PARTIE 1 La diversité des entreprises



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PARTIE 1 La diversité des entreprises

La diversité du tissu économique français Chapitre 1 La France compte 3 107 578 entreprises au 1 er janvier 2009 1, soit une entreprise pour vingt habitants. Si l on peut définir le terme entreprise, celui-ci recouvre une diversité importante liée à différentes caractéristiques telles la taille de l entreprise, son activité, sa structure, sa forme juridique... 1 Qu est-ce qu une entreprise? A L entreprise produit des biens et services Une entreprise est une unité économique, juridiquement autonome, organisée pour produire et commercialiser des biens ou des services pour d autres acteurs dans le but de réaliser des bénéfices. La production vendue peut être mesurée de deux façons : en volume : nombre d unités vendues ; en valeur : nombre d unités vendues prix de vente unitaire = chiffre d affaires. B À l aide de facteurs de production Pour produire, l entreprise utilise simultanément différents facteurs de production, c est-à-dire des éléments qui permettent la production. Deux grands types de facteurs de production sont nécessaires : le travail et le capital. Le capital comprend à la fois les ressources financières, le capital technique (ensemble des biens utilisés au cours de plusieurs cycles de production, comme les machines-outils, les bâtiments...) et le capital circulant (ensemble des biens détruits ou transformés au cours du processus de production, comme l énergie, les matières premières, les produits semi-finis...). L association du capital et du travail est appelée combinaison productive. Le rapport entre la quantité de capital et la quantité de travail utilisées s appelle l intensité capitalistique. Plus une 1. D après l Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE). L INSEE est une direction générale du ministère de l Économie, des Finances et de l'industrie. Il collecte, produit, analyse et diffuse des informations sur l économie et la société française.

G24 m a n a g e m e n t d e s entreprises combinaison utilise de capital par rapport au travail, plus l intensité capitalistique est élevée. Par exemple, la fabrication d automobiles requiert une intensité capitalistique élevée, tandis que la production d un restaurant se caractérise par une intensité capitalistique faible. Pour produire certains biens ou services, il est nécessaire d avoir simultanément du travail et du capital et d en avoir toujours dans la même proportion. Dans ce cas, les facteurs de production sont complémentaires. Par exemple, un coiffeur a toujours besoin d une paire de ciseaux. Pour augmenter sa production, le salon devra simultanément embaucher un coiffeur et acheter une deuxième paire de ciseaux. Par contre, dans certains cas il est possible de modifier la combinaison productive en remplaçant un facteur de production par un autre. Les facteurs de production sont dits substituables. Ainsi, la SNCF peut remplacer un guichetier par un guichet automatique. L entreprise choisit la combinaison productive qui permet de fabriquer des biens de la meilleure qualité possible et au coût le plus faible : elle cherche à améliorer sa productivité. La productivité est la comparaison entre une production et les moyens utilisés pour l atteindre. Une combinaison productive est d autant plus efficace qu elle permet d obtenir un grand résultat à partir de peu de ressources. L entreprise réalise des gains de productivité lorsqu elle produit autant avec moins de facteurs de production ou qu elle produit davantage avec autant de facteurs de production. C Dans un but lucratif L entreprise produit des biens et services marchands, c est-à-dire qu elle vend les biens et services produits sur un marché où se fixe un prix par confrontation des offres et des demandes. L objectif est de réaliser des bénéfices. Le bénéfice ou profit de l entreprise se calcule de la manière suivante : Bénéfice = chiffre d affaires ensemble des coûts de l entreprise Si une entreprise vend des biens et services dans un but lucratif, il existe d autres organisations qui, elles, ont un but non lucratif (associations et syndicats, notamment). À NOTER L'importance des associations en France La loi du 1 er juillet 1901 (article 1 er ) indique que «L association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices». Le nombre d associations en France est considérable : on compterait ainsi 1,1 million d associations en activité. 62 000 nouvelles associations ont été créées entre le 1 er septembre 2009 et le 31 août 2010 (soit plus de 180 par jour!). Le secteur associatif a également un poids économique important car il emploie 1,7 million de salariés (ce qui représente plus de 8 % de l emploi salarié en France). Les associations fonctionnent également avec 13 millions de bénévoles (d ailleurs 85 % des associations ne fonctionnent qu avec des bénévoles).

