THEME N 1 LE CORPS Niveau Grande Section maternelle CP OBJECTIF GENERAL Favoriser chez l enfant la connaissance, l appropriation et l appréciation de son corps sexué et de son identité sexuelle. OBJECTIFS POUR L ENFANT Reconnaître et nommer les différentes parties de son corps (schéma corporel). Percevoir l existence de parties externes et parties internes du corps sexué. Mettre en évidence l évolution des capacités physiques lors de sa croissance. Identifier les différences corporelles entre filles et garçons. Nommer de façon simple le sexe masculin et le sexe féminin : pénis vulve. REPERES POUR L INTERVENANT - Le développement psychosexuel infantile. Pour l enseignant, l intervenant, connaître les principales étapes du développement psychosexuel de l enfant permet de mieux comprendre l enfant là où il en est lorsqu on le retrouve en séquence d éducation à la sexualité. Freud a été le premier, au début du 19ème siècle, à parler de sexualité infantile pour «tout ce qui concerne les activités de la première enfance en quête de jouissance locale que tel ou tel organe est susceptible de procurer». Les différentes étapes décrites se succèdent mais l une n efface pas l autre : elles restent imprégnées chez chaque adulte et influenceront sa construction, sa sexualité, ses relations à autrui,... Les âges donnés le sont à titre indicatif, correspondant à la «moyenne» dans le développement infantile. 1) Le stade oral (première année). L acte de téter satisfait chez le tout-petit le besoin physiologique nutritionnel mais s avère aussi source de plaisir. C est la période où le plaisir est associé à l excitation de la cavité buccale (plaisir de succion auquel s ajoute ensuite celui de la morsure, oralité agressive). La pulsion correspondant à ce stade va petit à petit trouver sa source non seulement dans la bouche mais aussi dans le tube digestif et d une façon générale, les voies respiratoires et les organes sensoriels (stimulations liées aux voix, aux caresses, aux parfums, à la vue des êtres qui l entourent...). 2) Le stade anal (deuxième et troisième année). La zone érogène est la zone ano-rectale. C est pour l enfant la période d acquisition du contrôle des sphincters, avec le plaisir de rétention ou d expulsion des selles. Ce plaisir va se transformer petit à petit en plaisir à donner ou à posséder. L enfant se rend alors compte qu il et capable d exercer une certaine maîtrise sur les autres (en particulier ses parents). Ce stade va être dominé par des pulsions de maîtrise et d emprise. L enfant acquiert une certaine autonomie, s affirme : c est le défi vis à vis des parents dans le «non» si souvent prononcé. 3) Stade phallique (troisième et quatrième année). La source de la pulsion se trouve dans les organes génitaux. C est l âge de la masturbation et de la découverte de la différence des sexes. L enfant repère les organes génitaux externes et s interroge sur leur «différence». Il s agit au départ de l absence ou de la présence de pénis, c est à dire «en avoir ou pas». Le pénis peut être d ailleurs vécu non pas simplement comme un attribut génital lié au sexe masculin mais aussi comme un symbole de puissance. (texte de Mélanie KLEIN). 5
C est en même temps une période de déni de cette différence : le garçon repousse l angoisse de castration par la négation de l existence du sexe féminin et la fille imagine une croissance possible de son sexe. La curiosité sexuelle se développe, marquée par l expression à la fois d un certain exhibitionnisme et de voyeurisme. Ils s observent mutuellement les uns les autres quand ils sont nus, cherchent parfois à toucher les parties sexuelles d autres enfants ou de leurs parents (seins de la mère en particulier). Ils jouent «au docteur», pour savoir comment est fait le corps de l autre. L enfant élabore des théories sexuelles en réponse à ses premières questions : il imagine la fécondation par ingestion d aliments, par une exhibition mutuelle d organes sexuels, par la miction, par le baiser et la naissance par l anus, par le nombril,... Ils commencent à rire ensemble d histoires «pipi-caca» qu ils se racontent inlassablement. Au moment de l acquisition du langage, l enfant est capable d affirmer son identité sexuelle, c est à dire le fait qu il est fille ou garçon. 