RESTAURATION DU PATRIMOINE



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RESTAURATION DU PATRIMOINE " Notre siècle marche sur sa fin avec une rapidité effrayante ; bientôt il sera, lui aussi relégué au rang des vieilles lunes, et nos neveux contempleront, pour les prendre en pitié sans un regret, les nouveautés dont nous sommes si fiers. Le progrès de demain annule le progrès de la veille; les inventions se perfectionnent sans cesse... Et nous avons désappris cette poésie des choses, qui survit à leur destruction, les fait aimer longtemps après qu'elles ne sont plus : tels ces parfums discrets, qui embaument encore les tiroirs d'aïeules. Musc, bergamote et patchouli, joies faciles et ardents courages, pimpants atours et grands sentiments ; souvenirs, parfums d'autrefois, la fumée vous chasse sans vous remplacer... je ne puis me rappeler, sans une émotion respectueuse, la sensation qui m'envahissait dès que le lourd battement de la porte cochère se refermait sur moi..." Madeleine La Bruyère Le roman d'une épée QUELQUES CONSEILS DE RESTAURATIONS Soyez prudents, il est préférable en Haute-Saintonge de rester modeste et d'éviter si possible toute originalité inadaptée à l'environnement. Pour les murs évitez si possible : -toute modification en ajoutant des parpaings, du ciment. -les joints apparents ou en creux, surtout sur la façade. Celle-ci lorsqu'elle est en moellons est toujours enduite au mortier de chaux grasse qui laisse le mur respirer. -les enduits au ciment, même le ciment blanc que l'on obtient aujourd'hui avec la chaux aérienne. -le sablage de la pierre qui détruit le calcin. Pour les fenêtres, évitez si possible : -les larges baies, mais préférez les fenêtres anciennes. -les petits carreaux. -l'abus de portes-fenêtres. -la symétrie absolue. -les grilles inadaptées. Pour les portes, évitez si possible : - les portes préfabriquées, préférez imposte vitrée. Pour les volets, évitez si possible : -les volets à planches étroites avec écharpe en Z, les persiennes, de préférence choisissez les volets pleins avec 2 barres horizontales. -les couleurs criardes, les laques brillantes et les ferrures ou ferronneries peintes en noir. Pour les sols, évitez si possible : -le faux rustique, mais conserver les sols à l'identique ou bien choisissez des dallages en terre cuite. -les larges joints au ciment gris mais préférez les joints très fins au mortier clair.

Pour les murs intérieurs, évitez si possible : les enduits taloches, les angles vifs, les couleurs violentes, les vernis, mais choisissez des enduits au mortier de chaux aérienne, les plafonds blancs et les poutres apparentes si elles sont d'origine avec plancher. Ces conseils sont préconisés par Maisons Paysannes de France : Jacqueline Fortin, Maison de Jeannette, Les Granges, 17400 Saint Jean d'angély Téléphone : 05.46.32.17.59. Le patrimoine en effet reflète l'esprit de notre région et en le préservant nous participons à la sauvegarde de notre histoire et à la défense des éléments essentiels du pays Saintongeais. " Il ne faut rien exposer, ni rien cacher, mais intégrer ". Observez l'environnement dans lequel se situe la maison que vous venez d'acquérir, ainsi que les autres habitations de même typologie, afin d'en conserver l'âme la cohérence viendra du respect du caractère d'origine. Il est important de ne pas céder aux phénomènes de mode en supprimant, en particulier les enduits laissant les moellons apparents lorsqu'ils ne l'étaient pas. Il ne faut pas céder non plus à la tentation d'utiliser des peintures de couleurs inadaptées ou bien des matériaux modernes, inhabituels et anachroniques. Il en est de même pour les plantations de végétaux, le mieux étant de conserver les espèces régionales et non exotiques. Sur la maison saintongeaise apparaît parfois une treille, cette complémentarité du décor végétal est très importante. Essayez également d'éviter le béton vert des haies de thuyas et préférez les espèces champêtres mélangées. Evitez à tout prix les faux puits, les fausses fontaines, protégez et conservez les matériaux locaux, moellons et pierres de taille; pour refaire les enduits, utilisez la chaux grasse et le chaulage. L'aspect d'un mur en