Chapitre 1 La diversité du tissu économique français G 25 Les associations ont principalement une activité sportive (24 % des associations), culturelle ou de loisir (22 %) ou encore d action sanitaire et sociale (16 % des associations). D L entreprise crée puis répartit les richesses produites Pour produire des biens et services, les entreprises utilisent des produits achetés auprès d autres entreprises (appelées consommations intermédiaires). Les entreprises créent de la richesse lorsqu elles ajoutent de la valeur aux biens et services achetés. Cette richesse créée s appelle la valeur ajoutée. Valeur ajoutée = chiffre d affaires consommations intermédiaires L entreprise répartit la richesse créée. La production n est possible que grâce à la contribution de divers acteurs économiques (salariés, propriétaires, État...). Il est donc normal que leur contribution soit rétribuée par une partie de la valeur ajoutée créée. Les bénéficiaires de la valeur ajoutée dégagée par l entreprise sont : Les salariés Les propriétaires de l entreprise Les créanciers de l entreprise L État L entreprise elle-même L entreprise leur verse un salaire. L entreprise leur verse une partie des bénéfices. Pour les sociétés anonymes et les sociétés en commandite par actions, il s agit de dividendes. L entreprise leur verse des intérêts. L entreprise lui verse des impôts, taxes et charges sociales. L entreprise garde une part des bénéfices qui lui serviront à financer de nouveaux investissements (autofinancement).

G26 m a n a g e m e n t d e s entreprises À NOTER L évolution du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits (source : Insee, comptes nationaux) 1969 1982 2009 Profits 29,9 % Salaires 70,2 % Profits 24,4 % Salaires 75,6 % Profits 31,0 % Salaires 69,0 % Sur le long terme, la part de la rémunération des salariés (salaires, primes, participation, intéressement et cotisations sociales) dans la valeur ajoutée des entreprises oscille aux alentours de 70 %. 2 L environnement de l entreprise L environnement d une entreprise peut être défini comme le contexte externe susceptible d avoir une influence sur son action. A Les composantes de l environnement de l entreprise L environnement est constitué de l ensemble des éléments caractérisant le milieu de vie de l entreprise. L environnement se décompose en : environnement démographique : structure de la population dans laquelle évolue l entreprise (sexe, âge, croissance démographique...) ; environnement social, à savoir : le taux de syndicalisation de la population, la situation de l emploi, le climat social... ; environnement économique : recouvre le taux de croissance du pays dans lequel évolue l entreprise, le niveau de concurrence, le niveau de consommation, de l inflation, des taux d intérêts... ; environnement technologique : concerne l état du progrès technique, de la recherche, de l innovation... ; environnement culturel : comprend les valeurs, les normes, les styles de vie de la société dans laquelle évolue l entreprise ; environnement politique et juridique, à savoir : les réglementations, la fiscalité, la situation politique du pays et sa stabilité... ; environnement écologique : recouvre les contraintes liées au respect de l environnement ; environnement international : concerne la situation politique internationale, les organisations internationales...

