COMITE PERMANENT INTER-ETATS DE LUTTE CONTRE LA SECHERESSE DANS LE SAHEL PERMANENT INTERSTATE COMMITTEE FOR DROUGHT CONTROL IN THE SAHEL



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Transcription:

COMITE PERMANENT INTER-ETATS DE LUTTE CONTRE LA SECHERESSE DANS LE SAHEL PERMANENT INTERSTATE COMMITTEE FOR DROUGHT CONTROL IN THE SAHEL Bénin Burkina Faso Cap Vert Côte d Ivoire Gambie Guinée Guinée Bissau Mali Mauritanie Niger Sénégal Tchad Togo Rapport de mission Conférence des Parties (COP 18) de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) et 8 ème session à la réunion des Parties au Protocole de Kyoto (CRP-8) Doha, Qatar du 26 novembre au 7 décembre 2012

Introduction Doha a accueilli du 26 novembre au 7 décembre 2012, la 18 ème Conférence des parties (COP 18) de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) et la 8ème Conférence à la réunion des Parties au Protocole de Kyoto (CRP-8). La Conférence a attiré environ 9000 participants, dont 4356 personnalités gouvernementales, 3956 représentants d organes et institutions des Nations Unies, d organisations intergouvernementales et d organisations de la société civile, et 683 membres des médias. La délégation du CILSS qui a pris part à la COP 18 a mené plusieurs activités notamment : participer aux négociations, aux débats scientifiques et techniques sur le changement climatique promouvoir son expertise à travers la présentation de ses activités inscrites dans les programmes et projets (PRGDT, GCCA, FFEM/changement climatique, FERSOL, ISACIP/ClimDev, etc) identifier de nouveaux partenaires techniques évoluant dans le domaine du changement climatique participer à la mise en place d un mécanisme institutionnel pour le traitement des pertes et dommages subis dans les pays en développement en lien avec les effets néfastes du changement climatique. Cette rencontre internationale de Doha devrait essentiellement aboutir au lancement impératif de la 2 ème génération d engagement du protocole de Kyoto. Parmi les autres attentes de la COP 18, figuraient : l opérationnalisation du fonds Vert pour le Climat la mise en place de programmes approfondis de formation et renforcement de capacités dans la lutte contre les changements climatiques pour le développement durable l établissement de mécanismes et moyens financiers, techniques et technologiques pour l adaptation, l atténuation et le transfert de technologies. Bref aperçu et enjeux globaux des négociations sur le climat Etat des négociations En guise de rappel, la 17 ème Conférence des Parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements Climatiques qui s est tenue en 2011 à Durban en Afrique du Sud, s est achevée sur une grande décision sur la nécessité pour tous les pays de prendre des dispositions urgentes pour faire face à la menace grave, souvent violente et potentiellement irréversible du phénomène de changement climatique. Cette reconnaissance s est concrétisée par le lancement d un processus de préparation d un accord pour le post 2020 qui inclurait tous les pays et aurait force légale. Cette décision souligne également un besoin de coopération multilatérale accrue pour une réduction plus ambitieuse des émissions, afin de combler les écarts très importants, entre les efforts actuels, les profils d évolution des émissions globales, les objectifs à atteindre pour 2020 et au-delà selon ce que préconisent les rapports scientifiques du GIEC. Les pays sont incités à augmenter dans ce sens, le niveau d ambition de leurs actions dès 2013. Les résultats de Durban sont dans l essentiel (i) la création d une deuxième période d engagement au titre du Protocole de Kyoto, (ii) la décision en faveur d une action concertée à long terme au titre de la Convention, et (iii) l accord sur l opérationnalisation du Fonds Vert pour le Climat (FVC). Les parties ont également convenu de lancer un nouvel ADP ayant pour mandat «l élaboration d un protocole, un autre instrument juridique ou une conclusion concertée ayant force de loi au titre de la Convention, applicable à toutes les Parties». 2

