Charente-Maritime SAINT-DENIS-D'OLERON Phare de Chassiron. Fiche signalétique

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Charente-Maritime SAINT-DENIS-D'OLERON Phare de Chassiron D. DOC 2 Fiche signalétique Localation : Charente-Maritime - Saint-Den d'oleron (département, commune) Dénomination : Phare de Chassiron (fonction + appellation) Adresse : 17650 Saint-Den d'oleron (lieudit, voirie, n..) Références cadastrales : G 842 Type de protection extante : f immeuble non protégé D immeuble protégé MH intitulé : date : Coordonnées Lambert : X= 310 124m Y- 2123 191m site protégé intitulé : site inscrit date: 14 mai 1970 D autres (ZPPAUP, POS, secteur sauvegardé) intitulé : date : Utilation actuelle : Phare et musée Statut de la propriété : publique D privée Epoque(s) de construction : XIXe Epoque(s) de restauration (remaniement) : Date(s) : 1836 Date(s) : Maître(s) d'oeuvre : Lescure-Bellerive Catégorie : génie civil Etat de conservation : complet J vestiges G restauré remanie Etat sanitaire : bon n mauva état Ouverture au public : D en péril oui D non

Charente-Maritime SAINT-DENIS-D'OLERON Phare de Chassiron D. Doc 3 Htorique Les nombreux naufrages de vaseaux royaux et la proximité de l'arsenal de Rochefort incitèrent Colbert à bâtir des tours à feu aux Baleines sur l'île de Ré en 1682 et à Chassiron sur l'île d'oléron en 1685. D'une hauteur de 33 m, la tour de Chassiron présente deux foyers de hauteur différente ce qui la dtingue des feux de Cordouan et des Baleines. Extrait de FICHOU, LE HENAFF, MEVEL. Phares, htoire du balage et de l'éclairage des côtes de France. Chasse-Marée, 2006 Plan du phare de Chassiron en 1716. A celte époque où rien ne ressemble plus à un feu qu'un autre feu, les rques de confusion entre deux phares - accentués par l'incertitude- de l'estime - sont loin d'êire négligeables. C'est pourquoi certains établsements sont dolés d'un double foyer. Ainsi équipé, le phare de Chassiron se différencie de celui des Baleines, qui. lui, n'a qu'un seul brasier Alimentés en bo toute la nuit par les gardiens, ces feux étaient protégés par des cages en fer pour empêcher les bûches de s'envoler avec le vent. La faible luminosité et la difficulté d'approvionnement de ces feux de bo conduiront à leur remplacement par des réchauds à charbon en 1716. En 1778, la tour est remaniée et une nouvelle armature en fer de 5,20 m présentant 16 faces vitrées coiffée d'une coupole munie d'ouvertures pour l'évacuation des fumées est installée (cf Annexes plans et archives : dessin de la plateforme et du fanal d'après le relevé de M, Dor le 30 janvier 1824 et description de 1812). Pendant l'empire, le désengagement de l'admintration est sensible. On renonce à ériger de nouvelles tours et on néglige même l'extant d'autant plus que les feux pouvaient servi l'ennemi.

C'est ainsi que l'on s'emploie à supprimer les rares feux qui extent : celui de Stiff est éteint lors du blocus du port de Brest et Chassiron éteint provoirement en 1809 pu définitivement le 17 mai 1811 en raon de la présence des angla dans le pertu d'antioche. Les Baleines seront également éteints. Un rapport de 1813 décrit l'état de l'édifice et indique qu'il serait utile de donner plus d'intensité à la lumière. Le phare est bien placé ma le parement extérieur est en mauva état. L'intensification du trafic maritime autour du port de La Rochelle exige une signalation que la tour à feu n'apporte plus. Un état des navires qui ont fait naufrage à l'entrée du Pertu établi le 23 octobre 1833 sur une période de 1810 à 1833 dénombre 15 navires naufragés, 1 équipage complet noyé, la perte de près d'une trentaine d'hommes et de toutes les cargaons (Cf. annexe archives). Entre 1824 et 1832 plusieurs mémoires et dossiers sont établ qui mettent en balance le projet d'exhaussement de la vielle tour avec la construction d'un nouveau phare. En l'occurrence, l'admintration toujours soucieuse de faire des économies, avait d'abord songé à exhausser la vieille tour de Vauban de 20 mètres environ car il fallait que l'appareil de 1er ordre se trouve à une hauteur de focale minimum de 56 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ma le prix élevé de ces travaux et le caractère aléatoire du résultat longuement développé dans le «mémoire à l'appui du projet de reconstruction du phare du 25 janvier 1832» (Cf. annexe archives), ont conduit l'ingénieur Leclerc à proposer la construction d'une nouvelle tour. Le projet définitif de Lescure-Bellerive est présenté en mars 1833 et les travaux adjugés neuf mo plus tard au sieur Jean Baptte Meunier entrepreneur à La Rochelle (affiche d'adjudication du 11 novembre 1833, et adjudication en date du 11 décembre 1833 pour la somme de 161 586 francs + 16 000 f pour la pose de la lanterne et du paratonnerre). Ce dernier a sans doute obtenu le chantier grâce au raba de 10,50% qu'il a proposé. Dans les faits, cette somme sera largement dépassée car le montant définitif atteindra 211 788 f (voir le décompte des travaux du 25 février 1837 avec les diverses observations justifiant le surcoût des travaux ainsi que les problèmes d'approvionnement liés à l'absence d'accès). La première pierre est posée le 4 septembre 1834 et le phare de Chassiron sera achevé en 1836 en même temps que celui de la pointe de Fagnet à Fécamp allumé le 1er juin 1836 et celui de Batz, le 1 er octobre. Le phare de 1 er ordre de Chassiron sera quant à lui allumé le 1 er décembre de cette même année. Le plan adopté pour le phare de Chassiron est identique à celui de Goulphar à Belle île en Mer de Léonor Fresnel, Ce dernier, fort de son expérience et des difficultés rencontrées sur ce chantier avec les hommes sur place, assurera largement la diffusion des calques de son plan type de phare de 1er ordre. Ainsi, de nombreux ingénieurs qui participent au vaste programme décidé par la commsion de 1825 s'inspireront t-ils de ce modèle que l'on retrouve à Batz, Sein, Penmarc'h, Yeu, Biarritz, Le Pilier et Chassiron. Ils se présentent tous sous la forme d'une tour sobre et élancée, cerclée d'un bandeau plus ou moins accusé et sommée d'un couronnement encorbellé à astragale et congé portant balustrade en fer forgé. 0 Extrait âe l'ouvrage FICHOU,LE HENAFF,MEVEL.Phares, Htoire du balage et de l'éclairage des côtes de France, Ed. Chasse-marée, 2006

L'admintration prenant en charge les gardiens de phare, il convenait de leur offrir un logement décent. Entre 1850 et 1880, elle se lance dans de vastes opérations de construction de logement ou l'amélioration des habitations extantes. Ces habitations sont réalées selon des critères formalés plus tard par Wattier, auteur d'un «cours de travaux maritimes». Il stipule qu'il est indpensable d'avoir des maons séparées par ménages pour les dputes entre les femmes. Il conseille de marquer la maon du gardien chef par un détail tel qu'un pignon plus élevé...a Chassiron, la servitudes formant rotondes au pied de la tour seront surélevées en 1851 (Cf. état estimatif des travaux du 10 novembre 1849 de l'ingénieur Botton et leurs rectifications par l'ingénieur en chef Job du 30 mai 1850 pour une somme évaluée à 9 651,61 f ainsi que les plans). Le 16 septembre 1851, on note l'intervention de M Reynaud sur ce chantier qui fait quelques observations lors de son passage à La Rochelle sur la corniche pas assez saillante, l'attique dproportionné, la dposition des salles (avec dessin joint)... Ces nouveaux logements sont meublées et aménagés en 1854. De nouvelles réparations ont lieu en 1856 à l'intérieur des bâtiments dépendants du phare réalés en régie. En 1880, une nouvelle couverture en zinc est posée par M. Révol, plombier zingueur à La Rochelle. André Blondel a perm des avances significatives sur la perception physiologique des lumières brèves qui ont conduit à remplacer progressivement les feux fixes. Dans un premier temps ces travaux ont surtout concerné les grands feux indpensables à la pêche hauturière et en 1910, il extait encore 456 feux fixes ou directs en Manche et dans l'atlantique. Cependant, à la veille de la 1ère guerre mondiale tous les grands feux d'atterrsage voulus par le programme de 1825 seront équipés de lumières avec éclats ou occultations. A Chassiron, ce changement s'est opéré le 27 septembre 1891. Quelques années plus tard, un nouveau système est prescrit, l'éclairage de l'incandescence par le gaz d'huile à haute pression en remplacement de l'éclairage au gaz. Le 2 avril 1895, l'ingénieur en chef Vicaire prépare un dev pour l'installation d'une usine pour la fabrication du gaz d'huile (montant : 3 000 f). Le phare est donc équipé d'une unité de production de gaz d'huile. Cette installation comprend une salle des chaudières, une salle des épurateurs, un gazomètre de 5 m3 avec réservoir de surcharge; un gazomètre de 25 m3 et un réservoir d'eau de 10m3. PICHOU J-C, LE HENAFP S-, MEVEL X. PHARES HISTOIRE DËO BALISAGE ET DS L'ECLAIRAGE DES COTES DE FRANCE. Chasse-Marée. 2005 Le phare de Chassiron est équipé en 1895 d'une unité de production de ga7 d'huile. Cette installation comprend une salle de» chaudières, «ne salle des épuratcurs, un gazomètn de 5 mètres cubes avec un réservoir de surcharge, un gazomètre de 25 mètres cubes et un réservoir d'eau de 10 mètres cubes. L'édicule blanc, au premier plan à gauche, esi la vespasienne des gardiens.

