a été oublié. L Homme est dénué de toutes caractéristiques de survie. Il est donc d emblé une exception dans la Nature => Rupture de l harmonie. Pour rétablir l harmonie, Prométhée va dérober le feu d Héphaïstos et l offrir à l Homme. Cette transgression de la part de Prométhée va doter l Homme du savoir technique. Le mythe souligne cette exception de provenance divine. La Technique va différencier l Homme de l Animal. La Technique est un moyen de gagner en efficacité dans la conception de quelque chose. -La Technique peut être corporelle (Ex : le sport : dressage du corps, exercice et prise d habitude) dissertation) -La Technique peut être intellectuelle (Ex : technique de La Technique fait aussi référence à l Outil. L Outil est le prolongement du corps qui permet de réaliser des actions efficaces, grâce à un gain de dextérité et de précision. /!\ Aristote s oppose à l'idée que l'homme soit naturellement faible et dénué de caractéristiques physiques particulières, car pour lui, le corps humain est fait pour manier la technique. Ici, la spécificité de l Homme réside dans ses mains (pouce opposable) => avec son corps, il peut utiliser la Technique /!\ On pourrait croire que la Technique est propre à l Homme, mais les singes peuvent également l utilisé. Seulement, pour briser une noix, le Singe prendra un
caillou d une certaine forme (produit de la nature), tandis que l Homme prendra un marteau (produit d une transformation de la nature). De plus, le marteau provient du travail d autrui et du monde. Ainsi, la Technique est bien une spécificité humaine. On peut même rajouter que l usage de l Outil est codé par la culture : l apprentissage est nécessaire pour s en servir. On notera que dans une société où une chose est simple à avoir (Ex : le feu), la technique pour la produire ou s en servir se perd. L espèce humaine est donc exceptionnelle dans son recours à la Technique. Pourtant le mythe ne s achève pas là. L Homme possède les arts, mais ne parvient toujours pas à vivre en communauté. Il lui manque le pilier de tout ordre social : le sentiment de l honneur et du droit, qui lui est offert par Hermès, sous l ordre de Zeus. Ainsi, pour le Grec, l Homme cultivé est celui qui échappe à l Animalité et à la Sauvagerie, sait articuler sa langue et utiliser la Technique. Ici, la culture est donc aussi synonyme de langage, mais cette conception restreint grandement l Humanité. (Ex : le Perse : Sait utiliser la Technique, échappe à la Sauvagerie et à l Animalité MAIS ne parle pas grec. Il ne possède pas le logos et est donc un animal) Pour éviter ce rejet de certains individus hors de l Humanité, il ne faut plus parler de LA culture, mais DES cultures. Pourtant, parfois, elles s opposent, donnant naissance à des conflits d où la naissance d un préjugé : la Barbare est celui qui est différent de nous. La culture risque alors d'être génératrice de Barbarie.