Afin de parvenir à ces résultats, une plateforme de négociation «la Plateforme de Durban» a été créée. Elle est le résultat de nombreux compromis. La plateforme de Durban a réussi à concilier tous les intérêts des pays (développés, émergents et moins avancés) en proposant un accord modulable et juridiquement souple permettant à tous les acteurs de participer. Chaque groupe de parties allant à son rythme. Ainsi par exemple, certains pays (notamment ceux émergents) peuvent démarrer leurs engagements dans le cadre du nouvel accord post 2020. Les pays développés démarrent dès maintenant dans le cadre de la convention de Rio ou de la deuxième période du protocole de Kyoto. Quant aux pays les moins avancés, ils développeront des actions en fonction notamment des soutiens reçus. L une des principales difficultés de cette nouvelle négociation réside dans le consensus à trouver sur la forme juridique de l accord : protocole à caractère contraignant, accord à caractère volontaire, etc. Doha marquera une nouvelle ère dans les négociations sur le climat avec la définition des axes du Groupe de travail spécial de la Plateforme de Durban pour une Action Concertée (ADP) qui doit élaborer pour 2015, un accord sur un régime climatique post 2020 applicable à tous les pays. Enjeux pour le CILSS Le CILSS a bénéficié au titre de la période 2011-2014, de nouveaux financements auprès de l Union Européenne, de la France et la Banque Africaine de Développement, pour la mise en œuvre de nouvelles initiatives sur la Gestion des Ressources Naturelles et le changement climatique (AMCC/GCCA, PRGDT, FFEM/changement climatique, ISACIP/ClimServ). La COP 18i vient renforcer les acquis déjà enregistrés par le CILSS sur le sujet. La participation du CILSS à cette COP répond à la nécessité de (i) partage avec nos pairs du Monde et de mise à jour permanente des connaissances méthodologiques, techniques et scientifiques et (ii) de faire connaître les investissements et acquis enregistrés sur le sujet afin de réaffirmer le rôle de leadership du CILSS dans le domaine du changement climatique dans la sous-région, notamment en matière de renforcement des capacités (formation, information, plaidoyer, négociation, etc.). En outre, la COP 18 est un cadre utile au CILSS pour suivre l évolution des informations sur le changement climatique et participer aux négociations afin de jouer un rôle d appui efficace aux pays membres. Aperçu des négociations globales à Doha Bilan des négociations sur le Climat A la sortie de deux semaines de négociations, la majorité des délégations n affichaient pas réellement de sourire. La société civile non plus. Pourtant, si l on en croit un récent rapport scientifique commandité par la Banque Mondiale, si rien n est fait, le climat moyen mondial pourrait augmenter de près de 4 C à la fin de ce si ècle. Les négociations liées à la gouvernance climatique post Kyoto Un des résultats majeurs de la Conférence de Doha, est la reconduite pour 8 ans ((2012-2020) du Protocole de Kyoto (PK). Un nouveau régime climatique sera négocié pour l après 2020. Le PK, représente à ce jour le seul mécanisme juridiquement contraignant pour les pays émetteurs de gaz à effet de Serre et arrivait en effet à terme le 31 décembre 2012. Il s agit toutefois d un succès mitigé car beaucoup reproche au PK ses insuffisances en matière d atténuation des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) et de financement de l adaptation 3

