PROGRAMME «ACCUEIL & ACCOMPAGNEMENT DES PERSONNES ÂGÉES» Co-animé par Philippe Boccara et Emmanuel Rivière, TNS-Sofres 13h45 Accueil des participants 14h40 Mot d accueil Jean-Claude GAUDIN, sénateur-maire de Marseille 15h00 Ouverture François FILLON, premier ministre 15h30 Restitution de l enquête TNS Sofres Diffusion du film réalisé dans le cadre de l étude qualitative sur la perception de la dépendance auprès de groupes de paroles citoyens et présentation détaillée des résultats de cette étude. 15h40 Dialogue Experts - Citoyens Accueil et accompagnement des personnes âgées avec : - Evelyne RATTE, conseillère maître à la Cour des Comptes, modérateur du groupe de travail sur la dépendance «accueil et accompagnement des personnes âgées» - Marie-Odile DESANA, présidente de l association France Alzheimer - Pr. Sylvie LEGRAIN, gériatre à l hôpital Bretonneau à Paris - Pr. Réjean HÉBERT, professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université de Sherbrooke, Québec et conseiller scientifique de la Caisse nationale de solidarité pour l autonomie (CNSA), Paris - Jean-Claude PICAL, directeur du Centre Gérontologique Départemental de Marseille et président de la commission spécialisée pour les prises en charge et accompagnements médicosociaux au sein de la Conférence régionale de la santé et de l autonomie (CRSA) de la région Provence Alpes Côte d Azur - Pr. Bruno VELLAS, responsable du gérontopôle de Toulouse 17h00 Clôture Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre des solidarités et de la cohésion sociale Retrouvez en téléchargement sur le site dependance.gouv.fr les documents sur le débat " Accueil & accompagnement des personnes âgées " ainsi que toutes les informations sur le débat national (présentation, calendrier des manifestations, témoignages et contributions citoyennes, etc.)
les informations pratiques PALAIS DU PHARO INSCRIPTION Attention le nombre de places est limité. Les inscriptions sont obligatoires et se font exclusivement en ligne jusqu au mardi 7 juin 2011 à l adresse suivante : www.polynome.fr/dependance-marseille RENSEIGNEMENT Contactez le secrétariat de la manifestation au +33(0)1 70 15 44 72 ou par courriel : dependance-marseille@polynome.fr ADRESSE Palais du Pharo 58 Boulevard Charles Livon 13007 Marseille ACCÈS EN TAXI Environ 20 min depuis la gare Saint Charles. Tarif indicatif : 20 ACCÈS EN VOITURE Le Palais du Pharo est desservi par trois autoroutes : En provenance de Lyon et Aix en Provence : A7 puis A51 En provenance de Martigues, Fos sur mer et Aix en Provence : A55 Tunnel Prado Carénage direction Pharo/Les Catalans En provenance d Aubagne, Toulon et Nice : A51 puis tunnel Prado Carénage sortie Pharo Parking public Omniparc Epolia à 50m ACCÈS EN BUS Depuis la gare Saint Charles, prendre le métro ligne 1 jusqu à la station «Vieux-port» puis la ligne de bus N 83 jusqu à l arrêt «Le Pharo» Plus d information sur www.marseille-tourisme. com/fr/marseille-pratique/acces-et-transports
Note de synthèse de l étude qualitative Colloque interrégional de Marseille «Accueil et accompagnement des personnes âgées» 7 Juin 2011 TNS Sofres Emmanuel Rivière Laure Salvaing Clément Nicola Gwennaig Malpart Réf : 17RD05 TNS
Dans le cadre du Débat national sur la dépendance, le Ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale a mandaté TNS Sofres pour la réalisation d une étude qualitative sur la perception de la dépendance et de sa prise en charge en France. Pour cela, des réunions de groupe qualitatives sont organisées dans chacune des quatre grandes villes concernées par les débats interrégionaux (Nantes, Bordeaux, Strasbourg et Marseille), à chaque fois en amont de ces débats. Au total, ce sont 16 réunions de groupe (4 réunions par région de débat) qui se tiendront. La troisième session a eu lieu à Marseille les 13 et 14 mai 2011. TNS Sofres a mis en place, animé et analysé quatre réunions de groupes qualitatives. Chacune comptait une dizaine de participants habitant la ville et sa région et a duré environ 4 heures. Chaque groupe