Depu 1895, le carbure de calcium est produit industriellement au moyen de pusants fours électriques ce qui rend facile la fabrication d'acétylène, gaz inflammable dégagé par le carbure de calcium m en contact avec l'eau. Dès 1855 Georges de Joly, ingénieur au service central se charge des premières expériences et le seul essai à grandeur réelle est tentée à Chassiron à partir du 15 novembre 1902, expérience qui sera interrompue en 1905. Le gaz est fabriqué dans une nouvelle usine comprenant un petit bâtiment vertical, deux gazomètres et un réservoir d'eau sur.pylône su de l'ancien système. Ce gaz est ensuite dirigé vers des brûleurs à manchons au sommet du phare à la tombée de la nuit. Des wagonnets montés sur rails permettaient alors de jeter (lait de chaux) jusqu'à une fosse voine. L'ancienne usine quant à elle, devient un lieu de stockage pour les bidons de carbure de calcium. En 1926, le phare sa coloration en bandes noires et blanches. 3 bandes noires de 6 m de hauteur sont peintes sur le fut. Cette peinture ressortait de directives nationales et d'une campagne initiée en 1890 par le service des phares Tous les amers sont concernés ma aussi le beau granit des phares. Malgré une circulaire de 1891 et une demande instante des marins qui avaient du mal à repérer la phares, les responsables opposèrent quelques réticences et la plupart des tours échappèrent au badigeonnage. Ma pas Chassiron qui par cette signalation se dtingue des Baleines peint en blanc. En 1930, le 1er octobre à 19 heures, un nouveau feu électrique est m en place, Cela représente un véritablement tant pour les marins que pour les gardiens. Côté mer, une ampoule électrique de 40 cm de hauteur et de 24000 watts rend le phare vible jusqu'à 52 km par temps clair, Une alarme prévient les gardiens en car de panne. L'installation d'un groupe électrogène et des transformateurs exigent de nouvelles formations pour les gardiens. La rotation de l'optique étant assurée par un moteur électrique et la lampe surveillée par une alarme. Les gardiens n'ont plus à rester la nuit dans la chambre de veille. Le dernier gardien part de Chassiron en 1998, désorma ce phare, comme les autres, est télécommandé et télésurveillé depu La Rochelle, Enfin, ce bâtiment a fait l'objet d'un délégation de service public par l'etat auprès de la commune de Saint Den qui en a la gestion tourtique depu 1999. Depu le mo d'avril 2007, le site de Chassiron a été entièrement réhabilité, les jardins ont été réaménagés et un musée a été crée au premier étage du phare. La maon des gardiens du phare, appelée "maon de la pointe" à été rénovée. Elle abrite aujourd'hui des expositions temporaires et des ateliers pédagogiques destinés à faire découvrir aux enfants et aux adultes, les richesses du milieu marin. Travaux récents : (optique tournante sur bain de mercure), modernation du phare avec regroupement des équipements dans un local technique situé dans un quartier de la rotonde au pied du phare.

Charente-Maritime SAINT-DENIS-D'OLERON Phare de Chassiron D. Doc 4 Description Hauteur du phare au dessus des hautes mers : 50 m. Taille générale : 46,20 m. Hauteur moyenne : 43m. Tour cylindrique en maçonnerie lse centrée sur un soubassement en maçonnerie de pierre de un niveau. Surélevé à deux niveaux en 1851,Corniches et moulures. Le fut se termine par un congé et une astragale. Rambarde métallique. La lanterne est peinte en noir. Bâtiments annexes, chenil, salle technique, magasin. A côté : sémaphore de la Marine. Terrain. Inscription dans le phare : 1er XII 1836. Le phare actuel fut édifié dès 1834 et m en service le 1er décembre 1836, comme l'atteste l'inscription au-dessus de la porte d'entrée. Pour sa construction, on a utilé du sable des dunes alentours et des pierres de la carrière de Crazanne. 189 des 224 marches sont en granit de Vendée. Les autres sont métalliques. L'architecture du phare est sobre. C'est une tour cylindrique blanche à l'origine. Ce n'est qu'en 1926 que tro bandes noires de six mètres sont peintes pour dtinguer le phare de Chassiron du phare des Baleines. Il est percé de six ouvertures ouest et six autres à l'est. La plate-forme est surmontée d'une lanterne éclairée par une lampe au xénon de 250 W et qui brille d'un feu à éclats blancs 10s. Sa portée est d'environ 52 km. A côté de la tour, des constructions ont été aménagées pour abriter l'annexe de la salle des machines, la salle des moteurs et le magasin à carburant. Phare de CHASSIRON ÉLÉMENTS POSmON ET DESCRIPTION CARACTÈRES PORTEES [mille;! HAUTEURS (mètres) RENSEIGNEMENTS COMPLÉMENTAIRES AMER «l'extrémité Nord-Ouest de l'île d'oiéron Sur ta pointe de Chassiron U6' Q2* 5l", 77 N - Or Ji-?2".3i W Tour cylindrique «n naçonnerie lse sur un satinent cylindrique en maçonnerie! se Bandes. 'srizontaies, aï ternet^ïsten t nni r s; :'anc 19 ^,Go 53 'id Dans «b*t;«.mt a, Oied <ie la tour. avec chambre pour le personnel de passage - 25 m environ au Sud-Ouest de la tour, constructions dont l'annexe de la salit le magasin à carburant Superficie de Tétabl seraent :?9699r?2 Régime juridique : Domaine Public Maritime FEU Sur la tour Sonnai : Lent 8 P au 1/6 f = 0.92 m Prmes fle relèvement des faceau» Lampe 1 r-'o» - 115/ZCO V /isiits iclats ânes L = 0,2 s 0 = JL9 _s T = ET s 28 "3,00 50,10 2 100 000 cd Masqué partiellement par la forêt des Saumonards et les bo de Saint-Pierre d'oléron dans un secteur de 5H' environ entre ses relèvements approiimati f: Lampe «0 W - 12 V nent de 0" a -f 10* Gardé *' TENTATION jjoraialj : Secteur 127/220 V - 50 Hz triphasé Secours : Groupe électrogène 127/220V - 50 Hz- 6,25 kva triphasé Accumulateur 12 V - 80 Ah LIAjSCW Téléphone -cet s «orraal

Charente-Maritime SAINT-DENIS-D'OLERON Phare de Chassiron D. DOC 5 Synthèse Le phare de Chassiron construit entre 1834 et 1836 sous la conduite de l'ingénieur Lescure Bellerive est venu remplacer une tour me en service en 1685 pour assurer la signalation de cette passe particulièrement dangereuse dans le pertu d'antioche, commandant en outre l'entrée de l'arsenal de Rochefort. La première pierre est posée le 4 septembre 1834 et sa me en service est effective le 1er décembre 1836 avec une lampe à huile et appareil lenticulaire pour feu fixe de 1er ordre. La construction une nouvelle tour est décidée après que l'admintration des phares ait projeté de surhausser la vieille tour. Toutefo son emplacement trop proche de la côte de plus en plus attaquée par la mer, le mauva état des maçonneries et le caractère aléatoire de cette solution ont conduit à la démolition de ce premier phare et à la construction d'un phare de 1er ordre tels que la commsion de 1825 les avait préconés en adoptant le plan de phare construit par Léonor Fresnel à Goulphar (Belle île en Mer). Une rotonde à sa base sert de logement aux gardiens. Elle mesure 16,50 mères de diamètre est indépendante de la tour. Le fût, sobre et effilé, abrite un escalier de 224 marches (184 en granit et deux échelles de meunier de 17 et 18 marches), une pièce de stockage et une chambre de veille. La lanterne avec son paratonnerre s'élève à 50 mètres au-dessus des hautes mers et 43 mètres au-dessus du sol. La hauteur totale de la tour est de 46, 20 mètres au-dessus du sol. La rotonde sera surélevé d'un étage en 1851 et recouverte d'une couverture en zinc en 1880. Les maçonneries de cette tour sont en moellon et s'enracinent à 2,80 mètres dans le sol et les pierre de granit sont taillées en queue d'aronde pour assurer solidité et étanchéité des murs. Peinte en blanche au départ, la tour a été dotée de tro bandes noires de six mètres en 1936 pour mieux la dtinguer des phares voins. Dès l'origine, Chassiron a été équipé des dernières technologies en matière d'éclairage. Le premier système se compose d'une lampe à huile végétale (colza) de 6 mèches équipée d'une pompe et fonctionnant comme une horloge. Un régulateur à ailette permet l'alimentation en huile. Le 27 septembre 1891, Chassiron est un des premiers phares a être équipé avec des lentilles à échelons dites de Fresnel (appareil lenticulaire à éclipse de 10 en 10" de 1er ordre monté sur galets). En 1895, une usine à gaz d'huile est installée au pied du phare et c'est à Chassiron que l'on expérimente l'incandescence du gaz d'huile dans un manchon. Par la suite, de 1902 à 1905 et à titre expérimental encore, la lampe du phare de Chassiron utile le gaz d'acétylène qui a pu être stocké sans rque d'explosion à partir de 1899 grâce à l'utilation d'une matière poreuse garnsant les citernes. Une seconde usine est construite à côté de la première. L'acétylène est produit dans un gazogène de 1,50 m de haut et 70 cm de diamètre en ajoutant du carbure de calcium à de l'eau. Le gaz est dirigé vers un gazomètre et le résidu (lait de chaux) récupéré dans un wagonnet et évacué dans un fosse. Le 1er octobre 1930, un système d'éclairage par ampoule électrique de 24000 watts est m en place, ultime bouleversement technologique. Des transformateurs sont installés dans l'ancienne usine à gaz d'huile. Depu, des ampoules de plus en plus performantes vont se succéder offrant une intensité lumineuse de plus en plus pusante : 18 juin 1936, ampoule électrique de 1000 W à incandescence; 26 juin 1952, me en place de prmes de relèvement pour faceaux aériens; 10 avril 1958, ampoule électrique de 1500 W à incandescence; 1er janvier 1986, ampoule électrique de 650 W aux halogènes; 1998, automatation du phare, ampoule électrique de 250 W aux halogénures métalliques. NB : il ne reste de l'ancien phare qu'une modeste maon de gardien du 17 ou du 18ème siècle (les hangars, logements en brique et blockhaus ont été détruits). Elle a été restaurée en 2007 par le conseil général et sert de salle de réception pour la commune. Elle abrite une somptueuse cheminée datée de 1588 et provenant d'une riche demeure occupée au 18ème siècle par les sœurs de la Sagesse devenu aérium et maintenant démoli. Proposition de protection : Classement de ce phare, le premier phare de 1er ordre construit sur nos côtes, siège d'expérimentation des différents systèmes d'éclairage. Poitiers, le 16 novembre 2010 Brigitte Montagne, Chargé d'études documentaires principal