dans les pays les plus touchés, notamment en Afrique. Le groupe dit parapluie (umbrella group) entraîné par les Etats-Unis, notamment n a pas fait les concessions attendues. Pour les pays africains, les résultats de Doha semblent insuffisants pour parvenir à l objectif acté à la conférence de Copenhague, de maintenir le réchauffement planétaire sous la barre de 2 C. En outre, cette seconde phase du PK n engagera que quelques pays dont ceux de l Union Européenne, l Australie, l Islande, la Norvège et la Suisse qui ne contribuent qu à environ 15 pour cent des émissions de gaz à Effet de Serre). Plusieurs pays gros pollueurs se retirent du PK à savoir la Nouvelle-Zélande et de la Russie qui suivent le Canada vers la porte de sortie et renforcent ainsi les rangs des grands émetteurs «boudeurs» de Kyoto, à l image des Etats- Unis, signataires du Protocole, mais qui ne l ont jamais ratifié. Les mécanismes de financements liés au climat La déception était au rendez-vous de Doha car rien de concret n est actuellement à l agenda des Pays développés afin d augmenter sensiblement les fonds disponibles pour l adaptation et l atténuation. Pour les pays Ouest Africains, un des enjeux de cette COP 18 était de comprendre quels seraient les mécanismes de financement mis en œuvre afin d arriver à la mise à disposition des pays en développement de l enveloppe du «fast-track finance») promis à Copenhague, qui devait être décaissé en raison de 30 milliards de dollars durant la phase transitoire 2010 à 2012 et 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. A l exception de l Union Européenne et du Royaume- Uni, aucun autre pays «riche» n a fait une annonce concrète. En dehors de l annonce sur l hébergement par la Corée du Sud du fonds vert pour le climat annoncé à Durban, aucune avancée significative ne peut être comptabilisée quant à l opérationnalisation de ce fonds. Aperçu des activités de l'équipe du CILSS Organisation des side events par le CILSS Présentation de la plateforme du CILSS sur le changement climatique et la gestion durable des terres. Elle a été faite par Dr Ablassé Bilgo en présence d une cinquantaine d invités dont la plupart étaient des ressortissants des pays du CILSS. La présentation a porté essentiellement sur les points suivants : (i) le cadre, l objectif et le contenu de la plateforme (ii) les cibles (iii) les initiatives passées ou en cours du CILSS dans le domaine du changement climatique et la gestion durable des terres (GCCA, FFEM/Changement climatique, ISACIP, PRGDT, AMESD, etc). A la fin de la présentation, les participants ont formulé plusieurs recommandations notamment : une large diffusion de la plateforme au niveau national, régional et internationale, la création d un lien entre la plateforme changement climatique et gestion durable des terres du CILSS avec les autres portails web nationaux sur le même domaine, une prise en compte du genre et des jeunes dans les synthèses thématiques de la plateforme, la réalisation d un focus sur la société civile dans l élaboration de la base de données. 4

Animation d un side event sur la promotion et la diffusion des connaissances scientifiques, techniques et des savoirs locaux en gestion durable de la fertilité des sols au Burkina Faso. Ce side event a été animé par Dr Jean Sibiri Ouédrapgo et Monsieur Jean Claude Ouédraogo. Cette présentation s est déroulée en présence de nombreux invités. Elle a porté essentiellement sur les points suivants : (i) le contexte et la problématique et la place du projet FERSOL dans les changements climatiques, (ii) les approches méthodologiques (capitalisation, stratégies de diffusion, etc) ; (iii) les résultats (base de données, documents de synthèse (catalogue des bonnes pratiques, livrets de capitalisation, modules de formation, etc.), identification des thèmes d études pour la recherche, interface webmapping, partage et diffusion, etc). A la fin de l exposé, les interventions des participants ont porté essentiellement sur la reconnaissance de la qualité de l utilité des produits et outils et sur la nécessité de dupliquer une telle initiative dans les autres pays du CILSS. A cet effet, il a été recommandé au CILSS de : - poursuivre les efforts pour étendre le projet à d autres pays et à d autres thématiques et ne pas se limiter uniquement à la gestion des terres, particulièrement à la gestion de la fertilité des sols ; - partager les acquis du projet FERSOL aux autres pays de la sous région par l intermédiaire des CONACILSS. Chaque pays de l espace CILSS doit s approprier ces acquis et en tirer le meilleur dans la gestion durable de la fertilité des sols. Par ailleurs les participants ont signalé l existence d autres initiatives similaires. Il s agit notamment de : - documents de capitalisation sur la gestion durable des terres de l IEPF (francophonie) qui est accessible sur leur site web ; - document de capitalisation sur la gestion durable des terres du PANA ; - la cartographie des projets d investissement élaborée par le Ministère de l Agriculture du Burkina Faso. 5