était constitué de manière homogène mais l ensemble des groupes reflète une grande diversité de situations : un groupe de jeunes âgés de 18 à 30 ans, hommes et femmes, étudiants et actifs un groupe d actifs âgés de 30 à 60 ans, de catégories professions libérales, cadres et professions intermédiaires un autre groupe d actifs âgés de 30 à 60 ans, de catégories employés et ouvriers et enfin un groupe de retraités âgés de plus de 60 ans. Cette méthodologie des réunions de groupe qualitatives a favorisé un discours libre en dépassant les attitudes de façade et les rationalisations et a également permis d aborder l ensemble des représentations liées à la dépendance. A la demande du Ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale, TNS Sofres a proposé à certains membres des quatre groupes d'être présents le jour de la réunion interrégionale afin de témoigner de leurs interrogations et de dialoguer avec différents experts qui travaillent spécifiquement sur les thèmes abordés. Cette participation, combinée aux questions de la salle, vise à permettre la confrontation de points de vue différents et à enrichir le débat de façon citoyenne. Quels besoins en matière d accompagnement des personnes âgées dépendantes et de leurs familles? Les personnes interrogées dans le cadre des réunions de groupe de Marseille font preuve d une très faible connaissance des démarches à effectuer au moment de la prise en charge d une personne âgée dépendante. Elles perçoivent surtout un éclatement des services et structures susceptibles d apporter des aides financières et matérielles ou de l information aux familles. Ainsi de nombreux organismes sont cités comme étant partie prenante du dispositif (CAF, Sécurité Sociale, Conseil général, Mairie, mutuelles, caisses de retraite) mais le rôle de chacun demeure extrêmement flou. Les personnes interrogées n ont donc pas de vision globale de l ensemble des structures et moyens disponibles pour la prise en charge de la dépendance. Les personnes qui ont été confrontées directement à ce problème ont constaté que les familles de personnes âgées sont insuffisamment accompagnées quand la dépendance se déclare. Accéder à une prise en charge s apparente à un véritable «parcours du combattant» fait de démarches contraignantes, chronophages, complexes et lentes. Elles évoquent plus précisément une grande difficulté à trouver le bon interlocuteur, des délais de prise en compte des demandes très Débat national sur la dépendance Bordeaux - TNS Mai 2011 Page 2 sur 5
longs pour des réponses souvent peu adaptées. Elles déplorent également l absence de suivi personnalisé des dossiers et un manque évident de coordination entre les différents services et structures. C est finalement un sentiment de solitude et de désarroi important qui prédomine, auquel vient s ajouter le caractère d urgence de la grande majorité de ces situations, et ceci dans le contexte particulièrement déstabilisant et anxiogène de l entrée en dépendance d un proche. «On peut devenir dépendant du jour au lendemain. C est très brutal et là on n a pas de solution. On sort de l hôpital et on se débrouille. C est la détresse, c est l inconnu, c est le désarroi. On ne sait pas comment son parent va devenir. Il se voit déjà inactif et il devient dépendant : c est une charge sur les enfants, sur la famille. Il est touché dans sa fierté.» Les familles se posent ensuite la question du choix de la prise en charge de la personne dépendante. L étape d évaluation de l offre d accueil est alors également vécue difficilement pour plusieurs raisons. Le choix apparaît contraint par des motifs que les personnes interrogées considèrent comme annexes : la question financière et la question de la disponibilité des places dans les structures. En revanche, l adéquation de la solution d accueil à la situation de la personne et la qualité de la prise en charge seraient reléguées au second plan. Cette question de la qualité de la prise en charge semble essentielle mais son évaluation est très délicate faute d indicateurs