Charente-Maritime SAINT-DENIS-D'OLERON Phare de Chassiron Propriétaire : L'ETAT, délégation de service public auprès de la commune de Saint Den qui en a la gestion tourtique depu 1999 Protection extante : site inscrit 14 mai 1970 Présentation : Brigitte Montagne RAPPORT Le phare de Chassiron construit entre 1834 et 1836 sous la conduite de l'ingénieur Lescure Bellerive est venu remplacer une tour me en service en 1685 pour assurer la signalation de cette passe particulièrement dangereuse dans le pertu dantioche, commandant en outre l'entrée de l'arsenal de Rochefort. La première pierre est posée le 4 septembre 1834 et sa me en service est effective le 1er décembre 1836 avec une lampe à huile et appareil lenticulaire pour feu fixe de 1er ordre. La construction d'une nouvelle tour est décidée après que l'admintration des phares ait projeté de surhausser la vieille tour. Toutefo son emplacement trop proche de la côte de plus en plus attaquée par la mer, le mauva état des maçonneries et le caractère aléatoire de cette solution ont conduit à la démolition de ce premier phare et à la construction d'un phare de 1er ordre tels que la commsion de 1825 les avait préconés en adoptant le plan de phare construit par Léonor Fresnel à Goulphar (Belle île en Mer). Une rotonde à sa base sert de logement aux gardiens. Elle mesure 16,50 mères de diamètre, est indépendante de la tour. Le fût, sobre et effilé, abrite un escalier de 224 marches (184 en granit et deux échelles de meunier de 17 et 18 marches), une pièce de stockage et une chambre de veille. La lanterne avec son paratonnerre s'élève à 50 mètres au-dessus des hautes mers et 43 mètres au-dessus du sol. La hauteur totale de la tour est de 46,20 mètres au-dessus du sol. La rotonde sera surélevée d'un étage en 1851 et recouverte d'une couverture en zinc en 1880. Les maçonneries de cette tour sont en moellon et s'enracinent à 2,80 mètres dans le sol et les pierres de granit sont taillées en queue d'aronde pour assurer solidité et ctanchcitc des murs. Peinte en blanche au départ, la tour a été dotée de tro bandes noires de six mètres en 1936 pour mieux la dtinguer des phares voins. Dès l'origine, Chassiron a été doté des dernières technologies en matière d'éclairage. Le premier système se compose d'une lampe à huile végétale (colza) de 6 mèches avec une pompe et fonctionnant comme une horloge. Un régulateur à ailette permet l'alimentation en huile. Le 27 septembre 1891, Chassiron est un des premiers phares a être équipé avec des lentilles à échelons dites de Fresnel (appareil lenticulaire à éclipse de 10 en 10" de 1er ordre monté sur galets). En 1895, une usine à gaz d'huile est installée au pied du phare et c'est à Chassiron que l'on expérimente l'incandescence du gaz d'huile dans un manchon. Par la suite, de 1902 à 1905 et à titre expérimental encore, la lampe du phare de Chassiron utile le gaz d'acétylène qui a pu être stocké sans rque d'explosion à partir de 1899 grâce à l'utilation d'une matière poreuse garnsant les citernes. Une seconde usine est construite à côté de la première. L'acétylène est produit dans un gazogène de 1,50 m de haut et 70 cm de diamètre en ajoutant du carbure de calcium à de l'eau. Le gaz est dirigé vers un gazomètre et le résidu (lait de chaux) récupéré dans un wagonnet et évacué dans ur^,fosse. Le 1er octobre 1930, un système d'éclairage par ampoule électrique de 24000 watts est m en place, ultime bouleversement technologique. Des transformateurs sont installés dans l'ancienne usine à gaz d'huile. Depu, des ampoules de plus en plus performantes vont se succéder offrant une intensité lumineuse de plus en plus pusante. Il ne reste de l'ancien phare qu'une modeste maon de gardien du 17 ou du 18ème siècle (les hangars, logements en brique et blockhaus ont été détruits). Elle a été restaurée en 2007 par le CRPS du 14 décembre 2010 30

conseil général et sert de salle de réception pour la commune. Elle abrite une somptueuse cheminée datée de 1588 et provenant d'une riche demeure occupée au 18ème siècle par les sœurs de la Sagesse devenue aérium et maintenant démoli, VOTE La commsion régionale du patrimoine et des sites donne un av favorable a l'unanimité au classement du phare de Chassiron et à l'inscription au titre des monuments htoriques des dépendances ainsi que de la parcelle sur laquelle ils se situent le tout figurant au cadastre de la commune de Saint-Den-d'Oléron en Charente-Maritime section G parcelle 842 en raon de l'intérêt htorique et architectural de cet ensemble. CRPS du 14 décembre 20ÎO 31

Liberté Egalité Fraternité RÉPUBLIQUE FRANÇAISE PRÉFET DE LA RÉGION POITOU-CHARENTES Direction régionale des affaires culturelles... ««-.- Poitiers, le ] 3 DEC, 2010 Service régional de l'archéologie Affaire suivie par : Anne-Marie COTTENCEAU BOULLE Téléphone: 05.49.36.30.43 Télécopie : 05.49.3630.65 anne-marie, CQttenceau@cultiire.gouv.fr référence : AMCB/CT/A1 0/ Charente-Maritime Thématique : phares et bales Av du conservateur régional de l'archéologie La Commsion Régionale du Patrimoine et des Sites de Poitou-Charentes du 14 décembre consacre sa séance à la thématique nationale «phares et bales», réflexion commencée en 2008 par le mintère de la culture sur les phares encore opérationnels du littoral frança. Un travail de recensement, de tri et de sélection a été fait en amont de cette présentation et 8 phares sont proposés à la protection au titre des Monuments htoriques. Chacun d'eux a été sélectionné en fonction de critères htoriques, typologiques, techniques et architecturaux et à ce titre sont proposés comme des unicum ou s'intégrant à une série particulière. Ils sont aussi le témoignage d'activités spécifiques le long des côtes et d'un travail humain qui tend à dparaître au profit d'un fonctionnement automaté et informaté. Ces phares font partie intégrante du paysage littoral depu deux siècles et il est important qu'ils pusent soit continuer à être utilés dans leur vocation première de signalation, soit dans une fonction plus culturelle et patrimoniale en étant ouverts aux vites. II est important que la protection de ces monuments soit faite sur la parcelle cadastrale concernée afin de garder les traces encore nombreuses des maons de gardiens, souvent construites au pied des phares, et des jardins y attenant. Hôtel de Rochefort - 102, Grand'Rue - B.P, 553-86020 POITIERS CEDEX - Téléphone : 05 49 36 30 30 - Télécopie : 05 49 88 32 02 drac.poitou-charentesc^culture.gouv.fr-www.poitou-charentes.culture.gouv.fr

La protection de cet ensemble de 8 phares résulte d'un travail d'analyse et de synthèse qui prend tout son sens dans leur présentation commune, La position et les av du service régional de l'archéologie seront identiques pour l'ensemble des dossiers présentés : av favorable à l'inscription au titre des Monuments htoriques des phares de : 1 phare de Chassiron (Ile d'oléron) 2 phare des Baleines et des baleineaux (Ile de Ré) 3 phare de Chauveau (Ile de Ré) 4 phares de La Rochelle 5 phares de l'ile d'aix 6 phare de Terre-Nègre (Saint-Pala-sur-Mer) 7 phare de la Coubre (La Tremblade) 8 phare de Saint-Georges-de-Didonne

Av du conservateur des Monuments Htoriques Thématique Phares et Bales 14 décembre 2010 La dangerosité des côtes atlantiques a, depu la haute antiquité entraîné, la me en place de dpositifs lumineux afin de prévenir les marins : du simple fanal, en passant par un feu de bo, ces dpositifs ne donnaient pas satfaction. Les premiers phares sont construits à la fin du XVIIè siècle dans notre région, ma ce fut au XlXè siècle qu'une grande campagne de construction eut lieu. Peu de ces monuments sont aujourd'hui protégés : seuls la Tour de la lanterne et le premier phare des Baleines sont protégés au titre des MH en Poitou-Charentes. Les huit dossiers présentés à la CRPS du 14 décembre 2010 permettent de dresser un panorama assez vaste de ce type de construction. En effet, la variété de la typologie fait l'intérêt de cette présentation. Certains sont très représentatifs de la production du XlXè (et notamment les phares trompette), c'est le cas de celui de Chauveau (qui, de plus, possède encore une grande partie de son mobilier intérieur). D'autres, au contraire, s'en détachent comme celui en béton de ciment à la Tremblade (qui en plus a conservé son décor en carreaux d'opaline) ou encore celui de Saint-Georges de Didone qui présente un plan carré et un étonnant décor architectural très classicant. Certains sont les derniers témoignages de système de balage très ancien comme celui de Saint-Pala-sur-Mer. Dans la rade de l'ile d'aix, un système de tours jumelles a substé, exemple quasiment unique en France, de même qu'à la Rochelle, a substé les deux phares d'alignement qui servaient à la sécurité des bâtiments du port. De ce bel ensemble, deux phares se dtinguent particulièrement : celui de Saint-Clément les Baleines, accompagné du phare des Baleinaux ainsi que le phare de Chassiron. Reconstruit à partir de 1854 à proximité du premier phare, le phare Saint-Clément des Baleines sur l'île de Ré a été conçu par Léonce Reynaud. De plan octogonal, il est accompagné d'un second phare, situé en mer : le phare de Baleinaux. A l'intérieur, un soin tout particulier a été apporté au décor : sols en marbre, consoles assemblées, carrelage décoratif, portes sculptées. La combinaon exceptionnelle de ces deux phares, situés à proximité du premier phare déjà protégé, en font un ensemble exceptionnel. Le phare de Chassiron, quant à lui, a été constuit à l'emplacement d'un édifice plus ancien, daté du XVIIè siècle. Il est construit sur une rotonde qui sert de logement au gardien. Ce phare de premier ordre a expérimenté différents système d'éclairage, passant de la lampe à huile végétale, à l'utilation de gaz d'huile, pu le gaz d'acétylène avant d'être électrifié. Il fut, en quelque sorte, un laboratoire d'expérimentation.