moellon recouvert d'un enduit sera plus doux si le moellon est à peine saillant ou " têtes de moellons vus ". Eviter si possible la chaux hydraulique et de faire des joints trop apparents ou en creux. Le sablage détruit le calcin protecteur. Le calcin est cette " croûte " dure et protectrice qui se forme avec le temps, aussi la pierre doit être lavée à l'eau sous pression douce. Pour les toitures essayez d'employer la tuile canal ou tige de botte, et de maintenir le voligeage. Au niveau de la charpente la conservation des fermes anciennes qui donnent un aspect moins raide et moins sévère que les charpentes neuves est préconisée. Pour les ouvertures il faudrait conserver les portes pleines ou avec impostes et les volets aux planches larges qui sont de véritables "boucliers protecteurs. Surtout évitez les portes-fenêtres qui ne respectent plus le caractère ancien de la maison et banalisent le paysage, gardez l'identité de la région. Il faut également savoir que le PVC dénature l'authenticité d'une simple maison de campagne et que le bois est un matériau extrêmement isolant. Gardez les éléments de serrureries aussi souvent que possible et les ferrures d'origine. C'est là probablement la force et le charme des maisons saintongeaises que de vouloir protéger chaque détail pouvant raconter leur histoire. Des architectes sensibles au patrimoine proposent parfois un concept d'architecture comtemporaine comme alternative au désert créatif des maisons fabriquées en série ou mal recrépies. Sans démesure futuriste ni performance technologique, une maison dans toute sa simplicité peut engager une relation chaleureuse avec l'environnement.

PORTES ET FENETRES LES PORTES La porte typiquement saintongeaise est composée de deux vantaux un tiers, deux tiers (tiercé) surmontée d'une imposte vitrée. Elle est encadrée de pierres appareillées, le linteau est formé soit d'un bloc monolithe, soit de claveaux. Cependant, on peut en rencontrer de formes inattendues, de hauteur et de largeur différentes, ornées de moulures et de frises avec des linteaux droits ou cintrés, en pierre ou en bois. L'imposte dévoile souvent le statut et l'activité des habitants de la maison, (exemple imposte en forme de parapluie) Dans les fermes, la structure des portes correspond à une fonction précise, elle est arrondie pour permettre le passage des tonneaux. Il existe la porte charretière et la porte piétonnière. I En revanche, les portes des maisons bourgeoises se distinguent par une volonté d'apparat en affichant une ornementation plus riche. LES FENETRES Au rez-de-chaussée, les fenêtres sont disposées de façon symétrique à la porte d'entrée, à l'étage, les ouvertures restent dans le même alignement, mais elles sont plus petites laissant passer un minimum de froid. Soulignées par un encadrement de pierre de taille (quatre pierres monolithes pour les plus petites, ouvertures et chaînage en pierre de taille pour les plus grandes). Leurs linteaux présentent des formes diverses : anse de panier, segment d'arc, arc désépaissi dont l'arête vive a été supprimée, nommé aussi faux-arc. Les maisons bourgeoises plus imposantes offrent des ouvertures plus travaillées, elles sont souvent décorées de volutes ou sont couronnées de frontons sculptés, parfois soulignées d'un linteau orné de motifs divers. L'ensemble est généralement surmonté de belle lucarnes. LES APPAREILLAGES LE CRISON. Ce grès siliceux du sud de la Haute-Saintonge. Ce grès que l'on appelle grison est tantôt laissé à nu et tantôt recouvert d'un crépi ocre. LA TERRE, L'ARGILE. Quant elle est crue l'argile peut former des parpaings de terre sèche. Mélangée avec de la paille, elle devient " torchis " que l'on rencontre surtout dans la Saintonge boisée, sur les maisons à pans de bois datant des XVe, XVIIe et XVIIIe siècles. LE MOELLON. Les moellons, débités et mis en œuvre en lits plus ou moins réguliers, font le charme des maisons saintongeaises. On les rencontre aussi sur les murs latéraux où seule la façade est en pierre. Certaines églises assez modestes sont parfois en moellons. Ils composent souvent les murets des villages, prenant une belle patine grise au fil du temps. Ils interviennent aussi dans les constructions des granges et des hangars. La mauvaise qualité de certains moellons oblige à enduire les murs d'un mélange de sable, de terre et de