fiables. Ce problème semble d autant plus important que le secteur de la dépendance souffre d une image d opacité forte : les questions de la maltraitance et de la gestion financière des établissements spécialisés sont en effet largement présentes dans les esprits. L évaluation des établissements collectifs se fait donc de manière empirique (visites, discussions avec la direction et le personnel) tandis que l évaluation des services de maintien à domicile ne peut se faire qu a posteriori. «J ai visité plusieurs maisons de retraite : souvent il n y a qu une personne à l accueil qui n est pas forcément représentative du personnel soignant, on ne peut pas toujours visiter les chambres, on vous montre des photos mais c est difficile d avoir des informations. Rien n est organisé.» Quelle offre d accueil pour les personnes âgées dépendantes? Deux solutions sont spontanément repérées : les EHPAD (établissements d hébergement des personnes âgées dépendantes), plus généralement appelés maisons de retraite par les personnes interrogées, et le maintien à domicile. Les EHPAD sont très spontanément les structures d accueil les plus présentes à l esprit. Or ces établissements véhiculent une image globalement négative liée souvent à celle de «mouroir», de dernier lieu de vie des proches dépendants, à laquelle s ajoutent des cas médiatisés de maltraitance et par conséquent une certaine culpabilité de la part des familles. Ces établissements sont cependant reconnus comme une solution adaptée dans de nombreux cas et perçus comme apportant une certaine sécurité aux personnes âgées dépendantes qui présentent des troubles psychiques et moteurs importants. L accueil en maison de retraite peut également offrir plusieurs avantages : la fin de l isolement à domicile, la sociabilisation au travers d activités, une médicalisation rendue nécessaire par l état de dépendance, des services sur place tels que la coiffure par exemple, ou encore la prise en charge spécifique de la maladie d Alzheimer le cas échéant. Débat national sur la dépendance - Bordeaux - TNS Mai 2011 Page 3 sur 5
«Pour la famille, c est un apaisement car on sait que la personne est suivie, qu elle a des soins.» «Quand on n a pas d autre solution, c est la sécurité : la personne est prise en charge du matin au soir, elle vit dans un environnement de personnes de son âge. Elle a des activités, il y a tout : coiffure, esthétique...» Parallèlement, le maintien à domicile fait figure de solution la plus souhaitable, car il résulte le plus souvent d un choix volontaire de la personne âgée. Les avantages de ce mode d accueil sont nombreux : le maintien des habitudes pour la personne âgée et notamment les liens sociaux et amicaux jugés primordiaux, une solution moins culpabilisante pour la famille et un coût perçu comme moindre par rapport aux EHPAD. Cependant, les personnes interrogées pensent que ce mode de prise en charge est réservé aux personnes ayant conservé au moins leurs facultés mentales ainsi qu une certaine mobilité. Elles y voient aussi des limites : les risques de solitude, de perte de contacts avec l extérieur et surtout d accidents. Dans le cadre du maintien à domicile, l apport de la domotique est jugé intéressant : ce sont particulièrement les systèmes de télésurveillance qui rassurent les familles. Les détecteurs de fumée et les «monte-escaliers» électriques sont également cités et bénéficient d une bonne image. Les solutions d accueil intermédiaires sont spontanément repérées par une minorité des personnes interrogées mais bénéficient d a priori positifs. Ainsi, l accueil en hôpital de jour constitue une véritable alternative qui conjugue des avantages du maintien à domicile (conservation des habitudes, du cadre de vie) et de la prise en charge collective (sociabilisation, activités, médicalisation). Les personnes interrogées y voient toutefois un inconvénient majeur : une nécessaire forte implication des proches qui doivent organiser les différents déplacements. «C est une structure pour décharger la famille