Av favorable à l'inscription pour les phares d'alignement de la Rochelle le phare de Chauveau à Rivedoux-Plage les deux phares du fort de la Rade, Ile d'aix le phare de Terre-Nègre-sur-Mer à Saint-Pala-sur-Mer le phare du port de Saint-Georges de Didonne le phare de la Coubre à la Tremblade Av favorable au classement pour le phare de Chassiron le phare Saint-Clément des Baleines et le phare des Baleinaux Fait à Poitiers, le 7 décembre 2010 Anne Embs

^Poitou Cnarentes la démocratie participative Direction Générale des Services, DVF, - [.Patrimoine / n / FB-LJ Dossier suivi par Pascale Modon Tel : 05.49.36.21.56-p.modon@cr-poitou-charentcs.fr Poitiers, le > A Commsion régionale du patrimoine et des sites du 14 décembre 2010 Av du Service de l'inventaire général du patrimoine culturel sur la thématique phares et bales de Charente-Maritime La proposition de protection au titre des Monuments Htoriques de huit phares situés entré La Rochelle et Royan est particulièrement cohérente ; chacun d'eux possède des particularités liées à son époque de construction, à sa forme, aux bâtiments annexes, aux techniques d'éclairage utilées, à ses machines, voire à son mobilier. Cet intérêt porté au patrimoine littoral rejoint Tune des préoccupations du Conseil national de l'inventaire et Tune des priorités de l'inventaire par la Région : tro de ces phares sont situés dans l'estuaire de la Gironde actuellement en cours d'étude. Conclusion d'instruction : - Phares d'alignement, La Rochelle : av favorable à leur inscription au titre des Monuments Htoriques. - Phare des Baleines et des Baleineaux, Saint-Clément-des-Baleines : av favorable pour le classement du phare à terre et du phare en mer, ainsi que des bâtiments annexes. - Phare de Chauveau, Rivedoux-Plage : av favorable à son inscription au titre des Monuments Htoriques. - Phare de la Coubre, La Tremblade : av favorable à son inscription au titre des Monuments Htoriques en totalité. 15, rue de l'ancienne Comédie - BP 575-86 021 Poitiers Cedex Tél. 05 49 55 77 00 - Fax. 05 49 55 77 88 - postmaster@cr-poitou-charentes.fr www.poitou-charentes.fr / www.portail.poitou-charentes.fr / www.jeunes.poitou-charentes.fr

- Phare de Terre-Nègre, Saint-Pala-sur-Mer : av favorable à son inscription au titre des Monuments Htoriques en totalité. - Phare de Chassiron, Saint-Den-d'Oleron : av favorable à son classement. Pour les deux phares suivants, le Service de l'inventaire du patrimoine culturel de Poitou-Charentes se prononce en faveur d'un classement plutôt que d'une inscription au titre des Monuments Htoriques : - Le phare du fort de la Rade, à L'Ile-d'Aix, constitue l'unique cas de tours jumelles sur la côte Atlantique (second exemple connu en France). - Le phare du Port, à Saint-Georges-de-Didonne, pour la rareté de son plan carré, la présence d'éléments de décor et de son bon état de conservation.

CHARENTE MARITIME Protection phares au titre des monument htoriques Les phares concernés par le projet de protection au titre des monuments htoriques se trouvent dans des situations très différentes, au regard de leur environnement réglementaire, de leur état sanitaire et de leur intérêt architectural. 1) Le grand phare des baleines s'élève au nord ouest de l'ile de Ré, en abord immédiat et en covibilité avec l'ancienne tour des baleines, classée monument htorique. Il est situé au centre d'un parc, en site classé. Son état sanitaire ne pose aucun problème particulier et toute intervention sur des façades et toitures serait soume, simultanément, au va conforme de l'architecte des bâtiments de France et à celui du Préfet du département ou du Mintre chargé des sites. Sa conservation n'est donc pas menacée et une protection supplémentaire, au titre des monuments htoriques, serait donc totalement superflue. 2) Le phares des Baleineaux, Implanté sur le platin rocheux, au large de la pointe des Baleines, n'a pu être vité, il est seul au milieu du domaine public maritime. Sa conservation peut être comprome par des modernations techniques. S'il possède des lambr, il conviendrait de les protéger au titre des objets mobiliers et de les présentés dans l'espace muséal du grand phare. 3) Le phare de Chauveau n'a pas été vité. 4) Les phares du Gabut et du quai Valin sont situés à l'intérieur du secteur sauvegardé de La Rochelle ; ils sont dans un état sanitaire très satfaant, leur protection, au titre des monuments htoriques ne semble pas indpensable puqu'ils sont partie intégrante du secteur sauvegardé. 5) Les phares de Fouras, dans le mara des Soumards, sont deux phares d'alignement à l'extérieur de toute servitude de protection patrimoniale., leur architecture singulière et rare, reprenant une typologie 1930, (à ma connasance, seuls les phares de l'ile d'yeu et de l'entrée du port de Saint Jean de Luz sont bât dans ce style). L'intérêt architectural milite donc pour une inscription monument htorique. 6) Les phares jumeaux de l'ile d'aix sont élevés sur le rempart du fort de la Rade, classé monument htorique (ils sont donc adossés à un monument htorique) et inclus dans le site classé de l'ile d'aix qui protège leur intérêt du point de vue du paysage. La convergence des servitudes fortes qui s'appliquent sur ces deux phares, est suffamment efficace ; une protection monument htorique supplémentaire n'est pas nécessaire. 7) Le phare de Chassiron est, lui aussi, érigé en site inscrit, futur site classé de l'ile d'oléron. Son intérêt, du point de vue du paysage, est suffamment pr en compte par le code de l'environnement. Sa protection ne semble pas indpensable.

8) Le phare de la Coubre n'est couvert par aucune servitude de protection patrimoniale. Son état sanitaire est très préoccupant. Sa haute silhouette très élancée, voire élégante, en fait un des plus beaux phares récents de la façade atlantique. Son revêtement intérieur en opaline que l'on ne retrouve que sur les paro de son homologue de l'ile VIERGE, sur la côte des ABER, est un élément constructif particulier (tout comme la petite échauguette) qui en fait un édifice singulier dont la conservation, aujourd'hui menacée, justifie, en outre, une protection urgente au titre des monuments htoriques. 9) Le phare de Terre Nègre n'a pas été vité. Il est repéré comme édifice remarquable dans la ZPPAUP de Saint Pala sur Mer. 10) Le phare de Saint Georges de Bidonne, avec la jetée du port et la petite capitainerie, constitue un ensemble cohérent témoignant des combats qui se sont déroulés autour de la poche de Royan. Ce phare, qui n'est couvert par aucune protection, une fo inscrit monument htorique, générerait un périmètre qui couvrirait, en partie, la pointe de Valière (le bâti extant n'est pas de qualité, sauf un château d'eau 1950, exceptionnel). Son état sanitaire satfaant ne justifie pas une protection. Il mériterait d'être repéré au titre du L 123-l-7ème dans le PLU de la commune. En conclusion, seuls des deux phares d'alignement des Soumarts à Fouras et le phare de la Coubre nécessitent une protection au titre des monuments htoriques. La Rochelle, le 13 décembre 2010 L'Architecte des bâtiments de France, Max Borobert

m «PHILIPPE VILLENEUVE ARCHITECTE EN CHEF DES MONUMENTS HISTORICMJES Rêf : 17102578 AVIS SUR DOSSIER DE RECENSEMENT PHARES DE POITOU-CHARENTES En préambule, nous devons indiquer que nous ne sommes pas compétents pour ce qui concerne les différents systèmes d'éclairages des phares. Les notices, très bien documentées sur ce point, constituent une information complète. Cet élément entre évidemment dans l'intérêt que présentent ces installations. Nous nous sommes donc toutefo borné à donner un av sur l'architecture et le témoignage htorique que représentent ces différents phares. m ILE D'AIX - PHARE DU FORT DE LA RADE Allumé en 1841 et complété par une tour jumelle en 1899, le phare de l'île d'aix, est avec celui de Sénétose à Sartène, en Corse, le seul exemple de phare double dont la fonction est de précer notamment un secteur rouge devant être évité par les bateaux. Situé sur les fortifications du Fort de la Rade, il succède à plusieurs phares construits en bo. La construction du phare est bien documentée. Son état aujourd'hui, pour ce qui concerne la tour du feu est préoccupant suite aux lézardes qui se sont produites dans les maçonneries du fût. Constituant le dernier exemple en France, avec celui de Sartène en Corse, d'un dpositif à deux tours, le phare de l'ile d'aix mérite une protection par inscription à l'inventaire supplémentaire des MH. SAINT-GEORGES-DE-DIDONNE - PHARE DU PORT Ce phare, de plan carré et d'une hauteur avoinant les 30 mètres, est particulièrement soigné d'un point de vue architectural. Son plan carré est en outre l'une de ses singularités. Bâti en 1900 et éteint en 1969, il présente aujourd'hui quelques dégradations qu'il conviendra de reprendre rapidement si l'on ne veut pas que cela s'aggrave. Incontestablement, du point de vue de la qualité et de l'originalité de son architecture ce phare mérite une protection par inscription à l'inventaire supplémentaire des MH. SAINT-PALAIS-SUR-MER - PHARE DE TERRE NEGRE Bâti vers 1770, le phare de Terre Nègre, malgré les modifications, notamment celles sues de la fin de la seconde guerre mondiale, reste un témoignage des dpositifs établ au XVIIIème siècle, Son architecture est des plus simples, sans aucune rnodénature. La maon du gardien qui est bâtie à son pied témoigne elle aussi de la vie des gardiens de phare. Si l'architecture ne constitue pas vraiment un argument décif, c'est davantage pour le témoin htorique qu'il représente que ce phare mérite une protection par inscription à l'inventaire supplémentaire des MH. LATREMBLADE- PHARE DE LA COURBE Ce phare, édifié en 1905, après que le phare précédent a été détruit par l'avancée de la mer, est le plus haut de Poitou-Charentes. fi est aussi le seul phare construit en béton répertorié en France. Il est donc, à ces divers titres, tout à fait remarquable. Son architecture et ie soin des aménagements intérieurs, de même que la technique de construction en font un édifice remarquable.

Pour ces raons, ce phare mérite une protection par inscription à l'inventaire supplémentaire des MH. SAINT-DENIS D'OLERON - PHARE DE CHASS1RON Le phare de Chassiron fut édifié à partir de 1834. Il remplace une tour plus ancienne voulue par Colbert en 1685, Au vu du nombre de naufrages la construction d'un nouveau phare fut nécessaire, car le rehaussement de la tour ancienne n'était pas possible et le prix trop important. Ce phare fut conçu par Lescure-Bellerive, qui s'inspira largement des phares édifiés par Léonor Fresnel à qui l'on doit notamment l'es phares de Batz, Sein, Belle-Ile en Mer, etc. La tour est édifiée au centre d'un soubassement circulaire qui abrite le logement et des locaux techniques et qui fut rehaussé d'un niveau en 1851. La tour abrite un escalier bâti autour d'un noyau creux. La qualité de la construction est remarquable. Le sous-sol du bâtiment annulaire est de ce point de vue tout à fait remarquable. Du point de vue de l'éclairage, ce phare a perm de mettre au point plusieurs systèmes et techniques. Ce phare par la qualité et l'homogénéité de son architecture, mérite une protection par inscription à l'inventaire supplémentaire des MH. SAINT-CLEMENT-LES-BALEINES - PHARE EN TERRE ET EN MER Le phare des Baleines et celui des Baleineaux, édifiés à l'extrémité de l'ile de Ré ont succédé en 1854 à la vieille tour des Baleines, édifiée en 1682. Cet ensemble constitue, avec les bâtiments annexes non seulement un exemple parfait, ma aussi une qualité architecturale tout à fait remarquable tant pour ce qui concerne le soin de la construction que pour l'élégance de l'ensemble. Malgré les modifications du système d'éclairage, les anciennes dpositions ont substé. L'escalier qui mène à ia plateforme supérieure est d'une très grande élégance, de même que la salle haute revêtue de boeries. Ces deux phares, par leur ordonnancement et leur qualité méritent une protection par inscription à l'inventaire supplémentaire des MH. Philippe Villeneuve, A.C.M.H.