Participation au Side Event sur le programme Alliance Mondiale contre le Changement Climatique (AMCC) Dr Edwige Botoni a présenté une communication sur le projet Alliance Mondiale contre le Changement Climatique lors du Side Event organisé par l Union Européenne. Lors de sa communication, Dr Botoni a mis l accent sur les points suivants : (i) suivi du climat pour le downscaling des prévisions climatiques (ii) estimation des risques climatiques (iii) analyse de l impact du changement climatique (iv) identification des zones d adaptation (v) diffusion des meilleures pratiques d intégration des changements climatiques dans les stratégies de développement (vi) l appui de l Union européenne au CILSS pour le renforcement des capacités des pays. Il est ressorti des échanges, la nécessité de promouvoir une large diffusion des expériences du CILSS dans le domaine du changement climatique au niveau de la sous région. Synthèse de la participation du CILSS aux autres side events Thèmes Side Event Organisateurs Thèmes discutés Intérêt pour le CILSS Observations Des OMD aux ODD : mieux lutter contre le changement climatique, un enjeu clé pour l Afrique. Research and independent non governmental organizations. UN : Sustainable Solutions for Climate Action. Food Security in Dry Lands under a Changing Climate IUCN - International Union for Conservation of Nature: Benefits beyond REDD+, Réseau Action Climat Nations Unies IUCN Objectifs millénaires du développement, objectifs du développement durable L importance et la place de la recherche effectuée par les ONG indépendantes Changement climatique et gestion durable des terres, sécurité alimentaire Exemples de restaurations réussies au Ghana, Indonésie etc, rôle du «plantapledge» Le passage à «l aprés 2015» et les objectifs affichés pour l Afrique Ce groupe de travail se réunit quotidiennement le matin de chaque journée de COP et est une source d informations extérieures aux Parties pour suivre les négociations et les enjeux du point de vue de la société Connaissance des actions du système des NU dans les zones sèches et liées à la Sécurité alimentaire. Possibilité de faire venir des fonds de fondation (ici fondation Bianca Jagger) dans des institutions comme le CILSS, visibilité accrue 6

forests and agriculture: Landscape approaches to restoration UNCCD: The role of the UN in achieving Climate-Smart Agriculture OIF/IEPF: NAMAs : Élaboration d un guide et d une plateforme collaborative pour les pays francophones. Grande Muraille Verte (GMV) Collaboration entre le Burkina Faso et la Chine UNCCD et FAO Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Institut de l Environnement et de l Energie de la Francophonie (IEPF) FAO / Union Africaine GMV Chine (engagement des états dans restauration des sols et des terres Concept du Climate Smart Agriculture de la FAO Les NAMAs (Nationally Appropriate Mitigation Actions (en français: Mesures d Atténuation Appropriées au niveau National), exemples réussis (Monaco Tunisie) et présentation de la plateforme NAMA (http://www.namasguide.org/) Les perspectives du projet de la GMV Les appuis financiers et matériels entre le Burkina et la Chine Positionnement stratégique du CILSS au sein du système des NU dans la lutte contre désertification. Meilleure implication dans la mise en œuvre du futur «Climate Smart Agriculture» du NEPAD /UA. Thématiques d avenir dans la recherche de financements pour les pays africains et réflexions à engager dés à présent sur el rôle du CILSS dans l accompagnement des pays (via l IEPF et d OIF?) dans la rédaction de ces NAMA Perspective de collaboration dans la mise en œuvre du projet SAWAP de la Banque mondiale Amélioration du partenariat avec la GMV Meilleures connaissances du partenariat entre le Burkina (pays membre du CILSS) et la Chine Synthèse de la participation aux réunions de haut niveau Thèmes Organisateurs Thèmes discutés Intérêt pour le CILSS Observations Participation à la réunion du Segment de haut niveau présidée par les Emirs du Qatar et du UNFCCC Segments politiques des COP, discours des Ministres ou chefs de délégation, notamment des pays Positionnement stratégique auprès des délégations membres du CILSS et des potentiels représentants des PTF et de l aide bi et multi 7

Koweit, et de Ban Kimoon, Secrétaire Général des Nations Unies. Ouest Africains latérale Participation à la 8ème Session de la Conférence des parties servant de réunion aux parties du protocole de Kyoto. UNFCCC Segment concernant la suite du Protocole de Kyoto Positionnement stratégique auprès des délégations et des potentiels représentants des PTF Rencontres, échanges et contacts avec des firmes et associations internationales œuvrant dans divers thèmes du changement climatique Firmes / associations internationales Nature des échanges Intérêt pour le CILSS Observations /contact GERES Essentiellement concernant le jatropha Expertise pour mise en place de projets pilotes v.laubin@geres.eu Commission de l Océan Indien (COI) Liens entre COI et CILSS Relancer un partenariat qui existait mais qui est moins actif qu auparavant brice.montfraix@coi-ioc.org Union Africaine Concernant essentiellement la plateforme de la Grande Muraille Verte (GMV) Soumission à l appel d offre pour la mise en oeuvre de la dite plateforme TapsobaF@africa-union.com Délégation française Projets du CILSS, positionnement de l appui français actuel et futur Accroitre les conventions avec les opérateurs français Nicolas.beriot@eveloppementdurable.gouv.fr vasseurd@afd.fr Institut Oïkos Participation à la préparation d un séminaire scientifique sur Agriculture africaine et changement climatique en avril 2013 à Ouagadougou Enjeux du potentiel de production de la canne à sucre en Afrique de l Ouest Dr Arthur RIEDACKER, Directeur de recherche INRA, Prix Nobel (Groupe auteurs GIEC), a.riedacker@wanadoo.fr 8

