Michel Fournier 28 rue du General de Gaulle 52300 Thonnance les Joinville Tel : 06.31.69.54.48 Mail : plumeverte4@gmail.com Plume.verte4@wanadoo.fr Site : michelauteur.over-blog.com Textes déposés à la SACD 1 7
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Acte I Scène 1 Arlette, la réceptionniste de l hôtel attend le client. Entrée d Evelyne tonitruante. EVELYNE : Gouja! malotru! Non, mais, ce n est pas possible. Pas moyen de voyager tranquille. ARLETTE : Bonsoir madame, un petit problème? EVELYNE : Un petit, non un gros. ARLETTE : Un gros problème? Et je peux vous aider? EVELYNE : Non, j ai résolu le problème, deux tartines dans la gueule, c est fait. ARLETTE : Pardon? EVELYNE : Je lui ai foutu deux tartes. Il n est pas prêt de remettre la main au cul d une femme, ce con. ARLETTE : Je vous demande pardon? EVELYNE : Pardon de quoi? Mais c est une ville de fous ici! L autre qui essaie de me ploter, celle là qui s excuse avant d avoir fait quelque chose. ARLETTE : Je ne m excuse pas, je vous disais juste pardon je ne comprends pas vous voyez ce que je veux dire EVELYNE : Non je ne vois rien du tout. Bon, et puis je m en fou, je suis crevée, t as une chambre? ARLETTE : Une chambre? Pour une personne? EVELYNE : Ben oui, tu vois bien que je suis toute seule, non? ARLETTE : Oui, mais vous parliez d un homme qui vous avait EVELYNE : Mit la main ARLETTE : Aux fesses, oui. EVELYNE : Non lui, c est un routier qui m a pris en stop. ARLETTE : Vous faites du stop à votre âge? EVELYNE : Qu est-ce qu il vient faire là-dedans mon âge? Textes déposés à la SACD 3 7
ARLETTE : Je voulais dire cela marche encore le stop? EVELYNE : De moins en moins, de toute façon avec ces sadiques qui ne pensent qu à ça. Il est loin le temps où tu faisais la route des Indes en stop et que l on te respectait. ARLETTE : Vous avez fait la route des Indes? En stop? EVELYNE : Oui ma petite, après 68, on était éprise de liberté nous les femmes et on nous respectait, ce n est pas comme aujourd hui, les gens ne voyagent plus que par Internet. C est plus rapide pour rencontrer du monde, mais quand tu vois la gueule du type qui t a rencardé, tu te sauves. ARLETTE : Comme vous? Avec lui? EVELYNE : Qui lui? Je te dis que je suis toute seule. ARLETTE : Non, je voulais dire votre routier! Celui avec qui vous avez voyagé. EVELYNE : Ah celui-là! Je n ai pas voyagé longtemps avec lui, il m a prise à l entrée de la ville. ARLETTE : Il vous a prise aussitôt montée? EVELYNE : Mais qu est ce qu elle raconte la loufiate. Il a commencé à me faire du gringue, je lui ai dit tu me déposes au premier hôtel et c est ce qu il a fait. ARLETTE : Et là vous lui avez mis deux claques? EVELYNE : Et comment! Non seulement il a les mains baladeuses, mais en plus il voulait que je lui paie la chambre. ARLETTE : Là, je crois qu il a exagéré un peu. EVELYNE : Bon alors la chambre t en as une? ARLETTE : C est que l hôtel est complet. EVELYNE : Quoi? Tu n as pas de chambre, même pour une personne? ARLETTE : Non, vous auriez téléphoné il y a une demi-heure, j étais libre. EVELYNE : Mais je ne te demande pas de sortir avec moi, je veux juste me coucher seule. ARLETTE : Oui, mais je suis au complet. EVELYNE : Complet en une demi-heure, il y a trois chambres dans ton hôtel? Textes déposés à la SACD 4 7