Charente-Maritime Saint-Den-D'Oléron Phare de Chassiron Fiche de présentation aux membres de la C.R.P.S. du 14 décembre 2010 Propriétaire : L'Etat, délégation de service public auprès de la commune de Saint Den qui en a la gestion tourtique depu 1999 Protection extante : site inscrit 14 mai 1970 Etendue de la protection vrovosée : Classement au titre des monuments htoriques en totalité Intérêt htorique et archéologique : Le phare de Chassiron construit entre 1834 et 1836 sous la conduite de l'ingénieur Lescure Bellerive est venu remplacer une tour me en service en 1685 pour assurer la signalation de cette passe particulièrement dangereuse dans le pertu d'antioche, commandant en outre l'entrée de l'arsenal de Rochefort. La première pierre est posée le 4 septembre 1834 et sa me en service est effective le 1er décembre 1836 avec une lampe à huile et appareil lenticulaire pour feu fixe de 1er ordre. La construction une nouvelle tour est décidée après que l'admintration des phares ait projeté de surhausser la vieille tour. Toutefo son emplacement trop proche de la côte de plus en plus attaquée par la mer, le mauva état des maçonneries et le caractère aléatoire de cette solution ont conduit à la démolition de ce premier phare et à la construction d'un phare de 1er ordre tels que la commsion de 1825 les avait préconés en adoptant le plan de phare construit par Léonor Fresnel à Goulphar (Belle île en Mer). Une rotonde à sa base sert de logement aux gardiens. Elle mesure 16.50 mères de diamètre, est indépendante de la tour. Le fût, sobre et effilé, abrite un escalier de 224 marches (184 en granit et deux échelles de meunier de 17 et 18 marches), une pièce de stockage et une chambre de veille. La lanterne avec son paratonnerre s'élève à 50 mètres au-dessus des hautes mers et 43 mètres au-dessus du sol. La hauteur totale de la tour est de 46,20 mètres au-dessus du sol. La rotonde sera surélevée d'un étage en 1851 et recouverte d'une couverture en zinc en 1880. Les maçonneries de cette tour sont en moellon et s'enracinent à 2,80 mètres dans le sol et les pierres de granit sont taillées en queue d'aronde pour assurer solidité et étanchéité des murs. Peinte en blanche au départ, la tour a été dotée de tro bandes noires de six mètres en 1936 pour mieux la dtinguer des phares voins. Dès l'origine, Chassiron a été doté des dernières technologies en matière d'éclairage. Le premier système se compose d'une lampe à huile végétale (colza) de 6 mèches avec une pompe et fonctionnant comme une horloge. Un régulateur à ailette permet l'alimentation en huile. Le 27 septembre 1891, Chassiron est un des premiers phares a être équipé avec des lentilles à échelons dites de Fresnel (appareil lenticulaire à éclipse de 10 en 10" de 1er ordre monté sur galets). En 1895, une usine à gaz d'huile est installée au pied du phare et c'est à Chassiron que l'on expérimente l'incandescence du gaz d'huile dans un manchon. Par la suite, de 1902 à 1905 et à titre expérimental encore, la lampe du phare de Chassiron utile le gaz d'acétylène qui a pu être stocké sans rque d'explosion à partir de 1899 grâce à l'utilation d'une matière poreuse garnsant les citernes. Une seconde usine est construite à côté de la première. L'acétylène est produit dans un gazogène de 1,50 m de haut et 70 cm de diamètre en ajoutant du carbure de calcium à de l'eau. Le gaz est dirigé vers un gazomètre et le résidu (lait de chaux) récupéré dans un wagonnet et évacué dans un fosse. Le 1er octobre 1930, un système d'éclairage par ampoule électrique de 24000 watts est m en place, ultime bouleversement technologique. Des transformateurs sont installés dans l'ancienne usine à gaz d'huile. Depu, des ampoules de plus en plus performantes vont se succéder offrant une intensité lumineuse de plus en plus pusante. NB : II ne reste de l'ancien phare qu'une modeste maon de gardien du 17 ou du ISème siècle (les hangars, logements en brique et blockhaus ont été détruits). Elle a été restaurée en 2007 par le conseil général et sert de salle de réception pour la commune. Elle abrite une somptueuse cheminée datée de 1588 et provenant d'une riche demeure occupée au ISème siècle par les sœurs de la Sagesse devenue aérium et maintenant démoli.

COMMISSION NATIONALE DES MONUMENTS HISTORIQUES SECTION CLASSEMENT DES IMMEUBLES Séance du 18 juin 2012 SAINT-CLÉMENT-DES-BALEINES (Charente-Maritime) - phare des Baleines et phare des Baleineaux Proposition de classement au titre des monuments htoriques Protection extante : inscription au titre des monuments htoriques par arrêté du 15 avril 2011 en totalité, du phare des Baleines, de l'ensemble des bâtiments et du sol des parcelles correspondantes, avec leurs murs de clôture, ainsi que du phare des Baleineaux Présentation : Mme Brigitte Montagne et M. Yannick Comte, recenseurs des monuments htoriques Rapport : Mme Anne Embs, conservatrice des monuments htoriques Av : M. Bernard Brochard, inspection des patrimoines (collège des monuments htoriques) En préambule, Mme Montagne indique que lors de la CRPS de Poitou-Charentes du 14 décembre 2010 consacrée à la thématique nationale «phares et bales», un travail de recensement, de tri et de sélection a perm de retenir pour le littoral charenta 8 phares. Parmi eux se trouvent les phares htoriques les plus anciens, comme ceux des Baleines et des Baleineaux à l'île de Ré, Chassiron à l'île d'oléron, ma aussi les phares d'alignement, comme à La Rochelle, les deux phares de l'île d'aix, et le phare de la Coubre à La Tremblade, menacé par la mer, et qui est un phare en béton du XXe siècle. Parmi tous ces phares, 4 sont proposés aujourd'hui au classement. Présentation : Les phares des Baleines et des Baleineaux forment l'un des tro plus anciens phares de France avec ceux de Cordouan et de Chassiron. Avant le XVe siècle, rien n'alertait les navigateurs des écueils qu'ils pouvaient rencontrer dans le Pertu Breton et d'antioche et dans les estuaires de la Charente et de la Seudre. Au XVIIe siècle, la fréquence des naufrages au large des îles alerte le pouvoir royal. La création de l'arsenal de Rochefort et l'intensification du trafic maritime, marchand et militaire, imposent, en 1682, la me en place d'une tour à la pointe des Baleines, pour signaler les récifs à l'entrée des pertu. Cette tour sera suivie, tro ans plus tard, en 1685, par la tour de Chassiron, qui marquera l'extrémité de l'île d'oléron. La tour des Baleines est classée au titre des monuments htoriques depu le 22 juin 1904. Ce monument est défendu des attaques de la mer par une digue qui a été construite au pied même de l'édifice. Le vieux phare des Baleines était doté d'un éclairage à huile, qui a subi plusieurs évolutions, surtout avec la construction d'une lanterne en fer bordée de glaces et par l'emploi d'un système de lampe à réflecteurs paraboliques. En quinze ans, les côtes verront se construire une trentaine de phares dotés de ce nouveau système, m au point par Augustin Fresnel, alors que les fabricants peinaient à satfaire la demande. Ma le voinage de ce phare avec celui de Chassiron, qui était organé à peu près selon le même système et dans le même alignement, occasionnant de nombreuses mépres des navigateurs, et l'insuffance de l'éclairage, ont eu des conséquences dramatiques, notamment entre 1793 et 1838, où on compta 125 naufrages sur les rochers des Baleines et 470 noyés. Les réclamations vont porter leurs fruits, et le directeur général des Ponts et Chaussées donne l'ordre aux ingénieurs des travaux maritimes du port de commerce de s'occuper du changement d'un feu fixe aux Baleines en un feu mobile. Ce changement va être assez efficace, et le feu mobile m en place en 1820 fonctionnera jusqu'au 15 janvier 1854, date d'achèvement des deux nouveaux phares des Baleines et des Baleineaux. Ces deux nouveaux

phares sont sus du programme d'éclairage de la commsion de 1825, et ils vont mettre un certain temps à voir le jour. Sur l'île de Ré, la vieille tour est jugée inapte au service. Son exhaussement étant estimé trop onéreux, 3a construction d'une nouvelle tour, dont l'appareil lenticulaire est inauguré le 15 janvier 1854, est privilégiée, en même temps que celle d'un feu de 3ème ordre sur le haut banc du nord. Les travaux débutent en juillet 1849 pour s'achever en 1854. Léonce Reynaud, ingénieur général des Ponts et Chaussées, a suivi ces travaux, menés par les ingénieurs en chef Job de Soulangy et Le gros. Mme Montagne indique qu'on trouve la trace des tergiversations et de nombreux rapports de construction des deux phares aux archives départementales. On abandonne donc le phare ancien qui ne servira plus, et le nouveau phare à terre du XIXe siècle sera construit un peu en retrait de la mer. Le phare en mer appelé'phare des Baleineaux, prendra l'aspect du modèle (tour trompette). Mme Montagne présente quelques coupes et élévations de l'édifice, et préce que sa construction fui assez épique, car on a du apporter tous les matériaux sur ce petit bout de récif, grâce à des bateaux qui étaient amarrés au large d'une plate-forme créée de toutes pièces. Des barques et des flotteurs amenaient les matériaux sur cette plate-forme, et la construction s'est faite à l'aide d'une grue qui fut d'abord placée sur l'armature et les fondations, pu, au fur et à mesure, on s'est appuyé sur les maçonneries en construction. Les deux constructions se sont faites conjointement, pour pouvoir occuper tout le temps les ouvriers, qui travaillaient à marée basse au Baleineaux, et le reste du temps, à terre, au phare des Baleines. Le phare à terre correspond aux conceptions architecturales des phares construits après 1820, qui sont simples : une colonne, avec une base (soubassement de l'édifice), un fût (la tour) et un chapiteau (couronnement qui supporte la balustrade et la lanterne). La hauteur de la tour est déterminée par rapport à l'altitude du site et à la portée souhaitée (54 m pour les Baleines, 23 m pour les Baleineaux). Tous les intérieurs des tours sont cylindriques, ma les extérieurs peuvent être circulaires (les Baleineaux), carrés ou octogonaux (les Baleines). Léonor Fresnel privilégie le fut rond tand que Léonce Reynaud introduit le fut octogonal qui selon lui avait l'avantage d'être : «un peu plus économique en ce qu'il n'admet que des surfaces planes, de se mieux agencer avec le corps de log qui s'établit parfo au pied de la tour et de présenter enfin quelque chose de plus élégant à raon des arêtes qui divent la tour comme le font les cannelures sur des colonnes». Différents plans ayant servi à la construction du phare des Baleines sont présentés. En 1882, un bâtiment est construit au pied de la tour et du logement des gardiens, qui va servir d'atelier et de salle des machines. Il abrite dans son soubassement une forge, et la centrale électrique du phare. En 1861, le site fait l'objet d'un aménagement paysager par l'architecte paysagte Perrier, avec des promenades et des bosquets. C'est un endroit fermé par des murs, et la promenade que l'on peut faire autour du phare est tout à fait agréable. Mme Montagne présente plusieurs plans montrant le jardin à l'anglae au pied du phare des Baleines. Diverses constructions se sont ajoutées au fil du temps, notamment des annexes qui servaient de logements à l'école de gardiens de phares, et qui sont aujourd'hui toujours propriété de l'etat et servent de résidences de vacances. Mme Montagne montre quelques vues du phare des Baleines, et indique qu'il s'agit d'un très beau phare, dans un site splendide, avec un jardin très vert à la base de la tour, qui sert pour partie de logement. Ce sont des espaces très soignés. Aujourd'hui, le phare fait l'objet d'une délégation de service public (DSP) et est géré par la société «Patrimoine Océan». Les anciens logements de gardiens sont occupés par des lieux d'exposition et la résidence du gestionnaire du site, ainsi que divers bureaux à l'étage. C'est un endroit extrêmement vité, toute l'année, et ouvert tous les jours. Dans l'ancien bâtiment des magasins de 1882, se trouve aujourd'hui une librairie, et dans les salles basses, les machineries.