Chapitre 1 La diversité du tissu économique français G 27 Environnement économique Environnement technologique Environnement démographique Environnement social Entreprise Environnement culturel Environnement international Environnement écologique Environnement politique B L entreprise doit connaître son environnement Les entreprises doivent connaître leur environnement, car celui-ci a un impact sur leur activité. L entreprise doit donc surveiller, voire anticiper son environnement afin de mieux s y adapter. Pour cela, elle peut mettre en place une veille informationnelle, c est-à-dire un système d information apte à capter les évolutions de l environnement (voir Chapitre 17). Cette veille se décline dans les différentes composantes de l environnement : veille technologique (par exemple, la généralisation de l internet à haut débit favorise le développement des plates-formes de téléchargement légal, comme itunes, ce qui révolutionne l industrie du disque) ; veille juridique (par exemple, la loi Grenelle 2 qui prévoit un affichage environnemental sur les produits et services de grande consommation dès le 1 er juillet 2012 à titre expérimental va contraindre les entreprises à réaliser une analyse du cycle de vie de leur produit pour déterminer leur impact environnemental) ; veille sociétale (par exemple, le vieillissement de la population incite certaines entreprises à créer des produits à destination des seniors) C L entreprise et son environnement sont en interaction 1) L entreprise doit s adapter à son environnement Les différentes composantes de l environnement des entreprises évoluent : la concurrence se mondialise, la demande des consommateurs change rapidement, les technologies, les sciences progressent, les événements politiques et économiques s enchaînent et la réglementation se modifie.

G28 m a n a g e m e n t d e s entreprises Les entreprises se doivent d adapter leur stratégie en fonction de l évolution des composantes de l environnement. Elles identifient les menaces que les évolutions de l environnement font peser sur elles, mais également les opportunités qui peuvent en naître. Les entreprises ne peuvent pas rester passives face à ces évolutions. Exemple La firme familiale d imprimerie Jouve a su prendre le virage de la numérisation et ne réalise plus que 25 % de son chiffre d affaires dans l imprimerie traditionnelle. Elle se veut une entreprise high-tech, qui forte de ses 250 ingénieurs en R&D sur 2700 salariés, cultive les avancées technologiques. Dès les années 1990, l entreprise a pris le virage de l e-book. Jouve est devenu le leader mondial de la conversion numérique avec 90 000 e-books par an, essentiellement pour le compte d éditeurs américains. Jouve accompagne aussi Hachette dans la conversion des premiers ouvrages sur l ipad. Source : D après «Ces entreprises qui se réinventent», L entreprise, septembre 2010, n 292. Toutefois les entreprises ne font pas que subir leur environnement, elles peuvent également l influencer. 2) L entreprise a une influence sur l environnement Les entreprises peuvent chercher à façonner directement leur environnement, par exemple au travers de stratégies de lobbying, ou encore la participation à des consortiums pour définir les standards du futur. De plus, elles ont une action positive ou négative sur leur environnement de par leurs stratégies, l exercice de leur activité, leurs produits Par exemple, une entreprise par sa présence dans une zone géographique donnée a des influences positives sur l environnement : création d emplois, formation des salariés, diffusion de technologies... Lorsqu elle innove, l entreprise peut modifier ou créer des habitudes nouvelles de consommation (téléphonie mobile, restauration rapide, Internet...). Toutefois une entreprise peut également avoir des influences plus négatives sur son environnement : pollution, dégradation des paysages (conséquences négatives sur l environnement écologique), licenciements massifs (conséquences négatives sur l environnement économique et social)... 3 La caractérisation des entreprises Il est possible de classer les entreprises selon différents critères comme la taille, l activité ou encore la propriété. A Classement selon la taille des entreprises Deux critères de taille sont généralement retenus : l effectif et le chiffre d affaires.

