Préfète de l Essonne Direction Départementale des territoires Service environnement Bilan de la saison de Chasse 2015-2016 en Essonne SOMMAIRE Introduction page 2 I - Organisation de la chasse dans l Essonne page 2 II - Bilan des prélèvements de la saison 2015-2016 1 le petit gibier page 3 2 le grand gibier - le chevreuil page 4 - le sanglier page 4 - le cerf page 6 - le daim page 7 III - Incidences des populations de grand gibier 1 sécurité routière et ferroviaire page 7 2 dégâts aux cultures page 7 3 sécurité et perturbation des populations page 8 IV - Intervention des lieutenants de louveterie page 9 Conclusion perspectives page 9 Coordonnées des principaux organismes page 9 Contact : Bureau «forêt chasse et milieux naturels» Mathilde LAMOUR Fabrice PRUVOST 01 60 76 33 98 01 60 76 32 12 Boulevard de France - 91012 EVRY cedex / 1 téléphone : 01 60 76 32 00 1
INTRODUCTION La chasse constitue une activité importante dans le département, en particulier sur les territoires ruraux. Depuis une dizaine d années, l actualité cynégétique se porte principalement sur le grand gibier compte tenu de l évolution significative des populations de sangliers à la hausse. Ces populations de grands animaux (cerf, chevreuil, daim, sanglier) sont susceptibles d être à l origine de dégâts importants sur les cultures agricoles ainsi que dans le milieu forestier et affectent la sécurité routière et ferroviaire ; régulièrement, les sangliers font également des intrusions près des habitations, générant des inquiétudes légitimes. L importance de l activité cynégétique et les questionnements réguliers à son sujet ont motivé la rédaction de ce bilan destiné en particulier aux élus du département. I - L organisation de la chasse dans l Essonne Dans ce domaine, le rôle de l État est majeur. La politique cynégétique définie au niveau national, est localement déclinée par la DDT via plusieurs arrêtés préfectoraux. La Fédération des Chasseurs, l Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), les lieutenants de louveterie sont des interlocuteurs privilégiés de l État et chacun dans leur domaine, participent à la gestion de la chasse. La Fédération Interdépartementale des Chasseurs d Ile de France (FICIF) est l interlocuteur technique des chasseurs (les chiffres qui figurent dans ce bilan proviennent majoritairement de cet organisme). Elle délivre les validations annuelles des permis de chasser et finance les dégâts agricoles dûs aux espèces de grand gibier. L action de l État s appuie sur l Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage en matière d expertise scientifique et de contrôle et sur les lieutenants de louveterie pour la gestion des situations sensibles. Environ 5 000 chasseurs pratiquent cette activité dans le département. La saison de chasse «normale» s est déroulée du 20 septembre 2015 au 29 février 2016 mais de nombreuses exceptions à cette période existent en fonction des espèces chassées. Ainsi, les chevreuils, daims et sangliers peuvent être chassés à partir du 1 er juin dans certaines conditions et les cerfs à partir du 1 er septembre ; ces exceptions s expliquent soit par l abondance de l espèce soit par l exercice particulier de certains modes de chasse. Sur le plan cynégétique, le territoire de l Essonne est découpé en 15 «unités de gestion». Ces unités sont définies en fonction des caractéristiques des territoires et de leur homogénéité en matière de paysage et de population de gibier. Un certain nombre de règles s appliquent à cette échelle géographique : c est le cas en particulier du financement des dégâts de grand gibier par les chasseurs qui doit être équilibré à cette échelle. La chasse du «petit gibier» s exerce principalement en plaine : perdrix grise et rouge, faisan, lièvre, lapin, pigeon et bécasse constituent les principales espèces chassées. Le lièvre est soumis à plan de chasse (attribution d un nombre maximal d animaux à tirer pour un territoire donné) et le faisan, sur une partie du territoire, est soumis à un plan de gestion cynégétique. 2