mais pas dans un hôpital. Ca permet de rester en société la journée. C est un troisième choix différent. Elle retrouve ses repères le soir, c est vivre normalement» Le «béguinage» (l accueil dans une habitation avec certains services en commun tels que la cuisine ou le ménage mais dans laquelle les personnes âgées dépendantes conservent une certaine autonomie) bénéficie également d un a priori favorable car il permet aux personnes âgées de conserver une certaine autonomie et des liens sociaux tout en bénéficiant de services spécialisés. Toutefois, son coût supposé très élevé rend cette perspective souvent inaccessible. Quel statut pour les aidants? Au-delà de l accompagnement des familles et des structures d accueil, reste la question délicate du statut des aidants. Ainsi, l aide et le soutien à apporter aux aidants des personnes âgées dépendantes font débat au sein de chacun des groupes. Pour une minorité de personnes interrogées, prendre en charge un proche dépendant constitue un véritable devoir qui doit «venir du cœur» et ne justifie donc pas de statut, de formation ou de rémunération. Une initiative dans ce sens leur paraîtrait donc injustifiée. En revanche, pour une majorité, cette prise en charge associée au fait d arrêter ou de réduire son activité professionnelle nécessite un soutien réel, d autant qu elle permet une économie substantielle à la société. Pour cela, plusieurs pistes sont proposées par les personnes Débat national sur la dépendance - Bordeaux - TNS Mai 2011 Page 4 sur 5
interrogées : une formation qui s apparenterait à un BAFA (brevet d aptitude aux fonctions d animateur) pour la prise en charge des personnes âgées, des structures ou des intervenants «relais» qui permettent à l aidant de récupérer, de se préserver et de réduire les tensions avec la personne âgée. La reconnaissance des aidants, par un statut ou une rémunération, apparaît de manière plus secondaire, la rémunération faisant particulièrement débat : risques de fraudes et frein moral pour les uns mais compensation financière indispensable à l arrêt d une activité professionnelle pour les autres. «Assumer ses parents pendant 10 ans ça détruit une vie. Donc pouvoir compter sur quelqu un d autre pendant quelques jours, ça serait bien.» «Il faut une formation, on est démuni face à ça, il faut pouvoir laver ses parents, leur brosser les dents, ce n est pas facile. Il faudrait une aide pour apprendre les gestes et aussi pour pouvoir être soulagé de temps en temps.» Les attentes sont donc fortes en matière d accompagnement et d accueil des personnes âgées dépendantes. L entrée en dépendance d un proche et la mise en place d une prise en charge qui en découle sont vécus comme des moments particulièrement difficiles pour les familles et le flou actuel entourant les démarches nécessaires renforce les sentiments de solitude et d angoisse. L idée d un «guichet unique» de la dépendance est fréquemment suggérée par les personnes interrogées : il s agirait d un lieu qui permette aux familles de s informer et d obtenir un suivi personnalisé de leurs démarches, qui coordonnerait l ensemble des acteurs. En matière de qualité de la prise en charge, la mise en place de contrôles et d indicateurs de qualité semble nécessaire pour tous. En revanche, leurs modalités précises ne font pas consensus au sein des groupes. Certains plaident pour la mise en place d un classement des établissements et services d accueil, sous forme d un «guide Michelin» de la dépendance. D autres préfèrent la création de normes, labels, chartes qualité ou certifications. Enfin, une augmentation du nombre de structures d accueil de type EHPAD est très attendue. En effet, en dépit de leur image dégradée, leur adéquation aux besoins de la plupart des personnes dépendantes et leur praticité sont finalement souvent reconnues. Débat national sur la dépendance - Bordeaux - TNS Mai 2011 Page 5 sur 5
la dépendance : débattre, comprendre, agir Février 2011 MINISTÈRE DES SOLIDARITÉS ET DE LA COHÉSION SOCIALE débat national sur la dépendance
