FORUM INTERNATIONAL DU DAKAR-AGRICOLE La fracture agricole mondiale : «Ouvrir des perspectives pour les espaces en développement» 4 et 5 février 2005 Rapport - ATELIER 2A Thème : Les modèles économiques et agricoles dominants qui justifient une libéralisation sans nuance des échanges agricoles ne sont-ils pas en grande partie responsables de la faillite des politiques de lutte contre la pauvreté dans le monde? Sur quelle base bâtir et promouvoir de nouveaux modèles? Quelles sont les inflexions à apporter, à court terme, aux régles de l OMC, pour prendre réellement en compte les intérêts des pays en développement, conformément aux objectifs assignés au cycle de Doha?
RAPPORT ATELIER 2A DAKAR-AGRICOLE Vendredi/05 février /2005 ********* I COMPOSITION DE L ATELIER - Président : M. CHARLES GORENS (Ancien ministre de la coopération du Luxembourg) M. JEAN FEYDER (Directeur de la coopération au développement du Luxembourg) - Rapporteurs : M. MOUSTAPHA Kassé (ASE) M. PACO SEREME (CORAF) - Participants : Voir la liste de présence II ORDRE DU JOUR L atelier était de charger d apporter ses contributions sur les points suivants : a. «The limits of trade liberalisation in agriculture and the search for an alternative framework to benefit countries of the south b. Sur quelles bases bâtir et promouvoir de nouveaux modèles agricoles: le recours aux «études d impact» d initiatives d entreprises c. Contributions de Michel Petit 2
III DEROULEMENT DES TRAVAUX La commission se réjouit de l organisation du Dakar Agricole sur un thème d une importance fondamentale; Elle se félicite de la présence de plusieurs Chefs d Etat africains, européens et latino-américain; Elle salue également le dialogue substantiel et très ouvert entre Représentants politiques et scientifiques, d organisations paysannes, d ONG, de groupements de la société civile et le secteur privé. Contributions : La commission a entendu les contributions suivantes : - La contribution de M. Daniel G. de la Torre Ugarte (Univ. Tenessee) a montré les limites de la libéralisation commerciale, en mettant l accent sur le fait que la suppression des subventions agricoles n est pas de nature à augmenter les prix agricoles. - Celle de M. Jean Paul Betbeze (Crédit Lyonnais), a fait état de la complexité du phénomène de la commercialisation des produits agricoles et des initiatives que développe la fondation FARM. Celle-ci réunit des représentants de plusieurs grandes entreprises et qui travaille en particulier sur le développement de la microfinance appuyée par le secteur bancaire. -M. Michel Petit s est opposé au libéralisme pur et dur tout en reconnaissant la réalité du développement des échanges agricoles. La suppression des subventions à l exportation devient une réalité. Celles des aides agricoles internes dans les pays du Nord lui paraissent politiquement impossibles. Un accès plus grand aux marchés du Nord doit néanmoins être obtenu. S agissant du poulet exporté au Sénégal, le gouvernement pourrait prendre des mesures appropriées sans risquer l opposition de l OMC (cette question a donné lieu à des discussions intenses). La lutte contre la pauvreté est d abord une responsabilité nationale et locale. La volonté politique des gouvernements est requise. De ces contributions et des débats qu elles ont suscités, on peut retenir principalement : Les médiocres résultats du modèle de libéralisation au niveau des agricultures africaines ; Les conséquences des politiques induites par ce modèle ; Les solutions alternatives.
3.1 Les médiocres résultats du modèle de libéralisation au niveau des agricultures africaines Les différentes interventions et analyses ont conduit à établir que les problèmes de l agriculture aux différents niveaux économique, politique, social et culturel n ont pas été réglés par les marchés La libéralisation qui avait pour objectifs : D accroître et de diversifier la production ; D augmenter le niveau des revenus réduisant ainsi la pauvreté ; D améliorer les exportations ; De satisfaire la démarche alimentaire des villes en expansion rapide ; D élargir le marché des biens industriels n a pas réussi à les atteindre malgré les multiples politiques agricoles appliquées depuis des décennies. En effet les débats ont fait ressortir les limites suivantes : Plus de 60 % d agriculteurs africains sont pauvres et accèdent difficilement aux services publics d éducation et de santé; les revenus sont dérisoires et se détériorent selon les fluctuations des marchés internationaux, les agriculteurs ne disposent d aucune base autonome leur permettant d améliorer leurs conditions de travail ; La productivité par hectare cultivé et par actif rural reste encore faible du fait du non accès des paysans aux facteurs modernes de production (crédits, engrais, semences.) et du fait de leur coût; La technologie intègre faiblement le monde rural qui ne peut bénéficier ainsi des progrès gigantesque de la science ; L absence de liens organiques entre la production, la transformation et la commercialisation ; Les relations sont faibles entre le monde du travail rural et la recherche scientifique et technologique ; La multiplication et l incohérence des institutions d intervention dans le monde rural. Tous ces éléments montrent que l agriculture n est pas encore le moteur du développement et de la croissance. 4
3.2 Les conséquences des politiques induites par ce modèle Les politiques induites par ce modèle de libéralisation n ont pas permis de : renverser les spécialisations régressives en faveur des produits d exportation destinés au marché mondial; développer les biens alimentaires pour assurer une souveraineté alimentaire indispensable; concurrencer favorablement sur le marché mondial; de contribuer à la formation des prix rémunérateurs. 3.3 Les solutions alternatives repenser les systèmes des politiques agraires; réhabiliter le paysan pour en faire un acteur où le principal acteur de la transformation du monde rural; exploiter toutes les opportunités qu offre les règles de l OMC nécessité d obtenir des prix rémunérateurs pour les producteurs; en conséquence nécessité de donner la priorité aux marchés régionaux et de les protéger; nécessité de former les acteurs aux négociations commerciales régionales et internationales; nécessité de poursuivre le processus engagé par le «Dakar agricole» par l organisation périodique de telle conférence; opportunité d y assurer une représentativité élargie de tous les acteurs impliqués (pays anglophones, OMC, commission européenne ). appui l organisation d un séminaire de haut niveau sur la problématique de la sécurité alimentaire et de la cohérence des politiques par la présidence Luxembourgeoise de l Union Européenne. 5