La chasse du «grand gibier» se pratique principalement en milieu boisé. Les espèces concernées sont le chevreuil et le sanglier et plus accessoirement le cerf et le daim. Le sanglier est soumis à un plan de gestion (objectif fixé par unité de gestion) alors que les trois autres espèces sont soumises à plan de chasse (attribution d un nombre maximal d animaux à tirer pour un territoire donné). Ces espèces concentrent l attention de l État compte tenu des accidents routiers et ferroviaires ainsi que des dégâts aux cultures agricoles et aux milieux forestiers qu ils occasionnent. Concernant le sanglier, des «points noirs» caractérisant des niveaux de population trop importants, ont été définis depuis quelques années et sont régulièrement mis à jour. Ils sont présentés sur la carte ci-contre. Concernant le cerf une population importante est fixée dans le massif de Bouville. Points noirs en milieu péri-urbain Points noirs en milieux rural Limites de gestion II - Le bilan des prélèvements de la saison 2015 2016 La saison cynégétique 2015-2016 s est donc terminée le 29 février 2016 et il est possible d en faire un bilan définitif. 1 - Le petit gibier Concernant le petit gibier, seuls les prélèvements de lièvres sont connus, car ils sont soumis à plan de chasse : 5 007 animaux ont été prélevés sur 7 555 attribués. Ce taux de prélèvement plutôt faible n est dû ni à des populations en baisse ni à des attributions trop fortes mais plutôt au comportement des chasseurs qui vise à préserver cette espèce dont l impact sur les cultures est globalement mineur. 3
2 - Le grand gibier Les prélèvements de «grand gibier» sont stables depuis quelques années. La figure ci-contre illustre la répartition des prélèvements dans le milieu naturel pour les 4 espèces de grand gibier. 1865 96 32 1977 chevreuil sanglier cerf daim Prélèvements saison 2015/2016 Le chevreuil 1 977 chevreuils ont été prélevés durant la saison de chasse sur les 2 456 animaux attribués par le plan de chasse. La carte ci-dessous illustre la répartition des prélèvements au sein du département, par Unité de Gestion. 1,7 à 3,12 (3) 1,44 à 1,7 (3) 0,96 à 1,44 (3) 0,02 à 0,96 (4) Carte des réalisations 2015-2016 chevreuils pour 100 ha par unités de gestion (UG) Cette carte confirme que le chevreuil est présent et prélevé de manière assez homogène sur l ensemble du département, à l exception de la zone la plus urbaine. Ces prélèvements de chevreuil ont connu un pic de 2 400 animaux prélevés en 2005. On constate cependant une stabilité depuis trois ans. 4
Le sanglier Comme dans la majeure partie du territoire national, les sur-densités de sangliers constituent pour l État une problématique importante dans le département et une action quotidienne vise à une maîtrise des populations. Pour la saison 2015-2016, la moitié des UG ont atteint, voire dépassé les objectifs fixés pour la saison. Les populations restent élevées et il convient de rester mobilisé sur ce sujet. 1 831 sangliers ont été prélevés à la chasse pour l exercice 2015-2016 (Objectif : 1 870). La carte ci-dessous, illustre la répartition des prélèvements de sangliers pour 100 ha boisés. Cette carte est cohérente avec la délimitation des «zones points noirs». Le plateau de Saclay et bordure Est du département sont les secteurs où les prélèvements pour 100 ha sont les plus importants. Le ratio prélèvement / objectif est présenté dans le tableau ci-dessous : 6,67 à 9,2 (2) 4,76 à 6,67 (3) 2,77 à 4,76 (3) 1,3 à 2,77 (3) Carte des réalisations 2015-2016 sangliers pour 100 ha, par unité de gestion Nom de l'unité de gestion Prélèvements saison 2015-2016 hors parc Objectif plan gestion % prélèvement/objectif BOUVILLE 209 250 84% CHALO-SAINT-MARS 38 55 69% CHEVANNES 174 150 116% DOURDAN 165 140 118% LA CELLE LES BORDES 9 10 90% LIMOURS 136 100 136% MEREVILLE 56 30 187% MILLY LA FORET 272 350 78% NOZAY 5 5 100% OLLAINVILLE 50 60 83% SAINT VRAIN 475 350 136% TIGERY 242 370 65% TOTAL 1 831 1 870 93% 5