Chapitre 1 La diversité du tissu économique français G 29 1) Classement selon le nombre de salariés Les entreprises peuvent être classées selon leur nombre de salariés : Petites et moyennes entreprises (PME) Titre Microentreprises Nombre de salariés Nombre d entreprises en France (en milliers) 0* 1 911 1 à 9 995 Petites entreprises 10 à 49 167 Moyennes entreprises 50 à 199 26 Grandes entreprises 200 et plus 7 * L entreprise n a aucun salarié. Seul l entrepreneur travaille dans l entreprise. Source : INSEE, novembre 2010 À NOTER Les créations d entreprise ont beaucoup augmenté en 2009 et 2010 du fait du nouveau régime d auto-entrepreneur. La quasi-totalité des auto-entrepreneurs ont créé leur entreprise sans salarié. Le tissu productif français se caractérise donc par une multitude de micro et de petites entreprises, par peu de moyennes entreprises et par une minorité de grandes entreprises. Ainsi, près de 61 % des entreprises n ont pas de salariés : ce sont les professions libérales, les petits agriculteurs, artisans et commerçants. 93 % des entreprises en France ont moins de 9 salariés. Par ailleurs, elles sont 0,24 % a avoir plus de 200 salariés, soit 7 355 entreprises en France. Toutefois, les grandes entreprises dégagent environ 50 % du chiffre d affaires, deux tiers des investissements français et emploient 40 % des salariés, d où leur prédominance dans le paysage économique et médiatique. Par ailleurs, de nombreuses PME sont dépendantes de grandes entreprises, via : des relations de donneurs d ordres à sous-traitants : la sous-traitance est un contrat par lequel une entreprise (appelée donneur d ordre) confie à une autre entreprise (le sous-traitant) une tâche à effectuer ou un produit à fabriquer ; des apports en capital : de nombreuses PME appartiennent à de grandes entreprises, en totalité ou en partie (une entreprise est une filiale lorsqu elle est détenue à plus de 50 % par une autre entreprise) ; des contrats de franchisage : un franchiseur met son enseigne, sa marque et son savoir-faire à la disposition d un commerçant (souvent une petite entreprise) contre le paiement d une redevance (ainsi de nombreux restaurants Mac Donalds sont des PME, sous contrat de franchise).

G30 m a n a g e m e n t d e s entreprises D après le classement de L Expansion, les plus grandes entreprises françaises en 2009 en termes d effectifs sont : 1. Carrefour avec 475 976 salariés 2. Sodexo avec 379 749 salariés 3. Veolia environnement avec 312 590 salariés 4. La Poste avec 287 174 salariés 5. Groupe Auchan avec 243 000 salariés 2) Classement selon le chiffre d affaires Les entreprises peuvent également être classées selon le montant de leurs ventes (chiffre d affaires). Ce critère est intéressant pour comparer des entreprises fabriquant des biens de nature différente. Ce classement permet également le calcul de la part de marché des entreprises, qui est la comparaison entre le chiffre d affaires d une entreprise par rapport au chiffre d affaires de l ensemble des entreprises présentes sur un marché donné. Exemple Part de marché de Renault en France = Ventes de Renault en France / Ventes totales de voitures en France D après L Expansion, les premières entreprises françaises en 2009 en termes de chiffre d affaires sont : 1. Total avec un chiffre d affaires de 131 milliards d euros 2. Carrefour avec un chiffre d affaires de 86 milliards d euros 3. GDF-Suez avec un chiffre d affaires de 80 milliards d euros 4. EDF avec un chiffre d affaires de 66 milliards d euros 5. PSA avec un chiffre d affaires de 48 milliards d euros À NOTER Il est également possible de classer les entreprises en fonction du montant de leur capital social, de leur valeur ajoutée ou de leur valorisation boursière. B Classement selon l activité des entreprises La fonction économique principale des entreprises est la production de biens et services. Dès lors, il apparaît naturel de classer les entreprises en fonction de leur type de production. 1) Classement selon les trois grands secteurs économiques Les entreprises sont regroupées en fonction du secteur économique auquel elles appartiennent. Dans les années 1940, l économiste australien Colin Clark a identifié trois grands secteurs économiques : le secteur primaire : englobe les entreprises qui produisent des matières premières (agriculture, pêche, sylviculture, activités minières, énergie...) ; le secteur secondaire : comprend les entreprises qui transforment des matières premières en biens de production ou en biens de consommation (industrie, bâtiment et travaux publics) ;