ARLETTE : Non vingt-quatre. EVELYNE : Et les vingt-quatre sont complètes? ARLETTE : Vououi. EVELYNE : En une demi-heure? ARLETTE : Oui, un car. EVELYNE : Une demi-heure un quart? Ce n est pas possible. ARLETTE : Et si. EVELYNE : Eh non on dit trois quarts. ARLETTE : Non juste un, car, je vous ai dit que je n ai que vingt-quatre chambres. EVELYNE : Ça, j avais compris ma petite, alors si j étais arrivée il y a trois quarts d'heure, j aurais eu une chambre. ARLETTE : Même il y a une demi-heure, vous auriez même pu la choisir, mais là j attends le car. EVELYNE : C est gênant ça, parce que je suis crevée moi. Mais si tu attends le quart (Elle regarde sa montre) l hôtel n est pas encore complet, il t en reste les trois quarts ARLETTE : Trois cars non, je n aurais pas eu assez de chambres, déjà que je vous refuse une chambre à vous, ce n est pas pour en avoir pour trois cars. EVELYNE : Je ne comprends rien à votre gestion d hôtel par quart. Vous avez peutêtre un salon avec un canapé dans votre hôtel. ARLETTE : Oui bien sûr, mais ce n est pas une chambre. EVELYNE : Cela ne me fait pas peur, j ai fait ARLETTE : Oui je sais la route des Indes en 68. EVELYNE : Non 69 ARLETTE : C est pareil. EVELYNE : Pas tout à fait bon alors il est où ce canapé. ARLETTE : Là juste à côté, mais vous ne pouvez pas dormir là. EVELYNE : Mais si tu verras, je vais y ronfler comme un sapeur. Textes déposés à la SACD 5 7
ARLETTE : Justement, je n ai pas le droit de vous faire dormir dans le salon, c est interdit par la loi. Vous devez coucher dans une chambre. EVELYNE : Bon ben d accord, je vais dormir dans une chambre. ARLETTE : C est bien, vous êtes raisonnable, j ai eu peur que vous ne vous installiez dans le salon. EVELYNE : Mais non, puisque tu me dis de prendre une chambre, je prends une chambre. Adieu salon adieu canapé ARLETTE : Merci vous êtes gentille vous comprenez vite. EVELYNE : Bon assez discuté, la clé envoie la clé? ARLETTE : La clé? Quelle clé? EVELYNE : La clé de la chambre, pardi. Une bonne douche et au lit ARLETTE : À oui la clé de la chambre? Mais quelle chambre? Je n ai plus de chambre. EVELYNE : Faudrait savoir? Tas plus de chambres t as un canapé t as plus de canapés c est quoi ce cirque. ARLETTE : Si j ai un canapé, mais plus de chambres. EVELYNE : Alors, je dors dans le salon sur le canapé. ARLETTE : Vous ne pouvez pas coucher dans le salon, je vous répète que c est interdit par la loi. Si j ai un contrôle, je me fais virer. EVELYNE : Je ne me coucherais pas, je dormirais assise. ARLETTE : C est interdit aussi. EVELYNE : Depuis quand on n a plus le droit de s asseoir dans un canapé? ARLETTE : Si, vous pouvez vous asseoir dans le canapé, mais pas y dormir. EVELYNE : Bon, bon d accord, je vais aller m asseoir dans le canapé et je ne fermerais pas les yeux. ARLETTE : Vous pouvez dormir sans fermer les yeux vous? EVELYNE : Quand on fait du stop, il faut savoir rester éveillée, même quand on dort. Je me suis entrainée sur la route des Indes, à ne dormir que d un œil. ARLETTE : Et avec l âge vous avez appris à dormir les deux yeux ouverts. Textes déposés à la SACD 6 7
EVELYNE : Avec l âge j ai appris à rouler les gens. Tu me plais bien toi, je vais t avouer quelque chose, mais chut tu ne dis rien. ARLETTE : Promis, juré EVELYNE : Je dors toujours un œil ouvert, pour faire croire que je suis réveillée. ARLETTE : Vous êtes forte vous. Et toujours le même œil, où vous changez quelquefois? EVELYNE : Toujours le même, celui-là. ARLETTE : Il ne dort jamais votre œil et il n est même pas rouge de fatigue. Moi mes yeux rougissent quand ils sont fatigués. EVELYNE : Celui là jamais, c est un œil de verre suite à un accident sur la route ARLETTE : Des Indes. EVELYNE : Oui ma grande. Bon alors pour le canapé, l œil ouvert ça marche? ARLETTE : Oui, mais pas tout de suite, il faut attendre que le, car soit arrivé. EVELYNE : Attendre que le, car soit là, mais pourquoi? ARLETTE : À cause du bruit. EVELYNE : Le bruit? Quel bruit? POUR LIRE LA SUITE FAIRE UNE DEMANDE ET ENVOYER VOS COORDONNEES COMPLETES PAR MAIL (Nom, Prénom, adresse, téléphone et nom de la compagnie) plumeverte4@gmail.com Le texte vous sera renvoyé rapidement L auteur peut être joint au 06.31.69.54.48 Textes déposés à la SACD 7 7