chaux, de couleurs différentes selon les régions. Il s'agit de l'enduit qu'il convient de laisser quand on fait une restauration. «La pierre extraite de la carrière n'est qu'un caillou informe. L'homme avez ses outils va la façonner, la modeler, lui donner vie. Chaque outil laisse sa trace et un peu de l'âme de l'ouvrier qui l'a travaillée. Cette pierre au fil du temps à perdu de sa blancheur et les lichens, les accidents de surface, les modifications constantes content l'histoire des ces murs anciens ". Jacques Boissière, Architecte des Bâtiments de France» I LA PIERRE En Haute-Saintonge, le mur est constitué le plus souvent de pierres de taille extraites du sol environnant (carrière de Jonzac pour la construction des maisons de maître) Omniprésente, la pierre de taille figure sur les façades et peut constituer toute l'architecture des plus belles maisons, quand elle n'est pas utilisée pour la totalité du parement. Elle demeure présente pour les encadrements des baies, ou des bandeaux, des corniches et des soubassements. LES CHARPENTES ET TOITURES Les toitures les plus répandues en Haute-Saintonge sont celles à deux ou quatre pans. Les modes de couverture utilisés sont la tuile plate, la tuile canal, et l'ardoise. Ces toitures reposent sur des génoises ou corniches évitant ainsi aux eaux de pluie de ruisseler sur la façade. Elles peuvent être agrémentées de girouettes, d'épis de faîtage et parfois de lignolets selon la richesse et l'importance du propriétaire. LA CHARPENTE A QUATRE PANS La charpente à quatre pans n'a pas la même pente sur tous les côtés. Les petits côtés ou croupes, ont une pente plus rapide que les longs pans. LA CHARPENTE A DEUX PANS La charpente à deux pans nécessite la présence de murs pignons. Les fermes simples sont distancées de quatre à cinq mètres les unes des autres et reliées par des pannes. Sur ces dernières sont fixées les chevrons, recouverts de lattis, qui recevront la couverture. La charpente des bâtisses modestes était réalisée avec du bois équarri grossièrement. Le chêne utilisé pour sa solidité et sa résistance aux insectes, était travaillé et assemblé encore vert. Le charpentier réalisait dans une premier temps une épure, c'est à dire un montage au sol de la structure. Il marquait chaque pièce de la charpente pour en faciliter l'assemblage sur le bâtiment. Les maisons aisées ou édifices importants étaient équipées de charpentes beaucoup plus travaillées. Cependant l'utilisation d'un assemblage appelé ferme qui créé une géométrie indéformable est commune à toutes les charpentes. LA CHARPENTE HAUTE Pour ces charpentes à pentes rapides et afin de protéger les murs, le charpentier utilisait des chevrons appelés coyaux, pour casser et ralentir la

chute de l'eau. L'espace entre l'entrait bas et l'entrait retroussé était souvent utilisé avec l'aménagement d'un plancher. LA CHARPENTE ELEVEE La charpente haute est destinée a recevoir des tuiles plates ou des ardoises des couvertures des l châteaux, des tours, des clochers d'église. Pour ces charpentes parfois très hautes, une rainure s'appuie sur la maçonnerie. Du milieu de cet assemblage s'élève le poinçon, avec des arbalétriers et des pannes. Sur la hauteur de la charpente on retrouve les enrayures intermédiaires afin de poser les pannes. Plus la charpente est haute, plus il y a d'enrayures intermédiaires. Les arbalétriers sont placés de façon régulière pour les tours coniques et suivant les faces pour les tours à pans. LA CHARPENTE A LA MANSARD Apparue au Grand Siècle pour l'aménagement complet du comble, la charpente à la Mansard utilise le principe de la charpente normale, mais elle est élevée sur des piédroits ou jambes de force inclinées. L'ensemble est triangulé par l'action d'aisseliers. La partie inférieure, nommée brisis est faite d'une pente rapide. La partie supérieure s'appelle terrasson à pente plus douce. On retrouve un coyau à la base de ces toitures. Les pièces éclairées par des lucarnes furent aménagées dans les combles, prenant le nom de chambres mansardées. LA TUILES CANAL