4) Stade oedipien (cinquième et sixième année). C est à partir de cette période que la sexualité de l enfant n est plus auto-centrée et qu elle va se tourner vers les autres en tant que sujets sexués pris dans leur globalité. Les élans amoureux du jeune enfant le portent vers le parent du sexe opposé, ce qui s accompagne de sentiments de haine, de rivalité, de culpabilité pour le parent du même sexe. Mais des élans amoureux de la même intensité le portent parfois vers le parent du même sexe et l amènent à ressentir une hostilité, de la jalousie pour le parent de l autre sexe. C est l âge où la petite fille veut épouser son père et le petit garçon sa mère. Ce n est donc pas une période facile à vivre pour l enfant qui oscille le plus souvent entre les deux attitudes décrites ci-dessus. Il va donc devoir s arranger avec tous ses sentiments contraires pour trouver un équilibre. Cette phase oedipienne reste toujours marquée par l angoisse de castration chez le garçon et par le désir d acquisition d un pénis chez la fille. La maturation oedipienne réussie permet à l enfant d intégrer la notion de l interdit de l inceste, interdit qui structure non seulement le groupe familial mais aussi la société toute entière. Le garçon va renoncer au désir de la mère et va s identifier au père, mû en cela par la menace de castration. La fille va prendre des distances avec son père, entre autres par peur de perdre l amour de sa mère. Elle va adopter les comportements de sa mère, conformément au rôle social que celle-ci occupe. L identité sexuée de la fille comme celle du garçon se trouvent ainsi consolidées. L un comme l autre ont accepté l idée de leur immaturité sexuelle, le rôle différent de leurs deux parents (ou des deux images parentales si les deux parents ne sont pas présents avec l enfant) et ont intégré les interdits fondamentaux. La période d exhibitionnisme se termine, remplacée par la pudeur à l extérieur de la famille. Ils se posent des questions sur la conception, la grossesse, le rapport sexuel, jouent au papa et à la maman (imitation du couple d amoureux, simulation du mariage, soins au bébé,...). OUTILS - Fiches Enfants 6 ans (n 1.a 1.b 1.c 1.d 1.e 1.f 1.g 1.h) - Fiches le corps et la croissance (n 1.i et 1.i bis) - Photographies de lui-même amenées par chaque enfant : une quand il était bébé et une plus récente. DOCUMENTS POUR LE CAHIER DE L ENFANT - Photocopie du dessin que l enfant a choisi plus un dessin du sexe opposé qu il pourra colorier après la séance. - Les deux photographies qu il a amenées, le cas échéant. PRE REQUIS, TRAVAIL PREALABLE A LA SEANCE En amont de cette thématique, l enseignant aura travaillé avec ses élèves sur les 5 sens. Ils apportent des informations, des sensations et des réactions de plaisir ou de rejet. Il est intéressant de mettre en évidence les différences individuelles de réactions suscitées par les odeurs, les goûts, les touchers, les sons... 6
PROPOSITIONS D ACTIVITES POUR LA THEMATIQUE Activité n 1 : L intervenant regroupe les enfants par 4 autour d une table (groupes mixtes). Chaque groupe reçoit 8 planches (n 1.a à 1.h) représentant des enfants nus de 5-6 ans. Chaque enfant doit choisir un dessin suivant la consigne «choisis le dessin qui te ressemble le plus». A tour de rôle, les enfants sont invités à présenter leur dessin et dire pourquoi ils l ont choisi. Note : souvent les enfants présentent d abord les similitudes de longueur de cheveux, de couleur de peau, etc... Avec ces dessins, la différenciation sexuelle apparaît rapidement car il n y a pas les distracteurs habituels qu on trouve sur les photos (vêtements, situations, jouets, etc...). Il est important que l intervenant souligne les similitudes et les différences. Ce faisant, il rassure sur l appartenance au groupe mais il valorise chacun qui est différent des autres. Conclusion : mettre en évidence que ce sont des enfants. Il y a des filles et des garçons, leur corps est différent. L enseignant peut également présenter des photos d animaux. Chez les animaux, il y a des mâles et des femelles, chez les humains, il y a des filles et des garçons. Chaque enfant doit pouvoir affirmer son identité sexuée. «Je suis une fille parce que...» «Je suis un garçon parce que...» Là encore, les différences de caractère, de jeux, de jouets peuvent être présentés par les enfants avant les différences anatomiques. On reviendra dans une