Mme Montagne présente des photos de la tour, des salles basses, du soubassement voûté du logement des gardiens, des vues de ces anciens logements et de l'escalier en v en granit bleu de Kersanton. Suivent des photos de la chambre des gardiens et de la lanterne qui, l'année dernière, a fait l'objet d'une restauration complète. Elle a été repeinte et son décor restauré. Le phare des Baleineaux est construit sur le modèle des phares de type dit «trompette», dont on a plusieurs exemples en France, et c'est l'exacte réplique du phare de la Banche en Loire- Atlantique. Mme Montagne présente des coupes du phare, et indique que ce phare est à l'abandon, qu'il n'y a plus de gardien depu 1929, et qu'il est tout juste entretenu pour l'éclairage. Il faut l'aborder avec précaution, uniquement lorsque la mer est très calme. Il possède une base évasée au profil concave qui assure une bonne asse à l'édifice et une bonne réstance aux vagues. Il est doté de plusieurs étages qui sont recouverts de calottes plates en brique. Des photos montrent le mauva état de la chambre des gardiens, et l'état d'abandon général de l'édifice. Après la montée de l'escalier, qui est situé dans l'évidement de la tour, on accède au sommet et à sa balustrade en granit. Pour conclure Mme Montagne préce que le phare des Baleines et le phare des Baleineaux sont situés à la pointe nord de l'île de Ré, en site classé, et que la CRPS du 14 décembre 2010 a proposé l'inscription au titre des monuments htoriques de la totalité du phare des Baleines et de l'ensemble des bâtiments et du sol des parcelles correspondantes avec leurs murs de clôture, ainsi que du phare des Baleineaux, et le classement du phare des Baleines et du phare des Baleineaux, puqu'ils ressortant tous les deux du même programme, et du bâtiment des machines. Rapport : M. Bernard Brochard lit le rapport de Mme Embs : «La dangerosité des côtes atlantiques a, depu la haute antiquité, entraîné la me en place de dpositifs lumineux afin de prévenir les marins. L'ancien phare, la vieille tour des Baleines, sur l'île de Ré, est construit de 1669 à 1682. Jugé trop vétusté, il est remplacé par un second phare, inauguré en 1854. Ce phare a été conçu par Léonce Reynaud. De plan octogonal, il est accompagné d'un second phare situé en mer, le phare des Baleineaux. Les deux constructions se font de manière parallèle. À l'intérieur, un soin tout particulier a été apporté au décor : sol en marbre, consoles assemblées, carrelage décoratif, portes sculptées. La combinaon de ces deux phares, situés à proximité du premier phare déjà protégé, en fait un ensemble exceptionnel. Depu 2001 la gestion et l'entretien du site ont été délégués à la société «Patrimoine Océan». Le phare est ouvert, à la vite, et fait partie des monuments les plus vités de l'île. Av favorable au classement». Av : M. Brochard rappelle que pour le littoral de Charente-Maritime, sur un compte de 300 feux divers, dont 12 phares, on a présenté 8 de ces phares à la CRPS lors de sa séance du 14 décembre 2010. Tous ont été retenus pour l'inscription, et quatre d'entre eux ont été proposés pour le classement. Toutefo il n'est. peut-être pas sans intérêt de relever les nuances d'appréciation qui apparasent, avant la dcussion en séance, dans les différents av réglementaires et qui témoignent ainsi de l'approche particulière de chacun des responsables du secteur patrimonial avant le consensus obtenu en fin de débat. M. Brochard indique avoir constitué un tableau récapitulatif où il ressort, sur les 8 exemples présentés, l'extence de deux anomalies. D'abord, l'absence de dtinction de niveaux de protection dans les av du service régional de l'archéologie et de l'architecte en chef des

monuments htoriques ; le premier par principe, puque la sélection découle d'une enquête méthodique et exhaustive, le second pour des raons sans doute différentes, puque l'intérêt architectural de chacun des phares est bien analysé. Autre anomalie, la réticence de l'architecte des bâtiments de France à la protection, au motif que la plupart des bâtiments présentés sont déjà protégés par une léglation (abords ou adossement MH, classement ou inscription au titre des sites, règlements de ZPPAUP, secteur sauvegardé, domaine maritime etc.) à l'exception du phare de la Coubre, alors sans protection, en raon de sa modernité (c'est une construction en béton armé du début du XXe siècle) et en raon de son esthétique et des deux phares des Soumards à Fouras, datant des années 1930, ma non retenus dans la sélection. Les av du service régional de l'inventaire général et de la conservatrice des monuments htoriques justifient au contraire par des arguments préc une dtinction dans le niveau de protection : le premier souligne la rareté des phares jumeaux du fort de l'île d'aix, et la qualité architecturale particulière de celui de Saint-Georges-de-Didonne. Le second dtingue plutôt, au titre de l'ancienneté, de l'htoire de la technique, de l'architecture et de l'aménagement, les deux phares emblématiques connus depu longtemps des Baleines dans l'île de Ré et de Chassiron dans l'île d'oléron. Ces derniers av ont donc déterminé les propositions de classement présentées aujourd'hui. M. Brochard souligne des dossiers qui sont très documentés, comprenant : réception d'ouvrage, dev, plans, et photographies anciennes qui permettent de voir l'évolution de la construction, et de connaître en détails l'htoire des monuments. En raon de l'ancienneté de leur installation; de leur importance htorique dans la signalation maritime, de leur qualité architecturale, représentative de la première série des grands phares du XIXe siècle (1820-1850), les deux phares emblématiques des deux îles ont la priorité pour le classement. D'abord le phare des Baleines, d'aspect vraiment monumental., avec son bâtiment ordonnancé à deux niveaux et la composition, assez compliquée d'ailleurs, qui l'entoure, ses bâtiments annexes très soignés (bâtiment des machines), ses murs de clôture. Ce phare possède un bel escalier intérieur offrant une perspective magnifique ainsi que des restes significatifs d'aménagement (lambr, huseries). Il forme avec l'ancienne tour (déjà classée au titre des monuments htoriques) et le phare en mer des Baleineaux qui lui est associé, un ensemble particulièrement complet, qui demande une protection cohérente. Débat : M. Emmanuel Etienne, adjoint au sous-directeur des monuments htoriques, propose de montrer à nouveau le plan général, et de précer l'étendue exacte de la proposition de classement. M. Brochard exprime le souhait que l'on classe bien aussi le bâtiment des machines., qui est situé à l'arrière, et qui forme avec le phare une composition tout à fait particulière. M. Etienne préce que c'est bien ce qui est prévu dans la proposition de la CRPS, qui sera soume au vote. Vote: La Commsion nationale des monuments htoriques se prononce à l'unanimité pour le classement au titre des monuments htoriques, en totalité, du phare des Baleines et du bâtiment des machines, ainsi que du phare des Baleineaux à Saint-Clément-des-Baleines (Charente-Maritime), considérant leur intérêt htorique et la qualité de leur architecture. Le chef du bureau de la protection des monuments htoriques Frantt

COMMISSION NATIONALE DES MONUMENTS HISTORIQUES SECTION CLASSEMENT DES IMMEUBLES Séance du 18 juin 2011 SÉANCE THÉMATIQUE CONSACRÉE AUX PHARES M. Philippe Bélaval, directeur général des patrimoines, M. Philippe Paolantoni, directeur des affaires maritimes au mintère de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement ont ouvert le 22 novembre 2010 la première séance thématique de la Commsion nationale des monuments htoriques consacrée aux phares du littoral pour les régions Bretagne, Corse, Nord- Pas-de-Cala et Haute-Normandie. M. Paolantoni a précé que, parmi les mesures envagées par le MEDDTL pour la conservation de ces phares, un partenariat avec le conservatoire du littoral était envagé, pour qu'il prenne, dans des conditions financières acceptables, la responsabilité d'une cinquantaine d'entre eux. M. Vincent Guigueno, chargé de msion pour le patrimoine des phares et bales au MEDDTL, a ensuite présenté rapidement le patrimoine des phares, en précant la typologie qui peut être établie en fonction des périodes et de l'architecture, après avoir rappelé que dans le cadre de la proposition 103 du Grenelle de la mer, les phares ont été reconnus comme un élément important du patrimoine littoral. Les phares sont, pour l'essentiel, un patrimoine du XIXe siècle. Ils devaient permettre aux navigateurs de se repérer, de se localer. Or aujourd'hui, les nouveaux systèmes de guidage ou de repérage par satellite, entre autres, permettent d'identifier parfaitement les bateaux et leur vitesse, et assurent la sécurité de la navigation grâce aux centres régionaux de surveillance et de sauvetage (CROSS). Les phares n'ont donc plus le rôle dominant d'aide à la navigation qui a été le leur depu le début du XIXe siècle. Ma depu la fin des années 1980 et le début des années 1990, un vrai engouement du public s'est développé pour ces édifices. Ce patrimoine n'est pas seulement celui des gens de mer, et beaucoup de personnes qui ne pratiquent pas la navigation sont attachées aux phares. Un phare est un feu important, défini par un certain nombre de critères : une certaine portée, une certaine hauteur et - critère auquel le public est généralement le plus attaché - le fait d'avoir été habité par un gardien. On a identifié quelques 130 ouvrages correspondant à cette définition, dont la moitié sont des phares olés, sur une île, au bout d'un cap ou d'une pointe. 40 sont des phares urbains, et 25 sont en mer, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent être atteints qu'avec des moyens nautiques. Une présentation chronologique permet de dtinguer quatre ou cinq périodes dans l'architecture des phares. Les phares les plus anciens étaient un simple feu, juché sur une fortification extante. Apparasent ainsi comme «phares» dans la base Mérimée la lanterne Saint-Michel ou la tour du Leughenaer à Dunkerque, qui sont des bâtiments de cette première période, essentiellement dans un contexte urbain. Sous l'impulsion de Vauban, à la fin du XVIIe siècle et au début du XVÏÏF siècle, un certain nombre de tours à feu sont construites, comme le Stiff ou la tour des Baleines, sur l'île de Ré. Cette «protosignalation» répond aux besoins du commerce, du côté de Rouen, avec le phare de Barfleur, ou de la marine royale, aux abords de Rochefort ou de Brest. Sous l'ancien Régime, il y a très peu de phares, qui sont d'ailleurs pratiquement tous déjà protégés 1