Principaux éléments des couvertures et des toits saintongeais, les tuiles canal appelée aussi tige de botte ou tuile creuse, sont posées sur une chape de lattis enduits ou voligeage. Les tuiles de rives, les tuiles faîtières de taille plus importante et les arrêtiers sont bloqués au mortier et rendent l'ensemble de la toiture très résistant au vent. L'ARDOISE Pour l'assemblage des ardoises, la technique consiste à les accrocher sur le lattis avec des crochets de fer galvanisé. En Haute-Saintonge, les ardoises sont utilisées pour les constructions monumentales, églises ou châteaux, mais aussi sur des clochetons, tourelles ou pigeonniers. Ces toitures se sont multipliées avec la construction au milieu du siècle dernier des maisons bourgeoises aux toits pentus qui n'auraient pas supporté les tuiles canal. LA TUILE PLATE La pose de la tuile plate s'effectue par accrochage sur le lattis. Ce dernier est constitué de lattes clouées sur les chevrons pour assurer l'étanchéité du bâtiment. La couverture se fait en partant de l'égout du toit, par rangs décalés de la moitié de la largeur de la tuile. LES CORNICHES Les corniches en pierre sont très répandues, elles font saillie au faîte du mur et servent de support d'appui pour la toiture. De formes simples ou agrémentées de moulures, de motifs géométriques ou végétaux ou de modillons, elle rejette les eaux de pluie loin du mur de la façade. LES GENOISES Réalisée avec des tuiles canal, la génoise existe sous différentes combinaisons, avec une, deux, trois ou quatre rangées. Construite sur le versant du toit

surplombant la façade, elle réduit la prise au vent et lie harmonieusement le mur au toit CONDUIT DE CHEMINEE Réalisé en pierre de forme ronde, rectangulaire ou carrée, le conduit de cheminée permet l'évacuation de la fumée. Le sommet du conduit, appelé mitron est souvent coiffé de tuiles posées en épis pour le protéger de la pluie L'EPI DE FAITAGE Les épis de faîtage sont apparus au milieu du Xlle siècle. Ils servaient à rendre étanches les toitures à quatre pans, en couvrant les poinçons alors extérieurs à la couverture. En céramique ou en métal, ils sont généralement ronds pour n'offrir aucune prise au vent. Au XVe siècle, les potiers ont fabriqué des épis de faîtage qui sont de véritables œuvres d'art. Ils ornaient les maisons de maître et s'affichaient aux yeux de tous comme un signe de richesse et de prestige social. Ils peuvent être de forme géométrique, animalière ou humaine. Sur les dépendances, on trouve des " jède " ou " gardal ", sortes de bassines en terre cuite renversées sur les poinçons. LES GIROUETTES Au Moyen-Age, la girouette était un privilège seigneurial qui symbolisait la puissance et la propriété de l'endroit. Réservé aux nobles, ce privilège fut aboli à la Révolution, dès lors les girouettes apparurent sur les maisons bourgeoises et les fermes où elles furent installées au faîtage des toits. Faites par les forgerons, elles indiquaient souvent la profession ou la personnalité du propriétaire. Vers la fin du XIXe siècle, leur fabrication devint industrielle et elles perdirent leurs particularités. Au Sud de la Haute-Saintonge, il existe la tradition des girouettes d'élus, drapeau tricolore accompagné de trois autres drapeaux plus petits sur les toits des mairies, elles peuvent aussi indiquer la profession de l'élu en plaçant son outil de travail près du drapeau. LES JARDINS La notion de jardin depuis l'antiquité fait référence à une idéalisation du monde. Plus modestement, soigner son jardin,, son environnement, c'est dessiner un paysage avec son âme, cultiver et découvrir à travers l'art du jardinage une manière de s'exprimer et d'associer la beauté et la technique. Jardin secret, d'eden, d'agrément, potager, d'hiver, jardin de curé, d'art, de mémoire, jardin botanique, des plantes, fruitier, jardin sauvage, ordonné ou à l'anglaise... pour le plus grand bonheur de nos maisons, cultivons notre jardin. Nous avons connaissance d'un modèle de plan de jardin du IX e siècle sous le règne de Louis le Pieux, fils de Charlemagne. Ce plan a servi cent ans plus tard à l'abbaye de Cluny, centre spirituel de la chrétienté pendant deux siècles. Deux sortes de jardins sont créés : l'herbularius, jardin des simples ou des plantes médicinales et i'hortus, le potager. Celui-ci, disposé en plates bandes est composé d'oignons, de poivrons, choux, laitues, cardons, pois, fèves, lentilles, persil, cerfeuil, échalote, ail, radis et cumin noir. Le pomanum ou mta'um est le verger. Y croissent pommiers, poiriers, pruniers, sorbiers, cerisiers, châtaigniers, figuiers, cognassiers, lauriers, noyers, noisetiers et amandiers... Figurent également les fleurs, la rose et le lis