Chapitre 1 La diversité du tissu économique français G 31 le secteur tertiaire : réunit les entreprises qui produisent des services (commerces, banques, assurances...). En 1850, le secteur primaire regroupait la moitié des actifs. Actuellement, il n en occupe que 4 %. En 1850, 25 % des actifs travaillaient dans le secteur secondaire, 37,5 % en 1970 et 25 % de nouveau actuellement. Le tertiaire ne cesse de progresser : 22 % des emplois en 1850 contre 71 % de nos jours. Si le secteur tertiaire s est autant développé en France, c est notamment grâce aux gains de productivité qui ont été réalisés dans les secteurs primaires puis secondaires ou encore du fait de la délocalisation des industries de main-d œuvre. Ces éléments ont permis de dégager de la maind œuvre qui est venue alimenter l essor du secteur tertiaire. On parle de déversement. De plus, la demande croissante de services aux entreprises (externalisation des fonctions informatiques, comptables, communication...) et aux particuliers (développement des loisirs, vieillissement de la population, augmentation du travail féminin...), contribue à la tertiarisation de l économie. Toutefois, les secteurs secondaire et tertiaire sont fortement interdépendants, car les entreprises du secteur secondaire font largement appel à des entreprises de services (entretien, publicité, conseil, vente, maintenance informatique...). 2) Classement selon les secteurs de l INSEE Un secteur rassemble les entreprises ayant la même activité économique principale. La NAF (nomenclature d'activités française, révisée en 2008) est une liste couvrant l'ensemble des activités économiques. Chaque activité y est définie par un intitulé et repérée par un code. Par exemple, l activité «Culture de légumes, de melons, de racines et de tubercules» a pour code NAF 01.13Z. L INSEE propose cinq niveaux de classifications en fonction du degré de précision des différents secteurs d activités (ces niveaux s enchevêtrent entre eux) : un niveau 1 à 21 sections, un niveau 2 comprenant 88 divisions, un niveau 3 de 272 groupes, un niveau 4 de 615 classes et enfin un niveau 5 incluant 732 sous-classes. Exemple Une entreprise de transport aérien telle Air France appartient à : là la section H «Transports et entreposage» ; à la division 51 «Transports aériens» ; au groupe 51.1 «Transports aériens de passagers» ; à la classe 51.10 «Transports aériens de passagers» ; à la sous-classe 51.10Z «Transports aériens de passagers». 3) Classement selon les branches de l INSEE Une branche regroupe des unités élémentaires de production qui produisent le même produit. Les entreprises appartiennent à un seul secteur. Par contre, si elles fabriquent différentes catégories de produits, elles appartiendront à plusieurs branches.

G32 m a n a g e m e n t d e s entreprises Emploi par branches (en milliers de salariés) Branches 1999 2005 2009 Agriculture, sylviculture, pêche 982 897,7 792,9 Industries agricoles et alimentaires 563 560,3 550,6 Industries des biens de consommation 677 558,0 485,6 Industrie automobile 213 220,3 184,1 Industries des biens d équipement 787 723,5 706,4 Industries des biens intermédiaires 1 383 1 263,3 1 131,4 Énergie 204 197,3 196,0 Construction 1 405 1 612,4 1 787,4 Commerce 3 113 3 415,5 3 369,4 Transports 1 007 1 091,2 1 126,2 Activités financières 723 778,4 802,8 Activités immobilières 252 273,7 280,3 Services aux entreprises 3 464 4 006,8 4 137,1 Services aux particuliers 1 886 2 221,5 2 424,1 Éducation, santé, action sociale 4 576 4 814,8 5 112,8 Administration 2 463 2 480,9 2 473,8 Ensemble 23 697 25 115,6 25 560,7 Source : Insee, 2010 L emploi dans la branche de l industrie des biens de consommation décline fortement, du fait essentiellement des gains de productivité et de l externalisation des services induits (informatique, entretien, sécurité...). Par contre, les branches des services aux particuliers et des services aux entreprises se développent rapidement. 4) Classement selon les filières de l INSEE Une filière d activité regroupe l ensemble des entreprises qui interviennent dans la production d un bien ou d un service fini. L INSEE définit des filières comme la filière énergie, aéronautique, tourisme, santé, bois, agroalimentaire, communication, santé... Exemple La filière bois comprend l ensemble des entreprises qui sont présentes dans la production d objets en bois : la sylviculture et l exploitation forestière ;