Pourquoi un débat sur la dépendance? Vivre plus longtemps : cette chance nous est donnée, selon la formule bien connue, d ajouter des années à la vie, et de la vie aux années. Mais avec l allongement de l espérance de vie se pose le défi de l accroissement des situations de dépendance. Pour répondre aux difficultés rencontrées par les personnes âgées dépendantes et par leurs proches, et pour s assurer que, demain, ces personnes pourront continuer d être prises en charge, de façon adaptée à leurs attentes et à leurs besoins, la réforme de la dépendance, voulue par le Président de la République, s avère indispensable. Il est indispensable, en effet, de se poser les bonnes questions et d envisager, ensemble, comment y répondre. Peut-on prévenir la dépendance? Comment favoriser le maintien à domicile? Quelle offre de soins et de structures développer? Comment articuler les solidarités familiales avec les autres types de prise en charge? Et comment, plus largement, diffuser une image positive du vieillissement, en faisant vivre nos valeurs de solidarité, de fraternité et de respect? Le grand débat national qui s ouvre doit nous permettre d explorer toutes les pistes, d échanger sur les bonnes pratiques et les idées novatrices. Des groupes de travail thématiques sont d ores et déjà chargés de dresser un état des lieux et d élaborer des propositions nourries de leur expertise. Des débats auront lieu en région, dès le mois d avril, pour que chaque citoyen participe pleinement aux discussions qui nous concernent tous. Quatre colloques interrégionaux thématiques, précédés de la mise en place de «groupes de parole» de citoyens, et un site Internet complèteront ce dispositif participatif. C est à nous tous qu il revient de dessiner une société plus solidaire et plus forte, parce que plus attentive aux plus fragiles. Roselyne BACHELOT-NARQUIN Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale Marie-Anne MONTCHAMP Secrétaire d État auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale
Quelles dépenses publiques pour la dépendance? D un montant estimé à 24,7 milliards d euros en 2010, l effort public consacré aux personnes en situation de perte d autonomie représente 1,3% de notre richesse nationale. Ces ressources proviennent essentiellement des crédits de l assurance maladie votés chaque année pour les personnes âgées (60%), consacrés aux soins de ville, aux soins hospitaliers et au secteur médico-social, et de la contribution des départements (20%), au titre de l aide sociale à l hébergement (ASH) et au cofinancement de l allocation personnalisée d autonomie (APA) Des financements complémentaires sont apportés par les aides sociales versées chaque année par la branche vieillesse et la branche famille (aides au logement), et par la caisse nationale de solidarité pour l autonomie (principalement à travers la contribution solidarité autonomie (CSA), corollaire de la «journée de solidarité», et une fraction de la contribution sociale généralisée (CSG)). Il faut y ajouter, en outre, certaines exonérations fiscales et sociales associées à la perte d autonomie (au titre des salaires versés pour l emploi d une personne à domicile ou de l exonération de taxe d habitation). Répartition des dépenses publiques par type de financeur CNSA (2,7 Mds ) Dépenses fiscales (1Md ) +15,4 % entre 2008 et 2010 Collectivités locales (5Mds ) Etat (439 M ) Organism es de sécurité sociale (15,6 Mds ) 2
