Le zona doit être pris en charge

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Transcription:

Conseil à une patiente souffrant d un zona Stéphane BERTHÉLÉMY Pharmacien Pharmacie de Cordouan, 24 avenue de la République, 17420 Saint-Palais-sur-Mer, France Le zona est une dermatose due au réveil du virus impliqué dans la varicelle. Il se manifeste par des éruptions cutanées qui apparaissent généralement sur le thorax, mais qu il est possible de retrouver sur le visage et le corps. Cette maladie bénigne peut être extrêmement douloureuse. Si le pharmacien est à même de conseiller et de soulager le patient, seul le médecin peut proposer une prise en charge adaptée. 2014 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés Mots clés - antiviral névralgie post-zostérienne varicelle vésicule virus varicelle-zona zona zona intercostal zona ophtalmique Advice for a patient suffering from shingles. Shingles is a skin disease caused by the re-activation of the virus responsible for chicken pox. It is manifested by a rash which usually appears on the chest but can also be found on the face and elsewhere on the body. This benign disease can be extremely painful. While the pharmacist can offer advice and relief for the patient, only the doctor can suggest suitable care management. 2014 Elsevier Masson SAS. All rights reserved Keywords - antiviral chicken pox intercostal herpes zoster herpes zoster ophthalmicus postherpetic neuralgia shingles varicella-zosta virus vesicle Le zona doit être pris en charge avec la plus grande attention. En effet, cette maladie bénigne dans la plupart des cas, peut toutefois devenir très invalidante en raison de la survenue possible de douleurs très intenses qui accompagnent les lésions ou y succèdent, et qui restent parfois bien difficiles à maîtriser, altérant la qualité de vie du patient. Expliquer brièvement la pathologie Le virus varicelle-zona (VZV, pour Varicella Zoster Virus) est un virus à ADN de la famille des Herpesviridae, responsable de la varicelle. Si celle-ci correspond à la primoinfection virale, le zona traduit la résurgence du virus suite à la réactivation de l infection latente dans les ganglions sensitifs annexés à la moelle épinière. fièvre à 38-38,5 C, frissons, céphalées et douleurs dans la région concernée. F Le stade éruptif, qui survient généralement 2 à 5 jours après, est caractérisé par une éruption cutanée érythémateuse, puis vésiculeuse, unilatérale, siégeant sur le trajet d une racine nerveuse. Environ 2 à 4 jours après l apparition des éruptions cutanées, les lésions se remplissent de liquide pour former des vésicules ou cloques (figure 1). Ces dernières sèchent et forment des croûtes environ 7 à 10 jours après leur apparition. La localisation unilatérale et l aspect vésiculeux sont caractéristiques, avec un groupement en bouquet, puis en bulles confluentes. L éruption peut être Adresse e-mail : sberthelemy17@wanadoo.fr (S. Berthélémy). L évolution F Le zona débute par différents signes annonciateurs appelés prodromes : picotements, démangeaisons, brûlures, malaise général, BSIP Figure 1. Zona intercostal au stade éruptif : les lésions se remplissent de liquide pour former des vésicules ou cloques. 44 2014 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés http://dx.doi.org/10.1016/j.actpha.2014.02.010

pratique suivi officinal F Avez-vous déjà contracté la varicelle? F Côtoyez-vous des personnes immunodéprimées ou une femme enceinte? F Ressentez-vous des douleurs et, si oui, avec quelle intensité et à quelle fréquence? F Quand avez-vous ressenti les premiers symptômes? accompagnée d une adénopathie dans le même territoire. F Les croûtes finissent par tomber et l évolution est favorable en moyenne en 2 à 4 semaines. Cependant, des séquelles cutanées (cicatrices ou dépigmentations) sont fréquentes. F Le patient est contagieux dès l apparition des premières vésicules, le virus se transmettant par contact direct avec le liquide qui est retrouvé dans ces dernières. Ce contact peut entraîner la survenue d une varicelle chez un individu non immunisé qui ne l aurait jamais contractée (en revanche, une varicelle ne déclenche jamais de zona chez un sujet en contact). Il est donc préférable qu un patient atteint de zona soit relativement isolé et ne rentre pas en contact avec des sujets