Actions de visibilité Animation d un stand CILSS Le CILSS a animé pendant la COP 18, un stand pour présenter les activités de l institution dans le domaine du changement climatique. Plus de 300 documents comprenant des dépliants, des brochures, des plaquettes d information sur les programmes et projets du CILSS en matière de changement climatique (AMCC/GCCA, PRGDT, FFEM/changement climatique, FERSOL, ISACIP/ClimServ, etc), ont été distribués aux visiteurs du stand. Les activités majeures de ces projets ont aussi été réalisées sous forme de posters et présentés aux visiteurs du stand. Ces derniers étaient des participants de la COP représentant les pays africains, les Organisations Non Gouvernementales, mais également des scientifiques et des universitaires. Interviews Des membres de la délégation du CILSS ont été interviewés lors de la COP : Drs Edwige Botoni et Sibiri Jean Ouédraogo ont été interviewés par une journaliste de AFRICABLE sur les activités du CILSS dans le domaine du changement climatique et aussi sur les attentes du CILSS par rapport à la conférence de Doha. Interview du Dr Sibiri Jean par la Radio Télévision du Groupe L Avenir / République Démocratique du Congo sur le CILSS et la COP 18. Dr Sibiri Jean Ouedraogo sur le plateau audio visuel organisé par par l UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change). L interview a essentiellement porté sur les missions et les pôles de service du CILSS, les activités phares du CILSS en matière de changement climatique et les attentes du CILSS à la COP 18. Papa Oumar Dièye par Radio Qatar (Section Française) sur les activités du CILSS. Autres activités de la délégation du CILSS Participation de l équipe du CILSS à la journée du CRDI/IRDC-UK Aid le 02 décembre 2012 à l Hôtel Sheraton. Il s agissait d une journée d information sur l Initiative de recherche concertée sur l adaptation en Afrique et en Asie (IRCAAA) qui sera lancée en 2013. Cette initiative de recherche sur le changement climatique devrait permettre de (i) générer des connaissances nouvelles, (ii) renforcer l expertise en adaptation et (iii) promouvoir la mise en œuvre des résultats de recherche. Elle sera dotée de 70 millions CAD sur un investissement conjoint DFID et CRDI de sept (7) ans (2013-2019). Elle a pour objectif d aider les populations vulnérables du Canada et des pays en développement à s adapter aux changements climatiques. Elle vise à renforcer la résilience des populations vulnérables et de leurs moyens de subsistance en Afrique et en Asie en soutenant des consortiums de recherche en charge de produire des résultats en adaptation pour éclairer les politiques sur les stratégies et les pratiques d adaptation. 9