Comment évaluer son degré d autonomie? Depuis la fin des années 90, il existe une grille d évaluation (grille Autonomie Gérontologique Groupe Iso-Ressources, AGGIR) qui permet de définir le niveau de dépendance pour adapter aux besoins de la personne âgée dépendante les services et les professionnels qui seront chargés de s occuper d elle. Cette méthodologie permet non seulement de mettre en évidence le degré de perte d autonomie ou le degré de dépendance physique mais aussi l état psychique (notamment pour les personnes âgées victime de la maladie d Alzheimer). Ainsi, on va trouver 6 niveaux de dépendance : de GIR 1 à GIR 6 (le GIR 6 étant en situation de moindre dépendance). Le niveau de dépendance est évalué par les équipes médico sociales du département qui utilisent la grille AGGIR au cours d'une visite au domicile de la personne âgée. C est cette grille qui permet de bénéficier de l allocation personnalisée d autonomie (APA) pour financer les aides à la vie quotidienne (toilette, alimentation, déplacement, habillement). Bénéficiaires de l'apa selon le degré de dépendance de la personne au 30 juin 2010 Domicile Établissement Ensemble Nombre en Nombre Nombre milliers En % en milliers En % en milliers En % GIR 1 18 2,5 71 15,6 89 7,6 GIR 2 129 17,9 207 45,5 336 28,6 GIR 3 156 21,7 70 15,4 226 19,3 GIR 4 416 57,9 107 23,5 523 44,5 Ensemble 719 100,0 455 100,0 1 174 100,0 3
Quelles sont les aides disponibles? Les prestations dédiées aux personnes âgées dépendantes regroupent, pour l essentiel, le dispositif de l allocation personnalisée d autonomie (APA), les prestations proposées par la caisse nationale d assurance vieillesse (Cnav), l aide sociale à l hébergement (ASH) et les aides personnelles au logement versées par la caisse nationale d allocations familiales (Cnaf). Comment les obtenir? l aide sociale aux personnes âgées (ASPA) : il faut déposer une demande au centre communal d'action sociale ou bureau d'aide sociale ; l allocation personnalisée d autonomie (APA) : le dossier de demande est à retirer auprès de la Maison du Département proche de votre domicile ou auprès des organismes de sécurité sociale ; l aide personnelle au logement (APL) : votre demande doit être effectuée auprès de la caisse d allocation familiale (CAF) de votre lieu de résidence ou de la Caisse de MSA si vous dépendez du régime agricole. Nombre de bénéficiaires et dépenses relatives à l Apa 2007 2008 2009 2010 Bénéficiaires au 31 décembre (en milliers) Dépenses d Apa (en millions d ) 1 078 1 115 1 136 1 174 4 555 4 855 5 029 5 240 À ces prestations dédiées s ajoutent des dépenses fiscales destinées également à alléger le coût de la prise en charge des personnes âgées. Il s agit, pour l essentiel, de la réduction d impôt sur le revenu au titre des frais de dépendance et d hébergement des personnes âgées dépendantes accueillies en établissement et de l exonération d impôt sur le revenu des sommes versées au titre de l APA. Ces deux dépenses fiscales ciblées sur la dépendance représentaient en 2009 un coût évalué à environ 250 millions d euros. 4
Qu est-ce que l allocation personnalisée d autonomie (APA)? L allocation personnalisée d autonomie (APA) constitue la principale aide pour les personnes dépendantes : cette prestation universelle s adresse aux personnes âgées de 60 ans ou plus résidant à domicile ou en établissement et confrontées à une perte d autonomie. Cette prestation n est pas soumise à conditions de ressources, mais son montant varie selon les revenus des bénéficiaires. Elle permet la prise en charge d aides et de services diversifiés. La dépense totale est évaluée à 5,24 milliards d euros, soit 385 millions de plus qu en 2008. Montant maximum du plan d aide d un bénéficiaire Montants mensuels au 1 er avril 2010 relevant du Gir 1 relevant du Gir 2 relevant du Gir 3 relevant du Gir 4 1 235,65 1 059,13 794,35 529,56 1 174 000 bénéficiaires de l APA au 30 juin 2010 (dont 719 000 à domicile et 455 000 en établissement) 5
Quelles solutions d hébergement pour les personnes dépendantes? Il existe différents types d établissements pour accueillir les personnes âgées semi valides et/ou dépendantes : Les établissements accueillant des personnes dépendantes : Les établissements d hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) accueillent des personnes valides, semi valides ou dépendantes. Plus communément appelés «maisons de retraite», ces établissements sont médicalisés et prennent intégralement en charge le résident. Les tarifs et les aides financières varient en fonction du statut et du conventionnement de l établissement. Ils peuvent accueillir à titre provisoire