au titre des monuments htoriques et éteints. Seul le phare du Stiff, sur l'île d'ouessant, le phare du cap Fréhel et le phare de Cordouan (phare Renasance en partie basse, avec une chapelle et une «chambre du Roi», surmonté par un fût ajouté par l'ingénieur Teulère au XVIIIe siècle, phare exceptionnel classé dès 1862), demeurant en activité. Le XIXe siècle est la grande période des phares : la plupart des phares du littoral frança ont été construits entre 1830 et 1880. Le premier responsable en est Augustin Fresnel (1788-1827), qui invente l'appareil lenticulaire qui porte son nom. Après la chute de l'empire, la France engage un plan national de signalation des côtes. Une cinquantaine de sites sont alors identifiés comme devant être éclairés. C'est donc un vrai programme d'équipement qui est décidé par la commsion des phares, en 1825. Une quarantaine de phares subste encore sur les 50 construits dans le cadre du plan- type établi alors pour les phares «de premier ordre» - les plus importants - qui constait en une colonne sur un soubassement, avec un couronnement. Le prototype en est Belle-île-en-Mer. Ces phares comportent cependant des variantes, parfo importantes, comme la forme du soubassement. Plusieurs anciens «phares» sont reconstruits, car ils ne peuvent supporter le poids très important de l'appareil de Fresnel. La plupart des phares de Corse ne seront pas édifiés dans le cadre de ce plan de 1825, ma avec retard, vers 1837. Ils appartiennent toutefo à la même typologie, même s'ils sont souvent plus bas, car édifiés sur des points hauts. Ce qui compte pour le marin, ce n'est pas, en effet, la hauteur de la tour, ma ce qu'on appelle le plan focal, c'est à dire la hauteur à laquelle se trouve la lumière par rapport au niveau de la mer, La vague de construction suivante adopte le «style Reynaud». Ce directeur du service des phares, architecte et architecte diocésain, a imposé ses principes constructifs, en matière de phares, dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Il impose en effet la séparation de la partie fonctionnelle de la tour et du logement, qui n'est pas forcément construit avec les mêmes matériaux. L'idée est de construire des bâtiments de part et d'autre, pour deux familles de gardiens. Il est donc le premier à apporter des notions de confort et d'habitabilité dans ces programmes. C'est à lui que l'on doit une bonne part des bâtiments annexes, qui ne sont aujourd'hui, pour l'essentiel, plus habités. Il est également le concepteur d'une petite particularité françae, la maon-phare. À la fin du XIXe siècle, les technologies changent : l'électricité arrive, les feux sont plus rapides, plus forts : on peut donc les faire porter plus loin. Pour cela, il faut augmenter un peu la taille des phares : les phares de Penmarc'h et de l'île Vierge sont construits à côté d'un autre phare, datant de 1835, déjà un peu dépassé pour porter ces nouveaux feux. La fin du XIXe siècle voit la construction de quelques phares monumentaux, ainsi que des phares de ITroe, les «Enfers» situés en pleine mer. La dernière période, qui commence dans les années 1930, est celle des phares d'architectes. C'est la première fo qu'on fait appel à des architectes pour dessiner et pour construire des phares. Ce principe s'est étendu après la Deuxième Guerre mondiale, la Kriegsmarine ayant fait sauter énormément de phares : on fait appel, pour les reconstructions, de manière quasi systématique, à l'agence ou à l'architecte qui reconstruit la ville voine. Le service des phares et bales dpose de nombreux documents, archives, livres, photographies, témoignages de gardiens... Les regtres de la commsion des phares sont déposés aux archives nationales. Ils sont la mémoire de la construction des phares des côtes de France. La commsion dcutait de la construction, de l'endroit où il fallait établir les phares, et était très active au XIXe siècle. 3 700 plans de phares sont également conservés aux archives nationales. Les phares constituent un patrimoine vité. Il y a en France aujourd'hui 25 phares ouverts à la vite, et on estime à plus de 600 000 le nombre annuel de leurs viteurs. M. Franço GOVEN, inspection des patrimoines (collège des monuments htoriques), a été chargé de coordonner la campagne de protection des phares au titre des monuments htoriques. Cette campagne concerne treize régions au total, onze régions métropolitaines et deux régions d'outre-mer. Ces régions devaient avoir un littoral, une façade côtière, ma elles devaient également être concernées par le résultat d'une succession d'études, d'enquêtes, de réunions de groupes de travail. 2

La campagne a débuté par l'établsement d'un protocole d'accord en 2000 entre les deux mintères, MCC et MEDDTL, suivant lequel un groupe de travail intermintériel devait effectuer un inventaire patrimonial sur l'ensemble des éléments de signalation maritime. Ce groupe s'est m en place dès l'année 2000, sous le double pilotage de la direction de l'architecture et du patrimoine et de la direction des affaires maritimes. Y participaient notamment la sous-direction des études, de la documentation et de l'inventaire du mintère de la culture, dans le cadre de sa méthode scientifique de recensement systématique, adoptée par la convention, et le bureau des phares et bales. Cette approche systématique portait sur ces ensembles de signalation maritime, phares, feux, maons-phares, évalués au départ, de manière très globale, à environ 180 éléments. L'établsement de la méthodologie et la détermination des critères ont nécessité un travail important, croant une série de paramètres : d'un côté ceux qui relèvent de la reconnasance patrimoniale, la rareté, la représentativité de l'œuvre, le nom ou la personnalité de son auteur, sa valeur htorique etc. ; de l'autre, les différentes périodes chronologiques qui ont été évoquées, quatre au total, ma en réalité tro, puque pour la première, antérieure à la Révolution françae, il fut considéré a priori que tous les éléments substants devaient être pr en compte. Ont donc surtout fait l'objet des réflexions les tro périodes suivantes : Fresnel-Reynaud, jusque dans les années 1870-1880, pu ce qui a été appelé la consolidation de la signalation, de 1880 à 1940, et enfin la période de la Reconstruction, postérieure à 1945. Le critère typologique était bien entendu important : phares à terre, phares en mer, maons-phares, édifices métalliques... Un critère d'ordre technique, lié aux appareils de signalation conservés, a également été envagé. Le phare est en soi un équipement technique, avec une finalité fonctionnelle tout à fait préce. Ainsi, l'importance des ouvrages sur le plan de la signalation maritime, leur capacité d'adaptation à des technologies nouvelles, les contraintes climatiques, d'entretien ou autres, qu'ils pouvaient générer, ont aussi été considérées. Enfin, il a été décidé de prendre en compte le critère des perspectives d'utilation de ces édifices, lié à la valoration potentielle du site, à sa reconnasance par le public, aux possibilités de vite, ou à l'adaptabilité du bâtiment à un projet de reconversion. De ce groupe de travail est su le premier inventaire conjoint, toutefo conçu sans finalité de protection. Dans un deuxième temps,, vers 2005, il a été procédé à une première sélection de 12 édifices susceptibles d'être protégés. À cette date, 15 phares seulement étaient protégés, dont seulement cinq classés. Un seul avait encore une fonction opérationnelle : Cordouan. Les autres phares classés étaient d'anciens phares éteints, souvent depu très longtemps. Cette première lte n'a pas eu de suite immédiate, et le projet de protection a été repr, sous une forme plus ambitieuse, toujours dans le cadre intermintériel. Cette fo, l'admintration centrale a demandé aux services régionaux de lui transmettre des propositions de protection, rangées en quatre catégories, avec une technique de notation de 1 à 10 en fonction des quatre critères htorique, architectural, environnemental et de sécurité maritime. Cette grille d'évaluation étant censée permettre aux services de parvenir rapidement et efficacement à un examen le plus systématique possible. Un courrier fut adressé par le directeur de l'architecture et du patrimoine aux préfets de région concernés, le 15 février 2008, demandant qu'une sélection de phares soit proposée pour examen en Commsion nationale des monuments htoriques. Les éléments concernés devaient faire préalablement l'objet d'une présentation en commsion régionale du patrimoine et des sites. Un tableau des ouvrages était proposé, avec 120 phares et 56 feux, intégrés dans la base Mérimée, avec une première sélection de 75 éléments, non protégés ou déjà inscrits, qui étaient donc signalés aux services régionaux comme étant ceux sur lesquels le travail devait être effectué en priorité. Entre-temps, un élément nouveau était intervenu : un courrier avait été adressé par le directeur de cabinet du mintre de l'écologie aux directeurs inter-régionaux de la mer, pour leur signaler que l'éventualité de mutations domaniales, notamment au profit des collectivités territoriales, devait être envagée. De même, le transfert de la responsabilité de certains phares, dont l'intérêt patrimonial primait désorma par rapport à l'intérêt fonctionnel, au conservatoire de l'espace littoral et des rivages 3