autre séance sur les rôles et les stéréotypes sexuels. On se centrera donc dans cette séance sur les organes génitaux extérieurs qu on désignera sous leurs noms de «vulve» et «pénis» tout en accueillant tous les mots affectifs et familiers apportés par les enfants. Activité n 2 : Face au petit groupe d une dizaine d enfants, l intervenant présente les dessins (n 1.i à 1.i bis) représentant 3 stades du développement du corps sexué féminin et masculin. Questions aux enfants : - Que vois-tu sur ces photos? (garçon, fille, grand frère, grande soeur, papa, maman, etc...) - On remarque donc là encore qu il y a deux sexes différents : que se passerait-il si dans un pays il n y avait que des filles ou que des garçons? Plus de descendance, les deux sexes sont importants. - Comment peut-on regrouper les dessins? Voir si la notion d âge et de développement apparaît. Sinon proposer «on peut les regrouper par âge». les enfants les grands, les adolescents les adultes, les parents. Comment fait-on? Quelles différences a t-on repéré? Pilosité, morphologie, caractères sexuels secondaires. Conclusion : Il y a des garçons et des filles, des femmes, des hommes, et aussi des enfants et des adultes. Les adultes, les parents sont d une autre génération. (On verra ultérieurement l importance de la différence des générations dans l interdit de la relation sexuelle). Question : Dans cette classe, qui n est pas de la même génération que vous? Faire émerger l appartenance de l intervenant, la maîtresse, l ATSEM, etc... à une autre génération. Remarque : tout au long de ces activités, certains enfants n auront pas souhaité prendre la parole ou auront hésité à utiliser un vocabulaire relevant plus habituellement de la sphère privée. Bien pointer ces notions de «pudeur» et «d intimité». 7
«Pudeur et intimité» : on n aime pas forcément qu on nous regarde quand on est tout nu, faire pipi devant quelqu un. «Comment se sent-on?» «Est-ce que c est pareil si c est avec sa maman pendant la toilette ou si c était dans la rue?» Autres activités possibles : - Chaque enfant apporte une photo de lui bébé et une photo actuelle (ou une réalisée en classe, avec l accord des parents). On conduit une réflexion sur l évolution, la croissance, le lien vêtement/sexe, etc... - Chaque enfant emporte chez lui un des dessins de fille et un de garçon et l habille en dessinant ou collant des vêtements découpés dans un catalogue. Ceci permettra de répartir de ce matériel lors de la séance sur les rôles et les marqueurs sexuels. OBSERVATIONS. Pour ces activités, il est particulièrement important d être à l écoute des enfants, dans le respect de leur pudeur, tout en leur montrant que l on peut nommer sans gêne ni honte nos organes génitaux externes. On laisse les enfants proposer les mots qui leur sont familiers pour nommer y compris en langue d origine, les parties sexuelles du corps (zizi, quéquette, foufoune, zézette,...) qui devront bien tous être entendus et repérés par l intervenant. Il faut éviter les moqueries et pouvoir dire que, dans chaque famille, on a choisi des noms particuliers. Dans les différences, peuvent être cités les seins par les enfants, avec un vocabulaire très varié là aussi. Le fait de proposer les mots «pénis» et «vulve», permet d ouvrir les champs de vocabulaire et de voir avec les enfants qu il y a les mots affectifs propres à chaque famille, les mots familiers que tout le monde connaît et les mots plus scientifiques un peu plus difficiles d accès. Pour le pénis, on peut être amené à parler des petites «boules» qui l accompagnent, on peut les nommer (testicules). La vulve, souvent totalement inconnue des garçons et à peine moins des filles, peut être présentée comme une petite fente avec un petit trou au milieu. Tous ces points seront repris et détaillés lors de la séance sur la grossesse et la naissance, on expliquera alors le rôle des organes génitaux féminins. BIBLIOGRAPHIE Pour l adulte: - «Nos enfants ont aussi un sexe» - Stéphane Clerget Ed. Pocket Robert Laffont Paris 2001 Pour les enfants : - «Zizis et zézettes» - Vittoria Fachini Ed. Circonflexe mars 2000 - «Filles et garçons» - Catherine Dolto Ed. Gallimard Jeunesse Giboulées octobre 2007 FILMOGRAPHIE - «Le bonheur de la vie» - Folimage Valence 6, rue J. Bertin Valence 8
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