souffrant d un déficit immunitaire ou avec une femme enceinte. Les différentes topographies F Zona des nerfs rachidiens : la réactivation du virus VZV a lieu le plus souvent dans les ganglions nerveux rachidiens. Le zona intercostal ou dorsolombaire, avec une éruption en demi-ceinture, reste la forme typique de la maladie, la plus répandue, représentant 50 % des cas. D autres localisations sont possibles, notamment cervicale, lombo-abdominale, sacrée ou lombosciatique. F Zona des nerfs crâniens : le zona ophtalmique, assez fréquent puisqu il représente 10 à 25 % des cas, est dû à l atteinte du nerf trijumeau. Il se manifeste par une éruption unilatérale autour de l œil et du front. Un examen ophtalmologique approfondi est alors indispensable et urgent car, en l absence de traitement antiviral, le zona ophtalmique s accompagne de complications oculaires dans 50 à 70 % des cas. Ces complications, en particulier une atteinte de la cornée, une kératite, une uvéite ou encore une névrite optique, sont beaucoup plus fréquentes après l âge de 50 ans et peuvent conduire à une cécité. F Zona otitique : secondaire à une atteinte du nerf facial, il se manifeste par des douleurs dans la région de l oreille, et peut entraîner des vertiges, des acouphènes, une diminution de l audition et/ou une paralysie faciale. années après la guérison cutanée. Elles résistent parfois aux antalgiques périphériques et centraux, notamment aux morphiniques. Décrire les facteurs de risque Plusieurs facteurs de risque prédisposent un individu à développer un F L immunodépression est le principal facteur de risque de réactivation du virus VZV. Les patients infectés par le virus de l immunodéficience humaine (VIH), porteur d une leucémie ou d un cancer, ou encore ayant reçu une greffe, sont susceptibles de développer un F La fréquence de l infection augmente avec l âge, en lien avec Les douleurs névralgiques Contrairement à la varicelle, qui est caractérisée par des démangeaisons, le zona génère des douleurs parfois invalidantes. F Les douleurs précèdent très fréquemment l éruption et sont également présentes pendant la phase éruptive. Les symptômes ressentis par le patient sont des brûlures, des décharges électriques et des sensations de coups de poignard. F Les névralgies post-zostériennes sont les principales complications du Elles sont d autant plus fréquentes que le sujet est âgé et que la douleur a été intense pendant la phase d éruption. Fourmillements, picotements, douleur au moindre frôlement, au toucher, au froid, et sensations à type de décharges électriques sont autant de symptômes décrits. Ces douleurs peuvent être permanentes ou surgir violemment, et perdurer pendant plusieurs semaines ou mois, voire BSIP/Phototake Le zona, les questions à poser au comptoir Le zona ophtalmique représente 10 à 25 % des cas de zona et nécessite un examen ophtalmologique approfondi. 45

La vaccination contre le zona est-elle envisagée? Zostavax est un vaccin vivant atténué administré par voie sous-cutanée et indiqué en prévention du zona et des douleurs post-zostériennes chez les sujets âgés de plus de 60 ans. Toute fois, le Conseil supérieur d hygiène publique de France (CSHPF) 1 n a pas recommandé, en l état actuel des connaissances, la vaccination large par ce vaccin. 1 CSHPF. Avis du Conseil supérieur d hygiène publique de France, section maladies transmissibles, relatif au vaccin contre le Séances du 22 septembre et du 5 décembre 2006. www.hcsp.fr/explore.cgi/a_mt_220906_ pdf le vieillissement du système immunitaire. Environ deux tiers des cas concernent les personnes âgées de plus de 50 ans et la moitié les plus de 60 ans. La maladie atteint sa fréquence maximale après l âge de 75 ans. F Le sexe est déterminant, la fréquence du zona étant plus élevée chez les femmes que chez les hommes. F Le stress émotionnel semble constituer un facteur déclenchant courant. F Certains médicaments, notamment les chimiothérapies anticancéreuses, les immunosuppresseurs et les corticoïdes, peuvent entraîner une réactivation du virus VZV et provoquer un Rappeler certaines règles d hygiène F Afin d éviter une surinfection des vésicules et d améliorer le confort, une bonne hygiène est indispensable : prendre des douches ou des bains de façon quotidienne ou biquotidienne, de courtes durées, avec un pain, un