Chapitre 1 La diversité du tissu économique français G 33 la fabrication de meubles ; le travail du bois et fabrication d articles en bois : sciage, rabotage et imprégnation du bois, fabrication de panneaux de bois, de charpentes et de menuiseries, d emballages en bois, d objets divers en bois, liège ou vannerie ; l industrie du papier et du carton ; la construction : travaux de charpente, menuiserie bois et matières plastiques ; le commerce de gros et intermédiaires du commerce : intermédiaires du commerce en bois et matériaux de construction, commerce de gros de bois et de produits dérivés. C Classement selon les propriétaires de l entreprise Il est possible de distinguer les entreprises du secteur privé, du secteur public ou encore du secteur coopératif. 1) Les entreprises privées Une entreprise privée est une entreprise qui est détenue et dirigée par d autres agents économiques que l État. Au sein des entreprises privées, deux catégories sont distinguées : les entreprises individuelles qui ne possèdent pas de personnalité juridique distincte de celle de la personne physique de l entrepreneur ; les entreprises sociétaires, nées de la conclusion d un contrat entre plusieurs associés dans le but d exercer une activité commerciale, qui ont une existence juridique propre, distincte de celle des associés (voir Chapitre 3). Exemple «En Bourse, les fleurons tricolores sont largement entre les mains d'investisseurs étrangers. Le poids de ces intervenants varie certes en fonction de la santé des marchés financiers. Par temps de défiance vis-à-vis des actions, les grands acteurs internationaux ont tendance à réduire leur exposition pour rapatrier chez eux leurs capitaux. Selon les derniers chiffres recensés par la Banque de France, ces actionnaires non français détenaient 42,3 % des entreprises du CAC en 2009, contre 40,2 % un an plus tôt. Soit l'équivalent d'un peu plus de 400 milliards d'euros de capitalisation boursière. Il est intéressant de noter que le secteur le plus prisé par les investisseurs étrangers est celui des technologies alors que le plus délaissé est celui des services aux collectivités. La société la plus «étrangère» est STMicroelectronics (il est vrai franco-italien) avec un taux de détention de capitaux internationaux de 86 % et la plus française, logiquement EDF (l'état en détient 84,5 %) avec 7,4 % seulement d'actionnaires non-résidents. Cela étant, le poids des investisseurs étrangers, monté jusqu'à 45,7 % en 2006, n'a jamais été au-delà de la barre symbolique des 50 %. Une proportion qui traduit assez bien l'internationalisation du chiffre d'affaires de ces fleurons mais aussi la globalisation des marchés

G34 m a n a g e m e n t d e s entreprises financiers, les investisseurs n'hésitant pas à traverser les frontières pour aller chercher le rendement.» Source : Les grandes sociétés du CAC 40 sont-elles bonnes ou mauvaises pour la France? La Tribune.fr - 22/01/2011. 2) Les entreprises publiques Une entreprise dont le capital est détenu en totalité ou de façon importante par l État est appelée entreprise publique. L État peut donc exercer une influence dominante sur les entreprises publiques. Les entreprises publiques classées selon leur activité principale en 2008 sont : Activité économique Nombre d entreprises Effectifs salariés (en milliers) Exemples d entreprises publiques Agriculture ns 10,0 Office National des Forêts Industrie 98 151,7 Imprimerie Nationale, CEA, EDF, GDF Construction 21 0,8 Tertiaire 724 630,7 SNCF, RATP, Aéroports de Paris, Ports autonomes, Banque de France La Poste, CNES, France Télévision, Opéra de Paris, Établissement français du sang Ensemble 867 793,2 Source : Insee, Répertoire des entreprises contrôlées majoritairement par l État. Fin 2008, l État contrôle majoritairement directement ou indirectement près de 870 entreprises françaises, qui représentent 793 200 salariés soit 3,5 % de l emploi salarié en France. Le nombre d entreprises publiques continue à baisser. Ce sont les nombreuses privatisations, c est-à-dire des ventes par l État au secteur privé de tout ou partie du capital d une entreprise publique, qui expliquent cette diminution. 3) Les entreprises du secteur coopératif Les entreprises du secteur coopératif sont des entreprises détenues par ceux qui en bénéficient. Elles ont un mode de décision démocratique (un homme = une voix : le pouvoir ne dépend pas des apports en capital) et rémunèrent les associés en fonction de leur activité (et non en fonction des capitaux apportés).