Les prélèvements de sangliers oscillent entre 1 600 et 2 100 sangliers depuis plusieurs années. Le tableau des dégâts occasionnés par cette espèce, qui sera présenté plus loin, montre que l effort doit être maintenu. Le cerf Sur 166 attributions de cerf, 97 animaux ont été prélevés durant la saison 2015-2016. : Nom de l'unité de gestion Prélèvements saison 2015-2016 hors parc Attribution plan de chasse % prélèvement/objectif BOUVILLE 54 77 70 % CHALO-SAINT-MARS 0 0 0 CHEVANNES 5 12 42 % DOURDAN 0 4 0 % LA CELLE LES BORDES 10 15 67 % LIMOURS 10 30 33 % MEREVILLE 0 1 0 % MILLY-LA-FORET 17 25 68 % NOZAY 0 0 0 OLLAINVILLE 1 2 50 % SAINT VRAIN 0 0 0 TIGERY 0 0 0 TOTAL 97 166 58 % Contrairement aux deux espèces précédentes, le cerf n est présent que dans quelques parties du département comme l illustre la carte ci-dessous, des prélèvements par unité de gestion. 1,12 à 1,3 (1) 0,38 à 1,12 (1) 0,13 à 0,38 (1) 0,01 à 0,13 (3) Carte des réalisations 2015-2016 cerfs pour 100 ha, par unité de gestion 6
Les prélèvements de cerfs sont bien ciblés dans le département : massif de Bouville au sud du département et unité de gestion de Limours Chevreuse au nord-ouest où la population est en communication avec le massif de Rambouillet dans les Yvelines. Ces prélèvements sont globalement stables depuis 8 ans. Espèce de milieu ouvert, le cerf recherche en principe pour son alimentation les espaces de lumière. La fragmentation de l espace constitue une contrainte importante pour cette espèce de grande taille. Le daim Le daim consomme beaucoup d écorces, particulièrement en hiver. Il peut causer de gros dégâts aux peuplements forestiers, ce qui le rend indésirable à l état sauvage. Les prélèvements de daims sont anecdotiques : 17 animaux ont été prélevés dans le milieu naturel durant la saison de chasse.(15 animaux prélevés dans le cadre de régulation de parc) III - Incidences des populations de grand gibier 1 - Sécurité routière et ferroviaire Le risque d accident de la route ou ferroviaire est majoritairement dû aux collisions avec les sangliers. Depuis quelques années, les sociétés d assurance ne recensent plus ce type d accidents et aucune statistique sur la question n est donc disponible. Sur quelques routes, nous avons cependant régulièrement des informations et il se confirme que le nombre de collisions routières reste très important. Par ailleurs, la ligne du RER D Malesherbes Paris qui suit la vallée de l Essonne sur une grande partie de son trajet essonnien, est fréquemment concernée par des rencontres avec des sangliers. Plusieurs fois par an, des heurts sont signalés et leurs incidences sur les matériels roulants sont très variables, allant du simple choc tuant l animal jusqu'à l arrêt du train durant plusieurs heures. 2 - Dégâts aux cultures Les surfaces détruites par le grand gibier varient entre 100 et 200 ha depuis 10 ans, 122,07 ha en 2012-2013, elles sont de 121,54 ha pour la saison 2015-2016. Les coûts engendrés des indemnisations aux agriculteurs, également liés au prix des denrées, sont de 138 269,98 en 2015-2016. Les dégâts dus aux sangliers représentent 75,39% des surfaces détruites. Comme il était indiqué précédemment, l effort de maîtrise des populations de sangliers reste donc bien une priorité dans le département. Tout relâchement aurait des conséquences financières immédiates Les deux cartes ci-dessous représentent la répartition géographique des dégâts dus aux cervidés et dus aux sangliers pour la saison 2015-2016. 3 - Dégâts forestiers La présence des trois espèces de cervidés en milieu forestier, de par la pression qu ils exercent sur les régénérations en consommant les jeunes semis, peut compromettre l avenir des peuplements. Dans certains territoires, le recours à la protection de ces régénérations par des clôtures oblige à des investissements importants et réduit les surfaces disponibles aux animaux. 7