savon ou un liquide dermatologique (ne pas utiliser d eau chaude au niveau de l éruption cutanée car la chaleur peut accroître les démangeaisons) bien sécher les lésions appliquer, à raison d une ou deux fois par jour, un antiseptique (une solution aqueuse de chlorhexidine par exemple), afin de prévenir les surinfections cutanées ne pas utiliser de talc, de crème, de pommade et de gel qui pourraient favoriser une surinfection appliquer de la glace, des pansements humides, des compresses stériles froides ou un linge froid (2 fois par jour pendant 15 à 30 minutes), pour soulager transitoirement les symptômes bien se laver les mains à l eau savonneuse ou à l aide de gels hydroalcooliques après avoir effectué les soins protéger éventuellement les lésions du frottement des vêtements par des pansements ou des compresses éviter de gratter les lésions et de percer les vésicules (des ongles courts et propres limitent les lésions de grattage et les risques de surinfection) prévenir le stress en pratiquant, par exemple, la sophrologie, l hypnose et le yoga privilégier le repos, une alimentation saine et équilibrée, un exercice physique régulier et gérer son stress en prévention de la maladie. F À noter que l éviction des collectivités n est pas nécessaire. Expliquer les traitements prescrits Le traitement du zona vise principalement à soulager les symptômes inconfortables, voire douloureux, ainsi qu à réduire la durée de la maladie. Il doit être mis en place au plus tard 72 heures après la phase éruptive. Il est primordial de savoir dépister à l officine les premiers signes et symptômes du zona, et d amener le patient à consulter un médecin le plus rapidement possible pour, notamment, prévenir le développement d une névralgie post-zostérienne. Le traitement symptomatique antalgique Pendant la phase aiguë et chez le sujet sain, le traitement du zona est essentiellement symptomatique, basé sur l utilisation des antiseptiques et des antalgiques. Les antalgiques de palier II sont prescrits pour les douleurs modérées (paracétamol + codéine, paracétamol + tramadol ). Dans les algies post-zostériennes, le recours aux antalgiques opiacés ou à la morphine est envisageable, en fonction de la durée et de l intensité de la douleur. Le traitement antiviral Plus le traitement antiviral est instauré tôt, plus il est efficace. Les antiviraux par voie orale (aciclovir, Zovirax valaciclovir, Zelitrex famciclovir, Oravir ) réduisent la réplication virale, favorisent la guérison, atténuent la douleur et freinent la survenue des névralgies post- Ils sont indiqués chez les patients immunocompétents : âgés de plus de 50 ans, dans les 72 heures suivant le début de l apparition des premières lésions puisque ces patients présentent un risque accru de douleur associée au zona à long terme de tout âge présentant une atteinte ophtalmique, même si le traitement débute plus de 72 heures après l apparition des premières lésions une pommade ophtalmique à base d aciclovir peut être prescrite en complément âgés de moins de 50 ans présentant une douleur aiguë ou un syndrome prodromique sévère dans 46

les 72 heures suivant le début des premiers symptômes. La durée du traitement est de 7 jours. Les effets indésirables des antiviraux par voie orale sont rares, limités à des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements ). Leur prise doit donc se faire préférentiellement au moment des repas. Le valaciclovir peut être prescrit en prévention des algies post-zostériennes. Le traitement systémique par voie parentérale est, pour sa part, indiqué chez le patient immuno déprimé. En théorie, chez les patients âgés de moins de 50 ans, non immunodéprimés, atteints d un zona sans gravité particulière et sans atteinte ophtalmique, le risque de complications reste minime et les douleurs sont généralement peu intenses. Un traitement antiviral n est alors pas justifié, la prise en charge se limitant aux soins locaux et aux antalgiques. Les antihistaminiques La desloratadine (Aerius ), la loratadine (Clarityne ), la cétirizine (Virlix ), la lévocétirizine (Xyzaal ) ou encore l hydroxyzine (Atarax ) peuvent soulager les démangeaisons survenant lors des épisodes aigus du Les corticoïdes L utilisation des corticoïdes, administrés de façon exceptionnelle, reste controversée. Ils peuvent quelquefois