Chapitre 1 La diversité du tissu économique français G 35 Ce secteur, qui rompt avec la logique capitaliste, comprend : les Sociétés Coopératives Ouvrières de Production (SCOP) : ce sont des sociétés commerciales détenues en majorité par leurs salariés. Tandis que les sociétés capitalistes classiques cherchent à rémunérer au mieux les capitaux investis, les SCOP visent à développer l outil de travail et à assurer aux salariés leur emploi aux meilleures conditions possibles. En 2009, il existait 1 925 SCOP en France, salariant 40 424 personnes pour un chiffre d affaires de 3,9 milliards d euros 2. L entreprise Chèques Déjeuner est une des SCOP les plus importantes ; les coopératives de distribution : ce sont des entreprises possédées par leurs consommateurs (CAMIF, magasins Coop...). Ces coopératives ont été créées pour augmenter la puissance d achat des consommateurs et donc obtenir des prix plus bas ; les coopératives de commerçants : elles sont détenues par les commerçants avec pour missions de leur assurer des services (achats, publicités...). Système U et le groupement Leclerc sont des coopératives de commerçants ; les mutuelles de santé et d assurance : possédées par les assurés sociétaires, elles ont la même fonction que les compagnies d assurances c est-à-dire couvrir les risques. Mais les mutuelles partagent collectivement le risque sur une base solidaire et n ont pas un but lucratif (par exemple : la Macif, la Maaf, la Maif). Les mutuelles de santé et d assurance ont une place prépondérante : elles assurent un véhicule sur deux, protègent 36 millions de français et emploient 85000 salariés ; les banques mutualistes : elles sont détenues majoritairement par leurs clients sociétaires. Elles occupent une place très importante dans le secteur bancaire français (caisses locales du crédit agricole, crédit mutuel, crédit coopératif, banques populaires et caisses d épargnes) ; les Sociétés Coopératives Agricoles : elles regroupent des agriculteurs et «ont pour objet l utilisation en commun par des agriculteurs de tous moyens propres à faciliter ou à développer leur activité économique, à améliorer ou à accroître les résultats de cette activité» (loi du 27 juin 1972). Les coopératives agricoles ont un poids économique élevé ; d après Coop de France, leur chiffre d affaires global est évalué à plus de 82 milliards d euros pour l année 2010 (en incluant les filiales), ce qui représente 40 % du chiffre d affaires global de l industrie agroalimentaire française. Ces coopératives ont plus de 150 000 salariés. Trois quarts des agriculteurs adhèrent au moins à une coopérative. 2. Source : Scop entreprises, réseau des entrepreneurs coopératifs.

G36 m a n a g e m e n t d e s entreprises Les principales sociétés coopératives agricoles sont : Sociétés coopératives agricoles Marques principales CA 2004/2005 (en milliers d euros) In Vivo Gamm Vert, Semences de France 5 100 Sodiaal Yoplait, Candia, Riches Monts, Nactalia 4 000 Terrena Source : Coop de France. Paysan Breton, Gastronome, Soviba, Val d Ancenis 3 480