lacustres, était évoqué. Certaines DRAC ont achevé le travail tel qu'il leur était demandé. Outre les régions Basse- Normandie, qui avait déjà effectué ce travail (classement de pahres en 2009) et Aquitaine, pour laquelle la commsion régionale du patrimoine et des sites n'a proposé aucun classement à ajouter à celui du phare de Cordouan, il s'agit des régions Bretagne, Corse, Nord-Pas-de-Cala et Haute- Normandie, qui ont présenté une première série de phares à la Commsion nationale des monuments htoriques du 22 novembre 2010. Seront présentés à la deuxième séance thématique de la Commsion nationale, le 18 juin 2012, les phares proposés au classement par les CRPS de Languedoc-Roussillon, Poitou-Charentes, Provence- Alpes-Côte d'azur et Pays de la Loire, Réunion, ainsi qu'un phare supplémentaire pour la Bretagne et un phare pour Saint-Pierre-et-Miquelon. Aquitaine Bretagne Nord-Pas-de-Calai s Basse-Normandie Haute-Normandie Pra\ence-Alpes-Côte d'azur Corse P^jartëfpe'nÇ^^! Gironde (33) Côtes-d'Armor (22).. Morbihan (56) Pas-de-Cala (62) Manche (50) Eure (27) Var (83) Haute-Corse (2B) ^^^^^te.ccërimunçr^^^^ Verdon-sur-Mer (Le) Bréhat Plé\enon Plé\enon Ouessant Ouessant Penmarc'h Penmarc'h Plouguemeau Plouguemeau Brignogan-Plage Plougomelin Bangor Dunkerque Dunkerque Cala Cala Le Touquet Gatteulle-ie-Phare FatoiMlle-Grestain Rochelle (La) Saint-Clément-des-Baleines Fréjus Ersa sli'tiïfhâi&i1!,' ii-.'.w!^v.'^'j!*tf''ïjcî1s«!* jftt's,'-! ititre- eourantsllfe Phare de Cordouan Phare des Héaux de Bréhat Phare du Cap Fréhel Ancien phare du Cap Fréhel Phare du Stiff Phare du Créac'h Ancien phare de Penmarc'h Phare d'eckmuhl Phare de l'îe Vierge Ancien Phare de l'îe Vierge Phare de Pontus\al Phare de Saint-Mathieu Grand phare de Belle-Ile ou Phare de Gouiphar et annexe Tour du Leughenaer Phare du Ri s ban Tour du Guet Phare de Cala Phare de la Canche Phare de Gattewlle Phare de Fatouwlle Tour de la Lanterne Phare dit tour des Baleines Lanterne d'auguste Phare de lagiraglia Date de passement^ 1862 23/05/2011 23/05/2011 23/05/201 1 12/07/2011 23/05/201 1 23/05/201 1 23/05/201 1 23/05/2011 23/05/2011 23/05/2011 23/05/2011 23/05/2011 10/01/1995 19/04/2011 06/11/1931 19/04/2011 19/04/2011 19/06/2009 13/09/2011 17/02/1879 22/06/1904 1886,1987 19/04/2011

Bernard BROCHARJD Inspecteur des Patrimoines Poitiers, le 14 juin 2012 Hôtel Jean des Moulins de Rochefort 102 grand-rue, 86020 POITIERS cedex Tel. 05 49 36 33 30, Fax. 05 49 88 67 38, Email bernard.brochard@culture.gouv.fr Monsieur le Sous-directeur des Monuments htoriques et des espaces protégés Av pour la Commsion nationale des Monuments htoriques Séance du 18 juin 2012, 2ème Thématique Phares Objet: Charente-Maritime, Phares du littoral charenta : Aix,, St-Clément-les-Baleines, St- Den d'oléron, St-Georges - de -Didonne. Dossiers de protection, propositions de classement (immeubles) réf. CRPS Poitou-Charentes, du 14 décembre 2010 Dans le cadre général des études menées de façon inter-mintérielle pour la protection des phares frança, dont les enquêtes, les méthodes, les critères de séleection et les résultats sont rappelés dans le dcours liminaire de cette séance, la région Poitou-Charentes, qui ne possède qu'un seul département maritime, a effectué son recensement. Celui-ci doit beaucoup à MM. Bleynie et Alligné ( Subdivion des Phares et Bales de La Rochelle). Sur un compte de 3OO feux divers dont 12 phares, huit de ces derniers ( ou 11 en tenant compte des phares doubles) ont été présentés à la Commsion régionale du Patrimoine et des sites, en sa séance du 14 décembre 2010. Tous ont été retenus pour une inscription à l'inventaire supplémentaire ( arrêtés du 15 avril et 23 mai 2011 )3 et quatre d'entre-eux ont été proposés pour le classement ( dont deux, Les Baleines, Chassiron, avaient été auparavant désignés par l'enquête nationale ). Toutefo il n'est peut-être pas sans intérêt de relever les nuances d'appréciation qui apparasaient dans les différents av réglementaires, ém en amont de la dcussion en séance, et qui témoignent ainsi de l'approche particulière de chacun des services patrimoniaux, avant le consensus obtenu en fin de débat. communes Aix, Fort de la rade, 1 84 1, 1 889 ACMH ABF Site classé, rempart cl mh cl, CMH SRA Inv. cl appréciations Intérêt technique et scientifique Rivedoux, Chauveau, 1 842 Phare en mer, une des 9 tours de la série, possède son aménagement La Rochelle, vieux port, Gabut et Valin, 1850, 1880 Secteur Sauv. Phares d' alignement, insérés ds le contexte urbain St-Clément les Baleines, Baleines et Baleineaux, 1669,1849/54, Abords Mb, Site classé cl cl Série de Phares, ancien et XDCe, emblématique, le plus

vité. Bâtiments annexes St-Den Chassiron, 1834/36 d'oléron, Site IS en voie de CL. cl cl Phare,emblématique, belle présentation, aménagement muséal, jardin St-Georges de Didonne, le port,c.!900 À repérer ds le PLU cl cl Qualité architecturale, plan carré, situation. Eteint St-Pala sur Mer, Terre-Nègre, 18e, 1842, fui 19e Repéré dans ZPPAUP Construction ancienne de balage du XVIIIe, transformée en phare au XIX La Tremblade, La Coubre, 1 904-1905 Urgence, fav. protection Le plus grand phare, le plus pusant, début XXe, le seul de France construit en béton Deux anomalies apparasent : - l'absence de dtinction de niveaux de protection dans les av du SRA et de l'acmh ; le premier par principe, puque la sélection découle d'une enquête méthodique et exhaustive, le second, pour des raons sans doute différentes, puque l'intérêt architectural particulier de chacun des phares y est bien analysé. - La réticence de l'abf à la protection, au motif que la plupart des bâtiments présentés sont déjà protégés par une léglation ( abords ou adossement MH, Classement ou inscription Sites, Règlement de Zppaup, Secteur sauvegardé, domaine maritime..). Le phare de la Coubre est cependant proposé en raon de sa modernité ( esthétique et technique) et de son état de péril, ainsi que des deux phares des mara des.soumards à Fouras ( années trente ) ma qui n'étaient pas retenus dans la sélection. Les av du Service régional de l'inventaire général et de la Conservatrice des MH, justifient au contraire par des arguments préc une dtinction dans le niveau de protection. Ils soulignent l'intérêt des deux phares emblématiques des Baleines et du Chassiron, la rareté technique des phares jumeaux du fort de î'ile d'aix, et la qualité architecturale de celui de Saint -Georges de Didonne. qui peuvent en motiver le classement. Ces derniers av ont donc déterminé les propositions de classement présentées aujourd'hui. Reprenant les arguments énoncés dans les rapports de présentation de la cellule de recensement de la CRMH, dont il faut souligner ici la clarté et la précion ainsi que la très riche documentation rassemblée (relevés, dev et marchés, réceptions d'ouvrages., photographies anciennes...) qui permet de connaître en détail l'htoire de ces monuments, jr émets donc les av suivants : En raon de 1' ancienneté de leur installation, de leur importance htorique dans la signalation maritime, de leur qualité architecturale, représentative de la première série des grands phares du XIXe siècle (1820-1850 ), les deux phares emblématiques des deux îles ont la priorité pour le classement. - d'abord le phare des Baleines, d'aspect vraiment monumental, avec son bâtiment ordonnancé à deux niveaux et la composition qui l'entoure, son bâtiment annexe très soigné ( bâtiment des machines), ses murs de clôture. Ce phare possède un bel escalier intérieur (à v rampante ) offrant une perspective magnifique, et des restes significatifs de son aménagement ( lambr, huseries, dallages ). Il forme avec l'ancienne tour du XVÏÏe ( déjà classée MH depu 1904 ) et le phare en mer des Baleineaux qui, à la même époque, lui est associé en mer, un ensemble particulièrement complet et cohérent, qui semble réclamer un niveau de protection identique.

- pu celui du Chassiron, réalé de 1834 à 1836, ma à partir des modèles antérieurs de 1824, intéressant par sa dtribution interne, son escalier à noyau creux, son important soubassement annulaire à un niveau dressé sur sous-sol voûté. Il l'est aussi par l'évolution de son système optique, par la présentation soignée de son environnement ( jardin contemporain créé en 2007 sur le thème de la rosé des vents ) ainsi que par son aménagement museal intérieur. A signaler, dans la maon de la pointe (1816) une très rare cheminée scuptée de 1588 provenant d'une ancienne demeure de St Den, remontée ici récemment. Le classement devrait concerner la totalité de la parcelle et son bâti. - La gernmelité rapprochée des deux phares du Fort la Rade de l'ile d'aix, répond à la signalation d'un danger ponctuel au large, d'étendue restreinte. C' est une dposition d'une extrême rareté en France ( cf. Sartène en Corse), qui, pour cette unique raon pourrait justifier un classement. A mon sens, ces deux constructions dont 1' architecture n' a rien de remarquable, déparent, plutôt qu'ils ne l'embelsent, le beau site des fortifications. Ils sont à la fo hors d'échelle et malheureusement répétés. L'argument de rareté technique me paraît donc s'opposer ici avec la considération de l'esthétique du site htorique principal, et j' émets en conséquence un av réservé à leur classement, sachant qu'ils sont déjà inscrits à l'inventaire. - L'intérêt du phare de Saint-Georges de Didonne a été souligné par les services de l'inventaire. C'est en effet par la qualité de son architecture : plan, qualité des matériaux et de leur me en oeuvre, appareillage, dessin général et proportions, traitement soigné des détails ( entourages des différentes baies, corniche, rambarde ajourée supérieure, dôme terminal ), sur lesquels la documentation réunie est abondante, que ce monument, érigé tardivement, vers 1900, se démarque de ses semblables. Le soin apporté à sa construction, la beauté de ses lignes et le vocabulaire ornemental employé, reflet d' un style académique épuré et inspiré des modèles de la fin du XVnie siècle, témoignent d1 une recherche particulière due au voinage de la très sélecte station balnéaire royannae. Cela le met au rang des meilleures réalations en ce domaine et milite pour son classement. Bernard Brochard Copies: Isabelle Balsamo, Chef de 1TDP Anne-Chrtine Micheu, DRAC Poitou-Charentes Je.an-Pierre Cazenave, CRMH Anne Embs, CMH Max Boirobert, ABF, chef du STAP. o ^i -,/i r- D -U C.,7 ïz- /L, J..,-, -,,r ' a Jv J-À