des personnes ayant besoin, ponctuellement, d'une prise en charge complète (hébergement temporaire). Les unités de soins de longue durée (USLD) sont destinées aux personnes âgées très dépendantes dont l état de santé nécessite une surveillance médicale constante. Les structures d accueil de jour reçoivent une ou plusieurs fois par semaine des patients vivant à domicile : grâce à diverses activités de stimulation (gymnastique douce, culinothérapie, etc.), le patient conserve une vie sociale et les effets de la maladie sont retardés. L accompagnant habituel du malade peut également souffler et s occuper de lui-même. L accueil de jour améliore ainsi le maintien à domicile et prépare à une éventuelle entrée en établissement d hébergement. 6
Les établissements accueillant des personnes désorientées (Alzheimer ou maladies apparentées) : Les personnes peuvent être accueillies : soit au sein d un EHPAD avec les autres résidents, au sein des pôles d'activité et de soins adaptés (PASA) qui sont des unités d'accueil de jour sans hébergement pour des personnes faiblement désorientées (troubles du comportement modéré), ou au sein d'une unité d'hébergement renforcé (pour les personnes sévèrement désorientées) ; soit dans un centre d activités naturelles tirées d occupations utiles (CANTOU). Ces unités organisent un projet de vie autour du patient pour l aider à gérer sa maladie (angoisse, difficultés du comportement, etc.). Pour aider les familles ou les personnes concernées à choisir l établissement le mieux adapté aux besoins de la personne, il est recommandé de contacter les centres locaux d information et de coordination (CLIC). 7
Quelles solutions pour rester à domicile? La majorité des personnes âgées vivent à domicile (87% des 75 ans et plus) et désirent y rester. Adapter son environnement De nombreuses solutions existent pour les personnes ayant du mal à réaliser certains gestes, comme les appareils conçus pour les personnes se déplaçant avec difficulté. Par ailleurs, des systèmes de téléalarme permettent de prévenir rapidement l entourage en cas de chute ou de difficulté soudaine. Être aidé à domicile Les services à la personne proposent des aides variées et adaptées à la situation de chaque usager, qui peuvent être financées totalement ou en partie dans le cadre de l APA. Ces aides concernent : les actes essentiels de la vie quotidienne (lever, toilette, alimentation ), les activités domestiques (repassage, ménage, jardinage ), les activités sociales et relationnelles (sortir, aller chez le médecin, chez le coiffeur ). Être soigné à domicile La santé d une personne âgée est fragile et la perte d autonomie peut rendre certains soins indispensables au quotidien. De nombreuses solutions permettent d être pris en charge à domicile quelles que soient l intensité et la complexité des soins nécessaires : services de soins infirmiers à domicile, équipes d hospitalisation à domicile, ou encore unités de soins palliatifs à domicile peuvent être sollicités selon la situation. Toutefois, le médecin traitant d une personne âgée vivant à domicile reste son premier interlocuteur Être accompagné par un proche Près de 4 millions de personnes contribuent à la prise en charge d'une personne âgée dépendante faisant partie de leur entourage proche. Accompagner un proche âgé est une tâche qui peut s avérer difficile d un point de vue physique et psychologique. Il existe diverses solutions temporaires qui permettent de procurer des moments de répit aux aidants familiaux, en particulier lorsqu ils accompagnent un proche atteint de la maladie d Alzheimer. 8