en premier, puis viennent le glaïeul et l'iris. Le catalogue des simples propose la sauge gui préserve la santé, la menttie digeste, le cerfeuil contre les ulcères, le marrube, le cresson, la cétoine gui chasse les cauchemars l'aigremoine,latanaisie,l'a6sirieetlepavot La diversité est certainement le maître-mot de ces jardins anciens. Ce qu'il faut noter c'est que les jardins d'autrefois offrent toujours quelque chose de nouveau à découvrir et beaucoup à apprendre. Finalement l'observation de la nature est nche d'enseignement Sans faire l'objet d'un tracé rigoureux ni de planification formelle, on peut créer des atmosphères aujourd'hui encore en donnant à nos jardins le charme et le caractère particulier qui s'harmonisent avec les maisons et le paysage saintongeais. CONSEILS Ne pas trop imposer de contraintes à la nature... et préférer les variétés robustes aux plantes plus spectaculaires venues d'ailleurs en essayant d'affiner le concept de jardin saintongeais. Choisisse/ une palette très nuancée de verts, de feuillages, de plantes aromatiques locales et les vieux arbres fiers de la région. La diversité et la richesse florale de la Haute Saintonge est liée certainement au climat, aux vents d'ouest et surtout à la douceur des hivers qui a permis à de nombreuses espèces méditéranéennes de s'implanter ici tout naturellement. De la plus petite maison saintongeaise aux belles maisons bourgeoises, logis, et châteaux, le jardin et le parc restent les éléments les plus facilement repërables. Parfois, si les bâtisses semblent un peu sévères ceci est largement compensé par l'environnement immédiat des jardins dessinés de pièces d'eau et de végétation. - Essayer à chaque fois de rompre les alignements surtout si le terrain est petit. Donner un maximum de perspective avec la végétation : premier plan bas, arrière plan haut. Jouer avec le volume des arbres. Alterner les haies taillées et les haies libres. Travailler les arrondis dans les angles du jardin, éviter les résineux qui donnent trop de monotonie mais privilégier les feuillus pour constituer la base de vos plantations. Eviter la répétition des séquences et essayer de créer des volumes et une atmosphère chaleureuse. - Privilégier pour la constitution de la base des plantations des espèces de pays en les mélangeant au maximum. Ajouter ensuite des essences plus ornementales avec des espèces horticoles. Ne pas oublier que si l'on a l'habitude de privilégier les espèces florifères, il existe des arbres à baies très jolis surtout à l'automne tels l'aubépine, le fusain, le cormier, la viorne lantane...et cela est valable pour toutes les plantations. Essayer de jouer sur les couleurs et sur les effets de perspective surtout si le jardin est petit. Garder en tête qu'un jardin doit "inviter au vagabondage, en tout cas à la promenade. Créer des variations, que ce soit dans un parc, un jardin, essayer de rassembler un maximum d'espèces botaniques, des plantes vivaces," des graminées, des fougères, des roses anciennes... et surtout choisissez des plantes pour leur beauté. Les plantes grasses aiment aussi la douceur des jardins de Haute Saintonge, des accords subtils entre les couleurs douces de cette botanique méditerranéenne et parfois l'exubérance colorée de nos fleurs créent des affinités complémentaires, des vibrations chaleureuses dans nos jardins. - Privilégier toujours la plantation des petits arbres. Le taux de reprise est plus élevé et la croissance très rapide les premières années. Effectuer un bon travail du sol pour favoriser l'enracinement. Il est également important de

planter dans un terrain sec. Sélectionner avant tout, les plantes adaptées à la nature de votre jardin.