Ces dégâts non indemnisés à l heure actuelle, sont difficilement quantifiables et restent parfois méconnus. Des protocoles de suivis, dans les massifs domaniaux, devraient permettre d avoir des informations supplémentaires. Le sanglier n est pas exempt de responsabilités, car la consommation importante de fruits forestiers et notamment de glands peut être un frein important à la régénération naturelle des peuplements. L arrachage des plants pose également des problèmes. 14 900 à 28 100 (3) 4 400 à 14 900 (3) 100 à 3 200 (5) 4 300 à 14 300 (3) 1 400 à 4 300 (3) 100 à 1 400 (3) Dégâts sangliers par UG en Dégâts cervidés par UG en 250 Evolution des surfaces détruites (en hectare) par le grand gibier en Essonne 200 150 100 50 0 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 Sur le plan temporel, le graphique ci-dessus illustre l évolution des surfaces détruites et financées par la fédération des chasseurs pour le département. Ces surfaces sont relativement stables dans le temps avec des oscillations qui dépendent du niveau de population de sanglier, de la nourriture disponible et du climat qui agit sur les dates de semis et de récolte. 8
3 - Sécurité et perturbation des populations Pour des raisons diverses (caractère opportuniste de l animal, dérangement par la chasse ou la fréquentation des forêts, recherche alimentaire etc ), les sangliers fréquentent régulièrement les abords immédiats de zones habitées. Ces fréquentations sont à l origine de dégâts dans les jardins et induisent une certaine appréhension dans la population humaine même si les rencontres physiques sont heureusement très rares. L apport de nourriture tel que du pain ou autres denrées alimentaires, par certains riverains, favorise la présence des animaux, en périphérie immédiate des villes et modifie le comportement des animaux par un phénomène d apprivoisement. IV - Intervention des lieutenants de louveterie Compte tenu des nombreuses perturbations liées à la présence de sangliers, l État est fréquemment amené à intervenir pour procéder à la destruction des animaux ou les repousser dans des biotopes où leur présence est tolérée. Ces interventions se font généralement à la suite de sollicitations des maires, en première ligne sur ces questions. Les opérations sont menées par des lieutenants de louveterie dont le rôle est spécifiquement celui de gérer ces situations délicates. Au nombre de 4, pour 5 circonscriptions, dans le département, ils interviennent dans le cadre d arrêtés préfectoraux, majoritairement dans des zones où la chasse ne peut s exercer mais aussi, là où les chasseurs ne régulent pas suffisamment les populations et que les contacts avec les sociétés de chasse n ont pas permis d améliorer la situation. Au cours de la saison 2015/2016, 17 arrêtés préfectoraux ont été pris par le préfet de l Essonne valant ordre de mission pour les lieutenants de louveterie. CONCLUSION - PERSPECTIVES La saison de chasse 2015-2016, comme la précédente, est donc caractérisée par la place toujours croissante que prend le grand gibier et par l impact des populations de sangliers sur la sécurité et les activités agricoles. Les prélèvements ont été conséquents, les chasseurs prenant graduellement conscience de leur rôle dans la régulation des sur-populations de sangliers. Mais le financement des dégâts de grand gibier par les chasseurs, devient délicat compte tenu, d une part de l évolution du prix des denrées agricoles et de l augmentation des dégâts en corrélation avec celles des populations et d autre part de la diminution du nombre de chasseurs et donc des possibilités de financement. Par ailleurs, la gestion des sangliers en zone périurbaine devient chaque année plus délicate du fait de l absence de chasse et des difficultés pour intervenir en sécurité sur ces territoires.il appartient donc, à tous les acteurs du monde de la chasse de se mobiliser rapidement pour gérer au mieux cette question et assurer une chasse durable dans le temps en visant l équilibre agro-sylvo-cynégétique. 9
Coordonnées des principaux organismes : FICIF 3 rue Paul Demange CS 50005 78519 RAMBOUILLET Cedex 01 34 85 33 00 ONCFS Pavillon St-Brieuc-Auffargis BP 20 78612 LE PERRAY EN YVELINES 01 30 41 74 94 Association Départementale des Chasseurs de Grand Gibier de l Essonne Président : M. Martin 4 chemin des Berges Hameau de Marchais 91410 ROINVILLE 06 16 47 02 37 Lieutenant de louveterie Président : M. Sirou 06 73 68 23 41 Association départementale garde particulier piégeur agréé de l'essonne Président : M. Bedeau 2 sente du Vau 91780 CHALO SAINT MARS 06 07 59 37 09 10