Comment garantir les droits des personnes âgées dépendantes? Les personnes âgées accueillies en établissement bénéficient d un certain nombre de droits. Le contrat de séjour Chaque maison de retraite doit signer un contrat de séjour avec les résidents qu elle accueille. Le contrat de séjour a pour but de garantir les droits des résidents, ainsi que le respect de leur dignité. Il doit également mentionner la nature des prestations fournies, ainsi que leur prix. Le contrat rappelle certains droits, tels que la liberté de choix du médecin, le droit aux absences ou encore celui de recevoir des invités payants aux repas. Le Conseil de la vie sociale La création d'un conseil de la vie sociale (CVS) est obligatoire dans les maisons de retraite médicalisées (EHPAD). Le CVS doit être consulté sur l'élaboration ou la modification du règlement de fonctionnement et du projet d'établissement. Il donne son avis et peut faire des propositions sur toutes les questions intéressant le fonctionnement de l établissement. Le CVS doit comprendre au moins deux représentants des personnes accueillies ou prises en charge, un représentant des familles ou des représentants légaux. Lors de la visite d une maison de retraite, il est possible de demander une copie des comptes rendus des dernières séances du conseil de la vie sociale. Ils peuvent fournir des informations utiles sur les projets en cours dans l établissement, les demandes des résidents, leurs plaintes éventuelles La charte des droits des personnes âgées La charte des personnes âgées dépendantes a été élaborée en 1999 par la Fondation nationale de gérontologie et par le ministère de l'emploi et de la Solidarité. Cette charte met l'accent sur la qualité de vie en maison de retraite. 9
Et demain? S ils sont principalement liés au vieillissement général de la population, les enjeux démographiques et financiers de la perte d autonomie sont aussi ceux de l augmentation de l espérance de vie. Entre 2000 et 2040, la population âgée des 75 ans et plus sera multipliée par 2,5. Coût de l APA en points de PIB 0,55% 0,50% scénario pessimiste : pas de compression de morbidité scénario central : réduc on de la prévalence de 0,5 % par an scénario op miste : réduc on de la prévalence de 1% par an Part dans le PIB 0,45% 0,40% 0,35% 0,30% 0,25% 0,20% 2010 2015 2020 2025 2030 2035 2040 2045 2050 1 400 000 C est le nombre de bénéficiaires de l APA en 2020 En 2010, les dépenses au titre de l APA représentent plus 5,2 Mds, soit 0,27% de la richesse nationale (PIB). Selon un scénario central (INSEE, DREES, DG Trésor), les dépenses d APA représenteraient 0,31% du PIB en 2020 et atteindraient 0,42% du PIB en 2040. Ces projections seront actualisées et affinées dans le cadre des groupes de travail sur la dépendance. 10
Comment va se dérouler le débat national sur la dépendance? Chacun doit pouvoir prendre part à ce débat car nous sommes tous concernés. Quels enjeux? répondre à un défi de société pour aujourd hui et pour demain : difficultés d ordre matériel, financier, psychologique, émotionnel ; explorer toutes les pistes : faut-il faire évoluer nos prestations? Comment redéployer pour répondre aux besoins de nos concitoyens? Faut-il privilégier la solidarité nationale, la solidarité familiale ou la prévoyance individuelle ou collective? Quels principes guideront le débat? le libre choix des personnes et des familles entre le maintien à domicile et l hébergement en établissement ; la qualité des prises en charge pour tous nos concitoyens ; le principe de responsabilité s agissant du financement afin de ne pas reporter sur les générations futures la charge du financement. Quelles modalités? au niveau national, 4 groupes de travail associant des experts et les partenaires concernés (élus, syndicats, associations, professionnels, médecins et usagers) ont été installés pour faire des propositions ; au niveau local, des débats interdépartementaux vont être organisés dans chaque région conjointement par les préfets et les agences régionales de santé (ARS). Ils permettront aux usagers de s exprimer directement ; un site internet dédié au débat national permettra à chaque citoyen de poster sa contribution et d avoir des informations ; 4 colloques interrégionaux thématiques viendront clôturer le débat dans le courant des mois de mai et juin. Ils feront une large place à des «groupes de paroles» citoyens. Ce débat national va durer 6 mois et aboutira avant l été 2011. 11 Conception Dicom - Février 2011