L initiative, qui prendra fin en 2019, bénéficie du soutien conjugué du CRDI et du Department for international development (DFID) du Royaume Uni. Le lien suivant permettra de suivre l appel : http://www.idrc.ca/fr/programs/agriculture_and_the_environment/cariaa/pages/default.aspx Participation à la journée de la forêt (Forest DAY)/CIFOR Cette journée a été marquée par l organisation d une table ronde sur le REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts). Cette rencontre a insisté sur l importance de la déforestation dans le monde. Les activités humaines sont les facteurs directs de la déforestation. L agriculture y contribue pour 80% à travers le monde. En Afrique subsaharienne, l agriculture représente 1/3 de la déforestation. Les autres facteurs tels que l exploitation minière, les infrastructures et l expansion urbaine contribuent aussi de façon considérable à la déforestation dans cette partie du continent africain. Les conclusions sur les tendances mondiales de la dégradation indiquent que l'exploitation du bois (commerce) et les activités d exploitation forestière représentent plus de 70% du total de la dégradation. La collecte de bois de chauffage, de production de charbon de bois, et le pâturage du bétail, dans une moindre mesure, dans les forêts sont les facteurs les plus importants de la dégradation de grandes parties des forêts de l'afrique. Participation à la journée de l agriculture (agriculture DAY)/CGIAR-ICRAF) Une table ronde sur le thème «Par quelles voies l'adaptation peut soutenir l'atténuation du changement climatique» a été organisée à l occasion de cette journée. Les panélistes ont souligné l importance des petits producteurs dans les systèmes de production agricole et le rôle de l'agriculture dans l'économie. Les panélistes ont également invité les chercheurs à se pencher sur les points suivants : Comment faire pour augmenter la production alimentaire pour répondre à la demande tout en minimisant les émissions de GES sans perturber les moyens de subsistance locaux? L'expansion des terres agricoles : Comment éviter le déboisement et la dégradation des forêts? Comment mettre en place des systèmes durables de gestion des terres? Quelles stratégies pour l Utilisation de technologies appropriées et des options politiques adéquates? Comment s'assurer de la pertinence des stratégies de développement? Conclusions et suite à donner à la mission La participation du CILSS à la COP18 tenue à Doha a permis de rendre visible les acquis du CILSS en matière de changement climatique et de promouvoir son expertise à travers la présentation de ses activités inscrites dans les programmes et projets (PRGDT, GCCA, FFEM/changement climatique, FERSOL, ISACIP, etc). En effet, la délégation du CILSS qui a pris part à cette COP, a porté très haut le flambeau de l institution à travers les side events et l exposition qu elle a organisée. Par ailleurs, les prestations et les interventions des experts ont été fortement appréciées lors des tables rondes. Ceci démontre une fois de plus, la vitalité et le dynamisme de l institution. Cette participation a aussi permis de nouer de nombreux partenariats utiles à la conduite de nos initiatives sur le changement climatique. Les différents side events organisés par l Institution ont permis de recueillir des recommandations utiles qui pourront être transformées en activités afin de renforcer la visibilité du CILSS dans les pays et aussi renforcer nos appuis aux pays. Une recommandation importante qui a émergé au cours d un des side events a été l interpellation du CILSS afin qu il constitue un groupe de pression et d intérêt composé par les pays sahéliens qui n ont pas les mêmes réalités environnementales que les autres pays africains. Cette question méritent d être murie afin d orienter l élaboration des outils d appui aux négociations prévue dans le cadre du GCCA. 10

Au cours de l année 2013, la plupart des initiatives du CILSS sur le changement climatique auront produit d importants résultats qu il convient de diffuser à la prochaine COP (COP19) prévue en 2013 à Varsovie en Pologne. Il faudra pour ce faire s y prendre tôt dans l organisation de la participation du CILSS et impliquer l ensemble des cadres du CILSS dans l organisation commune des side sevent avec les partenaires (AMCC/GCCA, FFEM/changement climatique, ISACIP/ClimServ, etc), la production de documents de visibilité etc. Il faudra par ailleurs prendre les dispositions pour une inscription à temps pour les stands d exposition, aux side events, etc. La présente COP n a pas connu une participation du high management en raison d un conflit d agendas avec la réunion du RPCA. Dans la mesure du possible, cette participation est souhaitable à la prochaine COP afin de porter le message de la sous région dans le segment de haut niveau. La participation du high management est aussi importante pour rencontrer d autres décideurs politiques en vue de renforcer le partenariat. Annexes Composition de la délégation du CILSS Nom Prénom fonction Site Période de participation Papa Oumar DIEYE Ourbak Timothée Ablassé Bilgo Expert Communication, Centre Régional Agrhymet Expert changement climatique Expert changement climatique AGRHYMET 24 Novembre au 9 décembre 2012 AGRHYMET 2 au 9 décembre 2012 AGRHYMET 24 Novembre au 9 décembre 2012 Maguette Kaire Expert forestier AGRHYMET 26 Novembre au 5 décembre 2012 Sibiri Jean Ouedraogo Expert, Gestion INSAH 25 Novembre au 5 des ressources décembre 2012 Naturelles, Edwige Botoni Ouedraogo Jean claude Expert Gestion des ressources naturelles, Expert informaticien, Secrétariat Exécutif Secrétariat Exécutif 24 Novembre au 1er décembre 2012 2 au 8 décembre 2012 Source de financement GCCA FFEM/CC FFEM/CC GCCA GCAA/FERSOL GCCA FERSOL 11