être associés aux antiviraux afin de réduire la durée et l intensité des symptômes. Néanmoins, ils sont inutiles dans la prévention des douleurs post-zostériennes. Les antidépresseurs tricycliques Les antidépresseurs tricycliques comme l amitriptyline (Laroxyl ) peuvent être prescrits afin de limiter les douleurs névralgiques, ainsi que des antiépileptiques comme la carbamazépine (Tegretol ) ou la gabapentine (Neurontin ). Conseiller des traitements Le traitement du zona est uniquement du ressort du médecin. Toutefois, le pharmacien d officine peut intervenir dans le cas d un zona d éruption récente, localisé et non compliqué chez un patient immunocompétent, en lui apportant notamment les premiers conseils afin d éviter une surinfection et soulager le plus rapidement la douleur. Les soins locaux Dans un premier temps l application d un antiseptique incolore (pour ne pas masquer l évolution des lésions) de type chlorhexidine est recommandée. La douleur Les antalgiques de palier I comme le paracétamol ou les antalgiques de palier II à base de codéine (Codoliprane, Prontalgine ) peuvent apporter un premier soulagement dans l attente de la consultation médicale. Il est préférable d éviter les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et l aspirine, dont les effets indésirables, en cas de varicelle, sont bien connus (risque de syndrome de Reye). Le prurit Il est possible de calmer les démangeaisons en conseillant des antihistaminiques H 1 par voie orale comme la cétirizine (Zyrtecset, Humex allergie ) ou la loratadine (Doli allergie ). Les traitements alternatifs F Les traitements homéopathiques peuvent être efficaces dans les zonas récents, peu étendus, d autant plus qu ils sont pris tôt, dès le début de l éruption. Ils peuvent être conseillés chez les patients dont l état général n est pas altéré : une dose de Vaccinotoxinum 9 CH au tout début de l éruption, suivie, le lendemain, d une dose de Staphylococcinum 9 CH Arsenicum album 9 CH en cas de zona avec vésicules confluant avec brûlures Rhus toxicodendron 9 CH en cas de présence de vésicules avec brûlures et démangeaisons intenses, non améliorées par le grattage le liquide est clair citrin sur une base érythémateuse rouge Ranunculus bulbosus 9 CH en cas de vésicules bleuâtres, localisées principalement au niveau du thorax et autour des yeux, en cas de démangeaisons intenses aggravées par le toucher et le contact du vêtement Mezereum 9 CH en cas de vésicules avec liquide blanc, jaunâtre, épais, démangeaisons, puis apparition de croûtes une aggravation des symptômes par la chaleur et une amélioration par des applications d eau froide sont observées Cantharis 9 CH en cas de vésicules larges, cuisantes, brûlantes, aggravées par l eau et améliorées par le froid Hypericum perforatum 15 CH pour calmer les douleurs névralgiques intenses aggravées par le contact et les secousses. Ces différentes souches homéopathiques peuvent être prises à raison de 5 granules 3 à 4 fois par jour. F L échinacée peut, en complément, combattre l infection et renforcer les défenses immunitaires. F L acupuncture ou la neurostimulation transcutanée sont susceptibles d apporter, chez certains patients, un réel soulagement. F Des thérapies non médicamenteuses peuvent aider à réduire la douleur et à mieux l endurer comme la relaxation, la méditation, la thérapie cognitivo-comportementale ou le yoga. w Pour en savoir plus Bourcier T, Labetoulle M. Œil et herpès : zona ophtalmique. Réalités ophtalmologiques. 2013200:1-4. Collège national des enseignants de dermatologie. Infections à herpès virus de l enfant et de l adulte immunocompétents : varicelle et Campus de dermatologie de l Université médicale virtuelle francophone. Nantes 2010. http://umvf.univ-nantes.fr/ dermatologie/enseignement/ dermato_7/site/html/1.html Institut national de prévention et d éducation pour la santé. Vaccination contre le In: Guide des vaccinations. Saint-Denis: Institut national de prévention et d éducation pour la santé (Inpes) 2012. Karila L, Khosrotehrani K. Dermatologie. Bruxelles: De Boeck/Estem 2001. Déclaration d intérêts L auteur déclare ne pas avoir de confl it d intérêts en relation avec cet article. 47

ID Title Pages 2475630 Conseil à une patiente souffrant d un zona 4 http://fulltext.study/journal/2149 http://fulltext.study